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Full text of "L'histoire universelle du monde [microforme] : contenant l'entiere description & situation des quatre parties de la terre, la divisio & estenduë d'une chacune region & province d'icelles : ensemble l'origine & particulières moeurs, loix, coustumes, religion, & ceremonies de toutes les nations, & peuples par qui elles sont habitées : divisée en quatre livres"

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lure, 


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| 


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illustrent le méthode. 


ET 


_& fituarion ANT ÉNTIE delà ere doi &eften- 
dué d vie tie Region & Ftanee d'icclles. 


Sir 


; sms, religion; 9° ceremenies Ford 
les font habitées. Tu 


we ençoi di Comingeoi. an 
* Mémellemdnis augmentée SH éfrée de plufieurs nations +. "| 
EE reRRmemeaer  | 

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L - Che Genis Mallot, à l'Aigle dors ete 


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ET TRESVERTVEVSE DAME. 
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que leur deuoir: seftende en. chôfes de. 


peu d' épis ; autant que nous Voyons que 20% diligenes,ia- 
Coit que none voulions paroiftre le faire. beañcouh, [ont fins: à. 


files queiæy grand peur,que ce quirvi endront 5 nous: 
en voyar les fruits fi peu meurs & faifornézils n nelesreiettér,.. 
comme efanuageonss er malpropres à dleur nourrifire Caril. 


fauls que tout ve quel ‘bomine fairferahortea l Lamine entés. 
us parfait en l'homéacjentät quefi.on naoit. 


lesmieux fournis ceux qhidemoins | ke 
Da lonqueie dis ceschofest ID 


s Fr jp sue 4 ai app plus durable $ 2 a ‘Ode, 1. 


3 FAI FAEA ft 1 OU Ne SUE US Bus sf 


es hommes: fans "F4 


C'que leurs achons foyent viviebfes ee 


ls honneurs de ce müde, aux pla frs LÉ ME + 
: richeffes,l l'heur Jeroir fort mal [pars emeren nBLE" é re ai | 


DONS 


1 pète li brorés 


rad lé Eté PP 4 tés À LH EE ie 


Ta : TT PTT ER L #4 } Fe 


F2 


| OO CePISTRE | | 1 
©. Jemblèdependré déierie feay quelle inffabilité fortune, le: 


quelle comme dit Pindare …, a toujours quelque cd.qui contra- 
rie au faccex de ceux qui fons nait auec les richelTes:eg lefquels. 


fi n'ont tien plus qui lesrende reSbellables que cesfe fürerie pi » 


… peufe de fortuneie fais d'adhis que ex l'heur, 6 lerefhe&, és 
lagrandsur perdent tout ainfi léur effabliffement:comme leur 
fondement perd [a conftance. Or fcachant que.ért vous es: les 
voffres,auex pole le plér de Redifice dervoffretuie furune pier- 
re plus [eure,que celle qui depend de l'inconffance du remps, cr 


antalie des hommes, ni à © ditéque le baStimenc effpour 
en eftre durable, gamine [Table cr cternelle,en- 


j' Ma a/t on Premier deffein CT pofe 


tant que c'eflaruk de ui Dia 4/55: /on 
lemodelle de l'œuure.f geriment depuis compaffe;qu'il n'y man 


que rien pour le dire parfair, és accomplÿ de routes fes pieces... 


Erfilesemps Ë le fabier me le permetroyenñt deduire.ie ra[che- 


roy,non d'y donnerquelque attainte parfaite, mais au moins 
diyfairetellement mon denoir ; er queieferois fatisfairence . 
: défirque'aydegratifieraux vostres, @r vous alfez affeurée dé 


celle mienne denotion à vous faire feruice,conceuë en mon ef 
prit dés le cempsque ï'ay ceft honneur que de -ognailfre Mon- 
feurvosfre fils le Comte de Roufillon , jestra de la vertu 
näifante duquel me donnent un grand efhoir de levoir yn 
iour le filx digne du Seigneur de Tournon, 7 decelle CJande 
de Turaine, quienrun corps feminin, porte uneverta fi re- 
marquable | que peu d'hommes la furpalfent en magnanimité, 


.&nnlen defir de fernir Dieu, l'Eglfe, le Roy,e la Patrie. - 


| Etftoht ainfiquelarverté quinegiffque en paroles, ex n'eff 


éinteqhe en.la brauade fans effait.…. dfombragée, fans auoir 


rade bi | 
baie Scouleuiaifine uffirlavolonte és cho fes qui concer- 


an Fien que ôn "voir La différence des bien fasfanrx à ceux qui 


25210 9888 La proi kon de fon payssains y.faulr aiouSfer quelque cas 
"2" e méblleur ie lerdeehmssles praposserles promelles. C'est - 


contra 


lefquels. 


ne leur 
s,€ 7" les 
ne pier- 
mps,€9° 
effpour 

elle,en- 

€ pofé 
[AY man 
s pieces. 


ca[che: 


an MOINS 


aiten ce 


feurée de 


mon ef* 
e Mon- 
La verte 
voir yn 
CJande 
tu fi re- 
inimité, 


Patrie. : 


co n'eff 


Ps aUoiT 


concer. 


que cas 


Ces. 


eux qui 


nl, e: 


aterie pi s 
et, ex * 


EPISTRE, 


À mepayen(ceutà qui il font obligez,que de fimple parolle, car 
| desruns emplyent le remps en deuis, € donnent moyen à l'en. 


nemy de fpreualoir de leur pareffe,là où les autres arment la 
volonté sec le deuvir, éx fortifient ceffuy-cy anec l'effair, au- 


tant banement,comme bru[quement ilx l'entreprennent,& [a- 


nt lemettenrenexecution. 


.. Silachofé ne parloit de [oy-mefine, es fi l'effeéne cor- | 


réfPondoir ace queie dis, iene [eroy fi infolent que de lemes- 
tre enauant: mais la veuëen defcounrant la verite ie pen[eroy 
eStre anffi ingrat en le difimulant,que flateuren le difant,fi la 
chofe efloir autre que veritable. Qui [e founiendra 1amais des 
deux derniers rroubles aduenus en France,fans larmoyer,d'ouyr 
ramentenoirun peruertiflement de lagentille[fe, és* courtoifre 
de tonte le penplesadis fabier à la verru, ex fidelité deuëa [es 
Princes ? mais nulne lereduira en memoire [ans fe fouvenir(f'il 
a riende bonenfoy) querune Dame Jeule, [ans grand appuy 
des fiens(abfentx de [à Mae n)aye tenu tele, voire chaf$é l'en- 
nemy du Roy,es de l'Eglife de la ville, es finages de Tourno, 
isçoit que il [emblaft y'auoir quelque intellgence:mais à la [e- 
conde fois, € ceSle année, qui ne louera ceffe illustre Dame 
d'auoir fibien pourueu à ces affaires, armé faille fortifié fe 
maifon,aguerry les fiens , eStonné l'aduerfaire,que ce rufé chef 
eg" conducteurdes rebelles, aye auffi bienperda [on temps de- 
nant Tournon,deffendu fous la conduite d'une Dame, que lors 
que ilafiegea Poitiers ; onesloit enclofé vne compaignie des 
mieux aguerris cr" gentilx compaignons de la France, és° des 


troupes Italiennes, es ce fouxla charge d'ungrand Prince: Le. 


Milan nengendre point des Aigles, ny le Lieure des Lyons, 
o4 Leopards, 7: d'un bon arbre iln'eft guere iamais + «à le 


fraitn'en foitrecommandable: on fcait quelie ef la maifon de 


Turaine y quelz les Syonsquien fontfortis » les Roysen 
ent ven la valeur; la France en atiré:le feruice,er nous en s- 
ee Rd 


CEE CT ne 


PO ha | SA 
sons les memoires pour le luffre de La pofferité.Teverteux, Ma 
dame,icy drefSertune barangie des louanges désroifres,ny des 
wvertus qui fonten vous, me [ufifant de vous éclerer la canfe 
de ce que Ÿ'efcris, qui efima deuotion à vous faire fertéce, cor à 
celle efguillonnée par l'opinion de vofire vertu Go exallence, 
ioint 1 bon rapport de voftre courtoifie naturelles l'endroit de 
ceux quicheriffent les lettres que m'otfait les [eigneurs de Bar, 


Rouffillon, € de la nourriture duquel,ïefhere vous ferez con. 
tente,co la Franceencor leuren demeurera redeuable! Pour 
donc ne fouffrir que le temps s'efcoulaff vainementen moy;cr 
queie ne fuffe oififtant arecognoifire ceux quimerendent leur 
obligé, qu'a moffrer quemes aétions volent d'autre aifle que le 
temps pallé,& que mes eférits ont ne [Gay quoy deplusférieux, 
ray baf}y ce liure de plufieurs fortes de materiaux, afin d'en don 
| ner plus de plaifir, &r contentement à ceux qui me ferontceft 
| honneur de lelyre, plus pour me fauorifer en mon trauail,que 
pour calomnier mon trop de hardie]e: &o* pour me targuer con 
tre ceux-cy, : day efcritla faunegardefurle chapitean du logis, 
portant le nom es de Turaïne, € de Tournon, efberant que 
nulfera fibardy d'y loger autrement que bien àpoint, voyant 
qui font ceux qui prennent ‘a deffence co° protection de cefle 
œuure. Leque > Madame,paint les mœurs. facons, loix,couftu 
mes ; y religion de prefque toutes les nations qui age la 
terre:@y'on les plus cler voyansy trouuerontoh exercer la gen. 
tileffe er fabrilité de leur venë, pour”y cherir ma diligence;qui 
ay feilleté un nombre infiny de liures, afin de contenter ceux, 
ru fe contentoyent du peu quefur ce fuier auoit tracé le bon 
omme. fous le nom duquel par cy deuat ce liure [e faifoitréco- 
Soifére. D'un cas fuis-ie feur,que vous y prendrez plaifir tant 
pourladinerfitédes hifloiresy côtenues,que pour voir que tout 
debut cie pretens afjirentend lagl oirede Dieule:nomdu- 


eV villemin nourriffiers de l'esprit de voftre petit Comte de. 


| 


x, Ma 
res,ny des 
la caufe 
ce," is 
excllence; 
l'endroit de 
urs de Bar, 


Conte de. 


r ferez con. 
A 
nm Moy? 
ndent leur 
aifle que le 
usferieux, 

n d'en don 
ferontceft 
rabail,que 
argher con 
in dis logis, 
perant que 
it, Voyant 
im de cefle 
ix cou/iu= 


de 0 la 
rcerlagen. 
igence,qui 
nter ceMX, 
ic le bon 
ifottréco- 
air tant 
r'que tout 
nom du- 


| 


ue EPISTRE, * 

quelefFineffable, er lequeldes aucuns des peuples cy compr:;, 

off cogneu,des autres fi ignoréqu'ils ne [anent quec’eff que di 

ninité,finen tant que la nature commune leur en dône cognoif: 

ance. Néantmoins(ér qui eff cas digne d'admiration)xy 4:il die els 

prefquépeuple fous le ciel,quicofelfe Dieu en quelque forte que uen 

ce foit lequel ne le nomme de quatre lettres: co qu'il foit ainff, quatre le- 
come aulfi les ancies lot remarqué,les Latins l'apellent Deus, 

nous Dicuiles Grecsÿs,les Egyptiens Budh,ou Ben. les Perfes 

Ziriles anciens Tofcans Efar,les Mages,ey Caldéens Orf, 

les Arabes alla,les Affyriens Adad,lesTures Agdi:eo les pen 24290: 
ples nounellement «Marais que ce foitle diable qu'il? me. 
recoignoi[]ent pour Dieu,luy donnent le nom de Cemy:jous la 
comprehenfion de quat e lettres. La loy effant comme chofe na- 

turelle en l'homme;quief}vn Animal Politique,n'eftauffre- 


gettée de pas Vn,e9' ny eut,er n'a, & n'aura iamais peuple fi x 


farouche fous le Ciel, quinefuyne quelque forme de police;ia- 
coit que la loy ne lu foit efcrite ailleurqu'en fa fantafie, ainfi 
uepourrez tirer ahec la fubtile gentileffe de voftre efbrit de ce 


Î e. La guerre” él} painte comme vvne des inclinations blus 
ure. La guerre y eff pai p ae 


naturelles de l'homme, mais auec telle confideration, que tant js nd à 


plus un peuple eff barbare 7 farouche, de tant auf le defir de ls sarbarie 
combattre, é7 d'efbandre le fang humain, luy eft familier é>° des hômes, 
plaifant:la relligion de chacun y efteffigiée, mais ou vous ver- 
rex quelle grace Dieu nous afaite,que ou prefque tout le môde 
ef fouillé de l'infection ou de l'idolatrie,ou de l'herefie de Ma- 
bometh,ou des [chifmes des heretiques.il luy ait pleunous pre. 
ferueren l'unio de fon Eglife, ex nous choifirpour fon peuple, 
parmy lequel fon faint nom Joit glorifié, er Ja parolle fidelle - 
ment annoncée. (‘eff auous Madame queiel offre, vous l'ayat 
de long temps referué,comme digne depofis pour me reuencher 
des courtoifies receuës en votre maifon:c'eff vous quienferez 


profit, ayant l'eflomach fain, er capable de la folidité de cefte 


«.* inde » eg" befbrit bon, pour iuger,er: del'œunre,dr de celuy 
quileprefente,me [afffans que la noblelfe de France fe contente 
de mes tranaux,come auffi <'eSF pour elle que ie le fax elle pour 
quiietrauaille, eo à laquelle ie confacre fous la fauenr de mon 
Dieu, cp pour le [eruice de [a fainéfe Eglife, e° de mon Roy 
naturel, tout mon labeur, er diligence, cr pourtefmoignage 
 dequoy,ien oblige ma foy parce Lure, Vous Madame qu. 
reX celle qui porte le guidon, Ë ferez celle qui donnerez 1n- 
dice de ceflemienne 

le iufqu'icy s'effant afexmanifestee,n'a eu autre finsou preten- 
te que le feul contentement qu'elle a, qu'on prenne playir 4 fes 
veilles,éo" peniblestranaux,de[quels ceftuicy eStant le princi* 
pabie vous prie de l'accepter d'auffi bon cœur,que vous pouvez, 
penferestre entiere l'affectio,de co quipre le tout puiffane, 
Madame, vous donner, eg: à tous les voffres , en fanté longue, 
€ heurenfe vie. De Paris,ce 26.de Juillet. 1 j70. 


EPISTRE 


Votre tref-humbleferuiteur, 
Franc.de Belleforcit, 


«% à 


enotion tant recommandable es laquel- 


de celuy 
contente 
elle pour 
y demon 
mon Roy 
noignage 
sp à 
serez În- 


r laquel à 


m1 "ren 
ulir à fes 


eprinci 
$ pouuez, 
puifanr, 
longue, 
0. 


| SR 


Hé à à AdQ LI90MAMA 
 Dat nobis manifefla figna Luci. 


1 


Aptôs 5) 7A Geo nC{r einer sers s 
Lao ds abdpé ais, BeN\ipofeg” ya NX. 


AN je Adueir, Prirois À nai, il 
Er ’ FT) plan SipuèrVJvee J4dpir, 


Tor’ CrSbEéripor x9) Péprrapor Éxquerey oi, 
Ted Méppon poudo qi ya Nous Ados 
| Zobçuu. Touprarieu. 


AD NON MINORI VIRTVTE ET ERV: 
DITIONE, QYUAM NOBILITATE P&R- 
politum Virum, Francifcum Bellefore+ 
flum,loannis VVillemini Syro- 

denfis Carmen, 


Nfeëtans eo leliranfqne nomen 

om vain be 1 
Chartis)er brifidam Vadans in orbem, ‘ : © "17 
Dixi, Belleforefte, ‘quis parenti y 2: V ; MIA T 9( 
Puter,quis tib1 tale témique bellum. "7 
Cognomen remere addicuim fuiffee "°°" 
Tu wefig que facri@r ferais 35e xx 
Bellique,omnibus & bois referts 


à à 


Quo Saturnia non ferécio 
, Ter . stNYI0 
Ætas viderit ant Faure U 
( A Eee 
Dodores Loui dica 


Mae diciie quais le Laguna cX CT 
| FUN ni. tb D'ou 
\# LONNE TS NNTISTANTIUL À 
$ KES état salu] hinp ob 
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As] a EE QU ani . 


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lEIX BBAAESOPEXTON. : 


At bellum ner sllud eff Jacratuns RS 
RS MR On An D atttss où D, 
Phæbo;illud vocttant juum-camane : "© 7. 
Scribentes pede legibus foluto, 4 


 Scribentes quoquecarmenhosssvelilluds à: 1 1 
Dodona eft Le ft columbis, REC 
Que inf atheredeuolant Tonantis. 
Er quercus faciunt loquacivres’ 
 Huc buc affluit gra multitudo 
_ Hinc refponfacapityreditque leta. 
Euentus monits €r fciensfuturi: 
| Quid tu Belleforefte,Gallicane 
sl -Clarus conditor elocutionis, 
| Omnesilletuus ferax camænas 
Lucus continet, elegantiores, 
Erdotlasmagis;@7 magispolitas, 
Solertes magis,er [cientiores, | 
Quam acre V'eneri decem columbe. 
At quam veriléqua eruditione 
| Gall, éo° populis procul'remotis, 
! Etprafentibus, atque poftfuiuris 


| Das legéfque fuas, féfque Fes 
| AD FRANCISC. BELLEFORETIVM 


14 : DOCTRINA IVXTA.ET NOBILITATE 
|| A infigne virum, Antonij Valetij Me. 
Ne dici Epigramma, 
VERSVM NOMEN. 


ne PESTE “ 
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| FLOS FRANCIS CÉLEBE TVIS. y. 
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: Necte fatidici fallunt oracula vais: 


D Hiflorie  fablimis apex fpectaris inOrbe, 


y éco N 7 25e 
K u Lu 


| Lanrigeris quantämTroïcaR omasviris: 
Necgenio defunt fata decératuo.  ” 


Cui parat antiquum cedere fa$fus auum. 
V'ndique nam maior laudum tibi Crefcit aceruus. 
Eloquÿ terf cui fluit vnda triplex. 
Quicquid Achiuapremir,quicquid' Romanäque linçua, 
Culrius id Gallo manat abore tibi. 


SicGraio, Latio,es Gallo coëunte lepore, 


Historie veteris [u rit imago recens. 
Surgit imago recens,forma miranda venusta: 


_: Cuiliber,ut dicas,fhfbicienda venir. 


Verafides V'ati:verumquoquenominis omën 
Quod capit amplexu talia [enfa fo. 
Franciaflore]cit fato facundiaper te: 


FLOS FRANCIS CELEBERdiceriseffeT VIS. 


TOY AYTOY HPOX TON HAEI- 
‘TON ATANTAN THN IZTOPIAN KEA- 


nrrouexo dy UE pôbor,TTporperlixor. 


Tire où pgaléudues @ anurdr mature Kenrürs 
Th ou TA ds puoi Nasisair, leu TN 
Vansplu Tv épdey mu tag os NE er AJën, 

H Sen @CS Tor re 43) Uçarror oder ed dr. 

Ko oo aol ua dbru Ajgyds eûxndos dsppos 
K'us Jexrarur TVA aiaqaud TPiquss 

Manér épungédr ae Tr.) aèr mom Boëny. 

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ASTRA TENENT VALIDL 


FRANCISCI SiGAVDI PALATII NOBK 
Lis DELPHINATIS IN FRANCISCVM 
Belleforeftanum & generc & doétrina 

nobiliffimum. 


uifnamille bominum,quifna fuit ille Deorunr, 
FEU tam bellé de pi M en Sylua 
EURO D] mpoluitt Diném hic, Diuém fuit vnus bic:6 D 
ES Agno/co veftrum rä vero in nomine numen. 
Scilicer ve lonpo anfrata fhatiola capéxque 
: Syluacft:fic magni ingeni bi flumina curruns. 
Nil Sylua;nifitu,iucundius. Illa miniftrat 
Materiem in cunéos fs, dat aratra colonis, 
Diis flatuas,telifque trabes,pelagôque carinas: 
Tu Latias fundis,en Graias dinite vena + 
Eloqui facundus opes:fendepe renincis 
Carmina,[eu libercampo decurris aperto, 
Vi Laërtiades,lingue dicedine Nefhor. 
. Hicliber ef} manifefta fides.Tu denique[ÿluam 
Quifundis, ylua es fylnegnifdiffonet num: 
INempe rudis [ylua e$t,omni va culriorhorro. 


\ 


fe 


VALIDL 


NOBE 


| M 


Deorurr, 
4 
bic:6Dÿ 


CN. 


(Fr. BELLEFORESTO POLYHISTORI 
F, Le Picard Caletenfis, à 


Cris nimium nimiémqueignata tuarnm 
Gallia puluerco penè fepulta fita, 

Ecquis enim radio tentauit pingere reto 
Etpatrios mores,clasique gefta patrume 

Scilicet antiqui radis ignorancia fecli 
Celauir,quæ nosvtile (cire fuit, 

Hoic ve Amyclæis vitio datur atque rubori, 

: Resnoftras nimium fubticuific diu. 

Verümliaidulo defendere natus ab hofte 
Ecparriam & gentem,Belleforefte, tuam: 

Dumiemel enartas quæcunque gere aturia orbe, 
. Réfque omnes via concinis hiftoria: 


 Hocideo(nifi mens Fallie)fecifle videsis, 


Gentis vcilluftres fplendida Faéta tuæ. 


AV S. DE RELLEFOREST, SVR 
fon Hiftoire Vniuerfelle 
SONET. 
Par Francois d’Amboyfe Parifien. 


C Elny-la [eut cognoifl iu[q'où de ton beau liure 


S'effendent les difcours,celwy  Jeul fait conter 
Lesmets Ambrofiens qwiil te plait pre[enter 
Anx effrits immortelz,queton Necfarenyure, 
ai das vn gräd tablean,ou de bronxe,ou de cuiure, 


LOwplustoft voyageant d'ordre,aura peu conter 


Les peuples qu’ Apollon fous [oy voit habiter 
La terre,ou la nature,er les Dieux les font viure. 
Car d'antant que laterre en fon fhacieux rond, 


A Decouurant vers le Ciel,de tous coftez . fon frons 


Erplus qu'une contrée,ou qu'une feule ville: 
D'autant BelleforeSf ton liure,on tu depaints 


A Les couftumes,les loix,€o° les mœurs des humains, 


ESf fur tout autre ouurage excellent ex utile. 
Muis fine temporetempus, 


XX 54 


Bbé d'Yfpergen. : : 
Abdias. à . 

A äthic. 

Albertle grand. 
Alcotan, 

Alphonce, 

filuares Nunez. 
âAmeric Vvefpucce. 
Ammian Marcellin, 
Annales de Sauoye. 
Annièfacobin, 
Anfegife Abbé, 
Antiquitez de Belge, 
Antoine Nebrifle, 
Appian Aleran:irin. 
Apollinaire, 
Apolce. 

Arrian Nicomede. 
Ariftote, 

Araobie, 

Auenrin, 
S.Auguftin, 

Aule Gelle, 
Aufonne. 


: Aymon moyne. 


B 
aptiftcEgnace. 
Baprifte Mantuan. - 

Bañile. : 
Bcat.Rhenan, 


ede. 
Ben, Éordon. 
Berofe. 
Blond, 
Boccoride, 
Bode. 

Boëce. 
Bonfin. 
Budé, 


adamafte. 
Caffiodore, 
Caftrametations du bail- 
if Chou. 
Caron eu fes Origines. 
Chalcondyle, 
Celie Rhodigin, 
Cenalis, 
Ccfar. 
Ciceron, 
Claudiap. 
$S.Chryfofñiome, 
Loricolan, i 
£olomb., 


ns NU. ché + 


ki Liu Ab dt Hé 


Cromere. 

Curtie. 

S.Cyprtan. 
, D : 


amafcene. 

Damian Goez. 
Denys Halycarnaffe. 
Denys Sicilieu. 
Diodore Sieilien. 
Dion Piuflien. 


- Dion Nicee. 


Diofcoride. 
Dom Aluatez, 
Duglofle. 

E 


Ghinart, 

Æsnee Siluie. 
Erafme Steila. 
Efticone Bifantin, 
Eltitnne Pafquiers 
Eufcbe, 
Eutrope, 

F 


abie Pi&or. 
Fencftclle, 
Fernand Cortez. 
Fernand d'Ouicdes 
Fefte Pompeec, 
Flore, 
François Taraphe. 
G 


afpard Contaren. 


‘ Tablesdes Autheurs élleguegenceft œutre. 


Cornille T'acite, 


pis 


Horace. 


I 
Aques Cartier. 
laquesde Guife. 
JacqaeaMeier. 
Ican Annie Viterbies., 
‘Lean Cociee. 


: Jean Candide. 


Iean Damafcene . 
Iean Lafcaris. 
‘Jean Leon African. 
Jean le grand &uelque 
* d'Vpiale. 
Ieanle Maire, 
Tcan Verazzau. 
Iotnandez. 
Ilofephe Luif. 
lofepheludiens 
Jofle Vvilichie, 
Iccaique liare de laGer- 
manie. 
Tfacie fer Licophron. 
Iule Capitolin. 
Julian L'apoftat. 
Iuftin Hiftorien. 


“uuenal. 
Krantz. y 
L 
A&tance. 
Lambert de Chafna- 
burg, ] 


\JGafpard de Cortercal. Laurens Surie, 


Giudence Merule, : 
George. 

Gildas. 

Gilles Corrofcr, 
Gilles Gonçal. 


Laurens Valle, 

Leander Bolognoys. 
L'hiftoire Martinienne, 
L'hiftoire d'Ethiopie. 
Loys Barthoman Bolo- 


Guillaume de Neufbourg. noys. 


S.Gregoire. 

Gregoire Girald. 

Gregoire de Toups. 
H 


aiton Armenien, 
Hedor en l'hiftoire. 
Herodian, 
Herodote, 
Hefichie. 
SHicrofme. 
Higinie. 
Hippocrate,, 


 Hiftoire des Charles. 


Homere. sde 


Loys Guicciardin. 
Lucas Valquez, . 
Lucan. ts 
Lucian. 

Lucie Marin. 
Luitprand. 


: acchisuel, 
‘LV aMacrobs, 


, -Mameitin Pancegirifte, 


Manilie; 

: Manxthon. 
Marc Aureles 
Martial, 


Le 
ile. 


etbien. | 


de laGer- 


phron:. 
Le 

at. 

Cle 


>nOYS. 
tinienne. 
hiopie. 
an Bolo- 


din. 


e . 
‘ 


npisile 


de Chafna- 


Mashio ne. Pierre Olbsier 
Martin ve + Qu © Pihagore. 
Mathias Michon, Ph ilippe Beroald,. 
Maximiliä Tranfluanien, Philippe de Comnines. 
Merlin. hilon Juif. 
 Mcihodie Martyr, Philoftiate. 
| Michel Rittie. Pindare, 
Miroir des hiftoires. Platine, 
Mirfille Lesbien. Platon, 
Munfte:. Plaute.. 
N Phornute, 

Auclere. Pline. 

Nicephore Poge Florentin. 
Nicolas Germain. Polidore Virgile 
Nonie Marcellin, Polibe. 

Nufno de Gufman, Pomponic Læte, 
O Pompouie Mele, 
Lac legrädEnefque Poftel. 
d'Vpfale. Procopie. 
Ore Apollon, Profpet Aquiaiqe 
OrodocGufman. Prolomee. 
Orofe. Q 
M Ochonde Freñnghen.  Quinte Gays 
1 Ouide. pe js 
| Obert aguin. 
Acat. R Rodiaue Euclque, 

Pape Pie, de Tollede, 
Paradin. rte 
Paul Diacre, 

Paul Emile, Gatelique 

Paul Joue, Sempronie, 
Paol Venitien. Sanxon G:ammair, 
Paufanie. Seneque. 

Pierle, Sexte Aurele. 
Pietre de Sintre. Sexte Pompées 
Pierre Gilles. Silie un 

Pierre Lombard, Sigibert, 

Pierre Martis, Sigifmond. 


ghiehaliquee; 


k ab 7h À 


4 


Den, 

Strabon., . 
Suerone Tranquille, 
Supplementd'Eutrope... 


. Suydas, 


Hecodore Gaze, 
Theophrafte. 


. Tettblian, . 


Tire Live, 
T rebellie, 
Tiitemie. 


. Thucidide, 


Turpin, - 
V 


_TAdiao. 
Vallefride. 

Vapouiel. 
Varron. 
Vafquez de Coronsdo. 
Vegece. 
Vellée partercule. 
Verimbert abbé, 


‘Vi&or. 


Vilichie:. 
Vincent au miroir hifto: 
rial. 
Virgile. 
Vinchinde. 
Volaterran: 


* Vrolphang Lazic, 


Vopifque, 
Vipian. 


X 
Xi Iefuîte; 
cnophon, 


OL PORTO 70 
û 


Francifei Amboyfi Parifinl,ad Fran.Bellefo+ * 


 teftum,Hendecafyllabi, 


Ores, Belliforete, gentiimque 
Ritus,hifforiamque qui perennem 
Hoc voluminetradidifle Gallis 
Zure te potes ipfe gloriari, 
Mox Apolline,mox fauente roro 
Cetu Caftahidum;arque gratulante 
Tibi Francigenhm nu tot4, 
Templo Mnemofynes facram dicabis 
Rerum condita ab vrbe Gallicarum 
Perdnétam bifloriam vfque ad umbilicum. 
INam qu dignioreff,fauenté toto 
Cetn Casfalidum,at que gratulante 
Phaæbo,er Francigenim cohorte tnts, 
Ecquis digniorest [ubiremunus : 
Tanti ponderis, & daboriofo 
Templo Mnemolÿhes facram dicare 
Rerum condita:xb “yrbe Gallicarum: 


Perduéfam Historian v{que adwmbibcum, 
Quam tu, Belbforefe gloriofe, : 
Mores,atque Statuts géntiimque, 
Ritus,bifforidmque qui perennem 

Hbc volumine rradidiffe Gallis 


dure te potes ipfe gloriarit 


Muls fine tempore tempus, 


ES, | 
e 


Ir opuseximium de emnium gen 
4  cium moribusà Francifco Belleforæ editum Joannis. 
Aurati PoëtæRegij,Ad luffum Ludouicum 
Turnonium ComitemRoffiliongum, | 


dot + é 
À À 


nn à ÉLEGEIA. 


F C V'M contra Turnum certamina feua lé bd 


À Æneas V'encris maxima curafüe. 

@ Tumpia V'ulcanum votis Venus omnibus 4mbir, 

É Nato ut Lemniaca Lfaëta det arma manu. 

; Maternis precibus motus faber ille deorum, 
LATma acri praperat mex operofaviro, 


| l Enfêm fatiférum duroex adamante politum, 


Er clypeum mire molis é9: artis opus. 


M Sic Venus Æneam calefhbus indair armis, 


Ipfsm que poffent arma decere Louem. 


M Nancetiam(ecce vices rerum)cæleflia ut olins 


Arma parat nato Claudia ferre parens. 


+ D Sed l’enus Æneæ dederat fatalia Turno, 


Nunc contra Turno fida dat arma Venus. 
Nam mihi fi fas ef res indagare vetuftas, 
1 Quamque fit antiqua nobilitate domus, 
® Quis neget a Turnotraxiffevocahulagentem, 
Œ QuanuncTurnoniumnabilenomen haber? 
Æ Necminus à priféa deducit originenomen 
7 Claudia Turenæ gloris magna domus. 
Nam Rutulus TurnusRatuls T yrrena propago. . 4 
À Turenis nomen ducitur unde fun. 
À Sicnunc T urnohio duplex clari[äima Tuffo 
D  INobihrasgeminotratta parente venit. 
Fraterat Aenez fatali eff funélus in vrbe 
Morte [ua,dumres Regis @7' arma gerit. 
XX 


ET] 


10. AVRATI 
Claudianiné mater charüviduata marito, 
Orbate domino fertonus omne domus. 
Clandiamatcrnas partes,parirérque paternas 
Suflinet,ingenti Feminanataanimo. 
… Que virtute vigens, robore pene virili, 
Turnonia hosfilesreppulit arce manus. 
Hectalimulier fortsfsi ma pectore, er olim 
Alrera que formé vifa fit elfe F’enus. 
Dignumvtpreflec aus [ua te iuftiffima curs 
Juste puer,bellipacis és" arte colit. 
Artibus ut pacis patruumfratrémauereferres, 
uorum mirata eFturbatogatatogas. 
Chironem nato,go Phœnicem,vt mater Achilli, 
Barrum binc,illincte V’illeminæe dedir. 
INücqueque,vt antiquasfactis Heroidas equet, 
Armärunt natos que fibiqueque [uos: 
Quafit ecce nouum V ulcanum Bclleforeum, 
Arma roget nato posteur fuo. 
Mulciberille nouus clypei mirabile textums 
Struxit, Achilleus qualis,6 Herculeus. 
Hofodi Herculeus celebratus carmme quondam, 
Notus Achilleus carmina Meœonide. 
Quod mihifi quaforet par huic.illène faculras, 
Verfibus Aurati nobilis ifleforer. 
Er canerem clypei miram [épremplicis artem, 
Aemulus vt terre fir globusille globo. 
V'tque [has habeat Zonas,partéfque quaternas, 
Étfpatinm,regio quo [ua quequépatet. 
His addam varias formal. ne fitéfque locorum, 
Cémque fais populos per loca que que locis. 
Addam mille modos veffisvariôfque colores, 
Linguarum variasin [ua verbanotas. 


ELEGEÏIA, 
{ddam etiam mores bommumrité[que facrorum, 
Que gens qua vitam lege velarte colat, 
{ddam mille fipermiracula cæterarerum, 
M Cominamarcria nifuperaret opus. 
ednancinfta fais non [ant mibi carmina Tufe, 
Te quibus,aur fcutum perfequaromne tuum. 
MOuod tu munus ama(näqsam eff peramabile mune 
M Maternum)ut matrem,necminus artificem, 
LArrificem,quo non opus ant operofius aler 
M Edidir,aur quodplus vtiltate inner. 
DVann fi virtantus qui mulrasvidit& vrbes, 
Etmores hominum,dux Ithacenfiserat, 
Mpfumeu f'pereslicer hocinftractus V’Tyffem: 
D Marorem cr landem,quam tulut ille, feras. 
Mlle quidem mund: muleas erranitinoras, 
Non egit,totus qua patet orbis,iter, 
4 licer Fe toium colluftres lumine mundum, 
Er quicquid mundus tam fatiofus habet. 
Sicqne vagovir cris tanto th maior V’Iyffe, 
Quanto pars totomaxima quequéminor. 


- 


ODE AV SEIGNEVR DE BELLE- 
forelt,par Iean Tirmoys, Nor.Argentenois. 


Signant par ten induffrie, 
G Par tes verlles ç° labeurs, 
Cequ'an ment de Caffalie 
Laffanante compaiguie 
Peut prodiguer de faueurs, 
 Tumarques d'encre fidelle 
M  ZLesmeurs ÇQ'conditions 
De l'ifle que l'eau decelle, 
Et ok iamau la nacelle 
D AN'apeu faire de fullens, 
Car (eu où didansl'tfie. 


x 
 w 


Pres durinage Æoguen,. 
Oubienen Brent 
Bithynie,ou Galatie, 
Pres du terreur Lycsan:, 


© que tu fou en l Æfricque | E 


Æu More Cafarien, 
Ow que frudans l'Iberique 
Ts dies le republique 
Du plus cabé | ybien: 
Ow demeurant en l'Europe 
\ Si 14 viens à raconter 
L: Péreneanne croppe 
Que le Quirinalle troppe 
De Cafar vie. j'urmenter: 
To le dis de telle grace 
Et le fais fi doltemenr, 
Que ren sndufirie efface 
Le nem de la prims race 
Qui le chantoit autrement. . 
eAuffi pour la recompenfe 
De ce rien doëte labeur, 
Ts Voiras qu'auec La France 
Le refte du monde penfe 
Deguerdenner [on fonveur, 
Et du plus ample heritage, 
Faifant auec Iupiter 
Tont denouean le partage, 
TH Le VorAs en ton eAge 
Detout iemonde heriter, 
Car il n'y aura contrée, 
Plageyruifeau nefercf, 
O4 ne [ot lenë «7 monfirée, 
Redite,aprife,ç chantée 
L'œuvre de Belleforef?. 
Tant qn'ilen refle, 


CTEVR, SVR. LE DISCOFRS 
— del'origine, co particulieres mœurs, loix;ceremo- 
nies, eg: coufiumes de toutes les nations, éo* 


forles confiderationsde l'histoire. 


OMME vn paintre parfait, voulanteffi- 
A gicraunaturel, &levifage, &rout le 
l corps d'vn homme, fuiuantles craits,li- 
(9 neamens, & proportions d'iceluy, a de 
= couftume de drefser au craion, l’'ombra: 
Dge, & comme vne Idée des membres 

SU principaux , \ & les difpofer en vn ac- 
Ÿ cord, proportionné fous parcille mefu- 
re,affin que neforte des reigles, & nom- 
bres deuz,& propres à l'excellence de fon art: & comme c'eft 
fon vray office,de donner tellemét les couleurs à chacun des 
membres, de les pofer deuëment en leurplace;les efloigner 
quelquefois de fa veuë , pourauecle iugement dela perfpe- 
&iue, voir ce qui y default, ou le trop de fon œuure.affin que 
-1ectelle diligence il puiffe parfaire ce qu'il a entrepris en fa 
fantafic:Il n'eit pas moins feans à celuy, qui d’efcritl’hiftoire 
de fe gouucrner auec pareil deuoir, &s'aftraindrefousles 
mefmes loix dela painture, voirey fault vn plusiufte craion, 
& fubtil pinceau, veu la delicateffe du tableau prefenté,pour 
dreflér vne chofe tancexcellente quela defcription de ce 
qui s’eft paflé entre leshommes. Maisiaçoirqueilyaÿt de 
agrandeuren la pourluitede cefte-cy , neantmoins ce qui 
ft compris auliure qui s'enfuit , & qué nous auonsfait no- 
recnlerepurgeant, &augmentant: entant que il ya plus 
que de l'hiftoire, merice aufli vne plus grande confideration: 
eu queles parties vnies du tout , confideré en la perfection 
du baftimentdu monde, faut que y foyentcontemplees. 


| PREFACE. 
cequief cs : Auffi quand Pline dreflà fon grand œuurc de l'hiftoire du 
prisau 2.li, monde, oublia-ild'ycomprendre ce qui eft des dependan- 
de pline,  cesd'vnechofetant fingulicre, & fi difficile à efplucherÿ Le 
nombre;la forme;mouuement, le nom d'iceluy,l'auteur,les 
caufes de fa fubfiftence, la beauté, la eontinuation,& durée,& 
cé qui eft comprisen farondeur;,eft par luy effigié autant que 
ilelt permisà l'homms de dire des œuures merucilleufes de 
celuy,duquella puiffance eftincomprchenhble,lesfaitz ad- 
mirables, & queautre queluy-mefme ne peut imirer,& au - 
Cofinagrs. quel toutes chofes fonc & fubicttes, & obciflantes. Et ainfi 
phie ae ous ceft amas d’hiftoiregenerale, eft compris ce qui eft de 
ption dm particulier, & embraflécla Cofmographie, Geographic, & 
monde. Corographie,& la defcription priuée de chacune nation: fur 
cou lequel fubiet,comme ainfi foit que s’arrefte noftre difcours,il 
Corngraphie n’eft hors de propos de declairerparle menu au leéteur en 
des lreux,  quoy.confifte,& dequoy ferc & proffite cecy à l'homme, le- 
qe ayant{on {emblable pour obiet' de fon efprit,& miroir 
© fa vie, &ne pouuant voir, ny contempler cefte face que 
parlemoyen d'autruy, ilaeftéaufli beloing,. que par autru 
ilcogneuñ,& les autres, & foymelme, tout ainfi queen cel- 
le impreflion que on voit en la glace d’vn miroir, l'homme fe 
regardant,luge foudain des vices, ou defaults qui fonc en fon 
ls paris vifage. Or partiflans la cognoiffance de ce monde infcrieur 
uliers com. ŸS Patties fufditres,nous voyons les mots quoÿ que generaux 
prénens les fe rouler fousla fignifiance des particuliers, cariaçoirque la 
generaux. Cofimographieembrafle tout ce qui cft compris, & au Ciel, 
&enlaterre, i’entendz en celle figure ronde & vifible que 
nous appellons monde, fi cft-ce que fous le nom de Geogra- 
phie,quinecontient quela defcription delaterre, &chofes. 
Ces morsfés qui lauoifinent , l'autrepartie plus generale aauflifa place, 
propres an. Vellement quele Gcographe ofe parler,& du Ciel,&desOri- 
Cofimegrés ons,Zenithz, point verticaux, Oriens,Occidens,Zones,Po- 
phe. les, Tropiques,&cours des aftres,aufli bien que léCofmogra- 
_ phe; d'aurantque cela luy elt comme necellaire,& vn accel- 
foire fe mariant au principal de fafcience. 
: Eftant doncceftefcienceaindi liée que on ne peut guere 


toucher l'vn point fans faire aproche de l'autre,&que leslieux | 


ne fonttracez fans cognoiftre la terre, ne cefte cy fans lacon- 

‘fidcration cêlefte, c’eft raifon que parlant de l'homme, de {es 
| STE \ . . , ‘ 

mœurs& façons,nous fçachions où il eff, vir,& fe maintient, 


D MO 6 0,8% 


ts 99 
« se 


iftoire du 
ependan- 
cher# Le 
‘auteur,les 
& durée,& 
autant que 
lleufes de 
sfaitz ad- 
iter,& au- 
. Etainfi 
qui cft de 
zraphie, & 
nation: fur 
difcourts, il 
lecteur en 
mme, Île- 
,& miroir 
c face que 
par ne 
que en cel- 
‘hormme fe 
ontenfon 
ec inferieur 

generaux 
çoit que la 
& au Ciel, 
ifible que 
c Geogra- 
& chofes 
ifa place, 
&desOri- 
Zones,Po- 
ofmogra- 
vnaccef- 


eut gucre 
ic leslieux 
ns lacon- 


aintient, 


me,de {es 


ù PREFACE. 
quelileft, & comme il fe comporte: ce qui ne peuteftre veu 
ny compris que vifitant l'affiette des Prouinces,. &places de 


L fademeure. Eccelles-cy eftant fuiettesaux afpets du Cic!, : 


&zles hômesreflentans quelque cas desinfluences des corps 
d'enhaut,il faut que las parties de ce môde fuperieursfoyenc 
contemplees,pour mefurer celles qui font en l’inferieur: veu ; des Juix. 
que le tour enfemble(ie parle du môde vniuers)n’eft que vne 
cité embraffanc & les dicux,& les hommes,affin que ic parle 
auec Ciceron, & qu'ainfi aucun ne penfe qu'il y ayt rien Qui cicers li, 2. 
foit feparé hors les limites de ce quiappelle môde:duquel ce de la narure 
mefmeauteur parle ainfi en vn autre paflage:Car il n’y a rien des dieux. 
que le feul monde, à qui quelque cas ne defaille, là où ceftuy 
cycftfait,ornc,parfait,& accôply par tout, ne luy manquant 
chofeaucune pour l'accôpliflemét de fes nôbres &parties:& ui le 
quiaefténommé Monde par les Latins, & xéouwxs parles Médrainf 
Grecz,à caufe de fa grand beauté,& pour la perfection de fon sppelé, 
artifice. Mais d’autät que ce corps de l’vniucrs a diuerfes par- 
cies felon les effects & caufes,foyent celles qui agifent ou cel- 
les qui font contenuës, nous laifierons les principales, & def- pyries de | 
quelles le mondeeft compoft,à fçauoir les 4. elemés & corps l'uniners co 
fimples,& le ciel qui eft par deflus ces corps eleméëtaires pour: me font con- 
voirles regiôs,& limites du monde, fçauoir l'Oriét l'Occi- fiderees, 
dent, Midy,& S:prentrion,lesvns defquels font arreftez,& ne 
bougentiamais,d'autätqu'onlesconréple commelespiuotz .. 
du môde,& ce font !e midy,& Seprétrio:là où les autres deux #7 4 L 
; \ «1 Mondequels 

rovent & font mobiles,à caufe de ce cours perpetuel du foleil fre 
parles degrez dc: fignes, foit en fon afcendant, oufaifant fa, .J; obi- 
rerrogradation. le discecy àcaufe quele {oleil ne fe leuant Le. 
point vn iour au mefme lieu, oùil s'eftoic leué le precedant,à 
raifon de fa courfeordinaire,ils’enfuit que les Oriés, & Occi- 
dés {ont mobiles:& eft proprementl'vn Leuät, & l'autre Po- 
nät dulcofté que le Soleil fcleuc,ou fe couche furl'horizon,ia- 
çoitque ce leuer, ou abfconcrr deceft.aftre fe faitfans nulle 
faure encres deux tropiques,affin qu’6 ne pee queie vucil- 
le confsndrél'ordre naturel dela courfe folaire, Or eft cecy 
propolé, comme jay dit,pout l'efgard du pointtouché ence Côplexions 
liure, qui eft des mœurs de chacunenation,entantqueie ne dimerfes des 
vucilallerfiftoiquement en befoigneque vucille côprendre pa 1 
Ja generalité des hommes & animaux fous vnemefme com- + A 

\ * : UT ; sXnaiffent, 
plexion,puis que ils fontformez d'vne mefme fubftance de la 


* i 


5 PREFACE. D R , 
térre:entant queiefcay que tour ainfi que toute terre ne por- 
té point routes chofes,& que les fruitz croiffent en l'vne, & 
nepeuuent venir en l'autre,que aufli les hommes ont des hu- 
meurs &inclinations en vneterre,qu ils n'autôt point en vne 
autte. D'où vient que ceux qui-naiflent au feptentrion font 
L'ame préd grands: & les Auftraux, & naïs aux regions chauldes, n'apro- | 
Les impref= chent de cefte grädeur,& ftature, fi ce n'eft que eftansles ter- 
S6s du fers res diuerfement difpolées, les corps qui y naiffent,, y reçoi- 
Re yent aufsi de diuerfes imprefsions? E£tcomme ainfi foit que 
: les affeétions de l'ame font fouuent difpofées felon ce qui eft 
de naturel du corps, & du fensexterieur,aufsi voit on queles 
hommes {el6 l’afsiette des lieux ont ou plus,ou moins de rai. | 
fon & intelligence,ie parle felon l'hôme,& füuiuant l'expe- | 
rien.e quinous en fait voir la chofe en fon effet:entent que ! 
tant plus vn pais eft grofier en la commune refpiration de k 
Sel l'influ-Yair qui le fuftente , auffiles hommes y fontloutds,pefans,& } 
enceleshm oroffiers comme ils font fubrils, & de gentilefprit,où l’aireft | 
pr tr ferain,attrempé,& fubtil. On les voit chaults,coleres, prôpts 
*  ànoifer,felo que larcligion eft efchauffée du{oleil,& queles | 
aîtres ainfi complexionnezles guident, comme ils font tar- | 
difs,lents,& paifibles, où cefte ardeur n'eft point fi vehemen- | 
te: & faut confefler queles Climats ont des proprictez qui 
ncfe communiquent à tous, & que chacune rerrea des hu- | 
meurs ez hommes quiluy font particulieres,aux vns l’incon- 
ftance maiftrifant, aux autres la ftupidité,& fotrife,ceux-cy 
eftants opiniaftres, les autres dociles, les vnsreligieux, &les 
autres ne fe foucians de fainteté quelconque.le ne veux don- 
nercecy aux aftres, ny àla terre, mais de l'imputer tout à la 
malice des hommes,encore n'y voy -ie trop deraifon, voyant 
Pinclination des peuples de chacune Prouincè. 

Ie fçay que le faige commande fur lesaftres, & quel’home 
mecftenla maindefon confeil, &que fi on l’aftraignoit 
fous la neceflité d'vncinfluence, ceferoitluy donner excufe | 

swmaies © fa mefchanceté: mais ce n'cft ainf queieparle, car ie n'i- à 
naturelle BNOTE PAS QUE En CE qui cfide I action vertueufc,ou corrôpue} 
fn lit c'eft l'efprit del'homme qui y befoigne, & iaçoir qu'il y aye 
corrigée par des inclinations naturelles, fifault-il queobeiflant a Dieu, &| 
lu lyde fe formantfelonlaraifon, qu'il corrige ces vices reffourçans 
Diem de la corruptiô de noftre nature: maisie dis qu'ilya des pros 
prictez,foyent elles tendans à la vertu,ous'efcoulans apres 1e 


te ne por- 
nl'vune,& 
nt des hu- 
int en vne 
itrion font 
s, n'apro- 
ans les ter- 
t,y reçoi- 
fi foit que 
n ce qui eft 
“on queles 


ins de rai- | 
ant l’expc- À 
ententque À 
piration de 


[s,pefans,&e 


,oùl’aireft | 


res, propts 
1,& queles 


ils font tar- | 


vchemen- 
prictez qui 
cades hu- 

sl'incon- 
fe,ceux-cy 
cux, &les 
veux don- 
r tout à la 
on, voyant 


que l’'home 
aftraignoit 
ner excule 

carieni- 
u corrôpue 


qu'il y ayce| 


a Dieu, & 
effourçans 
y a des pro 


ans apres Îe 


= 


Donne ‘’PREFACE. 
vice; en chafcune nation, quifemblent naïftre, croiftre, & 
{e nourrir en elles,& aufquelles, fans vn long eftude & pour- 
uoyance difficillemenr peut on obuier, iaçoit qu'il n'ya rien 
fi bien planté quelelong vfage de bien enfeigner,& l'exer- 
cice de la vertu nc defracinent de fa premiere place. 
l. Comme donc enceft œunre nous ayons pourfuiuy la di- 
uerfité des mœurs des hommes en chacune nation, nefault 
trouuer mauuais fi te dis aufli qu'ilfaut qu'il y ayt quelque 
autre caufe,que la fcule affection del'homme,qui occafionne ze Chrefiè 
cefte varicté:& fans entrer en vn Laberinthe de doubtes, 1e doi faire 
Chreftien, qui doit faire proffit detoutes chofes, confidere. prffit de 
ra que cecy neluy eft propofé que pour y'contempleriles faitz “#4 
merucilleux du tout puiflant,qui s’eft rendu admirable en la 
varieté. des chofes mefmesfemblables: & qu'eit-ce au mon- 
de,qu'i plus aye de raport, & reflemblance del'homme, que z'hômedi® 
l'homme mefme? & toutesfois c'eft l'homme qui eft tout di- [emblable 
iers à l'homme,mais pluftoft contraire,& diflemblable à foy- à fo m/- 
mefme:la varicté de la figure,venät de fon auteur,maisla dif. " 
fimilitude des mœurs, ayant fource de fa propre corruprion: 
s'il ya des inftinétz naturelz, qui l'inclinent à quelque cas,en- 
core n’eft la nature fi imparfaite, qu’elle les aye nirez à cecy 
pour leur degaft,fi d’eux-mefmesils ne rendent à leur ruine, 
En fomme contemplant tout ceci, ilfemble que la force de 
Ja nature excede toutesfois,& que la maiefté foit doubteufe, a 
qui la confiderera en fes parties, fans auoir efgard à la vigueur 
vaiuerfelle de cefte mere commune de toutes chofes, & la pies ropnes 
contemplation de laquelle eft le miroir auquel, & par lequel é effects de 
homme tafche de comprendre ce qui eft de Dieu,qui inui- lanature. 


Mfible,& incomprehenfble,fc fait cognoiftre, & fe communi- K”-1. 


que à nouspar ce qui eft vifible, & que le fens humain peut 
attaindre,& embrafler, Quand doncle Chreftienlities abo- 
minations des peuples eftranges,le degaft du meilleur qui foit 
n eux, la paillardife de leurs ames,la fouillure de leurs corps, »., ft de 
eur cruauté, vilennie, iniuftice, fottife, ignorance, & faulte y "féence 
de raifon:nc doit-il pas le mercier, & s'humilier fous fa main desmæurs 
puiflante, &recognoffance des biens & faueurs qu'il en a des narionse 
eceu, d'eftre contraircautantencœi & affection à ces bare 
bares, comme 1ly a dereffemblanec en leurs corps, & figure 
xterieure,& comme ilz font guidez treftous d’vn fens com- 
mun,& refpirent vnair pareil& viuent fous la loy d'vne fem 
| k ii] 


; DAME di 0 D 2 à où -ONSPA 
blable vic?Et fe fouuenantque iadis ilfutrel,8& que fa viercf. d 
fencoic l'impurité del'idolatrie & aueuglement de ceux cy, D 
n'a ilpas vnbeau,&iufte moyen delouer celuy;quilaretiré à E 
d’vn tel bourbier, de magnificr fon excellence, recognoiftre | 
le.bien-fait, &leprier pour ceux qu'il voit encorcplongez £ Fà 
au danger,les precipicant dedans l'abifme de la mort cccrnel- ë 
le? Quandillyrles mœurs,police, & façons des vie(affin que h 
j'aille fufqu'au coing del'Orienc) des Cataïens, & Tartares | 
__ tenansles païs des Ceres, de Cambalu, Quinfay,& autres ver- à 
Imperfetiôs res fubietres au Cam de Tartarie, & voit la Barbarie naturel- 
dela viede je de ce peuple, la tyrannie defon Roy;iniuftice desofficiers à 
Tarte d'iceluy, peu de charité du vulgaire, cruauté des vns enuers À 
lesautres, &inhofpitalité à l'endroit de l'eftranger l'inciui- | 
lité vers chafcun,& l'impieréen ce qui cft delareligion, com À 
meilsfe font fouftraits & retirez de l'obciffance telle quelle 4 
-qu'ils fafoyent a Peuangile,pour embraffer la loy d'vnimpo- à 
fleur, & peruers heretique,& d’autres pour fe reflouilleren l’a- * 
bomination des idoles:que dira il,finon que fe dreffer à Dieu M 
auecpricre, qu'il luy plaife tellement ice conduire,que dene À | 
jamais fe foruoyer de {a foy, & n'imiter la peruerfité de ceux- À 
cy;pour laiffer lebon chemin, & fuiure les affe@ionsfansiu- | 
HE ftice.Quandil lyra la ciuilité des Perfes, l'éftat ancien de leur | 
Police des republique,la grandeur de leur Empire, la gloire des Monar- 
en ques fortis de celle braue nation , commeils furent aneantis 
nl cin.. parle Gicc,domptez du Romain,& en fin afluicttis par le Ma | 
pedie. ‘ homctifte : cefte hiftoire luy fera admirer les ingemens de 
FA Dieu,& recognoiftre la certitude de fa fainéte parolle. Tout 
Fu sn # nf qu'en iy"ant, l'effeminatiô Aflyrienne,les desbord con- 
Le du ge. fufion des Babyloniensenleur vie,l'infoléce des Parthes,(ot- } 
nant, te defloyauté des Armeniens,beftiale manicre desHirca- 
niens,charmes & enforcelemens des Batriens, cruauté & ri- 
gueur des Iberes,& Albaniens,execrables facrifices des Tau:! 
riques,& Colchiens,obfination luïfue, peruerfité des Ifraë-\ 
obfinaris fes lefquels iaçoit que iouïflent du priuilege des enfans à 
er ingrari. Iegitimes en la vigne du tout puiflant, {ecoüans toutesfois} 
rude A le 1oug d'obéiffauce, & ne voulans recognoiftre le {eigaeur| 
Zuifr, de gloire, & le vray heritier du royaume ont efté chaflez iu.ll 
ftement de l'hericage. L'hiftoire des enfans de loy fera cellel 
qui nous fera pen{er que nous n'eftans que des fauuageons,& 
regetrons non naturelz de l'arbre de vie ,auons neantmoins 
receu cefte faucur du grand, & etcrnel pere de famille, quo 


fa viercf- } 
CEUX CYÿ» | 
ilaretiré À 
ognoiftre | 
cplongez | 
rrecerncl- 
(affin que ! 
cTartares | 


. _? . é 
M ricé,& s'apuic fur la feule gloire defoneletion,fans adi 
autrester- | P 8 fans adioufter 


ie naturel- 


csofficiers } 
vns Enuects ! 
er,l'inciui- À 
ie Jausllé k aftres auxGrecz,la philofophic en toutes Prouinces,qui mon 
d'ynimpo- } 
illerenl'a- À 
fferà Dieu 
e,que dene | 

té de ccux- ! 


onsfansiu- 
ien de leur 


des Monar- 
ntaneantis | 
is par le Ma 
emens de 
rolle. Tout 
sbord con- 
arthes,{ot-} 
e desHirca-! 
ruaut6 & ti- 
es des Tau:\ 
té des Ifraë-\ 
des enfansi 
s toutesfois | 
le feiguneur| 
chaflez iu-# 
by fera celle} 
uageons,& 
ncantmoins 
amille, que 


Mormillent les fages, & hommes puifsans pour dompterles 


dez auffi coft que le feu des perfecuions des Idolatres fut af- 


us . PK E F AQC'E. 

d'eftieentez,vnys, & incorporez en l'oliuier,rout dinfi que fi kom.rr: 
nous en eftiôs les rameaux naturelz,&legitimes. Mais quoy? Get iv- 
Je fage Chreftien, fe fouuiendra aufli de ce quel'Apoñtre di, ” adiuts 27 
que fi Dieun'a point pardonné à celuy qui n’eftoitny eftran- Er 50 
ger;,ny fauuage lors qui s’efgara de fon deuoir, &difconti- des If 
nua de porcer fruic en {a faifon, qu'il n’vfera pas de moindre $ 
iuftice à celuy quieft enté;s'il fe deuove du chemin dela ve- 


à la vocation les effc&tz a quoy la loy, & le nom de Chreftien 


B'obligenc.C'eft pourquoy en la pourfuite des mœurs des na- rpphiens 


tions vous voyez l'Egyptien fauorife, dez le commencement fosr:fenr 
dela cognoiflance des lettres fur routes les nations du mon- #46 /ça- 


detles Hebrieux exceptez)cftre celuy, quiapréd le cours des #72 E# 
ebe.ti.de La 


preparat.E . 
HAñg2.Q7 


montres de la terre, en fin cefutl'Egyptien qui à veu l'Eglife ce fut Her- 


hreftienne Aorir en toute fainteté, doétrine, grand fçauoir clefilr d'o: 
& ennombrcinfiny d'hommes,qui feruoyent iadis de miroir /" 
cout le moride: & ce fut l'Egyptien, affin quela gloire ne 
oittouteaux grandes villes & fameufes citez, qui veitiadis 
es defertz de {on païs eftrela retrairte, & domicile des faints ue 
confefseurs de la verité de noftre foy , qui y ont vefcu,com- es se 
me vn bon depoft pour puisapresferuirenl'Eglife, contre fanss hom- 
Jes afsaults des heretiques luy faifans obftinement la guerre, 165.70: 
l'hiffoire Ec= 
clefialique. 


ftre la police, & les loix al’Afie, Afrique,& Europe,ë& duquel 


oupy,& la rage des cyrans fuccefseurs de Diocletian arcan- 
ie. Etroutesfois l'hiftoire des mœurs des natious vous fait 
out'aufli roft voir ce peuple abaftardy,fa gloire mife à bas,& 
uy ptiué encor du meilleur qu'il euta fçauoir de celle do&ri 
e qui l’honoroit par tout,& rédoic heureufe fa prouince. Et 
ncor ce difcours vous fait cognoiftre, lyfans les mœurs des 
Africains leur infidelité pafsee,la foy qui de puis y a floury,le _#frique 
rand nombre deMartyrs , & glorieux tefmoings du nom de Jiege de l'E- 
) ieu,lefquels par leur confefion,& tefmoignage ont hono- ghufe an ca 
é ce pays More, & Bazané,& fait de gräds feruices au pafteur °°: 
le tout le troupeau ,& à fa fainte Bergerie : maistournant le 

cillet,ces mœurs s'empirans,alterans & {e changeaus, Dieu! 
qu'elle pitié? LeChreftié ne voit pl° que brutalité, & abc ftifse- M 
ét d'efprit en ceux,qui eftoiët fi gétilz,& fpirituels, aneatif- Asp *:5à 
emét deforce en ceux, quiauoyent tenu tefte filog téps à la fenr. vs 


PREFACE. a 
s. Gprian fureur,& bonheur de l'Empire flouriflant de Rome, impicté | 
bnelafy enla nation quiiadisembrafloic fi affeétionnément le Chri- | 
des Cartha: fijanifme,que S.Ciprian en plufeurs lieux de fes efcrits, ne }E 
&% peut celer le loz:des Carthaginois en ce qui eft du zele de Ja 1 
-… parolle diuine, & de l'obferuation de ce qui eft ordonné par 
l'inftitution & denoftreicigneur lefus Chrift,& de fes faintz 
Apoftrés:quoi plus?vous voiez que l'Afrique monftrueufe en! 
Animaux , -eft deuenué plus farouclic en la façon de Vie des ll 
hommes,que les Lions, Onces,‘Jurs,& Tigres qui repairent| 
par fes folitudes. Tout ceci aprendle Chreftien par l’hiftaire 
des mœurs,affin de louer Dieu,& le craindre, & faire fi bien, 
que Dieu neluiofte ce, dequoi iadis l'Afrique à eu autant de À 
largeffe qui pourroiét auoir, ny l'Iralie,ny la Fräce. Mais, pieu 
tout puiffant/quand vous lifez quelle fut la Grece dez le cô- MF 
mencement,qui eft l’homme qui ne s’eftône voiant les folies 
de vn peupleeftimé fi fage,& qui a cité rénommé pour le plus 
| ciuil, couttois, & moins barbare detoutle monde? Neant-! 
Le[eul Chre moinsle Chreftien, qui ne mefure pas l'hiftoire à l'aune dela! 
Jien à inge- folie des hommes, & ne contemple la perfection de noftre! 
Fe en lhi vie s’arrefter fur ce qui femble fimplement auoir quelque for! 
‘Me. me,& figure depolice,& de vertu,cognoit dequoy luy fert le 
iugement en l'hiftoire, voïant que Dieu ofte le fens aux plus 
fages,& reprouue le confeil des fçauans: lefquelz l’ayans co-| 
gneu, nel’ont toutesfoisrecogneu comme Dieu.ainss'eua- 
nouïiflans en leurs penfées ont mefuré la force du tout puif- 
| fant {ouz l'imbecillité du fot iugement del'homme. Lifez ce 
fre que Clement Alexandrin,faint, & excellent perfonnage de 
à is »,. l'Eglifc primitiue dit des Grecz , commeil fe moque de leur 
raifon aux ottifc,& abomination en l'adoratiô de leurs faux dicux,quel- 
les impictez il leur. mer en auant de ce qu’on commettoi 
aux plusfecrets mifteres de leurs ceremonies:& vous cognoi. 
Îtrez que tout ainfi queles Greczonteltéles plus {çauans en 
Gr, les la fcience de cefiecle,aufli oncilz ele les plus corrompuz.enl 
plus dore Veur Vic,& les plus efgarezen l'opinion.& plus tardifs à rece- 
PT d'entre UOIT la verité,&c des premicrs qui {fc {ont fouruoyez del’y ni! 
des hommes, de l'Eglife. Et lifant l'hiftoire,& mœurs des Grecz, iaçoir que 
plufieurs hommes nousyfoient paintz fort exccllens en {ça: 
uoir,& remarquables en la purixé de leur vic:felt-ce que vo 
y aprenez à quelle mifere elt conduit l’homme qui prefume 
trop de foy,& feglorific:de ce. qu'ila fans regarder qui eft ce 
} 3 JTE > NIISS I 9301 


y 
Gentil *à 


210198 13:du; 


_ 


, impiete | 
it le Chri-! 
crits ; nc! 
1zcle de la 
donné par 

c fes faintz 
ftrueufe en 
de Vie des! 
irepairent| 
at l’hiftaire 
ire fi bien, Ë 
u autant dec! 


,Mais,pieu °# 


 dez le co- 
nt les folies 
pour le plusf 
de? Neant- 
l'aune dela} 
n de noftre! 
quelque for! 
oy luy {ert le 
ens aux plus 

£ layans co-| 
u,ainss'eua- 
u tout puif- 
e. Lifezce 
fonnage de 
pque de leur 
dieux,quel- 
commettoit 
ous cognoi- 
s{çauans en 
rrompuz en 
rdifs à rece: 


k-ce que vo 


qui eftce 
10125 3% lu, 


ez de l’vnio! 
, iaçoit que! 
lens en {ça 


qui prefume 


cities: ne ès EF AC E, : q f 
luyiquiluy enifaic Gliberale largeffe : Car vous voyez queen. 1°” 
tre tousiles hommes:les feuls Grecs ont cop “a ci- Earth 


L coyens qui ont ofé nyer ladiuinite, & l'efireabfolument de _srhée, 


qe Dieu , & de l'opinion defquels font fortis cous les À- #5 Laerce: 
ciftesqui iamäis ont efté depuis au monde : Entendez aufli ©” Clement 
que de celle grande vniuerfité , & fameufc efcole d'Athenes Ælexädrit 


À fontfortis les pourceaux Âriftippe ,& Epicure, lefquelz anr 


apris la volupté aux hommes , &lesontdreflez,& conduictz 
Avance vie plus digne d'vne befte, que d'homme ayant quelque 
‘vfage deraifon. La republique d'Athenes, la police des Lace- 


demoniens,la force Maccdonienne, la barbarie des Thraciés, 


la fuperbe Thebaine , lafuperftition des Candiots , la vaillan- 
ce des Rhodiots ,l'effemination des Chipriots, &cen general 
la gloire Grecque font cognoiftre au Chreftien quel fonde- Divers 
mentil ya en cequieft del'heur mondain, puis que tous ces plesen bre 
peuples font à prefent les efclaues dela plus vile, & infame 
nation de l’'vniuers: & de celle qui iadis eftät fans aucun nom | 
fait tremblerà prefent prefque toute la terre au feul fouuenir 
de fes conqueftes. Or queleftonnement faifift noftre cueur 
voyans par lhifoirele commencement du peuple Turquetf- 
que fortir d'vnrecoing des Scyches, courir le Leuät, dompter 
les pluspuiffans de l’Afie, &en fin venir fe ruer fur les Chre- 
ftiens , & aneantir la force , & gloire de tout vn Empire ? maïs 
quedis-ie d'vn Empire, mais bien de plufieurs: entant que le 
Grec fuperbe auccla cité triomphane baftice par Conftantin 
le grand ,l’Afiatique fe penfant indomptable pour comman- 
der furla mer Maiour, & auoir autorité fur l’eftat de Trape- 
zonde , le fort Egiptien ,ne craignant rien de malheureux 
ayant la troupe cftroyable des Circaffiens Mamelus, & (ouz cbr 
fon obeiffance l'Egipte,ludée, Mefopotamie, Aflyrie, Arte ne ge . à 
nie, & quelque coing de l'Arabie :ces trois dif-ic, ontpañlé su 6 
ous le couteau trenchant de ce Barbare, jui maintenant fe | 
joie à plaifir par les riches Prouinces de l'Europe. Eft-ce peu 
de casque vn feulliure te face Voircomme vn peuple idola- 
re, la{cif, voleur, pauure, & banny de fon pays, eft contrainét 
(pourauoir part'en la terre d’vn vfurpateur, ) dereccuoir vne 
oy incogneue, & embrafler vne nouuelle opinion, & reco- zerurecn 
pnoiftre out chef, legiflateur, & prophete le plusabomina- sant dere- 
ple,mefchär, & corrompu detous les hommes. Étneantmoins «#%/eMa 
rous voyezl ifanc qui & quelzfurent les Turcs, quelles leurs Fri 
XX 


Quelles M6 


pie .PREFACE  . & F 
‘7 mœursleurgloire;êauancemenr, vouscrouuèrez quele Ma- [à : 
 hometä les receuant:pourcompaignons;heurdbnalieu pour x 
{e retirer, les inftruifant en l’Alcorä du faux prophete Maho- !& 4 
meth,a par mefme moïen aneanti la gloire de fes propres rois, LE 2 
& abatu l'eftat & famille des fuccefleurs de l'Ifmaélire, 8: A- à v 

E 

d 


Dur À 


rabefeducteur, & chaflez les Chreftiens des fiegesanciensjef. | 
quels les fainéts Apoftresont prefidé, & ou premierementilz # 
planterent les fondemens de l'eglife denoftreSeigneur ,:à à 
fçauoir de l'Afie, Paleftine,egypte, & depuis de l'émpirepref- } 
que de toute La Grece.rtferez vous fans rien aprendre, hfant 
quelle fut iadis la vie des Schychesles plusrudes,cruels,& fan ! 
guinaires hommes de tousles anciens? & ncantmoins qu'ilz !à 
ayent cftc telz, fivous donnent ilz vn en{cignement digne à 
d'eftre fuiuy,&vneloy parleurs façons de faire de nereceuoir fi 
scithesre. aucune religion qui foit contraire à celle de vozperes & pre- } 
ertans to. deceflcurs:enrant qu’ils n’ont point pardonne à leur Roy pro-| 
te ceremomie brefe fouillant en leffemination impudique des Baccanales 
grange. à Ja mode des Grecs, ains l'occirent cruellemént, iaçoitque | 
deleur naturel ilsadmirafsent, reucrafsent, & feifsent hôneur$ 
à leurs roysautant ou plusque nations dela terre, Quels ont 
eftéles Goths finon vne troupe cfgarée;fansloy, nyreligion 
que dercftable, & toucepleine defang,pilleries,faccagemens, | 
Quels  & ruines de toutesles Prouinces.où ils ontfairentrecSi eft| 
que enfag- ce pourtant que l'hiftoire vousremarquela main de Dicuren 
ne Lhifoire cefte nationfifarouche, & l'effort du toutpuifsant en adou- 
des Gaihs Cifantleur! Roy fans pitié, lorsque entrant dedans Rome, a- 
uec deliberation de tout ruiner,& routesfois,changeanc d’ad-l 
uis lors que la cité fut prife, lesfaintslieux furent exemptez 
de lafureur du Barbare , & Iles perfonnes facrées au feruice 
de Dieurefpeétées par celuy que on eftimoiteftre fans aucu 
ne crainte, nyreugrence dela diuinité, ny des chofes àicelte 

dedices. | 
Quelle merucille plus merueilleufefe prefente: én l'hi. 
ftoire que celle originede Rome, qui d'vn petit amas de pa 
feurs a efté fairele chef de tout le monde? Qui eut dit que 
les fuccefleurs de Romule naïs pauurement, nourris comm 
au village, inftruits parmy ] e (ang, les vols,rauiflemens;8e in 
iures faites à chacun, deu lent donnerloÿyäceux quilesdel 
uançoyent,& enancienneté , grandeur,& fagefle,& qui : 
uoyent cfté les plus puiflans de tour l'vniucrs iCecy n'eft rien 


Q 


queke Ma- 
alieu pour | 
ete Maho- ! 
ropres rois, | 
lice, & À- 
anciensicf. | 
erementilz À 
cigneur , à 
mpirepref- 
dre, lifant 
rucls,8c: fan ! 
hoins qu'ilz | 
mentdigne | 
nereccuoir | 
peres & pre- |] 
ut Roy pro-# 
s Baccanales ! 
, 1açoit que | 
sent hôneuri 
. Quelsont 
_nyrcligion 
ccagemens, | 
nercc?Si cft-| 
de Dicuen 
ant en adou- 
ns Rome, a- 
gcant d'ad- 
t EXemptez 
s au fcruice! 
rcfans aucu- 
ofes àicelle 


ente èn l'hi- 
amas de pa 
i cuft dit que 
urtis comic 
mens;Be in 
quiles de{ 
effe,& qui : 
cyn'eftricnk 


PREFACE... 
auprisdecciquelè Grheftien yregarde deplus grand à {ça 
uoir la puiffançede Dicu, fa prouidence,bonté,mi Oricorde. Crvfdirée 
&ineffableiuftice,. qui domptantiles tyrans, abaflant l'or. ‘199 e l'his. 
gucil,& prefomption des Princes quiluy faifoyent la guerre, foire des. 
vainquantlafurie des infidelles feäs {ur lethrofne de ce grand ré it 
Empire, à nourry.parmy les glaiues, au milieu des fammes 
dedans lobfcurté desprifons, furles gibets, geines, tortures, 
croix;& roûes, lesfemences viues de fon Eglife, plantant a- 
uecltfang le fondement{olide de l'Eglife Apoftolique, Ca- sjnreré 
tholiq,S Romaine, en laquelle n’apparutonc tache,ny (ouil- integrréde 
lure, &ne futiamaisreceuant aucune ride, ny mauuaïife im- fege de l'E. 
preflion, ré delaquellela foy, à efté cogneué & publiée par gl/è Rom, 
tout lemonde, come eftant appuyée fur la pierre viue,& fou- 
fténue dela main toute puiflante deceluy quiadit, queles 
portes d'enfer ue pourront rien contre cefte cité de Dieu, 
quoy que elle foit affaillie de pluficurs:& que nuls Aots agite. 
onttellement la nacelle où Iefuchrift cientle gouuernail, & 
fes fainvs y font les Pilottes,que iamais elle puifle fouffrir nau - 
frage.Ce {ont Chreftien, ce font les prouffits de cefte hiftoite 
des mœurs desnations, c'eit l'auancement que tu yreçoig 
ncefçauoir, aprenant que la beftife, fimplicicé, & rudef. 
e d'vn nombre de pauures hommes fi petit, que la multitude miracledy 
pouuoitles accabler, fi pauurc que les richefles luy manquät, cômencemés 
il n'auoit dequoy faire parade, & furquoy fe fonder, que la # Chre- 
roix:feruant de moquerie, &rifée aux Gentilz, & de ch af". 
erin, &fcandalcàlanation des Hebrieux: que ceftefim- 
licité,dis-ie,cft celle qui à caffé la refte du ferpent , dompté 
Ja fureur destyrans les plus farouches , abatule faux fer uices 
des Dicux, aneanty ldolarie,haucé l'humilité iufqu’aus ciel, 
& plongé l'orgueil iufque aux plus profonds abifmes de en- 


Mers: C'eft celle quiacontraintz les fages a recognoiftre eur 


olie, &lesgrandza s'abbaifler {ouzlamain puiflance de 
Dieu, & induitz les peuples à recognoiltre celuy qui don- 
cl'heur & grandeur,& qui chaftic,abaifle, & ancantift ceux 
quiofentluy fairerefiftence. 

Je ne puisprefque, m'arrefter en fi beau chemin ,voyane 
quelaife, -contentement, & plailirle Crheftien alyfant, non 
esfables,mais l’âtiquité des nations,& peuples plus cogneuz 
delaterre ,& la defcouuerte de ce qu’on ne fçauoit point 
adis, lesmœursdes Barbaresles plus farouches que iamais 

*K i) | 


. PREFACE. à 
parité de, V'hiftoire des anciens nous ayecracez,& les diuerfitez des ma- 
L'hiffaire des nicres telles & figrandes, que fila narratiô en eftoit faicé par 
pais duiow- quelque ce foit des hiltoriens du temps iadis, onla iendroit 
merde ns pour fabuieufe : ce queon n’ofc poincfaire, veu que l'œil cft 
Jre temps. ]erefmoing de ce quela plume met en auant: Car outre ce 
Dolls r' que les anciens ne penfoyent pointiadis que outre les colon- | 
me contem. NES de Hercule ÿ cut autre cas que vneinfinie eftendué dè L 
pleX par les l’'Ocean, & que la terre euft là fon limite > encore auoyent 1lz 
amaess. opinion à fouslaligne Equinoétiale n'y cuft aucunc habita- 
tion d'hommes, & que les Poles ne pounoyent fouffrir que 
hômeles aprochaft pour y faire demeute. Etrouresfois l'ex- 
perience à fait voir du contraire & cognoiftre que tout ainfi 
que c’eft contre la foy des anciés que ces pays foyent habita- 
bles,queles peuples auffi y font d'vnefaçon de vie toute di- 
ucrfe au refte deshommes qui habitent ez autres parties 
delaterre. Et queil foitainfi, où trouuez vous vne fi defnatu- 
réé facon de mœurs ez Scythes, ny Hircaniens , que celle des } 
Ares Caribes & Canibales, lefquels vont tout. ainfià la chafse des 
ui ns hommes,que les autres nations pourfuyuentles beftes,& fau- 
L peuple Pagine pour leur viure? Onlyt bié que quelque Scythes im- 
eff Antn- moloyentleseftrangers, qui par cas pafsoyent par leur terre: 
pophage. mais de voirfept ou huitcenslieuës depaysoule peuple fe 
nourrift de chair humaine, & n'offrift autre cas aux idoles, 
que cœurs humains,iamais cela n'eftoit venu à la cognoifsan- 
cedelantiquité: &toutesfois vous verrezen celiure, felon 
que nous auons recucilly des memoires de ceux qui ont vifi- 
té lespays Occidentaux , que désle feprenrrion iufque aux 
terres Auftrales, cefte brutalité a lieu, & les hommes fe gou- 
uernent aucc parcillc courtoifie, fiquelss Floridiens,les Me- 
xicans, Canibales, ceux du Peru, Colao, Place, & l’Ameri- 
que, ou mangent les hommes, oules facrifienecruellement 
- aux Idoles.Ce nefontpointchofes qui n’aduiendrenciamais, 
que ces facrifices, veu que iadis n'y aeu nationtant courtoife 
fut elle, qui ne foittombée en faute femblable, entantquele 
Peuples qui Romain facrifioit l’homme à Saturne, le Gauloys à Mercure, 
isdisont im les Lufitaniens à Pluton, & ceux quiauoyentgouftélæperfc- 
mole des hé tion de la loy Mofaïque, s’oublioyent encoriufqu’à laïque! 
mesauxl- depafser parle feuleurs enfans , &lesconfacrer àMoloch, 
doles. inf quenousen’fontfoylesliures delaBible. 
Silon vouloit aller rechercher des haultsintelletz,.: & pointz 


î PREFACE, 

zdesma- dela philofophie: és facrifices,adorations, & opinion de ce 

faicé par M peuple ;ie me fais fort, qu'on y trouueroit aufli bien dequoy 
tiendroit 1 ybaftir des incerpretations des fables que Macrobe, Fulgen- . ;; 
clœilcft 1 ce, Phürnut,& Hefichie en ont fongé fur la folleinuenuion fr 2h sg 
routre cé | des dieux adorezpar l'antiquité. Car qui verra les vns adorer pes ayét 
les colon- l'eau, ne faillira de dire que c'eft vn trait de la nature: eftimanc raperré à le 
enduë dé ME ces peuples croire que l'eau foitle principe, & fource origi- ####re leur 
uoyentilz DS naire de toutes chofes: & en ceux qui honorent le feu la rai- idelarrie. 
nehabita- Mon ny perdra aufli fa place, non plus que ceux qui reucrent 

uffrir que Mlefoleil comme vn des principaux auteurs de la generation 

fois l'ex- des chofes qui onteftcfur la terre. Mais (comme ï’ay dit) 

tout ainft nous ne voulons point cabaliferce qui eft fait fans raifon, & 
nthabita- où la feule enuie ,& malice de Sachaneft ceile, qui attire, & 


etoutedi- EBrauift les hommes à cefte peruerfite : & leur fait pis faire,quäd 
res parties ils l'adorent luy mefme fous la figure la plus efroyable , hi- 
fi defnatu- Mdeufe & detcftable que homme fçauroit imaginer, ainfi que 


e celle des Mlyrez, & en Calicuth; &.en la defcription des mœurs de Me. 


chafse des Æxique. Auñfi quelle raifon fçauroit on donner de la façon de 

ftes,& fau- faire des Guincens, qui n'ont Dieu ,que celuy que tous les 

cythesim- matins fortuitemencils fimaginent , ny diuinité que la chofe sathä adoré 

leur terre: la premicré , qui fe leur reprefente le matin fortans de leurs fe“: figures 
peuple fe Moges:& où le Dieu eft de pire côdition que celuy qui l'adore, müfireunjen, 

aux idoles, Mer de moindre durée que celuy , qui luy fait honneur , entanc in quel 


queauiourd’huy, il luy fera la reuerence, & demain ille man- 
vera, le brifera ,oule gettera dans quelque ptofonde riuiere, 
d'autant que les grenoilles, ferpens , oifcaux & beftes offertes 
fortuirement{ont les dieux iournaliers de ce peuple. 
C'eft donctout cecy quicft confideré en cefte hiftoire , en 
ns,les Me- Baquelle ie protefte de ne rien diredu mien,ny des {onges sorte idoles 
&e l'Ameri- M'vn fimple raport, ains auec l'authorire, & tefmoignage de srie des Gui 
ruellement Buteurs de tellemarque, qu'à grand peine ya ilhôme de fain éme. 
enciamais, Mugement qui o{c ies defmentir ,ny appeller de leur fentence, 
t courtoife Mn la recherche, & leéture defquels ray trauaillé aucc telle 
tancque leBiligence , que ic n’ay point pœur qu'on m'accufe d'alleguer 
à Mercurc, aux , où P'il y a faulte de quelquechapitre, fim'afleure-ie que 
{télaperfc-auteur ny eftfraudé ; & que c'eft de celuy que i'allegue que 
fqu'à laïque h fenrence à cfté ciree. Aurefte lelcéteur {e peut de tant fier 
:àMoloch, ln mon trauail, que ray tafché à mon pofsible dele releuer 
le peine fur ce qui toucheia recherche de l'origine des peu- 
les de: chafcune Prouince, entant qu'on en peutrecueillir 
| | *x ii 


ognoifsan- 
urc, fclon 
ui ont vifi- 
iufque aux 
esfe gou- 


2, Sc pOANtZ 


PREFACE. | ne 
desliutes dés antiéns + que fi par toutie n’ay vfé de pareil dé. 
uoir,qu'il-*cufé mon defaul en ce qui eft delarichefse pour 

“auoirles lits fares :,° & nécefsdires à pourfuicedetellecon. | 
fequéce:touresfois,pour le peu de pouuoirquei'ay, & ayant 
efgard aux moyens d'yn quin'areuenu que {on trauail,& in- D, 

:‘duftrie, fans fupport dn Prince, : grand prelar, ny'puifsans (ei- Re 

gneur;fiofe-ic dire que plufieurs, quionceules grandes pen- 
ti6s:n'ont donnéencore attainte, figaillarde à vne celle preu- | 
uc de leur fçauoir,que i'ay fairiey de mon trauail à rechercher 
les bons liures , aymant mieux rocognoiftre ce queieprens 
d'autruy , & me confefser leredeuable deshommes does, | 
que non cftre eftiméfiimpudentlarron, & arrogantv{urpa, 
teur du nom d'autruy qu’à la fin auccmahonte,. ie me veifse 
defpouïllé aucc ceft orgucil,commevne Carneille.d'sfope, | 
de toute ma gloire palste . En fomme, bien que ceft œuure 
femble porter la face d'vne Geographie, & que nousy ayons 
obferué la plus part de ce qui eft requis en cefte confidera- 
tion, fieft-ceque pourle prefent ie ne feray la preface con. 
tenant les aduertifsemens propres à cecy fur ce quicft du À 
monde, & parties d'iceluy, quoy qu'au comimencement on 
diroir queie vucille pourfuiure celte entreprife: mais ma pre- 
tentetendoitailleur , ainfiqu'auez peu veoirfurles doubres 
dela vatieté des mœurs des hommes delaquelle encorie 
me fuis pafsé afsez legerement pour auoir affaire auec des 
Chreftiens quifont modeftement curieux, & curieufement 

-modeftes furlesenqueltes desfecretz, & de Dieu, &dela 
nature. Aufli ne preten-ie rien faire qui ne redonde à la gloi- 
re de celuy, qui eft l'auteur do'ma vie,conferuateur de ce que 
ic fuis,& le falut de m6 ame, & qui ne {erue au {eruice de fon 

_‘eglife,delaquelle ie fuis l'enfant tref-humble, & au contente. 

”mentde ceux de manation,aufquelzil a filong tempsque ic 
tafche de complaireau pris de ma fanté, 8: fansme foucier 
des frais que ie puis faircen m'employant detelle forte , & 

ans aucun relafche. stquelplus grand bien me peut-il ad- 
üenir que de glorifier mon Dieu en fon Eglife,de féruir mon 

Roy,cn gratifiantà fa noblefse ,de laquelle ic mefçayeltrele 

‘bien voulu &fuporté, & d'etre celuy. que chafcun loie pour 
eftre toufioutsen action, & non iamais oifif,pour l'ornement 

“de fon nom, & feruice de la republique de France? A vous 

-doné-François,eft-ce queic confacre mes trauaux;,iaçoit que 


PREFACE. 


aucuns feigneurs foyent efleuz pour eftre les tureurs de la mi- 
hefse pour D Grité de mes efcritz, l'enfance defquelzf'eft iouée fur des fub 
ecellecon- Dies afez folaftres, mais d'icy en auant ils vous ofent promct- 
ps SE ayant ere micux: & ayanc-vifité Boëfme, traduit ce quiy cftoità 
auail,&in- D dure, & retrenché les fupcrfluitez ,nousy auons aufi fait 
uifsant (ei: D LA tel accroift, que ce n'eft plus luy qui parle , ains Bellefo- 
andes pen- | reft,qui à parfair ce que ce bon homme n’auoir que feulement 
celle preu- ME rionné : me faifant fort, que fi Dieu me fai la grace de vi- 
rechercher DE. guere longuement, ie vous donneray l'entier accomplif- 
UC IC PERS ciment de ce qui pourroit manquer en ceft œuure. 

mes does, D Pour à quoy paruenir ie vous prie demayder, & par voz 

antvlurpar M icres à noftre Dieu, fans lequel nous n'auons moyen de rien 

Ie me veilse ny faire ny promettre , & par voz moyens, & aducrtiflemens, 

lled'efope, fin quela peine d’vnfoitilluftree, & foulagee auec la chari- 

celt œuure Me de plufieurs amoureux de leuppaïs , & les vrays noutriflons 


ousy ayons MdcjaFrance. À Dieu. s 
confidera- 


reface con- EN tien à 
e qui cft du À ele Marebf C0 
icement on EE: PS 
ais Ma pre- 
les doubres 
Ile cncorie 


e pareil dé- 


4 
( 


Extrait du Priuilege. 


ire aucc des ee AR grace & priuilegedy Bey , éft permis à Geruais Mal- 
rieufement 1? M lot marchant Libraiéluféen l'Vniuerfité de Paris, d’Im- à 

de HS primer,ou faireimprimeRE"hyfoire V'ninerfelle dumode(rätFrà 

u, &dela EN : ) ue dk 

dal aol RO. çoile que Latine} contenant l'entiere deféription «or ftuation des 

CAIRSIOE RE GEL quatre parties de la terre la dinifo,@ effèdue d'une chacune Regiô 

rde CE QUE DC promince d'icelles . Enfemble l'origine &° particulieres mœurs , loix , couflumes. 

uice de {on à eligiern , @7 ceremonies de toutes les nations, ç” peuples par qui elles font habitées, 


dinsfceen quatre livres, par Francois de Belle. fore/f, Comingeois. Et faict deffences 
edit feigneur à tous libraires, & Imprimeurs , ou autres de quelque eftar, 
qualité, ou condition qu'ilz foyent, de non Imprimer , ou faire Imprimer 
rendre, ou diftribuer en fes pays,terres & {eigneurics, autre que celle que 
Jedie Mallot aura fait Imprimer, & ce iufques au terme de fix ans, à com- 
prer du iour que ladite hiftoire,tant Françoyfe que Latine,aura efté aches 
ée d'Imprimer,& ce fur peine de confifcation defditz Liures, & defpens, 
dommages, & interrefts dudit expofant, comme plus à plain eft concenu 
fdites lettres . Donnéà Paris ce deuxiefme iour de Feburier mil cinq 
ensfeptante. Parle Roy en fon Confeil eftably pres Monfieur le Ducs 

Signé Debaldir, Etfellées du grand féclen fimple gneuë.. 


1contCntc- 
-mpsque ic 
me fouciet 
le forte , & 
: peut-il ad- 
féruir mon 
fcay eftre le 
h loüe pour 
l'ornement 
ce? À vous 
K,Laçoit que 


RL | 

LS & à (A 

KE DTA 
.…. 


TU A El = Ê 
#RLHISTOIRE VNI- 
VERSELLE DV MONDE, 


CONTENANT LA DESCRIPTION ET 
fituation des quatre parties de la Terre, l'origine & particu- 
lieres mœurs, loix,ceremonies, & couftumes de 
toutes les nations & peuples y habitans, 
diuifée en quatre liures. 


Par FRANÇOIS DE BELLE- 
Foreff Comingesis. 


DESCRIPTION DE L'AFRIQUE. 
LIVRE PREMIER. 


‘Del'orgine © Création de D'Humme  felen La vraye 
opinion des T'heologiens. Chapitre. 1. 


Pres que Disv euften cinq iours fai& & Gmefér. 
 creéle Ciel & la face admirable de tout ceft vni- philo 1mifl. 
uers,lequel à caufe de fon luftre,ornement;beau- de la faëture 
PMU, té& perfection cftappellé monde, & que fa maic. du monde . 
ie 2 fté euft faiét tout ce qui eft compris & encloz en ouid.x.Me - 
ip XX la rondeur vniuerfelle de :ce corps accomply: ramorp: 
Pt 9 au fixiefine iour il forma l'Homme le plus noble zaifence lire 


à bas a eu pour fort & partage vn efprit , & ame celefte,'& participät de Dieuc.z. 
k Diuinité,afin que ceft homme prefidaft fur les chofes crées, & iouft d'i zefêphe anti 
celles pour fes neccfitez & vfages.Or d’autantque ceft hôme auoit efté qws.li.xer. 
compofé de laT'erre ayant fa couleur & veine coulouréce & rouges Delacreatio 
fat nommé Adam:Apres la creatiô duquel Dieu tira la femme d'vne des de La femme 
coftes d’iceluy affoupy de fommeil,afin qu'ilne vefquit point feul, &luy voy Platô,en 


donnapour FopaiEne & efpoufe:les conduifant tous deux en vne par- fon birquer, 
tie de laterre trefplaifante & aggreable, &arrouféc de rous coftez defleu ec Eufé.pre. 
ues & eaux courantes, qui rendoient ce lieu fecond & plein de delices; pareudg. li... 


A qui fut caufe qu'eftantainfi toufiours verdoyant, d'vn regard donnant 12.ch4p.2e 


contentement aux yeux, pnluy donna le nom de Paradis, a cft mot Paradis ter 


7t animal qui foit, & lequel feul fur tout ce qui eft de l'œuvre de’ 


à 


_£ LIVRE PREMIER 
créffre lien de grec, fignifrant verger plaifant & délicieux. La vie de ces deux dés le con: 
delices, ay * mencement futheureufe, & bien fortuirée, n'eftans fuicts à mal,encom- 
Philon bre,ny dangeraucun, laterre prodüifant de fon bon gré , & fans qu'il la 
diu.x.des ali falluft cultiuer toutes c'ofes prouffitables à la vie.Mais dés qu'ils fefga- 
legories de Le rerent outrepaffans laloy , & commandement'de leur Dieu & feigneur, 
dy. ils fe virent chaffez.de ce heutant agreable, & contrains , à leur grand 
regret, de prendre ailleurs & gifte,& demeure. C'eftlors que la terre’eft 
La terre mauldite, &qu’elle ceffe de produire volontairement, & pour ce fut l’hô. 
maudite». me forcé de gâigner fa vic auec grand’ peiné,ahannant& fuant pour fac- 
pourgme … querir de quoy fe nourrir, &aliméter:, Les maladies d'autre part entrerét 
au monde affoibliffans ces corps, lefquels fentirent les rigueurs du froïd, 
&lesbruflätes ardeurs de l’efté. Adam ainfi bäny,eut de fa femme Caim 
“La corruptio fon fils aifné,8eapres luy Abel & plufieurs autres:& ainfi croiffant le môs 
del'homme de, & fe mutiplians les hômes,de tant plus le nombre de‘tenoit plus gräd;, 
vint de la. les vices aufli alloient fenracinants auec plus de vehemence, & fempi- 
multitude. roit tellement la vie, & façons de faire des hommes dés ce premier aage, 
que l'outra, e & inhitice efoient'accomptez à grand’vertu & innocen- 
Meshris du ve : & en lieu de picté & reuerence enucrs Dieu, on ne tenoit plus com- 
Ciel dés lepre pte dela diuinité:& alla ce malheur fi auant, & la mefchancetépriftvne 
mieraage. fi longucvfténdue, quele tout-puiflént (n'ayant tronué parmy l'infiny 
nombre des hommes qu’vn feul iufte appelé Noé, lequel pour celail 
voulut fauuer auec toute fa famille, affin-qu’il y euft quelé refte pour re- 
parer la race des hommes) enuoya ie deluge:lequel arroufant la face vni. 
uerfelle de laterre;abifma & engloutift d’vn coup tous lesanimaux con- 
tenuz enicelle, voire iufqu'aux oifeaux qui fefpayent en l'air , fauf quel 
L'arche de que petit nombre qui furent conferuez & fauuez dans l'arche & nauire 
Noë figure de qui portoit 4 figure des chofes à venir. Le dixiefme mois apres, cefte 
Faduenir..” grand'inondation ceffant, l'arche f'arrefta für les montaignes d'Armenio, 
à où Noé feftant mis furterre ferme, & ay :nt licencié tous les animaux,re 
para en peu de temps par l’aide & fiueur dé Dieu les ruines & defcheu- 
te du genre humaig ainfi aboly & mis à neant, fi que la terre fut prefque 
touté peuplée de fes enfans & neucux qu'il enuoya comme en ncuuellés 
Dinifene colonnies & habitations partous les coings'& prouinces du monde.ïl 
partage de I enuoya(ainfi que dit Berofe)Cam Efen en Egypte auec vne trouped'hô. 
Serre par Noë-mespour-y habiter, Fritame en Lybie, & Cyrene, &TapetFancié furné- 
L' Ærabie mé Atlas eut pour fon fort lc refte de l'Afrique. À Gange (à luy iointsles 
beurerife dite enfans de Gomer dit Gauloys)eicheut l’Afie Orientale: À Sabe fuinom- 
aufiSabee. méle Porte-encens l'Arabie heureufe: & Arabe eut le gonuernement de 


Z'uifém d'on la deferte, &P ctrée dé ha pierreufe:Chanaan euft fôn j'a à enlaregion | 


l'oneSlime  Damaftenc'iufqu'aux confins; &c derniers limites de Palcftine : Et fcit 
Lu J'appellét Roy en Europe Tüuifcon depuisle fleuue de Tanciufqu'au Rhin, au- 
s l'udefqnes quel fe ioignirent tous les enfans d'Iftre, & Mcfe auec leurs freres depuis 


NE co Berofe. lemont Adulciufqu’en Mcfémbrie vers le Pont Euxin,eu mer Maiour, 


M ruban Cel. fous l'Empire defquels veiquirent regnans Tir, Archadie,& Emathie en 


PU riberie qui ef} Ttalie:Gomer Gaulois dit Samothes gouuernoit les Celtes, &Tubal euft 


Là cle partie de à feigneurie en Efpaigne. Ce depart fouuain que foirenc Les enfns, for 


À 


Bi LS ef es A ne es de à di né 


tés le com: 
al,encom- 
insqu'illa 
j'ils fefga- 
 feigneur; 
leur grand 
la terreeft 
ce fut l’hô- 
tpour fac- 
art entrerêt 
rs du froid; 
mmeCaim 
ffant le môs 
It plusgräd, 
, & fempi- 
emier 4280; 
& innocen< 
it plus com- 
etéprifkvne 
rmy l'infiny 
| pour celail 
efte pour re- 
nt la face vni- 
nimaux 6on- 
hir , fauf quel 
he & nauire 
apres, cefte 
d'Armenis; 
s animaux,re 
& defcheu- 
fut prefque 
n nouuellés 
tu monde.il 
trouped'hô- 
’ancié furnô- 
luy iointsles 
Sabe fuinom- 
ernement de 


enlaregion | 


ftine : Et fcit 
u Rhin, au- 
freres depuis 
mer Maiour, 
+ Emathic en 
&Tubal euft 
es enfàns, for 


DE L'AFRIQUE Z  Hhsignedi 
_—_ RATE 2 Efpi 
tans de la copaignie de leurs peres, defc quels ils n'auoiët point chcorgou- 4 7 np 
fté,ny apris pal mœurs , & fain@eté de vie, fut caufe de ladiuerfité des r490%. 
re & façons de vie, & meflange des polices qui depuisaduintpar F4# L'uoir 
es e. D autant que Cham eftant contraint de Genfair pour f'eltre Berofe v. li 
moqué de la nudité de fon pere:fe retiraauec fa femme & enfäns en cel- #r.des def 
Je partie d’Arabic,qui depuis porta fon nom, & n'ayant apris aucune fo : 
me dereligiô de fon pere, il haïffa auffi fes enfans, auffi mal inftruit s on 
eftoit, & fans leur donner autre cognoiffance de la diuinité,que celle au 
nous or À ra par le propreinftin@t)de nature. D'où aduint ou Les mefihés 
eeuxde . eterre fortäs les vns apres les autres pouraller.peupler d'au. mulriplie 
TT ner et 0 no 
r . infs lieux de la terre + 0! 1 
tôbans en diuers(& non aifés à D rare Nr Le 


 guesaduit:La cognoiffance d’vn Dieu, & celuy vray & tout-puiffant fut Grans. 


abolie, &.ne fe parla plus d'aucun exercic ER n: 

pe deuindrét fi rudes, groffiers & ee : ve ss 4 eut 
re Gr Bt 9 grand peine fçauroit-on ra differéce 

dd se ss rutes À Ceux qui fetenoiét en Egypte, éfbihis du Comencemét 
diffante du Soleil ui celeftes, & ayans en admiratiô la beauté refplen del'idolatrie 
M il & dela Lune,comme fil y euft eu quelque diuinité en e# Ez ypte 
ŸTGs sl on or ftèles honor er comme Dieux:l vn fous le nom APS 
st 4 . . re facri ans sus l'appellation d'Ofire : reuerans Iupiter du Solesl,epe 
en lieu-de £a : dus ifan =.Tunon comme laregion de l'air, Vulcan de Le Xi 
RS Et 
ports & fantalies. Or ne fefpandirent pas feule die pd se En 


gypte,ains toutes les prouinces,& regions; offedées parles filz,neueux, /6:@ of 


È ne ati d'ignorance,& adonnées àvne re Aosd'8- 
- ide d ie. Aurefteil n’y eut pays qui tant produi Pay D 
peupi : te Faye save 2 autres naiéoone l'Antien tirs . LH 4 
milles , & enfans: fi grand malheur, & dommi 

3 de humain le banniffement {1 mal à propos de ceft etat diet on | 

Au ae lafemence & race fortant de Sem & Iaphet,fuyuät | % a. 
ne es & fainétes conftiturions des anciens, fe hr . jé 
ns ma PRE tant fes limites, ne vaga ainfiny en “ts de Le Mefie a- 
js qu . ignée de l'enfant excommunié. Ce qui aduint,affin que le wir cl le 

e la verité, vraye pieté, & le feruice deu à vn feul, 8 vray Dieu de- fémence 


-meuraffent cachez parmy vne poignée d PAGES 
A 


A ÿj 


LIVRE PREMIER. 
De l'Origine de l'Homme felon Lafaulf opinion des Gentilz.e Chap. 22 


po de cecy 0 pe muse Re: les Philofophes quifansauoir lavraye cognoif+ À 
Eufibepre- (SR) ‘lance de Dieu , & contre la veritéfe font meflez plu- À 
Ps.Euang. . CDS fieurs fiecles auant nous, d'eferire, & traiter dela 
Lnx.cha.4. SERRE nature; &hiftoires de toutes chofes,ont eu vnautre, 
( ‘& bien ‘diuerfe opinion de l'origine, & commen- 
cément de l'homme , que celle des Theologiens . 


De 

ei 

aire 

mian 

Is f 

oil 

nel 

ers 

nuc 

ure! 

her le à éaufe de fa legereté,a pris les lieux haults pour fâdemeure: 8: »2: 1: une 
phare: me le Solcil, & lerefte des Aftres ,ont obtenu en leur coursnatu- ion: 
pouffé en bas. rel: & ordinaire: là où ce qui eft meflägé d'humeurs,feit,à caufedefape. Len’ 
poy Ouid.2.. fanteur; arreftéen vne place;tellemét que de ces chofes ainfi mefléesde nco 
#4, l'humide la mer a eu fa fource: & de ce qui eft dur & groflier, la terre fut enit 
Opinion fur compoléc, & hoïeufe.St molle, pour la participation de l'humeur. Mais Dhiu 
lafiurce er le Soleil y efpandant fes rays;&l'fchauffant auec fon ardeur, elle f'efpef. es fi 
neratio des fift & deuint plus ferme: & lafuperficie d'icelle fenflant par la viucfer- rot 
animaux. Ce detelle chaleur, on veit-en plufieurs :ux vn amas caillé d'humeurs, uoy 
Tout cecy gt efcuclles fe font engendrées.certaines pourritures, & corruptions, cou- int : 
pris de Di uertes d'vnefimple peau & côme farttendre croufte deterresainfi qu'ô Ecru 
doresial.  voitaducnir és mrez d'Egypte, & és eftangs & paluz, lors qu'vnefou- BBiréfc 
Lur.d'An- daine ardeur de Soleil,les vint efchaufer, Br Ainfi la chaleur meflée ue 


et auec ce qui eft humide, fenfüuit la generation des animaux, entant que la à". 


L . nuit l'air fefpandant & entourant ces lieux;humeéte laterre, laquelle K:.:: 


C0 © 5 Ci 
durant le iour eft confolidée nar la force & vigueur du Soleil: Enfinla Bari: 
corruptiô de ces chofes putrefiées ayät attaint fa perfeétion, & efcheant Eel'h 
comme le temps de leur part & enfañtement, ces crouftes & peaux fu- Ees ho 
perfcielles fe creuans, & eftans oftées,elles engédrét & produifent tout Æftoit 
genre & efpece diuerfes d'animaux: d’être lefquels ceux qui ontreceu 1: Bic; la 
pl’ de la nature du feu & chaleur deuiénét oifeaux,& fen volés, ont l'air MBuñi} 
& les hautes parties pour fort.& one mais les plus grofliers, & qui Merat 

participoient le plus delaterre ; ont efté faits Serpens , & autres choft: | Enge 

terreftres, & animaux de toutes fortes, & diuers, & en forme, & en gran- ÿienx 
deur.Ceux qui eftaiét de natureaqueufe, & reffentäs du tout l'humeur, Bfes inc 
eurent pour domicile l'element de l’eau, & furent appelez poiffons . La BRedes 
terre apres cecy, foit que l'ardeur du Soleil en fur coufe, où l'efort des Eicno 


AE D 


e cognoil+ 
ncflez plu- 
raiter dela 
uvnautre, 
commen 
icologiens ; 
auoit point 
tout.temps 
ement de fa 
mé le môde 
mme à com= 
fortirquel- 
désle com- 
laquelle les 
€ auroit pris 
ie l'air ayant 
igne ,le ‘eu, 
Sortie 
r cours natu- 
aufe de fi pe- 
fi meflées de 
r,laterre fut 
eur. Mais 
, elle fefpef-, 
r la viuefer- 
d'humeurs, 
ptions, cour 
resainfi qu'Ô 
 qu'vne fou- 
aleur meflée 
ntant que la 
e, laquelle 
eil: Enfinla 
, & efcheant 
& peaux fu- | 
bduifent tout ! 
iont receu l: 
olfs, ont l'air 


# 
F 


Le 


à 


fiers, & qui ! 


autres choft: 
>, &c en grati- : 
ut l'humeur, 
poiffons . La 
u'efort des 


“4 


#4 


DE L'AFRIQUVE. 
ents, fechant & deuenant de iour à antre plus:dure &: mafiue:, ceffa 


ke produire & engendrer les plus grands & corpulents d’entre les ani- 


aux:& fallut que ceux qui eftoient produits de la premiereengeance 
de la nature, en feiflent & engendraffent d’autres féseremélans & 
ouplans ordinairement enfemble les mafles auéc leurs femelles. Ces fa 
ses mefmes tiennent & difent, que les hommes furent engendrez dés 
commencement, cherchansieur vie &pafture aux champs, vfans vn vi. Pie groffiere 
re fauuage & ruftique,fe contentans de ce quelles herbes, &'arbres leur €” fasmage 
Hourniflent pour nourriture. Aufquels comme les beftes furieufes fciflent des premiers 


cs afaults, & les endommageaffent côtrain@s detelle necefsité, & pour hommes, 


Rcifter à teleffort cômencerent à faffembler,& fentr'ayder en leurs af- Or4/6 refure 

aires, & en fin faire & baftir des maifons pour fe tenir enfemble : &e- fout cecy.lru, 

antleur parolle confufe: & fans qu'ils peuffent f'entr'entédre,peu à peu 1.:h4p.1. 

ls formerent leurs voix,& rendirent articulées; & intelligibles leurs pa- R 
olles, donnans à chacunechofe fon proprenom & vocable:Mais com: D'ex vint le 

me lesombre eftant multiplié ils fe fuffent feparez , & habitaffent en di- dinerfitédes 

ers lieux de la terre,efloignez les vns des autres, ce futlors, qu'on dit, langues. 


Muc aduint le changement de leur langage, qui fut caufe que par ce moyëé 


urentaufsi inuentez diuers characteres de lettres pour efcrire.Et de cha. 

une des premieres affemblées des hommes ont pris fource toutes les na. 

ions, & peuples de la terre. Or ceux qui premierement habiterent later. 

e n'ayant fecours aucun de perfonne, viuoyent fort pauurement,n'ayans. 

ncor l'elprit n'y induftrie de ferrer les fruiéts, & les garder pour enfub- 

benir à leur necefsité: d'où aduenoit que pluficurs durant lesrigueurs de 

‘hiuer en defailloyent de faim; ou mouroient tranfis par la vehemence 

des froidures: Mais l'experience les ayant rendus fages ils chercherét des 

Grottefques & cauernes , pour f'y retirer durät le froid , & y garder de- - | 

quoy fe fuftéter au réps que la terre ceffoit de produire. Ce pendätiefeu Déces chafes 

int à leur cügnoiffance, & inuenterent toutes chofés proufitables & qui cmmeelles 

cruoient pour la commodité & vfage des hommes: En fommela necel- furent inue- 
Pité feruant de maiftre, &inftruéteur aux hommes, les inftruiét &'incita à #ces voy Polr. 


A'auention & fçauoir de tout ce qui ef neceffaire pour la vie, ayans doreawhure 


nr. ficours & inftruments les mains, la parolle , & la gentilleffe.gaillar:- qw'il a fait 


W 


Éd l-ars efprits.Or ceux qui, laiffans la diuine prouidence, comme la für ce propes. 
Maui -rmiere quia produittoute chofe,ayät eftimé telle eftte l'origine : 


de l'homme.ont tenu aufsi, que les Ethiopiés furent les premiers d'entre Zes Eçypriés 
shommes , prenans la raifon-de cefte coniedture: que lors quelaterre asoyef mefine 
ftoitboueufe& molle auât que le Soleil l’efchauffant elle fc Fuft endur- opinion , que 
ielaterre Æïhiopienne eltant la plus proche & voifine du Leuant , fut l'hôme effois 
ufsi premieremét r” ‘chauffée:d'où Fenfuiuift que de ceite premiere t&- premieremet 
erature 8: meflange bien agencé du chault, & de l'humide l’homme fut /ôrry d’Egsp 


ngendré, ieauel {e-plaifant en la terre;où il auoit pris à nailfance , ayma re. pay Fufe. 


% mienx l'y tenir à de chercher nouuelle demeure, eftätencor toutes cho- be pr:pur, &- 

cs incagneues.Orayäsvn peu difcouru für lepaïs d'Afrique,qui eft lv ag. lin.a. 
be-des quatre principales parties de laterre;ainirque aus Fit la diuifion chp.r. 
lenoftre liure, nous deduirons puis apres l'alsictte premisrement de l'E 
SRE ue À iij 


| LIVREPREMIER | | 

thiopte.et tes mœtirsdu peuple: habitant enicelle fans: oüblier les regiôs | 
nations et gens qui viuent en elle diuerfement et defchifrant letout.cha- | 

-cun en fon ranc;-ctauec vn fingulier ordre. Le 


à Orofe Lu. | 
DER “Du fit,plan,e> diu:fion de la terre. Chap.3. 


du Nil cou” 


k a 2 me Vævan tr lafentéce d'Orofe,:noz predeceffeurs |! 
rant des fins GS Ë 


= N ont figuré le môde terreftre cftre entouré par l'O. 


d'E thio. suf :‘cean en figure trigonaireou Triägulaire, & dequoy là 
qu'en Lemer À ils ont faittrois Le , à fçauoir l'Afrique, Afie, et Er 
Mcdit.Stré Europe, Or eft 1e Nil (flcuue tant ren%mé ) celuy} 


bo,lu.17,P0 NS 1, | 
po.Mel. Lx. GARE ties‘Auftralaes arroufe le païs Ethiopien, du] auf à 
rlii.s.c.9. 4 LAS 1 


méceincognes midy;elle eft eftrangemét eftroite vers le promontoirenommé 2 d 
habià 


Le ” DE L'AFRIQUE. 4 

pés aù pays, les autres eftrangeres : lesnaturels eftoient les Penes , et Mérodo.li.4: 
E thiopiens; l'vn defquels fe tenoit és parties! Octidentalles d'afrique ct. MA 

s autres auoyent leur habitation. vers.lemidy : les eftrangers eftoyent Pay Diodere 
2 Pheniffiens , qui y pafferent auec: Didon., etles Grecs plus an. sicil. Lin. 1” 
siens auec Hercule, et depuis enla compagnie d'Viyffe.Les'plus anciens de antié, 

d'entre eux font les Ethiopiens et Egyptiens,f'il eft vray,ce qu'ils difent È 


ierles regiôs | 
tietout.cha- | 


predeceffeurs Ac leurs anceftres,lefquels eftoyét iadis fiers, grôffiers et rufticques viuäs | 
ouré par l'O. Me chair de fauuagine et d'herbes toutainfique les beftes brutes fans vfer Barbarre des 
re, & dequoy lie 10y quelconque,de religionseiuilité,n'y ayans aucune police,ou magi ancre AE 
ique, Afie, ct rca les gouuernaft,etce\duit:vagabons; et errans çà,et là,et fc po- cans 

némé ) celuy Mans, et arreftans au premier heu qui leur venoit en fantafie, comme ceux cf Hercule 
gl versles par. MBuin auoyent maifon ny retraite propre.et ordonnée pour leur demeu- fut farnom- 
en, dudl auf Mais Hercules le grand y eftant arriué, les apriuoifa,ét rédit plus cour mé Lybie or. 
courfe vers le bis et ciuilifez,y ayant conduit.quelques troupes eftrangeres pour y ha- #y dë F4 

Le”, 


icer fur ces naues qui pafferent enLibye:lefquels dreflerent des cafes', et es non des 

aifonnettes ruftiques , et commencerent de fafflembler et: habiter par Grecs, P ÿ Be 
oupes ct familles enfemble : maisnous parlerons par cyapres plus am- rof: . al 
lement de ces chofës. L'Afrique n’eft par tout habitée; d’autant que vers des 46 


mt d'vne cf} 
retis , frégoul-} 
mer mediter- 


esGades ou Call UN jen k. 
‘fait ouverture midy elle eft pour la plus part deferte à caufe des chaleurs exceffi La 
ra D dusolehrmas du cohé quel regurdel Europa cf fort peu que. 
fait la defcrip- ée et frequentéc:la fertilité y ef fi grande queelle-en fembleet mon+ quitez. 


lis terre Ferme lBrucufé,ct incroyable; veu que les moiffons rédenttelle vfure aux labon Grande frti 
deterre, caufeleurs qui femant vn grain leur en fait portée de cent,et d’auantage. C’eft liré d'E iprè 
cor feparée defhofc merueilleufe ce que on dit de la greffe du pays de Mauritanie que Gecy be 


ya des vignes, le tronc ;et cCp defquelles deux hommesnefçauroyent 2 plafienrs à 
braffer, les raifins defquellesauoyent vne coudée de (eme dual c PL à 
des chardons,fenoil et autres telles herbes le bout et pôrnes delquelles Lefai np 
ftoyent.de douze coudées,ayät le tuvau fi gros, et efpais que lesnæuds De lemé 
ourroyent tenir pres de huitcaques, et barilz, Owyÿ voit des Afperges Re veritabl 
‘vneinfigne-t incroyable grädeur et groffes à l'equipoltent:Et vers ie PUS 
ont Atlasik y a désarbresd'vne hauteur excelkte et merucilleufe, Ief- LÆrbres fan 
quels font fans aucunnœæud, et ont la mefmc.odeur et fœucté quelafeil- nent 2 
e du Ciprés:mais fur tous les arbres le Citrier eft le plus noble etexcel .##las Cr 
ent,et lequel iadis Fat forcprifé entre les Romains, qui en faifoyent faire Citriers ne - 
urs tables ,fieges et couchettes. L'Afrique eft nourrice et mere de plu- fout ceux qui 
eurs beftes, comme font Elefans ,e5 Dragons,lefquels ont-guerre auec porrét des Ci 
s beftes plus farouches ettuent les Eÿons, Buffles, Pardes; Cheures ; et Le Fi Di 
ngesies entortillant de leurs queiies;et infsétât de leur venin, et etes fl se < 
ays abondant enitout ce genre d'änimauxfurieux, fauuages,et dâgereux die t 6 Et 
ya des Camelopards,et Rhifes,tout femblables à Toreaux. Herodote rh l dt 
étqueily naift des Afnes cornus, des Dragôs, Hiènes, Hifbres, Moutôs Fra 
üuages, Thoez engendrées d'vn Eoup,ct d'ine Hienc,des Pätheres, Ci Des beftes 

o ines; Pépegaux; auftruches;et'en oultre grand quantité deScrpentz, cô d'Afrique 
be Cerafles,afpics, etautres fortvenimeux pourlaruine defquels au Les: Fey Pl me æ: 
ours er proufit du gére humain la nature à produit vne petite beflelette fo Enge Solin 
ommée Fencumen laquelle tesaflaitlant en fait belle delpeche, Fu 


uel venant da 
ct Paluz Meo- 
de Capha, iadi 
aiour , feparc le 
bornée et limi 
sautres parts| 
ftroitte qu'Eu 
sgrande efte 

vers le couchil 
sfté eftant mot 
ifel Occiden 
r lafintirant: 
ommé Lyon à 
ce païs € hab: 
fert, ou a caul 
pour les incl 
u, qui eft le plu 
1x cruelz;faro 

cofté du Not 
dy Ethiopiqi 
Herodotv) nt 
quelles cftoy 


A ‘BIVRE, PREMIER 
:_ Cifle diuifion “ae pe l'ethiopie. > mœurs du peuple, qui iedis y habitaient. + Chap.4. : 


SRdr FA 4 \ *Ermiop18 cft.confiderée diuerfement “ 

crabes. LA PAT entät queelleeft&en Afie, & en Afrique, 

* Que are MA | l'vne defquelles;& qui à prefent fappelle In.\iR 
piefappelleà | die,eft vers l'Orient arroufée de lamer rou.lil 
nt le NN”. ge, & fcin d'Arabie, fauoifinät vers le Septen.ll 
haie. trion d'Egipte, '&:de Libye, & à Soleil cou- 

F chant elle eft bornée de la haute Libye : & 


ceJon Pass du coftéaüftral elle côfine auec l’autre Ethi} 
de mer que il re opie qu'on nomme& haute;& auftrale:ainfià 
ya d'Ethi- : Ÿ FAN #"# dite d'Ethiops fils de Vulcan, qui come dité | 
on Indes Pline,en a eftéle Roy des premiers:ou bien du mot Grec &%, qui figni 
Pl lie ficie brufle, & , quiemporte autant à regard, & veuë, à caufe q pour leh 
chap.30. voifinage duSoleil;celte rerre eft adufte, & bruflée, y faifant grät chaleurh 
….ordinairemét. Tout ce qui eft d’Ethiopie, gift fouz la ligne meridionale e.f 
Cefintles ftätle païs fort môtaigneux vers POccidét,fablôneux au milieu, fi comme} 
finges deia- la Nubie & defert tirantà Soleil leuät:8ctiét on 4 les hômes en diuersji 
diseeuequs SX font difformes &d’vne figure müftrueufe & horrible à regarder.C 
nor “Peuple et le pl’ ancien de to’ les hômes,aumoins tels eftimez par les hifto} 
uoiépenetré riés du téps jadis,et font vrayemét naturels du païs,côme ceux qui. iamai 
fat. furét dôptez, & qui toufiours fe font maintenuz enliberté, & n’ont ond 
| Disdore recogneu prince cfträger quelcong : & tiennét encor gles Ethiopiés ont 
Sicil.bie.4e. efté les premiers qui onthonorez les Dieux , & leurs ont fait des Autelz } 
des antig.ch. Téples,& facrifices,&les premieres ceremonies quiiamais furét inftituée 
à : Ils auoiét iadis deux fortes de lettres,les vnes apellées facrés;cogneues fe 
Cafe cyefihe lement des preftres, et les autres pourle vulgaire: neantmoins leurs ler 
pinien D po- MESNE furenttell € qu'on en peut former & ioindre des fyllabes, ains fi-# 
ARTS gnifioient les de‘feins de leur efprit,paignant des beftes, & les parties, & 
Iliade, xtremitez des corps humains, &diuers outils fy raportäs, pris de diuers 
Ce fint les artifans :.et n’y aefhgie qui n’aitlapropre & peculiere fignifiance , co 
lettres que on mel Autour ayanten foy ut de haftiue diligence, le Crocodile de 
FETE malice, la figure:del œil fignifie-fidelle garde, & ainfi des autres. Celu 
glphiques. d’entre les preftres au'ils aperceuoient eftre tranff porté de fureur, efpris de 
De ces lettres "280 maniacle, c’eftoi à luy qu'ils faifoient le plus d'hôneur ,& l'’auovéf 
du or 4 co opibion d'vne trefgrande faintoté : De ceftui-cy ils en faifoient iadil 
 pollon G- leur Roy:8&côme fil auoit en foy quelque diuinité,ou que pourle moi 
ren lé cela leur foit dürré par ia diuine prouidéce,ils l'adoroyét : &.failloit qu' 
Hieroglip fi vefquift f elon les loix du païs, & ne träfgreffaft en rié les couftumes et f: 
; , çôs de faire des anceitres. Il nefaiét mourir perfonne:ains fi quelcü à mel 
Grande  “ité la mort &. qu'il vucille que la punitics en foit faite, il ne fait que lup 
ESA ES enuoyer vn fcrgent & huiflier de fa maifon, lequel dez quele criminel 4h 
Be ab Ro) perçoit,il en va chez foy & foccift de fey-mefme. Or portoient ils tanl 
d'z ne d’honneur,& refpeétoient tellement leur Roy, que file Prince fe fentoi 
VF. mal de quelque partie que ce fuft de fon corps , les courtifans & fuyuanté 
fa court fe bleçoyent en la mefine partie , eftimant chofe fortindigne qu 
Je Roy eftant ou borgne ouboiteux, fesamys & officiers fuffent fains 6 
membré 


DE L'AFRIQUE. 


! s 

{ Chap.4. : membres offencez & alterez au corps de leur chef.Ontient encore que Cela f'obfèrue 
 diuerfement@ eux qui font les plus chers & fauoris des Roys, lors que leurs: princes encor en plu- 
-en Afrique, M, curent,pour tefmoigner de la fidelle & loyalle affc&ion qu'ils luy ont feurs lieux 
: appelle In US crtée,ne font confcience de f’occir eftimant que cefte fin & atteftation des/ndes orie 
e lamer rou it ja plus grand gloire et honneur qui leur puifle aduenir. Quelques tales.… à 
rers le Septen-l,,ns d'étr'eux pour eftre voifins des ardeurs duSoleil vont toat nudz, fauf Meroé ifle das 
Soleil cou-Æ ils couurent leurs parties honteufes auec des queties de moutons , et le M5, ou eff 
te Libye : & es autres vont veftuz de peaux de beftes à tout le poil et laine,d'autres fe l cite sadss 
c l'autre Ethif Guurent la moitié du corps auecleurs cheueux entrelacez de quelques chef ds royau 

auftrale:ainfl :ndeaux et cordelettes, et tous fadonnent ordinairement au pafturage, me Ethiopie. 
, qui côme dit: font leur beftes fort petites,et qui ont leur toifon,et dure, velue et fort Herodo.lin.2 
%, qui figni Me fpaifle.Les chiens qui les gardent ne furpaffent guere en grandeur le be srrabo ls, 17 
aufe q pour lit, mais ils font hardis et forts , et qui attaquent courageufement ceux Diodor sic. 
it grât chaleur aprochent de la bergerie.Le grain qui eft le plus en vfage,eft l'orge,et /i.1.des anr. 


neridionale cc mille, duquel aufli ils font leur breuuage, n'ayans d’autres fruits fi ce Macrobes E- 


lieu, fi comme, .eft des Dattes des Palmiers,et de ce n’ont encor en grand abondance:fi thropres a 
nes en diuersil ue plufieurs font contrains de viure d’herbes,et des plustendres racines nome7 de la 
à regarder.Ce es Cänes et Rofeaux, de chair, lait et fourmage.Iadis Mecroé fut la Meé- longueur. de 
ez parles hifto ll. bolitaine,et chef de tout le Royaume,affife en vne Ifie fur leNil.ayant vie.psy Pline 
eux qui. iamai rois mille ftades de grandeur, et faite en forme d’un bouclier et rondel- L:.6.Mele.l. 
té, & n'ont on] c en fa figure.Les habitans font en partie pafteurs,lefquels viuent le plus 3.@-soli.ch. 
Ethiopiés onfouuent de la chaffe,et les autres laboureurs,lefquels ont debelles et ri- 33.5e/ameef 
ait des Autelzhes mines d'or,tellement qu'Herodote recite,que lors que Cambife fils du fromet In 


furét inftituées 
s,cogneues fe 

ins leurs let 
Vllabes, ains fi 
lesparties, & 
, pris de diueri 
nifiance ;, CU 
Crocodile de 
autres. Celu 
ureur,efpris de 
eur ,& l'auovét 
faifoient iadi 
pourle moi 
&.failloit qui 
puftumes et fi 
iquelcü à me 
ne fait que luÿt 
ele criminel 4 


de Cire,Roy Perfan enuoya fes meffagersen Ethiopie, ilsveirent comme d'en. silique 
es criminels eftoient liez de chefnes d’or ,auffi les Macrobes Ethiopiens fire eff nomé 
faifoient iadis plus de compte de l'Erain que del'ormefme, tätils ehoïét aufiPiperiti 
grofliers,et rudes,n’ayans cognoiflance de ce qu'a prefentils cheriffent voyPlineliu. 
autant que nation qui viue fur terre. Onfemeen ce pais là du Sefame, 10.ch4p.17. 
Lothe& autres fruits& ont grâd quantité du boys d'Ebene, & du Siliqua rputlene 
ftre qui reffemble au gouft de poïure, lequel ne croift point en Ethiopie: re precieufe, 
on y chaffe les Elephans,et les mangent:Le pais abonde en Lyons, Rhi- voy Pline bi, 
noceroz, Balilicz,ou Cocqz royaux, Pardz et Dragôs,lefquels enuelopäs 37 .cha.9. 
tentortillans leur queuë à des Elephansf’en raffafient et les font mou- Cr3/9praf6, 
rir en fucçant leur fang:et fe trouue encor en-cefte region la pierre nom- fensfie or ver 
mée Hyacinthe, qui raporte fort à l'Amethifte,mais n eft fi pure ny pre- doyar,a caufe 
ieufe,ayät aufli moins de couleurs,et le Cryfoprafe pierre auffi fort fin- dela couleur 
puliere et de la femence de celle prouince,en laquelle aufli on recueille de cefte gêne. 
pe Cinnamome,ou Cänelle, Ils portét en guerre des grans arcz ayants qua sotreRel.des 
re coudées et bruflez par les bouts, inftruifans leurs femmes à la guer £thropiés 18. 
re, la plus part defquelles fe pertuifans les leures y portét vn ancau d’e- dis mais an- 
pain comme chofe galante & honorable.Ils honoroient iadis le Soleil le rätos pl° celle 
rtoient ils tanuant, & maudiffoient auec vnc infinité d’imprecations le mefme altre lors des Guinéens 
rince fe fentoiqu'l fe couche & abfconce de nous. Quand à leur fepultureil y en auoit 4 refent,qui 
ans & fuyuant{qui pettoient les corps deffuntz dans les riuieres,les autres les mettoient FEas tous 
rtindigne quen des vafes de terre, ou de voirre, les tenans & gardans vn an entier en les matins de 
fuffent fiss curs maifons,ou cetemps durétils leur faifoient vn grand honneur & Dieu. 
membré 


Cecyefrefèré LIVRE PREMIER 4560 | 
aux Macro reuerence, & leur offrantles premiers detous leurs fiuitz.AuCuns*? énét | 
biespar Her. que les Éthiopiens eflifoyent principalement & fur tous celuy pour leur 
liu.3. Diodo. Roy qui eftoit le plus beau & mieux formé & proportionné de mébres, 
S'ic.liu.q ne & le plus expert & fçauant au pafturage & nourriture des beftes. Or ce | 
*fecifie l'un Roy eftoit fi fuiet que toutes les fois que les Preftres luy commandoyent 
pays plus que de fe faire mourir , il failloit-obeïr: lefquels auffi auoyent l'autorité d'en 
l'autre. eflire vn autre en fa place: ainfi que les Preftres de Memphisen vloient 
S MS æh- parcillement enuers les Roys d'Egypte.lls receuoient l'opinion qu'il y a 
tarité des Po- uoit deux Dieux.L’vn immortel,auteur & Prince de tout ceft vniuers, & À 
nifesgetilz l'autre mortel, inftable & fans aucune certitude : & faifoient leur Roy | 
en Ethiopie. (ainfi que dit eft ) celuy qui eftoit le meilleur, & l'honoroient comme vn 
S'abellique en Lieu, ne faifans pas moins à celuyqui auoit fait quelque bien au public, | 
JésRhapf. qu'ils prifoient & veneroient apres le Roy,furtousautres. Telle fut dés | 
Æinfi liter- Je commencement & dés plufieurs aages, & ficcles la maniere de viure & 
prete Hoez,  l'eftar des Ethiopiens;telle leur racc,couftumes,loix ,mœurs &Ceremo- | 
Portugais;a# nies. Mais à prefent (ainli que Sabellique le racompte, & duquel iay tiré à 
Li.qu il a fait tout ce qui f'enfuit,lequel fe vante le tenir de ceux mefme du païs Ethio- 
für lareligié pien) Le Roy d'Ethiopic (que les Européens chreftiens appellét Prete- 
des Ethiopiés [ean,comme qui diroit Roy puiffant, veu que Giam fignifie precieux & 
Proy l'hiffosre excellent ) eft firiche,grand terrien & redoutable qu'ontient qu'il a {oi 
d'Ethiopie de xante deux Roys portäs couronne qui luy font hommage, & payent tri- 
Dod'Alus. but annuel de diuerfes elpeces dericheffes , & marchandifes, & für tout 
Tous les Eef de cheuaux, à caufe que le païs d'Ethiopie n'eft guere abondant en cefte 
ques Ethips. race d'animavx,en lieu defquels on fe fert de Bœufs, & Mulets. Les col- 
ont licroix  Jations de toutes Euefchez & abbayes font au Roy, & eft à luy à donner 
qu les prece- toute forte de benefices , ainfi quelePapeen permet en l'Eglife Romai- 
de. ne, & difpence l'vfage à noz Princes : & neantmoins ce Roy Ethiopien 
Mariage Per. n’eft ny Preftre n’y ayant receu aucune promotion de clericature. Il y a È 
mis aux Pre- gräd & prefque vn infiny nôbre d’archeuefques , chacü defquels a pour 
Jfres en Etir. Je moins vingt Euefques fouz fon obeïffance. Et lors que le Roy, Princes 
lem'effone  & chefs de l'Eglife marchét en pblican porte la croix, & vn vafe d’or ré. 
que l'auteur ply de laterre, lequel les admonefte à fe fouuenir qu’ilz font mortelz,tout 
parleroy des ainfi que la croix leur remet en memoire la paflion de noltre Seigneur, & 
Zacbis.&7  fauueur Iefuchrift. Les Preftres fe mariët pour auoir lignée, mais leur 
Tugf}.ves femme defaillät il leur eft interdit de voler à fecondes nopces.Les Tem- 
que les Et hio. ples dediez à Dieu &à fes fain@s font fortgräd & beaucoup pi° fomptu- 
ne cognosenf eux,riches magnifiques queles noftres, & lefquels pour le pl° font faits 
pas un de mo, 8; clabourez fort fubtilemét en voulte:Il y a grand diuerfité des moynes} 
Jasniz, (que fouz le nom,& profeflion de faint Anthoine, & faint Macaire , qui n’ont} 
Les Apofires, aucun habit,ny couleur qui les fepare ou face recognoiftre de quel ordreh 
er S.Geor.) ils fe reclamér. Apres Dieu, % la glorieufe vierge Marie mere de Dieu ile} 
S..#n.0" 5: honorent fur tous autres faint Thomas l'apoitre, comme celuy quial 
Mac.qhif#- planté l'Euangile en leurs contrées:& onten opinion queleur Roy ci 
rét Egipties, forty dela race & famille de Dauid;ayät duré ce fang de pere en fils park 
étés les deux tant-de fiecles iufque prefeat:dés lorsque la Royne de Saba vint voir Si 
derns:rs.  lomon,& ouyr fa fapience: duquel faccointant ils tiennent que elle fen 


A LE DE L'AFRIQUE é 
retourna enciente de fon fai&, & acointance. Or n'eft point noir le Roy, 
(comme plufieurs cftiment ) ains affez blanc & d'vne couleur plombée, 
& tirant fur l’oliue, La cité principale & chef du païs appelle Garame la- 


cuns''énét | 
y pour leut 
de mébres, 


Mbite a A quelle n'eft ny murée ,n'y fottifiée de terralfe, ou baftions, ains feulemét 
x MEET pa de tentes dreffées,lefquelles font clofes de rideaux, & tapis faiéts de foye, ny Alu 


isen vloient P 
onqu'ilya- 
tvniuers, & 
nt leur Roy À 


tiffus de lin fort fubtit, & delié &de pourpre, & cecy à caufe qu'il eft or- rétuen {on hi 
donné par vne loy fort ancienne que le Roy nefetienne point enfermé fre d'ethie 

lus de deux iours, mais pluftoft qu'il fe monftre à fes fubie@s : ou peut", 
eftre que ilz trouvent mauuais, & malfeant cefte molleffe & effemination” : 
en leurs Princes:ou(qui cft le plus vray-femblable & que l’auteur a ou- 


; FRA blié)à caufe que fi le Roy farreftoit longuemét en vn lieu, il y fouffriroit F wife pi tb 
a n d & Mde grandes incommoditez de viures, veu le nombre infiny de fcigneurs, rose du 
LR Cire Be officiers, & peuple qui fent à la fuitte de fa court, veu qu'il mene ordinai Roy Ethipië 
terne | rement, fil y a bruit de guerre, plus d’vn milion d'hômes,cinq cent Ele- 


phäs,& vne enfinité de Chameaux, & de cheuaux, & ce au moindre mot 
queil fe fait de trouble : maisle train commun eft de plus de cent mille 
berfonnes lors à le Roy marche: Or y a-il permy l'Ethiopie des foldats- 
t officiers choilis de toutes parts, qui font aux gages du Roy & lefquels 
font marquez legerement fur la peau de laCroix ,auecvnoautere & fer 
tout chault,ainfi que nous en faifons par deça aux cheuaux,qui a efté cau- 
fe que aucuns ont eftimé que en Ethiopie ce fut ce feul figne qui feruift 
de Baptefme. Allans en guerre,ils imitent leurs anceftres vfns de l'arc, & 
ont encor des piques,& halebardes,des corfoletz, & morions qui font & 
offenliues, & defenliues. Le premier ranc de dignité, & le plus hault des 

. We til prefme. 
cftats font des Euelques & clargé,les fages & fçauantz qu'ils nôment Bal- 


. . ? 
quel ray tiré à 
1 païs Ethio- 
pellét Prete- 
> precieux &c 
ntqu'ila {oi- 
& payent tri 
s, & fur tout 
dant en cefte 
ets. Les col- 
luy à donner 


En quy fe 
fon t'trompfex, 
ceux qui pen- 
Jent qu'en E- 
thiopie le feu 
fèrue de Ba- 


ARRETE famates, & Tenquates marchent apres, & la nobletfe tient le troifiefine 

Éture.11Y'a à ranc & ordre:& entous celuy eft plus honnoré , lequel excelle, & füur- 

| quels a pour pañfe les autres en vertu,purité & itegrité de vie,à caufe que telles actions ,»,7,, de 
Roy, Princes leur font pour premier & principal degré defapience, ou gene: & les dfatzen 
Lt d'ôpre. derniers {ont ceux qui reçoiuent foulde en quelque eftat qu ils foie nt ap- Ethiopie eft 
tels tout pellez. Les iuges quoy que cognoiffent des crimes de mort, fi cit-ce qu'ils 
: Scigneur,& fault faire leur rapport au gouuerneur & preuoft de la citéoù ilz demeu-,., dé 
Lée : mais leur rent lequel ilz nomment Lycomege, & eft celuy qui porte & letiltre & Ft D 
es Da Tem- ] effait de lieutenant d u Roy, & repref entant fa perfonne . Us n'ont Loy 
pi fomptu- quelcôque par cfcrit,ains tout cft vuidé fe16 droit & equité: fil y a quel- 

| x font faicts MAIL femme accufée d'adultere ceux-là en font la punition à quile faiten 

te moynes touche & qui s'en reffentent, comme intereffez en leur reputation. Les 

ire, qui n'ont} Hommes aflignent douaire à celles qu'ils veulent efpoufer fans que ils fa- L 

intent par mariage aux eftrangcres: & font les meubles, & ioyaux des Les hommes 


de quel ordrek 
re de Dieu il} 
e celuy quiil 
-]eur Roy ci! 
ere en fils path 
ba vint voir Si 
tque elle l'en 


fpoufces, de l'or, perles, & draps de foye dequoy ce peuple a fort grand font douaire 
abondance . Les accouftrements tant des hommes que des femmes font “#* femmes 
faiétz efgaux allant iufqu'au pied, aucc des mâches & fans aucune ouuer- # Ethiopie, 
ture ny fans que on aduife de quelle couleur;fi ce n’eft queonn'y vfeis- 
mais du noir que lors qu'on porte le dueil, leur eftant cefte couleur vn 
rand figne de triftcffe,& pleurent leurs morts par l'efpace de quarante 
jours, Lors qu'ils font quelque gtand feftin et banquet fomptueux,le fe 

B ij 


LIVRE PREMIER 


réps deNoræ À | 
dies: ad Kit PC 
quifatenus- il [LEE 
ro l'ande gra 

ce1.182. 

Strabon ap- s 

pelle sgipte 
region d'Afie Era OX sr 
idy,e 


> 


Mike FINE CO}, 
aneatirét du VS / 
+ L'È 


\ 


be en [esCbro fur Les noms propres qui eft vn des cas principaux qui font à obfcruer en 
nig. Limites 


DE L'AFRIQUE. 7 
le chofes 4° iftoire, & en quoy il ne faut iamais tant {oit peu fefparer, prenansl’vn ner 
lelaplusex ur l'autre, & croyans au raport incertain d'autruy;ppluftoft que d'en ef- ne bim.s,c.9, 
aucü vfage D }ucher les matieres. Or ditilque Memphis eft celle citéqu'aprefenton $ trabon lin. 


de lin,ou de BD mme Damiete, mais combien veritablement,ie vays vous le faire voir: 17. Diodore 
 leslangues D .c1omée enfa Geographie liure 4. table. d'afrique meët Damiete Sicil.1.@72 
releurs pro MB dis Pelufium) fur l'embouchure du Nil,& l'vne des fept bouches d'i- Faut: de l'au 
(crire du cô Mcluy entrant en la mer Mediterranée là ou Memphis (à prefent Meffer) teur dece bi. 
que à autre} sift fur la partie Occidentale du fleuue affes eflongnée de la mer, & ou ure difant 
ouble moif- ME, voit ces folles defpences des anciens Roys d'Egypte en Coloffes, O- Miphis effre 
2 Auftrales, cliques, & Pyramides. Et à fin quele leéteur voye la faute de pluspres Damiete. 
des froidu-  queles fçauans ayent dequoy efplucher plus diligément les liures, Ptelome lin. 
IC NOUTTIF les ant que determiner de quelque fait,la grande diftance des lieux fait di. 4c.5:t4b.3. 
fortir, fi ce M fes des villes de Memphis, & deDamiete,cefte cy eftät à 63.degrez de d'Afrique. 
_carlors on D icude, & 31. de longitude 1à ou Memphis gift, à 6r.de latitude &29.de Des Pyramt. 
pal: & aufli Je Mongitude, qui eft fi voifine du grad Caire qu'il n'y a que la riuiere ëntre 4 de Mem- 
uoir Les deux Mcux.Et d'auantage femble qu'il face diftinétion de Babylône Egyptien phis,Voy Me- 
uteur lé eft M d'auccle Caire,comme ainfi foit que cen’eft qu'vne mefme chofe, & lex. pline li, 
1y, fans l'en- D. e ceux la faillent ai l'eftiment eltre celle que iadis on nommoit He- 30.chap.12. 
ais de Libye Mopoly , ou cité du Soleil de laquelle eft faicte fi fouuét métion és efcrits Æmmian 
ité deMaho- SE hiftoriens anciens , veu que Strabon auoifinede la cité d'Heliopoly Marcellin li, 
en Egypte, Mn chafteau nomme Babilon ,ou depuis les fouldens d'Egypte firent 22. Herodote 
s que les Mo fi: cefte monftrueufe cité comprenant, & Helipoly & Babylonne, à li.2.5olin e, 
agans & cou Mc fnt ditte Caire, qui fignifie autant que munition, & forterefle. Mais 352€ C aire 
s + dutemps Mit dit cecy en paffant, & ce pendant nous continuerons à fuyre le fens ff Babilone 
urs,lareligiô D noftre auteur en fes recucils tant louables & neceffaires ] Platon à d'Egiptesta- 


fufion les ter opinion qu'il ne plouuoit iamais en Egypte, mais que tousles ans la 4 nome He. 
Berre cit arroufée par les desbords & inondations du Nil, qui la rendent ‘97: 
«Chap.$. rtile, & qui aduiennent apres le Solftice d’efté vers la fin de Tuing & co “’ rabo lin. 


s frique > OÙ cncemét de [uillet,& ce à la premiere nouuclle Lune depuis ledit Sol- 17-? op. Me. 
u aucuns di- iccd'efté . aucuns ont penfé & dit que l'Egypte eft vne Ifle du Nil, le- LS 
nt attribuer, uel fe fepare detelle forte qu'il effigie & forme vne figure triangulaire Que fignifie 
priftlenom, ja terre, qui a efté caufe que plufieurs luy ont donnée n6 de & Delta # 7% Cahre 
: fr cre de Di Rttre Grecque,à caufe qu'elleelt ainfi figurée en triangle.[ Mais d’autres 74% Aa. 
oir occis gi: paffé outre difans que ce lieu compris au Delta n'eftoit point iadis © be 
fi que dit PIE. ferme,ains le cours du Nil,mais que le fleuue y ayant amené tant de 7% P URURE 
de la mer rou RRre & limon des autres lieux qu’il rauageoit , a caufé ceft amas de terre #7 od.2. 
Oriét,&vers il a faite continéte. Ce qui fembleroit vray femblable & affes aifé veu 72-47 1.2. 
le furplus de occurences qui adniennent ordinairement en cas femblable, & que #%#.°.6. 
ge vers le Sc- Ti Herodote dit qu'allät du païsCyrenaïque en Egypte il femble qu'6 Æer-2-5tra. 
néc.Ses villes Befcende par vn des lits & fil ancien du fleuuc:toutesfois, ce ne font que *Ÿ ene.queffs 
Memphis(à Mopies conicéteures,lefquelles fuyt Seneque,lors qu'il dit gle païs d E- 05 nat.lin.4. 
y &l'vne des pic nc doit pas feulement fa fertilité au Nil, ains encor luy cft redeua- leg 2. 
Me de ce qu'il a de terre ferme.] Ce font efté les Egiptiens qui les pre- 4 Did-font 
homme qui iers ont inuenté les noms de douze Dieux , quiaufli ont dreffé des au- pleis des f- 
fi au lecteur Ds & fimulachres, Téples & Oratoires,figuräs des animaux en leurs fta- £05 de fiirre 
obfcruer en cs ce qui monftre que fans doubteils ont pris origine des Ethiopiens, des EgJpiêts 
 Biij 


Des Dieux nu LIVRE PREMIER a 
Egppliens, fefquels ont premierement introduit toutes ces chofes au monde ain 
Fay Eufpre. que Diodore Sicilien leräcompte . Les femmes Egiptiennes iadis exe 
Eug. liu.2, ceant marchädife, tenant tauerne & tout le trafic accouftumé és villes fa 
chap. foienttout ce qui eft du deuoir & offices des hommes, là où ce pendar 
ces maris efeminez eftoient faineants enclos en leur maifons : & fil ail 
Faïneantifé Joit porter quéque fardeau les hommes les mettoient fur latefte, & 1 
des hommes femmes les portoyent für les efpaules,eux faccroupiffans pour piffer, | 
tadis en E- femelles vuidoient la veflie toutes debout: alloient à leurs affaires dan 
g'Pte. Jeurs maifons, & banquetoient PAR rué, Entre les Egyptiës ny auoi 
femme aucune qui peut eftre Preftreffe au Téple d'aucü Dieu,ny ee 
ils ne font point confacrez à quelque Dieu particulier,ains à tous enfem 
ble. Entre les Preftres vn eftoit efleu fouuerain Pôtife,lequel eftät dece 
dé, fon filz luy eftoit fucceffeur en la dignité & Preftrife. Les enfans leg 
times, fe16 l'ordonnance du païs,ne refufoient de nourrir Jeurs parens,4 
n'y cftoient forcez aucunement, là où les femelles y eftoient contrainte 
fi par cas elles faioient les retifnes.Plufieurs d'entre les gentils portans| 
dueil , ou pleurans leurs morts auoient de couftume de fouiller de boï 
nf leur tefte,& de laiffer croiftre leur barbe & cheueux,mais les Egyptics 
Egiptiensen- tondent latefte & coupét la barbe ,& peftriffent la pafte à tout les pied 
SesgneT par & la bouë auccles mains, & difent aucuns qu'ils ont les premiersintro 
Atrah My duitla circoncifion entre les hommes, de cefte opinion fontles Greq 
Zofiphe dés jgnoransl'hiftoire fainte des Hebrieux. Ils eftriuoiét de la dextre vers 
antig.lin1: feneftre ainfi que les Hebrieux & Arabes, l'ayäs apris des Juif ‘raha 
chap8 . Leur monftrant de ce faire. Leurs fmmesne portans que fimp nt vl 
Paprros on robe, Les hommes comme plus molz & effeminez en auoiét deux : vfoié 
arbre tronué sui de deux fortes de lettres , l'vne qui eftoit facrée,& l'autre permifc 
é palu? d'E- vn chacü,mais tout cela eftoit pris des Ethiopiés. Les Preftres falloit qu 
&DPte. Py … rafaffent de trois en trois iours le poil qui eftoit fur tout leur corps, àf 
pli.lr33.ch. qu'en facrifiant ils ne portaflent aucune fouillure au Téple & facrific 
IE ortoiët des veftiméts de lin toufiours frefchementlauez,blancs &ne 
Pythago 6 difans qu'ils fé coupoient & tailloient le prepuce pour cftre plus nets 6 
s'fjune a ftant plus feant d'etre fans ordure, que fouillez en fôrte quelconque, 
priff ceffefñ- auoient des fouliers faits du boys de Papier : & ne femoyét en Egipte d 
perffitiôen  febues,n'y eftoit permis d'en mäger, fi par cas on en y portoit de terre 
Egypte d'ab- ftrange:voire fut defféndu aux Preftres de feulement en auoir la veut, 
horrer les féb- caufe qu'ils ont opinion que cefte efbece de legumage foit fouillée &i 
tes müde:leur couftume eftoit de fe lauer tous les iours d’eau froide,dc io! 
Auec ces mau- bien fouuent trois fois, & la nuit deux,chofe obf£ruée prefque par tout 
-difos ils pen- és nations du Leuant. Ces facrificateurs Egiptiens ne mangeoient iam 
Jütêt rererrer. de pas vnerefte des beftes facriliées, ains premieremét ils les maudifloi 
tout leur mis auec de fauuages & execrables abiurations & mots cruels & abhomir 
Tour für e- - bics: puis les vendoient au premier eftranger qui pafloit : ou fil n'y au 
fle tefle dete- marchant pour les acheter, on les gettoit dans le Nil. Tous Egiptiensi 
ee. moloiét les mafles des Bœufs, Thoreaux, & veaux, mais de facritir 
1fs ce fut Io vaches il eftoit deffendu, à caufe qu'elles font dediées à la Deéfle Fist 
æmée delup. venômée & honoréc entre eux . Ils viuoiént de pain d=fcigle & vi ic 
per ade- : QE 


DEL'APRIQUE. TS 


biere, à caufe qu'itny croifloit point de vin:v{oient auffi pour leur mä- rés em Egipte 


1 monde ain Roi ee AR 

es jadis exenmr de poillon partie crud & leche au Soleil,ou falez 1 
dés villes fu Imurc: mangeoient aufsi des oifeaux crudz & falez, a avi nr ". # pr 
ù ce pendaril ntre eux auoient des Cailles,& Canardz pour leurs delices & viandes sde : 
ns: & Fil aus exquifes.Eftans affemblez en vn banquet, & le fouper finy qu'eftoit vache nf 
latefte, & 1dMauoIt certains qui portoient vn corps mort dans vne biere, iceluy fait 4 le fa wat 
our piffer, | bois,ou cffigié en au rar au vifla chofe , ayant vne cou- Eh ci jrs 
rs affaires danWiige ou deuxde hauteur, & monftroient cefte figure à chafcun des affiftäs P ts 
ptiés ny auo banquet luy difans, Bois & mange& regarde ceftuy-cy, car ay antvefeu 1 Han 
ieu,ny Dec on aife filuy feras tu femblable apres ta mort.Les plus ieunes rencon- Lean 10 ss 


pes qu pannes aage, fe deftournent du chemin pour leur l'4fie de 
ye,& les voyans venir en vneaffemblée fe leuoient pour leur fai- ; 
place & donner leur ficge,ce qui aufli cftoit or pa ao faço 
Lacedmoniens, & ['entrerencontrans en ruëils fe filuoirne fans are ‘R mr 
stendans leur main, & l'abaiffans iufqu'au genoil.Ils portoient ren Do +24 
À D D y " lin frangez par les bras, qu'iis appelloient sk a 
iliresgettant par deffus des manteaux b! , r 
tements de laine eftoient deffenduz sne A Go mnt ab , ae 
e les cuft on of€ enterrer auec le corps d'vn trefpañlé.Or mel ue rer 4 
ray Facile ju furpaffé les autres en fçauoir & doétrine, & qui sh ef FE y 
| faux # a ail pour inftruire les mœurs Chacun des gens de qu: nt lare 
set 1 ss . la 4 rt rien 4 pare la parte ja & fa- merenceau 
À 1e $ CERN CRC 
e nation en doétrine & courtoyfie, & que 7 HR ps ou Roy d'Ethio, 
Lee » Egipteëlc 
Re rm Lui Pr  e 
À aux AthenIENs : 1- 
pag à thagore Samien Emmolxis dif Uole d'iceliy, Budore Fr do 
à Bd res see pate d peur ire de Chio,Moyfe Hebrieu, cellés sens de 
PL gta A utres,ainfi que les Eyptiens fe vantét eftre conte- pe enEv y- 
Neue iures fain:s contenant leur hyftoire:tous ceux cy doncayans pre pou el 
que gyprespour prouffiter en la doétrine des fages dudit païs , il pré 4 À 4° 
e de ce peuple A d R RESS arreflions vn peu für les manieres de Hier k ds 
M à HE, menu A 
| es | ar J'introduire en leurs pro 3; « 
Sd a ROERS dit fur l'Afne doré d’A pulée, il . Der Le 
ju SE pe es ne rereligion qui font tirées des cererno- sie d'A, L 
oz Preftres.les Vel prie habits de lin ,& la rafurr: de latefte Mn 
ons,la mufique, les PE PANNE SE AS ils font eftäs a l'a tel,\es pro- phili e Be 
Su: pa à ne eee ences & priercs. Mais Beroals fe trompe en 4/4 Ait a 
Li fiçons fdelles & fi é trié D ri & les caufes & fource de l Afied 
ro Re aintes de noz Prelats et ficrificateurs,ou ileftoit »e d'_Æpui ; 
in ARS SÉTIS Apulée mal fondé er. pis fentant des fu- 114/ sai 
HARAS 8° su auant que les Chreftiens fe fuffent propo r: 
: nice ab ominable pour l'imiter,ils euffent embraffé( cô PrOPO r.ferer noz ce 
açons de faire des Tuifs, comme ayans ele di ne 
ct qui n'efloient fans grand myftere ct lipnifiance, Eh Mier ss 14e 


à tous enfem 
uel eftät dece 
Les enfans leg 
leurs parens,i 
nt contrainte 
ntils po rtans| 
suiller de boi 
les Egyptiés 
À tout les pied 

remiersintro 
 fontles Grec 
la dextre vers 
Juifs raha 
fmp vi 
iét deux : vfoié 
l'autre permife 
{tres falloit qu 
eur corps , à fi 
éple & facriti 
z,blancs &nce 
re plus nets ,6 
quelconque, 
éten Egipte di 
ortoit de terre 
auoir la veué, 
itfouillée &:n 
u froide, de io! 
efque par tou 
angeoient 1ami 
les maudifloi 
|$ & abhomit 
+ ou fil n'y au 
us Egiptiensi 
is de facriticr \ 
la Deéfle Tist 
gigle & vi‘ 


s 


$ 


® “+ LIVRE PREMIER pe 
Et cry,orce Chreftiés gentilifans,& pleinsd'impieté pour cclercir noftre auteur tro) 
que f'enfuit  fimple en fes pourfuites. Quand aux Roys d'Egypte ils n'abufoient point 
eff prefque — fi licencieufemét de leur puiffance que lesautres Princes des nations,au(- 
tout pris de quelz lafeule volonté fert de loy:veu qu'il falloit que, fuft à leuer tributPa 
Diodre ur. où à leur nourriture ils fe gouuernaffent fel6 les loix, & ordônäces com 
2.chap.5.  munes du pais,car c'eft ainfi que Diodore Sicilien le traite liure fecôd da 
fes antiquitez.Ceux de la fuite & feruice ordinaire duRoy eftoiét choifis 
non d'efclaues fuffentils eftrangers,ou nez, & nourris en leurs maifonsiks 
ains des enfans des gentilz hommes, Preftres,paffans l'aage de vingt ans 
& qui fuffent les plus fçauêts & mieux moriginez que tous les autres, a fr 
que le Roy meu dela honte,& reuerence de fi honorables fages & illié 
Quelsofficiers ftres miniftres,fe deportaît de faire chofe qui luy peut tourner pour fav 
depate7 pour 1ennie à blafme & vitupere : entant que nuit et iourils l’efclairoyent 
le féruice des l'affifto :ent eu toutesfes aétions & affaires. Aufli quäd les Princes ont dd 
Roys d'Egipte gens de bien qui les feruent & confeillent à peine en voit on,qui f'efgard 
du chemin de vertu & preud’hômie.Or y auoit il des heures ordonné 
& de nuit & de iour efquelles la loy permettoit au Roy detraitter les aff, 
res:car lematinil receuoitles epiftres,lettres,requeftes, & autres MCMOi 
res de ce qu'il luy faudroit executer, a fin que refpondant à tous, il y pouk 
ueut & aucc letemps et à fon räg ,& fel6 Tuftice.Cecy fait,accompai gn8 
rerés ff d'vnetroupe d’hômes graues,meurs, & fagcs il fe lauoit le corps,puis ve 
BIT Qu richémentalloit faire fonoraifon aux Dieux, & Sacrifices au téple, di 
gonnent [elon Dir / ; î 
Lesmeurs de AU eftät arriué & les beftes du Sacrifice amgnées au coing de l’Aute 
RS: qui Les le Preftre en prefence du Roy ,à l'ouye de tout le peuple prioit à haut 
manier, Voix pour le Roy;luy fouhaitant bonne & longue vie, pourueu qu’il 
*  monftraftiufte & doux enuers es fubiects. 4 pres la priere il fe mettoit 
difcourir les vertus du Roy,& déchifrant le tout par le menu il môftroi 
combié il honoroit les Dieux, carefloit leshômes, et eftoit iufte,fage, ch 
fte, veritable, magnanime,liberal.Et côme auffi il chaftioit l’apetit ienfu 
en toutes fes ations:n'oublioit de recômander fa debônaireté,qu: ne} 
Honnefe fa- nifloit point les crimes à la rigueur,et recôpenfoit les bié faifäs plus qi 
çon de vie des de leur merite, & ayät dit cecy;,il maudifloit ceux qui viuroictau côtraif 
anciens Roys Et fi quelque faute eftoit efcheue au gouuerne:nent il en purgeoit,& cl 
d'Egppte. cufoit le Roy,regettAnt la coulpe fur fes officiers & miniftres, comme dl 
nans faux entendre au Prince,etle confeillans mal & contre la loy et fe 
ftice.Ce que paracheué ie Preftre exhortoit le Roy à bien viure,& par 
moyen fe rendre agreable aux Dieux, l'inftruifoit en bonnes mœurs, 
luy confeilloit de fuyure l'aduis de ceux non qui luy mettroient le vi 
® en parade pour l'embraffer,ains qui luy propoferoiét lavertu & les ex 
Lonages d'un cices quirendent glorieufc la vie de l'homme. 4 la in le Roy ayant mn 
ue tel qu'il fé vn Thoreau à fes Dieux, le Preftre lifant les geites & dits memorab f 
doit fre deshommesles plus fameux & illuftres,admoneftoit le Prince qu'a l'* we 
ple de ceux là il gouuernaft fon peuple en toute douceur pieté & if la 
fans f'amufer à l'auarice:& accumuler feulement des thefors,ou iuger 
Jon les loix anciennes , ains fai!loit que fes actions plus particulieres 
me le pourmener;,lauer,coucherauec fa femme, & tout le temps de 


DEL'AFRIQUE. Te. à 
vie fufent mefunéss-felon Jordonnance fans:eh rien: l'outré-päffer: > 
Leurs-repas.eitoient fortifgbres, comme ceux quine mettaient -furtable 
bue.du veau & quelque Oye;& y auoit melure de vin ordonñéepour re 
pas à chacun , afin qu'oñn'emplift point plus que de raïifon Je ventre ; & 
que perfonne ne beutiufque à fentir fon cerueau troublé d’yurongnerie. 54,2 4 
n fomme leur façon de vie eftoit tant bien dreffée , qu’on euft plufto sh De na 
ftimé qu'vn medecin les reiglaft pour conferuer fagement lour fâté,que SPP: 
on pas.que ce füffent les ftatr!s de quelque légiflateur.C'eft chofe mer- 
eilleufe qué les Egiptiens vefquiffentainfi en Ieur priué ,non fuÿyuant 

ur fantalie,mais felon l'ordonnance de la loy:mais il y a encot-plus gran 
de occafion de merueille de voir qu'en iugeans,ou affemblant les daces 8 

ributs:ou puniffant Jes malfaiteurs, il ne fe trouuaft aucun quitranfpor- 
é d'orgueil, haine , courroux;ou autre paflion femblable fe foruoyaft ia- Modeftie des 


re auteur trot 
bufoient pointé 
es nations,auf-bi 
à leuer tributs 
dônäces com 
liure fecôd del 
 eftoiét choifisi 
leurs maifonsià 
de vingt ans 
les autres,a fn 
les fages & 1ll 
rner pour fav 


fclairoyent RE”. e Pr , ê 
Princes ont da! dece qui cftoitiufte & equitable sains l'affuiectiffans à laloy ; tant Æg#iens 
on,qui fefgaré jen faut qu'ils fuffent marrys de cefte contrainte. que pluitoftils felti 

ures ordonné oient genereux d’auoir les moyens de faire paraitre Jeur ‘obeiffance: 

straitter les aff ufli quandils voyoient quelques vns qui viuoient felon le tran{port de 

autres momo" folles conuoitifes , les excufans il penfoient, qu'ils ne pouuoient ce à 

à tous, il y pou Late rands perils & dommages: fçachans que tombans fouuent en 7 
it,accompai gi ute,fi eft-ce que cela aduenoit pour auoir efté furmôtez & vaincuz d'A «Æmitré dos 
e COrPS,pUis Ve nour,ou de haine, ou de quelque autre affectiôn vicieufe: à où ceux qui ÆEgtptions 
ces au téple, dé açonnent leur vie auec confeil, prudence, & fagelle, c’eft en peu de cho- 7% leurs 


squ'ils errent & offencent. Les Roys vlans de telle douceur & debon. X2“: 

aireté enuers leurs fuiets gaignoienttellement le cœur & amitié de cha. 

un,quenon feulement les Preftres,ains cout le refte du païs auoient plus 

e foucy du falut & felicité Royal, & prioiént de meilleur courage pour 

y que pour eux mefme, pour les femmes, & enfans, ou pour la vie des . 

tres Princes &:gouuerneurs du Royaume.Etvn. Roy fi bien-viuant 8 

Juifant en fi bônes mœurs,eftät mort,c'eftoit pitié que de voirleducil zf,3e dueil 

luc tous en general en demenoient, defchirans leurs habits de trifteffe ie A x 

ermans les T'emples,n'allans ny frequentans les foires , on marchez, paf Pen 
ns letemps fans follennifer aucune fefte, fouillans leurs chefs de boüe rs sas 
fpace de deux mois douze iours, portäs vn linge:ceint. deffouz les bras rar” 

D l'afemblans deux fois le jour, deux ou trois cens tant hômes que fem- . 

Dos ainfi accauftrez pour renouueller ce dueil & complaintes,chantäs ce ka: 
ndant en vers les vertuz & faincteté de vie du R oy defunét. Duranrce 

mps ils ne mangent d'a. cune viande cuite n'y boiuent vin & fabitien- 

AE 6 a dr me “a pontheur table, ils ne fe lauent n'y oignent,ils Cereminies 
vertu & les cu ca rt w it ny peer de leur femmes ;ains tout le long fiirebres em 
Roy ayant ii © — sont gemi oyent la mort du Roy-comme de bsmort des 
dits memorb it pr opre. Durant que tout cecyfe faitson dreffe tout l'appareil 

néléoni ait l' s mé ie dernier iour,le corps cft porté deuant la .porte,& fur 

Lpieré & ic ti ds NES fepulchre:laobonrecitevnabregé & fommaire 

sou iuger M, . rer ge Les hs Roy defun& fuyuantlaçouftume ancienne : &.eft 
autistes À ve : ’ . pe Selon fon bon plaifir d accufer letrefpaffé,ou cependät 
arte de yentles facriticateurs louans la vie pañlée de céluy suqnel le corps 


ing de l'Aute 
le prioit à haut 
pourueu qu’il | 
re il fe mettoit 
menu ii môftroik 
bit iufte,fage, ci 
it lapetit senfut 
aireté,qui nef 
jé faifäs plus qi 
roictau côtraiif 
purgeoit, & cl 
iftres,commei 
tre la loy et 
nviure, & park 
bonnes mœurs, 


6 ._ LIVRE PREMIER he 
cfloitlà deuant le:péuple:duquel lamultitudeeltinfinie approuuñt auce b 
grädeacclamatiô 8 frappement de mains ce qui eft de louable, maisre- + 
tettans auec vngrand bruit 8 tumulte les chofés qui ne luy plaifentau 5 
difcourside cefte vie:Ce qui a fouuentesfois caufé que plufieurs Roysle BR 
peuple leurieftant ennemy & foffençant de leur vie precedente alorsre- D x 
D et citée,ont cité priuez de l'honneur, & magnificence de Jeursobféques ; & Pr 

auf dy ne de la pôpe accouftumée ent'apareil des funerailles Royates. Cefte crain. a 
Se LL Li, “eenæéontraint plufieurs de viure iuftement, fe doubtäs de ceftc fureur 
ERP populaireenuers leurs:corps morts &:de l'effairde celte colere, preitdi- 
Fret ciät à Leur hôneur& reputatié, & les fouillant d'vneinfamie perpetuclie. À 
Du ousernement © police d'Egipte. Chap.6. 
LE TA A: couftume,& taçô anciëéne duRoyaume E. | 


gyptié a eftéiadis de tellr forte:tout Egypte 
eftät diuifée en plulie rs parties, & gouuer4 
nemés, les Grecs appellét rw; à chacune | 
d'icelles il y auoit vngouuérneur quiauoit | 
1e {oing de tour'ce qui eftoit requis pour: le 
manimét des affaires: Or le reuenu, domaine, 

En & tribut eftant diuifé en trois lotz & parties: 

Mpës di ma La premiere eftoit pour les Sacrificateurs lef. 

mime publics ÿ. is eftoict fort honorez& reuerez du peuple 

dadisen Egi- rat pour éftre côfacrez aux Dieux, & qu'ils auoiét la charge des chofes fa. 

pre. crées,que pour leur fçauoir & finguliere doctrine par laquelle plufieurs 

eftoiét auäcez etinitruiéts: de ce reuenu, les Preftres en diftribuent , À 

Prefres an et pourle feruice des Temples, et pour leur nourriture'et priuées ne- 

c'esen ELITE celfitez de chacun, car ils n’auoiét garde d'oublier rien qui feruift aux ce- 

fort féasrans. Semonies, ét feruice diuin, et n'eftimoiét que ce fut bien fait de laiffer fans 

fapport;et nourriture ceux qui departét le fçauoir,et feruét de côfeil pour 

le prouffit, vtilité etauätage de la republicque-d'autät qu'ils eftoiérappe! 

lez toufiouts au côfeil et effait des chofes plusimportâtes, à caufe qu'ils 

pouruoyoiét à l’äduenir, et predifoyét les futurs fuccez desaffiires, foit 

par les moÿés de RE Dee par la deuinatiô faite par le moyé des fa 

.…,, crificessauec ce qu'ayäs les hiftoires en main, ils produifoyét les geftes des 

Æutorité des anciens afin que les Roys-par la prinffentaduis et confeil fur ce qu'ils au- 
Prefires en E- royent à faire, 

g'p'e. Or nefanoit on pas ainfi entre les Egyptiens , qu'il eftoit vféparmyiles 
Grecs que ou vn hôme,ou vne femme aye la charge et prefide feulaux 
chofes facres,veu que plufieurs ont !e meffne honneur et fadonnentà la 
culture et feruice des Dieux,et laiffent le mefine foing à leurs enfäs pour 
heritage, Ces gens font tous francs de tailles et de tous fubfides honorez 
ét conftituez en dignité furtous autres apres le Roy . L'autre portion du 
reuenu du Royaume eftoit pourle Roy, lequel l'emploioir et aux fraits 

Egipteiadis des guerres, et pour l'entretien de fa maifon,et pour eh departirliberale- 

fans nulleex. mentaux hommes vaillds et illuftres, et à chaeun félon fon merite. D'où 

aétis greugt aduenoit quete peuplen'eftoit greué,nÿ oppreffé par aucun tribut extra- 
lepeuple, … ordinaire, Garles genfdarmes et foldatseltoient falaricz de la troifiefine 


7 IBÉMÉMFRIQYE" Fo 
Lbirtie-du reuéiotdonnez et-choifis pour'le féruice de da: guétre :1cur 
le, maisre- M fic cftablis ces gages afin qu'ils futfontiptus gaillards er mieux “affeion- 
y plrifent au DE nez à Pexpofer aux perils et hazards pour le bien public.Leur republique 
urs Royssle DR fut auf diuifée en trois eftats pour le feruice,et fouft:c du corps d’icelle. 


rouuñt auée | 


sntealors re M Les laboureurs c'eft à fçauoir;les paîteurs, ctartifans : les premiers ayans 
obfeques ; &c M pris à ferine à vilpris Tes terres fut du Roy , des Preftres, ou des foldats, 

Cefte crain. M der teur enfance l'adextroient au labourage ,où fans ceffeilsemploioient 
celte fureur tout le refte d+1eur vie, qui eftoitcaufe qu'ils furent les nlus excellens la- eu A 
ere, preiüdi- PSboureurs dela terre, toit qu'ils tinffent celade nature , & comme pour éellens labou- 
perpetuelle. heritage de ieurs anceftres , ou que le long exercice & vfage les en feitfi "#77 


bons mailtres.Les pafteurs auffi ne faifoient,ou fuyuoient autre eftat que 


Royaume E. Mde gouuerner les bergeries, ainfi qu'ils auoient apris de leurs parés ÿ paf- 

rout Egypte fans tout ce que nature leur donnoit & oëtroyoit d'aage: Quand auxar 

s,& gouuéra Mrifans,c'eft fans douté que les drts mecaniqués ont efte conduits en Egy- 

2; à chacune Mbteiufque’au fefte & fin de leur perfcétiô & fouueraine excelléce: d'au- 

eur quiauoit Mrant que ceux qui eftoient appcllez à cecy,n'eftans recéuz augouuerne- , 

quis pour le Esment: & ne fe foucians d'aucun miniment public,n’exerçoient aucun au- Porguoy les 
nu, domaine, Mitre eltar,ou Office, que celuy quelaloy leur ottroyoit & qu'ils auoient - artifans d'#- 
otz & parties: Mpris & receu dé leurs maieurs : fi 4 ny l'éuir de celuy fouz qui ils Paifoiét gipre foie f 
rifeateurs let Mel apprentiffage;ny la haine publique ou difcordes ciuiles pour les hon* excelens'ers 


rez du peuple Mneurs,ny autre empefchémentne les diftournoit de léurenterprife.Leurs lurs moffiers. 
des chofes fa. Mugemens encorn'eftoient Faits fortuitement ny à la volée , ains y pout- x. 
elle plufieurs Euoyoitonauec grand prudence & raifon,ayans opinion que lés biésfaits Grande cyui- 
n diftribuent , Meftoient degrand confequence pour le bien’ public. Auoient aufli opinig te des BONE 


que punir les mefchans,fupporter ceux qui font affligez, & fe condouloir es sedis 1 


et priuées ne- nir les mc AL ( 
de laneceflité de l'indigent éftoient les vrays moyens pour extirper tou .L'impuñité 


feruift aux ce- 


de laiffer fans emefchanceté deleur terre: & au contrairetout eftre en confufion , & des maux 
de côfeil pour Mviure en defordre, fipar fauêur , ou prefenson uittoit & laiffoit impu- caufedefordre 
L'eftoiét appet ies les fautes enormes & les crimes qui meritoyeut punition de mort : À e» l'efat. 

, à caufe qu'ils efte caufe ils choïfitfoient des cités de Heliopoli(à prelent le Caire)Mé- gleéhion de 


| phi,Ccres,Melfer,& de Thebes,des hommes bien renommez & illuftres zuges des plus 
pour en faire des iuges & préfidents, fes ingements defquels ont vn long ds de rie Le 
emps cfpaltée la fincerité des Areopagites d'Athenes, & ne furent moin- ë x 
dres en bonnes & faintes loix tux ds enat bel du Senat de Laccdemo- 

e.Cenx €y éftans-crées trente én nombre eflifoyent le prefident & chef 
uco ifeñl, celny que on cognoiffoit pou le plus vertueux,excéllent & 
age, Ce en {on licu l'affemblée mettoit vn autre pour conitillier er affe(- 
eur parfaifant le nombre,ceux:cy eftoyent entretenuz richement par ! 
Roy , mais furtous eftoït le rhieux apointé le prefident étchefdu con- Prrité mar= È 
tillequét portoitvne chefñe d'or au col où péndoit yne medillé tou- que des WA 
e enrichie dé diuerfes eftoffes de riche pierrerie 3» Ct appettoÿent dit Has 
cfte image la vérité, comme celle qui deuoit puider le cueur du Prince ne 
n fon iugement.Or Le itgément de düelque cas eftant dreffé.ct le figne 
de veritémis érauant, on portoit es liures des loïx, qui eftoyent huit en 
norbre pour ne Fefgarer du droit en la cui propbléciet portoit Ja cou. 
Rümé que détuy qui déferoit eraceuloit k céime d'énatitre, dEnnaÎt lün 
Cij 


esaffaires, fo't 
le moyé des fa 
tles geftes des 
1r ce qu'ils au- 


viéparmyles 
relide feulaux 
adonnentà la 
urs enfäs pouf 
bfides honorcz 
tre portion du 
bit et aux fraits 
bartir liberale- 
merite. D'où 
ntribut extra 
de latroificfme 


DE En 
, 


. LIVRE:PREMIER 


dire.pas.elcrir,déchifranc, par le menu; &-la maniere-cpmme le cas auoit 


Forme de pre cfté executé,erle dommage fait par le delinquant , et.combien preiudi- Li 
ceder tadi | ciableil eftimoit cefte faulte: L'accufé n'eftoit forcloz de fadefencesains pa 
awx Ge ]uy cftoit donné temps pour refpondreà chacun, article delaccufateur, DS ct. 


en Egipre et le tout mettre par efcrit deuantlesiuges,niants les vns,ou amenant rai- 
fon de fa tuftice,etraifen pourquoyilauroit fait ce.dequoy ilfe voyoit | 
, .  “acçufé ,.ouenmanitrant.qué fa faultene meritoitii grandé punition où À 
vfrigfen. amendeque celle que l'accufateur auoiripropolée.Les iuges.ayantiouys 
quelle fitie deux fois chaçune des parties,etlesças Hp mis au.confcil tout, debatu Me. 
effoit donné. ct conclud:le prefidant tournât le figne,et image.de la verité vers la plus | 
 iufte partie, prononçoitl’arreft et fentence du diffarent:cttelles eftoyent} 
les procedures et moyens, de.plaider gardez iadis en Eg; pte. Et d'autant ÿ 
Parure Pi” que nous ayons parlédes loix.et ordonnances engeneral,çe ne ferahors à 
gr de mort de propos;finous efpluchons et recitans.va peu parle. menu les-ançiens 
ce ere ftatus de ce peuple 2 fn qu'on.cognoiffe de; combien ils auoyent mieux| 
detfable. ‘Srdonnéleurs affaires que tous autres, et fi leur ordre et façon de faire,n’e| 
ftoit le meilleur et le plusnrouffitable. jé 
.,. En premier lieu celuy quiiurant fe pariuroit,eftoit fans remiffionmis à 
Charité #8 mort, comme eftant conuainçu de‘double crime, entant.qu'il vialoir cel- 
made  Téreuerence qu'on doitaux Dieux,er annulloit celle loyauté, et Foy. qui] 
HAUSUES L fért d'vn grand.et tres eftroit lien pour conferuer la focieté humaine. Ce 
“Lg omrets [ui qui voyant voler,et deus'ifer:vn pañfant par Les affafineurs, où, quine 
caloniateurs. tenoit compte de l'ayder,et n'empefchoitia mort ou deualifement, eftit 
en fa puiffance de le recourre,efloit auili irremiffiblsment misà mort :c} 
ne pouuant luy donner faueur,ny, fecaurs,eftoit il, tenu .neantmoins de 
faste denonçer le fait et les voleurs, qui auroient commis Je crime, ce que ne 
Ce fiifant, ét mis en igergent eftoit foueté par certain nombre de coups ette 
ds bei nu trois jours prifonnierfans manger chofe que cognerceluy qufaugs 
REUY ment accufoit vn autre eftant conuaincu de la ealonipie, portoit la metimel 
sn ®° penitence et peine que celuy euft fait qu'on auoitaccufé, fi l'accufation 
Lt ; 15 euft cfté veritable.Les Egyptiens eftoient contrains par la ley .de.porter 
at 1 PA “ au Prefident leurs noms par cfcrit et enlemble. luy declarer l'eftat etoff 
mb duquelils  mefloient et viuoient,ea quoy fi quelcup.mentoit..où 
Men che y que lon trouaft qu'il, vefquift d'vn gain fale et quifut contre les loix, il 
L'ibtont ct eftoit pugny de fupplice de mort. Si quelsunauoit occis un homme, fut 
db. franc, ou cfclaue de fon gré,et fans iulte occalioniil n'y auoitauçun refpif 
Donne lis ains il luy failloit perdre la vie {elon les loix, lefquelles n'auoieut au: 
Lomicides, CU cfgard à la qualité & conditon de L'homicide,ains à l'ordonnance, 
_.  *.. afin de deftourner les hommes de faire tort à leur prochain: & que ‘aufli 
| … en puniffatle meurtre fait en la perfonne d’vnefclauc, la vie des libresien 
etoit rendue en plus grande affcuräçe.Les Legiflateurs n'auoient eftably 
peincny füpplise aucunaux peres,qui occiroient leurs enfans, feulement 
leur eftoit enioint que par l'efpacede trois jours, & trois nuits continue 
ilsfe tinffent presle corps mort, & afin qu'ils n'y failliffent on ÿ mettoit 
des gardes pour lebr fire le guer.fls vfoient decefte gracieufetédeings 
ment, leurfeblant iniufte,que.celuy la perdift la vie qui l'auroit donnés 


i 2 


Ordonnance 


Teres tuans 
leurs fils com 
me cfosent 
pans. 


| DE L'AFRIQUE; ur 


le casavoit D à nfits :, pluftoft eftimoient ils raifonnable que ce fut vne douleur & 

en.preiudi- DS trifteffe pour. la repétance de leur colere precipitée qui les punift, que nô \ 
effenccsains as vn tourment qui feroit trop leger,au pris de cefte defplaifance & Zoy cruelle 
l'accufateur, chagrin qui leur rédroit la vie fafcheufe & pire que la mort:Mais fi quel- contre lesPur 


amenant rai- DE cun f'oublioit iufqu'à là que de tuer 6 pere,aufli y auoit il fupplice cruel r#cides. 
il,;{e voyoit DS ordôné pour en faire la punition:entant queles ayant defchiquetez auec 

punition où D des poinfons,& caniuets fort poignans,&-auec des cannesaigues , ilsles  Zoy. für 
ayant: ouys ME£ifoient brufler tousvifs,.ftimans que c’eftoit le plus deteftable entre les les femmes: 
tout, debatu M forfaits que dé priuer de vie celuy par violence duquel ontinft & eftre groffés. 

é vers la plus x nourriture.Les femmes qui deuoient fübir peine de mort, eftans en- 

Îles eftoyent Mceintes,onattendoit qu'elles fuffent deliurées,ayans opiniô que ceferoir Loy miitar- 


, Et d'autant commettre vne grâde ininftice, fi onpunifloit auec vn criminel celuy qui re pour tenir 
ne ferahors ER mais n'auroit fait faute quelconque:ou s'ils faifoientmourir.deux per- les/oldats en 


u Les anciens MS nnes pour le feulpeché de l'vne.  Quandau faicmilitaire, ils y proce- denorr… 
oyentMIEUx oient en celte forte, celu y; qui laifloit fon rancau côbat,ou refufüit d'o- 


beïr à fon Capitaine,bien qu'ilne fuft puny de mort, fi eltoitil rendu in- Pwnition de 
ame,eftant café & priué de tout honneur & attente de gloire, & luy e- ceux qui pra- 
ftant deffendu de iamais porter armes, & retourner à fon premier cftat & rrquorentauec 


yn de faire,n'e| 


rt 
miffionamis à 


il vigloit cel- cxcrcice:Cefte loy.accouftumoit les hommes à bien faire & à craindre & l'ennemy. 
té,.et Foy qui Mrcdouter plus que lamort vne marque fi ignominicufe &: pleine d'infa- à 
: humaine,Ce ie.Ceux qui defcouuroient les fecrets à l’ennemy & pratiquoient auec Zuffe punitio 
urs, OÙ, quineluy;auoyent par l'ordonnance lalangue coupée:& quiconque rongnoit, 4 toute forte 


ou faifoit la monnoye,changeoïit,ou gaftoit les poix & mefüures,qui fal de faulfaires 
fifoit les fings & contrefaifoit les efcritures,ou corrompoit les cedulles Ciffe loy fut 
inftruments,ouactes publics, à celuy les deux mains eftoiét coupées a fin depuis gardee 
que le mébre qui auoit failly fe fentift à iamais de fa faulte : et que les au- par les Lom- 
tresadmonncftéz par tel fupplice fe donnalfent garde detomberen cri- bards voy.h- 
me et faulte pareille.Les loix procedoyët encor fort rigoureufement cô- 3: chap.26. 
tre ceux qui foublioyent à l’endroit des femmesiveu que celuy qui vio- Loycantreles 
loit & forçoit vne femme libre de côditioneftoit chaftré et luy coupoit sioleurs gr 
on,et le membre et les genitoires,entantque en faifant ce mal, il auoit pallards. 
commis trois grands et cftranges forfaicts, à fçauoir l'outrage,lerapt, et | 
corruption en la femme d’autruy,et laiconfufion et meflange des-enfans zuÿfrce für les 
baftards auec les legitimes.Celuy quieftoit furpris en adultere , où la for.adslreres er 
ceeftoitefloignéc, eftoit foucté iufqu’à mille coupsde verges,et à la fem homme co : 
me on luy:coupoit le nez à fin quepar lamutilation de ce membre elle femme. 

fut punic en la face par l'attrait de laquelle elle auoit fait pecher l'homme Boccoride le: 
cftanz le nez le plus beau ornement du vifage. Quand aux couftumes et legiflateur. : 
ordonnances faites für les trafics et commerces ,ontientqueBoccoride 
en fut l'autéur:Or font telles les loix, fi queleun denie auoirreceu l’argét Cecyfclftrue 
quiluy aura cfté prefté fans cedulle,,le-debitégrferacreuà fon fimpléien encor entre 
ment,comme effans les Egyptienshommesqui-tenoyent:grand compte ons, 

dela folennité des ferments,côme.chofe.et finte et religicufe: Car côme 


lifement, cftith 
mis à mort ::Cf 
eantmoins de 
ne} CE GUE NC 
de coups tte 
luy quifauce; 
rtoit ia meline 
fi l'accufation 
ley de.porter 
er l'eftat et.0 

.MENtOIt OÙ 
tre Jes loix , il 
n homme fut 
itauçun refpi 
n'auoieut aus 
l'ordonnance, 
à: & que aufl 
e des libres:en 
uoient <{tably] 
4ns, fculement 
its continuels 


son ÿmettoit inf foit que difcillement onadiouftc-foy à ceux qui iurent à tous pro 
eufeté deiugs posa & donnoyenrils garde queles gens de bien né fuffent côtrains 
iiTent la reputation de leur preu 


auroit donnée iurer que Fort tard ain quiils neparc dan 
ii} 


LIVRE PREMIER ,..  . 
d'hommie: Le legiflateur encor ; mefurant par la vertu pt Foy » & 
La loyauté ]oyauté,tafche d'accouftumer les hommes à a Et per a É 
defpend de ls cice des bonnes mœurs,a fin queon ne-doubtaft pointdeleurfoy. | 
… vertu. Aulfi fut d'aduis celuy qui ordonna cecy ,qu'il feroit imiufte de ne croire } 
point celuy,;auquelon auroit preftéfins cedulle iurät enfa caufe propre. à 
Ne voulut que l'vfure mife & contractéc par éfcrit feftendit le double * 
Loy Jür ls de ce qui auoit efté prefté: & ordonnaque le payement feroit pris tant 1 
Pfüres. {eulemeét fur Les biens du-debiteur,fms qn'on peut f empoigner au COFPS, 
ny l'efclauer ou mettre en prifon,luy femblant raifonnable qu'il fui{oit È 
Sclon effablit que les biens, & non les corps fuffent af uicttis à telle obligation. Etque À 
doy contre les aufli les corps des citoyens eftoient oblivez à la repub] ique laquelle fen 4 
vjüuriers.  vouloit feruir,& entemps de paix & à la gucrreen fes affaires, Car il iu © 
Semblable or weoit eftre mal feit que les foldats & genfdarmes qui hazardent leur vic 
donnance far pour le falut public foient émprifonnez pourdebtes & vlures : & fut ce- 
te 4 Rome... fteloy donnée auili par Solon aux Atheniens laquelle fut appellée Dia à 
Py Halicar- tée,deffendant que pour vfure,aucun citoyen fut lié,ny misenprifon. 
naf.liur. 6. Orauoient les Égyptiens vne loy toute particuliere entre eux touchans| 
Loy cffrange Jes larcins,qui eftoit celle Ceux quiauoient en deliberation de f'exercer-| 
d'Egiptets- en ceftart,failloit qu'allaffent f'enroller au regiftre du Prince, & chef des # 
chant les ler facrificateurs, & luy porter la chofe defrobée tout aufli toft qu'elle auoit 
ins. efté emblée, & prife:Celuy auffi fur qui le larcin auoit eftéfait failloit que à 
vintefcrire & denoncer deuït le mefme Seigneur letemps ,iour & heureb 
Mariages des qu'ilauoit receu cefte perte.Par ce moien les larcins eftant facilemét defi 
Egiptiens Le couuers lé perdantrecouuroit {on bien,fauf que la quatriefme partie e- 
temps paf. ftoit ordonnée pour le larron, pour punitiô de celuy;,quiauoit fi peu foi- 
eufemét pris garde à fes affaires:eftimät Ie legiflateur qu’il valoit micux} 
C'eft vne que puis qu'il eftoit imposfible d'empefcher du tout les larcins,qu'on ne per-} 
(lion fi lafe- dift vne partie de ce quiauroit elté defrobé, qu’eftre priué du tout fans 
melle ayde es poir d'aucune reftitution,ou recouurement.Les mariages y eftoyent di 
aucc [1 fêmen uerfement confiderez:veu que les Preftres Egyptiens efpouloyent vne 
ce à la gencra femmes fans plus:les autres en auoyent tant qu'ils vouloyent, & cômeils 
tio.Poy Ærff en pouuoyentnourrir:aucun n'y fut onc pour lors eftimébaftard, & eut 
de Rte il efté produit, & engendré de quelque efclaue ou acheté: d'autant qu'ils 
tion des ans- eftimoyent le feul pere auteur dela generation ,que la merencluy dônek 
* maux.l. 1e. quele lieu pour receuoir la femêce & la nourriture :laquelle on leur don 
18. Newrri- noitauec fi peu de frais, & defpence qu'a grand peine, prefque le pourroit 
ture fassage oncroire:car ils entretenoyét leurs enfans de racines deionc, & d'autre 
desenfas 4 chofes qu'ils cuifoy ét fous les braifes,ou aucc des herbes qui croiffent dé 
dis en Egipte Les paluz foit eu bouillies;ou mifes fur les charbons,ou quelques fois tou 
G tes cruës qui eftoient les délices de :cefte enfançe : la faifantaltér pieds! 
nud;, & la plus part fins veftément quelconque,i ce les fecourant la dou-h 
Gemmetri@* ceur,& temperié de J'air,qui eft naturelle à ce païs, & prouince. En lom-k 
Ærithmeti- me toute la defpence que font les parens pour leurs enfans iufqu'à ce qu'l 
que prifécs en ils (oient en aage,ne leur fçauroit coufter vingt Drachmes, à tout le moin] 
Egypte, n'excede point cefte fôm2, Les preftres inftruifoient les teursaux lettre 
tant Hierogliphiques que profances.:& les accouffument plûs que à‘autit 


e 


| CNT | DE L'AFRIQUV E. 12 Exercices ue 
oute foy » & ricnceny fçauoir à apprendre la Geoniétrie & f'a dextreren l’Arithme- knsdägerene 
cté par l'exer- ! ique. Quand à la Mulique & ieu d'efcrime,de luttc,oule voltiger,, ilsne #txenfans. 
fur Foy. .… Mitouloyét qu'on les y acouftumaft,à caufe q ces exercices eftoiét trop vio- 
( de ne Cr cns & pcrilleux;,fitous les iours on y employoit les corps encor fi tédres, Ze Mufique 
caufe propre, que cecy en lieu de fortifier,debilitoit,& cafloit les forces en l’homme corroempt l'ef° 
dit le double La Mufiqueils l'eftimoyent non feulementinutile & fans prouffit , ains prit de La te 
roit pris tant MS core fort nuifible,comme celle qui amollift & effemineles cœurs des #ffe. 
ner au COFPS, ommes, & leur rauift leur gaillardife. La medecine de laquelle ils vfoyent 
, qu'il fufi{oit | our l'alleger,eftoit la diete,ou le vomiffement, & cela ou tout aufli toft Ze vr47 reme 
sation. Et que Mu'ilsfe trouuoyent mal difpofez, ou y laiffant trois ou quatre iours d'ef- de de toute 
1e laquelle Pen M: ce entre- mytentant qu'ils croioyent(commeil eft aflez vray)que tou- maludie ls 
res. Car il iu "Be maladie procedoit detrop,& fuperfluement fe nourrir:& que celuy re diete. 
rdentieur vice de eft le meilleur & plus courtpour confèruer la fânté que d’ofter la 

bufe & la fource detoute maladie.Ceux qui voiageoyentou eftoyenten Medecins en 


res: & fut ce- 


appelée Difa Mucrre,tombans malades elloyent guaris fans rien defpendre :à caufe que Egapte, fort 
is en prifon. es medecins y efloient nourris, & falariez du public:& eftoyent tenuz f#eétz ixdis 


: euxtouchans! 
n de fexercer-} 
ice, & chef des # 
qu’elle auoith 
fait failloit que à 
tour & heuref 
t facilemét def 
cfme partie e-} 
uoit fi peu foi- 
‘il valoit micux}à 
qu'on ne per-h 

é du tou fs à 
s'y eftoyent di 
oufoyent vne 
ent, & cômeils 
baftard, & eut 
d'autant qu'il 
encluy dôntk 
leonleur don 
uele pourroit 
c, & d'autre 
ui croiffent dis 
elques fois tou 
fant alter pied! 
ourant la dou-| 
ince. En form! 


ar la loy de prendre cfgard aux patient, & les guerir fuyuant les ordon. 
ances,receptes & efcrits des anciens de leur art,et qui fuffent renommez Monffrucs/e 
autorifez. Si le medecin ayant füiuy les reigles du liure facré n’a peu #delatrie des 
uerir le malade;il cit fans coulpe,;quoy que l’autre [en aille mourir:mais Erypt'ens.. 
il le guerifloit vfant d’autres,et de plus de remedes queleur liurenepor- 757 Ærne- 
oit,on le faifoit mourir fins compailion aucune. D'autant que le legifla- bre contre les : 
ur croyoit que l'ordre de penfer vn malade quiauroit efté dés long téps. Gertilz,. Eu 
bferué par les medecins,etinuenté auec grand peine par lesanciens eftoit /êbe prepare. 
beaucoup meilleur ,et plus falutaire que les nouuelfes inuentionsdes mo- sagelr. lave 
ernes.Les Egyptiés ont cftéles plus cftranges,et fottementiuperititieux /. imuentaire 
utre tous les idolatres sentant que non contents des ftatues des hommes, detoute cesfe 
s ont encor adoré les beftes,et mortes , et viues: telles qu'efloienties folie. LaËFsce 
hats,les Chiens, [chneumons,Efpreuicrs, Ibides,Loups,et Crocodilles, de l'orig.d'er 
tvn infiny nombre d’autres.Et tant fen faut qu'ils cuflent honte de faire rer b,2. ch. 
ublique profeffion de celle beftiale façon de feruiceque pluftoft ils fe pé 14 @ b.5.c. 
oient dignes delouange,& honneur , fe veautrans en cefte vilaine ct 27. Plutarh. 
bominable pollution, etinfameidolatrie: portans les figures et repre- au l.d'Ifsér 
entations de ces animaux autour de leurs villes en procefiion , & par Ofré. Secu- 
es villages les monftrant de loing comme Dieux confcruateurs , & auf- lie pocte aux 
els ils Faifdient reuerence, & les prioient.trefhumblement, Quelqu'vn Æeros. paf 
e ces Dieux,et brutes deitez dés Egyptiés mourant,ces fols l'enfeuelif- chu en 
bicnt dans vn beau linge, le falansauecgrans cris ; & vrlemens, ct ba- «4 dela guer 
ns eftrangemert leurs poitrines , puis l'oignansauec liqueur de Cedre, recril.li. 8. 
autres drogues precieufes et aromatiques , ils les enterraient és Strabon.l.17 
ints lieux afin que leurs charoignes fuflent de plus de duréc. Si quel- 
n de fon bon gré , et de guet à pens , ou en quelque forteque ce foit geshifedes E. 


iufqu'à ce qu'Bcttoit à mort vne de ces beftes , il n'y auoitaucun moyen dele fau- gwriés sudis 
à tout le moinler de mort, à caufe que le peuple y accourant le maffacroit fort cruel- 
ursaux lettre ment et fans attendre ce qui en feroit ordonné par iuftice. L'ef- 
lûs que à autitoy que plufieurs auoient d'eftre ainfi mal traiter, faifoit qu’aufli tof 


Dieux Egip- LIVRE PREMIER 


‘rics biétrait- qu'on voyoit quelcun de ces animaux morts, Ceux qui les premiers ena. 
Lx, uoient la veuë fe tenant de loing-lamentoiént & pleuroient le defaftre, 
murri?.  : en tefmoignage que ceft accidétn’eftoit point aduenu par leur faute. La 
charge de nourrir ces beaux Dieux brutaux eftoit dônée à gens d'eftat, & 
non de peu d'autorité enuers le peuple,qui fy portoiét ve it ement & 
fontleur difpence à grands frais, eftant leur viande & palture d'vn deli.| 
cat breuuage fait d'efpeaulte,ou efcorgeon, & de bouillie faite de fleur M 
‘defarine , &autres viandes compofées auec lait: outre ce leur mettoith 
on deuät desOyes tant boulues que rofties pour les raffalier. À ceuxqui } 
viuent de chair cruë,on leur diftribue des oïfeaux pris à la chaffe, ou aux! 
reths, et filais, fomme on defpendoit beaucoup,et mettoit on grand pei-} 
ne pour l’entretenemét de cefle vilennie.Et eftoient fi fots que de ne co-} 
Ce Ptolomé  Sroiftre point leur beftife, voyans mourir ces beftes;ains les plouroient, | 
fut le premier + en faifoient 1e dueil tout ainfi que fi leurs enfans fuffent decedez,et les 
Roy d'Egipte, enterroient auec plus de frais et magnificence que ne portoientleurs ri. 
“des fücceeurs Cheffes: tellement que du temps de Ptolomé fürnomméf.age Roy d'E 
d'Alexédre, gypte eftant à Memphis mort vn Bœufdetrop de vieilleffe,celuy qui a- 
en la114  oit charge de le nourrir y employa aux funerailles vne grand fomme 
Ompisde. qu’il auoit eu pour fa nourriture, er encor emprunta il du Roy sostalent 
rolledeffencs À rpent pour faire la defpence de ces obfeques fuperflues.Plufieurs f'el. 
en Unes fune- Lahiront lifans chofe fi fotte et merucilleufe defpence, mais ils feftonne- 
* raillesde be- rontencore d’auantage fils confiderent oombien les Egyptiens ont efti 
Jesotaléts fuperfluz,et exceflifs és obfeques de leurs morts. Veu que dés que quel 
pen mofer Cuin eftoit decedé, lesamys et parens du deffunét fañfemblans , fe coul 
ekir0 25000 Lroijent la tefte de fange etalloient tout autour de Ja ville lamentans, 
liures Fe plourans fans ceffe iufqu’a ce que le corps eftoit enterré:Et durät lequel 
* voy Budé de tempsils ne fe lauoiét côme de couftume ny beuuoient vin, ou prenoià 
AfR. , , nourriture de chofe delicate et fauoureufe, & n'vfoient d'aucun acoutr 
“Deffice és ob. ment que vil et de peu de valeur. }.eurs fepulchres et tombeaux eftoieni 
Jeques dés E- etrois fortes les vns fomptueux , les fecôds mediocres,et les autres dé 
; HO eu d'importance. À la defpence & frais du premier on employoit vnt 
PInSEmINeS, Vent d'argent,au fecond vingt mines,et au troifiefine:et dernier,les frait 
4 dix efcuxz eftoicnt indignes qu'on en tinft côpte . Ceux qui ontla charge des fun 
Dour mine, raifles comme y cftans nez et nourris dés leur ieuneaage portoient 14 
Jont deuxts Loolles des defpences pour ffenquerir des parens du mort, côbien eft « 
4 feu Per Bu- qu'ils v veulent defpendre: et ayans conuenu du pris, on leur liuroit|é 
de. C'effoiet co corps afin que l'aparcil des honneurs fut dreféfel6 le defpence qu'on 
me les erieurs, vouloit faire.En premier lieu celuy qu'on appelloit Grâmarié ou fcrib 
C7 per te-cha- et greffier, ayät mis le corps fur la terre nue, marquoit fur la hanche ci 
pes 4 Paris. bié il falloit fendre et incifer du corps du cofté gauche.Celuy qui au 
Diuers offices \a chärge de faire l'incifion, prenät vne pierre Ethiopique,fendoit Le co 
de ceux qui a [té du deffun@, ce qu'ayant fait, il Pen fuioyt à toute courfe, eftant fuiuf 
suyent char- \fes affiftans ,qui en le maudiflant luyruoyent des pierres, comme ayañ 
gedesobf- commis quelque crime : ayans opinion que celuy là a quelque’inimiti 
d'u fecrette en fon cœur,contre le trefpafé, lequel vivloit ainfi furieufemen 
‘lecorps de fon amy.Les falcurs quifalorentieéorpseftoient honoreze 


RP Re DEL'AFRIQVE.. TN 1) 
emiersena: ue & nr leTres arhsa amat ! d'aurañegilz pou 
Je defaftre, M. eftans presi te op conuerferaueclces facrificateurs:ceux: 
ur faute. La Ç vit 2 mat #7 fendoit pat dedans toutes Les entrailles faufle- 
ds d'eftat, & Mer | ps SE audain vn'autre lauoittoutcecy auec du'vin Phcæ- 
eufement & ses sis LÉ rrcr ns focfues & fortodoriferantés, &puis oi-. 
red'vn del. ie pat Éd eh de:Ocdre premierement, & apres de di. Cedre arbre. 
vite de fleur M oys :8c non cé Co vi y &âromatiques, par l'efpace de plus d'vn forfprecieus 
Leur mettoit RS tira Cänelle pags ec eloignement, encor faifoyent ils infufion de a cafe que 
r. À ceuxqui | A fanevourti u gite efpicerie tant pour conferuer le corps longue. °# ilnefe cor 
haffe, ou aux M ( n 4 à prorata lerédre fouef-flairät, 8 de bonne odeur. "9€ cn 
sn grand pei| sea r L atifé qu'ils auoyentainfi.ce.corps, ils le rendoyent aux ferue les che- 
que de ne co-} a k a } PR custé ent fi bien ageancé les membres & parties iuf- [es où sl ff 
s plouroient, Lo de pis ve N £ aupicres qu'on cuit iugé que c'eftoit vn homme en- m4. 
Lecedez;et les os Y. ge Lun mettre.en terre, les parents faifoient aduertir lesiu- 
oientieurs ri-W pre 4 e pps iourdel'enterremét les affeurans quelémort 
LageRoy dE pare en be rs Enfers A ffemblez que cftoyentles Iuges De èe Palu?, 
e,celuy qui juz en vnlieupre di r sen demy rond ; ou croiffant pres l'eftang & Les poëtes ont 
grand Comm, rceferuice EL P +4 peur ceft-effait,on conduifoit vae barque poféce afex dérit. 
Roy sotalen ti Quant ai re x ir eftoyent commis maiftres des ceremonies, 72 Virg 6. 
Plufieurs FeClE jo pr “4 7 + sors fon cercueil,chacun auoit licence fuyuät Enejd.toutes. 
isils feftonnc-D,.. pro au fe nc, El eftoit trouvé auoir mal vefcu,les Iu- fos pafoent 
ptiens ont elle. e. Mais £ A M nr HtcbI rh juans de l'honneur, & droiéts de fepul- ils Le corps par 
edés que que" cfoyér nes bin oyét conuaincuz de l’auoir déferé à tort, defius les e- 
blans ; fe cou EE cjateur eftanttrouué fie grolfe amende. Ny ayätqui l'accufaft,ou le fags de vil 
e lamentans, MR iftelfe. fe rouué calomniateur ,les parës & amys Jaiffans leur ducil 
Et durét lequel. de voila Fumer + nta celebrer les louanges du deffuné; fans y omet. 
in, ou prenoiélR. y sh auf de # ‘à oit;n'y la gloire de fes parents,ainfi que les Grecz 
aucunacoutre ll: hommes:ain + ume.Car tous les Egyptiens feftimoyent cftre gë. 
beaux eftoicn Lrovent fa . sas LE le difcours dela vie dés l'enfance , ils ra- 
et lesautres dE fes % A ae Sn erudition & fçauoir, & l'innocence 
Hiolpen te inéce fageffe & x ans à l'aage parfait, leur religion,iuftice,integrité,cô- De Dieux 
dernier, les fra oyéties Dieux safe vertuz eftoyentfingularifées, ce que fait ils inuo- infernanx. 
harge des une c & râc des er aps , qu'il leur pleuft decolloquer ceftuy-cy au 72 Gregoire 
e portoient 1 ant gaine eureux,aufquelles prieres tout le peuple refpédoit Girald en fon 
Le, côbien eft % .tunées. Chac at » comme celuy qui iouiffoit de l'aife des ames biftosre des 
nieurliuroitlà.. qui res cine isa fon mort en fon propre fepulchre, & Dieux Syn- 
fpence qu'on ile a rte EE À ture propre,les pofoyét en leur maifon, dans la fég. 9 - 
marié ou fcrib' ll la clofture:af e qui y fut, y dreffant le cercueil tout droit, & macô- Priere pesr 
rlahanche ci; dev “RH sh à les fuceetfeurs feftäs enrichis & faifans tout de, les mortsen- 
eluy qui 210. Lon pt e ne deupar le deffun& euffent lemoyen del'éter. rreles gésiix. 4 
e,fendoit Le + 12 dorind ent ; Qr auoict ils de couftume que empruntans de l’ar- Zes crps | 
fe, eftant fuit; Lants à Jes, heteri gage les corps de leurs parents au crediteur: Jà où mortdônex 
M PT no nd NP A A À 
uelque‘inimité.. Vi 1 prie efepulture.'Ce nc fera fans caufe que on fefbahira les debres, 
ffurieufem RE ouftoi - 4 Vue fcirent ces ordonnancés, & introduirent tel- - S 
cac houorez uftumes;non tant qui feraient pour forher la vie dé ceux qui fünt | 
ti | ARMES | LOU Lio ro à 


( 4 LIVRE:PREMIER 
Tonter 68 Je ar, 8die que pour prendre-efgardià l'hôneur,& fopulture des deffisnétss 
“perfitions in r0 aïe out çecy 4 Ainduire leshômies à façôner fi bien leurs actions 
troduites 4 qu'orn’y peut trouuerque rediré; & à dire verité,quoy gles Grecs ayét 


bonne fin. tafché de reformer la-vie hummine;auec teurs Fables poétiques, fur l'heur £ 


‘Platon 6 in. des bons & fupplice des mefchans eftans deffun@i; fine peurent ilz onca. 


de larepubs.… nec to® leurs efcritzattirerl'hôme à fuyureles chofes faintes &c vertueu. JR 


J'ode 467: fes,ains fe mocquoient les.vicieux de leurdire & faifoient des rifées de 


deces fables, leurs inuentions & refueries; Là où les Egÿtptiens punifloient par effeét | 


Qucllés fn. les mal viuans, & louoyentlesbonsfelon le merite de leur vertu, & bône 
les bonnesgy vic:admoneftans tous les ioûrs vn chacun de ce qu'il deuoit fuyure côme 
faites bix. proufitable, voyantla recompenfe preparée;pour les œuures quelles que 
Paœnes dits 1 lles füuffent d’vn chacun de leursCitoy ens:& ainfi lesrvicieux fe mettoiét 
des Phæniffiés en deuoir de viure bien, &.vertueulemét.Aufli faut-il penfér que ces loix 
en offat feule- |] font bonnes &.fainétes par lefquelles les hommes deuiennent non ti- 
ment l'afpire ches,mais pluftoftiuftes,honneftes;fages & modeftes.Et voyla quand à 
ton, tcaufe l'Egypte:refte àpourfuyure des autres Peuples & Proufces de l'Afrique, 
que ce ft Ds- ‘ Des Pœnes, @o autres Peuples d'Æfrique. Chap.7:. 
do qui peupla .… Es Pœnes,defcenduz des: Phæœnifliens:, font 


celle contrée. LT NÉ CNP diuifezen plufieurs & diuerfes nations: entât 
Avis Ale MN PPEE DNS g les Andrimachides voyfins d'Egypte, fuy- 
ad Lbyg. ART ER ED uétaufl les mœurs des É giptiens:& portoiét 
<Ætant en RL AORIR. iadis le mefire habitquelerefte des Pœnes, 
fontencor s ‘| SA à fçauoir que leurs femmes auoient en chacu. 
pret ceux A TES ne de leurs cuiffes vn anneau d’erain ( ce qui 


quhabititien V7 LONG. fobferue encor en plufieursendroiés d’Afii} 
l'AÆmerique. La NZ SA à : queentreles Mores ).& nourriffoient lon. 
Najimnes RTE"), gue leur cheuelure:& eftoient fi peu ciuilz, 
Voy Luca des CEST &c tantmalapprins que les Poulx qu'ilz pr 


ge cl, noïent fur leurs corps, ilz les mordoient & tuoient à belles dents, & pui 


-n.4.@"9. lesiettoiét à terre;feulz entre leurs voyfins;qui vfoient de cefte brutalité 
Ces bacs font Cefont eux aufli qui fèulz entre ceux de leur nation, &‘ancienne parenté 
entre Roy enuoyoient, &:.produifoient leurs filles vierges qui eftoient preftes 
aume de T'hn. marier au Roy,defquelles il depuselloit celle qui le plusluy venoit à gré 
nes C7 lepaïs &,en faifoit l’effay auant qu'elle allaftau Mary. L'autre peuplé Africait 
GCerenaïque. nommé Nafamone eftoit puiflant, & iouïffant d'vn Païs de grand'eften 
Foy Ptolo.en. due, fort cruel & furieux & efcumeurs & Pirates,qui deualifoiét les Na 
La Gévpraph: arreftées pres les bancz, & fablons de la Mer Libyque: Ce peuple farou 
Straboln3. che delcëd en Elté,ayät laiffé fon beftail elong:de la mer,en la cañipag 
M7. pour yrecucillir les fruiétz, & Dates des Palmiers, & fy fournir.du boy 
Pansre nour- deldites Palmes à caufe qu'elles Y font:fort helles,en grand-rombre, 4 
riture des Na qui font fertiles & apportans-de fortbeau fruict. I1z en prenoiét donc la 
Jamones. Dates nonencor meures;&-les faifoient meurirau Soleil, &les trempn 
Mafagetes … dans du lai@,en prenoient leur nourriture, Ces gens-auoient{comme cn 
font Sothes. cor il eftobferué)plufieursenfemble-vne femme, fuyuant leur: ancienn 
Po Stra-  couftume;& fe mefloientauec elles deuant tout la monde ,demefinc 
çon prefque que-les Maffagetes,fi.ce n'eft que seux-cy mettoicnt vnb 
fton à la porte.Les Nafamones ont aufli de couftume. que fi quelqu’ 


hantile 
J'auyo 
Dyent 
bye 
ent de 
es qui 
ur led 


rairèles 
Occatia 
c la feft: 
Cpicrre 
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drtit de: 
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on qu 4! 6 


effan@ss 
s actions 
ecs ayét 
(ur l'heur 
ilzonca- 


vertueu. 


rifées de 
par effet 
& bône 
ure côme 
uelles que 
e mettoiét 
ue ces loix 
nt non ti- 
a quand À 


l'Afrique, à 


fens:, font 
ions: entât 
yptesfuy- 
& portoiet 
les Pœnes, 
ten chacu. 
ain ( ce qui 


tés d'Afril 


Joient lon- 
peu ciuilz, 
qu'ilz pr 


bnts , & puis 


e brutalité. 
nne parents 
t preftes 
venoit à gré 
le Africai 
and'eften 

iétles Na 

uple farou 
ja campaga 
nir.du boy 
nombre, ù 
biét doncle 


cstrempant 


(comme (a 
ur:ancient 
lemefinc f 
oient vnb 
fi quelqu 


DEL'AFRIQYE. 14: FER 
d'entireux'préd femme,le premier four des nopces,l'efpouféc aille cour dm b.1t. He 
tifer tous ceux qui fontappellez au feftin les inuitant àl’acointer& ceux rodote lue 

uiaucyét affaire auec elle eltoyent contraints luy faire quelque pre ‘#fént Pemp. ‘Mele 
qu'elle emportoit en fa maifon pour tefmoignage du nôbré deceux: qui 1 #.Chofift. 
auoyent eu affaire auec elle.Or<es Nafamonesvfent de laforme de i ure 4 /érmen de 
ment, & deuination qui fenfuyt,en eftans les miniftres ceux qu'ils fçau \ét Pertheronfle 
Be eltiment cftre les plusiuftes,& vertueux;d'autantquec’eft aux mor'z Ptol.Table. 
à quiils l'adreffent ëniurant par eux, &tends les mainssur leurstôbeaux. 7-42 #fe. 
itencor deuinentilzaprochans eus fepuîchres,preslefquels leurs orai 41%" en" 
Fons finies ilsf’endormoyent, durant lequel repositoutite qu'ils venoyët dos non “far 
fonger leur feruoit d'oracle, & prediction toute affeuréc.Etf’entrepro- les reliques 
merrant la foy;ilz vfoyent de telle ceremonic; chacun prenoit vn'hanap des fins. 
de la main de fon compaignon,& beuuoyÿentl'yn à l'autre en figne d'al- Géremantes'- 
tance, & fils auoyent de quelque liqueur fut eau,vin;ouautre | eut penple de Li 
sy mettoyent le doigt qu'ils lechoyent l’vn apres l'autre:Les Garaman bre.owyProlo.. 
es eftoyent fi farouches, & fauuages qu'ilz fuyoiehttoutecempagnic; & Selm ch. 35. 
hantife d'hômes,que de ceux de leur païs,& fi lafches & poltrons qu'ils Zwan-lin.4. 
'auyoét aucunes armes offenfiues,ny deffenfiues,& eftansaffaillis , n'o- ©” 9. Pemp. 
oyent faire refiftance, & eftoitieur pays par deflusiés Nafamones en la Méle.r. 
ibye & Marmarique;tirant vers la Barbarieau Royaume appeilé à pre- Macrs peuple 
ent de Barcha pres la Marineitirant vers le ponant,lesauoifinans les Ma Libyen. 
es qui rafoyent le forimet de latefte,laiffans:croiftre vn:topet de poil Femmes dés: 
ur le deffus tondans le refte en rond tout à l’entour:Les Guidanes leurs Gurdanes, fe 
joifins portoyét à la guerre des peaux d'Autrucher fouterraines: en lieu prfirmmët 4 
de bouclier. Leurs femmes portoyétauff plufieurs fräges faites de peaux chain. Les | 
our môftrer(ainfi qu’on dit)parlenombrede.cesfrangescäbien d'hô-+ Dfrabes rien 
mes Jes auoyent “ok der.eur chacun qui auoit affaire auécellesleur fai- nenf 4 presért 
bit vn préfent femblable, tellementquecellequienauoit le plus: eftoit rowf ce pipse 
ut prifée,& honorée furtoutes autres$comme la mieux symée & cout Palerfur nô 
ifée desamoureux. # eh Gage :  mee Tritonie 
es Machlies fetenoiëét vers le piluz de Tritonie lefquels ferafans le des 4 cf qu'el- 
ant de la tefte portoien: la cheuelure longue par le dérricre,& au coh lena/Enifé. : 
rire les Aufes portene leurs cheueux fur le deuât toutainfiqu'on paint prét le Pi 
Occaion.Les filles de ce peuple:dreffoiéttous les: ans va cübat leiour 7r#fon Pay" 
c la fefte de Minerue;en l'honneur deceHe-Décoffe fe:cübataris à coups: Piufà en fs" 
ke pierres fort defpiteufement,& :crucllement &rfénttefräpansüe gros Bœofig; Pop 
aftons, fe vätans d'obferuér la:couftume ordonnée parcelle Décfe que rele.b.r. He: 
ous apellons Minerue.Or celles qui eftoicnt mortesen ce conflit ,por- rode.4.7/êne" 
vient Je nor defauces vierges & corrompues,mais cecyicefaitautrque #5. 4. 68" 
Drtit dela bataille: &:celle qui feftoit maintenue:le plus brufquement, bar de filles es 
oittoufiours hoñorée par les autrespucelles,quil'ayansarméedetou l'honneu de 
s picces, & furtout d’vne bourgüignotte fuce dla Gorinthienhe;saugc Minerte, 1 
e crefte telle que celle de noz:morions, & la faifènsmontér fur:vn:éha 
ot branflant, l’alloient en ce triomphe pourmenerlejongdu fée & :pa- Gréde beffife 
z Tritoniens Ce peuple mefmeficointait confufiment des f:mmes. des fée 
pn qu'ils ifé tinifent enfemble cn quelque honcftefocieté,cinstoutainfi rrronremr à 
Dij 


| "Latmttles. : LIMRE PREMIER 
nef de greïle que tes boftes en'vfèneLes/fils qui.en naiffent dés qu'ils ft paruenuz en. 
ras depux aagekes hémescflät affemblez:il choilift celuy;aueo lequel il veut. cftre 
Mari &ridemeurenlequel cfhaitreputé pour fon perc;carles trois moys ils faf 
we cowrät hf fembloient pour ceft affaire, | 


4 


sg#'4l:0tein, Les Atlantiens font ceux qui habitoientlelong du mont Atlas ,-et fu | 


-Oceidétal vor ent Anonimes,c'eft à dire fans quepas va d'eux:eut vn nom qui luy 


PopiMele li. fi propre: Ceux. ey: deteftoient le Soleil fur le plus chault du iour,et | 
2e Fthantiés |uy défoient toutesiesiniures defquellesils fe pouuoient aduifer , à cau 


nemargeU et feque-par fon ardeun, illesaffligeoitiet rendoit-leurs terres infertiles, 


“Char, Gr ne Lisne mangeoyent d'aucune forte de. chair de befte quelconque ct } 


. Logcorentions etaient fans jamais fonger chofe qu'élle que ce peuteitre.L.esNomades. 


d'ou-preredét ou pañteurs fauoifinans d'Egypte, viuoient de chair et de lait :fans tou | 
les forges, va tesfois rien toucher qui procedafk de la vache;d'autant quen les Egy | 
Pline dernkr briésaulli souchoyétiamaisrien du pourceau,et ne fe nourriffoiét point | 
cu 10:44 Ge vachesiet les mmesCirenaïques euffent fait confeience.de les feule | 


bert Li,2.dn./0 


ons. Bhterré—. s'acaouftrent fort ftrangementleur perruque, portans la partie gauche 
ment désNafà rafe & la dextre cheuelue;& fospeignans la face de vermillon; fo vantät 
mones quel. : d'eftre defcédus des Troïens.Les femmerdes Zabiques. qui. font leurs 
MAS 404 voifins feruent de chartieres-à Icurs marysallans en guerre. Entre les 

- fret dfrdfe santz(où les:auettes font vne grâd quétitéde miel,maisontiét que:le 
menf: Le fem frômes enfophiftiquent beaucoup-plus que les mouches n’en font tous 
mes QMbAES (e vermillomnent Jaiface ; .& mangent dés Singes, defquels-le paï 
chartieres.. |" 1bonde-és montaignes voilines. Fous ces peuples fonten Libye, viuät? 
Peuples viusts coutainfi querles befteside ce qu'ilz récôtrét, fans teniraucune prouific 
de chair de: enieurs maifôs,8cne feveltent que de quelques peaux. dé beftes :&e, fur 
Singes..." tout dé Chieures qui fontlà enabôdäce. Les plus puiflés entr’eux.n'ont 
Mœurs des. aucune cité,fculemét des tours,& petitz forts baftis le 168 dés elkägsset 
Liens... fiuieressobils féréoyent ce qui teureftoit neceffaire pour Ja vie. Lz fot 


{ra 


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s ,-et-fu | 


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u iout' ,Ct. 
er, à cau à 


fertiles. 


onque ct } 
Nomades.| 
.:fans tou | 
y les Egy! 
oiét point | 
eles feule | 
d'vne va-! 


es feftes à 
Barce qui 


sement les 
ans , AUCC 
du cerucau 
fe vâtoiét 
tilsen vfét 

mier.offre 


de la Lune. 
Grecs, fauf 
dvn hom 
nde l'ame 
e ny. frais, 
»s&c lefquel 
Africaio, 
tie gauche 
M, fo: vantit 
font. leurs 
Entre les Zi 
ét que le 
font)tous 
uels-}e pal 
yes vin 
e prouifi 
tes 8e: fut 
j'eux non 
s efkags:c 
vie, La 10! 


| D'EL'ARFRIQUE.- 23 Trroglodires 
bre ferments tous les ans au peuple qui leur ef füuielt d'obeïr aux com. 46/2 € 
ndemens deleur Prince, & d'aymer leurs compaignons & voylins dits peur ba’ 
ans les armes felon leurs mœurs & l'vfage du païs:Car cômeainfi foit:biter dans les 
M'ils foyét de legere taille, & habitent vn pays tout prefque en ne Grotrefques 
2 vont'enguerre,fans efpée,ny couteau ou arme quelconque; faufquel @* casernes 
es Arfegayes, &. de gros cailloux choifis à leur fantufie-qu'ils portent Sols ch. 34. 
des als faits de cuir, & auec cecy ilz combatent,affaillans , & fe re- Merodete 4, 
ans du conflict, & tafchans de frapper leur ennemy n’attendoyent ia- d'ourout cecy 
is qu'on leur donnaft deffus,accouftumez dés leur enfance à la courfe 4effé prie: 
ur fe fauuer à la füitee:& n'vfent de foy,ou loyaulté quelconque à l'en Ces Troglod. 
oit des effrangers. habitent dés 
es Troglodites( que les Grecz à caufe qu'ilz vinent des chairs-de le /éin Æra- 
r beftail appellent Pafteurs ) font en Ethiopie affemblez en des Ci- bique. roy 
;& quicréent & eflifent des Koys,& fcigneurs fur-leurpaïs, Leurs Preb.h. 4e, 
mes fôt communes à chacun d'eux;fauf quele Roy enavne: quiluy, 8.7 able 4: 
toute particuliere: que fi quelqu'Vnacointe la femme du PRrince,le.bô Et fèntEthie. 
mme ne fe venge finon d'vneamende de quelque nombre: de Brebis piens. Panure 


Al luy faic payer pour auoir planté les cornes à ce-beau Roy fans force wedes «Te 
marine ne | 


rant les ventz Ethefies,à caufe qu'il pleut fort en ce païs,ilz ne vir:ent glod'uenrz: 
e de fang.& lait meflez-enfemble,& qu'Iz font vn peu cuire auant que Æthefes vien 
vier. Durant les grandz chaleurs leur manquät pafture pourleurstro- nenridw:1e+ 
auxilz fe retirée vers les marefts & paluz,&.n'ôt gueres guerre enfem wrr:è9: fonfa 
e,que pour ladiffention aduenue pour ces pufturages. Hz tuoyentiles fêns rw la: 
ftes caflécs de vicilleffe,ou maladie: & ne viuoyentguere d'autre vian ans 40:renrd: 


b.& mettoyent le nom leurs enfans, non celuy.deleurs:peres &.ma- apres ls Ca=t 
entlatelteE 


5,ains de gicune des beftes de leur troupeau,lefquelles ilz ape!loyét micwletrey:\ 


bperes,&.meres,à caufe que c'eftoir d'elle & nonde leurs paréts qu'ils svra/il.3 Pl 


noyent,et fubftance ernourriture.Les fimples & groffiers ;, &-ke petit ne,37.6b.5. 
uple vfoit pour breuuage de la liqueur d'vn arbre nommé Paliure ,& Gelle li.2.«h 


5 plüs riches &:puiffans,tyroient leius de certaines Aeurs;ayät & gouft 18:P4lhreefh: 


couleur femblableau Mouft-le plus mcefchant & mal fauoureux,qu'on ez- herbe:cr 
e denoz-raifins. Et pour-autant que la multitude de leursharaz &tro. arbre. lequel: 
aux el fort grande & de beftes diuerfes,ilz font contraint£ de fouuét /rronue - fêrs: 
anger de placc;allans tout nudz,fau£les parties honteufes qu'ilz cou- lemété 4/5" 
ent de peaux de leurs brebis: \ qe Pry Die 


Bs Troglodites {ont circoncis toutainfi que lés Egypriés,fauf ceux qui /£orrdidi.r.c. 
pt boiteux,lefquets feuls1e tenans en laregion des Hefternes,nevoyét 123: Thes-- 


fétéviamais le raloir fur leur:corps pour yraire,ou couper chofe. quel phref.l.3.es. 
que.LesTroglodites apellez Megauares,portent pour'armesvnefcu +7. 7 liure: 
bouclier de cuir.de BœufFtout crud;& fans eftretannény acouftré & 4:rh 45. 
ten rond comme noz rondelles, &.vne groffe maflue ferrée; d'autres De gnellés ar 
t desarts,et lances pour combattre. Ils ne tiennentaucun compte de mesw/enr les. 
fepulture,ains fé moquant d'icelle, dés que quelcund'eux cft mort ils 7reglüditess 
énent le corps,et lians latefteaux cuiffes auec:des fions,et hards de Pa Cruclle façon. 
rc,ils le pofüient fur vn lieu eminent,le chargeoïét en riant-de pierres d'enterrer les: 
‘ayant couuert d'vn grand monceau dé cailloux;fenretournoient (ès morts, 
ddl “ae dut: D. i oo ù 


l .… pourgwy/efai Leurs.combas cômençéient à grands coups de pierre iufqu'à tant qu'il} 


| LIVRE PREMIER Ai] 

HS monftrer vnfeul brin de trifteffe pour la perte deleur amy. Ils bataillene} 
Batailles des enfemblenon pourleurs finages,où iniuresowcfmeuz de courroux,ou| 
Traglodites … ambition,feulement pour les paftis & herbages à nourrir leurs troupecux 


k LA 

ugrre c 
rede 
pnt vOI 


| Lis, 
Jüët @- come y en auoit de blecez:& lorsils prenoient leurs arcs defquels ils eitoienbres f 
prengent fn merueilleufement bons maiftres facharnans fi bien qu? plufieurs y de. ouific 

mouroient pour les-gaiges. Mais en fin les plus vieilles d'entre leurs fem-} rbes < 
; mé fe prefentans,& fans aucune crainte, fe mettant entre les deux par -metta 
CruautéBar- ties faifoient ceffer le combat (‘car c'eftoit grid forfairure que-d'en offen-{Bes,ou 
bare fär les + cer quelcune Jauquel pour l'amour & reueréce de ces dames ils mettoié Drps m 
vieillardz. fin foudainement. Ils eftoient fi charitables enuers lesvicillards qui nes 2rbre 
maladifs.  pouuoientplus fuyure les troupeaux, &-haras vagäs de lieu en autre, quel Curie! 
franges re- ]es cftranglans auec vne quêue de Bœuf,les faifoient miferablement mouh foible 
ceptes pour les rir Leur eftoit permis de faire mourir vn qui lâguiffoit en maladie, encoril, ce qu 
malades : = qu'il refufaft de finir, & penfoient luy faire vne grand faueur, & auanta-lur qu 


ge, vfans de pareille courtoifie aux febricitans & à ceux qui eftoient af-f liure < 

à faillis de quelque maladie incurable:ayans opinion que celuy eft le plupcu ch 

Liur. 4.à °# malheureux d’entreles‘ hommes, qui ne-pouuiit rien prouffiter en viuant Fu 
ans 


d'anteurépri defire toutesfois de viureen ce monde. Heroclote efcrit que les Trogloll 
font cesysn' ff dites fônt des Grottefques pour y habiter fans auoir aucun defir d’accu- 
parléus feul mulerricheffes, veu qu'ils fe font dediez,& confacrez à vne pauureté vo. 
mor deces | Jontairesfeglorifians en ec feulement qu'ils iouïffent d’une pierre exquikk 
cruatteT Blé fe que ous apellons Exachomalite:& qu'ils viuent de chair de Lefard 
perkdde & Serpés:que leur parotte eft fi confufe,que plutoft on ivgeroit qu'ils fiff 
leurs manger flaffent ou: inçaffent les-dents,;que non qu’ils imitaffent aucunement l 
des erpewe@” voix humaine, Il y a encorvne autre nstion.Ethiopiéne-:par deffus l'Egy 
Jar ve cofufe. ptele long du Nil vers les parties Auftrales,ou les hommes, nommez Ki 
RÉXophages zophages(qui fignifie mange-racines ) neviuent que des racines des ro: 
babitént per- feaux atrachées des lieux voifins,qu'ils lauent & battét tant auec des pier 
delaF'fle de res iufqu’à ce qu'ils les amoliffent,& defquellesils font dés gateaux con 
Meroëspres le me ynetuile autant qu’on en peut tenir en la main, & les mangent ,cftans 
flensse Afspe cuits au Soleil, De ceftewiande ils en iouïffent en paix,& en onten abon 
Fiz DidS$- dance tout le long de leur vie, à.caufe qu'ilsn'ônt gucrre auec pas vn de 
6h021.des anté Jeurs voilins:fi eft ce qu'ilz ont guerre côtinuelle aec les Iyons,quii pour 
gites, 46,3 fe rafrefchir aux ombres, fortent des defertz,& auf pourfaiuét les moin 
 :,# dres beftes pour fe repaifiré:qui eft cauf£ que fouuent les pautres Ethio 
Ethropiens af piens, fe tenans aux'Paluz en payët la folle enchere & font defchirez dé 
fallis des qu'ilz fortent de leurs marefts par ces beftes firouches, & cruelles , tant} 
#yons ff = pour n’eftre des plus courageux que l'onfäche, & n'ayans armes pour 
o JF deDiod. breualoir detelle violence.Et il'y a long temps queccfte nation euft cité 
Sicills,4.63 ruinée par les Lyons, fi nature n’euft pourueu de fon bongré en leur def 
‘1 fonce,& conferuation D'autant que fur lecommencernent que la Cani:| 
Frelns ©” culc efpand fes ardeurs,il naift vne fi grande & innombrable multitude 
Tars;eh 41€ de frelons en ce païs là, fans qu'aucun vent y regne pour ycaufér, en ation tro 
tens hf. rantles vapeurs de ccfte corruüptiô,que les hommes fe retiräs dans les pal cbefte 
‘ luzn'en fonc point vexezny tourmentez, mais les Lÿons'en fenteit telle fubrilsç 


noz 1" 
rs ferr 
s: quo 
leurs 
res va 
lle,ent 
Bit voir 
bité pa 
font le 
arils or 
al-plaif: 
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ux:& c 
s,les Pa 
leur a 
x fonta 
aduz qi 
ns {ort 
ns aigu 
partag, 


ulent, 4 


| DE L'AFRIQUE. 16 ne ls ons 
k bataillentk Rusrre qu'ilz font contraintz de fen aller, tant pour fe fafcher dela mor dupays des 
roux ouMre de ces beftioles, qu'efpouuentez de leur fon & murmure. A.ceux cy RTephuges. 
troupecux pat voifins les Hilophages, & Spermatophages( c’eft à dire rôge-boys, 
‘à tant qu'il man e-femences).les derniers defquels recueilläs les fruitz cheans des 
ils eftoienbres l'en nourriffent fans fe pener autrement pour auoir e{gard leur 
ieurs y de-l ouifion,contents lerefte du temps de fubftéter leur-pokrone vie des 
sJeurs fem-Merbes qui naiffent par la câpaigne marefcageufe . Là où les Hilophages Mifrable vie 
deux pari mettans en campaigne auec-leurs femmes, &:enfans montét fur des ar- des Sparmate 
d'en offen-Mipes,ou coupans le téndron & bous des branches, ils en nourriffent leurs phages,e- 
ilsmerioie bips miferables: & font fiadextres(à caufe du long vfage de grimper fur Æilophages, 
M arbres)qu'ils faultent d'un en autre,comme fi c’eftoiét des oyfeaux, 8 
curieux, &.fe coulent le long'des branches & rameaux, les plustédres Diodore fusnt. 
foiblets fans danger de leur perfonnes, tant ils font maigres &legers, :cy des corps 
,çe qui femgble chofe incroyable, ils font fi fubtils que file pied leur glif gériess és ho. 
fur quelque rainffeau, foudain les-mains faccrochans à la branche les mes, | 
liure de l'infortune dé la cheute,& quoy qu'ils tombent, encor fontils 
seu chargez de chair& graiffe, que la legereté du corps empeche qu'ils 
reçoiuent aucune offence:& ainli ils rafafient leur ventre affamé l'eme 
fans destédrons des arbres ainfi-que font les Cheureulz,& Chamoys. 
noz montaignes. Ces gentils oifeaux vont toufiours tous nuds, & ont 
auureté vos femmes, &-enfans communs , auffi leurs richelfes ne fonttrop gran- 
ierrc exquis: qu0y qu'on die qu'ils bataillét à beaux coups de baftô pour les lieux a 
de Lefrd ii leurs demeures,efquelles les vaincueurs donnent loy,& comntandent Péple 2 
les vaincuz.Mais il en meurt plus de faim;que de côups receuz à la ba. (re 


oit qu'ils {if À nus ee faimelant 
à ke LBlle-entät que leur defäillant la veuê;ils font priuer du fens qui leur fai- De 


irds qui nt! 
nautre,que 
ement mou} 
ladie, encor! 
, & auanta- 
eftoient af 
y eft le plus 
er en Yiuant 
les Troglo 
ofir d’accu- 


leffus l'Egye! voirle fouftien de leur vie, &ainfi ils periffent.Le refte de ce païs eft 


bité par les Cineques , lefquelsbien que foiét en moindre nombre que £*- 
is Ne # fontles fus pose fi eft- ce que leur vie eft fort differéte enferble. A He CL 
ecdes pie" ils ont leur demeure aux boys, & leur païs eftant foreftier,fafcheux,. MS cu 
ateaux conl-plaifant, & raboteux, & où l'eau eft rare &e Les fontaines difficiles à y. dr je de 
gent,eftans Rretrouuées;ils font forcez de prédre leur repos fur les arbres, de peur - us 
een abonif ruir de pafture aux beftesqui repairent par telles folitudes .&-fur le: CE 7. q. 
pas! vn dit du iour, alläs vers les eaux pour raffalier leur foif,quoy qu'ils foiét ie 12 ie 
qui pour z,fi fe cachent ils parmy les fcillardz les plus efpais de ce païs bofca- D e ob 4 Fa 
Lér les moiux:& ce çachät que fur le chault plusardant du iourles Bœufs fauua- nb PAS 
Lure ÉthioMs les Pardes, Lyons, & autres beftes farouches tourmentées rant dela" e. * 
fchirez galeurardente du Soleil,que vaincuz d'vne ragc impaciente de foifirôt M" 
uelles , tan fontaines pour l'y rafrefchir,& rafläfier leur alteration .Ces animaux 
mes pour SR duz qu'ils font pefans & lourds pour l'efbre chargez d’eau, ces Ethio- 
on éuft Hs fortans de leur embufche leur courent fus auec des perches & ba- 
en leur defiPns aiguifez & bruflez par vn bout, & les tuent de pierres, & faiettes, & 
6 la Can partageans enfemble,, & donnant à chacune bande fa portion, ils fen 
multirudi lent, &-prenét gaillarde-eurée, I aduiét quelquetois, quoy que tard, 
fer, en ati non trop fouuét,que quelquesvns d entre eux {ont defchirez par quel 


» 
ee 


S.les mettans 
vers les m5t4 

gnes d'AYa 
nie. 

chuffe fabtile 
des Gymnites 
far les beffes 


ic.befte plus forte & puiffante qu'ils ne font , mais ils font fi cauteleux / 


ans les pa fsronches. 


ntent ecle ubtils en lcurs-chalfes, & embufches que les plus braues, & furieux de 


M. LIVRE PREMIER eut 
æes animaux demeurentvaincus & deffaiéts. A ÿyans faute de chair 112 Pa 
-dentpour viure des peaux des beftesauparauät a rie detre 
-pent eten oftent le poil les: chauffent ;iet culfent au feu me 
«Come leiGym Les departiffans-enfemble ; fen faoulentauec bon apetit, &-gouliiemen 


nites adexe Er pour rendre leurs enfans adextres àbiétirer de l'arc, ilz leur dreffen 
_ trèt leurses- ynebute, ctceux-là feulz-ont smangerlefquels auronttouché le bläc,a 
fas atirerde c'eft pourquoy la faim les preffant , ilz deuiennient fibons;8c parfaitz a s 
l'arc. -chers. On y trouuée encor les Acridophages, ce font tesmäge-fauterell el 
Mange faute- oi Locufles,voilins du defert Libyé outre la regiô Cinnamifere, ou p or 
relles peuple te.canelle,les plus petitz d'être les Ethiopiés,noirs-outremefure,et ma 


fort malgre .gres comme l’efcorce d’un arbre. Durant la faifon du Printemps n 
*@- noir demie. ture pouruoyant à leur faim, et deffault;fait fouffler les vens Zephir qu 
farément, nousappellons vents.d'abas, & le Libyque,qui eft Auftral, qui leuram 


Zephir parti. nent grand quätité de fauterelles,defquelles ilz dfeffent leugatfamée cu 
“cipe Gr du Po fine, et quine pouuans rié trouuer au defert viennent feruir de pafture} 


nat Go du mi ces Negres miferables .Et font ces Locuftes trefgrandes,et la couleur à 
dy, © cf leurs aifles fort vilaine,et reffentant ne fçay quoy de faleté,et ordure. 0 
pourgusy il comme cefte vermine pouffée du vent vient comme vn nuage obfcur 
eff art rep @* fant les vallons où fetiennent ces Ethiopiens, eux qui font acouftumer 
produifant. tel exercice, portentgrand quantité de matiere côbuftible, et tout l'ha 
“ÆnEthiopié beau parauant coupée amoncellant le tout enfemble, et y mettans lef : 
-céffe bruine … le long d'vne grande valée. Qui caufe que les Locuftes vaincus de la fo 
gaffe ordinas- ce et vcheméce de la fumée y {ont pouffées de l’Air en terre, en quels 
<remët tous les lieu vn peu plus loing de ce vallôs, entombant fi grand nombre, qu'ell 
ans quelque ‘Tuffifent à nourrir tout. ce peuple. Lequel les falät (car ce païs abôde f 


promince,ny en {el )en font referue,et leur fert-cefte viande d'vne faulce-exquifc 


Hailfant rien leurs affamez apctis,n'ayans autre nourriture que de ces beftioles engri 
-qui foit Jür fées des bleds-mägez et rongez par le refte du païs Etiopié . Car ce pe 
sterre.Pey … ‘blene fat nourriture aucune de beftail,et-ne:mange aucun poiffon,elta 
:d'Aluarés fort cflongné de la mer,età bricf parler;n'ayant autre moien pour füubl 
en fon Ethip. ter la vie miferable. Ainfi ne faut f'efbahir fils font legers et difpoz de | 
Viefort cour- perfonne, et fils courent bien, etviuent bricfuement ,veu que les pl 
tedes Æeri - vieux qu'on y voye ne paffent iamais l'an quaranticfme deleuraage. 
doÿhages can. Quand à leur mort, & fin ell'eft autant miferablecôme incroyable, qui 
Je par lacor. qu'elle ayt quelque verifimiltude:car ce peuple paruenu en ja vicilieff 
rupti0 de leur foudaine;fent engendrer premieremét en fon ventre, puis en l'eftomad 
nourriture. puis par tout le corps, des poux éflez,non feulement diuers en figure 
Zeuples mou- couleurs, ains encore horriblesà:voir, & fales & vilains, qui en peu 
rés.de Pths. temps les rongent,&-confument auecvne eftrange; & cffroiable doule 
rtafècr ma Le commencement de cefte maladie les empoigne auec vn grand den 
ladie pedicu- gement tel que deceux qui ont la gratelle, qui caufe qu'en fe gratant 
baire. ont grand plaifir fuiuy d'vne foudaine douleur et repénrance : âpres 
«gratter on voit fortir les poux à efcadrons, qui coulans auec ve eau fi 
glante fortans dece demägement, contraignét le patient miferable va 
Æu d'aingoiffe et preffé du mal , à defchirer fon corps à belles ongles 
fans fe. plaindre , et gemir fort grieuement, Apres'ebcy:les poux en 


eu !cgerement:et{f 


fi foit © 
que,bie: 
cd'efté 
ateur, 6 
C, foit 
ur, eq: 
niccteu 
abillem 


Sadilcre 


f6 de p 
duit,ne | 
cs & ma 


| DELAFRIQUE. ti 
ormillisentelle forte, quecomme fi c’eftoiét des versde quelque boys 
ermoufu,ilsne peuuenteftre oftez;ny cffacez,renaiffans foudain les vns 
res les autres: & en cefte façon ces pauures-gens donnent fin à leur vie, 
foit pour la nourriture prife tout letemps de leur aage,ou à caufe de l'in- 
difpofition de l'air corrompu deleurProuince. Sur l'extremité d’Afri- 
mue vers les parties Auftrales , habitent des hommes que les Grecs nom- Cyynemimes 
ment Cynnamimes, & les Barbares les appellent fauuages,portans la bar peuple Chien. 
e fort longue & toufue, & nourriffans des troupeaux de Chiens fauua- serjer, Tropis 
e, ou poil ? qui leur feruent de garant & fauuagarde . D'autantque dés le Tropi- que d'efté eft 
Le.et mue de Cancer,qui eftle commencemét du retrograde du Soleil en elté Je Cancer,cë- 
temps ‘ moys de Juing ; iufqu'à moitié d'hyuer il vient vne multitudeinfinie me capricor- 
ephir qe Bœufs Indiés fe ruer en la terre de ce peuple, foit que ces beftes fuyét ne ef de l'hy- 
| Jeur am © 28° d’autres qui les pourfuyuët > Ou pourärouuer dequoy fe nourrir, ser, 
amée cpu Pour autre occafion , à. ce pouffez de la feule nature qui produittout 8æyf7 Indiës 
lepañture ui eftça bas de merucilleux, fi eft-ce que la caufe en eft encor inco- 4 troupeaux 
couleur d euë & incertaine aux hommes. affaillent les 
ordure. Orleshommes ne pouuans fe preualoir deces beftes furieufes deleur Cynnamimes. 
sobfeurc opre force,ilz ont recours à la gaillardife de leurs Chiés, auec lefquelz Ptolomée lin. 
ouftumc:M pourfuiuent ces Beufs, & enfont fouuent de beaux maflacres , partie 4.6.8. Table 
ttoutl’ha {quelzilzmangent tous fraiz pris, & falent lésautres pour leur proui- quarriefme 
ettans 1e {RC n, & encor auéc cesChiens,ilz prennent grand quantité d'autre fauua d'_#frique, 
| dela fon qui me fait péfer que ce font les chaffeursOripées defcritzparPto- | Ænciensn’ot 
ju quel mée.Les derniers de ceux qui habitent les parties meridionales d'Afri- ey cognoiflie 
LEuè well e font les Ichthiophages, (c eft à diremäâge poiffon)lelquels ayäs for- plus auat du 
k Lau °c humaine; viuent neantmoins auffi brutalement que lesbeftes , & eit café d Afri- 
s a (el en païs,pres la riue de la mer en la region des Troglodites,au fein Ara- que, que du 
k rer n que [voila comme lesanciensignoroyentlesterres,veu que Diodore poulphe Ars 
is “ Qi cilien de qui ceftauteura tout emprunté,n’a eu tognoiffance jufqu'eu Vigne. 
is MA | romontoire Prafien, qui eft le dernier bout & limite cogneu par Ptolo- premontoire 
our bi du on fçait à prefent eftre nommé le Royaume de Melinde ,& par prafien,a pre- 
Ê at de là lequel-encor y aterres & Prouinces infinies, iufqu'au Cap de bonne fus Royaume 
: P Les 1! perance,le tout defcouucrt parles Pilotes denoftre sage. En outre ne de melinde. 
4 re ux omettre que icy onmet les Ichthiophages en Jaregion des Troglo- o4 font au 
able, qui tes , vers lefein & goulphe d'Arabie, qui cft païs Oriental y COMME wray les Ich - 
Py à ile An loit que Ptolomée les mette non en Ethiopie, ains en Egypte Ara- thiophages 
al que,bien loing de l'Ethiopic;tirans vers noftre Pole , & deçale Tropi- y Prolomee 
nes cd'efté, comme ainfi foit que les Troglodites foyent tirans vers l'E- r4blea.L1.4e 
quien peu ateur, & l'approchans, comme ceux qui font par delà noftrg Tropi- ch.9. 
ble douleiR °’ foit cecy dit en paflant , & pour le plailir & contentement du le- 1} y 4 d'autres 
pren re 2 lequel ie veux que on apaîte d'autre viande que baïes , ou fimples zchrhiophages 
fe gratant nicéteuses ] Orces Ichthiophages vont tous nudz fans jamais vfer 0] Strabon 
nce: aprés abitlemeët quelconque, ayas à l'imitation des beftes,& femmes, & fil- Lin, 15.616. 
và ceau(iR difcretion, &cen cômunauté, Côme ceux qui n'ont ny fens ny appr'e- Gréde ignor4- 
erable vi f6 de plaitir,ny douleur fin6 ainfi,que le fimpleinftinét de nature les ce des Zcthio- 
http duit,ne fçachäs mettre differéce entre ce qui cithonefte & les chofes phiges. 
ét es & mal feätes. Leurs logettes & maifôs fôt bafticsaflez pres de la mer 
poux fort Ê 
f 


112 Pa 
detre 
entiet{s 
fiemen 
dreflent 
le bläc,« 
rfaitz an 
uterellel 


‘à LIVRE PREMIER: 
Quelle fl &ioignant les promontoires, où non fenlement on‘ voit de grädes fpcl6- 
paféherie des ques;ains encor des valées longues, & fpacieufes,& des Grottcfquésfort: 
Ychthiopha-  cftroittes ayans l'iffue naturellement tortueufe &trefdifficile,lefquelles 

D voyes & mailonsles habitansfecourus-de la nature ferment & en diffi- 
eultent l'entrée aucc dés monccauxdepierres, aucc lefquelles comme fi. 
ceftoyent des rhctzils arreftent le poiffon & le furprennét : Car la Mer 
croiffant(ain{iquele fluz y aduiét tous les iours le matin & fur le vefpre) 
elle arroufe. les bordz voitins, & fefpendant bien loing clleamtincauec: 
foy vne infinité de poiffé enterre ferme,lefquelsgliffmsen dihersiieux, 
pour trouuer pafture, lors que au refluz la mer fe retire; il aduient quelcs 
poiflons font laiffez à fecentre les pierres: & c’eft là que ce peuple ac-. 
court auce les femmes & petitz enfans, pour recueillir leur prife, queï!z 


méc 


fcrar 
Jeme 
oges 
gent 
deroit 
& pu 
Cieufe 


Jef 
it qi 
ucun 


eftandent au Soleil {ur des pierres à l'afpeét plus ardent dumidy,lestour: pee 
nent fouuét:& fecz qu'ilz- font , ilz defpouillent lesoz , &tirent la chair, ver 
qu'ilz peftriffentdans vne groffe pierre creufe comme vn-mortier, & y RS Î 
meflans dela femence, & fruiét de l'arbre nommé Paliure, ilz compofent ue 
vne viande qui leur femble treffouefue, douce, & fort apetiflantc:car les DR ue 
poiffonsain{ meflez de diuerfes fortes, ils fontde cette pañte des fouaces ; Hé 
& pains longs comme vn tuileau, & les ayants faitfecher encor quelque ms \ 
peu au Soleil,ilz Faffeent poux bâqueter, & fen repaiffentauec gräd plai-R nee 
fir & contentement, & ce ffen fsoulans & empliffans leur ventre, fans: te- h di 
nir ordre ny melure à leur repas,ayanttouliours cefte viandeprefte, cl, fa £ 
me en vn garde-mangerqui oncneleur manque, cftantla mer leur gre- thés 
mer, & leur feruant de boucherie auec grand abondäce, Mais lors que a td 


mer fenfle efmeue desventz & ornges, & que les haures & orées foat in 


Drécefe mel. 2 À han x c,pou 

iso ES f ondées des vagues furieufes & efcumantes de F'Ocean,fi que le pefcher hd del 
é M: sé 1. . 1: ÿ , - ! À : RM , ’ = . 4 : N) d 

Lebits part leur foit interdit;leur eftät alors leur pafture faillie d'vne part,ilz fepourk, }, fa 


Linie VON d'vncautre,ramaffans des coquilles.et grandes conches de la mer, 
S° 


durer: dciquelles caflantla durté, et teft ils en tirent la chair crüe, de laqueileil 
# Brek: jui 


rans rien 
iffons à 


ONF ul de fe nourriflent,ayäs ces poiffons cfcaillez; le gouft toatfemblable prefqus Ray qu 
: ‘J LT 3e , La : À e lhnre « ï 

- n Ç : anpcC Le as L7i Ù 1 » 
st iux huiltres que nous mangtrons p rdeça Quel] ar l'effort ct violenc nt fortu 


des ventz contraires, la tempefte dure I6guerment,ct que ces huiftres leu 
defaillentaufirbien que le poiffon,c’eft aux areftes et offemétz des poif: 
fons ia mangez delquelz ilzfont ordinaire prouifion, que ilz Pattaquent 
manseds ceux qui font les plus tendres, & frais,ct les autres ilz caffent a 
uec des picrres neftansen diferction deguere diffemblablesaux.bcfa 
brutes. Or fetraittent-ilz /commeï’ay ditioyeufement-et d’un chant il 
fez mal-plaifänt, eë qui relfent la melodie, etdoulce harmonie de ces ch 
Les Bi 95- tres brutalifez:ilz Pofiouiffent,et congratulent pour la bonne chere qu’ 
lies: SE ont fait enfemble:ct puis chacun Fe ruc für la femmequiluy vient la pt 
PAGE Par miere en main,afin d'é tirer lignée,fäns foing aucun qui leur troubleleu 

/ CPE GE agÿfes tant qu'ilz le voyent deuant ks yeux dequoy faïcir leur ventreictil 
deux iours ent l'efpice de quatre iours fe donnans aiali du bon temps, à manger 
Jens boire 7 caxeller leurs dames, etle cinquicfme l'en vont à troupeaux vers Les 10 
OUR AANE paires pour alleger leur (if, cxians & brayans pléins de ioye et vli 
JTE j'rne voix autant mal-plaifente comme peusifée à entendre & mal fa 


CEPe É 
& 


des chof 
yentà ei 
€ fi qu e 
ilsne ds 
des outra! 
smonftr 
ICorde; + 
ins que 
taire , 
IX auec : 
x Cbrangd 
Ccefoit 
quelane 
erfonne, nl 
lophages, 


DE LAFRIQYE. 18 


pelé= te, en eftant le fon fans aucn artifice: Ce voyage n'eft es guefe"dif- 

fort M ant de celuy d'vn haras & grandtfoupeau de Bœufz, f'empliffans tel- 

uclles Dent le ventre d'eau que’ à peine fen peuuent ilz retourrier a leurs 

 diff-. oges pres la marine : & le iour que ilz fe font ainfi abreuuezilz ne man- 

pme fi D ct rien, ains fe couchentaufli hors d'eux-mefme, &tantaneantis que 

a Mer oitvn homme qui auroit le cerueau fort troublé de vin & de viandes: 

efpre) uis l'endemgin ilz retournént à leur exercice de pefcherie,& vie deli 727 chan 
veaucc D à cufe de-leur pafte depoiffon:& paflansainfi leur temps, contentz de Æ%#frican 
lieux » lle frugalité & fimplicité,aufli ne font ilz prefque iamais malades, ia- en [a deféri- 
que les it que 11 ne viuent guere longuement, Leurcomplexion cftant fans f tr0 d'Afri- 
ple ac- D cunc mauuaife humeur ,& eux fans apprehenfion de malice fe con- 74e. 

, que it2 tent de peu,& n'ont autre foing que:de chaffer la faim, fans fouhaitter 


es tout- 


Staifir d'ailleurs queceluy que ilz peuuent prendrechez eux, &'en leur 
{a chair, 


ccouftumée maniere de viure. { Ettelle eft la vie de ceux qui habitent 


ier, & Ÿ ans legoulphe d'Arabie,lefquels à prefent font vnpeu plus fins & ru- 
mpufent z,& j'adonnent, finon à viure plus delicatement:, à tout le moins à co- PET. 
tescar les DD oiftre que vault la marchandife,l'ayans apris parles Chreftiens & Mo pre gs 
; fouaces D qui courent le long de celle cofte, & dans ce goulphe : auquel font a de 
quelque oifinez les.Royaumesd’A del & Barnagaz depuis le Cap de Gardafuni/”" 7 om 
âd plat- ui regarde l'Arabie heureufe,où la plus part des peuples font Mahome- “S au ape- 
ce, fans te os, quoy que fuietz au grand Empereur d'Ethiopie.] ei ya 
prefte, co Dr les façons de faire de ceux qui font hors le goulphe, & fein Arabique/*” pe e paf 
rjeur ge nc beaucoup plus merueilleufes,çcomme ceuxquiiamaisne boiuent, & fon d'ame, 


chofès impoÿsr- 


les, en quel. 


uinaturellement ne fentent oncaucunepaffion ,-ou efmotion en leur 
e,pour chofequi leur puiffe aduenir. Ce genre d'hommes fe tiennent de 
S 7 - Q # 

bing de laterre-habitée, & frequentée des autres , y eftans comme pouf- 7“ ce foit des 


lors que la 
Les fout 11 
Le pefcher 


12 fe pou de fortune, & là ilz f'adonnentäla pefcherie , ne fe foucians, ou de. 7/7744%: 
dela mors rien qui foit humide pour leurgouft , iaçoit que ilz mangent des 
liqueilc ions à demy crudz non poureftandreleur foif, ains conduiétz de 
Se prelqu ay quelic brutalité, &contenzdetel-viure & pafture que ilz trou- 
t violence: fortuitement ,ayans opinion que c'e vne grand felicité d’auoir fac. 
Riffres leu des chofes qui peuuent nuire à ceux qui én ont faulte, fi par cas ile ve- pour cecyel 
kz des PO yentà en auoirà fufhfance : Et l'ont fi patiens-& conftans que on dit 4 ue 
attaquent fi quelqu'vn les venoit aflaillir l'efpée au poing’, &rles frappoir j'a PiHets eat 
2 caffent OU ils ne dsignent{'enfuir, ains fouffrent courageufement ,‘&les coups, mes ty FA 
saux.bcA 5 outragés ne faifant -autre cas que-regarder-celuÿ: qui lesbfence fie 
chant; monftrer sucun figne,ny de douleur;courrouxscempallion, ou mi- ”° 7" J 
ce de ces Ch corde; 1Hz ne parlent poiné aucunement; ainfauec fignes tant dés 777 #4ff le 


chere qui DUX, 
vient la Pr 
‘oubleleu 
rentreiet 
à mange * 
vers les 10 
1e ct vh 


8 rnal fo 


ins que délatelte ilz font cognoifire: & demandent ce! dequoÿilz 
irataire , & que le plusilz defirent,; Ce peuple ayme.&: pourfuitt la 
ix auec vn grand accord & vnion viuantz enfemble ne fafans tort 
Keftrangers, feftans de toustemps mainteouz en celte forte, quoy 
ece{oit vn cas fort merucilfeux , foit que la couftume les yaytinduis 
que la neceflitéles y contraigne,n'ayans le moyen de porter nuifance 
erfonne.Leurs loges & maifonsnereflemblentpointà celles des Ich- 
jophsges,ains les vas fetiennent en des Grottés qui regardent le Septé 
Lij 


tomes 
D 6 ON, Lines PU 
Enr ce nn +. 
| D mr 5 ee. 4 
re EE a 
_— EE TS — 


<. 


De 
Eire 


LIVRÉ PREMIER 

trion Pole Artique ,efquelles &l'ombre,& lafraifcheur.de l’airles def: 
Diodore sici- fendét des ardeurs vehementes du Soleil:d’autät que les Spelonques qui: | 
Lien. Æntig. regardent lemidy, reffemblans pour leur ardeur aux exhalations d’vne 

‘hi.cha, 4.  fournaife, empefchent que on ne peut les aprocher pour y faire demeure. ! 

Strabon fé Ceux quine font point expofez à la face, & abry du vent Artique, fe font À 
moque de l'ops des maifons de coîte de Baleine qui font faites en voulte,que la mer leur PS 
non qu'ily  fournift abondamment,qu'ils lient & ioignent enfemble ,,& les couurent M 
at iamass. es des herbes marines,pour f'en feruir contre lesardeurs du Soleil. Nature 
‘deces ,Æma- trouuant d’elle-mefme l’art pour fe deffendre, y eftant induite par lane- à 
zones. roy fe ceflité & peril de fouffrir quelque grand malheur & defaftre :: & voila la 
Geogr.li,1t. vie des Ichthiophages d’Afrique.Refte à dire quelque cas des «amozones 40 
Des. Amaxo qu'on dit auoir le téps pafsé fait leur demeure enLibye;lefquelleseftoientl 
nes voy femmes hardies guerrieres, fortes, vaillâtes,& de grande puiffance, & dif} 
Per. Meleli. ferentes en vie & façonsaux dames de noftre aage.. D'autant que cellesi 
2.6 3. Celie cy pour garder leur virginitéauoyenten couftume de f'exercer par quel 
Rhodigin li. que efpace de temps au maniment des armes & pafle temps d’exercice:el-} 
9.chap.rz. les fe mefloyent auec les hommes-pour auoir lignée & entretenir en vil 

gueur leur race: C'eftoyentelles feules qui manioyentles affaires, & cô- 
Decelle débi- mandoyent, & gouuernoyent l’eftat de leurRoyaume& republique, & cell 

liration des pendant les hommes eftoyententre elles fans aucune autorité ,. faifans le 
mafles voy:  melnage en la maifon ainfi que font les femmes entre nous,obeiffans con 
Rhodigin lis me chambrieres,non receuz au gouuernement des Prouinces:, & moins 
14.chap.5. à fuiure l'exercice desarmes. Elles enceintes & deliurans leur fruit , le 
mafles eftoyent donnez aux hommes pour les nourrir, mais à fin qu'ili 
D'ou vient le fuffent inhabiles & fans effort pour la guerre, dés qu'ilz eftoyent nez od 
mot d'Æma- leur froiffoit le bras dextre,ou qui pis eftoit; les faifoyent mourir,ou er 
zone voy Si - UOyoientbien loing de leur terre. Aux filles on brufloit le bout des mame 
lius poete.ls.2: \essa fin qu'elles ne leurcruffent en groffeur;ayans opinion queles tetir 
© Celie Rho Leurs feruiffent d'empefchement àla guerre:qui a efté caufe que les Grec 
digin dit que les ont nommées Amazones , àcaufe-qu'elles eftoyent fans mamelles, 
les Gorgones Ceux qui dient qu’elles ont habité en Libye tiennent que elles fe tindr 
efayent ma ch l'Ifle d'Hefperie;ainfi apellée, à caufe qu’elle eft pofée vers le couchi 
ones, Je roy & qu’elleeft affife dans le paluz Tritonien voifin de l’Ocean., lequel p 
que cefle rfle luz s'apelleainli, à caufe d'vn fleuue de nom femblable qui s’efcoulce 
Tritonse est icduy. Cefte Ifle marefcageufe eft prochaine d'Ethiopie, & du mor 
auf$s icognene Atlas, qi eft le plus grand & fpacieux detoute l'Afrique. Cefte Ifle « 
comme la ve- trefgrande fertille en arbres de plufieurs fortes de fruits, defquelsle pe 
rité de l'hiflos ple {e nourrit, y ay ät de gräds troupeaux de Cheures & Brebis,le lait if 
re des Æma. quelles fert de pañture aux infulaires, qui n'ont aucun vfage de bled, co} 
Zones. me. ceux qui ne le congneurent ny veirentoncques, | 


I 
a 
‘L 


® DE L'AFRIQUE. 19 
Des pays mnrecitez, par ceft. auteur deférusant l'frique, chap.8. 


airles def- | 


onques qui % As : 
tions d’vne & (E penferois faire grand tort aux lecteurs,fi noftreau- 7° 4frique 
e demeure. | «teur n'ayant touché qu'vn fimple cartier de l'Afrique, prefque toute 
ques fe font à & iceluy le moins cogneu,& qui À caufe du peu de fre. defrouuerte de 
Ja mer leur 1 quentation des anciens;reflent plus dela fable que de noltre temps 
les couurent à la clarté, & graue feucrité de l’hiftoire, ie ne tafchois le 4 


AOC plus briefuement qu'il me fera poflible d’efplucher les Ps 
MAOONR plus renommez d'entre les peuples &natiôs d'Afrique 

qui font venues à noftre cognoiffance par l’art & diligence des Pilotes & Opinion des 
Mathematiciens de noftre aage à ce conduis & apointez par les Roys,qui scies qui ré 


leil. Nature à 
te parlane- 
4 & voila lab 
es AMOZONES À 


elleseftoient Mbnc rendue la mer nauigable du cofté mefme qui fémbloitimpoflible aux G,,;Equ4. 
fance, & dif- BBnciens, & ont fait voir combien ceux là fe trompoient, qui penfoient'que ;... cfrenhs 


nt que celles} 
ercer par quel} | 
d'exercice:el- 
retenir En Vie} 
ffaires, & co- "| 
nblique,ëc ce} 
rité ,. faifans le 
obeiffans cor] 
ces: , 8t MOI 
s leur fruit , 16 
aisàfin qu'il 
ftoyent nez of 
mourir, OU en 
am mamt 
n quelies tetin 
e die les Grec 
ns mamelles. 
selles fe tindré 
vers le couchif 
ean , lequel p 
qui s'efcoulet 
DIE » & du moi 
., Cefte Ifle € 
defquelsle pti 
Brebis,le lait 
ve de bled, co 


a terre fut inhabitable; laquelle gift fouz la zone qu'ils difoient ardente 4:51 7 
du Zodiaque,laquelte eft & peuplée & frequentée tant par les Chreftiés 54, bon lu, 
tuc Mores,foit de l’Europe,oude l'Afrique , ainfi que fçauent ceux qui ,, AÆriflote.z 
ntlonguement nauigué lelong dés coftes, &plages de l'Oceä,loit qu'ils 4e, aterer.ch 
ilalféne au Brefil,ou vouluffent.pañfer eutre,& vifiterles Indes pour eau , Pomp. 
de l’efpicerie.Ofr laiffant l’ancienne diuifion d'Afrique, à caufe que Stra 344) Liure.x. 

on, Ptholomée, Pline, & autres fy font doétement employez,& l’ont ef 
luché en ce qu’on peutattendre de la parfaite cognoiffance dece qui 

oit defcouuertde leur temps: & en-ce qui eft de la confideration celefte 
y eftans monftrez fi diligents que les plus experts faut que confcffent la 
deuance de laquelle ils fe confcffent obligez au labeur de ces diuins ef- 
rits du paflé. Tellement que ceft excellent Mathematicien, &grand Pi- 
ote Americ Vefpucce Florentin ne fait@oint comme vntas d'hommes 
äns fçauoir, & peu d'experience, qui condemnent d'ignorance ceux 
efquels iamais ils ne fcilleterent les liures,on fils y ont veu quelque cas, 
a cfté toutesfois fans y entendre que le hault Alemant: VeuqueVefpucce 
‘eft farrogant(vice propre à tout ignorant)que d'obfcurcirla memoire 
esanciens,en-penfant eftablir la fienne , encor qu'ayant dequoy bien Commel' 4 
ayer,il peuft faire parade de l'experience de plufieurs grâdes chofes que frique eff 4 
sanceftres n’auoiét feulemét veu par Idée.Laiffant donc cefte ancienne praféf diuiféé. 
juifion des Geographes,& Cofinographes des fiecles pañfez,nousdirôs 
frique’eftre à prefent confiderée par deux fortes de Mores, les vnsapel 
ez blancs, & les autres noirs,entant que par ceftediuifionon contemple 
but lepartage du pays africain, qui ayant changé d'Empire , mœurs, 
uple & religion,ne faut l'eftonner {1 à l’alteration de l’eftat eft con- 
int le changement & des noms, & de la diuifion. Ptclomeée 
’eft pourquoy Ptolomée, le plus diligent de tous Aftronomiens, & Geograph. lr. 
scographes,dit qu'en ce quitoucheles hiftoires , il faut pluftoft farre- 1.chpitre. 5. 
er à ce qui eft confideré le plus fefchemét, à caufe que toutes chofes 

t, nefçay par qu’elle reuolution, fuiettes à eftrealterées , & fouffrir 
elquechangement. Et de fair ceux qui contempleront les delordres 
luenuz au monde,dés letemps que les Romains f'aüiliffans perdirent la 
randeur de leur Empire, & renoun glorieux de leurs cor.qu:ites, verront 

E iij 


Lounge d'Æ 
meric péfpuc- 
re Florentin, 


@: LIVRE PREMIER sn 
ceffe diminw- par me{me moyenque les Prouinces les plus fcuriffantes sent fent y vn 
tion aduint cftrange diminution de leur gloire,aücc le changement & de noms & d 
Pat les Huns peuples De cecy me foient tefmoins plufieurs pai$ erifralie ,& és Gaule 
Gots Padales, come la Lombardie, la Bourgoigne, Suille, &. Normandie, & en Efpaigne 
Lombards, | ja Catheloigne, &-andaloufie. Mais fur toutes:les prouinces & nations du 

François, @* monde,cefut l'Afrique, quifereffentift le plus de cefte mifere , foit lors 


Bourguign0s + que Genferic l'occupa auec les troupes des Alans , & Vandales ,ou quid | 


Jes Goths,&-Vandalans enfurentchaflezparlarace maudite des ‘arabes 


Geferic enis- M ahometiftesrecogneuz partout le mondefouz lenom.& tiltre de Sar- | 


bi le païsd' rafns,lefquels ayans gafté tout ce qui cftoit de beau, & magnfique en cel. 
Afrique eh- Je flourifanttProuince,& corrompu lareligion,en furfemant {ur l'herefre 
miron l'an de Arriennevne pire contagion du Mahometifme;meflans laiperucrlité de 
grace 431.ET l'opiniqnauecles mœurs barbares; & cruels des pilleurs d'Arabi: ,feirent 


les Sarrazsns qu'à prefentonne voit plus,celle richeffe, beauté, & fertilité tant chantée! 


j'vitdrent  duipaïs African, Et d'autant que l'auteur quiarecueilly les meurs de tou 
fi l'an 648. ces nations,a oublié le principal de fon difcours., etf'eft alléamufer cn 

Egypte, & Ethiopie, fuyuanties pas des anciens, &courir en Lybie pour 
Ily abit ous repaiftre des fables de Solin;,Phne, Diodore Sicilien;& Herodote, 
dest Miuiri- nous-embrafferons les Mauritaines felon lamer Mediterranée,et courrôs 


raies ; JRt- lesterres qui font outre le deftroit de Gibraktar, vifitans ce qui a efté def. 
soir Tunigifé çouuert par les curieux & honunes'exccllens-de noftre aage, & ce aucck 


ne © Cefarte plus debricfueté qu'il me fera poilible,efperant qu'en autre endroïtnou: 
en donnerons va.plus long palle-temps au lecteur diligét & ftudieux. Ie 


+ Deufôrtes de vous ay donc dit qu'ily.a.deux efpeces de Mores,à fçauoir noirs & bläcs 
Mores en Æ- Jes noirs fetenans brer auant delà les deferts de Libye tyrans vers les par} 


frique. ties Auftraes en Ja terre diéte i@relent des Negres, ou aoivs,:{ eftendant 
Terre de Ne- jufqu'à la Guinée, Royaume de Mely,Mellegete,Beny Ie long du fleuve 


gresen Mcly, de Sencga dit Nigritis parles anciens, & defquels nous dirôs quelque cho 


S'enegt, Ghi- fepar cy apres. Et les blansfont ecux qui habitent en la Barbarie,&: Nuni 

Là . ‘ . . . » , . 
née, Melegct- die,quieftans iadis la conquette des Romains,ont aufli efté les plus ciui 
te,07 Ben. Jifez,&.delquels font fortis d'excellens perannages tant Chreftiens qu 


Barbarte 7 Gentils:voire,& de la fete Mahometifte, Ie ne veux aller recercher id 
A'emidie peu Hannibalz, Hamülcars,Hanons,Mafiuifles ,&. ugurthes pour le fait del 

ve icy va difcours de c 
mes illuftres, qui elt a fez traité par Tite Liue,Polibe;Saiufte, Cefar, & Appian‘Aicx: 


pp . 1p à « + . . 
radis d'ho guerre,a fin qu'il nefemblalt que ie voulufle:{ 
) q 


grexcellens. drinimaisquicontem plera queis hommes font fortis de cefte Afrique 
Hommes ex nuc par les Rosnains en ce païs qu'à preféton nôme Barbarie; depuis qu 

cllens dis” Ja foy de-Lefus Chrift y Fut plamtéc, & le faint Baprefine & prefché, & re 
en Bxrba- cou, ic ne {ay qu’elle Prouintede l’uniners pourroit gaigner J'auantagt 
rec um fur celte cy cnla production d'aommes degrandrexectlence, tels-qu'oil 
die, efté Saint Cyprian, & tant de Mautyrs, &.côfcifeurs de {on temps ; & def 


A jrique jer queisii fait mention en {es œuures,commevi Sujit Auguflin;que roi 


tile en homes. dircie plus fçauant, &profond,entre tous les Fhéologiens Latins,vn A 


pgrane | feu. pelle qui fut de fon.temps,vn xupere depuis Buctque deL'hotouit:: 
are un, Tertuhä quoy que depuis Hlesetique:é ne fvray. difficulté d'y: où prédit 
tee. Nous, Dons &leurs complices quoy qu'apressaughr goufé laphrolé 


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ty vn Spieuisiéfvientretirez del'vnion de l'Efglile, cômeenfins baltards  .: 
15 & d 'efprit{ pleins derebellion & contumace, Entre les Mihomeriftés ie ©" Maheme. 
Gaule ourMy vous louanger les Roys Man{or,Marin,& Loft ph, Hommes ex- ttes en Afri 
fpaigne elléts en leur füperitition,du regne défquels ont Aoury les plus fimeux 74° 4725 du 
ions du jédecins d'entre les Arabe: venuzen Alfique dés la prémicré volée de Je os 
foit lors arralns en cefte miterable rerretels qu'ont cfté Auicenne, Rafis, Albu- Qis Trer 
ou quid fr, auerrois, & autres engrand nombre, tous nourris parles Ro’s de bes ont flip 


sarabes Liroc tenans la Barbarie, & vne grande partie des Efpaignes . La Barba- °# 4j risrsse 
e de Sat- Ee donc & Numidic,cftans iadis(comme encor font) les parties plus fer- /##1/es de 
een cel Re & plaifantes d'afrique font auflites mieux peuplées contenans plu Barbare 
J'herefie urs Rôyaumes, & par confequét gride diuerfité d'hômes, & iceux de Anratme d'i- 
icrfité de ut difemblabies en humeurs & façons de vie: mais fur les autres ar hr. 
3 feirent arbaric la mieux policée, &'de grand eftendue’, comme celle qui désla 
é chanté inte du mont- atlas affez pres d'Egypte fefpand iufqu'au deftroit de fiette du 
rs de tou haltar contenät quatre gros Royaumes fémoir eft celuy de Msrocde Kousrre des 
mufer cn 7, de Teleulin;& de Thunes.Là Nümidie que les Arabes appellé Bi. M#miaes. 
vbie pour : ulgard,n'elt {i excellente, fertile nypolicée que l'autre,à caufe que ce 
{crodott, fontla plus part que deferts ,& qu'aufli les Arabes font caufedefapau 
et COUTTÔS té fi eft ce-qué r’eftéduc en eft belle, & diftribuée en diuerfes Prouin- 2e en 0} la 
a efté der , icfquelles fe joignent au royaume de Thunes , & viennent prendre fee cer #urs 
ceaucck hrs, & Fenclaucrauec la Barbarie, vers le Ponant,:& commençant vers A? sais 1m 
droitnous D 5: prefque dés la riuiere du Nil, Or afin qu'en difcourât des mœurs cognene. 
dieux. LRccs peuples il ne nous faille reuenir à la deftription des païfiges, il frut 
rs & bic itrer quel cartier eft:ce quetient laterre des noirs, laquelle ett diuiféc 
ers les par plufieurs royaumes, partie defquels font defcouuers, & d'autres inco= 
f'eftendan ec :7, commeaufli n'a pas long temps que ceux qu'on cognait à prefent - 
du fleuticnt noirs de noître veuë & cognoiffance, entant que [cs deferts d'A pesetrmes des 
Lelque cho; & Hiïr féparart ces terres deterroient pour leur afpreté, les hômes terres des 
ie, Nunpaer plusauñt.f :s principaux Royaumes de celte terre de noirs font #osrs. 
s plus civi We: y, Tôbut,la Guinée, Burno,Beny, agades & Nubie, laquelle cit fa- L£ubes dAÆ 
ftiens qu linant aux terres du RGy Ethiopien,defquels apres auoir parlé des x- frique comme 
cercher lsrans qui nous font les plus voifins nous dironsencore quetque chofé: /ont ue 
le Faic de quels Kôt d'iuifez en-cinq peuples, à {tauoirles Sinhagics,Mulinaides, Ze/fn ads 
tours dec etes, Hioracs, &Guinerans, les derniers tiennent ia prouince de Te- crfaree, 
bian-Aicx in qui eft la Muritaine, par les Romains nomme Cefarée ; à caufe succefio des 
Afrique conqueftes faires fouz le nom de leurs Cefars,o2 Empereurs.Len'ay Ars de Man 
depois irc de vous déduire l'hiftoire d'Fdris Cnnife par les Zenete, & la race rene, 
(che, & crane c quoy qu'il fut Roy de Ré? ; eftablifint en on heu la famille 
rJ'auant:@ Mécnafcs, lelquels foutfirent vnpareiltraitement des Znnages qui 
tels qu'oirent ha citéxie Maroc, me :co ntentät de toucher ce qui citle propre 
ps, & Lt de ce liure; à fçiuoir lesmænrs des Atricans felon la cofte de la Om Culiphe 
in,que ‘oo irie, & prenans ltroute parles Royaumes fauez de fa mer Atlantis Carrom.ate 
acins;vo AS. Ne fera ncantmoinsinconueniét(ia tchole feruant à noïtrs mariere) de Lie vil 
hotoutt-virc que depuis que les arabes ,ou Srrrulinsfe féirent Siteurs de par lee due 
y. 00 prédit ique, da temps d'un Ciliphe appellé Omen, & que pour fé forrifier Des, 
édaporoltre l'effort des Barbares,iis bailirent is cité de Cairoës , ie lue ut 


é 
k 


“ 


LIVRE PREMIER | 
4 de ce peupleaprift & lareligiô,lesmæœurs & la langue Arabefque, fi qu'à il 
Diu:fion des prefent Ieur langage eft tout gafté & ne fe raportant que bien peu àla fe enti 
Jéftes entre les con de parler de leurs anceftres, ayans goufté & l'Italien & Arabeæour MBudz,é 
Mahemetans auoir efté fubiuguez parces deux nations. : En outre faut entendre que Ile mi 
les mores de Barbarie abbreuuez de la fuperftition Mahometanc, font OP 
differens en plufieurs chofes aux Turcs,comme f'aff ubietiffans au -Calife rique 
Ærabes en de Bagadeth,& laiffans celuy du gräd Caire,auquel les Turcs font obeif Mprtis de 
gräd nôbreen fance,& ce à caufe des Arabes aulquels ilz faccointent pour fen feruir Hard d', 
Barbarie. aux guerres,comme hommes vaillans qu'il font, & qui accouftumez au rabie 
©, trauailfouffrent mieux les incommoditez dela guerre que les Africain Mnc & : 
Manfir P6#I- naturelz,ioinét que leur multitude eft effroyable aux plus puiffans Roy: ent c 
fec Roy de  d'Afrique,qui leur donnent & tributz, & penfions pour les tenir en amy-} ilifé 
Maroc . tié,& alliance. Defquelz nous dirons quelque mot en paflant > quoy qu l'vne 
d'iceux foit ailleurs parlé en ce liure,mais ceux-cy foffrent icy habitannt Les ; 
Etheges rate de l'Afriq ae, & qui en tiennent 'a meilleure partie désle tempsdu Roy uables 
des Ærabes. Manfor, celuy qui eftant Pontife de Maroc,donna de grandesterres au homr 
diétz arabes, pour fenayder contre la race de lofeph,qu'il cuoit desheg fait ! 
Roy de Ports ritéc. Les principaux dôc d'entre les Arabes Africäs fontles Etheges, cf differa 
gabrient plu quelz fetiennent en Ducale,mais à prefent fort tourmenñtez par les Roy les p 
Jieurs terres de Fez & de Portugal, quitiénét grand terre felon la Mer du cofté du Poles, & 1 
en Afri7#€ nant,côme cftät Seigneur des villes d’Afamor,& Meffa,prifes fur les af quine 
. cans, & defquelles auant il donne de ; randes affaires, 8 aux Mores & au z Aral 
Arabes 40: j tabes.Lefquelz en general fe tiennent aux deferts nourriffans leurs CAB goufté 
neX a p4f- meaux,& grand nôbre de beftial, duquel ilz fourniffent les terres voifin on vi 
rage. & trafiquent tant du cofté de Tripoly,que vers les terres de Libye, & a fme q 
k . durant l'efté, car l'hyuer:ilz ne fortent iamais de leurs folitudes. Ce ferc cdes p 
Arabes $r45 fort long de vous efplucher par lemenu les noms diuers.de ces voleu s de 
guerriers O* Arabes, & leur puiffance qui cft effroyable, filz eftoientaufli bien armes & Bc 
viuas fous le <5meilz font vaillans, & adroits:mais fi auares qu’ilz ne font côfcience on de 
oulde de di- farmerles vns contre les autres, pour le plaifir des Africans,pourueu qigtitutio 
Mers ROS Ja foulde foit fuffifante à les entretenir;non moins qu'en fontles Alien couftu 
un en noftre Europe:nefe prenans g:rde que les Roys africans, ne tafch@utale, q 
Bête des che- qu’à diminuer lenombre de ceux qui font caufe que leur païs eft parMde ne 


naulx des Æ plus en-folitude, Leurs Cheuaux quoy quemaigres, pour eftre pre{iige du 
rabes. toufiours nourriz affez efcharcement par les.defertz, fi fontilz des plu: MR lait de} 
gers, & 16gz en haleine qu’on puiffe trouuer, & qui fur tous autres pois les ms 
Ærabes lar —"Te trauail prefque à l'efgal des Chameaux, fe pañfans de peu de chofc:biloupent 
rons. C7 Po eft vray qu'ilz n'édurét fi bien la foifque les Chameaux,ne leur cftät re; qu 
leurs naturels fe fouffrance fi naturelle. Ce peuple cf tellemët addôné au larcin qu eva 
rendre 


lus hôme de bien d'entregux ne fçauroit vfer de fidclité auec perfot 

Defért de Be- qu'il frequéte, fi ce ne font quelques marchädz qui font loyaux,pl°pt 
neo" ne perdre les moyensde fenrichir,que de bonté qui foit grauée en 
Fighid. amc.Et fur tous Îes plus fegnalez en volz font cogneuz ceux qui ha 
és deferts de Bencgomi,& Fighid qui fonten la Numidie tirans ve 

midy, & fauoifinäs du Royaume de Bornci,lefquelz font fi accouftut 

au pillage à quelque prouifion qu'ilz tirét du Roy.de Teleu He 

impal 


uuage, 
Danger 
r raffal 
s fans 
‘daines 
ux. Le 


DELAFRIQUE. | 3e 


ef qu'à »affible qu'homme palfe en leur terre,qui eft de grand cftendue, fans 

jàla fe Me fentir de leur pillerie & rauiffémét,laiffant les pauures voiageurs tous 

begour MBudz,& leur quittant la vie, afin de leur donner plus de malen viuanten " 
dre que lc mifere que filsles faifoiét mourir, Et puis que nous fommes furJeur Races des #. 
ane, font MRropos, ilnous faut snoter que les premiers Arabes qui onc pafferenten rabes pafez, 
u Calife rique cftoient de deux diuerfes familles, à fçauoir de Cachim, &Hilel en Afrique. 
nt obeif Mbrtis de l'Arabie deferte, ayans l’origine de leur fang & race d'Ifmael ba- 

en feruir 11 rd d'Abraham: & vne troifiefme famille fapellant Machil, venuz de 


tumez aulh rabie heureufc,lefquels fe vantent d'eftre defcenduz de Saba, mais leur 


A Fricain inc & nobleffe n'eft en fi gräd pris 4 des deux autres,quoy à fouuët ils Ærabes ff a= 
= Mcnt combatu pour a ie A de leur familles. Ce peuple eftant affez mër les lettres, 
ir en amy-Muili pour fcauoir les lettres, & qu'auffi leur langue entre les Barbares 


l'une des plus remarquées, ont plufieurs hommes excellens,qui efcri- 
ntles geftes des hommes vaillans de leur nation, comprenës leus faits 
uables, & vertuz tant en vers gentiment élabourez qu'en profe, fi que 
hommes de fçauoir n'y font pas du tout mefprifez, quoy que la chari- Differéed # 


uoy quel 
s habitan 
sdu Ro 


terres aul C LH Fa" 4 M 
oit deshe y lait la plus rcfioidie que parmy nation qui foit fur laterre.Ormettét rabes 1/maë. 
theges,lel differance entre les anciens Arabes; ê ceux qu'on a apellez Sarrafins, tes Sabeens, 
les Roy les premiers font nommez Arabi araba,qui fignifie Arabes Arabef- @- Barbares. 
ofté du PéRes, & les autres Arabi Muftarabra, qui cf à dire Arabes par accident 


qui ne font pas naturelz:& ceux quifont venuz-habiter-en font nom- 
z Arabi Muftehgeme fignifiant Arabes Barbarifer,comme ayans pris, 
goufté les mœurs eftrangeres. Quand au refte de leurs façons de fai- 
on verra enl'Afie quels ils font , veu qüe leur religion , eft celle 
fme quia corrompu l’Alie, & tent empoifonné le cœur de la plus 
cdes peuples Africans defquels par cy apres ie deduirey quelques fa- 
s de vie. Commençans donc aux Zemcgues , Guenzignes , Ter- 
es & Berdenes;qui font vrayemétles Numides,nous fçaurons que leur 
onde viure eftfemblable:& n'y a guere grand peine à {çauoir quelle 
itution ils fuyuent en façonnätleurvie,n'vfans de reigle, raifon, loy, 
couftume quelcôque, reffentans ne fçay quoy de cefte viegroffiereëc 
tale, que les Poctes attribuent aux hommes du premier aage:car leur 
de n'eft magnifique, ny dreffée auec -quelä fomptucux apareil,n'ayäs 
fige du pain ny de viande affifonnée,ou bien apreftéc:leur manger eft ?” 
Jait deleurs Chameaux pour le defieuncren beuuans va grand trait 
ps les matins, & pillent,auec ce breuuage,patiéce,iufque fur le foir que 
foupent legerement de chair fort feche & bouluedans du lait, & du 
re;qu'ils vous defpechent fansgrasde ceremonie dés qu'elle leur eft 
entéc, humans:le brouet ouslle aura cuit: & pour leur deffert,c'eft à 
rendre vne taffe plaine de lait, qui leur fert, &,d'ifluede table, & du couche des 
uuage, fi ce n'eften.elté que leurs Ghameauxn'aÿans grand laitpour MNumides, 
anger de Lherbeà fuffianse, ils font contrains-de fe pouruoir d’eau 
r raflalier leur alteration Voulant repofer ils ontdes nattes deionc 
s fans art-guerefubtil,&. leurs pauillons depéaux delcurs beltes, & Pefemét des 
usines ;outilandres que:produitie. Daticrentrefes branches &ra- _Æfricans en 
vx. Leut veflemens cf d'vne groffe lainesleur couurant la moitiédu Numidie. 
F 


fur les af 
ores & au 
leurs Ch 
res voifiné 
ibye, &c 
rs, Ce fero 
ces voleu 
1 bien armé 
ôfcience 
)oOUrUeu 
les AlcS 
, ne tafche 
aïs eft par 
tre pref 
z des plus 
autres pO 
Le chofe:bi 
leur cftät 
larcin qui 
ec perfot 
raux, pl° Pl 
auée en 
x qui hab 
jrans wc 
eccoufhi 
eu fin, fi 
impal 


Mœurs des 
Numides fort 
br ht ales . 


piandecr ba 
quets des Nw 
JACSe 


ês, LIVRE mére ca st 

corps, & fur la tefté portét vne toile entortillée & prefque faite à la forme mi 

d'en Turbé,& Dlufieurs ontdes chemilestiffues de fil azuré, & de coton sage c 
Chaffé éxercs qu'on leuraporte delaterre des noirs,en ass A d'autre marehandi(e SR ritz 
ce ordinaire Le plus grand exercice auquel ffadonne ce peuple barbare eft la chaffe, des! 
des Numides. ou le larcin,fans Parrefter guere plus de trois ou quatre ioursen vn lieu BB end 
qui eftl'efpace que leurs Chameaux ont gafté toute l'herbe qui y pourri; dan 


Les Numrdes cftre trouuée.Et quoy que cefte gent foitainfi defreiglée, & farouche fi ns.M 
honorent leur elle vn Roy qui luy commande & auquel ils fonttel honneur que cha Le, fc 
Roy- cun fçait que naturellementles Brutes mefine fontinfignez à faire à celuÿ ique 
qui et le plus excellent-en leur genre & efpece.Ils font du rout ignore à fin 

Zgnorance @* & fans fçauoir ny lettre,ny doétrine qu'elle que ce fit, & moins aprenn@l, 2 ci 
rutalité des ils aucun art,ou fadonnentà vertu quelconque : voire y eft la iufticeil our 


Numides. peu cogneuëqu'à peine fe trouue il vn Iuge,qui vuide les differeris: qu mitant 

furuiennent entre eux,quoy que leurs Roys ayent tafché d'y mettre que :_ AT 
Femmes de que ordre, à caufe que les hommes qui ont quelque féns ne peuuent fù riptio 
Numidie porter les façons brutales de ce fot peuple. Les feinmes y font affez bell DÙ vo! 


courtoifes, … & charnues,courtoifes, & gracieufes.& eux fôrtialouz {çachants la po Met 

tée d'elles , & combien elles fônt promptes à changer de pafture, d'on R om: 
Aumidesfort aduient fouuent grandes querelles entre eux fe maffacrans à peu d'occ ce 
Ialoux, fon l’vn l’autre, Ceux qui habitét plus pres des grands chemins font auÜ,; at. 


plus ciuits-& magnifiques,ayans pain de Millet meflé de graine de Naue em 
te, & abondance de chairs de Moutons,& d’Auftruches;affez d'efpiceri fefte 
Mynes Ma- des Dates & autres fruitz que les marchans leur aportent, Ils font Maho Alfur 


hometifles fi- metiftes & ont des Moynes fi fuperfitieux , que fortans du defert ils ic n 
bres faperfts- mangeroient pour mourir deviande aucuneacouftrée de main & artitieurs v 
tieufiment,… ce d'homme, fe contentans de ce feulement qui eft produit de la naturc:@:d2 & 
ge telles font les mœurs prefque de tout ies peuples deNumidie. F'ay dit dé Mai 
le cômécement que l'Afrique a d'autrefois cogneu & adoré Iefus Chr. Au 

LAfricans ido quiau parauant'auoit feruy les Diables:fous l'adoratiô dès Idoles:mais @S tof, & 
latres le bng Chreftiés expulfez, la feéte dänable deMahômer y eft pl’ cfpäduë & ge efle 
del'ocen. … décauec plus de rigueur qu'en autre partie de la terre & mefme entre des à Leu 
noirs l’Alcoran eft honoré &gardé fort feuerement: la où ceux qui for guere 
fürles coftes de l'Oceä,font encor idolatres;ou pour mieux:parlèr n’ay utes.f 


aucune cognoiffance de diuinité quelconque.Ceux qui ser: ra eftatu 
A fricans re: Niahometifme au comécemét,ne pouuoiét farrefter.en cefte beftile , Maux Et 
ceurent fort mettoiét à mortles Preltres qu'on teur-enuoyoit;qui eftoit caufe le terre d 
xæuuis le Maho liphe eftoit-côtraint de toufiours tenir vne armée enBarbarie,iufqu'à cMBus fain 

wife. JesheretiquesAlcoraniftes;vindrenten aftique;où lors Mahometh culB,ny à 


Je fondemét férme, & fa doétrine y fut receuë,cômeensoredprefent BBarba 
“A rieans v= y efkviuemét enracinée: Decefte loy &c fu perftitiôinousen parler6s: pliout lac 
foientdecars amplement ailleurs, & àipropos;lors qu'il faudra difcourir del'orig@dic:ls 1 
Seres lsrins des Turcs,ou de la fource du:nomSarrafin tant chanté. en noftre Eurbien e 


en eférmams. pe.Quandaux lettres d'Afriqueil ne fe troaue point'qu'ilsayent eu di, doule 
puis que les Romains f'én fcirent feigmeurs autres caraéteres que lat che mn, 


Plane, quoy que le langage fut fort different de celuy des: Romains,ainl qu's ven 
di peut voir tant par les noms anciens des païs. & valless, que dansile Pol potage 


IDE'L'APFRIQUE. 2 

à la forme comique Plautequi en vne de fesComedies introduit vh parlant le .#rabes enr 
: de coton gage de Carthage. Et ainfi toutes leshiftoires efcrites par les Arabes tiré leurs bi 
rehandife M fiitz & guerres aduenues en Afrique, c'eft fans doubte qu'ils lesonc ti foires des li 
la chaffe M, des latins,non qu'ils füiuiffent l'ordre gardé par les Romains contés #rès latins, 
n vn lieu prendre feulemét le nom des feigneurs,compartiffans lestemps & les 

i y pourrdlordans auec les Monarchies, & auec la fuccellion des Juifz, & des Cal- _#rabes fins 
ouche fins. Mais quand l'horrible desbord des Arabes Sarrafins fut fait lors brufler les li 
que cha jes fcifmatiques qui laifferent le Pontife de Bagadeth , paflerent en wres latins en 
ire à celuique , les Roys Mahometans feirent brufler tous lesliures des Afri- L4frique > 
t'ignoran a fin que par lale&ture d'iceux,ilsne fe reuoltaffent de la fete Alco- powrguey. 

s aprenne & ainii l'ignorance a caufé la ruine de ce peuple iadistant gentil,ri- 

a iuftice WE courtois, & fçauant, qu'on eftime auoir eu iadis lettres à luy propres Æntiqwiez, 
Feresis: qunitant les Phæœnifliennes,iufqu'à ce que les Romains fen feirent mai- er Afrique. 
nettre ques, qui y introduiren: comme dict eft les lettres latines:les tombeaux & e/érires en La 
euuent fi riptions des edifices anciens donnent affez ample tefmoignage de ce- sin. 

affez bell pd vousnevoyez rien qu'en latin,& fur-tout és villes voifines de la 

nts la por Mediterranée,& prefque par toute la Barbarie,qui fut iadis le liege rh dé 


fture,d'on BR omains.Le côpte quetiennent à prefent les Africäs pouries chofes de l'an filon 
eu d'occoncernent leur foy & religion font mefurées par le cours de la Lu- les _Æfricans 
os font ul fänts l'an des54.iours,& les moys lesvns de 3o.iours , les autres de modernes, 

e de Nautellement que leuran eft plus court quelenoftre de 12. iours , ‘ayans 

d'efpiceri feftes, & ieufnes en temps diuers de l'année felon l'ordonnance de .Æuges des 
ont Maho@ A 1fürcan. Quand à la longueur de leuraagele plus vieil homme de po d'Æ- 
defert ilst baric,ne pafle guere les 60.70.ans,fi ce sell vers les montaignes, ou frique. 


in & artih eurs vont plus outre que l'an centiefme de Icur vie,lefquels fôt fort | 
la naturc:@rdz & iouïffans d'une telle & fi verte vicilleffe,que Ciceron racom- Manif. roy 
F'ay dit dé Mafiniffe, lequel fut Roy de Numidie,& d’vne partie de la Mauri- Ciceron en fon 
efus Chr: Auf les Numides viuent longuement,quoy que les dents leur tô- linr.de vieil- 
oles:mais | toit, & ayent la veuë fortcourte,à caufe du vent Leuantin quiles /effe. 
ge efleuant la poulliere qui leur offence les yeux: & letrop vfer de Numides vi- 
sà leur manger, et de lait. chault,caufe que les dents ne leur demeu- nt longuemër 
guere longtempsen bouche. Les Libyens , font de vie plus brief- Les dents tom 
utes-fois plus fains & allegres que les autres, maigres, difpoftz, & de bet çy-la veie 
eftature,&.cecy à caufe des grandes chaleurs ainfi qu’il en aduient /€ g.gfe aux 
aux Ethiopiens qui f'auoifinentie plu s du Midy.Ceux qui habitent Mumides ç. 
terre des Noirs viuét encore moinsq tous les autres,toutes-fois font powrguey. 
iufqu'à cus fains,difpoftz.allegres, & robuftes, & moins fuiets à douleur de 
ometh cuz,ny aux incommoditez de l’acourciffement de la veuë, cftans tous _4fricans 
prefént. Barbares, Numides,Libyens,que Noirsfort a donnez à paillardife, & paullards in- 
acterôs.phout l'accouplans tout autrement que l'hônefteté ne peut fouffrir que fmement. 
delorigdic:ils font fort fuietzen enfance, & für la vicilleffe. à Jateigne fi for- 
oftre Eur bien enracinée qu'à grand peincy peut on remedier, fuietz à mal de Maladies auf 
ayent eu de douleur de dentz »defuoyement d'eftomach , à.coliques, paffions guellesdes Æ 
que: lati rehementes, & cecomme ie penfe pour l'indifpofition des viandes frians [ons 
saint: qu'Ms vfEnt, & à caufe de l'eau trop froide qu'ils boiuent foudain apres Juerre 
lansile Po potage tout chault.. am a EE NOR BAUT LS SU fs: 


Î 
L 2 


Fi 


d LIVRESPREMIER 
Malcuduque tesenfins Afficanstombent fouuent du haule mal, 8 ainff qu'ils croit 
frequenten  fent en aage,cefte maladie va auflien, decroiffant,& fur ceux qui font dé 
Barbarie. age fige mal fe ruë quelquefois ils font {f ignorans en plufieurs endroit, 
Barbares fü- qu'ils eftiment que ces hommes Ephileptiques foient poffedez du maling 
sers 4 La péfse. efprit.Le païs de Barbarie eft fort fuiet à la pete , la où les Numides ns 
fçauoient que c'eft, fice n'eft depuis quelque fix vingts ans en ça : mais l 
noirs en funt.du tout exemptz.Eta fin que vous cognoiffez combien c'e} 
… dommage que l’ Afrique foit defpouillée de la vraie cognoiffance de la wi 
rité Euangelique. il faut noter que ceux qui demeurent aux villes, quoÿ 
qu'ils portent letiltre de Barbares, fi ne fontils fi grofliers queles lettrd 
ne leur agréent, & que les fciences ne leur aportent un fingulier contents 
ment, & fur tout feftudient ilsà fçauoir ce qui touche: & apartient à leu 
foy,& fuperflition,eftans force deuotieux,honorans leurs Preftres, & dol 
éteurs, &allans ordinairemét prier en leurs Mofquées, fcrupuleux au po 
fible,& gens qui ayment l’honefteté du corps exterieure. Au refte ils fon 
. ingenieux, & fur tous les Barbares quihabitent fr élon la mer Mediterran 
à .  Jefquels ontle naturel fibon que tout ainii qu'ils fôt induftrieux à dref 
Car thagino ‘edifices qui efgallentenbeauté & fubtile liaifon d’architeäture, les pl 
sadis eflimex, füperbes baftimeus de l'Europe,auffi {ont ils fimples en leur conuerfi 
efloasx. tion, ne difäns rien que felon les penfemens du cœur :iaçoit que tadis le 
Romains les ont eu en opinion de defloyaux ,de forte que voulans mo 
ftrer l'infidelité de quelcun,ils ne faifoient que le paragonner à la foy pui 
nique; fignifiantz vne grande defloyauté qui eftoit comme naturelle à 
nation.Carthaginoife.Ce peuple eftialoux extrememét,ambitieux,côuc 
Africäs bons YEUX de richefles, & pour Les aquerir ne laiffe coing de la terre ,oùils t 
vita PES fachemine nour y exercer marchandile allans en Perfe, arabie, Eg) 
trafands Pur pte, Turquie, Etiopie, & Italie ,fins & fubrils grands efcrimeurs,affez 
soit Le monde. PTS au Manger mais fur toute-vertu,ils font modeftes en parolle.. 
Les ieunes refpectent fort les anciens, & de forte qu'ils n’oféroient au 
dit vn mot deshônefte en leur prefence, ny chäter vne chanfon d'amou 
quoy qu'ils foient bons maiftres en cela , & qu'ils traitent l'amour auti 
accortement que nation qui. viue.Les arabes qui font parmy eux font 
fez liberaux.mais penfez que n'eft guere qu'aux defpens d'autruy ,. & à 
Ferté des iature ioycufe,fins & accortz,hardis, & affez modefles.Les Numides f 
Numides. plus ingemeux; & magnanimes., mais la plus part fans lettres ,. adivies a 
armes , & des plus gentilsguerriers de tout lep:ïs African. Les Noï 
furpaffent les autre: en loyauté, fimples,debonnaires, courtois aux eft:1 
ger:,qui dancent volontiers, &fe refiouïffent à banqueter , aymans ca 
__..,  Quifsauent plus quelesautres,& en fomme ils viuent en plus de libe 
Simplate  quelerefte des peuplesd'afrique:vousayansfait recit des vertuz,& ps 
des Noirs. tieslouables quifonten eux,n'obmetray les vices defquels ils font ent 
chez;fuyuät l'ordre mefme für ce qui les réd vituperables,que i’ay faite 
pices des hom difcourant ce qui les fait dignes de louange.f.es habitans donc .'e Bar 
mes de ls Bar vie eftans pauures fontles plus arrogans & fiershommes de laterre, d 
darie. daignansfans aucun refpect chacun n'oubliens iamais vn tort receu, vind 
. aufs à outrance, & fi peu acoftables,qu'à grand peine vn eftranger peut 


Vert? lonables 
des Africans 
de Barburie. 


“DÉLAPRIQUE. | 1 


ais eritrer ‘en Ieur grace." Leurparolle eft fupcrbe;leur: conuer- 


wils croil 


qui font d'à fans plaifir , adonnezaüx banquets fuperflus » fort mauüais mef- 

sendroit Rs, querclleux & noifeux “fans exercice qui aille, i'entens pour le 

. du malin communipeu recongnoiffans le plailir receu,gens melfcoliques;fans 3: 
fumides 1%, ny paffetemps,eftans fi pauures que la neceffité les contraint d’eftre De de 
a: mais Ifours,liez au trauail. Desfilles de Barbarie ne l'en trouue pas prefque pi 
mbien c'AS qui porte fa virginité,à celuy qui l'efpoule, leur eftät permis par leurs 
nce dela vil Les parens d'auoir desamys, mais dés que elles font mariées, il n'y 4 

illes , quo moyen de fuiuretelle vie, & fe portentaflez fagement-en leur maria- Mefhanceté 
cles lettre. Numides font traiftres,/meurtriers, & iarrons furtous autres, fi vifs d £ pe NA À 
er content uins, que pOur peu de chofc;on leur fera mettre la main aa plus vil 4 Pis é y " 
cient à led)e meftier qu'on fçauroitimaginer.LesLibyens font rüraux,ignorans 77727" 
tres, & do 5, voleurs, & brigans, & fi courtois en toutes leurs actions que ils ne 

[eux au pol degueres differents aux beftes brutes & farouches, qui courent par 1 
refte ils (on, deterts & folitudes:leur vie efttrefmiferAble, fans loy,reigle;ny raifé 
Lediterran,s cognoiffance de religion quelconque, viuant de la chaife ,mal fai- 

eux à dre) chacü, & ne pouuant fe tenir de faire la guerre. Quand aux Noirs, ilz 


’ 
fans pratique, ou induftrie aucune tous brutalifez, & leurs femmes im Saleté des 


uement vilaines, & ne {e foucient de leurhonneur, nomplus quebe ps otrs,€ de 
fi ce n'eft quelques vnes des plus honeftes,qui fe tiennent aux villes. “#75 femmes 


re, les pl 
ir conuerfir3 
que jadis le 
oufans mo 
àlafoy pi 
aturelle àls 
tiCux,COU0 

re ,oùils 1h 
abie, Eg) 
urs,affez 
olle.. 


Des Royaumes de ea, Sux,,© Maroc, @ Îfles Canaries. Chap. 9. 


Er Aledeftroit gift la prouince de Hea confinant vers 

# le feptentrion à la mer Oceane & Atlantique & le môt : 

5 Atlas luy cft vers le midy :'qui eft yn pays afpre,mon- - Æftte de 
À taigueux,couuert, & bofcigeux bien peuplé & habité, la prouincc de 
!. Ÿ, fourny de Cheures & Afnes,mais ayant bien petit nom 46 en .4frs 
roient auc S CC à bre de Brebis, & moindre de Bœufz , & de cheuaux, 7%. 

on d'amo #3 PCA 1] n'y a prefque point de fruiéts, mais ce n'eft ny lafte- 

imour autaé de laterre,n’y l'inclemence du Ciel qui. en font caufe, mais pluftoft 

eux fontiborance & beftife des habitäs.Le froumét n'y croift guere,mais Le Mil 

ruy ,. & MBOrge,& Nauctte , y viennent en abondance:& le miel qui fert de 

lumides { d foulagement pour le viure de ceux du païs là où la cire neleur fer 


æ 


NUE Le 
DR 
Ne NN 


adioies ad de rien , eft mife à mefpris, & regettée, Quand ils prennent leur refe Æ# 99 vbom 
+ Les No ils n'vfent de table ay treteaux,mais ie mettans à terre y eftendent dét lès Heuns 


cuirs fais en rond, fur lefquels mettent leur viande tout ainfi que auffi: 
fentles Turcs allans par païs,voulans répaiftre. Leur veftement ft 
d'un drap groflier piqué;tout ainfi que vn' lodier ,lequel ils entortillée 4/lement 
fort eftroitement autour de leurs corps, &le ceignent d’vn bandeau des Barbures 
aine par deffus leurshsnches, & fen couurent für tout les parties que de Hea 
re veut qu'on tienne couucrtes,& fecretes: für la celte ilz ont quel- 
s bandes de laine longuesde s.coudées ,& larges de deux, mais touf- 
laterre, d le fommet de la tefte demoureà defcouucrt, fans que perfonne vfe 
receu, vinbonnetz, fi ce n'eftles vieillards. : les chemiles n'y-fonten vlige,à catt 
anger peut ucfault de lin, & quand bien:il y sb hard ailhommes 
ii 


jsaux cftr1 
aymans cel 
is de libe 
rtu7,& pi 
ils font en 
ciïay faite 
cle Barb 


*. LIVRE PREMIER té 
Æ qi eSt.qui le fceutacouftrer ny erdir, Les hommes à marier n oferoient pon 


ofcroiet ps qui f 
permis de per- barbe, là où eftarismariez c’eft à leur volonté de lafe laiffer croiftre. ] 


mméMN 


ter barbe en Jabourentauecdes Afnes & Cheuaulx, &abondent en fauuagine, nc ceux 
Hea. ilz n'ontaueuneinduftrie d'aller à la chaffe:& font fi fotz que iaçoit axifint c 
N'y 4 point leur païsabendeen riuieres & bôs ruifleaux,fi he fçaucntilz point drflcur eft 
demoulinsen fer-des moulinstains a chacun eu fa maifon desinftruments à bras polent &< 
Hea. faire la farine , qui ef la charge pour le paffetéps & exercice des femmilde gref 


re deli 
llâte ( 
ne vau 
peupl 
au m\ 
nt for! 
| vafes a 
ep 
 vofin; 
ur ain 
en di! 
durent 
traintz 
fe mai 
que.Le 
e faites 
fkc,ils 
& m: 
ofaft n 

apitair 

Mis dur: 

arcins y 

rron.au 

iflent | 
beftes & 
fte ceu 
fit, &r 
oyfins 
versle 

quel'I 
abitant 

cées : Le 
es afle 
plus p 
is que 
tplufie 
uc de 
yant pa 
urs des 


Remedes des La medecine y eft fi peu cogñsüe, quetoutemaladie y eft gucrie cn} 
maladies des cauterifant &:adaprant le feu, ainfi que on envfe à l'endroit des befy 
Heans, e$t le Jaiuftice y cftentretenuëbien maigrement;ne fe parle prefque de fi 
fes. droiétä perfonne, mefmementés lieux montaigneux, où l’on ne recof 
Nature fa- gnoift ny Roy ny Seigneur,autre que celuy qui eft le plus fort à {a gut 
rouche des m5 je , enlaqueliefemployent.fi bien,qu'ilz n'ofent fortir de leurs maifo 
taignars en la fansanoir faufcondui&, & guides de leurs propres aducrfaires. Cefte 
reg16 de Hea. tioneft fuiette au Serif,aufli bien que le Royaume de Suz,qui eft del 
Hea@-Sws mont AtlasswersleMidy,& verslePonant , il eft arroufé de la gra 
regions fübie- mer Oceane,& finit encor vers le Midy aux arenes du defért.C'eft en 
tes awSerif._ païs là, 8 fur la cofte de la Mer, que on prend autant.de Baleines .que | 
AAfiette de” ljeu.où la Mer pañle , tellement,que les edifices font faits la plus part, à 
suz..Balenes cotes de.cefte Belue,-ainfi qu’on voit à Baïpnne, qu on en.paliffe les i4 
en la coÿle de dins.Le terroir dece pafs pour le plus eff fertil en froument, l'orge, 
SL, mes, Dattes & fucaie en grand quantité, mais mal cuiét & purgé, qui 
Naturel fa- caufe que ne venant à faparfaite blancheur,aufli lavente-n'en eft fi facil 
rouche du peu LePeuple y eft-fortterrible & fanguinaire, & fuiet à rebelliô, & cela l 
ple de Sux, pracede detrop d'aife,ne pouuâsviure en paix Les vnsauec les autres.] 
Magiflraf7. récent en leur Cité principale, à caufc de l'abfence du Roy, vn Magift 
trimeSlres en fouuerain, la dignité duquel ne dure quetrois mois, lequel a le gouucr 
SU, ment de toute Ja Cité, & iuge de to° differéts en dernier reffort.Leursp 
1uStice corro- ftres ont.cognoiffance des.caufes qui concernent la fpiritualité: & les te 
pue du Roya porelles fe comportent plus auec faueur queiuftice:quieft caufe, que 
me de Su7. vn Citoyé tue vnautre,les parens du deffunét pouuans vfer de pareil 
Punition des fort,& fe végeren mallacrät le meurtrier,il n’eft faite aucanc pourfuiri 
horucides. Que fi l'homicide fe peutgarentir deceux qu'ilduy dreffent des emb 
Maroc Royan ches : il eft quitte en fen allant hors de la Cité pour feptans, ou y dem 
meet on af. rât,tenir tefke à fes parties, & letermc expiré,il dreffe vn bäquet aux p 
Fertilité: du. cipaux, & accorde auec partie, fans à delormais il foit en crainte qu’au 
terrouer de Auy facc defplaifir quelcôque.Paffant pl’ outre en terre ferme eft le Ra 
Maroc. aumc de Maroc, celuy d'où font fortiz les Seigneurs Mores,qui ont } 
Habitans de filongtéps tenu la plus grâd part des Efpaignes.Cefte regiô vers l'on 
Mares cour- fauoiline de Hea,& eft pofée envn-grand vallon entre les môtaignes,9 
toi ,grlibe eft caufe qu'ellene doit rien à terre qu'hommefcache dire,enfertilité 2 
raux. tout.ce qui cft neceflaire pour la vie des hômes,côme grains, fruits, befà 
eaux fontaines,& autres femblables cômoditez. Maroc eft Cité:princip 

Le, de laquelle 1e Royaume porte le nom,iadis fuperbe, &à prefent 
abaftardie,où toutestois le peuple eft liberal & courtois $-où l'6 lift! 

loy,y ayätdes colleges rençez pour ce faire, & des hafpitaux pour les p 


ient po 

roiftre. | 
jagine, m 

1e 1açoit ql 
‘point dre 
à bras po 

des femmg 
gucrie en} 
t des bel 
que de fi 
A ne r'ECoÉ 
rt à [a guet 
urs maift 
es. Cefte 

ui eft del 
de la gra 
t.C'eff en 

Ines que { 
Jus part, ( 
alifleles id 
l'orge,les 
Jrgé qui { 


n eft fi facil 


, & cela ll 
esautres.] 
n Magilt 
€ gouucr | 

brt.Leursp 
té: & les te 
caufe, que 
de pareil 


pourfui d' 


des emb 
ou y demi 
quet aux p 
inte qu'il 
e cft le Ra 
qui-ont } 
b vers l'ont 
Otaignes,q 


Fertilite sd" 


ruits, befti 

té princi 
-efent à 
l'ohft! 
oulesp 


D'E'L'AIF RIQUE. 11148 


ns qui font de leur fuéte, letoutibafty & donné par ce grand Roy More Mar /or le 


mméManfor, tantrenommé; &en Afrique, & en Efpaigne.: Orcft-il grand Roy ré 
: ceux quiletiennentau plat païs font fi beftiaux,que n'ayans homme /: de Maroc 
Hfantentrecux pour vuider leurs querelles & differéts,ils font côtrains ©” de Grena- 


Jeur eftcôme couftume de retenir les eftrangers qui: pañfent atin qu'ils deen Efpai- 
ent & donnétfentence fur leurs difcordes, & faut que ceft arbitre-fer-$/#. 


de grefier,& de iuge: tout enfemble. La nouriture de. ce peuple n'eft Beffi[e des Ma 
re delicate;côme de ceux qui viuét defärine d'orge deftrépée en l’eau 27#ens du 
sillâte & cuite auee chair de Bouc,du ‘plus vieil qu'ilsayét,& de celuy plat puis. 
ne vaut plus pour les troupeaux. Apres font ceux de Guzule Prouice ?###7emotr- 
peuplée & cofinât vers le Ponâtau Royaume de Suz, & vers le Septé. ”##re de ceux 
au môt AtJas, & tirât à l'Orientelle auoilineles Heans. Les hommes de Maroc, 
nt fort beftiaux, & ce nonobitant ayant des mines.de fer, ilz en font Gazule Pro- 
vafes affes gentilement elabourez,que ils troquétauec des draps;che #/#° © Jon 
efpices, & autres chofes à eux neceffaires és foires & marchez des affiette, 
 vofins, où ils n'ont gardede faillir.. Les habitans n’ont aucun Sci- Mœurs faro:s. 
ur ,ains chacun eft Roy en à maifon , qui eft.caufe que toufioursilz 5 des Gu- 
endiffenfion, & font fi acouftumez à la guerre que leurs trefues Ten. 
Jurent jamais plus hault de trois iours la fepmaine , à quoy ilz font fermé des 
traintz à caufe du trafic: maisfe rencontrans,les trefues eftant expi- GuYaliens. 
fe maffacrent reciproquement fans refpeët d'aage, ny de fexe quel- / uffice nata- 
que.Les Guzuliés ont pour tout veftement; de certaines chemiles de le des Gun 
> faites enhoquetons fans manches, & affez eftroites par lecolet, & Liens. 
efte,ils ont des chapeaux faits de fueilles de Palmiers. Le iour deleur 
& marché eft gardé fi folennellement, qu'il n’y a homme fi hardy 
ofaft meffaire à vn autre, tant fuft-ilfon ennemy , à caufe qu'il y a 
apitaineefleu de toutes les parties,quieft füur-intendant aux crimes 


Mis durant le trafic, queilz puniffent félon la srauité du forfait: mais 


arcins y font punis de mort, fans autre formede procez, maffacrans 
rron-auec vne efpece de Pertuifanne queilz portent pour ce faire, Pucale reçiÿ 
aiffent les corps morts, & pour exemple, & pourferuir de pafture d’_4frique re 
beftes & oifeaux de proye. Ainfi quoy que ce peuple {oit brutal,fi gardat Made 
te ceux qui rompent le lien de paix, és atfemblées faites‘pour le ze, «> feffen 
fit, & neceflité de tout vn païs- dt prefque 
Voyfins des Guzuliens, font ceux qui habitent en laregion Ducale, s1/74'anx Ca 
versie Septentrion regarde l'Occan Atlentia rareilleeleua- narres, 
quel'Ifle de Madere : où-le peuple eit maling, vicieux, ignorant Fuço de vi- 
bitant efpars çà & là, à caufe queil y a fortpeude Citez, vnies- & wre de ceux de 
cécs le pais ion ferul à merucille en grains, fruits, & beftial, les Ducale, 
es aflez gaillardes, mais: plus fuperbement veflues. Leroy de Por 
plus parmdece païs ef à prefent fubiect au Roy de Portuga',& ce rugaltient en 
is que ilfeft fait Seigneur d'A zamor , où il enuoye gens à {à pole, effroy La regio 
tplufieurs fortslelong dela marine, comme celuy quicommande Durisle, 
que de.ce cofté à toute la cofte d'Afrique furl'Occan. M.:dere pre- 
yant parlé de l'Ile de Madere, ie ne peux dire rien autre cas des micremer he 
jurs des habitans, que ce. qui fera dit des Portugais enleur lieu, entant birés par les 
Li T Tertuzuu. 


7 


€ 


LIVRE; PREMIER 
a que ce fonteux:qni les premiers l'onthabitée, veu que au parauañt,iln' 
Quelles fort anoit vn feul poucé de térre prefquequisne fut en boys,tellemét que cew 
Les Ifles*que qui y vindrentau commencement y mirent le feu,-pour ofterces bofc, 
lesateiens ges & rendre le païshabitable ainfi qu'il eft à prefent. Ainfi auant qu 
nommoyent : pafler le Tropique d'efté,pour voir lesterres d Afrique tirans vers l'Eq 
Fortunces. … feur,ilnous faut vifiterices Ifles tant chantées par lesanciens,fouz le no: 
d'Hefperides& Fortunées,& lefquelles à prefenton nomme Canari 


ifant! 
mais 
rercice 
nez de 
sont 


Dffefio 


r'eurquy fa non du nombre des Chieus nourriz,outrouuez enelles mais pluftoft à > volo: 
pellent Cana- plus grande de fept qu'ily en à de voifinesf'apelle Canarie , de laquelle f'affe: 
ries.Nom des toutes les'autres ontsfté aini baptifées. Or les quatre fonthabitées nd, & 
IflesFortunees Chreftiens,defquclles les noms font tels, Lanzalotte, Forte-auanture, es faite 
Gomere, & l'Ifle du fer:lestrois ont le peuple Idolatre,apelées laCanariré, & 
Seign.des Ca Tencriffé & la Palme,des mœurs des habitans defquelles ie veux difcodbrer & 
naries idols- rir,n'eftant fur le propos de la defcription du païs,ains feulemét de la mnt, & 
tres comment niere de viure des hommss.Or lestrois fufdittes gouuernées par les 14ies plus: 
fint'eréex..  Jatres font fortes & fi bien gardées,que iamais les Chreftieas n'y ont fB/potz 
donnerattainte,tant pour en eftre le peuple vaillät & farouche,que poils picrr 
Ærmes des l'affiette difficile des lieux, & afpreté des haures,& Plages prefqueimpolhi cfto 
_Canariens. … fiblés à les acofter. Or ce peuple qui refte idolatre cit fcigneurié par ne » que 
pelfement des feigneurs qu’ils appellent Ducs, lefquels y viennent:non par fuccefli ftes & 
Canariens ins par force emportant celuy la principauté, qui a le.plus de puiffandins qu'à 
*entre-tuans furieufement auec des pierres & iauelotz,qui en lieu def u'il ne! 
Oïçnemens ont d'vne forte de corne forte & aiguë pour armes, & où cecy n'eft polices prer 
des Infilaires jls bruflent Le fit par vn bout, le rendent ainfi offenfif;comme f'1l y adRerbes qi 
peur f'endur du fer bien peintu.fls vont prefque tous nuds,fi.cen’eft quelques vnsqhz cxprin 
sir la peau. faffublent de quelques peaux de Cheures en mettans vne deuant, & proie, 
ouleurs 


autre derriere: & a fin d'édurcir leur cuirmefine,ils vfent du fuif de Bo 

Maïfons des auec le ius de certaines herbes à eux cogneues propres pourtel cffc&, 
Canariens. … de ce meflangeils f'eignent le corps,qui le leur rend plus dur a fin def 
quelles. Piures porter les rigueurs du froid, quoy que il n'eft guere vehementen ce} 
des Canariens Ja, eftans pofées ces 1fles fur le-midy, & non trop efloignees du Tropiq 
d'efté, Ces Infulaires ne baitiTent villes, Citez,ny maifons,fe contentä: 

Canariens creux, & grottes des montaignes,où fe retirans auec leur beftail fe dc 
rangement dent de toute iniure du temps, & incleméce celefte.Leur viure eft dep 
idolatres.  d'orge,chair,& du l'ait deCheure,defquelles ils nourriffent degranst 
peaux,& quelques fruiéts,& für tout de bonnes figues. Ile n'ont auc 
Mariage des certitude de religiô,ains adorent les vns le Soleil,d'auties la Lune, & 
Canariens, … cun fe forge vn Dieu tel qu’il luy vient en fantañie. Orne foncils fi 
ftiaux que-d'auoir communauté de femmes , veu quélemariagea PE" 

Filles ne fint entre eux;bié cft vray que chaeun en prendtel nombre que bon luy Blain, & 
efpoufees vier: ble:& iamais vn Canarien(i'entens des dolatres destroisifles) nel ortent cq 
£espar leurs feroitvne femme que premierement le Seigneur du païsne l'euft der omme le 
marys ains le celléc,accomptans cefte Aueur à vn grand auantage pour eux; fi le Pri euies, ] 
Seigneur les couche vne nuit auec leur efpoufe.Or ont ces idolatres guerre.côtin@" nt hon 
dre Je aucc leur voifins Chreftiens des autres Ifles , & en prenant quelqi ‘UT POrt 
vns, ilz he les tuent point, penfant les tourmenter d'auantage |; els 4 Le ’ 

À la le res, p 


ucil ha 
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 Canarie 
luftoft q 
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s1aCanar 
eux difco 
ét de la mi 
par les Il 
y ont fes 
1c,que po 
fqueimpo 
arié par n« 
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le :puiffand 


n lieu def 
y n'eft poi 
ne f'il y aut 
ques uns 4| 
uant, & 
uifde Bo 
el effet, 
r a findef 
ntence p 
du Tropiq 
contentäi 
ail fe def 
recft dep 
o cgranst 
h'ont aulc 
Lune, &t 
oncils {1 
riagea pl 
bon luyi 
es) n'eipi 
l'euft dei 
xfilePri 
rre.côtin 
nt quel 
age :; nf 
la 


| DE L'AFRIQUE. 25 | 
sant la vie, & Les employans à efcorcher les Cheures qu'ils mangent,e- C ondition de 
mans ceft office comme chofe vile & infame, & les detiennent en ceft cr que les 
rercice , iufqu'à ce qu'ils ferachetent, & ainfi ils ne font. pas tropefloi- C w#Naries pré 
Lez de courtoilie, quelque farouche naturel-qui femble les ir diet en guer- 
s ont vne elträge couftume de fäire,lors que vn de leurs Seigneurs préd 7°. 
ffeflion de fa feigneurie ;.car:il fen trouue toufours quelcun qui fof- 54% rifce ve. 
> valontairement à la mort pour honnorer la fefte,au iour de laquelle lotasre d'ho- 


S f'affemblent für vn tertre, & hault rocher, voifin d’vne vallée fort pro- ##5 aux fol 


nde, & là celuy qui fe doit facrifierluy-mefmeapres quelques ceremo- #4fex, de le 
es faites & parolles propofées, fe precipite du hault en bas ,.& eft def- creatiod'un 
biré, & rompu en cent mille pieces . ‘LeScigneur auffi eît obligé d'ho- #2##4# S (7 
brer & entretenir, pour recompenfe de ee feruice, les parents du def- gneur. 
in, & les-tenir les plus chers qui foyent à fa fuitte. Ces Canariens font Canarsens 4 
s plus adextres ,agiles & legers hômes de la terre, couräs:vifte, & auf dextres, forts 
fpotz que Cheureuls, fautäs fur les rochs tous pieds nuds,fans craindre ©” légers 
s pierres aigues des mütaignes,ny la durté desterres, & faifans des faults 
i eftonnent la veuë de ceux qui les regardent :fi adroits à ruer les pier- 
, que vifans à vn licu ils n'ont garde de faillir d'attainte, &f5 fortz, ro- 
ftes & ouiffans » ayans les bras fi nerueux, & les poings fi roides, & pe- 
s qu’à coups de poings ils defpeceront vn pauois,ou bouclier, pourueu Cansriens fe 
ul ne foit point bandé de fer. D'auantage hommes & femmes en ces paignent le 
es.prennent grand plaifir à fe paindre la Chair auec le ius de certaines corps pour 
erbes qui les couloure de rouge, verd & iaune, & auecces ornementz Jembler plus 
zexpriment gaillardement leurs affe&tions ; & donnent.indice de leur branes 
goiffe,ou ioye, tout ainfi que par deçà nous en vfons par le blafon des beaux. 
ouleurs : & en fomme ce peuple reffent bien le naturel farouche du païs .47anaghes 
que il habite, lequel bien que fait fermille, fi reffent il fon.horreur & foli- brurawx peu. 
ude à caufe de l'afpreté & hauteur des montaignes. | ple baYane. 
Reprenans kterre ferme d'Afrique, & pañfé le Tropique d'efté tirans se à Æ 
ers le Pole Antartique > or voit le païs des Azanaghes peuple beftial & Zanaghes, 
roflier ,abreuué toutesfois quelque peu desfolies du Mahomctifme ,à fort pauure, 
ufe que les Arabes y frequentent quelquesfais.Ces Azanaghes ne font e- fobre. 
Bu tout noirs ains bazanés, Ne mt & errans parle-defert , viuans de Ft/femer des 
Dates & lait de Chameau, aifans petite & fobre defpence, & fuportäs ia . Lz,an4- 
im, nature pouruoyant ercela à la faulte que bien fouuent ilz ont de ghes. 
iures.Ce peuple eft fort fimple & fot, quoy:quecholere & furieux , & 
porte ordinairement vn linge entortille fur la telte , vn bout duquel leur 
pendant fur le vifage leur couure la bouche ,-qu'ils eftiment chofe fale 8e 
ilaine,& indigne que ontienne à defcouuert,à caufe que c’eft d'elle que 


Dortent continuellement des ventofitez & mauusiles odeurs, & qui eft 


omme le lie purgeant les excréments,tout ainfi que font les parties hô- zes _ dx 4m 
eufes, Ils n'ont:Roy , Prince, ny Seigneur qui leur commande, feule- ghes dfrment 

enthonorentilz (inftiguez de lanature) les plus anciens , & riches ,& Le boische w5- 
eur portent quelque refpect, & obciflance: & font gens fort pauures , buse «> 


hrrons, menteurs, & traiftres fi laterreen porte : d'aflez bossetaille, pos, px. - 
maigres, portans lescheueux iufqueaux efpaules, quels cignent tous les 
G 


LIVRE PREMIER 


Trafedes … ours de certaine compofition non guere bien flairante, mais en laque 
A ansghes ilz Le plailent,tant font diuerfes les apprehenfions, & fantafies des ho à 

mes. Ces peuples des Azanaghes,qui fôt du Royaume de Mely, ne bar 

ct n'vfent de monnoye eselconque, et ne fen foucient non-plus quedl 

rien, ains tout leur cas je pañfe au trafic par efchange , vendans l'or 
remmés Æ- poids, duquelilz ont en abondance , et prefque du meilleur qui foit 
umaghes en toutle monde. Leurs femmes font bazanéez et mal veftues , fans por | 
quypeline ter aucune chemife, et font celles là eftimées les plus belles entre cllell 
éffre belles. qui ont plus longues tetafles, qui eft caufe que dés que les tetins Icur ci 
mencent à poindre et à fe haulfer, elles ne ceffent deles tirailler , etil 

ferrer, afin que croiffant la chairen cefte partie,elles puiffent eftre adm 

rées comme les plus excellentes et rares en cefte perfeétion de beauté, | 

rlenue de Se. Dalle le païs des Azanaghes, on vient à laterredes noirs, eftant fi 
nega nommé la feparation des Bazanez etes noirs par legrand flcuue de Senega, pli 
Nigereff mis les anciens nommé Niger, et la fource duquel on tient proceder du mciil 
en l'interieu. me lieu que celle du Nilayant pareil flux, et reflux que le fieuue Eg;l 
re Lilyepar ptien , arroufant , et engreffant par mefne moyen les terres » Ct nou 
Ptols. lin 4. riffant Crocodiles, et toutes belues, et monftres aquatiques que on voi 
ch.6.Table au Nil ordinairement »et à caufe de ce fleuue, tout le païs eft non 
d'Afris. 4 mé Senega : regardant vers le Ponant la grand mer Oceane , au M 


Les peuples le Royaume de Gambre, & versie Septentrion cft celte grande riuis 

ont nomez, re, quile fepare comme diteft des Azanaghes, & donne commencl 
Nigrites& mentaux païs qu'on à nommez dencftre temps la bafie Ethiopie, 
canfe duflen. Le peuple de ce pañs elt riche, & füier à vn Roy, lequel y vient pal 


ne par Mele. cle@tion, & eft choili dela plus noble race que 1lz fçachent trouuerl 
3. ncantmoins fon autorité n'eft point ferme , ny afleurée: eftant celui 
Æfiete du quiregne toufiours en.crainte d'cftre ou mafiacré , ou chañé de fon goui 
Royaumerde uernement. Ce Roy n'aauçunes daces, tributz, ny gabelles Jeuées li 
Senega. le peuple, ains vit pour le plus de; prefens que luy font les Seigneurs c4 
Le Roy de Se. païs , & des pilleries queluy-mefine faitauec fes efciaucs, & du labeill 
mega fast par de fes terres, defquelles iltire vn grd reuenu pour le nourrir & tenir ci 
cleétron.  eftathonorable : Luy eftant permis detenir tout autant de fcmmes c18 
pie du Roy de bon luy lemble, lefquelles font logées chacune à part, syant des ter: 
ces noirs, aflignées px le Roy, pour leur entretien & nourriture. Etes allaat v 
Mariage,g> ter, Chacune cit tenue du fournir la deipence , éc le défrayer tant qu'il 
mefnagedu meure aucc elle: & dés que vne eitenccinte, il n'y vaplus tant que «' @ 
R2> deSene- foit deliurée, qui eft caufè que changeant ainfi de paiture, ilz ont vi 
ga. infmte d'enfans pour fucceder, nonau Royaume, mais à ieurs terre)à 
Les Noïrsde feigneunes, & patrimoine, Ee peuple y eft Mahometan mais nor 
Senega Mu- pas de plus fins, & arreitez en celle fuperilition que les Mores blar fé 
bometans, d'autant que ilz n'ont qui les ÿ inltruifé, & aue ce que ilz ne tiennifii 
pas grand compte,mefinement depuis queles Chreftiensy frequenten 
Ces Noirs vont tousnudz, fors que ilz portent comme va hault dt né 
poftemêt des chauiles de cuir de Cheure, pour couurir leurs parties honteutes, m1 
Vars, les grands fe parent dechemifes de Cotton que fs femmes filenc 5 41 
font des draps larges de demy pied, & les couivit enfembie Les vou 


104 


DE L'AFRIQUE. 16. 
ne mettre en œuure pour quelque abillement.Les femmes vont toutes 


ais en laque à ertes de la ceinture en hault, mais en bas elles font couuertesd'vn 

sieur Ron krit drap de coton ceint à trauers, qui leur pend iufqu’à myiambe , le 

Mely; ne ba itenud , & en la tefte ne portent autre cas que leurs cheueux treffez Havas 
on plus que, mignotement, & liez en diuerfes fortes, & façonnez auec des entor- . ‘7 
endans l'or lements qui leur donnent affez bonne grace. - Ur 
leur qui{oit L Lis mangent fort falement,fimples,& fans grande malice grans parleurs 

Us per ayans toufiours quelque cas à repliquer , & par confequent menteurs Noirsfort 


poflible,entant que en vn fi long babil il eftimpoffible que le menfon y 4}, 
y manque, grands trompeurs, iaçoit que au refte ilzfe monftrent affez ' 
Bricables,ne laiffans patfer vn cftranger,auquel ilz ne donnent vn re- 
en leur maifon,ou ncle logent courtoifement pour vne nuiét, fans. 
vouloir aucun payement,ny recompence. Ilz fe guerroyent en fem- 
 & ne pouuans viure en paix vont aflaillir leurs voifins faifans leurs 
erres 4 pied,à caufe que les Cheuaux ne peuuent guere viure en ces 177% de 
crées: & n'ont autres armes ofenfiues que zagaïes, & iauelines ayans “#7 desenes 
pied de fer tout cramponné,& fubtilement elabouré à petites poin #- 
ot nuifibles, & leurs efpées femblent des Simeterre, Turquefques, 
Fque ceux-cy font tous de fer, fans qu'il y ayt vn brin d'acier, 
eursguerresne fe font fans grans meurtres, & effufion de fang, veu la 
e des armes, & qu'ils vonttous nudz au combat, & que eftant hardis 
rutaux,iiz ne ruent guere coup qui neporte : & font fi affeurez que y vos ds 
or que ilz voyent tomber leurcompaignon,fine monftrentilz poiat Senega bons 
ul brin de craunte,ny de couardife. Au refte c'eft le peuple le plus 
lard à lanage, & à puifer les leuucs , que on puiffe gueretrouuer en 
leinonde. En ce païs, quoy que hors la puiflance & iurifdiétion 3,,pnie> 
oy de Senega, font ies Burbarins, & Sereces,lefquels fuyent de fa- Seretes fort 
kuir à fcigneur aucun, cra gnans que on leur enleue leurs femmes &en je 
, cho familiere aux Roysd'entre les Noirs, qui font argent de 
te clpece de denrée. C3 hommes font fort cruclz & idolatres , fans 
ne autre loy , que celle que leur ordonne leur fitafic:expers en guer 
& L'aycans dextrement de l’arc,auec des faictres enuenimées: & ne füt 
Mis d'aucun à caufe de l'impoflibilité de l’aproche de leurterre , qui 
oute en lacz,& mareltz, & de toutes partz marcfcageufe, Paffé ce 
Ron vaau Kovaume de Gambre , où eft le Promontoire que noz | 
ver Tant QUE tes anpcllent Cap rouge ,où les gens font fi plaifans & courtois qu'il ‘”##* FE jHE 
US NE QUE. ue imposfible que on les acointe,tantilz onten deteftatiun l'al- teur. 
MC; ile OV des eftrangers. [z font Idolatres,& grands forciers,aiouftans Foy 
sa ieurs TT harmes,& enchantemens, & autres folies qui dependent de l'art, & Gaæmbrieirs 
aetan MAS Os de Sathin, & toutetois confeffent vn Dieu , plus grand que touts forsiers ex 
Mores blanc es Idoles.ncantmoins y ail plufieurs qui füuiuent la loy deMahômeth: 1dolatres, 
iz ne uen ES Viure,cit (blable aux fiçons de ceux de Senega,fors qu'il ont plus 
y Hrequente dy, & qu'ilz fe repaiffent de chair de chië, viande non acouftumée par Gambriens 
e va hault Co quelconque. Suiuant cefte cofte,rafant l'Afrique, & doublétaucap menress La 
ONtCUIES , P'SSSPaimes vous entrez au Royaume de Ja Guinée,& voyez les païs de Chrens, 
pes Die nt ogeite, Benin & Manicôgre,où {clon la diuerfité des peuples vous y 
smbie les vous  Gij 


1 


tetins Jeur cif 
tirailler , cti 
ent eftre ad 


de Senega, p 
ceder du m 
e fieuue Egy}l 
res > € OU 
ues que on voh 
: païs eft non 
eane ,au M 

e grande riuis 
ne commenc: 
ithiopie, à 
quel y vient pal 
chent trouucrii 
: cftant cel 
afé de fon go: 
elles Jeuées l# 
es Scigneurs ci 
s, & du labeus 
rrir & tenir «il 
de fcmmes quil 
cyant des ter: 
tles allant vil 


ne hr. Se 


Gambie Rey 
AU 4j 


? LIVRE PREMIER os 
voyez auf verieté en leurs a&tions;& manieres deviure,les vns füyuan 
. . la Foy del'Alcoranifme,& la plus grand partie fadonnans à l'adoratio 
ps adirez, de ce qui fe voit & des bafles creatures.Tellementque leurs Roys-fon 
4 l'efgal de adorez du peuple:qui croit qu’ils foyent defcenduz duGiel, & ainfi qui 


Dies. on leur parle,c'éft auec-grand reuerence,les faluant de loing, & mettais 


.… les genoux à terre. Auffi ces Idoles Koyales;afin d'éntretenir le: peupl 
Les oleileSti en ceftebeftiale opinion de leur diuinité', ne veulenteftre veuz en mani 
mé Dies 4%. geant,ains prennent plaifir que leurs fuicts les-eftiment pafler leur vie fang 


Royaume de manger ny botre.Or eft leSoleil leur grandDieu,& croyent que les ami 


Jenin.Fune- fontimmortelles, & quelaiffant le corps elles vont loger auec le Soleil,& 


rtilles des: ce font ceux de Benin ,quifabeftiffent en cefte fantañe, voire. obferuerf 


Roy: deBenin vyne cftrange ceremonie quand leurs Roysfont decedez,que de faffe 
bler en vne campaigne, où ils font vn puits fort large par le pied » & «4 
Aômes [ef ftroilfiffant iufqu’au fémets,où ils defcendentle corps du deffun.. EH 
crifians aux apres ce les plus fauoris, proches parents & meilleursamys du Roy tre 
ombres des paffé, fe laiflent de leur bon gré couler dans ce puits, pour tenir compa 
morts, gnic à leur maiftre, leur tournant à grand'honneur, & auquel tous ne pe 
… uentafpirer,de fuiure leur Prince en l'autre monde,tellement que les p 
Effrange do miers qui meurëten ce foffé font cftimez les plus heureux:& ceux qui aÿl 
latrie déceux moient mieux leur Idole RKoyalle.Les noirs de la Guinée ne font fi aff! 
dela Guinée rez enleuridolatrie, veu que tous les iours ilz changentde Dieur, f'arral 


ftans en l’adoration de la premiere chofe qu'ils rencontrent le matin fon 


Noirs de Gui tans de leurs maifgns, fuft elle fenfible,ou fans ame ny fentiment, de fon 


née defirdon quetelles fois vous verrez l’vn faire fà priere à vn Lezard l’autre à vn ojll 


nez. auboire feau,ceftuÿ à vne pierre, & l'autre füpplier vne Grenoille, & le foir ver 

CQ* manger. tous ces Dieux font hors de cartier pour donner place à ceux qui l’endi 
main feront en office. Ce peuple en general eft fort infolent, &. defordd 
né en fon boire & manger; failant plufieurs repas le iour :, & fengorgeal 


Remede dés de viande &.du vin que font de Palmes : & quoy qu'iiz foyent ain/i 
1 


maladies des "foluz & gourmans, fi font ilz de fort longue vic,tellement que plufieul 

Guineens.  viuent fains, & gaillards,iufqu'à l'an centicfme de leur aage, Quelquef 
ils fe fentent indifpofez, & pour l'inclemence dû Cielattains de quelq 
legere ficbure;mais pour remede fouuerainils f'aident de Phlebothomk 

Peres vendet 8 dés que la veine leur a eftéouuerte;ilsnefaillentd’eftregueris.. | 

leurs enfans..… Ces peuples font fi badaultz,que pour peu de chofe , les peres, & ni 
res vendent leurs enfans, que les Portugaisachetent pour f'en feruir 

: Jabourage des terres, & iardins,et autres affaires es .Lfles de faint Iaque 
Druerfés fai- faint Thomas, & autre qu'ilz ont en ce pays là,efquelles en certaines {à 
Jons pour les fons, ceux d'Europe falchez de l'intemperie de l'air; n'ont aucun cfful 


blanc, @: pourtrauailler en forte quelconque ainfi que en d'autres temps de l'% 


pour lesNoirs née, lors c'eft à fçauoir que le Soleil f'efloigne d’eux;etnous aproche, ll 
és iles feux, Noirs fentans le froid, fouffrent vne grande alteration de leur gail!ardi 
l'Equateur . fe fanté,et bonne difpofition. EN 

Ainfi les Blancs fe portent mal en efté, les Noirs font à leuraife, et tri 


uaillent,les infirmitez defquels les aultres fuportent,durant le froid ci 


ct le foulas de ceux qui font voifins de noftre Paule.Les autresNoirsc 


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x le foir ven 
x qui l'endé 
| &- defordu 
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que plufieuf 
Quelquef 
s de quelq! 
lebothonii 
pucris.. À 
peres, & mi 
r fen feruir 
» faint Laqu' 
certaines li 
aucun cf 


emps de l'a 
s aproche;l ï. 


eur gaillar} 


raife, et tr 
le froid, 
tres Noitse 


ae qu'habitét ces Troglodites defquels auôs parlé cy deffus, & que noftre 
| « . . . . = 0] 
teur à recueillis des liures de Diodore,côme ï'ay tout ce mien difcours 


DEL'AFRIQU'E. 27 
rentversl'Ethiopie;& les defertz,de tant ils font plus efloignez dé la fie 
uentation des”eftrangers; aufli font ils plus D ad beftiaux,allans Or; € 47ur 


buts nudz,& ne paroiffans cftre nez que d'hte feruir de paffe-temps;tant abôde en Gui 


x Africans & Mores blancz,que Chreltiens qui courét ce païs pour en néeMeligette 
rer l'or, & l'azur qui y croift en abüdäce,& c'eft pourquoy lericheRoy € Be, 


Le Portugal, f'eft fortifié en la Guinée, & left faify duCap à trois pointes. 
eux du Royaume de Mani- congre font de parcilles mœurs, & aufli be- 


jaux que les deffufdits, & de 1à iufque au Cap de bonne cfperance, n'y a Mans-con- 
euple qui foit guere venu à noftre cogniflance , pour-ce que ceux qui gr##s 1dolu- 
t voltigé le long de la marine n'ont entré guere auant en terre ferme, tres. 

ui eft pour la plus part deferte,ou habitée d'hommes fipeu acoftables.. 

u'onne fçauroit rien dire de leur fiçon de vie, & moins quelle religiô 

ft-ce qu'ilstiennét que ie penfe eftre aufli fainte , que de ceux qui font Cap de bonne 
puz pareille eleuation du cofté du Ponät,à fçauoir fans opiniô de Dieu «/ferance fin 
cognoiffance de loy,ou ceremonie quelconque : & pour cefte caufe d'_4frique 
bus doublerons le Cap de bonne efperance pour vifiter les peuplés A- du coféau- 


icis qui font en l'Oceä qui regarde les Indes, & aproche le plusle pas fral. 


l'Orient.Entre lefquetsles principaux font lesCefaléés affis droit fouz 
Tropique de Capricorne,riches en mines d'or,aflez courtoys, & acofta 
les, à caufe des marchands qui y abordent d'ordinaire de toutesles par- 
s du monde, & font idolatres,quoy qu'il fy trouue nombre de Chre- 
jens Juifs, & Mahometiftes.Comme aufli fait en Quiloa , au Royaume 
pMelinde, voifin de l'Ethiopie,& droit fouz la ligne Equinoëtiale : au. 
bel eft contigue la terre de Mombafe où le peuple vitaffez honorable- à 
ent fouz la diuerfité des opinions de religion non affeuré ny au Maho- 
etifme,ny à l'idolatrie, & participant de tous les deux: & c'eft dece co- 


efale Royan 
me African 
decouvert de 
notre temps 


l'afrique,ainfi qu’elle fe comporteà prefent de ceux qui on voiagé le 
png del'Ocean, & ont mis pied à terre partoutes ces nations , & y fre- 
uenté les peuples, cogneuz leurs mœurs,cxperimenté leurs douceurs,ou 
lonnie,& goulté la difference de noz Climatz,auec,l’intemperie ou cle 


Quiloa, Me- 


linde Proun 


Bince de celle partie delaterre tant efloignée de noftre Europe, & font + ;iches en 


ss auteursa fin queie ne les fruftre de leur hôneur, & ne fois vfurpateur ines d’ 

e la gloire qu'ils meritent pour auoir trauaillé,les Seigneurs Lean Leon uit à 
rican, Americ VefpucceFiorentin,LouysCad emoîfte, Pierre de Sintre , 

puys Bartheme Boulongnois, & d'vn excellét Pilote Portugais quiont | gyreurs def” 


& ce bien à la pofterité que de luy eclerci à pei 7 
p q y eclercir ce que fans eux à peine fut quels el tiré 


' . . . 
Bruenu à noftre cognoiffance.V oila donc Pafrique , & mœurs du peu- eue. 


qui font en elle,;auec prometfe que ie fais,que là ou l'auteur me fem- 
cran'auoirtouchéles chofes de noftre aage, d'y donner attainte & con. 
nter l'apetit honnefte de ceux qui liront ce recueil. | 


Fin du premier hure. 


Gi} 


L a LCR à 
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à 
= À: 
D) 27 2 
)) à 
i 


P | E ELU du S ge 
PAS Ne DAT EX 


LIVRE SECOND 


DEL'ASIE.ETPEVPLES PLVS] 


renommez contenuz cnicelle, 

æftendue de 
bUAfie.poy .Chapitrepremier. 
Strabon li.x. 


Pomponie. NIMES 
Mel.lurxe Lai qu'onafuit detoutelaterre , ainfi iadis apellée du nom 


Orfe lines. CNE Pde la fille de l'Ocean,&T'hetis, femme de Tapet & mere 
chapitrez  [K (2/8 de Promethcé:ou comme aucuns eftiment elle euft ce 
oc,c'fl a pre QE An) A nom d'Afie fils de Manée Lydien.Cefte cy f'eftent dés, 
feat merde: SLR Midy le long de l'Orient,iufque en Septentrion, ayant 
Cathas. pour borne vers Occident lefleuue du Nil,1aTane, & la mer maiour 


Mefüure du ou Pont Euxin,& vnepartie dela mer mediterranée,& de tous les au- 


mont Taure _trescoftez , elleeltsrroufée du grand Ocean, lequel vers l'Orient f'a- 
qui félon fe pelle Eoë,qui eft à dire leuantin,vers le Midy porte le nom d Indien 
diutfion « auf ou mer de Cam'aie,& versle Pole Artique, cft nommé Scythique. 

fdiuers noms Laterre fermé eft aucunement partie,et diuifée parle mont Taure. qui 
toy Pline li. s'eftend d'Orient en Occident, en faifant courir vn de fes bras vers le 
27.7 ‘Ponant, & l’autre qui regarde comme par pointe les parties meridionales 
Solinch.4t. & ces deux parties du môt aportét (ielon la denominatid des Grecs)i'vn 
€ Mele 11e n6 d'interieure,& l'autre exterieure. Cefte montaigne peut amoir de 
Æuant que largeur en plufieurs lieuxiufqu'à trois mille {ides , & de longueur, 
ffauosr les autant prefque que toute l'Afie à fçauoir 45900. ftades depuis les rines 
bornes d'Æ- de l'Ifle de Rhodes, c'eft à dire du bord de la mar regardant la dicte Ifle, 
friqueonle  versl'Qccident,iufque aux fins, & derniers limites des Indes , & des 
pouusit dire, Scythes qui aduifent la fin de l'Orient.Etcommeilelt grand ,aufñi a il 


mass 4 presët grande diucrfité de noms felones païs compris en fon eftendus: & fes 
sy à à diffu. parties eftansles vnes plus grandes iles autres moindres en leur contenu | 


fer, & grandeur.Or tienton que l'Alie eft de telle grandeur ,& comprend fi 
Diuifio d'A grande efpace de terre qu'elle feule en embraffe plus fouz fon nom que 
rabisen tri ne font ny l'Europe, ny l'Afrique,encore qu’on y comprenne la mer qui 
piyPtell.s. arroufe les deux. L'Afie elt{ouz vne grande temperature , & ferenité du 
e.27.19. @- Ciel;ayans les terres graffes & fertiles : & c’eft pourquay ellecft abon- 
L.6.c.7.8olm dante en toute forte, & efpece-d'animaux.Or ducofté qu'elle regarde l'A 
chapitre. 36. frique{comme elle ayt plufieurs & de bien fort grandes & riches Prouin 
De l'heureufe ces qu'elle contient & embraffe)gift l'Arabie diuifée en trois partics, le 
voy Pline li. quel païs eft afis entre les regions de Iudée,& d’Egypte,ainfi que Pline 
6.c'4p.38. 1e racompte:l'vne des Arabies,ditte pierreufe & enclauée du cofté de Se: 


Sre eft vne de trois parties felon'fancienne diuifionk 


pe 
‘auoifi 


y qui co 
u'len fo 


A 


: diuifion| 


c du nom 
« & mere 
e euft ce 
tent dés, 
pn , AY ant 
+ maiour 
1s les au- 


rient { a- 


 d'indien 
hique. 
aure. qui 
hs vers le 
ridionales 
récs)i"vn 
avoir de 
ongueur, 
les rines 
dite Ile, 
, & des 
aufli a il 


ue: & fes | 
contenu 


nprend fi 
nom que 
a mer qui 
srenité du 

ft abon- 
garde l'À 
es Prouin 
artics, Le 
que Pline 


fté de Se 


DE L'ASIE. : 28 Rhsdigin!i. 
tentrion, & du Ponant aueclaSyrie,& a de front l'Arabie deferte qui 10.6h4.33. 
‘auoifine, & vers le midy elle voit cellequ'onnommeordinairemétl'A- 
rabie heureufe .À ceftediuifion il en y a qui aiouftent comme dependan C'éfe# rabe 
ce de l'Arabie heureufe les Panchaïens, & Sabéens: & futnommé ce piïs eff dif par 
ainfi d'vn certain fils d'apollon,& Babylone qui f'apelloit Arabe. Le païs Berofe fils de 
Arabic feftendant en long & en large,contenoit aufli des peuples de di- Curpsre des 
uerfes humeurs & fçons de vic, & ayans grande varieté quant à leur re- Cureres. 
igion, & ceremonicsinourriflans leur cheuclure,& portans des mitres, & 

urbans auoient la tefte ccinte & liée tous d’une pareille & femblable fa- Des mæurs 

on,& partic defquels fe faifoient couper, & raire leurs barbes.Les arts,& des anciens : 

eftiersne font apris parmy eux confufément , & tout ainli que parmy -#rabes vy 
Lous,ains faut que chacun fuyue l'ast,& vacation defes parens &e ance- Divd.Sicill. 

res.Celuy qui eftoit le plusancien entre eux emportoit la préeminence, 3-#fige. ra. 
L Les autres eftoient tenuz de luy obeïr,et n’auoicatrien de propre, ains 

s biens eftoient egallemrent poffedez par toute vne race et famille ; et 

fquels tous fe contentoient d'vne femme qui leur eftoit commune. Et 

y gouuernoiét en ccfte forte:le premier qui entroit dans la maïfon pour 

ointer la femme, laiffois fon baîton à la porte et alloit paffer fa fantalie ET 

cjour,ear la nuit elle couchoitauec le plus vieil de la troupe,et ainfi ils ”P#dicité 

oienttous freres enfemble,ne refpeétäs non-plus leurs meres, & fœurs des Arabes. 
ue font les beftes brutes, & fans raifon. Et d'autant que celuy qui f'ac- 

ouploit auee femme quine fat de fon fang eftoit crime d'adultere , ce- 

y quicommettoit vne telle faulte eftoit condamné à la mort : et quoy 
u'ilen foit lesenfans qui fortoient des parens & domeftiques eftoient a- 

uez pour legitimes. Leurs feftins & banquez fe faifbient par lenom- 

caccomply de trente,où afiftoientdeux bons muficiens pour le plai- F#774et des 
r de la troupe: & les parens{'entreferuoient courtoifemér les vns les au- 475475 474 
es. Ils ne féfouicioient de fortifier leurs villes,à caufe qu'ils viuoient en Per. Sc/éme 
aix & fans auoir gnerre , ny difcoréleà perlonme. Ils vfoient d'huile de efloit du bled. 
fime par faute d'autre, & au refte leur pais abédoit en tout cequi peut #/#de et mis 
ruir à la vie de l'homme, & y efttresheurcux enfertilité. Les Brebis y «#fre les leg 
rtent Ja laine fortblanche, &treshne,& les Bœufs y font debelle & #5. 
âde ftature,et n'ont point de Cheuaux; en lieu defquels,mature les aide 

les fourniffant de Chameaux.Cefteterreeftfértilleenorargét,etplu Cafe. 
eurs chofés aromatiques, quine fontguere communes enautre païs:l’e- Le latin dit 
in,ct Ie Fer y abondoit,le pourpre; laine; fafran, la racine du Coîfte. les Coffns cencif 
beaux er picces grauées et burinées y efivient portées d’ailleurs. Les 4 dis c09, 
rps des trefpaffezeftoient fans honneur de-fepulture, erceluy deleur v4g#lef.. 
oyeftoirgettéà lavocsic,et parmy les fumiers; eufigne de la grand-re- pe aromats: 
rencé qu'ils Luy partoient Et d'autantque iadis far tousleshommesils 9#e.voyPlrne 
rdoient Jafoy,r'elt en «cite farte qu'ils drefloient lenrs padtes; et con- h#12.6072. 
mionssvoulans fire queique allianceoril fuliult véer de ferment, il y Rletiuc.z 
oit vn qui fe mettoit au milieu des deux quiiuroient;lequeltenant vne 
re aigue en l4main.frapoit.celles des:deux presles grands doigts dans ‘#65 des À 
paulme d'igelle;puis prenanswn petit morcrauidéleurs vefkemens tai. rates ACIONS 


poir du Rogsiéde leurs mains: fept: piçrres là: nufes pour tefinoignage- 


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DA 1 ©. LEVRE. PREMIER ..  , ” 
Vranie Dieux urant laquelle ceremonñie ,il inuaquoit,&apelloit à téfmoings Denys, 
* des Arabes 8 Vranie leurs Dieuxice qu'ayant fait, luy:mefmé, qui auoit féruy d’arbi. 

mais aderé … tre,8&.(cqueftre entre les parties plegeoit;celuy aucc lequel: on Hifoit,& 
prics pallemët pafloit le-contraét 8& conuenanceoit que celace feitauec vn-de !eurs ci- 
par les Naba toyensiou eftrangers,de leurcognoiflance:Etce ferment & pates font 
tes entre lef gardez inuiolables par ceux.quiiuroient cefteamitié & alliance. Ils font 
4/5 es ‘tenait, du Feu auec des färmens du boys de Myrrhe,la fumée de laquelle cftdi 
qu'il effoitné gercule,maisils y remedioientauec l'odeur duStorax & en default de ce 
woy Hdfichie, ils tomboient ende fort grandes, & dangereufes maladies. C'eftoit aux 
.&*. Diodore Yeulz Preftres &'Sacrificateurs derecucillir la Canelle : mais auant que ce 
Sie. l5.4.6.$ "faire ils facrifioiée & immoloiét quelque befte à leursDieux;lciquels ayäs 
Cefle rurame apailez, & renduz propices, ilsfe donnoient-garde.que:leur moiflon ne 
caftoit venus Fuft faite deuantle leuer du Soleil, & ne fe fcit plustard que.de fon cou- 
op Payfanie cher. Celuy qui eftoiePrince& Souuerain entre-eux faifoit le partage des 

é AÆtrues, gerbes de ce boys odoriferant,&aromatique. auec vne.aueline dediée 


@- Hefichie, & confacrée pour c'eft effet, fi qu'vne portion d'icelle: eftoit premiere-| 


e-Heredo.l. ment offerte.oommt difme au Soleil, laquelle fi eftoitdiuifée & departie 
3. d'où cecy  iuftemét,foudair quele prefent eftoit fait à ceft A flre;il.la faififloit de fes 
prég dVra rays,& la brufloit deusnt-tousentefmoignage certain combien ce boys 


nievoy le : uy cftoit agreable. Or ces Arabes eftans rultiques,agreftes &. farouches,| 


méfine. Hero.ceux qui auoient le moins de foucy de fe nourrir delicatemét,mangeoïét 
do.linre.1.  desferpens,& pource efloient apellez Ophiophages, fans fe foigner ny 
“superflitieufe du falut du corps,ny des vertuz de l'ame. Les Nomades, ou pafteurs f'ay 
… cueillste dela dent en leurs affaires de la diligence &trauail des Chameaux, & allans en 
canelle i4dis guerre fen feruoient pour monture, & pour porter leurshardes en tout 
entre les Ara voiages lointains, fe nourriffans & de leur lait, & dela chairdeceux qui 
bestil parle de mourroient ou laffez de trauail,ou accablez de vicilletfe. Lariuiere pre 
ceux de l'Æ laquelle ils fe tenoicnt, abondoit en grauier & fablon de pur or,mais il 
smdbie heures. nele mettoient point en befoigne;tant:ils cftoient ignorans:des arts & 
rsCecy.eft at induftrie defefcruir d'vn metal fi precieux,duquel à prefentils font fi cô 
tribué aux uoiteux,que pour l'aquerir ils ne fant:qu’efpier les paffans pour les deu 


… Silis.ch,33. tres paîteursapellez Debes,lefquels auffi fadônentau labourage, peupl 
Ærabes man quiabondecnor,lequel il'trouue parmy lesmotes de-laterre côfufemé 
é-férpés Bar Cfpais de la groffeur d'vnglan,oud'vnenoifette,&.duquelils font de 
ares Jur t6° carquans & iéyaux l'enfilantauec certaines petites pierresaffez belles 4 
Cdfeviedt .precicules par eux eftimées, 8 plaifantes au regard:dequoy-encor ilsfor 
encor afez. co de beaux &-gentilz braceletz;Ilswendoient l'or pour trois fois autant di 
amupeaux Æ aifiaux eftrangers;et deux d'argent, foit qu'ils euffent l'ord:mefpris, 

æabestant : que lc delird'ausiries.chofes qui fe gaignent par trafic les efgmllonni 
d'otfrique g à ce'faire. A:ceux ey fontbitins les Sabées lelquels fontriches en My: 

A'Afie,  rhe,Canelleet Encens,étäuquelpaïs ontientquecroiffoitiadis la pla 
Sabes païs te de laquelle ontiroit le Baume. [ls ont desPalmiers doux flairans et de 
d'Arabie Cannes,où Rofeaux qui fentent.bon,erontlegouft prefque commel 
heurenfées  Calle:maisauec-ces duuceurs;il y rh) or longs de demy pitt 
guy fertille, {e tenansauxracimes des arbres; qui leur font fort nuilibles sc ape 
ga 


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EL :" ghandun:: fenteoés to uconmre caluyiqui Fangaicatôinfe voioirisanhoré, 4 
Sable san: carellédg tant IemondeLeurs armés qi guerre sftoicèt J'iefpéé, l'arc, L 
difns:am- lancosäé ja fande äruer pierresr:hes Arobesennor &feréaient: decraches, 
bition nya. &halehardesen batättlantAipreïsoux cpréfbiline Lés Sacrafins} :feuple 
ride. |": erudl,8efaiouche 318 duquellæ pris fource Ixpefleda plus abhominable 
* Lo nbre::s quiiemaisinfetta Le mondé dé Jaquellanqus: parlerons cÿ:3pres: fur le 
… ue des ste difcoursdesiFurcs;% du Mshometifnk,-(Ar ia plusiparedes Arabis:re. 
| nbegsidhf curfcommeil-eft.vray-GreblableenomdeSarrafinde ce: maudit peu: 
fiparent leur- platoutesfois Fapellationsshsienne demeure ensorèceux qi font-voi. 
Patrimoine. fins d'Epypre.@-qui fetientent patles deferts de Suez ; & Niuent! dé Jar.) 
Armes des." cins&cpilleries (fe ruañs {urdes Caro uañnes de ceux: quivont en ficru 
Arabes.” ‘falemi,comme fe fans enlacourfe de leurs Chameaux,, fil ef6-befoing. de 
 Sarrafinspeñ {e fanuer-à la fhire::8 meftonneque ceft auteur ayeallcgué queles Ar: 
ple msféhant:bes n'ont paint de Gheuaux: veu qheischxquiont fait le voiage-de Le- 
en\l'Ærabit uanttiennentls contraire, cômel'ayans fésu &r: eu, & fenty leurs volz,& 
prerreule.….: leur faudaine retsaites: entant que leurs Gheyaux. &Tumens marchent 
Caronanmes >; Œvnetelle-viftelfe qu'ils femblérpluftoft voler que courir, & lefquelsik 
ont les com: fortifientapres leur tourfe enles abreutant de lait de Chameaux, pourcs 
piges des : qu'ils.le fçauent efbre fort refrigeratif. Ces Arabes Afiatiques, quoy que 
fragers qus cruels fi fontils poltrons& cpuards, &t'ont.garde d'ailillir vnetroupe 
vont par pars filsnefe {entent trois & quatre fojs en plus gra nd nombre, allans'touk 
dtroipes, car iours vagabons; & condujänsleurs femmes, enfans, beftial & bagage p 
Éallerféslny touvlàotils vont, cômeicaichans les lieux plus efcartez, & les eaux pour 
æremede..… eurstroupeaux.ioint qu'ils fercraignent toufiours de furprifé, côme ceux 
… Faute de l'an qui n'aymét perfonne,$e qui pour leurs pilleries font haïs de tout le mon 
téur qui dit de.lepourroy vous difcourird'auantage des mœurs de ce peuple, mail 
quel Arabie tant.de bons efprits gront mis la main, que ce feroit œuurefuperflue, à 
me nourris. mal à propos, fiie penfois rien aporter en place, qui n'ayt defia cfté-mis cr 
pont Che= vente ct à la veuëdechaçun... : ft as 
MANX:: . j 


Arabes Æ- . … : Delaregun de Panchaïe,c> mœursdes vanchäsens, eu 
Jatiques (ou- ts ri} TTL cs à | a 
Ards go pol: 10D'ORE Sicilien. (fort fuiny par ceft auteur) :tient he 
2ronse que Panchaïe ft vne Ifle aflifé au goulphie de Perf sw 
Arabes haïs. 5 mais depédante d'Arabie ayant deux:cent fades di pra 
de. chacun. Qi Li ® cireuit, et en-laquelle on-voyoit trois-bellestet fuper er a 
pour leurspil Se Fé bes villes, à fauoir Dalile Hirtacide ; et OccanidM "°° 
lerses.. k Soule païfage eft fort fertil, fufés lieux ob:le fablo “ee 
- Dicdor. ane. SORCFCRE ACT empelche l'abondance,etfertilité. Cefte ile eft(com the 


sPrelk: 


: 
Dnt 
Ls,cta: 
Pnt,era 
Dh plus 
)ipnans 


)n gard 


tig.li,G cha. meil dit)foifonnanten vin, et Encens, lequel y croift enselle quantit 
20, . qu'il fufft. pour en fournirtoptle mondepourle feruiceides Temples 
piles défr-. ençenfemans,et fuffumigatiôs. La Myrrhe y eroift encor, et plulicursa 
Je de Pan. tres drogues (oefflairantes et de bonne odeur que les Panchéens recucik 
che, : … lent'etwendent aukmarchans arabes, qui les tranfportent en Phœnilf 
Syrie, Egypte,etautres païs Leuantins, et de là la marchädife Pefpäd pa 
tour le monde: Les Panchéens allans en guesre f'aydoient de chars arme 


panhoré) & 

éé, l'ancla 

dectaches, 
ns, peuple 

hominable 
pres: fur le 
Arabés:re. 
naudlit peu: 
hi fontvoi- 
jonc! de lèr-! 
eh:Æheru 

béfoing de 
que les Ara 

iagede Le- 
eursvoiz;& 
is -marchent 
 Jefquelsik 
aux; pour Ci 
; quoy que 
vnetroupe 


-aHans'toué 


L bagage 
2 EAUX pOUI 
+, COME CCUR 
tout le moi 
euple, mai 
porflue, à 
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uteur) :tienf 
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‘oùle fablo 
ifeeft(com 
elle. quantit 
es Temples 
plufieurs a 
Éens recueih 
en Phœnill 
fe fefpäd pa 
chars amd 


la modederanciens Ortftieurpolice partie &‘diuiféeen fbismanie- Doufonde; 
es degensientre lefquels tes Préftrés tenoient le premientiduis auèe def lepolree des, : | 
huels cftoient sffotieziésartifanb: Apres marchoiehties kabbureurs; & le Panchéensi 
ersranc Côtenoit lesfouldats, &.ceux quif'adonnoiencaupeRurage:Les : 
breftres commändoient far tôusfes autresiexerceans des iugaiments {:& © : :« 
uidans les proces differents des Enfülaires, & meniiolés affaires d'im- "1: 
ortice-fauf qu'ilieléuneftoitloifible de:candéner perfonñnoà la mort, Te#fes chofes 
Les Païfans labouroiét lesterreë;tenuz &tobligezdepoñtenthutcequils cmmunes 
cudilloient;& lourierrre enlcommhunt:, oh d'entre eux ba enteflifoit dix sntre les. Pas 
plus experts &:renommezàbienculäuer;aufquels on filoirl'hôneur sbéens. 
ediftribuer les:fruits à chaçun flonfaneceflité:! &lesfaifoienr les Pre : is 
resiuges pource feul refpeët qu'àleuriexemple-esautres de, mefine art | ar be - | 
uffent efguillonnez defaire téurdeueis.r:Les-pafteurs auf failloit que Gorifrante # 
ottaffent fhsfraude! 8: entontediligences } & ce qui eruoit.dux facrifi- chacun.des:, 
;8deréfte quiiprouffitoirà tous-deuit:les Magiftrats,: &letoutpartie afsen ras 
nôbre,& partie mis aux poids &c-meflirés Auduh.d'entre-euxime pou- 4% 5, 
pit fevanter d’aoirrien quiluy füftpropre , :axcepté fa maifon.& fon :Towfen cent 
din, & quañitabxtaillés;peagés, &c impofts, &toutautrereuenu, .c'e- Merle | 
vitaux Sachficateurs d’en faire leë Lots, &:diftributions,'euxen raportäs -Panchaïeus, 
ufoursdoübleportion par fus lesantnes.:Géeftoità -eux àfe veftir plus sà 
jolldment.&-delicatemehtique poitauire, farce paisiahonde:snBrebis, 3 1 1-3 
vishtalahie fort bône& delicate); | 6e nes frive-decheaux draps -Molf des. 
L'autresquifoiént au l:éuaut::Entretes:Anfulsires non-feulement les .Préfiÿs des | 
maics;ains encor les hommes fe.chargent-defoyaux d'or, & feparét de Pañchaients 
hofnes, carquäns, & bracellkts; 8 porteur à J'imisatié.des Perfes ; des ba- ts” 3) 
hés panduesaux oreilles, Æteinckaiffirogiisns varishle, &,en façon êe . née Pine 
icobleurLesfdldatsonrcharges comméks autres lieux de garder & --s: est re 
ffétdré-leur païs;les Sacraemenssfedeñuoient du ontemps, & vi- | 
oièntplus delicatementquielesautresseftars fomptueuyx &.magnifiques 
h leurs vies.& d@ians. ! [ls portoichtstesrobes d'vnlin& toile blanche : 
ortacttesfubtile ge deliée;portéhsmiclquefois deshabis de lainegen- 
me Fe M pair ec po ee yne.mutre sn th a 
ne&enrichied'iotpdr 8 Hbesix:Sporroientdes efparpins.& . Fist 0 : à) 
radéquins diuerlifez an couleunsicés lab és divise. ps D Je “iuelliiq 
fubriléi Le: parant:d'ornemens d'or teuveiniqueles£ammes fors qui Preffrespans 
anoient poined'oïcillettesLeurofficeeñoit d'afiifler aux, T'omples.& cherenr fus 
quer à oraifon, et ptiere chantans ordinairement les louangesethaults rm d'ofre 
ts de céux quälshonorbiét dutiléredediuinité,etfe vantoiensces gen fortis de lé 
sPrelaté d'eftre defcenduz de laracede Tupiter quiénauoir Ja lite. pu 
nceenPadçhäte-lors qu'ily fut, <tdu temps aque;farulicrementil Grende.ivne 


pricbir-atpañlait fonrempsausc; les homms aies ARdADE AUX FT» franco à 
s,ctayant l'Empire detoutle monde. Gelel t plsine 1e x ar= falethrens age 


ent,erain,eftain, et fer,n’eftant permis de trah{porter rien hots du pars, sacnfige,i ‘| 
h plus qu’il eft loifible aux Preftres de fortir des faints lieux , car fe- teurs. | 
ignans d'iceux le premier qui les rencontréa licence de les occir. 
n gardoit dés long temps de riches ctrares prefens d'or, et d'argent, 
l H ij : 


| se d'me -  LIVRB SECOND . 
chordblegras- faits aux Dieux dites eut templeytssportaux dudiel eflaient enkichis, à 
deur © Jen -reucltur riohémeet, &e d'vnciexcelléné & merusilleufé manufadture,d' 
! d'argent& d'hoitebefitge& repos deleur:Dieueflsit tout d'or,cor 
L'asteur faut teriane fix coudécsdelemgueur,& quatre de large ou rien n'eftoit oubli 
en vhe chofé de l’art &cinduibrié d'un maifbreexeellént & parfait.Ce |liét eftoirascar 
géilne dit Liipnédenotableisyant efme longueurs largour;ornement, 8 richc{ 
. un en qui. laquelld facrécauDicuéfbait pole contre Jo noucht-diuine, La grande 
… lectég{ois : duremple furpafeqoutefoy:;üaîti 80 drefféroutd'yne piorre blanche 4 
| bghree ple, polie lotte d'ene mfnité do grandencolonneêricelles ayant dés à 
Gedrofie Pre tues diuerfifiées; & forçéspieses:& hifloires granées an la mefine pierre 
mince Premie & contenoitée T'onpleen longueur deux arpentz derterre , &-autant 
re des J ndes, largeur. Comns le Fenplecftoit nseruejleux en fon: baftiment :&; ftru 
‘ifine de: Le ture,tes images qui eftojent enicelny necdémantoientenrian 1 {upert, 
CHaMABES Qu Tieucftans monftruoufe degrandour;oméesrichement: &r. faises d'y 
pren re fingulierartifièc. Er les méifons des Sacrificatieurs cflaient dreflécs: tou 
aume deTar autour dece temple. Adeux cés flrdestonit à l'enrourduTréple, letorrit 
vo Hate Le eftoit dedié auz Dieux Jereucnu duquel eftoit employé pour les fa 
Arme fices, [fenefçayouDiodore et allé pefcher cefte Ile des Pâchéens, la bi 
Del le d'Or tiffantau fein "8 goulphe de Perfei & luy ifant regarder.la Gedrofe 
WXVY … prefent Guferath pays Indion,8rauoifinant la Caramanie, fiege iadis d 
zgs Varthe Roy Pore; contre lequel-cuft affaire iegrand'Alexandre : veu que l'A 
mdr li Cé- be raïifle voirie 46 aterse du cofté de Perfc,que colle d'Ormuz;laque 
demolle 71. 1e x cfté cogneite par Ptolorhée liure fxieme, & laquelle Pline apclle ( 
chra.de 4 dire.Età dire laverité cefte.cy eft des plus riches de Leuant, pour le pe 
MLAe qu'elle conticnt;areneufe; peu fertile, & de laquelle il eft impofible 
Orma riche Ganter ee que Diodorefonge-de fPanchaïe,plus fongésque veritab 
en belles per- menteneffencc: bien qu'à Ormuz on pefche des plus belles’ Perk 
be. ‘& mieuxioriéntées qu'onpuifle guere trouuer ailleur;ainfi quelés Pilot 
Le Roy de Portugais quiontfaitée voiage nous l'ont fait cognoiftre par leurs efcr 
Portugal 4° ture Mais de prefcher iey lettables d’or, & liez depareil metal,ie life 
one forterefe eux qui ont deftrit ie Royaume de Faërie, & luy accorde qu'il s’ail 
C0 MA£4 joindre agéc ce Philoftrate ,quivoulant deifier fon: «pollonic: Tiané 
L OrMET. nous ameine dépareiltes réfueries que cefte fable dePanchaïe.Sil'onv 
? 44 st loit poler cefté ifleau goulphe srabiqueil me aifle remarquée 4 Bebd 
caatel, &Cämarantrép pauures pour fre fiencellentes que l'or, & l' 


| poule 
ifles du goul gent ny manquant point;l'yuéirey'abondantencor l'vne d'iceiles ff 


Lu Les our fournir tout le môde de chofës aromatiques.Ie ne dis eecy pour 
20. Chyfure rogucr'er rien la grandeur de l'auteur qui eft à louêr, pour auoir fi dil 
\gem eitebeneilis PiHiloiredéenuiess ; ani ie vou auertir le lecteus 

penfer qu'en l'hiftoire il fe faut arrefter à ec qui cftleplusrecent, 
a AE croire ceux qu'ont l'experience frelche de ce que d'autres-dient, faifin 
Dee L Guratrruy leureprenigeh 


pd Ars 


MR 7) 
7 
po 


‘ DEL RAS l'E: ji , 
on Tee eat tort milan or AIRE 
utd'or, co 4 sav » region d'Afic,prift iadis fonnom (ainfi que ”# ff /.1 


foire ES OR RSS dies. Augaftin ) d'Affur filz de Sem, & à préfent porte frere UE 
foire st De le nom de:Syrie ayant 1e païs Indien &vne partie de Jyrié vis ptol, . 
, 8 riche TES" SURE) E< Mede,qu'elle regarde vers l'Orient, vers lePonantle /.5.6b.5. Ts 
La grandeur SN ) Tigrefleuuc;tirantau Midy le païs Sufian , &ctiranc au le s.d'_4fr. 


blanche EE SAT) NE Nord elle auoifine le mont Caucafe. 1} ne pleutguère Ewfratefleu- 
ayant dés LE GPS fouuent en Affÿyrie,& voila pourquoy il fault que la fer me arreufe 
efine pic 2 4e tout le pays procede de d'arroufément de l'Eufrate, tout atnfi :Æfrie com . 
St autant Re: aduient du Nil en Egypte snonquecclafe face du naturel mou- me le Mille 


ent 6 re dudit fleaue ;ains plutoft par letrauail & induftrie de ceux du gp. 

in A lupert RE cantmoins la terre foifonne tellement enbicds ; que la moiffon ÿ Grande ferts 
x faites d'u rendre deux 8 trois cens fois plus qu'on ne feme pour vfure dela lite d'4@- 
dreflécs, tou} e; @e où les fcilles:et du froument & de l'orgejont de couftume d'a rie. 


le, letor it je crois à quatre doigs de large. Lebled Indien, ou Sefame, et le Æerodot.x. il 
pour les f Hier y viennent iufqu’à la hauteur iufte de quelque beau'arbre. Ce fair le conféié 
ichéens; la bi ayant efpluché aucc grand diligence HHerodote fi eft:ce qu'il faifoit sieux en cho- 
aGedroft ER iénce de l'efcrire comme chofe excedant prefque la vetitimilitude, /e croyablego 
iegeiadis dé, Je propofoità ceux qui iamais n'en virent l'effed et experience, . Ils ailleurs, il fe 
eu que l'A, de certains Palmiers,qui leur fourniffent,et de Miei,et de vin:Les di/pence bien 
mu QU Les aucc lefqueties ilz alloyent furles fleuues d'eau douce, ftoyent for. Palmiers 
line apelle ( en forme Spherique et ronde ,fans qu'on y peut difeerner nyiuger fertilz en vin 
ny Poupe quelconque,et ces vaiffeaux faits en figure ,et façon d'un © Mal. ‘ 
clier,fon faits en Armenie, par deflusl’Affyriede Saules et couuertz _Æbillemeut 
le dehors de cuir tout crud et n6 encor conroyé;Les Aflyriés vfoyét des Agnès 
de deux robes ,vne longue leur allant iufqu'aux talons, et vne autre Ces fobers te 
courte par delfus,et les deux eftoyent de lin, érpardeffusencor ils ont cou- 
1 oyent vne robe fort blanche:yants des foliets aux piedz tout {eme nert7 par def 
eral;ie life tes aux chauffures des Thebains:8 nourrifloiét les cheueux,portans fñs,ains faits 
e qu'il sa ulte bonnets & pointuz à la façon des Mitres, 8: Cafelbas des an- come lon die 
lonic Tia0 Rs. Perfes, & ne fortoyent dehors ,qu'ilz ne fuffent mufquez, & perfw- 4 l’_Æpofels- 
reSi l'on EEE Grt delicatement. Chacun d'entr'eux auoïit vnancau luy feruant de que.T'owr cecy 
Le à Bb cr;ec portoitvn fceptre.en main {urlequel efoit mignetement tiré, ef pris deHe- 
labouréquelque figne,ou fleur,côme vne rafé, vne:pome;oula fleur radete li,r. 
Q lys,ou autre chofe {émblable:car il leur.efboir deffendu comme cas vi L'Afprien. 
eccy pour OR &e mal fant de fortiren fue:& fe monfter en public fans auoir & le se jertit de 
auoir 4 dDtre &quétque figure qui l'ortalt auecfignifiance.  Quantaux loix /3mas/ôn, fs = 
rtir le lectel ucllesce/peuple vioit:cefbe-cy m'a femble fort merueilicufc:que les perrer Jécprre. 
usrecent, risrpedaichey ont d'aage pour cftre mariées,cftoyét menées tous R hedigin li. 
dicot, fai hs au marché, 3-mifesen vente é cry public,à quicôqueles voudroit 18-ch4p. 34. 
ndreen mariage. & mettoit on en auant premierement les plusbelles, Les vrergesms 
qu'on y mit l'encherc. Mais celles que la beauténerecommandoit de fé: en. wenre 
rque perfonne fe fouciaft d'y mettre fon argent pour les auoit , voire entre les 4 
eftoyent flaides ,qu'elles n'euffent trouué qui les eut voulues rece- (riens. 
en don gratuir,celles(dif-ie)eftoyent mariées dél'argent auec lequel 
H üj 


dé de 


1; LIVRE SECOND. 
Prritiens i4= Jos helles auoyenteftéachetées.EtHerodote tientqueiadis les V'eniti 
dis Henctes, fe tenans en la cofte Illyrique, vloyent de pareille façon de faire > & qui 
1: elong dm je fçañoit par le bruit commun courant ainfi de fon temps. Mais Sabe] 
fen \AÆdrisr que, quiaelfcritl'hiftoire de Venife dit ainfr:Ie he fçay friamais ceîte co 
Ati 4 -prefént fume mentionnée par Herodote,euft vigueur au païs Venitien, biéof 
goulphe de je affermer,qu'à prefent en la Cité de Venife(les richefles, 8 puiflance 
«nIfé, vers | Jaquelle font allez cogneués ; & par mer&par terre) éntre/autres faço 
. PEfélaunte., de faire & laix remarquables, celte cy y eft obfetuée;que les fillettes q 
Sabelliqueen Ge efté faites à la defrobée, & fous les larcins d'amour,éftis expofées à 
_sl'hifloire de : uétl'Eglife de noftre Dame de pitié, font nourries aux defpés publicsi 
,Henife... leu affgné pour ce faire, & reclufes iufqu’à ce qu'elles font d'aage po 
Coufiume lou prendre mary;tenuës fort de court, & endoétrinées auec vne grand'{c 
| able de Pen rité:celles qui font les plusbelles, d’autantqu'elles onteftéclleuées , 
: Le Jôr les fl: nourries honeftement;& font gétilles en leurs façons &:geftes ; font n 
les expofees.  riées fans rien donner de douaire à l'efi poux, &-mcfmemét à ceux quid 
li 3 tent 0 Jiarez-de quelque grand peril,ougriefue maladie ayansifait vœu d'en 
tirerquelqu'vne viénentvets le Magiftrat pour les auoir pourfemm 
y en a quimeuz,ou de lafeule-opinion dechafteté de cesfillés,ou dele 
infigne beauté ; ies efpoufent pour leur plaifir, & fans en-attendre ri 
-que foit de dousire:&cice pendant fault il-que ils promettent. de lest 
: +er doucement comme filles honneftes, & de bonne:part.: Que fi ps 
Ai: fonnénefe préfente,alorslaCitéles marie, les:bellés à moins. de pris 
\ Æutre loy en celles-que la beauté nerecommande , & ne rendagreablésou defirées, 
Babÿlonne:… y auoit vneautre Ley,mais particuliereaux Babyloniens, & detant? 
touchant les. ‘prouffitable quelle eft mémorable, que comme au commencement: 
:malades, usy n'euffent aucun vfige demedecins;fut ordonné, que fi toftque -duele 
-Guetsare en feroitmalade,il demäderoit conftil à céluy qui auroit gouflé pareillei 
Jésepifires de commodité dé maladie, & tafcheroit de fuiure l'ordre, 8 moyens de l'a 
fees, tre pour fonremede. F'ay trouué ailleur efcrit; qu'ils portent les-malad 
æn-la place publique, & que Ja loy cômandoit, que tous ceux:quiauous 
. fenty maladie d’autresfois, vinffent vers lé patiét peur luy direles mo} 
auec lefquels principalement ils cftoyent venusàreconualefcence. 1 
corps de leurs trefpalfez cftoyentoin@®s de Micl, &lesobféques; pleu 
: : ..& funerailles tout de mefme qu'en vfoyeat les Egyptiens: L'homme! 
Rhodirin bi. fyrien couché auec fa femmen'eufttouché vne fe partie: d'icelle, 
18:chapc34. elle aufli du mary;fans premieremént felauerdebellecanfrefche. 
voy ey désant Orl'ancienue couftume des Dames Babyloniennes, pour.ne fçay qu 
lux. hs. occ2fion;eftoit de fe mefler charnellement auce quelque éftranger en 
Celie Rhidi- neur dela décfle Venus: Aüff voulés ce faire;elléi fen alloyentäu Tà 
gindin.8. : deccfte Décffe en grand troupéi&:couronnées, & fort richement pard 
chst: * : : pourfe prefenter,& rendreagreables aux amouréux::Ghacundes cit 
ty a 01 gersquivoulbitiouyrdeces beautez;regardoircelle qui teplusiuyp 
“Tout ce ff 10it;furles genoux delaquélle il metroittelle’ fomme: d'argent:quebt 
récuerlly de : 1uy fembloit, & elle eftoit tenue de lefuyure,vn peuloing du Téplc 
Strab lis,  l'acointoit à fon aife:&e le pris de cefteimpudicité, eftoitemployé po 
16, : ke ftruicedece Temple 4 00/02 hole Jai En 1 


DE L'ASIE 1 32 
les Venir euft entreles A ff) 1ens de imaifons &c. familles, quineviuoyent d'au Farine de” 
faire, & qu viande quede poidon: quilsfaifoyent fécher nk Soleil:;: 4 ainf fecs Prfènen lies 
Mais Sabe| kpilloyent dans vnmortir, 8e deceftefarine conferuée;ilsen Fifoyent depéi: 
D: ouscss. gafteaux bien peftris;que ils cuiluyét, & féferuoyét pour 7 re fortes 
aim}: Dientre ceux quié-n'alloyent plus à la guerre à: caufe: de leur deMagi-. : 
illee;on feit vne-efpecadeleurs: Magiftrats de mois fortes-queil en frais def 


nais Celte ci 
tien, biéo 


e puiffancel aus | 
autres Fo ait, le fecondl ranceftoit de la nobleffe., & le troifiefme.ules: plus aa: Drwmss 0 « 
s fillettes q & anciens de la Cité, 8e deiceux-cy:cftoit encoréfeparée.la puiffan+ 7 out cegy des” 
sexpofées autorité RoyalcEnçore en Babylonne les Mages,ou fages, furnô- Caldéenseft 
és public: QE Galdéens-efkoyent en pareillereputation que les Preftrés , & deuins ?r# de Diod. 

t d'age po gypt@ayans la charge des chofes facrées, & des Temples, & Sacrifi-, sic. liur.… 
1e grand {ce fadonnans toute leur vicà l’eftude; & contemplation de la philofo- d'ant.3,6,8,. 


éclleuées , sffexerçans en l'art, & fCience des Aftres;pour fçauoir par le cours d'i 2 Premier ;: 
ftes , font r Ù les mouHEmIents des aétions, & occurrences des hommes : ta{chans qui leur a- A 
roufliterà chacun & le deliurer de danger & incommodité, ores par priil cefle fase, 
uination prife du vol des oyfeaux, & tantoftauec, des charmes & en- ‘/%#f Lorodfé. 
cements:& eftoyent fi fais à l'interpretation des Augures,. fonges, Joie, des 
ages, fignes prodigieux, quels nc failloyent guere-d'en dôner cer- P## Roy des 
“attendre ME Ugnifianec & affeurée ruifün. 2 Babbriens: 
ent: de Les tr foutesfois furent ilz deceuz au fonge de Nabuchodonofor, que:ia- Daniel2S 
+ Que fi p ilsne fceur ent deuiner,& falluftque Daniel y: fecourult. La vie ia Genefe 4x. 
ins de pris M emnée de ces fages,ignorans ce que Dieu vouloit manifefter à ce fol, G?# die. 
ouidélirées stout ainfi queles Egyptiens ne peurentéclercir le forige(interpre- "€#5 lsuns .. 
& detant oi" lofeph,)qui predifoit la famine.] des autres en 
nencement MS fagts Chaldéens n'eftoyét point enuoyez hors de leur pays, ny de opinion. voy. $ 
tque quel maeneeinn qu'en vfoyent les Grecs)pouraprendre ces fciéces, & Plutarg. lin. 
pareillei re en la difcipline de leurs ançceftres.ains l'aprenoyéc vn chacü des adiiis des 
oyensdel' sparés,defquels ils la tenoyét çôme par fucceflion, & heritage : &'e- philofiphes. 
nt les-malai pont les enfans apris & infticuez és maifons, afin que par ce foin ordi- Opinions des 
re ils peuffent myeux prouffiser. Leurfcience ne fe fondoit pointen € uldeens far. 
dire:les mo) btes, &c diuerité d'opiniôs ainfi que celles des Grecs, ains perfifloyét le principedes 
lelcéncc: : LR ment & fimplemét,és chofes vne fois aprifes, là où les autres auoyét © ofes. 
féques; pleu rfes fentéces &aduis fur les principes, & cômencemés des caufes de 72 Celierho 
| L'homme) une chofe:où la varieté des hômes engëdre la diuerfité des opiniôs. digin.l.1.ch. 
> d'icelle, sJes PAPIER NA ér'côme chofe arreftée, & veritable,quelemôde 18. Decesy fe 
frefche. a: ps tousd vn confente mét fouftenoyétfon eternité,à {ça- moque Jean 
ne fçay qui au | eftoit fans cômencemét, & que jamais il n'auroit fin,que l’ordre Pic de la Mi- 
Lratber en MR po ition de tout l'ornement de l’vniuers eftoit guidé, & regy par la rande en vn 
ent Té idéce diuine,que les corps celcftes ne fe mouuoyét point de leur bô liu.qu'il en à 
qua pe ’ Rues quelque mouuemét fortuit, & accidétaire,ains coduis de quel- fait exprez,, 
cundes.eft »&kiugemét diuin qui les mouuoit,& caufoit leur influëce.pés toute ©" Eufepre. 
teptus-hiy 1 ge prelque il f trouue que ces gens Fadünoyÿent fort à [çauoir le #7. enag. b, 
rsent-que DE. à Mfres, & de predire plufieurs chofes aux hômes par la côfidera 6. Ari. 2.de 
g du Téple ke su cours & mouuemèét,cntant qu'ils atcribuoy Et vnégrand force Calosc. 8. nie 
employéps por rs aux planettes et melmemèt à Se 10ZAftrologiés apellét 94° les Affres 
re 1 ne:cflimäs 1e Soleil le plus agreable, & plaifant des corps el & Y'N! propre 


ceux quid 
t vœu d'en 
ourfemm 
lles;ou dele 


es 


be ment. 


% æ LIVRE SECOND me 
| Les Calle jequetauoituneforcesoute propre, êc finguliere f tous les suerébnel, 
côte ne us leurs diuisagions it4-ferreftoyée plus für le a fpeëts Se Man 
quatreefloiles Yenus, Mercure, 8e Eupiter, à caufe que ceux IécémO 1yans vh Cours 4 
Jôns le nom. jeurfoit propre) donnayent fignifiance de l'aduenir, vortise fils Fuller 
de Mercure. jesmeffagers, ctinterpretes de la volonté des Dieux: En ge ils fe for 
saperfhsrieufés tellement aheurtez,qu'is apelleyentquatre de ces Aftres indifferemmi 
cotemplatiss Miereures. La couftume encor deces fages, fut de predire ce qui deuc 
des. Cald. … fycceder par le fouffle des véts, forcedes:pluyes,ardeurs de l'efté; par l: 
Dx£ Dieux paritiô des Comctes , Eclipfesset defaults du Solcilet dela Lune;gar 
préfidaf{ aux terte-trembles, er autres tels fignes, y arreftanis la fignifianceer dé ce 
myos: deme[- cftoit falutaire, etde ce qui nuifoitaux hommes, Ils imaginoyent en 0: 
mb ch dferét tre d'autres eftoiles{uiettesaux premieres, lefquellesils difoiét diuagu 
les Rom:G7" ctauoir leur courfe; les vnesparnoftre Hemifpherc:ct les autresallcr 
les appelerent fiter le refte du rond'és parties qui font fouterraines, Et fuyuantz l'erra 
dJenres, Po des Egyptiés,ils fe faignirérdouze Dieux principaux, à chacun defqu 
Sentq.li..  Hs:donnerérplaceaux Zodiaque, et ceinture celefte des fignes,et leur: 
des quefl.nat. fignerent àchacun leur mois .Or, commenaturellement, ilz predifoi 
Parron.1.des leschofes futuresaux Roys, ainfi qu'ils predirent au grand Alexandre 
rnf'ig. &* 5. vi@toire qu'il euft fur Darie Roy des Perfans: & de meline en feirér ap 
Aug. cité de à l'endroit de Nicanor:& Seleuque;& autres fuccefleurs dudit Atexä 
Dieuli;4.e. comme auffiaux Romains depuis fucerdans à l'Empire; la predicti 
23. defquels ne fuc vaine, ny fanseffe@:  Etnombroÿyent vingt 8 qua 
Laldëens pre: eftoiles hors le Zodiaque, douze regardäns le Septentrion, & parties B 
difént lavers-reales, & pareil nombre vers le Midy;& parties aufrales ,eftimäs que 
té par leceurs’ les qui apparoifloyent; eftoyent pour le feruieedes viuants ,'& les-au 
des _Affres. pour ceux qui efloyenttrefpaflez , leur efclairant fous terre, Auecte 
fx parloët 8 femblables difficultez, & enuelopements;ilz offuüfquoyenrhaclairté 
ainfis sans l'efprit deshommes, y femans des tenebres d'erreur &ignoräce ; co 
da cognoilfen- en la fupputation fotte qu'ils faifoyent des années, par laquelle ils cale 
cedece quie- loyentfi gentimétqu'ilz nombroyentdés leur premiere antiquité fo 
Jloit ans iufqu’à la venue d’Alexandre:en Babilône,e 


façons devie,loix,€- ceremenies des Iuifs. :  Chap:4. 

hazero. * À re A Palcftinc eft celle mefmc region qu 
rhh.7.e NS /7 appelle auf Iudée;contenue fou ce 

f.Cice.i.de A AS ME particulier, enl'embrafementde Syrie 

Dininat, di MOTFARUS fancentre labafle Syrie, où eftoit Philad 

_Affettede AI DORE ENS phe,& le mont Liban, 'etl’Arabie pierre 
Paire. po SA UE ff versicPonant;eftantauofinée dela merd 

Ptolo.b,s. e 2 NME 2N py'pte ct qui eft noftre Mcditerranée, 4} 

16.Tables, F1 À CÉS/TE NX encor vers le Leuant, le feuue fourdain | 

Pom.Me.l1. Po 3 wi) Ja laue, et rend-fertille: J’hiftoire fainted 


… elle fut apellée: Sd Na) Bible et Tofephe la fuyuant,apelle ce p 


Paleftine des Ç .en diusries chofes prouffitables à 14 vit 
. pétples Dle- J'üo 


EX. . 


| DBTÉ'ASTE. M cn ñ | 
era émmesb: rdanteed viuré,fouinie d'eaux en bondancb , &roù"iadis #7 dv 
s Je Man cucilloitie maillourtBaume de laterre, cftant: LP on \rndéei 
h cours 4 laterre, qui dsufeque lesftaidurésny:font point es. &: que Abri 1 


Fit fufle: 


+ bny ef trepardantny-muifible, à:caufe de fs chaleurs &œ vehenien- {eulx 95 6er 
ils$e (or 


Quid fé l'eccañon queles Isëlites voyans la gracieuleté ê& tem- radis adoré hé: 


Hferemmiriodes Elomentsenleurterre: suxquicitoyent la 'plus:ancicnnerace va Din |: 

e qui deu bouzde Ciel: & parmy lefquels,désle creation de l'homme, eftoit de: puy rer del 
fié;par te réele vraye cogû sffance d'un Dicu ;:& la purité de fôn feruice ; > 8e wre des cÿ; 

Lune, par mbie lensifilangage du sômencement, pour-ce refpeë dis-ie ils ont'ffes de rofne: 

er dé ce aimé que cefte-cy cilla terro,que Dieuauoit promife à Abraham, Hfasc-gs- Les. des 
oyent en iecob & à leur femence;laquelle feroit sbondanteen lait & Miel, & emiguiez, 
siét diuagu laquelleils'iouyrent quaranteansaptes qu'ilz furent fortis d'Egypte; de refphe. 
utresallor ss le conduite de ce fage &-vaillant- Capitaine Iofué, qui la conquifk, 13: row le 
sentez l'errentpremerement vaincu at: Roys puiffanssqui tenoyent terres 8 Sei- reurs du Gen. 
cun defqu neseircelle Prouinco. Les Iuifs gardent, & obferuent inuiolables les vx eff Laure 


x qu'ils ont reeeu par Moyfe leur: mier chof, &c legiflateur ; iaçoit des Pers fine 
sfieursficcles au parauant Moÿfe, ils euffent vefcu faintement ayansla le by de e- 
rnoiflance d'vni vray Dieu;auquiel ils faifoyent feruice & facrificestref sure,c> le 2. 
eables;fansauoiraucune loy eftrite;feulement conduits partefpritde es- 2, des «nr 


nes,et leur 
[2 predifoi 
Alexandre 
en feirét ap 


dit Atexäd sn, & bonne inclinati ‘qu'ils auoyent à la vertu-delleur ure. de Iofphe. :. 
| aprediéi@ Moyfchôme excchient & granë theoin icn;:cfbabliffant des loix àce z4/cb.prepe 
ingt-& qua pie, eftoit d'épinié qu'vne:ité 8e affemblée de peupte neponuoit vi ene.li.7.c.2., 
; & parties BR enrepos,fans y afloir les fondemés deiquelque polive;suer l'ordôni- rables des 8. 
fimäs que dequelquesloix &r d'equité &droiture:& ainfayät affezlongnandemes, : 


x exhorté lés frens à la fuitedeliuftice, &cwvertu, & à fuir l'orduredes données ae. 
es, &é fur tout l'impieté 8: fau fruice dé plufieurs Dicuxien fin itaiou mor de Sins. 
pluficursioix, pourla police étieftat deleurrepublique, à'celles dès £x14.10: 16. 
orâce ; CO x tables;quèci yentdikcommandemens, &lcfquelles il auoit /cph. antsg. 

élle ils calcües de lamain de Dieu: fur le moût de Sins, cles publia 8 eftablét di. 3.ch. 4. 

ntiquité Co jolablesa fon peuple. Le norabre desces loix cft fi grand que qué:Les princi- 

Babilône, Qi voudroit bien efplucher, il uy faudroit endreffer vniufte volume, fi paux liures 
quelcun vE-ce pourtant que ie nc laiffemay demettreicy:lesplüs remarquécs , “&c en La Bible, 
lation, et Éçpmorables: & quiconque voudréauoir ls cognoilfnce du tout; qu'il faut lExede,, 
ane la‘peine de fcillotereskiuves füints dela Bible;@les ahtiquitez de za, Mobmer 
fephe: La premiere ordonnañce & decrerdeMoyée, futque lesenfans ç> Destern, 
leur tendresans aprin{fctitiesloix, mine ren. ‘Lontienhéeht-vas!Ley contra. 

ie 


», Auecte 
nrtarclairté 


Chap:4 
cregion qu 
Le fous cer 
de Syrie 
ftoit Philac 


hte,&purcinRitotiempourlawictumaine: Quecel.y quiblafpheme-.blfheme> ” 
tienonrdé Dieu fut pendu; &fsrcorps fans rss ts | re crane ; 
,-& nevoalutqüelepris drèpalliidésfutiecmipeno le 


lenipioyes au Mmifratts 


rabie pierre na rs rm dechaoune:Ciéilordonnas dés Jasmin 
e dela merdcil yaiinait fepthommes-c fages,> &cwertueux, à flex:desesrhes 


DRE 
nintsbeux:doupeuitosäis vuidaffentcerhie Seigneurs , les dif: Fig: 
ens qui furuiendrovent cntæéles citoyens: Ta uges n'entèn- culrers. | : 
nt bicnde fondz dedèmariere, à caufe defaddhicuité, quete fduue- . qui appar 
nSacrificuteur, 8e les phas anetens fuffentappeilezipour la vuider & y. sens deuwsr 
nnérintespreratidmétifentence. :Qu've cinomgfeulne fut recob der Les iuge : 


térranée , 1} 
e jJourdan( 
oire fainted 
’apelle cep 
bles à la vi 
J'ion 


F' LIVRE .$ECOND- salaire 
| ms difficil- pour preune de quelque cas;voire ny deu, fiieur loyauté & verre n'e 
| des. ai R ot Baniféfiement cogneuë; là où 1étefinéignage de trois'fe correfpon. 
… Lo pour les dans, eftoit receir pour futtifans & legicime. . Toucesfois eRoir-ik dcfen. 
tfmoings, dus 8 aux femmes, &r aux éfclaues detefmoigner,à caule que l'vn fe pou. 
. Femmes G+ voit laïffer vaincre par dons, à caufé dela mifere de fa condition 1 & l: 
cflanes, non Femme cftoit fufpelté pour l'inconftmce &r naturelle legereré de fon fc. 
roceux_ en ref xe:Fftoit encor ordôniné queonneprift rien, #y eoupañ:tamieair ; ny 
eng. br£chagé des arbres plétez, que quatré ans apres quels auroÿeét prit icd 
hi & racine,& que on portait les difines de toute chofe aux P t'éftant 
«. +  telléleurcharité, queïlz fouffroyent que de leurs Champs; “&letrpro 
"77, chain, & l'eftranger y paffant,en euffent quelque fruis, & que le refte de. 


Apt meuraft pour la vice & fouftien‘du Jaboureur. 
WU Que les feménées nettes fuffent mifes en terre fans aucun mceflange, syans 
räterre n'a CRE opinion; : que laterrenc fe plaift en Ja'eonionétion des’ chofes dif. 
melémellin: Teniblablés.Quie leneceffiteux ne foit chalfé dü champ pour y'glaner;simk 
à des ébofes AY foit permis d'en prendre felorquela éhofe le requerra: que fil'ahonde 

Éfémblables. te d'en cucillir,que on luy enprefente volontairement. ds 
got cefim-, LA femme gaignant fa vie deshonnéftement en fe proftituant, ne foit 
maire de bix hardie deprendre mary ,8&qu'aucun auffi ne l'efpoufe: & fi vne fiile qu 
cf camprins aura prife pour pucellé,efttrouuée corrompue & conuaincue de forfait 
dans Tofiphe Que Elle foit lapidée,où bruflée soute viue-Quiconque sursaffire auec k 
antig, vi 4. femme de fonprochain ; elle y donnant confentement & l'un & l'autre 
DS _ foyentpunis de mott:miselle etant forcée, l'auteur du crime portera! 
33 lé Lier en de fa mefchanceté. Ta veufue quidemourera telle fans: hoir de 
deruk. fon mary efpouferale frere de fonclpoux deffun® , afin de füfciter f 
.….— …….mencé,pourlafuccéfhion de celle race-& fomille : que ffon beau frère 
, fafe de là receuoit pour femme, qu’elle le face conuenir deuant les an 
| ciens &fcigeurs,& À luy foxcufant raifobnablemet, elle pourra prédri 
. à mary celuy quibéluy femblera,côme quitte, & deliuse dela acecfiré 
: delaloy &ordonnance.Eftoit limité le temps de dueÿ à trente jours, cô 

me fufhfant àtout homme fage, pour le ar 0 de fatriftefe. 

111! + L'enfant rebelle & outrageuxà l'endroit de fes pere & mere;eftoit pe 
Gohtre Les em: du ignominieufement hors les portes de ia Cité: Mais.que l'ennemy oca 
fans rebelles: eri guerre fuit entesré celà mohftroit vne grande courtoifie.  : ” 
” cbtré-  Silecréditeur prenoitgaige du paudreluy empruntant de l'argent, fi 
gets 5": loitqu'illuyrendift auans que lañnuit fütruinfk : 6 que celuy qui n'auoÿ "tre 
 ‘dequoy paYer,demouraft efelaueenda maifon de ccluy à quiil eAoit rment 
: \deuable.. Quiconque achetoit vnde fanation & pays, il te retenoit mpsd 

Ldt: conte: ans en fohferuice,mais au boit 8 [ur le-fepriefme:,ilcftoit tenu de l'APy:et 
mar la chari- franchir. Ceux quitrouuoyent quelque fomæe d'or,ou d'argent eftoy tr dk 
té comniune:' tenuz de ke faire proclamer à fon detrompe: :toutainifique la Eoy obi 
em ré à geoit que on raménaft tes beftésefgarées à ceux quien/cftayenties: pol 

des hommes. feffeurs;outes luy gardaft, pour leurrendres: : 2: "ti: 
punition [ur - Eftoitéftroitement deffendu aux Hebrieux den’vfer de poifos ;: -n 
les empsifin- compofcr,n'y enacheter de lieu aircun;& quiconqueeftoit trouué ay: 
vers, donné leboucon à vaautre,&-conuaincu du crimc;luy mefme eftoir.c 
| 


DE L'ASIE. : ‘ER 34 


Ÿ lemoéà boire; 8 hnmer vn femblable bre e. a 2,6) dos if 1 

tro L'homme qui éreuoit l'œil fon prochain, elloit puny parle fouffrance 
it-defen. Mc ta perte de pareille partie:voireli vn Thoreau frappoic ::vn homme de 
vo fe pou- corne;omle lapidait ; : deffendans à tous que aucun nemangeaft-_de fà 
on + & le Sr tprophanc,& Lei Ne ir jen A 

rLede & chofes:mifes en gacdceñtoyent gardées fidclement com | 
op ÿ 6 dent ofté quelque cas du les Bcré dé T'ép ecEtencor la loÿiluife. : * 
oëis pied Re portoit, que Les enfinha'cfboyent point punis pour és faultes-de leurs 
#6 ant q A A Te) here nl ntrest uneuroe ipecmainilié, nous 
leur pro pauusis gouustnementdé leursenfäns. Er voila quant la policé gardée :  : 
e rete de: villes, & au repos de la paix. Or entemps de guerreilz fe gouuernoyét 4x ils 
ETS p celte fortesduant quefe ruerfurl'ennemy la Lay. commandoit .que:on vs. Deu- 

sur de 


fon, & reparation des vèrts & prifes,ou viürpations :de #6%.20, 4 
ere. y A us él gt er De a déon::: 
le vouloitfatisfaire,on po denoncer Jsguerrciftément, & eltoite- 


5 syant 
PCT 


ges eù chefietgencral de l'armée:ce) prb ne: Ar LE M4 
rite furpañloit tous les autres ; :et le 


oldat eftoitchoift d'entre les plus 
rsadextres,etrobultes detoutelamultitude, 1! 2: à 


nt, nefoit Û PRESS Sd 

Bree Eftoit deffendu que fi vnevilleeftoitafliegée,queon ne coupañît.point Ze der foges, 
op sarbres fruitiers,car fils auoyentlan ra Dir crie 
Sire aucc MS, froyent reproches à ceux qui vieroyent deitel nou 5. les 1 


Que lovainqueürmità mort fansirien excepter,ous les:sebelles,et qui Les 74/5'ne. 
menoyenten deffencc.;, ais quederefte des vaincus fuffent ou tribu mngét puise 
Leouram ones pour peine ct punition de leur refiftance, define. : 
>ortoit aulli l'ordongance,quedurant le temps de:la guerre , l'homme Ledres hf . 
weftift;ou vhfaucunementdes habitz;et ornements de lafemme, ny /6x. des vil. 


femme reciprequement.prift l'iccouftrementde l'homme. Au relte Les, œremx 


vn'& l'autre: 
ne porterak 
fans: hoir d 

füfciter f 
eau frère 


ce oitdeffenduà tout Hfraëlire de manger du fng en general;:de.quet- #45 ufr 
ne ceMMi sebeflequeccéuit: : d'A GUO EI LEON! latcioto sètu8 b 14 de jèmer 


| LEO JRIUE NI, 

és ladres, etceux quifouffroyent coulangede femence, eftoyént chalce. 

2 des villes,et-compaignies des autres Citoyens: voireles femmesidu- Femmes mes 
nt leursmoysvuidoyent hors la Cité par l'efpace de feptiours;où elles /fruesf@s, c- 
atroyent litrementàl'huicicfme: etautantfailloicqueen feiflént ceux ceux qus:vonr 
la maifon défquels quelcun efboit trefpaffés ::,2: 22122216) 12° 12) choientiles 
 Cehiyquife corrompoit :en.dormant: fäilloit. que fuit purgé par le auorts pales, 
eltre;legechfcrifoirdeux Mgnelles pour fa purgations:mais premic- Leuif. 12. 13. 
ment le pollu;deubdit{elauerdé belle eau froide: Yoire ccluy qui en 14:15: 
mpsdeffenduacointoit{a femme , pafloit foux pareille fuhicétion dela £xpiations : 
yiecoremopis de purgation,: Et la femmeayantenfinténe pouuoit des ff. 
vôr dans te/Déple fi cidlajpvo male que buaranteiquiss apres foidou- Efardehi pe 
esereläcunctemelletsañbredés iourselbit doubls-pourlartétede dictées, 
puriBcqtf Leinaryfripçonnio{hfemine de paillardif.s<foitteriy de fret. 
fcnteyvirgilçainéuitéous bes condties fie le farine: d'orge: ctln fem frbianiget 
eftant acdiuéb an pacvisseticdméodir: Temple. falloit qu iuraft:en-,3.4p. 10. 
Les'inainsidh Sacrificateur:. que cle n'auoitfaitieucun tors à Con: ma-: + 
A ARR A ER AA 

1) 


teiours, 
fteffe. 

reseftoit pe 
“ AÇmMYy OC 


l'argent, 
pa ou 


si LIVRSISSOOMND NN 
 Mpariuroïe, G cuiffe ne failloirà duy éreuer &c'ie ventre -tombet per pic. 
ges, ds foite qu'elle mouroit attaine.dercelte douleur:là ou au contraire 
#dlceftoitinnocenteau bout dédinmoys elle.enfantoit vn -belerfan 
fans fentiraucune angoitfe de aolles quefouffrent en tel:cas ordinairemé 
celles quiaccouchent:mais le miracle p'iduenaippeint,i le Prefbre el 
| mant ie nonrde Dieu fur: du papier, &:Le hroÿ/antdans vnhanap, :ne-don 
Peine de mort goit à hôire à lafsmmelcéftéliqueur melééauccde la. pouflieic.:Cefair 
aus adulte- Jegitlateur cflabliftencor peine de mortaux adulteres, aux Sodomite, ER 
res. Exode.. au a HA fang& parenté. Diéffendift encor qu 
22. Deute. aucun Preftre montaft au faintAutelayantfäulte dequelque partie. oy 
17. Leuit. 18. mecbre que ce füft de fon corps,neantmoins youlüt-1.qu'il fuit Dour} 
Nulbosteux, des oblatians fäites au Temple. ©rdonnaen outre queliladuenoit qu 
ou ayant de- Jos onféns d'ffrael conquiflent la terre de Canaan,. que au bout dés fen 
fault de mem:ansils laifa@enties dhamps en repos & la terre fos.eftre par Je oc affa 
brerecnt ic Toute serre & champ femé,ouproduifant de fon bonigré efkait deck 
beaute, -récommunenlaperecption des fruits tous les cinquänteans,tant au Luil 
Lemtig.1$. queàl dimnger cible que-c'eftait l'an cinquantiefme,& celuy que 
JÆn de Iubi- difoit le Tubilé,auquel les debtes efioyentremifes, & Les ferfs &efclaus 
Ksemfideré. mis enliberté & franchie. En.ce mefmean,ceux quiauoyent védu le 
a féprenaire poffelions à vil pris, y rentroyentfi ie reuenu füurpañloit, ou.eltoit g(gal| 
ar Les the Ja fomme ire. "Etce furentles six aufquelles Mo 
és.» Le fentét vroïin de la mort, aftraignit & obligeale peuple Hicbrieusfaifin 
Racpapt par vnepriesc folennelle-,. & beniflant ceux qui garderüyent faiotement A 
Pan du Iubi- fans violer ces fainétes loix,decrets,& ordonnances, toutainfi qu'il ms 
+ K, c'eff 4dire dit,et cicommunia ceux quien feroyentlés tranfgreffeurs.. En fin lia 4 
de liberté. peuple fouz le nœud d'væferment püblic.de garder ces diuines loix,, { 
Denters. 28, aus les humaines conftitutions,etqu'ilne fouffriroitiamais que les tril 
@27 : : grofeurs füflent fans reccuair punition delenrfäute.: 
Aufi céreme- Et d'autät que fans faillir nous pouuôs dire, l'effäit'nôusle. faifänt von 
mieux ç- de q\'iln'y euft iamais peuple plus addônéaux ceremonies,ny fanpaffant le 
wotieux sadis Fuifs endeuoti6; il fault voir de quelle maniere de facrifice ils vferent di 
fer tee les le.cômécement,ct en féray le difcours le plus brefqu'il me fera poffib 
dames Lis ont le téps palfévié deteux fortes de fäcrifices, :& immalations po 
Joféphiantig. faquerir la faueur du tout p'iffant: ua defquelspartois le n6:de publ 
hu:3.ch. 10: & l'autre eftoit n6mépriué & particulier:l'vn portoirie tilire-d'Holoc 
Leutig.r. | fte,à caufe quetoute la viétime efoit confumécpac es flärhes ; duquelh 
Lefre que foyentles Princes & Seigneurs d'entre le peuple, & failloit:que cc luy. qi 
En ra offroit le facrifice, füft qu’il immolaff, ou bœufjou aigneat, au autre ehQ 
Façon dé fa- fe,prefentaft à Dieu vnebefte d'vn an, &qui fut mafle, lé facrificateur à 
offer entre: roufoitl’Autel du fang de labefte immolée;puismettant en pieces la M 
les ee à rt her pr ae Lars bnede facrifice. ar por 
J#atre forte: los plus fimples, & pourie peuplooù:lon affçoit des belles qui palloy 
de facrifee.: Vaage d'vn an, & èn: efauuléfhuelles on ne lasbruBait pbipe toutes X 
… + + syantle Preftre efpandu le fang fürl'Autel, il-mettoit au féurles reies, D, 
R para Ja coiff; couurant lesinteftins:mais la poiétriné, & la cuifle ce 


prayen pourledroitdu ferificateurcé& failloit que dans deg 
Ü I 


14 per pie. 
gontrair( 
bel enfant 
linairemet 
eftre éfcri 
, “hedon 
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sodamit 
encor que 


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luenoit qu 
ut dés fe) 
e {oc aifai 
eftoit de 
tantau Lui 
eluy que 
 & eiclaue 
 védu le 
toit efgal | 
elles Rep 
brieusfai all 


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fi qu'il ms 


Enën ia 


1 loix, à 
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faifant A1 Of 
furpañfaot le 
s vferent di 
fera poffib 
xlations po 
aô de publ 
ed'Holoc 


vai N pt de 2 © y \ 
EAST E:; : : 


purs tes préftics mangeadent crquiteftoit dela chaifdeseférifces*, 2462. 


eux quisftote ir pluypauvres loitquofrifent des Colombes! où 
ux Tourterel tous défquelles eftoit pouf l'holotaufte &läutre Offraniles 


bur Le Sacrificateur.L'homme qui pechoit ignorimant,sftüit pürgé par Powr les: pe- 


preféot &:offrande,;au d'vn'boucou d'vne Aignelle:& giconque fe che ; on le . 
noir goulpable-de quelque préhé (écrerifelan l'ordénènte de là:loy, Zeigne 


oitnec Are que (A PORE par la mort d'vn Moutés Les Preftrés mf Léwrig. 40. 


ee ns crie dogs elles fuit qu'on jes eufl'offortes par Cecy fe faifast 
1h cri | 


cepublic,ou.pour l'expiatigt particuliere: &r'ne fe faifoit facrifice anx nonnèlles 
1 qu'il Le pie sd pure färine ppar en efpandrepar deflus; &'en Zunes. 
mble. de l'huile {ur vn Aigrieau vapicotin.fur le Mouté deux, &le Membres. 18 
eufvendt à la nroëfe fine heitne Are, 8e foir & matinit fätloit que 29. * 


Preftre 1mmolaft vn aigneau-publiquemét. Mais le iour feptiefine de Fefes folen 
bites les: AR Patate ri confacré pour leur repds;par l'or elles des: 
cotfhoit doublétant le foir que matin, pour. ZwfL celle 
t.Etaueommencement de cha desTaberna- 
hqawys pourlapi st pechez;le facrificateur immicloit deux cles en Sepre- 
ufs,fept Ajgneaux d' 


nadce de laloy:.le facri 
ffrir für J’Autel de Dieu noftreSei 


vnan,vn Maüton,& le Bouc qui eftoitl'expiati bre. 
peché. Us y aiouftoiét.ençar deux Boucs;l’vn defquets eftoit pour Lés Mifan, #y 
tes de tout lepeupieporié horsles fins&linites de feurstorres,& Vau xariques ne 
aux fiuxbourgs;pi.en vnlieutrefnetonle brufloittoutentierauccfa ons le ‘méys 
ne. LeSouuerain Sacnificateur dohnoitpourcr factificevnThoreau;&e d'#puril, 
oit vn Mouton en Holocaufte.Les Tüifs auoient encot.des iours pro- nf n'a «: 
clquels ils vfoient de certaines ceremonies & dediéesà celle foleri< remarque à 
le15.du moys que 1es Macedoniens apelloient Hiperncrethée.Bt'au'ZLarin decé 
pps d’Autonne és feftes des Fabernatles;qui eftoiétannuciles efquel livre: Foy 1e- 
ils offroient à Dieu des Holocauftes,durahr lefquelles folénités ceux /éphe. 
Lafiftoient au facre perroient des ramcauz de Myrrhejide Saulès, de Fofes dépif 
miers & Pefçhiers en main, & âu moysXantique Caui ft lé moys de qmesés pains 
s,que les Hebrieux apellent Nifan] à eaufe que c'eft de là qu'ils pre- füns leur. 
ht le commencement de leur année, vers la pleine Lune,le Soleil poffét Exod.15. 13, 
le figne du Mouton, d'autant que ce fuft ercce temps qu'ils ntirent 7-23 
Ja captiuité d'Egypte;ils celebraicnt lafefte du pafläge;mingeans l'Ai Zewits.135 
au miftique, &:plein de faibte fignifiance, & füyuoient quand &-quéd'Nemb:9: : 
feftes des pains fans leuain, fort foHénelles ätoutelardee Tuifue,fique Deur16, 
jant huit jours on immoloit deux Thoreaux,va Moutô;& fept Aigne De ces fäcrs- 
lefquels-eftoient confumez par feu en partait Holocaulte: à tout ce- fes life2, l'E. 
fhoit aioulté le facrifice du'Bauc pour les pechez de rautela multitu pyfre amxdre 
Lalccondiour des Azymes,ou pains fns' leuaih ; onoffroit les pro- brreuxi 
rsfruitagecynemefhred'huile,& à ces prémiers fruksefloitadiou- Fofe de ren- 
dre er peer Penthecobfte encor éftoitvnede rhecoulle en 
rs annuel ten fleanirez;qu'ils.apelloient: Affarthäm;comm qui diroi founenance 
kcinquantiéfine., en cote féfte figrande ils'offroient l'epain de pale du remps que 
e de pur Farimonr:& eftoitle fâcrifice ordonné pour'ecsiours ;:éeuk Le Li fur den 


nelles pourl'Holocaulte, déux veaux;deux Mobrons &doux Bbuèe néc 4 301. 
ile porhé-dé 


suples Voils qiianit à {a vegirédé Hide touctiét les 
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pte. D'autant que tôrie fon 


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leunip.queléonque.Or deffndentiz opintaftéeñsbnr, # 


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| DE L'ASI ré l'ÈGE 36 ; 
Ldéranenrauccgrandoinecs ceremonies & façons defriresSquepu'en : à. "1 
ar eux ils vfentdegräde layauté&foy:entiere, & qu'ils fémeé-aydée af" à Ter, 
1 dcr cufemesles vases autres,fi.ef-ce qu'ils aient mortellementtourle "7 
26 de late des bômes, ne voulés mâgershabiter,n coucheraueeperfénnequi " "\: 
de Dior de leur natiô & famille, Au refte c'eftle peplele pluspaillard-de * 
re 8e quoy.qu'il fabfliepncides femmes eftrégeres, fi efkcequ'entre pu pige 
ennes rien ne Iuy-eftillieite,ny deffendu;&:font circoncisafin qu'ils Hé e ‘ 
ent eltre recagneuz Juifé par selle marque. Orierplus gentil &:pre- quel it 
É aprétiflage de se peuple; c'eft d'auoirles Dieux à mefpris,& retufer &,nile T'éci 
eur faire honneur & reuerençe: iltcroyent que les ames de ceux qui ÿe, """" 
RSS defaitz. en guerre,ou occis par fentence du magiftrat viuent eternels 
dd ents Qui elt.caufe qu'ils ont foing de croire, & les Enfers, & lagloire ne 
celeftes. Et côme ainf foit que les Egyptiés honoroiét ploficursimas : ren M 
La, chge d animaux qu ils-reçoiuét pour Dieux, les Juifs au contrat- Marcellin fe ‘ 
va. eul. Dieu quil adorent en efprit, fans demander-aucune appa- merfrenr an 
exterieure »6ftimansaborpinables & mauditz coux qui fontaucu- fiennemis de 
mblancèny figure des Dioux en forme d'hommes pour les adorer. «fe narsee : 
es fôtles refueries, & autres folies que Cornille Tacite vomift côtre A 
u ifauquelftioint Trogue Pompéc. [Toutesfois Juftin en l’abregé 
ture ; v'ay A Trogue en parle vnpeu plus fobremét,quoy qu'il pourfuyuelafæ : | """: 
élan dc Ja gb & lebanniffement des Iuifs parles Egyptiens, mais en Jffi.l/36." 
os d'etoif MB SE Lage que ne pour tomber en tant defautes il à teui&sle temps; ù 
de paiftrec nom du Roy fouz le regne duquel e defaftre aduintaux Ifraëlites,' 
vn grand uels tout à elcient(comme ileftaiféà voir)il falfifie l'hiftoire,laquel.  : " ” 
aopent bel ft fans doute qu'ilauoit feilletée.Or fi ces deux ont parlé tät au def- crie 
n luy adioi age des Hcbrieux., voyonsce que Strabon en à dit; qui viuoit du s#r4b.héré 
DE  fcie ns que cc peuple frequentoit à Rome comme eftant pour lors füiette” 1" 
masse vel déc à l'Empereur gouucrnant l’eftat Romain. Moyfé (dit il)vndes 
éraite d'est res Egypriens, fe fafchant des façons de viure de ceux de fans 
us, eff prof laiffal Egypre auec vne bône partie de ceux qui auoient l'amour des 
aie à es & le feruice diuis en recommandation; leur enféignant côme les Encer J'abuft 
La otailir re PSS erroient vilinement, lors qu'ils attribuoient à leurs Dieuxla le pauvre 
fer des beftes farouches & déleurs animaux dômeftiques:& les Grecs Stral5,ufent 
un ste (ed foient auffi penfans comprendre la diuinité fouz l'effigie & reffem- de lifatture 
fran & edel homme .Que Dieu cftoit ce feulement, qui, gouuernät Ciel #5 Liess dus fe 
8 du Dieu , mer, c ce qui y cft côtenu, eftoit:par nous appellé Natüre:l'ima- éfewre 
te: Tz of quel, n'eft aucun qui iouïffs ant de fon bon fens; ofcenterprédre de: 
D PA éroit dre, ou efhigier ; & par ainlilaiffants à part toute idolatrie, le faillit: 
Ge du dans va {aint Temple & oratoirc digne de fa grandéut fans auct.” 
D Le attendans toufiours.que Dieu par fignes & bienfaits fe cou 
veuve 1od roit à ceux qui feroient:purs et entiers, ct qui viuroienr inftement, 
nl Patent quelle faueur iln vferoientpoint vers les peruersetmefchants. 
D opGuert adioufte:Ses fucceffeurs vefqueirent vn long temps füyusts fs or- 
A de LR lcfquels veritablement:eftoient iuftés;'er fort religieux, mais 
its e cours des ans, çomme les. Roys euflent embraflfé la Preftrife ils 
\A DEUÉ A drent ambitieux, ct puistomberenten manifeftertyranie |“dé la 


ù 
à 


te à. EXT RENE se À | 
E Scétes d'entre quellefonirentlesfubetititions et aurresvices mb! tetwoïla l our 
_Lemfte à Papi dot cité ones tsduifs] Tandis quélufimplicités DE 
.  *”  uoitlieuvnrrelés Ioblites;les fe@tes auffrofoiét forclafes deleurs trou. soc4 
Tource di- pes; maistavorraptiondutemps; erabuz dela pärolle de Dieuyfeit qu'il icnt 
fours den fefleusentreeux tioisfortesidePhilofophowqui viuoienthors lacomp. RD, çe à 
Jofiphe entr. gric des autres; ctportoieñtlonom de tiré de plus grande faintetéqu r Sad 
ln8.c2. et couxmafmequieftoienvdéputez du reruise duiT emplo. -Les premiers DR ji 
en Ebilgtnif (toientiommezPharifiénslesautresSaducéees, ctietiers genre fapal, ce 
ai dinreg'il loit des Eféens.LesPharisienseftoient fort fobres, 8 efchars en leur vi L'on 
afair pour La veftuz fogoriensent .8: le-moinsmollementquegens de-leur ficcle: mel. 
 sation.@”  tanson'auamt lourstr'aditions;auec Icfquellesils interpretoient, & det L'iln" 
-CelieRhsdir. minaitnt la loy & ordonnances deleur legiflatear Moyfe. Ils portoi ary.C 
… liu.ss chap. des tablettet,. 8e rouleaux deparchieminfur le front, &:dos breuetz a Mante 
9. 1... bras draits,-dins lefquelseftorentéfcritates dix commandemeés dela lo inc od 
S Hiero/me. pource-que Dicu auoiccommandédifint ,:tu'auras-ceftelos,côme qu cr 1 
au li.dés tra. quexcss pendant &rmisà l'obiet'ordinaire; & de tes mains, 86 de tes veu nche 
ditions He & f'apelloient ces rouleaux Philateres-duverbe Grec, evxarim et Thot qu 
braiques. … :ratlivn emportant conferuer, et l'autre fignifiant loy comme obfcruati onaftc 
parfaite dola loy. CesPharifionsencor(la:couftume Juifüc eftant de po parle 
Pharifens fs texleur veltimcatsfrangez parles bords d'embas)/portoient leur:frans leuer: 
taux, ainf; plus langes-qr.c les autres; efquellesils:entrelaçoient des efpines er efpu delà ( 
que les Grec? \ans afin qu'enallant par ruë,etfentansceftepiqueure; ils euffént'en cent & . 
Stascrens.  tinuelle memoirela loy stordonnances de leur Dieu: Tistenoient Bnatis. 
_ Ingement@ toutes chofes,quoy quéregics par leconfeil ;et volonte de Dieu, eftomeuré 
immortaliré fuiettes. à la necefsité delà Erale definée, fuffent elles bonnes , ou: recept 
déjamis trenuaifcs:: et. concedoient, beaucoup au liboralarbitre:en l'hôémime ; leo tegrit 
par les Phs- rautesfois ils cenoiét eftrefecouru-par ceftefatale nécofsité, laquelle péBuucrt ç 
nifens. ray fée-par l'effort & influence des cours celeftes;ils eftimoierit eftre de pc tout 
Faële des grand'efliçace-quela liberté quel'hommepeutatioir en fa volonté &« ebru 
Apres. Gtion.Ilz n'euflencolérefifter; ny refpoudre rien au contraire de: ce 4 comp: 
: } ‘eur difoient-leurs fuperieurs, ou ceux qtiles deuançoient: en:aage. oient; 
Imitation du croyentque Dieu-viendraiugerà la Ga les ‘hommes : & 'efiméient Eres, ny 
Pgthagorif=. ames eftreimmortelles;& incorruptibles:bicn eft ray qu'ilz duoient MBux obi 
mepar ls - nion queïiufqu'aniourdu iugerhent ies:ames des genside bien -vaguo@Riler pu 
rharifens.  d'vacorpsenautre, attendans la refurreétion : mais celles des mefaires,ils 
S'aducéensgr- f'en alioientés prilons obfeures&:eteraelles des cnferss 8’ d'agent EC en re 
leurs opines. 8 cn l'habit-&-és murs ilz eftoient dutout differents aux atitres, iWegient fo 
| reptnommezPharifiens,à caufeque cemotemporte diuifré et retra cer pas 

* ainfi queditfain& Hierofine:La feconde R@ieftoit dés Sadnééens Mis re 
… æterifie, oc niogenrdu tout lafamie deltinéc;difansDieusuvir efperd' firtoute QD au fi Le 
impreté des fos,.ctque luy feul enefboit le Roy ecgouuemeur: ettenéienc ques Datre 
S'aducéens {toit enla puiffance;er.choix del'hommedeibient faire, oumial fe ge Entre 
tirée del'Epi ner:etnonobftantqu'ileconfoflaffeut vn Dieu (ne: l'ofânsryèr à iclirab 
cure. du-pcuplefi-efce qu'éténioiérquelusumesepres le decez out fe icion. 
ans gloirciou füflenrtourmentées pat nul füipphicoer l'autre mord la nece 
goypiontlerefurcection desmortz/&-efütgilne géolame 8e le Lies & 


mou 


Dita quét 
phicité a 
sys trot 
feit qui 
aicomp 
ntoté que 
rermiers e 
are fape 
n leur vi 
cle: mer 
y &det 
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rewetz ai 
s de: ha lo 
cé me que 
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obferuati 
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L'aucient 

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des meftt 


rd'aveanté 


Li ” 7 


; DE L'ASIE. #1 
LE sirolenttout énfemble, ke ne receuoient qu'il y euft Angeauelcôque. #/Famir le 
ceuants d'entre /toute la Biblestes feulz cinq liures de Moyle. Ceshom Gens/e,l'E- 
es eftoient fi feueres, & peu acoftables que feulemencilshe fentre-han xod,N'äbres, 
pient point'enfemble, ceux qui eftoient de mefme ligne &feûte : & à Zemtig:o 
hufe dé cette fi eftrange & farouchemaniere de viure,ils fefaifoient apel Déureron.. 
r Saducéens,e’eft à direiuftes. Quandaux Efféens leurvie eftoit toute Æfféens #o- 
blitaire, & religieufe,comme ceux qui faifoientprofeffion en fuyant les #es. 7x Eufs 
ppces, d'embraffer leGelibat,& continence, ‘non qu'ils fuflent d'aduis prepa. Een. 
L'on deuft laiffer perif la race des hommes, & leurs fucceffions.par famil 4:8.cha.4. 
ssains pour l'efgard de l'impudicité& legereté des femmes, eftimants €” Philo:en 
“in'enyauoit pas vne quigardaft lafoy inuiolable & entiere à-fon Jon Apohg. 
lary.Ces hommes sh tan rien er pa-ticulier, toutes chofes leur Æféées sou 
hantcommunes,ils éftimoient vngrand peché de porter Mufc ou au- vs vrflux, 
ine odeur & vilennie,d'alleraux eftuues, & bains publics’, & l’ordure & de blanc. 
eté leur eftoit gentileffe, pourueu que toufiours ils portaffent la robe 
nche.flsn'auient aucune Cité determinée pour en icelle fe tenir;d'au 
ht qu'il n'y auoit ville en laquelle ils n’euffent quelque domicille , & 
pnaftere pour fy retirer. Ains que le Soleil leuaft ncleur eftoit permis 
parler d'aucun affaire de ce ficéle, & qui fut profane, & prioient pour rs de priba 
leuer du Soleil.Puisiufque vers les dix heures du matin, ils trauailloiét ,;, gardé 
delà fenalloient lauerle corps d’eau frefche , & puis difner paifible- par les Ef- 
nt & auccgrand'filence, Les ferments leurs eftoient encfgalleabho- fs, * 
Bnatiô que les pariures. Et n'y auoit aucü receuen leurordre qu'iln'euft 
meuré vnan à faire probation & eflay defa vie & fuffifance : & apres 
receptionencorefailloit it qu'on efprouuaft par l'efpace de deux ans 
tegrité de fa rs qui eftoit trouué en'crimeigrant & vice do - 
uuert cftoit chaffé auf de leur compagnie , & fouffreit telle penitence 
etout le temps de fa vie il alloit paiffant aux champs tout ainfi qu'vne 
ebrute,continmanten cefte vie iufqu’à la mort. Si dix fafféoyent 


Terrible pens 


: 3 1". emceentainte 
compagnie;nul de latrouppe euft ofe parler fans licence des neuf qui 


oient:& n'euflentcrachépour rien du monde, ny au milieu de leurs 2. ue si 
; ours . hs) ol É + que pechoret . 
res,ny vers la part qui regardoit la main droite. Et eftoientii fuperfti- 
ux obferuateurs duiour du repos & fefte, qu'ils faifoient confcience 
ler purger leur ventre durant iceluy:lors qu’ils alléient à leurs fecrets 
hires,ils partoient vne befche de boys , auec laquelle ils faifoient vne 
e en terrepour là defcharger leur ventre,durant lequel acte ils fe cou : 
pient fort curieufement de leur robe;afin, commoils diloient , den'ot- 
cer par cefte vilennie la maiefté diuine: & pour-ce dés qu'ils auoient Gräde /obrie- 
silsrempliffoientlafoffe detérre. Leurgrandefobricréeftoit caufe ré &:- contine 
'aufsi leur vie eftoit de longuedurée,ne mangeans guerc autre éas que ce des Effeens. 
s Dattes des Palmiers:& melprifans tout vfage demonnoye, & richef- 
Entre touts les genres de mort ils eftimoient celuÿ le plus heureux 
elirable-, fi quelcuneftoit accis pour laiuftice &-purité de fa foy & cafe fénrence 
igion.Leuropiniontouchant l'ame eftoit qu'elles eéftoient creées fe- 44 707 fêwle 
à la neceflité du temps, &coniointes auec leéorps: duquel eftänts dif- menr renué 
bles & leparces ; les bônes &riuftes en voleiét delà l'Occi en vn lieu des Chreflies 
K 


us . LIVRE SECOND. 
… sinsencor dés propre deleur félicité;jou elles iourifoient d'vn gréd aife:là où les peruer 


Ethniques {es & iniques pafloient plus outre vers l'Orient hiuernal, & cftoient ren.| 


ont reteue : uoyées en des lieux froidureux.;. &'oufans ceffe:elles eftoient agitées de 


comme furet tempcftes & orages:Il ÿ auoit quelques vns d 
es platenie les chofes à venir, & fe mefloient des deuinations, d'autres qui fe mariants 
ques,ç- Hip v{oient de l'acointance des femmes, mais en cela auec grande modeflie 


pocr, an le. e &'attrempance;& pour auoirlignée, afin que fidu tout ils abhorroient} 


La nature de le meflange & conion&ion naturelle du mafle & de la femelle, deteftan 
… l'enfant. vu le mariagé legenrehumain ne vinft à faillir, : A prefent la Syrie & paï 
Cebie-Rhodis Luif eft habité parles Grecs qui portentdiuerstiltres de Grifons, lacobi. 


bi:1: ch, 23. tes, Neftoriens,.& Sarrafins, & y.adeux nations feules qui cmbraffent 112 


‘Pierre Lom- religion Chreftienne,à fçauoir !es Syriens,& Maronites. I:cs Syriens f. 
bard difl.x7: crilient & communient à La façon & maniere de l'Eglife Grecque.. Lef. 
cdu2. lis S, quels ontiadis obey auxloix, &déecrets du faint fiegeapoftolique de 
Æug de Gé, Rome.Les Maronites fuyuent l'erreur, opinions & ceremonies des [+ 
ad Lite.7:  cobites;vfans & du langage &.des caracteres des Arabes : & habite ceft 


Chap2; troupe Chreftienne du cofté du mont Liban. Les Sarrafins hommes dy 


selles na= toutadonnez à la guerre;fe plaifent fort au labourage :- les Syriens fon 


| tes a prefênt du tout inutiles; [mauuais gar fons,traiftres & fans aucune amitié, fort au: 
babirenten res, & les plus mecaniques hommes de la terre, viuans trefpauurement, & 


Syrie. n’vfans d'aucune charité enuers l'eftranger, & la plus part defquels faftri 
Dinérfes for- gnent fouz le feruice des Mahometiftes. Laoùles Maroniens font vail 
tes de: Chre- lants & adroits aux batailles. L'auteurayant fuiuy Haiton , n'a pas eu auf 
ffiés enLe- ‘efgard à ce qui eft à preferft, veu que la Syrie,ou Palcftine dés que la for 
nant... ce des Soldansdu grand Caire fut abatue par ‘Sultan Seclin Roy Turc 
Tout cecy ef changé du tout & d’habitans, & de façons de vis,y ayant des Ghreftics di 
pris de Has- toutes nations,& mefmc des Abiflins, Georgiens, Armeniens,& Maroni 
ton: ,Ærme- tes tous lefquels-ebeïffent au Patriarche d'Alexandrie: & lefquels fuyui 
nien.li.des … chacunles mœurs de fa nation,ne fera fans propos;fi nous en remettons| 
T'artares.ch. difcours de chacun enfon lieu... 

Hd Ce pendant verrons eux qui font comme naturalifez au lieu & pire 
S'aporez, ©” que ceux.qui en eftoient les naïfs & premiers poffeffeurs : Car lors qu 
Cofdroé,Rors les Grecs en furét chaffez-parles Perfanslors 4 Saporez 1. puis Cofdn 
des D'erfes 4f: obtinttant de victoires fur l'empire , la Syrie eftoit plus idolatre qu'i 

— flger l'ariét trement,mais Homar difciple,& fcceffeur de Mahometh (comme ño 
{ar l'Empire dironsés chofes des Turc$)ayant aneanty la gloire Perfane,. & force de 
en dine:fès  (üucceffcurs des Arfacides ,. les Mahometiftes chaffcrent & Grecs & P 

Jésfôns: voy fans de la Haleftine:& quand:Zelin en chaffa la race efelaue des Mamm 
Ænmiam  luz,& Sarrafins & Grecs, &:autres vuiderent pourfaireplace à l'auari 


Marcellin hi, Turquefque, laquelle fait prouffit de tour, & ne porte commodité à pri 


27. Sabellig, fonne. Et par la chacun peut cognoiftre quels peuuent cftre les habit: 
Enn.8.1, 6. de la Syrie, & Paleftine pour le prelent: mais quoy qu'il en foit les) 
Hamar difes riens n'en font du tout exterminez,. lefquels habitent lelang du mo 
pe de Mao: Liban,iufqu'aux deferts, lefquels nefadonnent qu'à lanourriture di 
meth occups troupeaux & Chameaux,defquels ils ont en abondänce ,imitantles An 
Lorrent.…: besien cecy qu'ils n'ôtcertain ficges ny ville,ny village,à caufe qu'ils 


d'entre: eux qui predifoicne} 


fer 


diU0Y 


ont: 
plaine 
Zelin 
uite. 
habi 
puil 
equ'i 
oy.d 
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ucle: 
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qui 
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nt:t( 
beï {Ta 
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on l'o 
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ecté d 
affec d 
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-Solda 
Roys 


an des 


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et l'ou 


iage.] 


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ent ren-| 
gitées de 


“edifoienti 


* mariants 
 modeftie 
horroient 


 detcftan:| 


ie & pais 
ns, Iacobi- 


sraffent 14 


Syriens fà- 
que. Lef. 
olique de 
ies des [+ 
abite cefte 


ommes dul 


yriens font 
16, fort aus 


irement, & 


quels faftra 
s font vai 


pas cu aulis 


s que la for 
koy Turc 
Chreftics de 
,& Marori 
quels fuyté 
emettons 


lieu & pirt 
Jar lors q 
uis Cofdro 
latre qu'i 
mme ho 
.& force di 
recs & P 
es Mamm 
cà J'auar 


oditéà pr 


eles habiti 
n foit les 
ng du mo 
pourriture dl 
itantles À 
ute qu'il 


DE’ L'ASTE.: +38 
fenelafeñlement,ouils voyent füffifance de palturage 18 c'eft pour- Que fe trerpe 


uoy ils cerchent les vallans voifins;& pofez aux pieds; & racines. des #64f 4 pre-. 


montaignes. à cautequel'herbe y abonde .ordimairement:y.& furtout és [ent les Sy-. 

lines voifines de ces monts. qui font déla le Iourdain. : Ceux qui auant riès:4 Fahoir 

Zelin cenoient ce païs fe nommoient Beduins fort vaillans sn guerre, .et autres que les 

uitenoient tout ce-païs en crainte,maisà prefene ce font. tes Arabes qui Juifs, 
‘habitent,les mœurs defquelsnous auons defcrit:et lefquels font f forts Zelin Roy 

puiffans queiadisils onttenutefteaux Soldans d'Egypte quelque for. Turc 4 mine 

qu'ils euffent.de Mammeluz,ils n'en font pas moins à prefentau grand denoftre téps 

Loy de Turquie, lequel auélque puifflance qu'il aye n'a peu tufque icy les Soldens à 
s dompter,ains-wiuent ces gens felon leurs loix;.couftumes et façonsde WCaire. 
ire de leurs peresine recognoiffans perfonne,et eftaus l'eftonnement de -1#%.8e- 
urs voifins;quoy que de religionilsfoient Mahometiftes.. Car quoy duinsont'Juc 


Bucle Turc quitire l'or de ‘tout ne fe foucie point de la confcience de fes cedé les Are 


ets fieft-ceque le ptincipalexercice en Syrie.cft celu if des en. Syrie 
le, qui me fait en füurfoir le difcours,l'ayät real lieues nrQ # rabes en 
ut noter queiaçoit que les habiräs délaPaleftine,foientilsnaurels, ou Ps/ffine ne 
cftrâge terre, encore qu'ils fuffenc les plus vaillants-etadroits qu'ô (çau recognoiffent 
it dire, fi ch ce qu'ils font du tout defacouftumez de Ja guerre et fouf- 2° ss “ 
nt toutes incommoditez des Turcs leurs feigneurs leur font tribut.et spriens défae 
pei ffance., fouffrans le plus paciemment qu'il leur.eft polfibleles exar cofumez, 
jons des gens du Seigneur, et feftimans bien-heureux qu'onles laiffe d'aller äguer 
Lire en paix. na 8 | net RON 
Voila pourquoy tant les eftrangers que nous mefmes parlans de ces Le #0 den 
isne nousamufons guerc à la detcriptiondes mœurs, d'autant qu'en- paisprisde 
re qu'il y ait grand.nambre de Chreftiens viuansen leur religion.» et celmy que 
onl'ordonaancechacun de fon Eglife , fieft-ce qu'on appelle Le païs polède. 
[nom deceluy qui le poffede,ct les plus fimples A que tout foit pilles famen 
e@édela folie Alcoranifte, et que laChreftienté en fait du:tout de- /ésde Syrie 
allée et.bannie.Les villes plus fameufes font ores Baruth,Alep, et Tri- #47 letrafc. 
ly pourlamarchandité,c{quelles lesmarchans Latins trafiquent. et y Letrafi de 
t leurs. doüanes,et Magalins,toutesfois Le trafic n'y eft vel que lors Fe Syrie refroi- 
Soldans eftoientfcigneursd'Egypte,ne.fi riche qu'il eftoit auant que 4» € Ponr- 
Roys de Portugalf'emparalfent des .coftes dela mer.le long de lO- 747. 
an des Indes Orientales :Quant à Hierufalem cHe.cft frequiétéc detou- Æier/älem 
orte deChreftiens et Mahometans, mais pour diuers refpedts, et 6cca- fre7uent C2 
pains 4 pauteriyes ésliures de ceux.quiont defcrit laterre loin 4 Fous. 
#3 ÿ © lemneapar le rec dé tant de gens. de bien qui ent fait le 


K ij 


| Geffe opihiin: 
du filsdeMe 
dée ef la co- 
mune en la 
fable des Gen 
tils, Herodote 
Lur, * 
nfôle ant. 
bin.x,chap.6. ‘4 
Mer Capie 
dittéores de [RE ré cofté de Septétriô,la mer Cafpie, ou Hircani 
Baccn où de SR PAR PS quefqu'on Bit à prefent mer de Baccu) & ay 
Sale. Ponät la grande Armenie & Aflyrie:vers le Midy;le païs Perfan, & à l'Q 
Py Ptobmiée riét luy gifent les Parthes, & Hircds,enclofe de môtdignes.Ce peuple a 
l5,6.6.244- {té iadis fortpuiffant, quoy que mol,& effeminé, fortadroieà Cheual,& 
ble.s. De l'f tirer de l'arc, & qui portoit vne fingulierereueréce & grand hôneurà 
Feminatio des Roys,& Princes: [is portoient vne tiare & bônetrond en forme de Tur 
Medes.voy  ban,& leursrobes & mäches, lefquels ornemens fefcoulerent fur les Per 
Xensphon en {és lors qu'auec là façon des habits ils leur rauirent l'Empire. [Lequel le! 
Le vie de Ci- Medes auoient defiatenu par l'éfpace de 350.ans félon la fupputation di 
re le grand.” Tnftin:mais Eufebe en fon liure dés téps n'en y trouue pas tant, comme 
Cefnt Cire | cantle regnedes Medes par Arbace, lequel ruinant,& bruflt Sardanaps 
wi. dans je mit finà l'Empire Aflÿrié:& ayätregné28.ans il eut Sofarme pour fu 
Emp.ahx  célfeur qui tint l'Empire l'efpace de 30.ans:à ceftuÿ füëcedaMedide, & r 
Medes en féit gna 4o.anstapres luy euft le Royaume Cardicée qui mourut l'& 13: de fol 
fsgneurs le: Empire, laiffant en fä place Deioce , lequel Hérodote appellé vrayemen 
Perfans.I l: Roy.à caufe des troubles fuccedez du téps de fes predeccffeurs., & ce fu 
bin.1. Oraf.l. juy qui baftift la puiffänte Citéd'Ecbathane;autrement ditte depuis C} 
36h. 19. Fe ropoly, de laquellé-eft fait métion en la fainte efcriture. Ce Dioce,;vu D 
rodote.liur.x. cle mourutayant cômandé fur les Medes cinquête quatre ans ; duqud 
Succeffio des nôbre Herodote ofte vne année. Phaorté fut fücceffeurde Deioce & go 
ROS@ Mo° uernal'Empire 24.ans, (Herodote diminue de deux.) A ceftuy vint pou 
pd des heriter Ciarace qui regna felon Eul.32.ans,mais Hlerodoré parfaitie nù 
Mea s.W{que breiufqu'à quaräte, Apres Ciarace, Aftiage vint Je dernier qui faffit : 
AC throfhe énuirô 38,ans, duquel il fut chaffé par Ciree/Or les Roys des 
Ecbathane # des auoiét céla de périmis pour‘ vn propre & fingulier priuilege, que d 
té des Modes. uoir.plufieurs femmes & cfpoufés, mais a la fin chacun fvfütpa vne licéa 
ie Le liur. pareille, faufque I différence eftoirrelle;que le Roy en tenoit à plaifrt 
d'Hefler en la à fi difcretiô, la où les autres nepouuoiét en efpoufer,. & tenir que feyi 
Bible. Voirelès femmes a côptoient à gräd hôte & deshôneur, f quelqu'vnek 
Herod.B.1.. côtétoit d'vn mary, & péfoit que cela caufaft fterilité, fi pour le moinscté 
CoJfumes  cune n’en auoit plus de quatre pour fon pafle-téps.Ce p=vple füifoit all 
des Medes. . ce limitation des Grecs, & d'autres-fois en {e bleçantau bras, & és ioit 
Gele Rhodi-.tures de l’eff paule, d’où fortoit grand'abondance de fang,pour tefinoigr 
 gin.lin 18. ge & afleurance de la foy iurée.Et d'autant que du coffé que ce païsr 
6h29. gardeleNord& païs froidureux de Septentrion,ileft fort infertil, & { 


DE L'ASIE. 39 
le lesbtedz & autre grain leur manquant,ilz faloie.t fecher desiman. #afà des fêr. 
defquelles ilz faifoient farine, & du pain pour leur nourriture: y ad- mens des 
ant des pommes, lefquelles ilz deffechoient & peltriffans en faifoiét Medes, 
Mafes, pour les garder pour leur vfige.Leur boiffon eftoit faitte de vivres des 
aines racines, ainfi que encore à prefent en vfent plufieurs nations é- Medes. 
geres à faute de vigne:,c autres chofes commodes à faire Vin,Biere, Deux .Ær- 
Ceruoife:&'ne sf que chair de fauuagine,ne tenans compte memies voy 
Bnimaux qui leur eftoient doméftiques. [ Et d'autant quel’Armenie pline Li, 6... 
eft fi voyline, & region de fi gräde eftéduc,ie n'en veux oublierlere srrabon lin, 
y defcription, veu les grands terres & peuples qui font contenuz en xr. 
 Prouince tant anciëne, laquelle cft diuifée en deux, à fiuoir Armenie problems. li. $. 
ur, & mineur: La grande cft celle qui regarde la mer de Baccuc, & chap.7: @- 
rcanie vers lé païs d'Orient,& au Midy luy gift la Mefopotamie le 12. Tables t 
de l'Eufrate,la Capadoce luy eft au couchant,les Géorgiens, albäs, e> +: 
beriens luy auoifitient vers la partie Septentrionale,& de ce cofté eft Efiédue d'ar 
> qu'on dit & appelle la Mineur, & laquelle eft fübicéte an Roy Turc menie. 
à gräde pour la plus part, fait obeïffanceau Sophy & Empereur des zawris Cité 
s:8c ainfi par cefte confileration l'Armenie feftend dés le païs Per- chef des pays 
fqu’à ce que à prefent on nomme la Turquie & ce en longueur, du dysophy, 
tau Ponant, & fa largeur cômmence aux portes Cafbies,radis limi- _#rmeniens 
par le grand Alexandre.Et lefquelles font ores nômées Mirali, & viét roufonrs aff 
àla terre des Medes:& elt la principale Cité de tout le païs, celle vil. ei, 
ht fameufe Tauris,que nlufieurs appellent Tauris de Perfe,foit qu’ilz srrabon en 
ét l'aflictte.des lieux, &diuerfité des prouinces,ou qu'ilz ay ét efgard fon li.rr.de le 
uy qui tiét le païs, lequel eft l'Empereur des Perfans.L'Armenic eftét Geographie 
ée en plulieurs prouinces,aufi elle a obey à plufieurs Roys ,iufqu’à appelle cefte 
É que les afiatiques fen féirent Seigneurs, qui y mirentleursenfans Déefe r'anai 
Princes, & en a efté le peuple fi ayfé à conquefter,que detout demais il 
»s ilz ont efté comme la proye de leurs voyfins,ainfi que pouuezre- y faur lire 
Mir des hiftoires tant Grecques que Romaines,foit que vous voyez _Ænairide cd- 
ffyriens,les Med es,Perfes,ou Greczaux côqueftes:ou que Mithri- me auffs au 
ou les Parthes fe mettent en cäpagne,ou que lefpée du Romain taf- 25,0% 5! parle: 
de fe faire dame dela Monarchie du Monde. Entre l'effemination de Capadacé 
epeupletenoit du Mcde fon voyfin,encor auoit il cecy de tout pro 1/yen a qui 
ueadorant la Décife Anaitidé,à laquelle (fuyudt la fuperftition des penfent que c 
es) il faifoit Rcrifices:ce peuple offroit au feruice d'icelle, les filles fe Dé:ffe fur: 
pl’nobles & riches maifons, lefquelles en hôneur de la décffe,ne fai: Diane, come 
htconfcience de fe proftituer infimement , comme fitelle vilennie, Paifanie 
aftrenduës plus illuftres & dignes de louange,& aufli c'eftoiët elles aux Laconr= 
es premieres trouuoient les bons partis, d'autant qu'il n’y auoit hôm- ques Et Plu.. 
ui dé b5 cœur n'ébraMaft celles alliances, & ne receut'ioyeufement rariex l'4 vie 
 lapourefpoufe,hiquelleauoit dedié leprix de fa virginité à-vne fi de LArtaxen 
bde Déelfe : Le temple de liquelle eftoit deueñu riche & opulent du fé:g#0yque 
& argent deteles proftitutions:luy dedians auflf des cfélaucs dé tout AÆgathie pes 
,comme fi l’Idole euft eu affaire dé telz féruices;tant le ‘peuples iadis {que ce fiv: 
glé du Disble,efoi abreuué d'infidelité; folie & da pre | Féu6, Ca 
dif; 


y, & affa 
ns d'au 
accorday 
:mCÎNag 
naturel ill 
nt nourr 
, À prefco 
s humeur 
la plufpar 
log temy 
& carats 
quéGu 
Ome.celu 
& pour 
Mhainteni 
dipartic & 
cainfi b 
a efté con 
viuét mai 
yuét la.to 
cupa pre 
Roy d'Ar 
l'artarc, à 
iufrate,l 
uz, fecou 
r. font va 
font enti 
», mais faut 
iés voy lin 
e pas Co 
t de l'Ar 
ffent Jaf 
& Faddô 
ont Chr 
rage felo 
pañié di 
ROys,cho 
e.qui f 
ier quo 
re, {iauoi 
agc» 
dats :&c la 
e' feruant 
& voyl 
he elles 
cit, (ay 


' 


DE L'ASIE. 4 
ectes erreurs, & religi6 fchifmatid des Grecz,ay#s pluficurs Euefques 
yn Souuerain,qui leur fert de Patriarche,& ce depuis que la Citéd'An 
che, à laifé d'auoir vn chef'és chofes fpirituelles. Entre ces géns, tous 
general portent la tefte rafè, mais diuerfemét, car les clercs & Preftres, Geongiés por. 
ht la corônne faite en rond , & les lays la portent carrée. Ontient que lt ba refle rs 
Gcorgiens tenoiét des femines faites & inftruites à laguerre: Iefquel fe. 
seftoient à Cheual:& fort vaillantes & genereufes aux combats, fil eft Fêmes guer- 
nf,ie m'en rapporte à la verité. Quant aux hommes guerriers, il eft vray rééres en Le 
omme i'ay dit)qu'ils e ftoient fort valeureux, & encor ceux qui viuent Georgiune, 
diberté font difliciles à fubiuguer : mais leurs forces font trop foibles 
our attaquer aux R oys qui les auoifinét, Or eux voulans entrer en ba- Georgiesf'em 
ile, & mis en ranc'preftz à choquer, ilz portoyent vne calebaffe pleine plferent de 
evih laquelle ilz aualoyent lors, & ainfiarmez,.alloyent plus hardimét vin allans 
couragcufement affaillirleurs ennemys. Ee Ciergé d'entre eux ffas aux cobats, 
onnoit à prefter à l'vfüre, età-vendre les chofes faintes comme Symo- Chrgéu/fs - 
jacles : Par-ainfi ne fault f'eftonner fi Dieu a permis que la perfecution rier > £yms 
es infidellesles a domptez et leur a ofté les moyens d'abufer des gra- ntacle entre 
es des biens defquelz ont iouy ladis. Flsauoyent haine mortelle auec les Géorgiés. : 
Chreftiens d'Armenie leur voilins,à caufe de la diuerfité des opiniôs Géorgans eo" 
ceremonies, Ces Georgiens font gens de grandes abftinences, etaflez _Ærmenens : 
tiers en leur-conuerfatiô, en Carefme,.ne mangeans-poiffon, ny deli- ennemrs'en- 
tele quelconque, non plus que font encore à prefent les Calloïers de /emble. 
rece:0yans trelattentiuement Ja parolle de Dieu , & perfiftans affez 16- 4bfhinence 
uemét en pricres és lieux où ilz ontle moyen de ce faire fans empefche- des Gcorriens 
ent: & ont pour chefés chofes fpirituelles,vn Euefque Souucrain qu'ils en Care/me: 
6ment Jacelique,auquel prefque tous les Chreftiens d'Oriét, & qui fôt Zacelique aw- 
(pars és terres du T'artare, & d'vne partic du Perfan, portent obeiffance tét que Ewef” 
klerecognoiffent;ain{i que nous faifens le faint Sicge Apoftolique, du- we Jouscres.: 
welilzne tiennent aucun.compte.. Les Armeniens aufli: qui font de- LÆrmentiss 
eurez en la foy, fürentiadis (eomme i’ay dit} domptez parles Tartares, domprez pr 
hais non priuez du generalexercice de la religion, vewque de ce temps les Tartares, 
 m mefme auoit quelque Icgere apprehenfon du Chriftianifme: Por Mure pa 
ais l'Armenien n'eftoit point d'accord’, & ne l’cft encor auec.l'Eglife rit. en fon ve 
omaine, feparé de la foy en pluficurs-chofes de ce que l'Eglife vniuer- page deTur- 
ile tient felon l’ordonnance receuë de tous les peresanciens , & des rarie co Hai 
recs & des Latins:Car en premier lieu ils ne fçauoyent que c’eftoit que ton LÆrme 
ifefte dela Natiuité de noftre Seigneur & fauueur IefusChrift,n'obfer- mien ax lin. 
nsprefque pas vne féite,ny vigille, & ne ieufnans les quatre temps en des Tartarts. 
bte quelconque. Le Sabmedy de Pafques leur eftoit de grand refpe@ _Ærmeniens 
ne le icufnoyét point,a caufe qu'ils eftimoyent qu'en ce iour fur le foir diffordas de 
oftre Seig.efloit refufcité des morts . En outre mägcoyét chair tous les l'ezhife uni- 
édredis: depuis Pafquesiufqu'aux feftes de ia Pérecoufte. Leursieufnes ner/êle en 
foyét dés Septuagefime iufqu'à Pafgs , mais auectelle & firigourcuie quo. 
inence 4 les mercredis, & védredis ilz ne mâgcoyent poiflon , huile, Zenfües des 
y Lacticine quelconque, & fabftenoyent de vin,ayans opiniô que celuy _ remises, 
libeuuoit du vinen ces jours, pechoit plus deuât Dieu, g celuy qui fuit 


Vu 


| LIVRE SECOND 

‘êlté au bourdeau accoupler peu chaftemét à quelque paillarde, Le sg 
ils ne prenoient viandeny fubltance quelconque.Le mardy,'et icudy, \ 
mangeayent vne foisle 1our.Le mecredy et vendredy, lesplus faine, 
côfcentieux ne prenoyent rien, & n'euflent mâgé vn feul morçeau pour 
mourir:mais le Nos & dimenchcils mangeoyent chair. & faifoycn 
Deme/m:€8 grand chere, foulageans l'abftinence des autres iouis. Durant qu ils ieuf. 
ofet les Ethi- noyent dés la feptuagelimeiulqu'à Pafques, nul ne-celebrott la Melle, f 
7 vy  cen'eft le fabmedy & dimenche, voire ny és autres faifons, Le jour du vé 
AÆluare, dredy; d'autant que lesiours de ieuine,ils ne-leur eft permis de celebrerle 
en fôn Ethwr- aint facrifice de la Metfe, eftimäs que par la receptinn du fäint Sacremé 
pie, …ilsrompiffentlareligion de leurabitinence. als recer oyent à la fainte cé. 
Cémssion dé muniG indifferemment les enfans, dés qu'ils auoyent palfé l'aage de deu 
mée au = moys{eulement, & ne mefloyent l'eau au vin du Calice encelebrätsaini 
fansielle effait que de tous temps il a efté oblérué des Catholiques. Ils Iudailoyét qui 
«fi donnee à regetrer aucunes viandes, comme fi elles fuffent fouillées, telles quee 
el Eglife Pr5 floyent les lieures,les ours, & autres chofes deffendues aux Ifraclites. Il 
mitite.92 S. facritioyent dans des vafes de boys, & devoirre,& quelques vns fäns ps 
Oprié 48 fér rement ny nappes für l’Autel, ny eux veftus-des habits de Peftrife,& o 
mn des 4bW- nemens deputez pour le facrifice,les autres prenoyent feulementies fur 
fx .  cotsdefquels vfentles Diacresen noltre Eglife. Et tant les clercz,quels 
ÆrmeñIE Jai, à limitation Gcorgiane, tous eftoient , & vfuriers, & Symoniacle 
tuda:fént.  voireles Preftres fouilloyent leur ame, fadonnäs,aux foncelerics, deuin 

. Ænfen V=" tions,enchantements, & euocations de Necromance & plus adonnez 
Jent encor 5 ]'Yurongnerie,que les lays. Ils preneyent femme, mais la premiere eftanl 

Atefiomitése morte,ne leur eftoit permis de voler aux focondes nopecs:les Euclqu 

difpenfoyent les marys d'efpoufer vne autre femme, fi leurs efpoufes 
ftoyent conuaincucs de paillardife,& adultere.Ilz ne croioyent aucun 
ment le feu.de purgatoire,lequel 1es Grecz ont toufiours creu, & croyi 

encor, Et fouftenoyent opiniaftrement, vnefeulenature & volonté 
bis (hi notre Seigneur IcfusChrift.Enfôme les Georgiés prouuayét que ceu 
dun Y SHFOYENt en 30. articles de la vrayefoy Chreftienne. Ils ont aufliv 

Srr Li, 4% chefen cas de l'Eglife, qu'ils apellét Catholique, c'eft à dire vniucrlt 
aables des fou lequel ils cognoiffentplulieurs Euefques, & ne fôt pas fi au bas ,n 
tät dechaffez,qu'ils ne poffedét encor de belles terres fouz l'obeiffäce de 

Perfans & Turcz, lefquelz bien que ayét du tout aboly la dignité Roy 


Preftres AÆr- 
mensens ad6- 
nez 4 Necro-' 


Ærmeniés. 


Catholique 


chef de LEgli le des Princes qui feigneurioyët ce pays, fi ont ilsJaiffé les chefs de l'Est 


fe viuäs en affez pañlable liberté, qui aura cfgard à la doctrine deceluy 
religion deteftable duquel ilsontopiniaftrement embralfée. Ie dis ce 
à caufe que aucuns chantent qu'il n'y a aucun Chriftianifmeen l’Arne 
nie,Georgiane,ny Albanie,comme ainfi foit que les Caldéens, & Arm 


fees Arme. 
aCns. 


niens que nous voyonsaffez fouuent en France, nous affeurent.du con 


traire, & que l'obeiffance de leurs Euefques au faint fiege,nous font voi 

: que IefusChrift y cftadoré par vne bien gräde multitude d'hômes: ioi 
queles Chreftiens quifontle voyage de Leuant nous certifiét de ce qu 
les naturels du pays nous ont defia fait entendre. Latigueur des peines 
l'endroït des aduleres eftoiten Armenie , du temps que la ARAEE 
toucho 


aeè chupé 
‘LePreft: 
poir deian 
oh ilperd 
n'euftoféf 
ftantbrufl 
{e profticuc 
ourquoy 
es quine'v 
viured Jeur 
«commèttan 


e, & 
fer, le peuple 
Monarthie'e 
üx Pérfans1 
ucü Côpte, à 
lirétiés Gre 

craineté de 
brufquemenñ 
nan ment, 
bofant comm 


elù 
dy î 
fainte, 
1 pour 
foyen 
\s ieuf 
elfe, f 
du vé 
sbrerle 
cremé 
nte c- 
ie deux 
rétsainf 
rét qui 
s quec 
ites. Îl 
s fans pa 
fe, & 0 
tes fur 
z,quele 
oniacle 
s,deuin 
donnez 
re clan 
iucfqu 
poufes 
taucunt 
& Cr 
O ae 
ue ceu 
: auffiv 
piucrie 
ju bas ,n 
si ffâce de 
téRoy 


de l'ErRt2 


eceluy;l 

e dis ce 
l’Arnt 

& Aim 


CD LAS re! “à à 
couchoiraux Chreftiéns, que tàfemmie faifänt torti on Mary Aer Punition des 
get coupés® l'horrime er perdoit les genitoires, : ‘ ".#dw/ens en 

:LePteftre paillardänt eftoit dechaffé de fon eftar,& de l'Eglife,fansef- À "ee. 
poir de iamais plus y rentrer, & fieftant marié , fa femme fe gouuernoir 

mal,il Failloit qu'il fe continff, & n'häbitaft plus auec elle ; ‘où que aufli 
tof itperdiftl'entrée de fon Eglife. La Femme du Preftie' ant veufue, 

n'euft ofé fe rémarier,autrement faifant,ilne Iuy alloit que de la mort , e- 
ftantbruflée fans’aucune remiion ; & toutesfois luy eftoit-il permis de 
fe proftituer, fans que pour celaclleenreceuftancuné punition: Et c'eft 
pt té en “pars 

es € 


à,il y auoit tant de paillardes, veu l'impunité de cel 
quine voulans fe contenir,auoyent la bride fi à plaifir lafchée , pour 
viured teur Fantafe. Les larrons de chofésegeres, &autres malfaiéteurs. Lerrems com 
commèttans Crimes, n'importans mort eftoyeént chaftrez, afin de ne pointmepumis, 
engendrer des enfans qui fuffentimitateurs dé leurs mefchancetez. Au xue/gnes 
relte Fiult noter, & que le Catholique, & Euefques,& prelats en general _Ærmeniens 
quifont en Armenic, font tous moynes, &'aucü fans eftre moyne he peut r04 meynes, 
eftre receu aux dignitez ecclefiaftiques , tellement que les autres Preftres 
10 froquez,h'ontautre autorité, faufque de pouuoir celebrer.le faint fer- 
vice:mais les moynesnefe marient point, ’& pour ce font recommandez 
deplusgrandéfainteté &'innocence', & voila ce FLE M peu recueillir 
prefentils fe gouuer- 


des mœurs des Armeniens,& Georgiens, felon qu’ 
sent énleur feruirude.] var te ) 


ie Parthie Probinice 69° des mœurs,e> façons de vie des 
‘Parthes. Chapitre fixiefme j 


TANVARTATE prouincée depeu d'importance, &de _4fiettede 
N 4 | moindie force fut iadis occupée parles Scythesap- Parthie. 
Fe | pellez Parthes, c'eft à direbannis, & luy gift versie prolomée ls.” 
D, |Midy la Carmanie deferte pour voifine, vers Scpté- 6.chapisete 
| vion elle marchifeawpays d'Hircanie ,ayätle, païs bles. Stre 
fl des Medes au Soleil couchät, & au Leuant la region bond . 
‘4 d'Arie.CeftéProuince eftant toute ceinte de mon- 16. | 


tdu con 


font vol 
es: ioi 
de ce qu 
peines 


erainethh 


toucho 


y 


0ÿ 
AE 


LIVRE"SE COND- emomde) qui Jesa: 

taquans aux Romains(quoy que vaincueurs de tout le monde) qui lesa. EE fine 

Éoydhe aflaillis,ils en stade degrandes & glorieufés victoires. [no- D rer l'af 

tamment celle que ils obtindrent contre Crafle le phusriche & puiffant DE courfe d 

M. Antiine de Rome,qui de gayeté de cœur,apres auoir pilléle faint Temple de lc. M deferuc 
côtre les Par rüfalem,alla faire guerre à ce peuple,où lu occis , fon armée fut prefque oint de 
thes. toutetaitiée en pieces. Et lors que Marc Antoine fuft les guerroyer,ils le Eco de 
Fay Xempho preffèrent tellement,que iaçoit qu'il fuft vn des fages , & gentils chefs de PR jcine po 
ah voyage de gucrte de fon temps , file contraignirent ils en telles angoifles , que fou- au rc 
Cire le seune. uent il fouhaitoit ces r0000.Grecs, qui conduits par Xenophon, pañle- M uoitdev 
Er Æopian renten défpi: de tout le monde, & le pays des Parthes,des Medes, Arme D Quré deu 
Alesadr.en niens, Capadociens, & de tous les habitans.de la petite Afc:quoy quede D & en la] 
on Parth.. puis ilen vinffau deflus,& lesrendit tributaires.. Quoy qu'ilen foit,. les geoyent, 
Difiin li. 4t. Parthes deuindrent fi puiffans & effroyables ,. que toutesles fois qu'on queon fe 
Solin( free ‘oypit dire à Rome, qu'ils remuoyét mefnage pourla guerre,les Romains riculemet 
de Pl:ch.s9. cftoyent er. foucy de leurs Prouinces,comme leur querellans la grandeur Leharno: 
routceypref de l'Enpire: Jaufli Trogue Pôpée leur attribue la Monarchie-dé l'Oritt, de plime 
que ofFde 14- comme filz euffent partagé l'Empire auec les Romains : & Pline afferme feruoycn: 
fin. lin, 41. encor qu'ilstenoyent r4.royaumes fouz leur iurifdiéion, & obeiffance, 4 cl'argen: 
 Ærfacé del. : Apres queles Macedoniens eurét perdu la feigneurie de ce païs, par la Sornemeric 
ura fon pays reuolte du peuple.Ees Parthes fürent gouuernez parleurs Roys lefquels EBis eftoyer 
de. férustude portoy ent tous Isnom d'arfacides, à caufe que ainfi f'apelloitie premier femmes ef 
tuät AÆntio- d'entr'eux qui deliura fon païs de telle feruitude : maisapres la dignité tule mort 
ch.R-ydesy Royale,c'eoit au peuple que la maicfté de l'Empire apartenoit, & du tomber en 
sie, En l'o- corps duquel on eflilüit les chefs de-guerre,&c.en temps de paix,ceux qui mes vinffe: 
bmp.163.  adminiféroyent les affaires de la republique.Leur lägage eftoit meflé par- Eence,ou r 
 ticipant du Mede, & du Scytique;comme voifins des Medes &.defcéduz RS : Aicuns 

des Scythes.auant que laricheffeles rendit magnifiques, ils alloyent ve- ne pouuan 
ftuz affez groflierement,& ayans veftement peculier à leur nation: maisBBoyenteftr 

dés quels furent deuenuz puiffans;aufli l'habit fut fomptueux;, riche, &S Ilsne vi 

plain d'or & pierrerie,ou blanc en toute perfe@tion, .imitans les bobans Bhoyent à Le 

fuperflus des Medes. Quantau fait des armes, & maniere de guerroyer;ils hes,& Sa 
fien gouuernoyenttoutainfique leurs anceftres les Scythes ; ayants Ieurskkice.Entou 

dinfen v-Hidats & gendarmes,nan choifis d'être les francs & libres de condition, RBée filz ne 
foent is: 2ins des plushraues & puiflans d'entre leurs efclaues: qui eftoit caufe que oyent; traf 
en Egypte les il n’eftoit point permis à perfänne parmy le populace;d'affranchir vnfeul Bures foit d 
Sabdiens : ee Nr & ainfi le nombre alloit en aecroiffant de jour à autre, & leurs forces eurs cftans 
à prfintle 9 deuenoyent plus grandes, & plus puiffantes, & les tenoyentaufli chelBhes fuc en 
rement, & nourrifloyentauec pareil foucy,queleurs enfans propres, le Bbar pays, all 


Turc,an T- Fi CPI . , . . 0 ? b] 
choix defés adextrant àbien tirer de l'arc, & manier, picquer,. &.voltiger vn Cheu:!,ftañers.L 


afin dèe mieux f'en féruir enguerre,& chacun vfant -detelle façon de fai- Biffez furte 
re felon fés richeffes & pouuoir, d'où aduenoit quele Roy marchant en bris cu: ée fi 
bataille auoittoufiours vneforte.arméce de caualerie prefte en tout.euene Ménts aucc 
ment & affaires. onnez au 

… Aufsilors qu'ils fattaquerentà M. snthoineau combat de soooo, Chellieux, fin & 
uanx qu'ilz eftoyent. pour combattre il n’ÿauoit que 800.. hommes.qui re chofe ve 
fuffént de libre condition,toys les autres dns cfclaues. . Meur& cou 


hensffuires, 


CHDELASIES 42 


DES 


ai les.ae DE fisne çauoÿent cormbatrebras:à bras; & en bataille rengée ;'; &mioins al Parthes ba 
8. (no: D jer à l'affault de quelque villeafficgée,ny la forcer: leur comibar c'eftoit à rarloentes 
puiffant MR courfe de Cheual,ôu en fuyant:quelquesfois diflimulantieur fuyte safin fyyant. 4p- 
: de Ie- D de fe rucr für l'ennémy Fille mettoit tät peu fuft en defordre:& n'vfoyét piandels . 


rcfque oint de Trompettes ainfi que faitnoftre caualerie  ainsde T'abours à la guerre Par- 
Écon denoftre fanterie,& ne pouuoyent durer guere longuement en ha thigue. 


jeine pourfuyuans leur’pointe aux batailles... 
ue fou- au refte Fils cuffemt eu autant d'effort & perfeuerance, commeil y a-.0n dir leme 
, pañfe: Muoitde vehemenceaupremier affautt, il eult efté impofsible qu'on cuft- me du fran- 
, Arme D duré deuant eux,auffñ bienfouuentilslaifloyentie conflit au plus beau, fon. 
quede D & en la plus grande &éurieufe ardeur d'iceluy , & foudain ilz rechar-C'f #5 
it, gcoyentsayans repris cœur en leur fuite, : & retraite :-tellement que lors gw'4 prefent 
j queonfe penfoit tenir l'viétoire affeurée, on fe voyoit affailly plus fu- combarer. des 
i rienfement,& en plus grand danger, & extrernité perilleufe que iamais. Refres, 
randeur MLeharnois & corps de cuiraffes deleur caualerie ,eftoyont faits enlaflez 
l'Oriér, de plumes, tout ainfique-la garniture de leurs Cheuaux, defquels ilz fe 
afferme Mferuoyentenguerre. Ce peuple faifoit iadis fi peu de ccaptede l'or,& 
ffance. Pdel'argent,que ilz ne fen feruoyont en autre chofe que pour le luftre, & 


is, par  Mornemeric deléurs armes.Et quant à la vie priuée de chacun enfon logis, 
lefquels Bis cftoyentfort fubiectz à leurs plailirs:@&-c'eft pourquoy la pluralité des 
premier femmes -eftoit entre'eux receuë, mais fi ittoux deleurreputation ; que la 
\ dignité BMcule mort purgeoit la faulte des adulteres. Et c'eft pourquoy; afin de ne 
te, & du tomber encesaccefloires;les marys ne fouffroyentiamais queleurs fem- 
ceux qui Mmes vinffentnon feulement au banquet des hommes;voire ny en leur pre 
eflé par- Bfence,ou regard. 
lefcéduz M : aucuns ontlaillé par efcrit (enitre‘lefquels eft Strabon) que les Parthes 7e ne fa en 
vent ve- ne pouuansauoir lignée, produifoyent leurs femmes, à ceux queilz;pen- srrabon rièt 
n: mais oyent eftre leurs amys,afin que ilz leur fufcitaffentfemence. tel propos des 
iche, &M Ilsne viuoyét d'autre chair que de fauuagine; & des beftes quels pre- parthes. 
s bobanshoyent à la chaffe , comme encore de noftre temps ‘plus part des Scy- 
royer;ils Bhes,& Sarmates foiten l’Afie, ou Europe, font fort adonnez à tel'exer- zesA10/coni- 
ants leurs ice. En tout ce que #z font; la befongne ne leur femble point bien execu res 4 pre/eng 
bndition, MBée l'ilz ne font à Cheual,caren ceft equipage, ilz banquetoyent , guer- n'en four gue . 
ufe ge oyent,trafiquoyent,& parlemétoyent enfembie: & en fommetous les af res moins. 
ir vnfeul Mures foit degucrre;ou de police;cftoyent vuidez les arbitres & negocia- _£infen u- 
forces eurs cftans à Cheual.La difference des cftats, & condition entre les Par- fient leurs 
ufüi che Ïhes fur en cecy iadis remarquable,que les nobles & francs, fimarchoyét voyfns de 
pres: les bar pays;alleyent à Cheual, & lesferfs alloyent à pied comme laquays & Hircanie. 
Cheual, Mftañers.Les morts n'y font guererefpectez,veu que leurs corps eftoyent s'aywuge 
n de fa- aillez fur terre pour la pafkure des chiens & des oyfeaux ; Iefquelz ayant foing des 
chant en ris cu:6e fur !: chair & l'ayanstoute deuorée, ilz enterroyent les offe- corps des 
ut.euene Méntsauccaflez de diligerrce.Les Parthes cftoyentaffez deuotieux;, & a- treffaféz.. 
lonnez au feruice dé leurs Dieux:peuple fuperbe, & de haut cœur, fedi- parthes ne 
00, Chelicux, fin & cauteleux,trôpeur & opiniaftre,côme ceux qui attribuët; cÔ- peunenr vi 
nmes que chofe vertueufe;aux hômes la violéce & cruauté, 8 aux Fémes la dou #re #5 paix 
. Meur& courtoificrquieft caufcqiamais ils n'eftoyét en repos; ains failloit 
L ij 


9 » 


LBarthes:4 


greliurar, 

Lieu de Stra 

bon interpre-- 
z 


penfe que Strabon entendlors que il dit,ctparle des alliez;..car:le mot 

Grec,aux bien verfez en celle langue-emporte non:alliance,mais noblef-, 

fé,comme capables dé pareil honneur que Îes proches du fang du Prin- 

ce,le hoir du fang y defailtant.. à ou 
( Et puis que nous fommes fi auant fur les parthes , il ne fera trop incon+. 
Comme Craf seniént d'efplucher au Françoys quela efté ce peuple ,. et fide noftre 


Je Antoine 
C7 ahtres, 


lian l Ape- errans à morttant de Capitaines et vaillans chefs deguerre, voire iuf- 


Je * FWr0P5 qu'à deffaire les melmes Empereurs, qui f'eftoyent faits craindre et re-, 
#19. #m Joubtez en autres contrées. Nous auons parlé par.cy deuant d'arfa- : 
cé duquel les Roys parthois portoyent tous le nom-d’arfacides , Je. 


Mmian Mar- 


cel.lin.25. quel eftoit de fi grande maifon, ct race illuftre , que tant fen fault 


Quel fit Ær qué les anciens qui ont défcrit fon hiftoire, fçachent dire quels ont efté | 
fes parens , ny recercher l'ancienneté de fa maifon etnoblefle ;.: queen. 
core font ils en doubte fur le pays de fanaiffance , les vns le faifans , 


Jacé dés fon. 


commence= 


je “Scythe et les autres , natif de parthie::il eft vra tous | 
Gradeur ç7 Scy AR Par f'vray que tous fFaccordent 


Jeë. 


nc deuoit rien, ie ne diray aux Monarques de Parfe, où Affyriez: vois 


L 


temps il a efté moins remarqué en brauade, vaillance ,. ny conqueftes, 
Se que le temps paflé,lors quel a tenu tefte aux Roys fucceffeurs d'alexan-, 
eu fn Lu dre , Ou queil feft emancipé gaillardement de l'obeiffance Romaine, . 


. 2 €n cela que de voleuret homme incogneu il fe rendift le plus grand 
ficcex d #7 feigneur de l'Orient , et fi puiffänt , et heureux en conqueltes il, 


4 -0ÿ auf 
ne filon 
à l'hiftoir: 
comme p 
homme ft 
de aye ve 
sh 0 Eh: 
euñefin: 
sé regnant 
quépour.| 
are de nat 
qui pour k 
barthe, &*+ 
iltres c'ef 
plus de ma 
berlan 1e pl 
quide berg 
iche, heu 
ichy des d 
mais il n’a 
uiuy felon 
es dequoy 
Roy puifai 
e Prouinct 
Europe, & 
sportoit | 
rageufe d 
aincu par! 
vnonloings 
uic, à caufc 
uel Baïiaze 
ne cage, cc 
oit venir 
emontoir, 
esPerfes S: 
Éen guerre 
ordre fingu 
irre Mel 
ux que la d 
vafiexcel 
ble que le 


rit tout au {6 


Île diligend 
efque du n 
mps, & iou 
pouugntab 


TT clé. 


Lény auf: du Roy Philippe de Mectdone, Maisieniray pou u(@qul 7 améerlans 


quant 

ets n D ie fi longue:fucceon de fiecles ;où laprefériprion:peut deropuer f0ÿ Parrhe ç°. 
UC, D j'hiftoire:, ains'fuis: contens-dem'arreften dcequeñ'rguere eftaduenu de quel effat à 
gftoit comme pailé durant la memoire dé :noz péres, en la: perfonne: d'vn ramberlans 
cedét, DE mme forty de celle nation parthique, &le.plus admirable quele son- hereuven 
floyét D. aye veu depuitia venudu filz de Diou en ce mondett&centendez c6- tou fesfair?, 
te plus D 5 Ehuiron l'An denoître. Seigneur:14503: feant à Rome:Bonjface, 


.quel- eufefins ;& tenant l'empire en Ottident,Robért de Bauieré, &enFrd- BiraTeth te 
2PSC + De regnant Chartes fixiefme, fefletia en Orient vn hommelfipeu rerniar- (nommé 
Es, NY DE Lé pour la cognaiffance de fes-predecelfeurs que chäcunleicgé ant T'är fouldre du: 
DIE ln are de nation ; aucun n’a fceu dire de quelleregionileftoit d'entre elles ciel. 
fefen D; pour lors eftoient fuicttesaux Tartares, comme ainfi foit qu'il fuft. 

au 1 arche, &-de fi grande &illuftre fimillequele plus'haut &cantien de: fes mule chef 
re au litres c'eftoit fon nom: & fa grandeur :& digfité ne foflendoit en deT'urquie » 
ire que D 15: de magnificence, que de bouuier ou fimple pafteur, C'eft ce am: saaYer fast 
eme EE crlan 16 plus efpouuentable d'entre lestyrans,&t lamerucille duimondes crif" par 
ous CES D. ; de berger deucnant capitaine de Brigands;en fin'a efté le‘ plusgräd, r'amberlams 
rinces: che, heureux, & puiffant Prince de l’vniuers, comme celuy quifieften- 4» Paule 10 
floyent ichy des defpouilles detoute l’Afic;fi merueilleux en fes viétoires-quie seen La vie 
fman- DE mais il n'attenta chofeau fai&t de la guerre; dequéy le fuccez néfoitèn- des Roys 
moins EEiuy felonfes deffeins & fantafie, &netafcha rien au mâniment dés'affai- Turcs: 

nét em es dequoy il nefoit venu à {on honneur, Etfi Arfacéiadis{urmonta vn 
BeS», OÙ Roy puilfant des fucceffeurs d’alexandre;8rle defpouillade mainte bel: y:slersan fait’ 
paffé en Æ Prouince, ceftuy n’en a fai@ moins à celuy qui eftonneit, & l’'Afie& eflase par 


Cque is Europe, & qui à caufe de fes victoires, conqueftes, deffuires, &ruines fai S'aporez, Ew 
le mot Es portoitletiltre de Hildrin,qui fignifié agtant quefoüldrer& tempefte trape lin.9, - 

BAD Brgeufe du Ciel. C'eftoit Baiazeth 1: du nom Roy des'Fürcs ; equel fut oyfe lus, 7: 
Lu Prin- 


aincu par lodit Tämberlan pres la Cité d’Ancireaü pas d’'Afiels mineurs ch4p.22..…., 
k non loing de Natolie,pour lors Cité Royale, & metropolitaine de ur secr. due 
uie, à caufe que Conftantinople eftoit encor habitée des Chreltiens, Le: ref witeurs’ 
uel Baiazeth,pris en la bataille, fut lié de chefñes d'or, & conduiét dans: \ 
me cage, comme vn Lion par tout;où paffoit le Tärtare, qui le contrai*. firenrs qui” 
noit venir manger foubz fa Table,côme vachien, & duquel il féferuoit our e/Crit de 
emontoir,lors qu'il vouloit môter à Cheual;toüt aitfr que iadis le Roÿ ramberlam:. 
es Perfés Saporez en vfaà l'endroit del’Empe: Valerianl'ayant fütmone 
éenguerre. De quebe difciplineil vfoit en guerre;la police.de fon carhp}: pe Piemi= 
ordre fingulier,& grande iuftice, fi quelqu'vn delire de {çauoir, qu'il lfe:norè-duxréps 
icrre Meïlie en fes diuerfesleçons,& Egnace, & Pape Pie, lefquelzia- de r'ambem 
ux que la difference de religion nous defournaft de dretfer l'hiftoire Len 
va frexcellént homme,en ont laifféquelques memoires;marriz aupof : :: 
ble que le difcours entier defavie;geltes & magnilicenge;n'aitefté def, 4 
rit tout au iong, ce que pape Pie cuft peu faire fil y fuft employé auec. ï 
lle diligence qu'ila fait en recucillant les faits des Boefmes:car il viuoit 
efque du mefme téps que Täberlantretiré en fon Païs (edônoit du bon 
mps, & iouï floit des defpouilles de tous les Roys de l’Afie. Or c.Rog. 
pouugntable;ayant l'armée la plus forte que iamuais pi aye conduictes., 

u} 


-incon-. 
: noftre 
queftes, 
Alexan- 
maine, 
ire: iuf- 
cet re-; 
d'arfa- 
es » le 
n fauit 
ont efté | 
que enr; 
> faifans | 
prdent 
s grand , 
& que il | 
#, NO 


! à | LIVRE SECOND 


. :". grand,& commander auec fageffe. Car le foldat n'euft ofé poùr mouri. tencilé 
Û nffice a unir pilléle moindre hameauvillage,ny maifun,ny defrobé tät (oit pey Les tiee 
sis à 1. es biens de fon voylinage,d'autant que la rigueur & feucrité y eftoit tel coulphe: 
PTE Jeique les fautes plus legerersne fecouloient qu'auec le fupplicé derni ;imie, Per: 


us An de la mort. Ce grand'Roÿ affiegeant quelque ville vfoi de trois fortes di, feules ma 
x fees: Pauillons 1: Le pretieréour äl’auoit out à blanc ; figne de douceulé quelque 
P.…. stimifericorde: le fesond rouge ;:en marque d'effufion de fang fur :ceu Sojeil qu'i 


quife deffendtoient fils eftoient vaincuz :etie troiliefme tout:noir, 
Jequel portoit la figure d’extreme defolation, mortet ruine des homme; 
. #tdemolition dela Cité, ainfi qu'il en v£ en plufieursendroits de l’Afic: 
rumbetam YU qu'il ne falloit pañler vi quart d'heure dé temps outre -ce qu'il auoit 
fi dit le mr. iité.qhine vouloit fentir foudain l'effet de la menace dees tyran . L 
nifre de l'ire QUE ERUiS des caufes de cefte grande,ettrop inhumaine feuerité,ne re 
de Dies. 1Pondit finon qu'il eftoit le minifre de laiultice,et corroux de Dieu,l 
! "  quelcetyran-confeffoit fans toutesfois qu'il embraffaft ny le Chriftiani 
me ny l'Alcoran; cômeceluy qui fuiuoit le meflange d'aduis des T'arta 
nélirios de "6 ouz lamaih defquels fon païs eftoit,etluy auflinourry en leur cerre 
r'amberkas AUOY qu'il fe rendit plus communicable aux Chreltiens qu'à pas vn de 
quelle:  autres,;mais fichateuilleux qu'il ne falloit vfer de grand familiaritéen {on 
endroit, commecceluy qui comme vn Lyon feftantioué, en fin rendoi 
vnepiteufe recompence.C'eft ce grand Tamberlan,qui ayant vaincu B 
” iazeth,eftonné l'Europe par fon renom:côquis la petite Afic furle Turc 
. aneanty les forces des Soldans tant d'Egypte que Babylone ; mis à bas! 
Royaume des Perfes fait côtenir le Camp T'artare en fes païs de Catai,et 
. Cambalu, fait retirer le Mofcouiteés plus deferts et folitaires mareftz. « 


oit par cu 
pis qu'ils vfa 
efcouuert, f 
n veit et q! 
rifice àl'Au 
uils l'auoie: 
)enportoi 
feruez: d'au 
ce l'ame de 
diét de cou 
res nation 
ois fec oftan 
z, et puis 

res le £a 
puffler,ou ge 
on qu'on le 
uicres,et n 
u d'y crache 


bofcages de fon païssen fin fe retirant, baftift celle grande et fupe: be Cite. Venans 
Samarcand  deSamartanten la Prouince de Zagutai en Tartarie, qui eft caufe quelle dans la q 
Gité Royale . pluficurs , ont eftimé qu'il en füft natif : mais comme j'ay dit Ja plus fainenans für to 
deT'amber!s opinien eft qu'il eftoit Parthe. Larace duquel feft aulli toft efcoulée cô- à ue qu 


Race de Tam meil fut decédé; ct fes païs vfurpez partie par le Sophy, et partie par les 
berlam pere Tartares quiencores les pofledét:n'ayant eu fusceffeur qui fe foit foigné 
en mé de fairé rediger par efcrit {es vaillances.et conqueftes. } 


temps. 


chair dela E 
et du Lauri 
certaines 
leur facrifice 
lreflées àl'ca 
fort longs 
| Se Myste.Les 
AR 208 74 2 éilloitauR 


pied , & 
en poli 
d'hon 
lagra 
res ,& 
que ct 
arbarg 
léce dy 
 fairete 
imouri 
oit peu 
foitte 
 derni 
ortes de 
douceur 
ur:ceut 
ut:noir) 
omme: 
el'Af 
il auoi 
an. L 
é,ne re 
Dieu, 

riftiani 
Taru 
r terre 
svnde 
éenfos 
rendoi 
incu B 

le Turc 
sà bas! 


# be Ci 


Catai,et 
areftz. et 


ufe que 
lus laine 
ulée cô 
eparles 


it foigné 


L DE L'ASTES vi: : 44 
pr Parr de Péfésmeurs, bix ; © ceremenses des Perfanss ::1 Chain 05 


me Ex se cf vnerregion Orientale: ain@ nommée de RESTE 
OS Perfée fils de Jupiter, & Danaée fille-d'Acrife.Roy ! oféphantig. ’ 


ximie, Perfepoly ruinéc:par le grandalexandre;&Diofpoly;defquelles: ©" : 
feules marques ne peuuent prefque dûner tefmoignage qu'elles ayët ? erfepoly CAES 
quelquefois . Les Perfes eftimoient le Ciel eftre Jupiter: & adorient: EU Aux 
Soleil qu’ils apelloiens:Mithra fur toute autre diuinité: la Luneengor. #7 
oit par eux honorée, Venus, le feu, la terre, l'eau, le vent: fanstoutes- /2*C#rfe des: 
bis qu'ils vfaffent d'Autel,ny ftatue quelconque, voire & fans Femple à Les d'Alex 
efcouuert, facrifians en lieu eminent et fur quelque colline.afin que cha: #47 © Pl. 
nveit et que la chofe fut plus voiline des celeftes:offrans labefte du fa. "27° en la vie: 
hifice àl'Auteltoutecoronnée, mais chargée de maledi@tions. Et mile f "9e. | 
y'ils l’auoient en pieces, chacun(faifant le magiciä,ou preftre en ceft off. 2/%4x des Per: 
}en portoit fa part en fa maifon fans que les Dieux ce euffent quelque/" Herod.l.2,: 
ferue: d'autant que leur opinion eftoit que les Dieux ne demandoient 7 #7 “7 pb 
el'amede la chofefacrifiée : neantmoins quelques vns d’entre eux a.” 4Sfr415. 
viét de couftume de brufler les entrailles fuyuant la façon des Greez,et 
res nationsen leurs facrifices. Lors qu'ils facrifioientau feu c'eftoit du: 
ois ec oftans l'efcorce, er geétans par deflus la greffe plus voifine dés 
z, et puis y efpendans de l'âuile. Ilsn’auoietgardede foufler de leur 
puche le feu:ains auec vn euëtoir,que fi quelcun eftoit fi hardy que d'y 
puffler,ou getter quelque chofe morte,ou fale dedans;c'eftoit fansremif- 
on qu'onle faifoit mourir. Au rcfke nul-d'entre eux fe l'auoit dans les. 
uicres,et ny pifloit, ny gettoit aueune befte morte, voire efloit deffen-""777, 
u d'y cracher,et d'y cuire quelque choff, ains honoroient l’eau en cle" pe $ ee 
rte. Venans pres quelque jac, eftantriuiere, ou fontaine.ils faifoiét vne * °°” pu * 
bffe dans laquelle ils coupoient la gorge à l'hofie, et befte du facrifice, Jen ee 
fenans fur tout garde que le fang ne coulaft point iufqr"à l’eau prochai- "*"" 
eà caufe que œlaeuft polluset fouillé tout leur affaireet ceremonie:-et: 
chair de la befte occife;eftoit par les Preftres.ct fages mife fur du Myr. 
et du Laurier,et bruflée auec des bufchertes fort fubtiles, non fans vfer 
certaines imprecations , et maudiffons, durant lefquellesils mefloient 
leur facrifice-dulait,du miel,et del'huile:Or ces maudiffons n'eftoicnt: 
ireffées àl'eau,ny au-feu, mais pluftoft à la terre. Lefquels ils continuoiét 
fort longs temps, tenans ce pendant vn faiffeau de verges fort menucs 
Myrte. Les roys.eftaient choifis d'une feulefamille,& quicôque def- 
beïlloit au Roy;apres luyauoir coupélateltéetlcs bras eftoit gettéaux 


Maniere de fs 
criferentre les. 
Perfans, 


Superflitio an- 


Maniere de [+ 
crifiera l'eau. 
parles Perfès. 


F0 


41 LIVRÉ /$ÉCOND Éd) 
champs ns Repulmemgt 12 un D eut OUT TT NE A 
{1 8 (çay à ceftuy entend, lors qu'il dit qu ne pransA Jeun 
Rôys que d'vnefeule imilte, veurque puisqu'il ne touche que F'étiquite, 
auf fautit fuyure la maniere &hiftoire dès anciens; d'autant que dés le 
‘commencementtes: Affyriens tenans la Monarchie, ilne feparloit. de 
1103 Roys dosPerfes/& depuis icelle vlurpée par Arbacé Roy des Medes,iul 
+! qu'au dérnier de ce païs-qui fur Aftiagé, le Perfan eftoit fans nom iufqui 
Arbaé va ee queCŸre fils de Cambife fimpleGentilhomme & natif de Perfe , &E 
* gran daha: de la fille d'Aftiagé , l'Empire fut rauÿy aux Medes &r tranfporté à la ma 
pale fins fon dePerfe:Orqueles facceffeurs dé Cire, l'ayät tenu,les hiftoriés font 
G —; foy queles fages/ ou Magesou comme voudrez les appeller fouz la fäir- 
> Foy Herodls, te.de Smerdes fils de Cire, & frere du Roy Cambife auquel ils fereuol. 
3: Tr terer;hiy morétindrentte Roÿyaüme;lefquelsine furét onc de La race dt 
dés MAO Cire, Cüs galans:& vfurpateurs déffaits par la nobleffe:Darie vint au gou 
si bilofop hes de ‘uernemient,& feigneurie mais èn qu'elle forte? fuft-ce par fl ucceffion , ou | 
Perfe 4 4 tan Je plusprocheen fang'à lârace Royale? Rien moins: car Comm me, où q 
bir leRyau= 4e fept Seigneurs qui occirent les tyrans fuffent en confolation fur la for loit cu c 
Lis me dugouuernemét;il fen falluft bien peu que le Royaume ne chägeafquiem 
#uec quelle denom &fut conuerty en ariftocratie, ou Democratie, veu que du (ang Cheudl, 
rHfévarieuis qe Cireil nereftoit que deux filles que Darie depuis efpoufaapellé "à: für tot 
ROUE * dignité par rifé,8 gakante tromperie, félon que Les feigneurs auoient cp uerneurs 
Fortufs tt. plotté enfemble ainf que & Herodote, & d'autres tefmoignent parlanWchoifir,k 


broient: 
La prem 


Changemens 4e cecy.airifi ce n'eftoit.d'vne famille queles Roys eftoyent choifis,il el les des 
adieux %_yray quedés Darier.iufqu’à Alexandrele grand le fang Royal de Perf ill ch 
47e vint par fücceflion: mais durant queles fucceffeurs d’alexandre gouuer quefois c 


leçon : 4 
closhett. 
Jerecit au 
dextroier 
& deque 
lechamp 
‘endurci 
rents & ri 
res fans ce 
sau poffi 
( Tr dfins 
& les poir 
L uaillé, { 
val fauoir 
trémét; 6 
äs d'la che 
k'iauelor: 


_noiént l’Afie , le:païs de Perfe eftoit fins Roy , iufqu'à ce que arfacé (du 
7 quelacftëparlécy deffus)Femancipadeleurobeïffance, & conquifta 
es Perfes na: Parthes ,ecMedes er. Perfäns,quoy qu'il ne fuftay Perfe, ny du fang d 
turels ne teno. TDarie, ny:Cire , ésduroit fa race du temps que Strabon efcriuift fa Get 
sent le Roïtu- graphie, d'où noftre auteur à recuilly fon ramas des mœurs des Perfes,# 
me du téps de aquelle continua iufqu’à ce qu’Artaxerfe fimple foldat Perfän occif at 
Strabon taban le dernier des arfacides, & remift le Royaume entreles mains di 
AÆrtaxerfe ceux defa nation fen faifant Monarque, & duquel defcendirent ceux q 
ffmple fildat, regnerentiufqu'au temps-que Mahometh troubla l'Orient, & auec fes 
fait Roy de uoltes; &aucc fon impofture.ainfi le propos dela fucceffion Royale dé 
Perfeenuirn Perfes,nous à fait courir plus loingque ie ne penfois ; non que pour c 
L'an de grace, je vueille accufer ny Strabon,ny celuy qui limite de faute, veu qu'ils tt 
22.4 tendét par:ce mot decreation de Roys d'vne famille, le droit vfé par eu 
Come fut en. ou les accidés contraires n’alteroient point l’ordre füccefsif de la mailt 
tendre Str4b5 Royale .]Chacun des Roys Perfans(ainfi que recité Strabon alleganti 
für lemot de Kay quel Polycrite) faifoient'baîtir leurs maifons, & Palais fur des mo 
famille. taignes, ou ils ténoient leurs thefors & argent des tailles; & tributs leu 
_  ürle peuple, & ce en tefmonaigne de leur elpargne, & bon mefnageméreauec les 
Exabios des Or erigeoient ils gabelles & maletoftes diuerfement ; prenansargenti &r,êcente 
Res de Perfé trafic qui fe faifoit fur mer ; mais de ee qui fe paffoir en terre férme , ils eutiueg Le 
Jr leperples contentojent des chofes efquélies chacune region eftoit abondante confites qui Fa 
. f 


LIVRÉMSECOND Ge 
chäffe, & pefthérib. Les bnfañs'eftaient pirez richement d'or, & fermblar 
blesrichéffes & nourris fort délicatement eri l'enfance,tellemét qu'il n’e, 
ftoit permis les mener à a chaffe, LG MMA 

°°" fs auoient vne cértaine pierre nômée Pyrope de grand pris entre eux, 
8e laquelle ils n'euffent pour rien laiffé toucher à vn corps mort; tanc elle 
‘leur'éftoit en honneur , voire ny le feu eftoit porté aux Funcrailles}; afin 
qu'ils ne femblaffent tenir peu decompte de celuy qu'ils auoicnt en f 
Armes des grande reuérence. Dés l'ange de vingt ans iufqu’à cinquante ils fuiuoient 
.Perfisa la les armes,ne fçachans que c'eftoit quele plaider,ny le trafic de marctian, 
re. dife,vfans de petits boucliers faits à maniere de Lozange & outrele car 
Caxslba  quoys,& arciils portoient l'efpée & dagucallans à laguerre ; & vn bon. 
Turbam des net fait én pointe , comme encore à prefent ils portoient leur Cazelbaz: 
Perfans, … ayans Vne anime,ou detiant le Corfelet fait d'ecaille bien forte; EusPrin- 
paflemés an- ces portoient des hault de chaufes ; & leur hoqueton à manches:venant 
siens des Per iufqu'aux genoux & doublé de couleur blanche, & par le dehorseftant 
Jens. paint ou taint diuerfement, l'eftéilzalloient vefluz de pourpre; & l'hi- 
uer diuerfement & felon leur fantafie. Lamultitude portoit double ha. 
bit,leur allant iufqu’à demy-cuiffe, & en tefte vne grande entortillure de 
voile, ou de linge, qui font les Furbans d'auiourd’huÿ.Leurs h@s ;1mef. 
nage, & vafes à boire eftoient enrichis d'or, & confültoient-délleurs ‘affa: 
res à ieun, mais d'en donnèr fentence,n'y auoit ordre qu'apres auoir bien 
 faucéle gobelet, eftimans lés'affaires mieux traitez quand &: l’eftomach, 
& le cerueau font vn peu efchaufez de vin,que lors que le ieufhe les tient 
: languiffans, & fans force. Ceux qui font de cognoilfance enfemble,. & 
Ceffer coul efgaux en fortune, sage, & grandeur fils fe rencontroient 3 fe 
me 1444 07 & faludient d’vn baïfer à la bouche: les inferieursvn peu plus qu'euxil 
Jérnéeen Pré biifoient à Hioue : maïf ceux qui eftoient debaffe condition paffans:de- 
à dr PN uant les grands leur faifoient vnébien grande & humblereuerence:: Les 
feurs fes Corps des trepatlez eftans ointsde Cire;ils les enterroient ; fauf ceux de 
encor des Per jours fages,ou Mages, lefquels ils laiffoient fans fepulture, pour eftre de. 
se uorez des chiens. Ils aoient vne fäle & vilaine couftume dés toute an: 
Here. Cienneté que les fils fe mefloient'auec leurs propres méres + “85ice:furen 
tes principales façons dé faire, mœurs & ceremonies des'anciens habi 
… tans de Perfe. Iaçoit qu'Herodoteen y aioufte d'autres; quine fontgue 
re 4 propos, & ne meritent le racompter,comme d'eftimer vrigrand:for. 
fait de cracher deuant leur Rôÿ, ou de rire: & qu’ils eftimoient tes Greg 
déteftables de ce qu’ils croyoient les Dieux fortis des hômes:deteftoient, 
comme chofe vilaine; d'eftre endebté, mais fur tout de:dire:menfongs, 
Ce fai Maly qu'auant qu'enterrer:les morts ils fes faifoient:trainèr&-defchirer jan 
quipaféen Chiens ! & permettoient ce qi toutes ‘autres nations 'ont:en horreur: & 
_Perf:@ Ho abhominient,àfçauoir que les peres tombez en neceflité fuffenvfoulage 
*maramf qui par fa proflitution de leürs filles? mais nous'audns ditque c'eftoitaufl h 
fefeit féig.de couftunte des Babyloniens. * À prefent les Perfes vaincuz par les Arabe 
Palifiine, * farnommiéz tidis Sarrafins fonttouts Mahometiftes, & commeice peuple 
Mejopotamie FuR 1e re rip renomiié, theinrenantileperdrh ploirce 
og Perfe, “'cftév: l Dee, 4 20200 ERP GENS 0 UNSS 


AMOR SAGE 222 
. 2 


feque d'A 
prelcheur: 
la parolle.« 
ditqu’Ifm 
en fainteté, 
fte opinion 
ctvaillance 
toutelAr 
non fansvn 
def-iafenti 
nctardancp 
fes côplices 
Or lechani 4 
furnôiné So 
& ncueu d! 
chafé fon p 


Net 
lafamte 
cepourt 
pirene f 
Royaun 
la Mcfof 
te, &leR 
Guzeratl 
aux Geo! 
& reule du. 
recôman 
en tout l" 
peudu ch 
propos, fi 
noftre ter 
puiffans e 
cedes fuc. 
comme gr 
eftoc,et ce 
neffay qu 
terres, et t« 
fapelloitI 
puis à port 
tion de {o 
Harduel d 
rouge, à ca 
enfcignoit 
cefignede 
ques, Ifmac 
mort de {Lo 


s Prin 
venant 
seftant 
&l'hi 
ble ha- 
ture de 
P mel 
rs aHai- 
oir. bien 
tomach, 
les tient 
ble, & 


u’euxil 
ans:de- 
es: Le 
ceux de 
eftre de. 


bute an: 
e:furent 
ns habr: 


‘, DE-LASITE... . 46 

.rrieft vray que leluftre de la Monarchie luy eft ofté, & l'ornement de . 
Jafainte religion defcheu de cefte race caufe leur obfcurciffement, fi éft- 
ce pourtant quele Perfe n'eft à prefent fi petit compaignon quéfon Em-. 

irene foit grand en Orient, & qu'il ne tienne plufeurs grands & riches Æ endue de 
Royaumes;tels que font laPerfe, Mede,la grand Armenie, vnepartic de / Empire des” 
la Mefopotamic,les Parthes,Hircaniens,le Turqueftan,Caramaniedefer Perfés 4 pre- 
te, & le Royaume de Tharfe, qui eftia Caramanie fertille , &le païs de enr, 
Guzerath,qui eft en Inde,et iadis apellé Gedrofie : commande ‘en outre 
aux Georgiens,et partie des Albans, et pañfe fon Empire en l'Arabie heu- 


2 reufe du cofté du {ein Perfique,commandant für l'ifle d'Ormuz, et autres 


recômandées en la pefcherie,tant riche des Perles les meilleures qui foiét : 
entoutl'Oriét.Et d'autant que par cy deuant, nous auons parlé quelque 
eu du changement de l'eftat et race Royale des Perfes, il ne fera hors de 
propos, fi nous en touchons encor vn peu fur ce qui f'eft paifé prefque de 
noftretemps. Veu que ceux qui ont defcrit l’hiftoire des Roys les plus | 
uifans entre tous les Mahometiftes,ayans fait vn long difcours de la ra- pfanCafes- 
ce des fucceffeurs de Mahometh en Perle,ils louent vn Roy Vfüun-caffan sy de perfe.… | 
comme grand,et fortilluftre Prince, le fils duquel fut le dernier de fon. 
eftoc,et ce à caufe d'vn Seigneur Perfan qu'il auoit occis, lequelamenoit srardwel pere 
nefçay qurile reformation fur la doëtrine de Mahometh chaffant de fes du sphy ec. 
terres,et tourmentant ceux qüi fuiuoient fon herefie: ce Seigneur deffait sis 4 caw/6 de 
fapelloit Harduel,et laiffa vn fils fort bas d'aage,nommé Ifmaël, qui de- nownesuré de 
puis à porté le nom de Sophy,lequel endoétriné en la religieufe fuperfti- religion. : 
tion defon pere par vn homme defainte vie , & difciple du deffun&t Tabel Cafet.. 
Harduel duquelle n6 eftoit Techel,et depuis Cafelbas , c'eft a dire tefte br, a 
rouge, à caufe que le bout de fon Turban eftoir de telle couleur, & qu'il tnflitutio de 
enfeignoit fes complices d’en porter vn femblable;afin d’eftre feparez par Turbanreu- 
cefignedelatroupect frequentation des autres qu’il eftimoit hereti- geen Perf... 
ques.Ifmaël(di-ie)abreuué de cefte do@rine , etdefireux de venger la 7/4el plan- 
mort de fon pere, voyant que les Princes et grands Seigneurs tant de Per- re fa ley, les... 
fe que d'Armenie embrafloient la fete de fon feu pere , fe rendit aulli armes 48 
prefcheurd'icelle:mais commentiles armes au poing aiouftant la force à pong. 
la parolle.Or luy fauorifoit fort la prediction de AO EEE quiauoit pre- Taur cité 
dit qu'Ifmaël fesoit vn grand doéteur,et celuy qui efgallant Mahometh »5/€ par le 
en fainteté, eftendroit bien loing les limites de l'Empire de perfe : car ce- sophy. 
fte opinion,auec la Ggrfe-bonnesitgranil fçauoir en la loy, courtoifie, sophy com. 
etvaillsuce quireluifoient en ce ieuneprince, furent caufe que prefque mengs à re À 
toute l’Armenie fut par luy fubiuguée, et Ja grand Cité de T'auris prile, gner l'an 


non fans vn merueilleux cftonnement du fils d'Vfun-caffan qui fembloit 1499. 


def-iafentir {a ruine.Ce quiaduintenuiron l'an de noftre fcigneur 1499. Ds/corde des. 
netardancguerdlégrépsapres que le Mabhometh de l'Europe;Luther & Princes den- 
fes côplices ne btouillaffsag malheiirenfement lés cartes enla Chreftiété. ne entrée 4 


D Orlechangemens adueauenPerfe-mefortiftpas:tant des forces d'Ifmaël ,sophy «8 


D urnôiné Sophÿ gd ldiféfiô des Princes. R oyaux; A luät fils de Täcup, Royaume, 


& neueu d'Vifun-Caffan,& Amorathesn, fon frere, car Faifhé Tacup,ayant 
chaffé fon puifné; & fait muurir plufieurs des grands qui luy auoient dd- 
dard e-tenus | MS | 


LIVRE’ SECOND : 
né main forte,les Perfans; & .Armeniens prindrent leur Roy en haîne,tel. 
lement que le Sophy les trouuant ainfi dl ofez fe facilita lavoye à  Em- 
pire des Perfes:auquel eftant paruenu,il à feruy de grand empefchement 
aux Roys Turcs en leurs côqueftes, leurs faifans la guerre fans ceffe, fur le 


auf dé dif different de leur religion, & principalement fur lechoix des doëteurs qui 
ferêt des Per- ontinterpreté l'Alfurcam ; le Turc fuyuantles vns que Je Sophy eftime 


Jens, d'anec 
Les Tures. 


& tient pour heretiques.C’eft ce Sophy quitientteiteau Tartare, qui a 


fouuent vaincu le Turc;follicitéles Ghreitiens de paix;allidce, &amitié, 
non de defir de bien-faire à noftre religion, ains pour fe renforcer contre 
fes ennemys de la maifon des Ottomans:8& qui armé brauement, fort en 
caualerie,fuiuy de gens vaillans, lil auoitIcs moiens de l'Artillerie qu'à le 
Turil ne luy feroit de trop grande difficulté d'abatre la gloire &: forces 
+ de l'Empereur de Conftantinople.Et voila quant à l’eftat prefent des Per 

ritiô de Mahometh,ainfi que fait prefque 


fes, viuants en l'erreur & fupe 
le refte de l'Orient. ] 


2estndes les 


plus grandes 


detoutes les 
terres du mo 
de, Pompen, 
Mele.lin3. 
Strabon.15. 
Ptolomée |, 


es 


Des Indes © prodigieufés manieres de vinre, &- cerem- 
nues des Z ndsens. Chap 8e 


‘IN 12 region Oriétale,eft celle qui fert de 

: fin,etterme à l’Afie,et de fi grande eftendue 
qu'on latient pour latroifiefme partie, et la 
plus longue de toutelaterre, tellement que 

f* Pomponie Mele afferme qu'elle contient tel: 
le contenue de mer en fon côtour qu’à peine 

. le fçauroit on nauiguer en 60. iours quelque 

” vent à propos qu'euffent ceux qui feroient le 
voiage: [Etfeftend cefte grande region vers 
Soleil leuant à la mer Orientale nommée à 


thefies, 1 
en croift 
fins eti 
sbitans e 
affer, & le 
oftre Afp 
urodeur 
desainsfl 
la Canel 
ureufe, & 
rsont € 
a trouué 
cilleteni 
des: voire 
encor fe 
ndes,& co 
ns,uoulan 
xperience € 
foitimpui 
ofes fimer 
sLicornes 
ftanten Ar: 
esfine & p 
chnites, ge 
eux eftés, l’ 
 & de bonr 
x,tels que: 
entiefme de 
pngue vie. T 


plz fe paigr 


ftre plus bes 
ierrerie:mai: 
oiles fort fu 
Dyent tous 1 
hargeoyent 
eu aduenir. 
eus tels au vi 
gendrez fu 
nfi que aux: 
ien formez, f 
out lors qu'il 
D 3, COMI 


Hootiment par 


on efcrittes, 
ar cœur les v 
éureux en to 


_ td 


DE L'ASIE. : | 47 
chefes, Ils ontraute de vin,quoy qu'en certains endroits ontiénerqu'il Mwfsaw vil 
en croift comme au terroir Muficane , autrement Suficane , auoifinant lepres Le ri- 
finsetiuridiétion des Indifcythes, ou Tartares proches des Indes; &:wre Znde: 
fur le Rbitans entre les fleuues Hipanis lequel iamais Alexandre le grand n'ofa ve S're. 15. 
ars qui Muffer, & 1e Gangé, & Inde, Ce pays porte du bon & naturel Narde, car Ds Narde 
eftime boitre Afpicsne merite de porter cetiltre,& moins la Lauäde, quoy que ve Ditfêvrs 
» quia Mur odeur foit fort agreable: mais le Narde ne croift point par toutes les de, 
amitié, Mhdes ains fculement vers les parties plus Meridionales : il y croift encor Pline li1a. 
contre Me 1: Canelle, du poiure,& rofeaux aromatiques, toutainfiqu'en l'Arabie chap.12. : : 
ort en, cureufc, & en pv À 5 des Indes que on aportel'Ebene que plus Aelse li... 
rsont eftimé croiftre là tant feulement, quoy quedenoftre temps on 6.67. : 

a trouué és terres defcouuertes en l'Ocei Occidétal: fi ce n'eft que on Zbewe byys 
eille tenir que ce pays ceint par la mer pacifique foitvn efchätillon des fous mir fu 
des: voire que fouz le nom d'Inde, ou préd toute la cofte d'Ethiopie, trouné en’ The. 
uencor fe trouue del’Ebene. Les Papegaux & Peroquez abondentésdes Pirg.2. 
hdes,& comme aucuns eftiment on y trouue des Licornes,[iaçoit qu'au Geerg: 

nsuoulans reffembler plus fubtilz que les autres, nient fansauoir autre Pln.ls.12.6.. 
kperience que leur fantafie, qu’il y ayt des Licornes,comme fi la nature 4. 
floitimpuiffante à créer cefte befte, laquelle produit ordinairement de Zisernes au 
hofes fimerueilleufes en diuers lieux, lefquelles fôtautät à admirer que /ndes. 
sLicornes que Louys de Bartheme, ou Varthoman fe uantéauoir veu 79 om :. 


fert de 
tendue 


-, et la Mftanten Arabie. ] Cefteregion Indienne eft encor fertille en pierrerie Farthomas. . 
nt que MBesfne & precieufe, fi comme font Balais,efmurauldes, diamantés,rubis,: de /ês nauiga 
enttel Mchnites, gemmes, lapis, & perles de grand & ineftimabile pris. ls y onc:#50 .l.1.6.19 


eux eftés, l'air fubtil & leger, le Ciel ferain & attrempé,laterre tresfertil-os sl en fait 
y& debonneseauxen abondance: Qui eft caufe que plufieurs d’entre La defcriprio. 
x,tels que font ceux de la prouinceMuficane, viennent iufqu’à l'an cêt: Et Marc Pa- 
entiefine de leur vie : 1à où les Seres pays où croift la foye, font de plus } penitien L. 
pngue vie. Tous les Indiens fouloyét porter la perruque longuelaquel: 3.615. S'eres 
ilz fe paignoyent de quelque couleur ou afuréc;ou iunaftre , f'eftimäs pemples [or em 
Roy- tre plus beaux & manifiques, en cefteforte, & toufiours chargez de le regiôde 
Je Se- Micrrcrie:mais fort differents en habits, d’autät que les vns fe paroyét de CébaluCité 
Ile vne Moiles fort fubtilz de toile fine,les autres fe veftoyent de laine : partie al- Royale du 
, et Mbyenttous nuds, les autres couurans feulement leur hontes ; d'autre fe gred Camde 

lesaf- Mhargeoyent de franges voletantes au moindre fouffle de vent quieuft.Tartarie.. 
fi a Rkcuaduenir. Pour le plus communils eftoyent & font noirs; eftans con: Diners ha - 
font: eus tels au vêtre de leur mere, r'aportäsla figure de ceux qui les auoyéët bits des Inds 
énau- Mngendrez fuiuant la difpofition de la femence : laquelleeft noire, tout diens 
de, le Mnli que aux Ethiopiés: mais les Indiens font de belle & grande flature,. Hero. l,3.. 
deur,. ien formez, forts, puiflans, &robuftes, Aufli font ils fort fobres, & fur riet g Lanesre. 
die de: Bout lors qu'ils vont en guerre, & ne fe plaifent guere à conduire grandes reur eff aux 
mens Moupes; comme non neceflires:ioyeux{comme i'ay dit)fevoyans bié & Zndies Sy 
ant Je: Mentiment parez:ffabftenans de larcin fur toute chofe, & auoyent des loix no dela cha 
bleil à: Mon efcrittes, car ils n’auoyent aucun vfage de lettres, ains ils aprenoyent leur,ains de 
J'an-, ar cœur les vns dessutres, fi que pour celte fimplicité de vie, ils eftoyét la femêce,co' 
vente: Meureux en tout affaire, Ils ne beuuoyent du vin, fi ce n'eftoit lors que ilz re cecy di/pu 
M ij te. Ærift.de 


à peine 
uelque 
bient le 
Dn Vers 
mée à 
fonné 


"À LIVRESECOND ,. daube! a 
lanat des 4- failoiét facrifices;ainseftoir compofe Jeurbreuuage d'orge,& de riz, dus 
nimaux:l.1, quel auféi ilz faifoient des potages. Or ce qui montre quelle & combien 
c.2,Celie Rbe grande fut leur fimplicité en côtraétant, c'eft qu ilzne plaidoiët point en. 
dig.L16,ch, rer hat qu'il n'ya loy quelcôque qui face mentiô d'aucun sam. 
15. ou garde d'aucune chofe, & n'écaffaire de tefinoïgsny de cedulles, aux 
Indiésiadis ou efcritures,croyans vn chacun fon prochain à {a fimple parolle : qu'ih 
Sans aucunes laïffoient encor leurs maifons feules , & fans nulle garde » lefquelz fom 

lettres," to’ fignesd'vne gräde bonté & innocence de ce Peuple. D'auâtage on ne 
Ris en vfage trouucra pas bon de ce qu'ilz viuoient tous feuls, & qu'il n'y auoit poine 
entre les In: d'hèure determinée, en laquelle on mägeaft pour le plus fouuent: ma 
diens. ue chacun prenoit fon repas ainli qu'il eft conduit par fon appetit & 
Zalo el Aratiervin que tout cela cft propre pour lafocieté & proufit de la poli. 
al #  ceciuiled'vnPaïs. Ilz tenoient grand compte de fe faire frotter le cory 
cabfe de la pourexercice, & mefmementauec des eftrilles, toutainfi qu'on en vie 
fente & Éren droit des Cheuaux : & fe poliffoyent en outre le corps auec de l'E. 
trälgrefin. berie; Les Indiens eftoyent peu fomptueux , & fort chiches à dreffe 
Térrible fs- tombeaux, & fepulchres pour les trefpaflez,tout ainfi que au contraire il 
fon de fégrs. fe monftroyent fuperfluz à fe veftir& parer:car ils portoyent force or fu 
ter en Inde, eux, & fe paroyent grandement de pierrerie, ayans pour ornement 
| linge treflubtil , & delié, & portans toufiours dequoy fe couurir la face 
Mariages des pour peur du hafle:carils ne faifoyent rié, que pour maintenir leur beau 
Zndies, té & pour embellirleur vifage. La verité entre eux eftoit reputée pour 
grande vertu, & netenoyent aucun compte des vicillards, fils n'eftoyent 
excellens en fagefle, & prudence. La pluralité des femmes leur eltoi 
gr  queils acheptoyent, donnans aux parents d'icelle vne paire dé 
| œufz pop choififsäs !+5 vnes pour leur feruicc, les autres pout 
auoir dés enfans, & les autres pour leur plaifir & paffetemps: & lefquells 
f'ils ne contraignoyent de viure chaftement, il leur eftoit permis de paik 
larder äleuraife.… Nul Indien facrifioit, encenloit, où offroit à l’Autd 
cftant couronné , comme ainfi foit que plufieurs autres nations. en ce 
faifant euffent des couronnes, & chapeaux defleurs furlatefte: il2n 
maflacroyent,ny efgorgeoientlesbeftes du facrifice , ains les eftoufoye 
* en leur fangsafin de nerien offrir à Dieu , qui futimparfait en chofe quel: 
Loi des In- conque. Celuy qui portoit faux tefmoignage, auoit le bout des doigt 
diens coupez par ordonnance: & qui auoit mutilé quelcun d'aucun membre 


+ non feulement fouffroit-il pareille pcin+, ains perdoit encor la main que 


auoit fait la faute. Mais quiconque crcuoit l'œil, ou coupoit Ja main à va 
artifan,c'eftoit fans aucü refpit qu’il perdoit la teite, C’eftoit aux fémes { 


Les Rs fer- 
uix par des. icellesefclaucs à garder & feruir le Roy,où ce pendant les hommes n'er 
femmes. 1 trans point dans le palais, le camp, & armée fe tenoit dehors les villes, 


Loyeontre les: fouzles tentes & pauillons, : Sivne femme tuoit le Roy,le.voyät charg 
Kpÿs prenans de vin & enyuré, elle eftoit recompenfée du mariage de fon, {ucceffeur. 
rap de vis. or lès:enfans fuccedoyent legitimement'au pere.‘ neftoit permis au 
+. "Roy de dormi fur iour, & durañtlanuir, il changeoit à toute heurede 

jy gifte craignant les embufches , & furprifes.. Lors qu'il n’eftoit pointe 
“ir ons guerre, il fortoit fouuent hors fà maifon, mc<{fmement afin d'ouyr les par- 


es & de ! 
aule ouyr 
L cependa 
rtoit Encc 
pidats cour 
ment qui i 
ededuitàt 
on corps fe 
dans les tête 
& feruice,il 
LeRoy al 
qui le preca 
l'auoit toufi 
mais fil cout 
urvn Eleph 
oit deuant, 
es fur des I 
pour la guer: 
fans en cela 
urope, 
es hiorien 
ieux, & le C 
amiliers de < 
eux, chacun 
prands & ric 
' eleurs gran 
ats,les pre! 
moindres en: 
lus honorez 
rancs de tout 
doyent à auc: 
qui feruoit pe 
fez,comme e 
chofes qui 
fonts j' 184 « 
oyent comm 
D'autant que 
née les feicher 
eur deuoyen 
bi eftoié pr û 
toyét,et fe do 
de fuccez bon 
où prefageurs 
peine finonq 
Le fécondra 
tele en nomb 


0. DRPÉNASIES  ? # 

ribies rie & dé leur Faire iuftice: &eii durant ce téps que il fe faie éftéiller, il luy 2746 
int en. Maui ouyr quelcun, il ne laiffe d'entendre aux parties, & leur refpondre, {en 9 vw. 
Ja 6 endant il a trois frotteurs qui l'eftrillent en Roy, & à bon efciét. 11 4 er dir 
fau oit encor pouraller facrifier , & pour la chaffe,ouynegräd troupe de "##': 

: qu'il oidats couroÿentapres la proye: tout ainfi que ceux que les poëtes fai- 

Jz fon Mnént qui iadis celebroyent les Biccanales, eftant le lieuoù le Roy VE, 
conne deduit à tel pafletemps ,» Clos , & enceint de cordages , & les’ gardes de À 

t poin Mon corps fe tenans dehors ceft enceint, & fi ce pendant quelcun entroit 

ce mas Bansies tétes Royales, pour fe iouer à quelqu'vne des Damés de à fuiee; 

evie a feruice, il en eftoit quitte pour les pris de fa vie. 

a poli. Le Roy allant, & marchät en pays, il y auoit des clochettes & tabours | 
le corn: le precedoyent: & fil entroit dans quelque parccloz pour y chafler, chg 4; 
en véllauoit toufiours aupres de fä perfonne trois ou quatre fol armées: » fe, 
de l'E.Bais fil couroit en plaine campaigne ,‘& lieux non clog,, il eftoitmonté Rèys Inde, 

dreffe Mur vn Elephant, d'où auât il defbandoit fon arc fur la proye qui luy paf. | 
raire ik Moit deuant, & autour de luy force femmes, les vnes fur des chariots:d'au- 
e or fees fur des Elephans ;ou des Cheuaux;tout ainfi que elles faparcilloyét 
nent obour La guerre , eftans adextres & bien exercées à toute forte d'armes, e- 
r la Face tas eu Cela bien fort differentes, à celles & de noftre ficcle;& denoftre "1% 
beau EURE j aie cr 0gbnf 
HT À hiftoriens encore tiennent,que les Indiens adoroyent Jupiter le plu- /emmaigee 
ftoyentMbicux, & le Gange leurriuicre & les Genies, & ceux qu'on apelle Dieux, rieresfurét is 
ir eltouamiliers de chacune terre.Et lors que les Roys faifoyent lauer leurs che 455 ergfre. 
aire deux; chacun folennifoit le iour comme vne grand fefte, & fe faifoyét de Dece Jupiter 
es poui rands & riches prefens les vnsaux autres, faifans par cemoyen parade #? ap 

quelle leurs grandes richeffes. Ce du ph fut iadis diuifé en feptordres ,8c w 4rrswfant. * 
de pail: ats,les premiers être lefquels eftoyétlesfages,ou Philofophes.lefquels 72 Pawame | 

L'AurMoindres én nombre que les autres,eftoyét neantmoins parles Roys;les © Phemuse 

s. en lus honorez,& furhaucez plus quetousenautorité. Ceux-cy eftoyent e7Tertulsi. 

. 5 {2 peMrancs de tout labeur, & ne féruoyent àperfonne, voire ny ne comman- b,3 contre. 
LFoyenMoyent à aucun , feulementreceuoyent de chacun particulierement ce Marc. 

e quel MU feruoit pour les facrifices des Dieux, & auoyent le foing des trefpaf- Ordres çr e- 

s doiguez comme eftans cftimez les aymez & cheris des Dieux, &'qui fçauoyét farx, entre 

ermbre chofes qui fe‘faifoyétaux enfers: & en outre on leur faifoit de grâds dés indienr. 
ain quil fents j'186 éftoyent honorez detout le monde: à caufe queilz les te- 5 fraben \$e 

Din à vpoyent comme fort prouffitables à la vie& conuerfätion des Endiens. … d##ecequi 
mes &ARD autant que ces fages leur predifoyent dés le commencement del’an- Tue xis 

s n'et née les feicher elfes, ventz, pluyes, maladies, & autres telles chofesqui PP/1e/0ph 

ville Mieur deuoyentaduènir durant l'an fuyuant, & la cognoiffance defquelles 445% prog 
charg ler eftoit proufitableicar aduertis du futur,& le Roy, etle peuple eui -noffiqueuns. 

effarMtoyét,etfe dünoyét de garde du malheur,etpouruoyoïét à ce qui eftoit:.1 1:11 

mis aude fuccez bon et defirable.Muis quiconque de ces faifeurs d'Almanachs is 

euredeOu prefageurs,predifoit quelque cas faux, il n'encouroit autre punitiô ny : 

oint eMpcine.finonqu'il'luy eftoit enioint de tenir perpetuel filence, $ x 

es pa-MLe cond rancs erefat fur des laboureurs,fefquels fi urmontarit toutile Serd.ofar 
 rlechnombrecfloyent exépts de güerre;et detout füblide;forsquele des fndrens. 


1 


0 


LIVRÆ SECOND. 


bien diserfis tous Fabftenoyent de leur nuire & de les endommager: Ainfi le païfa 


s’eftant permis à aucun particulier,de po 
ze iftre le Roy de la cinqui.partie des fruitz qu'ils en perceuoyen 


freyent les pa- nyaux villes;nÿ bourgades,ou villages;ains auxchäps en des ttes, vi 


Demeure Ge pays Indienaucc ceft exercice cultiué, & non defert : lequel formilli 
wie des pa — ‘ne en beftes &:nifeaux, adommageans les fruits & femences. 


A Perrance tribut Royal, cOmmtis-feulemnt à cultiuer les terres,en quoy ilz auoy& | ls 1oy,d 
©: rprs du. employer, & leur téps,& leur diligéce. À ceux-cy quelque guerre quifuBtage cor 
Labeureur en- nint, iamais l'énemy ne faifoit iniure, ne le pilloit,difpouilloit, ou deuai, 
tre Les Indis oit de Yes biés, ains Les e‘irsät nés pour le bien & vtilité de tout le müds 


.& celles des no deliuré de tout foucy; & labourant laterre en liberté, caufoit vne grande 
Are, abondancedetouteschofesàtoutlepays: & viuoit cegenre d'hommg 
auxchäpsauec leurs femmes-& enfans,ne fe fouciäs d'habiter aux vills 
:payans ‘au Roy fon tribut (car tout le pays eft fuietaux Roys ) comm 


edervn pouce deterre, fans all 
F'igrserdree: Leticrs ordre-cftoit de toute efpece depafteurs, lefquels ne demeuroyi 


Jcurs en gène delachafle, & dreffans des picges aux beftes & oifeaux : & ainfi par ley 
ral, moyen ilsaffeuroyentiles feménces des beftes & des oifeaux, & rendoys 


autres, ny 
aréleur 
ne.Di 
galles p 
leur fufle 
peuple.e 
qui ne fo 
res, Ceux 
ftes, & d'a 
& pres d 
des Canoë 
d'une Cä 
ent és riu 
enacou 
ail leuant, 


Jes,defqué 


feurs Indiës, Les srtifanstiennentle quatricfmeranc, les wns defquels font Les harng 
le leurs cit 


douée &ioftrüments de guerre les autres les outils-du laboutage, êc autres to 
26 cfopét des inftruments prouffitables, & pour l'vfage. Ceux-cy n’eltoyent pas feulie plus pre 
artifens. : ment exemps de tribut & fubfides, ains encoron leur diftribuoit penfo@y langui 
LÆrhfans ex de grain du reuenu &greniers du Roy. Au cinquiefme ordre eftoyët poit le patié 
Spsae tailles. {es les foldatz,quoy que en nombreilz fuffent le fecôd, qui fadextroy@hoyer & e 
Soldats nur- ordinairement au fait de la guerre, & quelque grand nombre qu'ilz malade, v 
ris @ leurs fenttousenfemb!e leurs Cheuaux & Elephäs bôs pour laguerre cftoyäBommes à 1 
-Chèvews :: nourrisaux defpens du Prince. :Le fixiefme ranc eftoit celuy.des Epholrds;afin qt 
aux defens res & Magiftratz,lefquels prenans garde fur tout ce qui fe pafloit aux Infoit caufe, q 
‘roy: : dés en donnoyent l'aduertiffemätau Roy, pour y pouruoir & remediale iamais à g 
‘sphrese Le fepticfme & dernier eftat contenoit ceux «ui  prefidoyent aux affair@he toute co: 
magifrats , & confeils publiques, qui eftoyent en.£ort petit nombre, mais fegnalez he, ny befte 
des ndiens 4 nobleffe, & grand prudence. D'autant que c'eftoit de cenombre que ans en aucu 
“ame dfablis. choififfoit les confeillers des Roys, & ceux qui auoyent lemaniment dd vne certair 
ses Bômes grands affaires, 8 qui iugcoyent de tous differents, & controucrfes, voi@äns aucune ! 
Socrapelex d étre ceux cy eflifoit-on les Capitainés, &Princes des Prouinces Et vour viure.E. 

| Ld confesl des la comme lapolice des Indiens eftoit diftribuée, tellement qu'il n'efto@icierts. à où 
“RDC 48 permis à vn homme d’vn eftat d'efpoufer femme d'autre. qualité qued pulture:Et 
“rage la vacation de laquelle il fe mefloit,ny en pouuoit changer d'eftat,&c ofe cit it de 
? canfess, , en cftant loifible au gendarme de cultiuer les.champs, ny au labouredperfonne, 
Len rm fe éfler de la Philofophie. Encory auoit-il des Princes, & fcigneuLes Indien 
pe #3 :deputez pour empefcher qn'on ne feit aucun t-x4aux cfirangers abondi Prnoyent é 
fre Les nds en leur pays: tellement que-quand quelcun d'iceux tomboit malade @ucis alloy 


ons... :ifaifoit vénir des medecins pour lefollicitér & £i] mouroit, ilsie faifoy{us | 
Charité der: enterrer, rendans fon argent ou marchandife à ceux qui fe difoy sn où Hg à ss vi 


Indiens vers leurs plus: proches parens. Les iu ci 
tee *sparens, : ges enchacun lieu auoz"ent gognoit 
ler offrapers : fance des caufes, & la puiffance depünir les érintioelz, 8 aisclns de ue Routes 
que forfait.Il n'y auoitaucun ferf,ny:cfciaue de Jeugpatié, voire y colis quels 
; lalo] à 


DE L'ASIE. 49 
auoy& | le toy, deffendant toute feruitude:d’autant que tous d'vn droit, & auan- 
equifuitage commun eftoyent francs , n'eftans accouftumez à fe preferer aux Semblableer 
a deuil autres, ny à faire tort à perfonne,comme ceux qui auoyent dreffé & pre- 44/8 la loy en 
le mode paré leur vie fibien qu’elleeftoit pour foppofer à tous lesaffaults de for- France. 
e païfam pe. Difoyent en outre,que c'efloit vne grande folie que les loix fuffent Sentenre [4- 
egrandefzalles pour l'obféruation à tous les hômes,& que la fortune & conditiô ge, © lowa- 
homnoeieur fuflent ciffemblables. Mais d'autant queles Indiens font diuers en b4 des 7»: 
ux villsMbeuple,en ligue & forme de vie, caufe de la grand eftédue du pays,tous diens. 
)commuli ne font pas fi biéinftruits,que dir eft cy deffüusains font plus Barba- Barguerolles 
e, fans ares, Ceux qui auoifinét l'Oriét en partie, fadônent à la nourriture des be- des Indiens, 
euoyenMfes, & d'autres n’y prennét point plaifir.Les vns demeurét däs des paluz: faites des can 
neuroyék pres des riuieres & viuêt de poiffon crud,qu'ils prennent eftans dedans #5 @ ro- 
tes, vies Canoes & barquerolles, faites derofeaux, & chacun vaiffeau eft fait /eaux. 
fi par le vne Cähe creu fée, & ces Indiés fe veftét de nattes de cesioncs qui croif Mœurs des 
rendoyérent és riuieres, & eftangs,lefquels ayäs mis en œuure , & les ployantilz P«des In- 
formilléenacouftroyent comme d'vn haubergeon.Voifins de ceux-cy vers le So diens, vers le 
.  Mcilleuant,cftätles pafteurs viuans de chair crue, lefquels fapelloyét Pa- Lenanr. 
es harnoies defquelles on dit que telles furét les manieres de viure.Quäd quelcü /#diens 4» 
utres todle leurs citoyés hôme ou femme eftoit malade,ceux qui leurtouchoyent trepophages, 
pas feuleie plus pres, foit par fang,ou familiarité,ne failloyét de le tuer, difans que vers La mer 
it penfoduy languiffant,cauferoit la corruption de leur chair par fa maladie: & a- de sur, 
foyétpooit le patiét beau dire qu’il fe trouuoit bié,que nonobftant ils le depef- pays de Ma- 
dextroyähoyet & en faifsyent de bons repas.Le- femmes parentes, & amyes de lacha. 
qu'ilz ; M malade, vfent de pareil deuoir & graci. _… .é à leurs côpaignes, queles Zndiens effra 
re eftoyähommes à leurs amys:& de fen:hlable maffacre eftoyét eftrenez les vieil* gemenr fuper 
des Ephollhrds,afin qu'ils ne langniffent, & que les ieunes en prinffentcurée, qui e- fhtieux. 
oit aux Imoit caufé,que tuäs ainfi les malades, il y en auoit peu qui paruinffent gue- 
remediee iamais à grande vieilleffe.En d'autres endroits,ils auoyent vne couftu- 
ux affaire toute contraire aux fuf-nommez,lefquels ne faifoyent mourir,ny hô- 
egnalez dhce,ny befte quelconque, voire nefemans point, & ne baftiffans , ou fe te- 
bre.que dans en aucune maifon,viuans feulement d'herbes: & comme ilz euffent Gymro/ophi- 
jiment di vne certaine femence femblable au Milletsnaiffant defon bon gré, & ffes philofo- 
r£es, vos aucune leurinduftrie,ilz la cueilloyét, & la cuifans, fen aidoyét pour phes {ndiens. 
es, Et voBur viure. Et dés que quelcun d’étr'eux tomboit malade,il fé retiroir aux voyez Philo 
il n'eftoclerts, là où gifant,ou y mourant,n'auoit foucy,ny de le penfer;ny de fa frat.de le 
ité quedpulture:Ec de tous ces Indiens cy recitez & ainfi cftranges, la couftu- vs d'_4pol- 
at, Sc Me eltuit de faccoupler auec leurs femelles publiquement, & fans refpect lon.li.6.ch. 
aboura@k perfonne, ainfi qu'en vfent les beftes; .: | 45.0" 6. 
fcigneu@Les Indiens auoyét des Philofophes;snômez Gymnofophiftes,lefquels Celre Rho- 
rs abondBrenoyent.éz lieux plus lointains,efgarez,& bofcageux de celle regiô, & dig.b.13. 
nalade,0Mquels atloyent tous nudsfainfi que lenom Grec le fignifie)lefquels va. ch.25. 
€ faifoyéus par lesafpres deferts, & profondes folitudes difputoyent, & farrai- 5.:Æwguffin 
rent ännoyent des caufces.dela nature, eftans & demourans dumatiniufqu'à cire de Drew 
gognolbbleil couchant à regarder entétiuement le Soleil, fans remuer la veuë de /;.13.6h.17. 
s de quéilis,quelqueardät &chaultqu'il fuit, contemptans & confideransne & 15. ch. 
| eye yquelsfecrets dans cefte Sphercardente: Ces hômesefloyét fipatiés, 20. . 
0j N 


LIVRE SECOND 
Encor « pre- qu'ils fouffroyent defe tenir les piedz nudz,tout lelong du iour, dansie 


fént en tout le fable ardant fans bouger en forte quelcôque,& fans fentir douleur, fout. 


pays Indië les frans & endurans conftamment de viure fans aucun logis,tente , maifon, 
Préfires fint ny Grottefque, les rigueurs des glaces & neiges en hiuer, & les chaleurs 
apellez, Br4- yehementes de l’efté. Etentre ces fages eftoyent encor les Bracmanes, 
MATE qui eft vne nation affez puïffante , [ & qui fe tient encor à prefent fou 
Zracmanes | a puiffance du grand & riche Roy de Narfingue, duquel cy apres now 
au Royaume dirons quelque chofe , pour mieux éclaircir les matieres ] & viuent ce 
de Narfngne hommes ainfi que leur Roy Didyme efcriuift au grand Alexandre, pu- 
sa dis des Se- sement, & auec grand fimplicité, fans que aucune molleffe, delicateift, 
res Nomades ny chatouillement de la chair les efmeuue en forte quelconque, Et n'a 


Deces Phi petoyent rien plus quelaraifon & contentement naturel ne fouhaitoit 
point, & ainfi facilement ilz fefournifloyent de viures , non telz que de 


Jophes voyez, 
Philffvie ceux qui pour raffafier 1eur effrené defir,tourmentent par leur recerche, 
d'uApolonie Lrefque tousles elements,mais ceux fimplement que la terre fans eftre 
li3.6,4+ Ce- violée ny tourmentée, auec Le fer produit de fon gré, & plus que volon- 
 Rhod.li, tairement, fourniffant & chargeant leur table de viandes non nuifibles, 
18.631. C'eft pourquoy ces hommes ne fçauoyent difcourir de guere de genre 
… Lanation des Ge maladies , Comme ceux qui viuoyent d'vne longue,entiere & durable 


Brachmanes (inté, & l’vn ne demandant fecours à l’autre, à caufe quetous viuoycr.K 


fut fort 4ff- enfemble. L'enuie n'auoit point lieu auf entre ceux qui eftoyent ci 

SEP#r Æ— gaux en toute chofe, & où aucun n’eftoit plus grand que l'autre, veu que 

lexandre le l'egalité de la pauureté caufoit les richeffes de tous en commun, 

grand : rod, 1iz n'vfoyent point de iugements, d'autant qu'ilz ne faifoyent rien qui 
JE bl7, 

.… geffes De 
A 5 

Conuoit i[e, 


manquans les crimes entre eux,qui font caufe que la loy eft eftablie:L'or. 
donnance generale de tout ce peuple, c'eft de ne rien faire contre l'equi- 
, té & iuftice naturelle . Celle nation qui vit de for libeur, n’exerce point 
O7 volupté J'auarice , ny eft aneantie par vne vilaine oifiueté. Ellene fouffre que 
PONT ME fon corps foit dompté par le plaifir ny amatti par mollelfe, & paillardif 
ques la sut. ayant iouiffance de tout ce mefme, que elle ne defiroit point: Entant que 
la conuoitife eft vne pefte dangereufe, & tresfarouche , laquelleapouril 
ceux queclleaccompaigne, ne trouuant fin de pourchafler ce que ells 
cerche. ains de tant plus.elle eît enrichie elle va mendiant, & defire au 
plus de ehemence. Tout cecy difoit l’epiftre du Roy Brachmane, a 
grand Alexandre, luy propofant en outre, que ce peuple fe chaufoitau 
Soleil,eftoit laué, & humecté de la roufée du Ciel raffafroit fa foif és ruif- 


Le corps doit eaux, & fôtaines , & auoit la terre pour li&, & gifte, fans quele foucy lu 
obeyr aux co. rompift aucunement le fommeil , & que les penfées diuerfes luy donna 
failz, de l'a- fent aucune facherie en fon efprit. Auf entelz hommes fi fimples l'orB 


me. gueil n'exerçoit point {on arrogante tyrannie, & ne peut efclauer tant foi 
Brachmanes peu vn de toute la troupe,fice n'eft en ce quitouche lecorps,lequel il di 
auvent Les” foit deuoir eftre affuietty aux fages confeilz de l'ame. jh 

Grottefques … Ce peuplene fait bruflerles pierres pour faire la chaux, à baftir fes ma 
pour bgif.er fonssny ne faifoitle cymét plus forteny adiouftät du fäble, pluftoft lu 
demeure. feruoïtrd retraitte quelque folfe profonde, oula concauité fpatieufe d 


Mie maladie 


 fuft à reprendre, ny chaftier:& par confequent n’vfoyent d'aucune loy,J 


c uelqu 
ble des 
empeft 
Drou fit: 
de la plu 
que il vi 
l Laric 
eux qui 
nent leu 
es femm 
Dour acc 
ardifé,o 
r d'auoi 
à paix; NO 
onefteté 
ues & fui 
aux [up 
escorps | 
mmants c 
refpaf 


oyent l'ai: 
anature cr 
alteroyer 
hedecine c 
nent gueri 
ui peuuen 
Ils ne de 
eatre où 
des gefte 
noyent, iaç 
cun plaifr 
stoute s.: 
erucilleui: 
caufes fec 
rles onde: 
Leur eloc 
{ul enfei 
le pour y 2 
que, veu qu 
ain, mais 
antes &:r:p 
UX fecte ss 4 
onnans l'aus 


l feruant D 


on que D: 


DE L'ASIE. 

danse Momelque montaigne Cauerneufe : fans qu'ilcraignift ny le bruit cffroya- 
r , fouf- bic des vents,ny les furieux tourbillons , de quelque grande & orageufe 
maifon, Eempefte. Et eftimoit cefte maifon Grottefque, beaucoup plus feure & 
haleurs M -ouffitable que celle quieft bien dreffée & couuerte pour fe deffendre 
cmanes, le la pluyc:ioint que elle luy feruoit à double vfage, & de retraite tandis 
nt fouz M ve il viuoit, & de tombeau & fepulture apres fa mort. 

res nous M Larichele & rareté precieufe des habillements,n’eftoit requife parmy 


uent ces eux qui fe contentoyent de l’efcorce des arbres, pouren couurir feule- 

dre , pu- nent leurs parties honteufes, Au refte entre eux ne fe parent , ouatiffent 

licateffe, Res femmes pour complaire, voire ne fçauent vfer d’autreart & induftrie 

Et n'a bouraccroiftre leur beauté, que ce que elles ont de lanature:aufi la pail- 

puhaitoit Eh dife,ou defir effrené nelesinduiloit à faccoupler;ains feulemet le de- paix bien 
lz que de: d'auoir lignée. Ilz ne faifoyent la guerre à perfonne,ains cftabliffoyent fondée, 
ecerche, D paix, non par force d’armes,ains pluftoft auec la fainteté de leur vie, & 

fans eftre M onefteté de mœurs.Les peres ne fe foucioyentde pourfuyure les obfe- 

1e volon- es & funerailles de leurs enfans, & ne balifoit-on entre eux des tom- opinion des 


fibles. aux fuperbes, et faits à l’efgal des T'emples, ny ne mettoyét les cendres prscmanes 

de genrees corps bruflez dans des cruches et vafes enrichis, dorez, etemperlez, roychant Le 

x durable imants que ces cloftures feruoyent pluftoft de fupplice, que d'hôneur magnificen 

viuoycr.@\ : refpaflez.Les Brachmanes/eomme dit eft) ne fçauoyent que c’eftoit des beaux 

toyent ci: $ Mie maladie,ou peftilence,à caufe que ils n’offençoyent point,ny ne fouil- 

e, veu qubyent l'air auec la mefchanceté de leur vic:ains tenoit,et auoit toufiours 

s nature entre eux, paix , etamitié defirable auec le temps, et les elements 14 bone vie 

nt rien quiralteroyent en forte aucune le fuccez des faifons,ny leur naturel. Leur «44/6 le def- 

cune loyiedecine c'eftoit lafobricté,et honefte efpargne laquelle ne peut feule- faubr de l'in. 

blie:L'orMhent gucrir les maladies qui nous affaillent, ains encor empefcher celles fesion de 

tre l'equi-Mui peuuent furuenir. l'air. 

rce point} Ils ne deliroyét aucuns ieux,ny fpetacles pour leur pañfetemps ains le 

uffre autheatre où ils repaifloyent et les yeux,et leur efprit c'eftoyét les memoi- 

paillardifels des geftes et vie des humains,la vanité defquelz ilz plouroyentet plai 

ntant quenoyent,iaçoit qu'elle fut digne derifée, et moquerie. Ilz ne prenoyent 

eapourilhcun plaifr aux fables et comptes des vicilles (ainfi que font plufieurs) 

e que clins toutes.» + “ation et contentemét côfiftoiten la contéplation dela 

efire auctherucilleaic :: «1. .ellente difpofition de ce beau ouurage de l'vniuers, Bracmanes 

mane , au caufes fecrett2:,e* admirables de la nature,et ne fe foucioyent defiliô- ententifs 4 

haufoit aulBer les ondes del Ocean pour letrafic,et marchandife. louer La 

if és ruif Leur eloquence eftoit fans fard,ny ornement, etlaquelle leur dônoit naryre, 

foucy layi feul enfcignémét de ne point métir, fans qu'il leur faille fuiureny l'ef- 
donne pour y aprédre cefte do&trine,ny vn palais pour fy adextrer à ia pra 

mples l'orÆque, veu que ces efcoles,& pa. is ne nousaprénent rié qui foit ftable ou 

r tant foiBrain, mais pluftoit rous propofent mille incertitudes & fciences difcor 

quel il diffintes £: r:pugnantesenfemble. Ceftetroupe d'hommes eff diuifée en 

ux fectes, es vns affeans le bié fouucrain en l'honefteté , & les autres en 

ir Fes maonnans l'auantage à la volupté, & plaifir foit du corps , ou de l'efprit. 

uftoft lun feruant Dieu ilz ne fagrifioyent ou tuoyent aucune befte, ayans opi- 

arieufed@hon que Dieu ne fe plailoit point du feruice de ceux qui eftoyent 

Ni) 


| où facrifice non: fe 
C ‘Jane 
À Rcligionpure fouillez de l'effufion du fang d autruy : que plu o re DE pts 
du sm glant luy eftoit agreable , lapailiee Va ie AT cn vise) : 
nes, filace- ceux quile prete la parole le ‘ 
| hommes, fe deleétant en ce qui luy eftfemblable, 
re & Fm qui eft fait en efprit feulement. Voila rs vr rh pie 
leseuff abreu En Inde fonc encor les Cathéens, defquels chacun efpou bts " 
ueZ, comme mes,& quelcun d'iceux mourant , fes np He Hs ss en fn uant Je 
elle a dépuis. Tuge,difcouransau long chacune de fes feruices, & du nr F Le: 
Cffe couffu- pence qu'elles en doiuent auoir,comme celle qui aura si : p 7: du 
me fe obféèrue & mieux aymée du deffun@, & qui fe fera monitrée la plus de €, he 
encor en plu- le Tuge ayant iugé pour celle qui aura le mieux detfendu , a * x L 
fieurs lieux raifons,elle fe parant le plus gentiment & pompeul A il luy f ù k 
des Indes,&- polible,toute ioyeufe, & de face riante comme vidtorieufe Et urk 
Orietales e bucher où eftoit le corps de fon mary, lequel baifant, & em r; è pu 
Occidétales. fans effroy quelconque du feu, entefmoignage de fa pudicité fe lai " 
Cruelle façon brufler toute viue auec le corps mort de fon efpoux: là où les ro e- 
d'éfleuer les mouroyent à iamais honnies, & deshonorées. Les enfans n'y € yes 
em fans, . point efleuez & nou “: \ !: difcretion& volonté de leurs parens, pluftolt 
felon les affe@tions de c. : quiauoyentla charge du Magiftrat pour c 
faire. Ils regardoyent l'habitude de leurs enfans, que filz voyoient dés Le 
commencement qu'ils deuffent eftre foibles & debiles,en quelque partie 
du corps que ce fuft,ilz commandoyent qu’on les feit mourir,Les richef 
fes ne caufoyent leur mariage, mais pluftoff la beauté & bonne grace, & 
plus pour auoir des enfans, que pour r’affafierleur apetit & volupté. Er 
certains lieux encore auoyentilz cefte couftume que fi quelcun n’auoi 
dequoy marier fes filles, que elles eftans fur la leur de leur aage,-les per 
à fon de trompe, & tabour;,tout ainfi qu'on en vfe à la guerre, les condui 
foyent au marché, & place publique, là où la fille cftoit tcaue fi toft que 
quelcun l'aprochoit, de fe defcouurir tout le derriere iufqu'aux efpaules 
& le femblable faifoit elle du deuant, afin que l’ayans bien c. atemplé, 
Solin ch, $5. celuy qui latrouueroit à fon gré,la prift pour femme & efpoufe, Ce qui 
Cynocephales f'enfuit font les fonges de plufieurs;tantanciens quemodeærnes hiftorier 
en Inde, & Geographes, qui fe font laiffez perfuader, fuyuant ce que vn nc ay 
Detels en quel Megafthene allegué par Solin, dit, queen diuerfes montaignes d 
deférit Her. Tndes , il y a des hommes qui ont la tefte faite tout ainfi que celle d'u 
li.3.effreen Chien,armez cpl trefacerez,& fortz, velluz decuyr, n'exprimant 
Afrique. aucune parolle reffentant la voix humaine,ains grinçans, abayoient, & 
Folle perfs. iappoyent commeles Chienseftans en colere.Difoit en outre que les In 
fon quels diensfe tenans le long du Gangé, n’ont aucun affaire de manyer d autant 
“hommes vi- qu'ils viuent de la feule odeur des pommes fau uages,lefquels fi vouloyé 
went du feul fefloigner de leur terre, ilz portoyent toufiours de ce fruit,ofin de ne fill 
odorat. lir par faute dé nourritureique fils humoyent tant foit peu d'air corrom 
Formes mon: pu,ou fentoyent quelque puanteur, foudain ne failloyent à fefuanouyr, 
ffrueufés Go & mourir, & que on dit que de telz en furent amenez au camp du grand 
faulces d'ho- Alexandre. j ons pu p 
mes Indiens, [Onlit encor qu'il ya aux Indes des hômes qui n'ôt qu vn œil: d'autres 


Eftrange fe 
si débafs 


femme. 


à fçauoir en la pricre| 


quiont: 
qu'à ter! 
en esbr: 
uy,fi gr 
ne fout ç 
auec leur 
ent qu'v 
de vieille 
epoillu) 
ous. Il y 
dés l'aage, 
de leur aa; 
tautres 1 
À prefe: 
acompte. 
peuple Ca 
)y ne mon 
le Gedrof 
jentale:là ç 
hique, ma: 
jent ordin: 
iderera ce 
tcôme à p: 
Prit,ettels 
erement d 
un'y VOyE 
ue leur van 
u'ils fe perl 
es, et les m 
r (et ainii 
fentrion Jay 
raGteres Jat 
6 (&parlà 
sRomains 
onainfi que 
Ont aucun fe 
is adorans Le 
icuns honor. 
ueufes figu 
iante natic 
Ry ny loya 
it fort excell 
élconque. € 
néantmoins 
tilité ue ps: 
ne forte de 


iable, Et 
deduit fe; 
Juy eltoit 
toit für à 
raffant, & 
fe laiffoi u 
utres de RBeuple Cathaïen porte [ Haiton 
_eftoyenhyne montre la region ou eft le Cathaï, qui eft plus 
spluitoi Be Gcdrofic, à fauoir en l'Inde Ja plus Orientale, 

t pour œBicntle:là où Gedrofic eft für je Goulphe Indiqu 
ent dés leMhique, mais du tout Tartare,et fubiuguée parle 

que partie Bent ordinairement, & ou 


%. +6 des hommes, ou font aucugles, . 
les Es £ Uz,et fpirituelz, fi et ce Æÿmes Sans 
s condui Que P 


r'Yiuacité : entant bxrbe an Ca 
efpaules 3 miel ins. I]sf 


luant femblables 


en quadrar 
qu'ils font fortis : xp 


Ë denoftre Eu 
ignes defs Romains 1:e pafler 
elle d'vnfRonainfi que la fu 
primant{ont aucun fenti 


ient, &Bsadorans le So] religion. Les 


ages de fonte, les 
+ les à diuerfes, & mon- 
autan é î Lü à 
Sat. ée celle riche & Cathasens s- 
Page & ne (çayt que vault dolatres. 
en Mécaniques ce peuble 
corrom 
janouyf, 


randeur de religiô 


QUE par vaillance, 


Vi rCaux combats, c 
d'autrenc (orte de trait incogne y 


Leur monnoye eft de 
N iij 


Ud tout autre Peuple, 


LIVRE SECOND 


Ce diféours papier fait en quarré,en laquelle ef effigiée l'im 
pr fre quelle f'effaçant par le long vfage ilz la changent auec de M nou- 
reférnéan  uelle en raportant la vieille au thefor du Prince leur vaiffelle e d or, 
lren des Tar- d'argent & autres metaux, & ont faute d'huile, qui eft cftimé fi precieux 
tares:car ce que c'eft au Roy feul d'en vfer pour fen oindre, & le tiét en lieu de Mufc 
peuple df le ou Ciuette,& voila quant à ce que j'auoy à dire des Indiens. 

propre patrs- 
moine de leur 
 Emperewr. 


age de leur Roy & fou: 


Du Quin[4,@* autres Pays, © Preusnces des Indes, Chap. 9. 


T d'autant quele Quinfay eft des appartenances du Roy 

D) Tartare, & que les habitans à prefent fuiuent la maniere de 
C3, viure des Seigneurs du Païs, il fault vn peu efplucher les au 
N\, tres natiôs de l'Inde, laiffées par noftre auteur,affin g le Le- 


penféque 

Lena er 
ThenuStitan 
c'ef vne mef- 


me ville. eos # 
Cherfinefe nent,afin de n'oublier rien qui face à la defcription des mœurs des Indié 


|: doréeft à pre. aufli bié modernes, que de ceux que les anciés nous ontefpluché. Et d'a 
D 84 tât 4 noftre auteur fai&t & pofe le Cathay au royaume de Gedrofie quii 
prelent fe nomme Guferath,nous prendrons noftre difcours felon la co 


ha. 
A fte indique, où le fleuue Inde fen goulphe dans la Mer, qu'à prefent ot 


Cambase re- 
ee bit nôme le Royaume de Cambaie, & la mer,le goulphe de Guferath, le lôg 


h 

Er Ge de laquelle plage il y a plufieu< citez, villes, & villages, & du peuple «t 
Ta gräd abondäce,lequel eft idolatre comme celuy, qui comme les ancien 
Cambaiens Perfans adorent le Soleil & la Lune, force images & ftatues, mais fur tout 
Jdolatres. les Vaches leur font en veneration, à limitation des anciens d'Egypt 
Mœurs des Tellement que ce feroit peine capitale entr'eux , que de tuer vne de ce 
Cambaiens, beftes. Ilz font fort fcrupuleux en matieres de viandes:, d'autant queill 
vy Lféph ne magent de befte quelconque fuffoquée,ny morte de fa mort, ou mal: 
Indien liir, Aie, & ne boiuent aucunement de vin blanc. Le peuple y eft affez blanc, ( 
de fés nanig. PlUS que les autres Indiens qui fe tirent vers le Midy,ageançans & pt 

chap. 140. grns mignotement leur barbe, & auallans leurs cheueux à limitation d 

emmes, faifans comme vne chaine de leur poil entortillé, & fe plaif 
en cefte fotte façon d'attiffeure, & effeminé ornement. Les femmes né 

fe marient jamais qu'à vn feul homme, ny les hommes reciproqueme 


neprenr 
font con 
font hors 
cité. Auf 
herbages 

n odeftie 
dolatri 

L rands fo 
icedesI 
epar leu: 
le foit ic 
d'vne fupc 
es parts, 8 
eurperme 
Hel'eftat d 
iprefent 
Bnhaleine 
ifle d'Ors 
bu contena 
ofté de M 
order finc 
Ocean par 
Cepeupi 
ene fouffr 
eluz de co 
rand nôbr« 
luer le Ro 
binét le brix 
ue le Roy 
{e voulan: 
ne fait que 
n de fa mife 
iCe Roy cl 
Lelle contr 
ncantmoil 
écomme « 
» qui fe fai 
nf que font 
Mt Saint, ou 
dats pour 
tout ainfr d 
oy que leur 
ontaigneufe 
uplus qu’en 
clailferay à 
dé anoifinät 


» fou: 


nou 
d'or, 
ecieux 


Mufe 


lu Roy 
riere de 
er les au 
jle Le- 
r à quOy 
are l'O- 
y quelle 
,n6 fans 
que c'eft 
ns difpu- 
elle mef 
ât le non 
_& mieux 
homme 
s,iufques 
i l’auoifr- 
es Indië 
6, Etdat 
bfie qui i 
on la co 
efent Où 
th, le 16h 
peuple el 
ss ancieti 
is fur tout 
J'Egypt 
ne de a 
nt quelle 
ne male 
blanc, & 
ans & pt 
ationd 
e plaili 
mmes 16 
pqueme 


DE L'ASIE. s2 
neprennént qu'vne femme, & eftans en viduite fonttreschaftes, & ne 
font comme plufieurs nations, voire d'entre lès Chreftiens, ou ceux qui Mariage bié 
font hors mariage fe penfent cftre difpenfez à toute paillardife & lubri- gerde par les 
cité. Auff eft ce peuple fort fobre ne mangeant guere que des legumes & Cambaïens. 

erbages , defquels la terreleur en foifonne abondance, fils ont cefte Cambaïens 
modeftie au viure, & à l'endroit des femmes, fi fontils corrompuz outre fort fobres. 
dolatrie en plufieurs autres chofes, & fur tout en ce qu'ils font des plus 
grands forciers de laterre, comme la plufpart de ce païs 1à adonné au fer- 
ice des Diables, faide fort auffi de les appeller à leur fecours, & à predi- Cambaïés for 
epar leurs refpôces les chofes qui leur font à venir.Et iaçoit que le peu- ciers au pofi= 
ple foit idolatre fi eft-ce queleur Roy eft à prefent Mahometifte attiré ble. 
d'vne fuperftitié à vne autre, & ce à caufe q les Mores yabordétdetou- - 
es parts,& font en fi gräd nôbre que le roy fe fie defes affaires en eux, & Roy de cam 
eurpermet le maniment de fa maifon, fans qu’ils ofent pourtät fe mefler baïeef Maho 
del'eftat des confciences des Gentils & payens du Païs. Bien eft vray que meryfe. 
prefent les Portugais y trafiquent, & tiennent & le Roy & les Mores Portugais tie 
Bnhaleine, les bridans fi bien auec les forces qu'ils ont à Diu Goez,& en réf des forte- 
hifle d'Ormuz , que le Cambïen n'ofcrien dire ,ny faire feulement mine reffes en Cam 
bu contenance de fe remuer. La cité de Cambaïe eft voifine de la mer du bañe, 
ofté de Midy ; mais où l'eau eft fi baffe que les’ yaifleaux n'y peuuenta- Cébaïe affife 
order finon au decroiffant de la Lune tout au contraire de l’accroift de /#r la mer. 
Ocean par deça qui fe fait la Lune eftant fur la plenitude. SOLS 
Ce peuple va prefque tout nud,fauf qu'il couure les parties que lah6- Flux de mer 
sne fouffre eftre defcouuertes ,& portenten tefte des chapeaux tous côtraire as 
eluz de couleur de bleu Turquin : Tousles matinsils viennent en nofre. 
rand nôbre qui à Cheual, d'autres für des Elephäs deuât le palais pour F#femet des 
iluer le Roy, ioïiant plufieurs fanfares de trompettes,naccaires, & cors, Cambiens. 
dinét le bruit des tabours pour feruir d'aubade & refueil, dés qu'il fçauét 
uele Roy eft preft à fe leuer,vfans de pareille façô & ceremonie le Prin Kewerence dei 
{e voulant mettre à table. Si le Roy a deliberé de faire mourir quelcü, Cembaiens 4’ 
ne fait que luy cracher deffus, & ce figne eft l'arreft le plus certain de la leur Roy. 
n de fa miferable vie. 
Ce Roy cft prefque toufiours en armes à caufe qu'il à guerre conti- Longue paix 
elle contrele Roy de Iogue fon voilin fort puiffant ; mais idolatre: d'homes va - 
neantmoius éftimé &luy , ettout fon peuple d'une grande fin: gabonds, 
écomme celuy qui va fouuent en pelerinage , et qui durant fon voia- 
, qui fe faittous les trois ans,eft tenu de viure aux defpens d'autruy, 
pfi que font les pelerins entre nous qui fe font faintemét vouëz à quel- Dec voy 


Saint, ou pelerinage, conduifant vne infinité de femmes efclaues,er les nauigatie 


dats pour fon féruice, & en ceft equipage il fuyt prefque tontes les In- ons de Loys 
tout ainfi que ces galans quenous appelions Egyptiens en France,ct Parthomas 
oy que leur courfe procede plus de faulte de viüres eftät leur prouince big." 
ontaigneufe et peu fertile, pluftoft que de deuotion qu'ils aÿent en vn 

uplus qu’en autre. | È Ceulx deça 
Le laifferay: à part latetre et Royaume de Ceul qui eft en l’Inde.deçale le Gange. 
égé auoifinät laProuince de Câbaïe, à caufe q les mœurs du peuple fôt 


x LIVRE SECOND Re 

«mblables 4 celles deleurs voifins, auffi bien que l'Ile de Rs04 , laquel- 

Eng à prefent fubiette au Roy de Portugal qui y à fait drefler Se belle 
& puiffante fortereffe pour tenir tefte aux Mores , &autres Ma ometi 
ati goal les Chreftiés fe fortifient ainfi aux Indes.Le 1ôg de la mer 
CA tirant toufiours au Midy,eft la cité & Royaume de te. laquelle cf 
Canomer Roy habitée de deux efpeces d'hommes des Chreftiens,c'eft àfçauoir, & de 
aume,@ & Gentils,ou Idolatres, voire fy trouuent des Iuifs,mais on n'en tient au. 
téfort mag: Cun compte. : Le Roy eft feruant les Idoles, & non-pourtant fort gran 
aifque. amy duRoy de Portugal : & d'autant que la citéeft vne des plus belle 
d'Orient, & de plus grand aport de marchandif e,il faut fçauoir qu'elle ef 

pofée fur la cofte du goulphe de Guferats tirant vers le Royaume de Ca. 

Efficeriede Jecuth duquel nous parlerons cy apres: à caufe que de Canonor auant l'« 
quelspaïs  picerie, & autres chofes aromatiques portées tant de Narfingue que de 
portéen ca- Pegu & païs plusauanten là haute Inde , vont faire cours iufques en C4 


lecuth. 


Goa Ile fà- 
sétte au Koy 


dé Portugal 
Le de Îtes marris que 


les premiers font les Gentils-hommes,qu'ils apellent Natires, les fecond 
les moiens d'entre le peuple quiont quelque reuenu,qu'ils nommét C 
nez:& letiers ranc eft de la plus vilepopulace , quicomme font les plu 
pauures,aulli furmontentilslesautres en mefchanceté, & les appellen 
Nuiran:haïs tellemét de la nobleffe, qu’elle neles peut voir fans leur co 

rir fus, & les batre. Chacun des.eftats à fon Téple en particulier; mais la 
Diuifon d# hommes font feparez des femmes , aufquelles on à dreflé des oratoira 


peuple de Ca- pour prier à part. 
noïtor. Etne penfe point qu’ils n’ayent efté Chreftiens, veu ce que encorik 


confeffent:car ils croyent vn Dieu, & iceluy en Trinité, & pe ils k 


font, & paignentauec vne ftatue ayät trois faces , & tenät pliées les main 
Y’apellans Tambra en leur langue:& encore plufieurs autres ftatues , 4 
d'hommes, & de beftes, mais ils ne les adorent point. Quandils fe prefer 
#9 loféph.  tentau Temple lesvnsfe couurent le frôt de terre, les autres fe lauentl 
Andié.c,130. face,ainfi que bon leur femble,& vont trois fois le iour à l'oraifon , à fa 
&'131  uoirlematin,à Midy,& fur lefoir:& facrifiéc en cefte maniere. Il y adi 
trompettes, & cornets,& fluteurs qui spellent le peuple,& fonnent , { 
iouent,iufqu'à ce que leurgräd Preftre & Sacrificateur foit arriué, lequé 
vient veftu ne fçay comment à la facerdotale,. & fe tenant tout deba 
pres de l'autel chante quelque cas faifant à l'hôneur de Dieu: puisvnat 
tre Preftre chante encor apres luy,auquel tout le peuple refpond enfer 
Maniere de: ble. Ce qu’ayans fait par trois fois, vn Preftre vient par vne fauce porte 
Jacrifier en fort du Temple tout nud,ayant vn chapeau de rofes ou autres fleurs fur 
Canonr. … tefte, & deux grands cierges, & deux cornes: & tenant en chacune md 
vne efpée nue,fe met à courir tout aifi que f'il eftoit furieux vers le Dis 
r3 qui eft fur l'autel, où arriué il ferme l'huis qui eft deuant l'autel, donna 
Effrangefor. l'vne des efpées au Preftre principal ; &auec l'autre il feblece en diu 

te de dance endroits.de fon corps:& ainfi acouftréil fen va gaillard, & en dançant 

… enfacrifiant. lancer für vn bucherà cefl effait preparé duquel fe faunant auecgrand 
fteffe, vient tout eftonné, & regardantle peuple de:trauers ; luy dit:aut 
parléà Dieu, . & auec cefte protéftation il Juy>annoniée. coqu'il à po 
di 


0 


\ 


lecuth.Eftant donctelle Canonor elle eft diuiféeen trois fortes de gen,k 


fucced 
& {ont 
toutesf 
veu me 
leur de: 
faire de: 
font bal 
la croix 
rence : 
aillét iul 
l'autorit. 
S.Pierre. 
Jons del 
vne extre 
JeSaint S 
leué, ainfi 
3caufe qi 
trempent 
vin:ilz n° 
rient fur 
is l'enter 
sbanq . 
ils prient 
mét.Et fi 
ucceffeur 
u defunA 
ais fe r 
mary. Ils re 
! ieufemen 
k fur tout 
our de P 


1 feruent. ns 


Refurreé 
Men tel.i 
roftre qu 
drta les ne 
nnifee & Q 


 Ilsgard 
x ort &c Af 
knoftre D 


DE L'ASIE, : s 
dire, & l'admonefter. Ceux qui fuyuent le gentilifme comme le Roy, &:2# Canon 


»Jaquel- « 
ee courtifans,efpoufent plufieurs femmes lefquelles font effrôtees fans nulle les païens ef 
honte ny hounefteré, Et qui fans aucun ebard fe proftituentà chafcun: Pex/ênt plu- 


hometi- 
de lame 
quelle ef 
ir, & de 
tient au. 


& eux mourant on brufle leurs corps parmy lefquels les femmes qui les feurs femmes 
veulent fuyure,fen vont courageufement getter au feu, & mourir auec bfquellesfont 
leurs marys. Et à caufe de l'impudicité des femmes les enfans des Roys ne /orf 
fuccedent point à la couronne; trop bien ceux qui luy font au tiers degré: des. 
rt grand & {ont bien fi aduifez que de cognoiftre la baftardife de leurs enfans,fans Les enfens ne 
lus Belle toutes fois auoir l'efprit d'y pouruoir auec loy puniffant cefte paillardife, faccedèt aux 
qu'elle el veu melmement que Jes nations qui frequentent & habitent parmy eux Péres. C7 
ne de Ca eu deuroyentféruir d'exemple, & fur tout les Chreftiens des façons de pswr7ur. 
rauant l faire defquels il fault dire quelque chofe.Les Temples de ces Chreftiens Chreftiens de 
je Que à font baftis côme les noftres, fauf que vous à bit pas vne image ; mais Camenor. 
si de D la croix eft par tout pofce, & icelle trefgrande & à laquelleonportereue Ze Catheli- 
s de ge rence : & faut que ceux qui veulent eftre promeuz à l’eftat d'Eucfque 7% .1rme- 
es Leona aillét iufqu'au Catholique d'Arnfenie,qui fattribue cefte puiffance côtre nien promeut 
mé CU On du S. fiege Romain, & fe difant (mais faucement le fubftitut de ls ÆEne/ques 
nt les piè S.Pierre) & tent le lieu du Patriarche d'Antioche.Mais laiffans cela;par- des Indes. 
Selle] Jons de leurs façôs de faire. Ils ne pb les enfans fils n'y voyët S'acremens 
$ EE ol" extreme neceflité de mort.Etfe confeflent comme nous, & reçoiuent obfêruez, par 
M JeSaint Sacrement qu ils j confacrét fil leur eft poflible auec du pain non les ndiens. 
> MAIS I eué,ainfi que les Catholiques en vfent par deça. Et n’ayans point de vin, 
s OrAFOl caufe que "ue n’en porte point,ils vfent de raifins de Corinthe qu'ils 
uempent en de l'eau & en tirent quelque fubftance qui leur fert pour du: 
ue Muiniilzn vfent point de la Sainéte Onétion aux malades, mais en lieu ils 
rue prient fur le patient, & luy donnent la benediction. Quelcun eftant mort, Benguets des 
Fr x sl’enterrent ainfi que nous faifons , mais ains que faire rien d'obfeques, /sdrens quel 
Ce orcfall sbanquetent par l'efpace de huit iours, & apres ces feftins & banquets, cs effant 
e pre prient pour letrefpalté, & executent ee qu'ilaura ordonné pour tefta- mort. 
FT - ét.Et l'il decede fans tefter celuy qui luyeft plus proche de fangeftfon 
1 e ucceffeur & legitime hcritier. Les vefues prenans ce qu’ellesont aporté. 
>. Ù y au defun& fe retirent enla maifon de leurs peres, toutesfoisne leur eft 
er » Mbermisfe marier auant le terme de l'an expiré depuis le decez du premier 
MR ane sep a Euangeliftes,, gardent les ieufhes fort reli- Zew/ñes des 
out deboicufement del" Aduét,& de Carefine continuant en prieres ; &.oraifons, Zndiens. 
pris é 1 fur tout la fepmaine peneufe, demourant des leieudy abfolu iufqu'au Fees fol 
ond enfémour de Pafques fans vfer viande quelconque. Lesfeftes que lé-plus ils neles deschre 
ce por bféruent-ce font 1cs feries de Pafques.Et fur tout le huitiele iourapres fiens de ca- 
fleurs ur! Refurreétiô de noftre he 4er ch celaen mémoire de Saint Thomas, rene. "0 
LD teliour.meit fa main és plaies de nofhre Seigneur, cat £'eflà-ce Saint s.7hemes., 
, El ; pftre qu ils ontle plus. de deuotian, mme à celuy qui ile: remier Apohre hs. À 
pre ta les nouuellos.de la redemptien au-païs des Inslen: 8:eft fu fofta-fo- noré parles 
pie " mnifee & des Chreftiens & Gemilsleraremieriqur deluilles.: >: Jadiens 
angint D. 1ls gardent encor l'Afcéfondanoftre Saig,Erla frite de la Trinité chris « 
ec pl port Se Affumption, Natinitéise Purification dela glorier fe vierge mêre co Ztbw- 
y dit 0 noftre Dieu& Soignourilésferies de Noël,des Roys tAppiaririfles ques." à 
O 


qu'il à pot 
p' 


LIVRE SECOND. oiiLet 
feltes des Apoñtres,& le iour du Säint Dimenche. Ils ont desmonalteres &n'el 
tant ve que de femmes: & y viuent les gens d'Eglife sh False font fort 
ment, & fi quelcun l'efgare foudain l'autel luy € interdit, & deffendu, fent charg 
Ils ont l'ancomme nous,de douze moys, & vfent de Biflexte » Mais ilz d'eau n'ay 
artent Ie iour en 60.heures,qu'ils cognoiffentau Soleil, & la nuit aux durer le 
Continence … cftoillcs. Tous en gencral vfent de deux fortes de monnoye, l'vne d'or 
des Préffres qu'ilsnomment Saraph pefant vn ducat,& l'autre d'argent, qui vault fix & dela ter 
en Calanore pr 2 des noftres, & la nomment Paran: & entoutes les deux eft figurée mais l'ayar 
l'effigie de leur Prince ;: & neantmoins en toute la Prouince ne fe trouue & qui las d' 
or,ny argent,ny metal quelconque. Et voila quant à Canonor. Paflons nerdu bon 
au royaume de Narfingue qui eftvne terre fort fpatieufe,& laquelle Ptho Re = 6. & 
Jomée pofe en l’Inde deça le Gangé l'attribuant aux Seres, Nomades, où D, nb] eq 
“pafteurs:La cité capitale fenomme Bifnagar, | & ft vne des fameufes des M des ma 
| ‘Indes à caufé du trafic, & des plus fertiles de l’uniuers, où le Roy » & ha derendh 
Pthol.lin.7. bitans font tousidolatres;ainfi que le refte prefque de tout lepaïs Indien fre D 
chx. Tab. laiffé à ceux denoftretemps.à le peupler non feulement d'hommes, ains DS antil fa 
d'AÆfieto. encor de do&rine fidelle, & inftitution Chreftienne, comme defia plu: eflables,ve 
Poy Los fieurs faintes & religieufes perfonnes , tant des quatre Mendians queds D e figure qu’ 
Varthoman, : Tefuites y ont donné debellesattaintes, y fondans va faint edifico Pour cire en fon 
. 44h10.  l’aduenir à la Chreftienté, & plantans les premieres pierres, non feulemét que les pain 
‘’auec leur doétrine & fainteté,ains encor par l'effufion de leur fang, à l'imi EE edaltes ou 
tation des Apoftres , & martyrs confeflans lenom de [efus Chrift parmy 
les tourmensenl'Eglifé primitiue. Dieu vueille quelenomde ces conffhe, eg fa 
feurs de vérité vienne quelqueiourennoz mains, afin que les François LE des noft: 
( … voyent que l'Eglife catholiqueeftant affaillieiéy par les heretiques, & emocquant 
L'Euangile ‘aux Indes par les Idolatres. Dieu la fait toutesfois prouffiter en la main de be lydet 
prefché à pre ces bons vignerôs qui par R fäinte grace, & priere des premiers cultiueurs Borte quatre 
fent aux In- de cefte vigne , auancent tellement te labourage que les fruits en feront 
des par les plus que centiefite x la gloire du peredetoutenoftre famille.Le Roy dé? commel 
soffres. Narfingue adore Ie Diable;ainfi que nous dirons de celuy de Calicuth,& Er & elpo 
vont tous veftuz d'vne chemilolle fort courte, & en tefte portans vn orne 
Key de Nar- ment prefque femblable au Turban des Mahometiftes:le païs eft riche eo iole deteftal 
fngue adere or, Pertes & autres pierres precicufes,qui eft caufe quele Roy de Portu-l ; plus l'efto: 
la figure min: cal à fair alliance À ce Roy de terre ferme,quine cognoit d'autres. Chre- es Sathaniqu 
ffrucufe dé fliens, &'nefçaitrien de l'Europe.’ : BA Er 0} Ii : 

diable... Plusoutre& furla pointe de ce cofté de mer, auant que doubler ver: D pent les am 
le goulphe Gangetique eft le puiffant & riche Royaume de Calicuth een fa gueul 
dans Le fein nommé par: Ptholomée Barigazem, quiiadis Fappelloit Cable. Lex facr 
on off la cité manes,ymis letiomluy a eftéchangé en, Calieuth:ville pour le iourd'hupl:cmanes plu 
de Calicath. : la plis belle;riche & marchande de tout l'Orient quoy quenon: jé à ittenustous 

calicwth. ” denÿ papuleufe quete Quinféyau Royaume du Cathaf: Celte:eft tulu-: 
Jarisporr. >" Atieeniteiré ferme,bien' que la:mer 18 Vienne arroufer d'affez'ipres, Grodeursarom 
PRE VAT Fo port;toutesfois vers le Midy court vné affez belle 'ritiere qui 
pureté des fefcoute rl Ocean: , & dotiné môyén aux petits Vaifféaux d'aborder robtiennent 
cdifces de --rerre;Les maifons n'y font ioignantes l'ne de l'autre edrhmo:par-déçél : Is ont vn: 
calicuth. >: {oit de pp a ou ou qu'ils oyentihi rudes done fçauoir faccormo Re hauteur de]. 


army 
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rançois 
nes, & 
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Portu* 
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er vert 
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DE L'ASIE. 4 
der, 8e n'eft point cefte cité clofe aucunement de murailles : les logis y 
font fort bas & de mauuaile grace, & les batiffent ainfi à caufe qu'ils n'o- 
fent charger le lieu de fondement, eftant le terroir tout plein de fources 
d'eau,n'ayans l'induftrie de les faire efcouler,n y de baftir fur pilotis pour 
affeurer Icurs edifices. 
Ce peuple eftant Idolatre, croit neantmoins vn Dieu createur du Ciel, Calicuthiens 
& Je la terre;la caufe premiere & moteur de tout ce qui eft en l'vniuers: croient un 
mais l'ayant recogneu pour tel file faitil comme vn hommeendormy, Dieu,maw le 
& qui las d'vne fi belle œuure ne fe foucie plus que de fe repofer & don- font ojfif. 
nerdubontemps, ne fe fouciant plus dela principauté de ce qu'il a fait 
& Formé: & que pour cefte caufe il a donné la charge du gouuernement 
au Diable qu'ils difent eftre celefte, afin qu'il foit iuge de laterre, & punif Ze diable effs 
feur des mauuaifesaétions des humains, & que Dieu luy a donné puiffan- mé par eux 
ede rendre à vn chafcun le loyer de fes merites:& appellét ce beau Dieu gouverneur : 
terreftre Deumi, & le fouuerain Tamerä. Et puis que nous en fommes de ce bes mom 
fauant il faut voir leur religion & facrifices,qui ne peuuent eftre que de- de, cf erreur 
eftables,veu la corruption de celuy qui fe fait adorer fouz la plus hideu- /mble forty 
fe figure qu'homme fçauroit c:.cogiter, Or le Roy de Calicuth a vn ora- des Mans- 
oire en fon palais tout femé de figures Diaboliques telles & fi effroiables chésns. 
que les paintres nous les effigient par deça, & non guere plus grädes que ornement de 
medalles,ou quelque peu plus larges; & fpacieufes : mais au milieu de la l'orgtoire dm 
chapelle ÿ.a vn throfne d'erain ayant fur iceluy affis vn Diable de mefme gy € de 


matiere & fur fa tefte portant vne tiare ou Mitre comme celle d’un Eucf- +048 les Tem 


que des noftres , & penfe que ce malin efprit leur a forgé cefte inuention ples de Cali- 
emocquant de noftre religion Chreftienne: Mais ce braue diademe eft 41h, 
mbelly de trois grandes cornes de mefme metal, & le front de l'idole en Figure enor= 
porte quatre,ayant la gueule effroiablement beante & ouuerte auec qua- me du dis 
regroffes longues & aigues dents de chafcun cofté, lenez difforme & Le, | 
aiét comme le bec d'vn oifeau,les yeux eftincellans & hideux; la face fu- 
ieufe & efpouuentable, & les mains faiétes comme vn croc ou hameflon 
L les pieds tout ainfi que ceux d’yn cocq bien ergoté. Ainfi acouftré ceft 
dole deteftable,ce peuple abufé le voyant conçoit grande frayeur: & ce 
qui plus l’eftonne eft que par tous les coings de la chapelle il voit des ima 
res Sathaniques dreflées de telle forte,que de quelque part qu'on les re- 
hrde,on les iugeroit toutes efprifes.en flammes auec lefquelles ils enue- 
sppent lesames des hommes, defquélles le Diable prenant curée en met 
neen fa gueule & l'autre qu'il tient à l'autre main preft d'en faire lefemr 
ble.Les facrificateursquiretiennent lenomde Bramins de ces anciens Bræmins /ons 
racmanes plus fains & religieux que ces fouïllez & maudits idolatres, les facrrfica- 
nittenustous les matins d'arroufer & lauëer d’eau rofe,& autres liqueurs reurs en Ca. 
doriferantes cebeau :monftreendiablé., efpandans deuant luy for- /icurh. 
odeursaromatiques. Etoffransles encenfemens.ilsfe profternent & 
kdorent: & font quelquefois: fur fepmaine facrifice audiétidole : mais 
vobtiennent:rien de leur demande: Or facrifientils en cefte: manié- 
t: Tisontvncomptoir faiét'comme:vn'autel ayant 'vn piéd & demy 
hauteur;delarge deux piedz,& pres de trois delônpucur:, & y efpañs 
Oij 


LIVRE SECOND 


Forme des … dent deffus de toute forte de fleurs;& pouldres de fénteur. Apres cecy ils 
Jacrifees ontvn vale d'argentplein de fang de Cocq , qu'ils mettent fur des char. 
faits «4 Dia” bons ardans,auec vneinfinité de chofes aromatiques pour encenfer , & 
ble. prenans l'encenfoir,ils enuironnent l'autel le parfumät à toute outrance, 
& durant ces fuffumigations il y a vne clochette d'argent qui ne celle de 

| fonner:ils coupét la gorgeau Cocq du facrifice auec vn couteau d argét, 

auec lequel ils frefcriment quelque temps. Etce pédant que le Preftre fait 

… facrifice, il a & pieds, & bras enrichis de pieces d'argent qui refonnët tou 

ainfi que des fonettes, & fur l'eftomach vne bague pendue au col,car c'ef 

la marque pour cognoiftre les Sacrificateurs & Bramins du refte du peu. 

u'ilale facrificeprenant du fromenten chafcune defa 


le: Etfin 
Dis il hs du Temple à reculons tenant toufiours fa veuë für l'idole 


iufqu'à ce qu'il eft à vn arbre;,qui eft hors le pourpris, 1à où il efpand |e 
Fiandes dy grain encloz en fes mains, lefquelles ilmet fur fatefte, & rentre dans l'o 
RO offertes ratoire,oftant l’ornement de l'autel. Au refte le Roy ne prend iamais {09 
Premieremèt repas qu'auparauant vn Bramin n'aille offrir les viandes à ce monficurk 
4l'idole.  Diableaflisauthrofne: & faffeoit ce Roy à terre enuironné de ces Brs 
mins qui fe tiennent quatre pas loing deluy , refpondans à fes parolls 
entoutereuerence: & foudain quele Roy à difné, ces meflers re, 
cuillentle refte, & le tranfportent en vn lieu propre , où fe affemblen 
des Corncilles, aufquelles ils departent ce qui cit refté du repas delew 
Prince, 

Or font ces Bramins en grande opinion enuers le Roy ; & plus encor 
reuerez du peuple:fi quele Roy voulät efpoufer femme, ne couche à 
mais auant auec elle qu’vn de ces Bramins n’en face l’effay le premier, & 
Roy. que le plus excellent d’entr'eux pr l'hôneur de defpuceller la Royne 
Diuifion des & a pour fa peine celuy qui fait ceft honneur au Roy, que de luy plants 
cars e- peu les Cornes cinq cens efcuz de recompenfe. En Calicuth encor les cflx 
ple de cali. font partis en cefte forte : les Bramins font les premiers apres les Naër 
entb. qui font les gentilshommes,lefquels marchans en campaigne portent l'« 

ée; l'arc & lalance, à quoy fils faillent ils font caffez d'armes & de no 
ter c:letroifiefme ordre eft de toute cfpece derauaudeurs, & puis {on 
les Mechez,qui viuent de la pefcherie, fuyuentapres ceux cy les Pol 
res lefquels ont charge de recueillir lePoiure & noix Mufcates, Et les 
raucs qui ont en cômiflion le labourage & cucillette du ris:mais ces deu 
derniers n'oferoyét approcher des Naëres & Bramins plus pres de $o.p4 
qui eft caufe qu'ils fe tiennét és mareftz & lieux efloignez de la Cité, d' 
tant ire peut les faire mourir f'ilsaprochét ces grans,ou f'ilsleur vie 

euant. 


Bramins de- 
pucelent Le 


femme du 


Calicuthiens 
vont feufs 
nds. _nentau | 
Ë Le Roy, la Royne & peuple de Calicuth qui font idolatres vonttoi 
nuds,fauf les parties hôteufes qu'ils couurét de quelques bédeaux de « 


Les fils du t6,maisils laiffent croiftre merucilleufemét leur cheuclure:le Roy,nylt 
ne feigneu-s de la cité n'oferoyétmäger chair fans licence des Bramins, | 
Juccedèt,ains où les autresen vfent indifremnsent Giuf qu'aucun ne touche point 

lesneneux.  vaches.Le Roy cftät mort fes enfansne luy fuccedét point, ains c'eft 
: ls de la fœur du deffun@ qui cit lefeigncur, & ce à.caufe que c'eft leBi 


in, & nc 
entily a 
1e compa, 
sramin ÿ ( 
ubiets fe f 
nvae fort 
ez de Jeu: 
ñ ble , pr 
nde&e 
on voiin € 
res couftut 
es les nuiét 
que bon leu 
jomme, il e! 
luy quia 
ebtes, le cr 
olle feule,a 
joyante d'a: 
elte hard d 
ne bouger d. 
uré,ne ug 
eroit misà n 
e faddonn. 
*fortans 
& pierre 
ua UTAS & à 
orge & poit 
if co 
pencral qu'ils 
les parties 4 
alicuth vifité 
ac, & qui eft ] 
ncz de col6 
our feruir de 
arbres de to 
étang, & ent 
nt de cefte h 
ni e,& ainf 
le Idole de Sa 
it les Brami 
Diable f£ait 
ie par l'efpace 
nchifeà pes d 
DT cnnemy » VC 
us aujons à 


[on peut recu 


gi be 
CNâr« 
r, & 
rance, 
{fe de 
'argét, 
re fait 
ét tout 
ar c'ef 
u peu- 
: defa 
l'idole 
Dand le 
ansl'o 
nais fon 
fieurl 
es Bre 
parolls 
ers te 
emblent 
deleu 


s encor 
che ir 
nier, 
Royne 
Jante 
A fat 
Naër 
entl'et 
de n° 
uis fo à 


s Pol 


DE L'ASLE.,. fs 
in, & noP oy quia depucellé la Roynerioint que le Roy eftant ab- 
encil y a tou fiours quelqu'vn de fes Méffers auec la Royne,quiluy fert Durs! dy 
de compagnie agreable, dequoy le Roy ft auffi tes la Royne &e le ple apres L" 
Bramin y ont du contentement. Apres 1e trefpas du Roy , encor tous fes mort du Roy, 


ubiets fe font couper les cheueux & la barbc,en figne de triftetfe, les vns 
nyne forte;autres en vneautre, fe rafans ou tondans,ainfi qu'ilz font gui- ze 
( 


Changes 


mariages 


Lez de leur follefantafie. Les nobles & marchans font des alliances en- 
emble, prenans les filles les vns des autres : & fouuent en figne de plus 
de & cftroitteamytié,ilz chägent de femme,chacunprenant celle de remmes 
on voifin & amy, mais les enfans font au premier mary. D'autres ont d'au syanrs plu- 
res couftumes, car les femmes y ont chacune fept marys, changeans tou- fours Marys 
es Les nuiétz de pañture, & donnans le fruiét qui en fort auquel des marys ï 
que bon leur femble.Ilz vfent de velleiuftice:que fi quelcun a occis vn zw fênere 
jomme, il eft empalé tout vif & puis pendu : mais Fil n'y a que bleflure, swchone Les 

luy qui a forfaiét en eft quitte en payant l'ammidg au Prince. Quand aux 4bres. 

ebtes, le crediteur voyant que celuy à quiilapgg@f luy fatisfait de pa- 
olle feule,ayant retiré le contraét du notaire, & prenant vn efcorce ver- 
Joyante d'arbre fen va pourfuyure le debteur,& l'ayant attaint le lie de 
ke hard de rameaux, le coniurant de la part des Bramins,& du Roy, de 
je bouger de ladite place tant qu'il yayefatisfait. Celuy qui eft ainliad- 
uré,ne bouge du lieu fans le payer:car fil faifoit femblant de fen fuyr, il 
eroit mis à mort cruellement, & fâns remiflion quelconque. Les femmes 

Le faddonnent à faire chofe aucune qu'àfe pue & attiffer, tellement Femmes on 

* fortans en rue quelques nuës qu'elles foyent,fi font elles chargées fées à ce= 

& pierrerie ineftimable,en ayans de pendueaux oreilles, de chefnes Ju 

ua uras & aux iambes, & des carquans, & san qui leur pendent fur la 

orge & poitrine. Ie laiffe leur trafc,guerre,banques,& diuerfité de Mar- pds gene. 

andife,comme chofeaffez diuulguée,pour n'oublier point vn pardon ,4J eue Les 


eneral qu’ils ont tous les ans au moys de Decembre;que prefque de tou. ;4. 


les parties & Prouinces voifines, le peuple affluc, & vient aupres de 
alicuth vifiter vn T'éple de leur Idole,qui eft bafty au beau milieu d'vn rs,me d'ev - 


ac, & qui eft le plus beau edifice de tout le pays,où l’on voit deux beaux ,;,,; 


nez de colônes, & vne gräde lampe faite côme vn nauire pleine’ d’huile 7, pui 
our feruir de clarté toutà l’entour.Ceît oratoire eft grand &enüironné uk, 


À arbres de toutes parts, & aucun n'entre dans le Temple fans fe lauer däs 


eftang, & entrant au lieu fainét ( par eux tel eRimé)les Bramins les arrou 
ent de cefte huile fufdiéte, comme nous faifons en noftre Eglife de l’eau 
nifte, &e ainfi oin@s fe vont prefenter au facrifice, adorans vne effroya- 
eIdole de Sathan , laquelle adorée,& priée chacun fe retire: & ce.pen- 
it les Bramins leur promettent remifl on generale dé leurs fautes (tant 
Diable fçait fe conuertir & transformer en ange de lumiere )tellement 
pit l'épecs detrois iours; ce lieu eftcommevn Afyle &retraitede  :: 
nchifeà chacun, & n'y oferoit on meffaire à perfonne;ny fe vanger de Lieu de fran 


iconemy, voire ny pourfuyure vn criminel per iuftice. Voilace que chfe. 


bus auions d Zire de Calicuth ; laiffans beaucoup. d’autres fingularitez 


Qu'on peut recueillir des liures que les Portugais en ont fait, comme ceux 


O üj 


LIVRE SECOND | 


AU MENT NT M SR or PT, ft +! M. 0e 


A yins 
ents at 
din que 
e, &ic 
Dmiflan 
guifez 
ele vo 
Enuclop 
, où 
htieres a 
pblhoit à 
bis: fau 
rlesgra 
ment. : 

Quant à 
egracel 
editeur 

able au nd 
ttes deb 
ritage : d 
ut: auque 
ys fe voy: 
tags cfpa 
Par de la ( 
efet metr 
te Baracu 
ngaléens à 
de Benga 


Jon Senere, set les par 
be Rind.ln. 8 autres foëues odeurs, & aromatiques fonnäs ce pendant lestrompcttlimes que: 


vous dirè. 
tl'Orient 
céfte ma, 
tal ,& qu 
omée ef 
tonnomrn 
dis porto 


* La femme duquel toute {eule eft pres du lieu batant fa poitrine, pleuré 


et gemiffant, et fefcriant auec grande fignifiance de trifteffe : et tout crchandes d 

Zffrange Ce- la * fait enuicon la minuit. Quinze iours apres cecy, lafémme dBrindeur q 

remomse des deffünétfémond tous fés parens,et ceux qui font les plus proches du trfthofes nec 

femmes fe co. paité;et leur fait vn gréd feftin,au lieu mefne où fon mary aura efté bn eft à que 
Sacrans a "16, où elle fe trouue parée et atiffée de fes robes et ioyaux,quefes parentuoÿ que 
l'ombre de” y portent: ét faifans vn foffé;/ow puitz:bien profond l'empliffent de bolie et der 
leurs Mars. fecçer aromatique. l'entouransde rofeaux comme vné haye ; etcclofturi religion: 
étIé couurans dvi drap de foye /afih-que le puidznéfoitaperceu:. cour; (ve 


ù la 8 race fl 


s denrés 


tables 
n,qui {ont 
Ganget 
ir Vn pe 
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nguc. Ce 
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Ées, & mat 
les vafes d 
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de foycn 
en pareil 


leurs fem 
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:s trouue 
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scruüches! 
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et tout c 


rémme:û 
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fes parer 


ent de bui 
«clofturè 


pceu 


os 


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a VD) LAS Fi E: f g dr LITE 


A jans banqueté à plaifir, plufieurs meneftries jouent dcteen inftru- ©” 


ents autour de sefte foffe:ce queeftant faitonfacrifie au Diable:& fou. °°": 
in que le facrifice eft finy ;' la femme fen vient commetouteforcen- 


.… ioyeufement dançant , &faultantversce puidztoutenfeus & 


bmiffant Les flammes » 8e fe recommande aux prieres de ceux qui font 

fguifez en Diable ; afin que Sathan la reçoiue en fa compaignie, &c luy 

ele voyage feur & facile: &ices motz acheuez, elle courtvers le puidz 
Bnuclopant dansle drap defoye , & fe lance touteviue danstesflam- : """ 

, où foudain fes parentz lachargent de boys, & poixrefine,afin 4 ces 
brieres ainfi combuftibles, caufent fa deffaite foudaine.. Et fi la femme 
yblioit ée deuoir à l'endroit de fon mary ; elle feroitdeshonorée à ia- 
sis + faut toutesfois noterque cefte couftume eft feulementobferuée g 
ries grandes Dames , & aufquelles ceremonies le Roy aflifte ordinai- Policede … - 

ent. : Foie VRP ceux de T'ar- 
Quant à leur police elle ef telle;que l'homicide eftpunÿ de r10rt,fans naflari. 
egrace luy foit faite . Les debteurs font condemnez à fr::sfaire, file S chlable cou 
diteur monftre cédulle, carilsefcriuét en du parchemin prefque fem. fume cf} le 
able au noftre, là où ceux de Calicuth, efcriuent emdes efcorces, & ta- droit d' Au: 
tres de boys. Si vn eftranger y décede fans hoir,le R:oy fuccedeà fon bese en Fr4- 
ritage ? d'autant que aucun n'y peut tefter;le Roy fedilänt feigneur de «æ. a 
ut: auquel {és enfans fuccedent ; et non lesinepueuk:et les naturelz du 
vs fe voyansprochés de la inort ; font:tenuz parla couùftumedefaire : 

tags efgal de leurt biens à leurs enfuns Le noyer st 
Par de la Gangé eft là region de Bengala ; ditte etnommée delzcité 
efct metropolitainé ; ct detout le Royaume, laquelicpar Ptoloméceft, 
te Baracure , auoifinant Là régionet prouince] Argentine ; et fontles. 177 LÉ 
ngaléens apellezpar ceux du pays Mucins et cetout:lelong dela co- be LE 
de Bengalafu(qu'ait Cap quilouble de Malacà, pour aller vers Giar-Ÿ* “li 
Let les parties plus Orientales ARE en Bengale,les mœursfont a 
Le À hd ceux de bn ,! nr furferrons le difcours ;contèns /“"" 

usdire, quec'eit le plusifertil,riche 8 plai 1 foi 
tl'Orient, & où fe fait Line ru 5 rs ve Grande fer. 


‘ 


célte magnifiqueprouince:, fauoifinevn Royaume qui eft plus Q- Ltée ri- 


tal ,& qui neluy cede guere:en grandeur ; bonté,et richefles ; qui par chef de Ben- 
lomée eft pofé fur le grand goulsheid:Indé;de:1à le Gangbqupre- gale 
tonnomme Pégu , à caufe de la cité capitale f'apellant ainfr, & laquel- ‘Balngecité, 
dis portoit le ñnôrh de Balonge : ckimée entreles premieres, lus “2/08 Pe- 
rchandes de toutes les parties Suede das ten out de rad Ry 
tindeur que pour eftre baftic füporbemient y -&abosdapte entou- 7 
éhofes neceffaires pour lawiedé l'homme: :: 1241 esse Hate PRE che 
left là que on trouuelles Ciactresen abomdance ; Ligrnd:marché. tn Conerless 
quoy que le Roy füitidolatrecommètousfès voilins ; fi eft-coque fa * 
de ef déro0o.C hreftiensaufquelz il fe {5;8-quivinans purementen /” 
religion: ; qui fe r'aported la mode Grecque;manient Jes.chofes 


Mlcourt, cellémentque pour auoiracéez auRoyh ibhefaulr que gai- Peg 


3 


sl grace ‘de "quelqu'vn dotces Chrefiens quol.on: dit 'efbieuna- ki 


À 


Habitans de 
Pegs idola- 
tres @- pail- 
dards. 


À ; s 


LIVRE: SECOND 


urelt du pays. Les payens y font adonnez eftrangement à paillardife ;à 


les femmes fur tout, lesfquelles font fiimpudentes qu'elles ne fouffre 
P 


defquellesilz font fournis plus qu'à fufifance . Et d'autant qu'il y « 
quiont penfé{conduitz par la feule defcription de quelques cartes Gu 


graphiques entourans ce Royaume de reuieres)que Pegu fi uft vne Ile 


oint que les hommes facent l’eftat de les requerer.Et quoy que le Ro 


les charge d'impoftz les plus eftranges,qu'il eft pofible d'imaginer, fi (4 
.  älzneantmoins magnifiques fur tous les Orienteaux, côme ceux qui ab, 
Fercérée dent entout,& quinedçauent que c'eft prefque que la valeur des chof, 
ceux qus ont 
cffimé que le 
Pegu Fat Île 


par cas vous lifez cela en quelque lieu, fçachez que c'eff parlé côtreton 
verité, & du tout contre tout Geographe & ancien, & moderne:veu q 
Ptolomée l'a fait continent , aflife & enterre ferme , & ceux quiyo 
eftéaccordent par leur experience, l'opinion de ce grand Philolophe. | 
‘ Voilaquand au Pegu:refte à voir les mœurs de la region, que les anci 
ontapelléle Cherfonelle doré,; que prefent on no nme Royaume. 
Mälaca à caufe dela cité chefdétoute prouince: L:citede Malac, 
prefque fe laquelle le Roy Emanuel de Portugal efcriuift au Pape Leon 10.cft aff 
en François, fur la pointe du Cherfonelle, regardant le Ponant, & fur vne grand ri 
An Grec. re nommée Gaze,où le paysn'eitguere fertille, & toutesfois riche, àc 
Dänemareb, fe dutrafic:le peuple y eft d'vne couleur pafle & tirät furle cendré ,pe 
Æfie&- re - tans longue barbe;le front large, les yeux ronds, & 1e nez vn peu cam 
Lion Taurig: ie dis cecy , afin queles Phfiognomes cognoiflent fi la nature manque 
© en Mala- monftrer les vices ou vertus de l’homme par les lineaments de fon vifs 
ca. Veuque ce peuple’eft arrogant outre mefure, fin, cauteleux, & mefc 
Lineaments ; ‘rebelle à fon Roy,ne pauuant fouffrir perfonne, car depuis qu'il. eft nu 
© ferme des:il fait dangereux aller par 1es rues tant il, y a de voleurs & de meurtria 
babitas de quicft caufe que tous les foirs les marchans fe retirent en leurs nauires. 
Malaca, peur d’eftre deualifez.Cepeuple quoy quele Roy de Cine, y.enuoye: 
gouuerneur; fi éft-ce qu'on ne luy faitaucune obeïffance,ains leur vol 
té leur fert de loy, & fe peuuent dire les plus corrompuz de la terre, Q 
file ver > tafche deles dôpter & adoucir leur naturelle furie ç'eft là qu 
fe montrent plusacariaftres le ménaçants de quitter: Le pays. fil fau 
: :. : -@elesimportuner d’auantage:&r cefte feule menace detient Je Roy, 
Barbarie de : traint de perdre vn lieu de telle importance, & qui luy dimiouyeroit ga 
ceux de M4 - demêt fon reuenu: fil failloitque demeuraft, defert, &inhabitable, Ce 
ducs. ….  Cytantrogues & farouches,partie Gentilz, & partie Mahometiftes,p 
Malaca dop- de tous les Roys de l'Oriét, furët fubiuguez en l'an de grace 1512. par 
tée par Le Roy 28658 capitaines du Roy de Portugal. Voifin de Malaçaeft l'oceä ci 
‘de Porsugal. dit cft,auquel tirant vers le Ponant, eft affifé la grand Ifle de Taprobs 
Strab.ls,1,3. par les modernes apellée Sumatre , 8 delaquelleesanciens.ont.conf 
u'18.. . :defi grandeschofes : veu que Strabonladit:eftre obiettée aux pays 
dit Indes, & tirant vers l'Ethiopie fur les parties Auftrales:voire femble- 
K _ ‘feparer des Tndes,entantqu'il dit qu'entre elle, & les Indes y 3 plulie 
| Ptolemée. li." 11es, & que Taprobane dbdu tout aflife aux parties Auftrales.Ptolo 
7e. table thefbtét mieuxles chofesque Strabion; qui en parloitfelon l'aduis de( 
12.d'Afe. Yüy-due le Roy Alexidrey:enuoÿa,lxmirprelque fous. lazone 
; ouËc 


Cherfonefe 


ouEqt 
que Au 
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que nous d 
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Des deux 
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fidelité, ny 
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Dieux, & vnd 
rte leur fer 
Pmme nous, 
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6 


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table. Ce 
etiftes.p 
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femble-i 
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.Ptolo 
a duis de 
one ton 
ouE( 


AE TRNE TO / 


pres CÉLPDE LASTE, | : | s7 

ou Equinoétiate eh pareille eleuation prefque queles Canaries, & quoyT'éprebane re 
que Auftrale,efloignée pourtant de l'Ethiopie. Les anciens qui ont efcrit £'e per qua- 
que celte ifle eft gouuernée par quatre Roys,n'ôt point fally,veurqu'en- fre A9: 
core à prefent lé maniment de la police, n'en eft en:ien difemblable dy | 
syant quatre Princes la repiffans,& tous idolatres, & viuäs tout ainfi que L'#r4ments 

ceux de Tarnaffari. Ils font blächaftres,ayansle frôc large , les yeux rôds, des habitann 
Je nez fort lärge & cimuz,portans longue cheuelure, & de grande ftatu- de Sunsatre. 

e comme ceux que on eftimeroit prefque eftre Geans. C’eft vn peuple fs 

mant la paix;&c iufte en fesa@tions, quoy que adonné au gain {ur tous. k 

les hommes en exerçant fa marchandife ,  neantmoins charitable enuers S#mafriens 
Jes eftrangers qu'il reçoit amiablement en fa maifon. Ils vfent d'or ,argent, fort charite- 
& eftain en lieu de monnoye, y marquäs d'vn cofté,l'Idole du Diable(car bles. 
kls l'adorent ainfi que font à Calicuth, Tarnaffari, Malacà, & autres Pro- 

ginces)& de l'autre vn char triomphät,tiré par des Elephans, à caufe que. 

ncefte Ifle viennent les plus beaux & grandsquifoiententout le mon- | 
de, Iepourroy deduireicy ce que Solin en recite de merueilleux,& ce S#/% chap. 
que plufieurs dutrés des anciés en difent, mais il me fuffit de paffer par def 56: 
us & amener feulemét les chofes comme à prefent elles fe comportent. À 
cefte caufe paffät outre, & voulät fortir desIndes pour defcrire les mœurs 
de ce quirefte de peuple principal en l’Afie,ne laifferons pourtant quels 

fles les plus remarquées à deduire , & mefme où la diuerfitédes mœurs 
& vie fera fegnalée entre les autres, puis que c’eft le füuiet principal de ceft 
euure.pourfuiuant donc le chemin vers Jesterres du grand Cam, & ce 
n rafant les fillôs de la mer, laiffans Sumatre, Monoch, & Boreiifles; où 
epeuple outre fon idolatrie eft rude, groflier,& fauuagement inciuil , on {fles vers le 

oit les deux Ianés fort cfloignées de noftre hemifphere & efquelles on graud ocean 
perd toute cognaiffance du Nord, & Ourfe Borcale, de laquelle i'eipere des Molu- 
que nous difcourrons plus à loifir & amplement en autre lieu, fil plaift à gwes, 


dieu nous prefter vie & fanté à fon feruice, & contentement des noftres. 


Des deux I:n:s la plus gräde ne peut jamais eftre domptée par le grand 
am,ny mefme la petite {1 ce n'eft en quelque endroit, & parla fainean- Foy. Mare 
ie de quelque Roy, d’autät qu'elles comprenent fix Koyaumes,figräde, Paul. venir, 
L fpacieufe eff leur eftédue.à fçauoir de celuy Ferlech, alias, Samare, /.3.ch. 13. 
Draguïan, Lambri,& Féfur.Ce peuple en general eft fans aucune fraude, 
fdelité,ny tromperie, idolatre au poifible,mais fort diuerfemét , les vns /dolarrie des 
doransie Diible,comme ceux de Calicuth,& Sumatre, les autres fouz habitans de 
iuertes formes d'animaux, les aucuns receuans le Soleil , & la Lune pour 7ane. 
dieux, & vne bône partie fi beftes,& eftourdis,que la premiere chofe of 
eleur fert de Dieu pour la iournée. Leur couleur & ftature prefque /wffrce aymee 
bmme nous, fauf qu'ils ont le front plus large, & grands yeux, & iceux de: babitans 
if, & verdoyans , mais camuz au poflible , & portans tousfa cheuelure de zane. 
tongue: et parlanten general, ce peupieaymefort la iuftice ,. 8&c 
ux quien ont la charge,vont veftuz d’vn manteau defoye, ou de cot- 
mitenans va bras dehors iceluy , & quelquesfois va corfelet, quoy segerres en- 
ue peu fouuent , à caufe qu'ilz ne font gucres adonnez à la guerre à nenrmeisen 
quelle toutesfois fils fonc contrains d'aller, forcez de l'affaulr de quel- Zese. 
SES 


MR 


… LIVRE SECOND. | 

‘cun,ilz faydent de ne ay quelles ferbatanes, auec lefquelles ilz gettent 

des faiettes fi dangereufement enuenimées que pour le peu de fañg qu'el 
Les puiffent tirer du corps de celuy fur qui ils les defcochent,iln'y arme: 
 deaucü pourles préferuer de mort.Et particularifant les Prouinces, c'eft, 
y au Royaumede Ferlech lequel efttout montagneux, quele peuple «ft 
dette dela out brutal n'ayät cognoiffance de loy,ny ciuilité quelconque, adorant la 
Fe premiere chofe qu'il rencôtre fans autre difcretion, fin6 quel'inftinét de 


en meurt 
ceremoni 
des mona 
les, non qt 
mais quan: 
Jefquels to 
& vrlans & 


de Ferlech.… Ccfte raifon cachée en leur ame, mais pluftoft à demy eflainte, leur môftre eftimans qi 

qu'il fautrecognoiftre quelque diuinité : mais il la cerche trop grofliere. re aiffent c 

ment.Ceux de ce Royaume qui auoifinent la mer font Mshometifies , àpéi mort p 

.., … : eaufe des Mores qui ÿ trafiquent ordinairement: & aux habitans de Fer: main propr 

Samarifies … ]ech font femblables aufsi ceux de Bafinan. Les Samariftes font /’:ntropo-Bficilement. 

en Lane font phages & mäge-hommes, mais nonauec la cruauté des Cambales: Ame: prefque co: 

mange hom- riques, car ceux-cy, f'attaquent feulement aux vicillars ja caflez de trop) iers de fa m 

Le d'aage, & qui n'ont plus de force, lefquels les autres quine vinent pas ifquen l'autr 

| beftialement,ne laillent pourtant de tuer,& les vendre aux AntropopheMmables en to: 

. ges, lefquelz en font de bonsrepas: & autant en font ilz aux ieumes gen ot ilz fi fu 

f'11z les voyent eftre tombez en quelque maladie, que les fages d’entr'eux afoit fait pa 

jugent pour incurable:car leurs plus proches parensles depefchent, afolpunis rigour 

de ne les voir languir, & de mefme vendent leurs.corps d ces mange-honke é d'en auoit 

Zn Dragoié mes:defquelz fault que les eftrangers ie contre-gardent filz ne veulente efmoing, V 

af mangët Ître füurpris pour leur feruir de pafturc:Mais en laterre de Dragoïä voyinontent fur: 

les hommes. leurs paréts &'amys malades, fadreffentaux forciers & enchanteurs, qui hoinicidr: 

font leurs Preftres,pour fçauoir de Sath:n, ce qui doit aduenir du patient, Yauiuv de 

Raïfon pour- que filz raportent qu'il n'y a plus de remede, ilz eftoupent les côduiz 4" ditres(quel 

quoy ils man malade, & le fuffoquent ainfi luy empefchans la refpiration, & defchiran AN a de 
8 


gent leurs lachaïrla mangent cuite,ayans opinion que fi les vers faifoyent c'eft ofh: 
parents, ce,que l’ame du trefpalfé n’en fut punie & tourmentée en l'autre monde 
Ptoloméel.7. & ainfiils croyentles ames cftre immortelles:& enterrent les os dans de 
ch3.Tabl.. montaignes. Le long de la mer de Sur, tirant vers le Royaume de Mig 
u.d' Afe. … & Ciamba, eft la region par Ptolo.apellée Sine : en laquelle e(t comprise 
Royaume de Maobaar en la gräd Inde;,qui eft terre ferme, & nonifle , & 

Perles au apprachant le grand Royaume de Cathaï.C'eft en ce païs que on pefcht 
Royaume de des perles en cefte maniere:ces gens font venir leurs Bramins, lefquelz & 
Var Mas uecdes charmes & enforcellements leur font à croire de faire affembl 
bar. ces huïftres qui portent les perles, & c: feulemenrdurant les moysd' 
_ uril,& de May, & les marchans apres la pefcherie en doiuent la difme at 
Magnificence Roy,& aux Bramins de douze vne.Ce peuple vatout nud, fi ce n’eft leun 
du Royde  vergoignes qu'ils couurent d'vn linge:& le Roy ne va non plus veftu qu 
Maobsar.. . Tes autres.bien elt vray que pour fa magnificence il porte vne chaine d'a 
au col toute enrichie de Perles, Saphirs,Rubis, Efmeraudes, & autre pier 

rerie de valeurineftimible. Porte encor au col vne cordelée de Perles { 

autres piérres enfilées auec de la foye iufqu’au nôbre de 104. afin qu'elle 

3œuf adoré. ùy facént fouuenir d'autät d'oraifons qu’il doit dire tous les iours à l’hof 
en Maobaar, neur de fes Dieux: car tout ce peuple eft idolatre, & la plus part adorel 
Bœuf,quieft caufe que on n’entue aucun en celle Prouincce:& fi quelcu 


amais ne fe fo 
eur fobrieté: 
ux d'auoir ho 
eux que de n 
clle,d caufe d 
k qu'ils craie: 
que Creature.] 
jafler, imitans 
s. Voila vn fo 
Durs geograpl 
Ousauonstiré 
seleuations & 
tant aoftre 
palfetemps a 
aille les region 
itiuiettés au 
ce peuple, nd 


à 
tent 

qu'el 

reme! 
c'e: 
Je eft 

ant la 
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tes, il 


> Fer: 
ropo: 
Ame: 
(3 trop 

pas li 
pophe 
s gen 
tr'eut 
t, afin 
e-hon 
ulente 
i voyä 
rss qu 


patient] 


duiz a 
chirant 


:: DE: LAS T'ES \ :: se 8 
en meurt,ilz engräiffent & oignent de fa greffe leurs-maifonsauec grande Filles cn/4- 
eeremonie.Ce pays cit plein de magiciens, deuins, & enchanteurs #8 ont érées au Jerui 
les monafteres,où ils adorent les idoles, & efquels ils confäcrent des fil- ce des Dieux, 
Jes,non que elles fy tiennent ; car chacun garde la fienne en {à maifon, 
maisquand ilz facrifient,ces nonnains fe vont ioindre aux facrificateurs, 
Jefquels tous enfemble fe mettent à chanter, & dancer deuant leur Dieu, 
& vrlans &'braïans, font vn piteux feruice, & fort mal-plaifante mufique: Zeix de 44 
pftimans que tandis qu'ils dancent.ainfi que leurs Dieux banquetét , & fe baar er purs 
epaiffent de la viande qu'ils leur ont prefentée.Si quelcun eft là côdem- fiens des ers= 
Ë mort pour quelque fien forfait, fil demande la grace de fe ché de fa mes, 
ain propre à l'honneur de quelcun de leurs Dieux,le Roy Ky accorde Ob/éques des 
acilement. Le Roy eftant decedé on lé brufle, felon la couftume qui eft Keys gmelz,. 
brefque commune à eous ces Orientaux, ceux qui ont efté les plus, fami- à 
liers de fa maifon fe gettent de leur bon gré au feu auec le corps, efperans 
qu'en l’autre mondeilsluy tiendront aufli compaignie, Ils font abhomi- 
ables en toute efpece de paillardife ; & combien qu'ils mangent chair fi 
ont ilz fi fuperftitieux que de netuer aucunebefte,ainstafchent que ce- 
Jafoit fait par la main de quelque efträger. Les meurtres & larcins y font 7» deffénde 
punis rigoureufemét:l’vfage du vin leur eft interdit, & fi quelcü eft prou- es Maobaar. 


Léd'enauoir beu, il et declaré infame fans que iamais il foit receu pour Les nauigess 


efmoing, Voire ne reçoiuentils en iugement pour tefmoigner ceux qui recw/ez, en 
ontent fur mer pour faire voyage à caufe qu'ils les eftiment defefperez, te/norgmages 
k hoinicidr: d’euz-mefmes. Les Bramins de Var Maobaar,font natifs du Brammns ges 

Royaume de Lar,voifin du fufdit , du cofté de Septentrion: & font ces de fainteve, 

Prcitres(quelques enchanteurs qu'ils foyent)gens de bonne vie,abhorräs 

ur tout le menfonge,larcin, & paillardite,ne prenans qu’vne femme , et 

fabflenans dechair et de vin, fans que iamais 112 tuent animal quelcôque. superftition 
amais ne fe font faigner;,aufli n'en ont ilz guere grand befoing,à caufe de des gramns. 

eur fobrieté:& vont du tout nuds, fans rien couurir, difans que ce n’eft à 
ux d'auoir honte, veu qu'ils fé fentent eftre fans peché.Et font fi fuperfti 

jeux que de ne manger aucune herbe verdoyante, ny fe coucher für Bremins fônt 
elle,à caufe qu'ils tiennent que tandis qu'elles verdoyent,elles ontame, Les anciens 

k qu'ils craignent de les tuer, & cômettre peché, en priuant de vie quel- rachmanes, 

que creature. Ils couchent fur laterre dure, & bruflent les corps des tref- 

jifez,imitans prefque les Brachmanes anciens, defquels a efté dit cy def- Mangs. er 
Voila vn fommaire de préfquetous les peuples des Indes felon, & le Ciambe au 
ours geographique de Piolomée,& la defcriptiô des modernes defquels comg de l'a- 
ousauonstiré la memoire des mœurs,religiô, vie & ceremonies, laiffans rient fur le 
seleuations & confront,ou auoifinement de chacune prouince, comme grand fêin de 
étant noftre fuietpour le prefent,& qu'enautre lieu i'efpere en:dôner Prolomée: 
palfetemps au Icéteur,auec plus de curiofité,iugemét, & diligence. l'ay que lesnoftres 

aille les regions treforicrales de Mangi, Ciambe,& Quinfay ,à-caufe que spellent. mer 

it luiettés au grâd Cam de Tartarie,i efpere que delchifirät les mœurs de sur, 
le ce peuple,nous y enueloperons aufh les terres de fes conqueftes. 
3 ia P ij 


ML! 


LE + 


LIVRE SECOND op 
eréd Li, 4: ‘Dela Sothiego-mœurs des Sothes anciens. : Chapitre 10... | 
rh ps A d- E pays d e Scythie,eft vne region Septétrio. 
LA < portant ce n6 d’vn des enfans de Hercw 


elcor 
rmoiel 
enfer 


“a _. le,nômé Scythe,ainfi que tiét Herodote : oy[eine ca 
Æntre eff l'e. ù fuyuant l'opinion de Berofe Caldéen,ce Scyor,ny < 
pinion de Io- the fur. filz d'autre que de Hercule, et d'vnepntrc le 
Jpheantig. Ÿ dame nômée Araxé femme de Noé, et né, «Mes peau” 
lin1,ch.6. ÉFEN nourry audit pays de Scythie,à laquelle il déremens 

|‘ Æraxé ff PSN) na ce nô.Les Scythes dés le commencement aniere d 
Un fieue oil n'auoyent guere grand eftédue de pays, mfpmme il 
NP) uerfité 


d'armente. AX sw) par fucceiliô detempsilz prindrent force, 
Strabë 1x: et accroiffement par leurgrande vaillance et vertu,tellement que ayäs af 
15. Appian ietty plufieurs prouinces,et vaincu diuerfes nations, ilz gaignerét vn be 
dela guerre grand Empire,ct fe rendirent illuftres et fameux par tont le monde. La 
Païthig. &- premiers d'entr'eux, farrefterét déz le commencement pres le leuue 4n 


rons Cy 
eau viu 
ng hum: 
pes dés q! 


Mithridat.  xé,en bien petit nôbre:etincogneuz, et fans grand renom de leür ve (Out au 
De la diuifio neätmoins ayäs eflu vn Roy d'étr'eux hôme vaillant,et hazardeux, et x 07 Et 
desothie … celiét fur les autres au fait de la guerre et rufes d'icelle ils eftendirét leudy pus 
| ncifoient 


woy Prol.lin. terres ctiurifdiétion. Ceux qui fe tenoyent aux montaignes coururent | 
6.ch.14. & long du mont Cauca fc,et les habitans en la planureallerent en fagrandif 
15.Table. .* fans dés l'Oceä,et paluz Meotides, iufqu'au fleuue Tanai et autres lieuÿ 
d'afe.7. @- lequel fait que le pays de Scythie prenât vn long cours vers l'Orient, q 
8.5rrabs. li. paffant le môt Imaé,et le trauerfant par le milieu,eft par iceluy diuifcec 


ent ce Q 
nt Le reft 
vn Bœuf 


urs Cheu 


13. Pop. Mel. deux, l'vne defquelles f'apelle Scythie dans le môt Imaé,et l’autre hors gs Vn hô: 
biz 3.0- delà ledit môt:Et ont eftétoufiours les Scythes non affuiettis le téps pa peste 
sefcorc 


sofé l.1.ch.2. fé deperfonne, ny guere iamais affaillis pour citre foumis à l'Empired 
Darie mis en perfonne.Car c'eft ce peuple, lequelaffailly par Dariegräd Roy derc 
faite par les fe, côtraignift fon armée de féfuir,n6 säs gräd perte de gës, hôte et reprt 
Sothes.Her. che pour vn fi gräd Monarque. Deffirent le grand Cire auec tout fona 
bi.4.1affin.  mée,côduitz par vne femme, à fçauoir Tomiris Royne des Maffagetha 
li 1.@r 2. ci Alexâdre le grand , y ayant enuoyé vn fié capitaine auec vne belle armé 
re occs par La n'euit point meilleur marché que {es autres, y perdät, et le chefet les fo} 
Ropne des sey dats.Les Scythes ont bié ouy parler iadis des Romains, mais d’auoir fent 
thes Her.l.1. leur force, & Empire;il ne fé parle aucunement:ce peuple eft rude, grol 
Orofél.2. fier & patient foit au trauail,fcit aux incommoditez dela guerre, & puil 
ch.7. fant outre la commune force des hommes.Le temps pafléon ne cognol 
Juffin dit que foit aucune differéce des nations côprifes fous le nom de cefte gent, po 
les ‘sothes  n'eftre diuifée par cartiers ainfi qu'elle eft à prefenten fes Hourdes (de 
vainquirent quelles nous parlerôs aux Tartares) comme celle qui pour lors ne ft fit 
des gens d'A cioit de cultiuer les chäps,ny de baftir maisô,ou {eretirer en loge quili 
lexand.@ fuit certaine,vagant, & courät par les afpretez des monts, & profondtr 
Quint. Curfe des deferts, & folitudes ni oufiours {es troupeaux qui eftoittoil 
tiens qu'ilz, te leur richeffe,& defquelz ilz fe veftoyft & nourriffoyent portants Jeu 
farurrér Ale. Femmes &'enfans fürdes chariots,qui eftoyét leurs maifons,côme enco 
a laconquefle on le peut voir & en la Scythie Afiatique, & en l'Europe parmy la M 
des Indes. fcouie le 16g du fleuue Rhatirät vers les môtaignes. Et d’autät q cep 
Py Curtie … ple viuoit iuftemét de fon propreiaftin® & naturel,aufli n'vloit-il del 


Loys & tr 
er cftendo 
heuaux.L 
cuir de B 
tens ceu 
let à boire, 
ans les veo 
fles de c 
sen l’An, 
leurs {old 
is, & ceux 
DHheur que 
ceux : là o 
deux tale 
eux princi 
ter, & Tellu 
Dnoroient ; 
loroient À 
is ils dreffa 
n'eft à Mar 


& 


ptétrios 
 Hercw 
Jote : ou! 
n,ce Scy 
et d'vne 
et né, 4 
1clleildé 
ncement 
AY Ss matt 
force, 
ayäs aflu: 
ét vn bia 
nde. Le 
jeuue ar 
eùr vert 
eux, Ct ex 
dirét leu 
ururent | 
fagrandil 
itres lieut 
"Orient, 
diuiféee 
atrehorst 
etéps pk 
"Empire 
oy derce 
te etrepit 
out fonan 
affagetha 
cile armes 
fet les fol 
auoir fent 
ude, grol 
re, & pul 
e cognol 
gent, pol 
rdes (dei 
sne fe {ot 
pue quili 
ofondtr 


eftoit toi 
rtants Jeul 


me enco 
| 4 la M 
t q Ce P 

pit-il del 


co D'E L'ASI E.' à 153 s9 
elconquet:et furtout ilz abhorroientlelarcin comme ceux qui n’en- 4.8.6 9. 
rmoient point leurs haraz,ettroupeaux dans dés clos ét Paliffées » OÙ Mdifôns des * 
enferroient dans des loges bien murées;ains les tenoicnt en belle & sorhes font 
eine campaigne,fe fians en tout le monde, Ilz n'auoient aucun. vfage les Chariot 
or,nÿ d'argent:le laid, &c le miel leur feruoient de nourriture, f'armans Ceux qui onê 
ntre les rigueurs,& froidures de l'hiuer, qui ledr eft prefque continuel eférit des sy : 
s peaux des belles fauuages,ne fçachans que ceftoit que de faire accou- thes anciens 
emens de laine,ny la tiftre & en faire du drap.Ettelle eftoit la façon & fonr 1uffin 
iniere de viure des Scythes la plus commune,iaçoit que non de tous:car /iu.2. Herod, 
mme ils fuffent feparez & diuersies vns desautres , aufli yauoitil de la lis. 4. Srra. 
uerfité és mœurs, chacun ayant quelque cas de particulier , côme nous bon 11. 
rons cy apres , mais que nous ayons encor efpluché vn peu ce qui tou- simple nowre 
eau viure general de toute ceftenation. Laquelle eft fort gloutte du ritwre des 
he humain à tout le moins en plufieurs endroits, veu que iadis les Scy- sothes. 
Les dés qu'auoient pris vn hamme en gucrre ilz en humoïient le fang, & sotes glu- 
tout autât que chacun en mettoit à mort;il failloit emporter latefte au tons du fang 
oyau- moins f‘il vouloit auoir part à la proye & butin,carautrement, il humain, +. 
pouuoit rien demander.Or coupoient ilz les teftes en cefte forte, ilz Serwierres. 
ncifoient en rond , tout autour des oreilles, & enayans tiré le teft.fecou des scythes 
lent ce qui cftoit dedans, en oftant par mefme moyé la peau : ainfi quilz de cusr d'hè- 
nt le refte du cuir de tout le corps, lequel ilzcorroyoient comme celuy mes. , 
vn Bœuf,& fen veftoient, & en faifoient des rénes pour les brides de Golelers, de 
urs Cheuaux,ou en vioient côme de feruietes faifant leur repas , & tant soythes de 
lus vn hôme auoit de tel feruice,il eftoit eftimé le pl’illuftre & excellét reffz d'homs 
tre eux. Les aucuns encor coupoiët les mains dextres de leurs ennemys me. F 
sefcorchant ätout les ongles, & en paroient la couuerture de leurs car: pin qui per 
Loys & troufles de faiettes:d'autres ayans efchorché l'homme tout en- 55 € quid 
er eftendoient le cuyr fur des aiz, & le portoient pour parade fur leurs aux Soythes. 
heuaux. Les téfles que i'ay dit qu’ilz efcorchoient, les ayant couuertes Dreux, hone- 
cuir de Bœuf par le dchors,au dedans les doroïét fort mignonnement, rez radis par 
tens ceux qui eftoiét les plus riches, & Fen feruoient pour taffe & go- Les scythes, 
Jet à boire, & en faifoient prefent aux hommes de marque eftrangers ve- 
ans les veoir,leur faifant recit de leurs procfles, & comme c’eftoient les 
fes de ceux qu'ilz auoient vaincuz & occis en guerre. Vne feule 
sen l’An,les Princes chacun en fon païs,donnoient du vin aux troupes 
leurs foldats, & en beuuoient feulement les maurtriers de leurs enne- | 
is, & ceux qui na’uoient rien fait de fegnalé eftoient mis à part fans penus celeffe 
puneur quelconque, qui eftoit vne grande & infuportable infimie en- sdorce pas Les 
ceux : là ou celuy qui auoit fait multitudes de maffacres eftoit eftrené scythes. pay 
deux talées de vin, car autant portoit il de gobletz pour parade.Leurs #7. ff‘hre 
jeux principaux eftoiét Vcfte décife & prefidente furtous, & apres Iu- de ce venus 
ter, & Telus ,laquelle ils cftimoient eftre l’efpoufc à Iupiter,& ceux-cy parle Panfi- 
noroient ilz et tafthoient de fe les rendre propices : apres.ceux cy ilz nie és _Ætti- 
joroient Apollontet Venus celefte, Mars et Hercule, fans que toutes- ges, 
is ils dreffaffent T'éple, Autel,ny fimulachre,ou ftatue à pas vn d'eux , fi 
n'eft à Mars,auquel ilz facrifioiét chacan centiefmr d- tous ceux qu'ils 
P üij 


LIVRE SECOND 
Sacriffces des prénoient en guerre,aux autres ilz facrifioieht dés belles , & princiy 
 s'bthes. % Jemét des Cheuaux:quätaux pourceaux,ilz en faifoiét fi peu de comp 
Mars adoré que feulement ne vouloiét fouffrir qu'on en nourrift vnfeul parmy leu 
Joubz La firuwrou caux.Quand leur Roy puniffoit quelqu'vn de mort, ce n eftoit { 
red'on so Juy feulement qu'il vomifloit fonire,ains encor y comprenoit tous fes « 
Herod.4. fans mafles,ne faifant aucun outrageaux femelles.  Auec quiconque 
AÆAmmiam. Scythes faifoientalliance,ou ligue, c'eftoit en cefte forte qu'ilz fy 
Marcel lin, uernoïient,prenans vn grand hanap de terre, &y verfans du vin y mello 
3. *  aufli du fang detoutes les deux parties faifans amitié enfemble , incif 
Ferme de iu- quelq partie de leur corps auec vn glaiue: puis arroufans le bout, & po 
ver co allis- éte de leur efpée dedans ce vin:ilz en faifoient le femblable de flefche 
ce entre les haches & dards:puis iurans vn long ferment auecimprecations contre 
sothes.. luy qui comprenoit l'alliance, il failloit que tous beuffent du vin 

. © 17 cehanap,non-feulement les parties principales qui capituloient ; ains 
Zlparle iey cor tous les plus grands qui affiftoient compaignons de ceux qui faifoia 
de la Soythie la ligue. Les Maufoles & fepulchres de leurs Roys eftoient au païs d 
d'Europe veu Gerres,nui eft ou le Borifthene commence à porter & cftre nauigibl 
que le Bori- En ce païs ld,le Roy eftant decedé, ilz faifoient vne foffe bien proton 
fhenepafe en figure carrée, puis prenans le corps, duquel ils tiroient les entrailles, 
en ph ne. l'enciroient,& en lieu de ce qui auoit efté ofté du vétre ils y mettoictd 
Po Pthobm. poudres odorifersntes,de la femance d’Ache, & d’Anis,ce que fait, ik 
lin.3.ch.s.  coufoient & metroient fur vn chariot le renuoyans de nation à autre, 
Table d'En- chacune luy faifant vn pareil feruice: & ce pendant les Courtifans & 0 
Top. Te naires de la maifon Royale fe fendoient les oreilles & couppoiét les cu 
ueux en figne de trifteffe,defchiquetoiét les bras, & pinfetoiétle nez.il 
qu'à effufion de fang,& fe perçoiét d'vne flefche la main gauche: €: ap 

€eremnies à le corps auoit paffé par tous les pays:& contrées de la iurifdiétiô du du 
grandes és funét,ilz le laiffoiét en la Proufce la plus lointaine de fon Empire.Ccit 
obfeques des là G le Sepulchre eftant dreffé,& que le corps mis en vn li@ dans fonc 
Ros Sothies cueil,& defcendu en la foffe on plantoit des lances & autres longs bal 
à l'entour , aucc des verges par deflus,enfemble quelques habitz : &3 

Zffrange re- mis en l'efpace vuide du cercucil, vne des plus fauorites conçubines ( 


upe de 
jét les 
nes priu 
nt trefp 
ys & paré 
Atousles 
ils le po 
ntenter 
er'uCaU ».6 
ces de bo 
lesils pc 
ile: pui 
ombeau € 
Buoient che 
mes pres 
us, y fro 
déeleur ch 
icens , fi el 
drogues fe 
ntoité ce: 
,d'vn taint | 
irquelcun 
oit,ayät elt 
ges de Saul 
x qui auoi, 
ythes d'Afi 
blables au: 
ufieurs les c 
heual etin: 
lance, fagett 


à ne: à a Ai CMENt Cor 
sompenfé des Roy,& la plus cherie de luy tandis qu'il efloit en vie. Encoge faillotile bi diers 
plus byaux pour l'aller feruir en l'autre môde; il eut de fes officiers quil'accôpaig en utre] , 

Jeruiteurs de. fen::8 pour cefte caufe ilz eftrangloient pres le Tôbeau vn Chambcil it  fifoi: 


Rays Sothes. cuifinier,fomellier,vn courrier ou fl ergedt,et fon muletier,to? n'aiäs qu' 
Cheual pour porter leurs hardes, qui eftoit maflacré auec eux, et tout « 
femble auec la vaiffelle,er meubles plus precicux du Roy,eftoiétainfi 
terrezauec leur Prince:et encore au bout de l'an il luy faifoient vn pa 

Garde morte feruice aux defpens toufiours de la vie de fes meilleurs, & plus anciens! 

pour les Roys uiteurs, & officiers. Lefquelz cftoiét tous Scythes naturelz,et de franc 

defuntÆ en et noble race et telz qu'il plaifoit au Roy de choifir,d’autät que nul ef 
tre les So- ue cftoit receu à fon feruice:et de ceux cy ilz en eflifoient $o. auec par 


leurs läces e 
quois n'ayar 
itvne femm: 
relpect quel 
dient ainff, fi t 
tre-Cux auoi 
quois à 6 ct 


fe Li à ! ilcpeut reg: 

thes. nôbre deCheuaux,qu'ilz efträgloit, leur oftät les entrailles, et recoufi né dut â x 
| Je vétre,les couuräs encor de leurs mäteaux.les atrachoiét autour dut lès parés & 
beau fait et couuert d'vne voulte,eux «ftis à Cheual,et pofez d : telle oi. pour luy 


qu'é les pouuoitveoir de loin en tout tel equipage:côme li c'eut cité} char de Jh 


# 


Hub t 


prinén UE ‘leu 
compte f A 4 F j «ut 1 ft 
upe de caualerie drdonnée là pour là garde du Roy deced s | 
es giér les ceremonies & funerailles des Koys eftans Lx Me se gr 
hnes priuées ont. eu auffi leur façon particuliere de fepulture ; .car vn Privées entre à 


La nc trcii qu é dt pu si mettoient fur vn char, & lé portoient vers fes Les Sgthes 
fy eo s& pi Ss Ne cfquels drefloit vn banquet en fon lieu & pofa- 
y mel ’ ut sd parens du mort, & autres quiaccompagnoient le corps, & 
incl ils ep A par] elpace de 49.iours,lequel finy ils le met- 
GE are os ne AO ruby é & nettoyé le celte en oftäs 
à Aefh “a À e auant ie oigneufement fur le corpsils mettoient trois 
contre 1 oh R “ ct pondant enfemble, & baiffans leur pointe fur lef- 
pi "4 s pofoient tentes de laine;le plus gentiment qu'il leur eftoit 
ss ainsé Ù 4 puis tt gi vn vaiffeau fait comme vne barque, & mis fur | 
4 Éifoi ve sp Dee ps es, & le bois des pierres, les plus luy{antes qu'ils Ferd des fem 
nt | (Auoient c ï ir. an ommes en Scy:hie ne fe lauent point, mais leurs #65 sadis en 
LA a de vue a pr 
profond 1eur chair, eli fe frottoié €: corps nudi êe eftant de telle friétion 
Énilles ce sas elles fe frotroiét le corps de boys de Cipres,& Cedre,& 
ettoicr su , 7 L M v bp & la face de certains medicaments eompofez 
Ge, il M "in 3 Fa par ce moié elles fentoient bon, et le iour apres 
dre il ofté ces aftres ; et drogucries, elles apparoiffoient plus bel- 
ns & vataint plus gentil ct gaillard « Si ce peuple vouloit iurer;ou rece- Moyen d'ef=. 
zcles cl ape sai on A par le throfne Royal,et fil fe par- Pin l 
| or it c côuaincu par les enchäteurs, en faifans la preuue aucc des paru: 
fe À ges de LR il perdoit la tefte, et fes biens eflbiét côfifquez N sed sg 
DS du ca M re preuue de foncrime et pariure. Les Maffagetes font De ceux cy e- 
ed yt Hs 1C , is delà la mer Calpie, autrement d'Abacuc, eftans fort Royne Te. 
ns fon cl è a " aux Scythes et en habits, et en fiçon de faire,qui eft caufe que miris,qui oc 
pngs bal ‘nl “ ir mettét entre les Scythes. Is bataillent,et à pied ct cf Cire Zuff. 
IT Ang de prefque en l'vne et l'autre forte du côbat ,vsäs de r. 
Lines) se HABEUES, CE IANGATOT QUE eftoit le glaiue duquel faydoient ordi- Pto.l. 6c.13. 
Gill an Fée de leurelpée : ayans pour enrichiflement de l'or en 7«b.7.d”.#- 
ie : ne eme et falades,etaux effelles de leurs harnoïis:ar- fe met les 
PE AR a ke. ee és ines de leurs Cheuaux de fin or, et de mefme me- Maffagettes é 
vais QU Leurs 14 ru ! set des brides et les bardes et chanfrains.Le bout fre les Daces, 
ue d’erain aufli ils garniffoiét leurs trouffes et hors de 5oy- 
El quois à ayans aucun vfge de fer,ny d'argét. Chacun d'entre eux pre thie. Str.14. 
vn pi Je se quoy que tous es acointaffent en public, & fans honte 
À nciens pse rs pa : & c'eftoient les feuls d'entre les Scythes qui en 
e fran “His 3, fi tels eft qu'il les faille dire ny eftimer. Veu que fi quelcun 
soul + ie _ enuie d’auoir affaire à fa femme, il ne faifoit 4 pendre sô ieeshontee 
uec pa sh sde ka pt dt empoignoit la Féme, fans honte aucune d’hôme des Muffaçer- 
recul: ke à x nil lb n'auoit aucun terme certain & naturel li- es. 
ur du (ir. sn à “ He & 4 dez que quelcun eftoit paruenu à grande vieil- 
celle parés & alliez ailéblez enfemble le malfacroiét , & encor quelds Æfrénge ban 
Ocbis pour luy faire côpaignie, & faifans cuire indifferé gt ç 
cat char de Ph | s cuire éré ment enfemble, qwet des Maf 
nir de l'homme , & celle des ouailles ils en dreiloient leur ban- fägertes. 


1aduen} 
 maladi 
bon-hel 
» femoiet 
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Les Sen 
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ruerre,c( 
efte de 
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[e 


(DE L'ASIE & 


mnemy; 8 la fichant für vn pieu la mettoient au plus hault fefte dy logis, 


bien fouuent fur le pignon de la cheminée : les mettant en lieu fi emi- 
dent, à caufe qu'ils les difoiét eftre les gardes de leurs maifons, & familles. Newres peu- 
e peuplene viuoiét que de larcis, & des pilleries faites à la guerre. Mais ples chalet, 
es Agathirfes eftoient fort propres, & fé tenans tres-mignotement fe pa- de leurs païs 
ns d'or, & ioyaux precieux, & vfans de leurs fermes deuant tout le m6 par les Ser- 
e, afin que cefte communauté les rendift tous freres & domeftiques en penrs. 
ecommune liaifon, fans qu'ils fe portaffent enuie , ny fentrehaiffent Folle opinion 
our cela en forte quelconque:& quant au refte aprochans fort de la ma- des Neures 
jere de viure des Thraciens. Les Neures viuoienttout ainfi que les Scy- /€ penfans e- 
hes, lefquels quelque peu de temps auant le voyage de Darie contre les ffre Loups. 
thes furent contrains de quitter leur païs, à caufe d'vne grande mul- D'o# cels pre 
rude de ferpent qui fy engendra & les infetoit , & gaftoit fort perni- de, vey Ce- 
jeufemét.Ce peuple auoit vne eftrâge opiniô. Et fe perfuadoit que tous lie Rhod. line. 
ans en certaine faifon ils deuenoyent loups & le iuroyent,affermoyent 27:cha.12. 
Lec grands fermens & proteftations:& que de rechefces iours allez, ils en apelloit 
kcouuroyent leur forme premiere.Les Antropophages c’eft à dire man- tels hommes 
e-hommes eftoient les plus fauuages & cruels d'entretousles hommes Lowps-Ga- 
ns loy,droiture ny iugoment, f'exerçans à la nourriture des beftes | & roux.s. 44. 
ortoyent l'abillement femblable aux Scythes, ayant vn propre & parti- gwf. cité de 
lier langage,encor y eftoyent les Melanchlenes,ayans ce nom, pource Dieu liu.18. 
vilsalloyent tous veftuz de couleur noire, lefquelz vfans de façons de Probe. li. 6. 
ire des Scythes , fadonnoyent aui à fe repaire de la chair humaine ch.16.mer 
omme les precedentz.La nation des Budins eftoit fort grande, & la pro- «es LÆntropo 
ince fpacieufe & fort populeufe, tous ayans les yeux de couleur celefte phages en li 
azurée & le poil roux:leur cité principale eftoit Gelon, qui aufli leur Prewnce Se- 
ifoit porter 1e nom de Gelons.Ceux cy celebroyéttousles trois ans les rique , om de 
accanales,ayans le téps pañlé efté Grecs, mais chaffez deleurterre, & le Cambaln au 
tirans là,tindrent les mœurs & Scythiques,& Gregcois , comme aufli païs le plus 
ur langage eftoit meflangé de l’vn & l'autre peuple:quoy que les Gelôs Seprétriomal. 


iffent differens & en langue & en façons de vie du refte des Budins: lef- Les Melan- 


els eftans naturelz du païs des toute ancienneté, faddonnoient aufsi à chlenes font 
flude peculier au Scythe, qui eft de nourrir les troupeaux, & font les en la Sarmsr 
ulz entre les Scythes, qui mangent les poux & vermine qui naift en leur rie. Pthelom. 
bair:là où les Gelons Eient laboureurs, viuans de froument , & fexer- /.5. chap. 9. 
nsaux iardinages, fans reffembler Jeurs voifins,ny en couleur ny au vifa 8wdins peu- 
,& fierté de regard. plefort grad, 
Toute leur region abondoit en bofcage à caufe d'un grand lac qui en- 7" nômees- 
ronne la plus part du païs où ils prenacnt des Loutres,Bieures,& autres cor Gelons e- 
fieurs beftes fauuages, des peaux defquelles ilz faifoiét des robes four- fiét en l'E 
s pour farmer contre les horreurs de l'hiuer.Les Lyrcéens viuoiét de rope pres le 
naifon de laquelle ilz cheuiffoient en cefte forte: I1z montoient fur des ffeune Tan . 
bres en eftant leur païs bien fourny,& de là auant ilz faifoient la guer Déferêce des, 
& dreffoient desembufches aux beftes , chacun conduifant vn chien 8wdisgr Ge- 
ibet, & vn cheuaï til que ceux que nousapellons harquebufiers pour los. chfft des 
chafle,apris à fe baller,& coucher fur Le vétre voyans la proyc:l'hom: Zyrccens. 


Ce difours me eftant für l'arbre, feéoiru par fon cheual ne failloit de darder fur lourde te 
fus di premiere befte qu'il voioift,et l'ayant fertie monter à cheual;et la pourfiE ces 
tiré de Hero. ure auec fon chien;tant qu'elle euft rendu les aboys.Les Argippéens fete 
dite liur, 4. noient au pied et racine des montaignes les plus hautes de Scythie , lef 
| quels on tient auoir efté chauues des leur enfance, tant mafles que femel. 
les,fort camur, et le menton long,hors toute proportion, ayans vn lang 
getout different des autres. [ls eftoient veftuz comme les Scythes, viuan 
du fruit des arbres fans nourrir beftail quelconque qui eft caufe qu'ils 
auoient difette. x : Fr 14 
Ils couchoient fouz lesarbres,et durät le froid,et l'hyuerils y dreffoia 
ArgIPENS Lnetente forte,et ferme, et icelle de bläche couleur, et l'efté fans celte 
eSbimez, Ja- ee ou pauillonton eftimoit ce peuple facré à caufe qu'il n'auoit aucun fou 
HE Pr cy de la guerre ct n'auoit aucunes armes en fa puiflance , et fi iufte qu, contra 
789: leurs vols ayans quelque different à vuider enfemble c'eftoit à eux 
Franche en getter la fentence:voire leur terre feruoit de franchie, car quiconque 
laterrre des etiroit vers eux:il n'y auoit homme qui euft ofé luy faire tort, ny def 
AB. fr quelconque. Et la façon de vie des Jffedons fuit telle:le pere d'vnd'e 
tre eux eftant decedé,tous fes parensamenoyent leurs troupeaux et ber 


eflus fon cl 


gerie,et d'icelle en prenans,ilz les maflacroyent et mettoyent en piecel grans sb 
enfemble le corps & trefpaffé pere de celuy qui appelloit fes coufins al ee : en] 
banquet et meflans toute cefte chairenfemble ilz banquetoyent et en pr Pcl'ir, qu 


x, vnce 
terre. Dur: 


noyent leur repas. î 
Apres ce oftans et chair et cuir, et cerueau du teft du deffun&, il21 


Ænmiuerfai doroyét et fen aidoyét pour idole et fimulachre luy faifans des Anniuees d'effort. 
resentre les faires tous les ans,et luy facrifians de grandes hofties & vfans d’extremalll, païs eft a 
Ifédens.  & folennelles ceremonies. Etainfi en fait le filz au pere & le pereau flex, 
Iffédons font ainfi qu'en vfoyent les Grecz aux feftes de leur nai ance. Ceux Cy cn beftes chc 
parties en  cftoyenteftimeziuftes, & leurs femmes auffi fortes & vaillantes que le monde. 

deux, affa- hommes.Ettelles furét iadis Jes manieres de viure des Scythes:mais d'a Cefte prou: 
doiren later tant qu'ayans efté vaincuz & affuicttiz par les T'artares, & qu'ils viuent l, cel à di 
re de Mogal, prefentfelonles loix & façons Tartarefques on les appelle auf de mel quatiques, | 
Gen la re- menom,iaçoit que diuerfemét ilz fe comportent: & defquelz il fault ps it Tartares 


iefme , { 
en commu 
de Tartar di 


ion de Cam ler plus particulierement, & fpecifier les chofes à fin qu'aucunne doubu 
ss de ce que les anciens ont commencé d'efclaircir & que les modernes o0l 
Ptholom.ls. prefque conduit à faperfe@tion. 


€ ch15.0- onde Tangor 
Hs So eSonith, la { 
Dele Tartarie,© des mœurs eo” grande puiffance des Tartares. Chap. 13. qui eftve 
Momgalef : ; aroiflent vifi 
vme partie de IN V? *A Tartarie, de laquelle vne partie fappelle à prefothemin. per 
lagrandTar à f/ \? Mongal,eft polée en celle partie de laterre, où l’oriet elconque. ‘ 
farie. S pÆfauoifine du Septentrion, ayant vers le Cathay , & Soi; Paydic:tri 
-Ceff autheur lange, [au midy lepaïs delaSine , & ne ijay où des fi 
afiny Pn- )ftuy pefchela terre Sarrafine au leuant & en la Sniment des 
cent su mi thie veu qu’elle eftoit en Arabie: fi ce n'eft qu'ilprde , :: Bree 
reir bal. 32 dr flat eq 


e + 


k 


ps , " fi jh 


DE L'ASTE. ! 62 

purde tant en la Geographie qu'en la verité de l'hiftoire,eftans bien-dif- Cefe ef la 
srens ces peuplez les vns des autres, &e en mœurs, & en façons de police] ræe deférs- 
l'Occidét Iuy gifent les Seres,ou region de Cambalu, & au Septentrion pr'o/élo Prh, 


r fur lu 


pourfui 
ns fete 


ie , leF Re prand Ocean , mais ce païs non encor defcouuert , ny parles anciens W.6.6. 5. 

e femel. y par les modernes, Tab.d'afe8. 
n langer Or eftime lon que cefteregiona pris le nom d'vn fleuue nommé Tar. 

5, Vivane qui court le 16g de celle prouince,chofc affez vseyfemblable. Elle eût 1! me parle ÿ 


pre montaigneufe, & ou elle f'eftend en planure, encore eft elle glaireufe de La enlever 
jae d'argile & de fablons ftcrille fi ce n’eft qu'elle foit arroufée de re de Mgal, 
drefloit M. ieres, defquelles elle n’eft pas trop abondante, qui eft caufe qu'elle eft 
pre deferte et mal peuplée, fans pas vne ville, vne exceptée qu'ils appel Grands ora- 
mtCracurie. Si pur en boys en plufieurs endroits, que les habitans ges en a ter- 
pnt contrains defe chauffer aucc la fiente feche des Bœufs et cheuaux, rede sègal, 
d'en cuireleur viande. LeCiel y eft mal difpofé, et grandement faf- 
eux, veu que durant l'efté les connerres,efclairs, et foudres y font fi c&- 
uels,effroyables et horribles que de grande frayeur plufieurs en perdét 
vie. Les verts fiimpetueux et vehemens qu'ils enleuent vn homme de /ndsfjsfrin 
x et bete ffus fon cheual, et réyerfent ceux qui vont par la campaigne,arrachent.de l'ur. 
i sgrans srbres, et en fomme font de grands dommages par toute la Pro- 
ince : en laquelleencoron voit vne telle inconftance en la difpofition Tartarie ab 
l'air, qu'oresil fera vn chaultexceflif et tout foudain vn froid rigou- déte & beflail 
x, vne efpaiffe et abondante nuée deneges couurans toute la face de €7- /wr sous ë 
terre. Durant l’hiuer:l n'y pleut iamais: et fouuent en efté , mais auec fi chaux. 
ud’effortqu'à grand peine laterre fe fent de l'humeur et arroufement. Quare pen 
e païs eft au relle fort riche et abondant en beftail, à ir Bœufs, ples deTarts 
hameaux, Cheuaux, Brebis, Afnes et autres de diuerfes fortes, fur tout rie /élen vin 
x beftes cheualines y abondent plus qu'é païs ny region qui foit en tout cé’ fs alle- 
monde. ge. 
Cefte À ap fut iadis habitée de quatre peuples, à fçauoir Iecha-mô- sy Mathies 
al, c'eft à dire grands Mongales, les feconds Su-mongal , qui fignifioit Micheu de Le 
quatiques , lefquels auñi pour eftre voifins du fleuue Tartar gpl S'armathie 
itTartares , Merchat eftoit letroifiemepeuple ,. & Metrit le qua- _ffarique l. 
iefme . { D'autres nombrent fept nations premieres dece peuple 1.ch4p.8. 
len commun ils apelloient Mogles, la premiere & principale eftoit cel- Æasron L. des 
de Tartar du nom du fleuue & de laquellelerefte portelenom: la fe- T'art.liu.16, 
onde Tangor, & l'autre Cunar, celie qui l'auoifine cft Talait, la cinquief- 
eSonith, la fixiefme Monghi, que i’eftime Mongal, & la derniere Te- 
hqui eft‘versles deferts de Dauuil.où l’on dit que.les malins efprits 
xroiffent vifiblement , & font perdreles voiageursen leur monftrant 
chemin: par les voyesoù:ils ne peuuent trouuer ayfenté ny fentier 
iélconque. | Cepeuple füutvn long temps fuiet:à fes. voilins ; & Premirre im 
ii paydic:tribut ; tantiteoit vil & ancanty quoy qu'il fut gouuèr- fifwrio de rep 
par des feigneurs& Capiraines , qui auoyent. la fouucraineté du es Tartare 
hniment> des affaires: mais en fin ils. femanciperent de telle ferui- faste par ere 
de .  Etecpar le moien :d’vn viellard quieftoit. Marefchal de cle, , 
n eftar: lequel” fodit auoir eucertaine vifon d'yn cheualier armé 


Q) 


qu'ilse 


LIVRE SECOND. | 

Pal Venitié Liane 8 monté fur vn chéual de pareille couleur, lequel l'ayät appellé & 

ldesTart x. (onnom luy parla en cefte forte, Canguifte,(car ainfi fapelloit ce maiftr 

ch.s. : marefchal)la volôtédu Dieu immortel eft quetu deliures ce peuple Mj 

galifte de la fuiettion & tribut de fes voifins, & que tu fois le gouuerneu de petite 

& Roy des Tartares,lefquelz affuiettiront les autres, ainfi qu'à prefent i} rt granc 

Edits,& or= font tributaires de leurs voifins. Ce qui fut caufe que les Tartares def ouuert e 

dosnances du reux,& d® leur libertés& de commander fur les autres eflurent, fuyuanE 2) ilz por 
premier ché ]a vifion & oracle, pour Royce Canguifte,quia cfté le premier Prince dk iceluy 

desTartares. ce peuple.Et aduint cecy en l'an de noftre feigneur 1187. Ce Canguifherafènt Le 
qued’autres appellent Cinghiseftoithomme fige, accort & de bonnBterafure 

vie, & fut le premier qui tafCha d'ofter l'idolatrie d'entreles Tartares,déBhelure pre 

fendant par edit dés qu'il fut Roy toute adoration de tels idoles , cnioont deux 

gnant qu’on adoraît vn feul & le trefgrand Dieu ,'par le moien duquel iBkhcf par de 

f'eftimoit eftre paruenu telle & fi grande dignité. Ordonna d'auantinlBinfi,ains e 

Cruel eJay de que ceux à qui l’aage permettoit de porter armes euffent à fe trouuer {ion.loy, n 

camgsifle jour certain & par luy prefix, au lieu oùil luy-plairoit leur commande Bortadextre 

pour tenter &c là il diftribua & partift l’ordre de fa gendarmerieen cefte forte, que lsombatre à 

Pobeïfance  dixeniers obeïroient aux centeniers, & iceux aux chefs qui commandoilblus pauure 
de fes fiers. fus mille hommes, ces capitaines encor feroient obeïffanc: aux colonnedue part q 

de chacun regiment.Et pour effayer fi les Tartares feraie at prompt à aux font cl 

Les grandes cuter fes commandement, il commanda aux fept Princes , qui au parauanlient:& enri 

monarchies  auoient commandé für les Tartares , detuerleurs enfans deleurs maïnlblifir à pen 

commencent propres : laçoit que les peres trouuaffent cecommandement ‘pre & déelonnent bi 

par fang, €” fort dure digeftion, fi eft-ce que foit qu’ils craigniffent la fureur du plrandeur.Le 

parricties.  ple qui tenoit ce Roy comme chofe diuine,ou que la religiô les touchAfiz chantent 
: & efmeut,eftimans que Dieu auoit donné commencement à ce royaumellent: en beur 

& que fils ne vouloient obeïr,ce ne feroit mefprifer ie Roy, ains La puiffioire, qui ler 

fance du treshault,ils mirent la main à l'œuure & defpecherent 1e mondéliefe bien en: 

de leurs propres sn fans. cythes,fans 

Canguifte fe voyant ainfi fortifié, ne faillit foudain de fe ruer fur Idievillages, & 

Scythes fes voifins tant delà que deça le mont Imaë qu'à prefent o@e paflurage. 

nomme Belgian, & les fcit fes fuiets & tributaires, voire afluiettift cu l'efté aux n 

mefmede qui au-parauant ils eftoient les vaffaux : & femanciperedeabondance 

detoute obeiffance. Apres cela il fattaqua aux nations plus-loingfmble cor 

L'Inde fur is tes auec tel heur & félicité que toute la Scythie dés l'Orient au Septenÿlien conjoin@ 

dis fusette en tri6 & les autres terres depuis le Cathaï,iufqu’à noftre mer mediterran@eu du corps c 
partiean  furentefpouuëtées & troublées par la fureur de fes courfes & armées enforer par là la 

Pretelea,  uahiffant les Royaumes, & Prouinces,afluietiffant les peuples pl° puiflage, autour d 
Des cour & farouches, & eftandant fes forces fur legrand Ocean Indien & au gréidextrét fort 

fes des Tr lein & mer de Sur,tellement qu'il ie peut dire à bon & iufte tiltre l'Empénentadônez 


40 pui 
je d'Eur 
mes les pl 


reses Eure reur & founerain prefque de tout l'Orient, ce LAC que voyar 
pe, voy ler. [Veu que prefquetoutes les Indés luy obeyflent , lesifles de la mdliicluy darden 
lin.de ls Sar iufques à la Taprobane luy payent tribut et le recognoiffent : et cet. Ils n'ufe 
mathie,de  luy qui a chaffé les forces du Roy Ethiopien des Indes, et qui tie palteurs val 
Mathie Mi- le Sophy en ceruelle et 1e preffe courans iufques bien auant en fes telhpes ou féruie 


chen. res ;: qui-encor ne lille le Mofcouite en repos lequel. fans vn titi, & le me: 


+ 


% 
"DE L'ASIE, , . 6 
ellé des f puiffant ennemy,euft-il a long temps affoibly Les forces de la Sarma- Ferme Or fa 
maiftr Mie d'Europe, & le Royaume de Poloigne, ]Les T'artares font bien les hô- fre des Tar- 
le Mmes les plus laids. & diformes qui foient au monde, 'eftans ordinairement fares. 
serneu Me petite ftaturc,ayans les yeux gros, & comme leur fortans de la tefte, 
ent iort grandes paupieres, & le fourcil fivelu, qu'on veoit peu de l'œil 1ef-. 
es def Mouuert en eux,le vifage large & fans baïhe,fauf qu'aux leures de deffus 
fayuanEù ilz portét de grandes mouftaches, & fur le menton quelque poil follet 
rince de iceluy fort rare. Tous en general camuz, & ayans affez beau ventre: & 
anguif ie rafènt la tefte par le derriere de l'vne orcille'à l'autre, tellement que ce 
e bonniterafure reprefente la figure d'vne barbe,au refte ilz nourriffent leur che 
ares, diclure prefque aufli longue que font les femmes par deça, de laquelle ilz 
 cniciiont deux treffes & cordelettes, lefquelles ilz entortillent autour de leur rarrares  fè 
uquel {ihef par derriere les oreilles, & ainfinon feulementles Tartares fe rafent 4sêt Le tele. 
auant:nl infi,ains encor ceux qui habitent auec eux de quelque païs,eftat, condi- 
couuer Mion.loy, ny religion qu'ilz puiffent eftre.Les Tartares font naturellemét 
mandeortadextres, & legers,bons hommes de guerre à cheual,mais peu aptes à 
e,queleiombatre à pied,auffi aucun d’entr'eux ne vaiamais à pied : car iufqu’au 
mandoisMblus pauure tous vont à cheual,ou f'aident des Bœufz pour môtures quel 
olonndlue part qu'il leur faille aller, tant les hommes que les femmes.Leurs che 
mpt à exaux font chaftrez, & n'en veulent noint de hargneux,rueurs & qui mor- 
parauanBent: & enrichiffent les mors & brides d'or,argent, & pierreries , prenans 
rs mainblifr à pendre au col de leurs montures des clochettes & fonnettes, qui 
pre & difelonnent bien, comme chofe qu'ilz eftiment magnifique, & reffentant fa 
ar du perandeur.Leur parolle eft rude & barbare, & eux grands criardz, & quäd 
. touchaiz chantent, c'eft aufli doucement,que fi ceftoient des Loups qui vrlaf 
royaumelent: en beuuant ilz fecouent la tefte, & hauçent fouuent le temps à bien 7arfares fons 
La puifioire, qui leur eft vne grand gloire & mefine filz viennent iufqu’àlà,que ghire de l',- 
Le mondiefe bien enyurer. Ilz fe tiennent aux champs, à l'imitation des anciens wrognerie, 
cythes, fans fe foucier que bien peu des villes, citez,hameaux,bourgs,ny 
er fur Idic villages, & habitent en des tabernacles, à caufe que la plufpart fe mefle Cabases, eo 
efent odie pañturage. L'hiuer ce font les planures, & campaignes où ilz ferctirent, Jages des 7'ar 
etift coul l'efté aux montaignes à caufe que l'herbe y foifonne,& verdoye en grä rares /e renés 
ciperedtabondance.Leurs tentes & pauillons font faits ou de verges enlacées en La campas 
Joingunfemble comme clayes, & treillis,ou de feutre eftendu fur des cheurons ge. 
SepteoWien conjoinéts & cheuillez enfemble,laiffans vne feneftre ronde au mi- Tartares ot 
iterrand@eu du corps de leur magnifique logis,afin d'auoir clarté, & de faire eua- 4rmez, à Le 
ées enMborsr par là la fumée: à caufe qu’ilz font auffi le feu au beau milieu de Ja chafe,Hls 155 
» puifhupee, autour duquel font afifes leurs femmes & petits enfans. Les hômes nenr. celle fay. 
au gridextrét fort à la lutte, & àtirer de l'arc, d’autät qu'ils font merucilleu- de chrefie ca 
: l'EmŒénentadônez à la venerie & vontarmez,eux & leurs cheuaux à lachaf- ser ef 50. 
fique voyans la proyeilz l'enuironnent de toutes parts, & tous enfem- dis imbuz, 
e la mél luy dardent,& lancent des coups de flefche, rant.qu'ils l'ayent mile à de nofre rels- 
et ceort. Ils n’ufent point de pain (il fentend en aucuns endroits, & parmy gr0.vey Has, 
qui tic palteurs vagabonids ) & ne peftriffent rien de farine, n°vfans encor de /. desTarts 
a fes tellhpes ou feruicttes à leurs repas,tant ils font hôneftes, Ils croyent vn feul res «39.40, 
va tits 6 le méfine ils confellent créateur du Ciel & de la terre, & fiñteur ge 41. 


in féruice 
it à vene 
ye, qu'il 
rder leun 
at de ton 
nger che 


, & detouk 
clong dv 


. fen repil 
a,ca 
, des frui 
oupEaux À 
utât qu'il 
tde petit 
de Natagi 


& leur fo 
l'adorenti 
oyétfig 

Fe hôme: 
)arangonnk 
le celuy q 


nes, & a telk 


cü, voire d8 
ePapeët 


re,infidells 


rres. | Eta 
hreftién 
ahometifte 
de pren 


'enfeigno 


ne farcies 
à l'hboma 


, ne val 
s. 8 fçauci 


ion qui | 


fpirituell 


&ceen 
es faddot 
1 & m 4 


s Jefquellé 
sui leur de 
e font ris 

s faifons! 
folennilti 
faifon ph 


His DE L'ASIE. 64 
v'en l'autre s comme font les Mahometans , ains font & lesiours, & les 
:fons fecouler tout d’vn trait & en mefine forte, Et eft ce peuple fi aua- #46 . 

& conuoiteux, que fil voit quelque chofe qui luy vienne à gré, &n’en fentfifes or 
Liffeiouyr du gré & volonté du polfeffeur, pourueu qu'iceluy ne foit "° ieufnent. 
rare il ne faillira d'y proceder par voye de fait,& violence, fe couuräs , 

à cela d'vn edit de l'Empereur par lequel telle vfurpation leur foit loifi. ;:.: 

e& permife. D'autät qu'ils ont cefte ordonnäce de Canguifte, & Chaë a 
k deux premiers Roys de Tartarie,que quicong des Tartares, voire des 
elaues des T'artarestrouuera vn hôme, me » Cheual ouautrechofeen . :., - 

à chemin fäs lettres, ou fauf-côduit du Roy, qu'il f'en faifife, & en iouiffe Lay sn, 
ufours côme de chofe fienne & iuftemét aquife. Ils preftét de leur mô- CTorim. 
pye à ceux qui en ont indigéce, mais auec vne excefliue, & infuportable 
üre prenant vu pour dix tous les mois , & leterme cfcheant, filne paye, 
“fure eft redoublée payät encore interéft fur le premier intereftz, & fur 
oift de l'vfure.Et y {ont les exaétions,gabelles, daces & impofts fi gräds 
on nelift point que iamais nation ayteftéfi eftrangement moleftée | 
fubfides que font ces Tartares parleurs Chams, ou Empereurs. C'eft Che ave af 
Lofe incroyable que ces feigneurs,ne font iamais 4 defirer &demander prration fgns 
rauiffent tout, côme f'en difäns les feigneurs fans 4 iamais ilz réftituent fe/eg. 
de leurs emprunts, & font fi cruels à feulemét ne veulét faire l'aumof- 4 la 
aux pauures. En vne chofe feule ils font louables q tandis qu'ils difnent Zarrare/que 
foupent fi quelcun füuruient, ils ne luy refufent point leur table, & luy é- fans 455 
uffrent de manger auec eux, voire inuitent les furuenäs, leur cômunicäs rafsen,ceft à 
rt charitabiemét de leurs biës.Leur viure ef treffale & ord,côme ceux dire fang. 
in'vfent(côme dit eft ) de nape ny de feruiette quelcôque,& ne fe tor- En quey font 
vent point Îes mains & ne les lauët,ny le corps,ny leur abcillemét, & ne les T'artares 
bac du pain,ny n'en mangét,ny herbes,ny aucun legume:feulemét fe re- charitables, 
illét ils de toute forte de chair & de toute befterät foit elle fale &fouil- saleté des 


e,chiens, chats & cheuaux, & rats des plus gros qu'ilz peuuenttrouuer Tartares. 
prédre. Aucuns d’étr'eux font’Antropophages,côme ceux auiayäs pris Grande cru - 
ennemys pour faire parade de leur cruauté:et du defir de vengance auré des T'ar 
uéen leur ame, les tuent et font cuirela chair , et feftans affemblez en tares. 
and côpaignie, le defchirent à belles dés côme loups,ou chiés enragez, 
ledeuorent,mais pluftoft ayans recuciily leur fang däs des taffes le boi- 
nt fort gloutemét,autremét le laiét de iumét leur fert de breuuage.Car 


ne croi point de vin en leur païs , mais fi on en y aporte d'ailleur côme 
on fait aufli en autre pr , ils en boiuent volôtiers et à grands traits auffi à: 
illardemét que gé de la terre.ïls oftét les poux les vns aux autresiet les chichert ou: . 
ngét, difans, c'eft ainfi que j'en feray à noz ennemys. C'eft gräd forfait rreme des: RARE 
‘eux que laiffer perir ny perdre le moins que ce foit des viandes , où Tartarer. ©: : 
euuage qui refte à leur repas: tellement qu'ils n’ont garde de getter vn Re 
saux Chiens que premier ils n’en ayent tiré la mæile, Et font fi taguins £ 
auares que ils ne tuent iamais befte pour leur nourriture, qui foit faine 
entiere, ains choiliffent celles qui font mutilées, et gaftées ou languif- 
nt de vieilleffe,ou quelque maladie. Ils font fort efpargnäs et éfchars en 
ur vie, fe cotétäs de peu,et de chofe de peu de cou, ils boiuét le matin 


| | & DE L'ASIE: : . « ) 
enneiM Jet tant foit il bien aceré qu'ilz netranfpercent. Ilz affaillent & fuyent à C'effbatail- 
habit M croupes,bleçans de leurs faiettes ceux de leurs ennemys qui les pourfuy- ler tou sinf 
jeuà uent:lefquelz filz voyét,ou en petitnombre ou tât peu foit en deford re, que les Par- 
ot ay il z r'entrent en bataille, fe ruans & fur les hommes, & furles cheuaux, & #hes radis. 
e ent lorsilz vainquét que le plus on les eftime rompuz,& deffaitz. Lors qu'ifz Haiton fr. 
ndelevont afaillir & enuahir quelque pays & Prouince,ilz diuifent leur armée mensen des 
s dam our la furprendre, & enclorre detoutes partz, afin qu'ô ne puiffe leur ve 7art.ch.49 : 
ut ronir au deuant, & que perfonne des habitans ne leurefchape, & en cefte 
le bodmaniere ilz ont prefque toufiours la victoire entre leurs mains: de laquel- 
16 toc ilz vient fort cruellement &'auec vne efträge arrogance, ne pardônans 
-orps prifonnier aucun, foit fémme, enfant, où vieillard, maffacrant tout indif- 
les fnferemment, faufles gens de meftier,lefquelz ilz referuent pour leur ferui 
en vlc, Ceux qui doiuent fouffrir mort, font diuifez & departis aux capitaines 
ge factlui en font faire l'execution,en donnans à chacun efclaue dix,on tant du 
yät qulblusque du moins à maffacrer:_ Lefquelz ayans efté affommez auec vne Pwnirien des 
umicrbache et coignée, comme pourceaux,ilz en donnent terreur et efpouuen- varncuz, en 
 defcalement aux autres:et cela en cefte fürte.Ilz empoignét chacun milliefme, baraile. 
les i@equel luy attachans les picdz et liez à vn poteau dreffé, ilz l'y accouftrét 
qu’eniie telle forte par deffuz les corps des autres maffacrez qu'on diroit pro- 
en veubrement qu'il admônefte les fiés à obeïr aux Tartares et queiceux l'oyét 
non pl farreftent à fes parolles. 
le port di Et non contens de facharner ainfi fur les prifouniers,encore en y ail de 
diferen brutaux et cruelz, qui voyans encor ruifleler le fang de ceux que on a 
ét les briiaffacré, le vont receuoir à tout leur bouche: et fen faoulent iufqu’à le 
es deffiezorger.Le Tartare outre fa cruauté eff fi defloyal,qu'il a beau fobliger 
hefhon quelcun,et luy iurer fa foy,et prendre l'ennemy à compofition, d’autät Crauté ex- 
fen couMu'en lieu de luy tenir promeffe,il le punira plus aigrement , et facharne- treme des 
en peurh für luy auec plus de cruauté, et beftiale furie.Il leur eft permis en guer- Tartares. 
cout sine d’abufer des ieunes femmes à lenr difcretion et fantafie , aufli en mei- 
de la lorient ils captiues celles qui leur femblét les plus belles, lefquelles ils con- Grande pail- 
t'adroïtaignét de feruir toute leur vie à leurs defordonnées volontez en la plus lardi/e des 
étreranc mifere qu'homme fçauroit penfer , veu que ce vilain peuple eft le T'artares, 
erre:àlusfale et infait en matiere de paillardife que la terre porte:d’autant que 
ages, çoit qu'ilz efpoufent autant de femmes que bon leur femble , et que ilz 
bs à coueuuent nourrir, & qu’il n'y aye degré de confanguinité, faufde fa mere, 
beiffane la fille, & de fa fœur, qui empefche qu'vn hôme n’efpoufe fes plus pro 
ines n'es parentes, fi eft-ce que cefte nation faccouple(ainfr que faifoyent les T'arrares Se- 
s, etledrrafins,imitez parles Turcs à prefent) & aux mafles, & aux beftes, & domites. 
ui ets en cftre repris,ny punis en forte quelconque. 
quande La femme qu’ilz prennent,n’eft eftimée eftre leur ef] poufe, & nereçoi 
S fur dotrien d'elle,iufqu'àce qu'elleaenfanté , & ainfilzrepudient celles 
appardi ont fteriles, & au lieu d'elles en peuuent prendre d'autres. Mais cecy 
ompte nerucillable (veu la naturelle ialoufie des femmes) que iaçoit que 
r à quelulicurs femmes foyent les efpoufes d'vnfeul homme, fieft-ce que ia- 
dextréis pour cela elles ne fe font la guerre;quoy qu'il face plus de compte, 
a corfees de l'une, tantoft de l'autre, & coucheauec celle qui luy viét le plus à 
le R 


LIVRE SECOND : | 
chacune a fa demeureà part,chacune f6 mefnage, & fi- 
mille viuans en grande chafteté:comme les maris en extreme paillardife, 
& incontinence:d'autant que la loy condamne à mort celuy foit il hom. 
Ædulteres me ou femme,qui eft attaint & conuaincu d'adultere. 
punis demert Durant qu'ils font en paix & que la guerre les difpéce d eftre en repos, 
entre les Tr ]es hommes ne fe meflent que de nourrir lestroupeaux & d aller à la chaf 
tires. fe laiffans tout le mefnage des logettes,& maifons à leurs fe mmes,la Char 
Paul Penitié ge defquelles eft de prendre efgard & à ce qui eft pour leur viure, & ve. 
li.1.chap.$$. ftement de toute la famille. Cefte nation a de fottes fuperftitions que elle 
Superfhition garde fort foigneufement. Il n'eff loifible de mettre vn couteau dés le feu, 
des T'artares - voire ny letoucher auec ce mefme glaiue : tirer la chair du pot auecva 
Feu bennré couteau c'eftoit vn grand forfait: & ne fendoyentrienou coupoyét auec 
par lesTar- ]eurs haches au pied du feu afin de n'offencer celuy,que ilz reuerent d'il 
Parts. Jeur, & par lequel ilz eftiment que toutes chofes feront vn iour purgées, 
& c'eft aufsi grandement obferué entre eux dene toucher , ny corps, ny 
bras,ou pieds, fur le fouet auec lequel ilz fontaller leurs cheuaux (caril 
n'vfent iamais d’efperons) & fe donnent garde de toucher leurs flefche 
auec ce mefme fouet. Tant fen fault qu'ils tuent les ieunes oifeaux;qu'en 
core eft-il deffendu de les prendre.Ilz ne fecouent iamais la bride au che 
ual,& ne caffent,ou rompent vn oz auec vnautre. 
Aucun n'oferoit efpandre fans reprehenfion rien de ce que ilz mangé! 
… ou boiuent,& fur tout on vfeà l’endroit du lait de cefte ceremonie: Nu 
Le? #7 piffe dans leurs loges & cabannes : & fi quelcun le faifoit de gayeté de 
id cueur, & f'opiniaftrant contre ceux qui l'en aduertiroyent, c'eft fans auc 
ne mifericorde que il feroit occis & maffacre. 

Que fi la necefsité contraint quelcun à ce faire,comme fouuent il ad: 
uient, il fault que latente où cela cftaduenu , & tout ce qui eft dedans 
foyent purgez & purifiez en cefte maniere. 

11z dreffent le feu en deux lieux diftans troys pasl'vn de l'autre, en 

lefquelz ilz fichent deux lances, pres chacun feu vne , & attachent wi 
cordeletteaux deux, qui va de l'vneà l’autre, & paflent fouz cefte co 
detout ce qui doit fre purifié: ce pendant deux femmes aufquells 
apartient de faire l'office de ces ceremonies font de l'autre cofté dufu 
arroufans d'eau ce qui pafle , & marmotans ne fçay qu'elles forceleris 

S'anuagety= Qui feruent comme ilz penfent à ceft effait.Il n’eft permis à efträger que 

rdnie,  Conquede quelque degré ou dignité qu'il foit,& de quelque grandein 
portance que foyent les affaires que il aye a defmeflerauec le Roy, del 
preféter à luy, fil n'a efté purgé.Quicôque foulle du pied le feil de l'huy 
du logis ou le Cham,ou quelcun de fes Princes,ou Lieutenäs habitent, 
eft foudain occis fur le mefme lieu fans aucune remifsiô, D'auantage fi 
mangeant, queleun a pris vn fi gros morceau que ne pouuant l'aualleri 
foit contraint de le regetter,ceux qui afsiftét J'époignent, & luy faifant' 
trou, où la viande deuoit paffer,l’occient miferablement. 

Hz ont d'autres folies qui leur femblent des faultes & forfaits irrer 
fibles:mais de tuer vn homme, de faifir , & rauirle bien d'autruy «x 
twetout droit & raifon, d'enuahir les biens & poffefsions de leurs voi 


plaifir:mais quoy, 


fins, fr 
en leur 
si Jeu 
efcrire 
pris & LE 
Dés q 
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éceluy qui 
leracompte 
Les Prince 
léde tous Jd 
choifie , 
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manquant ) 


,& fa 
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repos, 
Ja chaf 
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» Bt Ve" 
que clle 
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purgées, 
Orps» NY 
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z mangét, 
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| fans aucr' 


uent il ad: 
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habitent, 
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l'aualler 


) faifant\ 


its irreni 
utruy (0! 


leurs v0 


DE L'ASIE «6 


fins » mefprifer les commandements de Dieu , cen’eft quepaffetemps 


enleurendroit , & quin'en font quele cerf , fe mocquant de quicon- T#rf4rés ere 
ueleurenparle. 11z croyent vn autre monde, lequel ilz ne fçauroyent 2! La vie 
defcrire , & auquel ilz f'attendent de viure eterncllement, y receuans le eternelle, 


ris & falaire deu à leurs œuures & merites. | R 

Dés que quelcun d’entre eux tombe malade , & aproche dela mort, 
plante vne pique, ou halebarde à l'eritrée de fon pauillon à laquelle 
LL attachent vne banderolle noire , affin d’aduertir les paffants dene 
auancer pour entrer en laditteloge . Et ayant veu ce gra n'ya fi 
hardy qui ofaft y entrer fans eftre apellé par ceux qui font dedans. 

Le patient eftant mort, toute la famille, & parenté faffemble, & eftle 
orps porté fecretement en quelque lieu ia preparé hors la tente, là où 
2 font vne folle aflez large & profonde, & fur laquelle ilz dreffent 

netente, & dans icelle apreftent la table garnie de viandes: &c veftans 

edefun& de trefriches habitz, & les pluz precieux que il euft,tous en- 

femblele mettent en terre, enterransauec luy vneiument, & vnche- 

al armé, & bardé,tout ainfi qu'ils vont à la guerre. | | 

. Les plus puiffantz choififfent tandis que ilz viuent vn feruiteur, &. 

emarquans de leur fein & armes auec le feu , le font mettre en terre 
eceux, & ce afin que en l'autre monde ilz fen feruent. | 

pres ce lesamysprennentvn autre cheual, &letuent, & en font vn 

banquet , puis empliffent le cuir de foing , & le rccoufant le pofent fur 
quatre pieux,en figne & memoire des vaillances de celuy qui eft enterré 
adeffoubz . Les femmes bruflent les oz dece cheual mangé, pourla 
urgation de l'ame du deffun&, & aux obfeques des grands , & des fei- 
meurs, les amys du trefpaflé vfent autrement du cuirdu cheual, car 
äz le diuifent & coupent en diuerfes , & menuescouroyes , lefquel- 
es eftendans tout autour du tombeau , en mefüurent la terre : ayans opi- 


ion que le deffun& aura autant de terre en l'autremonde , comme 1lz Des mannass 
auront mefuré pres la foffe où gifent fes offementz : & mettentfinà &> cruels 


ur dueil le jour trentiefme apres le trefpas, 


: Chreffiens em 


Ily a d'aucuns Chreftiens Tartares, la religion defquels eft fort alterée rarrarie. 
corrompue, comme l'effet le declaire : d'autant que voyans leurs pay/ penerié 
rentsia vieux afin d'en defpefcher le monde , lesnourriffent de greffe dir qw'ils font 

lus que de raifon de laquelle eftansamattis ilz ffen vont en languiffant Néfforiensls, 
morts queilz font ilz bruflent les corps, en recucillans trefloigneufc- 1. chap. 47: 


entles cendres, qu'ils gardent comme chofe precieufe , en faifonnans 
rdinairement leurs viandes lors qu'ils prennent leur refeétion. Or auec 
uelle pompe & folennité,ils eflifent, & facrent leur Roy, apres le decez 
kceluy quiregne, d'autant que ceferoit.chofe & difficile, & ennuyeufe 
leracompter,& lire,ie m'E pafferay le plus legeremét qu'il fera polfible, 
Les Princes, Ducs, Barons & feigneurs fuiuis du peuple prefque affem- 
léde tous les coings de fon Empire, faffemblent en vne campaigne à 

choifie ; & où couftumierement on fait telle eeremonie : &là ce- 


y à qui efchoit Je Royaume; foit par fuccefion & heritage, ou (l'hoir 
manquant ) par elcéüor: , ef sflis fur vnthrone d'or , deuant lequel 


K ij 


LIVRE SECOND. | 
sacre du Ray tous petits & grands, fe profternent & d’vne voix vnanime, &c hautement 
Cham  luy dient ces parolles: Nous te prions, &cle voulons » ë& . commando 
desTartares, quetuayes l'Empire & puiffance fur nous. Aufquelzilrefpond : Si voy 

voulez queie vous obeï'ffe en cecy;,il eft neceffaire que par me fme moyé 
vous foyez toufiours aparcillez de faire tout ce que 1e vous commande. 
ray, venir quand ie vous apelleray, &1à part où ilme plaira aller , ou ic 
voudray tuer, & maffacrer fans crainte ceux que ie voudray que vous fi. 
ciez mourir: en fomme laiffans entre mes mains tout l'eftat du Royaume 
pour en difpofer à ma fantafie. À quoy côme ilz donnent confentemem, 
le Roy,encores dit:La parolle donc de ma bouche, vo’ feruira deformaÿ 
de glaiue, & ce fera le fer venqeut des rebelles. Le péu le fait vne grande 
aplaufion des mains,en figne d'accepter cefte côditié de Royale tyränie 
Cecy fait les Princes le tirans de fon throfñe Royal,le mettent à terre fi 
vn feutre, & luy difent.Regarde en hault,& recognoy Dieu, enfembk 
voy le lieu où tu es à prefent affis:fi tu gouuernes bien ton eftat , touts 
chofes te fuccederont à fouhait: mais fi tu es parefleux, à bien regir ta 
peupleitu feras tellement aneanty,abaiffé, & defnué de grädeur,& riche 
fes,que feulement ce feutre, qui te fert ores de fiege,nete fera laiffé pou 
ton vfage & feruice. Ce que ayants dit ny donnent celle de fes femms 
queilaymele mieux, & les hauçans tous deux auec le feutre, les procle 
ment Empereur & Emperiere des T'artares: & tout für l'heure, tous la 
, dépütez des Prouinces, fur lefquelles il acommandemét, luy portent ds 
Semblable ef prefents en figne de recognoiffance. 
k& tyrannie Onporte aufli là,les meubles precieux,laiffez par le Roy deffuné, de 
di Roy des quoy le nouueau prince en depart partie aux grands feigneurs du pay, 
Turcs. & lerefteil le fait garder pour fa magnificence,& ainfi chacun fe retireer 
Paul penitié {a Prouince.Ce Roy tient tout en fa main,tout eft foubmis à fa puiffanc, 
diffque le & n'y ahôme qui puiffe,où qui ofe dire quelque chofe luy eftre propre 
Cham choi- où d'autre, N'eft permis à aucü d'habiteren autre terre, que en icelle qu 
fff12.Gonuer Je feigneur luy a affignéc:lequel auffi choifift les gouuerneurs, les gent. 
#eurS pour [es raux. d’armées & colonnelz, & iceux eflifent les capitaines , les capitaina 
.… Royaumes, l. font choix des membres de leurs compagnies, & iceux du refte qui eft ns 
2.chap.22.  ceffaire pour parfaire les bandes. Le feau duquel le Cham vfe en fes pate 
Infériprio du tes eft ainfi efcrit: Dieu au Ciel, Chuichuch Cam en terre, l'Empereur th 
Sean dn Chi la force de Dieu, & des hommes. 
Tartare. Cegrand Roy tient d'ordinaire, cinq groffes & puiffantes armées,auti 
. autant de generaux,qui font comme Marefchaux , auec lefquelles fo 
ces il ne laiffe rien qu'il ne mette à bas,et en fa fubiection , et eff fi arro 
gare que iämais il ne parle aux Embaffadeurs des nations eftranges , et n 
ouffre feulement,qu'ilz luy foyent reprefentez, fi premierement, eteu 
et leurs prefentz{car c'eft forfait que de venir deuât ce grand feigneurlk 
Défféndu de mains vuides)ne font purgez et purifiez par des femmes pour ce fait d 
parler auec ke putécs:et lors il leur refpond partruchement , st ces perfonnes entrepi 
Cham, fées tandis que parlent (quelque grand que foit celuy qui a affaire auec 
Ch&)il fault que les eftrangers foyent toufiours de genoux, et eftre fa 
tenüf,que leur interprete ne faille,ou fefbare d'vn feul mot des paroll 


profer 
foit de: 
aucune 
aucun 
ou ioué 
feigneu 
pauillo: 
rafre{ct 
les efto 
Jeurs Joi 
d'auanta 
& citezc 
jant des ” 
ir tant p 
nquel t 
anes pr C 
differés d 
Ptolomée 
& outre le 
pnt cogne 
toutes Ori 
nous eut c 
J'euft raui 
l'Orient à 
& à Frein 
la Chine & 
lu,où eft le 
erte fault 
ais & Pro 
Frandarmé 
arc, & ne 
éFanfurit 
Roy Tarta 
que les pau 
utrecueill 
orde à l'end 
loient en nc 
elle, que les 
kiloient tou 
eu public à 
& les nourri 
igneurs d 


ju ilz les ado 


fenterleu 
fe foucie d 
vire en fucc 


DE L'ASIE., 67 
roferées par le Prince: N'eftant permis à perfonne de changer tant peu 
andont M foit des parolles du Seigneur:ny de faillir,ou venir au contraire en forte 
Si vou MM aucune à ce qu'il commande & ordonne:iamais l'Emp.Tartare, voire ny 
e moyé D aucun des Princes,ne mangent en public, fi premierement on ne chante 
mande. M ou iouë des inftrumens en leur prefence.Et lors que les Princes & grands 
e ou ie M fcigneurs vont par païs on porte toufiours deuant eux vne tente ou petit 
vous fi. auillon au bout de quelque grand bafton pour leur faireombrage,& les 
Érafrefchir, & ainfi encor en vfe Ion à l’endroit des femmes. Et voila quel- 04 ef La re- 


tement 


oyaun 

tement, M les cftoient les façons de vie ( defquelles vfent encor les Tartare 
eformai Mleurs loix & ceremonies qu'ilz fuyuoient il y a enuiron deux cens ve ke M 
e grande] d'auantage (Et d'autant que parlant des Indes,nous auons obmis les païs lin.7 c.3.T4 
tyrénie Ma citez de Ciambä,Mangi,& Quinfay, & queie vous ay promis que par- ble L re 
terre (urlant des Tartares que j'en tiendroys quelque propos,ie ne veux vo? y fail. fe, , 


intant pour acheuer la parfaiéte defcription de l'Afie,que pour montrer 
nquel temps fut-ce que l'Empereur Tartare affuiettit fi grädes & fi loin Magellan oe- 
kanes prouinces fous fa feigneurie,ioinét encor que ces peuples font fort cis en deféom 


enfemble 
|, touts 


regir toi 

& richet Mdifierés de la façon de vie e ceux qui les maïftrifent. Ciambä doncfelon wrans Les 
aiffé pour MP tolomée eft en celle region qu’on nômoit iadis le gräd goulphe ou {ein, terres Le Long 
es femme & outre lequel on ne trouuoit plus de terre,n’ayans pris efgard, à ce qu'en de Ls Mer 4 


nt cogneu ceux qui de noftre téps ont veu 41esMoluques qu’6 eftimoit cs, 
toutes oriétales,font en partie occidétales a gce grid Pilote Magellan Re. 
nous eut defcouuert, fi la cruauté & trahifon dès fiens mefmes ne nous Tranf lu. en 
J'euft raui plus toft que lanecelfité ne requeroit. Or auoifine ce pays vers one Zpifre 
l'Orient à la mer Occeane, & au midy aux terres,qu'’il eftime incogneuës 44 cata 
& à prefent ce font le Royaume de Ciamba, & de Mangi, vers Ponant eft de 54 
| (o ine & Indes de là le Gangé, & au Septentriô le Royäume de camba Brch 
Qu,où eft le fiege Royal du grand Cham de Tartarie. Quant à la defcou- Cham Cuba. 
erte fault noter que l'an de grace 1368. Cham Cublai ayant enuie fur les /;,voy paul 
païs & Prouinces qui eftoient fuiettes au Roy de Mans vint aucc vne Feritien bin 
randarmée; fe ruer fur ces peoples qui ne fe doutoient en rien du Tar- 2.5/ef appel 
are, & ne fe foucioient que de fe donner du bon téps,fouz leur Roy nom /e par Haitë 
éFanfuritellement que Baian Chinfan vn des principaux Lieutenans du e.19. Cobile. 
Roy Tartare les prift fi au defpourueu que pluftoft il fen vift le maiftre Lequel regn » 
que les pauures Indiés fe doutaffent detellefurprife. Le Roy de Mangi 42.ens ét 
utrecueilly ne penfant point à la guerre,ains feulement à vfer de miferi- fur Le 4. Em. 
mées,auts orde à l'endroit de chacun : & mefmement des enfans fans pere, qui e- per. des T'ars 
elles foitoient en nombre infiny en celle region à caufe de la couftume qui eftoit Baies Chiw- 
ft fi arroMelle, que les femmes qui eftoient fans moyen de nourrir leur portée en fan fignifie 
ges,etu Gient tout ainfi que font les bonnes commeres à Paris , les portans en cenr yeux. 
nt, eee public à la mercy de la fortune: Le Roy faifoit prendre ces enfans paul penit.. 
eigneur IR les nourriffoit à fes defpens.ou bien les donnoit à nourrir aux grands /4.2.cha.54 
e Fait dééigneurs du païs , & mefme a ceux qui n'auoient point d’enfans à fin Enfans ex- 
entreodu 1lz les adoptaffent : Les autres il les marioit, & leur donnoït dequoy po/ez en Ma 
lire auecMutenter leur famille: Mais la charité du Tartare n'eff fi grande veu qu'il gsnourrsz, 
eftre fi sel foucie d'aucun peuple que pour le piller & tondre iufqu’à la peau, par le Ro. 
ds parolk vire en fuccer le fang , tant il eft tyran, conuoiteux ,auare & exacteur. 
K iij da 


s proc 
» tous la 
ortent du 


fun& , de 
du pays 
de retire ci 
puiffancs 
re prop 
icelle qu 
les gent. 
capitain® 
qui eftne 
n fes pate 
Apereur \ 


is | LIVRE SECOND AE Sr 
Heretiques y peuple generalement de tout ce païs eft Idolatre,quoy qu ily ait quel 
Nforiés en Ques Chreltiens lefquelz font en petit nombre & infeétez de l’ancienne 
Mangi, © erreur de Neltorie:au refte les Mangiens & habitans de Ciambà & Quin 
per toute la fay font plus adonnez à la marchandife qu'àla guerre, à caufe du grand 
Tartarie. trafic de poiure qu'ilz font auec ceux de Pegu, & autres peuples des Indes 
; .… qui en viennent là charger pour porter en Canonor, Tarnalfari & Roy- 
Citez, Pri- sime de Calicuth.Or ont ilz deux citez fort grandes,bien bafties, & peu- 
crpsles du plées,au refte d'vneinfinité d'autres, l’vne fappelle Singui,qui fignifie ci- 
ROaume de LE de Jaterre, & l’autre Qrinfay, qui vault autant àdire,que cité celefte ef 
Mangi. loignées de quelques quatre,ou cinq iournées l'vne de l'autre. Le vous ay 
ditcecy, à caufe que cy deflus il a efté propofé que les Tartares n'ont ny 
Commefeule villes ny vilages,ains aerites: comme les anciens Scythes en la campai 
ne, & leurs logis ce font des tentes & loges ruftiques:mais faut entendre 
ue d'autant que le grand Empereur ne va guere en ce païfs oriental & 
létoeu il y tient des gouuerneurs & garnifons pour y faire iuftice & 
leuer Les tributs,le peuple y vit felon fa façon ancienne: tout ainfi que 
. font ceux de Camb:lu,grande cité & en laquelle le Roy fe tient ordinai. 
Zagathei  rement, tant à caufe de la chaffe,le pays eftant plein de fauuagine, que 
gffrme effre le pour eftre prefque au milieu de fon Royaume.Et ainfi on voit que lors 
DD: de Tam noftre auteur a dit que les Tartares n'auoient point de villes, il entend ei 
berlams  jeurterre deMongal,veu qu’en la hourde de Zagathai cft la grand ville 
de Sammarcan, fiegeancien du gräd Tamberlan, & Gambalefchie, qui el 
au Royaume du Cathai, & Quinfay au plus gr 1d recoing de l'Orient: 
: & ea fomme leur païs naturel eft fans villes, mais les prouinces conquifs 
font pleines de belles citez & de grand peuple & frequentées par les mi 
. chans eftrangers. w 

En ces villes donc de Mangi foit Quinfay,Sangui,ou Ciambä: car ce roy 
aume contient diuerfes prouinces,le peuple y eftant abondant en richel- 
fes, eft aufli adonné eftrang=ment à fes aifes,ainfi ne faut pas fefbahir, fi le 
Tartares les ont afluiettiz fi facilement : & fe plaifans en banquet: ilz ont 
deux belles & fortes maifons à Quinfay , bafties au millieu d'vn Lac 
ceux de us. * celle cité eft baftie tout ainfi que Venife dans vn grand Lac, & affem- 
à fret G %" blée d'eaux, efquelles ceux qui dreffent quelque grand feftin conduifen 
8 es ceux qu ilz veulent traitter, ainfi qu'à Paris on fait és Salles à faire felte 
papa 7 leurs viandes font chair de cheual,de chiens & chatz imitans en cela li 
"y. . fiçons de viure des Tartares : & eftant(côme i'ay di tgräde celte re 


des T'artares 
m'ont poins 
de villes e 


d4.2,h.64. gion, il y a plufieurs Roys lefquelz tous payent tribut à l'empereur Tim 


tare.Le peuple de tout ce païs là eft fort adonné à la cognoiffance da 
aftres tellement qu’il n’y a fi petit compaignon,qui ne feftudie à dreff 
les natiuitez des enfans qui luy naiffent,prenans efgard au iour & l'heu 


Obféques des de leur naiffance, & à Gauoir laquelle des Planettes eft pour lors enf 


morts 44 .. 
posde Ma 


g'. 


puiffance & gouuernement:voire ne font chofe qui ne foit regie par law 
lôté et prediétion de leurs aftrologiens. 

Qüelcun mourant en celle Prouince, les parens du deffuné fe veftan 
de facz de Chanure,portent le corps en chantant fort hautement, et pa 
gnans en du parchemin des images de feruiteurs, et feruantes,cheuaux, 


denier 
puille | 
pe d 'e 
pent & 
reçoiu 
accom} 
des cele 
Enco 
fur la pc 
n'y oub 
fiens ax 
celuy qu 
ceux qui 
ce moiel 
ceux qui 
ChanmT 
endroits 
chair hun 
mais 112 n° 
puérre ils 
que celuy 
ceux qu'il 


re. Eten 


Fartares, 
de la T'art 


Jur les pais 


mer Caff 


Dupass d 


- 


deniers, bruflent tout cela enfemble aucc le corps, cftimä ffice. obfiques de 
uiffe prouffiter au treipaffé en l'autre He pee eee érmph 1 
e d'efclaues luy feront feruice au païs des morts. Aprs cecy ils fon- pais de Man- 


it quel 


cienne 


& Quin Read 

| grand pent & iouent-de diuers inftrumsns de Mufique, difans que les Dieux £° 

s Jade, M reçoiuent leurs parens auec telle, &pareille harmonie que les viuans font 

y Roy- Fr Vi le ebrps de celuy, l'ame duquel ffen va iouyr desplailirs 
 &t peu- es C EME T4 

if ci Encore ontils cefte couftume, que tout homme chef de maifon efcrit 


stefte ef M fur la porte de fon logis les noms de foy , fa femme, e rui 

n'y oubliant encor le nombre de fes Chevaux » & Nid nds 
fiens meurt, ou change de domicile, il efface le nom de l'abfent, & y met 
celuy qui eft en fa place. Les hofteliers femblablemét efcriuét les nés de 
ceux qui viennét loger chez eux, le moys & le iour de leur venuë: & par $ ge mien: 
cemoien facilement ils fçauent le nombre deleurs citoyens, & de tous à [aus | 
ceux qui [ôt en leurs villes:& ef ce pais fi riche qu'il vault tous les ansau Une nus 
Cham Tartare quinze millions fix cent mille efcuz de reuenu. Etaucuns citgews. : * 
endroits de cefte region les hommes font cruels qu'ils fe raffafient de la vi 
chair humaine, & fur tout au royaume de Fugni qui eft a nd Gréd reuns 


vousay 
'ont ny 
À cam pa 
entendre 
ntal & { 
uftice & 
ainfi que 
-ordinai- 


ine, que De 
ue lors é Rr2i5 ilz n'ont garde de manger celuy qui fera mort de maladie. 4 
tend à auerre ils fe marquét le front d vn kr chaulr, & perfône FA eut pt LUS 
and ville celuy qui les conduit,& vfent d'efpées, & lances, humans le fang de pr 
aie qui cl ceux qu'ils tuent, & en banquetäs de la chair apres auoir gaigné la victoi- ? 
l'Orient: D: Eten tout ce pais de Mangi le langage eft du tout diuers à celuy des 
conquifs fartares, tout auffi bien que les habitans font differens aux façons de vie LÆsfrepop. | 


dela Tartarie. Et c'eft ce que pour le prefent nous eft offert à ef] pre- 
. LA . à | 

ur les pais qui font fuicts au Cham & Empereur d'oriét , Rouel Qt dé CH 

mer Cafpie iufqu'aux dernieres extremitez de l'orient.] gr 


par les mt 


car ce roy 
en richef: 
D ahir, fi le 
etz ilz on 
d'vn Lac 


Dupass de Turquie, loi, couffumes © façons de vinre destures.  Chap.ra. 


eat TV ANT qu'entrerà la pourfüite de noftre auteur für le 
EDR à Eee Pais ui à prefent ef fuiet au Turc, & qui de luy porte 

faire fete SV AAA ER 10m e Turquie,nous efplucherôs premieremét en peu 

L'eela il res a Die mots | origine de cefte nation & d'où ceft-qu'elle eft 
: cite ESS Vo fortie, afin que leleéteur voycles merueilles de Dieu , Les osciens 
ereur Ta re RS jui d'vn peuple incogneu , ou bien peu eftiméilenaye ,we Le 
sance di (la plus efpouuétable nati6 qui foit à prefentau môde,& par lemini- de pu 

à drole de laâlle il chaîtie les tré ;reffiôs de 16 peuple. C'eft chofe affeurée q à À gg 
& l'heurifs anciens ont eu cognoiffance de ces hômes icy, & les ont euz en opi- fe PE A 
lors en MR de robuftes et vaillans : Mele, et Plinen'en font que fimplement de A et 
ie par pention lors qu'ils parlét des pais voifins de la mer Cafpie, et mont Cau- £ dr 
fe : mais quoy qu'il en foi, fi eft il chofe affeurée que la petite Afie n’a jf 

fe veltan sefté leur fiege , et moins la Grecs, ou pais de Thracelelieu de leur 
ent, et pii ifance, et que long temps auant que les Chreftiens feiflent le voiage 
Letiux, laterre fainte pour la conquerir, vn Solyman chef des Turcs forty rs 


LIVRE SECOND PAR ANS 
n païs f'eftoit fait fcigneur de la Capadoce & pais voiHins de la petite 
dpt , &ainfi ph oise fuyuant ce que Haiton ler en 
defcrit, & que tous les modernes en tiennét que les Turcs one Ortis des 
Parthes, & de celle Prouince qui encore pour iourd'huy f'apelle Tur. 
Hate Ar uefti,des anciés,& par Ptholomée ditte Aricayät la Baéterie & Mir. 
menien Ce 15. gi vers Je Septétrion,au couchät la regiô des Parthes,& Carmaniede. 
du li.des Tar erte:A midy la Drangianeë au Leuät le pais Paropanilades » lefquels (ôt 
Fo fuiets au Turqueftan fouz l'obeiffance des Tartares. Et ainfi on voit qu'il 
font de la mefme nation que celuy Tamberlan qui les chaftia fi bié en h 
petite Afie lors qu'ils tafchoient d'ancantir l'Empire, depuis par eux rui- 
né,de Cornftatinople. 
… Ptholomée LL Orfurétils chaffez de leurterre par Homar fuccelfeur de Mahomet 
6. c.17 fable qui pillät prefque tout l'Orient enuahit l'Empire de Perfe,& pais voifins 
9-d'fe. tellement que paffans l'Eufrate,ils coururent l'Armenie, & Mefopotamie 
Déféription ou Royaume de Bagadeth, & receuansla loy Mahometifte(efts au pars 
de Turgueffé uantidolatres ) ils planterent fi bien les fondements de leur puiffance 
pas originas Alie,que iaçoit que Godefroy de Bullon, & autres Princes les defcon| 
‘redes Turcs. fent en laiournée qu'ils eurent contre Solyman fuz nommé pres l'ancien 
1 ne cité de Nicée, fi eft-ce que fe retirans pour lors aux montaignes d'A:. 
Homar fuc- menie, quelque tempsapres ils fortirent {nuz leurs chefs Othomang 
ceféur de Ma Caraman , auec tel effort & puiffance, que la petite Afie ne fut affez bey 
homethenus fuiet de leurs côqueftes,fi encoreils ne tafchoiët d'enuahir l'Europe. 4: 
hit l'Empire pres la deffaite du fufdit Solyman, qui aduint enuiron l’an de grace mi 
de Perfé  nonantefept, les Turcs furent 1ôg temps fans remuer mefhage,iufqu'ic 
qu’é lan 13006, Othomé chefde la race qui tiét à prefent l’Empire Tu 
quefque;fe rendift efpouuentable à toute l’Afie,;auec le nombre effroy: 
ble de ces Barbares, qui coururentle pais qu'à prefent on nommé Tur- 
quie: & eftoit de fi haut lieu qu’on ne fçauroit dire autre chofe de luy fi 
solyma Capi non qu'eftant le premier de fonnom , ilfe feift grand par fedition , &{ 
tainedes  reuoltät contre l'Empereur Grec duquel il mefprifoit la fai-neätife. l': 
Fures,deffair tefmoins de cecy Baptifte Egnace,& Theodore Gaze:neätmoins vn ee 
par les Chre tain Grec, & Athenien nommé Chalcondile fait ceft Othoman forty di 
Biensallans raceilluftre, homme accort, gentil & fuffifammentriche, et fi bienayn 
en Syrie. de ceux defa nation qu'il luy fut aifé de fe fortifier d'hommes auec le 
. Baptifle Eg- quels pillantle pais il affembla vne greffe armée, parle moien de laquel 
mare Ldef il baftift les premiers fondemens de la nuiffance Turquefque : et fuft{ 
rigine des fubtil en fesactions et menées, qu'il chafla fes compaignons(de fept qu'i 
Turcs. Theo. eftoient à faire les conqueftes de la petice Afie, )de leurs terres, faufC 
Ga%e,a Phil man,qui tenoit la Cilicie,qui encore à prefent fapelle de fon nom, Ci 
A manie:mais les enfans de Caraman furent ruinez par les fucceffeurs d'C 
Chalcodilel. thoman quine peurent fouffrir aucun obftacle en leur Empire. lens 
1.des Tures. “affaire à difputer icy für le mot de ny Turceten qu’elle façon les anci 
 l'ontreceu,ny comme il fault Iyre dans Strabon quand il parle des So 
thies voifins de Paropanifades, qui font les Turcs fans aucune difficult 
-me coûtentant de vous dire,le teñant des liures de ceft excellent homa 
‘entoute erudition Guillame Poftel , qui à vifité et le pais, et lesliu 
T 


urque 
jt -plai 
feftime 
ure pal 
son vilai 
v deteft. 
our fu y 
quie.] C 
jon Ture 
h mer de 
er maio! 
n (oy diu 
aiton À! 
ony,iadi 
jeoù efto 
ccelleur. 
onie paÿs 
jù eft la cit 
quelle fut 
er maiour 
omme le P 
celle nat 
dis Prufe, 
fqu'à ce q 
:mais no 
lus que Ha 
urquefque 
rie, & la pl 
ytout l'Eg 
eau Septe 
Tanciufq 
but le Propo 
ante, la M: 
étoute la C 
lorauie;pôd 
letenant tri 
cor le lon 
due del’ 
la puiffän 
C2,Armen 
ireftiens's 
*& ordon 


xSarräfinsp 
Pmeth fous ! 
'h verité or 
Joy qu'ilen; 


don anbe DEP R PASTE dés 
rurquefques, Arabes & Caldaiques,que lenom deT . ; 
æ Lifine à ceux mefme de la Métion qu'iln'y a fi petit pes rt Pofel an lin, 
feftime grandement deshonoré & iniuriéfion luy donne du nom de de l'hiffoire 
ure par le vifage, à caufe,commeil l'interprete que ce vocable fignifie, sg des 


a petite 
nien en 
>rtis des 


e Tur- ae " n 
on vilain, comme aucuns ont eftimé,ains maudit, delailfé ; ex ge 762 

8 Mu EP” ains maudit,delaiflé , excommunie ,,, ; 

anicde. BR deteftable : & voila quant à la vraye origine des Turcs, maintenant one 


urfuyuons noftre auteur; & voyons le-païs qu'à prefent on appelle T: 
pe É quie.) Celle prouincé que maintenant c si babrife de ce é dl 
bi sol jon Turquefque eft limitée vers l'Oriét de l'Arménie, ffeftédant iufqu'à quie que 
LAS amer de Cilicie,ou Caramanic:& au Septentrion elle a le Pont Euxin,& font. 
ermaiour; voire feftend plus outre que les paluz Meotides , contenant RON de 
n foy diuerfes regiôs,royaumes & feigneuries,ainfi qu'il eft recucilly de re red 
aiton Armeuien: À fçauoir la Lycaonie de laquelle la ville capitale eft la petite À- 


mez Tur= 


ahometh 


is voifins D ny, iadis fconie;le païs d it la ci | 

l jadis e,le païs de Capadoce,où eftoit la cité de Cefarée, Ifau-2; 

A jap eoû eftoit la ville de Seleuce baftie par Seleuque roy d'Afie & ve ds sr 
1 AU pare EE cccffeurs du grand Alexandre,Licie, qu'à prefent on nomme Briquie og 
iffance en quIss Prouincespar 


onie païs Grec iadis,& maintenät ditte Quifcum toute femée de Turcs, 


defconfl; «ft a citétant renommée d'Eph iela vi i la murati 
ee phefe: Paiphlagoniela ville capitale de AAFarIee 
re squelle ut Germanopoly,Lenech, qui eft l'E net de Trapezôde fi dl pack je 
an à ermaiour, [Et la Bithynie, depuisnommée Natolie &'ores Turquie, she 
affez ben omme le propre fiege des Roys Turcs quiles premiers ontcommindé hp ÿ 
ove. LE celle nation, & la ville capitale & fiege royal defquels eftoità Burfe, ANS 
urops. il disPrufe, chef aufli bien que de noftre temps de tout l'Empire d’Afie Prufé chef de 
peu (qu'à ce que Conftantinople à efté foumife à la tyrannie de ces Barba- THTAERES 
Ju spi Cs:mais nous pafferons plus outre que noftre auteur qui n'aofé f'eftendre Le priff de CR 
PE lus que Haiton ta de femefprendre, & dirons que la fei Re a 
re € pl urquefque emb:affe à prefent vers le leuant toute la Sy rie Paleltine, AC GhRt Ur 
re ri rie, &e la plus part de l'armenie,& encore de l'Arabie beaucoup : au mi- due del'Eme 
à " "4 1 LS l'Egypte & l'eftendue de la mer mediterranée,iufques en Barba- ab se 
Fe G mn Septentrion la mer maiour, & paluz Meotides, & le païs voifin de 72 
eâtife. l'A Tune iufqu'aux embouchures que rit le Borifthene däs la mer maiour: ? ant 
À me vn 4 ut le a bras fainét George,la Thrace, qu'ils nomment Ro- Terres que le 
re Orly nie, la Micedone à prefent Albanie, la plus grande part de l'Efclauo- Anttasseol 
1e jé de toutc la Grece d'Europe, & Dieu fçait quelle partie Turc poffede de ps Al 
saucCl Huie podolie,de la Boffine, Seruie, Valachie, Tranffyluanie, & Hon- PAR 


ñ F2 à ‘ # è 6 4 1 
etenant tributaires toutes lesifles de l'archipelague & celles qui font 5. MS 
du Turc. 


jcor le long de la Valone, & iufque au goulphe de Venife: & voila l'e- ü 
due de l'Empire des Othomans.] Let & peuples qui viuent ps we “a 
slapuiffince de ce grand Roy font donc non féulement Turcs, ains past À 
z,Armeniens ,Arabes,iadis Sarrafins, Iacobites , Neltoriens,_luits & Fée À 
dreftiens’: mais la plus grand partie de fes fuiets font viuans felon les pets 
x & ordonnances que le faux prophete Mahometh dorina’, 8 eftablift/* pure 
ISarräfins peuple Arabique, l'aride noftre faluté3r. Or quantà Ma- nd 
imerh fous lequel tant de peuples biuent efloignez.de laco foifflance 
la verité,on ne Gaitpourle certain Fileftoirarabe; où perfn : mais 
oy qu'ilen fit, fonpere fut idolatre & famercdelaraced'Efmaël bar 

FÉONNE ATEN LL Lie PATIO S Dai ing" HLIES ; 


e laquel 
+ et fuñ! 
fept quil 
, fauf C 
nom, C: 
eursd'O 
c. Ieni 
n les anct 
le des Sc 
difficult 
nt homf 
et Les Jiur 

T 


| LIVRE SECOND : 

… lard d'Abraham & par conféquent eftant quelque peë introduite en }s Fr 
loy des Hebrieux. Etainfi eftant broufïllécla religion du mary & de} Extremem: 
femme & chafeun d'euxtafchans de gaïgner le cœur de: leur enfant pou Mberfonnagt 
letirer à fafeête, le rendirent à bien parler fans loy ny at qui luy fur MBancoft la p 
affeurée:ains eftant deuenu grand, fin & cauteleux qu'il eftoit &c d’vn ef. es efcrits:l 
cautelle de pritremuant,& plain detrôperie, ayant conuerfe quelque téps âuec des Mes louange 


Chrefti vi joire de l'E 

b._ Chreftiens,gens debonne vie, & excellente doétrine, fe e pourpenfa de bi. Yoire 
orme ftir vne religion côpofée des deux loix Chreftiéne & Mofaïque pour EI Ja D 
accufe ls abreuuer malheureufement tout le genre humain. 1] difoit que les Juif BBorpu l'Eu 
Juifs, fè eftoyët mefchins & deteftables de nier que Iefus Chrift fut néde Ja vie Burité de fo: 


mieux at 


e Marie, veu que les Prop ,stes infpirez de Dieu & douëéz d’vne grandes mieux at 

fo de E Erfeétion de de & Rinteé l'auoyée redit & denécée la venue de celuy Mot la diuifi 
jens. Tefus Chrift long téps auparauant qu'il vinft au monde: Neätmoins accus onfufion di 
Martin sego foit-il les Chreftiens de folie & peu de iugement, de croire que Lefus le oftre Scigr 
nien eférit du tref-aymé de Dieu, & filz de la Vierge, euft voulu fouffrir de telles ind; ar la multit 
finét sepul- gnitez & moqueries, voire vne mort fi cruelle par la main des Tuifs. Mar: bons ou pu 
chre. .… tin Segonie deneufmont en vn fien liure qu'il à fait du fain& Sepulchr ienyoit l'e 
Turcz_ fé mec de le roy & fauueur Iefus Chrift,à laïflé ce qui f'éfuit pour memoire fté creé ainf 
quêt de ceux dufaint:Que les Sarrafins, Arabes & les Turez, fuyuans l'anciéne doûrRpnreceuoit le 
qui bonsrent 6, & prefches de leurs faux Apoftre Mahometh , fe moquent des Chre nent, lequel 
Le sombean  Ît6; pour honoreräuectelle reueréce ce lieu où Iefus Chrift repofà apres refervn pli 
de noftre ses- quel euft efté depofé de la croix:Et quoy qu'ils côfeffentà Iefus, hifi des chofc 
gerer … Cftlegrand & fouuerain Prophete amy & meflager principal du tout pull sit cffe 
peurquoy. … fant,forty de l'efprit de Dieu, fans peche ny tacñe quelconque de cellsRpeur lalcha la | 
Mabomers- quiloüillent la race des hommes & que ce fera luy qui à la fin du monde ftepelte & 
es difent ne- Viendra iuger les vifs & les morts, et faire iuftice de toutes les nations dela terre f'ef 
apourfuicte ç 


{re Seigneur 1a terre, fi eft-ce qu'ils ne peuuent receuoir que fon corps at efté enterré 
mge du men- et que ce fepulchre ‘‘: Ierufalé foit le repos de ce fait Meflie,à caufe qu 
Le il. tiennent que ce corps glorieux,et conceupar l’infpiratiô diuine,elto 
Erreurdes dutout impaflible, et immortel:voila ce que Segonie dit queles infidelle 
Mabometi- dient et reprochét ordinairement non moins deteftablemét que follemé 


kicellenô en 
peth en tenäit 
itqil n'y aP 
hreftiés,ou i 


Res difans 1e à ceux de noftre fainte et veritable perfuañô, Ce maudit et endiablé pro ofquée. Etd 
Jus impafi- phete ayät embabouïné ce peupleauec ceftetrôperie,etabreuué les fim peuple eft | 
ble anant fa ples d'vn boucon fi dâgereux, fit vneloy,laquelle pour rédre inuiolabl inable de ce 
refarreéln, et à fin que les gens = bé efprit ne reiettaffent auec raifons fa religion Ê 5 Fay - 
‘enc 


Peinede mors perflitieufe et infame,contenoit peine-de mort contre ceux, qui oferoyé 
aceux qui difputer contre fon Alcoran ny amener rien d'iceluy en doubte. Et pa 
difputens de celte ordonnance il fcit affez cognoiftre à ceux qui ont fain le iugemen 
EAlcoran.  auec quelle fincerité il auoir bafli cefte loy fi deteftable, puis qu'il vouloi 
Ainfi tenoit la celer,comme quelquefecret myftere, à fin que le peuple ne fut poi 
éadis caché abreuué des folies qui y fonteôtenues : et fayda Mahometh en baftiffi 
Numerm et drcffantfon Alcorande la diligence d'vn moyne heretique nômé$er 
Romain leli- gie Neftorian de perfuafion cthomme mefchant, ambicieux , et det 

ure des ctre- ftable,et laquelle pour rendre plus fauorable et aifées à eftre ambraflte 
munies de fes detous eftats et fectes d'hommes, il lamefla et compofa de toutes pie 
dieux. raportées,et entaflées en vn corps, et prifes de tout tant qu'il y avoit d 
diucrlitez d'épiniôs entre les hümes.En premier lieu il loué Lefus Chril 


Pub et ce ver: 
ncte Cather 
refent Barrab 
rrafins, : d'v 
sNabathées 
aufe de Sar 
edefcenduz 
lahometiftes 
qui legitime 
Ines faictes ar 
griculture et 


en Îs 
c'deh 
t pour 
luy fut 
l'vn ef. 
ec des 
à de bas 
pOur eq 
es Juif 
e la vier 
grande 


te celuyhp 


ns accus 
Lefus le 
les indi 
fs. Mar: 
-pulchre 
memoire 
> doûn: 
es Chre 
ofà apra 
5, Chril 
tout pui 
de celle 
u mondi 


ations dé 


enterré] 
aufe que 
foi 
nfidella 
follemit 
a blé pro 
é les fim 
uiolab 
igion 
oferoyé 
. Et 
igemen 
| vouloi 
fut poi 
baftiffa 
6méSer 
et det 
braffée 
es. piect 
auoit 


sChri 


DE L'ASIE. 70 . 
vtiemément pour apañter les Chreftiens,affermant qu'ila efté vn fainét 7 lrers 
erfonnage accomply en toute vertu & fain@eté , entant qu'il l'a pelle de Ale - 

ntoft la parolle de Dieu,ores l'efprit, & tantoft l'ame du tout puiffant en "€ rie 
es efcrits:le nomme filz de la vierge, laquelle il hauce iufques au ciel par < bide are 
x louanges, & confelfe qu'il accorde à tout ce qui eft contenu en l'hi- lsgion des 
Loire de l'Euangile, finon en ce que ñoz fainétz liures font côtraires à fon T#rez. 
Aicoran. Dit en outre à les Difciples & füuccefeurs des Apoftres ont cor- De pareil 
ompu l'Euangile, lequel il feroit befoing de corriger & reformer auec la b/4/ÿheme v- 
Lurité de fon liure Alcoranifte.Etainfi allichant les Chreftiens & pour fent Les Calus- 
mieux attirer il fe feit baptifer à fon moine Sergie:8& d'autant qu'il fça- nifies. 
Loit la diuifion qui pour lors tourmentoit l'Eglife de Dieu (pareille à la De quelleshe 
onfufion des fectes qui affaillét à prefent la fainéte maifon & bergerie de rgfes des 
oftre Scigneur,) à fin d’en gaigner de toutes parts & fortifier fon cofté Chreffiens «- 
barla multitude:I1 nyoit la trinité auec les Sabellians,receuoit deux per- pofatz ff 
pnnes ou puiffances en la diuinité auec les Manichéens,& fuyuät Euno- forgé l”Ælee- 
ienyoit l'egalité du Pere auec le fils:& difoit que le äin& Efprit auoit ran. 
té creéainfi que croyoient les Macedoniés heretiques: des Nicolaites il Powrqwoy 
nreceuoit la licence d’auoir plufieurs efpoufes:& acceptoit le vieux tefta l_4lcoran. ‘ 
nent, lequel encor il difoit eltre peruerty en plufieurs endroits. Et pour 4 fe rsnt che: 
reffervn plus chatouilleux attrapoire auec ces incertitudes d'opinion& ry. 
oy des chofes facrées, voyant que la vie deshommescit gaignée par les Sarrafins #. 
olleffes effeminées de la chair il permift à fes difciplestoute volupté, & rabes de l'# 
eur lafcha la bride à tout corruption de paillard qui a cfté caufe que ræbie prerrew 
ftepelte & infection Feft efpandueeilement que la plus grand partie fe.voy .Am- 
elaterre l'efgardt 8 deudyät de la verité,eft encore à prefent en office à #4n Marcel 


à pourfuivte des loix Alcoraniftes. Aufli voit on à l'Europe feule& enco Lin, 14. 
kicellenGentiere croit en Iefus Chrift & embraife l’euâgile,là où Maho Deféripti6 de 


eth entenât vne belle partie,poffede encor toute l’afie,et Afrique:d'au _4rabre 
it qil n'y a Prouince enicelles, quelque loy ges Roys y fuyuét foiét.ils Sarrgfine. 
hreftiés,ou idolatres,4 toufiours les Alcoraniftes ny ayét qüelque belle prholom. ls, 
ofquéc. Etd'autät 4 cefte loy eft premieremét fortie des Sarrafins,et à ç.cha 17.14 
peuple eft le premier qui embraffa et receut l’impieté et do&rine abo- ble 4 d”_Æfie 
jinable de ce faux prophete, faut fçauoir,à les Sarralins furëét Arabes de D'ou vient le 


tregié ditte Pierreufe , laglle d’vn cofté auoifine le païs de Iudée et de nom des Sar- 


autre eft en clofe du pais Egiptié vers la mer rouge ditte à prelét mer de r4fins. 
noter ce vers le midy,au Leuät Juy eft l'Arabie heureufe : et eft le môt Opinien des 


ncte Catherine en cefte terre $arrafine, nommée iadis Nabathée, et à Sarrafins Pe 


refent Barrab, ct fut iadis habitée par les Amalechites. On les appelle ffel rient que 
rafins, d'vn, Cazal, ou Bourgade dudit pais nommé Sarrach voifin les Mahome- 
ksNabathées , ou côme aucun penfent, et que eux mefmes fen vantent ri/fes sgnorêt 
aufe de Sarra femme d'Abraham, dela race de laquelle ils fe difent e- ce mo de far 
edefcenduz : et c'eft pourquoy ils auoyent fantafie et encore fontles r1fin:€7 que 
lhomcetiftes en cefte opinion, qu'ils font les feuls entre les hommes ss Je riennêt 
qui legitimement apartient la fucceflion et effait des promelfes di- pour enfans 
ines fasétes aux peres du vieux teftament. Ce peuple ffadonnoit à d”_Æzar ç> 
agriculture et lavourage et à la nourriture de leur beftail : mais la plus #0 de Surras 
Siÿ 


ps à did 


LIVRE SECOND mn: par 
s s grid partne fe foucioit que dés armes, & ce fut pourquoy les Empereur D moindre 
die eu Fan les appelloyent à leur foulde, & que Heracle allant contre les Per eur du pa 
‘gré Heracle fes les fouldoya:mais eux fe voyans mefprifér apres la victoire côquife« ESTout ce p 
par le confeil gaignée,et qu'on les fraudoit de leur promeffe à eux faiéte , enflamme, onneftabl 
de Mao  decourrouxet fureur,et à ce inftiguez par Mahometh leur Prophete el. dient B 
meth.sabelli general conduéteur,ilz fe reuolterent, et d'autant que leur che vouloi y , l'vn 8) 
que £nn. 8.1. remuer mefnage,et ne cherchoitque les occafions pour fagrandir trou l'Europe 
6. Blond. De- uant fi belle occafion faila ruer fur Damas en Syrieet là feftant fortifie 'Afie: d 
ead.x. lin. 9. et garnis de viures,et munitions prindrent la volte d Egypte, etayant a erdin,qui 
La conquejle fuietty ce pays,coururent en Perfe, qu’auff ilz meirét en leur obeïffance Rrsypte, & 
@- entrée dé et de là par fuccefsion de téps,et fous Haly vn des st du faux Pro. ons dreffe 
Heracleen | phete fe feivent feigneurs d’Antioche et puis de Hierufalem que n'ague. nt ceux d' 
Ierufale.fw res Heracle auoit ofté auec la vraye croix , d’entre les mains de Cofdroëlon appell 
l'an 624.ç- Roy desPerfes.  Ainfi croiffoit la puiffance etrenom de ces Barbares « dinaire de 
les Arabes eftoit fi effroyable leur effort , qu'il n'y auoit rien plus qui peut leur faire des fatau 
s'en foirent… refiftence. Mais voicy comme ces Arabes Sarrazins eftoyent fur le poin@Biuent aucu 
maiftres l'an de leur gloire,et que tout branfloit deuant eux,que les Turcs nation {or uurir & pi 
638. tie des Scythes,peuple Barbare et cruel,eftans chaflez de leurs terres prrie de leur 
Turcs chafféz leurs voifins,paffans les portes Cafpies iadis polées par Alexandre, qui (dre des fol 
de leur païs, ruerent en la petite Afie par le païs Colchique: puis laiffans cefte route plus excel 
sccupent La vindrent courir l’armeme,les perfeset Medes,mettäs tout fouz leur puif Mes & des P4 
Perfe Blond. fance.Les Sarrazins, qui fouffroyent fort enuis que fi foudain on les prieur march 
Decad.2.li.x uaft de leurs conqueftes allerent côtre les Turcs:mais fe voyans inefgau Rand il eft q 
Æceord des en force et l’ennemy plus gaillard , vindrent à telle compulition, quel esSpahis, 
Turesg Turc féroit receu au gouuernemét et monarchie auec eux, pourueu qu'ilont feruy « 
S'arrafins en- receuft la foy et fauce perfuaf6 du Mahometifme:ce qui fut accordé. OrBbenefice du 
fêmble sabel ne fçauriez vous dire laquelle des deux nations feit le plus de gain , veules gages du: 
Lig. Ennead. que l'arabe ceda et quitta lafouueraineté d'vnefi belle et puiffante mo-Bkelieu pour 
liu.2.Haiton narchie,et le Turc fe laiffa coiffer (pour regner )d’vne fi vilaine et infai@e@cille march 
cha xs. puaaifie que la fééte peruerfe,et maudite de l'alcorä.Et zinfi Le lien d’une. Et c’eft d 
No des Sar feule opinion, quiioignift ces deux grandes et puiffantes nations enfemurs des Pro 
rafins aboly. ble à efté caufe vn long temps qu’entreles ignorans on à pris les Turakgneur, & 1 
pour les Sarrazins et ceux cy pour les autres fans vfer d'aucune differencylois ordres, & 
d': chofes tant diuerfes : là où à prefent le feul nom de Turceftanten vi-lrechercher 
gueur, il n’eft plus aucune memoire du nom Sarrafin,et moins encor défftes à fon Er 
Jeur puiffance. rau faiét mi 


Car Timar De l'ordretenuen l'effar,gendarmerteco police desTures, cha, 15, e fouz la cha 
fignife antar jurte que les 
que rente on #2 fu,ou rond. 
fra. > ra AE s Turcs n'ont pas d'vne fimple forte de gendarmerie, ains di), & affaillir | 
T'umar li font (| FERA ucrfe , entant qu’il y a ceux qu'on appelle Timarli, fignifian@Brombre, & ‘ 
les garmifons * LM. gens qui viuent aux defpens du peuple, quileurfert de (oulnez à la iege 
du Ture, Gemma de, ctrente fonfiere et font o&tante mille en nombre , ayantcles fanifai 
des chafteaux et villages felon qu'il plaift aufeigneur, et qu'il leur Ride tuer les < 
departir à chafcun fuyuant fon merite: etlcfquels font toufiours preflee de ceux-cy 


: DEXL'ASIE “1: . 
moindre commandement qui leur eft fait par le Sangians ou gouuer- S'emgiés fêns 
er du pays où iz font departis. : EE MAL 


)pereurs, 
les per. 


Squife « Tout ce peuple Timarlien eft foub? deuxgeneraux, qui font comme gowmerneurs 
flammes M onneftables d'Afie & d'Europe, nommez Baffaz, ou comme autres di- Jrers an Be= 
phete «M. dient Bafchaz : toutesfois portent ilz le nom tous les deux de Begler- géerbeys. 

Houlos y, l'yn ayant le KRomenley , qui efttout le pays que le Turc poflede Dion des 
ir trou l'Europe, & l'autre eft de Beglerbey de Natolie,commandant fur ceux Prowices aux 


fortifier M 'Afe : depuis y ont efté aiouftez ceux de Caraman, d'Amandole & 84/Chax, on 


ayant af erdin,qui font la Cilicie,Armenie,& Mefopotamie & de Miffir,qui eft Beglerbeys. 
flancs Egypte, & le grand Caire:& y font les chofes fi bien difpofées, & les gar Cwrts sadis 
aux Pro ons dreflées auec tel ordre, qu'outre vn grand nombre de Courts, qui Carduches. 
e n’ague- nt ceux d'Herminlu,ou A rmenie habitans aux montaignes que Xeno- 72 X'empho 


Cofdrohonappelle Carduches : le Turcaffemble de fes garnifons & du train 4# voyage de 


rbares «M dinaire de fà maifon deux cens mille, dix-huiét cens hommes. Il y a en- Cire le seune: 
leur faire; des fataux,ou enfans perduz,qu'ilz nommët Aconizes,lefquelz ne re- Ces Curts fie 
le poin@Biuent aucune foulde,mais marchent toufiours deuant l'armée, pour de- rent deffastz, 
ation for buurir & piller tout le pay fage, & doiuent rendre au Roy la cinquiefime par le Sophs 


irtie de leur Butin, & font en nombre d’enuiron 40000. Le troifiefme 1549. 


erres pal 

ineul Rire des foldats font les Charips,& Saphizglä,& Soluphtäs, les premies Enfés perdus 
fte route plus excellents de la caualerie font les Charips,nombre efleu des Scy- © pilerds 
ieur puit Mes & des Perfes,qui font 800. en nombre & afliftent toufiours au fei- Garde de L4 
n Les prieur marchant en bataille: & n'y a d'autres qui approchent fa perfonne perfonne du 
 incfgauand il eft queftion d’entrer au combat , & luy féruent de fauuegarde. Twrca la 


esSpahis, ou Spachifoglan, & Soluphtäs, font ceux qui en leur enfan- guerre. 
ont feruy en fales vfages,le feigneur, & qui eftans grandeletz , font par Tous ceux-là 
benefice du Roy,mariez & enrichiz tant du douaire de leurs femmes, à fon de la ca 
rain , veullks gages du Seigneur, & de ceulx ilz faydent voulant enuoyer en quel- #/erie. 
ante mo-We lieu pour Ambaffade,affiftäs ordin airemét au Prince, queld partqu'il Garde de Spa 
t infai@ercille marcher,le ccignans à dextre & feneftre,afin qu'aucui ne l’appro- thie La plus 
lien d’vnellhe.Et c'eft de cefte troupe que font choifis ordinairement les gouuer- pres du Roy 
s enfem-Murs des Prouinces, & tous ceux qui ont quelque charge à la porte du Ture. 
les Turoigneur, & font treize cens en nombre. Lafantericeft diuifee aufli en rriple ordre 
äifferencaMois ordres, & les premiers font les Janiffaires,lefquelz font recueillis par de foldars ço 
änten vi-Msrechercheurs au nom du Turc en leur enfance, de toutes les terres fu- fanterre Tur. 
encor delle à fon Empire : & que on faiét par quelque tempsinftruire , & adex- que/que. 
rau fait militaire,ayans des maiftres elcrimeurs és efcoles pukliues, Zansffaires in 
putées aux ferrails pour ceft effait:& foudain apres cela ilz fc ol- fifa le 
L fouz la charge des Capitaines à ce commis, & portent vne robe plus g#erre. 
urte que les autres, le turban blanc, & haucé en pointe:leurs armes font _#billement, 
fu,ou rondache,l'efpée & l’arcic'eft à ceux-cy à garnir & fortifier le @>- armes de 
le, ains db, & affaillir les villes, & font fort hardiz & vailiäs, & quelques 20000. /amff. mai 
fignifan@rombre, & * :en fouuent d'auantage.Le fecond ordre font les Afàphs 4 preféntily, 
de foulnez à la iegere,ayans l’efpée,efcu, & pique,& pour eltre difcernez d'a- ons aufgi 
, ayantiEcles faniffaires ilz portent le bonnet & turbä rouge,la charge defquelz l'harquebufe 
Jeur fiMide tuer les cheuaux des ennemys durant la bataille: & eft choifi lenô- AXTephr ù 
peche de seux-cy,fclon que lanecellité le requiert, Toutesfois quand le f&i- prqmers. 

S iij 


n, quels 
rueu qu'il 
cordé.Or 


\s 


à D'E' L'ASTE.};!: - 72 
Lpuertés afin defçauoir:, &clenombre desimortz, & qui font ceux dent de Com 
Li fôr déffunéts au féruice du Prince, & queen leur place on en y mette maffaire des 
autres des ieunes.Tandisque le Roy eft en guerre; le peuple Turquef-g#érres. 
epar les villés eft en priere pour les foldatz qui font au camp,tanten 
rsbanquetsque affemblées és Mofquées, & prient encore pour ceux Pr#érepons - 
ifinent leur vieaux côbats, & fur tout pour ceux qui font morts pour les foldats 
defence du païs, & caufe ou querelle de leur commune religiô,les efti morts en guer 
jsbié-heureux pour n'auoir point mis fin 4 leurs iours parmy les pleurs re. 
emiffemens de leurs fémes & enfans, ains en la foule des ennmys , & | 
fon des tabi urs & vrlemét des ennemys, froiflis des hernoys, & efclats Poires ef 
lances & tonnerre de l'artillerie. Les Turcs defcriuént les victoires de critespar les 
rsmaieurs & anccftres , & eftans redigées par efcrit ilz les chantent T'wrez.. 
rtvolontiers & les louent comnicilluftres & dignes de memoire, eftät Chichedespe 
opinion que celte façon de faire fert de beaucoup pour animer les fol- /€ des Turcs 
mife monftrer vaillans & hardis en toutes entreprifes .Leurs maifons 4 b4fhir. 
diices font ordinairement de terre &boys fans grand artifice, fauf Cho/e dure 4 
lelque peu qui font de pierre, &:mcfmemeni les loges des Bafchiaz & croire, @° 
nds feigneurs les baings & les Mofquées. Et quoy qu'on die qu'il y a fff-ce Craffé 
friches hommes entre les Plebées & commun peuple des Turcz na- Romain. 
rels, qu'il y a tel qui peut fournir au payement & nourriture de toute Turcs vilains 
rarmée fi eft-ce qu'ils font fi auares,taquins & chiches, & fay ent tant e>- chiches 
defpences, & font la chatemite, que contrefaifans le pauure, ilz choi- /&r sous hom 
ent vne pauurceté volontaire en leur vie, & fe traittent plus que me- mes. 
iquement. Et c'eft pourquoyilzregettent les paintures, & ont en Les Tures ape 
lehorreurles Images, que voyansque les Chreftiens f°y plaifent , & peller les chre 
onten leurs Temples, ils les apellent Idolatres, et fouftiennent que fhiens Zdola- 
ur vrayils le font. | tres. 
Auffin'vfent ils d'aucun feau, foités lettres, et patentes Royales, ou Les Parentes 
es , etneles marquent d'aucune figure : ainsaiouftent foy aux pa- du rad Ture 
Ales de celuy qui leur efcrit {çachansfon nom, ou cognoiffans fa lettre fes aucis fear 
caracteres d'efcriture. ny figure. 
Ilsn'ontaucun vige decloches, et ne fouffrent en auoir aux Chre- 7'out 144 
ns qui demeurent parmy eux, et en leurs terres. N'eft permis,au Turc l'engét deffem 
jouer à l'argent, ny chole quelcôque,et fi quelcun eft trouuéenquel- duaux 
eforte deieu que ce foit, il en eft tencé, reproché, erenfouffre gran- Tuwrcz, 
ignominies. Nul tant foit il grand Seigneur, ou haucé en dignité, Turcs far. 
end fiege , banc, chaire, ny efcabelle pour ffy affeoir, ainsfacou- tous # terre. 
5 honeftement. % fe couurans de leurs robes Faffécnt à rerreainfi 1/stienner 
font les enfans,ou pour mieux dire, les coufturiers de pardega. . .: cyd:s Tarté 
table eft pour le plus fouuent de cuir de Bæuf, ou de Cerfran res 
oyé & encor velu,. fait & taillé en-rond ayant-deux pieds & demy Ar des 
hrgesauec des boucles & aneaux de fer, defquelsil fc férme auec vne Turs, 
\ pre tout ainfi que fait vne bourfe , et fefpand et eftaifément 
e 


\auff n'entre dansla maifon, ou Mofquée, où il faille faffeoir, fans 
Ve fs fouliers à caufe que ila efbicnt grand vilennie que aveu 


LIVRE: SECOND 
Tépiss@” - fafféceftant chauffé auffi leur chauflure eft tellemnnt faite, qu'ilz la F 
N'ates és Mof fent, 8 reprenent fans mal-aife ny difficulté quelcôque.En q quela üe ie 
quéespour qu'ils fafféent foit en leur maifon,ou aux Mofquéesils ÿ sd es tapis v 
J'afrrr. luz ; ou des Nates deionc: & en d’autres endroits pour eltre trop bass 
Scrupaleux  fales &'bourbeux;ilsles font pauer de boys. Tant hommes que Femme 
faperfistienx portent leur abillement affez long & large, & ouuert par le deuant,afn 
desTuress fe baiffans,en allant à leurs affaires ilz fe puiffent plus ailément couuriry 


ment Ein 
degrande 
ou quatre 
traint, & 
prefque a 
tit, & n'y: 
enéce de 


Tures f'acroh cacher:D'autant qu'ils font fort fcrupuleux en cecy, & fe donnent ga ifce : & 
piffnr en pif que vuidans le ventre, ils tournent le doz au midy;vers laquelle partie ciel à leu 
Jant. Ciel ils regardent en faifant leur oraifon,auec ce ilz feroyent fort mirrous les an 
pin défendu que homme quelcüque les cuit veuz à leurs priuez & fecretz affaires af bie,en rec 
anThrepar que perfonne ne voye leurs dre ce Encore fault noter que vouldsorer deu 
l'Aleoran bifferils facroupiffent,toutainfi que les femmes par deça, car fi quelle à Medi 
Li lec. d'A eftoit fi ofé que d'efpandre eau tout debout,ou l’eftimeroit,ou fol,oul@ui eftoit 
rath.obftrua retique. La loy leur deffend l'vfage du vin, à caufe qu'il cft la femencfiue à mo 
sions Jud4195 nourriture de peché:neantmoins boruët ils le mouft, & mägét Les rail les Mahon 
quät aux V5 S'abftiennent encor de la chair de pourceau,& fang de la mcfme befte chofes, à re 


andés. de tout animant fuffoqué, quant au refte des viädes toutes leur font pe 
Le prndredy mifes fi ce n’eft qu'aucuns Judaïfans refufent de mâger & lieures,& d 
«ff la fefle des nils,Le iour du vendredy leur eft folennel, & ceffent de tout œuurc; 


| egifla teur: 
renttoute 
hacun de 


Turcs. que nous en vfons le faint iour du Dimenche,ou les [uifs en l'obferuihe font guc 
Confifion de {y Sabbath, & iour feptiefme. En chacune cité y a vne Mof quée prindilen parade a 
Fo des Mahe bae,en laquelle le ionr de la fefte,tous faffemblent apres midy, & lahfbrincipaux 
metifles.  raifon folennelle eftät finie le preftre dit Iman, monte fur vn lieu vnpdbbferuatior 
Prieres des plus eminent,& la prefche le Cathechifme de Mahometh. Ils confel 'eftude d 
Tures. qu'il y a vn Dieu lequel n'a aucû qui luy fbitefgal ,oufemblable, & mémes, & fon 
Lanemens de tent en auant que Mahometh eft fon loyal,& hidelle prophete. Les MEBurels où ils 


efoignans « 
diner, marcl 
qui font dec 


fous Mahome hometiftes font tenuz cinq fois leiour de prier, tournans la face ver 
siffes, midy, & auant que ce faire,ne faillent de fe lauer parfaitement & entie 
Jeufñes orde menttoutle corps, parties honteufes, pieds et mains, bouche, nez, yei 


nez, en l AT oreilles, et cheueux, principalement fils viennent ou du priué,ou d'audit en fuftent 
corä. Cela ne sffiire à leurs femmes, fi ce n’eft qu'ils foyent malades , ou faifäns voyähc leur eftar 
Sibférueque- ge.Que fils ont faute d'eau, ce qui n'aduient guere,à caufe qu'il n'y ac@truitude & 
re quepar les Gù n'y aye des cifternes & lauatoires publiques, ils fe frotrent de pouldieachans les 

Mores C* 48 er terre non touillée : et auant Peftre ainfi lauez , celuy qui eft fouillé@hent enfcign 
ces Mahome quelque uillureque ce {oit , euite tant qu'il luy éft potlible de parle@uelles on li 
riffes.voy Pe- aucun, voire encor de parler à perfonne. Ils ieufnent tous les ans fort y font les 
Sel. lde la re ftroitemeut l'efpace de cinq fepmaines, fans qne de iour ilz mangent @oiquées, & 
ligron des boiuent , ny fe meflert auec les femmes, mais tout le long de la nuit dWBometane il 
PES le Soleil couché iufqu'au matin 112 banquetét,et fe donnent du bon téfionttre en c 
Deux jortes  quee les femmes teut à leur aife. A la fin du ieufne,et le foixantiefineioiyans la con 
de P :fques en d'apres ils celebrent la fefte de Pafques{ Mais fault noter qu'ils ont Pacs affemble: 
tre les Tures petites et grandes , celles cy fe font le 30. iour , et foudain apres le jeux villes log 


eurs hofpitai 
Lc,d'autant 
es le tenant 


© Mahime. Où ils vfent de ceremonies grandes,et longues prieres fe baifans l'vn la 

sans, ire, et {= pardonnans fils ont quelque different enfémble,et y lifent 

uers Afc ra ou chapitres de l'Alcoran,et mefme le g.principal qu'ils no 
qe 


t DE L'ASIE. 73 


lil Ja lil nent Etrcide c'eft à direla Cene,& dure cefte feftetrois fours;où ils fôt 
elquelin M degrandes aurmofhes.Les Pafques petites font celebrées foixdte dix iours 
os tapis we ou quatre vingts apres les premieres, mais le ieufne en celles cy n'y eft c6- 
op bas oMeraint, & feulement les plus deuotieux les ieufnent, mais la foleonité eft 


1e Femme 
uant,afin 
couurir} 


prefque auffi folennellement gardée qu'aux grädes fauf qu’on nelyft pas 
uit, & n'y fait tant d'aumofhes. ]Cesfeftes font par eux obferuées en fou- 
nice de l'aigneau que Abraham vcitau lieu de fon fils Ifaac;pour le fa- raïon de Le 


nent ghrifce : & de certaine nuit qu'ilz croyent l’Alcoran auoir efté enuoyé du /olennitéde 
le partieMciel à leur faux prophete.La couftume auffi des Mahometiftes eft d'aller leur Behiram 
fort mirrousles ans à la maifon(cëme ils l’eftiment Jde Dieu à la Mecque en Ara- v# Pafquer. 
affaires bic en recognoiffance de la foy de laquelle ilz font profeli6,& pour ho- Mahemeth 
que vouldnorer deuëmét Mahometh forty de ce païs là, & viliter fon tombeau qui n'#fenterré 
fi quelulieft à Medinne T'alnabi,& n6 point la Mecque.Et iaçoit que Mahometh 4 la Mecque, 
u fol,oul qui eftoit tyran & fanguinaire, ayt ordonné en fon Alcoran qu'on pour- airs 4 Medin 
à femence@fiiue à mort tous les aduerfaires de fa loy & faux prophetes, fi eft-ce que neT'a/nabr. 
t Les raies Mahometans ne contraignent guere perfonne, ficen'eft en certaines Zes miniffres 
me befte Mchofes,à renier fareligion , & ne reçoiuent en cela la perfuafion de leur de Caluin 
ur font pcgiflateur: Qui eft caufe que les Turcs(qui font grand Politiques) fouf- fônt tous rels 
ures, & difrenttoute feéte,& opinion entr'eux, & en leurs terres, & permettent à que les Imés 
œuureakchacun de feruir à Dieu à fa mode & fantafie. Leurs preftres & doûteurs &- preffres 
l'obferuahe font guere differans en habits au commun A o , ny leurs Mofquées de l'Uxlcora 
quée prindiien parade aux maifons des particuliers. El leur fuffit de fçauoir les poinéts m1/me. 


dy, & lalt 
lieu vnp 
ls confeile 
able, & ma 
te. LesM 
a face vers 
nr & entie 
, neZ,yeu 


rincipaux de l’Alcoran pour leur foy , & ce qui apartient à l'oraifon & Preftres Ma- 
pbleruation de la Loy:aufli ne font il trop adonnez à contemplation , ny homeruns im 


es, & font fans facremens quelconques, fans reliques, faints vaifleaux & /idese fort 
utels où ils offrent quelque cas à Dieu en figne de recognoiffance. Ains honoreT. 
efoignans de leurs femmes,enfans & famille, faddonnent à labourer.iar- Eféoles en 
diner, marchander,chafler & autres telles occupatiôs peu fortables à ceux Turque € 
qui font dediez au diuin feruice, auec lefquelles ilz pourfuiuent leur vie, debsenrètées 
é,ou d'a en fuftentent leurfamille,ainfi que en font les lays , & autres hommes, en Barbarie. 
àifans voyMhe leur eftant rien deffendu,ny non loifible : feulement font ilz francs de voy Leon 4 
vil n'yacitruitude & fubfides leuez pour le feigneur,honorez de chacun , comme /ricain,enfom 
k de poulditachans les ceremonies de la Loy,& qui,prefideans en la Mofquée , {ça- _4f17. 
ft fouillé@hent enfcigner les autres. 11z ont nombre de belles & grandes efcoles ef. Cejfe verms- 
e de parluelles on lit les loix publiées par leurs princes pour le manimét de l'eftat ne en general 
»s ans Fort y font les enfans introduits en plufieurs fciences , afin de feruir & aux s’apeller Der 
mangent olquées, & au gouuernement de la chofe publique. En cefte fete Ma- ns qui figns- 
e la nuit diometane il y a pluficurs &diuerfes fortes de moynes, (afin que Sathan fe fre fasnts. 
du bon téionftre en ce qu'il peut le Singe de l'Eglife de Dieu) Les vns defquelz 7/ en y a de 
tiefincioWyans la compagnie & focicté des hommes fe tiennent és boys & folitu- quatre fortes 
ils ont Paie aflemblez & viuans en fraternelle communauté, aucuns fe tiennent Derwif, 
res le ieulux villes logeans les paflans, ou à tout le moins receuans les pauures en . 
ns Pvo laturs hofbitaux pour dieu,quoy qu'ils n'ayét dequoy leur donner à repai 
v lifent dc d'autant qu’ilz viuent auf bien d'aumofne, & caymanderie : D'au- 
qu'ils notes fe tenant aux villes,ont touliours vne calebafle aflez bb pleine 

qe 


reftude des lettres.Ils n'ontaucun foucy des Mofquées,ny du falut des mwres de fab À 


Le » LIVRE : SECOND d'à , | 

Saicblar.Tar de bonneeau dé laquélle ilroffrent à boire à quiconque à oif,, & pour t2:9Y: 
agui, © Ca ceft office de charité,ilz prennent de bon cœur,ce qu'on et SGnc ago jrhent à 
lender:qui qu'ils facent femblät de nerien efperer de leur deuoir & benehce : & OM D rtir di 
font tous cap 4 gräde parade, & hypocrifie enleurs paroles ge eRinent & aie Lin 
mans. exterieures qu'on ne les eftime pas hômes fimplement, ains pluftoft An BB 4. 
Hipoerifie des ges enuoyez de Dieu.Et toutes ces diuerfitez de caphardssôtrecogneu, 5m 
Deruif.mef- À la differéce de l'habit & Turban, veu que les parens du prophete le por. BR Dupee 
chans nonob- tét de noir par deffous,mais le deffus eft verd,et pource apellé Leffil Ba Les fon 
fan fur tous et la barbe longuesct ainfi des autres, afin de difcerner la profefsion dl rché, 
les hommes. chacun d’entreeux.Les Mahometans et Tures font grans et curieux 6] 


: 5 : Jesont 
TureY bons feruateurs de punir rigoureufement les vices et forfaits : car quiconque 
j ee  blecevn le DM effufion de fang,il eft condäné à peines femblabie né 


Punition des celuy qui efttrouuéenadultere , etla femme auffi foudain et fans gr CR: le feu 
Ædulteres. quelcôque font lapidez & mis à mort.. Les paillards n'y font fans fapplieM. les M 
Snpplice des entant que celuy quieft conuaincu, fault que fouffre quatre vingts con, que | 
larronf, de fouct ou de bafton. Le larrô pris en forfait par deux fois, efteftrenédl jeu 
pareille punition que le paillar ymais y tournät la troifiefme on luy coï on voy 
pele poing, la quatriefime luy eft remife,en luy coupätle pied.Celuy qe. agn 
. fait dommage à fon prochain,apres l'eftimation du dommage, il faut qui É mo 
Quelste/mois fatisface à la partie offencée. Si quelcun fe penfe mal partagé & redemäd ecleur 
receux, en fa poffeflion, la loy Turque cômande qu'il prouuc fon dire par tefmoinhS, ; cu 
Targuie.  & que celuy qui nie tenir rien du demandeur f'en purge par ferment. ouf, 
ne reçoiuent ils à tefmoignage que perfonnes de marque, & autorifées, { jgneurs 
detelle & fi bonne reputation , que iuftement on fe puiffe arrefter à ll; 1: 01 
foy & ferment.Il y a aufli grand nombre d'inquifiteurs par Ie pays, PO garde 
Inquifiteurs feauoirceux qui font mal leur deuoir à dire les oraifons-ordonnées par eur r 
defyes Tur loy,& lefquelles ilz puniffent, leur faifans faire améde honorable, en le tporte 
que. mettant vne table ou aiz au col, auquel foyent attachées plufieurs queui@h} met 
de Renard, & le trainentainfi equipé par les rues iufqu’à ce qu'il fe rache pedten: 
te par quelque bonne fomme de deniers. Il n'eft permis à Turc quelcoke, Qui 1 
ue de paffer fon aage iufque en la vieilleffe, fans auoir efté marié , &c@jus que 
ân qu’il ne meure fans prouffiter au public, laiffant lignée pour le feruif in enu: 
du feigneur, & peut chacun efpoufer piee femmes lepitimes, & quel: bien 
Tome enfans que parenté qu'il y ayt,rien n'y eft refpeété que les meres, & les fœurs des ex 
Jônt frece[- feulement:mais de concubines chacun en aloifiblement; tout autant qu. tu: 
feurs des en peut nourrir: & neantmoins les enfans fortis tant des vnes que des: me des y 
Turcs. tres fuccedent en l'heritage de leurs peres efgalement,faufque deux f2e;,1 à au 
melles n'emportent que comme vn feul male en la fuccefsion. Et netic ans de 
nent deux fémmes en vne mefme maifon ny ville.à caufe qu’ilz en ontdll; pla 
plufieurs lieux,8& nommémét marchans & capitaines,à caufe des quertl Mais,au 
Aubelle de re- les &, crierie qu'elles feroyent viuans enfemble , ains les mettent feparé@ nt mer 
padeentre les Jes vnes des autres. Et ont les marys puiffance deles repudier iufqu'à troie craine 
Turcs. fois,& les reprendre:& celles qui font ainfi regettées , & cftansiointes est à p 
vn autre homme,peuuent fi bon leur femble demeurer auec luy , encte foy e 

Dumes que le premier les redemande. D e, 
Turquef:  : Les Dames Turquefques font fort honneftes,& modcftes enleursh@ Voilaen 


si 


fs. & 0 D ' PR EQN var w 
ot w she pete rh laquelle elles portent vn voile fi PA ques modeftes 
fice : & on Mit np) sd sde coft ë partie d'iceluy, fi elles veulent'er habits, La 
ces & ad sai elles'fen co üueren compaignie, où il y euft des hommes , tout e# les Chraffi 
luftot Ao 2" em c rl tout levifage faufles yeux : & portét fur leurs ênes fône JR. - 
aol gene + jar ee. delié, couurant tout le refte, de forte qu'il n'y perflues dfrée 
bete le por hom vf k u À. cerner laquelle eft fa femme eftant en quelque gemenr. 
é Leffil BAC ne dfembles : Po Len ne fe trouuent iamais en lieu où les hom- 
febion Le vendre ez : Re eft encore eftroitement deffendu-d'aller au Défedw aux 
curieux cb, ; nr place dur ù loi €n forte quelconque:& en la grand Mofquée dames £ res 
r quiconqu es fi ane pepe w oignée de celle des hommes, & clofe tellement ses anecles 
s femblables né se 4 né ak Voir, & moins y auoir entrée. Non que tou- mme. 
ee EU ET ALL ee Queles da- 
fans fupai L “ stress sh ,& à l'oraifon du midy,qui eft la folénelle en- mes enrrèt 4 
vingts coux ; el'homr pe N chofe fortrare,& tellement contre la couftu- le Mo/quee. 
eft eftrenéde au é ART F ve femme en public,que fi vous demouriez vn 
e on luy col. rt po ae peine le pourriez vous voir vne feule fois: Qué fi 
-d.Celuy qi on AA de sh en ia deuifantauec vne femme ou allans de 
Le, il faut qu | mA ge fra c Les ils le trouueroyent eftrâge, & reputeroyent côme Adetfdes fe 
ee redemiill sa Hits pr font mariez nefe jouét jamais tant peu foit mes # l'édroie 
par tefmoin}, ; caufe Ib MERS d hôme qui viue, & n'ont parolles enfem- de leurs ms- 
“éemient À 6, gs de soi retient toufiours vne mefme feuerité enuers fon r# en Tur- 
ir an fpoufe, & elle ne luy mâque de femblable refpect, & reucrence: Les grâs quie. 
nette à LA cpu dote eftre continuellementa uec leurs dames les laif- Garde-cou- 
pre { ke age ae eunuques & garde-couches, lefquels y font ches des Sei- 
Fe vob 1 sa fie ; 1 folennelle, qu'il eftimpoflible qu'autre homme gnewrs en 
cable eu le d ps” “nat esarraifonne, & qu'elles forfacent,ou fe corrompent, & fa Turquie. 
nel 1 a A cornes à leurs efpoux.Et pour ne faire fi 16g difcours tous 
quil rachis pe es _ general » font fi grand compte deleur Mahometh, & Quel eff le P4 
Eten pecte! , tant e oix par luy efcrites en l'Alcoran, qu'ilz faffeurent que radis de Ma- 
ML à ; qui > garderont,iouyront fans faillir de la vie eternelle. C'eftle Pa hemerh &- 
le fem 4h eur pains et effigie ceft impofteur;tout plein de delices, et vn plus detefla- 
M i M s deux et flotellans ruiffeaux,pofé fous vn Ciel ferain, ble que JA 
ae 4 wi den où ilz auront tout ce qu illeur viendra à fouhait: les champs Eb- 
rare meta és en diuerfes fortes, et iufques à fen faouler, où ilz feront Jiens des Gen 
es que desde à uz de dyc;acoftez de belles garfes qui les feruiront à tout clin et ls. 
que deux ML es Ts prefenterôt les metz en des platz et vaifelle d’or et d'ar 
UD por mme que eh de 
h ,€t du vin és tafles d’ : mais il fai 
1 care pe plaifant en telle couleur. dé a Lin bd à: 

k À ñ Mais,au contraire,ceux qui violeront la fainteté des loix Alcoraniques T#rces croyens 
A po nt TREAPEC? de l'enfer et mort eternelle: Toutesfois pour w\ l'enfer A 
ftans jointes % à Un ont ferme efperance,que celuy qui mourant, croit Fer- efermere. 
cluy en Ë coran, quelque grand pecheur que il ayt efté,.appuyé de Telle e>° fêm 

y» É oy en Dieu,eten Mahometh,il fera fauué fans doubtre quelcon. blable eft l'afe 
" ù eurance des 
s. enleurs M Voila en fommaire ce que les Turcz tiennent de leur loy et ris Cac, 
Ty ie 


% J à " L 7 
L LIVRE SECOND : .. 

A ÿ Pre J ù lesgrac 

re ut dr pds fs exercices à la chafle, & venerie, y ah 

les ceremonies de fa Circoncifion,ou fepulture.: à caufe ue plufieurs fe 0 r sos 
fontemployez en ce fuiet,comme auffi à deduire les fuccelsions,conque. feirdes Sy 


nicrement 
Îtes & inualions faites depuis deux cens ans en ça par la famille des Otho ïe Telus ct 


mans. pu & Fa 
A : . $ yiuenaro 
Des Chrefhiens ©” origine d'iceux, Or ceremnses. Chapitre 14. ; mere bier 
nsferé à Ro 
nuailler & : 
fpiration cel 
hreftienne, ir 
de la loy d: 
ndeftruire, 
filutaire doc 
iens ,Romait 
jrrigeant leu 
phie.Et d'au 
bre fans ordre 
ur les dreffe: 
autres für le: 
eu de Dieu a 
hantres, Porti 
lz,& Procon| 
jeu, qui ef je 
ble au mond 
nt Monarqu 
ji font comme 
Cardinaux r 
ité fouuera 
Ielaiffe le no 
Archipreftre 
udiacres, E xo 
hufecires, & 
Bon de clerg 
efques d'ord 
les vierges 
ins, cOfirmer, 
ceux qui f'efg 
left la puiffa 
Baux moindre 
z Sacreme 
ition des pe 
unoncer l'Eu 
ir rafure fi 


(ci 
charge d'i- Auclz apres farefurre@ion il donna la cha 


ge comme fes nonces & embaffadeurs, d'annoncer par tout le monde 
remiflion des pechez en fonnom, & prefcher l'Euangile à toute crea 
re,en{cigner À tous ce qu’ilz auoyentapris de luy , & les deftournantzd 
© -  l'abomination des [doles,que i!z les baptifaffent au fainét nom de l'incf 
#.Pierreefleu ble Trinité, 
ch fdel'E-1 C'eft ainfi 4 Sym Pierre, chef de la troupe, & celuy auäl il dôna le g 
sf uérnemêt de {on eglife:apres que, {el6 la promeffe de fon maiftre, ils eur 


l DE L'ASIE. . 7 
mlesgraces du S.Efprit, vifiblemét le iour dela Penthecoufte, côme yen ge 
fean euft pris fon cartier pour executer leur charge vint en Antioche en. Ærisc 
fédant le premier fiege de l'Eglife,où fouuent auec les autres apoftres l'an de grace 
feir des Synodes pour les affaires du corps des fidelles :8& ce fur 1à que 38. 
ierement on ordonna qu’en honneur & fouuenance du chefdel'E- Chreffiens 
fe, Lefus Chrift noftre Seigneur,ceux qui feroient vrays & legitimes le. premsieremër 
breurs & enfans d’icelle portaffent de là en auant le nom de Chreftiens, sppellez, ers 
fuftiendroient iufqu'à la mort l'integrité de la Foy receuë par cefte e- _Ænriache. 
ifemere bien fentant,& Apoltolique. Le premier fisge apres celà fut £4/Sbe av ls, 
« nsferé à Rome:ou le bon S.Pierre & fes fuccelfeurs furét vn long téps des rèps fait 
sert nuailler & à fe peiner par bonnes mœurs & fain@te vie, gréd fçauoir,et we s. Pierre 
y ler birition celefte,y ioints les miracles pour monftrer que cefte religion vins « Rome 
LE Mienne,incogneué encor,rude,et non cultiuée ,femée par quelques l'an 44.de 
TARR, je la loy de Moyfe, laquelle Iefus Chrift eftoit venu pour parfaire &c:mffre Seign. 


ndeftruire , feruoit & eftoit neceffaire pour policer en mieux auec Police del’ 
à L 4 filutaire doétrine de Iefüus Chrift, & illuminatiô du faf& efpritles Egy g/5/€ Chrefti- 
5 kr sens, Romains & Grecz chaffans leurs céremonies & faux feruices , & eme, 


ouftrait 
 & Ro 
a fait, 4 
ne rept 


rrigeant leur loix & façons de vie,auec la 1 de cefte diuine Philo- 
hie.Et d'autant que eeux quele fain@ efprit conduifoit , ne peuuent 
fre fans ordre, veu que les Gentilz & idolatres auoient leurs magiftratz, 
ur les dreffer, & iceux ayans les vns cfgard fur la police temporelle, & 
sautres fur les facrifices : & que le peuple Hcbrieu ,iadisle choify & 
ut-oufieu de Dieu auoit fesiuges puis fon Roy : & les Sacrificateurs, Leuites 
ille Len hintres, Portiers. Docteurs & Pharifiens: & l'Empire Romain des Con- Z* Pape ef 
rehentz& Procon fulz, pour le gouuernemét des Prouinces, Auffi 'Eglife de 2° le Mo- 
homndlfie qui eft le corpsle mieux ordonné de fouz le Ciel,en ce qu'elle a de 14774 de l'e- 
ble au monde,a le fouverain Euefque & Pape à Rome qui comme vn£//£de Die 
nt Monarque prefide fur tout le Monde, & les quatre Patriarches, Dinerfes di- 
j font comme les Confulz du fain@ & Apoltolique liege de Rome, &2#T:" 78 
Cardinaux reprefentans le refte des Conféillers & iuges du Senat de gufe. : 
ité fouueraine de l'vniuers. Clergece. 
lelaiffe lenombreinfinyd'Euefques & füubifituz, ou fuffragäs d'iceux /2©@> choix 
Archipreftres, Archidiacres, Doyens,Curez,fimplespreftres Diacres 
udiacres, Exorciftes, Leéteurs,Portiers, Efcriuains, ou Secrctaires & P#/ance des 
hufecires, & porte-lumiere, lefquelz comme peuple <hoify portéttous Euefques 
à Colin de clergé. Et pour toucher aux mœurs& eftat de chacun c'efbaux Chreftiens. 
more ques d'ordonner,& promouuoir le refte du Clergé, de facrer &de- 
brie da les vierges, de confacrer ceux deleur eftat & ordre, d'imfpofer les 
1 is, cofirmer, benir les lieux deputez pour le feruice diun, & de depo- 
ceux qui f'efgarent du legitimme deuoir de l’eftat ecclefiaftique. A eux 
Keft la puiffance de celebrer les Synodes:& faire lemefme qui eft per- 
Maux moindres preftres,à fauoir l:1 côféruation à l'autel, l'exercice des 
Az Sacrements,defquelz es vr2}: Catholiques en reçeuoiét fept:l'ab, offre duCler 
ition des pechez par penitence, & ie droit de l'excommunication, & géemtre les 
Mañoncer l'Euangile au Peuple, C'eft au clergé de viure chaftement chreffiense 
oir rafure fur la tefte; dene porter point barbe,ny longue cheuclure, 
T ii 


deux pr 
ouurir 
Hon , { 
ileux, 
Peftfi 
glorieu 
afin qu 

annol 
ar l'enui 


IS. 


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jt 2,  LIVNE SECOND … | 
à dbfefoigner feulémene dos chôfes appartenanresau férulce de Diou, fin 
‘liutwt * fentrémeller dés'affaires de ce monde,de fçauoir les fainétz efCritz à fi 


à 21: d'avoir dequéy inftruire ceux defquelz la charge leur eft commife, 1 
‘4 ! may affaire dé difcourit tft de fortes de gens deréligion côfecrez à Die 


EU” L F viuans fouz les vœux de chaftété,pauureté & obedience, & feparez au 
‘ Gens de Re  crand diuérfité d'habitz tes vns des autres & rout enfemble du peu 
a 2 Cséat el'inftrudtié defquelz eftant faincte la continuatiô loüable; nous voyi| 
pe in + de prébffit & bien qu'en fent l'Eglifé,ayans de fifolides piliers & loyag 
seule defenfeurs de fa liberté & faine doërinc:le neveux m'amufer à la defcri 
P% :;. prionde leurs rancz,loix,habitz;nains,cerémoniés;eftatz & dignitez tel 
| nans en ordre cefte excellente police, quieft comme l'efcole de laquelle 
font fortis tant d'excellens doéteurs & prelats qui ont tenü le gonuernd 
: nementde la inde Eglife Apoftolique & vniuerfelles Le laifferay auf 
1 : «À -tantdefortes d'ornements des Euefques, Abbez &'ordres tant -fü prem 
AE LL 'ique mediocresydes officiers & miniftres feruïsauS . Temple de noftre(@ 
5050 neutine m'arrefteray fur les'habits Pôtificaux dù fuue :in Primat, lb 
,. ,<:'feray fon manteau de pourpre;fa robe violetté, fon fceptre , & courong 
 #ditsdu fiéden pointe defquelz il vfe les feftes folennellés celebrant 1e diuin of 
gra enefque fice:aflifté de fix miniftres chantant, & parfaifant le grand, &.admiralit 
#uprémier … facrificede la Meffe.Il n'ya Chreftien qui ignore auec quelle deuoti6 @ 
fe chante feptfoislesiours les Heures qu'onappellecanoniales: & les bois 
auteurs, fignamment ceux qui ont redigé les fain@s Canons par ord 
| .… difcourét qui font les fainéts Euefques'& Docteurs, qui ont aioufté quel 
ca ‘4°! que cerémonie neceffaire pour rendre plus reueré le diuin, & efpouucrà 
rer “4 4 … ble myftere, où le corps de noftre Seigneureft confacré & diftribué 4 
£ghfe de : fidelles Catholiques en fon Eglife:& que de tout temps le peuple Cire 


0 mpre la 


Die han” (ie à cftérepeu & nourry de laparolle Euâgelique:que c'eft d’vne ant umonde 
> ie ägehque:que celtdvne ance, 
re te les! enne irititution que ceux qui venoient à la fainéte communion, fe pardo Le 


: ! naffentlesiniures les vns aukautres reciproquemét, & à pour les inciter. 
sf rfi L .<éfte mutuelle concorde;leminiftreleur faifoir.entendre que celuy qui 
PH ‘M5 ‘yenoit auec haine, ne iouïffoit du bencfice de reconciliatiô auec Dit 
meflez quelque conféffion de bouche qu'il euft fai& deuantle Preftre. C'eft à 
Pers Le lPEglife que le Chreftié a prins les 12.articles de la foy, & les ro.cOmande 
Le € mens que Dieu donna à Môyfe,aufquelz il eft obligés Ie laiffe 16 difcour Fab 

Jainite cm- Jes Re Sacremens;la caufe de leurinftitution,& le frui@ qui en vient" ns nel 
PR: Fe Chreftien, & comme les Euefques font facrez &:tout le clergé, non pot té Das 

À ner * eftre difpenfez à leurs fantafñes,mais qui dependent de l’au@orité du fan ia c.c 

- pendent tew iepe A poftolinue de Rome.C'eftle Catholique qui entre tous les pete l'Eglif 


qur rame 
ur le diu 
parolle c 
yétrepos 
ACeften. 


di Pape,com . : GR fi refurt 
7 ples, nations & opinions, ef, celuy qui garde plus fainéement le nœu@"". "7" 
me duc du mariage, lequel il reçoit pour fac:ement,& Pah ferme & inuiolablé triomph 


nuOY du 


dél'Eghfé. ‘comme coniondtié fade par droit diuin naturel, & de l'inftitut?3 & poli 
| Mariage fain cedes hommes pour le maintenement,& conferuation de. la fücieré hi ile recon 
ren or € maine,ie ne deduiray la forme des contra@z;eftant c:l4 du fubiet des Loi" Ad 
#5 C4 de chafcune prouince,ny dela maniere des parolles, & bencdiétion obgfimition 


Lnad feruée en l'Eglife,Les mariez fe prefentÿs enicelle,comme fes enfans & HF 28, RQ 
déles, legitimes, & obeïffans, &.comme. entre les Chreftiens, qui foi # Fr) jet 
s À de ; rs à 4 ; 


be 


hu 5 


Dieu, fe 
(critz à fl 
)mmife, {à 
rez à Die 
parez. aug 
te du pet | 
nous voyü 
rs & loyal 
‘à la defcrél 
ignitez tel 


de laquelle 


gouuerns 
i fferay aul 
at. fü premd 
de noftre(q 
Primat, li 
&e cOUronk 
tie diuin ok 
x admirabl 
: deuotiô 
s &e les ss 
s par ordre 
our P quel 


k efpouucr 


iftribué al 
euple CI ‘ 
d'vne anû 
on, fepardof 
les inciter 
celuy qui 
6 auec Dit 
e. C'eft 
o.comandi 
ele difcour 
jen vienti 
é:, non pot 
brité du fait 
ous Jes pet 
nt le nœul 
pyiplabt 
53 & pol 
Bel h 
iet des Loi 
iétion ob 


nfans & 1 


ns, qui foi 


a À VE NUL D HS € D: 
AL MR DELA ES 5 ge 

yementtelss le-diorce hell point réceu (non és caufes desidées. par Pire pour 
es fans Canons & moins y eff permis le concubinage, figrande re féremarier:, 
burité gardée en.la poliee faiiéte& éuangelique de la cité divine, conte- déféds es l'e- 
| seen toy l'affemblée de tous les fidélles, Etne fcruiroit de guere{ceme £49/°. 

nble)de propoler quelles font les feftes folennelles denoz Chreftiens |: : : 
anten fouuenance des fainéts myfteres de l'incarnation,natiuité, cifcon- 


16,mort,paürefurre@tié & afcéf6 de noftre feigneur JefusChrift, & De guy fais 


eamemoire du S.S acramét,mifliô & defcéte du S.efprit. fur les. A po- olennité l&- 
res 4 des memoires fouuét faiétes de la glorieufe vierge mere de Dieu, hf . : 
L des fain&s Apoñtres, martyrs; côfeflenrs, & vierges, defquels le long de 


ânée l'eglile.celebre les iours nataux,à fçauoir de telle renaiffance fpiri- : 

pelle à tel jour dils ontefté recruz en celle gloire eternelle promife à Diemveulre | 

p’ ceux qui perfeuererôt au feraice dé celuy gräd Dieu qui veut eftre fer Jfre enoréen 
feul,& honoré en fes fainéts & fidelles feruiteurs. Tout cecy cit allez fo fanéts. | 

toire à ceux àqui nous‘dreffons ce volume led] fic péfoy deuoir cftre à 

nanié par Les efträgers & eloignez de noftre foy,tät l'E fault que ie vou- 

sffe abreger la matiere,que pluftoft ie tafcheroy d'y faire vne plus gräde 


herche pour l'ornemét de celle fainéte religié hors laquelle ne Aule As lié 


Bu'homme dumande efpere falut, quelque vertu heroïque qui puiffe e- n°} «past de 


Rreny paroiftre en fes aétions: veu que l’eglife Apoftolique & Romaine Jar... 
feule legitime,& fa Pi cetainh les Réihane ARE l'efriture: ee ie 
otummét inftituez, fes ceremonies receuës dés le temps des faindts Apo- 
res, & Eglifé primitiue, l'ordre du Clergé venu par ucceflion fans que Les marques 
mais les perfecutions tant des idolatres que des heretiques en ayant peu vrayer de LE | 
ompre la fuyte, & continuation qui encore dure, & durera iufqu'à la fin g//e/ônt a 
u monde quelque part qu'il plaife à Dieu de träfporter fon troupeau. Page | Re 
‘et parmy. cefte fainéte troupe que le iour du Dimenche eft folennifé maine. ; ; 
lieu que les Juifs aüoientle feptiefme,tant pour ne point Iudaifer,que Le Dimenc 
our ramenteuoir la merucilleufé refurre@i6 de noître feigneur,auquel /olenifé > 
our Le diuin feruice eft côtinuué & faiét en l'affiftäce de tout le peuple & pourquey. ++ 
G parolle de Dieu annôcée, à fin que ceux qui ceffét du trauail du corps Came F fire 
Yétrepos en l'amé par lanourritureinternelle. … ; . . , diniu ef dé, 
A C'eften cefte Eglife qu'on ramentoit au peuple dés le iour de lafep-finquéenle | 
gefime iufqu'à Pafques ,le ieufne, fisen 3 mort & fepulture de no- call 4 
feigneur ; . le peche du premier homme, J'idolatrie desanciés, la que félon les : 
: itude. du peuple de Dieu en Egypte & autres calamitez. des fidelles tempsç- fasx 
ue l'Eglife & lyt & chanteauec fignifiance de tüifkelfe, & dés leiour am. : x 
kG refurre@ion iufqu'à huit iours apres la fefte du fain& efprit , eft P4fion de Je 


triomphe que Iefus Chrift à eu de la mort, fon afcenfion glorieufe, Jus Chrif. 
auoy du fainét.Elpri, . & lors fonc admoneftez Les Chrsfiens de $ ie 


Be reconciliæion que le fils eternel de Dieu à fait pour le genre hu- de noffre fe 
Ainà fon pere par Je merite de fa pañione etenfemble Alone EDEN id 


remifhion des pechez. Ët c'eft lors qu'on lyt la ioyeule nouuelle con- q 
à ueau, nouveau teflament + APrSS Pentecouflc iufqu'aux aduens, l'E- 
le nec eds publier, la.vie,, et conuerfition de Icfis Chrift au 
onde, les merucilles de es œuuresetsgiracles et la purité de fa doctri. 


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nat | + réel di 
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Ds Ru te LE di 


if. LIVRE SECOMD DE L'ASIE. 


ge fi re Mr TOO APR 
Left ne, à fin que l'eghifeeftant Coimnie polée parmy lesHors & vagues d'y 
 dufirde | merimpetieufetn fa reféutfant de la bonace promife aux biens vag, 
2  Dimmue fe dénne fieantmoins gardepartelsaduertiflemens pris do l'vacæ l'auv 
L mme. Joy;d'eltre fubmargéeparie vécfurieux de quelque peftiléce & orage 


Ado@rine: De l'adueñt ufques & la natiuicé du fils de Dieu, l'eglife nr 


| Lattre dene propofe l'eftat des fiens dés Moyfe iufques à Lefus Chrift lequel atrenig 
1, fre Jéigneur. par fa promelfe faidte, à tenûux Les fain&ts percs en ivyeufe #ttonte de là 


demption deshumains. Etc'eft pourquoy'düréc ce temps on Lit les Px 
Solennité de phieeés &'aqueles ecclefiaftiques celebrentieisufhe, à fin de plus fainn 
la naifféce de ment fe prefenter à la fefte premiere de noftreredempti ; qui eff leioi 


44 Zefus Chrifi. que le fils de Dieu nafquift de la glorieufe vierge Marie ,ainii qu'il ef à 


… ‘Obeifance du tenu en l'Euangile, & 16g temps au parauant auoit efté predit par les Pr 
\penple fidelle bhetes, L'obeïffance Chreftienne a de toute ancienneté cfté fi gräde 
ax Emffs. F peuple n’a ohc pris la hardieffe de dreffer téple nÿ oratoire fans le a 

: fentement du pafteur diocefain, lequel benift & fâcre les faints lieux, 
“nemens,liures,& autres chofes qui concernent le fcruice de Dieu.Iel 
“fe à part l’ordre y tenu aux prieres, la forme des baftimés les autels, cro 

“images, feruans de membvires de noftre feigneur, de fa glorieufe mere 
b } , : fam@s Apoîtres & martyrs,lelieu des baptefines, l'on@ti6, & huile fin 
|. S.Ciborre où 1e facré Ciboire où repofe pour l'vfage des malades, & afiftance ord 


L  rptles.Sénaire le corps precieux denoftre redépteur:ne veux encor efpluchery 


L, ormmmt, … Jemenu, les caufes pourqüoy le peuple eftefloigné, (ou le doiteftre)l 
7, 7 fain@pourpris du grand autel, voire luy eff interditte l'entrée du Chat 
. où le clergé pfalmodie veu que & cecy feroittrop long & que chaf 
L'entrée am - ‘en cftanit affez aduerty,n'y fault que par malice, veu la corruption gratl 
Chœurinter. deroutes chofes eftretelle qu'à prefent les femmes fe fourrent iufqu 
ditte six coing du fainét lieu que feulément elles ne deuroyent regarder qu' 
: Se ; 
= Ænfôlence des que le feul Preftre,ou pour Je plus les diacres deulfét porter & rapènt 
+ Égsp fon- qui à efté caufe quede ce peu de compte, ‘le faint à efté mis à mefpri 
| LM a prefent que la deuotion fn prefque du tout efcoulée en l'eglife.Le premier Q 


: äde 


frayeur & eftonnement , & que les lays Finfinnuent à manierles cho! 4: ÀG 


Te Peglsfe.… youlutqueles femmes euffent latefte voilée & couuerte en l'eglifeià ; 


|. TCmmtir. S'Panl, et que les hommes né nourriffent püint la cheuelure, et ques 
| à SPrerrrz. les deux fexés fuffent veRüz modeftement.I:e Chreftien enterre honi 


‘blement fün mort, quoy que felon la diuerfité des regions les façons 


…‘Foyent auf diuerfes,neStmois tous ceux qui reco Dh amer 


id | Priere peur qu et font du corps ét troupeau du grand pafteur Iefüs C 
Ver ‘fo 


cicté de la bergerie Catholique, reçoiuent la priere pour lestre{palii 


: de lig'temps comme falutäire,trouiuent bons les encenfèmens la croix, l'eau benif 
‘en l'Eglife. ‘autres faintes,et proffitables cerémonies, fondées tant fur là dfaine ef 


‘La forpremie ture, que für l'ordonnance des perés et couftume receuË entre 1es Chute le ant 


remer plätée ftiens d'és de du naïiffante etprimitiue :& voila qtaht aux Cheftiei 
en Afe  deéfquels auëôs parlé & difcouru enl’Afieà caufe & ce fat'en cerichet 
pre que fut planté premierement lé ôndemenc denoftre fain@te religion 
“Ecrullem, Antioche, Ephefe@ autres citez et pais de J'Afe.°> 

PB MO SUNG F5] pile oefe 1 eolarieun 2$l ohne 


Defcripti 


l 
JE anoifin ç 
ue dans de 


1 


pale, ne rec 


es d'y) 
ns Vide. 
2 l'autr 
orage 
life 

l'attend 
 delan 
t les Pro 

us fainté 
ef leioi 
u'iletà 
ir les Pro 
präde 0 

ans le ct 
lieux 
eu.leli 
tels, croi 
mere 
huile (ét 
ance or 
Jucherp 
iteftre} 
du Che 
re chaft 


DA 6re 
t'iufqu 
qui 


es cho 


LÈ Éd ” 4 1 Dust sé #" ) Î 
AE AU 


DELEVROPE TROISIEME. 
"PARTIE DV MONDE, ET DES  : 
| | NATIONS, PEVPLES ET PROVIN- 

ces plus memorables d'icelle. 


LIVRE. TROISIESME. 


Chapitre premier. 


MY ‘Asre cftant defpechée,il eft deformais tps Chofeftbn-" 
” Hz de venirà la defcriptiô de l’Europe qu'6 fait leufe d'Eure- 1 
En, latroifieme pärtié dela terre, ladlle(cômea: pe 2rp$" | 
LÜ  cuns difent)à pris ce nom de la fille d’Apeñor fs noie tèle :: 
HUTY nômée Europe liquelle rauie par Lupirer fut ghérasirius 
IF  côduiteen Candie.[ Mais cefte roifon eft froi pitèr, “4 
de, veu que le païs Pheniflié eft Afiaticque,& Hendl4 
 l'ifle Candiote de mefme, ioint qu'Herodo-: Diféripron | 
.tédit qu'il ES d'où cefte partie a pris fon d'Ebripe sh . 
De PAR =) n6, fi ce n'éft, it-1que nou difôs qu'elle eft 4,3, one fi. 
inf appelée d'Europe dame T yrienne , & qü'auparauant elfe anoit vn 1.ch.2. Mele, 
gtre nom tout ainfi que le refte désregions de laterre . Mais cefté Prin: /i: Pr Ez. 


role eftoit d'Afie, & eft certain que iamais elle ne paffa en celle terre que © 3:% 4% : | 


Grecs appellent Europe,ains voyagéa de Phiéniffe en Candie, & puis gné Pline dr 


Di: là paffa en Afrique. ] Or cefte terre versl'Occident'eft clofe par la mer que rébrés Les: « : 


tlantique vers [es Colonnes d'Hercule au Nord &-Seprentrion elle à #2: Septétris : 


à ét: , 


Mner angloife, & tout le trait de Norüege, & mer gtatialé: au leuant fon nales font co 


mite cft borné par le T'anai, Paluz Meotides & mer maiour, &au midy pri/és fonbz, 


imer méditerranée lafeparede l'afrique. Cefte térre eftdiuerfe & bien lno' de Brit ‘| 
it ipolée pour A Eom pla Ron ire & bonté dés efpritz humains & nigwe) Le 


æ * FA 1 
Bu. 


aitlardife dy ft lé moyens de faire largèffe à 16. Lonange 


4 


ur leur habitude,foree & 8 


“de Css terre ,& d'üiommes, & dethofes neceffaires d'Esr)é prA 


elle ft tout habite Pen vi Setft recoi ; où à caufé JF mar op 
pie n'y peut Habiter, 21€ PU coftéidé la’ T' ane? de srrab.s. 


Jp pe 


L froid. exce 


sion paie anoifinez duBory{lh one etai Meotidétioù Te péuple fait fr de rem 


n ‘: ure dans des char Î 


efcripti 


tz couuers de peaux de Béftes."T 'Ccs bonnes gens «ble er ænist 
ne ce AUEES BEA UE DOBR Ai CORÉprs 0 2" 2 


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RpAÎlé, ne réGOBno Toy Es enpEtAUE LES POrLIE GE TER NL D 26 4 


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à Le me/me ‘du Don,ou Tan 


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L del'air fert & en ces païs malaïfez à aborder,afpres,raboteux & difficiles à eftre habitez 


* æctrehennet douciffans celle brutale, & fauuage façon de vie de ces hommes rudes, 


| nalureau fo cieux & paifibles:1à où le peuple habitant és terres mal-plaifantes, & in- 


FETE Se Gr pré ae cé. 
MP NT ne EE 
Data RATE AS GES 6 


peut, hic 


de). 


# LIVRETROISIEME 
ai;& vers le Borifthene, à peine auoyét ils ouy parler de 

pole Artique ja Ruflie ; tant l'en fault que paffant plus autre vers le Cherfonefe Cym. 
païstres-froids des Lappôs & Biarmiës, qui 
ft le peuple innombrables lieux 


! äbonne, 
Iuÿ man 
ordrede: 
bons frui 
tant qu'il 
ficrifices 
fournifle 
fes & deli 
fortunée 4 
haraz,&ri 
ftes farouc 
refte à par 
Grece qui 


léde di- brique;ils euffent cogneu les 
 merfés natôs fefkendentiufqu'au Pole Artique, & e Dr: 
say Olee ‘le mefmes que les anciés ont eftiméinhabitables,ainfi(que Dieu aydät)now 
grand © deduirô$ ainfi 4 verrons les chofes le requerir,à fin de méftrer que l'Eu- 
Jean le grand rope n'a point vn feul efchätillon de terre qui ne foit peuplé à bô nd 
ex deféri- … Orcequieft habitable, & eft en païsfroid & montaigneux, eft au 
prions de Go- fort difficile à eftre cultiué-Aurefte n'y a lieu tant foit-il fafcheux, mal ha 
thie, Noruege bité 8 inquieté parle brigandage &inciuilité des habités &voifins qui 
C* Biarmits n'y deuienne ail en y changeant mefhage & y mettant de gens de. bien, 
Comme ©: V'eu que les Greczau commencement ffeftans faits feigneurs des lieux 
per qui l'Eu- montaigneux & pierreux , fy arrefterent dreffans leur police bien gente 
- rope acfféci- ment, & ce en prenans efgard à l'inuention.des artz,& chofes qui feruif: 
milifée, : fentà la politique & commun profit de cefte vie. Les Romains auffi ayant 
Latemperie affuietty plufieurs nations cruelles & farouches & lefquelles pour fe tenir 


Del 


Lsicortogfe eftoyent ausli de dangereux accez, & ne receuans la compaignie de per. 
des ‘hommes, fonne, les rendirentneantmoins acoftables, par le meflange d'autres hom 
Les. hers- mes courtoys & ciuilifez, qui leur aprindrent l’honefteté & courtoifie,æ 


F'humeur: du groffiers & Barbares.Or tout ce qui eft d'Europe en planure, & iouïft dt 
posée leur ne naturelle & temperie d’air fe court grandement äla douceur & gra 
Murritures. cicufeté des habitans & caufe qu'ils font ciuils 8 acoftables:veu que ceut 
S'agefe de. ls qui fe tiennent és regions fertiles & heureufes , font ordinairement gra 


Dtenant à pre 
les la parti 

feftendans! 
iufqu’à lame 
vers l’occide 
ne parle V. 
dit Maliaqu | 
par laquelle 
ervnearmé 
icile que les 
ource apbel 


prartiment, de fertiles font gens guerriers, fentans le mafle, d'vn naturel feuere  & pes 
later. courtoys.Neantmoins que cefte diuerfité face leurs humeurs contraire;k 
et eft-ce que ces natious font proffitables , &fe font plaifir, reciproque les 
Les Grecs ©” vnes aux autres : entant que celles qui font nées à la guerre fouftiennent 
des Romains. & defendent par leur effort les autres quiles en requierent: les autres dé 
des gussadis partans leurs viures, 8 communiquans leur fçauoir,do&trine, & ciuilité ea 
ont ten @- la façon des mœurs, & bien-feance du viure. Là où les dangers & don 
Grisserné | mages qui accôpaignent ceux qui refufent plaifir à leurs voifins font cref 
ÆZurope...…. euidens : entant que l'effort de ceux qui manient les armes emporteroit 
L'Europe. facilement le dellus , filamultitudedesautres ne l’accabloit &'chaftioi 


PER les furgeôs & 
sante de fon audace:en quoy la nature mefineà befoigné, y mettant vnordre boal pileceft à 
femwirG: & falutaire partiffant la ter: en montaignes & planure : tellement que dion le bord! 


defendre. : sous coftez il y enayt & deguerriers & de politiques ciuils & paifibles 
Europe aben- mais J'vn en plus gräd nombre à fçauoir de ceux qui aymént &'éherifent 
een mesaux la paix; àfin qu'ils foyent les plus forts pour la multitudesen quoy ilson 
3.441200 effé fecourus par la proutdence & fage côduite des Moharques Grecz ! 
Defout zu Macedoniens premieremet, & depuis,parles Romains qui'Teur ont fu 
repeenedeurs cédé à l'Empire, & par ce moyen l'Europe cit tref-fuffifänté de foy, & fk 
© prerrerte. aller querir ailleur fecours, pour {e preualoir en fes affaires, êcien temps di 
paix, &c durantles troubles des guerres. V'eu que de bohspüerriers ellect 


Eubée; qui 
ic ue, & dela 
amer fous:la: 
reparde le 
lie, le fain di 
ke des artz]; 
l:plusiexé 


buid "À diéfieth 
este + (HE à 


| | _ + DÉTEVRORE ge out | 
or de D à bonne, & grinde multitude: &'pour cultiäer les terres les hommes ne :Dé've$ fait 
me D juy manquent point-nÿ pour'hakiter les villes, & dreffer la police & bon menrin. Pl. 
s, qui MR ordre des citez & royaumes. Au refteelle eft excellëte en l'aport detrefz nels.4ep: 
licux M bons fruits, & iceux neceffaires à 1! vie de l'homme, & des metaux ;au- Déféripriè , 
)nous M anrqu'ilen fuffit pour leur vfage quant aux odeurs pour les autelz&"de Grece. vÿ ! 
 P'Eu- M ficrifices & pierrerie precieufe , &-de grand pris il fauit qu'elle fén srraben 8.9. 
nee) fourniffe en paï's eitrange. Toutefois ceux qui ont faulre.de ces mignoti- Mele 2: Mer | 
R au fes & delicateffe n’€ font pour cela plusmalheureux; nyleur vis: plus in- Ægée 4 preféts 
roal ha DS fortunée & mal-aifée, L'Europe encoreft fort abondante en beftial, gro’ Ærchpeles 


ns qui MS harz, & riches troupeaux,ayant, & nourriffant fort peu, où point de be- ge. "1" | 
>. bien. M ftes farouches &cuuilibles,&cvoilaien gencral quel eft l'eftat ARS Quelle of Le: | 


s lieux M sefte à particularifer fes parties, defquelles vers le leuant la premiere eft la: mer remique, 


| Lt Grece qui fe prefente,par laquelle aufiiknous fault -ommencer, Dove Eee | 
| feruif D: RAD EE TER Je DIR HO M —deés.hur, Gi 
fi ayant De le Grece er loix données anx LÆtheniens par Solin le premier; Octhe mt: 
fe tenir plu excellent legiflateur d'entre les GresY. Chap. 2. 11: für dequebles 
habitez QUE RTE poètes fasgnit 
depr ar kcvus, Rece qui cf l'une des belles regions de l'Europe fut que Æercle: 
eshom D z KA © # iadis ainfi ditte d’vn qui auoit à rô Grec,lequel y pof” fébrafles 1 
oifie,+ D: D feda le temps palTé degrädes terres & feigneuries: Les ‘Ceferm/fe. 
s rudts EUR DA limites de laquelle font dés l’eftrefliffure &deftroit de pelle a prfnr 
ouiftd\ 7 GES Ê terre qu'on dit Ifthine pres le deftroit de Corinthe &. rwlpheder: 
Uur D 


r & gra © 
que cout 2" Archipelague,& vers le couchant la mér Ionique:cô-:7 
nent gré Witenant à prefent la Valonne iufqu'au Goulphe deVenife :les Thermopi- fgnsfe.  : 
s3 & in les la partiffent par le milieu toutainfi que l'Apennin'en fai de l'Italie Srrabon line. 
e & pufetendans les montaignes des Leucade & la mer qui regarde le Ponant, 9: Hereds.7.: 
ntraire,ffiufqu’à la mer qui tend vers l'orient,les dernieres montaignes qui font £Ewbeæeiflæ 
oque les vers l'occident fapellent OEthe,la plus haultedefquelles eft Callidro- pre/ens Nes 
iennent Mme par le Vallon de laquelle on + spé le chemin vers le fein &-goulphe grpenr.:. : 
utres dé ir Maliaque n'ayät guere plus de 6o. pas delarge:& cft ceftevoyefeule Epiredfé 
juilité tar laquelle(pourueu qu'on n'y donne ancun empefchemét)on pent paf prefent 4: 
& domMervnearméc:veu que le refte de lamôtaigne eft fi afpre,raboteux & dif banie: 1 1, 
font trefcile que tes plus defchargez le trouueroyent fafcheux & inaccefible:&c: 70 Pthelme. 
porter bource appclleon ce pañfage Pylequifignifie poftes, & d'autant qu'il y a /3. chi 354 \ 
Fchaftioilles furgeôs & fources d'eaux chaudes & fulphurées,il fapelle aufsi Ther Tab. d'£nres 
rdre boopile, ceft à dire porte chaude. Les regiôs & Prouinces Grecques.q fôt pe 10... 
tque 


feftendant du feptentrion au midy à lamer Egée, ou Negrapint. 1 


lon lebord-de la mer fünt-Acarnanie,Etolie,Locride;Phocide,Beotie; ‘0x ofstlal 

bai fibles@ Eubée; qui eft prefque(eftitifle)côiointe auecterre ferme. Le païs'At cire d'dthes 
heritfenique, & de la Morée,iadis Pelopônefe feftéd plus à les autres lelôg de nesyurapre, 
sy ils onhimer fous ladiuerfité des môtaignes q les ceignét:&du cofté 4 la Gre: fênr. jf prefr 
recz Mtrcparde le Nord,ou $eptétrion eftl'Epire;Perrebie;Magnefie, Thef- querier, G° 
ont fucilie,le fain dit Malliaque. Athenes cité jadis tant fimeufemere,& nour- f'apèlle:s: 
oy,& like des artzliberaüx; 8 des hommes fçouans &illuftres en philofophie, rhuxe, 1 | 
temps dl: plusiexcellenté; belle, riche, &:puiffante della Grece-efloit po- ME 1 +4 è 
seller larogion ‘Attiqueentre l'Achaïe, on Mosée &ila: Macedonc, mier ba 

V ij 


À Athenes on Apec dé 
À able laure 8e uvle naïs Attidiohomméainif d'vnfeigrieur appellé AGhis s lequel. 
L. déstempr. : fucceda à Cecrops auroyaume d'Athenes, qui en nette 
D Div rthe-ceur, qui fut caufe qu'on appelle la cité Cecropieset puis Mopfopie dus 
nes: pris fin de Mopfe,etd'Ton fils de Xur,ou pluftoft{fuyut l'opinion de Joisphe] 
mem. ©: “par Janan fils de Taphet, elle euftanom Tonie;etenfinelle prift 1e nom 
lfépbdiss. .d' Athenes de la Decffe Minerue a caufe queles Grecz a pellent Pallg 
Éd AÆ=: Ati en leur langage. Dracon füt lepremieriadis, quie Criuif Joix en, 
| Séene Paurtre les Atheniens;mais à caufe qu'elles eftoyent trop rigoureufes, Solon E.cyaucur 
| fanie 4 LA#: Salaminien les corrigeant,en abolift, 8 annulla vne grâ epartie,veu que de Solo 
tiques bu.5s..il n'y auoit prefque conftitution de Dracon qui n éportaft peine de mor, Bu auoy ent 
pti tellement que ceux qu'on trouuoit oififs & faineans efloyent fâlaricz pa MB couche, d 


les Parr 
4 nie, fi 

Achentenn 
ncor celuy 
meuroit ! 
ui faifoyet 
jtoyen de 


| reufis de Dra perte de leur vie.Celuy qui prenoit des fruits,ou des herbes au cb ou hes du mar 
* con.Plutarg- pofeffion d'autruy n'efkoit pas plus doucement puny qu'vn qui eult oc: uifont del 
emlauie de :: cis fon pere:Solon, ayant efgard au reuenu d'vn chafcun citoyen, & felon: fommec 


uelques ab 


Sen: l'eftimation destbiens , il diftribuä les quartiers & dixaines de la cité d'A: 
ù alliance, & 


Gelierhodig. thenes:& eftoyent ceux là les premiers en ranc qui auoyent cinq cens mi} 


lio.ch.6. nes de grain de reuenu.Les fecôds eftoyent ceux qui iouyffoyét de tro MBurgent,ny 
Cémime :Solë cens mines de rente & pouuoyent nourrir des cheuaux. Au troificfmeri Bec ioigni 
departist La eftoit oftée la charge de nourrir cheuaux: maïs il falloit que poffedaffenr daft, &c af 
ctéd'Athe. autit de reuenu que les fecüds, & de ces trois ordres on choififloit les me Bcunproufi 
nes : ‘. gittrats,lerefte du peuple eftant mis en côpte comme cftrâgers & merceRBtemple, o 
Dé quel rame: naires: & ces fufdits auoyent puiffance de parler au peuple & de iuger da Brichmes d'a 


argent ou 
ainfi foit 
demouraft 
us d'efgard: 
)n du fangite 

fon fens, o 
poyenillicite 
bmme decec 
int que le f 
fuft tenu p: 
rpris de que 
egitimes,n'e 
limoit eftre 
inter Ja paill 
epoint la fe: 
Wbricité & F 
du falaire dé 
urle public. 
dittrouué.c! 
ldemaifon, 
Hofta la lics 
n'eft qu'ils 
toit le prisa 
Mais qui vais 


goss cifis differens;tous autres forclos des{uffrages & puiffance de venir aux Mag 

seras ftrats, & cefte ciuile, & gentille police eftätimitée par Tulle Seruie Roy 
d'EAthenes.: Romain auoit efté aufli'prife ainfi qu’aucuns eftiment de l’inuention des 
Sersie..T'ulie Athenicns,[Lefquels furent long téps fous le gouuernemét des roys, ché 
emprante la geäs deux fois de famille par l’éfpace enuiron de 6oo.ans, & puis vindrét 
police d\4Æ- Bus des magiftrats, ou Princes ayäs prefque efgale puiffance que roys 
thènes.. la dignité defquels duroit iufqu’à la mort, & fe maintindréten cefte{ore 
poy Eufêbe l5 par l’efpace de 369.ans,où prenant fin la principautéils efleurét cinq gou 
mrédes tps. uerneurstous les-ans des plus nobles & riches dela ville pour maniere 
Changement affaires, & adminiftrer l’eltat de la police; & iugemens, & pour cômander 
depolice # ‘fus les‘armées, fi par cas il y efcheoitguerre:durant laquelle faifon , eftans 
Æthenes So- abolies les loix de Dracon;Solon eftablit les fiénes,au melinetéps que le 
lbonen quel royaume Corinthien fut deftrüit, & que les Ifraëlites furent menez cfcx 
temps viwoit ues en Babilône.]Ce fut ce Sol6 le premier qui ordôna le confeil & parls 
| æffauoir en mêt des Arcopagites,choify de confeillers & iugesannuels : il y en a qui 
léæobmp. difent que l'inuétion en eft deuë à Dracon premier legiflateur. Aucüs di 
Del'2Ærespa {ent à Sol6, pour ofter tout moié detumulte ou difcordeentreles citoyé 
ge ve. Pau à fin que la folle multitude du peuple ne troublaft (ainfi «a couftume 
Jante: l.1... "auec lincôftäce de fes fuffrages l'équité des iugemés,choifift 400. hôma 
Hellansque : cent de chafcun des eftats,aufauels eftoit permis d'aprouuer, ou'annulles 
| hilireï. ce quiferoitordôné par les Areupagites. Parce moy# côme fi fa ncfeufl 
CelieRhodig. eftétenue;& appuyée de deux ancres,côtre tous flots &-orages qu'euft 
bita.ph. 19. peu naïftte en la cité;il péfoitauoir eftably vn eftat durable; & fortune lé 
Sésierain ch gue pour le bien de fa republique. Par vne de fes loix il auoit eftably qui 


|. LoDELEYROPE, jt CE 
les Parricides.ny ceux qui auoyent connoité ou tafché d'efurperlary-fil-ldha. 


lequel. 
et Fôda Minnie, fuffent iamais receuz aux honneurs & dignitez dela republique -#thènes. 
ie duné: M chenienne, Etnonfeulement priua-il ceux là. J honneur en la cité, ains Ze» contre les 
oiephe) cor celuy. qui voyant quelque trouble & fedition entreles Citoyens, rebelles ç> 
: lenom emeuroit neantmoins les bras croifez,, & fans füyure pas vne des parties /édiriens. : 
nt Pallas M faifoyent lefmotion,ayant opinion que ce n'eftoit le deuoir d'vnbon - -. : : .: 


Joix en: Etoyen de feulement auoir efgard à (on proufit particulier , fans prendre Zer centre les 
» Solon Mbucyaucun des affaires, falut & bien de route vne communauté, Celle neurrs été 
veu que My de Solon fut aufli admirable;par laquelle eftoit. permis aux femmes, porifêurs. à | 
de mor, Muiauoyent des marys peu füuffifans à fournir aux charges & deuoirs de S'eusigé y 
ariez pa couche, d'en choifirtel que bon leur fembleroit des parents, plus pro- de Sale pour 
chäp, ou Mhes du mary, pour feruir de procureurs & fl ubftituts aux aydes, & effects les fensmer 
eult oce ui font de l'effence du mariage. Ne voulut en outre, que la femme por: Zey/f#r labre 

» &felon Bitiomme d'argent à fon marÿ pour fon mariage, ny autre chofe que gafion des de. 
cité d'A-MBuclques abilleméts & meubles,pris en:la maifon de fon pere : difanr que maires, : 


cens mi iliance, & conionétion matrimoniale ; ne deuoit.point eftre faite à pris Ceux mas. 
: detroë argent,ny pour l'efperance de richeffes,ains feulement afin que l’hom dits gi [âne 
icfmerieMbeie ioigniftamiablement à fa femme pour en avoir lignée qui luy fuc- enfens dec. 
Fedaffen dit, & afin que luy mortne fut maudit & abominé , pour n'auoir fait dent, pris de 
oit Les ma Mcunprouffit à la republique. Quiconque difoitiniure à vn autre .dedäs Ls Leyde 
Re merceMBremple, ou au lieu des plaidz &iugement, il cftoit con emné à cinq Mo, 
iuger deMrichmes d'amende.Eftoit permis libremét à chacun en teftant dedon- La Drachme 
aux Mag Bkrargent ou autre chofe de leur conqueft, à qui bon leur fembloit,com-vaultrrois 


ainfi foit que au parauant, felon la couftume du pays:il falluft que ce-folz > de- . 
demouraft en la maifon de celuy qui teftoit: d'autant qu’en cecy il euft my.vey Budés. 
us d'efgard à l'amitié qu’à la parenté, & au plaifir & ailliançe qu’à laliai- dde. 4e. 
jn du fangitoutesfois y auoit pouruifiô telle, que le teftateur ne fut hors P#fancede 
fon fens, ou que on.ne l'euft fuborné, trompé , ou gaigné par quelque farre Leçatz! 
oyenillicite:. Ordonna encor Solon,que.celuy qui ne ferait parét d’vn zvire hors de 
bmme decedé, nelepleuraft, ou nefeit le dueil en forte queiconque, /& famille. 
int que le fils n'ayant efté infruit en aucun art ou fcience É . pere, Ley contre. les 
faft tenu par la loy,de nourrir fondit pere, eftant cafTé de vicillefle, ou peres gui laife 
rpris de quelque grande neceflité.Et.ceux aufli qui eftoyët baftards & /nr lirs'en 
egitimes,n'eftoyent obligez aucunement à la nourriture de ceux qu'on fans fans 
limoit eftre leurs pere & mere:veu que celuy quine peut fabftenir d'a- caries, 1 
inter la paillarde,monftre affez & tref-que manifeftement qu’il n’apro- B4/ards nô're 
epoint la femme pour-enauoir des enfans , ains pluftoft pour raflafier sus de racag 
lubricité & paillardife, &.que par çe moyen c’eft luy-mefme qui fe pri- soÿfre leurs: 
es citoyéEdu falaire de fa diligence, & proufit 4 doiuent auoir ceux qui trauaillét peres.. 
uftumeBurle public. Voulut Solon queimpunément.on occift le paillarcqui Comme lespe 
o.hômelleittrouué.enadultére : mais fort doux enuers ceux qui violoyent vne res ponueyent 
annulleil de maifon, lefquelsils condamnoit feulement à dix drachmesd'amé- vendre Leurs | 
a ncfeufBllofta la licenceau pere de vendre fa fille, & au frere d'aliener fa fœur, filles. 
qu'euf@ken'eft qu'ilsles re trouuées en faulte & paillardife, Celuy.quiem- Desseux [+ 
ortune lBrtoitie pris aux ieux L{hiniens ; auoit cét drachmes pour recognoiflan. flhiniens Pas" 
ably qulnais qui vainquoit aux :courfes du mont Qlympe Re obtenoit $00.cn /ame bi.2.@ 
V1} 


ruie Roy 

tion des 
roys, chi 
is vindrét! 

€ roys & 
efte forte 
inq gou 
manier les 
6émander 
 Cftans 
ps que le 
nez cfclas 
ena qui 
ucüs dis 


FAET ‘4 
PCR 


FE Me À 


b LIVRE “EROISIESME | 
des Olmpi figne de fa viftoire , Celuy qui ayaht furmonté vn loup le conduiftitg l'toqué 
luy mefmels. jacité receuoit Ene  re duthefor puolie, & qui prenoit ll 
Se CelleRho: n'en auoit qu'vnéeltant ces deux pris l'va la valeur d'vn'& uf; & l'aunt autant que 
li.t3 ch. 1. d'ynébrebis,& dé‘tout temps les atheniens en auoyent aux loups, Ke 
Loups purfui poutfüiuoÿEt ,à caufe qu'ils preiudiciét & au beftail,& troupeaux, & 4 ce 
hi us perl ai- jabourage de laterre, Lesenfans de ceux qui mouroyent à la guerre, à :à Gauo 
republie à * pourleferuice du public, eftoÿent aufli nourrisaux defpens du theforf fine po 
AÆthenti. de laville,&inftruits en toute ciuilité & bonnes lettres ; afin que tous Iyét point Q 
+. Leypour les citoyens fuffent par céftehoncfteté , plusafféétionnez à combatrevi oyent 
enfas de ceux Jimmént et hardiment pour [a deffence d'vne citéquiles careffoit Goo rs d 
Mt mowroyét rittblement. ‘Ordonna encor Solon, que celuy qui perdroit les yeux , SRE 
en guerre.vny guerre, fuft entretenu & nourry aux defpés de la cité. Feit vne ailez bell pre deceff 
Thucidide. ordonnäfice por laquelle; il deffendift que le curateur d’vn mineurnedé, den 
LOU) mouraft' point auec la: meté du pupille' : comme aulfi ilcommanda qi 16 
771 celuy'ne Für point tuteur,ny curateur,duquel peut aduenir la fucceffé , PTT 
crfe to fob heritage par la mort des pupillés.Eftoit deffedu par fa loy;, que | orfe brts, & cfto 
Serie em Fra ayant fait vn aneau n'en retint point le feau, ny cachet raportant l'en. 
#t,@- mefme du poffeffeur de la bague, Et vouloit que qui creueroit vn œil à fon pri ML criant 
étre les Prin chain, qu'il perdit les deuxen recompence! au refte ne retirer ce Qui  faux- bou 
ces. >" 1)" ;\ fien,er La Roit le'contraire, la peine de mort y eftoit eftablie. Si le pri lxtérauque 
Car on feel: ce ct gouverneur dela citéeftoit trouué f'eftant enyuré,la loy le codenl 
bit les lettres noït aEmiôtt. Solo fut aufli le premier qui aprinft aux Atheniensdecis,;.. fingul 


auct lesane= pterleürsiours felon 1e côurs dela Lune,Permit qu'on portaft toute (a taie. Les 
aux, te de fruirs hors le païs Attique pour le trafic, faut le miel etla cire . Ne, à po: 


Princes yurë- voulut que aucun eftranger fut receu citoyen en la cité, fi ce n'eftoit qu... à là 10 
nes codene% que attifan qui Fy retiraftauéc toute fa famille , ou celuy qui feroit ile 11. Güe 
#mosrir. à jamais de fon païs. Ces loix & ordonnances feit il tailler en des tables@ ong de lag 
Ærtilañs be boys; qu'il apella Axiones lés promulgant, & autorifant par ferment Clé. gloire 
nioreY en. Æ- nel du peuple pour cent ans, faffeurant que les citoyens accouftumez à. quelque 
thenes . * filongtemps én vne telle maniere de viure, à grand peinelaifferoyentie,,, villag 
‘Ces tables e- jamais de continuer en ce deuoir.Mais Herodote accourcift bienle té SA 
Joétgardees de la longueur & durée de ces loix, eftablies par Solon au païs Attiqul, pays de La 
a Pritante, n'y ayant mis le terme que de dix ans feulement. Etimitantles autres 
… Panfh.1He 'piflateurs,qui pour autorifer & dôner plus de maiefté à leurs loix; faifof 
red.x, "parade de quelque Dieu, afin que le peuple les gardaft auecplus detct 
‘Dés rafes des rence, il attribua/ainfi que defia auoit fait Dracon)'les fiennes à la Det 
tflateurs Minérüe, comme fi c'euft efté d'elle que l'intention d'icelles fuft R ne 
profanes. Pa dée:& contraignift, & peuple, & Senat de iurer publiquement, :& {ur 
Celie Rho.ls. ‘pierré au marché, qu'ils les garderoyent inuiolables. Ceux quibaftirent 
18.ch.19.  citéd’Athenes ne furent point eftrangers , ou gens venus d'ailleurs & M 
Ainfren fa gabons , où Vi das confus de peuple ramailé de ditietfes contrées 114 AL 
Nüme # Re- natifs du mefme lieu qu'ilz habitoyent , & le lieu de leur'demeure cl mA, 
me de fs ausfi le päfs de leur naiffance & origine. Ce furent les premiers en Gre Île de Eur 
ANymphe :: qui énfeigherent l'vfage d'ourdir les toiles, de faire l'huile , et tirer le" halo 
| een vo: duraifin,de cultiuer les terresjet femer les grainstcôme au parauaot led 29 muS 
LL Murargues | Voifiné Vefquiffent de glands ét autres fruits fauuages.. Quant aux lett nn 
| , É HV ! LEE ; , 
A! 


"DE L'EVROPE |: ‘ge! 
l'etoquéce, la police, honefteté,les loix,la courtoifie,c*eft fans, doubte : ë 


\ 


sifoitel 


la lou inci 
CN cllesauoyent leur temple & fiege principal en la cité d'A | 
» | pu Mscanc que iadis les femmss en faueur de Mineruc, NL “L'engene > 
,® tence contre N'éptune,touchant l'impolition du nom de la cité, Furét comencement, 


L< & nl n 4 Ep 4 n l 

4 données trois loix pour apaiferlecourroux de Ne s fem, ! ; 
ere, à 4 | x le Neptune côtre les fem. #* Athens 
bell à Gauoir que dame quelconque n'entreroit iamais au Senat que les Panfinie 


be ét point dites Athenées,ny Atheniénes,ains feulemét Attiques. Ceux Z4* d'Athe 
abs Lois iours durät,on drefloit vne tente ou loge,où les offeméts dés morts femmes. 
{lez bell ; 


ur ne de AS 

nents de fa parenté & ailliance : & parmy tous ceux-là y auoitordinai e 

\ à , À AA | X= oitordinai- /éques gardee 
anda QE enr va liét & cercueil vuidé, & paré, nieantmoins A ei pa pro fre a 


cceffiôe 6 4. $ 
 J'orfeul ns, 8c qui feftans perdus à la bataille, n’auoyent efté trouuezientre les Per ceux. 948 
nt l'eft g 
à fon pri 
Si lens Lisp s en vn cemctiere public, qui eftoit pres le monument de # 4feis gueré 
ee La ils mettoyét to’ ceux qui mouroyét aux côbats, faufceux bigd'. the. 
jens de ice finguliere.ils drefferét des tôbea : è | 
à HAPLE à uyx au mefme lieu où ils gaignerét ben.lin.9. 
ones bitaiHe, Les corps eftans mis en terre,vn des feiz. dela cité efLE plu De ue. = 
eftoit qu fe, & choifi entre les plus excellens, eftoit deputé à faire vne oraifon faile. Por Fe 
eroit bin 
ha 6 de la guerre, pour recognoillancedes feruices des bons citoyens: .#79#5 du 
ns sleur gntes eft du tout ancantie, & n'aparoit plus en celle grande ci- feu rainéeé 
roy Le Are au à brélène clle eftant reduire en.vn miferable cazal, rés. 
ienle té 
s Attiq 
sautres 
six aile 
us de tot 
à la Det 


Du pays de Lacense des mœurs © loix anciennes des sb suuieue Chap.3. Parqui des 


uft prod Lacedemé 

& fur e, &.nommée celle tant 4x Lace 

baftirent ques. 
Lacedemene, 


fa 


ne A FOR at à : ii au 
| | LIVRE TROISIEME sont 
= © Phoronée irattribuéta foidätion de cellelcitt: &ainfi pour les accor cri aù ti 
ut do. que le AIS du Roy Argidien Ja forida: mais que patte es : 
tps delfiat bellie &e 'accreucs]uy dônaleñom de fa Femme, QUE pOrRE € ae 
2D Euftbe ‘que auoit le fils de Phoronée: ‘léquel viuoit lon db moe 
aux Crenig. nÿ'Athenies ny Lacedemone,euffent Roys ny police fa: co Je 
M, cité futta Royale & Metrapolitaine, fiége du Roy pores celn 
Licwrgwe fre” qu'on! ditiudir efté general en l'armée des Grecs fäfant pre À 
* reduRoyde Troy. Elrgue grand & illuftre philofophe, frere du R oy de Sparte 
Sparte Réboly dede ‘comtrhe fon frere eftant mort il euft la éliar edes en 
De Lichr£e mineurs fesneüeux, & gouuernaft le paï $ attendant leur mal orité,r gre: 
© de fi: Di males mœursde la cité ÿ eftabliffant de fäintesloix, & legitimes co , VA 
© 'modeffie! mes /adextrant les Spartains à toute honefteté, & vertueux exercices Qi 
woy l'uf.1.3 me ainfifoit, qué au parauant les Lacedemoniés fuffentles feuls'entre duré & 
Plutarqueen Grecs fort mal complexionez & inciuils, tant entre Eux rnefmé, qu al Desk 
put Zy- droît dé leurs hoftes & Voifins, ne frequentans aucun , & n'aÿans affii Hihdès/De 
rene, P4W= ny comimunication auec perfonne . Pour ofter donc cefte barbatic & 22 éne pbih 
{ame liu,3." ciuilité, Licurgue hardiment & fans craindre la'fureur populaire ab, epris( 
. Deux ROSE touteslesloix, ordonnances, couftumes , &canciennes façons de vie k obaflite 
. Læedemenes Spartains,eny ihtroduifant d'autres plus ciuiles;modeftes, & louable 
. Confeil'en La prémiere defquelles fut, que les plus anciens feroyent toufiours ap D oire 
 etdemene ‘au confeil des Ras car'il en auoït deux ordinairement en Lacedemong, oupd 
pour tenir CG & celte troupe afiftant au confeil, feruoit d'arbitre & moÿenneurent, nquèt alé 
dei Roys,@ la puiffänce Royale, & la violer de la multitude, afin quéle peuple quéterf 
lepeupleen  femancipaft en fereuoltant, & que les Roysn abufaffent tyranniquenk gré fo 
bride. de leur autôrité. Vingt & quatre vicillars(car tel en dit auoir efté le DO ot Phic 
Æphnres inf bre Ariftote)afiftoyentaux deux D 6 Aves que la Demo à quete 
FneT,4 Spar- tie, où puiffance populaire ne prift plus de pied &t fondement que den Quià 
te cingen n6- fon ; & que les Roÿs n'attentäffent de changer la royauté en tyrantie ou 
bre, cels Rhér + Et falloir que le péuple fuit aduerty de tout ce que cefte troupe cho Jeur mail 
dig.li.18.6*. ordonnoit,& deliberoït au confeil .: Longtem apres furent ordont br pour Fou: 
26. les Ephores,afin de feruir de frein & bride à cefte dignité de peu d'hot bbrii vhèi 
Les Rays reg mes,qui commençoyent à fe after, & deuenir infolens &'infuportabl pus eiti 
néret & Spär-' & fapelle ce gouuernemenit de peù d'hommes eh Gréc Oligarchie:ne Nüc'eftole: 
fe 350.am: môinsl'election des Ephores'n'aduinit , que quelques cent ans apr 


, 
4 


Etles Bjh- morrdeLycurgéé repr A Les Scipna 

res) she. di péter li dréayans eux! mefraes crée lé *Éphoïes, fcirent 

vf en la ÿ.0- cor vne autre/ordonnance für le partage & diuilion des terres & poil 

bmpi.. *" fionisÿmettansentefte à là multitude quetout le terroir’, “uri(diés 

Partage ef°' Spaïtaine fut mife en comifnun ;’afin gûc diftribution: en 

SL des terres à eWatühid'autant que fa taifon vouloit que-les citoyens füffent p 

Spaïaints. thverth/&iexcellence,& fe deuarçañfehtengehernfité-les-vasles ait ès. ares 
77: &n6ne#bobans, deheesjæ À ae c &fuffeht +&ù 

res vitidrétit'en 39000! forts}; ét ere #6 


aftitébonténanstæâte 
cigneurie, £:les finages dé lacit ‘en 96367 parties. Les villesmunicipilS 
‘& champdftrés triployét:ce nombre, & portoir1e partare dechacunid 

Les hôrmes toy onr-pour teflh Oikanee dit bts de bièds 8 tes font 


12 po > 
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il our 9 poQ? ltumoutsioure Srinomc sffhes.L | e shfb Sos Pr © ergen. 
fault dk es meublos ;: Pros aude 10R pu 
Yant a, is ce dede lk multitude, d'au-# pri Le 
nf uit en voybit dèfie plufisun malulifbdfea die fouffri; $en defifta, rcdemne. 
auantq rfhuicoz" de d'auarice, interdireil tour vhge Ærti/ans 
ie. ]ca didé fér;qui eftoir de peudurvaleur, ‘44/22: dt 


on, cel 
Loyageé 
Sparte 
des enf 


files delirs, &uede r @d'ec< crdem. | 


tOuBer defpuis er sagechofo,à caufe fé mas, 


Le fmoliètfé, lors qu'il eltoirrout ardent, il le faifoit eftaindreaucc 'du,ge2enf en pe 


itér inaigre. | Challe encor dé citérous arrifanscommeinatiles ; 1 où Jeu Dlure à 
SE rfeures f'én allerent de leur bun gré.voyans que l'or y tftoitinterdit, 80 Ce fut es. 
FAC je feul For éftôit enivfage pour: lamomoye, -Ecpour'ofertoute fus: #4 4/4 


lsentrel 
é qu'à À 
ins aff 


vures &riches füffent aflis à'mefme table; & A ffeac feruis de pareilles tés; FOR 
indes/Deffendir que ceux quiduroyét binqueté enter maifonnd for Pa/anie ex, 


parie CE ent pbihren ruë:& celuy qui fe fafchoit deviure ainfi efchärcément e- Lettris à 
céder oicrepris'@ tancédles autres, comme pèu fébre, & non apte à viurefelô €7 Crie k 
s de viet » Cé | 


scouftumes du pañs, & ainfifutroute a füperfluité ancienne.oftécigc a+: dig .Liu.a.ch, 
ouables blie de Lacédemont.Les richés & plus punffans dela cité caufe dé ceu 28-c7.l.14. 
US PR falprirét contre fuy,de forreque fe rues fur lay;luy:creuerent diceil 18: fes 
edemo, coup débafton ,'qhbeaufà que dépuis nol Lacedemoniemnenroit ab r#<Ldes cer 
aneur M nquet auec lé bafton à Hd main, ‘Et apelleveïit ces feftins & façons de démence, 
€ peuple queter filiès, c'eft à dire amitiés, comme vray figne, et argument d'v 54 ce mot Cos 
PMU. erande focicté ct courtoifie, liant enfémble le cœurides citoyens; sou re veneif.4 lé 
Rétro foi-phiditiès ;à chufe de l'éfpargndet prandelo bnuté; do defpence, 7#42hité de ; 
Demotss, laquellé'ils facouftümôyent Viuansien telle forte. il 10122012: 211 li 44 omis 
que der Ceux quiaoyèht fatritié,nivenoyentde la Chaflèyn'eftoyetausfrcg AM CHeFés 
tyran ini fe trouuér au banquet publie dies avoyent permidion de .mañger fat #repiard 
upe cho leur maifon,où tout lenefie dupeuple fhitloir quemangeaften:pubhici «6.1 «ve 
tordons, pour fournir à la defpenee de ce fouper ordinaire;ilfailloitquechacü .-2#/-0m 
jurnifl Vhettiné de fériné| huit vores de vinytinq huresde fourmage;:er fois. .donné,, 
M fguts ein liures ét demie; asifloÿent deienfans;commeléur feruñe anvféres dk 
ac efcoté de fobrieté;atcrémpancett d'éprentifage-deroure hÜncite- Laccdemione, 
bétcouitoifié sentant que of y purlüitdeaffairesetfyioliiconimos Ceffe ball 
emeht,et fans vfer de parolle fleche qui piquaftaucun de là compa, Sort par les 
ie. En Sparte on fe marioit plus polir l'égard de lalipnée , afin d'auoir 446% dife 
Néitoyens qui füiniffentlés armes que de foingqu'ilBeuffenc delaichat! DC , C° 
née ÿauoÿent Les fais; tanbdttibence eed'honneur, que lésmarysée en rod. 
hipcliéyétititémes emails Les fé yeftoyeradercréeseuacousi Deces exer 
nées à'Htouife.eforimigeis deqé balte de freriau vrair;et jeuides Av: ice des filles 
Les Lardsoù corfegées afro qu'oablians lés délicateffes2damerptes, »Latedem. vor 
Mi | fuffent rédues plus r6buftés à ufr lo trabdib de l'enfinitement:secx?/avn 5. de 
Hfcieuon térgo j'enit tôutés'niés corse los gargüns,charitans; dimçans eh cértais dla republ. 
AUNIC EEE fofennitéz) en là prefenéellièt à havelp des ieunkshomas:dsleiran- 
on quo dus cha Rd fbdudfiRèntÀ pry audit rie dAntsicéjou pâs 
| [x 


Faite cf 
D pren ; 


ap 


egencen eftitie, Afimencoriquetefer Le: Spar-"). 1 


D épi lm1à 


1f LIV RRUTROGIESME 
Fu Fe pue À pire és 
su ii Jénie quelconque. De ténait celte naïue gnillardifees à tout prépri, 
11 1 1dedes dames Lacedemoniennes, plufoft meures etapfesautrauail. que 
; toutes lesautres dela QrereL'homme quianoit veleu.en Célibac, cftou 
lui commeindigne de la compagnie desautxes chaflé des jeux publiques, 4 
| cabarets fe pourmenoicrou ne autonr de laplace tout nudile dejhiuer, dy 
fée m'ifri den'eltre honoréaueclesautres vieillards, parla) ue FLes filles mew 
reset preftes À marier, eftoyentrauiespar. ceux qui.ies deuoyét: ef; pouftn 
cedeminient. etleiour desnopces, l'efpoufée conduitte.en laçhambre. de fon.efpour, 
nn te: onluyrafoitles Cheueux, puis venantl'efpoux;luy, defceignoit ficeintun | 
Sparrains* et luy.eftoit permis d'y:coucher lanuittant, feulement,car de-igur sl n'euf 
ne viÿatab® “ofé l'acofter;d'autant qu'il eftoit defendu à tout Lacedemonien;, tant la 
leurs femmes fault de careffer, voire ñe de.voir leurs femmes deiour.tant que ils fuffen 
* Me af peres de quelquéenfant:.et la charge et {oing desenfans, efloit com ÿ 
eur auxhommes dignes, ét fufansà lesinftruire en toute vertu t:honele 
Er NUE té; Les vieillards qui f-vayoient inhabile. à faire des enfins, auoyem 
… se prèf dès" licence.de donner leur femme à quelque ieune homme » qui-fut. bon d 
Hbc vertueux. pour enauoir lignée : et quoy quelle, fut groffe du fait d'a 
cdemote,*" truy,li eft-ce que les enfans eftoyentau marÿ : fans queaucun euft ofére 
#14 = ?s procher d'infamie; celuy quiayant vnefemme chafte, pudique ; et fer) 
Chant des le,induifoit neantmoins un autre à la luy.engroflir , etlabourer le terro 
L'atedé bi: de foncfpoufe, comme grasetfertil, er propre à produire quelque by 


sers leursen- fruit. Etfe mocquoÿyent d'aucunes nations ,Iefquelles nourriflayent, ai 


(ee :#°° fuppofoyent ores par pris ; tantoft par prieresles chienes et. iumens, ai 
arce doit : bonsanimaux deleurefpece, et ce pendant. tenoyent leurs. femimes 0 
ve colline" foure garde: quant eux fuffenr.ilz ou fortz ou foibles ,.G ne vouloyeg 
pres defparre, ilz eftre fansauoir lignée. La nourriture des enfans;n'eftoit point par | 
oN Don'imms. parens diftribuée , etnceftoità eux deles qfleuer : car,dés que. va. enfa 
bit a fileil, maifloit, on le Rap vadieu publicAte deftiné, que ilz apelloye 
voy Paufanie Xefchem :, où eftant defia grandelet, filz le trouuoyent l'ayans contempl 
3" Effrange àleur fantafie,tafchoyét de le faire enroller en vn des neufmilleforts d 
#oürriture * peuple,à qui le terroir et-finage de la cité eftoit difribué : mais fi, l'enf 
dis enfans La cftoitlaid,difforme,& contrefait,ils l'enuoyoientenvn lieu raboteux, 
cd" " * pleindeprecipicespres va monticulenommé Taigé, & là faifoit on pr 
ANIME @pitenceftepauurecreature cômeinurile & fans nul prouñt pourlare 
77,7%" plique, Les femmes ne lauoyent point leur enfansauec.de l'eau, ain 
”* *" vin en faifoit l'office,à caufe Q celle liqueur refouls.les mébres, & les dé 
“"Tlite:& mefmemen@fi le corps eft fuiet au haultmalielles ne fomentoye 

* *\ny enuelopoyentaucunement ceftetédre enfance; ny latenoitenaua 

::"" bercrauoulauges,& les acouftumoyencauxfenebres & folitudes, Qui 

} 10ffo çaafe plulieursnationsefträges pourfuyuoiét d'auoir des. nour 

* ‘ces Spartaihes pour nourrir & efleuer Fous enfans.Les-petits.en Laced 
: vfemblés,& y aprenoyent les lettres nô pour yeftre fçauäs, ains feuleme 
rieur hecefliré, car le refte de leur aprési ge.cô ftoit en fouffräce 
afaçouftumer à lapeinc & tropailfans ccffe. On goupait leurs. cheua 

ÿ l 


+! :1 "monedés l'éfepriefme «ur pour om li 
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Kseftoyent-par 
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Iles les plusan 
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que tous :les aa! Ai te TNT 


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fetes grandes 8e folen. 97 MEL 
les les plus anciens difayent enchantaht:Nous fufmeés iadis fort robue ; + ue Ex 
&icunes;et ie difoÿenraäucc vnefortdouce:et melodieule voix:lef- 17 es ; FA 
uelscftoyentfuyüisde ceux qui eftéyient én sage partait, etenleur plus ER 
id férée;defuelz ha parolle eftoittelleset nous fommesisunes etpuif=, 05 vx 
nes, cc que’il vous ef loifible de tenter ;'etexperimenter, à quoy aious, : D 
Mhycntles cnfans endifant.-Nous ferons aufli bons et gaillards qué vous- 5e. Ur ! sd 
Mncilleursencore quetous les deux. Plutarque ditque encore de fon, fl ÿ pa 
ps les Lacedemoniens vfoyent de certaines chanfons , et accordz que”: AE 
fonnoyént für des fleuftes;lors qu'ilzmarchoyenten bataille: * "5 vtr 
hucidideeft auteur de cefte façon de faire Laconiqué, quant äu‘ieu ,, ui re nt 
Meuités vfé en puerre, niant toutesfois, que älz fuffent conduitz de} }, je" 
clique fuperftition ; où en F'hotineur de quelque diuinitény pour itrt .,L Hs à 
abri eme hat à plus de vaillänce et 'brauade au éoms} , y 
fab quéien vfoyenties Romains aucc leurs'cornets et trompettes} RATS 
kpluftôft ; ahnrque avr e cefte doucetr et harmonie, ilz allaffent d'vn NUS 
cipal er faris trop dé vehemence,ou defordre fe prefenter: à l'ennemy. 
M teuuent etéoredes vers d'vrpoëte Laconique, qui font foy que nô- 
lement les Spar@ins vfoyéntentrans en bataille ‘des feuftes ; ains'en deminé. 
ic harpe ; Laquelle con fume aûvit efté empruntée des Habitans de!” à 
UML | de Crété. HKOS Pas GE MILAN i 185 3 Te : £a 1504 
AU odoie efcrit que Halyatte roy des Lydiés marchét en guërré menoie 
X ij 


HabatteRey 
Lydien mol * 


x L2 


| - demine. . 


. 4er LIVE PROS EME 

pd désfañtiuis Aiotiédsdetlpee Be de:hbrpé todéqui oft'indigte didity 
nr. esdohi k 
à nrcombatréleshaitans deiNhiter: Los Ripomaiisoutre les cars, :& fo 
| Homere en eue encontefoldarauëcvn gréd'ery 8 huste dors qu 
. Liligde, / 

He Ville re chante dés Achines& Grecs, Hrfquels il fait marcher fans:diremot ;y 

gb ls CAN réfpinansnb:fçay qu'éller force $o gaillardifefousie roposxte-telfilengs 
4 mar} Lies Gairlais dôme cfcriuent Five Liu, Poljbe y aHoy érenidanganii 

enten batail fintolant, &frapans delchesboucliors farlesct aleursmorionsy 
! RNE  bourguitottes. Aücuns Barbaries commençoyent l'efboup Sû conflir su 
. Zätéd}"pet+ vrtements efpôuucntablés:par lefqielles façons de faire;on vois que jy 
toenf longue ynedes autres nations riefuiuoit ia maniere de faire des: L'acetemonien] 
perruque. en fonnantl'affault aux alarmes. Dés-queiz forroyée d'enfance ile nous 
OL Hiffoyent leur porruque &c éheuctüre fayuant l'ordonnance de leur: leg 
Ebeure im—" flaceur qui auoiropinionqueles hommes paroiffentplus besuxiayätai 
molée auX * Jongslesicheuéux;tefquelz cpuuroyenties fautes-du vifage,êr fil'y"auc 
Mufis. Pay quelque defaulrqueles‘cheucuxdonnoyent plus de fureur & apparet 4 
Panfante 3. deforce& gaillardife. Le Rioy auant que entrer au combat: imoloit 
7" cheure aux Mufes.Ce peupleauoir certaine loy ordônée pour fon vi 
Jaced. bons. &en paix &!au temps de la gucrre,:ayans’opinion quil fe failloit exerce 
Series 4- au faitmilitaire, comme ayant eftéproduits de ‘lanature;:pou pour le 
turellément aife particulier,ains pour:ladéffence de leur pays: 2.561 1 
vo). Hérodot. Hz ncifadonnoyent à art quelconque qui leuraportaft gaing;côme ceu 
 Démacate qui n'embraffoyent autre cas que les detirside la guerre:le refte du tem 

‘ils l'employoient à banqueter enfemble, & viuans en cômun, il aduint 


Fr. 
Plitarque, que d'euxefcrit Plutarque;queles Lacedemoniés ne vouloyét plus vit 
Des mœurs” en leur priué;&ciquänd bienils én euffent eu:defir, fi leureftoit-lprefq 
des Laced.  impofiblede l'effectuer;veulagrädaccouftumäce qu'ils arryeét'de fuy 


Voy Rhodig. ure les: façonsanciennes deteur: pays:& predeceffeurs. :Quantà douni 
b18.cha. 1. fuffrages & balloter à l'ele&ti des Magibtratsls enfaifoyét tout au ce 
Si ‘ traire desautres'natiôs:veu que vnepetitetroupe d’étre eux choifispa 
‘açon de ba- tel effair,entroyétenvnlieuifecret pres l'affembléc:où les voixeftoyéti 
bter # Lace- nées, d' oùvauantils nevoyoient'perfünne; 8vaueun auf ne tes pouuoit 
voir:là ils prenoyétyarde awnombredes voix pouñ le fort de l'electié, 
7... oyansletbruir plus grand.én la preuue & confentement::du ‘péuple; pol 
Les Athee  quelcunidescompctiteurs &pourfuyuäsladignitéils l'efcritoyëtenw 
nyës ne fouf- tablette;laquelle puis apres eftät pro pofée en public dônoit tefmoig 
Frot au ron- quireftayent ceux d'entre les pourfuiuans qui auoït le plusde voix, &e 
traire aucun portoit{emagiftrat & office.Licurgue futle premier quisoftant toutef 
enterrer en perftition;pérmift qu’on enterraft les corps des citoyens dans l’enclori 
lnrville Thu. la cités voire d’auoir tombeaux à l’étour du cireuitdes templesttoutesf 
nd. n'eftoitil permis d'efcrire le nom d'hommeny femme fur le tombeau. 
Les voyages non de ceux feulement qui eftoyent morts combatant vaillammenti 
défendus aux guerre:8c ne duroit leur dueil que l'efpace de ss1iours. AE) 
. Zacedem. &> Defendu en outreaux Lacedemoniés de voyager,afin de n’aporter qui 
dourguy.  que:comuption de mœurs enleur cité par:la hantife, 82 frequentari 


reciré) decffoit des bahpitis delidieux,&rwüipderdotiocs éffeminées ia, 


il éffrontoyent Fenniemy:celqui éftbienau‘contraire-de de 'quei Home, 


où itne vo 
heférticet 
dot riÿ.d 
Srichefles, 
de l'obligu 
ent les plu 
fioyent les 
d'ayétct 
dés'affäires 
Mctles de 
lent bien.gi 
nouueaux 
ütint: qu a 
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dl ir etsvoire. qu qhivé rd'ailleur A Sparresendfloyene?lurarg. en 
affee ; baie gens qui paul Epreufier à leur nb à I Licue | 
uote eftrongersnefacpulbinnaffent aviupé fu dent Les fat ons ee difte Sage aduis 


ë 
fon: Mais Plutarqueenréd la: der fie difant quellelept teur Laredem, 

féuä fin quepar les:raparts de natuéllesiet arraifonnemensinnbtuelz Æinfen v. 
a étéfen avec Éelranger anne œufait-diuers. buneurs-etvolontoz cent plufeurs 
janafiedeshabians/quidtvaspdtetrefidangerenfe ppur efipefchier des peuples" 
narrencmens dureposrenvne villes Lycurguenevoulut quetfesieu- défrüvers de 

à omimesepfienc plus dns robeerveilement quelquefifon que cendre remps. 
ÿ dél'aninée,etdeffendit que l'unfut mieuxen ordre,ou veftu plus mi. Des meurs 
homemont que Les autres,et qu'atioun fetraitaltou banquetaft plus ma--des Zacedems. 


rfiquénient que lercftedes-airoyenst «1: ::."2 D LUUEX Ken 


: a rron on sreideabl er plis titre Hard D Lin legiflas. 


Défrdieep outre gas bectafii Éfeilpatefchan ee non wi achetawtiphon liur. 6. 


baitcomptantenvrdennaque lesäeunes: hommcs fetinffent mon à Jaides faiftz des 
re de Gountyct ele wille,ains aux/chämps,/pour :pafler celte gaye et Gréz, 
fente ieunéffe en peineset trauailplufo fé qu'é repos,aifé,et delicatéf. Files m4 
oditne voullt qu'ilseuffent autée liétque la terre dure , ny fauce quérséés fans rie 
jétit, ny (qu'ils feuinffentenda cité, qu'eftinsien sage d'homme: pour porter > 
teferuicé at publié/Okdbnnad'auanrageique les files fuffent: mariées pourquer.. 
dot nÿ-dotiaire quelconque; dfiriqu'aucunne choifilt fenime pour! PAU ve 
Fricheffeset-quol homme füraibux:dbey defoniefpoufs,n'eflant brie serée en La’ 
de l'obligation‘ d'vndbüaire. Ne vouluvque;les plus riches'et puiffans cedemenc. 
ent les plus honorezsains:donna.ceft avantage aux vieillards qui fur- 44 efhait 
Moyent les autres en aage, et n'y a eu iamaislieu en larerre oùles vieil-telleentse les \ 
Le he reuoreziqu'é Licedement:C'eftoit auxroys à fe mefGcrgiens an 
desaffäires dedaiguetre taux Migiftrats des iugemensetfuccé{lionsimont Cau- 
nclles désoffitièrs de lacité|aufenacde d AR DREE que les lois cs/e Rhodig. 
lentbiengardéeset obfcruécbres permit: Licurguco ai: péuplo d'eflire s,18. ch.27. . 
nouueaux Sénateurs et faire tels magiftrats que bon Iuy fembleroit, et Zycurgne | 
itint-qu'au ebmmancement ces loix febloyent dures ctintolera- fais 4pol- | 

aux-citoyens-pour leurnouueauté Lieurguepourles autorifer fai-Jenan- 
if qu'Apoflon Delphiqueen eftair l'auteur et que de Delpheil les reur, de fes 
sitppoitées ep conrinét parlediuiri:cômandement,àfin qu'auec Jo/x, vey Pl. . 
érei ioniHesaecouftumalt à fouffrir ce qu'ilsné pouuoyétaccepter rargue co 
fauec Rfthérie'& difficulté.Età fin que fes ordonnances prinffenteter. Pafanie. 

& durable:cours &:eftablifementilobligoa fes citoyens par frment 
ejamais rier-dhanger,ny innouër des Loix par luy faites, tant qu'il fut ce 
our;d'hitätitau’l f'ensllois vers l'oracle Délphique pour côfulter! Zycurgue 
iloniqi'eft-te qu'il audroiradioufter où diminuerien fes ordonnan. meurt 8 exil. 

| Befous fa fateur dé ce fermenrfolennel il: feñ alaren: Cdralie où il Æonneurs des 
hnexilevolontaire le réfte de fünaago:voire: commanda-il'moôurêt rs); Laced.rd 
longeraft fésoffemens en merjà-fin.que fi par:cas les Eacedemoniens-encore ff 
muroyenit fon'corps,ilsnéfe snif eftre ablous du: ferment fait erds que less 
obferuarion deifèsictties. Ne ta hors detpropos de dire vnpeuiquél Lores de pe: 
Mot 16 Laced'ififpyentadenteros &-dé:quolles préerminences elfe. 

X. ii) 


5 à LI V RAY O HSL EAN E di 4 
de quilélenorneyen@fHenir dénnarenties deux plus grandaudegr ni Hfroyablémen 
UT fau a digne Lane &clupiter Ctlefke: fi | remit 
te do aie Jude à quslqurpais &netièr que ban Jeuremblen EL 
fans qu'il Fur peratidd auçun/Spértain d'f contredire fur peine de, per Li bi 
Ja Viéioint que les roys férbyenrlesprapaiors aux ages ÊE EEE 
&c Les derniers à fe setirerayant éhalcun cent hommss:choifis &. vaili 

| ipourléurgacde.… Lars qu'ils fértoÿent pour aller. en.gueureilleur à 
oi ermis de prendre toutautanr de beftesqu'ik Leur plaifois potr Ge 


elaen latin gant à-la guerres Durant lapaixonleuv fai itl'honneut-que lers qu 
eutféeratit, quelque fe folennelle la aité diftribuait dela, chaîr.6rue au peuple À 
defentrailles celebroït quelque grandbañquersles Roys eitoyent les premiesg all à 
ment... .;. jauoyent le premier feruice,ayans daubl pee 

era parJauE Rârtiles cu 

fi 


on gp or, Lofquellesles peaux 8ecuir eRayétaux preftres faifins ko /Bsivoil 


out leur plat, éc ayan 
irs des Hoftes, & lesichofes 6 etes .defquellss on x 
AA bitque ulberfaulement êe tous des premiess iours de chafed moy 
Brebis facri- on leur-d onnoit à chafcun vne brebis aux defpensidu P ble: at; 6 k 
es a Aprl- re (acrifice au dieu Apol!on, & fix minots.de farine,& vn-baril de vinlà 
lo 4 Lad.  cedemonien.Ent xisieux, fpeétacles, & courfés ou iey d'eftrimes pub À 
als y prefidoyét coccertains-lieux fe pouuäsanpuyer de quel eroyeny 
Le qu'ils voudrôyent,& à chafcü- d'eux cfloitlaifible«teflire &chailir pou 
Pythiesquels, foy.deux Pythies.qui eftoyét desdeuinsqu'onénuoyoiréôlulter Apol 
C7 furét no Jon & lefquelsefloyent nourris du-publicà latable royale.Les Roy: 
mez, d'Apel- fetrouuant point au'banquetoa!ileur entoyoit des-démychinots def \ | 
ln, vey Xeno ne, & quelque mefure de vin, mais prefenstoute chofe leur efoi & bail 
phon li, de Le au double. C'eftoitaux Roysäyuider les differens.& déner Megftiet 
diféiple, L4= pheline à celuy ou 9 l'avoir fiécée, par lavolété du:pere feulé oui lan 
cd. y côfentant:à eux aufli d'erdonnerdés voyes publiques-&.suoir, «(ga 
fur.ceux qui fans leur confentément vouloyeu: adoprerauelgun:so: 
Famille:leur eftant loifible-d'entrerquand-bop leur femblou-suenaih 
uel eftoit de 28.Senateurs ainfiiqu'auons dit cy defflussoù 165 Keys n4 
Sang royal (lis point, il falloit que deux Senateurs plus proches du fangroyal y. me voulantfi p 
comme respe: fent leur place,ayans deux balotes plus quedesautres,,&c: puis SRCOE trait des ancie: 
és La, Voix ordinaire: ainf les Laced, relpettoyésIeurscops eB6sen vie: 613 Tür 
… ‘lors qu'ils decedoyétiil y auoir deux.hémesà cheval gen alloyët. port Que, comme eft 
Je nouuelle partout le:péfs fuiet à la feigneurie.de Sparte; 8ec:pédant À uelopant ‘& Ca 
Honnehrs CO” femmes alloyt-parda cité frappans fur des pots &chauslerauss & dure Le aus. 
funerailles que celfe failoit,il eftoit neceffaiae qu'en chafcunemailon iLyeuft dell Chreftienne,: 
des Ro de Yibres de condition,homme & femme qui fe veillent ds; duels à PE mpre aucune 
Laced. -degroffe amende et punition à ceux quiferoyent duconsraute.-etelo que nous fc 
… paréille lacouftume des-obfequés royaux des Pringes Lapedemonie à fe ich! 
que d'aucuns royset Barbares drAliesles façons defquelseftoysene de ne 
Je forte, Veu.que le Roy Laced,mortil falloir que de tous Jespaïs (ab, à tradui 
Dueil public ceux qui efkpyét amys eralliez des Sparçains.fe:.trouuaffent aux ble ç o 
aux funerail. et Fanerailles,defquels et des Laçédemoniens mefmes,,atdes elclaues & Nebr 
Les des ras pres que plufieurs milliers efoiérafemhlez auscles mmtsindife ocre: 
, La. … menten vnmefine licu,fe merroientä-plourer, frapperdeur tbe etui fiche für ia me 


E'HEÏLMROPES à 
M riyiblément fins toufiburs dué 6e Roÿ dernier decedé aupie fanpéf 
A esaitres ai aillance Se gene GE: Ma ecluy desk af f 
NA Hiullieeftüitainf honoté": où le Girditau vif, & pofoyent on cligie 
ri li bièn dreifé pour le A M meris ce- 
jentpar lefate de dixtoërs » is que pas \Vn magiltrac fall en, court 
our faire éu'réndretuftics, ains-cftc it-on eñtriftelfelcorinuelle : Ét en 
bcvilz accérdoient aëc:18S PErfes, que celuy qui fuccedoit au deffun& 
te les debtes auxtciroyens de Sparte qui cftoientredeuables ,ou au .-. 
op für prédecelleur;ou à la cité & republique: d'aurant.que les Perfes de 
jufoient am à Fleadroit des Prouinces à eux fubiertes leur quittant Les 28% 
jeges des tibützsefquelles eftoiencredeuables du Roy decedé, Lés 74, ne 
faits des Éacédiencor fraccordoïientauec les façons de faire des Egy- n Mr 
Has entrant queilèurs cüifiniers;rrôpertes & ioüeurs de fleute venoient 
rliéceffions fans qu'autre fe meflat de l'eftac, que ceux quicftoyent nez Fu tds d 


s 


( Etvoila quant à] ‘cftat de'Lacedemone , laquelle ayant flory long : 
nps &c contre'lés Perfes:& Mätedoniens , futafluiettie par. les Ro- 
hins, & du'teinps de noz peres à efté du tout aneantie par la cruelle Bar- 
tie des difciples de Mahometh,& Tyrans dela famille Turquefque . 
OS First at ETS 1 ? \ SELS Ç ÿ 


= Del'iflede Crete co: des mœurs tant recimmandez, des 
) 0" ET Mabitans enicelles Chap.4s "7 


KFE'ne fçay qui a mu 1e ramiffeur de cefte œuure de 


ñ 


STE 0 
ALI Ca ALL. 
MS S f 


77 ‘pe aller icy confondrela fuite des regions par luy 


MRC 87 défcriptes felon les partiesdelaterre , veu qu’il mefle 

A icy l'Ifle des Candiens auec la Grece d'Europe : en- 

© bL! ve tant que’lepüïs Infülaire de Crete eft dutout efloi- 

K Œ À Se wgrné de l'Europe à quiconque nous adreffons pour 

PRET VO cn fçauoir les dimenfions. Etm'eftonne que ce bon 
ime voulant fi peu dire de Candice, qu'il fai&, & efplucher quelque fim 

“trait des anciens pour enrichir fon dire, n'ait fuiuy le cours d’Afie ou 

Sa icriuant la Turquie propre füuiet de ce païs Afiätique : où paignantl’A- 
que;comms eftanr Crete appoñite à la region Cyrenaïque d'Egypte y Cards cf du 

élopant& Candie & Rhodes, & Cypre conquefté des Chreftiens, fowt en. 4j. 

les deux reteni*e par iceux, mais en payant tributà l'ennemy dela 


\ tra pour ne nous deftourner de facontinuation .: . . |! f 
rompre aucunement fon ordre, il nous füuffiraque I€ lééteur foitad- "+ 
que nous fommes contens de peruertiricy , ce qui deuroit eftre 
ndreffé ploftoft qu'oublier rien qui foit de confequence : & par ainfi 
h feulement vous donneray-ie Candie auec lesmœurs des anciens 
nds; traduifant ; &fuyuant noftre auteur ; ains encor felonce 
elle fe comporteà prefent , LH &kRhodes , & Cypre Alia- 
Mu , & Negropont qui ft des appartenances d'Europe , comme 
nc defquelles onparle,,-entanrqu'elles nedoiuent riénà Ifle que 
fiche für la mer , foitenantiquité, coùrtoilie, brauadéhy vaillance 


w° h 
h ‘4 
+14 


À Crts dis 4 ff" FA Ré perrm dB Anmsté | 
refint Can-teicévx quitésonétesiembabitéess 81po rene B nm Cr ve 
dre pie 3.E Cotpngenut ets du ble rater} Métes epellésug 
nid sCadiendhresiletn impr Madrecrence femoiilsiéoteñoméc il 

* :Defériptio de’ ponnelreäll tédide cebtWtlleniaqueHe(felen qiifeiit Strabson): " 
°° cadre Strab.le Biordou feptenttion,la mer Egée; où Archipelagute ss 14 imien de, 4 
F  hro.soine. tedu coftédemidyielle à lepaïts-de LibyesversA occidéti ÉoGyr her 
27 Ben, Bord, Be à Orient lames ICarpathik, fur da quelle ofiaife l'afle- de Bobo dits, 
hurer.  jenlongurimañaoon: pass peuuenth faire, quelques-citqueste; dei 
…Eftendue de liens &e cinquante mille dejargereutnanis à lé propoitios tlecquatre 
… “Piflédecan- le pouriiepé.8t dr'cirouisellé côtiéts#8p9. quelle diligenit leéteur ù 
die." furera.felon laproportidüide Ir dite & propéféc'en comprant Les mil | 
"Gmfe citéde noftre-maniare de compter: Lescitériadis-priñcipales Rs ram ri 
Minos Oufl. Cydanée; Ghofe laquelle efteit le fepe royal où fe tinois be:roy Mio 


S. Meamr. &:lemôv de quifutiepl® beâu éciendmé dé L'Ifle &eftiesé.des pi ba 


Decemôt que l'on fçache.apollodore dit et tiét que le tour de ceftcifloeft dede 

voy T'ac.l.20 mille trois césftadter d'auantagei mais aiteinidôréies pfte mille du dos 
er sol.c.27. brei L'ile de Candimnenourritiaicun hhiwal-quifoitivenimeux, où: 
“Le fade eff de fible,(erpent,n y autre:femblable verœmine,cahuds,ny'chaterteter/fi qu} 
vmspas  cuneny eftparté d'ailleur, foudain vientà Gillirset ÿmouritites cher 
LA pes nuif- yfontenabondance, mais les cerfs y manquent, et le vin y croift à io 
blesnenaïfet hair. [. Et fibonqu'ilaÿ.aprefquenationenafi,, Afiquester Europe 
‘en Crete. la Maluoifie Candiotte ne foit nenômée, veu que iufques en Calichut 

Maluofie Ca- le elt portée:quant à noz parties d'Europe , on fçait que langleterren] 
diotte cognene:gnore non phas que-vaultrcelle liqueur vineufe d'afic quel douceur d 


»  partont.Du vins de Gafcoigne, iaçoit que ceux cyleur (oÿent plus foudenécomu 


* ‘Diflamne ‘quez. ]La Crete aufli produit l'herbe.diétamne valant çouer# le 
vo Dufto.l.l'Alunofe;laquelleeftant-gouftéc;ermalchéeémpefche qu'énn 
3: ch35,  fydelafaim. Entrelavermineïl'y craft désrislanges) qursfevngs 
Deces gémes d'araigne fort dâgereux:et vne:piérreapelléé Idée Daëlite CRETE \ 
. 4945 couleur iadis nommée:Curetcà caufe desianciéns Häbitateurs d'itelle qui auoye 
de fer vey Pl tel n6,puis oftéévne lettre elle fut ditteCrete: d'autres difent quecei 
nel.87.c.12. luy viét d’vn roy dudi&tpaïs nommé Cretefilz de fupiter;roy'des C1 
Tout le dif: tes d’autres d'une Nymphe,etfille d'Helperidea sin ft elec 
jé e : Dés le comméncementle; peuple qui y:habitoit efoitrude;groifi 
sfle eff des Di et Barbare, mais Rhadamanthe royfurcéluy qui premiereient les pol 
… ed. Sic.l.6c. çaret feit deuénir plus courtoys enileurs façons deiviciapres lequel rept 
1 Mines; qui leur donnaft loix, les rendit encor’ plusiuftesetequicabia 
Des chägemes-Platon cft tefrhdin que les Éacedemoniens etautres nations: efpuifer 
de l''flede  ‘eurs loix des infbitutions. et manieres deviure-des:Candioz:f Et Strat 
‘Crete vay Heimet cnauänt quelebtuitefloit tel entre les:Creres:que le légiflèteur 
rod, 7. curgue aprift en Crotc les loix- de Rhadamätheet Minos, ev:des bditz 
Platô $, de leEgyptiens’etque:detout:celaenfembleilen:baftift les iéix pourdapo 
repub, ce desfiens. :Le prouuant parla couftuine qu'ils adoyentderaüir cell 
Strabon 10. ‘qu'il vouloyentefpoufer,ce que:nou$adons dit:auoit'iadis'efté obfes 
arles Läcedemoniens, j A yantlongtempsvefcucepeupleen-celtep 
ice ét: gentille: faftituc ion de (os-roysieftimuzinftes entre Lés ancitns; 
are tyr 


uille:His:uf 
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1 ME LES ROPE x y : : 
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vray <<, qui p'efhairpoint fuiee--Modofse an- 
à expo dividlonon 8 tonbisife tauidaord d'on syrag!: Futauffi, ne des 


lement emourauxsie pain 8e aoncardesquieft l'ennemis de feditié- Cards 
L'loiesoutrifoe del'enrice ds delide riche Srainf viusnsymon 7 aol | 
jeftement ils aprendyent à fe contenter de peu de-chafc:Lesieufans Can- chost commis. 


otsfaifoient.cotre! eux des éflemblées qu'ils nommoicnt troupeaux, #46 4e Lace. 
tescre lefqueli:ob choïfiffnit ceux qui efteientaptes à marier, qu'ils con. {#26 
ingnoicheià efpou fer femme sleshonmies-perfaiss&e-venuz.en.a0ge, <'/lemenx. Ê 


as x / 


OUR + 
Là en: 
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prorcémimengéreÀ de fitefrignsintent'ilachengerentenudi 1cs Age 
Honneftes de vi’, & apres fenfuyuift la corruption entire à pi EE coudes. 
| desCilitieaÿ Her woi6 09 daaeere Fetme-qui efcumoyens-Je mere PE der . 
entioye me Go etai peuple Gmdiaefitnos apr tés 
fon comipencem foigneuxidefe venir & conforyen:ea Jiherté: er. “175. s 
boant onde st Hire it po 


nakcoicat &: banquetoient:balesible ,:fiadonneës au manicmenc.des.d Candiers 


me pour Le falüt:, cé it ir nn et as grade 
bourieux & penibleexereice, afin deFendurair an: travail : faccouflu- "1", 


mans à fouffrir les :rigueurs du chaule marin, & l'afpreté des froidures, 24€ Dre: 


4 / 


ourans par lesrochers pleins de-procipices & -buiffonsefpais 8 to6ffua, chi fitte es 
eos dil'eticrime Ge luste sechicui pobligs &idéfines à ce faire, vfans far, “ere 
outd'acs) &-defléichés; &cclebrañatonsiarmez.la dance que:les:an- 


'ayans meuble fi riche; je qu'ils eftimalfent f précieux que:les armes: %% 1 
adentréz &cactouftumies:à là matines qu'on difoit en commun, ro, C7 


ftoicbon maiftre;:em Crete, 8e Gamdiorsie Gait-peulteftre, que c; 


k a vmer, Les mariages yéftarentcelcbrez 8 arditoz de rhacue auesfa par /i-18,ch.26 


où nr LATE À 


bille : ltantnesnumoinsioifihleaux filles de choifir celuy qu'elles von- 
pientauoir pin er rau:rèfte Fees pe er Lane fa st o ps | 
our l'emmendr à foh logis:qu'élle ne fur capabile 84; anto-d-cogir le: 
roi, Bu Ment Faire fi = attire 

où vh frere-on iamaifon deda fille ; looitiéduhbian patémnalpourifors ::: 52: 152 


- féeperleGue 
densnommoyenr-Pysrichietlaquelle fe faifoit afin qua par Jo: faits réterer Be 
icelle leshhommesaprindfént à gauehin, & euiter les coups éftans:en ba. le Grade 
ille:Hs:vfaient d'vt faÿe:& abillément.cour,du folier propreau foldat, if. : dé 


fs de C7! 


nmofhigeSesuoiaotipour doitire skype. "CR 


34 Hhsages f'Ecefoirceppiaforcadenné ane déj dus Meriqgeades, 


3xpce | Be tdes"T'utes-cn font viläinentebtinfottez ; 8 SH ; 


à ea era nations de outre Europe,quixfk fi.dpte- wat Mons 


k hbloque lefenl romenäfbodieux-ètourc@rithôneté.&:pourtequel, 2 22" 


Etc Strat 
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di Dieu abifma sec brbitaminpcitentntasfibusrion de Soslamg!: decs sh Lust 4? 


Aa cpocp lbiguänetStabonfartefhite Al pourflise de leurs, {50 


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hours d'edèfta dessal 29 .ensitino W xus 2956 10 qNé41 319 39 5h99 RARE Lt 


Lab nypar or - de * fbob yesit és dattes; Sfar tout . D ii. 4 he 


iques chenansk arcaitdsd : Ltdois qu'omiles menvis en. 

fnbléederhommessilsfaffooyont itemesFitasi de quelque habits Nourriiwre 

peu do vstgurssc filfaltuit atieipoufifiedentraneu gersbat.le dis enfans c0 
t I, 8: disisutosdouifois br: poupon Crere. 


lon leurs forces plufñeuts f'affemblans d'vn mefine aage Lt bisbne 


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PE = émbspotrallet'iehimé dl And l'exercer les corprä courir &trsuf D Les Candi 
A | Clan Pa ile pa déhiodraée:c "14 nee ae een : 01 enr bien c 


À Ge rour= : A jouts cértains ont dreffoit des :comibats, &' affomtilée:: mére 
dns en ferhé “quels au fon des lyres; fleu Aariaitred inftrémenséntr6) Ar 


ah harmonie derthonnqe gs er 
1" où lépérée vaincue éftoit füporrée par les homes diqui tGuchoyent |n DE. :1e{çay.pa 
24 HAE Pre fodéeutesfiisleien niofé definelbit: fans effufon MCandie que ! 
UD ES eng. [pen à qui difent qui çà cfté de l'inaendon'des Creres quede tre, & qui: 

: "7" mltrquer les fours heureux auec vne pierre blanche; & d'vne noire; ceux Mo pour on! 
CE ouf leuraportoyent quelque mal-encontre, isgoie que là plus faino partie BB fnigneurs 
it  tiént que celte couftume eft fortiedes peaples déla Thrace: 5°". tericurs am 
Camlieit hë [Tour'ainf, que rienne durcien fa perfeion que la diuinité ; auf: 14 uen couuert. 
mebde masses des homimes falterent & efcoulét aucc lecours & füccez du tés; brmez de mai 
maïfévie. vei qué quelques loix & gentilles inuentions quitiniffont radis 1es-Cretes Bines & d'arçz 
ve ‘en honnefte deuoir, fi efl:ce que fe desbauchans et'emancipans de leu nie #vifans: 
Pr, ler jciènne figon de vie;aufi perdirent ilz letiltre de bontéjer-de forte que Bicléurs ancef 
Cdinr boit fine pot Les à pelle;mauuaifesbeftés et ventres pareffeux. Età dire la vel; & bons 
lait ricg ff vous lifez l'hiftoire Venitienne,et oyez parler ceux qui ont frequ&Bisieres ombr 
D MORT técefteifle: ce ne fera que vous ne voyez vnene fçay quellebratalité 4 eursruines d 
Chfintine- ce peuple ecfiatcouftamédchangerier de comptexions;tet:de/mœur,ontrenue n'e 
pi ans que toutainfiqueladisilaymoitla liberté, à F'oert il la detéfte;nc'por-E: : Ielaiffe à 
‘FPE ant vidrefous la feigneurie qui les craire doucement et-fouliaiteant à y en Crete, x 
D oterritoire d 
fretemps qui 


‘changer'de feigneur, pour ce feul refpe@ qu'ils ne voyentpoint: dé boi 
!‘œil'celebrer l'office diuinen leurs païs à la façon de léglifé Romaine, d 

| éaumont Ide 

rent Jupiter ç 


efte de fes.enf 
CC Ducs ét pouuerneurs aux ifles des hommes de lear nation { De forte que omme le Lab: 


1 0 ge qe l'Empire de Conftantinople t6ba entré les mainsdes Erénçoise Maui foit digne 
Boniface de si qüe Baudoïüin Comte de Flanires'en fatinueftÿy par l'accorde! dé sonne cclux ef p 


| nd cree de Princes et feigneurs;tans Seançois que Venitiens:l'1fle dé Candic, in lire la vérités. 


Auf Diodo 
des chofes qu'e 
deuant:s 


 Regardans d 


Lu Baudoüindonnéeaux Venitiens én Ie.de Carpar 
s. sd. de d'etxehéefte conquefte, voyañtqu crogarde ls. ç 
atpiih ineur-vers-le I 
Einclin. de vifée vars, la ( 


iers qui:dr 
M" cle le (or 
Swnstenanf-q 
rtrelcfquels.e 
+) She ef voyitcesv | | Les planeurs des Telet 
9 Koviprofque toût FOricut init qu'adièns Bit Se is 


Ù ANT" CAS PERTE: sa 16 fes ARCS A LS VtE mt : à » 
Bnces: t eau core CV'beenidme et uotigie so 10 eicoi ro MRRORueté des 


pi 


sis RE HN 

andi , (> fs 

nca pr Lu SR cop he id 4 
dos past | contraims ra 

1 pal Lie 2e on de ain&. Marc. CNE TE Mn mL Pi ha ÿ 

Aer parde bien ban aneles.gentils-bommes qui ont demeuré en 
pdieque Ie Candiocelt fauuage on ces fi ous, fn, dificaulé & ah ue sd 
tr 8 qui: vquelque. beau femblant que, faco aux Latins, ne les ayme fiÿins denue 


yepour entrer proffic, & ne: les carefle que percrainte: Car! fi la aui ; 
n frigneurs Venitieus ;& autres de par deça f'y.cenans, veulent aller vi- .Ærmes des. 


cereursamys, il ne fault marcher.ny. mal accompaigné ny Gns eltre Candiers. 


nçouuerts:veu que ces infulaires ne feillent de, leur donner delfus, ki x à 
à de mailles à le Turquie, de Simeterres &. Corfefques, où Jaue- C 
ines & d'arçz qu'ils enfoncent fort brufquement & d'vne eftrange ma- 
ere, vifansautant bien que nation qui viue ,ayant cela encor des reftes ravi 8 
jeleurs anceftres du preiieraage. Iz font richesen Sucre, Coton, Cri  : 
bil;& bons vins, l'Ile y.e@ abondante belle, & arroufée. de plufieurs Fables r rés 

iuieres ombragée d'vneinfnitéde. montaignes, efquelles on voit plu- prées dir de: 
ursruines d'anciens edifices qui fait cognoiftre que les Roys qui iadis l'Ile de Crete 
ont£enue n’eftoyent point petits compaignons, 

. «1elaiffeà part tout ce quéeft dit de fabuleux touchant Iupiter nour- Dem 
ren Crete, veu quel Lo rat tientque cene fut en celle. Ifle,.ains. en ch .cwfeff:. 


territoire d'ArchadienomméGretée, & ne me foucie de ceux de no Fables œque: 
retemps qui pour auoir veu quelque Grottefque reffentant fonantiqui: on dit de re 
éaumont Ide, fe font à croire que c “eft Je lieu où les Coryhantes tein- tels. Fahage 


lrent Jupiter caché à fin que Saturne n’enfeit gorge chaude ainfi.que, du ls 
fte de fes enfans : cartoutes ces folies font autant à croire & confi iderer, né Capa 
mme le Laberinthe & le Minotaure inuentions des Poëtes, &.non luict #hee7+Rhe 
quifoit dignede.celuy quitraitel’hifloire , laquelle à en foy relle maicfté de: vey Pret. 
que celuy eft. pipe qui i la veut voler de mpnfonge. en, proteftans.de lisse sen 
dire la verité,:. : Tab.x, ua 
Auffi Diedore Sicil..parlant de celte Ille ne fait confcience de dire f fre 5 fran 
des chofes qu'onrecite fabuleufementeftre augnues en Candie, Laquelle ben. at \ à 
ins pour allez defcrice eft temps que VoJAre les autres Ifles. par. nous 1 
deuani mentionnées... Droder: oder, Sc : 
Régardans donc Rhodesnous ka verrons auoir du cofté du Cptétrk d ba és R 
fle.de Çarpanthe laquelle donnale nom à la. mer Carpathie au. midy Pl (es, y #4 
erogarde la. citéd'Alexandrie d'Egypte : voit.la Doride païsd "AGe la che . at. pi 
dineurwers le Ponant, &au-Jeuyant ellea encprla pee À Ale prenant ::.!; 
on uiiée vers la Cilicie fiege ancien.des Caramans, Princes Turc, & des Rhudes pour 
iers qui-dreffenent | "Empire eh ges contrées.  Les.raifops. ay. “+ que inf api 
ete le font-divérfes.les vas’ disäs d'vne ER RARE ypeautre, assé tt 
sustenant-quelle farainfinommée d'vn Roy appellé Rhode d'autres …:- 1,4 


entire lofquels.eft Diodora Sicilien, siennent.que Néptune eut dvne des : 


œurs des Telcbios yne filenämécoRE hodon, peur] amour de laquelle i 
tre pô aille, d'angros:l'appellerét sioli à caufe dela Brid. quantité 
oeueté des tofes:qui y croiffuek \defquelles en Karec. ARENA 


_ et Pi Areas de ar rpi, 
# eur. Kay à il eut 

rrpurll | ires, tant sa re "| 

queh, 


+ RPM 
nb lienës de la cité Jaquel jut quel 
nine bn l'ifle trois lieuës de la cité, laquelle ab6 < que 
deRhodes, à d'autres eaust,fürteau poffible & «wo vntrefbon,& grand port:Con 
MIT bien cefteifle a'eftéiadis excellente fe pout veoiren Lequedes Roms 
“it LU I p'enuopoient leurs enfans poer y aprédrelles lettres,à caufe qu'elles ÿ& 
Xomaïho on rio C ei 
noyoyentleurs gouter la douceur de l'eloquence,&1 dbondance, & enrichiffement à 
ns ds bien dire:& fur tout l’Archireéture Mathématiques; 8e art militaire yo 
ds 28 1e Poyenttraiétées d'où aduint que les vaillans hommes y foifonné 


es Séré= ès Paintrès, &tailleurs d'Images füt en Masbre ouen Brohze, n'y mu 
#n:34. "." quoyent point, tefioing ce prañd Colofféde Bronze qui partous lé 


en quelles anciens à efté cflimé vn des fept miracles de l'vniuers, &c lequel eraucric 


ens excelleit 1e canal du port, eftant de telle hauteur qu'vs nauire y paffoit dclioé 


sad Rhodes. à pleines voiles, : :: : : : D + art ' 
Coloff derhe :  L'exeellence de.cefte Tfle àvontrain@iadis Pindare ponrCripe à 
desmiracle . dire qu'il y auoit pleu de l'or, 3 caufe que iaçoir qu'elle se faitdes p 


de L'oniters, fertilles-en viures que lon fgachesfi eft-ce que l'abondance de toutes che 


Pimdare d- :. fes n'y manquoitiamais.ioint qu'elle eftoit foifonnée en diuerfès for 
bop.sde.r. de metaux : Maïs laiffans toutes ces fingularitez, les’ guerres que 


t plus qu'en autre partde la Grece Afiatique;& où ils afoydl 


sEmpereurs 


Khodés'van- Rhodiens de'adis ont cües, commeils furent vaincus:pur bes Romain | 


que par les &eurifle prife &'affuicitie, nous dirons quelque peo de leursma 
Xomaii; ‘anciennes pour puis aprestoucher,commre en paffane lecours de fes f 


Apps À le-tnes dé noftre temps, &'c6me l'ifleeft venue entre les mains dès infdt 


æaridrhs li. lès La coufturne des anciens Rhodiors fut de le foigner du pouple : mi 
4-dés ques. non de permettre Je manimét à la multitude ainfi qu'en faifoyéc les cie 
ne comes, … où la Democratie-auoit lieu, & nourriffoyent fort foigneufement | 
‘ir! pauures fânsleur donher aicunepreeminence,à fin qu'ils n'ongédrafies 

_ 2: ‘éonfüfion en la cité, & que cftans (üftentez , ils féruiffébräu publicene 

+: 1: qui feroit héceffaire, & fur routau meltier meaee & béfôignes d 
Nulnfiten- Veur Arfenalivéu que les Rhodiés eftoyét fort puifflns pourders fur ma 
trer à l'arfe- Neantmoins:eftoyét les feign.f5ialoux dufecret dé Jeuts fortes,queil n 


lé he gr SR brel tapis que entrer fa en fécret de l'Arfenk 


éd cas quelb(altfiqu'ônile voirk pr 


des que les. & cefur peine d'y perdretaté 


deiguenrs.. fentà Vorife je: oyent toutes les muaisions de gucrro à Au ORNE 


dhoman pui® 
Alle la plusno 
ur la matedié 
hodes plufrer 
ues dela Fo V 

byons, defbou 
ace ifoes 4 


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prior LL 


sparfite de Grandeur Pa 
ra "cit 


she prb 
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rite do Komesyst:tts 
RS ee 0 
rhile oi f 


G is 
ur la maledidion dela Sr tre var Decefé pornos de del. 
Rhodes plufrenrson ontefcrit/comme vhGuillautiie Catioccfins 8e La ner 1d: rat 
ducs dela Fontaine, tefquelsie dilidéat tcdeur: POuerd lÿra afinqiie ais Géver qus em 
à: ON se rent or er et 
CRC hiÉrer. LiL00D Gift 92 he Le ST: Sn PE ras ji rs ge ls “ 


sé 
sbbiv. s. À g'itode hate 


* 


ir employé 

ét lés loix & » 

rie pays, rédre la terre labour 
t'es Pc is en ‘le dé M adere, elle 


pinduie 


elle mere d 


per Ch} éntencère hunté les fanglis defirs dés Barbares de l'A fic;veu‘d ayéss 


preféprefis\ par Teucer d'immolerles hômes,& efpédre le fang humain en'adora 


dns ant diable fouz lenom de füpiter ;ilz continuerét iufqu'àpequel'Emperg 
offrangerss 7. Hadtiantenant l'Empire A'Rorñe en sboliftis coule. Lesroys:dec 
481" fe:ifle 1à temps patféportoÿentdes abillements dé tefte; faits comme 
priensim Mitiesido noz Euefquesi&c füiuant la façon de faire des Rôys Perfans, 
molgentles: ahoyent leurs robes'lôgues; ainé qu'à prefnton'en voir vferaux 
homes. Le- &'quantaurefteilsviuoyent àla Grecquerelle futdés le commeuc 


Hanictliur.r, gouuernée par des fcigneurs & tÿrans,chacuñ tenant fon cartier del 


ehupians : ainfique jadis aufsi enefboit regie liSicile, mais les Ptolomées gouue 
Werrhie 7. FEgypte; ilz Rurenchaits foi ours de und 
P@'Françs mains:vén que cefte ifle à 
Taraphe:b} ‘énupyÿé des Côlonies et ditérélieux,8c a vn fort longtemps cor 
deérond'e- forsoutellamiermediterranée € baftyplufeurs villes en Efpaigne. 
Pagnealle- : Ecisçeirque cefteille ayé tout ce qu'on fauroit foubiaiter ; fi cl: 
ge sf. qué;oull'indifpofition dé l'air, oëlæpubition de Dicu;y caufe vne gr 
him. ité,entant-quéle: plüs fouuentil y péfle.voëfi ses 


lime 1èps, deiincommotl qu 
Sañterelles” rité de Locuftes 8 Sauterofles que dela raüititude le füleileneft oblt 


gaffent lei ty;8rouices malheureux animaux farreftent:it n'ya arbre. fruit;ny (es 


firs eh Ch 'ce,non'mefine iéé:raciñes dés’herbéf'; qui! n’en demeurent attaintes, 


pres + telle oré;qu'il femble que Te feu yayt-palé, tant faiterre:en eft galtét 
14 quey b8: :confufe: 8e neïntmoins y a ilabondanée de bled ;vin, Maure &d 
dela réligiond 


deJifle do”; sont &tepeupiéallesennrtoi 1% tjuiin ef 
Chypre 15 a le du dés Grecs, où les Européens de deça la mar freqi 


; non fans fecours des R 
d'altresfois li riche & puiflante, que cl 


isdis on apel 
iditté d'une: 
ipelagu ioines 
deterre forme 
LA lAchs a 
tion, C'eit 
heux que l'on 
ay de Gibr”«c 
fon l'Ocei: 
xs du, deftroit 
ap debonte 
e d'Eubéer:; 
M bonace: du 
Wfpefmeuue: 
iote entenc 
mperience , vai 
aitote ne peut. 
d'Ariftote.E 
Don, & ayt f0n$ 
ray, VEU que, 
froit & canal: 
fe. Ce fut là o 


7 _— PERRET 
s Minna A LLEY 
tes Empereurs Grecs predes d'a 
es & aieucs, 
quefte de 

ortéle 

en: 


it, ie Pr 0 
1h n 1€ emrude- cd 


rep. Le 
pa 


a la 2,guerre 
on, Sayt (On a À 
ion dYny, veu que, cm bru8.çe 
pa rca ezau long Thucidide en {à guerre du pclopon- pls.l10,6 6. 
fe. Ce fut Jà où l’on dit que Les Grecs furét fubmergez, par les rules de 


. 


CHE me. nüftre falat r di ayant prénsieremet envoyé 


ART ù Re, Or nid 


| gs . | . . ser . gi 
#. :LIVRSC#KOISFESME 


AA tiniapile puede ransede eaife que rrsffieifémemnonsnpiétitan 
MA a a ho ne k 

1 2 :gt8; hten'atrditpey pngueniont}difcourirfusles eut du pag 
Fertr vêi quédélia nôtre desneatfer dith-partant d Athenes 8 Lececdck 


APE éulehént dires que sopont,quiiadis fapelhoit Chalcideiéff vng 
A tm Nsébonafres terres de éQrece;en blidtsvins/& builesjobe peupli 
Pda TRY ciibre couHoïis & était, Vonhioyal diseftitn ;:8e Sboïfefñit à la Rigne 
onto de Vehif:}0de hguelhsis foëruiffoyem de boyspour Éaire galeres } 

D le ttes va peu nées de Mes, Mai Stan M 
de Nigr= metnscelty eyhéhhngemiatelqui suoi défis rninélEnipireGhreftis, 
par Grec en éonRahtieple, erufedx del uiffance Venetienne, fe faf 
her | qu'inefbélepieee,-&itrin Serra à rs Dessin * 
JP * "fon fevuice, Rt A RBabepotfedée periies Chre ions, fut L er l'a 
fon feruice, Rita Ÿ perles t pa ve 

‘hi par vw va l'atrrinéédt foh fépneur, faite dralervh porit de nauires, paffa J'ary 
Porn: | enlifie, & ahRges les Chiefiés ucofté que le moins ils fe doubtoys 


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speult vaincre 
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les Thor YOUR Sichaphebss: £ nn flo eusctke : UE 
-1#7 LA REIN AU T Htteo au hay momtés Defcriprion 
L/7 Romane, dfbeñ Europe, &'némbrée pour dr mates.… 
QT vne des parties dé Seythie, iointeraupañs de #30, 
ei ÉD Maccdône;syär vers lé Nord'& Beptétrion Le -4l.d'Eue 
(ui, RE a at rar faint Mas FOps 
RON OUT ‘George;aû midyl'ArchipekightSeau ronat 7° 4. 2e 
NN la SEE Myfie, préfent ditée Séruie, Cefte- Strabon, 7e. 


+ 


à 
PI AIN cy futrädis nôümééScython& depuis T'hrace 
# sr à = d'vn fifz de Marsan nommé de à caufe de C#4/E du nom 
MASON NPD fon afpreté,&'que elle eft fort raboteufe,;d'au * 7/74. 
ntales Greczapellent #éxr Ce qui eftafbre & difficile à eaufe de fa Quslsté du, 
delle. Ce païs,côme dit Pomponie Melé;i'eft ny fertil à cultiuer;ny de 772% des 
puce & faine téperaturé, fi ce n'eft és lietrx qui auoififient lamer soit 7?rée. 
L&affez abondant & plaifant pour ÿ habiter. La region y eft froide, & ?”< Nicoper, 
rrmal propreà nourrir & ,pduire les femiences 4 on y gette, à peiue Fy bfurent def 
ouueny pôme, ay poire, où fruit à efcorcé molle, & quoy 4 les vignes/“/: les Core, 
croiffen:, {1 eft-ce que les raïfins n’y viennent à pfe@tion, finon és lieux, / tens par Er 
bles vignerons auce des ftillards empefchét la vehemiéce des froidures, 7#"4/ ben. 
esvilles plus remarquées de fa Prouiniée furent Apollophäme, Enos, 4% 1416+, 
Sa , & Byfance , qui depuis a porté lenom de Conftaneinople de , P26/4e 
onftantin le grand,qui l'embellift & rendift plus grande, la faifant chef brefs accis, 


l'Empire fiege des Emp,& la premiere detout lorient y eftoit encor bée, Cuir 


À ï Rridthe, Lyfimachie,& Calipoly. Les riuieres plus cogneuës le Hebre, de 11.Metas. 


e 
Oo iIr 


speult vaincreny furmonter , & féroyent les plus forts & puiffans de 


efte & Strymon. Les montaignes Heme, Rhodope, & Orbele, où le Orphee pr 7 
emier Orphée celebra les furieufes &r infenfées fcftes de. Bacchus, qui 77774664" 
y cauférent depuis fa mort & ruine.Les hommes y font farouches, ru- ce nl 
s,grofliers & en gas nombre, tellement que flou ilz eftoyént foux 7 7 Rr4e 
mpire & fubieétion d'vn féul KRoy,ou qu'ils faccordaffent bié enfem- FIrE 4,608 


il feroitimpolfible ( fil fault croire ce qu'en dit Herodote ) qu’on Pomp.Mel2, 
Comme. les 


Thraccs fe. 
royens inwit= 
cibles, 
Herodot. lin. 
4e 5. 
Herodo,s. les 
apelle Draw 
fes 4 non 
T'hraufes. 
Zamolxis 
Dien des Ge. 
thes Thra= * 
crens, Strabos 


is EA 
& en ieclle autéÿenit 


k ER Léna 
lhommp Gaurois Muhaiter. Celle doctrine eut telle free que ce peu BE 
Barbare l'euft en eftirhé de diuinité, ec ay fe retira de I oi pa pri ur vo 
Terrible fe féfuanduit er taitfa vi Brand régrét au cœur de fes concitoyens qu def EEenues 
fhdemat. royentla prefence 'ercefpourquoy Il: ennoyNitft PUUEÉ ven MBBurens 
do me. quelque meer cho de es aigle, GR ehioner 
à Zamlii. ynenef et galere à cinq rames luy donnans char t"d'ad értir! Zamoléÿ 
1177 | dééequiléur eftoit necelfaire. Or l'enuoyoïéntilzen céfte maniere. ‘ 
: 'Ik ordonhoyent queaucans d'entre eux tinifent en main trois dard 
er que d'autres prenans par Les piedz , et par les mains, Celuy' qui deuol 
. aller Embaffadeur vers leur Dieu Zamolzis, le hauçaffent dé terre 4 
7,2 7 Pefbranflant fans ceffe, Je faifans choir für lés dards ct iauelots des anti 
Thraces def. fil môuroït en’ ceft office , ilz auoyent opinion que Zamolxis ant 
chnchäs leurs ouy' et accepté leurs prieres et requéftes : à où au contraire , f'il'4 
ar contre le-decedoit point, ilz l'accufoyent de mefchanceté, ct que pour ces ni 
ciel,quendil ces, Zamolxis ne vouloit le receuoir , nÿ ouyr fon embatfade: et tan , Ilzac 
© queilzontceflui-cy, ilzluy en enuoyent vn autre auquel eftañt encocingranc 
È ‘en vie, ilz donnent commislion de dire à Zamolxis ce que il2’attende vins 
Draufès  . defa diuinité. Ces mefmes Thraciens quand ilz éyoient tonnier et fobhLes Dicu: 
Thraciens ph droyér,dardoyent,et defcochoyent des faiettes contrele CieF, et menus, Diane 
royent à Le. çoyent Dieu,n’ayans opinion que il y en euft autre que celuy qu'il bat iuroye 
_maifence, &- foyent en leur fantafie.Les Draufes fuiuoyent en toutes aétions tés façilef,&r aute: 
J'houifévent couftûmes, et fuperftitions du refte des T hraces, fauf que en fa naiffandrefte desh 
.… 48 trges de des enfans, etau trefpas de leurs amysilz fe gouuernoyent en cefte forBouche’; la 
leurs parens. Dés que l'enfant eftoit né, tous les parens faffeoyent autour du berc@uils baftif 
FR .$: plourans, gemiflans, et racomptans toutes les miferes qu'il fuÿ faudrBint de vigr 
Pemp.Mel.2, fouffrir en cefte miferable vie, et faifans vn long difcours des calami@it point d' 
Solin16.Ce- des hommes. Mais quand quelcun eftoit trefpailé, ilz le mettoyentuy-quidue 
ReAag AE terre, fefiouiflans , iouans & banquetans enfemble, récitans quel fur qu'il cr 
10h. re UC 


LIVRE 


fonnoit 


22.  fonheur, eftant deliuré des angoifles de ce monde bônaireté : 
Her ts Mais ceux quife tenoyent par delà les Creftones auoyent cefte coufoyent c'eft 
Femmes fex. me, comme ilz efpoufaffent plufieurs femmes, le marÿ eftant mort, iileuft hoi 
pofans 4 Le auoit vn grand debat entre elles laquelle eftoit 1a plus digne de fuiure it garde di 
mort pour efpoux comme la mieux cherie, & celle qui feftoit portée le plus hor@ksqu'il efta 
leurs marys. ftemèént en fon endroit . & failloit que les plus proches du deffun& va Veuqu'i 
Saunages fu- daffentce different par i+ur fentence. Celle quiauoit gain de‘caufe,à netomba 
weraills des cftoit honorée d’vne telle faueur, eftoit aufli conduite parée,& atifée mc dhoit, & 


Thraciens. * gnonnement par fes parens , hommes & femmes vers le tombeau de(@bitloifibl 
Æinfien w-" mary où elle eftoit maffacrée , par celuy qui luÿ touchoit le plus en puy-falloit 


Jênt encor renté, & foudain mife en terreauec fon efpoux: où ce pendant les dalles aff 
pour lesour- tres femmes ploroyent, & deteftovent leur defaftre, d'auoir efté sriminelle: 
d'hnÿ ceux priuées d’vn fi grand honneur, & auantage, d'autant que cela ferudhit contre 
qui fe tiennèt d’vn grand reproche & deshonneur à celles qui demouroyenten vie, Mit ofé n 
press mer Lerefte des Thraces auoyent d’ancienne couftume & paternelle ordMEtatéce de 
æusur du co. nance de vendre publiquement leurs enfans : & ne fe foucioyent de filuy laifté fe: 
fé de Cilchi- guere gräd garde, ou tenir l'œil fur leurs filles à mariersains les fouffroyiBede faim, : 
de. de fe joindre, & acointer , à qui bon leur fembloit, & àceluy qui le plie Hdur a 
k . ; à f à sit | dr cs )e € 


A “hMidienar sas | Bi 
nage véboir à gré. Mais ile eltoÿ ent plis trier de La chafteté de leurs 
qui di anie, que ile schetoyenta grand fomme À Quantité d'eraio de leurs * 
“vers Rues les mar qiaut au frontauer quelque Fer, & marque à ce propre Forme she 
RU leur citois vn figne denobleffé: comme.ak contraire celles: qui a'e- are 
: d poût | DUT CCE 48 fronts: : 
llesy eo yent vendues au p us offrant & dernier enchérilléur, expo. Tarsgnerk 
pspremieretnent les plus bellésen vente, lelquelles auoyent le pris de des Thrarer. 
urmariage, non moindie que aportoit l'apreciation : Mais Les laides 1/ #27 porné 
illoit quéathctallent es horimesque elles vouloyent:auoir pour ef dir quelles e- 
| Hommes & femmes y banquétoyent enfémble aupres du fou, foent ces her 
ntans de la graine & femanee de certaine herbe für les braifes , par l'o- bessmweie Pl 
rde laquelle eftans comme efineus d'yürôgnerie, ilz le refiouiffoyenc 47. #gte 
imiter ce trahfport que fouffrent'lés'yuronpnes ‘parle default de leur pins vomple 
ei et taril Izacomptoyenit à grand honneur de viure diff, & reputoÿyent 1e Les herbèr qui 
ant: en ingrande vertu, comme au contraire ceux-làefloyententr'eux cftil Jhrophent «- 
ateendlez vilaios qui f'adonnoyent à cultiuer la terke: QUES mec le Jiffus 
ser et RéLes Dicux que ordinairement ilz honoroyent, c'eftéyent Mars, Bac- migatin de: 
T'; et menus, Diane &e Morcure,que ilz adoroyent en grand'honneur & reuren: de enr Je") 
qu'il bat & iuroÿent pat Le dernier;à fçauoir Mercure feulement, l'eftimans ke mence.Piex, 
ns tes facile, 8 auteur de leurs familles. Ce peuplé excede'en grändeur & ftaturé Diof.2 de lé 
fa naifndirelte des hommes, aÿät les yeux azurez;le vifäige, & regard fort her, & mariere mcdÿ 
 cefte foouche ; la pardlle hôrriblékt mat plalfnte, et qui font de fort longue dk. Me 


du berceils baftifenr leurs maifüns baffos;vfent de mefme pris aux viures, n'ôt Dir le" 
uy Faudrint de vignes, & abondent en fruitage. A l'elcétion de leur Roy,onn'a FL 7hre 
es Calame point d'efgard à à nobtelfe;nlÿ pratideur des maifüns, ains l'éportoit . Mr me 
nettoyentMuy-quiauoit te plus dé voix de la multitude; veu que lé peuple eflifoit HF de Thrace 
s quel fur qu'il cognoiffoit bienmoriginé, & fortrémarqué d'vne ancienne Ærnobie li 
7 bônaireté & cleméco; quelque grande viéilleffe qui fut en luy, Mais ilz 4° contre ler 
pyent c'elt elgard,queleroy neuft point d'enfant, ear Fils entédoyent GélYThré 
ileuft hoir ; il avoit beaueftrevertueux & debonnaire, que on n'a- cscfimpent 
Mit garde de luydonner la principauté : voire que fil eh'engendroit de- Mercäte [ôr= 
isqu'ileboitimisen dignité ilzne fairloÿEt de le depofer de fonlauto- #7 de leur” 
EVeu qu'ilz ñe sr #8 autre choft finon d'épefcher quele royäu- por. ‘Here 
netombaft point en fucceffion & heritage de pere en fils: Etquelque #f. f. 
Mrdtoit, &cquitdble queloroy fe môftrait, fieft.ée que du tout ne Iuy Fleéfre des” 
Bhicloifible, & ne iouilloit point du priuilège de fouueraincté:& pour- r9: deThra- 
My filloiteflire quarite Côfeillers pour luy affifter;afinque feulilne æ. - .” 
dt les affaires deconfbquence,& {ur tour ne getraft fenrenceës-cau- /nges feux, 
riminelles Que file Roy:iefmetomboiten quelque crime, on pro, po#r 4er? 
bit contreluy, &:eftoit punyrigoureufemit demort,non qué perfon 4# A9 qe 
fu fi ofé ny teméraire de lé rouchoron violer, ains parle côfentement Thrace. 
orlintéce detoate la muültitude,toure chofe neceffaire luy éftant déniée, Mort cruelle 
y laifté eul,eftoit en fin contraint de mourir imiferablementde male des Keys de 
de faim, Lesgrands feigneurs y:eftoyenc hoïiorez de telz obfèques. Thrace mal 
portoiten:placepublique lecorpt,ou par l'éfpace de erois iourstuas #48 
rfes beltes pour Le facrifice,izibanquetoyent, & filoyent grand ” 
z ij 


oyenrainfi Aprenstoy eut ratés po viles,& roturiéres. 
d | 


*: LIVREYRS 4 aa yat add 
ren ln (ogg Ra a re mat re vs 
sur des plufieurs jeux & efbate, ouffes , & tourn0ys. qui ar 

ten, … fréquent cftais la Monomaghie, c'eft à dire le.cambat fingulier.d vni 
ns Be une vnautre, Lesarmas& harnoys un deviey nn qu 
dia. Darie Roy Perfam pla lHiolofpant alloy entais Pere cie 
Ærrtsefen: dote, vn morion.ou heurguignone faite.da peaux de Repardsiveltus à 
ie chemmifesspar fus Lefquellesils portayentdisersfayes & pourpaintsu 
fiues des T ra pieds iambess des chnufles faites de peaux de Gerfs: Be hésmoy 8 ch 
ces. ureplx, portans des dards  isualots » & petits boucliens-faies mani 
Diusfan des; d'yn croiffant qu'ilz appelloyent Pcles, & de petit: db ph Son 
Cantés 2. ayder:y yénansaux prHésaueg J'annemy.érauoyent ad angags q 

Thrace: Pa les Soyrhes leurswoibns.Plinesentans lo pañs da F brece foie duift} 

Pline. 4." party es-cinquantabandes & cartiers,côme L'on diroit à prefent:les cu 

Darie pré: tons des Syilles : mais.crllg consrée quiiadisFapellojt Gethique, & 
quedeffur.en Daric file d'Hiftapes Roy Perfan cuida <ftre deffairauec fonarmée,d 
Thrace. lus. celte que àprefeutonnomme Valachic,ainft ditte des Flacces: Romy 
fx; 2.1 ., quiconduirentA.wne Colanis, &ainfipremierement elle portoi le ns 
Diet: vif. le de Elaccie, raais depuis d'Vn morcorrôpuMalachie:Ge qui encese: fn 
made Halar euidemment en cequeleus langue proche fort'du: Fate, ais:fi con 
Ce ss, pu,queà peine 6-fjaurait vn.Romaïs tirer fignifouge quelconque. f 
Caraéteres La v£enten cfcrinantde caracteres Latins , la-forthe toutfsfois aucuriem 


Fins entre, es huerfe deicelledesnoftres:mais quant aux ceramoniss ils fuiuét.Jà 154 
K rs 


RÉNTPE de faire desGreez:, 9213.14. 005 nor $.omivob; 
Celequses .:. Les Daces puisapresfe faifirantdela terre des Gethes:: dis nom d 
du-fet Pace quels élle futapellée Dacrs mais à prefent Jes habitans font defdédusd 
cantient a fre Alemans LSiçilienss &-Valaches. ‘Les Alemans y: furent ernoyer | 
ent la Traf Charles le grandi; jors qua!il chaffa les Saxops de leur terre en mani 
DlvemeRef vas Colonie en eella:tere: Thracienne, &-fapellela Prouince des 
Pre SéMErE hommes vaillans en leurlangue Seihemburg,à cafede pt villes qi 

éljarie. :. tigpnent en leuriurifdiétion,. Les. Sieules, ou Siciliens ny font ve 
Seshemburg. del'Ifke Siciliennesins font Hongres, & de cesHuns trafindiens qui 
dla regie prerniess Fasrefterent en cas lieux, désqu'ils fortirebt:de Seyitbis:payst 
ditte Septém leur origine. 1 02» 00 et 


:imouŸrdmotss: 


Gfræ si: Entre les Valaches noir deux Gi@ions, à fGauoirDagples, 8: Date 


Dan + ou Daues:8c 'efpourquoy les Comiquesiadis(ainfi quetieniiét sua 
Géthes noms Grecz )Vfurpoy ent ces mots de Gethes & Danes,introdhifans iquelqu 
d'efflanes é efclayes en laurs ieux & Comedies Les Dragules ce ls -meioire de 
Gomiques.  peres fe voyaus foibles & infu fans detenir teAedux Dünes, apehere 
S'éraloss: li pour fenpraualair lesTures à leur {scours, lefquels ruinierent dui tôt 
#re.7s... | laracedesDanes, Bien eft vray que Lean Huprde:homme vaillant, 


C'eff la Trés- grandiCapitaine,deliurét les Dares dece peril; fan fit feigneur & Rd 


Lluanie 9. dela terre. 


tant, & porté Los Val 


\ 


Chrefienté. payoiéttribut une foule fois à chacin Roy venattà lucourône;&r. 


bes fadonnentàlanaurriture.des Befbes, &raulabourage:t 
deruine 4 l4 qui monftreaflez. aifément ; d'okeftremque ce peuplex prisorigine. Î pe! Gotho fe; 


brode éoooo 
cher en bataill 
Le pres 4. 
feftendiufqu’ 
quec les Ruilie 
ourduquel le 
gufe qu'ils ont 
pile: Tadis à pe 
Hsfetenoyent 
fuuagine prife 
joù la lafleté! 
k falement dc: 
les empefchc 


E { 
: Des Goth 


EN mes 
4 dif 

ANS 
N MOT à 
É LE xt 
ù yable, 8e puif 
l'Empire de. 
es. Etauant qu 
révai Hart: 86 11h 
afon'qué nous 
icrfité de leurs à 
dtelenezd1a ve 
ons l'octañion 
Ufrénces nôusic 
qu'il en pente 
dinan d' d’Auftri 
tndus: des: Aile 

Mèerans: tie 
fils fo yéne def 
raütenr-quelc 
rch és qironlays 
que Beat Rhe 
ie de Scandie, 
ais Jar 51 n’y au 
*Mbftouites ne 


4 } 


CAMPETVENRPEPH UV Dr 
donnäntvn bœænfpour tribut & hommage, qui montoyent,sunom- Tribnt drimé: 
de Goooasou d'auantage.Entr'eux c'eftoit crime domoit de ne mar-##x me des NE — 


[PRES 


ii où la laffetéles contraignoit fe repofer, & viuoyent & mecaniquement.chp:.7.8,g7 


»* 
ni 


s A falemenit dicauife de linclemence du Ciel: &:nonobftant cefte rigueur 9-#40.9, :. 
& tie empelchoitd'allertoufioutstefte defcouuerte. Lo pe cd Etes, à. 
ée,d e- { 4 fl ’ ah tie K LT, ii , ŒUUTES ÉY 
Deco, de leurerigine;mœurs;rehigin co conquefies. Chap.6. if 


RAY ('Autärque l'auteuriqué nous fuyuons à icy.-faitment :... 
on NN 5 di00 des Gcthes, que plufieurs eftimét eftre ceux que ;, à 
se SR CEE Les anciens apcllent Goths :& que luy mefmedlaité y} pr 
n 1% NS 7 mew pourfyuantie cours de forœuure Phiftoire des corhs ep Lee 
RARES mœurs de ces Goths, ie n'ay voulu frauder leledteur je. 
2 te C' quin'ale moyende Iyrela diverfté: dés hiftoires ce { Le 
TROT eles anciens & modernes ont .eftimé de,céfte cf+ - 


02 


hk bles buidnte dacion des Goths;laquellezcfbranié;)furtôute au ke 
hél'Empire de Rome& parties d'Europeles plus gaillardes: 8e guerrieb :. 4,4. 
es. Etauant qu’entrer en celle partie qui-proprément:portekecnomi dé -.\ 5, 
évailant 8 1hiftre peuple erqueiémefforec d'end'efdrire:te païk c'eft EN 
dfon quenous voyons les-difficultez: deshiftoriens,er-amenionsia di= 1: «4 ” 
ierfité de leurs aduisfur ceft affaire à finique plus à noftre aitè,etfans tou - 41 
de lenez dla veriténouson donnionsquelqueïugementfeionquémeers  . 4,1, 
oisl'octañionlepommoinofirirterGletéps,quieftiavraye ghide dessoc: bot 
éfrénéesnoôusien-pourrs faire fages, Rns:queperfünuefbit intereflééh 1,3 y 
Ac au'il en penf@ L'me fenible auoir idu dans Eazichiftoriendur Roy Fer: £x lg oies 1 
linaid'd'Aufriehe qui depuis fut Emptreur ;:que les Gorhsfontdele de emne | 
éndus- des Allemans; mais Ccla'cft auec auflispou: dérräifén comme sens dis 
'Mernans: tiennent que: les François ont: phrville originé ;'à fauoir su.) 1 
ls 6 ÿéne defcendus.de la hation Germaiiquerei-queivousnetrou pus phmS 
irratenr-quélconque qui foir diphadenominyhomme del gtand re g,j'hy5f: de 
Eches quFenlayt donnél'affeurancetollequedeqaifün; fi ne vealtdire porn 
bque Beat Rhenah mintientonlepré@eéldés linres:deProcope jque 4") 


ile de Scandie:, où $candinauiefoit des apartenahces dela Glermanieg ©} ut, 
puis lors il n'y avroitrien d'incôuénient que,8s kebithuanienss Rules, Pr, 
. 1 Mbftouites ne fuffent compris encofte-defehi peion.: Quont à ponfen de.Le gnemrd 
Mis Goths foy£tcots-niefmoqueiadison sppelloitGecises, encore Gorliquex à 
Z ii 


/ 


Ge DB: L'VROP Ke: | PA 
ntpir raifonictnon à la:volée ; ainfiqué:font vn tas d'ignorans ; qui 
Pire tele penfc,et fans entendre:les dimenfions ; np et 
fois dementir les anciens; et inger des mefüures où iamaisils ne fceu- 
Lentque vault leimot de: degré; moins l'experionce: d'iceluy Globe 
de laterren tif 6 Saoue HS DUO LE din RTS EN QU 126 RAT 
Cegrand païs Oit illfle ; outerre ferme contient'en foy trois royat 
nes allez fpacieux ; "à fçauoirdes Goths ;Sueces & Noruegions quoy 
ue Procopie mette 13 ‘nations & chacune gouuernée:de fes Roys &c 
>inces , Mais nous deduifons fimplement ce qui eft de general comme 
ayans en deliberation:pour'le prefent d'en d'eicrire que:les ‘façons . 
de vie, qui font prefque femblables, que fil y a quelque diuerfiténous :--: 
bfcherons de la dèduire.:: :::::: ; julie in ete que 
Les Goths felon lesefcrits des anciens ont elté , & font encore des : 
lus-beaux hommes'de la terre rous bien proportionnez , ‘& de fta- 
redigne & d'eftre admirée & loïée : Car lors que Belifaire conduit 72 Procope , 
inige Roy des Goths & plufieurs autres des fcigneurs: de cefte na- le.3.del hnffes 
jonen Conftontinople , il n'y eut homme en la cité quine feftonnaft r* des Gotba 
hrde la grandeur que de la beauté, proportion; lineamiens & bienfean- «de leur beaé 
du corps des ces eftrangers. he uito té Suetonees 
Mais entre tous ceux qui efigient naiuemsnt les traits d'vn homme le vie de Ca= 
eau en toute perfe&ion ; fault lyre ce que Sidonie. Apollinaire en gwk:cr. 4 
ferit à Agricole parlant de Thodoric Roy des Goths : duquelilfait Aiergmes 
aftature moyenne ;ny trop grande, ny:trop petite, fa tefte ronde en tar: S#%1e C7 Fr 
eur, les choueuxcrefpes & blonds, lesfourcils gentiment voutez dé telle, :.... 
oil pendant’affez bas , & les oreilles ,àla façon du pays ; couuertes Snis Ale 
ke fa pérruque “lenez vn peu Aquilin & crochu ,lesleures fubtils fans pelinare bi. 
op de carnotité ; & la barbe fort efpaifle ; laquelle toutesfois il fe fai !* Epse2. 
oit arracher: la couleur blanche , & meflée d'vnhonnefte vermillon, 
entant fa honte & modeftie:& en fomme le refte reprefentant vn chef 
iu'œeuure de nature : en quoy il recommande la beauté ordinaire qui fai- 
bit ce peupleadmiré de tous les autres, | 
Quant a l'accouftrementils eftoyent fort brâues & pompeux; veu | 
eles feigneursalloyent ordinairement veftus detoile d'or, mais les F7 
tres & le populaire fe couuroyent de peaux & fourrures fortriches, ps ps WA ue 
Evan qu'encor pour le prefent en vfent tousles peuples feptentrionaux: . é Hess 
Bus oyons encor Apollinaire exprimant leurs habits lorsqu'il parle de puni à 
jgifmer Prince du fang royal des Goths, &:de fon equipage, qui dit ainfi pe al n 
on Domitie: Toy quite plais fouuent à veoir & les harnois etleshom-, Nr al 
es qui faccoutrent proprement des armes, ie fuis en doubte, voire ie ‘" PPS 
fe:en mon efpr'it le plaiftr que tu euffe pris voyant le Prince Sigifrner 
kit etaccouftré à la mode et felon la couftume de fon pays. 
Deuant luy marchoyent des cheuaux bardez et chargez de pier- 
ie qui reluyfoyent dohnansvn grand luftre à fesarmes : etce qui 
loit leplus'gentil que il eftoit parmy fes gentilstiommes à beau 
d'comme:eux ; et ayant l'habillement d'or et de foye,er à c'eft 


» 


nement. an: voyoit-vne grand-blancheur accompagnée d'vne viue 


DE L'EVROPE, 93 
on &e tel que fontles Atheiftes .& heretiques qui font vneidole de Methotin ma 
leurs fantafies : ce galant, eftoit grand magicien comme tout ce peuple gic#en «doré 
fertentrionala efté adonné à cefte vilennie & deteftable faperftition , le- peur dieu, 
ueloccis parle peuple, emporta neantmoins le nom de diuinité : tout Froé autre 
infi que Froé deuant l'idole abominable duquel on facrifioit les hom- #4gicien fe 
mes à limitation des Scythes à leur Diane Taurique, eftoyent encore a- Fafat immo. 
orez Vagnofth & Hadingue, commeiadis a Rome & à Lacedemone, br Les hômes. 
aftor & Pollux, ainfi que deux fouuerains compaignons de Thor, & , F4gns h, 
Dthim,prefideans aux guerres, & departans les viétoires.Roftich lequel 7’ Æadin- 
sourauoir furmontéde fon temps toutautre en la fcience des diables, fut ge dieux 
mis en pareil ranc qu’vn Mercure à Rome,en Grece,ou en Egypte. de la guérre. 
Roftar fut dieu aufli cruel qu'Othim,ny Froé,d'autant qu'on ne le pou- que » dien ‘À 
pit apaifer qu'auec l'effufion de fang humain, de ceux qui eftoyent vain- des rues. 
suzpar les Gothsen-bataille.Ie laiffe à part les folies qu'ils eroyoient que Refar dfime 
esvns dieux chaftiaffent les autres, veu qu’en celails fe d'A PAL a- cffre Saturne. 
pireftéinftruits en la fotte ; & fuperftitieufe religion, & foy des Grecs Opinions que 
ciens, & qu’vn ayant fait quelque faute eftoit chaflé des Cieux , ainfi Les dieux caf 
qu'on dit que fut Apollon par Iupiter , ayant donné la charge du chariot Jafént l'un 
du foleil à Phacton fon fils. Mais leurs Rerifices eftoyent autant cruels l'awfre,voyez 
qué mefchans. & abhominables:veu qu'ils fuffoquoyent vn homme dans les portes 
ne fontaine voiline du tempie, & puis l'alloyent pendre à 14 prochaine Grecs @- la- 
orelt, l'eftimans pour auoir efté la plaifante viétime de leurs dieux que fins. | 
luÿ mefine fut mis en leur nombre : voire les roys, fi le fort tomboit fur -Æpe/o pur. 
ux f'eftimoyent bien-heureux de mouriren cefte forte. Etfutiadis ce #2 © haffé 
peuple fi fuperftitieufement miferable, qu'oyant tonner, il penfoit que du Ciel. 
d'autres dieux f'attaquaflent aux teurs, & pour cefte occafion ils faifoyent . $ acrifices 
agrand bruit &tintamarre auec de gros maillets de fer, fur des vafés de des Goths [ème 
Bronze, tafchans d’imiter par ce moyen les tonnerres, & eftimans ainfi blablesa ceux 
ciurer leurs Heroz de la furie & affault de ceux quilesaffailloyent. … des Thraces 4 
tdura cefte folle façon de faire iufqu'en l'an de noître falut. 1130. que lewrdienZe- 
agnus Roy Goth abolift cefteçcouftume,pour laquelle il fut eftimé du "wlx#. vo 
euplepayen, comme facrilesue, &.ennemy des dieux, hay & maudit de # erod. 4. 
out le monde. Goths imitas 
Allans en guerre ils facrifioyent des cheuaux comme les Scythes, l'ayäe de forserre er 
pris d'eux , ou l'ayant monitré aux autres, & en portoyent les teftes au P°#r7#27. 
jout de certaines Perches;ou Lances,auec vne grande entr'ouuerture de tt Key 
agueule,comme fi la befte vouloir engloutir quelque chofe. C'aefté pi- Gnfhs affa cel 
idis, devoir comme fathan tenoit.ce miferable peuple efclaué en fes L faperfiirio. 
ens,.& comme iufqu’aux fimples femellettes en tout ce païs Scandina- TeMf ce care 
ien il n'y auoit. perfonne qui ne fut eftrangement adonné aux charmes, fer Bor eal a 
nchantemens & forceleries:de:cecy, à caufe que Iean, & Olac furnom- #/° prefque 
er grands ; tous. deux Goths, & euefquesde la cité d'Vpfale en leur "/mesfaços | 
ais,en ont allez parlé, & que tous les biftoriens tant facrés que propha- 4€ fare... 
sont amené plufieurs exemples.de.ceschofes auecl'effit ({ quey qu'a Seardims- 
feurs & cauteleux)de telle fciëce, nous en pafferons outre, & pourfuy- #iens fes a. 
onsçe qui cit plus plaifant & fortable pour noftrematiere, En Scandie #154 re for 


TN MIDE L'EVROPE! * 4 
j Cepéiple adore Je teu & les ftâtues Sepianes adonné à: divifiation, Ze/és «der - 
onime celuy qui predit les chofes qui luy doiuent aduenir tout Je. long ?4 ZePpeñs 
aujour par le rericontte de la premiere chofe quife luy reprelente:ils ob. 1 Mahal 
uentforcréligieufèment lenariage;& font:ialoux au poffibles & en- :: :: ;, 
hinteurs outre toute foy; filon vouloitvons:en deduire-ce que ceux, Diuinatins 
Life difent l'adoir vou, en tefinoignent, Hi el a0D 164 ridare A 
Écepeuple vie fort pacifiqueméent ; & quoy: qu'il foit furieux, & fort 
silant en guerre! Geft-ce qu'ilaÿmela paix, & fimplicité, deteftanc la S'Ple ce: 
Lnoitife, &'ne fçachantque c’eitque de larcin ou pillerie , ny-voulant/c'e%r dés. 
rien frauder fon prochain; :::::.:: 1 : | # … Edppens.0l 
| ‘Etayänsbefoing de biens portez d'ailleur; ils y-vfent de permuta: lin. 4icha$a 
son & Change fans dire mot ;’mais tout leur trafic fe paflant par: fi- 
es, ou l'or &: l'argent ne feruent pour l'achaft , ains auec des peaux Mar chandifé 
rudeufes efquélles ils abondent, des draps , toiles, & poiflon,, ils a- des Lappont, 
went ce qui:lout-eft neceflaire, comme Een: & fel-ou.le poids 475 en v- 
ju mefüre ; ains l'œil y faitle pris ; qui eft, comme-'ay dit, d’vne cho./ésf 4 Te- 
ourautré;'& honorent fort leurs Bergchara qui font les luges & Pre: Pr4re; ve 
dents pour Jésroys de Suece &-de Noruege;qui font fcigneurs chacun P lbs. 6.c.2à 
iyncofté de la Lappie, : bnes 
: Leurs foires fe font ordinairement fur les Lacs glacez qui dure-la plus ete la Lap=, 
rtde l’année, & fur toutau Lac gelé dit Meler, & cefte foire commen. Pfé« à 
«dés lesroys &:1à files chofes tendent à la guerre, ils n’ont garde dè 
jen vendre qui foit bon pour les viures, tant ils font foigneux-à-pour: Foires desLap 
ir à leurs affares.Contraétant leurs mariages, c’elt par le feu.que le.fi- PS: |: 
een eft donné le tirans auec vn fufil de la pierre; figaifians! par le : | 
cu caché on cecäitlôu lasviue & ardente liaifon de,ceux qui font, con- et de Melen 
dE ints par cé lien indiffoluble, Voire ceux qui.font Chreftiens font fi 
nd compte du: feu; qu'allans efpoufer à l'eglife il n'y a aucun, qui M##4g° des 
Meporce de beduxciergesallumez , qu'ils offrent au Preftreauec de forts Z4/Pons Par+ 
fches dons & prefens, | ::: Y ñ 3 3 lla noi) lefen. 
pi vetent leurefpoufée de martes fubellines la mettans fur yn! Ran- :: :::-; 
ifere paréite mefrhe, &:la conduifenten chantant & dançant à la-mai- Ceremonie 
ii: & couche de fon efpoux :iequel eftant.veftu de-peaux de. Lou- des Lappons 
iier  cheriffant{'efpoufeaucc grande honnefteté, & auec tel refpect, Chrefrens. 
plus (peult cftre)quene fonc les Chreftiens les mieux apris 8: ci- 4#*14/66te 
Hifez; : 10:58, 4155.51 : ; Le \ \ 
: Leués dances. qui. fe font: de nuidt, à: caufe. qu'eftans fous l'afpreré P474ryfet 
i'fptentriôn ils fontla plus part de l'an en:tenebres continuelles, des Lappota. 
mme :auflé vnerautreipartié ilsiont:le:jour qui-leur fait ordinaire 
hité leurs ‘dances {dis-ie )no@turnes.font fort eftranges., car.ayans 
aiquetté gaillardement:; ils ont des ioücurs d'inftrumens. qui, chan- 
nt & Lonncñt aukc vne: façon-fi-piteufe ,:les geftes, dé. leurs ancé 1: 
res & tes proiéfles des Princes & Geansi de, leur.païs..que plorans 
igemiffans, 5! 80 vrians-bomne-faibs de quelque tranfport {6 laillent : 
le parcerre vous eferdug, & comme eGenoiisyBtout aufsi tait les 11, 
meurs recominencéntiour chantplus gailard ; anieafit fueier de: 1 
D | 


Aquihfén “| 


DE'LVEVROPE. . os 
dueons, & Gothz Bithoniés,& Noruegiés, font prefque vfans de mef- 
mœurs, quoy que gouuernez/bien fouuent de diuers Princes, Reue: 
os doncaux Gothz lefquels de touttempsont efté adonnez au fait de: 
uerre, & tellement qu'il n'y auoit quérelle.g ne fut vuidée p res c6- 
comme aufsi il a eftéobferué, & par Îes François, & par les Alémiäns, 

va ce que & les Papes y,ont pourueu par decrets, & les Roys par or- | 
knances voyans le preiudice que cela portoit à la republique Chreftie- Loy des Get 
Entre les Gothzlaloy y eftinuiolable,que vnhommeapelléau c6- Jar les coba 
par vn autre n'oferoit le refuier,que fil le fait, outre à il defchait de /ren legrad: 
droit,encore eft-il infame,& defgradé d'armes pour toute fa vie. 


ù 4 


en chariot, ou coche , tiré par des cerfs à ce accouftumez , ainfi que 4#i/ par des 
usfaifons conduire les noftres par des cheuaux: & n’eftoit permis à pas ‘#7. 
de fvfurper la royauté fans le confentement du peuple, quiapelloir à Cemwwe les 
fredignité ceux qui luy fembloyét plus dignes & fufffans:&cainfi quéd As /ônr ape 
enfns du Roy decedé, fe monftroyent vrays fuccoffeurs en vertu de lex alfte 
rsperes,on les eflifoït aufsi pour.eftre Roys, & fi au contraireïls dege. é#fre- bee, 
royét vn autre meilleur, & plus prouffitableque eux, eftoit mis en leur Gethx. 

ce. Etauec celte fagelle en l'election,ils ont iadis fait dé fi belles & rè- 

rquables conqueftes,aufquelles à beaucoup aidé celle grande fobrieté 


ompaignent ordinairement ceux qui fuyuent le meftier genereux des 
Unes. Or cftans Scythes ausi bié que fonties Mofcouites & autres leurs és. 
ins aufsi auoyent ilz etles mœurs et la vaillance des Séythes:dequoy Parque en 
vante Atéc roy des Gothz,efcriuant à Philippe roy Mucedonien,quäd Le vie de Phi. 
di, Tu commandes fur les Macedoniens , hommes nez, et vaillans aux lip. Atéeroy 
mes,& moy fur les Scythes qui fauent endurer la foif, & la faim quand Goth 4 roy 
befoing. S'ils ont en rien efté moindres en courtoifie, que pas aucu- Macedonien, 
de ces nations qui femancipoyent iadis du noni & tiltre de Barbares, 

ans &iuges & parties.en. celte caufe, ie fuis content de m'en raporter . 
iugement de ce bon Eueique d’Auuergne, Sidonie Apollinaire quand sde. #pelli. 


s 4= 


quireffentift fa fuperfluité, veu qu'on n'y M nn point vn fommeil- epyf. 2.4 
rn'empliffant les tafles fe pourmener à my-trifte à l'entour des tables, Agricole. 

is tout le plus grand ornement du feftin, c'ettoyent les graues propos | 

pus. durant le repas,tellèment que,ou l'on gardoit vn merucilleuxfilen. 

ou l'on y difcourait des chofes ferieufes & qui eftoyent de gräd côfe- 

jence : et ou les viandes cftoyent plus exquifes eu efgard à la gentileffe 

jcellcs;qu’à lafi SH prisset en fomme,dit ce bon Euclque, vo’ 

noyez la féance des Grécs, l'abondance des Gauloÿs, l'Italiéne foudai. Gerh7 cour 
Mvoc pompe publique et priuée diligence et vne modelte difcipline toys c° mo- 
ae Prince. Si les Goths ont ne fi Barbares que aucüs les opt paints, ie ne deffes. 

ux d'autres'tefmoins que les faints'mefmes-q ont vèfcu de leur temps, Foy s.L44- 
me $, Auguftin,qui és liures de la cité ds Dieu en faitle difcours aflez gm/fciré de 


Mon hitc aux Gothz pâtes menées de’ Stilicon: et'que on voye aucc 1.hure, : 


li.2, chap. & \ 
squeles Gothz ont roy deleur natiô,il eft fort'honoré, & fe fait por: Chariot. comm 


Miles rendoit Jouables;fouffrans aifement toutes les incommoditez,qui Gethz, fêbres 


ditique les Gothz lesiours des feftes venans à banqueter , ne faifoyent maire lin.r, 


iple parlant d’Athanaric qui faccagea la cité de Rome à éaufe de latra- Dies. rant le 


(+: 


D) | 

Ma trifons inipérialés:foïnt que VoÿAs puis apres qi fiétéaié Po nie; 
ur Peméciper de velle léruitüdeseftahs les Empéreurs detenus en guer- lave |: 
conte les Afemants, ilz foirentcéfte Belle éntreprife, Et la plus grande d'Æirelian. 
gente nectiliré de cé faite, Fur que fes Hans eur cbr RPILE AA Ve Arms 
er par Balanbér, agile pouuans refiftet, pour anoïr pérdu Iéur roy Marcel 31, 
linarie, laifférent la Trandfylanie cé Éornigrié, ay is obreau dés Emp. ©'Claid. en 
ifentinian et Viens lé paÿs de Thraces fou tilrre de tribut perpetuel. Le gwerre Ge- 
is Eutrôpe elt d'aduis contraire à éeftui-cy'et raporte:cé changement #hique: | 
pays à la diféorde qui Fut mené entre les princes Goths Fridiger et Eufrope lit. 
Wlerique, et de laquélté difcorde fut caufée ladifference des noms dés P4nmie def 
hz,en Oftrogothz,& Vifigothz; les vns nommeziorientaux,et les au- le pars d'A ä= 
 Goths dé l'occident. Leurautre &cinquiefine retraite fut en Panno- grec 


wSeruie,Bulné, Raftie & Bülgarie,efpancanbtellément leur puiffah- d'Æwfriche. 
ue du cérhps de Theadofe leieune’ilstenoyentprefque toutl'Empi. y Spartsan 
Poccidént en mainsiufqu’à ce que Attile Hun les farmontas mais luy. &17rebèllee 
Led, ils frémanciperent delà fuictrion de fes enfans & coururent tou- Pelion eh. Le 
l'Efclauonie, failans alliance aucc les Romains aufquelz ilz donnerent wie de Gélien 
ours contre les Sarmates; &ctenoyent tout iufqu'au lieu oùà prefent Emp 
poléc la grande & riche citéde Venife. Lo PRES pop S'idanie 2 
Le fixielme cours des victoires des: Gochs füt-en Italie, enlaquelleitz ex Paneeré- 
hdrént à diuérfes fois: Premieremet fouz Rhadagaife, homme felon & 44,6 Elan 
olatre, contre lequel lés Romains apellerent les Huns à fecours ; mais:474 41Panêgs 
Min qui né voulut que ce tyran vine à one fes deffeins;qu'il auoit de ponr Honerie 
iner l'Italie,& côfacrer les corps des fien. ”*Dieuxleruina , &lemie Ewmpe | 
tre les mains dés féruiteurs de l'Empereur. Le voyage n'ayant fuccedé Siviefme. * 
Radagaife, Alaric Roy des Vifigoihz vinten Italie, regnät Hônorie,ie ceurfédes Ne 
el Feit vi éftrange fac dé tout ce beau pays, l'efcole iadis de toute ciuili- Gorhs fé en 
finteté & courtoifié; lequel prift & faccagea Rome, ians fouffrirtou- Zralie. 
foii qu’S'feit aucüne violéce, n'y aux faintslieux,ny à ceux qui eftoyét Foy /e4 Da 
l'ordre evélehaftique,ou qui feretiroyent à garant dedans les Egliles. maftene aufs 
Letroifiefme yoyageen Italie , fut par Vicimir foudain apres la mort plemët d'En 
Attile Hun, mais adoucy par l'Empereur qui luÿ éeit de grafis prefens trep.e Panl 
ifant l'Italie pañfa en Gaule , & feioignancauccles. Vifgoths Print diaces. 
I& éz Efpaignes La feptiefmé & derniere arriuée en Italie, fur selle de De Ridages. 
heodbric fouz Zén6 Empéteur: Lequel Theodoric'en ayant chafé ()- fé encor Jean 
acre roÿ dès Horüles y fonda l'eftat,& repos pe nt iufqu'au temps grd li.1$. 
Juiti ian le grand qui Jeux donna de grands aflaultz par BelliQire..&e c.7.Rome pes 
“tres fes lieutenans, iufqu'à tant que les Lombards en chalferentJes reli- fépar Ale- 
As : &'ce pendant Vidimir & Valliefeftoyent agrandis és Gaules, & rich.fidimir 
pigne. Mass auant que paffer outre:ie ne veux de tant Aatter noz anna- Roy Goth.uoy 
ss François,que € leur accorde vne fi extreme puiflance pour les pre- jor,Sepricf= 
Es Riers roys fortis de Pharamond, que il femble qu'ilz vuéillentemançiper we core des 
sue corps Gauloys, d'autres coureurs. que de seux delquels on nous Geths, Cufir 
panne, nc (çay à bon droit, lenom prefent, comme ain foit.queies emitro l'a de 
sBothztinffentia medleure & plus belle partie des Gaules”. ÆEt qu'il foit grace 482. 
y, ic püis alleguer plulieurs hiftoriens, comnie fornandez parlant du Pad dis. li. 


tabe. 


“Fälie @ Pi- auf feroyent Tea & Olae, tous deux euéfques : fi encore vn prelat(à 
-dimires Gas & croyable & Gaüloys de nation, à fauoir Sidonie Apollinaire, ne ms 
Le © Æffai-donnoit alfeurance , & ne mi faifoit vn denombrement des païs vi 
gre-leam D4 en Gaule par cefte nation Gothique. Or voiéy comme ilen efcrit à 
maftenea# Euefque. Cefontles Auuergnats qui par leur gaillardife & propres 
“faplement de ontfouuentrefifté à la force & efforts des ennemys publiques. Lefy 
Eutrpe. ler- fe voyans afliegez parles Goths ne fe font eftonnez'en forte quelcons 


| dde. Æpl. Agrece AcheuefquedeSens : maisefcriuant à Bafile il ff pecifie mieur 
1.G.epif8. mieres, difént Et iaçoit que le Roy des Goths foit tèrrible à caufe de 
*«Ægrece Ew[ Forces qui font & grandes & efpouuët1bles, fi eft-ce qu'il me fembley 
ge de Sens. ne fait pas tant la guerre aux loix & puiflance des Empereurs Rom 


Ç-- 


des Getbx; res les Goths tenoyent en Gaule poffedans la Gafcoigne, perigort, Roi 


9 ; 


6.Blond. des, Roy Rhiotimie gouuernantila/Bretäigne, & tenant le party desRom il 

1./ 3: Odoa- Jequel fut vaincu par Euric Roy des Vifigathz’, qui tenoyent ync pr 
..cre f'éffoit : | des Gaules, & lequel ayät sr à fon ennemyiufqu'en Bourgogne ' 
s fait. roy d'I- païs cftoit allié des Romains, fen alla en Auuergne,où il prift la citép 


 :gue,Limofin, Quercy, Armaignac, les Lädes & Cominge,contre l'auto eftre marefc 
té de celuy qui dit que il n'y a quesoo.ans quetcelleterre efthabitée, cie naturel, 5 


_ tis de cefte nation belliqueufe,laquelle fut chaffée de là par les Mahonoupé les ble ds 
tans,comme nous dirons en l'E fpaigne, Mais en la Gothie à:prefent,c@ordamme: 
me ce peuple feptentrional a efté léger à conceuoir les opinionset ceplhe y croift : :. 

: Je moyen des Rois de Suece et Dannemarch,l'impietéde Luther yapfiédestieuc: 
place atin que la füucceflion maudite de Gog ét Magogine cetle de per telle abondand 
euterl'Eglife, comme de long temps elle y eft accoultumée. ] leur prepare;o 

| | oc de laterre 
OT Delhi là que vi 

dec & eft for 

Me chigsde 
queles :3iffo 

cheqi'us nerf 


LIVRE ÉTROTSIÉSME 
ant: Bel. 
ANR 
RL 


cipale, que ie penfe eftre Clermont. Ceftuy.me fembleroit fufpe& d 


(e 


“ 
Ve 4% 
= { N .F 


es 
telle encor : 
jaisiufqu'à L" 
amer Cafpie, 
werfes opinic 
bitvenu à cep 
oigne , tout ai 
ent quetout | 


. quoy qu'ils feruiffeht defpouuentement à l'ennemy , qui les tenoyt if 
Aus DoitRe en grand deltreffe . Etde cemefme affault il enadues 


Æ Bafileepi. comme à la religion & ordonnance; des Chreftiés, le voyant fi afpredcfinc nom , ai 
6e niemy du om dés Catholiques , de forte qu'on ne fçauroit dire où 244. : toute vn 
“Pas pafédé qu'iltend le plus , ou à mettre l'Empire és mains de ceux dela nation"... cne que 

: per les Goths côtraindre chacü à fa fe@e & herefe, Auffi aBourdeaux, Perigueux, RH ffeis en] ang: 
en Gaule. des, Limoges, Caors, Bazas, Cominge,& Aux, & en vnautre grandnbon en plufieur: 
Avis d'Effaie de villes & citez,on ne voit rien que le maffacre des faints prelats & eu emy côfus.de 


ques, fans que aucun foit mis en leur place. Par là vous voyez quellestl: Lrnandez / 


lesfait entrer. 


Quant aux Efpaignes , c'eft chofe feure qu'ils ics ont poffedés< & que 
Roys d'Aragon & Caftille,les Comptes de Barfelône,& prefque tou 
lesilluftres maifons de Nauarre,Caftille, mA a font 


Lepour peud 
in par déffuss ( 
prepos,ny l'an 


Uenticrs que 
Mofcouites on 
ken la Prouince 


" 


” , Data Rem Rathenie, co desmaurs des Auffrens tel quil: : :. 


* Me] Jontaprefist. Chapitre | 
x LA inde + 113 +2 1.112, Podoheeft à 
ny 6 QUE pays de Ruflie, queles Latins apellent Rhutenie , & /#rl'exrrèms 
À Sa F4) à RE ft repars de la Sirmatie, feften. marre d'En- 
Abe D 1 A -dant vers:le-pais de Pologne , & enclofe par le fleune re Par 
[5 x Peucé du coftéde Septehtrion, vers foleil leuant parla Pthol. li. 3. 
LAN Liuanie,. &Prusfe , dernieres prouinces de l'Atemai- a mn 
x. L'efbendue de la longueur de-Ruthenie, ou Roxolanie (car ainfi #76 de Ru 
telle encor apellée.) eft de huitgrandes iourneés depuis le fleuue Ta- ff. 
misiufqu'à L'ocean féptentnional: & puis dés la mer Liuonique , iufqu'à Les Mo/éui- 
amer Cafpie, quicftfa latitude, il y- a pres de cent iournées. [ Or y a-il ‘es font appel: 
wefes opinions furlenom:Rusfen, entant que plufieurs eftiment qu'il XT, par Pop. 
bitvenu à ce peuple, d'unRuffefrere, ou neueu de Lech Koy de Po- Mele. lin. 2, 
signe , tout ainfi que ficeluy euft:efté Prince des Rusiens. Autres tien. Aamaxchi- : 
ent quetout le pays à pris lenom.d'vne fort ancienne ville portant ce ##. 7" "* 
eme nom , ainii qu’en plufieurs endroits les villes capitales donnent le D'on vient le 
‘toute vne Prouince. Mais les Mofcouites ont bien diuerfe opinion nom de Ru 
….entque le nom.vient de ladifperfion de ce peuplé, d'autant queffre. 8 


on en plufieurs endroits, eftant çe païs habité comme d'vn meflange à meñd libers : 
Meny côfus.de diuers peuples. Ce qui eff vray femblable,qui lira ce qu'é 447 Cèmmem 
Mi lornandez Alan, lors que parlät de la feconde expcdition des Gothz, *#rrs de Mof 
ls fait entrer.enlatenre des Scythes par delà la mer Balthée, laquelle il ve. 


bitée, Mecle naturel; &asfiette dela Mofcouie, ] Çar ce païs ef fi.gras & Éervil Jie diSperfion., 
Sc queucpour peuqu'on:y remuclaterreen la cultiuant, & qu'on: yfeme le /ernandez, | 
e touain par deffusselle-parterarais ans-de fuite, fans qu'il la faille,ny laiffer 2. ch2/6s Got 
font repos,ny l'amender;& engretfer.rousles ans: ains désausfi toft que on #27. 
ahomoupé lesbleds,il nafhult que fecauerles gerbes, & de ce grain ilen fort Gra d'ferti- 

eat,coBondamme: : cc qrifufft pour l'année fuiuante. L'herbe pour le paftu- fé de Rue, 

et ceplbe y croift : re, qu'ilu yabafton f haulbqu’elle ne furpaffe:& la di #bendance 
ryapritédeshieur: € 6 8cfi foëfue q les abeilles, $ mouchesà miel, y font de Cire, eg 
de per telle abondancr que elles féntileun miel non feulement ésruçches que miel. en. Ru 
leur prepare;oudansiestronc desarbres,sins encore les rocüers, & ca- fe. , 
nes de laterre, leur feruétpour y-enferrer leur riché mefnage: C'elt. de 24 Kafxs- 
Delhi là que viennent ces grands moules:& ronds de cire, qu'on porte bee eff en L'a- 
rdeçà & ft fonraivprefquetoutel'Europe dumiel & cirede Mo'to- J#€7 Par der 
Les cftâgs decce naïs là ne (or. point:peuplez parles habitans,ains dit la le T anus. 
queles : ions y font produits par:la feule faueur,8& influéce du ciel. P"# ds CE 
echec usnommrtKatzibéeleur fournit du fe! à fuffance,& lere- "4€ Cam 
ülent lors que l'eau frefcaules&le-laifle à fec,paur.la curiilette duquel balu vers le 
Molcouites ont guerre fbunétauecles Tartares.C'eft cas merucilleux 7#74° 
ken la Prouince qu'il domment Chelmen, fi vous y cou v5e.00s Pins, 

B 


5 MDE L'EVROPE.. 97 ni 


LM. Padolie ft diuifée.en vrois, à (çauoir blanche, häulte tédels sars 


nuiere.Mofche, &.au. couchant luy font proches la ch.$irabl, 2 


UMR à ps 
Role: en. langue Rothenique, fignifiæenfemencement diuers,& difper- 7" 7. 


ieftre marefcageufe:, mais fort abondante & fertile,ce qui accorde bië Roférafigni- 


|.  NPBEPEVRONE 0 à. 
Le différence que du feul boñinet,que il porte plus hault Spointa quele 
reftedelanobleffe, Ces:Ruffiens ne mettent aucune difference aux con 
Riursen fe veftanc, faufque perfonne ne porte le noir fi cen’eftau dueils 
rhomimes & femmes portent chemifes de lin fort déliées,quileurvont 
pfqu'à deray ismbe & ouurées au colet de foye rougé & Hld'oraffez Bé- sx 
nent Leurs abillemens affez larges, 8 à la façon Greécquéainfi que pref Rainer * 
ue Pen aident, & les Tures,& les autres nations feptentrionales:il eft bié ,, nféomites, 
aÿ que les Ruñiens & Mofcouites,ont les manches plus hrges que tous 
esautres, & paffementées d’or aux boutônieres, & furles elpaules, Et 
ar deflus iis portent des Robons faits d- peaux de Loutres.Quelcun de: ,,7 2. 
dant, c'eft la femme feule qui le plaint, & en fait le dueil, portant vn Moféouitess 
oledetoilebläche & deliée fur le chef,qui luy defcend iufqu'à la cein- 
ire: Ceux qui font plus riches, le quarantiefme iour apres le trefpas font’ ren 
nbanquet à leurs parents & amys en memoire du trefpafé: & les pau- cebre, 
les durant celuy efpace en font d'auantage:car ilz banquettent cinq fois ee ban. À 
slennellement enfemble , & au bout de l'an ilz fontencor le femblable. querz. 4 Vi 
Siquelcun refte de fon fang, il fait enregiftrer les noms destrefpaifez + ANt4E: 
«fi maifon , afin de fçauoir le icur auquel il fault celebrer les banquetz 
lacommemoration des trefpañfez, & portentles corps en terre auec' 
laintes , pleurs , & gemiilemeñts. 50 
La couftume du pays veut, que les femmes portent des perles & ba- 


Ceux qui fe 

remarient gs 

mez, pen 6hd= 
es. 


es à leurs oreilles, & eft bien feant encor aux mafles ; mais durant qu'ilz Ainfen v= 
ont en enfance. Celle qui vole aux fecondes nopces, eft encore eftimée fênt Les-Paifé 


fez chaîte , ais fi elle pañfe outre, on l’aen opinion depaillarde &im-*,...s Lyme 
udique : & font pareil iugement aufli des 1ommés. Les filles laiffent £,. 
endre par derriere leurcheuelure, mais les mariées faut que la tiennent 
uchée.Les hommes ÿ vont tonduz,& eft grand reproche parmy ce peu- pes des Mof 
leà vn hôme fil eñtôit fi môl que de parer fes cheueux, & les frizer,ainfi uites: 
ue plufieurs font en noz contrées, Tous les Rusfiens font cftrangement à 
donnez aux femmes & à l'yurognerie, laquelle ils acomptent à grand wefomites 
buange, &'tiennent que le paillarder eft loyfible & difpenfable,pourueu sous efärierss 
ecela fe face du tout hors de mariage: L'füre y eft fi commune'& tant 4 
rmife, que mefîne les preftres ne font difficulté d'en fouiller leur con- Moféouires [8 
ience, La plupart des Rusfiens font cfclaues , tellement que il y a plu- sndenreux2 
urs, mefmè de la nobleffe gui fe vendent eux-mefmes, leurs femmes, memes. : 
leurs enfans foit pour viure plus en oifiueté, &.fans rien faire, ou pour | £hillement 
uyr plus franchement de leur plailir & volupté. Les gens d'Eglife Ruf- dy clergé en 
nsà l'imitation Grecque vont veflus de hoir , mais les Prelatz ont le Moftouie. 
inc pour parure : & portent vne bague pendue au col faire en table d'at ronnuins de: 
ke, dans laquelle font'efcrits les commandemens de Dieu: les fimples 5. Ænrmvine 
res fontausfi veftus à la Grecque. Des Nonnaïûs il n’en y aque d'vne en Moféowiesh 
e& profosfion ; viuants felon la reigle fâint Anthoiné l'abbé de The- LanTage f 
de, & eftileur habit noir, Ce peüple à foñ propre langage, Fil eft Schy- clauon en Mof 
lie, ou autte ien'enfçay rien, [ mais eeux qui ont trauerféle pts (Ça- couse, 
mrbisn, queen tout ce crait de païs iufqu’en la Tartärie Afiatique , les 
ples en general parlent la langue Efclauovique. 71° pit rs sd 
ij 


' 

C LIVRE TINOISIESME 
Mais ils vfent de caraééres de lettres, non gueredifferensen figureuy 
Sciences em- Grecz.Et en Grec ilz aprenét & la Mufique & Grammaire, car quét aux” 
| braffées par autresfciencesilz n’en tiennent aucun compte, & font d'accord quant 
les Moféoui= aux poinéts & fommaire de la religionauecles Grecz, vfäns de mel, 
tes, ceremonies, & d’efgalle reucrence,honorans les faints-glorieux qui jouir) 
Mofévuites [ent de la gloire celefte.Tl y a douzehommes choifis pour rendre iuflice; 
Soinens l'egli & éraiter lesiugements, l'vn defquels informe des crimes, & en fait ler. 
Je Grecque. portauxautres, & bien fouuentà la perfonne du/Prince, fi la matiere le 
requiert, & eft de telle confequence que les Iuges ne la. puiffent decider, 
Piidange des Et fi l'accufé ne peut eftre côuaincu du crime, duquel on n'aye point co. 
proces e* cri gnoiffance affeurée,il fault qu'il entre en combat contre celuy qui l'accue 
mesentreles {e : & celuy qui aura la viétoire a double recompence felon lafentenceg: 
Moftosites.  eftimation des Juges.Ce peuple eft fortadonné au labourage, & cultiwi 
Labourtge les champs auec des cheuaux,la terre y eft trésfertile, fa ufque elle ne por: 
des Ruffiens, te point de vin: & pour.ce ilz font de la ceruoife, & biere de millet, orge, 
Breunage des & obelons cuits enfémble, qui leur fert de Where comme prefquei) 
* Ruffens c'ff toutes les naticus feptentrionales, De l’huileils en font denoix, chene 
lubiere. y & pauot, car la Rufie ne porte point d'oliues, & d’aucunpaysonw 
Hüiles def- ‘fait point venir de ceft huile & liqueur en Mofcouie.Ce pays nourritde 
quelz.on vfe diuerfes fortes d'animaux, & des peaux fort riches, precieufes, & exquifs 


 Mofioiie."defquelles les anciens mefmes ont tenaiadis grand compte:& du poifoil 


enabondance,& entretous eft vn le plus renommé & fauoureux celuy 
qu'ils apellent Selde, femblable à celuy qu’ôn préd en Italieau lac Ben 
dit à prefent lac de la Garde.En la Rufie fe trouuét fept Lacz fort reni- 
mez & de grand eftédue,neufbelles & grädes riuieres, & psrmy lefquel: 
les eft le Borifthene, côme l’on le peut affez aifément recueillir, dés cho 
fes qu’ils dient tant de fa grandeur que nature, ioint que l'afliette du pays 
_.  & cours dufleuue, correfpondent trefbié à.ce que les Geographes en de- 
Cefiit nuire Ç criuent.[ Les Rufiens,& Mofcouites receurent la foy fouz le Duc Wo 
Fan de grace j,dimer, qui regnoit en Mofcouie, lors que Michel Paleologue ten 
260. J'Empire de Conftantinople,qui monftre que ce n'eft,que de peu detin 
Welodimer à ça que cefte nationceft Paptiée : quoy que leurs Annaliftes fe vantent, 
“rl duc dla foy y a efté prefchée par S. André Apoltre, lequel ils difent eftre ve 
ME nu d’Achaïe auant iufqu'au Porifthene, & que depuisen çà 'ilz ont lat 
Chreflien. gnoiffance de l'Euangelie: À quoy ie ne veux refifter,fçachät bieh que 
S. André A idré à euangelizé en Grece, & fouffert à Patras cité de li Morée, & que 
prefhs ei] ;veft pas hors de verifimilitude qu'il n’ayt eftéiufqu’é Ruffie: mais qu 
Moféoule. |; Chreftienté y ait ftétoufiours depuis entretenue, non: veu qu'il ape 
ue Wwolodimer eft le premier Prince Mofcouite, qui onc féie profello 
u baptefme,& lequel inftruit par les Grecs,qui deliaeftoyét feparezd 
l'Egiife Romaine en goufta l'erreur, & en a laiffé fes femences:en fes te 
res. Or venôs à leursfaçons:Les Metropolitains, Euefques, & abbez de 
pendent tous du Patriarche de Conftantinople, & ont le faint fivge Apo 
olique de Rome, & le fouuerain Primat, qui y prefide en grand dete 
tion,ne luy fäifans prefque l'honneur de luy donner le tiltre:de dote 
Et quand ilz en veulét faire quelcun ilz le choififfent par les hermitage 


Moftouite de. ; 


sefle Le fiege. 
de Rome. 


D'on fine 
choifis Les E- 


kmonafteres, 
nombre les 
able.Les Et 
ent fufifanc. 
Lairaufsi (ont 
ntferuy long: 
left marié, telle 
«viennent recc 
nommée, il 
ef fufpendu 
à l'autel:il ef 
entrer au Cœu: 
ebrer,iaçoit c 
quonne luy 
alautel, ny < 
iher,ou baptifc 
t foumis au iug 
uqu'on fçaurc 
oindres d'entri 
ire, fauf qu'ils 
fi qu'ontiles n 
oitement regle 
e paffetemps di 
fes parmy les fo 
erle peu qu'ils 
Jelaifle à parte 
eres diflernblat 
nous quant au: 
ifmatiques, & 
pmetiftes.Et tou 
»Roù ils en for 
us retrenchons 
eftable fefte dé 
ritablement ils « 
ere forrefter.Sc 
eltres en noftre 
Eucfques,ne fe 
krcement foffe 
6 difans qu'il 
ment de Bap 
ésconfacrent le 
tderaifons au 
idement:muis Je! 
de du pere, &: 
les anciens Gre 
kq celle,en laq 


2 x KDE LEVROPE: 99 

Lmonafteres,prenans le plus fainét &: mieux nommé , & en.ayatis cfleu se/Zues en. 
gs it les conduifentau Duc, qui choifift celuy qui pa rap Eh 8 
ble: Les Euefquesny Primats,n'ont là aucü fief, oyiuftice;bienqu'ils. *: 
ent fufifantreuenu pour lenr-entretenement, & ne mangent.iamais : Eue/ques . : 
É airaufi font ils tous moynes. Les preftres font choifis d’entre. ceux.qui Mo/cowres 

cferuy longuement de Diacresen l'eglife;& nul n’eft receu diacre, s'il new 
Left marié, tellemét.que fouuent ils efpoufent femme le mefme iour que 445 chair, * 
viennentreceuoirceft ordre: & fi celle qu'vndiacre doit efpoufer eft 
nommée, il eft regetté de fon office.Léspreftre, fa femme:eftant mor- 
ef fufpendu de fa dignité & ne chante plus meffe,ny n’eft receu à fer. 


à l'autel:il eft vray.que fil fe contiét,& vit chaftement,onluy permet Proffres me 

entrer au cœur & aRilker au.diuin feruice:car n’eft permisaux veufz de riez.. 
ebrer,iaçoit que par cy deuantils le peuffent faire.Mais fil fe remarie, 
quon ne luy deffend point; lorsil n'oferoit,non plus qu'vnlay,afilter Prefres go 
à l'autel; ny au cœur pour y Pfalmodier: au refte nul preftre peult fa- veufsc re. 

ifer,ou baptifer,qu'vn diacre ne luy afsifte, I.e clergé és chofes legeres marieY chaf© 

à foumis au iugement del'Euefque ou Metropolitain, maisoùily afi/6z de l'as . 

uqu'on fçauroit dire de crime, ils ne font non plus refpectez que les el. 

oindres d'entre le peuple:& font prefque veftus tout ainfique le vul- Clergé mofée 

ire, fauf qu’ils portent des bonnets plus larges,& qu'ilsontlatelterale, mire fonmsis 


ni qu'ontiles noftres par deça. Quant aux moynes ils y viuent fort e- 44 suge teng= 


U pays 
en de 
eWi 
tenoi 
de tép 
ntent, 
re ve 
laco 
que 
& que 
ais qu 
l'ape 
my 
rezd 
este 
z de 
Apo 
ête 
éte 


tiges 


vitement reglez,ne mgeansiamais. chair, ny ofans ferefioüir au moin: porel. 
epaffetemps du monde:plufieurs fe retirent feuls aux hermitages,aufsi Grande ri= ; 
esparmy les folitudes qu'ésmonafteres, où ils paffent leur temps à cul- gueur de Le 
erle peu qu'ils ont de terre, à fin de fe fuftenter d'herbes, & racines. reigle des 
Jelaifle à part les habits & acouftremensde leurs Euefques,qui ne font moynes. 
jeres diffemblables aux noftres,pour voir en quoy eft-ce qu'ils differét Pornes efquels 
nous quant aux points delareligion, & pourquoy nous les eftimons les Mofcour-. 
ifmatiques, & ils nous appellentinfidelles, & hayent à l'efgal des Ma- res different 
metiftes. Et tout cecy à caufe que nous celebrons.le ieufne le fibme- de nofrerels= 
R où ils en font confcience, aufli bien que les Ethiopiens, ioint que gion. L 
us retrenchons deux iours de la feptuagefime qui eft cellebelle & Les mynès 
teftible fefte des Baccanales que nous appellons Mardy gras,en quoy.sepensent fe. : 
ritablement ils ont.quelque raifon,mais cela n’eft pas chofe, où il faille marrer, ge: 
ere farrefter.Sont aulli offencez que nous ne receuonsle mariage des les preftres Je 
eftres en noître Eglife: là oùentre eux lesmoyés,defquels on choilift marienr. 
Euefques,ne fe marientiamais & fabitiennent dechairtoute leurvie..Confrmat:ô 
krement Foffencent de l'onétion que fontnos Euefques à la confir-in6recensdes : : 
wi6,difans qu'il fuffit de l'huile que le Preitre à vfe fur l’éfant au fainét-Mo/rosites n0 
ment de Baptefme.Se fcandalifentencor.de ce que noz ecclelialti- plus que des 
sconfacrent lé precicux corps de noftre feigneur en painnon leué,&Caluiniffes, : 
nt de raifons aufsi fortes & friuoles, comme leuropinion eft fans aucü Hercfe detes. 
dement:muis le-pireieft qu'il necroyent point quele fainct elprit pro=yfable des 
de du pere, & du fils, ainfi que letient la fainéte Eghife:vniuerfelle , & Grecs fr Le 
les ançiens Grecs, &.Latinsontenfeigaé regettans vnefemblable he. p:oc: Sion ds 
ke à celle,en laquelle. éneor tous les Grecs dont enfeuelis, Et font plus /4325 efrir 
Bb il 


# 


cb LIVRENTROISIEME 
penitenée à (crupuleux dieuitervihomme qui aura cité parm} nous ;ou tonterfià 
seux-enieinte uec Vn de l'eglife Romaine;que nous àfuyrllacompagnie de L'heretique 
.… qui parlent veu que parles Canonsde leurs Metropolitains;il fault que celuy qui 
. auec les Chre foüille, (carc'eftainfiqu'ils parlent)auec vn Latin & Romainen luy pu 
ftiens de l'E: Jant, & frequentant auec luy foit purgé,& ne:peut eftre receu,, à la com 
ge Remai- union.fans peniténce ;lauemens, 8 bencdiétion de fon Curéslequel D 
we. à av de grandes & longucsprieresfürluy:tout ainfi; qu'on: faifoit iadis {ur 
Catechizez, où ceux qhi vénoyent au Baptefme : lequelils celcbrente 
Baptefme des cefte forte. Dés qu'vnienfanct ait né, foudain le Preftre eft appellé, leqd 
Moféites.… oftit deuäel'huis dela maifon,où eft l'accouchée;impofe,enpriant, les 
* à l'éfant.Puisle.4o.iourd'apresils le portét à l'eglife,où il eft baptifép 
. géansitout le corps trois foisen l'eau,car filn’eftoit à fimplemét arrou 
Triple merfo ils ne l’eftimeroyét point auoir receu deuémét le baptefme:apres l'oigeÿ 
…ebfernéepar du fain@ huile côfacré en la fepmaine fainéte,& de Myrrhe.L'eau cfth 
des Moféoni- :niftetoutes.le fois qu'ils baptifent à caufe 4 foudain qu'ilsl'ontivfée,ils 
tes an baptef: gettét hors la porte du téple,où touliours il fault porter l'enfant, s'il n4 
me. fort prefféde maladie.Le preftre coupe, &arrache les cheueux à l'enfg 
qu'ilenuelope en de la cire,& garde celaen certain lieu du temple, ik 
FAURE meflét,ny fel,ny faliue en leurs ceremonies du Baptefme.Iis fôt meille 
| Chreftiens que nos Lutheriens,ny Caluiniftes, car ils fe côfeffent, & au 
“€emfifiendes grand contrition reçoiuent la penitence du Preltre, ce qui fe fait aub 
Mofoouites. milieu de l'Eglife, & deuant quelque imageà cé&ordonnée ; & d'auta 
: Grande.igno- qu'il en y a fort peu qui Gachent leur Pace-noftre,ayans receu la bencdi 
race des -Mof: ction da Preftre,ils difent:Leius Chrift fils de Dieu,aye pitié de nous; 
couites,ne [ça c'eft l'oraifon la plus commune entre les petits & vulgaires. Et tieona 
chans l'erai- ordinairement vn vafe plein d’eau beniite dés la feite des Roys, if 
©: fôn domini-. qu'à Pafques, à fin de purgerauec ceft eau ceux qui ont commis quelqu 
cale. grand crime, le preitre luy enioignant cefte ablution pour penitence;i 
. Communion: Cômunient fous les deux efpeces,mettät le corps de noltre Seigneurd 
« fonales deux le calice auec le fang, d'où le preftre prenant auec vn cueïllier partie di 
“efpeces en... & d'autre, le diftribue à ceux qui fe prefencent : & reçoiuent les enfi 
Moftonie,… dés qu'ils ont fept ans à caufe qu'ils tiennent qu’à ceft aage l'homme 
Images f'en- fuiet à tomber en peché. Nul preftre, ou moyne. dit fes heures , fas 
tendent pains Uoir quelque image deuant luy,& laquelle aucun n’oferait toucherh 
ses @- non en luy faire gräd reuerence. Leurs feftes font plus folennifées pour yurot 
bof 4. le: : gner, que pour foucy qu'ilsayent du diuin feruice, veu que les fcign 
Grecgne. … en ccesiours fe veftent pompeufement. & font grand chere, là où les pa 
 éfles comme ures & lés efclauestrauaillent;comme fi le reposapartenoit fculemétai 
felennifées. riches. Hs neiurent point ou peu, où du tout le nom de Dieu, tous leu 
: Moffourtesne fermens cefontle ligne dela croix, fait auec les doigts; &; qu'ils baife 
purent Dieu. comeaulsi onen v{e eu plulieursiendroits dela Farce. Étquoy qu'ilst 
Miféouste ne.croyent point qu'il y ayt purgatoire;fi eft-ce qu'ils prient pour Les mort 
croift le pur- & celcbrent(comme dit eft),des Anniuerfaires ; eftimans.que.le lieu 0 
gatoire ef font léurs parens leur eft donnédoux:& plaifant en l'autremonde,à 
prie pour les. fe de leurs prieres : Et nul ne touche l'eau benifte. ;ains c'eft au Pre 
morts d'en arrouler ceux qui entrent au temple. [ls ne facrent ny benitfent | 


88, Ou Ce 
L'on y CNtErre 
k'honorent Fo 
en leurs fer 
miraculeux,e 
ursieufnes fo 
tny chair, 
Leftleur fefte 
lemier iour d' 
ines deuant 
s Docteurs q 
fainét Lean C 
flifter au feru 
rit en Efcl: 
ursherefies : 
bulle it fault 
Bouitien des pa 
angers, & po 
jrà ceux qui lo 
foulagement 
urduiugemen 
réftien,com 
hieunehommes 
pe, ains c'eft 
es y côfentans| 
né pour les e 
lemét à fa fiäcé 
fait des dons; « 
ir donné,où let 
ares Or n'efi 
fme depré, &' 
yent ils ce qu'at 
esà la IudiYqt 
ivn énfäc enfen 
ais non fans fou 
de otcäfion: 
liispermettént, 
eine, La condit 
nent. toutes p 
ions fans im 
ler feutes Fèm 
eftans enfer 
ofcouites tante 
IDüc,ainfi ae 
nent {ur tout À 
ommes :, Paffen 


DE L'EVAIO PIE: : 108 
st, ou Cemitieres, difans que la'térre ft allez confacerée pat lé corbs 
sony enterre,lefq uelsont eftélauez,oints étfäcrezaufainét Baptéfime, :. 
honorent fort fain& Nicolas ; et racontent grand nombte dt fes mira- S #2 bone 
Lsen leurs fermonis, et fainét André, et vn fainét Pierre qwiléhomment r°7 9 Mt 
miraculeux;et leur Roy woloädim:r,qu'ils ontimis annôbre dés faints, we. 
grsieufnes font, le Carefme fépt fépmaines entieres,léfquelléshéman- 

tny chair, ny poiffoñ,& vn autre ieufne dés !es feries de Péntécoufte /e4/ñes de 
jiefleur fefte de tous les fainéts ; iufqu’à la fainét pierre; & puis dés le Mo/Comtes, 
emier iour d'Aoufl;iufqu'à l'A fumption de la viergé Mariei'& fix fep- 
ines deuant Noël à l'aduent, qu'ils appellent le ieufhe fain& Philippe. : pos 

Doéteurs qu'ils fuyuent , font Bafilele grand, Gregoire Näzianzene, Deéfeurs re- 
fin Lean Chrifoftome , & n’ont point de prefcheurs, leur fuffifant. cewz, par les 
fifterau’ feruice , d'oùyr reciter au preftre l'epiftre ; & l'Evangile qui ins 
rlit en Efclauon,à caufe{ difent-ils) que dé tels fermons fortént plu- Mu/omires bé, 
wsherefies : & fuyuentla volonté de leur Prince , commié doëtririe à Lbrer en Len. 


ge vulgaire. 


reftien,commie dit Ye 


k 


nent fu tout à l'exercice de Ja guerre,teHemet que fes Enfans & ieunes 
mmes , Faffemblerit én la placé publique lésiours des fes xlrvené 


ss» 


pt LIVE ÉTROISTIEMES 


EU4 ; 


dé Cléppi 


.detout lemondas.oiitreombarent à coups-de poing:fi ablfinémenreg 
| bien Couuent;on les-emparteà demy morts. de celle mal, plailanse Rent leurs 
aaffire dés: me. ls font sranrinsienes ee mefme contre les-larrons & voleurs, as iurent & affe 


Moféouites. … quelsilsrompent lestalons ; & Les laiffent languir deux ou trois iours Aus grandesric 


la playe eftantenfiée, decechefil lestourmentent:: di lccrime n'ef ie l'vniuers, &c 
rand, tout forfait eft puny par le pendage, car trencherla tefte too es marchans y a 
fs meutriers qui volent, & deualifentles paffans, & ne font iamais (ef hi ‘ 


à ce qu'en hiuer, àcaufe que l'eftéils font entétifs eux affaires de la guer 
Loix oerdonées Or aus. deferiray :ie quelques vnes, de leurs loix auant que fort 
en Moféouie. : Mofcouic; veu à c'eft la loy qui dreffe & informe lesmœurs des hümg 
par 84fle … Premierement que ceux qui tuoyent leurs maiftres, & fcigneurs , Lesr 


Û ‘)] vend aufli 
fer,il eft deffe 
jgouuérneur q: 


deurgrand ftres)facrileges, fuborneurs des efclaues d'autruy, les impofeurs de etc il n'yafipe 
Ducen l'a de crimes. , cles boute-feux , y font fansaucuneremitlion punys de ndueur Duc, & le 
gréce emiron cruëlle.Le larcin pourüeu que cenc foitfacrilege;on rauiflement del Re eh pourquo) 
1400. *\ claucd'autruy,n'y eft point puny de mort,ains le larron y effbaftonné ordonnance du 
condamnéà l'amende :-& rencheanten faute ,. & nepouuant fotisfair dt fort incon 
Punition des partie;c'eft alors qu'il pañfe.par le pendant. Sivn homme eftant accuf@p cit fi vchement 
darcins..  Javcin, n'eft conuaincu, & que ce pendant quelque homme honorableteur des froidus 
(à ferme par ferment que l'acufé à elté d'autresfois foupçonné , ou a faià font toutes gaf 
accordé auec quelque partie, ie voulant a@tionner auec cefte feulc prie faut f'efbahir f 
ne + Jercrimiaeleft enuoyéau gibet. L'homme de.baffe qualité, ou de vie non qui cit des de 
ur famée-eftant accufé de larcin,.eft.mis à laqueftion: & fil ne confeffe, dires, d'autant que 
Jugei fabalter cose.fault il qu'il donne pleiges & cautions ; pour lereprefenter enco ifloit au Cham 
mesne peunët Jaçorture, filelkqueltion d'y venir. Les Ballifs fubalternes n'ayans pt plaifir du Tarta 
#mger 4 mert. fance de condemner , ouyes.les parties. en pourront condemner l'dRut alleguer des 
quelqueamende., les renuoyaus aux iuges fouuerains & ordinaires, if Dels Lirhu 


qu'ils'en cognoifient,& iugent diffinitiuement, M nu 

Deux ayant proces.enfemble {ur iniure faréte,ou-receué, fault qu'aills 

:… fereprefenter deuant le Prince en la: cité principale, & là lacçufé obicd 
Duel,G c0- Jes tefmoings requiert d'eftre receu à fe purger par ferment, & au co mg 
bat fingulier contre fa partie, à quoy ft receu felon la couftume du païs, ils:entrent 
vuide les dif- camp. armez detoute fonte d'armes, faufde l'arc; & de la-piftole: & pt 
ferens, ter «de courtes.dagues.bien pointues ; &celuy quia la viétoire, eft {a 

… fait felon.que le portele ban plailir. de fon Pringe ..Laiuftice ne fy fu 
Iuffsce [éfast qu'auec grande corruption & pris, tout fe vendant fans refpe& quels 
Par argent en queitellémét queles pauures n'ôtaccesaucü au Prince, & Re à peine 
Mojéomte. … difficilement aux confcilliers,à caufe qu'ils@ vont les mains vuides,ilse 
+, diuerfes éfpeces de monnoyefeloniles Prouinces fuiettesau Duc , 4 
Btonnoye de: eft la forme longue, & faite en ouale, ayant vne rofe d'un.cofté , & 

: Meféoneton. hôme à cheual de l'autre , & d'aucunes eit-le-Prince affis en fondicged 
ted'an "C7 ne part, & en l'autre vnhomme-quiluy faitlareuerence, & Cenciinet 
Penfæer.. bas en Chumiliant . La marchandife qu'on y porte rle païs eftrange,h 
F que foit éftimée par les deputez, & n'oferoiton en vendre un feui den 
Côme ketra= vaillant, quele Prince n'enfoit premieremêt aduerty din qu'il fenfa 
fic fefatem  niffe auanttout autre, et n'efk permis guere a autres marehans qu'aux A 
Myféoe.  Jonois; et Lithuaniens detrañiqueren Mofcouie: Bien eft-vray qu't 


il ‘! MX l'EVRORE , 10! 
pu de Cléppigrod durancia foire;les Turcs & Tartares y vont & ven- Mofiouites 
ncleurs déréesi Ils font forttro rs,& cautelcux, & lors quete plus !”## pes © 
joiurent & sfferment, c'eft figne qu'ils trament quelque tromperie: leurs /2% laté. 
us grandesricheffes font les peaux, & forrures les plus belles & riches 
el'vniuers, & lefquelles y fontaffez cheres , à caufc que detous coftez £* pe 4 
smarchans y abordent:Le miel,la Cire, des Cuirs, & certaines dens de * les 
ftes qui reffemablent yuoire,dequoy les Turcs font de belles, & fubrile. Meférmis. 

x elsbouréos poignées, & pommeaux de leurs efpées , & Simeterres. 
Day vend aufli pouries Tartaresides felles, mors & brides,mais armes, 

férsil eft deffendu d'en vendre,ny debiter fi ce n'eft auecla permiflion 
ygouuerneur de la Prouirice , qui de cela tire de fort grans proffits. Au 
feil n'y a fi petite mercerie , dequoy il ne faille payer le droit au fei- 
beur Duc, & le tout felon te poids, liure, ou aunage de chafcune denrée, 
éeftpourquoy on y met des vifiteurs, & 4 perfonne n'y vend rien fans Pourghay en 
ydonnance du Prince. L'air de la Prouiace proprementditte Mofco- 77" Les 

dt fort inconftant & mal temperé , tellement qu'aticunesfois le froid 7%: 
eltfi vehement que les hommes roidiffent par les chemins, pour la ri- 
jeur des froidures : d'autres la chaleur fi exorbitante que les femences 
pfont toutes gaftées , & cftoit n'aguere tout le païs bofcageux , & ainfi 
faut f'efbahir fil n'a pas long tps qu'on à fai& compte de cefte na- 
on,qui cit des dernieres cogneuës, & laquelle eftoit mife au rdc des Tar. ‘ 
res,d'autant que fi ce n'eft depuis quelques8o.ou 109 ansença , elle o- #17°°##* Jn- 
iffoit au Cham de Tartarie, & le Duc Mofcouite dep&doit du vouloir “7 #"* Ter 
plaifir du Tartare,auquel il faifoit hommage:& voila quant à ce qu'on 
ut ver à mœurs pe Fe ; 
De la Lithuanse ç> s de vie des Lithuansems. Char, 8. x ; 
ME PE one vers l'Orienceft ou ds à la Po- Lithuanie bof 
Joigne le tout compris par Pthlomée fous le 4° © 
nom de Sarmiatie contenant quelque cent,ou "771694 | 
fix vinpts licuës de tour, fort marefcageufe, & 
f® chargée de forefks,& bofcages, qui eft caufe 
que fort mal ayfément on l'aproche, & eft 
prefque ineccelible, à caufe que les eaux des 

À Palurlacouurétprefque par tout, L eft vray 
JT - : quo Phyuer le trafic eft plus libre auec les Li- 
LEUR thuamtibns, à caufé que les cftangsyfont tous Comme (es 

& caille de glace, & la rieigey eftant fort haute par deffus, qui fai@ chemins fé ce: * 
les marehans Y paffent & vont à gué par tout le pañsstoutesfois à cau- gnoifnr l'hi. 
que les chemins font mal aiféz à tenir; il y faalt gouuernertout ainfi wer'en Lis 
Lon fait fur mer fuyuant l'étoile du Nord, & fe fagonnanc felon le iuge- rhenie. 

tdu Cadran, & dela Boffole: & su reparddes Aftres & eftoiles de 
ir, En Lithuanie les villes n'y font gueres fréquentées , &'n'ÿ’agrand 
ondince de bourgades &'gros villges:neantmoins efl:5opuleufe , & le 
Mic riche en beitail & peaux de Marres communes, Martes Sublines, &re/efès dés 
xPincthes Lou-ceruièrs &'autres precieufes, & rares; & abondant en Miel zsrhanienss 
Cire:& n'ont vise quelconque de mormoyeiles dames duee-pais en. : 


Qc 


Moféonie pais 
maltempere, 


#1. 


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= ET 
NE, 
2 À #2 


os 


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V4 | N LS , ? ÿ 


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DE L'EVROPE. ! 103 
ndmmme de" ‘iersietiefl cecy fi couftumier & ordinaire entre eux,et 
Bartourneà hs, .« de honte & reprôche de poltroncrie:que les chefz,& F aynedntife 
sjlénelz Font crier a fon de trompe par le camp, que fil y a quelques vns de ls noblefe 
Bi fe vucillent retirer qu ils viénent & aportent argent, & qu'on leur dô- de Lithuanie. 
beraleur côgé,& fauf-conduit: & fonc fi ténionlemens difpenfez à tout 
dire que celle liberté cart defbordée les fait abufer & dela licence, &li- Pawireré dr 
re condition en laquelle ils viuent:& ont les biens fouuent, & domaine Prince Li- 
prince tellement engagez entre leurs mains, que lors que les Princes thuanien, 
ennét en Lithuanie, il eft impofible qu'ils y viuent de leur reuenu, fi le 
aple ne fournift aux frais, & les aide à tenir l’eftat, & fuite de leur mai- Æbillement 
n.{ts portent les abillemens longs à la façon des Tartares, mais la lance, © armes des 

eu fuyuant la mode des Hongres, & ont de bons cheuaux , mais tous Lithusniens. 
Lftrez, & que iamais il ne ferrent, & lefquels ils conduifentà leur fanta- 
wecvn feul cinon, fans vfer de mords qui foit fafcheux ny rude. C'eft Borifihene co. 
Lithuanie que fourt & paife le grand fleuue Borifthene qu'ils apellent nommé en 
fiepertoutesfois Sigifmond liber , au voiäge fien de Mofcouie monftre Lithuanie. 
hiele Nieper n'eft pas vrayemét le Borifthenc,ains vn autre que ceux du S igifmond 
Hisapellent Borafin lequel correfpond du tout à la defcription qu'é fait limcde Mofcou 
festables Ptholomée. Lé‘païs y eft fort fertil en bledz lefquelz neant- Pthel liu.3. 
ins n'y viennent guerc à maturité:le peuple y eft miferable & tenu ‘en «4. s.Tabl. 
de captiuité:entant que les grans qui vont par païs accôpaignez d'vne 7: d'Euro 
and troupe d'eftafiers entrent dans les mailons du païfant & y rauiffene Fertilité s 4 
que bon leur femble, non fans eftriller bien fouuent le maiftre dela fa= Lithuanie, 
ille:Là n’eft loifible à vn fermier de venit deuät fon feigneur es mains 
sauqueloutre le cës & rente,ils font tenuz de dôner toutes les fep- / n{olence de: 
rois ou quatre coruées. Voire h la féme de leur curé eft morte,ou 4 noblefe de : 
ile marie,ou luy foyent nez des enfäs,ils font côtraints de luy bailler Lithuanie. 
ors quelque fomme d'argent, pour ceft efgard feul qu’il les oÿt de cüfef ; 
bn durant l'année. Et fi quelcun a commis crime de mort,il faut que luy Preftres de 
umefe péde rout aufli toft que le commädemét luy en eft fait de par le Z#f huanie 
ince,autremét le miferable eft tourmété, batu & queftionné,& dechiré "4712 
elemeut auât qu'on le face mourir.En ce païs y a gräd abondäce d'Al 
Vres,& Bifons:Les vnes font vraiemét Bœufz fauuages fort cruels & Cruelle suffs- 
fans, & à la chaffe defquels il faut vfer de gräd adrelfs & fubtilité. Les ce des Lithue 
fons font d'autre figure comme ceux qui ont des crins, & iube féblable niens. 
lle d'vn cheual, fort veluz vers le col,et efpaules,côme vn Li6,longue 
tbe à la façon d’vn bouc;ayäs la tefte petite,les yeux gräs, eftinceläs, 8 Deféription 
uches, le front large, & vn gräd efpace entre les deux cornes, fi qu'il ÿ des Pres; 8r- 
it place fuffifite pour le fiege de deux hômes,fi la befte eftoir dôprée, J'#,€7 A+ 
luelle eft ficre & defpiteufemét cruelle: & pour de laquelle fe garentir ‘5. ; 
qui en chaffant eftät las, veulét fe reprédre haleine luy gettét vn bô- 
frouge, für leql elle Facharne & paffe L colere àbelles cornes & fabou Q1e} le Bi- 
ét de pieds & ongles. L'Alce eft plus gräd qu'vn cerf, & de couleur pl Jr: Figure de 
chaftre,ayät prefque la ramure féblable,courät pl’ viftemét beaucoup l fe. 
leCerf, & de l'ongle duquel on vfe contre le venin à quoy’ elle fert 
Miqu'on l'a c<yneu par experience; &c für tout profite contre le mal ça» 
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1 VDE L'EVALO-P E.; V | 03 


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isdefamuefégeulphe en La mer pale ée paflantontre celleriuiére, «Prfiepos | 
Lftrodänt vers l'oscan de Sarmatie,elte pale lesbornes de la Germamie: farrgrer, ei 
orient luy font les Malouites, &-Polonois,& au couchant}r, Saxons. le dt 
ernoir de Prufsie eft Éort fertil, & gras & de grand aport,bien arroufé Cefur en La 
beitieaux & fiuiores,bié cultiué, le pays plaifant, & où le beltail foifou- premiere ex- 
lapefcherie y.eft grande, & la terre pleine de fauuagine pour te deduit pedition des. 
Le lachaile. Ce pays &autres:voitins efboit iadis le fiege &.demeure des Gsthz. ve : 
ineriges, lors que les Goths fortirent de l’ifle de Scandinauie, pour paf o deffius ch.@ 
renterne fermc,ainfi que eftrit Iornädez.Ptoloméetient que les Ama- Zernade7 li- 
obies Alaunes,queaucuns{non mal à propi:s)ont apelléz Alans, V ene- #re des Goth 
s,& Gichons,queaufsi d’autres nôment Gothons & Gothz,fe renoyét Ptol. lin, 3. 
long. de da riuiere wiftule.La Pruffie a aufsi adoré lesdiables fous l’effi- ch.5. r'abl, * 
ie des Edolesiufqu'à ce temps que Federic fecond tenoit l'Empire d'oc- d’Eurep. +. 
sdent, &c dors lafoy y fut prefchée, & aduint cecy enuiron l'an de noftre En guel tp | 
gmeur1226. Lés cheualiers Alemans qui eftoyent dediez à la glorieu- Prafiereceut | 
nirrge mere de Dieu, & lefquels pour cela on nommoit Marians, apres l'Euanrile. 
uiseurent perdu Ptolemaide.er Syrie fe retirerêt en Alemaigne.Ceux  Cheñaliers 
Weftans hommes de guerre,nobles &de hault cœur,fefafchar., de viure Mariär chafe 
68 fadreffent à l'Empereur Federic fecôd de ce n6,&luy remonftrét /6z. de Syrie 
omme la Prufsie, pays voifin des Alemaignes ne tenpit.compte dela foy par les Mes 
enoftre Seigneur! & ne vouloit receuoir fon feruice, & que fouuent 1e homerifes. * 
euple d'icelle auoit fait des courfes fur les Saxons,&autres voilins fuicts ÆEnée Sylèie 
l'Empire, rauiffant infiny nombre de troupeaux, & autres.richelfes : fil sient que ce 
lifoit à fa maiefté,que ilz fe mettroyent en deuoir de refrener l'infolen- fur le Duc de 
de ces barbares & infidelles,Pourueu qu'il permift, & ottroyaft à per: Mofcouie, ve 
ktuité cefte terre pour le fouftié, vie & retraire des cheualiers apres que wanclere, 
l'auroyent conquifé à force d'armes. Car deliales Ducs de Maflouie, Max ileft 
uife difoyent feigneursdu-pays, auoyent donné &.cede leur droit auf pl vray [em 
is cheualiers. L'empereur eut pour fort-agreable l'offre de ces vaillans bluble de le 
ommes, & oétroyatelle donnatignauxfreres qu'ils voulurent, leur en Mafae, 
epefcnant patentes féellées du feau-d'or del'Empire.Ceux-cy fe mettäs Fay Cromime- 
nequipage,netarderent gucre longtemps, fans fe faire ftigneurs detout re linre 8. 
paÿs Pruflien qui eft deçà & delälefleuue wiftule, l'ayantafluietty,& Herman de 
en ofekquis à furce d'armes le mireut fous leur puiflance,ficf, & iurifdi@ion, e- salze 1.grad 
le diféant grand maiftre de l'ordre Hermä de Salze, Et ainfi les Prufliens vain. Maiftretenat 
moSas,reccuans Ja foy de l’Euangile, receurctaufli le langage des Alemäs. + Prufire, 
e, la bol uant que patfer outre faulc dire d'où font fortis les Prufsiës:éntreplu-  Crommere 
ymuÿ eursnations de l1Sarmatie d'Europe Ptoloméefait mention des Boruf: 4.7. 
: crant@s lefquels ilpofe vers Le Nord,& Seprétriô, en vn recoing efloigné dés Foy Croimere 
tres, & font ces mefimes qu'on dir Mofcouites,Liuontens,& Prufsiens, litr,3.€ E- 
derniers defquels changeans quelque lertre en corrompantle motan- rafine Stella. 
ensprindrent depuis Le nom dePrufsiens:çar de dire quilz ayent pris fe Duzlofe tiët 
om du Roy.de Bithynie nümé Prufiie,ce feroir fartekor aux fablessen 4 Prisfsre roy 
udefüuiure Je fil de l’hiftoire:Car & Strabon, & Pline, & Ptoloméc: af- d'A ff: dénile 
diligés recércheurs n'euffent pointoubiié vne chofe tät ftgnalée: véu 04 us pau | 
Usf font amufez à chofcs de moindre confsquenée,veu que onfçait Pru/sen. 
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: LIVRE PROISIESME. | 
D'oh vient Le que'la Liuonie à fon rom d'Yn Romain nômé Libon qui Ny retira ing 
mot de Line= la fürie des Cefars. Les Pruffiens furent iddis fort cruels & Barbare, 
mie." grands beyueurs, PA En grandes délices fe laïét des iumés ag} 
| qu'ils fçeuffent l'vfage de l'Hidromel, duquel ils vfentà préfét pour lui] 

: Mæœurs dés breuuage. Ils prénoiént autant de femmes en mariage , quil leur ver 
“anciens babi= en fantafie, & les tenoient auffi efrlaues & fubieétes,que f1 c eufFent ef} 
tansde Pruf= leurs feruantes.Eftans las ou ds trauail,ou de trop boire, les baings & & 
Je. ftuues lès aydoient à fe mettre en nature, fe lauans & baignans , voire 4 
© plus froid del’hyuer,dé belle eau froide: Et enterroient leurs morts aug 

leurs plus riches meubles armes & cheuaux, & facrifioyent aux Mortz4| 

bataille quelque ennemy pris en icelle, & adorans le feu,le foleil,la lum, 

les beftes, ferpés & touté autre chofe]Pres du fleuue Wiltule y euft 

: vnchefne,là où les cheualiers apres quelques viétoires,drefferët vnefu 
Mariébourg trefle désle commenceiment pour leur retraite: puis comme les chofs 
ville capitale humaines de peu viennei:: en grandeur & accroiffance, par trait de temp 
de Pruffie, * ce chafteau elt deuénu vne belle ville, & fut nommé Ma-iembourg, q 

* Ordredes  eft la Metropolitaine & fiege de celuy qui eftoit grä ! maiftre de l'ordr 
Teutoniques L'origine de ces Cheualicrs fut drelfee des Alemans un la cité de Terufk 
eu influe. 1em, & n'eft loifible à autre d'y eftre receu, fil n'eft de la nation Germai 
Habit des que, & gentilhomme de nom & d'armes,auquel on faiét prometre def 
Teutoniques. tenirtoufiours preft de combatre &batailler contre les ennemys dei 
Albert de fain@e Croix & religion de noftre Seigneur Iefus Chrift. [ls portenti 
Brandebourg croixnoire,& le manteau blanc, & nourriflent Ja barbe, fauf ceux qui chi 
a ruiné l'er-_ tent la Meffe & font du corps du Clergé : Ces Cheualiers font tenus dé 
dre des Ma-  direà certaines heures, l’orailon Dominicale au lieu dés heures cavoni 
rias deuenat ]es, 8e ne le foucient beaucoup de fçauoir les lettres:ils font fort riches 
Lutherien. … prefque efgaux aux Roys en puiffance, Auféi ont ils fouuët eu guerre c 


rés Qu'ils à 
HChroni 
uie] À Pr 
D gythie,e {| 
largeur,le 
ciuil,ru dé 
uerneur q 
ere loyiblc 
sluy eft fon 
x êc prom; 
blesà ceux 
xt fi petits q 
digne à laqr 
forte qu'e 
fentauli 16 
r fifant po 
rre ne port 
ple lourd,n 
tprocedoit 
quel rendoit | 
lint,pour euit 
que [€ païs y 
ple eft enco 
Diable les eft 
es Samogith 
g,ny parenté, 


Ofandre he- tre le Roy de Poloigne, à caufe des fins & limites de leurs terres, & que" F4 maraftr. 
retique 4 ga- que grand feigneur qu'il foit,fi n'ont ils craint fouuentesfois de luy liurg phne le ul 

. fféle Pruffie. bataille. [Mais depuis que de noftre temps Albert de Brädebourg grand an | 
\ Pruffieerigée maiftre de ceft ordre,a eu fait banqueroute à l'Eglife,& qu'il a quitté dt 2" par le: 
en Duché er Le froc, manteau, croix & profefsion de defendre l'Eglife contre les Ba ke ra 


comment. bares, & que contre fon ferment & ftatuz de fareligion ila pris femm 
wrelphang  obciffant aux loix Lutheriennes, & à la fuafion d'Ofiandre: ce pays Pru 
Duc de Pruf fien qui eftoit releuant de la l'eule fouuraineté de l'Empire, eft rédu füuid 

e. & hômageable au Roy de Poloigne par le ferment de fidelité faiét & di 
Cheualiers … népar ledit Albert, qui le prift en titre de Duché, & encore letieutip 
Liwnniens  reille côdition Wolphäg fon fucceffeur,ayans regettéle ioug de l'Eglil 
de l'ordre Romaine parle moyen de laquelléils eftoient paruenus à telle grandeur 
Auiffr des Teu- 8 à laquelle ils ont faucé la foÿ , tout ainfi qu’ils en ont vfé à l'endroit 


froid ,qui y e 
tient les ryhic 
ouyer au mili 
haufant prenc 
& hommes & 
de paroït ny 
es plus riche 


Loniens. Vey l'Empire M éilleur marché n’é ont eu les cheualiers croifez & porte.gllP" faites dec 
Nauclere. vues de Linonie;lefquels ayans abiuré la Foy de leurs anceftres &embrfit"lleur miel 
Pruf$res tour. le Lutherifme, Dieu fçait fi depuis ils ont fenty la main de Dieu puniffaf" SeptentHo: 


nt d'eftuñes,n 
inaturellemen 
Samooithien: 


celte fupetfti: 


mentez, par leurs apoftafies, veu que au parauant ils faifoient tefte gaillardement : 
les Mofcour- Mofcouite qui ne pouuoit rien gaignér fur eux que des baftonades, à où 
tes à prefent il les ferre & talône tout à fon ayfe;ayant wlüurpé la plus part ds 


TG » qu 
l'ordre 
Terufs 
er man 
re de k 
ys del 
ortenth 
qui ch 
enus dé 
auoni 
iches & 
erre ci 
& que 
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eut à Dé 
l'Egli 
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nent 4 
es, là où 
part dé 


ÿ SE VEVROPES" SU. ea 
ès qu'ils atoyezst nLiuonierDe cecylyfez Laurés Surieau:fuplemét Zévréns She 
faChroniquege Naucleré: & Sigimôd quiatefcrit l'hiftokede Mof- rie sigi/inèd. 
uie] À Prufl é; & Lithuanie eft voifine vne petite region nommée Sa- fiber, 
pgythie, enftirônée de foreftz &riuieres,ayät queiques 12.ou 13. lieues S'emegithie 
largeur,le peuple de laquelleeft de belle, & fort grande ftature , mais Jette 4 due, 
duilsrude &.Barbare, fuiette au Duc de Lithuanie, qui y enuoye.vn Lithwanien. 
werneur qu'ilz appellét-Starof, c'eft à dire vieillard owancien, & n'eft Gouverneur 
reloytible au Scigneur de le changer, fil n'a fait quelque grand faulte de Samagithie 
stuy eft fon office continué & donné pour fa vie.Ce peuple eft auda- dir Srarof. 

x & prompt à la guerre,ayant des corfeletz,& faydant d'efpieu.: fem. S'amogithes 
blesà ceux defquelz on vie äla guerre:mais plus courts, leurs cheuaux valansen 
ne fipetits que c'eft merucille comme ilz peuuent fournir au trauail & guerre. 
foigne à laquelle ilz font emplayez,& fendent ou rôpent la terre quel S'amegirhiét.. 
Le Seau ais foitinf aucc le fer,ains à tout des focz deterreainfi que hsbourët leurs 
fentauli les Mofcouites.Or comme vngounerneur penfoit les fou- terres auec di . 
rfifant porter des focz de fer,aduint que deux ou trois ans de füitte , boys, 
re ne porta rien de prouffit y obftant l'intemperie du Ciel, mais ce 
ple lourd,ne prenät efgard à cecy,cômença à fe mutiner & dire que le 
tprocedoit pource qu'on faifoit cultiuer auec le fer outre la couftume 
uel rendoit leurs terres infertilles,tellement que le gouuerneurfutcô 
fint,pour euitér fedition, de les laiffer labourer à Jeur fantafie.Etàcau- | 
que lé païs y eft (comme dit eft) fort bofcageux & folitaire, & que le 
ple ch encore rude , & affez mal fondé en la foy,ne faut feftonner, fi. 
Diable les eftonne aucc l'effroy de plufieurs & diuerfes vifions. Lens: 
es Samogithiens,efpoufent plufieurs Femmes, & fans aucun efgard de **”*£" js | 
b,ny parenté,entant que le filz,fon Pere eftant mort, efpoufe fa belle El bo Aou? 
re & maraftre, & le frere ne fait confcience de prendre fa belle Cour su Hp 
mme. Îlz n'ufent d'aucune monnoye, & bafliffent leurs maifons fort We tin 
fes,couurans ces logettes de fange & de chaume, & le toit eftant fai& CR 
htainfi que les Barques,ou Galeres, au fommet & fefte lefquelles , ilz Rs 2. est 
ityne feneftre {i ample que ficilement elle donne clarté à sout l'edifice. L of éd 
le feu brufle toufiours, tant pour aprefter leur viande que pour caufe L. sy : 
froid, qui y et fvehement,que prefque tout le lorig dé l'année la gla. "7" 
tient les riüteres caillées, & les ruffeaux efpris en glace: [ & font l’aftre 
fouyer au milieu de Ja maifon, afin que le pre de famillé affis puiffe en 
haufant prendre'cfpard, &'à fon méfhage & à fes troupeaux, à caufe 
à & hommes & beftes couchent foubz mefme toiét fäns aucune fepara- 
de paroit ny clofture, * ‘ : 
es plus riches & puiffants en lieu d'or, ou argentontdes vafes, ou 
ipes faites de cornes d'Vres pour Boire Côme chofe magnifique: & ont 
meilleur miel & le moins entrèmeflé de cire qirifoit ten toutes les re- Swmogirhes 
ns SéptentHonales quéy ‘que ellés abondent'en abeilles Ilzn'vfont boiner és cor 
int d'eftuñes,nÿ de poilles ainft que leurs voyfins&æ eft ce pouple en- wes des Pres. 
naturellement à la diuination,charmes,augutes » &'enforcellements. S'amogithes ‘ 


s Simogithiens adorotent le feu /&errère il y éna gui font touchez desins @- 
a 


celte fupetftition äbhominiable }'Peftimans facre-fainét, inuivlablé /orcrers. 


LES CA ét 


| zefndné, &jequeliligérdoyent toufionts alluméen Jours fouyers: "8e für tou gs T'artareé di 
| parles sami voi temple pofé fur vn éoftau & colline présie flonue Neuyafé, où tot BBiors Baba ; à 
ges. jours aMiftoir vn Preftre, qui n'auoie autre charge que de ne laiffer 1e fruit: cé qui n 
Sendgites # fans matiere. IIz adorent suffi encore ef pluficurs endroits des ferpeg ais de péfer 
* dorent les Ser ayans quatre pieds & faits tout ainfi que des tefards, & d'vn pied & deu obféruatie 
demi, Élongueur qui font noïts de couleur ; & groz affez ou éfgard au reed eftqu'on le p 

+2 Jeur propôrtid, & les apetiée Giuaires, qu'ils hourriffent en leurs maifoglneué de touts 

&e vérans ces béfioles à iôurs certains: pour prendre teut pafture : Guns les énfan: 

… péuplélés régirdé égèr auec reucrence & crainte ,iufqu'à ct que fol tes, & ven 

il fe rétirent:Or quelque ntal'heur aducnant à eux ou leur famille; i]}SPolonois & Li 

gadifles Ray. rit que c'eft à caufé que leur dieu fer entin n'apas efté receu commurolle diuine € 
luy apartenoit ; ny raffafié & faoulé à fon aife. Ladiflas roy de PoloirEgife Romai 


LIVRE TAOÏSIESME 


de qui fut auf grañdiduc dé Lithuanie & le 1. Chreftien { comme dit eft (Rires qui leur Lo 
nommé Ingellon auañt fon baptefme ; lors qu'il contraignit les fui res, & obeiffe 
ETF: receuoir la Foy Chréftienne,feit eftaindre le feu qu'ils réñoyét pour DBolique & Ron 
& abaftift la Foùr où il eftoit reuérément gardé,abatant par mefme mc e Conftantino 
les forefts que les Sarniatés âdoroyeét encor, comumnèe la maifon & retrs D4 Réÿ4 
precfe abuf des dieux, fuiuänt ce que dit le Poëte. | 
ceñe { D ‘ Q Q 1 i D D à 
ee Les Dieux auf dans les bas habiteyent. | 


€ Romains, - Nonfeulement honoroyentilsles boys, ainsencor tenoyét pourfs 
wire He-  &inuiolable tout ce qui y repairoit, côme font les oifeaux & beftes {y 
Brieux ont effé âges : & ce qui eft vn cas efmerucillable que ceux qui leur faifoient m 
sachez. ir. & violenceeftoyent foudain faifis, £: rendus contraints, & impotensd 
Buc.Eglg.2. Pieds &c des mains, & ce par l’illufion & impoftures du maling efprit, à 
De cecy lys en parainfi chacune mailonauoit vn fouyer , & chapelle en ces bafcages, à 
un exeple en 1z brufloyent leurs morts,auec leurs cheuaux, felles, armes, & plus ricil oloigne &voif: 
Sigi/mond là mefnage; Et pource qu'ilz iuoyent opinion que les morts reuinffent ie cf ai 
berenfa  nuit,ils y drefoyent des fieges de liege, fur lefquelzon mettoit de trebii de la érät Hd 
Maftonie, ne & délicate boiflon , & d'vne certaine pafte. faite en forme d’vn fou Rhsféde de | 
Banquet are mage , & du touten abondance afin que les morts en vfäffent pour disc ais : choc 
* fé pour les Viure & repas. Tous les premiersiours d'O&tobre,ils failoyent vne gra es 6 x 
morts, &ciolennelle fefte dans cesboys,oùtoutle peupleeftantaffembléch@; LE y M. 
Fefle forefficre ne famille fe retiroiten fa loge, banquetansà lamode du pays, & faikane: Sue da 
en. Samagi- laplus grand chere qu'il leur eftoit poflible , facritians en l'honneurdé;;. se Cribni + 
thie. dieux fouyers,& fur cout à celuy qu'ils nomment. Perkume,, qui fier 1e Ro tal 
Perkume tr: autant que le Tônerre. [Et puisque nous fommes fur l’'Idalatrie i'ay! bifvince d #e 
nerre Dieu de fé, parlant de la Mofcouie,vne Idole au païs le plus feptentrional del: Re à 4 SE, 
Samgithie. iettion dugrand Duc Ruflien que ceux du paysapellent Zlota Baba, q ide AUS hôf 
Zlots Baba 1 fignife la vieille dorée, Laquelle le peupleadoreauéc plus grand hün@i fx ch sg L 
dole de Mofto: & reuerence-que Dieu qu'ils recognoiflent, &tellement que aucun thaï BSE 
mie. - pañle fans y faire quelque prefent,que fil n'zautre chole, encor prend: fn cause 
Figure deb. pluftoft vn poil ; owmotceau de fon habit, que-ffën aller fans lailferg tvOToN EG a 
dole delswi- de fa deuotion celte vieille. La figure de laquelleseft faite en façon d' fige durvr a 
ciledorée, dame aagée tenant vn enfant entre fes bras & en fongiron , & vous jé y wP: 
qui luy ef apresl'vneftfon fils & l'autrefonneueu , çarajnli en par aan dé Les ; 
les Ti 


| VéDETLEVROPE 10$ - 

h T'artareé du païs. Les abitans de celle region tiennent enser que celte Clchettes 
Vora Baba ; à laiffé des élochettés pres fori idolle qui refonneñe ; &' forit pres lidel dy 
ruiticé qui n'eft pas de merueille éftant expofées au vent qui les efbräle: ls vrrile de. 
aaisde péfer qui ét cefte déeffe/car ie ie puis croire que cene foit quel: rée. 
ue obferuatié des folies & fuperilitieufes Gregoifes, Jienelçauroy,fi ée De cefle Cÿ- 
reftqu'on le prérie de Cybelle,qu'aufli on apelloit la mere des diéux;co- belle viy Mär 
eué de routes diations,conmiime la niôurrice du gêre humain, & celle qui #4 Caprle, 
nus les énfans dé la tyränie déuoräté de Saturne. Mais liffons cela aux 4e 1€ 2. 
oétes, & venôs à nos Samogithiés, ] lefquels ont mefime langage que les © S: gs 
olonois & Lichuaniés,d'autäc à les :urez & prefcheurs léur anrioncét la Jri/rm 8. de 
A rolle diuine en lâgue entédue de Poloigne.Or fuiuét ils l'obeiffance de de eité de 
life Romaine, iaçoit que d’autres Rusfiens vers le midy; & les Mofco. Den. 
ires qui leur font au Septentrion, font ädonnez à la façon défaire des 3, 
es & obeiffent non au Pape & fouuerain de l'Eglife Catholique, Apo: $ amsigithes 
blique & Romiine , ains pluftoft aù Primat de Grece ; & Archeuefque /#ment l'E- 
Couftantinople. fe Romas= 
Du Réyähme de Pélagne,er mœurs defquelz, à prefent vfent les né, 

Polonoys. Chapitre 10. | HAS 
"| Olvigne region d'Europe fort grande, & plaine, P'o# ditte 
} | d'où auffi ontiét que élle à pris lenom, d'autät qu'en Polrigne Cré. 
ES LA langue Efclauonne, de laquelle les Polonois vfent, #2 Lire 1° 
SAM, Pole fignifie Planure: &äutrement cefle Prouince D/ériprion : 
le NES SfP eft ditte Sarmätie , auoifinant vers le Ponant le pays 4e Péloigne. 


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LL 
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& fildé Slefie,ayant les Pruffiens, & Maflfouites au Nord 
04 & feprentrion,les Hongres au midy, & à l'Orient le Cépathie 
2 RES pays de Ruffie : & a le mont Carpathie que ceux de "#/4gne. 
oloigne & voifins apellént Crapatz qui la fepare d'auec l'Hongrie. La | 
oligne eft diuifée én deux:celle qui eft voiline des Prufliens & Saxons, Double Poloi. 
bditte la grände, & la petite ou mineur celle qui eftiointeaux Hongres $"* gr#de, 
Rusfiens. Et eft ce royaume party en quatre Prouinces, ou quartiers © Péfre. 
incipaux ; chacun defquelz eft vifité tous les ans par le Roy, & chacune À?” de Polos- 
(dites regions éft tenue dé defrayér & le Prince, & fa fuyte par l'efpace > 2'fre, 
trois moÿs. Maïs ff par cas quelque affaire furuenät;le Roy vouloit fy # les ans. 
éer plus que duditterme; lé pays n’eft tenu de luy fournir rien d’a-/# P95. 
ntigé. Cracouie eft la cité principale;la plus grande,riche & fameufe de 
tle Royaume,& en laquelle fontles thefors & richeffés royales, & la 
inificénce de tout lé pays ; là où le refte des villes & citez ne font de 
ere grand éftôffe,nÿ dignes que on en face compte, les maifons y eftans 
ie de mis non cimentez, & la plus part énduñits dé mortier deterre 
lé né chair ny fable quelconque : & y.eft le péifege affez plaifant 8e 24imens de 
Chargé de Bofges. Lès natutéls du pars font pes & difcretz en leurs ? obigne. 
hors, fürt courtoÿs &'debütinaires à l'endroit dés eftranpers : beuuans sioelils 
tvolontiéts ait qu'en férit éneof tous peuplés fépréntrionaux,mais V moi & 
fige duvi ÿ'eft Fort ratés & né fRanent les habiras que é'oft que de 722795 fr 
aSitiuer 165 vignes Is font éréiné béifondtuec du bled & autres graines Te 
gs ments, des nonmeht Corail S y cle terroir giss, abondant, 
nn] Dd 


L 


Y# 


Cracsnie cité 
principale de 
Peloigne. 


; LIVRE TROISIESME 
& fertil,bon pour le pafturage, &c où les haras y font nourris à fufifines à 

Lef af qm La chaffe fort diuerfe à eauts dela grande varieté des beftes qui y a ie en leurs co 
ces chaux rent,comme cheuaux fauuages ayant des cornes comme vn Cerf,le per ilchofealfeu 


Jont les Rañ- fier & non apriuoifé,que les Latins apellent Vre. En Poloigne on nent venus de ce 

gr , … deterreautre forte de metal que le plomb, & du fel aysfi dur que pie efme & Poloi 

pe ite A ou rocher, & eff le plus riche reuenu, & leuée de tribut que le roy aye al de païs. Or q 
endance de toutesfes feigneuries.Le miel y croift en telle & fi grande abondance, A vnc partie d 


mielen Pobi ny les Polonois,ny Rusfiens ont affez de licux pour enférrer cefte largg harles le granc 


ge. …. fedenature:car on voit & les forefts & les arbres tous noirs de l'ouundre certains, { 
Te me. des abeilles qui y dreffent leurs ruches,effoines,& maifons.Les ch ë auteurs apelle 
DE 5e “el defquelz ils vfent en efcriuant font compofez partie du Grec, partie 4 fit Emp. & led 
bre naturel de leur païs,comme ausfi les ceremonies y font meflägées, les die pour tenir te 
he a. int la foy del Eglife Apoftolique de Rome, & d'autres fuyuans l'op fique des autr 
Déni En nion des Chreftiens de la Grece : & homines & femmes fe veftent alles peuples f <P 
hu bte prefque tous à la facon des Grecz.[Ec puis que noftre auteur ne eft out à Caul 
Se me res pars nous dôner1 origine de ce gräd,& courtoys peuple de Polo hômes religie 
Sin à de de e RU de dire que le nom du pays eft dit de la planure, & qu fgilesioint q ce 
Dh. de 2. ausfi Li a efté dit que les habitans en iceluy parlent Efclauon, il fault a ing d'oufr rié q 
pa entendre que cefte nation eft de fa premiere origine Efclauonne, & queues °" Polono 
LA péà, a à prefent on nomme Efclauonnie, &iadis Illyrie, & Dalmait, Niam, Diane, 
Lex sabele pi sat des Slaues & Polonoys,y paffez apres qu'ils eurent pillé, «is pareille opin 
en Fe le païs de Thrace.Or eftoyent ilz fortis de Rusfie,&sS (me façô que Le 
24 Del VE qe Afatique, & depuis paflans en Europe apres que les Wädales qu dançans, châta 
Le Dessus tans teurs terres commencerent à courir les fins, & limites de l'Empire n éruatiô Dlugo 
Vie GH'APEr que Attile eut Fait fes ieux & euft affligé & les Gothz & l'E" années apres 
PU pire:ce que encor tiennent ceux qui ont efcritau vray l'hiftoire de Pold core à prefent e: 
lie Di gne,aufquelz confentent, & Blond, & Sabellique:quoy que aucuns ayen cent Chantans. 
pr ge rot ils eftoyent fortis de la Croatie : mais comme qu'il en foit, cel hudiffemét & b 
Luis eB cho x qe que Le nom des Slaucs qui depuis ont efténommez & Bold leurs dieux, 
Tabl. 7. Pt à. onoys, n'a efté cogneu que depuis le temps de Conftantin eueur aux chofe 
Depuis quel Le ae pepe commença à remuer mefnage du regne, & tenant l'en irmaisils font v 
temps Le nom + de intap,les ae & Wandales(comme dit eft Jayants quitté cel -regndt en Pole 
de peuple Ef pe ; ie de terre où eftoyét les Vimerignes vers,& pres le fleuue Wifi celte natiô. Or : 
HR de à AUD nee Cra na Ie ne m'amuferay à difcourir fi les Polonois fu ceremonie lors 
mord hf UE » eu que fi la Sarmatic eft par les anciens Geographes compnf fifoit qu'ilz ne ! 
La: n la Germanie, ilz le font, & finon au contraire il les fault tirer de ce rie ssdieux, & luy 
ee eft-il que Plinelesen difpenfe difant que les Sarmates ne font poi urarres de leur | 
puforife Rene le mefine fe recueille par les defcriptions de Ptolomée. QE elouyr & y eft 
Le mot Slaue. | cos que mal à propos on a depuis dit efclaue par le vice deT* nous faifons 
angue Italienne c'eftfc ans doubte que les hiftoriens anciens n’en ont « Pate qui fucce. 
| D A premiers qui #n ont parlé fe ant efté Procopie & 1opmit de Dieu fut 
Dalneris ea is en! pese du temps de l’'Emp. Iuflinian:tellement qu'onne K trable vie. L'anc 
prune quel Te que homme eft ce que ce peuple à pris ce tiltre:il eit vrai reduit fous la p: 
pellée Eféla- Lo eSlouo, ou Slaua en langue Efclauonne fignifie & paroll js & remarquez € 
_& gloire, & renommée, tellement qu'on les a nommez Slaues, & Slauin eProuince, & gi 


Hnnie. 
ou pour eftre grands parleurs & babillars,ou pour Le renom qu'ils ont puté par le peupl 
| | "3 ux cy dés le con 


DE LEVROPE. _. 406, 
«en leurs conqueftes.. Mais de quelque part que foit venulenom, fi So: 
i]chofe affeurée que Les Efclauons,qui tiennent la Dalmatie & Tllyrie 7% Eghinars 
 rvenus de ce peuple, qui à prefent(ayät changé de nom)eft nommé & la vie de 
Define & Polonois,commeayans tous les deux mefme origine, & de n6, © harles le... 
depaïs. Or quelles ont efté leurs côqueftes, & de puis cômeils ont per. &r##4: …… . 
vne partie des terres conquifes fur les Alemäs, & ce par la vaillance de Bonfinie bif, | 
harles le grand Emp.& Roy de France,les hiftoires vous en pourront # Hongrie: 
dre certains, fans que nous arreftons d'en faire le difcours , & lefquels Pec4.1. 14,9 
auteurs apellent Slaues, Serbes, & Sorabes,chaftiez par Charles fils du pitichind.des 
rit Emp. & lequel il auoit fait gouuerneur,& Viceroy au limite d'Hon ghres des Sa. 
je pour tenirtefteà V'E mp.de Grece. L'ancienne religion des Polonois, #5 lun | 
fique des autres natiôs à efté l’adoration de plufieurs dieux,en laquel: ©: 2 
lespeuples fc na ont plus longuement perfifté que le refte de Blond. Dece. 
yrope à Caufe que leur barbarie & cruauté dônoit gräd empefchemét 2.liure,x. 
Lhômss religieux d'y auoir accez pour y aller prefcher le faint & facre Die#x ado= 
jgileioint à ce peuple n'ébraffant queles guerres,n’auoit guere grand'”°x é#fre les 
ing d'oufr rié qui feit au falut de fon ame.Or les dieux qu'adoroyent les lanes. 
dues ou Polonois cftoyét Ieffan, c'eft à dire Tupiter,Ladô qui eftoit Plu Dlagoff hf. 
Nam, Diane, Marzä, Mars, Zizilia, Cerez & Zieuane qui eftoit Venus, de Poloigne. 
fspareille opini6 de ces dieux 4 les autres natiôs, & leur facrifiant en la Da#es de Li 
Lfme Faç6 que les Grecs & les Romains:folénifans leurs fcftes en bäque thuanie fên- 
dançans,Chätans, 8e f'eliouiffans en toutes fortes à eux pofibles:laglle #e#f encer le. 
fruatiô Dlugoffe hiftorié,dit auoir duré encore de fon téps,& ce quel Paganifme. , 
Les années apres Q les Polonois eurét receu lareligiô Chreftienne:voire Zinte Decfe. 
core à prefent en Lithuanie, lors qu'é leurs feltes ces gés feliouffent, & Pagode férens 
cent chantans, ils repetent fouuent ce mot de Ladon auec vn grand té. Enquel 
ludiffemét & batemér demains.Eurét encor côme dit Dlugoffe,Ziuie *emps Poler- 
deleurs dieux, & déeffes qui fignifie cefte force vitale de l'air donnant ge recent la 
eucur aux chofes animées: Pogode, qui eftoit la ferenité, & temperie defy Chreflien- 
irmaisils font venus à l'Euägile & faint Ne re enuiré l'an de grace #. 


LA 


sregnât en Poloigne Miciflas, qui auffi a cfté le premier roy Chreftien Prefent des è 


celte natiô. Or auät que Le faint laucmét y fut cogneu:ils vloyét de ce- cheucux des. 
ceremonie lors qu'ils vouloyét impofer Le n6 à leurs enfans, ce qui ne enfansen leur 
fifoit qu'ilz ne fuffent grädelets : car ilz le conduifoyent au temple de smpsfant eur 
rsdieux, & luy coupoyét fa A cheuelure qu'ils offroyét côme ##. 


urarres de leur feruice: A ceft effait on apelloit les amys & parenspour Crommere 
refouyr & y eftoit facrifié vn pourceau,& de l’eau mixtionnée,& faite 4.2. Popiel 
menous faifons l'Hidromel, & cecy eft defcrit par Crommere en la vie roy de Polos: 
Püfte qui fucceda à Popiel le ieune,celuy qui pour fa cruauté & par iu ge Mange ., 
nêt de Dieu fut mangé des rats,auec fa Femme & enfans, & fina ainfi fa des ratz.. 
érable vie. L'ancien eftat de Poloigne,apres les premiersroys defaillis Pologne go. 
Lreduit fous la puiflance de douze princes choifis d'entre les plus puif- #erée par les 
is & remarquez de la noblelfe ; lefquelz euffentiurifdiétion chacun en Painodes 7e, 
eProuince,. & gouuernaffent l'eftat en commun, yapellans le confeil Palatins. : 
uté par Le peuple, & les apellerent Vaiuodes,ou Palatins. 
ux cv dés le commencementfe porterent fort fagement en leur :dmi- 
Dd ij 


ij 


LIVRE Éditer has 
niftration & magiftratz & ordonnerent d'affez bônes loix ; emais:en puy 
Balatis pour- nombre, veu la delle du temps d'alors:mais changeans de complexiog 
po | En & vfurpation,le peuple les mef 
qu chaféx, & conuertiffans la iuftice en tyrannie P Faresiéremis 
di gounerne-. fant, & chacun eftant Roy à fa fantalie,en fin les Roys fur ré We: | 
ment. ce mot de Palatin, & hôneur de tiltre de prince eft nn) _ maifon 
: ainfiqu'en voyons eftre aduenu en noître France, aux m Ar 4 inc 
Pairssou de ceux quitiennét leur place. Iadis la race royale e à ] 
ou ne fe pouuans accorder fur l'ele&tion du prince, ilz auoyent de cou 
me de dreffer vne lice, & 1à à courfe de cheuaux de diuerfes ul region que ie 
Façon d'eflire mettre le fort à la fortune, tellemet que par l’accord de tous, rl qui Lisample Ja fe 
iadis le Roy: premier venoit à l’attache & borne ordonné, celuy auoit Year ere ne D ucidis (ain! 
en Poligne. preeminéce du Royaume.Là y auoit des iuges deputez, tät p él Ke. es que les Ale 
le figne de la courfe,que pour iuger de celuy qui auoit ns Qu Je je Ds fait de 
Py Cromere, viétoire,& cecy dient les Croniqueurs Polonois ist pratiqu | dahpanries 
biu.2. en la que Lefque fecond dunom vint à la couronne de Po PPS pou v auts hauteur : Or 
vie de Le- Lefque forty de grand lieu ayät fait fraude auieu, en st es c ayefort gluar 
que.2. la campaigne, & luy ayant pris fa carriere à efcart:vn ieune hôme e bg Et dlloir coût 
Lefque oc, lieu la delcouurift & gaigna le pris,ayant cfté occis Hire ts ‘ deco rar 
© pourgmy. deur & trôpeur.La nobleffe de Poloigne;apres la cognoiffance de av Dupezs ec cfpar 
rité du filz de Dieu,auoyt de couftume que lors que le preftre ou diac Aires, à 
Couflime des commençoit à lire l'Euâgile à la Meffe,de defgainer à demy leurs ef Ducs d'Alemai 
mobles lors comme fe confeffans preitz à côbattre,& efpandre leur fang pour lad lala its 
qu'on lyt lE- fonce de cefte fainte do&rine contenueen l'E uangile: & le mefme au La folles et. à 
sangle. nous veu obferuer en maints endroits de la Frâce. La couftume encor Apres 
Ordonnance Poloigne porte queles Palatins, chacun en fon gouuernermét leuent « ; ss del'vna 
touchant les ‘taine quantité de caualerie pour la tenir prefte toutes les fois que le unis et fortific 
garnifons tät en aura befoing,tout aïnfi que font les garnifons cn France de la gendy El enens lié: 
‘de cabalerie, merie, & fut cela ordonné parle Roy Boleflaz enuiro l'an de grace 1020 brtir, pour alle: 
g de finterie. lequel encor impofa aux villes la charge de faire certain nôbrede fant coucle à l'ai 
Boleflex. fait qu'elles foudoyent,ainfi pee France on auoit dreffé les Legionaires. leleurs trompe 
rs) par Em. Roÿaume de Poloigne eft tributaire au faint fiege , tellement Qu'il Le cémence 
pereur. homme en tout le pays qui ne doiue pour fa tefte à la lampe qui brule kuple de Scyt 
Poloigne tr- R'ome,en l'Eglife S.Pierre,vn tournoys tous les ans, fauf les nobles, ortis des ifles.d. 
burasre au S. cheualièrs & Écclefiaftiques & fapelloit celale denier S.Pierre, com eboffedez, pa 
Sage. auffi en Angleterre, Auoyét aufi de couftume iadis d affembler les el dk païs contin 
. Effatx, de où leroy prefidoit & lefquels ilz tenoyet en plaine campaigne y drefli Les au South 
Fongriete- tentes & pauillons;reffentans encor la maniere de viure des Scytnes, SR burce, & leqi 
nheen la cs quelsils font & voifins, & fortis de leur fang & famille. Te laiffe apartten iferable, pauut 
psigne. … fieurs autres chofes pour euiter prolixité, joint que ie penfe auoir diff nn PE 
le plus vtile’& neceffaire, q pe cs rié à dire:on le pourra recueilliré Unes 
Pohignebs. annaliftes,quien ont faitvn a ezample difcours. Le païs de Fou is dcuelles il 
… garrée a pre- à prefent le plus bigarré en religiô que autre de l'Europe, veu que ne font 
Qu en feéles. tant qu'il y a d’herefies, & diuerfité de fectes & opinions, il n'y MAUR ch eri é Nr 
( lieu pour leur donner, & entrée & accompliffement au grand malheur ndes logettes 
ruine (fi Dieu n’y pouruoit)d’vne fi excellente Prouince. ble, [Left vray 


+: DE L'EVROPE,. | 07 
, Du Païs d'Hongrée cr façons de wire des Hengres, Chap.rs, 
Los NN IAEENT RAS u Deférptiô de 
LES Ongrie à prefent eft fans aucun doute celle partie, & Æogrie Pthei 
GRO au region d'Europe que isdis on nommoit Pannonie, ia- lmsée liu.2. : 
DRE PES REX soit que maintenant l'Hongric foit de plus grand efté- «h.16, 
ÿ due que n’eftoit le temps paffé la Pannonie: Car dez le 74b.s.d'ru= 
Ke MA fleuuc Laith iufqu’au Sauue elle comptend feulement:rope. Srrabos 
Ë ee rl éila baffe Pannonie : & toutesfois feftend elle delà 16./#.7. 
same Danube iufqu'aux limites de Poloigne,embraffant cel. 4ppias mes 
region que jadis tindrent & habiterent les Daces, & Gepides : & eft Le Pannenie 
usample la fpnauiie que. ne portelenom dela Proüince, Cefte ter. entre les 1/ly= 
futiadis (aïnfi que difent les auteurs anciens)enuironnée de neuf cer- rigues.  : 
les.que les Alemans nomment Hagues,chacun defquelz cftoittellemét Hongrie dius 
re, & fait de pieces de bois de Heftre , ou de Chefne; ou Sapin que /éeen haute 
hacun contenoit vingt pieds de large de bord en bord, & auoïit autant € b4ffe pan. 
hauteur : or toute la cité, & lieu ainfi entouré eftoit remply tout de norie,la baffé 
ayefort gluante et ferme ou de pierrestrefdures, et la fuperficie des rä-ef Æongrie 
ars eftoit couuerte de groffes motes de terre encore toutes herbues:aux € le haure 
)ins de ces rampars,et trenchées on auoit planté des arbriffeaux,lefquels .Æwffriche. 
oupez,et efpars ça et là réprefentoient des arbres et herbes, tout le long Pais Pannes 
elà fortereffe. Or de l'vn cercle à l'autre il y auoit l’efpace de vingt nien comme 
eues d'Alemaigne commençant du premier iufqu’au neuuicfme,.quoy ses fortifié. 
uele chemin allaft toufiours quelque peu en eftrefiffant. Entre ces le- Paneniés #= 
ées foffez et trenchées, et dans leur enceint et circuit les bourgs villa= donne ass... 
es,et hameaux eftoient tellement difpofez et fituez qu'on pouuoit en- larcir, Leréps 
endre de l'vnauant à l'autre la voix d'vn homme:et là les edifices éftoiét page. | 
punis et fortifiez d'efpaiffe et bien forte muraille. Les porteseftroites et 72) Zermide: 
jlfes, et en lieu efcarté, afin qu'ils peuffent plus facilement età couuert De rout ce he 
ortir,pour aller faire leurs courfes,pillages, larcins,et valeries:et donnoit cours lys Blod 
ln cercle à l’autre le mot du guet de toute choft, parle fon retentiffant Decad. 1 li. 


ce 101 
fanteri 


aires. Dr : 
inc leurs trompettes. Les Pannons ont iadis poffedécefte Prouince & ce 1.de la de: 
br dés le comencement,nommés Pæoniens par les Grecs, & depuis les Huns cheute de l'é- 


peuple de Scythie y paferent, lefquels en furent chaflez par les Goths pire Sabellige 
brtis des ifles.de la mer Germanique:mais iceux en furent encor oftez & Ennead. 7. 
dau les Lombards,lefquelseftoient auf iffuz de l'ifle,ou plu 4,9... : 


bles, k 


COM 


es ea TT . Pr °: . , pe 

dreiitolt païs continent, de Scädinauie ceinte de l'Ocean:.en fin par Les Hon- ,Ægarhiclis. 

es, dau Scythes d’vn païs non guere cfloigné du fleuue Tanais , ou de 5.parle de ce- 
y ‘ i 


fource,& lequel fapelle Tuhra, & iadis Hongrie, qui.eft vne Prouince ffede/séte des 
| ddpierable, pauure & deferte à caufe des grandes froidures, & ft fubiette Æuns qu'il 
iqtir du Duc Mofcouite auquel ils payent tribut non d'or ou argent, defquels ne fais en rie 
nee ontaucune.cognoiffance,mais bien de peaux fort riches. & precieu- différens des 
We sdefquelles ils ont àcômandement. [lsne cultiuent ny ne fement leurs Hengres,Pre- 
man erres, & ne font cuire du pain;fe contentans de viure de la chaffe,& de la copue 1. de Le 
heu efcherie, vfans l’eau pure pourleur breuuage, & habitansdans les boys gter.Gorhig. 
ndes logettes qu'ils font de rameaux & branchages.entrelaflez enfém- @ 1.de lag. 
le, [Left vray que Propcopie enJaguerre  Perfique fait Anton des perfique. 
il) 


partpg 


#4 LIVRECTRNONSIES ME 
ge der Huns Huns,sppellentiès vhs blancs, & lesautres Nomades:Ot des blancs ie 
ftenans en parleen cefte forte: Les Huns Euthalites,ne menent point vie paftourje 
sothie. …… ‘commelerefte des Huns, ains'eft leur region tres-bonne, & tref- fer 
Prop.liu.t. &iamiis ceux cÿ ne vindrétfaire courfes és terres Romunes, fi ce nef} 
delaguerre  lafayte du Roy de Perfe:& font les plus beaux, &bläcs d'être les His | 
Perfige fales,ny de fier & farouche regard côme les autres;ny viuds ainfi qu'ey 
Dugnelréps tout à l'efgal des beftes fauuages & frouches,pluftoft fontpolicez ay 
regnoit Pere vn Roy qui leur cômäde & vfans de droit, équité & inftice aucc leursvg 
Zasen Perfe. fins,auili bié 4 les Romains,ou autres natiôs ciuiles; Les plus heureux di 
Züthalires : tre eux ont vingtamys qui font ordinaires à leur table, & lefquels ils fa 
Huns blanés, participäs'efgalemét de leur puiffance, & bourfe & fortune, & quelcüe 
co leurs far mourâtils le font porteren terrefuyuât leur anciéne couftume.Or par 
gons dei, | vous pouuez voir qu’AttileRoy des Hüs, quelque cruel qu'il fe mült 
| : … n’eftoit point de celle regiô fauuage fuiette au Mofcouite à prelent, ain 
qu'ilaprochoit plus la temperie de l'air, fans eftre fi proche des mons(s 
ptentrionnaux, bien qu'il aye fait ramas de tout ce qu'il peut tirer d'hon 

mes de la Scythie,pour fe ruer fur l'empire Romain.] Ces fauuages do 

viuans parmy les beftes,ne fe couurent point,ny de lin,ny de drap del 

“A ne,ains des defpouilles des Loups, & Ours, & Cerfs,ainfi que frefchenà 
Peftemens des ils viennent de les tuer:adoranse foleil,la lune, & autres eftoiles &rcixl 
Huns faune- tez du Ciel voire & la premiere chofe qui fe leur offre fortans de leu 
St... ‘loges: & ont langage qui leur eft tout peculier; & pefchentle Corail| 
Baleineen la lôg de la mer, & chaflér les Baleines:la greffe;ils la védét aux natiôs eftri 
coffe Jeptêtrs- ges:le long de la meril y a quelques petites montaignes fur lefquellesfs 
ennale.. … griffans des densil y a certains poiffons qu'ils nôment Mors, & comm 
Mors, por ils ne peuuent fy tenir,tombans &e le precipitans meurent, & feruent 4 


pyable or ce ( 
iere-neueu de 
enus dés lam 
enfans, Ban 
m1 Banonie, & 
du pere fut né 
(cie, Bulgarie, 
mentiô les hi 
pénoniés pafle 
qu’au lieu ou 
nômé ce pais 
(côme dit Dio 
fes couleurs, 
tp Appiä Alex 
ulu obeir aux Æ 
ir Or eftlaPä 
ardaniés. Les 
üleurs famille 

£t auf Price 
eufsét 100000. 
chef n'oferét v 
de Cef. Aug. 
es Dalmates & 
sen{ôthroïne 
Bitô ne luy di 
bit cftre mile fus 


Léprentrin- pafture aux Huns, lefquels les recueillans Les mangent,referuans les denis chiens,ou bô 
maps dudit poiffon qui font & larges, & fort blanches qu'ils changent à d'asBrtis du profond 
. tres denrées auec les marchans qui palfent en leur païs, & de ces dens oBys d'Hôgrie,qt 


faict de beaux manches, & poignées pour les dagues & couteaux : [HE Pinoniéne, JO 


ss | + d'autant que des le commencement nous auons parlé de la Pannonie, odhät les pays d'A: 
| Pæonie & fuyuans noftre auteur auons eff D luchti quelque peu des mœunfcauGnie, qui at 
des anciens,ce ne fera mal fait pour le plaifir, & fuport du leéteur , de rs iadis les Mifié 
L'Ignorance chercher bricfuement l'origine de ce peuple.à fin de ne laiffer en doutémée Sagorie pa 
de Ha & erreur, ceux qui faheurtent à la folle multiplicatié de prefque tout Idy gilt le pays de 
fait donner môde faite,ou fainte auoir efté, par la troupe bänie des Troyés, defque@ocouites 4 Te 


pur voifine de E 
haute & baffe, 1 
farmates de l'E 
RBude frere d’z 
noniés ne fe fot 


tant de cours on tafche de faire fortir prefque toutes les nations de l’Europe, lefquells 
au JagT re, font aufli anciénes pour le moins que les premiers peres, d’où font defce 
« dus ceux qui depuis baftirét Troye. l'ay allegué dés le cômencement Ap 
Où fut 1adÿ pian Alexädrin,lequel en fon liure Illyrique dit que les Pæoniés ou Pan 
le uray fege_ noniens furét iadis poffelfeurs de celle partie d’Hllyrie & Dalmatie,qui 


| des Paneniés. uoifinoit le païs de Macedone,Or iaçoit que les Grecs,qui fufurpét li fnilies aux çh 
… D'ou vient le ce detout dire,facent venir le nom de la Pæoniede Peonfils de PrianMrile quile-pren 
… nom de Pan"@c que d'autres de mefme nation Grecs,à fçauoir, donnentceft honneutirit,& des plus 


mnie. à Peon frere d'Epée,& Endymi6, fi efl-ce que nous aymôs mieux fuyurur, vaillant def 


Berofe, lequel mariant fon hiftoireauecle difcours de Moyfe laréd plu, magnifique 


TMDB: LEVMROPE, 108 
vabte or ee Caldeë fait fortir les Pannbniens de Ban fils déMéfe, de MA dequi a 
Éere-neueu de Sem, fils aifhé de Nod,lequel Mefe cômandaïfür les païs pri lenerie.. 
enus dés la mer maiour , iufqu'au Danube:& departät les Prouinces à va Berfe, 
enfans, 'Banôeutcelleterre quieft entre le Sane, & le Danubéqu'il Tire Lin.l10 
mi Banonie,& depuis fut ditte Pänonie, & à prefent eft Hôgrie: & de de le 4. Der 
du pere fut nômée la Mifie haute & baffe, 4 maintenät on dit Seruie, Des Päânen6 
(cie, Bulgarie, & vne partie des Valaches , & de cefte Pæoniefontfou- vo Di6 Ni- 
mentiô les hiftoriés Romains : & fur tout Tite Liue quiracôpte côme cée.l.srset 54 
pénoniés pafferét en Illyrie,& coururét tout ledir pays & la Dalmatie .4ppié /,de 
qu'au lieu ou àprefent eft baftié la ciréde Venife . Ainfi les Romains Lsgrerre /lpe 
nômé ce paispänonie,ou à caufe de Band fils de Mefe fuyuät Berofe, me. 
(côme dit Dié Nicée) à caufe à les habitäs fe veftoient de draps de di- Zi/62 ”elée: 
fes couleurs, & pieces bi sen enlatiffure.Or leur pays eftainfi def: Parercale,ce 
tp Appif Alexädrin.Cefar(parlät de Augufte)les Illyriés n'ayät encor 7réquille em 
pluobeir aux Romais,paffa p la Pänonie pour les aller côbatre &'affu- Levi de T'ibe 
ir Or ef la Pénonie pais fort bofcageux l'eftédät des lapodes iuf aux re, ©” Iorné- 
Brdaniés . Les Pæoniés n'ôtaucunes villes,ains fe tiénét en des hameaux dez, «w li. des 
Gleurs familles, &c alliances de fang, & n'vfent d’aucü iugemét cômun, temps. 
ét auffi Price qui leur cômäde & qui prefide fur les autres, Et iaçoit q Gentile reffoe 
eufsét 1o0000.c6batäs preft à marcher en bataille, fi eft-ce 4 ayäs faute ce de Bato 4: 
chefn'oferét venir aux mains.Et fornädez accorde à Appiä en ce voya Tibere Empe 
de Cef. Aug. Etquoy à ce peuple fuft mis au râc des barbares, fi eft-ce Dion /.55. | 
es Dalmates & Pänoniens feftät reuoltes côtre l’empire ; côme Tibere Defériptie de 
sen (6 throine f'équift de Bat6 qui les auoit cfmeus à fereuolter:legé Hongrie. 
Batô ne luy dit autre chofe fin6, c'eft à vous à la faute de cefterebelliô sageregtds | 
it eftre mife fus, qui pour la garde de vos troupeaux auez enuoyé non teparSabelz 
schiens;ou bôs palteurs mais des loups, & mercenaires, Ces Huns dôc lg .Ennead. 
rtis du profond de 1aSéythie,ont efté ceux qui en fin ont dônélen6 au 9./1.1.mats 
ys d'Hôgrie,quoy 4 Goths,aläs Vädales,& autres ayët couru la prouf- def a Strubo 
Pänoniéne. JOr celleregiô qui Fappelle à prelét Hôgrie, a vers le cou. le païs des Ge 
ätles pays d'Auftriche,& Boëlie, & au midy celle ptie de Fillyrie,ou these 4 pre 
fclauônie, qui auoiline la mer Adriatiq. vers l’oriét elle regarde la Seruie /êns vnegrad 
diadis les Mifiés & Triballes ont fait leur demeure, qui maintenant eft partie de Bul. 
imée Sagorie par aucüs, au Nord, & feptentrion,& par de là le Danube gare. 
y gitt le pays de Poloigne , diuilez d'enfemble par le môt Carpat, & les Faste de l'as 
Lofcouites [, Toutesfois affez mal à propos met ceft auteur la Mofcouie teur Latin 
ur voifine de Hôgrie;quädibié elle côprendroit toutes les deux Mifies fusfant la Hë 
haute 8 baffe, veu 4 par ce moyé il enclorroit en l'Hôgrie prefque ta’ grie vosfine 
firmates de l'Europe, ]La ville royale d'Hôgrie,c'eft Bude,sffi nômée de la Mofie- 
Bude frere d'Attile,qui'en fut le baftiffeur.[ Veuque({côme dit éft)les ave. 
Hnoniés nefe foucioyét guere de baftir villes, ains fetenoyét ptroupes gude ville 
fimilles aux champs, y baftifans des hameaux & villages.Or ce fut ceft d'zogrie de 
mile qui le-premier entra'en:pannonie des Roys Huns, homme, de gräd, qu: «17/5 nom 
prit, & des plus fages guerries de fontéps ; ayantleéœur hault & géne- mées 
x, vaillant de fa perfonne,cauteléux, & dôneur de caffadés à fon enne- 
y magnifique eu {es ads, portät vn Autour çourôné pour Armoiries, 


peuple visant oube Leur aie 8 

re nie role lus belle & heureufs prouin 
de quatre jen fortünée, fi ess C 

0] en 0 


100 


h 


4 Condition des 
dr 14 k os 10) 


regerrant tout aufli toit ,quis eftécaufe quetous les deux eftatz fe fonc. Z'afet pu- 
guement maintenuz en leur force & vigueur autorité, & excellence. °"#c0meg0n- 
utesfois le maniment des'affaires &e gouuernement de l'eftat public, #77 6: vil 
accordé efgalement aux deux eftats, &n'eft le peuple fuiet,ny afferuy 4 smperial, 
Anobles , eftant chafcun maiftre dé fon bica , & viuant.éen liberté à A 
Mie pourüeu que ce loir fous les loix & couftumes de leur police: &. ca: 
general la iuftice eftaminiftrée par tour le païs , par des hommes qui, /#ges/an4 les 
ntaucuneslettres. En chafcune ville, & en certäins villages , on eflit fre eflenT en 
: Muchommes’ pour juges , ayans lerenom debonne vie, & entiers en Alemaigne, 
salions parle tefmoignage dé chacun , fäns qu'anaye efpard fils 
uent les Icttres où non .C'eft a ceux cy D rendieU chitge & ÿ font 
cez,quoy.qu'il n'y ayt gage aucuñ,n r Cf poir de recompence quélcon+ 
A But l'honneür qu'ils en raportent l'y eltans bien gonuernez ,&-Hai(- 
“teur proffit particulier pour vaquer feulemént au bien public, oyans, 
Mydaus les câules és temps ; &'houres ordonnées à cé faire : chafèun 
Gg 


LIVX 
gyendrele, 
gi 


‘le plus 1 
Mestécs 
Vo? ë .$ 


Liv 


LA 


chicheté des 


ra lé 
d cçame 


ÿ 


ajronque viendra VC 
F & équitable, l'adis on ne fouloit po 
(e hé ital ER doit po 


ROME fon: à 
€ VICHOFA YUES QUX a PEION qu 
de 


c'elfoit mal iugé de ne l'arrefterau 
ue tifoyert ee le of pr 


fuba 


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fe 


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144 
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10: 


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ke 
* 


‘1 


affémens & broderie, qu'à  prefentl 


* 


es. és Getils-bommes portent?L'acoult 


ment de nos Bourgeoifes eft allez modelte , bien feant & honnelte, 


ergé.Eoighan 


poitriet 
puuertiire 
jusqüe de 
msilles de} 
antleditte 
Ju mel 1e 
nt &deûoa 
wlifey prior 
Les féruite 
aiftres; &c n° 
r parefle; ou 
ail fi paiun 
nou autre 
ruine Ge fup 
tres les ieune 
ntipar fe mo 
cité, qu'on 
Honir, ceux -c 
mdiant Jeurf 


abondamrhi 


coùl'on Hit h 
Jes'enfans ‘de 
Quelzfont'ho 
de vie: ceux: 
etude les fou 
ds & contig 
lieux, & puifl 
es:baftimens 
Rroementiles 
outesfois tant 
dandoife,;fi: 
baflishene ie : 
rs-Aubres: eh d 


Fa D à LE 
eo à Een 
Qi 
&] 


| M 'ADE DEVROPE) IT  : ug 
dnoitrien que roprenäré, fquélquesinione les fifbieftdhire tops. 

rire aol de feuis rob À D fee opte don Paule fr 
baie de raifoni- Les’ Afemns fe veftent de noir és obfeques &rfü-Werailes des 
enilles de leurs parèns, &'eh portentie‘dueil trenteiours:,>8rpen lemaens. 

dniieditterme ils font ‘prier trois fois pour: defuh@, letonride Perso Eye demobion 
A ement, de fepticfiniéiour;/&cletréhtiefines -C'eftympbüple.tréfare à 97 à pro/enr: 
I & dedodeux au feruict:dé: Pieux f qu'il ya arcifansquetcorique Pres refrérlie) 


ga uel de matiré auant quémettrelanininà la befoigney'ne Fen-aile à! j LE 
les Lifeyprior&ouyrilameffe. su" : 2" Se flo Slsupieh noiniboss em 
calon M: Les féruiteurs'& :chambrieres y font: contrains à ce deuoir.par leurs 

omhdiltres; & n cft pas peu de reproche que de laifferle feruice de Dieu : 


rpirefe; ou dutreoccafion Selle ré dügrandimportance.: Auf! "1%" 
ail fipaiure:citéed läquetion'y ayÿequelqueconuent;&'monaftére. "7 
nou autfedps’ordrési desiquatre-mendiants; 8 vn‘hofpitdl pourla rs 7. 
Dire & faport des pauürds..Ony eHrreticnt-encorr&e fair nourrie dur) 
tresles ieunesenfans qui: poureltudier font volontaires bannis & et- Le “ee 
tipar le monde ,:8& en voiton:fouuënt-vn tel: & fgrand nombre:en s. de HS 
e cité, qu'on f'esbahiroit comme il:eft polfible qu’on'en puiffertant en: A k die 
peoir,ceux-cy fonc hebergez rs parles Cidoyens; & paisvonts ” "7 
diant Jeur painien chantadt de porte;en porte, de quoy ilsfont four: rl +4 se pste 
abondamment. à cafe qu'ilz foruent &chantbnr à l'E gliferauec2les:i RER «1 
+ yrdeputez;, & qu'on les inftioge ‘aimfirpour:tes prooubiraure, 8 Vs 
ergé.loighant toute l'Eglife de Paraiffe; il y a vne maifon quieftaupu: ACTA 
goùl'on lit les'Arts liberaux,& bonnesfcients;& là où:8r:ces pauures Edifées fêter” 
js enfans de la ville:fontenfeignez:par: gens gagez pour cc fairei:1}, re ; 
quelzfont'hommes bien famêz &e egnalez:&tn fauoir, & Ihonnefte-", Le F ss 3 
de vies ceux Cy chifliéar ceuxcqué Bilient &iduinefont leur deuoir' TER: 
etude les fotietanson lestençansaygrement:Lesedificeÿpritéz fonc. “+1 #15 
&s & contiguz les vnsdesautres; &baftis affez bien felon l'affiette : x 
licux;&puiffance deceuxquiy'habirents 1)" tp ls vi 
sibaltimensides riches font drcfllezde pierre; 8r chaux &pfable fore.  :°°: : * 
hibementilespaburesontles togbstbaflet, & Rires de boys&ldérerres "11° 
Moutesfoistantiosvas queles aulrespounrentieurs'mailons:de euille,: 
Miidoie;;ficdeft pour:crainterdi four ou pourtlaumaguifioente ! 1557" 057 
Mienticne-vousen"Kiutais quo dite-Aupais do Saxe & plus: vu . 
Brautresiehdrontz ilz-les chabhrent de Eates &'Burdeau!, qui'eft En Sve es 
fique lesivibesi y: femblent: moins belles &plusfübiettes à y 'eftre maï/änr bb 
Méss: Les placès y font ondinairement-pauées: de:icaillogxôn gtezherres an fn 
cr fértcidurés Lescportes-des villex:embellier dohagtes &c:'$or-tv>-prirya dy 
bus foù abcitiur her grroesadueitiffent faub fon d'or trompét ne irn 
ecdix nombre; des éfieliaoic: qui Asrilrenril Skjceux qairfontkre-rfns, 
ot fbyreat-aditoreys): °fanidniont fur'tenr we Horifienraont Perret 
Gino Lleñreefeu 3 Hit ajrement af sénheut forts et bles oéllerer 
phiertenitparl'melque garsiandrure ou pésdosgroffes; ot tour: 1hmangne 
ntésiriuieres ui :frrquotdue: mont: Elder ef prâl'ayhéran lit veus very 
déc iGeles qui fout pufécsneh hs phure:fons démparées: del 
Gg ij 


2, : 


4 


(1 


nent LE D imecaniquement, 
Ruiques.. 


leur peut ayf 
mere 
Je, TEE 
rent prifes dc : 
jiqueltes, & lu 
ent par tout le 
gne,& que lai 
ir en Germa 
ntmaiftres &c 
main qu rapreslesr 
haicun ifoire fe vont 


uligesen 
Gare 


| aux: oBciers qu'ils. y employent, appellez Scultels en ‘leur langi 
Païfant en, Az font fouuene des Coruées pour le fenuce ‘de Icurs Seigneurs, 
gwe. bouirans leurs terres , ;@& les erifemençant , retueillans ‘les’ moifo@yaupit 
4.0 portansles geainsaux greniers fendans &c abbatans les boÿs|feruansd 
Cyr... des:âux maçons qui baliffene, & fofloyans où il ef débebing, 4 int bi 
menendns  fommeil n'ya feruitudeà laquelle les fcigneurs ne diétque éefteini 
gerebin... ble troupe de peuple leureftaftrainte &obligée:N'y aencorrientéti ( 
qu cf A rm pauutes gés ofaffentre 4 ‘eftans'employez DSi: citoienr. far 
desfermns.… le cômandemét du féigneur,çar y faillés,les'antéiles & baftümades »'y fre; dos Se 
ges années laboureur,c'eft à la pl part d’êtr'eux ne font les vrais @c enitiers foigr 


des tes quil ennent, dc polfedent, ing en éppartient ja io 


LA "DELEVR.OP |: PR ‘119 
ofquelz il fault les raçheter,en leur payant tous les ans certaine - 
uion des fruidtz qui Cy JeuËt 8 recueillét: T'elles bar les monieresr:s 
mfunesdie viure,delquelles on vita prefent prefque par touteJ' Ale: 
igne:auis ayans parléde ce qui éft en genèral,c'eft raïon -quedesmas: | 
pes foient vn peu fpecifiées, ct les nations defcrites parlomeniæehas . 
Dueeafon fn. ordre ainff que iufqu'icy il a défia' efté gardé par qous Le: *iuus 


; DupaïisdeSaxe:des mœurs Co couffumes des Savons tant: anciens: AA niet 
Litbuonatels qMesilemness | Chapitre 15.2. 


ME CA A7. À region de Saxe eft vn païs tout particulier: D4/Gipd 
Ra nr: dela Gérmanie, ayant fes bornes du cofté du païside:: 


En d'Occident au fleuue Vifeue,;ou côme d'au :saxe. 

LCD cunsdifencau Rhin: versie Séptentrion;:el-,0pinios afig: 
RON. Le regarde le païs de Dannemarc, &ilemer:friusleémi:; 
(Ar. Balréc: au midy font les Franconiens auf: que samsais 

quels font oppofez les Baioariens & Boef;: les Savons ne 

mes:6 à l'Orient elle regarde la Prufie.: Or: furenr an fêre 

Le AL combien de peuples font enclos ence grand wice d’ fe 

ME Se): trait de terre, & de quelle diuerfitédenomis rendre. En 

nleurpeutayfément voir parla précedéte defcription de Germianiei & cr ceffe opi- 

«sfoistoutes.ces nations font comprifes fous la iurifdiGion Saxoni- sex effpié 
je, Cefte térre a pris fon nom des Saxôs peuples, defquelz les reliques sewigne œifs. 
rentprifes de ces loldats quiiadis ayant fuiuy Alexädre lé gréndenfes dirient l'ai, 
jqueltes, & luy eftant deccdé & farf d’vne mortauant-failonfedifper- riuée des Sup 

Dent par cout le môde, D'autres difent qu'ilz font fortis de la grâd Bre- xonsen l'1fle 

gne, & que laiffans leur pafs pour trouuer nouuelle demeure, vindrent _ 4/bion ç- 

ir en Germanie, fi q-chaflans ceux de Thuringe deleurterre-Fen foi es furens 

nrmaiftres & feignpurs :( Non plus qu'ailleur ne veux-ic laiffer Îe-le- chefe7 par 

rapresles refucries de ceux qui nefçachans cercherrien de folide de Les Demoir… 
iftoire fe vont amufer à des foilies, 8: imaginer des races, defcéres &ge- Prelom.lin.e 
ogies quiiamais né furent en eftre, fi comme de dire & faindre que chg.rr.rws 

sfoldatz du grand Alexandre foient defcenduz les Saxons , cômeainf ble4. dim 

qu'iln'y.aauteur quelconque des änciens qui fe fouuienne tant fen we, :; 

lt du nom de Saxé,queencor ceserreura(femblables aux courfes d'V sweroneen Le, 
feydes Macedoniensnefont paraucun ramenteuës:& aufli ne fontelles suvde l'Ens- 
y-febla nbmmmeda El wque mort le grind Monarque. Grec, prrewr O6ke- 
aupit aflez de feigneurs de fa füyte qui fçeurenr bien employer le fol- san. : 
anovuelles conqueftes;ainh que ceux qui lifent les hifloires «en Çau- rrirhemie., 
intbico rendre la raifon. Or la plus frefche memoire des:Suxonsjeft abbé en JS 

kdePialoméelequelviuolt du cemps mefine que Tacitelequelnedt, Chremigue., , 

aucune mentiotinon pas qu'ilz ne fuffent ; mais d'autant À" 28 

nomny.bruit quelconque; nomiplus que plulieuss fuir per les 

ux:éc toutestois Suetone füuirreeit de la puorrs de:saxers cop 
ie fous Augufte contre les Thuringiens 8 Sakons,outcs Romains 4daume:152 
kdesfsis par des Barbarés qui me fariuger quié Taéite ne l'eftoit que usrauanr | 

nu à efpluçher.toute la Germanie,ou bien qu'il eng pas granilique 4 à 


ins n'en fai 


ilreltoienrfans re 


: + 


$ ge  LIV in dite 

chriff nuf-. camptedesSaxonsiQui diréns hous donc que: tentes Saxons qui4 

né de k piisontitant donné d'aires à Charles te grindt te no vous rérubye y 
Vierge. celuÿ Geographe queic:vous ay aftegué; qui les fait pauples habitans 
Saxos doit 16g' dela mer vers le deftroict Cymbriqne &encore les fait il infrlairs 
Infhlaires :  &äinfionles peut aller rechercher en Scédinauie beaucoup pluftoftqu 
Ge prates en.en Macedone,de laquelle les bônes gens n' augiét.iadis auctne Cognoif 
La mer Baltée fance, nomplus que les Grecs de ces Ifles Septentrionales:Etfe cômen 


peu on Pre 
ch certains 


PROMIS 
\: Léwoit on des 


4 lelong de Le rent faire cognoïitre(ainfi que diéteft)duremperd'Augufte, 8c de à a: 77 #'0/67 mer 
ANornege.  ilz côtinuerét d'exercer l'art Pyratique, &d efcumeurs.de mer, fi côme Ru 51 | 


foyez donic que 
pieque la Grece 
Llsfont 'voifin 
Brdequelsnoz : 
detloué pou 


ryéildés, ‘temps deDioctetianqu'ilz coururent l'Oceah iulqu'en Picardie :&f LA 
Gaedr, au-dirent dèuers la petite Bretaigne &c païs Mit er de fut dés] 
teurs Ænr.comencement qu'ilz tàfchoient d'enuahirl'ifle à prefent dite Angierd 

Low, Crer&c'afin queie neiparle fans quelque plusfolideraifèn de Cesicour(es 
S'idense hi 8 \ronnefles des Saxons voltigeans furmer,; il faut lire wrpéu ce qu'en & 


epifG:ANah Sidonie Apolliniaän,e{criuät à Naumatie. Côtneie voutufforelit-1l)m 0 pesftoit né; 8 
raties Lt "fin à on E piftre;quiiargongnoit defia troplonguement;hous au6s opoorie reçoit gra 
ane (désnouuelles fort fondaines venés deXaintes, &auons entendu du mr l'Oceantro 
saxoni bens fager,que n'aguere vous auez eftécontraintz de fonner l'affault & mont Care Empere 
Pilotes fr mer faifans l'office oresde foldat & foudein de Nautonier:, vous mélBmptaà grand he 
ap 512, a rans für des barques courbéés à la mifericorde de l'Occan;pour vousoplent & pilloyent 
subislité &7':pofer aux fuftes pendantes &cigrandes Hurques des Saxons,efquellesroddit Paul Diacre : 
Sgefé dur: autant que vous voyez de rameurs& agachours;autätvous femble il voldes Saxons ; :q 


Françoys ,:& el 
jcean , & habita 
re, foudain et 
furles terres de 
ide ceux qui ve 
dBretaigne; .c 
ant ainfi. . ; 

Quelque temps a 
me eftant vn mi 
taigne ; ce voy< 
qui leur jauoit bie: 
kuellesilz chaffere 
lez à fecours ; et 


Sakonfur:=' de larrons & de Pyrates/fi bieniilz font apristous à commander; & obé: 
mets. 1 d'énfeigner & aprendre de voler & piller : tellement qu'il faut-que.vo 
sh «14 1 "foyez bientoufiours fur voz gardes, car c'eft vn'ennemy Je plus cruel 
farouche de tous les autressentant qu'ilaffault à:l'improuifte &:fefch 
rot speëretireaecvnogrand fagefle &preuoyanct:jfihardy qu'il mefpr 
t'nhiceuxquife prefententau combat; 85 accable ceux:quine prennent.e4 

: dé à léuts affaires :Sidiligent, quefuyuantquelqu'vnilira gardede 
sa nv: faiffér eféhabper <& Fil fuyt'à peiné le peut onr'attaindre. Siaffeuré qu 
Hand er lenaufrage tant f'en faut que luy donnefrayeurque c'eftpluftoft fon 
afféurance du ercice;ayant non feulement cognoiffance dés perilz delamet, ains eñct 
S'axen durat vné bien. granide: familiaritéauec la fortune d'icelle Car fi quélqüe ter 
dei tempefles. pefte lesaffauhielle lesrend plus affcureràheurs Côurfes, 8 moins pu 
AE ne poyansiceùx contre qu'ilz dreffentieurequipäge:8c: font frpeë foucict 


A0 rs des dangers squédu milieu des vaguesenfléis detempelte &.flotz (di, sinli que: porte 
«ms meëtdétamer; voifins des rochers ; ’& efoicilz cfpouuéntaliles ; prie Saxon: Angloi 
captifx. 14 prefqueà burterä l'encontre vitentioyeux en: perik;rconduictz deetnon cs: Infule 


dirdifinex, » feule'efperance de bien &iprouffit: qui leur . peut; aduésir sax pillnition Saxonne, | 


G-veu pur D'auatitage auant que defanicrer ourfortir de teriie éersho)8a pais par sie le long de lan 
lentes; rauagé,ilzont de couftumeains que fencalier, deprendrachioundiiditftenatié à'efté 
nn ie. mé deleyrs prifonnicrs:lefquelz aiegynetifte éofuperftitisufecerc@nifins en repos, t 
1990 LG D 2e fmaffacrent >méflant l'equitédu-fort auèc:l'insguité d'yûefip Dix ons entr'eux.v 
Gräd'enmwwté tanedridl 8 abominable: Auccrellesotfrindes &rvœuititz obligent grand courtoifis 


des S'axons_: Foygux Diéux, & Fen rendentquittesen facrifiadt:ceux qu'ils -prenniniret ayder. Et 
Jar enguerre, 8 nontant purgez par ces. facrificds,que-podlus: pariles fees de leur pre 
HUE e t 2 ° N 


_ : TD'ALBVIROQPE T1 no | 
as commis; ira comptent à religion Pelfeéi:detefable: d'vééiose à Leurs TA 
siheureufo} à ÿimans mieux cou denter vh-captif & le maffäcrercruel- ©°prYoniers 
ptque: on tHErrAnGOon pour lé rachaptde fa vie; & en autrepäffage il 1 > “7 
en certains Vevs à: Ekmpridie, : : Horde k DM HU: si no j ITA 
ARR Ve E , ts hse MERS TETE ; EMI OD VERTE % AVR TE NI UNITED CES Srdonie en fês 


MAMA e quRhrES Ke « 
ne La woit en des Sasogr,acouflume7 sadis LE SEA EE De) g EVE IPS OT PONS L EN SEI SEL ES Hédecaf}ll, t 
::) AE flonnir le mer: aroifireesb: RE À 4 À 367 ENITIAA 111 Lempridie, $ 
ge n'ofer mestre pied fur les terres vésfines ins ice 1e at io te Vireng ture ti 

M'A lrsietidy £ ' à hs à ame è n 1e Ÿ \ 


TIR ERHENLT gs Y Mr ice MA APULEZ ISLE 53 , Hi 3h 
oyez donc quelles gens aftoyent les Saxôs, & f'ily'arien de vray:fent. 
hleque la Greceles aye produits. Veu que tous les auteurs qui enpar= - ENTRE 

sis font voifins dela mer, & feptentrionaux ; auflibienqueles Fran: -  ‘" :» 
Bsdefquelsnoz annuliftes ont chanté de fibelles fables:.: Theodofe le title 
set ioué pour auoir vaincu enguerte nauale le Saxon à caufe quece ,:: 1 "1" 
plerftoit né; :& nourry:en ceft exercice que decombatre fur mer : & © basdians 4h 
worie reçoit grand louange, & ationside graces pour auoir pacifiél'e- ©8747 .ex 
{or l'Ocesantroublé par les courfes des Saxons.Etlongtempsau par- honneur, 
ptCare Empereur natif de Narbonne (ayätefté foudroyé Diocletiä) d'HonrieEw 
mptad grand heur d'auoir vaincusles Saxons & Françoys:, qui cou 74€ Lur.g.. 
ent & pilloyentles Gaules auoifinées delamer:Voyons encor ce que Paul dia,des 
dit Paul Diacre :: : Vakentinian: (dit-il } dompta & accabla les for: ges des Ro 
des Saxons , qui! fefloyent ruez fur 'leslimites & bornes des terres #4 br. en 
Françoys ,1& eftoyent ces Saxoris; peuple fétenantfurles bords de /#7/*depil. 
jean; & habitant éz paluz ivacceflibles ; fort terrible.et purffanten Æmmian bi 
6, foudain etagile enfes actions, et lequelafpiroit d'entrepren-:27:? aul.diae, 
fürles terres de l’Empire. Etafin que auec autorité ic-refute l’opi- L3.enlg.uie 
yde ceux qui veulent que les Saxons foyentdefcenduz del'ifledela 7 hevdofé 
dBretaigne; .oy ons ce bon: Diacre quien parletout au contraire, “44%: 
Léon à 320) 2h 5402499 mo0c ee et mec uties Cofepremiera 
Quelque temps apres les Anglois ; ou Saxons ( il confondles noms courfe adisine 
ame eftant vn mefmeipeuple  ): pafferent fur troys longues naus en ande grace 
kaigne ; cevoyage ayant cité raportéen leur païs comme profpere 44°: 

qui leur jauoit bien fuccedé, on y enuoya plus grandes forces:, auce 
ellesilz chafferent-dé'iflc ceux pour ia ruine defquelz on les auoit 2 bd: 
lez à fecours ; ét'aduint'cecy dutemps de Vortigere Roy de celle 778 //.x.de 
sinfiqueporteau! vrayl'hiftoire des Anglois. Eten ceftè forte ce l'Pfrire £a 
leSaxon:Angloisqui donna ce nom d'Angleterre a l'ifle Breton- glufe Gildas, 
etnoncès:Imulaires du fang ( commeilz difent ) de Brute Troïen 1.03.de Lhiff. 
rion Saxonne; laquelle; comme il eft apert, affez eft Scptentrionals Æ shalle 

ke lebong dela merBaltée: |: : :: 1: RE nee no@rBedeen , 
keftenatié àiefté iadis fort ficheufé;commecelle qui re laiffoit guere L'hf As 
vifins en repos, toufiourstédät à inuader etguerpirleursterres; mais : 
jxons entr'eux viudyét fort paifiblementet les:feigneuts preubyoièt | 
grand courtoifieice qui feruoit au bien de leurs éitoyenspourdesen +: 1" 
niret ayder., Btontefté fort curieux à la conferuation des familles 8 
ces de Jeur premiere ct ancienne:nobleffe ;‘ne voulant: guore:fas 


7 j LIVRE . TROÎSIEME" © 


cointer des eftrangers;hy l'alliér de moindres qu'eux;tafth£s par ce mo, nds 
etsuioutiteili Pause en fa fincericé & toufiours femblable ral Ga 
Franc ©: 4f. inefme fuyuant les mœurs aiiciennes dé leurs anceftres… Quia fait,  marchans d’/ 
fréchy difft- : encore on les voit ayans vne mélmc habitude grédeur & fature duc we d'or & n'en 
“#ét:lepremien 8 la couleur du poil, & cheueux prefque toute femblable C0 Une ( à renant à ref 
leffde naru- 8e prefque infinie multitude de peuple. Or fut ce peuple diui(é gent nel region À 
re:@ le fecod ment en quatre eftats & differences,de nobles, francs, affranchis, & ef eruciller d'vn 
de grace de ce ues: 8 eftoit deffendu par leur loy & ordônances, qu'aucun ne forlim Eux fibien difpe 
luy qu'il fêr- de fon ranc en contraëtant mariages : mäis que le noble efpoufait fo mperie du C 
CATA de fon calibre, & le fraû c; vne dé librecondition, l'affranchy en prit is y croilfans 
Loy des mari. qui eut efté mife,cômé luy,en liberté, & que le ferf P'accouplaft aueclé  eills en 
ages entre les elaue , & quiconque contreuenoit à celle ordonnanceil nc luy alloit timent des vill 
Jaxms.  delavie . Ilzaudyencde treffaintes & bonnes loix pour la punition cé & deuotion, 
Pots lux … forfaits & malefices : [ comme fur les meurtres, où: l'on auoit e(gard dulité des bou 


S'axônes til- condition de celuy qui auoit efté occis, 8e en aucun n'y audit prefque] 4 
fre 2.parag. ne quelcüque dumereif ce n'éft de ur qui faifoit he micide en l'E re ba 
Si@r10.  fe,carle faifant il n'y auoitauéune remiflion, voire quiconquefe mg oi y 
Tiltre_4 pa- en embufches, & agüet pour ce faire,encor qu'il n'executaft poit (on pe à or 
rdg.7. loir,il eftoit banny,& côdemné à grandes amendes : Les lareints y efle 44 pe # et 
his punis auec plus grande feucrité, veu que le pris de trois fols anciens @ ke & fans 
4.2.  defrobéfutdeiour,ou de nuit n’eftoit racheté que parlaperte de lat Jus Sa rares 
1dolätrie des Lesboutefeux, & vfans de violente. paffayent fous la rigueur de pari rh she s 
S068, .viy Vi fentence:Et quant aux heritages,aul ne pouuoit priuér fon legitimeh@ ; à Pa 
tichin deen  tier,ou ayant caufe de fa fucceflion,pour la donner à vnautre, filn'en oo F ss l'hi 
l'hifloir.des  veftiffoit l'Eglife,ou faifoit ie Roy fon hcritier. ] Ce peuple Feftudif he É ui Cia ÿ 
. Sexo Decs.r, auf à fi bien dreffer fesmæœurs que l'vtilité y eftoit contemplée fele in pe le ds 
Ænitin.l.4. quifembloit honefte en la D & confideratiô de la loy de na ? L Ger “à “a 
biff.de Banse. ce qui leur cuft.prefque füuffit le téps paffé fils euffét eu quelque cognollf pra 
re. Beat Rhe- fance du vray Dieu & puiffant, & bon crateur de tout le monde , 1 | IN Dnéarind ee 
Bas. lin,2.des quoy ? le Saxon eftoit aufli bien plongé en l'abifme de l'Idolatrie q | FA Le lation ; 
chofès Germa autres nations,adorant les arbres bié feillus,verdoyans & chargez del M a vi : 8 
nig.ce(nt l'a chage,& n'en faifoyentpas moiasà l'endroit des Fontaines ; Ils auoy nl + fe. 
de grace 779 encor vn gros tronc d'arbre fiché en terre en lieu defcouuert qu'iis ap ed Ti fe ü t: 
‘__ loyent Irminfual,qui fignifie colonne vniuerfelle comme fouftenantt dufofdi + Tuif£o 


tes chofes.[Cefte colonne & troncefüuft abatue par Charles le grand: 

Mefmefut  fubiugué cefte nation lors qu'illes tranfporta en Flandres & Brabant 

l'adurs des an qu'ilz y habitaifent, & ne reruaffentplus mefnageen léur pais. Lei 

cies Romains xons adoroyént aufli Mercure auquel { comme lercfte dès Alemans) 

vo Pluta. en lacrifioyent à iours certainsceux qu'ils prenoyent en guerre. Or ner 
da vie de Nu uoyentils digne, ny bien feant à la maicfté-des dieuxqu'onles énfert 
me Pompilie. dans vn temple , ou qu'on feift ancüne ftatue , ou fimulachre pourle: 
Tacite yefere prefenter entant qu'ileftoitimpoñfible à l'homme de comprendre ce 
cecy à toute Ls eft de la maiefté diuine.f]z dedioyent les boys-ehante-fuftaye,& les ; 
nation Ger-  refts plus fombres & efpaiffés à leurs dieux, lefqueilles ilzhonoroyen rénale Frise 
manigue. nom & tiltte de leurs dieux, contemplans & difputans fur lés fecretzp . rs | 

grande de lanature aucc grand relpect & reuereuce .Ce peuple fi " Là ram forte in 


y que plufieure e 
pez dés le commet 
hél'engeance : &d 
dt, 


Left ce peuple gre 
inn:nesble aux co 
s'encline 44 Pel 


LMDBAÉBMR ARE 
vray: Cf parle 


d 
ent ce 
éoccal 


funeruciller d'vn fi eftrange changement: 
Eux fi bien difpofez ,&c! M JEUN ) 
wmperie du Ciel, le tetFoir tan 
is y croilfäns comme à foi 


“é & deuotion.entiere du peuple Alemantenuers Dieu: 14 courtoifie, Hfavt ie 
4 Jent chagen de 


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jenét de chacun, la difcipline 8art militaire, la maniere dedreller l'ap. lagege sas 


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hél'engeance : & de ccftoapiniqnelt va qui a fâit les vers qui fé 
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La ef ce peuple grand G'ipus tent retemmsk. OL 
inuincible aux combats ou le ande aumé : RS PO 
s'encline «u Pl, Ærtig:lequel, cz endure: 1 4 + 
Lechault paticmment,les vents,cr-lafruidure . AE ASE 
rt botte Def fée RATE PET Pere 
Nésleften ces lieux, go d'arllenrs sache. VAR 
Létranfforté [on fang @ gaharde origine. 


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‘es Deus da friehrstoufiurs ffincellans | 
1 teurs cheneue A l'es couleur refemblans, 
“Leur corps ff bien déc ,C° dégrene ffatnre 
Laparolle sumaintien fe referer 4 cure 


à Lesgehes. co Le cœur marchent d' Un mifie pin, 


., E4rse0 de feminin Le parelle n'a print 
; Mass quiplufioft fin, @. Mars, O- Lsalarmes, 
Marre or nn ar rio | 
24 chagègf Leur déduit, © piquer les cheuaube 
* Lébr plasfr defré courir par ments, vaws : 
20 get pen l'aranail Jouffenir celle are: HE 


se ié LC Larénent ur isyéséo: leur envie | 


Le Sole au ETES hs Led en d'un fc wy-taillans 
è .… Laterre pér les th chan drop de ibur pdéféntraillant 
ù Ou marians la EH 
: Aie aucurs [pere JE trainant on La treune. 
Hs laiféns L leur ÿ pais dés leurs plus tendresans 


Ne Fe | Pa  fience agrendresn aller Glannans 


tx de Ocean Jur'une nef. 


Des pillages mutiss,&7: les treduent de droit 

” Ahbrsqueles romans pi 
Pour guerreyer Ex vont aux cffranges Prousnces 
La foulde receuans ès courts de oué Beurs Princes. 

Sensent par Les hauts rechs, ©” par Rs prefindi bas 
Par les taillis eFbais,e> vallens d'éntré fois Ja 

Courent fus au fanglier farouche cr Bei mire 

Pass viennent élancer le Cerf 14 retiré | 


Par l'obfiur desforis.desbrofants à 4 la Jose. 


tou ir: biere loger eréfites A HUSR 


LIVRE * LFRONSFESME 
d ea ce pdd fie SNS At: pére a ip 
ut NDS | 'irii oMbieny 2 D émneeg 1:11 221 

sut ui AEéhätiré cad pi CAEN PT 
PE Tong tete l par Mes brad Noire 


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Les Germains 
enl'honneur. 
ir païs:& vloic 
royable & ple 
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tflonner leurs 
seftincelans 
pans, la ftaturd 
ofité, & precip 
iens à fouffrir 
ndurer la foif, 
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dela vaiflelle 
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Les Geiméiosindis sinbqus tres en en batailléchantaiérwe fainét à oh < 
enl'honneurd'Hercule,lequelilz difoientauairefté quelquefois ‘en: & ol le 
païs:& vfoient marchansêc fuyuans leurs ordres auec vnfôn@ cht nd, 
foyable & plein de grauité,quay-quenon défacordant & fans auqune Face &> pe sn 
portion de nombres:& mefuresiqui neantmoins:eftoit-imienté pour: portion dei 
dtonner leurs ennemys Plufieurs dicntt'eux aioient !2s yeux: férou+:: 2 Alenans.; 
seftincelans, &:de couleur bleüe8r.celeftéles cheveux blonds, &re Pay” Rene s 
pars, la ftature du corps: grande; foudains) &:allans d’une graode iinpe:fs: ji dé 2 w 
fité, & precipice.en leurs affaires: au vefté mal propites ausrauail 8 im: frons. e“ » 
iens à fouffrir vn long labeur & ‘peine qui füit durable/8n'ont garde. Celiexh: 
durer la foif& lé:chauit bien queles Gauloysnisis quanvats foi je; 
lefouffrene ades autane deipatitnce;carplusqlie astra el re à IDR 
voient iadis aucun viage d'or, ny:d” t& faifoient auflbpeulde cô: } mb \ 
dela vaifelled'argent:que dh donfiost à leurs capitaines;du HA 2 dé Daleniäs \ 
 prefent à àleurs Princes, 8e Là manioiehraucc a peu dérefpettque Dé trahit: 
tft cftérerresr: ox sn ets oies) est sup rnb fo smorn 0 Alemés is" 
L'or, &1'a iebleaoRé a c0 peu abofimé pareix Lesafe dès traits; Us meffrie 
mortes 4 PA DR PEN oiènèe Lors 
He meurt die tout duel ds hauux; voire que fera y: cheut Pigenrs © «à 
té Ne PE PEU RE PE VE Lama: 
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Mn MORTE ve 
Armes des Lecheualier larmoindetan og W'efch, Bots finrericisng oi phute unie Mevnertomis 
anciens AL chacun à a fois entr: ne l'éfour. Oil cébetdiént ou:bieninud: og ju che eltéter 
lemans Fay bien vfansd'vn hoquetoni CowrmS n'y AÔte apoume diserfité d'hs, ins auoient 
T'acite ane bits qui diftingalt. les eumpaigtiiés;feutement pat ‘its Kôers cfcus; oil & eare il 
Ænndles li: pour auec celte couleur peuson fon cognoitre:Eky en auok peu qui anis fus auoir l' 
2. Deccfe: Vfailent de corfelet,animenyéorps decairace ;énpeu encor qui arm: quelque ad 
maniere de fentleur tefte de Morion, Bouguiguoté, Snfihde. : Hz d'auoient grny teplash: 
drefér che-  foing de la beauté,ny ro dsochcptirn Arr r feleurdelplait 
maux vfént Pros paflades cô etes Ytabtens;cüréns deteur aprènüne vne droj Ceux qui fi 
dusau premier 
ancforce;eftoi 


encer les Al carriere. . Celuy qui perdoït fomefcu à tabataïtle toit frdetefté que 
lemans, &-. n'eftoitreceu,ny aux favrifices: tiyau confoil;& püubliquetaffémblée de 


Gr ent les. anciens:qui fut caufequéplufieurs defpisezd'vne telleignominie, & fuipiecz dans les 
lis uiuans À telle efcorne fe D deiahed) defpinii PE START SA d'en peuffene LL] 
Igneminie de Leurs roys eftoient choifisdu eorpu8e d'entre les nobles, lequel nu wfiét publiqu 
perdre fin point puiffance de faire tout à fa frais, ny d'vfor fouuerairiement ddhiie du peché; 
efiu en guer- chofes à fon plaifir. (Dely emr'euxieftoit Chefs armées; qui excello@efit en priué,ou 
resinfen … envertu,& qui fçauoit mieux faireëc pffeétuer que commander: Au re@rcurieux d’eftre 
fret use Lace- n'eltoit permis à autre de lier, batré,nÿ punir de mort'aucün; finô au fogillarde troupe 
demesiens: … preftre afin qu'ils n'eftimaffent point que autre que Dieu fuft celuyqzfurtoutautre, 
… Préfires sages <haftiaft les forfaiéts, & fe vengealt des fautes commifes contre faMaicl@roche &'infamie 
des ceimesen.. 1lz auoient de couftume de porter en guerre quelques effigies & wioit decedéapre 
êre les Ger.. ; blezux reprefentansieurs Dicax,que ilz tirdient destempies baftis és turvaincre, & ceu 
mains; : Seltz où bfloient Icursoratoires.[ Auf'agathic ent qu'ilzadoroient Ice: 11z-embraffo 
Idélatrie, des boys, fareltz,& buiffons (commenousaudnsdit, qu'en faifoient & I@Bité, comme ceu 


l'art militaire: & 
fe de fe pourueo 
fl chofe pouuc 


anciens Ale- Mofcouites,& Lithuaniens)voireles arbresen particulier; les’eftangs 
mans. Æga ruilleauxeufqueiz ifr facrifoient des cheuaux apres leur auoir cou 
thiebiu, 3... teftes:}altansenguerreilz voutoierit que leuts plus proches; families 


Meres , fems-. chofés eheres:ne l'efloïgnalfent guere d’eux;afih qn’é la prefence de ladgucrre les plus vai 
mes x enfas amys &c parens;ou ilz vainquilfent glotieufemét jou mouruffentaucchmanger& boire, 


purage, à quoy a 
l fbaiir Le o 
emaucl'amoirenu 
dit des Gim- {taidnt.fidelicates: que ellesne comptaflenc:; pluyes, &bicffures, &Bctuë contre le reg 
NCaUx a yans les 
&ataché d'vne E 
mes Alems. datz 8c les incitoient à biencombatrs: Aufli-trouue Ton par efcript Ms plusriches diff 
CelieRhedig. fouuent eft aduenu que les Germains eftäs prefque rompu; htplus large & at 
(E eltitne lon Qu corps,qu'il fe 

opsnien, que-ceftenationpenfoit.qu'il doit cfgal l'habilke 
. des Germasns l'efprit,& Genie desfemmes:qui-efioitcaute Le jadis 1és Germ 
Kionales; fe font d 
laçoit qu'il y en ce: 
Honmesim. Hercule & Mars ilz n'offroiét que des beltes JE vfbiée defôre & angine qui portoit c 


desGermans neur & louange:faifanstefmoins de leur gaillardifé-aux combatz | 
en guerre... femmes, enfans,& treffain@te prefence de Icurs pres & meres. Eftés b 


melez, 4 Mer enjeur diuinationÆs choft 7: ir à l'endroit de 
eure parles chefz des citez de décider des a wesjou employer 
anciis ,Ale- & côfequéce:il faillois à tout Le corps de la ville y fut alféblé pour en MEtdebœufs artélez 


# M DIR LEEVROPES \ : : ns 
fe mate Béreemtà aue enurpl  drtila noble La AA SRENT 

ushiselhieun f pleninade 8c perf s@iontéc ne céptoiée poiie par tés‘. :. 
dnsauoientefgard feulementà la nui@ en fuppurant. Vnans-as - : - 
si, Si eflare ile eltoiencarmez (comme encore à prefentilz:#8"vone 
fs auoir l'efpieuen M main ) & voulans montrer qu'ils eobfens ".::: | 
dquetque aduit, ilz ne faifienc que branfler leurs piquesquiefioit 4 Pwblée. :. | 
leplushonorable deleurapprobation & confenemedt :mais la de Confôil. | 
féleurdeplaifat leur murmure & Fremiffement en donnoit1a figiie fisiren ame 


rCeux qui fuyoient de la guerre ou trahiffoientieursamys,eftotenc 
dus au premier arbre trouué : les couards & poltrons,& quin'auoient 
meforcaeftoient iettez és bourbiers,& couuerts de fange, où bien Pmition: des: 
eipitez dansles Mareftz, mettant vne claïe où grille de’bois, à fin que #rafres@n | 
dnpeuffene fortir;comme Pilz euffent efté d'aduis qu'il falloit punir \ 
mai publiquement,mais toutesfois cacher & touurir l'infarnié de 
ble du peché: N'eftoit ab vit Magifitat de faire chofe quelcon- 
fit en priué,ou deuant tous fahs cftre equippé de fes armes, ilz'eftoiée 
curieux d’eftre bien fuyuiz,entant que ceux qui auoient la ptus belle 
aillarde troupe de ieuneffe en leur compagnie eftoient lotiez & ren6-: 
pfurtout autre, tant entre les fiens que parmy leurs voyfins. C'eftoie * 
che &'infamie au foldat de furuiure à fon-chef mort à la guerre fil Song der su: 
vit decedé apres auoir emporté laviétoire. Auf léPrince combattoit Jar pour 
vaincre, & ceux qui le fuyuoient bataïilloient pour fon falut &c def Jy Prince.: 
e:11zembrafloient la guerre de gayeté de cœur,& fans aucune: ne- 
Bté, comme ceux qui ne trouuoient aucun repos aggreable que celuÿ Germermi 
l'art militaire: & c'eft pourquoy ils acomptoient à faineantife & cou- 4dlonnez. à" 
lie de fe pourueoir pluftoft de quelque cas neceffaire, en fuftet trauail: dermir ess : 
flkchofe pouuoit eftre acquife par effufion de fang. N'eflans pe geurmander ” 
guerre les plus vaillans & illuftres n’auoientautre foucÿ que de dé es remps de: 
manger & boire, laiffans à leurs femmes la charge deleurs maifons & paix. 
urage. à quoy aufliles vicillards cftoient employez:tellement qu'on _4lemams 
nffbairir à bon droit, de veoir deux chofes fi contraires en céfte na= sis fans ‘: 
que l'amoërenuers le fommeil & faincantife,& vne f; grande Haine villes ere :: 
ceuë contré le repos. Leur demeure ordinaire eftoit en des villages nosenr aux |: 
meaux,ayans les maifons feparées, & leur abillement vn' Hôquéton:sylages. 
&ataché d’vne boucle ou laffet, & en défaut de ce d’vnebelle elpi- _#h/lémens: 
s plus riches differoient en habit d’auec le pauuré,non qu'ilz lé pot- des Germains 
ntplus large & abondant,ains qui eftoit plus eftroi@t, et fi bien appro sxdÿ. * "+ 
lu corps;qu'il fembloit eftre mefme auec lés membres qu’il couuroit _ £lemans 
boit efgal l'habilkement des hommies et frmmes rourehfemblé Oreft- n'efpen/cienr 
Le jadis 1és Germains entre toutes les nations tant Orientales que Sé-igwere que ve 
krionales;fe font dés le carnmencement conventez d'vne feule fem-femme, 
çoit qu'il y en euft qui en efpoufoyent pl'afieurs :'et‘ce n'éftoit pas 
ame qui portoit doaire à fon mary , plüftof' l’homme vfoit de ce: MAS 
ir à l'endroit de fon efpoufe : et ne fe foucicient ‘d’attiffer leurs : "1 
meou employer leur bien én bagues ôti meubies;ains dônoit on va: "1e 
edobœufz attelez;et mis fous le ét Mag ar Net vi efeu, ris 
GUN RE eV OMG a Je AS UETIO NS CRM FCI EOMRER ij- PARTE 


LRO US 


LIV R'EFTPR/OLE FES M E Fe 
| femmes, evtantiqu'à grand peinelesvoyaisonunes 
femmes Ger- fpedacles.& ieux:publi ésbanquets &cfefinssauftt hientand | 
maine. y: pa: pop lens nt ou dense na TA pi 
pnitimdes vnadulters.Que liliaduenoitqu'ynefemmefutconuaintuede cos 
AÆdainnis: onlay coupoirpremietesientles chésreuni8-le cûd it pu 
Jénlgfie wo: nue sa pleine place deuant-fes paronssta priant du droitide fa culpa 
fewerié du efhoit fouêtée ar tautle village. Il n'yaupit aucun 'efpoir y mayes 
Germiuns. | recbciliationdepuis:à la femme feftoit oubliée àfairotortà fon:cfps 
eine elauniqumelts,besutéou richelfe qui:la.recormmandaffent, car at 
Continence _ plusles marys pales vouloient veoir, N'sftait permis à aucun de dre 
dela ienefé desrilées Jà, pour Les vices.d'antruy,eftimantque cpfte façon de faire 
Alemande, fhoit:plus pour gafter &icorrompre les mœurs-quepour dannerchaf 
met &remede.Les femmes donc prenoient.vn feul mary tout iii @ 
Ley far l'he- elles n'auient.qu'vn'cotps-8i qu'one viosfans queleur pu sDyidé 
micide ç- fa Éeftendillenc plus outre. comme ay mäs.plus l'honnelet d'u mariage, 
tisfaéhion  kesçarelles deleurs marys. Aufli les bonnes mœurs auQignt Enuers cu 
poir-iceldy, Lors plus de vigueur.& cfficace, que les bônes loix.èn autres endroits} 
way les Lie ieunes hommes.commençoienttard à {Gauoir.que c'elt que d'aceinterk 
énciennen Sen BEEN vibf nas eftoit leuricuneffe; &: gaillardi(iefpuilée, 
d'Alema-, ancantie,auil.ne haftqit on:point le.-mariage des filles à finquelesde 


gnesile. 50, patties fuflent puiffantes, &: meures pour la generation. L'homicide çe 
Paragraph.1 miseltoitrecompenfé &-amendé parquelque pris & nombre certain: 
malt 


eftail,& le meurtrier.accordant à partie fatis failois à,toure la-maifon: 
ælemande. \homiçidé.Çe peuple prenoit grand plaifir.en lafacieré,& à-receupir 
Æinfen ve É 4 les eftrangerssaulli eftoit ce repaté à grand-crime, fi: dn denid 
Jocent aufis les fa maifon,ouchaffoit-de lagable les furuoaans:1l2 auoient grand conte 
… Péflsii à: tement à f'entre-faire des prefens, fans que pour: cela ilz fe-reprochaft 
7! 14 hofequelconque;veuqu'ilz n'eftimoiens eftre aucunement: redeu 
Ê pour chofe qu'ilzeuffentreceuë. Liz pañoientia nuiét &:leiour emt 
"= quetant,.& yurongnant, deforte que l'yurongnerie n'efkais accompk 
-augunement à vice à cefténatiô:ainfrapres bien boire,pwne voyoital 
… …  Querelles, &:nonobftät fans iniures, ny reprochas.pluftofk y yoyoiron 
ven meurtre,que dire vre parolle iniurioufe,&:sraitoient desxgransaf 
Alemans le rés foitide paix,ou de guerfs enbanquetant,corhmefi en nuls-autre { 
du Gmpleic- fon l'efprit del'hôme n’euft eftémoins'en (oucy,ey plus eféhaugé. | 
er fans firis gasreprendre les chofes de conféquence. Ce pouplem'efoitiadis nyrf 
it : By çautelqux,sinsdifoit fimplement & fans grendiexhomationcequil 
amy cu pit en pélée- Le jour: d'apres. qu'ils auoient côfukéila rétréRoiét lee 
Wie in ji fes miles en deliberauo, 86 ordénéss.afin d'y.dslibarer encore céme ce 
pu qu op fapoiérque c'offois que dafaindreny-difiqulers 6e palloics: 
a rigueur de re qui effoitareelhé,câme np.peuuant erres aphes subir 
nenteonfolsé d'va affaire. Leur boiffon efinieçnmpolée d'ouge 8 fui 
laemblance.du.vin,mais ceuxiqui fe sonoienr, prés des-rivisres anni 
M pre tirées pair afrangesLaur rianslesfaie four 
pômes huge, dela fuincéé(chement moukié Sat 


à 


AÆlemans 
beuneurs 4 
Mtrance, 


ul 
à Hanoi es par UGS y] s: ‘ ; y 1 
çaillé,mais i1z;beygioicnt demefurément, & à toute outrance. D'vnelu 


nude; & dône 
| ne: auict 
eo, & venac 
jeune; robu 


Aiinfi qu'il 
oiftre, 
krd'huy toute: 
w: Lepremie 
jus les deux f 
&forthonor 
mauquelilz 
ames ; &c fall 
diffènce, 8 int 
ent én cont 
it les prelatz 
entre les gens 
pre leur efta 
pes; & longuci 
qx,& non poi 
ruë ils porter 
oye, ét aux au 
leurs eftatæ,po 
oufles fans ef 
deceux-cy f 
dufçruoir;paf 
“du Clergéief 
vis en court 
tort, &c fe red 
eftdélanob 
princes, Côte: 
nité Les prince 
hoù pour Le fé 


À DA L'EMROPES À»: : . né 


hazard qu'ayant perdu tout leur bivn,tNy + ét Alemés, inf. 
tla propré liberté de leurs perfonnes:f que le perdit darts - 
8e le feruoi volrairement 1 Et quoy qu'il #ewr libertés: 


fiaine; robuftes & fort, fifelaifloit &cllier, & vendrocommevne befté 
mrché Ils partiffoyentl'annéeen crois faifons, en l'hiter, printèm 4 Del den Gen | 


foftpañfées au trefpas de quelcd,/maisle regret & douleur démourott "1" *:"" 
PRE : C'eftoitaux fêmes léplourer :" 
Sc aux hômes d'auoir feulemét la fouuencée dû mort.Ettelles 
fiadis lesicouflumes & manicres de viure des peuples de Gormanic. 
\pelefatsmænri; © cinditens prefentes du sp obepas Chprg 
Aiïs quel ‘changement ‘yacftéfaiét depuis par fetrait dutemps, : :: 
Minfiqu'iteft encor aduenu par toutes autres nations: : ‘on le peut Z'#er de be: 
krcognoiltre,par:l'eftat auquel les chofes font à prefent :  Orpourle Gomentà : 
ird'huy toutela Germanie eft diuifée en quatre eftatz, 8 manieries de prones: :: 
ni: Le premier ct du Clergé; foit-il feculier, ou regulier, &'rdligeuxs "5 
ous les deux font bienrentez &enrichis de grandzreuenuz ; ' & rehi- a 
&forthonorez de tous autres; non tt pour cftre dediezau fétuice de . ‘"" ":: 
juquehilz facrifient,& chantent les lolianges des faintz, & onthoing 
ames ; &cfalut du refte du peuple > que pource aufli qu'ils ontla cos ‘7. 
jifnce;& intelligence des fäinétesefcritures; lesenfeignétau peuplé, 
iuent en continence. D'autant que le peuple Alemant mefprife facilé- ea 
piles prelatz"8c miniftres de l'Eglife;qui font ignords.Chafcun eftve- 7 Len: 
entre les gens de religion fort religieufemét, & portäs l'habit fcant, & ns ST 
pre à leur eftat, 8 condition.Les preftres non moynes, ont leurrobesS. 
es; & lonpuct, & decouleur noires, leurs bôncetz font de laine, & fort 
1x, non pointuz, qui leur entréren la tefte iufques aux orciltes. Alls 
ruë ils portent des chaperons fur les efpaules, qui fonc faiz aux awcüs 
oye,écaux autres do fimple laine, &cecy pour l'honefteté, & biéfeice 
leuts eftatæ, portent auffi des mules;'&c des fouliers dedans, oubien des 
oufles fans efcarpins,lefquelsils laiffent eftäs en leur maifon: Laplus ,. . 
de ceux-cy fadonne doyfiuetés & n'a guere grand foucy des tertres À abit desges. 
Hu rnoir;pafés les aprefdinées,à boireyiauer, & béqueter. Les moins d'Egh/een - 
du Clergéieftans offencez, fen vont recours aux Euefques, &'quels fleméigne.- 
oi5 en courte de Rome d'où fouuét ils endémagent ceux qui leut‘ont Ze /Fcod den 
Ho tort, &c fe rédent plus affeurez en leur eftar, &clicéce de vie:Eefecond:9} leweblefe. 
eftdélanobleffe; fous lequell yà plufieurs qui font côtenus, car il y a: ir 3 
mBrrinces, Côtés, 8 Barôs;& des Cheualiers qui ne fontpasfiaudéez en 
ité.Les princes doudcët,& f6tpl”prifez qiés'autres,nôpourieurgré """"": 
mnrou pour le fangiltufre d'oùrils fortér, 4 pour efre puifMtplqtoue: … "1. 
se; côme char aui ohtde gris domaines, terres, fign. & reuenuz :les: 


uatt 
‘ 


dt, LIVRES#MROTY de E no 
Prineeisëter, Gormtés & aide: efpariqA &13 par-lo païs femilent- ceci ciuefies 
Barvms Ale- fleurs qui font énvn nel ent par-lour lufce leùr patrie, 
mäs faits Mais ce n'eftmarütille devevirque & les Princes, les Gomes, Bas 
Fampire, … Scselle noblelfe obaïr auf vof qu'ils font commandez , la necellitélss 
8 quorant aux inffions faîtes par l'emporeur coms fes füices &-homg 
dantoss htes : & cependantlesplus. petits d'entre Les nobles Le mt cxemp 
Noble d Æ tel afuiettiffement,& ne vone{oruir aicien guerre Fils ne font foud | 
lemiaigne ne &bienapointez., & ne fouffrent que leurs füiets & vafaulx fuyueoty 
pour ufr de: qu'eux en guerre: & ncantmoinsils appellent l'Emp.de Rome leurpé 
ds domer ce 8 fouuctainféigneur;&rourtetle recognoiffenr. Tous les nobles 
chäd:aufiine feroyent auoit profané & denigré l’eftar, & fplendeur de leurrace, li} 
fsitelleen  donnoyentienforté aucune àla marchandife, ou exerçoyent quelqr 
France. - qui full mecahiques leur tourneroir à deshôneur fils prenoyent à fem 
vnë rotüriere, & quifuit de moindre & plus baffe qualité qu'ils ne ow 
: fs fe tiennent en quelque ville éftrangere comme Fils en eftoycxl 
Chafrefl l'ex citoyens. Auñi mefprifans la compaignié,acointance, & hätile des Ba 
ercice de Lane geois des villes, ils baftiflont des chafteaux & fortereffes és coftaux &a 
bleft. L?i- lines, viuenten liberté aux champs & parles boÿs aueciours femm:y 
onxeufecärre fans, 8 familles; Aucuhs d'entr'eux frequententies cours des Prince 
A roturiers:- Jes fuyuent: à la gucrre : d'autres fe tiennent cazaniers en leurs miila 
AH “la  viuansideleursrentes, & reuenus.de leur patrimoine : "Tous noblou 
chafe. ‘ àAtachaffe ; laquelle vacation ils difent à oux feuls apartenir commen 
Lanoblefé  fkans en poffeflion par l6g vfage , & en ayans l'a@roy & liberté desP 
#lemande ces, Que vn païlant, ou autre du populaireefkatraint d’auoir chalfé,pn 
braucen hs- cipatement aux Lieures, Biches, Dains, Choureux & Cerfs, en pluie 
birs. endroits on leur creueles yeux pour penitence : & en d'autres ils eng 
Marcher gra. dét ls tofte. Eftroutesfois permis à chacun de chaffor les beltes quik 
me des gentils doramageables & nuitibles. Les nobtes encor fetraiéèeat bien ,& 
homes .Ale- grand chere, &c (e veitenr nagnitiquement, portans homes & feu 
mans. force bagues, chefnes, :: :::.:"s d'or, & d'argent, &leurs habits def 
Noblesen _Æ detoutes couleurs. 1: ::chorsils font fuyuis d’une grand troup 
” demaigne ne gens de leurs dameftiqu:: : 8: riarchentquec telle grauité & d'vn 
font coffrence pofé & lent,que aifemenc.:. ses cognait entreles petits 8 le popula 
dep:lerer  Rtfil fautaller vn peu loin, c'eft àcheual. 8 nonà piod que le gentilk 
rawtr,Celie ras marche, caraller à pied ils l'acomptent à reproche-& deshonneur, 
R'dig.L18. difent que c'e Le figne d'vne eftrangemifere & pauureté : & toutesf 
chip.20.  ayans faute des chofes neceflaires, ils ne trouuent poins valain ny mil-f 
Commefé Je piller & butiner, & n'enon: honte quelconque. Ayansreceu quelq 
enérdèt les dif tort,c'e tard qu'ils pourfuyuent par iuftice , ains faffemblans de 
férèts des Gen cun cofté à troupes de cheudlenieils vengent l’iniureau trenchant del 
riéshommes . pée 8 pillans, bruflans, Scraucgeans lesterres de leurs ennemys , cout 
1lsonttint  gmans pr ce moyen celuyqui a fait l'offenced'en faire reparation ,à/4 
fstqu:ls  fencé, Celt: gésnoblc elt fuperbe;,felüne, fans repos;auareau pofible 
plu Shert lu qui ne ceflede dreffr embufches toufours auxprélats 8 aux bienté 
en eff fêben, gensd'Egliæ: tenons iss pauures païlansen vneeftrangeferuitude, # 
tirahs (OU Çe qu'ils peuuent cn arracher. On ne féaurci-croirs auccqu 
| le cru 


villes, &ccitez; v 
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brie & le peuple 
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Pen 'aiteaufsee past ee Ylua- ps ; 
nleotofté-piukcomoiteun que shgisunsanry de foÿ faut le Lure pays 
spin lHopgtietifdais énebrscfisau. Eure, & jeichalferp à aufG gai der une 
dententquelors à lescrirels mp: Tiorcs Mahomerlr,Baiazerh,&Selin Moñgres di 
opt vanusdonnerattainte fast-grandpreffir, &,n'oufl.perdude bel Soipres 
villes, & citez; voire prefquesoutle pl” beau qui fuftence royaume } a 


td Hangricquetrious sugnsidis f'apeller. hbrä, quieftda mere de ge. und d'ou 

A quisncarduyrefembte ner de Per ds vip: @ft Jont fausses 3 

aridelaet e,d wat flocla cou pe puce IN ; baraside, Scythie. Heu, muy 
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uns opbappeilé cuftoseginnAugarie, piteslanüment Si1/méne2s 
brie & le peuple Euhticeglorifids que cefoitide leur païs que sant.de bar er l'An 
ans hümesfopent ortis,& Jefquels ayentiadisaffuicrty de plus, gran- rade Mate 
pres de l'Europe. Qui voudraveir | php rate esp 53 
Le des Hhongets,&:1ss changemés deleurs efags,ou loscgrides gpor- 2ésennper. 
quilpenteuwauecies Türfiqwilhp{e Marta r@mecs en l'hil qise de lansd'#t00 
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Moraste. 


ides soie que les Boefmes font Scÿthes dés le commencement comme aiuf 
+ .quéla verité ef affez enidente,quetousles peuples & d'afrique & d{ 
pue foutt def rope font venus de l’afesen lequelle fe feit le‘ premier meflange des 
ndns Mr its, 8e la diuifié des terres par Moé & fes facceffeurs.Et par mefine 
de-sourbsn- en pourra l’on côclurre,que les Boies Gaulois,qui font ceux de Bou 
sois. Tite Li nois, foit qu'ilsfoierit venus en Gaule de la Scythie auant,ou que pui 
melin.S- dés fuigles parties d'allemaigne, ayent couru.en Gaule, fi cftil tout aff 
1% que ce furent eux qui pañfcrent en Italieauec les Manceaux,& y bai 
la cité de Boloigne.Nénemoins Cefar fai@ que ces-Boies. Gaulois ! 
-  Heurpéysivindrent f'empatronir & faire foigneurs du-pays Noriqueÿ 


: arrefter prés du Danube,iaçoit qu'au parauantilz euffent chaflez les ( 
bres de l&mefme foret : ainfi que le leéteur confidere que les Bois 


roi 
fes que les Bd 
be du temps * 
ÿ Caron 

L Croatie aude 
Ms & l'autre 
ue pet 
"1 trouu “ 
fs Afemss,te 
Wen Hg pue AÎ 
VIE du h 
LE Be ain 
fur fémbloit. 


dés _Bocfmesdeléut fource primerame &-anciéne font defcédus des Scyi he 


sœurs des & puis des Gaulois, & en fin-des Slaues, & tous ce pédane venus d'afr 

MAS. quo qu'il ofrfoit, le nom des Boefincs elt fort ancien & recogneu 

7" que Ptholomée enparle en cefte {ürte.' Souz la foreft Hercinie fonl 

TN. Quades, au deffouz defquels font les mines du fer, & la foreft nômé] 
Strdlit.7. neVoifinsde laquelle font les Bosfmes quieft.vn gräd peuple, & le 

| tes duquel feftédét iufqu’au Danube.Or voyez que Ptholom.les ni 

tue eLU fin non tie péfe que ce foiér fables;qu'on Hifé lefepticfrie de la Gcy 

“bere. VA { phie de Strabonjet hors on verra. paintureét table fi naisemét drellé 

du.2. ÉS T- païs Bohemien,qu'il n'y manque rren pour la preuue & affeurâce des 

Table A'EN- Siresvoire Parcreulc; parlätdu voyage de FT ybere CefirenPänonie.s 
 2P-4: NS fire cômoledit Empereur prift la volse pour courir us à. Marobad 
EM aux Murcommans quieftoient en Boefmés :Ec Jaifo plufieurs autreic 

pren à | É uote name eo fur:ceprhpos, me sontentét de vous en 
"Te faixveoir l'origine. }Leterroir de Boëlme eft fertil en fourment &c 


L: 

: Les für? 
Eriénénit à les: 
WA Les prends 
pe fnS Of 


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L è f +} *“ ; 27 Fa ve CP ‘et æ 
2 F.. Pic À Le SJ 


MR. {DE VEYRORE.,;, ne jo 
pe MANU pee Olsen’ croift n6 plusquianreritté de” 
LH Oermrinie; Ba di tour Fahts de vin;8r efbvray qu'on: fi. 24e | 
bonne cétu ouf qu'é porte (qu SV'isinoen Auftriche. Brquey-Cefe pins 
[kys de BÜEfmefUit toire ébinr, Sienuironné des torrex:Allemédes de Creariesh 
Lesque les Boëfines'né parlent point aîlemant, ainsen Fatchafféics mere © ‘ 
Hpe du is que les Salues ou Bftlauons fe feirent feigeurs deice- re/urée par 
Cr oh Hit en leürsunnates qu'il y cüt deux freres,qui.effans fors. Cromere liwi 

indrenc fe faire foigneurs; lvn:de:r.ch. 14.15. 


LÉtoatie adéc trou ef a cu 

nn Fra de Po eprie ehihgetes de nom aux certes apres 16 | 

be au petipte qui Habité nf que le tefinoigseVôlarerrd, Nedts l’hifahv dei, 

Dietrouuent.itpluféurs qui encoriufqu'auiour prefent;vlérdela 14 obign. Pit, 

Hs Aemis,tellément 4 és Eglifes,& aux fermonsie peuple.eft-en-.larer.Enr.B 

Wen lang 16 Allemande, mais orsles T'emples ,'&mefmesés Cemi- lin 2: "| 
ny fe du parler Bohemié, jadis c’eftoitaux feuls quatre mendids Langue ÆB 
Hier & sénoncerHparolle de Dieuaupeuple.en tel langage :que-leminde en 

fur fémbloit. Ce peuplé ne fut'iamais liéerfgeneral d'aueuriceloy;ou.#/me. 

Bninee fméte l'âcheninant dvertu;ainsla volontéferuüit d:chafcun. seè/mes (Gwe 

H& fr peu COftans'en la religio,qu'ayansiadis embrafféla foile: per- héepablies 

jou des Vaud! + nr de la memoire dé noz ayeux ilz. fe laiffereng, gwesi "1° 

F du vérin dés Fullites, fi qu'àprefent ilz ne: font.guere diligés ob ho 

durs dela Foy | then 


à 


atholique;ny grandenténtaffettionez aux ceremor. 5&7 4 


HrEglife Apôltolique& vniuerfelle, auf ne tiennent ilz aucun ht/ Bern 
Xp par. à fowüeraiñ Primat-de l’Eglife de Rome, &inient qu'il Fiquëk ‘aWTrés 


Mis excellentinÿ venerablé; ou pl”à prifer que le reite desautres du menr pare 
Hécomme eéuixiquiine mettent aucune difference entreles Preftres, dé Lviv 
woiuent ef ddertz wbferuezidetout temps en l'Eglife:ayans opinid mencerent. às 
eminiftre;frèt que foivrecognekinos pour fa dignb sites non l'an degrite 
Binèté doi fa wie! Qiiéridtesafnes fortenb du-corps ilz itiensent, ou f104: 7%. 
SUN vortéiduyr foudaindéda glow gqcicfte, ou. defcendenc en enfer N'ésbkre 
ty cftrè tourmentées perpetiellembnt : car difent-ilz,ibn'yaaucun A4 
depdrgatotrépouriles nettoyer &-purger.Et pour cefte caufe ile fe ran as qai 
aient desobféquésannimerfaires, &cprieres faites pour les morts, /°me /on"te 
nsque c'efl fnt'inuérion pour raffafterl'auarice des preftres.Leur im: #12 en l'as 


o L reftend fufhu'à fèquade demolir,Scabbatre les Images & reprefen de grace 


Mi ftruans de Memoire dénoftre Dieu & fauueur Jefus Chrift & des 1415. 
hu mr to mg da à 2 fon ,» Hérefies des 
Rs faites für l'eau, les cierges &-ramcaux és fefbes certaines en à Lei Boe/miensC 
briénent à les diablesfontinuenteurs des religiôs des quâtre médids, zrwfites. 30ef", 
HA fes preffrds dyiaenteftre pauures,& fe cârenter dos.a 4 rat miens ‘brife 
Mige Ans pofftdér ny argéemy aucûe richoffe.Qu'ilelt permis à cha Images rome 
RprefentT 2 Sue Tiénérqu'ilne faucfouffriraupitpaché dignade my, ça 
Haine S pourcbienqueldimalhaur à cefoituyyayé dégereufc ex.” 
pliée. Si ébtay quitauronié furte peuple cfboéyaincu" d'aueb peché _£urenr ef 
Robe fée dau qd SledenfGini mgitoarcéparolon secléfialt, fénrent hs Ly 
Ridigné qu lp Facbiobafffance; La cofmatian Se extreme ,,qniô rie |. 
per Pain Hate poux cas plEglif. calunifige 
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” et qui [as Je psr& PO (Din, D Baccanales 
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ÿ be kerelicides Boëfines;quoy.. sn ait eù_ quatre Roys, fçauoir S'abeli.En= 
a» Sigifmond, Albert, & Ladiflas, qui fe font SHorcez de l'arra- nead.s. lin 7 
f Hdebrulel-oequeile se padu leur PER. & pars sh FES, tu 
enter: ho seméde, ct , QUE : up pme lor) 2e, 
MUE PETITS RES U291A CIRE, 2 TC 
g: 3 Grrmani x di Re Pa œ mœurs, Jr 7 “Ta y Beat, Rhe 
nè age bn Meber : jÉbapre 136 7. 0 naniur à. 
iflsdol sais Santini: at de la Germa- 
E LHA N re sregiontref ample, & deg eftendue me. Phal. Lu. 2 
Es €9 Europe dfttoute Septentrionale: ; fut tags diui- ch.x5. Tab. “4 
FD À. Hatés Gaulhs rleRhin, ecdps KR criens ; @t Paré d'Ewrep. 
Se noniefis é à prefent-Sueuiens )er-ceux du, pays A ‘d'Aur Car, ces trois 
+ ftriché:des Sarmatesset Daçese ques mots ete mu- font compris 
se AT 3 tuellecrainte et peur reciproque, que ont les vns des fo ous Le noms 
PÉTPEF autres les fepare et diuiles et lerelte eft enuironné et d'E/clauônie. 
cloz Sel Ocean A:prefent.les pa s de Suëue, Vindélicie, Bauiére, et ce que aniour 
ft es k plus pait de l'Tllxrie.on Efclapannie, Croatie, d buy Li Ger- 
Duriè, voire iufqu'audefhroit eplimites des Grifôs vers Lepas de Tite manie Lotiet. 
co jtenu! fousienomde Gcemenie Bt qui plus: toute la côtrée prel suilesne fes nt 
edela Gule.iadis nommée:Belgique, et des païs voifins du Rhin, ont pont les Hel. 
mtéet: pris lénom; et lapgue Germanique , tellement que le vulgaire Hetiens des 14= 
ove qu'il foit Gaulois, ét fe fafche e6courrouce;fi on luy dir qu'il le foit dés. | 
ynémient:et par exempsles Heluetiens, ouSuiflesontre- De la défis 
&leSonvêikte dut 6e tes Ritons & mœurs des. Alemans. Voire prion de Ger- 
ji Gâule: Tranfl Ip é»ynbon trait de: pais k tembé fouz le nomde manie, voy 
rates Aléinansont fé anfsiceux qui ont rontraintles Prufsiés Tacite liure 
on Furieufe, trefpuiflante & vailläre en guerre, à teceuoir la fey,&cre- desmœurs 
iChrcftienne;lors qe les cheualiers Teutoniques ofterent laPruf- des Germains 
ditre da mgiu des infidelles,:y failans prafchçrien-Alemant , ê&c. com. €: Loferills. 
dans pu prophede füpurelareligion& |cermoniss denoftre, Eglile che Sie 
poffiioc : Aiaft prénans eGandrauvpremiers » &auçiens limites.de méfme Taci- 
naig ne; on verra qu'ulicienaclapuis.phis viurpéd'ailleur, quésiadis re. 
raie ni péopres &efut de tenips paflé diuiféecôme en deux Cemfidersr:s 
ked déslecoimencement tellement qe celle.qui auoitine le de /.#L- 
| Mi pas gi eagle israel ui tire au feptentri6, mai mn, 2 vus 
uptasprouisene {à nier eltiiheméd, 8e bit Vnliges: labañfe- Ale- 67 tjr, 
Ec üij À 


*r 


A 
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me LLO LULU EX 
malghe.. Ce départément de éeite Proniace dureencor lufquià pr 
fous le nom d'Alemäigne.apetlécainfi comme aucuns penfentélu lac, À 
seroel. $. des man, que maintenant on dit lac de Lofanne. [Mais ceux qui acc tent \y 
ro Afirié elcrits de Berofe,diffnt que cé nom vient de Hercule, furommé l'Alnl 


suftbe Li.des qui regna en Germanie du temps de Mancalée Roy: d'Affyries lequel 
| sempse Eufcbé n'eft mis que douziefme en nôbre : mais d autres Je raportentps 
“oing à Manne, à Rauoir fécond roy de toute la Germanie, flside Tu 
Mäneregneit tous deux süteuts, & chefs dé la nätion des Alemans : lefquels depuis, 
l'an du môde me dit Tacite, furent digifez en trois noms, qui font 1genoncs, Hermig 
1963.67. ; nes,& [fteuones, Ettendyét le nom de Germain pour nouncau, mais (ki 
306. apres le ftoit du téps de T'acite, car celuy d’Alemant eft bien encor plüs nouuy 
deluge. 8 n6 recétiable de lé raporter,ny à Mäne fils de Tuifcô,ny à Hercule(y 
Dimifion des nômé l'Aléman,veu qu'il n'y a pas aucun des anciés auant les. conquels 
quartiers @* des Cefars qui baptife ce peuple d’vn tel n6,ny long téps'apressiufqu' d 
L desnôsen Æ gles courfes des Goths, Vädales & autres,barbares furét faites & f'efpa 
lemaigne.  dirent par l'Empire RSmain.Et quand au mot de: Germainiléfkbien pl 
Can. Tac. en ancié, d'autät que les Romains qui en ont efcrit les premiers leurs dünd 
fon l.des Ger- cetiltre:& les ont cogneus quelques 640.ans apres le baftimét de Rom 
PPT lors 4 les Cimbres vindrent pour faire guerre aux Romains, Er pour ! 
JAbfrdité g ils Farétapellez Germiains , aucuns ont péfé 4 ce foit à caufe dé leur for) 
lemer Ale-  pource à ce mot Gariiv fighifie tout mafle & robufte, mais la raifong! 
mh foit vens eft apuiée de guere gräde autorité Strabô y va d'autre grace lors qu'il 
de. Man fils de Outre le Rhin font-&habitét les Germains vers l'Oriét, {mitans quelqu 
T'ufeo,ny de peu la façon de faire, & les proportions & habitudes des Gaulois foitd 
Hercule /Æ- leur farouche naturel grandeur de corps, & couleur de vifage, & cheuu 
Leman. iaupiffans : Etainfi à bon droit ies Romains leur donnereñt ce nom 
Eniquelteps Germain,côme les recoigniffans, côme freres lepitimes dés Gaülois, d'u 
lès Germains vät que le Latin apelle Germains ceux qui font freres legitimes,, & {onu 
firét cogneus d'vn mefine Ventre,Cornille Tacite côme celuy qui chatouille en fesdi 
des Remains. cours les Alemans eft de diuerfeopinion;difantainfi. Aurefte le nômi 
D'ou viet le Germanie eft nouueau & de n’agueres impofe à cefte natiô, entant à cei 
prot de Ger- qui les premiers ont pafléle Rhin chaffant les Gauloys , ont pris aullil 
main Strabo nom & de Tungtes, & de Germains : ainfi lenom de la-aation,né dupa 
7. ple prift petit à petit force en l’efprit du vafcu faifi de crainte:: & foudil 
Cor.T'ac.lin. les vainqueurs en commencerent aufli vfer enfemble, fentre apelläsGa 
des mœurs “mains . Voyez que Tacite ne donna guere grande raifon de cefte apell 
des Germaïs. tion : tellement que Acilementie condefcendray à fuiure l'aduis de Strà 
bon fi on ne me donne raifon plus valable . Quant au mot d’Alemank 
Mot d'_Ale- anciens l'ontincogneu , & ne trouuerez pis vn de ceux qui ont efcriti 
mat no cog- dis:ny du ternps des Cefärs apres la mort de noftre fcigneur ; qui en ft 
aen des anciés quelque mention, ains eft toufiours mis en auant le Germain. Et lespri 
miersqui en ont v{£ ont efté ceux qui ont eftrit ou apres, ou vn peu der 
pay Marcelli le regne de Conftantin le grand: fans que pour celails vous dônent guti 
b,14.@ 20, grande raïlon de la caufe de ce vocable : veu que Ammian Marcellin q} 


a vefcu du témps de Iulian l'Apoîñlat eft des premiers qui mentionnent! 


nom Alcmant, & ceffe d'vfer de l'apellation de Gaimanie ; fi cé n'efilo 


nation 

8 q 
ermantt 
pe femb 
retienn 
d'où ils 
letiltre 


bmment 


ihe la v 
tenoit 
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nation 
bme, & « 


: 1left 


gins et. A 


ies Jequelys 
raportentplà 
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els depuis, dé 
nes; Hicrmigl 
ueau:mâjs ch 
plûs nouux 
Hercules 
és: Conqual 
pressiufqui 
tes & fefre 
Likefbien p 
rs leurs dône 
mét de Rome 
Et pourqt 
a fur S 
ais la raifonsl 
ce fors qu'il di 
Gaulois {oi 
age, & cheua 
ent ce nom 
Gaulois, d'a 
imeés, & {ont 
uille en fes dif 
refte le nom 
» entant Q cu 
ont pris auflil 
ion,n6 dupal 
e:2& foudi 
re apelläs Ga 
le cefte apellà 
l'aduis des 
t d'Aleman|t 
i ont efcritis 
uc ; qui en ft 
in. Etlespri 
vnpeu del 
s dônent gutl 
Marcellin qi 


entionn ent! 


fi ce n'eltlo 


D'RÉ L'EYROPE.; rt 
greuien aurdeferiptions, & repete la mempire des anciens, & les bor- Arf qu'il 
Saimices des prouinices, Mais étluy: qui pürle encor pluséleremét eft fur au li.1ç. 
Lrhié/lequel faifatit mention des Alemanis ep parle en Pelle manière, Origine des 
S Alemäns (fi nous crayons ce qtie A finie Pollion , Qui à dili germment SAlemas, 
Hieles geftes des Germains) font gens eftrangers & venus d'éfleur r'af- gathie biu.r. 
pblez d'vnédiuerfe & canfufe multitude de peuple, ce que léur nom | 
hbtefignifier: entät que Thcodoric Roy des Goths iouiffant de l'Em- 
sd'ftalicaffuiettift, &c rédittributaires toutes les A lémaignes:mais luy 
Ledé &eftit la guerre efchaufée entre Luftiniä Empereur & les Goths: 
Goths flateufemént fe gouuernans enuers les Françoys:& tafChans par | 
start, rufe, & flaterie de fe les rendre amys & fauorables,fe voyans de- Ælemés msi 
ffèdez de plufieurs terres & mefimeayäs perdu l'autorité qu'ils auoyét Jous l'beifin 
agent & nation Alemande , ils lS{aiflerent entre les mains des Fran- cédes Fran- 
vs, Or quoy que Agathie mette en ieu cefte confufion de peuples di- sos. 
rdefquels l’Alemargne eft compofée, encor ne ditil rien du mot, n'y 
phil prend origine : & neantmoins fault:il penfer qu'vne fi grâde natiô Ewrrpe.xo. 
point laiffé le nom de Germains pour prendre celuy d’Alemant fans . z 
jelque grande, & euidente cauft, & occafion de ce faire,iaçoit que pro- F4diæ farro 
emeat Alemans n'eftoyent pour lorsapellez tous çeux qui feténoyent pense MeleL, 
Germänie,ains feulement ceux qui fe tenoyent voifins du Rhin,& des 3. 
jules, ce qui fe recueille de plufieures paffages des auteurs fufnômez, & 
{me d'Eutrope parlant de Maxim an Herculien qui vainquift les Fran- Cefe ÿalée ef 
is &'Alemans, &rua leurs Rois, & vfa de grandes cruautez à l'endroit vo/féne du ‘ 


Étoute la nation. Ce que Vadian homme excellent, & gräd recercheur, ps des Sui[- 


homme de noftre témps,à bien fceu marquer,pour monftrer que chacu- fes . 

nation a des proprictez en fa langue , que les autresné peuucntexpri- D'ox vit 
8 qui luy.font comme particulieres:tels que font les noms d'Alemät wa le nom 

ermairt; Lombard, de la foreft Hercinie, & Marcômans: lefquels iaçoir d'4lemer, 

e femblent fortuits & impofez fansguero grande occalion ny ncceflité, Bear .Rheut. 


retiennentals lestraces de leur origine, & fonrafez apparoir, de la four. /.1.dis les Æ 


d'où ils ont efté pris, veu que encor à prefent ou voit vn bourg qui por: lemas efre 
letiltre de champ des Alemans,pres le lac Acronie, que ceux du pays Germains fe- 


imment Algoyu.en lieu quele temps pañlé on difoit Almagoyu , qui fi- prétrienaux. 


fie la valée des Alemans:auffi eft-ce en ce lieu que le peuple ainfi nômé . fuenrin l.z 
tenoit ainfi qu'on peut recueillir par. Ammian & autres cy deffus nom- de l’hifes . de 
8 apellé en cefte forte:non du lac Leman, ny desanciensroys de ce: Bawiere . 
ntion,mais bien du, mot Aleman qui fignifiei{ côme dit auentin)tout Spartiä en La 
me, & ce peuple fe värät par telle apellation d'vne force mafle et robu- we de Ce 
: left vray qu'il y a des auteurs qui mettent difference entre ies Ger - Marie 
iinsetAlemans , ficomme Spartian quand il dit enfomme toute la pypifque en Le 
ermanie et l'Alemaigne , auec le refte des nations quilesauoifinent : là wie de l'ipe- 
Lil parle de Caie Marie et peuples qu'il vainquit, et Vopifque, difänt reur Probe. 
kmoins les Françoys , les corps defquelz eftoyent ionchez PA les Spartiten Le 
yes marcfcageufes , tefmoins des Alemanset Germains chaffez bien wc de Cura- 
ing des bords et limites du Rhin:et Spartian (:faifant mention de PEm- cle, 


Breur Caracalle ) dis aulfi , luy fvfurpant, et attribuant le nom de Pax- 


+ 


S'ale d'ou ot fes, les champs foifonnans en fürrièns, Les ménwiges,.&cuftaioh: r 


js LIVASA ROIS E 1 pe” 
“lifridéin. ehique! Arabia b Gaminidhe 18 Aimariique € lerrit miding os rtouts 
le RS ’ Re Mens à LEE Mitilteus art maria NO pe celte | 
Gal." autéurentte les atiéiés &:mbderes bon contémptibté) comprend \ ptécy deu 
 nomiAlemant,eeux ul agéifinent lelicde Conftance, & le Rhin/ A, Germanie. 

| . vers le ponant häbirént leJong du lac de Zurich;6 Linagne;où à enc ne ay: 
Taciteau li. eff je fiege & païsnaturel dés Sniffelu'Neantmoits hondbfanc tou, Geraains s. 
des mœurs fpeciñéitions letér sæbaigné que toute la) Germanie a porté ;;'\8 que ce fuft < 


des Germains à prefeeletiltré d'Alemai shé;de quiquetieu qu'elle l'ayeïpris, c: M Belgique 
Ægathse ler. Et M HS mocontente d'itoirangenéid raie on y Failoit 
Prouinces … feulerent’, afin quele apr &'ingenteuxtectegt lüpléeàmortintpoipnéc des 
d'Alemaige. qui luy vais remettre en mainles fagons de vie Germaniquessaller dece que j'a 
La halte fa pluchéet rar nofiré auteur, que f'eft feruÿ detadiligence déFäcite, audi dit que 
pelleen £k- moignage d'Agathie |: at 7 0 ent Porto for pralagen 
man, Hech courus de foniniduftriémelme, quiéftintdu pays, tcogneu les md weudit pats ( fi 
teut [éhland. peuple'de ohande/JOrtathahattèque balle Germanie contiénetande ces femn 


Lebaff, Ni fieurs prouincèsiemant que la tiaulte, fefténidtdepuis fe flouue Me 
derteut affc:en la Franconie,où France Orientale ;°8& montant embraffe fes 
Fchland, ‘de Bauicre, Auftriche;Stirie, Athefe,R hetie,Sui fe, Suêue,Helface} 
Cédienombre. uince du Rhinitfqu'à M aienee: Labalfé corieneié Franvonielepay 
ment ef pris. ridiondl de léquelle tehd'&fauvifine dela hate |:& embraffcenri 
dés Le comice- pays de Helle, Lorräitie, Brabant, Gutidres Zelahitte, Hobäide;phriff 
méto-lors  dres, Weftphalie, Saxe, Dänriemiare; téPerintüté, womeranié; Liu 
que Tuiféo re prullie, Slefré, Moratié, Boefmb; Mile; là Marthe; & Turingie: Lit 
&roit,car Pto Germanique (felon Je tefiôigriage de Cornilte T'aciroÿ fut dés jen 
lomce,ny:  mencemët, quoy qu'il ÿ euft quelque chofe d'exceprée,dutoutouc 
Ammia ne gée de foreftz,& bofCiges qui la rendoyent effroisbles ou pleireden 
day donent F. 8c mareltz qui luÿ caufoÿeñr Vie grande fteriliré bal dulcofté qu'éli 
grad efédue, gardeles Gaules, ‘8% Enteufto dela part Gutellelc rhevèrs:1à Büvient 
ARrette © pays d'Auftrithe, f mal propre à 'eftre duttiaée qééctienc produifoi 
todition du arbre fruitier, & incapable pour lelabouragd,toutesfoisaisbndanteen 
pays Alemat fhail,quineantmoins néveñoit éuére grand, ny aÿyaritgacune minieré 
Des foreffs do ny d'argét,& pour éefte oétaf6 nôt defirée d'auct, érmefpriféeprel 
Germante, de tout Ie môde Mis à prefèht elle ee tance eftiht cellera 
Foy T'acite br fi belle & plaifante,embellie de the de brandesprichés, &/popuioufe 
2. des Anna les & citez , &cayantfi bedü&'gtaëd nombre dechaftegma villages 
Les. bourgades qn'elle ne dôit riefi'à-l'Italie France; by Bfpuignes ertbes 
Louäges d'.4 nÿ magnificence:le Ciel y-eftaffez ferait &r agreable, &'k ferrilité dest 
lemaigne. res à fouhait, & autant qu’on fçauroit defitér:On y'voit les pentilesæ 
nes expofées au rayonnement du foleil,les foréttsforibres; &voihbrg 


lequel-nousa 
4 àccfteh. 
oitiadis par{o 
fruitier ;. 6e la 
erfes fortes & 
net & ce fans vf 
ntouchoir le pu 
'eftoit pour que 
fon: où l'acte fi 
hez.&r cileuez el 
felon que la:mar 
cc qui deuoitad 
roit l'affaire à v. 
l'entreprit , € 
ue : & auoit l'A 
fuccez de leurs. 
pens publiques: 
tels que iamais:n° 
hcré, & dedié po 
Preltre,du Roy 
pnifement& br: 
taucun genre d 
tuy cy,& où fe 


dits des Sali- de bon vignoble. Outre cé'y'courent dé'bettes, &cerefbtéres rivicresee 

ques.vey Beat que font le Rhin, Dänubé; Moi, Albis/Neccare/Salé Gièrey&iplo 

Rhenan,lin,r autres tant flcuues que petits ruiffeaux flotellhns déticemient | parle & les facrificate 

arroufement engreffans les champs & terres quiles atioifinéel Ises fontres des dieux , 

“hes d'eau douce;les baids, &éflaucs & d'érenfoutphrées/enchadesoent ilzvne fo 

tureliement y font en abondañce,'16 fe ñÿ matiquapoindlé er Dambprenoyent conic 
f 


« ei À f ‘A 
"7. “ïf, in il Pn ne NP PNA d'OS VUE d FRS u r " , 
' Cr po hi eh 1184 | à Her ue 


_ 


1e GErmn 


jte at des 
nnales ape 


ipnée des Saxons ie men raportéà la vérité, 8e fais «encûn plus acifs, Celie Rhodig. 
deceque j'ay recueilty de I. Villichie Rcelian, qui éférit für Tacite, 4.28. ch.20. 
meldit que Aurin. pue ynë forciere, & vne de cés fémes ;lefquelies ”tledrep 1 . 
fortprafagent & deuinent ce quielt à vebir: véu que éncore à pire- > Æ#rine Den 
audit pats (fi Luther auec va diable n'en a Chaffé va aüfre) il y diplus éres:€len 
de ces femmes, qui nefaitiont de predireles futurs euencmans des mg. 6 
:, où quelcune pourle moins ; méttans quelque figure de cife n -Æ#rin mot : 
ibalfin pleinid’eau, & y marmoté déffusine Kay quelles ôraifôns plei: anti Saxe 
sdefuperftition & idolatrie : A cecy m'ayde beaucoup ce que Saxon grrr. À 
lhiftoire. Danoife,chante des peuples voifäns de l'Orccan feptétrional, re./0ffe Kill: *\} 
lequel.nousauôs dir eftre nez & nourris ceux defquels nous faifôs chie for Ta" 
tion à cofte heure . .] : Orla forme & fiçon comm cé péuple de- cé: : 
oitiadis par fort efoit telle : Il prénoir vae verge de quelquear: oréiere-eai: 
fruitier; & la mettoit en plulieurs pieces, lefquelles d:maärqüoit.de 5447" °°: 
erfes fortes 8 couleurs, &ics eftendo fur quelqueabillementblanc 544% he, 7 
ner & ce fans vfer d'aucun ordre en les y:efpandaut . Orfilaconfülta: €” 2. 
ntouchoir le public , le preftre prefidoit à cofte façon de faire le fort: 
‘eftoit pour quelque cas particulier ; le:pere-dée famitie , & chefde la Marsere an- 
ion. où l’aéte fe faifoit ayant fait fa priere aux Dicux ; & celesyreux cienne de 
hez.& eileuez enhault, Jeuoir trois Fois ces vergettes ainfi.efpandues, désirer par. 
(lon que la marque tournoir, ilipredifoit auf de l'heur,jou malheur /0r' en _4le- 
Rec qui deuoitaduenir : là où les marques deffendans l’entreprife, on #aigne. 
feoit l'affaire à vno autre fois. Et fi les vorges du fort acçordoyentque 
l'entreprift , encore falloit-il quele fort leurdonnaft fignifiance de 
ue : & auoit l'Augure comme art propre celte nation pour confulter 
fuccez deleursafairos +  Nourriffoyent aufli des cheuaux:blanéz aux 
pens publiquesdans lesboys, & forefts plus profondes :& obicures, 
cs que iamais n'auoycntivruy : Îlzles attelloyent à vn chariot faint, So#f per le 
hcré, & dediépour ce feul effait ; lequel eftoit fuy & accompaigné he: fémient 
Preftre,du Roy ; ouPrinçedela Cité lefquelz prenoyent garde au des Cheneux 
nilement'& bruit quefailoyentoes chenaux: tellement qu'il n’y a- er Saxe, 
aucun genre de diuination auquel ilz ajoutaffent autant de foy que 
ctuy cv, & où farreftatfensrant le peuple, queles figneurs, les Prin- 
A Les acrificateurs : d'autant qu'ilzeftimoyent ces béltes comme mi- 
fontres des dieux , & fçachansles conftils:& fecrets des Celefles . Encore 
fassorent ilzvne forte & maniere de fort,par quelle ilz prcuoyoïent 
prenoyent conicéiure dc l'oucnement.des guerres qui A fembloyét 
à 


pois deplis grandir 
prifiper Le pris enpustre, À 
menement 


| Ds 


venin de fa fauce 
rb 


#48 
É 


axe 


>. noir, & luy voilans la tefte & couurans la face d'vn chaperon, lequel 
ou leslays né fie en ceft appareil au diuin feruice : Mais déz auffi toft que l'office elg 
rent poié… my on le chaîle del'Eglife:chaffé ainfi quel eff, il fault que durät tout} 


Efrangecere. temps des ieufnes du carefme, il aille vagant tout pied nud'par la villen 


monieen Al. firant, 8e allant prier partoutes les Eglifes, Monafteres, Chapelles & on 


+  toires.Les Chanoinesfonttenuz delenourrir:êc le iour du ieudy ab 
lu , {ors que on facre le fainét huile, & celebre la Cene, on l'introduid 
rechefen l'Eglife apres la confecration du crefme, & 1àil reçoit l'ablok 
tion de fes pechez par les Penitenciers, 8 ayant receu l’'aumofhe où ly 

” donne congé, & d’icellemefmeil.en fait vn prefent volontaire à l'Egiil 
&e autel de noftre Seigneur.Ceft homme elt par eux appellé Adam c 
fequeeftant ainf purgéil eftinnocent comme eftoit noftre. premier p 
._ .. reauant que mordre au fruit de l'Arbre deffendu : & leur eff aduis q 
Le Pee Fexpiation, & purgation des crimes de ceft homme redonde für. la ci 
d'Alerfisd g (irtousles cito AS 
; | yens. | Det An 
meme É Le terroir Saxon eft fertil en toute forte de viures & frui@z faufl 
mc gne, & l'y trouuent pluficurs mines d'argent, & d’Erain. En Goflarie, 
pe st autresdiuers lieux dudiét païs, on voit des fontaines, de l’eau defquell 
MR € 47- on cuit êc fait du fel trefblanc, qui eft de grand profit &,reuenu au Pri 
ce, & commodité pour ceux du pe . Uz fement du-froument, &( 
Porge,defquelz outre que ilz en font du pain trefblanc, & fauoureu 
mäger,ilz en compofent encor la Ceruoife en defaut de vin, de laque 
ilz boiuét fi goulumét, & defmelurémet , que ceux qui verfent ne a 
. roient fournir aux beuueurs, & par ainfi on met yn grand pot fur ul 
. plein d’icelleboiffon, chacun beuuant à mefme , ou sf © 
grand taffe qu'ilz mettent für table,e- fe femonnent les vns les autres 
dringuer, & faire caroux à toute outrance, C'elt chofe incroyable 
_ tecombien ce peuple alteréaualle de cefte ceruoife. & combien foune 


genten Saxe 


 faxonsex- 
erbitans 4 
bosr Ce 


r Fe quelque 
Mes, OÙ Paigne c 
fon de 
con fait tout ain 
Ceruoife,au g 
ndis queilz b 
psouautre, fe le 
Met auec grand 
nn A vou 
ue, 8e fans rend 
nond, tellement 
ontmutuelte de 
dures, mal ap 
cices ou ando 
en plufieurs ‘enc 
Gen vier to 
snourriffent poi 
nent la viande 
lafont aualler . 
toy les Saxous ac 
it queles autr' 
{tre | 
ont langage. 
pres façons Île F 
[Ieferois marr) 
ur Le plaifir du le 
dre, veu qu'ils: 
fans croïftre le p 
vray l'ay Sidon 
tandis qu'il'eftc 
ur lors faifoit fa x 


As dans vi: 


dent à haucer le 


” 


VREMENROPES ic 


Ft 
plein,&c luy preferer ps « 


NOR | 


cience. 

z0nt langage particulier pour eux , maisquant à l’accouftrement & 

es façons 1 font femblables au refte des Alemans. 

Ieferois marry fi tafchant de r'afrefchirs memoire de l'antiquité 
ur le plaifir du leéteur , ielaiffoy l'eftrange façon des Saxonsiadisäfe Lo 
dre, veu qu'ils coüpoyent les cheieux de derriere, & versla nuque, Que? perse 
fans croiftre le poil par deuant,iufqu’à leurcouurir la face:&c que cela 7} po ré 
tyray ay Sidonie Apolinaire pour auteur, lequel efcriuant à Lampri. °* #5 
tandis qu’il eftoit en la court du Roy des eihgorhs Theodoric, qui *%° 

j kr lors faifoit fa réfidence à Bourdeaux, parle des Saxons en ceftefor- 


., 
Job CUS 


Op'voens ler Savons acéhemeziadie 2 ve À 

nf A ri A ot Nos ‘aps Sidonie 4 
“Et n'efans mettre piedpa: les tévresvesfiness |. Lampridien 

7" "Lesperriqués défgquels; €: chonelres fines": .… fes Hendeca- 
1" aeferrarcharumberd dririege vs coupant 0 0 Job. “ 


gr b.s cheueux peignezon régetté denanti ; 50: 


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| fer de rrège Ce QUE &e la France, & 


… legradchar. Charles le grhd'apres qu'il , 
des rer Fran- Comme fotuètititz Te Feublésffène | &e veñatis à eur vomiffement ils en 
gaie. voy les. braffaffent l'Idolatrie , faifans banquerdute à la fo del’Euangile,'& 


; 4 
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PR Mr e Se DETTE CETTE 
EE edge anfirbles 15 icimbre melard;::;:: ::; : se 
dE Lersque By aait Mean pl 2255 90 Er to SR 
: HPapoireheon charahe he front indit derriere 5 up 
# Er d'Or pasl monieller Le counres bi premrers,: FERA CPAS je 2 ta 
plasiéng'& des Saxons 8 des Sicambres ; ju} 
| Anpléterre nous y rémertronc, 8 fi noftreaute 
Phhlmhs:y Oublie quelque cts’ quifbitnotbte is mb: nrentraysen denoir de {y 
nutabl,4, : Nénir, 1e pañr aux bots qu'il 'epourpurter j'oupeut cire il nevoi 
d'anrapii à JOÏt toonftrer à Taux qui pe hty fombioient afferatibxerez àtel aprenif 
Drufe mour. "Du Payi dé wrefiphalie, eos sges ef ablis für les refiphasenrpar:., 
en Alemai- CO E PEmpertr Charles légrand. =: Chapitre age 5 500 
voy Dion k ae rs (4 ere L + ’ : FÉLICITE HN OUI : ‘19 DR RLEETT | 
1 Corn. IROSET ES Hs V eftphalie éft vne region comprife aux bornes; 
Tacit. Ann. QNRAINOESD limites de Sate ayant le Rhin au foleilcouchant, 
RARES fleuue wifère aû Leuant , le païs deFrifeau fepren 


Monts ob=-° 
nébiés 4 Les "Tetaiffetédiftoërs : 


Ænnales de tinffent aucun compte du'fernentde fidelité Fait deuanit l'Esipe 
France : ç- Chirléste brétid}afin de fémitieñ haème, &ecrainto ce peuple Barbare 


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Æuentin li, uec l’effonnement d'vne peine & füupplice prefent , ordonnà & eft:bl | 


Li LIVRETNOTSYEME D à 
de qéhpeheyp sk ont tiperietieñmais du-deddsellea vrie belle planuis M és debie 
“Beauté du © Er PA à lés bien mürées ss a ion 4 be dé 
pars Frans. chalteinné groffés bourgades:Es:Féreit Hlercinie bit elle qui là GE; enfatic d 
mes. =". gnétà l'encotranec des evftaux treshanies & afpres;luy fort comme JL eent y 
Riuseres de Memraille haturelle;@t'arroufent.les flaiues cfd'où eft venu ler plesobleffe 
Francenie.  deSalien A nb ne EN it ; line de “ 
Vins Franco Éesvallonspar cuurentces riuiercsifont lièges & de grand ehda ’ Witelt de: 
pions. ! “éyaûs les couftaux vdÿfins;charget:de bôsvinobles, &le vin fi deliie io mit 
snée Syluie .QU'oh en porte aux nations ne as cat de fon exc, is de do 
en la Grogra éeiLeterrüir de ce païs,eft'affez fablonneux,& non pierreux;que dé encor dé l'E 
ph es": fé déNoricque;&'1à où il éftauoifinédésriuieres;ainff.que Enée Sy} que quand 
Purpes: | R tefinibigne.Fräconieelt fertile partous coftez; renddt'äuec vfuretu rs vil 4 
Le fortede grains qu'on y feme,& lepumäge-&n ya quartier en Alma deffoncer: qi 
bn A | res ae So a deffoncer: q} 
qui nourriffe de fibeaux, & gros oignohs,ne:fr' belles raues: & nav ee à Ka que 
franconiens | 
hfiçons: d’habi 
State” PSE M ifif 
EP Lil pr rt omis dirher ace amesemiur pi read 
bre lee païs-eft en fomme bien garny de D hi mefrife! 
frequ'on en po 
emps du ieufne © 
j'aie Ceux qui 
nt en lieu d'eau 
mtirél,ayantg 
fprifer toute :aut 
autres que les « 
ie (ont trop leg 
raillance. Ce 
Mont les bien ven: 
hyant comme eff 
Quelr fine ‘la Meffe;il tiénit für l'autel lefpé bani pouralliez &| 
pee leider au DRE MAEE SN VENU REX niere defployée.Ceés que ptufieurs 
‘Je iotr qu'il veut faire fon entrée, & prendrepoffeflion de la chaire EM; en Francon 
pent le feruice d 
vices à Tauoi: 
trehonnefte ;; et 
Mr mericilleufes 
que céquel'onr 
compté à fable 
figneur tous le 


Ml 
\ 
j 


tele & les nains nues engrandehumilité. vers les Chanoines en 
Pirtburg. Glife mére:& Cathedrale, :où ayant iuré & promis fidelité au Ch 
Comme l'E-'tré;tléft mis & haucé en fa chaire 8 authorité. Maisauanctout cela, i 


‘wefpië di‘) “EGhiduiét deuant la réprefèntation. & -efligie:: d'vn:.certain Enc/iilles 
Aerbipob ft EC IA où l'adtmonsfte fericufément; :&c fans Barrie, def ns dei 
mi enfin” - du bien) & fgstent quecelup duquel l-voit«là l'image lequel Miebonian À tout 
fige. “féihrqu'on pare & abieépéftolior, idurant:vhe grand’ difcorde koh qui Var 
pue-n l'elctioh, fit efleû cpmneparrclpris, &:touresfuis fe pontiutres tes eftreir 


Ÿ 0 DE LE VROBES y nm 
Lsdhede bien: &rgouternatrefbidn::Sel'eftet de l’Eslifos Blessé Princes n5 re- 
og jice dé la ville;8s detoutle païs :: 1: péri ve ceus à l'Euef 
prnil'enfarit des Ducsoudek/Cômres-du pays eft receu à cafh Euel- chéde Zrerbix 
pfculement y À sut ebrornier dignité, -quelqu'yn:qui firde pb. | 
fuplenobleffe..otfbntilséecy:ménquelereucoudel'Buefchéne ;. : : . 
fine d'éntretenit -lé:traiardive Prince & bien grand figneut, 
jaiteltde-gränd proffit &c puiffance + mais c'eftéfinqueladignie 
jneure és mfns:deccux quiiontchefsau chapitre ; :&delanoblef- AA 
pi paït, de Hquelle fontchoifis la plus art des Chanoines.: Lapre- : 1. : 
Wencor de l'Eglife d'Herbipoly: ; et & Honorable,ë frigneuriale, 
que quandiva nouueau PreuoR vientà ceft office, qu'il aille, vi- rrmf2 dé 
kolhfieurs villages & parroiffes., fur tefquelles.illeue les difmes.,; & l'erlif d'zr 
Exdeffoncer quelques muids de vinau peuple, &'y: mettre des taf bipb. "+ 
Lors à Rin:que chafcun qui voudra,en puifle boire fa fintañe, 
franconieds ne different, ny en habitude, ny proportion du corps, 6 
hfiçons d'habitsau refte des Alemans : &cendurent fort le trauail, 
nez tant hommes que femmesà cultiuer les vignes, .& ainfi per 
peiy eftoififi@ fansirien faire. 21:21 udinonyo sl 
epeuple vend fon vin preffé de fä pauureté ; ; &boitlabellecaucle: Corne mms | 
larilmefprife tabiere, 8 ne tient compte de la ceruoife ; voire ne pérmife dev 

fequ'on en" porteen fon païs :.  Ileft vray qu'à Herbipoly durant dreen Fréce: 
emps du ieufheon en y vend ; maisc'eft hors la ville & aux bateaux, mie 
j'qûe eux qui pour l'abfinence ceffent en ieufhant de vin boire, 
ntenlieu d'eau cefteboiffon .: Le Franconien eftinfolent,& fer de 
mcurél; ayant grand opinion deloy , &fürtprefomptueux iufqu'à 
“Aprifer toute autre nation &c peuple ; &e font fipiquans, &.mefdifans Meurs #6 
autres que les cftrangers qui frequentent & conuerfent auec CUX; ges des Fraté= 
ne ont trop legers en parolle , n'ont garde de leur dire le païs. de cmsens. 
ornillance. Ceux quifouffrent patiemment leur glaire &arroganr 
bot les bien venus , &les fouffrent facilement d'habiser aucceux, & 
Miyant comme cfayez aucc cefte façon rigoureule, les reçoiuent fou 
pouralliez & leur donnétJeurs filles ; & parentes en mariage; d'os 


ét que plufieurs de Sueue, Bauiere, & Helfe f'arretent &fontdo- .. 1... 
iliezen Franconie. Les Franconiens font au refte fort deugtieux, 8, 
nent le féruiée de Dieu ; toutesfois fontils a prefensadonnez deux 4 : *:...: 
vices; à Tauoir au blafpheme , & larcin , l'ynleur femblebeau, ct Picerdi Frée 
entre honnefte , et à eux permis:et loifibles dés longtemps. Jlsontplu- comen. … 
 merucitioufes ét eftranges façons defacire;léfquellesiedeferiray,à ...:. 

qe cequel'onrecite ailleur deselkrangesnationssnefemble faux,et 
acompté à fable /Les cinq fepmaines qui precedent la natiuitédeng- 
figneur tous les Ieudison voit denuitlesénfans, tanthiles quegar- 
jalles hurtans de porteenporte,et.chantans des chanfons ,: qui con- Cerememteser 
nent la prochaine Natiuité du fauueur-detour Jemonde.s: etfouhei dipairese, 
lebon'ar À toute’ la compaipnig sb etpour geltoffice et medlageplai- Franéons 


6 caux qui font és maifous lcuridonsientides paires « phrames; EtRoÏ, DUT 
poutres les eftrelnesit de quelqueprtite-picedid'amgente (5 12.1 


S LLIVANMNQEHEUE à 
elle-ioi aagens.12-fcftc de la 

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Lifauce relig. Grotte dr Se NAT À is 
bxcha13 ou A A Mr môûrtaigne. un k& 
Re 
fupputtions Caurs. ia 
les massanl fentre-acofter +. PAU jen on Mer 
£e foubaient. Lan nouveau pourhouteux s 8.  PEPÉ 
Eftrénes font celle ele ruse félioüilfans, &:banquetansepfemble, it tot 
delingue © couftume prife de leurs ayeux.ils fentrenuoy£ties vas lesautres dei 
anciène cob- {en qu'on appelle eftreines, ‘8ciadis les Rongains les-difoyent Saturn 
fume,ver … es, à caufe.qu'on euivfbitainftentr'eux aux fefles des Satu rnales, 4 
Macrob.1.des Grecsles appelloyent Apophoretes. Sur cefte Bond firole av] 
sun r ‘fée ie feis quelqueswèrs en telle fubfiance. lle is HE LEA cod 


s Pañ 


te de 44 “par buit ins cantianx hanonens ta maifionce | 
= 0.Chrifuray fils de Dieu, © Dit vrex une). 
Des himnes' noue chuntens:t- pus à nes amys 
+: Des prefens nous fasfins,qui deben cœur [ent pris 
pe Lesraux,w Chappens,eu d en gafeauinlgne. ba 


auée fôst l'armoirie 
pra qui le dennesou dedansun nier. ki 
Dix pommes nous mettons venans de l'Orengier, 
Dix porsmes noue mettons mi vertes mi Derétss 
: Enunrafede sus: @+ diuerfes dragées... .. 
À a pe le Rae at ER | 
 #Æl ‘amy pres 2e nous AD oùc du cœur dfent.… 


A lafefte del ‘apparatiô denoftre Seigneur par nous ditte les roys)c 

En Frâce on cune maifon fait faire.vn gafteau compofé:de farine blanche & puit, 
- 3 mevnefé- miel, poyure & gingembre:puiseft créevn Roy en la façon qui l'enfu 
bue, L: dame dû logis eft celle qui faitle gafteau, auquel enlepe iffant 
met vne potite picce d” a ere puis le-fâifant cuire.en la braife & aftres 

& bien chautdu fouyer, ledepart & coupe en tont autant de piecnq 


y'ade perfonnes en la maifon, &cen donne à à chafcun lafienne .: Tout | 


foisen y ail des parties aflignées,. premierement À rues feigaeur 1e 
Chrift:8 à fa glorieule mere lavierge Marie, &caux trois fages qui le.” 
drentadorer,lefquels on dône aux pauures pour Dieu. nn Apari à deg ‘M 
conque c{cheoit qu'on trouue la piece d'argent mife Dole. el , ; 
ftant falüe comme Roy., eft dffis en chaire &.efleué troiséois, en ban 


uecioye, acclamations. & plaifir detougela compaignie aLeroy aull F 


uéen haulta dela crayeen la main droite , & routes les Fois qu'on Îeh 


"BE L'EAVROPR : ti 
it ffrintant de eroix au plancher dé fale,eu chambre où ilx Font af 
sblez d'autant qu'ilz portent grande @uét & reucrence eux Croix, 

mile fignedegrandeff:.,%e qu'ils citimenr los Less) 
oueniens, & durét les dot.etiours qui font entre Noël, la faite des 
paid n'y à maifün on'Fréconib qui fois habitée, laquelle. on nepsrfume 
jecenceauec ericens,ouautre chofe aromatique, &c odoriferante con- 
1 0 NE force des cnalins efprits,& pourobuiersux enlorcellemens des en- 
C7 M un urs. Il n'eft 'guere grand befoing dedire auec quelle façon ilz fe 

Se A muernent les iours grâs qui précedét le Careline:veu qu'on fcait côme 
kate des Alemans,defquelz Les Franconiens ne degenerent, fe gouuer- 
pren cite fille & deéfbauchée foite.Car on y mange & boit, & y Fit 
pésiortes d'afbatémens, qu'il fersble G iamais plus on ne doiue auoir 
ldfance detel plaifir, 8 à lendemain 1] faille partir decemonde, & 
béer foic fait pour rafhfér tout le defreigié apetit du corps, pour le der 
Mlicu defesayfes, 11 n'y af petit qui ne tafche d’inu£ter quelg aou- 


es autres de à 


Sr. nitu &c fpeQcie,pour donner racrestion & à l'efprit & à la veuË des 
JATUFDAIES, , ns, &c qui pui lésstürerensdmiretion, &aûo que la hontens 
perde de rign fairs.ile fe mafquent &:defguifeof,les hommes veftis 


faire, l'année | 


>Hhèr À 


ubit des femmes, comm éiles sui iafolemment, & peu honnelkemenr Fe dermar= 
ftent celuy des bomimes.Les aueuns voulans sénat des Satyres, Argres prifé 
pluftoft Diables, fe pai le vifage de vermillon;oud’ancre, & des idolatres. 
mnont des abiliemens Mepsbite, # abomigables : & d'autrés vonr Zwpercanx 4 
snuds courans çà &c1à, de mefme façon que faifoientiadis les Luper- Aome , ver 
Latins,defqueizie penfe que celle viliine couftume (oit venu£ & Plurarque es 
éeparmymous.D'autsnt que cecy n'eenguerc differentaux cere- la rie de M. 
hies lupercales celebrées iadis par laieanae Romaine, & enfans des .Sntheines 
ileures maifons aux moys deFeburier,en l'honneur de Pan Lycée : Onsd. aux 
quelz to*muds, 8 ay äs le vifage ttinten Gng,couroiér aucc des uote Fafles Pirg.8 
la ville frapans d'iceux,tous ceux qui fr Leur ofroient au deuant:là où Encid. 
Lupercaux Franconiens frapens dans difcretipn.ny efgard de perlon- Farron 5. de 
x paffansauec des fachets pleins de een dre 'ch cas efrange que Le de la langue 
des Cendres en pluiteurs deux on voitque les garçons de toute vne Zarine. Pan 
ile f'affumblent, & prenneat toutesles filles qui durant l'année au- Lycée, roy S. 
frequentéies dancus plus que les autres fc Les attcllent comme che- fus. cité 
on iumens à va charios, fur inqueleR as un menefbnier fonnant & de Dieu, lin. 


ditce Les roys)di 
anche & pure, 


se pe "Ant de quelquéinftrusoom.Æ kgs pondiaifenc an cel equipege iufqu'à 18.chap. 17. 
see 4 os remierc rimiere nu Lacqiils:renoontrét. Lens voy aucune raifon qui Pafanie L.8 
“ge RE ue à vefaine sf cen'éft qu'an dis que parce moyen de les vusillét cerenense e- 
Po er desfautes pér elles cimmifen tiens faftre pair sbBeoues de fity frange de 
re fai Met kur ogereté ,dahgantainf conti le commandement de l'Eglife. À la sw des Cé- 
TE. A Carefme, & lors que l'Éghfe now enbores de nous #houiren. mon drer. 
Elan de icuncffe Paffem bidur fais ae efigis de paille, mprelentont la mors C'af Je que- 
BE APR EE qu'on decaufhune dela souspundue. viser, & Ja met au bout sri/msdsus. 


DA fteau , cel 
séois. en haul 
4 Leroy aul 
ois qu'onlen 
d 


ballon la poiraht pdr-bés vilagéstwaidns.nen Gas grier $ Braice, la che dit Lars. . 

brd'voc che Égeerille. 1 ea qubhlon poeme À Farafen£ our 

n ns tontnménnnes aooneatn née 55 <: fechées 
ve 


De: LIVRÉTPROTITERME 

au four {viande deläquétiénonit vfons en Carefina)6t renu ene dif 
mort, laquelle pat d'atitiern'eft fé doucement traittée;à Caufe que l'é 
mans antonceufe de miauuatfes Houuclles;lrcfaffens de: leurs: maifons à 
limites auéc iniures, &ééoupsdebaftoniEnis nefinie foifof encoreobg) 
uelon café couftamé:tès iétes gdfons dustoët Ki village reritortis 
uantité de fouerre autour'de quelque vieille: rotie de charrette-g: 


L. Courfis d'en- 


Fans éPsfques ürtané fur quelque haute colline,ou couftau;aprés:plufieurs ieux gs Mine d'eau orde 
en Alemai- ane je Lx at ds du: - 

feremps accouftumez {pourueu quels rigueur da froid n'y-donne em ad croire que | 

#0 éhément } efquelz il paffent leremps iufqu'aufoir;fur le tard'ilz me fleur; en croift, o 

le feu aufouërre,& voyantia roüebien enflimmée la iettentdu hace M poir de fain@: Tea 

bas de cèfte montäigncilaquelle: dounevnfpettaclé-effroiable à ceux de prefque tou: 


prhommes & fen 
dû feu, yabfe: 
Etfe font des ti 
nt des bouquet 


nie féauënt I couftumé du païs,fique plufiénre les plüsrudes;eftimér 
ce foit le Suleil, du là Eune roïier du Ciel:en cérre, Maïs venue la fefte, 
la refurréétion de noftré feigneur,& la veille de Pafques quelque rict 
Comme les homme du village fair faire vn gafteau ou deux;pour:lesgatfons, & po 


faints font ho Yes filles pour gaïgner , lefquelz feftant faire vne bien grädealfemb| à aont quelque f 
noreZen Fran peuple fur le tard & dans quelque grand pré;cefteieurelle faut quep-ouertures de ce 

| conte. .gneles gafteaux à'le courfe, Lé iour des dedicacés des eglifes,& fcftes ant l'année ils n'a 
* fain@s Patrons dés Paroïffés,dequoy on fait folennité annuelle, foyiditeux qui l'en veul 


rement les herbe: 
oufemblables par 
deuorées du feu ta 
fequieft au mont. 
sde la maifon de 
caques & barils:d 
hs enflammez au 
l'air, de forte qu'i 
n:quin'en auroit: 
dragon volant; 
sornent deflours 
eallumée dedans 
ry feruir de falot: 
uxvillages.les ga 
ent, & en coupent: 
ntichault &.cheu 
&autreschofes r. 


‘Ja bonne & ancienne couftume des Chreftiens, il n'y a Bourg,ny villp 

" quinepenfe fâire grand honneur à la fain@eté du iour en f'efñouiffant, 

‘faifant grand'chere: c’eft là que vient la ieuneffe des autres lieux,nô 

vifiter les fainétz lieux tant, pour y veoir,& frequéter les dances où 

viennent embaftônnez,comme fñilz alloient älaguerre, laquelle fouue 

,  ilz yrencontrent,ou eux-méfmesfefmeuuent,allans & reuenans entr 
Creme bus, &c le plus des fois fen allans à leurs'maifons les teftes rompnes 
| 745085 finglantes.Les trois iours que felon la Loy, & ordonnance Apotolig 
en Ær4h60Me. On celebre les proccffions genérales des rogaifons auant J'Afcenfon 
noftre Seigneur,en Franconie f'affembleront plufieurs croix, c'eft à di 

parroiffes (carainfi baptifent ilz le nom desaffemblées du peuple mari 

fous le figne de la croix de fon Eglife) & eftäs dedans les temples vne 

eun à part foy fait fon chant, & priere, & non to” enfemble-ër là les fl 

tes & petis enfans veftuz honneftement, & gentiment marchent auec ( 

chapelets de fleurs, & verdure, & de guirlande fur leursteftes, &4 

baftons de Saule verdoyant en leurs mains. LesPreftres de chacune Es 

fe &cparroiffe eftoutent attentiuement le chant chacun de fes parroillie 
tellement que ceux qui ont le mieux; & le plus doucement: chanté; < 


fuyuarit léur'fentence, & felon l’ancienne coùftume ét. inffitution, ce tout tant que f'] 

nes mefüres de vin pour defalterer leurs gofiers ehroïez, Durät lesFer kit permis à perfon 
2eneliéfin : dePenthecoufte prefque par toute l'Alemaigne on obferue cecy: Mila difine, & nul 
des champs le tous ceux qui ont des cheuaux faffemblent,ou qui entrouuentà préncartier vendeng 
aour de la Pen 8: menent vi preftre auf à cheual)lequel porte le fain@ Sacrement, 8, d'autant qu'on 
œceffes … ceftequipage ilz Font le tour partout leterritoirechantans des hymlonnance du fign 

| * &oraifüns @ prians Dieu qu'il y plaife gardériles blede,fruitz, &m@Scoftaux, ce qui: 
fons dé toit peril;daniger, 8 infortune:foit débraifne ;grefle, orages plus tard ques 


rc:ains encor qu 


sempofte. Le jour Sainét Wrbain, les vignerons és lieux où Je vin ox 


 BELEVROPE 1:19 


per 


ansils boiapnt grands traits, & do refiouï'ilenten l'honneur du. 


nd foithonoré que pluftoit ils ghttét cérelonimagede la bouë, 8 
tiens d'eau orde &cpuante:;;6e la nappe ; &:ce qui cit-deffus. Car ils 
nd croire que felon que ce jour feporte, que la vigne. eftant.ençor 
dur, en croit, oudimiaue pour l'efpoir de la vinéedel'an prefent. 

Loir de fain@t: Iean: Baptifte en toutes les villes , bourgades, & villa. 
deprefquetoute l'Alemaigneon fit des feux deioye, où faffem-, 


it des bouquets de fleurs qu'ils appellent Efperons, à caufe qu'el- : 
ont quelque fimilitude , & regardent le feu feulementpar les en- 


soc l'année ils n'auront plus aucune douleuraux yeux... : :; 


fequi eft au mont de la cité d'Herbipoly,ou wirtziburg les Domefi-. 
sde la: maifon de-l'Euefque; font aufli.le feu, dans lequeliils mettent. 
sciques & barilsdeffoncez mis au bout de quelques baltans, lefquels 
ans enflammez auec’ du falpetre & autres matieres, ils font efleuez 
l'air, de forte qu'ils font portez & lancez iufques dansle fleuueMo- 
iquin'en auroit.jamais l'experience, penferoit que ce fuft quel- 
dragon volant, & vomiflant flammes ainfi qu'aucuns les faignent 
re. En mefine failon ils font. des pots de terretous pertuifez..queles 
sornentdefleurs, &rofesvermeilles, &puisy mettent vng: chan-. 
leallumée dedans , & les pofent furle.fefte & fommet des maifons,. 
ry feruir de falots & de lampes. Q | 


ent,& en coupenttout le brâchage qui eft en bas, & ornent,& embel- 
ntichault &.cheuelure de l'arbre, de miroirs, piéces de verre, efcuf- 
&autreschofes refplendiffantes& quireluyfent, laiffans l'arbre ainf 


2 ROM | : a ionete 
lt permis à perfonne de vendenger fans le: congédu ftigneur ?-qui 
bit la difine ; &.nul-deuant l'autre, ains tous pa ro 


» d'autant.qu'on depart.les çartiers chafcun à fon iour, fuyuant 

donnance du feigncurs &-aux vallôson metau pied du vignoble qui 

coftaux, cequiapartientpour le difmage..Ceuxiqui veulentvenà 

ee plus tard que:les autres fut que non-lculementils ayétlicéce de 

hreains encor qu'àleurs propres defpents il facont porter: les difines 
li ij 


his: mais Je-Cisi ef couuert; &:qu'il pleuue, sant fenfauttque. 


muertures de ces fleurs ; eftinans que ce regard empefchequetout. . 


Ceuxqui l'en veulent aller auant que le feu foiteftaint, y gettentpre-. 
grement les herbes defquelles j'ay dit qu'ils feccignent, &difenttel- Cremomes ” 
oufemblables parolles : Auec cocy fen sillent & foyent mifes à neant #4/ernées 4 æ 
deuorées du feu tautes mesinfortunes & malheurs. Deuant:la Forte-ft#. 


usillagesies gärfons à marier. portent des Pins tous entiers, &cef- 


métour tant quel'Efté dure. Enl'Autonnelesraifins Atanrmœurs, , 


mcartier vendengent enfemble ; & le defpefchentendeux.outrois ©: 


gitirebleende:placocinautrelion püblicla couuransd'ortebel-.se't © pes : 
sppade Fucillage.des herbes, & fleurs odoriferantes, &c deffus pofent ; Chrofienne 
Lai & petite image du bian-heureux Eucfque: quefi leioureft-cler f4fen de faire 


hommes & femmes de tous ;aages , dançans &c-chantans toutau-,Fenx de ie 
dûfeu,y abferuans encor plufieurs, fuperfitieufes, façonsde fai- La vigille s, 
Et fe font-destiffus chapeaux & ceintures d'Armoife,& veruaine,&c,1ei Baptifle. 


Ye ak 
; er Ja diftie @ TOME rs 
Amtint: si sil ts Fe à Libres Et 


… faitanèbe ‘eeremenie il, 


at dé LA VOTÉ:ERE AN effet out 
déxbses oi gtnt pis ent.l” Aatéuné . Les Fi enr eue auee prets 


(5 
cogne pin 
s géelle les Feltér des deux fultres &e Rints Eve; Mari & Nico 
dr ci En en inerte thanière : car à faint Mirin on 1e feRoye à table 
ARS LEA 18 gobelet, & Qint Nicols efthohoré à Pautel @ Eblife. à 
| RER it povuré où cHIÉRE Bréhit dune minpe aug 
dE ue volailfe,oi pièce de pore.ôu de veau roftie,& ee. 
at 5 ieoce & fa bourfea bien boire, d'autant qu'a lors chaftu st. 
nouuéaux, 8 da Fait éeftèr à Rs voifinsrvotré à whtiburg & mt, 
tres Lienk en cé iour,on en donne pour Dieu aux pauires On y fair ce 


battre en vn:pare, & clofture deux fanglièrs-efhauffez, 8 efineus , 14 


u'À coups-de dens ils fe defchirea l'yn l'autre: 8 iceux mis à bas; Su 
ro 2 ad jar del de Hellures Je péuple en à vne partie, & l'utrtre éft difteibiée ur 
PE 2: iftrars Lciout S. Nicolas tes enfäns qui vôt à l'E "éfhifent entra 

trois, l'vn defquels eft l'Encfque, & lesautres font fes didéres: ceft Eur 
: ef iour dé fefte conduit l'Egtife par totte Hi troupe des Efcohe 


+ accouftré & veftu en habits pôtilicauxa, auectefquels ileflifie au di è 


“ … bicesequel fny lay &'fes diacres l'en vôt'chétér de porteew’pa 
3 in. - réduéitht quelques denicrs, & nient ue ce foitsumolhe, ais Le _ 
…..fabiention charitable deuë à l'Enelque : On iprend les enfin à es 
.… …Javéilleduditftin@,suec cefté ruft que leur métiens 1e fit, lors qui 
_…… dorment, quelque piece d'argent dans lears fonliets, on Jeur füirer 
ù Le ee de late grande Herlié da fainét Euefque: &pour celte 
fa yen a qu icufnent fi ‘obftinément que pour l'efgurd de tour fa 
on.eft contramét de les forcer & côtraindre de mahget. dc use + À 
mes & façons de vie des Franconiens, &t1es Cercihonies ef erftiti 
aufquelles ils fadonnentlelong del’année. MECS 


Du pod dem acer dessine. Ch | 


Defription. HÉCETR 
dupaid su. cppmmmememn VEVE prouibéedela Germanie, ei 
eue pme il. | ÉTORAPREEE » noftre temps par ces bornes ‘les’ Bauieres 10 
fe dx AN: Q 400 hp bee oi hemntegnr 
prefent- Re LNIQY d'Heclfate:le ÿ es-Aipes, 8e aa Nt 
Sabelique OST f ay BR Frantohe Ellen efté sinf nommée 
Enn. 6.1.6. MANN À| Sacues peuple Scytique, 8 qui paffe en Ale k 
Lucan.lin.2, Re ER À de celle part de Sarmatie;6ù à prefènt font la P 
drlsguerre. TO fie, KLiuonie, pret 
mile. qe Lucie léyueilleapprouuer quandil dé 119 
D BEF AE wlse nd ho farm 6 


M Tacite 0 de 
oules, 6 à le Ket 
se sbon 


foit vray,ou no 


grand re 
dtileurs, Sue 
À prefent dit lac 
s, & corame brar 


me lanation Gc 
drentpour la p 

et chaflez ainfi q 

L citoyen DULe 

le Valentinian, 4 


2 522 


ESrsSSS 


ÆSHESIT 


LL, Z 
2 
De 


: DÆ Ho RE + 
sicopitionel. ficectaine. pin ne l ont Le do ni T'acite li,de 
e Täcite MEN M Germ ral Juiqu' rl Pis À L'inturs des 
aies; & Te ke es gra eu Saone Ge da 
ss sbon les difé ais u Éric tefarauxcé 
pare nain pris der In TP ER mntal.4, 
duile,i a se &adtres ut J'embosq 
ri ous le mot de Slaue, « yoy qu ent apelle ES for: Cents 6. 
dlonte pars AnRchaeun scoit, Mais du temps querel woit en Fran. dé Fhifuirsde | 
Alnaigne Clouis le grand) Depanss Gt leuranc en domicile Bsiere.…. 
rent plus audnt ;:& commme Jes autres Septentrionaux vindrent En quelsèps : 
terres-de L ‘Empisel'arreflés Je long du Klin, &'aux fources d'y1 is dns sé 
K du. Danube presles Alpes fe Faifans foi nous d'Vne partic dés wrêr Le Ger- 
“À & de la Germanie, &-delquels font fortis faris aucune Reel CSimanse: enus- 
Ssqui chafferent les Heluetiens iadis peuple fi puiffant, de leurster »0 lan de gra 
di lifez Swrabon, 8e verrez qu'il diuife la Sueue en trois , La grande ée 00. 
dard ikmet en ja grand Germanie du Rhin iufqu'au Danûbe, Swifes d'ois 
ren la ocelk Hercinieturant vers l'Italie, & la troifiefine en'la Gaule defcèdue. 
sara àprefens ef le païs des Suiffes.Or que les Suetnesfoyent (Ot Lrusfion de : 
seales Pline Jotefmoigne difant : que Les Tafigés & Sal pus na 
me les.ch£ps & planure, les Daces chaffez par iceux auOÿÈt Les: en tree. 
signes 8 forelts pour demeure, iufqu'au feuue Pathilfe, & à Ja riuie- 
inoroislesféparoit des Sueues,& Royaume Vannian : Orl'apelle 1lP4.1. 4.612. 
me Vénian, ar sa annie eftoit er 5 & ture deu x PPTR 
| niAvoils Lg & remuemét d'un rt autre bin. 1 
an DOM €’ ef chofestleurée n'ils Jetiénét du pl roy: d Vannis royan 
es, qui futéles enfans de Tuiicô & fe nomma Sueue , & # = uf ge be des Sueues 
umeéseonfins plus froids & feptcntrionaux de La Germanie; 8c dequi nômé, 
duquelon nent quels grand Is vint on Alemaigiice: foitque 7f: dés en 
itvray,ou non,li eft-ce que Tacite tient que les Sueucs aloroyent. Suese vey 
reuvrence, ou pour la memoire de fa venue, ou enfei 2 Tasite. 


d'ailleurs, JSuené Fat premierement nommée Alemaigne du Jac E; 

pà prefen dit lac de Lofanne. [Le ne veux icy laifler le eur en GE: 

s& comme branflant, veu les abfurdieez qui s'enfuuêt de ces opiniôs »3y mms 
werfes de dire que laSueuecf ditte Alemaigne à caufe du Lac L'ersan #.16.7w par 


dire l'occafion de ce Lre qui auoit ce nom , ains que iamais fes Sue- fe de ce lac arr 


y vinffene babiter:or ads. mous affez parlé cy.deffus du mot Aleman queier Sueues - 


bileft venusmais accorder ceft article du lac ie mepuis, veu que les /c rtiffét détour 
soutefé dits Alemans, sms que occuper celle partie de Gaule, où on f pre 


grandi de-Lozange. Flaue Vopifque en la tie de Probe Emper, nel 

kdes Gernains & Alemans , quicftoyent les Sueues, Adit art | 
hibienloing du Rhin, nr mot Alemant pluflo{t en cap 

que marion Germanique s'efpandift ep la Gaule:eu/aquelleilz. ra 
drencpour Îa pré mere fois fous l'Empire dé Val cptinia,maisilz.en 


tchaffez ainfi que le chante Aufne poëte Gafcon, & natifde Bor- Amis hs 


mx, citoyen toutesfois &Patrice de Rome aux Vers qu Pi fait à là Toux: 27. in 
RAA & Gtaianaugufes : & Arnniah Marcétlin ne le difi- 
hi 


; Fs ht 
"4 

4 

4 


| 


are) M: forteret 

Lab Euullent à les ren 
chreftienté:les g 
béonuens de diue 


royales, & paro: 
les en ms 
el en grande & p 
Wueux,de belle &: s 
y bien pourfilé & a 
mdement , &lelq 
er nice 
lagloire de cefte 
Morts (ainfi. qu’ 
bis qui par leur ve 
seuré plus d'vn fie 
payant eftérendue 
four, ou fai-neant 
de ces forces & vi 
n'aye plus aucun nt 
ire & grandeur , ma 
frtune . De cepeu 
nc eft vn peuple for 
ke des Germains : Où 
quels Foinift tous ll 
de feur paï$.pour g 
à la maifon traiuail 
inir aux frais de ceu 
tauffi à la guerre, le: 
liffent ramais de cul 
nent de fuyure l'exe 
r qui foit à quelcun « 
rrelter plus d'Vnan € 
Drne viuent ilz guer: 
hchair , fadonnans 
leurs forces , 8 cat 
ddela viande qu'ils: 


D'ünrocher lentement sé coule, pu PTE HUE 
UM FU ge mm, LS 2 A NU DFE #1 
Tout par tout diféetrant, quelque lies que m'anance : 


Soit qu'a demy gelé ie traner[é les Leu 
Habitex, par le Snene Fardy © furieux 
Onque ie veye encer gay les deux Pansenies 
* Ævoire mandement, 7 Emipire afféruies. : 


C'éft chofe feure que cefte courfe recitée par le Poëte auoit eff 
parles Alemans, & neantmoins il les apelle Sueues , & ce pendant, 
feftoyent encor arreftez parle lac Leman, qui efloit fouz la puiff 
des Romains: car voila defia la feconde foys que les Sueues auoyene 
ché d’enuahir cefte prouince Romaine. Or qurles Sueues fuflen 
Æmmian … feuls Alemans,& diftinguez ainfi des Germains, Ammian parlant de( 
Marcel, liure fans filz du grand Conftantin : lequel fut contraint de laiffer Romeos 
16...  ‘ Iesnouuclles comme les Alemans fe ruoyent fur la Rhctie » Voicy côt 
ilen parle, L'empereur defirant de f'arrefter quelque temps en ja cité 
pl fuperbe & ne detout l’vniuers , pour y cftre mieux à fonaife 

iouyr de tout plaifir à fouhait,il eftoit effroyé d'heure à autre des cer 
aduertiffémens des courfes des Sueues en la Rhetie . Et parlant de jé 

| deffaite,il leur donne le tiltre d'Alemans comme eftans eux ainfi pro 
pauldiar.L8 ment apellez . Et Paul diacre parlant de Dociruf fuitif desLombards 

Hay ed QU. fefloit retiré à l'Empereur Maurice, dit: Céftuy eftoit forty du 
té des Sueues,c'eft à dire Alemans, & auoit efté nourry entre les Lombard 
* &crée leur Capitaine.] 
Sueue donc eft celle qui contient la plus part des hautes Alemaignes 
ftantarroufée de ces deux riuieres tant fameufes le Rhin & le Danube: 
Cours, dépens P'EMIET Fengoulphe d'vn pas affez lent & court voyage, & flux enlOc 
y du cofté d'occident : là où 1e Danube au contraire prenant fa courfe ve 
ns) 4 l'orient, apres auoirarroufé plufieurs Prouinces, & feftre efgaÿé d'vnl 
ge lepanu- ait Par les païs d'inifinis peuptes fe va rendre enla mer Pontiqueou 
: iour. Leterroir de Sueue eft meflé de montaignes &:vallons feftend 
en belle planureila terre y eft fertille comme celle qui n’eft en friche, 


2"... 1 lieu quelconque,fice n'eft où les lacs,les boys, ou les môtai A, quepour éftre 
hs pt ee place & afliette I! y a plufieurs bofcages & forefts * & CA 1 leur vient en fanta 
| * habitans du païs font grands veneurs, & adonnez à 14 volérie du gibier" quelconque, nÿ 


tfont tellement end 
tiçoit qu'ilz habiter 
que dés peaux , Jefq: 
pl pro par 
, 2 fe baignent 
rée en léur pay $ de 
re, que dede ir qu 


autre forte de tendre aux oifeaux: les bleds & fourmenty croiffants en 
bondance,& bien fourniede beftail de toutes fortes. Les vallonsyfe 
arroufez fäns cefle d'vneinfinité de floellans ruiffeaux, & gentihtes rii 
res qui cngreffäns le plat païs,fen vont tous fefcouler & rendre dans 
 Rhin,où Dinube, En fomme toute la prouincé iouift d'vn air ferain & 
lubre, & émbellie de belles & riches villes, & citez, de chaîteaux,bou 


Les maysages 
du païs de 
Sucue.- 


\ We" 


DE PEVROPE. 0 
fe : fortérelles y font plantées éntelle forte que l'art & ta atu- 
jullent à les rendre pie ue inexpugnables : & quant à cu quüi tou 
Hchreftienté:les grands Omptueux temples, les colleges,monafte- 


héonuens de diucrfes religions, & profefions n'y manquent ; &les 72 Zueunli, 
ke royales, & AA y fônt én beau nombre , Les montai gnes y Te 
Éferrilles ex mines d'argent,de fer, & plufieurs autres metgux.Le peu+ Sélie Italig. 
el en grande & prefque infinie multitude, For audacique & hardy, li,2 
ueux,de belle & grande ftatureayans blonds les cheueux,beau vifa: Clndiun À, 3 
gbien pourfilé & ayant gentils traits, gens d'vn fingulier efprit & bô- 
bndement , & lefquelz Pl'itarque apclle les plus excellens de toute la 
unie. IL'entend 1çy 
jagloire de cefte nation feft tellement iadis eftendue que d'icel- parler de Fe- 
priortis (ainfi.qu'on trouue par les hiftoires ) il y along temps des deric.1.6 2, 
Les qui par leur vertu & proliefle font paruenusà l'Empire, & !squel € de Æenry 
seuré plus d'vn fiecle en leur maifon & famille . Mais cefte regiô de- © Conrad: 
jyant efté rendue vefue & orpheline de fes Princes , ne fay par quel 94 firrêt roys 
eur , ou fai-neantife, f'eft arreftée & a recullée eftant au plus grand de Sucre. 
de ces forces & vigueur, & efttellementaneantie, qu'il femble que Car Com- 
'aye plus aucun moyen , ie ne diray pas d’eftendre & augmenter La m6t.l5,4 
ire & grandeur , mais encor de deffendre le peu qui luy refte de bon- 
frtune . De cepeuple parle ainfi Cefären fes Commentaires ;: Le 
ueeft vn peuple fort grand , & adonné aux armes plus que tout le 
ke des Germains : On dit qu ilz ont cent bourgades & cantons, chacun 
Quels o’::nift tous les ans mille foldats bien aguerris , Lefquels fortent 
de leur paï$. pour guerroyer leurs voifins,ce pédant ceux qui demeu. 
à la maifon traiuaillent tant sé fe nourrir, que pour alimenter & 
imir aux frais de ceux qui vont à la guerre , & lefquels au bout de l’a 
taufli à la guerre ,lesautres venans fe rafrefchir. Et par ce moyenilz Champ come 
hiffent ramais de cultiuer leurs champs , & fine difeontinuentaucu- ,,3,: ; dis em 
pent de fuyure l'exercice des armes : auffin'ontilz champ , nÿter-:,,e Les sue 
rqui foit à quelcun en fonpriué & particulier : 8& neleur efk permis wi" 
refter plus d'vnan en vn lieu pour y habiter. | piernde' les 
Drne viuent ilz guere de pain, mais le plus de leur manger eft du lait 8 enciens Sue> 
hchair , fadonnans fur tout à la chafle : ce qui leuraccroift & nour- yes. 
leurs forces , & caufe queilz fontde fibelleftature, tant pour l’ef- 
jdela viande qu'ils vfent, & des exercices efquelz foccupent tous les: | 
n, quepour éftre engrandeliberté ; comme ceux qui font tout ce pe cf habir 
leur vient en fantafie , n'eftans accouflumez dés leur «enfance à x, Hpinie 
joir quelconque, ny afluiettis fous larigueur de quelque difcipline. SE ac 
tfont tellement endurcis awtrauail, & habituez en cefte couftume, Ps 
taçoit qu'ilz habitent en vne region, tresfroide , fi n'ont ilz autre ha- 
que des peaux, Jefquelles encor font fi poaites , courtes , & eftroites 
a plus fonde partie du corps en demeure à defcouuert , & quiplus +. 
A ilz fe baignent fouuent 62 riuieres.. 117 permesrent aux marchans 


hrée en leur po S ,. plus pour leur vendrelc pillapc.que ilz fonten 


eme, que de delir qu'ilz ayeht qu'on leur aporte rien de pays eftrañge, 


les de Cefar., & de peuples quin'ontpeu foultenir leurs affaults 


Lcombiardelieus 


Germaitss : qe J'aflictte Alenigne & me des Germains , dit TEE eu 
.: tre), Quoy que les Germains foyent diftinguez entr'eux ayant Chafcune pa." TS 
Cecy ef refrré que {on propre nom:fi eft- ce que l'apellation de Sueue leur eft con au a 


par Sidonies Le a gensrale. Lagentilleffe de ce 
res 12e SK47 ep. les entortillant & noëüant par deflus 


ues,tous les francs Rtee croiftre leurs cheuoux heriffonnez ul 
leur plus grande vieillefl 


° ‘ 


maffacrans vn homme, etc facrifians en ya lieu touffu , et fort cour re Prodopie gifs 
ta weiz par l'orop à 


d'arbres, ilz faifoyent d'eftranges,cruelles et abominables ceremonies 7e "PRO 

entroyent en ce faint pourpris asie auec cefte façon de faire : ] J mar duuirnn 

fut permis à aucun d'y mettre le pied , fans auoir les mains liées de qu D'PENURAR 

-que lien,afin de fe recognoifbre moindre que les Dieux , er-dé voir pi” nt ge sua 

quelle eff la puiffance de la divinité, que fi foctuiremétil tombait part” le qu'a frivls °# 

re, neluyeftoit loifible de fe leuer,ains fe trainoit par terre , er tendoil nantaires délagi 

Goths fecou- celte folle fuperfition ; qu'ils recognailloyent celuy d'oùleur fans De temp 
rusparles … uoit origine, tie lieu où Dieu regnoit, et regiflaittoutlemonde, etq ÉL oui £ 0s:lfons 
Alemés A. Le refke delatenre leur abeilfoit,et efloit fuiette . ‘Vine partie encor Pt fuite entne] 
gathie L. 2 de Sueues(commediteil) ainf que tefimoigue Jo mefine T'acite, ferilail Te Lefquela(c' 
. lagurre Ge- la Déefl Ilüs,etau refte tour.ce qui eftoit peçulier aux Getimans, et? °° FrOMUErENt 0 
th. façons de vie des autres voitins , eloyent fuities er éimicées par Les GA: °C il feiiten 


ues.{ Les armes defquels ivrentiadistelles que defcrit Agathie, lorsqi Les sonditic ns affez 
| dit parl 


| ls conditic ns aflez raéfonnahles de paix par es: $ rt propofées s 


Tops AUX APRPQ 
rl x {our 
ue 


nou L es rie ci 


spi sd Bu pis 
nds, chofés. D ei ren 
podhen de stciquer leur esnemy: Voyia ce. 

A ent Sucues 8 leur à 


ar ie 


6 Fit 
‘des temps. : 


je seronde cr 
Me € des Sueser. 


Era liu,2. 
êrre 


és 


an, cc. 
| pe Prodopé er un re cer y rl 
db CT oad'AugriteCnBrtindrent celle, se e* 6 
difquele fareneles, uigagns & versl'aquilon.lontles: & Cefar tbe 
ntles Sueues vi peuple pusf hlibre;& qui de lang, temps jouit, "4 de La guer. 
terres hes aut NE roçycillent à ément, com- Galique. 
pile qu'il feiebs en el de loicritCelrett . Tacit. li, 
R sé -prréon oo pe he 2 debbi ire 
heues fe foientimsèr furlescetres Sexcnnen qui fois les-W Au 
à. Hefliens:lifons ?ayl:Diaere en l'hifoire dès io ant Dacre 
h paix faite entne les Saxons, & M ungele. &æ A Len He ee fair : de 1 
kainfi,Lefquela(c'eft à dire les Saxons)deretour que furent en leurs Bernie us à 
les trouuerent occupées purleà Suelues ds augues n#tlang.conrre lef y chap. Ge) 
b comme ilz feiifensguenre il} Ginaut-r A'apale VOUlU aCCE- 


ra 


| ent: LIVRE “ROTH: = 1 Woo TN 
| strié - ‘ee dui éduint peude tamôre deluftii Empétei NE. Pont 
î y sur saut mare Suites, fut où à éftoele grand Al ni: der pefel 
és y Ro Lorrain, fsloni l'ancien denonbrement defes'prouinces # uv ed com 
stprand li, d'Hélface,en quoy eftcômprife lanstion Bourguignéhnehäis en cel M >: 1: 
À BR faurtoufi ours venir là, queles‘allemans d'outre te Rhin/eftoiene céprd > Matte 
| Shnare plus part fous lenont de Sueueifuyuent ce duénatomralégué de f. | 
L finghren. Lit êite:Eehr tinquiefine defbord fut en la R Hctte;tjut à préfet ft: prop 
pe lagiede mênt la Sueuie;à caufe qu'ilz fy arrefterent;8c côineplus wrd'ilz y { hé 
| Eederic Em venus auf on ontilzlaiffé le nom à la contrée eë qui sduintdu 
pereur 1... l'Empereur Honorie,quoy que aucuns fe couurans de l'hiftoire: eV 
decenm.,.. lée veulent dire que cela fut di temps'd'Oouiän arme 
Cinquiefiar | eftélés feulz Sueües qui ont indis cor cù pAfss@ ‘à hat 24 
L_ asurfé des Se ailleurs ilradreffoient leurs voyages. Iteftvray queufouent 12 tafhe 
der. sdy mettre le pied:mais ilz en furent chaffèz; c6me durent: J'embire d, ù 
2 félin, & Probe,que les allémans feirent de: ML grandes courfes par lo 
PL Jos & li Germanie : mais ilz furent deffairs be im perd 
Lasad, Lu toutee qu'ilzauoient butinéen leurs coù es. Et duten 
rer #gnd Conftantin ilz auoiét fi bien befo nus vient venuz ik 
Pre: | deleurffaire,feftans faits prefque paifibles poffeffeurs deiR hetie : wclilwouloie fa 
akr a Conftans fils du grand Conflantin,:& fulien l’Apoftat leur rompi donc futile q 
Jen : pource coup Jàleur entreprife. Et autane leur aduint lors q sé, Empire 
Mare L, néit l'Empire;carilz y furent bien frottez; &: forcer deife " vpigoeE 
AG0L7 17 Jeur courte hotte:ce que Aufone Poëte chante,difant “oi lors que leg} 
isataint 4 DS 4% US - ji Klarcuxlequel à 
mate pan one 1 tee vole def bond pige) “leur race; à caufe « 
Æüfine.... : :: ti mines à radar cat he: Ky38 ” Anourir deux dele 
bi | Ds Gal cfemmale rs bind ont ipheilperdonn: 
Que par fer. fuité@ fes le Sueue Du et à 1 tent Tout ce difec 
_AE$ accab ©> mer, ©” plus le Rb  n'inesle i} me.Et de ces roys 
| LeGaudait del’ mir pur fin na | > piiauf hsiufque à ce q AI 
4h LIR 7e Raime.die Iornfd 
Ait fée ao lis coran pe c 
... portéleur nomiqueielle leur ceda & demeurapour gagetæ hab 
a ppm ar Em ee oo que ce 
r y féeut füreStilicon, fi demourale champ aux Suenes; fuit ques cc temps. 
ue tnt evo avoue fn ue rer flo # he 
NN » gui fes bandes: & gendarmerie;ou comme il cft plus veut. Car à 
ACTOR Femblobleyque tque ceux-cy nofaltisffent duec Attile, ours d'ad 
she éegrinde ne venoicfhr les verres de l'Empire,& ne-caufilfe@ locieté, & font. 
+, ruine entiere dunes, 8: pouuoir dela Monarchie des: Romains. Or Mt d'argent il y doi 
+. rity'euft pair entre tel déuxnations Romaines,à faudir,;& Sucue, CN: des loy:es , efpi 
eu ot mot Mn Le 4; Edes païs cftrang 
Soudan. neo LI Le *° ” quelleries & petis 
Hensié vi # orange ue af: &autres telles de 


Bmpe, sois He ab, 
Thon nn tr mrché, ce que p 


EX ri è OH XATR ONE à NES: 
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cr Bt mme le lenmnahneruile cat Nos: re | | 
Me re Part “Moi guest eur ui RE jus Kuk: 0 y & 
re Man Ramepulienenansmeribidenx.: is 2i0N pi se Gothss SAN 
|. go Mansion quelque ape que Je Sucuts ajencoléla vaut | 
MX Pier Sappertilque dutempsde l'Emperenr Lenody à 6. es Lédie le. 
Die Bt ben ar ma iointà la fogieré de l'Empire, lé païs Odoace, Foy 
ia fuise au Roms aqm fut donnépar Le: Géth à: Mn Caffrodere en' 
Enibade en tilt tode Dshés 8e y fi cit prefident vn nômmé Sue Papi ir L 
urfnire chacuniuftice;La deraienc courfe des Sueucs fut uerfes y 
iaçoit 1 ne pr deux precedétes;l'vne à WPit sions: . 
en ps 1,çÜme où péut:hecusiln; Cérss. rite” 
1 Emme Tr ss taliedu Réderiralé. 3, desans"s 
R nent 5 ts Ab le nina sara ass paré ren SEE 
yis y rentresét du temps d'Honoric par les rufes & m FE PA 
do pt dt no fcivpaller ; Fais se M: 
fonpreindicesar iLfaeceis eucc fon filz qui eltoitencorPayen, paume * | 
avctibwoulait faire Emperduñpourla ruine des: ChrefliensiLaders bu,.0, JLRx 
danoise qu'ile Fire palfans en Efjaigne,pudefaila auoiét vel Fxrien La 
NÉE dudufditGalien, à lentprindeensts Sp pi de Chase 
maigne smRiS:CE,vOÿage que ie s à prelent fut 5 5À:dseErmperenr 
vit iors que lee Wiigoshenemetiés iMgpthsrenaifitics Efpaignes, & 4 Thcodoricrek 7 rahifôs de :: 
écfur eux;lequeleut plufieurs guerresaucec les Sueues, & ruina pref- sriliconÿ Fan 
Jeurrace,à caufe qu’ xp ss coafpiré contre 2 toutésrfois ayant Jernandels,. 
mourir deux deley nsen Galice, à {çauoir Rceciaire ; &ç: des facheife dé 
julphe il: prod eamre par lemoyédes Eucfques qui l'en remps. Ce fur 
nt. Tout ce difeo fais par:Lourüädez Ajan en fagucrre Go, Theoderic 2. 
Etde ces roys deSuque, les Princes Portugais-dftoiét de qus regnos 
dus isiufque à ce À alPDtRgnAEe Latrsie y châgea la famille:car Theo. l'an de grace 
keime dit Iornfdez permitaux Sueucs d’eflire fouz fon obcïflänce. 476.72 Ri- 
mage. vn-R:ey-de leur aation:&r voila quant à ce qui reftoit à. FF tieçdes js 
ide noftreeseur pour j'emballiffement. de (On œuure: np fi d'Efpugne 
prose ilendi) Maisierman des Süeues ont.efté chap) be 1.7: 1 
cctempaquadiGie des Sueues, mais “ee toutes, les na= Rys Sueues: 
ip quiet le: plusà plaindre, c'eftque couteit allé toufiours. En:eccis, 8 Bfjaè 
jar, Card prefent-les:plus richet&-puiflentsd'entre les Sueues pref gne par Les 
puts l'addopnens à l'eftax demarshandifs, fi affemblans en vnc-trou-:Gorbs.1orné. 
Locieté, & font:vne:bourfe commure; où:chaeun fGait quellere Le uerre 
pe d'argent il y doit conferer; auec: laquelle.ilz acheptentnon{eu-" Gotthique. 
pt des foyes , efpiceries, & drogues aromatiques -que on tire & Princes Lore 
k des païs cftrangers, & outre-marins rain$encer famulent.à des uns en Per- 
quelleries & petis fatraz , comme cucilliers, efpuilles,miroirs, pou- #ngals: vs 
autres telles denrées;achetent quB.pour gardarlés vins & les Marchérdhrs 
. Cequeicneloug, pas grandement, veu que; Cêpxr cy achetans à magesbler qu 
mrché, ce que puis.apres.ilz-reuendenit.au double, : sl portent suoue, 
Kk ij 


LLY: 1k% PES tés ME 


draë fbis pas feulement arefsbou otwetilieguieit és. 
 éiomides sw acheter deux Ds où plos quil 8e e Je védu;tiné enioor divete la pro; 


“es RAA ft. contrainte. acheter de ces ons, 8e à lonrmot ie bed kr 
aie A lctere ds Pate; detfnémde pr 


cr as :reaufe que ces galang ét de 
: ail ts viures ue ez lieux bot 
te Dr so da 


6 ee néforit | 
ere 


DE AR Tv seche | «le vs 
MENT Sn ac em mplovi 
M plus e'ofl à Bite des toiles 84 y füttellémmet edonne 8 enter 
durant l'hiver en plufiéurs endroits on veit io feulement les femme) 

«à fiHles,ains encor les hommes & A temp 

eo ae iles femmes. Ils ont certéin entretiffü de coton, qu'i 
Pargath, & du treillis qui efttéut à dtoite steglils apelér Golfche 

langue. Onitient que les feubz tifferass dVIme, Font rousles ans des 
: deux fofres de toiles, le norsbre de deux c6s mille pieces::8 par là ch 

rad quanti peut cftimer combien eft.ee; qu'on en fâit ailleurs, & côbien ineroy 


tédes toiles: & non podibleà comprendre, eft la quantité du relie qui fe fait par tod 


EU ln ke Prouince, On'en départatrt nations pluseftränges ; mais vne desy 

g”. : : bellés defpeches en eft Aite aux foirés de Fraric-fort deux fois l'änée. 
Te sournenté va trefgrand proufità toute la fation & peuple de Suoue, 
+ 1 d'aucétquetoufiours la Vértu eft fuiuie dû vice; & JA FA #rion os 

rallèrdifé:: Ciel quifoit parfait, les Sueries font forresclins à'lubéicieé 4 pi 


déssiaus. : 8 les femmes d'auffi bonne com que les hommes Les fjauron 
| pOfition ; 


Ent 1 Empéet temmeent ent rt 
ne cr deccfte fateté, & bien tard'f &cretirent. î 
ée vice y pullule de cefte forte, d'autit que les prelats : 
parcorreétions &:cenfüres cbetefiaftiques, noms que onne fé 
twes païs & Prouinces de la Germanie, & ñè parez j 
ti ces paillards publiques,les larronssüdulteres, voleurs & rauiffer 
“levés de , bien d'autruy. 
M à et Auff court-ilvri “Hpraed commimèue te flat de Suene, | 
pets ‘6% fournir toute CT femmes qui fabaendonnent: vague 
#afiBf |; Franconie fait arge ans & de pueux Sc uzymans, Boëfi 
Hercetiques, le païs de Bauiere-foifonneen larrons:, les Souiffes e 
chers & maquereaux, les Sax6s en beuueurs, & rutéignes Era lf 
fe & weftpbalie formillent en faux tofmoiss æ prises claim à 
Rhin en pus écgourmands. | x: 


a RL pra del 


| it donné cénom 


1 desde Gates 
ni beftis Fan 


ny magnificéce, 
sa hp re 


ape 2. und 
D cafe que 


en'autre: , eftanse ce 


nfhoit Ygsigner 


sra homme auoit 


| puni, 8e rédots 


jai Italteh , fais d 


ani Ens dcaufe de leu 


TI 


Fri iufqu'i 
mentäires de Cel 


ÿ 


mens dustoy 
| Étaete Darabe agua y vies pa ais de Sueëé aushtiér con: 5 eue 
‘4 repion fous foydes pars d'aufriche, Sririd, & Carinthigentte 
shômines Fe reffemibent en mœurs façons de faire; 6 langages ets Le 
ire ils cRoyent iadis contenus tous (ous le nom de Noriques.' - ">" | 
| 1 Annalifes de Bauire (ainf que fay dit au païs & deftiprion dé res RO 
feltienriétque les Boicarions font defcondusdel'Armehie;éé qui * 11:12 
petrop ithperinenth dite, aÿmalaifé à 18 croire, veu quelés pret "1. 
n'remücméns des peuples, féfeirent là apres qéeNoë A Gr dr 11 a 
ke ke préd delire éftér cuifé, mais do dire que ecfut:m Bb tant 
ift donné cé nom au païs,ce feroit fabufer, vouduéncordutépsde * 
Bret tmoe Bbioarien , 6 t'efoit cogneu en Aleniigne dominenaturdt. péibeinres 
ten rm à Rtenansés Gaules,ëc dydns décupé vie Gaslnshibis 
é l'hulicoutre Les Alpesdinfi que bic éPolybe ii hache 
ne Eñtréle Pô;8cPAponnin habiterent dis d'entre les Ghués be. 
pièretent Jet Anañes, puisles Boiès,& apresies Éluganes, SEà 
É senonoys éftééél les derniers des peuplès doGdiloirindrentie *’""": 
baeli cofté de mer: Adriatique: Se ceux fonties nation princigé 
£ Drties de Gaule pour farrefter en Tele : lefquels Habitent en des’ has 
pi bftis Find ducune murailke ny Love pe fe fouciansd'aatuneæ 
| ny mgnificéce; &aufquels la terre ufe' Éric émet doi 
pt 24 mr grimpé Ils: Me ere f ri ina 
Ph güerre &'au Mbourspe, ioañis forcée D ent ns | 
(énpte 2. un desartsny des. tiencesilqut riéhielféconfiftoiténorm :*""""" 
à catife Se A LERON nvtramfporterces/chbles de 
re  eflans vontrains-de change A Sn ccevré 
nfhoit digsigner dtitarit d' dit poffibhe; tant ‘ 
sra homme auoit mia deubtion, ne € 8 cftimé 
spuiffant, 8e redoutable. Dés le cominencementils fercantenoyetibesb 
his fralieh , mais dépuis ayant mis efpouuentement au cœur dé loufs: «- 
fins, À aufe de leur force & vaillancejils les attirent d'eux, &c fs les afc 
tiffent: iufqu'i font les parolles de Polybc:Marlian ofériudt für les 
“uiomentaires de Cofir lors qu ipurte des dde à Fate 
k üj 


LIVRE porrenqu 
il . 
is: og e tou oil 


 Cefar, ille is RS eee tétiebere Frise Cell 


Pince doins k 
à) rent "ou 

de Cefars” x Areas R PI) Ro 

& ae A NON a ei hproferiteht No rél Amar À 

rater .n anufiantés qu'il fait nent 


aidés pars eghare quiet ere ke Ramin en ion eh 
es nas it 


glin AA D se te purs 
LÉ RE d Conftance:) 
à leurs villes, villages; @ fien veinffene DE fa guétre: Attir 
bruler lesr. off i lbürauitié & ligue les Boïies, qui atdyènt conquis Jar région N 
ro alt 8 prifou'affhuitla citéNoreicqui efbares (Norgmberg) à faq 
wave zef Éeritesinffénr à leur fecours « Voyez Cafär qui fair leg Boïes non hab 


er 44 


duNorique: ny di pars ‘oomméBaiorie, mais q; le/conquires 
4 par-forée Noremberg Cité vpitilé du pañs. 


green ln fon tem ; prenant 
LA Lt — fidemesz ch rm matières sons cp 
D her gore pare plis à deftounsr Jos qui 
ii os AA :Le ab é commise i’ay-dit,plufieurs piton Gaulois 
: bireyerit lelong. decce eue: les plus. uifèntes defquelles fare 
à Era me ut OR fois phife d'il 
érpafint L'citédé Rome:Grox cyétderniers témps db'agueré forent dur 
Ph GerMAB Eee ee GET parlés Romains qui f'en féirent pas ainfs Faux B6icé, évri 


bori qui'eft sut 


Geux'de.ls" joies pe Le leurs Hmites:& finages. Ceux éy changetné pu 


sitré foisdsf alierét ‘habiterle: Jong'du Danubeauecles Taurifqués, ayäs gue 


mi on pi rt gr re Lente , 


Gauli + À deffiuité-Que Voiles sous de pl’intelligible q! | pour pre 
"les Bäipariens font venus des Gaulois, & nôes Boy nois de Baic 
Par qhi 34: inf ouerelue Main; &t-que les annaliftés de Bauicre fe font À 
siere Come Mislaiffonsies modernes. côpter leurs fablés, & {uyuGns le nus 
sieu:la fo del'hitoireauec H preuüe des bons, &anciens auteurs. LesB 
ce Luce re gpitefépremieremétinffruirs én ls foy: Catholique par Lucie R A 
port nsrS ae  grand'Bretaigne; puis par fäint Rupert, Sen, fe par Bonifèce Euc 
lé M &efbie païs patty en quatre Euefchez,à fçauoir de Saltrbu 
free Paffaux, Phrifingh en & Katifbône: 8e n'y a Prouince Eu toutéla Ge 


it suriane délin 


De 4 
Gt { 


Lui not it 
ieweftoi 
Ldeux Allemapel 
x l'vn contre l'eau 
es dinerfes &clèn 
phinges ou welf 
niores &: ordoun: 
quelsilz ont: 
D brentrel e.Q 
05 domainesterres 
nes yat 


7. gié,où il'aÿüde plibelles villes;ny en‘ pl” grédnôbre: Seltiburg qu'é d 


dr gs Le suoir eftéPenciéne uuanic,eft}a cité Metrapolitaine,& Munith ie! 
‘2ede l'hifloire ducal laquelle isdis fenémcisSchiren,C ‘eftéprouinee ains qu'eftres 
Mg," : ivttie;& rodigéc En prouibf aftoit gouu grnée par fon eRoÿ,l 
Cecy sdnint duréecfté puiféce royale htiqu'àl'épire. Dired Arnoel qu th 

enuiren l'an deCharkeelegrid à dignité imperiele; du sig af à duquel on tiétq 
degrace 500 cftoit-Et tout ainftque tous ls rôys desParches fappelloyent Arfices 

Ce-nenseffoir ls EgyptiésProlomécs; ceux hÿfemblablémet pprtoyét le nom de 
Le is des an-miisaprésqu'Armauleult chats Roÿs,kés Ducs Arai ï 


Mègres. ‘td 


ucéeda aux 


eue Voie Apres don Lori cÜepccni 


texcéunié quict 
nent, & {oitc © 
avity aura fait, ps 
ÿ terifur l'ausok di 
dela Ho(6. 
ira de cofuyr, 


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tres: 09 nhaguss be 
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Françoys ‘de Bauie RAR S 
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HE. au d ‘amende AT L S quelque 


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pesantpouir leseciapt de-fa Hs 
de, ne PR PR DE qe Haies 


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de Denise les doi D PT VV Evengiles 1 
nebtonse "À ecmfanchife ds garaht: :, Pau ssv ph : 
”? fon efctqus setup faiesaucun tort; oi 
ep menant Pan nues : : 
MR cu blécéprquicftpromeu au un des ordres 
1 dre: duiben paye: amas que pcondemnez 
pions dés iniunientlours parenss 80 bas:iminäft l'autel en recoiuer 
hsTils.qe fatiffa@ion y riplsfilebiecé owhamicidé loir promeneux alud 


Pureg.3, cures: Que fquelqu'entuaitwmn prefbre pays no) Jiires aux pris de 
Le) "moin nu" er or pone à R6 
IcBg déraniérdefdirs iomicides.Et 6 le meurtrier:n'adequo, 

nird icciio fomine, qu'il{a vende; luy fefemme, M fesenfannde cl 


Great 


Zilre ve 


pair Ps 
COUX qU! 


gore les gs il: ef: obligé pour fon cœime:8t.forfai. . Mais qu'il.2y: sys homme} 
d'&ghiTi.9 dy: de:metere:la main. fur l'Eucfque . encors.qu'il.6n. roceut ini 


aiqufil'Quefqueait vicieux. qu'on le faceconuenindeuans Le Roy, 8 nl 
co,outoutce peuple; S0foits acbufs demeutrepaillar 
‘'Quefilavoula faire venir lesqanentyss us denner.ontrée en la 
uinec;@fb foi eforcé deruinet-ceux qui der & deffédre 
3h ques ér$e fôir degofé de fon office,ou benny: ose RM TRS ONE ui fubo 
mes l'Emfg. cello quieft violée & dediéeau feruicede Dicu:la prend à femme à 
demie fubsr latroigle:; & ordonnéce: del'Eglifc,qu'illansade lon ri fc 
ingemës: Ti: condamné à pareille fatis@ion que cebayrquuirani®l'off poufe d'a 
100 Des ren quo l'Euefque focouru:perl'amorité &fecours;dy.Prince.lérenfecn 
Jewrs der: 25 defpit telle en ays daris.le conuent ob elle fur debauch,ée : &ls 
mains T'ÉTE, fous foi soatsint fe chaftir, ou qu’on ie banniffe-de ka; 0: ( 
hf ne oi patntioaux Preftaes, ny.Diacresitenir femme uoléomqne el ft 
gcrcen leur compaignie: ;. à 8 made 
D Brio ceindignemert deusnt-bies 
ri bi faute de fon Log tros fs oi =} 


Fèrnes 
duesauy: Pré 
fes. haique 
Zilxg,:: 04 
nu Sie 


5 ou-famette enifesuics; iufqu'à tantqu'ilfe fvirracharé de l'argent,ud 


ju ir , © 
pi de Rues pne 
{ 1 qu ‘aucune de £ 
jfans. Is conpé,& 
nifence qe Frs 


difé,au trie Fe 


ation du doniriég 
leque ce foitau a 
ce nonobAane 
homme! franc, 
d'imende, Celey a 
dde l'armée aura Fa 
LL férue de deffène 
Meur foir tenu à 16 
uceft rebelle & ref 
fe qu'il el bañny 
gant füperbe, 
Feftat,y Matt 


PA “ | à \ Efant de pret 


te: yne armée, pu 

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prncs carie 1 Dohv,piènt) Chan dedrre chofes ne eu 


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s'Otiagise les. 


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roi er de f'ucit vaferou cfclauequ'il en perde latoikez 7" 6- 

nmaiftre, re Péyamtiempelchédeccfairesfoiteeauaux interels,:& … 

ation du dartiridge faivpar fon feruiteur . Celuy qui robe quelque :: ‘1: 
que ce foit au cap; f c'eft vrefCtaue;que les poings luy foiérçou- : : - 

ce nonobAate fon msiftrepayera le prisdelrchoferauie :&def 
‘homme franc, rendant ce qu'il a pris, payera encore quarentedis 

fanende, CA qui par tecommandemetr di Roy, Duc; ou Ge- 

ldcl'rrmée auts Fait mourinvnautre; que le Prince luy-Lerue deger 

où: 


Le rie de défonce À luy: &t Réhoirs: 8 le Prince decedant, que Sora 
Meur foirtent alu tenir main Forté,&c luy ferair de fauuegarde.: Si: Contre Les" 


| Fey ep ans 


wreftrebelté & refufe obetifance an roy:foirprinéde fa principauté, Dur7 rehal 


+ 


ole qu'il lt bañay de l'efBérance dtifalue eteraet : Si le Gisidu Duc lenrrio". 
prragant Mperbé, &e prit de b6 font, que do vouldirchaler fon pe … 1" 1 
inftigdé par loconftildesmiefehans efbinteneus lon 7. | | 
nt de prelrkér au tagerment:, 'affss fortpourmontec d:cheuali Des en£rns: : : | 
faite yne armée, puiiffine pour porter armes; c6 rire fansiqu'il loit:rebelles robe. 
Unyaucugle, où que tamis il ape für fie, ny corbinisfelo nmis:coritre #7 rt. 


| qu TAN rébelte, 8e Hoi ie itBinüy Sbonferbloau 
En OA de age oups ct que im 


OT pong. 
DELL a ta: 


Fe LIVRE! TRHOISIESME . 
Jalo,il a peché éôtre fbr/pere.Celuy qui par &temcrité, Qu trop d 

"7" quemal qui Pers , qu'ill'amendefélon ia loy ;:& foit congen 
40. liures: maisfi c'eftvnelclauc qu'il en perde lamain. Celuy quie 
coutt du Duc;véiant que eéas de mal enfermé leprend, & l'emoos 
-filtéctient caché vne nuit; fansle rendre; foit conuaineu de larcin, & 


ct 
fi % 


pen pe 
éel'étränger € 
6 vibomme ñ 
L g patrimoine, , 
goccu é.Sique 


Vos L 
Pi 


MY ay publie rs:litresd'améende, àcaufe que l'hoftel, & maïfon du prie Bury: 01 amend 
… Bailiagerdi coin vnlicit facté, &publique . et d'obetr au my joura EN fon mal 
fingue7 par mentdu Duc ; foitaméndable.de:s F8 nonobftans contraint encor faites 
Côtez, la ley meteréten effoie ce qui luy efloirenchargé:; Cômandé:&ordonné give homme acoi 
fait l'orden- plaids; &ralfifésfoyent tenues tous les quinze iours, par tous les Con époufer;fbit co 
nancepour … dela Prouince:& là fe trouueront ceux qui font nobles, & francs de ou femme de 
tons les sours ditiôn, 8e én dofaut délce feront taxez a 15.f. d'amende, le iuge, à fin de pres dela fille 
dures cha. gérequitsblemet aycleliure des loix pres de luy,& fel6 icelles qu'i Mere à leur difcr 
3.111 Ti dédes différénnQu'itnétuge rien par faueur;ayant efgardaux perfoatnte é que fe 


Heclaue;quatre 
ndition,au 1, fans 

anntef.en recom!] 
idoliaire, & tout c 
ie & grandeur di 
(smaieurs . Si v 
jon apres l'auoir fi 
ndelafille,& leu 
tpuisapres à qui 
immes tefmoins de 


1. Parag. VE néfélaiffant cor-mpre par dons:il éft vrayque iugeañt iuftement, | 
placita.  eft pérmis:de prendre pour fon falaire , la neuuiefine partie de l'amen 

- Salaire des Mais Pilgétte fa fentehée contre ledroit, qu'il paye le double dela 
Juges.tilr. 2. meà Jaquelleilauracondemné la partie defcheant de fa caufe: 8e en où 
Paragr. 1 l'atmenderade 40.f. La mort du Duc,outre lapéine, féraamendée fx 

… biénis du delinquantà1460:liures d'argent/applicables aux parens,duj 

… funétyôu'au Roy;les parens du Duc ctcis le meurtrier eftoit condem 

fix'cés livres d'améde, 8 la 1oy vouloit-que la peine de celuy quituoi 

Duc füt triple en accroift,fur celle qu'6 leuoit du meurtre fai& fur fes 

rens;Mais fi on f'attaquoit aux Agilolphinges,qui éftoit le fang duc, 


ancienne familte dés Princes; l'amende en eftoit quadruple: Violät le fgpne où faulte qu'il 

… des Huofes, Trozzes, Cagaues, Habilinges;&Ennons, qui venoyenleill: M ét dé 

fueceffiô dueale apres les Agilolphinges payoit f&ulement le double 1 etimpoflible de 

Chap. asile. aù 5 chapdé laloy de Bauicre font conténues les paines pecuniairs Qi" à Vn autre, qu il 

ynigme. Para CEUX qui mettoient la main violente fur les francs de condition, fur les nde. La Pate f. 

grap..2, ç7 franchis;& fur les efclaues,ayant cfpard à la qualité, eftat, & ga quorters ft +4 À 
F4 chafcune perfonne:8& de cecy, & diuerfité des crimes, ou bleffures il yis fi elle elt franc 

\ agatilèress 10000 Loreg ire à (Un 2 SERIE Sila femme enceir 

Chap. 8. des“: Nous defehdons/ditlelegiflateur)lesnopces'inceftueufes , & ne ift fa .ort, il eft 


mopces,n's permis à hoômims qui viue deprendreä femme fa belle merc,la femme: LM ue 

* qW'untilt. fénfilsjlafille de fà femme;fa maraftre;la flle,ny la fœur de fon frere, M0 20. LS € 
8 la fœur de fa premiere femme . Que les enfans de deux freres, oudee mere l'amende 
Degréy de fœurs nécontraétent point mariage enfemble : ceux qui feront au côte en Dr AAC 
Jañguinité. re qucleutsbient foyent:confilquez; parl'ordonnance du:fuge. Quico his AU 
Desfefres eo que pré faera le fainétiotrdu dimienche, en faifant quelque œuure QE" A à 
ceux qui les Vie AS fa main, & qu'en eftantadmionefté vne,& deux fois, n'aura obe] M a 


vhletthap. l'adünition, foiveftrenéde cinquante coups de fouër fur les efpaules, 
9.” *ffentoril continue, qu'il perdelatroifieme partie:de fes biens: 8 fi po 
celsencoril neveutfe chaftier;.& y reuient pour latroifieme fois, qi 
perdant faliberté foit fait efclan*, puis que le iour de la fefte il n'avol 
ouïrdu priuilege de ceuxquioatlibres:, Le fer£qui pecheen celt a 


face point de pc 
ber,er endommap 
anccté eftant defc 
itucrale domme 
ndant le ferÉrend 


k T PDETL'EVROPE.L JV 141, - 14 bonté 
. tifooétté pour-là premiers fois,à le foéomde; que la:dasii lu fois Dé: frenex. 
| dr der Let 1h, d'amende; Arme de A 10. 
sgrévihomime frane,à gffreeh feruirude!:ow pnuahit,.86 viarpedone 11 © T1 
sépatiimoine,outre l'amédede40.filreftituera tourcequilaurars 
goccupé.Siquelcun abu foie de lafemme libre & franche, &c efpoufe 24 +Ædulia 
buy, foit amendable au mary de 140. f. &e Filéftoitoccis für le fait; il res chap as. 
our en fon malheur, fns que pourfuite ou vengeance:quelconque *:‘::: 

itfaites 1 7 20 RAT 0 ir 85 10n ue p'tit iu à 
8 homme acointe vne femme libreauec fon confentemét, filrefufe * 
poufer;foit condemné à douze.fid'amende ; Si vn ferfà fuborné la 
ou femme de franche condition, fon maiftre feratenu de le liurer | 
snirens dela fille pourle punir, lefquele 1e feront mourir fils veulent, 4 AA 
afera à leur difcretiô.Si quelqu'vn rauift vnefille vierge, fans qu'elle Der He 
mate, &e que fes parens y accordent; payera 404 ffi-vné affranchie 8. "*144#: fs 
Helclaue;quatre. Etfi l'homme franc;quitte fon efpoufe;, de franche \ 
tion, auf, fans iufte occafion , qu’il fatisface aux parens la fomme de ps 
zrnte en recompence de l'iniure:Et à la femme delaiffée ; luy rendra D fs rex 
idoiaire, & tout ce qu'elle luy aura porté venant auec luy ; felon la di- THE R ges) 
ré & grandeur de la maifon d'où elle eft fortie, & de la noble famille Er 
fesmaieurs . Si vn homme libre delaiffant:Vne femme de pareillecon- 1 UE à 
ion apres l'auoir fäicée en prend vneautre;qu'il compofæauec les:pa+ 7 #15: 
sde lafille, & leur paye 40.f.d'amende & reparation, lelquels la düne+ 
tpuisapres à qui bô leur femblera: & fera l'hommetenu d'amener 12, 
immes tefmoins de fon fang ; deuant lefquelsiliurera que ce n’eft pour 
me ou faulte qu'il trouue en la fille,ny pour haine ou defpit des parens 
'illarefufe, ains pour eftre l‘é ailleur d'vn fi eftroit lien d'amour, qu'il 


# 
Tilt, 16. 


yeltimpoñfible de fen defpetrer.Celuy quirauift la femme qui eft ma- PES émorions 
kävnautre,qu'il la rende, & fatisface au mary cent cinquante folz, d'a. C'æ##ortemes 
nde. La femme qui prepare breuuagesà vneautre pour lafaire vuider, 7:/-18.19. 
aorter fi elle eft chäbriere qu'on luy dône deux cens coups de fouët, ©" 20: . 
is fielleelt franche qu'elle foit mifeen feruitude. | 
Sila femme enceinteeltoit frappée par quelqu'vn ; & que delà fen en- Weregeldz, 
uift fort, il eftoit puny comme hoïnicide, mais/fi c'eftoit fon fruit ‘97 «ans 
lement, & auquel il émpéfchoit deprendrevieau corps de la mere, il 4/0: Ge 4 
voit 20.f. mais fi le fruit viuant,il l'eftaignoit auec ce coup dans le vétre € Jef on 
lamere, l'amende eftoit alors de cinquante wrerègeldz, & 31 & demy. 706 d'ergét.…. 
éme ayant cômis larcin en la court du Duc,en l'Eglife, en vne forge, PAlardi. ch. 
boutique d’artifan,ou au moulin, à caufe q cefont maifons pubiiques,. 12: Tales. 
eftlibre , payera neuffois autant que xault lachofe delrobéc,.etintera ©” 3-1. 
rh valeur du laréin, où fin6 deux entrerôt en côbat pour l’aucrement 
foninnocence. Si le Jarrô de nuit eft occis enfaifantfonforfait,qu'on 
Rice point de pourfuite . Quiconque fuborné le ferf d'autruy à def- 74. $. 
ber,er endommager fon maiftré, foitpar farcin:;:ou autrement,lamef- 
anceté eftant déoaiette : qu'ilfoit condemné commelarron: , et 
fitucrale dommegé neuf. fois plus que nemonteleprincipal.: et ce 
ndunt te ferFrendra ce. qu'itauraiptis , étdeitobe copouxfäpunition 

Llij 


SME 
ue 


HO TT) 

HIVREÏTROUSIE 

de 100! “enda.plac 
iftoe foi ude d'eméde ,poy 

ts, MAS AUAN( ques pes 0 nb 

| cort,f elt-c0 qu'il la que Ces bions fervent ut GLait6 POUT 


nfér quelque sas des pertes, & es-de celuy qui aura efté de agé ile pay er: 

La peine de le Quicéque schotens ce te D tenu de (fencr xoMPENCE: DBAIS 
wurt, fi c'eft larcin,ou nô:fi ce viét de pillage, foit forcé à le rédre, & payé y Si quel cun à 
Le nÿ decefie l'amende dédouréfi6e pair mefme loÿ font aufli <condemnez ceux g6 M en famaifon,&c 
amende en Le cèjenc es larrecins, Etnefoitpermisà petfonne de compoñer, &,glieaucc fes bien 
by fr rede ” derauec lé larronfans l'avétorité & confèr ment ou iuge, & quice pt, NE (era tenu d 
tiltr. 12.13. celoic va larcin, cftoir foumis à parëillo peine que celuy qui comnalite efccourir, & a 
Oo" 14: le crime. Toutes les fois qu'il ya-quelque-debat fur les limites, & y alement fil ef 
Loix champe des chäps,&c les deputez recerchétles bornes iadis polées, & n'y vo gincnde au fifc { 
frs © fir_ aucune asie que loves ayde par fon tefmoignage, à la pref. een lequefire ne 
les bornes de temps)8c que ce pédant la légue polfelionfaceà fon profit, & min; andis que l 
chap. 15." où font les termes de laterrealienée : mais fi le debat eff fi grand ui querellent  L: 
Tils.4.©7 5. puiffe eftre vuidé paifiblement,que deux en combatét au peril de leu itsau7a efgalle pi 
dis &c neantmoins ne fera is À homme quelconque de pofer nouue db enfios legitimes : 
e,terme, ny borne fansile;confentement de l'une des parties, & y&R elle forte de la 
Ranel'arpéreur cômis à lamefure de la poifellion & heritage. Si vniables, & ce pendä 

frdc remueles bornes,ou Les plante de fon autorité propre, foit amendheut pour fon ve 
de cinq folr:mais le ferf fera eftédu en public,ou il receura 200. coups neantmoings le 
fouët pour chaftiment. Sivn franc rompl1la paroy,ou haye de l'autre (grue chacun iouil 

fon voifin, qu'il repare la ruïne, & paye trois fd'améde. Qui oftera le M, Gns qu'il y ayt € 

Jomnes; poultres, ouais, foit c6demnéà les rendre & payer trois foi Qenà prendre au fort 

méde, il eftwray que pour chacune tuile, & ais rauy, fault qu'il en dôns jofe,ayant touché c 


Hit,ou par tefmoin 


Desengage fol derecompence, Qu'aucun ne puiffe prendre gaige de fan autorité 


mens pre du celuy quiluy doibt,ainsendemanderacongé,au Duc: & 'il fait le côt Quiconquealien 
cha.16. … re;ilrendrale gage tout fur l'heure, & l'amendera de 40.fau Duc, MR efleur, fera conde 


donner vne efgalle 
rte qu'il l:1ÿ en pa 
denier à Dieu po 
rleconfentement 
mdra fesarres,& en 
stion.Si vn hommé 


Tit, 1. intercefts de la partie offencée.Celuy qui moiffônera les bledz meurst 
Tilt.6.:  autre,qu'il foit mis À fix folz d'améde:que fille nie,qu'on luy en pref 
Je ferment pour f'en purger . Quiconque par fort ou charme , gait 

bleds:& moiffons de fon voifin,qu'il l'amêde de 12.f.en eftät-côuaina 

Des beffes al. pourriffe la famille de celuy qu'il a offencé tout le lôg de l'änée, & luy 
lassen dom- dre l'eflimation & valeurcfgalle de ce qu'ilauraiperdu en fes fruits. $ 


me cha.x7. nie;qu'6 luy dône à iurer; ou qu'il f'en purge p côbat côtre celuy que dins trois iours i 
Tab. 1. Par. cufc.& nulneface mal,ownuifance, & ne tue Ja befte d'autruy,quoy dE le vice, & is la 
anim." Jatrotus-en dômage,mais laretigne chez foy, iufqu'à 18e qu'il ayr deprchepté du ben & 


{eigneur, fi la fra 
in le pris de fa vent 
Duc les efchansesay 
eque Jesachapts 6 
autre heritage le 
htemerité , & foit c 
ur meurtre faulc q 


le tortreceu,ou au maiftre delabefte,ou aux voilins;lefquels vifiteri 
licu endômagé, lecôferausaucc ce quin'eftencor gafté,à fi à dura 
. moiffons ou voyeile dômagequi f'eneft enfuiuy,& gieeluy à qui et 
befte en face reparatiô telle à de droit &iuftice. Bt quicôque côtrec 
o:dôünäce occira quelque belte 4 ce foit, il gardera ce qu'il a de mort, 
‘fera obligé d'en rédre vne pareille au mailtre de celle qu'il a tuée. S'l 
‘ércuc vn œil,il en payéralatroifi.partie de ce qu'elle vaulr:fi la queui 


7, 


ONCE ESS CHEN SSE EX DE 


cie HiYROPE. “ 
: +11 la Corne, A’. 
se | PO LE s amêde n'en eftoit qu'à 


umäifère d'i- 
feu pris 


maifo 


nt faites: 


x fs.ch18 
[7] fre 3, e 4 


fu, de 


Loix des be- 
ritages. chape 


fe 


ation. Si vn homme à vendu quelque chofe gaftée, & non marchande, Des ares 
we dans trois iours il lareprenne,ou iure deuanttefinoins qu'il en igno- ik. 10. 
ile vice, & ainû la venditiô en fera loyale & ferme. L'efclaue qui fe fe- 

achepté du fen &:non des biés de fon maiftre qui l'achete,eftoit redu 

6 feigneur, fi la fraude.eftoit defcouuerte, d'autät qu'iceluy auoit receu 

in le pris de fa vente, mais à fon defceu ius biens de fon efclaue mefme. 


Ac les efchansesayent mefme force, & vigueur, & foyét de pareille ce- 


ue,que lesachapts & venditions. Quiconque fe faifira d'vn champ, pré, | 
autre heritage le difant cftre 6, qu'il paye fix folz pour la punitid de Der v/#rpa- 


remerité , & foit chaffé dc l'heritage. Le pe fubornéi c'eftoit rions.ribr,22. 


at,ou fil demeure 


our meurtre, fault que preuuc foninnocéce par cam 
Hi tri dés d !. LI 5j 


cup ne duincr :  oba AiEé 


LIVRÉ TROISIESME 


Re 
Mt 


Desmrt%  Yainqueur qu'il foit ablouz fans que pl’onle EE A à ù | 
€" leurs cab pour uite.Celuy qui deféterre vn FA NT pour enaUoit lés def entletitre d'4 
fês.ch2s. Lau compofeauec les parens du effun, lil eft de libre cond Mr ement du pa 
LU UT éo.f&reftitue ce qui aura efté enleué du fepulchre. Si vn homme @ienendues : © 
Po vn meurtre à cachette, & de guet à pens,gettät le corps ou en l'ex rnde & fpacie 
quelque autre lieu que premierement il paye’40.f. d'améde,& pui Mie quelque CITÉ © 


Lginiure du tem 

D ctdreffée 

E iantsauquel: 
ayäns VNE Va 

fpeftre vne 1UM 


pole auec fon iuge, & fi quelcun trouue le corps d'vn'hommelibtes 
& le regrette du bord encor vn coup dis l'eau payera 20 f. d'amés ” 
fi vnefclaue eftoit meurtry & caché en cefte maniere, la fatisRi@ions 
/ ra neuf fois autant, c’eft à dire de cét quatre vingts f.Celuy qui dewÿ 
le corps dy l'homme qu'il aura occis,le fatisfera au double: & l'hôme: 


.…. tilant lé corps d'vntrefpailé pay era xii.f. de chacun membre qu'ilats & autre peup 
Dunahiga£e fencé.Celuy qui ayant trouué vn corps le mettra en terre,afin quel Ms cela jarriue le 
ch.16. ftes ne le deuorent ou defthirent, qu'il en foit recompencé par lesp pelle, & port 

ou par celuy à qui le deffunét touchoit en quelque chofe. Quiconquex de fa fuite 
muera le bateau d’autruy d'vn lieu en autre pour l'é feruir, fera tenu Mplement, com£ 
dre fain & entier, ou en payer vn féblable, mais fil le retire de l'exydipuliers, & houle 


pour pafteur, q 
arbre vovat 
ærinthiens font 
ementèla multit 
lepaïssle païfan 
é, & falut du pay 
edignité?garder 
ique & deffenfe 
el, &cle fera enco 
chef dit: Auec 

Jemaiftre d’hof 
hetépar Le pris de 
hbits que le Duc 
cdetoutetaille, 
doucement de fa: 
ble, & ce fait de 
le Duc monte fur 
kez , parlant & | 
bon Prince, &c 1u£ 
l'eau dans vn ve 
future fobriet 

irlieu, &: dedié 


tient caché, & requis il nie lPauoir pris,qu'il en foit puny,& l’amédex 

me d'vn larrecin. Qui defrobera ou oftera vn chien de chaffe feran 
_lerendre,ou vn femblable & payer vi.f. d'amende, &troys pour v 

de village, & de garde pour les troupeaux . Quelque téps à efté quec 

de Bauiere obciffoyent à telles loix, defquélles ilz obferuent encoràt 

fent quelques vnes. Or ceux qui d'entr’eux font 1cs pl? deuotieux,on 

Lieux dede- VOit fouuentaller en pélerinage à grands troupes, & für tout à Aixlad 
pelle, Et onten teur païs deux lieux fort renommez pour les grädsn 
cles que aoître feign.y monftre ordinairement en fes faintz, & à caufe 
nombreinfiny qui y aborde de toutes pars:à Otingthe, c'eft à fçauoi 
temple dedié en l'honneur de la glorieufe vierge mere de noftre feio 
à S. wolphang. Il n’y a point de vignoble en Bauiere, fi cen'eft en qu 
ques édroits les plus expofez au foleil de midy:maisle païs y eft forth 
cageux, & embelly de coftaux & montaignes, qui ef caufeque lagri 
abondaice du gland & pommes fauuages y nourrit vn fi excelif nom 
Pice de ceux je porcz, que tout ainli que l'Hongrie abonde en bœufs, aufli Ban 
de Bswiere.… fournift plufieurs Prouinces voifines des pourceaux nourris € fes bol 
ges. Ce peuple ef fi fale,rude, brutal, & farouche que fi on le vientpa 

genner au refte des Alemans, onluy pourra à bon droit donner leno 

. &tiltre de Barbare. Mais les vices defquels il eftle plus entaché , c'e 

, defcourtoife & inhofpitalité, & le larcin.Ilz fe veftent volontiers de 

. leur afurée & bleüe, & portent plus ordinairemét botines,ou brodequ 


uotion en Ba- 
#iere, 


DraW , @&> qu'autre chauflure. En l’auoifinemét que fait Bauiere auec Je païs & Dale ie Duc, 
Sauce fleune ” chéd’Auftriche,elle regarde les prouinces de Sririe & Carinthie. La MS Ceremonies fin 
dHongrieg- rinthie eft païs montaigneux, & qui a au Leuant les Carnes, & cit ioifhemés ducaux, & 
Æwfiriche.. versie midy à la Stirie,continanties Alpes, Daliques, & le païs du Fri où le duc oyc lc 
en icellea de beaux vallons, & gentiles colines qui foifonnent en bled ommages de to: 
arroufées de plufieurs lacz & riniéres,la prfcipale defquelles eft 1e Drpifans qui reçoi 
Jequel courant la Stirie, & païs d’Aultriche,fc vacngoulpher dans le Dir efté iadis les rt 


® DE FEVROREs. . 16 
À rhantenrien maindre que le Sauc. L'Auftriche a fes princes qui. 
eorlsritre d'Archiducz :: & venant le nouueau Prince Faut le 
krnément dupaïs,, ilz vfent de ceremonies eftranges , &non d'ail- 
Lencendues :’ Car non gucrcloing dela ville nommée Saint Vite, en 
mande & fpacieufemét profonde valéc, on voitvnes mafures & rui- 
jequelque cité demolie, le nom de laquelle a cfté emporté par lou. 
Éviniure du temps, &.non loing de ces ruines en vne belle eftendue Céremenres 
Me cit dreflée vne gräd pierre de marbre:Sur cefte cy fault que mô. 44 Jäcre des 
nifntsauquelce droit efchoit par l’heritage & fucceflion de fes an. Ærchidues 
\ayäns vne vache noire, & pleine presde luy, & à la main dextre: d'Auf riche. 
fire vneiument maigre& deffaite : & tout autour. vneinfinité de 
n&autre peuple. 
s cela farriue le Duc quidoit eftre accompaigné d’vne grand troupe 
belle: & porte l’on deuant luy les habits et ornement ducaux, et 
ex de fa fuite font brauement equipez, mais le prince eft veftu af- pince d”_ lu 
fnplement, comme celuy qui porte l’abillement d’vn païfant,le bon- ffriche veftu 
bouliers, & houlette comme va berger fi bien qu'on le prendroit plu- en villageois. 
pour pafteur, que.pour fi grand Prince, Celuy qui eft aflis fur {a pier. 
ke «arbrewovät venir 1 Archiduc, fefcrie en langne Efclauône, (cac 
rinthiens font E(clauons) & dit qui eft ceftui-cy qui marche fi fi. 
ementèla multitude qui luy affifterefpond, que c’eft le feigneur de 
lepaïs;le paï fant aflis dit lors: Sera il iufte en fes iugemés?demande il 
ié & falut du pays? eft-il libre de côditié de fäg illuftre & digne de 
e dignité?gardera- il les loix, & côman demés de Dieu,côme vray Ca- 
lique & deffenfeur de fa fainte Eglifet Tous criétalors & difent,qu’il Côwe le price 
el,&le fera encore mieux.pour l’aduenir. Celuy qui eft fur ia pierre Carinthsé &= 
chef dit: Auec quel droit & raifon me pourra-il ofter de cefte place? chete [a prin- 
Jemaiftre d'hoftel du nouueau Prince refpond : ce lieu fera de vous cipañté ; 
heté par le pris de foixante pieces d'argent:ces beftes feront voftres,& Cecy eff au log 
habits que le Duc a fur luy , auec ce vous & toute voftre maifon ferez dir ç diféou 
de toutetaille,impofts & fubfides. Ce que ayant ouy,le païfant fra- rs par Enec 
doucement de fa main la ioüe du Duc, l’admonneftant d’eftre iuge e- Sylue;qu e- 
able, & ce fait defcend de fon Begcoprend fes defpouilles, & fe retire, Post prefent 
eDucmontefur læpierre:, & defgainant fon efpée, fe tourne de tous gwend Fede- 
kez ;: parlant & haranguant le peuple, & luy promettant tout deuoir ric3.Emp. 
bon Prince, & iuge equitable. Aucuns tiennent qu'on luy porte encor priff paffeffion 
l'eau dans vn chapeau de vilageois , & qu'il en boit pour tefmoignage de Carinthie. 
ifuture fobrieté : & de là ilz fen vont à l'Eglife de Solennes voifine Promeff dein 
itlieu, & dediér à Ja vierge Marie, où le faint feruice eft célebré , au- fhice et equiré 
jaMifte ie Duc, et toute fa troupe, UE R | 
SCeremonies finies le Prince defpouillant fon habit ruftique , préd les 
emés ducaux,& vanquete auec la nobleffe. Apres difner on reuient au D’ vrétqne 
où le ducoyc le; côplaintes de chacü, & leur fait droit,prenät les foy le Duc Carin 
hommages de tous fes vaffeaux & fubiets.Or la couftume que ce foyét rhien ef inne- 
pafans qui reçoiuent le duc & inueftiffent de fa dignité , vient de ce à fly par les ru- 
ntefté iadis les ruraux les premiers qui ont receu l'Euägile, et fainte re. figues. 


CT LIVRE TROISEME ST a 
En quel téps er du baptefiné yet que Rurs Princes, Snobleffode | M WLITS 


les Princ:sCa ti 


& idolatres iufqu'atrremps de Charles lo grid; lorsqn'aulf édit) 

… rinthicns re- pereur és fit tous baptifer & inftraire.Le Duc de Earinthie, ton: 

tefme. caufes qui touchoyét aux gtüyertés, &rdroitsdélaehalfe,s Aie SECRET EX à 

..:. H'éommitfés : &'cé ind Vénieur effañt'alotrné détant l'E mpetee: DR RU) à dc 

ftoitrenu de repondre? ceux qui ateufoyéhtqu'etflaifèo E (ax Pt La ÿ 

ww quiluy éffoitnaturetté : Tis'ont vnéeftrarige façon’ dé procelé OC “a ë 
Effrange iuge méht Contré les latrôs,8 ce vers fes'cartiers détellé Prouince, où A) pt 

ment Gr pre- fe la vilte dé Klapen quiefttélle: Si vn'homme dftfoupçonnédel BV CA ci 

cedure contre eftfoudäin pendu & eftrangté & puis on taÿ Fait fon procez:: fi fonde vins excellons 

les larrens en cence eftauerécil eftdéfpendu, & mis'en terre, &l6s funerailies M Oenon le vin, e 

Carinthie.: + faites aux défpens de là communante delx vitle:mais fil eftiugé &rm ault-il que lac 

.… uécoulpable, onléTaiffé au giberiufqu'à cé qu'il:côbe par pieces qui font aflis au 

.… L'abillement des Carinthiens eft' de faine fansaucune teinture, &cpon ltalie fut nomn 

. - . +‘ ordinairement dés chapeaux, & parlent tous EfClatron, Mais les Sraicelles iaçoit qu 

Stiriens font font gens agreftés & groffiers,ayans tous degroffes toupes autour dns citer auteur 

des anciens fier, & fi excéfliués qu'ellésleur empefchert la parties & (Fil eft lrmer, & fortifi 

. Taurifques. qu'où en dit)lés femmies voulatis donner 14 marnelle à leurs'enfans, je diuerfes qu'ils 

géttént fur leurs efpaulés tout ait qu'on feroie d'vne belace, afin Grec a aez curiei 

lanéférue d'obftacié À l'enfivt en cetant. Onattribus laraifon dec @bommément de la 

feures tant à l'indifpofition de l'air que des eaux queboitce peuple Meencefte forte, L 

Stiriensimitent les Alemans & en mœurs, & en parolle:, & abilleménsla mer Ioniqu 

… refétué ceux qui fe tiénétle long de la riaieré du DraW', qui vfenr dde Venife) Sarre 


CHEQUE gas Efclauon. En Stirie fe fair & cait du fl, qu'on aporse cn diucrfshon;qui eftoit le 
Stirie dbende trées & païs voifins. Le pafs eftabondañtenmines de fer: ;: 8c: d'apdliin Roys, quionc < 
enfer #r- mais à caufe du peu de foing des Prinicés, one tiéne grand comptei@kptaages auane:T' 
gent Strab. 4 tirer & befigner. Cefte Protince fut radis nommée: Valerie du ne Le & cultiner. 
dela fille de l'Empereur Dioctetian: & eff fort môtaipneuté;fi cen't@üñire pour nourri 
Stirieditte cofté qu'elle regirde l'Orient ,& où elle fauoifinede la Parnonie, dycon ayant 22. e: 
pakrie@*. elle fhend en Vne grande & profonde planure;& longuc:capaigneles. Ainfs partantd 
purge. Lépaïs Stirien eff céluy quéles anciens ont #pèllé Taurifque, aini@pluficurs neuirc: 
Po Arms |e fbeur diligent peut recuéillir par la dsfcription:qu'enfait Plinccdiquesaucc lequel v 
Marcel. 1.19, Hiftoire naturelle : & Strabon qui dit que T'ibere 8e Druféfon frerc;dces fuiuis par vne: 
plinel.3. ch. ftierent les T'aurif‘ues & Carnes,quifaifoyentdes couefes & grands Bird Les accompaig 
19.020. ages fur Lesterres ‘uiéttés à l'Empire Komain . Ecéemefncanteur @Btterrcen Italie pa 
Sérabmn Î.4. mention des mines qui font tant'en Stirie que Carinelrie: Dies Sciriés le & luicez & l'y. 
Zornand, lis. auffi mention Tornandez, parlant de Theéomir Roy dés Goths, &c Chaluis le nom de Peuc 
de le guerre munde prince dés Sueues:où il dit que tés Stiriensviuoyent paifiblem-vint de l'autre co 
Gathig. auecles Gothsle long du Danube. Des luccelfi5s des Priiéss qui ont@nie du nom de ce 
wolphang le gné en Stirie & Carinthie, & par quél rHoyent 1efdits pars font venus eghrent faits maiftres, 


&iëli.6 des mai(6 d'Auftriche,voy W'o1phig lazie, croniqueur de Ferdinéd EmpDeotre donc trou 
migratuns. hôme qui à fait de bélles & dghies retetehes en l'hiftoire des ancicnode pour eftre c 
Limoto se he,& ce qui mefme 

: ni rames ga pl y habiter:ayât eu 

AT Réombaidies d nr + 2 RARE SIT POÉRRE 115 AU A Hifi des viliés fort 


Le DE AMEVROPE.. , . . 1jf 
98 lie mage dus Lalonde Lyme en de du 
dr per ho ioflituér en &eret: bof Chapitre re roi 


api © sénrarh seu 4 » fut premierement ditte & 


a À 
: A € ! icdeHe erfrere , 1 + 4 À 
D nee om erene ee pe 
PAS ere où, mme dit Macrobe, elle pril le nom de talie ditte 
LA be Hefperou Vefher; à caufe que ce pays. eff fu- Hejperse, € 
r QE iet-& regardant verse lieu, où cefteeftoile a fon çou- 4 pri le 
aa: chant. Futauffi apellée Oenorrie,foir à caufe delle 
à nv pr ons qu'on cusilloiten ce pays, veu que les Grecs 4 L. Fabre piéler 
Denon le vin, en leur langue, ou deOenotric Roy des Sabins. | és 7 dure du fiecle 
: 4e serai des viandes contente & aiguife Fo cu d'or Caten 
die fat au banquet: &-d'aurant que noftre auteur à recucilly origine 
Le l nommée Oenotrie à caufe de l'excellence des vins rec x Denys H dl. 
pkellesiaçoit qu'il y ayt quelque raifon en fon dire : Geftce que M del Ati 
fus citer auteur il rend fa fentence doubteufe, & pource ete À si rem Macreb. 
ne : fortifier aufli ce queie dis,ie deduiray les auieUr: À lo S'alurs 140.3 
‘ sl: es qu ils ont fur ce propos: Denys de Halycaroafle yi po ë 4 
Grec a afez curieufement tecerchéce qui cft des anciquitez d'Llie, 
tsar dela citédeRome, mentionant ce motd'Oenorrie: e À 
| «ve ce se Les Arcades font les premiers d'entre Les Grecz “ 
net “ sara à prefent 1x Velone, & tout le goulphe sit 
# en! : arrefkerent pour habiter en Italie auec Oenotre filz de 
". en oit le cinquicfme en ranc apres Egée, & Phoronée les pre- Ornotre 4 
M ys,quionc commanderét au Peloponeife, à prefenr Morée. Or cadié en 1t- 
Si à ue Goma à foié paléz anale pour be. Dep 
à a je pays de Grece voyant {on partage Zac. Lure 
ifire pout nourrir fontrain,& entretenir fon eftat;:enta pe 
Le 2 22. enfègs,il failloit que l'heritage fus nl é ni se) 
D PE re 
iqueraucc lequel vint aufi Peycetie vn jù rt ch sh mem At ge 
es fuiuis par vnegrand trous de peuple de pas aïs ve dur md “A 
rèles accorapaigner en Jeurfortune, a A pare ttes à cf à print 
terrcen Italie pr deflus lesmontaignes Iapigiennes,il y conduit fon terre de Bar 
le &fuietz & l'y arreftant,ccux qui fe tindrent en ces lieux porterét rien la Po 
is le nom de Peuceties. Mais Qenotreaues la plus gräd Force de l'ar- will. er les 
vint de l'autre cofté de l'Jualic vers l'Occident, enlatérre nommée /pigiens 
nie du nom de ceux qui fytenoient: mais apres que les Thirreniens ‘eff rerre 
ent faits maiftres de la marine, Le païs prift le nom qu'encores il por- d'Otrante 
DR TR 
pour , emencé , quoy que ia ut e 1e 
he, & ce qui mefme eftoit Pa red Rene ir dh6 He pére 
mi a eu affaire auec quelques barbares, lefquelsilvainquir, © Re le 
es villes fort petites, & voilfines les ynes des mie fur les mon- Ag de lamere 
im 


> 


one au 


LIVRE TRONSIESME : #2 
urréiterent 
pion. e qu ” 
Léreque fe targué 
À coup; veu QUE l 
svinten ce pays de 
çeitable;les Chr 
Le 4 0e fçay que deux excellens Italiens de noftre aage, écrous deux Silent, de menfong 


tuile fils de Iuf 
smuigua vers l'Its 
Caten ds ori- Denys Halycarnafle & Paufanie, mais farmét deie ne fçay quels frire 45oanspr 
ines, &> Fa faits à la poite de ceux qui n'auoient leu lesliures desanciens, de Ctsfc raportent,: 
Le pr nent du regne d 
Fran buis content de f: 
pets pluftf pitor & Sempro 
de noumelleté cun,ou daquant < 
we d'atiqus. encor en paffant 
us rs mes on d'Itale fils du:roy 


Rhens en fa verbien en fes Commentaires , iene puis , fi quelcun n’autorife auecadourer & cultiuer 
Germanie. raifon fon dire: car de parler par conie&ureen l’hiftoiren’eft le plinpcieé: &arrius:en 
Lean. Annie fez bon & folide pour l'a bien eftablir & fonder.’ Auec ceftuy à courkens;luy impofant 
Viterbien r- mefme carriere, il eft vray que plus dotement & recerchant auec pluie, difant. : 


: monelleur de {çauoir,curiofité, & certitude les matieres que fon predeceffeur, Lean mn lieuya4 
ces frigmes Bolonois, & religieux de l'ordre de faint Dominique:lequel dés Le co Antique 
Jar le $ Berofé mencement de fon Italie, parlant commeelle fut iadis nommée Oceno Les hommes 
Leandre Bile- met en auant ne fçay quelle refüucrie des origines de Caton; difant qu _ Furent Oenotr 
mois bemwe porta ce nom de Jane, quijaufli f'appelloitOcnotre;pouraubireftéle à Æieque l'on: 


fort excellent mier quiinuenta le vin : comme fi déz Iane, ou Noé ce mot &:apelat ‘Et Italse anen 


nlitalie, … celaiene veux autre tefmoing queles auteurs approuuez qui font dique Annie fopinia 
ses,qu'il aille recer: 
Ltnous faire receuc 


êre, € pour- VIN n'y croiflait point, & ce depuis Ianeiufqu’à Mezence qui regnoit 


guy. les Tofcans, lequel vint fecourir les Latins pourle feul defir d'auor@ie de Virgile prop 
Pline bi.14. vin pour falaire:or voyez fi du nom Oenoz,ouvin; le païs fut dit Octinon dés années: ioj 
has. ‘ tre, ou filn’eft plus raifonnable de croire que ce fuft quelque Prince ne lifez point aucx 
Trois Oenotri non l'abondance du vin qui fut caufe de telle apellation . Pour lauerane fufle arieftéfi ! 


btelele@euren: 
quinous ont deuan 
Annie;mais fil a fai 
bôsliures cache: 
emens de l'Italie d 


8. cefte faulte fi lourde, ces deux grans perfonnages, mais trop ennemys 

Mrfille Les- Grecs, & lefquelz ilz chargent du vice auquel itz tombent en recerct 

Bsen.lin de Le es chofes trop curieufement;d:fent qu’il y a iadis eu troysOenotries 

gver.Pelegif: quoy certainement ilz n'ont guere failly syanstes bons auteurs pou] 
qe. trons & deffenfeurs de leur caufes. : :. : list aiun 

La premiere ilz pefchent ne fçay fi iuftemét, en Caton &:la referentà ne que la Grecc.] 

ne duquel fürentnommez ceux de l’ancienne Italie, La féconde fut Timée & Varroni 

que Ocnotre Arcadien fuf-recité nomma, felon que iay de Halycira@ie à pris fon nom. 


+ 
DEA 
hs! 


ai DR ATENROPE ST 18 
méflicbefbien, laquelle côtenoit 1e païs de la Pouille; ohpremiè- 
miirreéfterent les Aufoniés qui eft, fclon Strabô, depuislegoulphe: : 
Eufemie (jadis: nommé fein Hipponiate) iufqu’au Scillatique qu’à $ trabon. 6, 
monspelle Squilazze . Latroifiefine fut au païs des Sabins portant #7 de La 
dvn Roy dudit païsainli que Varron le recite. Etainfi en quel-. légnezatines. 
Line que fe targuént Annie,ny Leandre;finefçauroyentilz bié cou. .: …. .: 
coupveu que l'vn d'eux veut prouuer que auant que le.Grec Oc- 
ainten ce pays defia il portoit lenom d'Italie:mais combien la cho: 
çuisable;les Chroniques nous en font foy ; & conuainquent, Ceux‘ 
lent, de menfonge. Que le diligent leéteur recerche en quel temps. 
gtitale fils de Iupiter & Eleétre,& puis voye quäd fut-ce que Oe- : 
pmuigua vers l'Italie, qui eftoit15.aages auant que Troye fut baftie, 
jdire 450:ans prenant 30.ans pour Chacun aage & lorsil faurs côme 
pfesfc raportent,'entantque depuis ceft Italc Ele&reeniufqu'aucé 
ment duregne des Troyens,ilny aque centfoixanteans: &fien A+ 4 
kfuis content de fauorifer de tant Annie,quede luy accorder ceque Fabie rit. 
pitor & Sempronie,par luy inuentez,ourenouuellezen chantent. ds frecle d'or, 
al quant au mot Oenotrie,duquel en fuyuät le fi] de l'auteur, nous Semprense ds. à 
sencor en paffant vn petit mot. JEn fin cefteregion prift lenom d'I- dela dinifion 
diualefils duiroy de Sicile;lequel enfeigna aux habitansles moyens d'Italie, : : 
ourer &c cultiuer laterre, & y eftablit loix pour lestenir en vne ci- 
xieté:&arriua:en ce mefmne cartier,où depuis Turne roydesRutu.. : EX 
ns, luy impofant fon nom, fçauoir Italie. Cecy eft telmoigné par phÿil.r.s- 
le, difant . ti 43 ; nes : sh 


pr lieuyaqueen grec Hcberieen apelle 

ÆAntique@- fort pays:©: Prowince fort belle 
: Les hommes qui sadis [y tindrent Les ers 
.Farent Oenotriens,mix le nom des dernse 

Æte que L'on now dit perte cefle Prouinee 

Et Itadse anem d'un Itale fon Prince. 


que Annie fopiniaftre icy à fon aife fur les Oenotriens Grecz,ou [a 
nes, qu'il aille recercher la Cabale de la langue Aramée,aucc laquelle 
utnous faire receuoir ces fonges, fine fçauroit-il fe defpeftrer de ce 
ec de Virgile propolfé fi clerement, .& ne peut fecouurir par la fup- 
jon dés années: iojnt que depuis l'arriuée de ceft Itale au pays Latié, De le deférs- 
ne lifez point aucun auteur qui baptife l'Italie du som d'Ocnotrie. prin d'Italie 
mefuffe arieftéfilonguementicy,n'eutefté, queienev=ux laiffer fat. voir Pl 
wbtelele@euren:chofe queie puifle éclercir auec l'autorité des {ça- ne, Soin, 
winousont deuancez 8e en aage. & par doétrine,entrelefquelz i'ad- srrabo,Mele, 
Annie,maisfl a failly, il en faut donner la coulpeaux temps, quite- Polbe, Prelé= 
Ms bôsliures cachez:& au zele que ce b6 perfonnage auoit à tirer les mee,g2 an 
kmens de l'Italie d’entre les mans des Grecs, comme l’eftimant plus sres sf 3 


me quela Grece. }.” ::, 7x 0, ..  --Efendue en. 
ce Timée & Varronlont d'aduisque c'eft.des bœufs & Taurcaux que Leng d'Iralie, 
à pris fon nom, .à.caufe qu'il.y en auoit.en abondance:&c que soln dr. &. 


ar RAS Lait, CA 

dan mr oo LIVRE TROISHÈSME 
Amal. c'elieyent des plus beaux qu'on fccut voir en autre Prouihèe "y 
on alé 6 Al qela campaigne Romaine, ofrle Tibre f'engoulphe dans la er 


sous. 


Ad Crotone, 


pesaneffi- ne Pépelloit Latie, sout ainfi que AufGnic éctle ai dtié long: den fé Ce 10 VI 
ff Le cité lus Ejlefeftend en free d'vne croix dés la met dé Tofcine, tufqu'arpo lien # 1006 1€ 
résadis nèr phe de Vénife &cfein Adriatic:& des Alpes iufqu'au mont Apenrin}} jemoyen des Ë 
mmée Eperedié toutesfüisaucunement en fe hauçant iufqu'à Keze de Cülobre, sine (dit 1e el 
© effen la del’ Abruize,én fon extremité, & coings vers le cap d'Otränte, elle relBocipentcz ©€ Ba 


Zôbardie deçe de lamer Lonique,& de l'autre cofté la mer de Sicitépres le Fat de M à ANSE iufqu 
Le ro. Rubicô nie,8 fa derniere ville eft Reze.Sa longueur eft{füyuant l'opirion 4 @ bregio defquel 


aprefent el | Jin)déz Augufte Pretorienne, feftendant par Romie, &f le péts de LR Greiusd au fe 
dit: Pifetelle. & finages- de-Capueiufqu'à la fufditte cité de Reze en Calébre:'& co oronc: d'A per! 
Ligurie , ©. vn milkon; &-vingt mille pas en fon long &c efleñdüe, DE largeur din premier & 
fes limites: | œntient quatre cens dix mille pas où elle eft plus large, maisenfit d'Ancone:du ! 
Genes Cité. grandecftrefliffure elle a 136.mille pas: & la cité de Réâte fait le mile)! remrd K: 

y anciens Sen 


chef de Lieu comme le nombril & centre de tout Le pays, ayant eu.longüement dy 
rie. Lyrs fleu- {té de la mer le fleuue Rubicon fautremét Piflatello) pour bornes & |; 


fimin & du Ru 


mes à prefént tesiOreft l'Italie diuifée en plufieurs regions, parties &c prouinces, ele belle cité 
Gariglian. quelaLigurie(ou cofte de Genes)eft comprife en celle eften due de pit où auf gift 
Romeë: Labie quieft depuis le fleuucVar(qui fepare l'Italie du païs de Prouéce)i it fleuue Natif 
LÆntic ville. Ja riuiere nommée Macre, & en celle Prouince fl affife la fuperbe ti Metrapolitaine 
fort ancitne: {tre cité de Gencs-La Macre pañfée,on entreen Tofcané,ou HetrurieMrane : Dufieut 
vo Ti. Li,8 qu'au Fibre,où eft la cité de Pife.Du Tibre jufqu'au Lyris{à prefent (MR à prefent Ë 
de la ville ba- siglian)eft compris le païs iadis nommé Latie, où cft affifle la grande pe,eft la riuier ee 
Je Tac.3.et triomiphante cité de Rome, & au dedans & {ur l'extremité latialé Roi Égenunt Apennim 
14.desan- temps paléla cité tant ancienne d’Antie. fugue fütiadis vne gr lalien en deu 
nal, LAppian renommées d'Italie: & en laquelle füut balty vn fuperbe témple de fo feftendät à l'O 
1. Pélibe3 ne,duquel fait mentiô Horace en fes vers,icelle ayänt éftéruinée, Clanent en Liguric, 
Denys Hal. Nerô la feit reparer ainfi queraconte Suetone en la vie dudit Ncron. Ancone, lefquelk 
8.5 iris fleu. Antiés ont iadis eu plufieurs guerres côtre les Romains defquelles Him ancienne des 
ne ores eff dit carnaffe difcourt aflez & mefmement lors qu'il parle de la reuolte de ant plus outre: 
Selé. Surrête riolé & des ligues qu’il feit pour fe preualoir des forces Romäines.1eeftparant lesPe 
iadus louée de peu trouuer par qui elle fut depuis du toutruinée, veu qu'à peinetrolieatt) d'auec la F 
fort bos pins l'on vne petite mafure qui en donne quelque figne, fi cen'eft dés les bis tedel'Apenni 
vey Pli.l.14. & le chafteau Neptune qu'on dit auoir efté bafty des ruïnes d’Anrie. ]Ee°2y ät d'vn coft 
+#.6.5trab.5. Gariglian iufqu'au Sarne ef enclofela Campanie,ou terre de labour, Mncienne region r 
» Eaie ifle à pre laquelle cft pofée la cité de Naples: & delà iufqu'à la riuiere Silaris ne,!2 Bafilicate, 
fênt Laine. region des Picentins(qui eft la principauté de Salerne) & 1à font les vient & faifant 4 
Pefls;e- Paf: Surrente & Salernc,iufqu'à la Bafilicate, laquelle commence dés le signifiant, & flubr 
“fidenietent iufqu'au Laie: & là font les villes Pefte & Buxenté toutès deux ruine * douce tempe 
Un. vey Line . mais Pefte;ou Poffidonie fans nulle ruÿne qui refte, & Buxenté qui n du Soleil les 
:1$ nid ide prefent qu'vn chafteau,que les habitans du païs apellent Piftiorte;idl grâde dinerfité 
l'art parlant duquel pource qu'il eft bafty pres la mer,le promontoire Voifin & qu ileufe fertilité 4 
“desrofes de pe dis portoit ke nom de Peflionte, fapelke à prefent le ep ‘de Piféone Ms lines tres-fine 
fe. Bête. :cout ce trait de païs fe nommoit iadis Lucanie , Du Aléütie Laie, ou LMPnNans en poil 
“## Strebës.iufqu’à Leucopetre ef le païs d’Abruzze, où cf Ja ville de Rhefe pri dmuhitude d 
et Li.24.0 39 mer de Sicile ; De Leucopetre iufqu'au Promontoire Japigien,dit ie @P nPour Je fee 


Va SAN 


ir DE L'EMROPE, | : 39 


CRE | pt + { 


steMarie, font les Salentins ‘en lagräd Grece anci£ne , où fontles T'arnre cf 
ads Crotone, Be Tarte Et dudit prormétoire iufqu'à Brides; tadis prieuré, 
aie c'eft le vray païs des Calabrois,où ef la cité d'Oträtesiadis His € Crorene … 
A & fi long temps qui à feruy de retraite ; & magafins aux infidelles,-Cemré: enté, 
moyen des Emp. fen aydanscontrele Pape. De Brindesewmhont Calabre, 
on (dit Aprorne de fainét Ange ) eft la Pouïife, en laquelle fontics. Cefuy cos 
pautez de Barry , & Salapie, à prefent nomméeSelpé::8:du monc fond l'ordre. 
dt ANSE: iufqu'à lembouchement du fleuuc SarefontlesFerentans, de le dinsfen. 
regio defquels eft a cité d’Iconie, & eft le Marquifardit de Guaft. de /a pouïlle, 
Gare ius au fleune À pne cft lé païs des Marrucfs, & eniceluy:la ville ne S'alapie. 
prione: d'A perneiufqu'à l'Efie font les Picentins; laregiô delquels e- F2 Srrabè se 
su premier & plus ancien temps le limite de l'Italie, où eft affife Ja Æppie cles 
Hd Ancone:du fleuue E fin, iufqu'au RKubicon,ou Piflacelle,eft la plus end. 1, des 
te borne d’Halie: A caufe que foudainron entre en laterre des Gau- gens cuil. : 
skanciens or fe les villes defqueis fônt Fano; Senogail,Peftro, Marwries fat 
fimin & du Rubicä, iufqu'aux Bouches du Po;furétles Boies, oùieit ceux de: Pe/= 
fiela belle cité de Rauéne: du P6,iufqu’à Failleuenteftieterroir Ve- gwiere Picen- 
jen, où auffi gift la riche & puiffante cité de Venife. De Tailleuentiufs réscqfla 
fu feuue Natifcon font les Carnes, qui eft le Duché de Forly, duquel mche 
Metrapolitaine la cité d'Aquilée: & ie nomme cepaïsla marche Tre- d'_fnne, 
riane . Du fleuuc Natifcon iufqu’à lariuiere Arfe font les Iapiges, & Cepass ct n5. 
hiés, à prefent Éfclauons,la cité defquels eft Frieft, & Formid, ou Ce- mele Romai. 
pe,eft la riuiere qui y paffe, qui dlquesfois fut la fin & limire de l'Italie gro. 
@envnt Apennim eff celuy qui fit comme vne diuifion detoutleter- Æquilet fat: 
Bi lulien en deux parties, l'vne regardant l'Occident & le midy, 8 l'au- celle ou fe sine 
feftendät à l'Oriét & Seprétrion:feftédant depuis les Alpes, premic- sd le Pa. 
ment en Liguric,püis en l2 Gaule Cifätpine, & Lombardie, &smarche:nvarche 7e 
Ancone, lefquels ce mont fépare d’auec ie pays de Tofcane, & dela re-:nirren. 
bnancienne des Sabins;qu'on dità prefent Vrbin & la Romaigne, & Zes Carnes: 
ufant plus outre reprend fon deftour vers la Pouille, & mont fainét-An- /ont parvie fiv 
bfeparant les Pelignes, Marrucins & Picentins(qui eft l'Abruzzes& Baisers aie pers, 
late) d’auec la Romaigne,& terre de Labour, & cft le dernier:but, & riens, co Les 
mitedel’Apennim,depuis lé môt fain& Ange,iufqu'au Cap fféte Ma- aurres ur 
ayét d'vn cofté la Pouille, & les deux Calabres,enl'vne defquelles eft Jesgn. d'A 
ncienne region nommée la grand Grece, & de l’autre la Marche d'An- friche. 
ne,la Bafilicate, & l'Abruzze.Le païs d'Fralic eft fertil, & comme en- Effendue du 
nt, & faifant portée de plufieurs metaux, par toutayant vn air ferain, ment. #pens 
Suifant, & falubre perpetuellement,à caufe quele Cicl'yinfluevnegrä nm. 
& douce temperie;les Champs y font fertilz,lescollines expofecs aux Æprnmime 
s du Soleil, les taillis fans nuifäce;les boys toufuz,8 ombrageux,belle dx l'rre- 
gräde diuerfité dés Fôréfts profondes & agreables, iouïffant d'vne me die. 
ileufe fertilité & abondancede grains, fruits, vignes, & oliuiers,ià font.C'fianf 
slaines tres-fines, les Bœuff gras, & forts au labourage, les lacs clers, &c /apelent & 
ifonnans en poiffon, les riuieres & fontaines faines, 8: nourriffantes Pérerirs, Lu 
and mulritude de bons porcs dé mer, & les fléuues coufans à gré dans cas, @> Bras. 
joe pour ke fecours & proffit dés hommes, qui femblerendre le girog #6, vy &é- 


M -üj: 


| LIVRE TROISIESME 
à As cri ‘âtoutesnations pout tetrañc, & marchandife: tellément qu'on Igor 
déesse, ‘que ce foit à bon drôit qu'añcuhs l'ont apellée, 8e mere, .& nourrice 


| she délag 


das mo poûtes étions & Prouinces:C'eft-celle qui a efté efleuë par la diuihe LL œux qui fé j 
Later iuidenée pour vnir, &affemblertés partie: sfparfes du corps de l'Eny popafoir au Cr 
= ain 'eerreftre, & pouftmollir,;apriuoifer, & policer les peuples plus par pile commande 
si à 15 1) farouchesjaccordit os la déuce harmonie du lâgage Latin, les peu S fe gouuernoit 
“iii te qui aupatadänene pouuoye t'cohuenir,parlerny frequentér enfenkle hiondu peuple a 
ai ni T1 Au refterpour ñe mettre point les nations cftranges en ieuf dequoy le è deaCaualeric, 


L qu'ordinairemé 
cen'eft qu'on. 
ljguerre, OU 
sente d 
| ele Capi 
k jh fe failoi 
ue le chef caf 
. ainfil'neo 
nie, L'aage au 
nnce de Seruie 
yquarante-huiti 
nbelôgue, & du 
x Laguerre cftoi 
neferetiroyent fa 
ent auf par leu 
Citez d'Italie o 
ies,c'eft à dire pe 


ATK dit'en féroittrop'long)el queHesont efté vaincues, & par Ja langue, 
441,59 l'effort, &'armes des Romains Italiens:vnefeule cité des Peres, & Qu 
Lagräd Gre2 tes Romains;a autant cffeauéaucc fa verti,& loiables exéples, quete, 
RP MR te la Grete:auec fés préceptes, & efcrips d’eloquence: & Jefquels com 
tie de Cale deuinans, que cefte terre Italique commanderoit vn iour à tout le moy 
Ére vers Cro— de;ils appellerent vne bonne partie d'icelle la grand Grece. Et pourco 
#6 Tarte: clurre fommairement,ilfault penfer qui ce n'eft aduenu fans la proui 
Va) Strabon, ce d'enhault,que lors que Dieu tout bô,& tout puiffant, vifita la terres 
“Éspirgil.… fefaifanthomme,c'eftoit en Fralie qu’eftoit le fiege de l'Empire, & li 
Æna 3 Tit. traite de toutes les nations de l’vniuers,où bien toft apres deuoit eftre; 
Line 8. félechef,& pafteur vniuerfel de la bergerie Chreftienne.Les Italiés for 
Couleur di." entr'eux diuers le plus fouuent, & en couleur, & en ftature: Car ceux 
serféentreles fetiennent enla Gaule Cifalpine, & tout le long de la terre Venitienr 
Ztabës (élo le font ordinairement blancs, plus propres en habits & langage : Boùk 

| païs qu'ilshs Tofcans,Campaniens,ou Napolitains, ceux de la Bafilicate, & d'Abrux 
birent. ons vne couleur plombée,les cheueux noirs, la ftature petite, & font ma 


( 


«Premier di- gres & difpots, fimples & modeftes à l'habit, & langage. En la mar:h 


#erce 4 Reme d'Anconc & à tous les Italiens qui fe tiennent 1e long de la cofte dell fubiertes & tri 
g#4d,@7 par uant,iufques en la grand Grece(fauf les Calabrois, & ceux de la Pouil euës au droit de À 
gw.Denys qui habitent au coing de l'Italie) & lesmæœurs, & le langage dure encole &lesautres y vel! 
Habc-2. ©” entremeflé duGrec & Italié. Tout le païs d'Italie(ainfi que prefque tou"? membre de la 
aduins dure te l'Europe) feft de tout temps contenté d'vnesnopces, c'eft à direls tiburaires fuyuo 
gne de Ro hommes n'y efpoufans qu'vne femme, & file diuorfe y eft entreuenu les lesDecurion 
mul nuire à pris fon origine de Rome:d’autant que Spurie Caruilie, fut Le premidiA one la robe del 
lé dumende qui à Rome repudia fa femme, fous pretexte qu'elle eftoit brehaigne, & ualiers,&c les bag 
323$.en la 12 fterille. Les citez de la region Italique eurent ‘iadis des hommes detre d'auec ceux d ve 
obmp.&- conditions qui les habiterent,les efclaues,les libertins ou affranchis,& le deiuger des crin 
ffts a Rome libres & francs:des francs encor y en auoit trois ordres, les Plebées,Chelyét du furplus des 
@*. en Italie ualiers, & Patrices. La charge des temples & facrifices eftoit commifeau@t° celle troupe 
sadis, … Pontifes & Flamines,à fçauoir Euefques,& Preftres diuifez par collec dé de cent hôme 
Po Fenefel & rencs, & chafcun ayant charge exprelle de certains dieux & facrificeti Magitratauc 
l@. Letesés Quart à la dignité, & magiftrats regiffant la cité, c’eftoit au diétateur qu k peuples Jtalié 
livres des lafouueraineté.eftoit donnée, & duquel on ne pouuoit aucunemét ape quel ay ät mis à 
Prefirifes R9, ler:&c eltoiteeltoffice feracftre, & à icelle on y paruenoit comme par dettes chofesnec 
£a diétature grez,veu qu'il falloit auoir efté Edile;Quefteur, Preteur, Cenfeur,&Cû prenét foucy. de 
nrduretque {ul, auant qu'y donner attainte:'n6 que toufiours cefte rigueur y fut e.Premieremen 
fx may «+ feruée, &-qu'il faluft palfer par toutes ces dignitez,ains qu'obrenirfadi gone ÿn chef. hi 
11,5. ature, maiéque ect cftoit l’ordre commun & ordinaire; tout ainfaul portiés,il en eit 


nesles plus forts 


dt PLATS DO MTS AV” | 

Là . DE: L'EV ROPES HV 0 140 Grérede di 

nhfyre délaguerre il a des degrez d'honneur potwinecome grirez:4 Le 
séer ceux qui fo portoyent bien au féruice du public, {car le fimple fol-guerre entre 


RL bafoirau Centenier, ie Centenierau Tribun, & Capitaine s: Rem. . 
Élecommandement du Lieutenaht, & Legat du Con Xe ru 9 sp mai 
ré gouuernoit felon l'aduis ou.du Coelul, ou de celuy: qui por l'e-ffre fuit cons 
Bion du peuple auoit efté commis general de l'armée... &: le grand mair.me 27 mare- 
sdelaCaualerie, fallait que pretaft le fermêt, & obeitauDiéateur, Le /Chal de cap. 
Lou ordinairemét on dônoit au citoyen de fuyure laguerrecftoit dix Deux fortes 
cen'elt qu'on cuft afluietry, et.vaincu.celle nation à laquelle on fai: de Côgé l'un 
pguerre, ou qu'il y eut quelque congélequel &.ennom..et.en cffait PT MbS: 
Lcontemplé diuerfement.: veu que l'vn congéeftoit nommé legitir l'autre legiti= 
Lors que le Capitaine dônoit licence de fe retirer pour quelquetéps me. 
jlautre fe faifoit pour caufe de crime, & poureenôméignominieux, Æagepeur le 
ue le chef cafloit 1e foldat, ou pour forfait,ou pour vilité & poltro- chix : for 
k : ainfi l'vne occafon eftanthonefte, l’autre portoit effait &ctiltre det:des lois 
nie. L'aage auquel on choififfoit le [ol dat & gendarme, felon l'or: militares de 
mnce de Seruie Tullie Roy Romain, eftoit dés l'an dixfeptiefme,iuf: Sersie,vay: : 
yquarante-huitiefme.Leurs habits en temps de paix eftoit la Togue, Halicer.l. 4. 
nbelôgue, & durant la guerieils prenoyentles Cafaques, & Hoque. De cescereme 
k: Laguerre eftoit denoncée par le herault à iufte titre, & de laquelle #ier.ws Fené 
neferetiroyent fans vfer degrandes ceremonies , tout ainfi.qu'il env: fe/.l. Magif. 
ent auf par leurs Feciaux & Heraux alors qu'ils la denonçoyent. … ; Romains Ha: 
Citez d'Étalie ou elles eftoyét alliées, & côpaignes de Rome, ou Co: bcer lintos 
ies,c'eft à dire peuplées par les citoyés Romains,ou Municipalesic'eft Tif. Li.dés Le 
brefubiertes & tributaires ". D'entre les Municipales les vneseftoyent citébaltie. 
euës au droit de bourgeoifie par lefuffrage & confentementdu:peu- Différéce des 
&lesautres y vénoyent par autre priuilege.Les Colonieseftoyércô- citez d'Italié 
y membre de la cité de Rome, viuansfousmefime loix : là oùles vil- &r de le wiet 
iibutaires fuyuoyent chacune les couftumes de leurs anceftres.;; ef .que des couftus 
Billes les Decurions auoyent parcille autorité qu'à Rome les fenateurs: nes de chacié 
Rome la robe de Pourpre mettoit difference entre les Patrices, & les paix f'apeller 
eualiers, 8 les bagues,chefnes bracelets faifoyent cognoiftrele cheua- loixs, Munics. 
rd'auec ceux d’entre Le peuple. Et quant aux Iugemés,c'eftoit au peu- L’habsr dif: 
deiuger des crimes qui touchoyent la maicfté , & les iuges cognoil= cernost les e= 
pét du furplus des matieres, & caufes criminelles, & lefquels on choifil. ffatsa Rome.’ 
tds celle troupe cfluë pour l'née,prefñdät {urla criminauté:le Preteur Les tuges, a 
ité de cent hômes pour tenir les plaidz, auoit faiurifdiétié, cômeaufliinuels 4 Rome. 
ci Magiftratauoit la fiéne.Ettelle futiadis la maniere de viure des ci: L'erdreque, 
& peuples Italiés en general,ayäc pris cefte façon de fairede Romulc. Kemsle tint 
Lequel ayät misa.fin, & bafty les murailles, foffez,ramparz,bouleuers, drefens 
autres chofes neceffaires pour la déffence dela cité nouuellemét dref-: La. cité deRe- 
prenêt {oucy.del'ordre,& police des citoyens.en ordôna çn.cefte ma. me, deg 1 


e 


re Premierement ayant diuilé tout le peuple.ea trois paruesildonna À c.2.des.4n- 
eue vn chef hômefegnalé & de marque:& apres ceide chacunede:rigeraTévtfe 
portiés, il en feit encor.dix parties efgales,aufquelles il déna des Capi- L1.dés Robe 

nesles plus forts &.vaillans qu'il peus choifir, & donnanomauxtrois fre, plures 
us ï TT oi de Ra 


D AE, d'\ t''+ © rt 

hosp ht | LIVRE TROTSIESME LÉ rod& vo 
on neffarmit principales cartiers, ou tributs , 8 les moindres Füirene par], Re PT Er 
nômer PE Court eu affemblécs ,6c leurs chefs parterent letiltre de ps den Ce ; 
cela que Can- rions.Et cefte diüifion ainfi Faite,les chefs ordonnez ët de arty qu io deursoane 
sé Go Regie Les cartiers,il partages aff Le térroir, & finage d chataps fiers aux 11h uerre;pui 

… mësset les De- mains en trente parties, effignant à chacune court là part pour fen Ep ne trois ho 
curiens Cols riri & ne cetint pour foyQue ce qui pouuoit fouffire pour l'omeme Qt" ea d'ans, & : 
nely. temples & fournitures Où Frais des facrifices : 8 laiffà encor vrie part vs} ph ais 
Toute rnb. terroir fans la partager ; à fin qu'elle fut pour le feruice commun de 1 w uelles fufte 
2 comêsé par _ Les civoyens , Ét pat ce moyen ceftc diuifion &e partage tant des hong "5 je à 
Pat dela : que dufinage rendit vneefgalité non fuiette à l'enuig entre les city@ des late es, & 
religion. de Rome, & fi ne latfla en arriere auec celàle foing du'bien publique M lice ja 1 
tant qu'il donna & diftribua à chavun les honneurs felon fa vertu, & ie pe : & cé L. 

rite de fes biens-faits & œuuresloliables, # cell nubile 

Ma Caril' met difference entre ceux qui eRoyentnobles , &illuftress pe js hrs 
Prat mar en fang , comme en quelque aûte vertueux , &c lefquels aufli eos : RL te 
quei de ne" riches: & ceux quiauoyent des enfans pour feruir au public : &vc se Me à F 

Lu Bque Le que fuffent difcernez d'auec le peuple plus bas, & la troupe des roturi@ depiu Siren dei 
vertu @ le lefquels il appella Plebées, & ceux qui eftoyent en plus grande auto y d ee EVr | 
jonc : &iouiffoyent d'vne meilleure condition porterent letiltre de Peres, ç sf sd AL LM 
* eftoit caufe que par fucceflion de temps,ceux qui fortirent de cefteane Ver) P “e d 
1 +2" ne & noble race des peres nommez par Romule , furent depuis à Ro M Re SU ESS 
4 nomme Patrices. Ayant ainfi diuifé les eftats, & feparéles grans dd" rs pie 
Parties Re les Plebées ; il fcit tout aufli toit des ordonnances concernans ledu RE pti 
fre protecteur & 


maïs qui: G” de chacun, & commeils deuoyent fe gouuerner chacun fclon fon ranc 
de quelles mas condition . Entant que les Patrices eltoyent receus au Pontificat &p} 


fons. - ftrife, pour faire les facrifices publiques;eftoyent commis à la charge MS! priuileges & : 
° police & faits magiftrats ,prononçoyent les fentences, faifans dron) Mpuoaucr le Senat,c 
jeral de toute l'arrr 


* Gun, sppellez aucc le Roy à manier les affoires, & für tout failloit ques 


gociaffenten ce qui touchoit l’eftat de {a cité. Les Piebées eftäns dpi ER A 
Æn puy fe- cer de telles charges ; &en eftans malidoines 8 necefliteux 2 caule We br : a 
3er emplyez, leur pauureté failloit que fadônaffent à cultiuer les terres, & paiftre 1e: FR A # 
Les Patrices. troupeaux, & à füyure queld trañic,ou art,& meftier pour vivre. Etilf leges cù cr a 
qu'il n'y eut difcordeentr'eux, & que les grands n'oprimaffent les pe" ds + &d 
ou tes plebées n’enuiaffent la fortune des puiffans,ordonnaque les roi V9"onté ce pue 


fabfoluë,que po: 
ne failluft que le 
ment. Le peuple 
is de plufeurs ba 
r, Mais depuis cel 
cunement des c 
rain ,ratifiant. &c 
bblir,& ordonner 
pla paix,ou pour | 
IIS puur EN CXECL 
que de conduire 


apiaines,où que 


| prinffent le foing des Plebéens,& permift à chacuñ des moindres d'en 
 Æxercire de” ]e peuple d'auoir vn des feig. pour fon patré & fuport & spella ce cho 

+ dapopulace # droit én Patronage,par ce moyen ayant fait queles riches ne mefprift 
Romedésle  pointles pauures, & que les petits portoyent reuerence à leurs confen 
comecememt, teurs, il caufa vne grande amitié entre Jes eftats:erreftoit moindre 
ln étion des patrons et{cig.onuers leurs cliens , et pauures qu'ils prenoyé 
Client fignifie en leur protetion que du pere enuers fes propres enfans tete client 
celuy msg uéroïtIe:patr6 commefon pcre.Ety auoit des cas particuliers, où l'm 
Louis la pretec- pouuvit vfer d'aucun indeuoir à l'endroit del’autre, fans encourir nt 
Lun d'ynag- pheme dedetcitatiô et impicté:fi cémeil eftoit deffendu de faccufert 
‘tre Fautrénÿportertefmoignage ; ny (uyurele party et ligue des ennex 
de quelloïque cé'füt des parties : ‘eren écfte forte l'éllablifoir et pren 


DEL EMIROQPE rat 
elecordiée vniou des citoyens de Rome. Ordonnx &.efleut depuis, Zlefhi5 du se 
enulecent Confeilliers d'entre les Patrices: 8 en fut le choix en celte #4 rom fr 
nepremiecement il choifif le plus homme de bich d'entre tous, lequel # 4 Ki. 
je bn Jicutenant és affaires de lg olice en la Gité,tandis Ai roitee- pride fic 
daguecre;puis commäñda d'chacun déscartiers & bandésdechoï- 
kelire trois hommes de chicune troupé géns remirquez eo noblef 
qargez d'ans,& approuuez par lebr grande figeffe. Commanda encor 
vesles courts de chercher neüfhommes,de chacune court, & cartier 
lefguelles fuffent d'entre les premiers & plus fegnalez des Patrices: 
sneuf, il adioufta les nonäte efleuz parles bandes & tribus pour eftre t 
des luifrages, &meit ençor auec eux celuy que defia il auoit fait chef" : 
lice en fon abfence,& par tél moyen,il parfcitle nombre de cerit 
éilliers: & cefte alfemblée fut nommée Sénat par les Romains & les 
d'icelle eurëét nô de Peres,à caufe de leur autorité & de Senaceurs, à Choix de 
ide la2ge-pour ce que Le. mot fenex en latin;emporte autäc que vieil} DE ge 
PR anoftre langue, Apres cecy Romule choifift trois cens ieunes hom- 5 pe ds 
sdes plus nobles & illuftres , & qu'il cognoifloit pour les plus puiffans F0rPS C4 Rae 
obultes, tirez des cartiers & bandes tout ainfi qu'ilen auoit vféenl'e- 
Bion du Senat, à {çauoir dix de chacune troupe, & les tint comme gar- ne d 
toufiours pres de fa perfonne. Ceux cy furent nommez Celeres, ceft à gear es dé 
haftifs,à caufe de lagrande diligence de laquelle ils vfoient,executàs AP Rome 
olonté & commandement royal Or le deuoir & office du Roy, eftoit 
mierement de prelider aux temples & facrifices & faire tout ce qui e- Ve 
feät & propre pour l'hôneur & feruice des Dieux: c'eftoit à luy aufft 
re protecteur & conféruateur desloix, & couftumes du païs, & de uelle.ef 
slespriuileges. & immunitez du peuple: Ea fa puiffäce eftoit encor de D Ph 
moquer le Senat,d'affembler le peuple, & à la guerre d'eftrelechef,& } pince 
jeral de toute l'armée . Et donna telle & fi grande puiffance à l'ordre … ; D de 
mroire, que de toute chafe qu'on faifoit raport le Senat en cogneut & ru D. 
onnalt fa voix, & auec telle préeminence , que la plus grand partie des pra à 
D l'emportalt és aduis & confüultations. Au peuple il o&troya cestrois 4, "+ 
uleges de créer Les Magiftrats , d'accepter ou regetter les Joix qui fe: l x vs 
ent eftablies , & de donner confentement à lagucrrelors quel Roy VS. 
it volonté de guerroyer:non toutesfois que celte puiffance populaire 
fabfoluë,que pour auétorifer l'ordünance tant du Roy que pps 
ilne failluft que le Senat y meilt la main, & l'emologaît par fon con- 
ment, Le peuple ballotoit non par tefte, mais par troupes & felon 
is de plufieurs bandes, il en eftoit fait raport au Senit à fin d'en deli- 
Mais depuis ceft ordre futrenuerfé, veu que le Senat ne cognoif- Le peuple 
cunement des ordonnances faites par le peuple, lequel eftoit fcig. fut Big. 
grain ,ratifiant. &c approuuant {elon fa fantafe ce quele Senat venoit de l'Empire. 
hblir,& ordonner, En celte diuifô des affaires faites par Rormule fuit Celeres gare 
pla paix,ou pour la guerre, les Celeres,ou foldats de fagarde eftoient des di Ray, | 
unis pour en executer les mandemés, de forte que fil n'eftoit plus que: pourguoy 1 
pque de conduire l'armée,on n'eftoit point en peine d’eflire touhours ex 4nfe * 
aphaines,on que les cours & bandes £cillent choix de STAR TAUR s 
| is 


. 


en à 


Ofre 


ut . 


13 LIVREU TROISTESME 
#4 de chefs pour la canalerie, veuquele Royauoircous (es gens prets | 
La mt Latin quels auoyent la charge defaire.les lcuées de fagendarmerie, laquelle, 
Miles d'os: noit toute enfemble bien,en point, & chacun eftant armé {elon {on rane 
Vient. ualité.Il efleut encor mille oldats tous tr à a que pa 
Maiefte du Gifoyent lenombre millenaire:il appella milites, Et À fin-de fe rendre. 


” 


grtoutes les fo 
( qu'ils vi 
rt Portie,, 
Car tout'ainfi q 
asefoit vn com 


Ro Romain. iniré & honoré du peuple il fe veftift pompeufement portant l'habitec ngnerieeftoit le 
al & autres marques defouueraineté, & ayant douzcarchers auec |, pidique. Rom: 
haches qui marchoyent toufiours deuant luy, auecdes faiffeaux dev ir qu'ils les vou 
ges,lefc quels repre{entoyent l'augure des douze Vautours, qui luy pr champs comm, 


gerent qu’il feroit Roy de Rome, fi ce n'eft qu'aufli bien en cecy, qu 


soccir, 
Romans ont d'autres ceremonies, les Romains fe gouuernalfent felon la façon def 


gon fils avoit eftés 


prefque tout des Ethruriens,& Tofcans : lefquels eftans compofez de douze pe 1e 1e réuendre 
apr des To comme tous obeïffent à vn feul chef, fi eft-ce que chafcun luy doi pres, cefle loy Fuc 
(anse va Licteur, ou huiflier de {on cartier . Aufli le fiege royal, char try Pompilie adou, 

phant & manteau imperial, defquels vloit le Roy Romain, & ad fibiift que lesp 
tels & pareils ornemens auoyent efté pris fans doubte quelconque ‘ilsauroyen 

Tofcans. conftitutions pour 

FAflebafy… Romule encor voulant augmenter les forces de fa nouuelle citép@;;. condition de f 
par Romule, nant vu honnefte pretexte de faire feruice aux dieux, entant qu'il fcit ire, & l'agricultu: 
a quelle fin. ftir va oratoire dans vn boys, & lieu ombrageux , auquel eftoit loilibl@, bien loüer vn ho: 
€ chacun de fe garantir & fauuer, ayant commis quelque grand faulte, f BL boidat & bon labo: 

qu'il fut permis à perfonne de l'en tirer,à caufeque Romule faignan ll, fie de feparer 

deuotieux, les pleigeoit, & receuoit à garant comme lesamys & hol es champs fuffent 

Ly de guerre de Tupiter,leur promettant toute immunité, & qu'ils ne feroyent là yuant la couftume 
touchant les Cunementintereffez de leurs ennemys: & fils vouloyent demeurer ütqu'en temps de 


villesprifes, uec luy;illes faifoit citoyens deRome, & leur donnoit part au cha 
Loy fur les ‘ & terroir qu'il auoit conquis par gucrre.Ordonaa aufli que Les villes 
mariages. fes en guerre ne fuffent point ruïnées , ny miles en feruitude /pluftoi 
Femmeefga- enuoyant des habitans de Rome, felon la portée dela region les fcilh 
léea Fhome colonies, & filles de leur cité iouïffantes de mefmes priuileges que 
# Rome. Romains, & eftans leurs concitoyenes . Or apres la mort de Tite Tücis 
peine des fem uec lequel Romule auoit gouucrné les peuples Romain, & Sabin, ÿ 
mes adulteres l'efpace de cinq ans, tourna fa fantalie à la police & aux chfes conc 
pin deffindy nantes le fcruice des Dieux , faifant de belles ordonnances tant pour 
aux femmes bien public que refpect de chacun en fon particulier. Feit la loy desn 
Romaines, … riages par laquelle ilvouloit que ia femme eut communauté és biensm 
Pobb.li. 6. bles & autres de fon mary, voire en ce m2fme qui eftoit facre, neantmo 
CelieRbodig. qu'elle faccommo deroit aux façons de faire de fon efpoux, & feroit1@s 
l5.28.cha. 6, ainfi dame & maiftretfe en la maifon, commele mary en eftoit re 
Puiffance ab+ té le feigneur, & le maiftre. Luy mourant fans hoir, qu’elle luy faq 
[ôluë des peres dat comme hericicre: & f'il auoit des enfans, que.ce nonobltant ç 
Sur lesenfans/euft cfgalle portion auec eux de l'heritage , Celle qui cltoit ci 
Lo de Nume uaincuc d’adulterc , laloy perméttoit au m:ry,-& parent de la tuer 
Pomp.dero- fantafie. SOLE vx 
geant celle de Celle quibeuuoit du vinefloit punie de mefmeque l'adulters, 
Romule,  femble que ccftce ordonnance ayt caulé la-couftume ancienne à 


quels il permi 
nten leur cité, 
Etn'oublia point la 
mulachres des Di 
des feftes , facrih 
antau feruice des D 
out les façons de fl 
iduite en Italie, ia 
jon Latie, Denys de 
uoit foixante Pre 
ourt de la cité aufq 
mtion des entraille 
té vn propre Geni 
Mice: mais le fimula 
+: & partift l'anné 
tveoir que Romul 

humaines que diuin 
neftoyent point fa 
lement du royaume 
ke, Son fucceffeur 

zemoys lelonie 


TIDE'L'EVROPE.I, 142 
netoutes les fois que les’ Romainsentroyent en leurs maifons ; dés arts mers 
jquépart Qu'ils vinffent;ils baifoyent leur femmes & filles à fin, com ”/71es def 
bar Caton Portie, de veoir & tenter fi elles fentoyent point l'odeur du dax Ro= 
Cor tout ainfi qu'ils eftimerent que la Corruption du corps, &des mains:ma 
Lsefoit vn commencement de folie, & peruertiffement de fens;auffi cela fur à li 
vongnerie éftoit la caufe de cefte deprauation, & de ft delavie cha: lation des 
gpudique. Romule dôna aufli aux peres toute puiffance für leurs en- Zacomiens . 
doit qu'ils les vouluffent chaftier;ou battre,ou les lier, & faire trauail. P/atarg.en le 
champs comme efclaues, voire leur ottroya-il,& de les vendre, & vie dNume, 
doccir. : dit qné ce 2, 
gimflsauoit eftévendu par fon pere, & qu'il fe rachetaf,il ottroyoit R9 ne/8uf- * 
wede le reuendre, & deux & trois fois,pour fon affaire. Et trois cens fr#f qu'on feit 
res, cefte loy fut enregiftrée auec celles des douze tables:iaçoit que #cwne flatue 
pompilie adoucift aucunement la rigueur de l'ordonnance , lors Les Prefires 
eltablift que les peres n'auroyét deformais telle puiffance fur lesen- Æerculéens 
jf'ils auroyent efpoulé femme.Furent faites depuis plufieurs au- /’apeleyent 
cnftitutions pour la police, fi comme la deffence à tout homme de Pofiries,ç 
econdition de fadonner à aucü vil meftier, & art mecanique: L'art Pinaries, vop 
aire, & l'agriculture eftoyent permis à tout citoyen:& delà vintque Marc, r.des 
rbien loiier vn homme; le Prouerbe courut long temps àRome,il eft Safwr.e.Fe 
foldat & bon laboureur.Le Roy eftabliffant ei À loy,eftimoit chofe neffelle. li. des. 
rfaiéte de feparer ces deux eftats, entant qu'il voyoit eftre neceffaire Preffrifes Ro, 
Hes champs fuffent cultiuez, & qu’on fadônaft à l'exercice de laguer< Tite Line.li. 
hyuant la couftume,& ftatuts des Lacedemoniens. Ecà celte caufe il .Ærice, fi, 


lat qu'en pur à de paix fes citoyens ffadônaffent à cultiuer les chäps, gr regarde 


quels il permiftencor le trafic,mais des chofes neccllaires, & qui defail autel, 

nten leur cité, Des Genses y 
Etn'oublia point la religion dreffant & baft:flant des temples, autels, vor Æpulee 
mulachres des Dieux adorez par les Romains : à quoy il aioufta 1es:4# bide la de 
pides feftes ; facrifices, &affemblées publiques, &toutautre effect éfrine de ple 
antau fcruice des Dieux, deffendant toute ceremonic eftrangere, &r0n. De Kelle, 
out les façons de faire des Grecs, fauf la maniere d'adorer Hercule vos. ,, 41 
iduite en Italie, ia désletemps qu'Euandre Arcadien l'inftituaien la gwff.cite de 
jon Latie. Denys de Halycarnaffe fuyuant l'opinion deVarrondit;que Dieu bi. 4... 
woit foixante Preftres ordonnez pour facrifieren chafcun cartier,. Æalicar.l.2. 
surt de la cité aufquelsil'adioufta les Arufpices pour tirer le fens & Féfle. 

mtion des entrailles des beftes immolées. À chafcune court cftoit . Zwle gelle. 


Bué vn propre Genie, où patron, & des miniftres quiluy faifoyent /r.1. 


ice: mais te fimulachre commun & honoré de toute la cité eftoit L'an redwir 


: & partift l'année en dixmoys : par lefquelles confiderations on e# 12.m9s 
iveoirque Romule n’eftoitdu tout groflier, & ignorant les chofes p+r rompilie 
humaines que diuines: & queles Romains,ainfi que pluficurs ont efti voy Macr. 
'eftoyent point fañsrelligion &police, auantque Pompilieeut.le 1.des Satin, 
iment du royaume: & celles furent les ordonnances faites par Ro- xl. | 

Son fucceffeur Pompilie:en-feitplufieurs:antres,-& reduit l'an p9y Oud. es 
buemoys felonie cours dela Lune: &-changeantl'ordre d'iccux, Fujies, 

l No ji 


VOI 
à 
6 
IN 
és 
ç 
ut 


T'IDÆY L'EVRONP E. ; y : : 143 
dolesüfqu'à leur liurer celuy quiauoit fait l'iniure f le pas le roque,.Z/efhé dm. à 
shnd'en prédre ge à eux de punir des torts faits-aux Porsaà Ro 
es &embaffadeurs eftrangers;de garder ce qui eftoit de bon:& legi-:"eper 7ame 
méaccords&paËtions, ilsauoyent puiffance de traiter la paix;oude pie. 
rompre fielle leur fembloit preiudiciable au peuple Romains; &cfle Creatise; cor: 
enl. de l'armée,outoute latroupe du cäp,auoit fait & commis quel- prflence des 
serime contre le ferment public, 8 foy promife,les herauxen ordon-ancier : Foci=. 
vent & punilloyent les delinquans-pour purger la cité du forfait... Or- 4x @Me- : 
ns d'auantage de faire dueil des.enfans qui decedoyent moindres de rénx 4eme: 
ans d'sage: 8e de: ceux. qui paffoyent cetemps,il.ne vouloit qu’oncen « 
Mat Le dueil finan autant de moys que l'enfantauoit vefcu d’années:le 
long-termedu dueil feftendoit à dix mois. IL departift le peuple en. 
erfes bendes & freriers, &:approuua les communautez des artifans,cô. 
jesmaflonscharpentiers, teinturiers,cordôniers,conroyeurs,menui.. +... 
mencftriers, potiers, & autres eftabliflant des ceremonies & feftes. il ol 
jpres pour. chacun mellier des dieux, & iours deftinez pour folennifer Comenauré. 
patron & tutelaire.Seruic Tullie fcit les departemés de toute la mul.des mefliers *. 
de des citoyens en bendes, & centaines, & fut tel l'ordre qu'ily.gar- par qus cfa, 
squeceux qui auoyét vaillät 100000. fefterces tinffent le premier heu lie 4 Rome. : 
fous ce cartier eftoyent contenues quatre vings centaines, & cfgalla le Cou fus 
nbre tant des vieillards que des ieunes,afin que les foibles à caufe de /e G. roy des: 
ge fuffent foy tenansà Ro metoufiours prefts pour la deffence de la Remains..: ;; 
Le quelaisuneffe fuiuities gucrres qui fe faifoyent. en la campaigne. Departeméé . À 
vx vns & autres fut opioint de porter pour armes, le corfeler, bourdes Diz aines. 
jgnotte,& bouclier, &autreschofe  “snfiues,et allans au. combat 4 Rome. 5 
it porter l'efpécetla halcharde. A cefte compaignicil aioufta deux. £rmes ana, 
aines de manouuriers; etingenieurs quiauoyent la charge de côdui- siennes des 
Jes machines, et pieces debaterie, etmarchoyent @nsaucun appareil Remsins. 
nes et fans détfence. La fecondetroupe fut dr ceux qui auoyent le 74/7 ques Jins 
defoixante-quinze mille fefterces iufquà 100000. ec portoyét l'efçu, 4 prefént no7 
ion, et cuiffots,mais ne portoyent point de corfelet,auoyent parcil- Psenaiers.. 
armes offenfiues que les premieres, et difcernez auf fel6 la vieilleile, Les Greues. 
verdeur de l’aage. Le reuenu de $o000.fcit latroificfme bäde; qui fut e>fohérers 
pme la precedente de 20. centaines,portäs pareilles armes faufles gre. des anciens 
etfoleretz à bandes de fer.La bande quatricfme eftoit de ceux quia-Romanse | 
jet moitié moins de reuenu:que les precedens,et n'cftoyent tenus de ffoyér des Le- 
r, qu'une iaueline. Lacinquie{me bande contenoit30.centaiucs, et mes,c: bades 


Royent tous fonditeurs;ou gotteurs de picrres,aufl leurs armes offenfi- fabriles de fer : 


dltoyent des pierres.evfondes, et les deffenliues vn morion laffé, et leur ensortile 
bras vne rondelle syunt:troispieds de Diametreen facirconference: lar les iabes, 
preportoyencilz vndurdétvne daguelôgued'vnebrafléefurleco- Getreurs de. 
vit,et feruvyent d'apanscoureurs pour defcouurir païs,et fuprécie pierres, eo. 
memy no fe renaut:bien furfesgardes Sous le cens,et departement cle seures pelites. 
roy citoyét côpris les iououss.de Aicuftes et cornets, lelquels eftoict vo) Pelybe. 
isen trois centaines; et la valeur plus haulte du bien de ceux qui e- 

ent de celte communauté montoit à.#o000fcfherces, Tous.ceux qui 

Nn ii 


jai s 


LIVRE: TROISIE SM € 
uuafedu n'auoyent vaillaut celte fomme,eftoyent mis au.plus bas ranc, & au 
pr np Tullie quitta le tribut, & les difpenfa de la guerre à caufe fa 
enuers le peu: Extreme pauureté, Il.contraignit les citoyens à faire fermét de dire lepr 
pl :  chacundu bien qu'il poffedoit, de quels parensiilseftoyent fortis, qu 
serméns des & combien ‘ilzauoyent d'enfans, &:de quel. sage ilz eftoyent,& ls | 
citeyens. … de leurs femmes &t enfans, leur nom, le cartier de leur demeure, ou 
Peine des par ruë où cftoit leur domicille. Et fi quelcun failloit à dire la verité de ceey 
sures. il n’en auoit pas, meilleurmarché que de perdre fes biens, d’eftre veng 
& mis en feruitude;apres auoir efté fouetépour fon pariure. * 

ù La leuée de la fanterie eftant faite. & deftribuée, il feit vne nouvel 
zkétin ge creüce de caualerie , y mettant. & enrollant les premiers, & principn 
creïedels de la cité, tellement que ceux-cy iointz àceux que Romule auoitiy 
:éaualerie créez, & que depuis Tarquin l'Ancien y auoit aioufté,. les ben 


1 rois chofes KR 
pc prift aufli no 
fuzannuclz, le 
“d'autorité fauF 
branchages de 
qufi quand Bru 
tés les Courts 6 
mis ouffrir que 
: Ce Bruté-ac 
noy-preftre, le 
jeoyent iadis o 
de Valereéftant 


Romaine. montoyent à dixhuit centaines: à chacun defquels nouteaux genie, peuple ; or 
mes on donna certaine quantité de derniers duthefor public poura Magiftrat fans 
ter armes, & montures, & receuoyent deux mille pieces d’erain tous fit allegé des t 
ans pour payement & nourriture de leurs:cheuaux: & y auoit des 14 plus prompt a 
ues qui auoyent charge de fou: nir à lafomme pour les finances & Ou :fcheroit de f 
de de la caualerie pour chacuneannée. fis aucune for 

pfues tail. Enfomme tant les Cheualiers que pietons, faifoyent le denombremef ple efleut deux Q 

lées à payer de 193- centaines,aufquelles eftoit gardé, & oétroyé efgal d'rit, "TA thefor public 


nnença à eflire 
M, prenans ( Co 


lagendarme. 1° mcrite aux fuffrages : tellement que ceux quiauoyent ic :: :1; 4 


rie. quoy portoyent aufli les plus grands charges, & pour recompence 


noyent aufli le premier lieu à dire leur aduis aux affemblées publiqu di Theophrafte 
Car Seruie aymant l’alegement du peuple; auoit ordonné que les. cer ps des foigneurs « 
tailles, & tribut ne feroit point leué partelte,ains felon l'eflimati@, Le feftendoit f 
. du reuenu, le fort fuportantlefoible, &leriche celuy qui eftoitté, que lors que 
grand moyen, ny richeffe. Aurefte (felon querecite Denys de Hf,, dittateur d'e 
carnaffe ) la premiere bende eut quatre vingts centuries de fanterie al à de Ia caualeri 
“lefquelles la caualerie donnoit fes fuffrages,tellement q:e.au premiere à à fur les h 


loiage,il y auoit nonante huiét centeines. Et d'autant que ce nombrefy 
pafloit le refte de ceux qui auoient droit de fuffrages, iladuenoit que 
que ce nombre accordoit,on le tenoit pour feur;legitime, & ratifié, que 
le que ce fuff l'occafion,& tant grande fut elle pour laquelle.on eut 
femblé la multitude. 
Que fi, (ce que toutesfais n'aduenoit guere fouuent, )ce-premier 
+arioiten opinion,alors la feconde bande citoit mife en ieu, & ainfifu 
ordredes : Cefliuement les autres chacune fclon fon ordre, tellementque gueres 
fiffrages. mais n’aduint que la derniere deuft vuider.le different de la diuerfitéd 
‘autres. La figefle de.ce Roy Tulliefeitfi bien que ceux qui con 
buoyent le plus pour le foulagement dela Cité,euffent aufli plus di 
torité és conclufions de l’eftat és affemblées publiques, defquelle 
goir que perfonne ne fut reictté,fi eft-re aue la-plus forte voix cor 
toit és Cheualiers & centaines de la premiere bande, & regime 
comme çeux qui aucient puiffance d'eflire, & créer tels magiltratq 
bon leur fembloit, & d'ordonner loix &.de denoncer la guerre: defq 


s&tributz desb 
y, vn Marefchal 
uuant &n la cité er 
peu, 7 gr fbrat | 
qu. ne For taff 
,& pat. 2°5 d'au 
quelqueftis 11 e1 
iloyent, & abol 
Senat & ordonna 
trois, & àla fin c 
Li my-chalfez, ot 
bou l’eftabliffemi 
Bic au peuplé le: 
Lit unie de .eü) 
pouuçgir des Trib 
jopulaire. : 8e def 


CDS LEVROPE be 

Lo hofès Romule otroya dés le commencement l'autorité au-Pufimie du 
apte. Mais les Roys eftant chaflez deRome , l'eftat & gouuerne- peuples Rome ! 
cat DH aufli nouuelle forme : car en lieu des Roys , onefleut des ottrogéepar | 
! fuzannuclz, lefquelz portoyentmefmeornement ; & parcillemar- Roms. 
ed'autoritéfauF laC'oûüronne, &la: robe Royale faite de drap d'or, yet de ce- 
ybranchages de Palmes.” 1 RACE AS run 2 + oPlitergien 
qui quand Brute obtint celle dignité auec Collatinen l’affemblée de lavie de pa- 
tes les Courts & centaines , il fit faire fermentau peuple de ne plus lereTir.Lime. 
is fouffrir que aucun fut Roy ; nÿ feul fouuerain en la cité deRo- Denys abc. 
: Ce Bruté-accomplift le nombredé300. Senateurs , & ordonna Flore Pline 
foy-preftre, lequel auoit charge de parfaire Les fecres & facrifices Jécond, 
jeloyent iadis offertz parles feulz Roys. po 
ke Valereeftant Confül,feit la Loy qui permettoit d’apeller des Con- Cep'ilere fur 
hu peuple ; ordonnant peine de mort , à quiconque fintroduiroit #ômé Pabli- 
Magiftrat fans le conféntement du peuple : & voulut que le peu - cole pour ere 
fur allegé des tributz, auec Icfquelz on l'auoit oppreffé , affin que il gréd amy du 
Lplus- prompt au feruice dela cité . Eftablift en outre que quicon- peuple. 
tfchéroit de fe faire feignieur & tyran , que il fut loifible de l'oc- 

fins aucune forme de proces . Et fut de fon inuention que le 

ple efleut deux Quefteurs, c'eft à dire theforiers, qui euffent la char- 


* Miuthefor public gardé dansle Temple deSaturne .  Aprescecy on Puifäance di 
“innença à eflire vn fouuerain magiftrat que ilz nommerent di@ta- dééfareur. 


kr, prenans ( comme il femble ) l'exemple des Grecz, lefquels rainfi 
dit Theophrafte aux liures des Royaumes ) efleurent pour certain 
ps des feigneurs qu'ilz apelloyent Efÿmmetes . Auf la dignité didta- 7'hcophrafte 
ne feftendoit plus loing que defix moys entreles Romains , n'ef- /.des Royat- 
ton que lors que l'eftit branfloit fous quelque grande neccflité, C’e- mes. 
jrau dictateur d'eflire les autres Magiftratz , & mefmement le grand 
itre de la caualerie , qui apres luy auoit le droit de toute puiffance,& Magrfrsts ef- 
menient {ur les hommes d'armes, & ceux qui eftoyent contenuz aux loue par leds 
s&tributz des bendes. Le diétateur auoit encor , toutainfi que les éfatewr.oy 
ys, vn Marefchal de carmp,qu'ilz apelloyenttribun. Lestroubles ffef- Fencffelle lis. 
juuant en la cité entre les nobles:& le peuple ; furent cfleus les tribuns des Magiff. 
peu," 19riibrat facré &'inuiolable & lequel tenoit tefte aux Côfulz, Kew. 
qui. 2 Fo 1laffent la multitude : &n’eftoit permis aux gentilshom- 
,& pate. ::5 d'auoir entrée à cefte dignité. La puiffance de laquelle a 
quelquefcis ti exorbitante , quetout cftoit confüuz par leurmoyen 
ifoyent, & aboliffoyent les loix à leur fantafie, annulans les decreuz Tribuns du 
Senat & ordonnances confülaires, & cftoyent premicrement deux, peuple pour= 
trois, & à la fin cinq en nombre . Encore aduint à Rome que les Cô- grey dfleus. 
my-chaifez, on cfleut dix hommes, quiauoyent tours pui.fance, & Infolence 
bour l'eftabliffement de l'eftat & promulgatiô des loix, & lelquelz pu- des tribunes. 
Br au peuple les dixtables : mais c< magiftrat ne dura guere à caufe Les dix hom- 
Li unie de eux qui y Faténtapellez , qui pénfans chaffer à iamais mes auec la 
ouuoir des Tribuns de la cité , ffen veirent:chaïéz par ceftedigni- parfance com 
opulaire. : 8e deflors fut drdonné'que ce‘que la multitude ordônne- Jlure 


DE LEVROPES : r4$ 
pnfnité debelles & magnifiques paintures, 8e de tant plus Jes degrez, 
sethault efleucz, de tant es images plus petites qu'eux, auoyét auffi 
Ldiparence:.&.au dedans ÿ auoit yn tas & monceau de bois ec, & au-’ 
gholes combultibles, Aie que eftoit l'effigie au fecôd degré, & per - 
udetoute efpece d'odeurs & chofes aromatiques & precieufes que 
un des citoyens y portoit commeà l'enuy,la ieuneffe d’entre les plus 
jx&illuftres alloit à cheual autour del'efchaffault, & fembloit que 
bifent certaine dance & mefüre folénelle en fe pourmenant.Couroyét , 
fautour des chariots branflans, & ceux qui eftoient aflis deflusrepre- 
pyentles perfonnes des princes plus grans & illuftres. Ce que fait ce- Demefme 
uideuoit fucceder à l'Empire , ” ortant vnetorche au poing mettoit /ôrre fur pref© 
Rule premier, & puis toute la multitude l’allumoit auffi par le bas, & la que deifié 
me eftant efprife, on faifoit fortir vne aigle du’ plus eminentlieu de Æugufie Ce- 
huit, laquelle on péloit que emportaft l'ame du Prince au Ciel en- /æ. 7:y Die. 
isbras de Iupiter.Et l'Empereur qui eftoit deifié en cefte forte;eftoit liu.56. 
flperftitieulement adoré comme Dieu entre les Romains . Et voila Quren vou-'. 
pri l'ancié eftat d'ftalie:& f:r tout de la cité de Rome. Or tout ainfi dra veoir d'a: 
dis l'Italie a efté eftrangement adonnéeà l'Idolatrie & fuperftition, Hantage ble. 
feat elle embraffe trefreiigieufement la foy & doétrine des Apoñtres blond. en fa”, 
wgers de noftre feigneur Iefuchrift, toutela Chreftienté prefque Rrme PA 
cles ceremonies ainli que les tient la fainte Apoftolique,!& Catho-phanre. 
x Eglife de Rome,aumoins enl'Europe, fi cen'eften quelque coing Heritage ef- 
alie & en E fclauonie, & par la Grece, Mofcouie, & Lithuanie,que on ga/ entre Le: 
l'erreur Grec. Les aifnez des maifons tant des Roys(quand il y en a- males en [he 
bque des Princes obtiennent la fuccelfion de leurs peres, fuyuant la bre, 
n de faire ancienne: mais entre ceux qui font de plus baffe eftoffe les Quef.re ‘que 
ages l'y font efgaux entre les mafles,pourueu qu'ilz foyent legitimes. droit Municr. 
hlie fuit trois fortes de droit, car elle obeït aux loix Imperiales,aux de pal. 
kr des Papes, & + encore le droit qu'on nomme Municipal, & couftu- Degrez. de 
x de chacun païs & villes, contenant des loix qui concernent lebien, #blefféen 
jufit & immunité de chacune cité en particulier. Les iugemensy font /#4be, 
tez diuerfement,entant qu en d'aucunsendroits les affaires, & police Hommses de 
pmaniez par vne troupe choifié de iuges faifans droit au peuple, & ail- /Fawoir pri- 
c'eltvn feul Poreftat, & Magiftrat à qui toute la charge en eftcom- fev en Ieslie, 
La premiere & principale nobleffe y prouient desarmes , fiquelcun 
é heureux en les pourfuyuant, & eft plus honnoré que les autres:a- 
slefquelz font refpectez ceux qui fontilluftrez par ieur grand fçauoir 
uncement aux bonnes lettres: & entreles fçauans les T'heologiens 
sent Je premier.ranc,puis les Canoniftes , 8: Docteurs faifans profef- 
de la Loy:le medecin y eft admiré : mais le gainglle fait plus refpeété 
l'honneur qu’on porte à la fcience. Les Mathematiciens, Logiciens, 
tonomiés & poëtes font reuerez des hommes defçauoir, mais le vul- 
nentientguere grand compte: les Grammairiens font eftimez les Zes pref= 
svilz,comme ceux qui f'enuicilliffent en leur pedanterie, & farreftent chewrs adms. 
ruire les enfans. Les prefcheurs bien difans y font renommez,& ho- rez par l'7. 
gridement,& font plus ouys &refpectez, à caufe de la fainteté, & salen. 
side 1 ds Do 


€ 


des LIVRE TNOISIESME | 
pieté de la religionsque les oratetrs qui babilleniten va Sehar ; Hf id 
. gaignent plus de pecuneque de bonne reputation, Lamarchandife..g 
Quelz, #rtt- plus recômandée qu'en autre lieu, entant que le gainà prefent; aug}. 
JeñsprifeX, ….queiamais, eft en pris &r grid sogue.Les aintresstaileurs, ou imaner s 
en ltalie. des fondeurs, & burineubs y. fonc plus refpeétez que celuy qui cultiney 
Quand il dit chäpstiaçoit que le temps paflé ce fut aux laboureurs qu'on dônoit 1} 
Romains, 51 miere louange, Les Romains font prefque les feuls d’entre les Italiens 
entend ceux fiagonnent à la pafture & entretien du beftail, & toutesfois leurs be 
* de la Romsi- font mercenaires, & conduits d'ailleur pourtelferuice. Leurs habitsf, 
ge. differents fel6 les païs, & prouinces,mais les Venitiens les portent long 
larges prefque fuperfluement: & ceux de la ville y fontencor beaucy 
… plus fomptueux que des champs & bourgades. Apres le Venitienleply 
Céfte partie rentin & toutautre Tofcan fe veft plus mignonnement quelle refte dej 
ditte Emilie talic:les Milanois ceux de la Romaigne Emilie!,: & les Geneuois por 
of? Le pays du l'abillement plus eftroit,& toutesfois ils font fort braues. L'acouftrem 
Patrimoine, ducourtifan à Rome furpañfe tout autre en longueur, & diuerfité de co 
© Bolones. leurs, 1: Romain naturel eft fobre & modefte en fon veftement , leo 
es mo- toutesfois à {a bien-feance, & gentillefle, & mefmement en la parured 
f ge en leurs dames. Le Napolitain eft plus gentilment que fuperbementveftu, gl 
ils, 


plaift plus és façons des eftrangers que de l'Italie : De laquelle lerefey 
fimplement en ordre,non que les habits n’y foyent diuers,veu que der 
| ftre temps on ya veu vhe infinité de changemés au veflir.. Au Bolonoi 
ne pee par toute la Lombardie les grandes dames fe plaifent fort de 


ler à l'Efpaignolle, & les gentilshommes ayment l'ornement du F4 
çoys. À Rome n'aguere que les femmes f'accouftroyent à la Tofcane.N 
| pas long temps que les dames de V'enife portoient la gorge. fein, &.ef 
\ les à defcouuert,mais à prefent elles le couurent, & ont des mianchesf 
roy les Care larges, fi que leur habitimite aucunement l’Efpaignolle.Parles ftatues, 
melstions S medailles anciennes des Romains on peut recueillir, que les anciens 
Bailly des mé joyent point l'vfage de fe couurir, & affubler la tefte : voire ny de po 
84% chauffes fincnle fldat, & gédarme qui farmoit lesiambes:& l'vn & l'à 
tre eft à prefent pratiqué par chacun, mais il eft croyable que la coultu 
de couurir fon chef u venu d’ailleursen Italie, ce quete mot-eftrani 
declaire affez manifeftement. Iadis aufi les chemifes 8: pourpoints den 
le,ou laine n'eftoyen. -n vfage,comme.on peut aufli voir par Les antiqu 
tez des ftatues:là où à prefent c'eft l'habillement Le plus commun dehi 
ncffe Le langage Italien n'eft point celuy que iadis , &routesfois non, 
tout diffemblable, mais quieft corrompu & alteré à caufe des mots Bai 
res qui y ont efté introduits en vn lieu plus qu'en autre felon que lesell 
= gers ont tenu plus longuement fubiettes les Prouinces. Par la cofte d' 
Jugement pey Îtrie prefquerout 1e peuple parle Venitien, qui.eft vne langue polie, 
Jubril. für les pieute,& graue, & ornée de la douceur de plufieurs autres lâgues, à at 
langues d'r- que c'eft le lieü où trafiquét tous les peuples d'Italie-tiadis ce langageW 
tale. :... nitien éftoit plusrude,& tort mal-plaifantaux orcilles. 4 
Ce font ceux. Leparler des Carnicnsauoifinäs]es ) R 
du rriuli, langages, & ayant ne {çay quoy de éontraire à l'air des mots Etaliens:t 


enr; Mantour 
gran parler qui 
quelle rudeif 
din y ail paÿs 
roifie des cito 


omaigne, Raë 


wine,le langag 
tlncienne faço 
ferque au nat 

mais la frequ 

e.Enla marc 
pley parle plus 
pouille Bafilic 
klangage-dur i 


Dies Napolitans, 
molle, En fomn 


d'icelles en ger 
cs differente à 


11GCS. 


“DÉLEVCVOTE 148 
puptispaiférit à Pouyt: Vers le païs Treuigian, à Padoue: Vérone, | 
ré Mantous &c:Ferrare:làioù par tout;ceux des villesifone plusgra-: 
Lan parler que les païfäns-& villageois. Le Lombard & Milanois a ne “ 
cuéllerudetfe groliere differente;aurefte de l'Italie au-parler : tou Zoneñge du 
Sin y ail pas qui furpatle ceftui-cy en beauté de villesigeritilleffe, & Milanoi © 
oifie des citoyens;ny en honneftèté & fobricté dé vie. De ceux de Zembard. 


Romaine, Ratcune; Rimini, Pefaro, Facnbe,Boloigne , & païs du pa- 


winesle langage en eft doux & poly:le Tofcan éft briefen parolle imi 
l'incienne façon des Lacedemoniens, & fiéd mieux’ ce langage à l'e- 
gerque au naturel du'païs . À Rome n'aguerequele parler y eftoit 
mais la frequétation des forains enrichift,& adouaift cefte groffiere 
ffe.En la mârche d'Ancone païs de Sauine, & en la principaulté, le 
pley parle plus rudernent,& groffement queau Duchéd'Vrbin; que 
pouille Bafilicate & Abruzze, lefquelz commetoutlerefte d'Italie 
klangage dur & contraint, & peu méflé de la douceur eftrangere, 


Mia Napolitans, qui feftudient à parer leur naturel aueclagrauité Ef- 


hrolle, En fommeé quiconque regardera les chofes:de plus pres, & iu> 
d'icelles en general, il ne trouuera peuple ny cité;qui ne foit en quel.: 
es differente à ceux qui l’auoilinent ; ainfi que dit Sabellique en fes 
peades. Ertt . t ne 
ON SERRE D FONT 10123 88 ie rs éabells, Be 
|: pupais de Ligurie, où Genenis ; C7 anciennes façons de vie des nead.2. li,1, 
Liguriens . Chapitre 10. 
s ré SN | | Deftriprio du 
A region de Ligurie, ou terroir Geneuois eft pays Genenos : 
Mr la plus partraboteux & plein de montaignés, we Srrab. 5e 
limité par les deux riuieres du Var, 8e laMa- Prolom. li 3... 
AW cre: &d'vn coftéceint de l'Apennin;, & de ch.r.rab. 6. 
KW l'autre du Po, duquelilauoifine la Tofcane. d’'Esrope. 
[7: Fabie Pidtor tient qu'elle porta lenom de Li. Cuten en fes 
: guriede Ligyfte fils de Phaëcon changeant origines Bere> 
' md va V larin.[Noftre auteur; ou le 2.5. des anti. 
libraire éfonttrompez;attribuans à Fabie;ce _Æmnie fur 
Ù : qui eft pris dés fragmensifuppofez de Caton, Caron Thues 
Mquelz fefgaye à fonaife [can Annie parlant del'antiquité de Genes dide. : à 
pile de la Ligurie. ]JNeantmoins Thucididem'allät courir fi loing, De Ligurie 
ece peuple défcédit iadis des Siciliens, lefquels poffederentle réps v:y Denys 
plus partde l'Italie, mais chaffez par les Onotriens du païs Italié FHalyc bi, 1e: 
kerent en Sicile qu'ils häbiterbnt(& nommbrét/ Ce peuple déi tout Leandre Bobo 
bit fort elcharcenient:& Faddnneaugrauail poutigaigner. fa mifera moiremfen 1 ; 
iseftant fon pars abottiahe enmâdeie pourbaltir&idreffeRnauires, pulres NUE 
lesarbres font fi gros & Ar ps hu en'a qufonrhuit piedside our cecy ef". 
ai create red aureft aan 8 quedesaitun duditpaïs fadon- pr# de Drde\\ 
LS ETS &ereparer fes nabireÿsles auttesva: sil. ni +? 
nettoyer Les té rés, an que les pierres, & rochers n'empefchent-6.::98 * "| 
AUDIT Hors FOIS PTS" Hototfoir Job0Qoiÿ-riburs À 


LIVRE TROISIESME 


Maniere de ny le labourage ny lé fertilité. des femences, ‘eftant le païfage fi pier 


viure des an- que prefqueiline fetrouue morceau deterre qu ine foit acCompaigné 
- cie Geneuoys quelque pierre:qui eft caufe qu'ilz font accouitumez à viure pauurems 
vx Stra-. Sen grand trauail: & iaçoit qu’ilz fe rompent le corpsau Jabeur sf ef 
bon:5. proufit qu'ilz entirent de fort peu de confequence . Ce long trau 
Tite line. liés continuel exercice lesrend fort maigres,mais alegres, difpofz, robuf 
2039. & puiflans : tellement que leurs femmes fouffrent efgalle’ peine que 
w-ar.or b. marys, auec lefquelz elles fontententiuesà la befoigne + Leur plufs 
9-delaguer- exercice fut iadis la chaffé,la fauuagine fupleant au default qu'ilz auo; 
re Mactdeni- de fruits & feméces: Acouftumez de courir parles neiges , & afprete, 
que. GenemeyS montaignes, ne fault fefbahir filz font agiles & d'vne force gaillarde 
robufless  robufte. Aucuns d’entr'eux en default de bled, viuoyent de chair tant, 
meftique que fauuage, ayans la clere eau pour raffa 1er leur alteration 
vfoyent d’herbages tels que leur portoit la regi6,comme ceux quiot 


Fievrayemet fauite de bled & de vin,deux chofes trefvtiles à la vie des hômes. Leu 
 mdfle des an- fte eftoit laterre dure, peu fouuét dans les Cabannes, & loges ruftiquell 


Maur: Gene- d'autres fe retiroyent pour eftre au couuert dans des grottes, & cauen 
Weys. 


Jà aufli robuftes que les hommes, & les hômes efgalloyent les beftes) 


:. ! farouches en force, & d’exterité:tellement qu'on lit que fouuent leten 


paité on à veu qu’vn Lygure maigre &cdeffait, vainquoit vn Gauloisb 


& gaillard, & en bon poin&.. Ils farmoyent plus legerement que les 


TÆrmes des … mains, & couuroyent leur corps d'vn long pauois fait àla façon Gaulo 
Genemis an 8 vfoyent de cafaques ceintes fur les hanches:ffarmoyent encor depa 
ciens. de beftes fauuages, portans l’efpée fort courte en guerre, les aucunti 
- toyentles Romains en farmant.Cefte natiô eft encore faroucheeng 
‘+ re, d'vngentil, fort aigu & fubtil efprit foitau maniment des affaire 
Geneuois ado uez,ouau gouuernement de l'eftat militaire. Et leur plus grand foing 
* nez, autraf: en la marchädife,courans,& fillônans la mer de Sardaigne, & delaB 
G:alams. rie,fexpofans de leur gréaux perils dangereux dé la mer, entant quel 
rine, :_ fouuét leur armement & aparcil n’eft que d’efquifs & barquerotes fü 


bien les auteurs quiont tracé l’hiftoire tant Venitienne, Florentine, 
Gemewis .… lanoife,que Geneuoifeil verra quelle gaillardife,puiffance, adreffe, { 
grandz für conduite & bon heur à fuyuis vn long temps les Geneuois, lefquel 
“mer.voy Sa- font veuz maiftres, & poffaiears de toute lamer du Leuant:voire qui 
bel. Blond. mandoyent {ur le pont Euxin,ou mer maiour, &eftoyent redoubte 
Machianel: Tanc;&cle long delaScythic:len'ay affaire de difcourir les guerres,A 
©@ Coriren  Etoires qu'ilz.ont faites, (& raportées:des: Venitiens combien de fo 

l sv ah de. ont mis l'eftar dé Floréceen branfle;éont affuietty Ja plus part del 
Milèn; queoñapelieencor lariuiere de Genesis. : : 2 24: 1 ‘1 
: editefranée,cô Ê 


Iflariedu jh Xe furferraÿ le recit des ifles:côquifés en laimer 
settes a Le feguc, Chipre, Candice, Chio,& autres: & comme c'eft de leur faç6 qi 
Jfat de Genes. renouuellement de la cité de Pere contigue de Conftäntinople, &kf 

grand retraite qui foit de Chreftiens pres le grand feign. de Furqui 


faites du feul art de nature . Et ainfi viuoient ils dés le commencem 
fans apareil,ny delicateffe aucune:d’où aduenoit queles femmes eftoy 


tesaux incommoditez des orages , &.tempeftes marines. [Mais quil 


anecefurenti 
nbouchemens 
fil'auarice,am 
brufque &c gue 

y plusauancée 
fin Marc.Ma 
Line & remuant 
soour fon fupo 
feurs Princes, d 
kleur, fans eftre « 
Halifee, & (eruä 
uple comme 
belledefon inftit 
eu degrés affair 
, Ilz font efch 
jinaire quelque! 
fon braffée aue: 


pis de Tofcane:€ 


nie, Maisone 
his, duquel adui 
autres difent:ou 
jitvne colonie e 
nt cenom,à ca 
fur des Pieux de 
omains déünoien 
Hetrufques, mais 
cél& richefes d 
“tout va long e 
pezenVirgile 1 
| Lepewple gs 
1 Fabuëile 
int que l'efténd 
d'h mer éneloft 
il dires.qué toüe | 
de par lés G: 
iquelz auf fen v 


once furent les Geneuoys qui conquirent la cité de Capha, qui eft Pere baie 
nbouchemens que fait le grand Tanaï en lamermaiour, Bien diray.par les Genes : 
flauarice,ambitiG, & partialité ne fe fuffent fourrées parMy ce peus:#s.. 
brufque & guerrier de fon naturel, Genes ne feroit rié moindre;mais Genewois (eg. É 
plus auancée en force, & grandeur de puiffance que la fuperbe cité de Cæphs. 
fin& Marc. Mais Genes n'ayant peu gouter le repos en foy-mefme, .Caw/e de l'as. 
Line & remuante à tout vent de feditiô,embraffant le fecours des eftré meantifement 
soour fon fuport, a fallu qu’aufli elle ayt fait voile fous l'enfeigne de des Geneuoir. 
ieurs Princes, de forte qu'elle ne fe peut à prefent fe preualoir de [a S'abellique. 
leur, fans eftre d'ailleur appuyée,côme l’auons veué de noftre temps sum 3 li 
liée, & (cruât de proyeaux deux pl’ gräds Princes de l'Europe} 1... a 
uple comme dit Sabellique,retient fa farouche façon de faire & 4 Geneuoss. m4. 
belle de fon inftinét naturel,comme celuy,contre lequel les Romains firss de leur... 
eude gräs affaires à l’affuiettir & tenir{apres l'auoir vaincu Jen obeïf. sarurel, 
ke, Ilz font efchars 8 chichesen leur viure ; mangeans en leur viure Manethon es 
jinaire quelque beftail,& dulai& & vfans en leur boire de certaine /ôr/fplemens, 
ifon braffée auec de l'orge. plane lin,3.… 


Pas de Tofcane:7 anciennes mr, façons des Tofèans. Chapiit, 


"ES AA Tofcane,ou Tufcie region renommée & fameufe 
FA @ d'Italie, a efté ainfi diéte (ainfi que plufieurs efti-7w/quefilz 
Aé/ment, ) des facrifices, à caufe que les Grecs dient d'Æercul.uey 
Suey peu facrifier,ou du mot Thus, qui fignifie en- 34/6, ç 
cens,du 


Lepeuple que s'hais eo lequel rant me | APT TR 
péter # fon plaifir du la sé tr LEIES _ \ 
ont que l'efténduë du païs Tofcan courant prefquetout autät de ter- irg.Enne.r. 
d'a mier éncloft des terres Dealiënes iufqu'aux Alpes. Orapert-il parles LÆnciens be 
foires que tout Ié terroir qui eft entre les alpes 8 l'apennim futiiadis msites de ;. 
bitépar les Ormmbriens,tefquelzen furent chaffez partes Thirrenes y &c:To/fanr. 
cy par les Gaulois, qui auf eh furent depôlfedez parles Romains, de 

fquelz auf fen veirent deffäilir par tes Lombards.lefquelz auécla faifie. 
sie _. eh 17 Ooi : 


LIVRE TROJSIEMÆE 
Comme f'ejte. faifferent auffi leurnom à celle Proui nce.Et pour parler cn vnmot.t# 
doit lenims… épiaht l'appellation,il faut noter que les Latins, Ombriens,.& Aufonis 
de Tirrheues ankiens peuples d'Italie , furent nommez parles Grecz. fous le voa} 
_ puiffance des comm de Tyrrhénes:ide forte que plufieurs ont, comprifela citédeg 
anciens Té- nb fous l'empire Tyrrhenien lequel fut iadis de grande eftendue , cos 
fçans. fe auf le peuple en eftoit fort puiffant ;_& lequel auoit baîty pluies 
pyy Denys grandes & riches citez ; ayant grand puiffance ur mer & y commandye 
d'Aalicar.  &c'eft pourquoy toute la cofte dés la mer liguftique;iufqu'à Naples, 
parlant des peu fen fault eft comprife fous le nom dela mer Tyrrhene . LesTofe 
12: Jéigneu- furent duffi forts en fanterie : & les premiers quien Italie trouucrent| 
ries de Toféa- fage des trompettes, inuéntion pour vray necelfaire &e proffitable pouf 
nelis. 6 guerre.Le Tofcan a aufli efté celuy qui a fegnalé, & remarqué fes Chef 
Insentions Princes, & Capiraines,de plufieurs enfeignes de grädeur , comme d'au 
des Toféans des Chariots triomphans , des eftañiers, & archers pour lagarde dejey 
smitées par” corps, larobe & manteau royal, les faiffeaux de verges, le fceptre d'u 
dés Romains. re,& autres ornemens, lefquels les Roys,Diétateurs & Coniuls deRo 
Tofians iadi ont depuis vfürpé: tout ainfi que les portiques & galeries des ail 
Bénewrs. pourlarctraitte des feruiteurs & à fin que les furuenans fuffent à coug 
ey Ærmebie ce que les Romains ageancerent en mieux apres la premiere inuenug 
by... Ce peuple aufli cherift & prifa grandement les lettres, & fur tout à lac 
agé fépps- gnoiffance & recherche des caufes naturelles, & la fciencé:&. folle fine 
rut a vnla- Éition de leurs Dieux.Et leur principal eftude eftoient16s predi dos 


bouteur. Pay far les foudres, & les Augures,& vol des oifeaux, tellementique chack 
Ouid.bu. 15. féretiroit à eux entelle fcience, voire qu’encoreà prefentils f'en aydeé 


de, Metamer- & font compte de ceux qui font adextrez à la deuination, de laquellceé 
phe: Cicer. li. tr'eux fut iadis inuenteur vn nommé Tagé filz de Genie, lequel, ainfi( 
dediui.. dit Fefte, eftant encor fort petit enfant monftrales liures de la fciencea 
Les, Romains gurale aux Ethrüriens. 1ls furent aufli fiexcellens, en matiere de {ac 
approunent -fices queles Romains , defireux non feulement de garder. la religic 
la fuperfitio de leurs anceftres , ains encor de l'augmenter, enuoyerent par l'a 
des Toféans. donnance du Senat dix des principaux enfans des meilleures mailo 
de Rome, à chacun des cartiers de Tofcane pour y aprédre les cereme 
nies auec lefquelles ils honoroyent leurs dieux, & dela vint ce peruenti 
fementdefens , & folle multitude dedieux fous le nom defquels ledi 
Sacchanales_ blefe faifoit adorer à ceft'bargardenatiô abufée eh l'erreur de l'idolat 
… dolies 4 Ro= Tofcanc:C’eft de la fupéritition des Tofcans que tes Romains receuren 
me: Ky Fit: celle abominable façô de feftes qu'on nommoit les-Bacchanales, infam 
Lsw, lu: 39. 8c pernicieufes, & lefquelles par le confentement des gens d'honneur, 
S,,Ænçuflin rent aucclaruine de leurs auteurs,oftées & abolies de Rome, &.de tout 
cité de Din, l'Italie. Letetroir Tofcan eft bon, maisils le rendent ençor.plus feriill 
lus. 18. chap par leut trauail & diligence. Us mettent deux fois lanappeleiour, & 
13. traîtent fomptueufement & de viandes exquifes:en ces deux repas. Il 
«plaifent à eftre nettement, & d'auoir de'beaux moublestapiferis, &; gAN 
nitures deslitvaiffe!le d'asgent:& habits fompruqux-&:riches enfer 
d'eftre fuyuis d'vne grand trouppe d'effafiers allans par ville, defquelil 
ont grand nombre tant d'efciaucs, que d'hotmer delire fancheté 


3 


? micremêt rec 
, &nourrisenl: 


rembraffer l’herc 


eur Romain, def 


in (on ancienne 


DE LEVROPE k us 

von sen fomme cefte nation eft plus deuotieufe, voire fuperflitieufe en 
smefme,que guerriere, ny gaillarde, (Ce bonfeign. Alemantalaif- 
jsloïanges de la plus braue , & gentille Prouince, & du peupleautant 

huit de cœur, & vaillant en guérre que l’Ltalie cognoiffe ; & fault 

iedie, où qu'il auoit quelque pique particuliere contre les Tofcans 

pitignoroit du tout quels font les hommes qui fortent du païs,qui 
nutremps à feruy deluftre & ornement à toute l'Italie, foit qu'il fail- | 
chercher les armes, 8 les grans guerres que ce païs a fouffert,tant cô- 

fs Papes, Empereurs, Ducz dé Milan, Venitiens, Geneuoys, que les 72) Page ple- 
sions qui ont efbranflé fouuent leur eftat, comme les ligues des Guel- "#7 Macchi. 
L &Gibelins, les difcordes d’entre les villes de Pile, & de Floréce:de #/€7 Gwe- 
ne, & Luque contre la mefine Florence, & encore de prefque toute crardim,. 
Luftane contre l'eftat Florentin: fur quoy ie renuoye le lecteur, à ceux 
fe font amufez à difcourir fur les affaires d'icelle Prouince.] 
FE pela Lambardie,ymæœurs,@- façons des Lembards,co: comme ils paf= 
férent en Italie Chapitre. 22. 


en | OV T ainf que Boëfmeen fes recueiis,auoit ou- 


l'blic cefte puilfäte, & victorieufe nation des Goths : 


, &nourrisen la perfuañ6 apoftolià, fotbägrouteà l'eglife de dieu, 
rembraffer Pherelle, d'vn L'ithet ipudié , FE d'vn Cast impolteur, as ” 
eelimoniacle . Noftre auteur dôcayät allé fous filëce les Goths, n'a °° par 
plus graiceux à l'endroit des LGbards,les faitz, & conqueftes defquels m/s 

f notoires, qu'il y a peu d'hiftoriens qui n'ayent donné quelque at- 
teäleur venuë, & pallage en Italie , veu que ce ontefté eux qui l'ont 
allez long temps, & defquels vne bonne partie d'icelle porte en- 
iprefentlenom , quoy que la memoire de cefte nation foit prefque 
hilée, & ce déslétemps que Charles le grand, pour la deffence du 
kur Romain, deffeit la race royale des roys Lombards,& remeitl'Ita- pus 
h fon ancienne liberté.  Ainfi que ces nations feptentrionales ont bg Roi 
peu cogneuës par lés anciens, la diuerfité des opinions aauffi_ cité 7°" 
deà efplucher & leur origine, & la premiere demeure.de leurs an- . 
tes, ainfi ao amplement nous auons monftré,en l'hiftoire, &. 
Goths, & de plufieurs autrés nations, & fault, ue le pourfuyuians en ms Hi 
kde Lôbards: léfquels ce grand Aftronome, & Geographe Prholo- bu " : rh 
Gi Sueues, & Alemds naturels 10rs qu'il dit.Or vers la partie feptét nn 


Charlesle 
ränd thaïle 


es Eémbärds: À 


CC 


= * 


LIVRE TROTSIESME 


rt RENE POTTER" ” -laqu 

orés, furhomiiét petis; les Sicimbriens , 8 au deffous ex A 
Liqe L'ombardz Rébiene & poffedent la Germanie comniens «spas 
racitbif. désie Rhin. Etüe cefte mefmie opinion eft Cornille Tacite enhif & que leur pi 
d'Augs.l.2. d’Auguîte,tors qu'il pätle en cefte manière. A cfte caufe non feule enttribut au 
Lübardz efti. Cherulce, & leurs compaignons, ancien {oldat d'Arminie prindier Terre. C'efl icy 
+ mex, amor = armes, ainsencor du RP bye de Morbodue ;-les Sueucs,Sennou M fins, & tout 
fé Aleman. Loibardz fe meirent de fon cofté, & fe preparerent pour Ia guerre, EEE" k laeuerre, $e) 
liute dés mœurs des Germains expreffement:il metces peuples ef buste 
turels Alemans, quand il dit.Le bon heur des Sennonsaccreuf fon ds fuffent en 
& autorité, léfquels ont cent villages pour leur demeute:& eftans de en d'vn Elclau 
Lébards vail. force; & bon nombre, feftiment eftre les premiers d'entre les Sueues M" mée des Wand 
Lés, @- amxs où les Lombardz ont force en leurpetit nombre ; & aticienne nobMl ds mefne,qu 
de liberté. : &'quoy que cents & enuironnez de plufieurs fortes » Gpuüiffantesn À compter leu 
L fi viuent ils en liberté & affeurance , non en obeïffant à perfonne | rfmommé Gra 


bien en les accompaignant en guerre, '& fe hazardant à tout peril , Ve 


one de Sueuon I 


ue cefte nation eft prouuée Alemande par deux fi remarquez a" : 
de Ptholomée, & Tite toutesfois Paul diacre d’Aquilée,qui vi 4 “cie spé 
paul.Diae, . autemps DidiérRoy Lombard, aymé & cheri de luy > homme fac gerir terre nouu 
des gdfes des fes fecrets, & des principaux de fon Conféil, & qui n'ignoroit point| bterre infulaire de 
Lôbarasl,1, {toire Lombarde, laquelle aufli il a defcrite , eft d'aduis &opinionte l'hiftoire Got 
chap.2. contraire aux fufdits auteurs. Car voicy commeil parle’ en {on liure inniles, 8c qu'il dit 
Lombards ap. Lombards :ayät defia dit que les Goths, Wädales, Huns, Herules,& " l'app ellation d 
pelet auf. ringienseftoyent fortis de la Germanie ,ilaioufte: Pareillemen GE net vray qu 
winniles. Winniles ceft à dire Longobards, qui depuis ‘ont heuréufemer À a difent qu'ils o 
Ifles candina. Isle, ayant fource, & ge des peuples dela Germänie,{ 2 are longues, q 
mieen La mgf Y'ifle de Scandinauie ( aflife fur la mer Baltée,ou Balthique)äfinderg : efoyent leur 
Balthée.  ucrnouueaux fieges, & terres pour y faire demeure.Iaçoit que l'on ou comme. 
ne d'autres raifons de leur iffue, & pour lefquelles ils quitterent Le pig : ans Ltatinh 
leur ancienne demourance , & de laquelle ifle auffi eft faite menton à es & lourd 
Caufe de ls Pline és liures qu'il à fait de l'hiftoire naturelle. Cefteifle donc fainf LE Aion Lite lo E 
fortse des 1o- ÿ'ay efté aduerty par ceux qui l'ont vifitée de toutes parts)n'eft ls (M, Ferdinand am: 
bards de leur ment afife en la mer, que ceinte des flots marins , & arroufée deson EL] area 
Île.  del'ocean.Enicelle donc, comme ce peuple fut accreu en vn nombre ai eftoyent fo 
multitude innombrable, & telle que defiail ne auoit affez de place ia qu'auo 
fbor,e> Æ- les loger tous enfemble, furent contrains de fé diuifer ( comme l'ont ‘ 


sdu païs & du Di 
Lombards renom 
appelle Hteuo 
tappellez en le 
j& que ce mot 
fon changemenit 
bird,en lieu.de La 
ble: veu que P 
Lalic,les aoumnre 
Vellés Paterculet 
lsLombards:ps 


gen chefsdes en trois bandes, & getterét le fort, laquelle fortiroit du païs; pourall 

Lombards cn leur pourfuyure fa fortune, & y conquerir païs pour fon habitation 

quereurs. que Celle partie à qui efcherroit de fortir pour aller cultiuerles chän 

ftrangers auroyt Ibor, & Agion pour chefs & conducteurs, lefquel 

ftoyent freres Germains en la fleur deleur aage , &clés plus fegni 

& nobles detoute latroupe , &ainfiiroyent empoignér terre, & 

Gumbareme. querir poffeflions, ou la fortune les guideroit ; & là farrefteroyentp 

re d'Iber, €: y paffer leur vie. Ceux cy difans à dicu' & à leurs mys;6e parés, &il 

Ægion fem- païs,fe mettent en chemin deliberez de ne viure vagabons guere long 

mejluffre. ment. Or la mere de ces deux eftoit femme accorte, fage, & de grand 
{cil, nomniée Gumbare, forr prifée entre les Bärbares; & dé la prud 

| & 


Fe 


r 1 DE L'EVROPE, : 149 
Lite laquelle les Lombards ne prenoient pas peu de fiance. 
G fsenfans fortys que furent de l'ifle farrefterët pres la'terre,que les 

soccuperent:lefquels voyans que les Lombards feftoyét1à ac- P#1/ Diner, 
pk que leur puiffance alloit en éroiffant,leur manderent;ou qu'ils H.1.6h4.7.9. 
afenttribut aux Wandales,ou fetinffent fur leurs gardes,affeurez | 
neucrre C'eft icy que Gambare monftre fon haut cœur, & cf guillon- 
fsenfans, & tout le refte des Lombards à pluftoft receuoir les condi- 
ndelaguerre, &fe mettre à tout hazard, que fouffrir telle feruitude 
d'tretributaires des Wandales,En fomme combatäs, quoy que les 
sbards fuffent en plus petit nombre, fi emporterent ils la bataille par 
en d'vn Efclaue,qui combatit corps à corps contre le plus uillne 
l'xmée des Wandales. Vila çe qu'en tient Paul diacre, l'ayät apris des 
nbards mefme, qui n'eftoient pas fi gruës,ny grofliers, qu'ils ne fceuf- S'axoenl'hie 
bien compter leur origine, & le païs d'où ils eftoyent venus ; Saxon foire de D4- 
prfurnommé Grammairien confent à l'opinion du Diacre, difant que nemarch. 
rene de Sueuon Roy Danoys,il y euft vne gräde cherté de viures, & | 
une l'on deliberaft plufieurs grandes cruautez pour fe depeftrer du 
dnombre du peupleinfulaire,en fin ceux cy fortirent de l’[fle pour Zen grand. 
querir terre nouuelle.Et voila quant à l’origine, & iffue des Lôbards hi. Gotthr, . 
terre infulaire de Scandinauie:à quoy faccorde Ican Euefque d'Vp préface ch. 3." 
enl’hiftoire Gotthique . Mais d'autant que Paul Diacre les appelle © bin, 8. pa 
Énniles, 8. qu'il dit que c'eftoic leur nomancien, il fault {çauoir d'où eft 17. 
mé l'appellation de Lombard, n'eftant fahs.occafion qu'elle leur a efté 

, IL eft vray quetous les hiftoriens prefque qui ont efcrit de céfte Opinions di= 

jon,difenc qu'ils ont porté ce nom, à caufe de leurs barbes. qu'ils por- #er/esfürle 

tfortlongues,quoy.que d'autres tiennét que cela procede des Bar- #9" des‘ Lens 
quiefloyent leurs Preftres , ainfi.que nous auons auffi dit des anciens bards, 
çoyssou commedit Saxon, âcaufe qu'eftans de grande ftature, & de 
defens,les latins les:appellerent.Longobards, c’eft à dire grans hom- 
stupides,& lourdauts:mais ceftuy. en parle comme n'ayant guere bô- 
afedion versles Infulaires de Scandie. Lazie chroniqueur du Roy &e Zaïie li. 12, 
ip. Ferdinand ameine vne autre raifon, qui me fembleroit affez vray- des Migrati- 
iblable, fi.ces Lombards qui habiterentiadisen Italie, & fen fcirént es des gene. 
meurs,eftoyent fortis d'Alemaigne,ainfi qu'il penfe, & non pluftoft de 
pdie,ainfi qu'auons prouué par letefmoignage ,.&.des naturels & voi- 
du païs & du Diacre qui fçauoit lefecret des Lombards:Or dit-il que 
Lombards renommez par Ptholomée& Tacite, font les mefmes que 
appelle Iteuons,& lefquels pour.cftre prefque tous lsboureurs,fu- 
rppellez.en leur vulgaire Dieland Warter, quifignifie cultiueur de : 

& quece mot Land Warter,côme.ce peuple fut pañlé en Italie, fen- 
fonchangement.en ce que les .atins.en lieu. d'ainfi parler, dirent Lon- Procop. lin, 


birdien lieu.de Land Wart, mais cefteraifon.eft auflfroide,côme peu de lsguerre - : @ 
ble : veu que Procope qui viuoit.ains BAM EEE PT QU Getthiq. : 

Julic,les nomme ainf,fans{e foucier de leur ancigtiltre de Winniles, Felée Pater, 
Vellés Paterculenepaile fous: filéce lenom desce peuple, lors qu'il dit en l'hif.de- ” 
lesLombardsipeuple frouchefurlamçlinefurie furent auffi dôptez ribere. 


a 


LIVRÉ TROISIESME 


paul diser.b par lavaillance des Romaïtis. Etcombien que Wolpharig Laÿios RS cu flonanteitr 
ur:x.ch4p:4 quede Paul Diacre recitant fa éaufe detelnom;fieftice que pourté y hf : fainé Mier: 


Goddan Dies {ir du lecteur, iemettray mord mot, cequ'en dit le Diacreenl'hif, 
des wädales Lombarde,& fonttelles{es pirolles Sur ce propos lesanciés raconi 
fit lemief= vacfable dignede riféerque fes Wandales cftans allez Vers Goddanls 
me que Mer- Dieu,pourie pricrdeteuroétroyerlaviétoire côtre les Winniles, lp 
eure. : * blecachéenl'idole,leur refpôdir;qu'il feroit victorieux ceux qui lesp 


uoir efté bien ch 


Cofcil derrée miers il regarderoit au foleil 1euant.(Or failloitil que ce Dieu convie &occirent leur 
à Gumbares auec eux veu ce qui fenfuit)Alors Gübarefadreflà à Frée: femme d Mailon fils du deffu 
Gid4 denss Goddan pourluy faire pareille requefte,que les Wandales auoienfouillant,anima tel 
la viéhire fon mary: & que Frée luy dôna pour confeii &ne l'endemain les feu leur honte, & 
aux Lübards. Winniles fe prefentaffent en la cipaigne routes efcheuelées; & teurs y ruyuans les vaina 
Lôbards dit Z ueux pendans par le deuant en façon de barbes, &veinffentauec leurs inort de leur Ro 
deléur:ln-" ris rers te cofté d'Orient, où Goddan feroit en fencftre ‘pour repsriMrichiffans des deff 
sbarbes. ceux qui il voudroit o&royer la viétoirs.Ce qu'eftant fait, comme) terre. En laquelle 
Premiere demain matin elles fuffent au lieu afigné;/ Goddan les voyant, & regarde long du fais 
rre-contre les 


courfe des L6 ententiuement fur le point du iour,& at Jeuer du Soleil, il dift, quifd 
bards. Pail * ces 1ôgues barbes. Et lors Frée le pria de donner toutainfi l'heur de: 
diac.liu, 7. @oire à ceux qu’il luy auoit pleu d'ainfinommer:à quoy Goddan code 


nt defia les Lom 
kimond, & preflez | 


e.1. despelles cendit & les Lôbards vainquirentles wandales. Lazie n'aoccafion delains de venir aux 
Lombard.é> moquer du Diacre, qui racompte cecy comme chofe fabuleufe: mais ? Dieu, comme fes fe 
ch:9.parlani tens qu'il fe faiche de'ce qu’il ne le chatouille, en accordant qu'on ls dl. lefquels ils cha; 
dela 2: m:- : pelloit Land- Wardz du labourage:à fin qu'on les recognoiffe pour AtBiiteime demeure . C 

rate", : mans:Car voicy que Paul aioufte:C'eft shofe affeurée & depuis les WilProcope;donna au 
S'écode curf8 niles furent appellez Longobards à caufe qu'il laiffoiët croiltre leur bémbards l'Hongrie, 


Empire, & regnoi 
boïn qui à Ja follici 
Pannonie,ils euren 
rent fecouruz.par 
palfe fous filence. 
auoittant fait de 
scaufe par le moye 


des Lôbards. be, fans fouffrir que le fer leur touchaft au vifage,pour la couper, oux 
Efilaues 4f gner,car en leur langue; land, frgnitie longs, & bards;barbe , & voyla 
franchi par: mots du Diacr< fur le n6 de ce peuple. Mais auant 4 toucher aux ma 
les Lamb. : ny loix des Lombards, il me femble meilleur de chercher, & difcourirk 
Mode deiu- peu de mots leurs iffues,voyages,courfes, guerres, & conqueftes diue 
rer des ansiés juant que Farrefter en Italie.Premierement donc {comme diteftilss 
Lombards. … ferent de l'ifle de Scandinauie {qui à prefent fapelle Schonlindie, &e 


Trififne … duroyaume de Suece)en Alemaigne,ou pluftoft és confins de Pruffie re fes femmes à ca 
courfê des  Liuonic;ainfi quedifcourt Paul Diacre:où dre cemeuré quelque temies,côme Narfez d 
Lombards.  prindrentla volte Mauringie, 1à où ayans faulte de foldats (à caufe qéibitiors leur roy qu 
… Iean le grêd jes efclaues n’auoyent licence de manier les armes) ils affranchirent pldsitalis prift forces 


hf.@nthi.h. fieursdeleursefclaues, anfquels à fin que la liberté demeurat ftable Maïs latin, Lôgin q 


8.chap. 19. anente, ils leur iurerent fur desfaiettes marmotans ae fçay quel fe prefenter aux I 
En quel tips parolles fur icelles, qui eftoyent celles qui donnoyent efficace af nou le païs qui eft 
les Lombards 8 ce apres que l’efclaue,que i'ay dit cy deuant,euit gaigné le combat Bi cles fuiet,de M 
Jortirent de gulier côtrele plus vaillant des Wandales. Apres cecy laiffans la Mar@Bergame,Brefle,] 
Srandieo | gie;ils fe ruerent fur la Rugilandie;où farrefterét pour quelquetems@lomhardie, fous 
_eréerentun: feiréc ces courfés fous les deux premiers chefs [bor; Agion,que l'Eut{ié; Alpes, Forli:& Be 


A9. d’Vpfalie appelle Hobb6, & Achon:lefquels eflans decedez;les Lôba 
Quatriefme fe fafchäs de viure fans M déprre t vn Roy, comme lesautres natiôt 
cowrfè des fuft leur premier Roy Agelmôd,fils d'Agion,forty delaracé des Gug 
Lombards, ges, laplus illuftre;entre les Lombards . Ce qui aduint l’an de noftre 


ee depuis l'a , 
mêté 'E i ec 
lie, & à la fin (à leur 


Nes en pepe ET PE. 
= n: = = = - 


e? € 


p né 


. -NDET L'EVRMOP Env : 199. . 
sans fonantetrois/dutemps du: grand Theodofe empereur; feanc: Zenifon 2. 
bege ain? Pierre, Siricie, &cregnant Marcomir fur le, François, cG- A9) Lobard.. 
hoi-qu'Ibor , &-Agion foriflent de Seandie- auec leurs troupes. F4#l. Diacre 
n43 6 ainfi ils furent dix ans (ous la shared ecces: chefs, puisfei-:hie1,chap.rr.. 
Roy le fils d'un des fufdits Capitaines. Laiflans les Lombards laRu- Cingwie/ne 
sde païs Ruffien, vindrent demeurer pres le païs des Bulgares: & ce a: cwrfêdes 
moir cfté bien chaftiez par lefdi@s Bulgares, qui les deffeirent en ba- Lombards.…. 
L &orcirent leur Roy Agelmond emmenis fa fille prifonniere.Mais Sixse/me 
sion fils du deffunét, & frere de la F rinceffe captiue, cfleu roy,ieune cwxfe des”. 
uillant,anima tellementle cœur de fes gens, leur mettant deuant les Lomberds. 
né leur honte, & le peril de leurs vies & libertez-que les Lombards.De Le guerre: 
uyuans les vainqueurs en fcirent tel carnage qu’ils fe vengerent, & des Hesules,…. 
jnort de leur Royÿ,&-de leurs iniures particulieres:qui fut caufe Me <> Lembads, 
ichiffans des defpouïlles deleurs ennemys ils farrefterent aufli en. vey Procape ., 
terre En laquelle fe fafchans,prindrent la route d'Alemaigne, farre- hyff.desGoths. 
lelong du Khin,où eft à prefent la principauté du Palatir, où ils eu- @ Paxl.Die. 
rre-contre les Herules : & de1à fen allerenten Mcsrauie: or a-.cre Lt.ch.13. 


| rent. defiales Lombards embraffé la foy de Iefus Chrift fous leRoy. Septicfme… . 


kimond, 6 preffez par les Herules,aufquelsil eftoyét tributaires, furér cowrfé des >. 
ins de. veniraux mains, & fe deliurer de cefte feugitude:& fecourus Zembards. : 
Dieu, comme {es feruiteurs.gaignerent la bataille fur les Herules.infisPeu/./i.1ch. 


Blelefquels ils chafferét de Bauiere, Auftriche,& Hôgrie, qui fut leur 15. ado. 
cime demeure . Ce qui aduint du regne de Iuflinian lequel. comme Ko.Lemburd. 


rocope;donna aux Hlerules lc païs Iftrien,& de l'Efclauonie, & aux regnoit l'an. 
mbardsl'Hongrie, mais auec tribut, & recognoiffance comme fubiets 325$... :<.: 
Empire, &.regnoit pour lors fur les Lombrads Andoïn pere deceluy Husriefme 
boïn qui à la follicitation de Narfez paffs en Italie. Durant qu'ils font cewr/€ de ce 
annonie,ils eurent guerre.côtre les Gepides,pour Iefquels fubiuguer peuple es 114. 
firent fecouruz.par les Romains ainfi que dit Procape, ce que le Dia- lie vey Puul 
pale fous filence. A la fin côme Narfes ceft excellent Capitaine Grec, diac.en Jenr 
auoittant fait de feruices à l'Empire, fe veit & moqué, & defapointé hiff.bru.2:ch. 
scufe par le moyen de l'Emperiere, qui l'auoit menacé de le faire filer $.6.7.8.9. 
refes femmes; à caufe que ce fcig.eftoit taillé, & auoit default de geni- 10.@-12.6>- 
s,côme Narfez donc euft appellez les Lôbards en Italie, Alboin qui des geffes des 
itlors leurroy quitta la Pannonie à fes amysles Huns, &.paflant au Romans li, 8 
Italié prift forces, & fecoursdes Saxôs fes anciës amys: entré qu'il eft Pass conque- 
is latin, LGgin qui eftoit lieutenant pour l'Emp.feterant à Raucnne fé en ztalie 
feprefenter aux Lôbards;leiquels en peu detéps fe feirent fcigneurs par les Lom- 
out ie païs. quieft lelong du Po,ayans fous leur puiflance les villes, & bardr. 
elles fuiet,de Mil,Pauie, l'uri,Aft, Creme, Cremone,Plaifäce,Par. Les Lobards , 
Bergame, Brefle,Mantotie, Verone, & d'icelles fut dreffé le royaume ont reçue 


Nombardie,. fous isquel cftoit compris le Comté de, Come, Trente 100.4n18 


| ie, & à la fin(à leur grand 


Apes,Forli:& Beneuent.en Ja Pontile:& iouift cefte-nation de cefte rralie. 
jqueite depuis l'an denoftrefalut ;y2. fous plulieurs Roys & ayant 
mêté Rss pt ju Er renouucllé plufieurs belles citez.en. 
malheur/fattaquansan Paye, &enuahiffans 
Î Pp ij 


Didier Ro LIVRE TROISIESME 
Lombard v9 Je patrimoine dé l'Eslife,iufqu'à l'an 773 que Chartes Te gräd Roy dep 
,. deBhnd.en ce foilicité par les prieres du Pape Eftiëne affligé par Didier Roÿ L6ÿ 
Pinelinatson Daffa en Italie, & lequel apres gräd effufion de fing rüina laracedes19 
de l'Empire, Lombards,remift l'Italie en liberté, & ofta'les Lômbards de leur pig 
Charles le ce,permettät neantmoins,pour quelque foulas du Pons pérdokl 
gs ruiné roys de fanation, que le païs du royaume fuiet à ce e‘gent Gothique 
deregne des jesL.ombards eftoyét veritablement Goths)füt à iamaïs appellé L5bi 
obards , voy ajnfi qu'encore à prefent vous l'oyez nommer. Et pour ceftefta | 
Platine en ls bartift la contrée par principautez & feigneuries, ainfi qu’on en vf 
” wiedes Papts France, & que iufques à noftre téps les chofés fe font comportées ail 
pisl.Emik yeu Milan.en Duché: Ferrare,en Marquifat,auffi bien que Mantoie} 
bifloire de’ iggefent font erigez en Duchez,les Marquilatz de Môtférrat, Säluce, 
France, Com Vérone, AÎ,& Anglerie tous dependäns iadis de H courône de Lorb 
meleryan die, & nation delaquelleileft deformiis temps Que nous défcriuion 
mé Lombard peu les mœurs & conditiôs des Lombards ; ef ans Goths & fortis du 
dédié. mefine,d'où fe defbordans les Goths auoyént couru'toute la terre Rj 
“Theodelinde. péenne,il eft ayféà prefuppofer qu’elles n’eftoiét guere differétes des 
‘parie des L6= defquelsils eftoiét & parés,& voifins.Bié cft Vray qu'ils auoient quel 
‘bards viwit difference en l’abillement,ainfi que pourrez recueillir vous fouuenant 
du temps du ce qu'auons dit d@Goths pair cy deuant, & qu'à prefent ie mets en 
‘Pape Gregoi- de Paul Diacre d’efcriuant l’habit des Lombards anciens: Car parlät dé 
‘re férsommé Royne Theodelinde, femme du Roy Agilulphe il vfe de ces paroles 
legrad: Pal pe la Royne fufdiéte feit baftir vn palais, où elle feït paindre quelque 
Drac.gefles de l'hiftoiré;& geftes des Lombards. Oren cefte painture eff cleren 
des Lombards,monftré que iadis les Lombards tondoiét leur cheuelure, & quels 


b.4.cha.7. leur veftemens, & contenance, & habitude:Car ils rafoient tout leurch 


Lombards 16 fauf leur deuant,ouils laiffoient croiftre les cheueux, leut tombäs if 


du? [auf par. furles yeux, & le long de la face, & lefquels ils deftournoient des de 


‘ledenant. . coftez du vilage en Sa Lis à l'habit ils le portoïent fort lars 
péflement « delin,à l’imitation des Anglo-faxôs,eftédu en large, & diuerfifié end 
cien des Lom- leur. Quät à la chauffeure,les foliers eftoyët ouuerts, & efcoletez pref 
bards. iufqu'au bout du gros orteil,couuerts, &ferräs lé pied'auec dés courro 

Ghaufiure … puis cômencerét vfer de ceux qui font coufuztout du 16g : & alläsäd 


* des Lobards, ual,fequiperent de houfeaux, & bottes, mais ils aprindrét céla en frequi 


Paul Diacr. tantles Romains. Eten autre paffage le mefme auteur môltre que cep 
biu.x. ch.16, ple portoit des bandes de toile blanche à l’entour desiambes , enli 
ne chauffeure,ainfi que leurreprocha le fils de Turifinde Roy des Gepi 
Eépide. 
bd gion c'eft fans doubte que les mefmes dieux Goths eftoient vencrez 
© Goths ads ceux y, Veumefme que Mércure, ainfi qu'auons pro oféleur ferioi 
roiët mefmes guide fousletiltre de Goddä:Et à cefte éaufe fr vous fouhaitez de fn 
dieux. “Jeurs anciennes Idolatrie & f\ perlbition,rmœurs,& façons de faire, a 
Ifle Scanilie- qu'ils émbraffaffent l'euangile , lifèz ce qu'auôns cÿ' évañtrecuéil 
ne formillant Goths,à fin que rafrefc chat voftre memoire, VOUS 4yez fouuenance! 
en diners peu. diuers, & grans peuples,que cefte terre Scandienrie à Vomÿ pour per 
pla. Ja plus grand part de l'Europe, "#7 


en lapre{ence d'Alboin ce grand Prince des Lombards . Quand 


jigea par efcrit le 
re à en fa memoi 
es fur apellé E di 
krez en Îtalie,aint 
, voila les paroi] 
buentre n0z mai 
ues peuples tät p 
ide de noz aétion 
sordônances,cft 

ne quiconque + 
sin Pn Blue, en 
mecondemnati 
niera fuy hors la 


biau camp fefleu 


sur commander 
ÿs enneceflité , 4 
reealt cefte fault 
fecond tiltre e 
jconfeil ou publi 
accufations pub 
ntl'accufateur., 
iloit f'en lauer p: 
ont, filne plaifc 
elque amende. 
me d' deniers 
voir paycy de 
pmpte des meurt 
rentre elles, qui 
ché à la perfôn 
que fi quelcun 
fait ne fen enfü 
d'amende: to 
tentent ces. crime 
it pas fi doucem 


5 *DE L'EVROPE.. .., : sl 
4: Debeix des Lombards,…. Chapitre 13. 


re R d'autant que plüficurs'hiftoriens, au refteveritables 
Me, fe font eftrâgement efcrimez contre ces natiës Gothi * "" * 
NÉE ques; & les-ont baptifés & du non, &'deleffaitd'ne ‘ " * 
ARE grand e barbarie ; afin que les le£teurs voyêt qééquels "1" + 
à que träfport les a plus pee que la vérité deüe al’hie ‘ ‘"" 
À dy ftoire, ie mettray quelques loix Lombardes;, pariets 
RACE qu'elles on verra que ce peuple n’eft point barbare : , : 
jiuut la vraye religion, gum les loix , fait iuftice, & ne foufhe qu'on Paul diac.li, 
éeiniure à perfonue, Et affin qu'on ne die que i'ay fongé ces loix : Paul ? chaas.. ; 
kreen l'hiftoire Lombarde en fait mention, difant': Ce Roy Rotharis C” baris fat 


jigea par efcrit les loix des Lôdards , lefquelles il gardoit par le feul:v- trie Crée 
re &c en fa memoire, & commanda que le liure, où elles.e oÿentcôte- gt La 639. 


es futapellé Edit:ce qui aduint lan 77.apres que les Lomibards furent féent_4 Rome 


Ch, France rè- 
£g'ant. Dago- 
bert.T'iltre pre 


p, voila les parolles du Diacre. Et d'autät que ce liure d’Ediéts eft par- 
suentre n0z mains , ien deduiray quelques tiltres ainfi que i’aÿ fait és 
ues peuples tät pour le plaifir du leéteur,que gloire de l'âtiquité vraye °°” 
je de noz aétions fi nous voulions limiter . Le premiertiltre donc de 4” 4 bix 
sordônances,eft des crimes publiques:& d'iceluy là primieréloy por- Lôbardes fas. 
quequiconque côfpirera contre le Roy,ou dreffera auéun monopole “Pr Rs 
tre fon falut, encoure peril de fa vie, & foyéntconfifquez fes biens Er "#12 17 -.de 
fnecondemnation eft gettée contre le feditieux, & confpirateur ,qui "#6 #44pe. 
miera fuy hors la prouince. A moindre peine n’eftoitobligé lemütin 7% 4 
jau camp fefleuoit contre fon chef, & general ordonné de par léRôy "+: 2: 
our commander fur l’armée. V'oire le foldat ou bande, qui laiffoit fesa- + : : 
senneceflité , & trompoit la FD par fa diflinulation , falloit que . 
rgcait cefte faulte par l'effufion de fon fang, & perte iufte de fa tefte. CEE 
fecond tiltre eft des fcandales: condemnant à gr. améde celuy qui Secôd tilre 
jconfeil ou publique affemblée efleuoit quelque tumulte Puis eft parlé 

accufations publiques,où l'accufé peut fe purger ar ferment : mais y 
hntJ'accufateur, qui fouftint le crime au dir efté par iceluy commis , il vi. 
iloit f'en lauer par combat :où.perdant, &c-eftant vaincu il éftoir iugé à° Zoydes cobars 
rt , f'ilne plaifoit au Roy modérer lé condemnation parle moyen de entre les Lam 
elque amende. Mis l'accufateur ettant abatu on le condemnoit à gräd Lards. 
ume d' deniers moitié au Roy;le refte à la partie offencée.Vousauez 

voir pay cy deuit que ces nations feptentrionales faifoyent fi peu de: us 
mpte des meurtres & affaflinats ,\que vous ne trouuez pas prefquevne Tire troifie- * 
rentre elles, qui cédamne lés meurtriers À mort; fi cen'eft que oneuft me des cofi- 
ché à la perf ône du Prince. Ce qui fe voitau troifiefine tiltresodilelt rations des: 
que fi quelcun coniüre contrée vn homme pour le faire mourir, 8&que mewrtres - 
hit ne ffen enfdiue point ,céluy qui a fait la contureeft cbhdemné à 20. | 
d'amende: toutésfois fault toufiours entédre qué ces hommes- cy qui 


tenteht cés crimes foyent de libre, & fiäche condition, éér'on ne {e por: 7: 


| | : lrre qua 
it pas fi doucement enuers les férfs , & eftlauds. Auffitetiltrefüyuant #ris/ine. :: 
 oppiÿe 


krez.en Italie,ainfi que le mefmé Roy le tefmoigne en la preface defes Boniface a.èt À 


» 4] 
+ à! Ce. 


M LUZ M4 RSR Là 4 À AMEN s 
DE L'EVROPE, ga 
ainpour la reparation de:telle ruinc:& ainfi eft pourfüiuy furles bouc 
eux, fur les larrons des moulins , & autres occurrences, iufqu'au cin- :: 
ue éleptiefme : Lequel comprend en foy les degrez de. confangui- - 


L de telle forte que la Loÿ les fait eftendreiufqu'au fepticf{ine, entant T'iltre ÿg,des 
touche le droit de fucceflion : & autiltre cinquantehuit, eft faite dégrez, de co 
ion du partage des enfans , où les baftards {ont receuz à ja fuccef- Jangninité % 


non en cfgal auec les legitimes', mais ayans vne troific{me partic:Bié Twfre 58. les 


ay que celuy qui naiffoit du Saftard,perdoitle droit de telle fuccel. bafards hors. | 


n£ feulement luy faifoit on la grace de le laiffer en liberté, fi.ce n’eft ‘ons entre 
elepere en mourant luy euft fait quelque donation, de laquelle il pou. Les Lôbards 
Hiouyre à | 
aloy portoit encor que là où les plus prochesparens d’vn hôme,com. 7 iltres9, des 
vn ( oncle luy diroyent parollesiniurieufes, comme luy mettäsfus ce#/ése#le : 
N eftoit né en paillardife:celuy à qui l'iniure eft faite, iurera fur les fain combat n'éf 
Enangiles qu'il eft legitime ; que iuftement il fuccede aux biens def: prins ettropée 
dzil eft pofieffeur. et ainfi fon bien luy doit demonurer,n’eftant point À 
foonable que caufe de fi grande confequencefoit mife au iugement, & 

jange de la fortune hazardeufe d'vn combat. Et le mefmc eft dit de 

y qui querelle ce que vne femme aura eu pour fon douaire, & legiti- 

, Voire fi le mary eftoit foupçonné d'auoir fait mourir fa femme , il 

dtoit octroyé fe purger par ferment , que il n'eftoit caufe ny par {oy 
par perfonne interpofée de la mort de fa femme, & ainfi eftoit abfouz 


Pae-ufation n'eftant impoñlible que vn combat puiffe vuider chofe de 


and confequence. dti | _ rie. 60. @ 
tiltres fuyuants font für les aquefts des freres qui viuent en e6mu- Gr des comu- 
né, & des caufes legitimes, & permifes au pere pour desheriter fes en- maswrés des fre 
s,ce qui luy eft deffendu fans bien iufte occafon, lefquelles il racom- res:e- des ex 
telles, file fils à confpiré contre le pere, fil a voulu fuborner fa belle. beredations. 
,oufeftaccoupléinceftueufementauec elle: & comme le pere ne. k 
uuoit desheriter fes enfans fans iufte caufe, auffi Je fils n’euftofé don- 
r, ny aliener rien des biens paternelz durant la vie du pere . Lequel e- 
xt fans hoir , & fans efperance d’en auoir , fi par cas faifoit dona- 
de fes biens à quelcun , & que puis apres fe mariant il euft lignée, 
donation ia faite perdoit fa vigeur, & les enfans jouifloyent de l’he- 
ie. Le foixante deuxiefine article emporte les donations:& parle 65, , 
icle , il eft aifé à voir que le mary faifoit proufit à la femme de og 
gent que elle portoit pour fon mariage : car voicy les propres mots 2 pis sk 
hloy .. Quiconque aura fiancé vne fille, ou femme defranche rufailes. 
dition , & que les fiançalles faites , la foy promife , le fiancé 
Rrera l'efpace de deux ans à l’efpoufer , dlsant les nopces , le 
ps fufdit expiré ,. eft en la puiflance du pere , ou du frere de la 
pme, ou celuy qui a en main fon douaire , & ioyaux , de con- 
indre le fiancé à tenir promeffe : ce pendant le prouffit du retar- 
ment demourera entreles mains de l’efpoufée, pour la faulte que le 
ryà fait en l’abufant, fus Te | 
is féfuit(ce qui encor fobferue & en Italie,& en Gafcoigne) fi le pere . 


. * 


Tilt, 62. des 


LIVRE TROISIEME 


ut oules freres donnétleur fœur legitime à vn mary, elle fe côtenters 3." ufccefion ef 
T'ils.68.des qu'elle aurareceu le iour qu'on É liurera à {on elpoux, fans qu'elles À sh she 
ans de tEMPS 5 


; mopces inceffu- demander rien d'auantage . Aioufte le Prince les moyens, & à 


enfés es déffé quels les nopces font deffendues:Ne foit (dit-il) permis à aucun d'efhe blé auec of 


otre France:cot 


dues. fer & prendre à femme, celle qui fut l'eff poufe de fon pere, ny la fil HA danevn he 
© celle qui aura eftéia femmie:ny la vefue de fon frere deffunct: & fi Quiconque fà 
"7 outrepañe l'edit, foit feparé d'icelle, & condermné à l'amende, & fn | a Dattra s at 
T ‘he “ytdes bles confifquez moitié au Roy, & l'autre à la femme, Les folics de vai pe foie Fait à ceur 
pailerdifés, difefont contenues en l’article 71. oùdileft dit . Que fi vne élan à eh cfplud 
es faits à aUrUY; 


delibre condition font faute de leur bon gré, & auechôüme de leur fo 
: 8e calibre, que ce foit aux parèns dechañier la femme à leur fantalie: # 
les parties faccordent de fe marier enfemble , neantmoins l'homme É 

commis ce forfait l’'amendera de 20.fols enuersle Prince . Que iles 
 diffimulent le fair, & ne puniffent leur fille pour f'eftre ainfi forfaite f 

raloifible au Baillif, ou Iuge de fe faifir de La femme au nom du Ro 
en iuger felon qu'il plaira au fouuerain. Les rapts & violences, & il 
plemens des baffes perionnes auec celles de plus hault lieu, font com 
punitièsdes encinq oufix articles fuiuans, que ie laiffe pour euiter prolixité, & dau 
crimes entre que les punitions y font:toutes pecuniares,par là où l'oncognoit ue 
Les Lübards fe Toys aymoyent cftrangemét l'argent, & que l'œil des officiers vel 
Faifiyent par les crimes,afin d’entirer cuifle,ouefle. Cy deuanteft parlé de prie 
la bourfe.Til, confpire.contre fon pere : mais le tiltre des parricides exprime de ) 
9.desParrics. quelsil comprend fous le mot ,difant : Siauçuna coniuré la mort del 
des. parent c'eft à dire, fi le frere à tafché d’occir fon frercou le neueu Cond 
cle;ou aura donné confeil de l’occir, fi celuy à qui on dreffe telles em 

ches n'a point d'éfans,que l'autre qui vouloit le faire mourir ne {oit 
fon heritier, ains luy fuccederont lesautres qui luy ferôt plus Peu 


rouuay-ie FOrt € 
ur eftoit quitte 
nm; ou prenant 10 
Lntaux eftranger 
Envie en France 
tentr'eux iou fTc 
mourant auec € 
legitime,ne leu 
klicence expreffe 
principales du r 
me,il eft dit, qu 
lle contre fon ent 
ofe femblable,ain 
Etpar là on peu! 
temps on à po 
& que de notre 
Keilles chofes . T< 
nrdu fufdit Roth 


se fangtque fil n'en y a d’autres que lefdits cô{pirateurs, qui pui 
TRES der lepitimem ent,que ce foit leroy,qui luy Écced sa Pr Partharite (e feit 
bon plaifir de la vie de ceft homicide, les biens duquel viendront à fesy ne dix ; tenant le 
Lo rens plus proches,en default defquelz leRoy fen declaire l’heritier Mu l'Empire, & 
rils 80.81. time. Ie laifferay à part les tiltres des meurtres commis fur les femmes auc css des 07° 
cr 82. par leurs maris fans occafion, & d’icelles fur leurs marys : & de la loy "8" fur les Lo 


côtre qui le Par 
(ché ailleurs laiff: 
resluy Chartes k 
lance des Lom 


Tult.83.ne ne vouloit fouffrir que femme quelconque tan Gditi 
veu le qu'une che, &noble,vefquift fans sûre fuictte sa à sari ps Rare 
éme foit en fe Yvn ou l'autre le Roy fen difoit eftre le gardien, &: feigneur & ques 
foule puif[ace. Île elle ne pouuoit difpofer d'aucuns biens meubles, ou ntie : 
» FEU a- la volonté de celuy fous la charge duquel elle feroit mife.Quät aux M fiennes, que fi 
À 444 tres l'ordonnance portoitque:quiconque efpoufoit la ferame d'au il eut des filles 
Celle boy eftors & 'hôme , & la femme fuffent mis à mort, fileft ainfi quetous deuxa re ainfi que feroy 


, , < ‘ 
.. é ne er M hé à la faulre.Et fi quelcun trouuoit vn autre a cheucux efpars, 
05. uec fa femme c’eftoit en ecir f 
me c’eftoit enluy de les occir tous deux; fans qu'il end. & en Langucd 


.Tike.87.88. eftre recerché aucunement, Le ne veux éfblucher, les tiltres des maria"? marié quelq 
29. aan & fansie cofentememet des parens ny des efclaues aucnque toutes luy 
Lo. fe ermmes HATRS >Ou des chambrieres fauoiries de leurs feigneurs, les pra Ins males Ce 

5 mrts Jés en mariage : moins m aréfteray fur ceux qui decedoyent fans tefter, dt que les peres,o 


que 


| : DE L'EVROP:E, : 153 
nafcceion eftoitimnediitement adiugez à la:couronfie : ny en - #44 le bien 
res affranchiffémensides eiciaues:ny des achapts, ventes, 8 prelcri ditgé au Roy. 
Easderemps s à caufe quela plufpart,, ane fçay quoy de commun, & 7ilf.90: 9. 
bbléaec rioftre droit, & couftume.obfcruée en plufieurs-endroitz &:92..: 
otre France:comme lors qu'ileft parlé desfaulfaires Ja loy porte ces Zilt.98.des. 
Quiconque fins le cémandement expres du Roy falfifiera la mon- fswlfaires os 

Mjou battra ; & higüreral'or, queles mains luy foyent. coupées : & le general. 

Me foit fait à ceux qui font de fauceslettres. Cefcroit trop famuler Punitiens des 
Lroudroit efplucher les articles des engaigemens,debtes, larcins, dom- faux monmy, 
pes faits à autruy,& desichalleurs ce qui f'en obftruoit letéps pal, Vn eursen Lome 
rouuay-ie fort eftrâge que fi vn pere decedoit,&iceluy futendebté, bardie, 
Hz eRoit quitte des debtesen'affermant-que fon feu pere ne deuoit Cecy ef com- 
; ou prenant iour affigné pour combattre celuy.qui luy demandoit, pré 7 tiltres. 
botaux eftrangérs viuans en Lombardie laloy,eftoit femblable, à ce 100. 1or. 
bnvfe en France en ce qui eft du droit d’Aubene:car vn eftranger vi- 102.c> 104. 
tentr'eux iouïffoit de pareils priuileyes que les Lombards, tellement 7i/r.110. des 
kmourant auec enfans legitimes;il les laifloit fes heritiers, mais n'ayans debtes du pere 
iegitime,ne leur eftoit permis, vendre, aliener ny donner leurs biens mor. 
licence expreffe du Prince. Etafin que ie comprenne en vn mot lés Des Æube-. 
pprincipales du roy Rotharis,ie diray feulement qu'au tiltre cent dou ses,que Le lp. 
ne,il eft dit, que nul champion foit fihardy d'entrer en camp de ba- nomme. w4- 
ile contre fon ennemy;,portant aucune herbe charmée., ny breuet, ou regard, rilr, 
ofe fembiable,ains feulement les armesaccordéesentrelesiparties, : 121... 
Etpar là on peut voir combien les charmes ont d'effort, puis que de Tült.112. des 
kttemps on à pourueu à ces folies par les loix,& ordonnances des Prin champions. 
,& que de noftre temps nous voyons encor obferuer ces fermens en Grimoald 
eilles chofes . Tout à efcient ie paffe fous filence pluficurs autres loix Roy des Lem- 
htdu fufdit Rotharis que de Grimoald, lequel ayant occis Gundipert, bards occff 
Partharite {e feit roy des Lombards,en lan de noftre falut fix cens foi- /6s prices, ge 
nedix, tenant lefiege faint Pierre le Pape Vitalian , & Conftantin le /€ feit Roy. 
irbu l'Empire, & regnant en France Childeric fecond du nom.Et diray Pal dixe li, 
jelque cas des ordonnances de Luitprand fils d'Afprand, quicomméça 4.ch.18. , 
egner fur les Lombards l'an de grace fépt cens vingt & quatre: &. fut Lmprand 
côtre qui le Pape folicita Charles Martel,mais le prince Françoys em Roy Lombard 
fché ailleurs laiffa cefte charge à Pepin fon filz,qui chaftia Aftolphe: & fes ides loix 
resluy Charles le grand Didier, fous lequel, (comme i’ay dit)finift la la.1. de fon 
ifince des Lombards. Ce Luitprand meit celte loy pour la premiere regne. Paul 
fiennes,que fi vn Lombard decedoit fans enfans males legitimes, & dia. fait 

leil eut des filles,qu'elles tu fuccedaffent generalement en tout l'heri- gräd effat de 
re ainfi que feroyent les males. Au refte que les filles à maricr allaffent ce roy. bi. 6. 
cheucux efpars, & à defcouuert, ainfi qu'elles font encor & en Limo- ch14.15.€° 
),& en Langucdoc,cefte Joy le monftre,difants-Siaucun Lombard, vi- 16. 

nta marié quelques fiënes filles, & laiflé d'autres en cheueux en fa mai- Frllesa ma 
que toutes luy fuccedent efgilement, tout ainfi que fi c’eftoyent des »1e sadis em 
Ans males, Ce mefine roy, fuyuant l’ancienne loy des Romains ; vou- Lombardie 
que les peres,ou les freres, fi les filles ou fœurs fefgaroyent en leur hô «lent en 


“@ cheuenxe, 


An: LIVRE TROISIESME 
TEE, 48 nefteté y pourueuflent, & én jugeaffent aïnfi que bon leur fembler 
bix de Lit- Er afin que on voye comme l'vne loy eft l'eclerciffement de l'autre 
pr and ù auons veu que nulle des precedentes condemne guere homme mo, 
Puifance des toutesfois ce Roy és ordonnances par luy faites l'huitiefine de fon res 
peresfôr leurs barlant de celuy quiauroit occis ou fon oncle ; ou fon frere, ayant 

1e. des biens, & fubftance du meurtrier,il aioufte à la fin du tiltre,commg 
Tite. terpretant le precedent. Quant à la vie du meurtrièr , le Roy en diff 
Ordonnances à fj fantafie, d'où l’onrecucille, que tacitement la a le condemne} 
de l'an 8.til- mort, Autiltre quinziefme aioufté l'an neufiefme de (on regne; il lié 
tre, 13. des l'aage de miiorité, lors que il dit: Nous auons aduifé que auant l'an 19) 


Parricides. hommene foit point hors de tutelle,ny receu à adminiftrer fes biens, NN 

Tiltre 35. des en faire aucune alienation , fi cen'eft que fon pere luy ayt lailfé quel one, " 

MATE debté:d'autänt que lors,auecle congé de fon prince commandantei ie mener vie 
fte terre,il pourra autant vendre de fon bien , comme il fuffira pour fi ut rs ji 


faire À la debre du deffunét. Et pour monftrer combien il eftoit religi 


Teffament il ajoufte:Ordonnons que fiquelcun moindre de dixneufans , tombé pe cfhantalleure 


Pour les chofés maladie qui le conduife à l’extremité de la mort, qu'il aye congé d'ordi dl Ne A 
Jélutaires per er de fes biens en ce qui touchera l'eflat de fon ame , donnant ou mp er 6 


mis aux Mi faints lieux,ou à l'hofbital ce qu'il luy plaira, & iugera falutaire à fonanie en (és €fCrits 


Paie & que fa volonté foit irreuocable, Voyez encor la feuerité de ce Prin dela gloire q 
. Tiltr.22. des car parlant des religieufes voilées quoy que non facrées, il veut qu'elWoutT€ €n A 
Nonnains … demeurent en la religion fans que iamaïs leur foit permis de fe marier CARS OPINIONS CE 


on, & autorité 
srité , & d’une 
buer ceux defqu 
uer, & amener 
jles. UT 
Cegrandracom 
adouans (du no 
kparens des Ro: 
atenor (celuy 
deur de fa sité).1 
ndant en bons cl 
tque toute celle 
5 de ce Padouan 
les Greczmire 


voilées. Ordo (dic-il)tousles Chreftiens doiuét confiderer , qu'entre nous qui fomn 
nances de lon dy monde, fi quelcun auoit fiancé vne femme, & ne luy euft donné qu 
Ziefme dure anneau pouratres du mariage, & là dit eftrefiéne: fi apres celail en pra 
£"° de Luit- yne autre; il eft condemné à l'amende felon la loy du païs:à plus forte 
frand. *. fon celles quifont liées à Dieu, &à fa glorieufe vierge mere , fault q 
gardent la foÿ perpetuelle, & inuiolable: & veut quele feul Prince d 
gnoilfe de ce crime, & en iuge felon que bon luy femblera. Et d'autät q 
… , Tesännaliftes chatouillans ceux qui n'ont guere leu d'hiftoires accufent 
ROS Lôbards Roy, & ceux de fa nation de rebellion à l'Eglife,oyez ce qu'il dit au til 
ons regie vinot & quatriefme, parlant de ceux qui font nais des nopces, & mari 
ep ape chef illegitimes, & inceftueux : contre lefquels il faigrift, & confifque l4 
de l'Eclifé. * bien:Nous auons aioufté cecy , d'autant que le Pape de la cité de Rom 
Tibtr 24+ de qui par tout le monde eft le chef des Eglifes de Dieu, & de tous lesp 
sex qi font ftres nous à admoneftez parfes lettres que nous ne fouffrions pointq 


rex dems- telz mariages foyent faits en noz terres, & feigneuries. Ie pourroyal@f"""" FES pour 

rage He guer d’autres loix,& façons de vie de cefténation , mais le prudét leGe@ nt IOU Ours pr 

Junx. fe contéterade ce peu, &penfera que ie n'efcris pas l’hiftoire entiere, ifip"®mier mary. / 

au fs 'étiléent éd aùté celuv'auia Gicleliure d des natoWraccoftant des E 
pourfüis feulément ce que celuy quia fait le liure des mœurs des natio® 

à mis en oublÿ;ne voulant que fi braucs nations que les Lombards, &uli°U0YEnt perc 

tres démearaffent arricre: poyentnouuel 

Jo A ntles Euganc 

Ai l'arreft pour | 

où premier ilz 

fut furnommé d 


ie talique, difar 


Des Prnitiens, ©. leur origine, G+ Batiment de leur cité. : Liste 


Ghefe 24jt AE 
Lorna E feroit ce pas foublier Iourdement,f aÿant pourfüi- 
GEAR uy d'vn fi droit fl la plus, part des peuples. & nâtions è 


DREDLE de l'Alie,& Afrique:& efpluché ce qui efl de plus fin- 
NOT gulier en Europe,nous laifiôs à part, &:comme chofe 
EU aide vil pris la plus fuperbe ité de l'vniuers, & la repu- 
MANN O blique la mieux ordonnée, & policée que l’on fçache 

ENS auoiriamais eftéau monde, ne quiayt plus duré en vn 
Laintegrité telle qu'eft celle delafeigneurie, & principaulté florif- 
sde Venife?la n'aduienne que pouffé d’vne haineenuieufe,ayät tou- 
Lombardz,i oublie çe peuple ancien, & maritime, lequela fucce- 
une belle partie des Prouinces uiettesiadis à l'Empire Lombard, 
necftantalfeuré que les Venitiens nous doiuent ce que ilz font,com- Femitiens à": 
tans de eurpremiere fource & origine Gaulois, & fortis.d'vn coing prefént rien. 
imefprifer denoftre Gaule. Et d'autant que Sabellique,homme qui nent sue par: 
een fes efcrats iurer la guerre au nom Gaulois, veult priuernoz an- tie du pays 
de la gloire que l'hiftoire leur accorde en ceftendroit, auant que Lombard. 
koutre en la confideration des mœurs Venitiensnousameneronsles fabe/igmels, 
ésopinionsdes auteurs, & yaioufterons noftre iugement, non fans.1. decad ride 
on; & autorité vallable des hiftoriens remarquez & de grandeur, PA: Penitins 
rité , & d'vne fort grande antiquité .. Mais pluftoft vous veux-ie enne.  : : 
puer ceux defquelz les enuieux du nom Gaulois farment pour fe-Zraliensen-. 
mer, & amener les peres & maieurs des Venitiens d'ailleurs que des reuxduno 
les. APP ee OAI RATER Gaulois. 
Cegrandracompteur de fables, & babillard Tite Liue,pour ramener Tite Liue li. 
Padouans (du nombre defquelzil eftoit) des fuytes de Troye, &les x. dés la cite. 
kparens des Romains lefquelz il flatoit auec fon hiftoire, nous batift baffie. 
atenor (celuy que Homereen fon Iliade prouve pourtrahiftre, & LÆntener tr4 
deur de fa <ité) lequel conduit de Paphlagonie les Henetes peuple hf Troyé. 
ndant en bons cheuaux, en ce coing du païs Adriatique, & defquelz Foy Homere 
Brque toute celle cofte à depuis portélenom. Or voicy les propres en l’Iliade. 
sde ce Padouan:En premier lieu, il eft tout euident, que Troye cflät Henetes peu- 
les Greczmirentau fil de l'efpéetous les Troïens,exceptez Enée & ple de Paphle 
Msror , tant pour cftre detoustempsleursamys, & ce que aufi 112 a- gomie. à 
Miottoufiours pratiqué la paix & confeillé que Helaine fut reftituée à 5 rowt y wow. 
premier mary. Aduint depuis par cas, & fortunes diuerfes, que Ante- rur d'on font 
faccoftant des Henetes peuple de Paphlagonie,. lefquelzau fiege de donc defcédue 
ieauoyent perdu Philemene leur Roy, & quichaffez de leurpays les François, 
hoyent-nouuelle demeure, vint au recoing dela mer Adriatique , & gws JE vanièt 
Ént les Euganées(lefquels fe renoient entre les Alpes, & laditte mer) du filsde He. 
i l’arreft pour les Henetes:; & Froïens de fafuyte, tellement que le éor., | 
où premier ilzfarrefterent-portoit le nom de T'roye, & tout le peu- Ewgancerper.. 
futfurnommé des Hencetes. Aux fonges de ceftui-cy foufcrit le Poëte pl. #driatie 


italique, difant ainfi, biubob ol s1bass!-ni JUS £a api 


M « 


. al 


S ilie Italig  .. Duterrir Eugahée alérs 'éffèrt Troien 
8. ui faymant Æntener dechal[é de fon bien 
S'arreflaen ces lieux,@ Æquileu infigne 


Ærméey arrius auec le [ecours fien. 


Tremfà ne jh; 


fait le com-  |efueries de l'inuenteur. : 


mœurs aux quelzne different ny en mœurs 


Gäslos "ment fontilz didersen langage. 


KA LIVRE TROISI 


facons de faites 8 l'habi 
euple! 
ans ;'&c0 


n 


TEE l'originé du 


ESM 


Æuec les Venitièns tranpe forte, © dinine 


Voyez vous qui eftes diligés recercheurs de l'hiftoire,& aduifeztese 

fes de pres comme Liue f'abüfe, & ne pouuant éôduire les Troyens y 

peupler lé païs Euganéen,d'caufe que Enée äuoit les troupes pour dre 

l'Empire Romäin, il eft contraint d'emprunter la Paphligonie, &Hif 

l’hiftôire vraye de ceux qui longs fiecles au parauant ;'auoÿ'ent peuplé 

la cofte Adriatique, & les Carniens,Carinthiens, Iftriens, & Pannonie 

ainfi quenous auons affez bien declairé ailleurs ; & pource n'eft befoi 
de lerepeter fifouuent:& fid'aïileur ien'euffe trouué Liue menteur 
Ænnie T4" fibuleux;ie luy eue laiffépaffer cé coup, &'euffe volontiers couuen 
copin ef cel jeu pour celer' fon peu de diligence . Le ay bien que fie vouloÿ à 
quifat les” fer foy à ce baltiffeur dé Gencalogies Annie en fes Commentaires iln 
peuples a fa * à fable qui ne nous feruift pour vrayehiftoire,ny allufion de nom que. 
pofre far l'abr ne raportaft foudain à la verité de la chofe: & m'eftonne que Fra-Le 

… lwfondes : : re Bolagnoïs’eftant fi diligent recercheur qu'il ef, fe foit coiffé d'vnp 
#08: reil bonnet de nuit,que fon confrere le Vitérbien, fi ce n'eft que ref 
Fra leandre | fefuftainii efparé comme és autres:d'autant que feft ant apuyé d'vnf 
4 D Mt ce pour fuporter le Faix de cefte preuue, qui font les fragmens{ 
oire de Caton, laquelle nous ef autant fufpecte,que défplaifantes| 


mUM errehr.  Ccbonreligieux pournefembler contredire à fon Anierfie péfoisd 
inf in. lin, 20 Annie)ayant allegué vn autre Magalin de fables 'fçauoir Troguc,ou 
Pobbe;lim.2 abregeur Tuftin,lefquels tout ainfi que Liue veut auâcér lé Troïehs,hà 
cent la gloire des Gregedis ; neahtmoins font defééhdre les’ V'enitiens 

Ja Paphlagonie, fous la conduite du traiftre T'roïen Anténor.Ce bonh 

me(dif-ie, ayant allegué Tuftip, dit encor que ceftilluftre hiftorien G 

Polÿbe eft de mefme opinion : l'ay féilletez lesliures de Polybe, & 
tammentlepalfage allegué au fecond liure par les Bolognois,ou tant 

fault que l'auteur die rién à fon auantagé,queil y contredit ‘éuidemimet 

HA & duquel telles font Îes parolles : ftifant mention des Gaülois & de let 
penitiens ref anciennes conqueltes:Les lieux voifis de lf'met Adriatique font hab 
fermblans en par l’ancienne racc des Paphlagoniens. Ceux: Cy fapellent Venitiens | 
,ny'en l'häbillement aux Gauloys , féil 


cAprés Ah= Les Paphlagoniens font mis enieu ; tele Confeffe, & d’Anteñornÿl 
tenor (ff1e-" Troïcns,pas Vrifeul mot, mais oyez que l'es 
mir à fuft) ment font Gaulois:ä quoy tend cela ? {FéE n 
tout le pays” Fil eft Paphlägonien, ç'ont cité depuis les Gaulôis, qui but 
Eugante far queftans l'Italie peupleréntcepats, auMibien que la Romaigne & 
pofidé parles belle partie de Tofcane, & prefque toute là Lombardie! ce quei 
Ganlys. : Liue n'a ofénier, & Fra-leandre le déduit doctément en fon Italie, 


CL 
tu ‘ 


‘D 
ementionn 
pe ce font les ( 
Dire, & auancem 
Le des enfans de 
jeCifalpine, & 1 
rauéc fes Troye 
incogneu CÔme 
Limaseneftre fr 
pee fibuleufe:8 
jrque fes Veriiti 
wrope la plus bra 
Mtles façons mofl 
mages pour le P 
dement, veulé p 
bles, & la foule \ 
que Liue, & T 
me chacun de for 
fnger.Ceftuy pa 
Le rents furlan 
niésains les dit eft 
defcendaz de leu 
kPeoniens,lefque 
scomenouuell 
hy des contrariets 
plus ignoransn 
bre, & ne voulät al 
pren difant qué le 
zau païs Adriatiq 
bonefe ainfi que n 
entles Tofcans d 
éplusfage,lequel 
ieftoutre lePo e 
bitez partie par le 
lesmonts, & en ! 
Gaulois font p 
nitiens il y à deux 
re défcenduz d’a 
quelz portent Inc 
itdefcenduz de 
auge Ahtènor, 
lieux d'Htalie!&c 
Blanocriture dès 
mp 
ileftudint dei 
Ments,ainfi que 


D'E L'EVROPE.. . 15$ 
Lvbele mentionne au lieu fufdit:& parle ainfi des Venitiens pour mô- Bero/êr. des 
que ce font les Gaules à qui ce païs marin doit les premierStraitz de deflorar. 
Dire & auancement. Mais que direz vous de Berofe qui fait fortir ce Fenetre flX de 
te des'enfans de Phaeton, & d’n Venere filz d'Éridan Prince‘en la Eridan. 
ne Cifalpine, & là deffus Annie füitnoftre party:entät que voyla An: _Ænnie fie 
rauéc fes Troyens & fugitifz de Paphlagonie defapointez, voire du 2er96. 
Hincogneu côme ceux lefquelz (ainfique croit Dion Pruffien) nefu- Dion Pruffiè 
bumasen-eftre feulemët en ce remarquez,qu'Homere en a! ernbel lÿ nye que r4- 
pee fibuleufe:8&ç ainfi Sabelliquele perdroit tout content, qui ayme mais Troye : 
que fes Veriitiens foient fortis del’Afie eféminée ; que de la natiô 4 fé, 
urope la plus braue, la moins douillette, &à laquelle encor reffem- Fénitiens res 
tles façons mofles , & feueres des Venitiens. Oreft-ceaffez amené tiennent en. 
bfages pour le party contraire, lefquelzne nous endommagent pas core le Éramte 
dement, veu lé peu de fuyte de leur hiftoire, & qu'elle eft fondée fut ré ancienne 
bles, & la feule verifimilitude,oyons ce qu’en dit Herodote, & lors des Gaulois. 
iique Liue, & Tuftin prennent combat côntrele pere dés hiftoriens; Æersdote lis. 
me chacun de fon cofté deffende fon fait, & fereuenche du tiltre de nommant les 
fonger.Ceftuy parlät des Thraciés dits Siginnes les auoyfine des Ve- penitiens les’ 
fe: tenäs fur la mer Adriatique fans parler rié des Troyés, nÿ Paphla. Paphlageniès 
ésjains les dit eftre fortis des Modes: & fi ceux-cy euffent efté Troiés rit:Zine ls. 
defcenduz de leurrace,il n’euft ia oublié de le dire non plus qu'il fai& 9:dérs,4. dit 
kPeoniens,lefquelzil dit eftre venuzen'ce pays Micedonien des Teu Le pais Venis 
ns, come nouuelle colonie des Troyensen celle terre. Orfuisicef- rien bubiré” 
hy des contrarietez de Liue qui ayant faiét ce peuple Tioïencraignant pur les Gau 
plus ignoransne fe mocquaffent de fon peu d'aduis & fçauoir en l'hi los. % 
bre, & ne voulât abiurer fon dire, & faire'vi defdit,couure fa faulte ail. s#r4bon lis. 
ren difant qué les Gaulois eftoient Iés derniers & plus frefchemét ve. Ce ons ceux 
raupaïs Adriatique pour l'habitér,ce qui aduint lorsque Bellonefe & dénes en 
boniefe ainfi que nous'auons deduit ailleur, coniquirent l'Italie, & chaf Brera; ne-pet 
tntles Tofcans de leurs douze principautez & féigneuries, Strabon a ple M puif- 
plus fige, lequel fans y affcoir autre ingement,a dit parlant de la regiô fanres riches 
ieftoutre le Po enItalic:Le refte fdit:il)eft delà le Po, or ces lieux fôt 
bite partie par les Ligurés, partie par les Gaulois; qui fe tiénrient"& 
lesmontts, & eh la cäpaigne,lés vns font Gaulois; les autres Venitiens? 
s Gaulois font parens des autres qui habitent delà les Alpes: quant aux 
nitiens il y à deux opinions touchant leur origitie: Aucun les eftiment 
té défcenduz d'aucüs Gauloïs qui fetiennentle long de l'Occes, & 
quelz portent mefimenom que ceux-cy.D'autres font d'opiniô qu'ilg 
ndefcenduz des Henctes,lefquels apres la guerre de FroyePeltäs fau: 
age Ahtenor, prindrent dé Paphlagonie atdnt'icuf courfe iufqu'en Pr" 4e 
slieux d'Ytalie:& faitfent de eue prébue que ce peuple'eft fort ado m#tigre" por 
Alanorriture dés IChetaux, detiquelle à prefere il ne tiénfiénit auci dire Les penis 
Impteittiais tds 112 da AU Eat que ceu% rrens frtisde 
ifeffudient decirer des mulets cmfafänt accoupler les afnes auec les P4phlagite ” 
Ments,dinfi que dit Hôméte. di it é ss Cd: sisi 


nn 


Qgiÿ 


LIVRE TROISIEME 


sh …Laréce des muleti d'une grande VIgUeUr | Gaulois ; vel ( 
Hoemert.. Des Henetes à fouree cr 117 en ont "honneur. ; | refus Chrilt 
A : [ \ ” ] } js voyez que T 
Voire Denys le Tyran de Sicile,tiroit de là les cheuaux qu'il adem que ces peupl 
Cheuaux lou: pour les ieux olympiques:de force qu'entre les Grecs les cheuaux VS; vainquirent le 
A desHenetes tiens eftoient recommandez fur tous les autres, & euft cette race che ntàl'origine d 
Strabes 4. line gréd bruit par longs liecles en érece.Mais la chofe eftant en fu rvoifinage a cfté 
Jeultient les. &Strabon nous enliffiot le iugement,ic fuis d'aduis que pour lepk ulois : & ceux q 
prnitiés dftre feuré (eftant la Foy fufpeéte de ces courfes fongées des Troyens ) née cout le trait de 


fortis des arreftions noftre opinion fur la chofe plus que veritable, & laquelle yrefté l'habitati 
Gaubis.… leshiftoriens fouftiénentæes Gaulois, fe faifans feigneurs de toute crie, 
De céfeba-. cofte Adriatique, de la Dalmatie; & d'autre cofté de tout le païs auo{i Rite à monftr 
saille,vey Ce- nantles montaignes iufques en Hongric,ainfi que ie deduis affez amie à prefent e 
Jar. Commen. ment en Gaule. A quoy faccorde Strabon,quandiil dit:11 y à vne malle elt oriffan 
li.3e des Belges,pres de l'Ocean, entre lefquelz font les Venetes qui con l'Empire de 
Decesy, voy tirent fur mer côtre Cefar:puis adiouffe,'eftime quece font ceux memoire de nc 
Frar Leandre quelz font defcenduz les Venitiens,& quiconduirent vne Colonie à de Turquie . Il 
enfin Italie. mer Adriatique, veu que le refte prefque de l'Italie fut poffedé des ctoire qui n'ayel 
Gaulois meil. 10ys, qui y paflerent de la Gauletranfalpine:telz que furentles Boies, ES Tolouze par À 
leursguer- … nonois, & autres:mais à caufe de la fimilitude du nom , plufieurs les oFrançois)feit par 
riers que ba- eftimez fortir de Paphlagonie , ce que iene voudrois point mainteodätez qu'il brufla 
billeurs. : Voyez commeice grand perfonnage fen arrefte à la verité, fans fe foucéulie,& paffant là 
Plufieurs païs de l'opinion commune de ceux qui aymoient mieux fonder leur origna bataille. 
nommez, des [urvn peuple effeminé & chaffé de fon païs, vaincu par des arecs, quiodi C° Roy furieux 
Gaule.  (eruy de ioüet à tout le monde, pluftoft que fuyure ce qui eft,& fee pour la mx 
Haly-carnaf feffer de Ja race la plus gaillarde de l'vniuers, & du peuple, qui biéfafndbyent des querell: 
fe lix.desors. 8 fans efcrire f'eft faiét cognoiftre la frayeur & des crecs & des Latindiléequi pour lors 
\gi. de Rome. & qui à conquis, & polfedé leurs terres auec telle gloire, & felicité akc5ca,& mit en ce 
Cernill,Tacs- leur nom y a demeuré par plulieurs fieeles,ce qu'on ne peut dire(fné doué, Monfelice, 
£a ls.des An: fongeñt}des Troïens:veu qu'Haly carnaffe efcriuant l’hiftoire Romaï@uites qui defiales 
#ales. 13. donnel'honneuraux Grecs dela fondation premiere de Rome , quiilege l'en eftoient 
: qu'il fçeut que les Romains fe glorifiaffét d'auoir eu vn Enée fugitif po Vcnife, & ceux d 
chefde leur race.Cornille Tacite encorne diflimule point celte nat calte,auec leurs | 
eftre defcendue des Gaulois, lors qu'il parle de la confulration faicte à R&&: fe fauuerent du 
me du temps de Claude Neron fur la reception des eftrangers en la boutkitez de leur dem 
geoilie & fenat de Rome:car voicy commeil en difcourt: Vous femblel Or y auoit il plu 
peu de chofe que les Venitiens & 1nfubresfoyententrez iadis par forte Venife, qui fer 
en la court, fi encor’ on n'introduit'la captiuité en icelle par l'affembl@ireiter quelques 
Alf « pre. reccuë des eftrangers. “as RATS édetouttemps f 
font pers vil : Quel plus grand honneur fçauroit on faire au refte de noftre ny qu'aduint le 
Lege en gourr bleffe? Puis adioufte : Ce feroit bien raifon que ceux-cy pour eftre 1h, ce aduint : 
&oigne on i4-. ches foientauancez au Senat,les Perès, & ayculx HR PS eflc cs nie pour paffer 1 
- disfutle … duétsursdesarmées ennemyes de noître cité , &.ontmisnoz (oldats eux, quoy que 
grand. cité filtrenchant deleurs glaiues, & afliegé Tule Cefar dans la: cité d'Al, Bins en Languedc 
Ælexis, Que voulez vous de plus cler & euident pour recueillir ges Venitiense, fins doute le 


Te -é pour la mor: du grand Capitaine AEtie, & qu'auffi les Goths, 


"DE L'EVROPE. : 156 
Gaulois, vob qu'iln'ya eu nation iamaisauant la mort denoftre fei- 
rfefus Chrift;que les Gauloys, quiaye faccagé la cité de Rome: & 
jsvOY6Z que Tacite racompte cecy des Infubres & Venitiés, pour au- 
que ces peuples eftoyent defcenduz dela race, & fang de ceux qui ,/°.7" 
svainquirent les Romains, prindrenc & faccagerent leur ville . Voyla 7 YPrie, 
ntèl'origine du peuple Venitien;qué ie dis noftre,euefgard que tout F2 40 
svoifinage a efté côtraine defe confelfer auoir pris acctoilt par lenom ‘#4 Comte: 
ulois: & ceux qui fe font amufez à cfplucher l'hiftoire nenient point 
tout le trait depuis Pole, tournant vers le Forly, & marche Treuifane 


efté l'habitation des anciens Gaulois , qui de là pafferent en Ger- Dee de 


nie. | acité de Ve 
Refte à monftrer le commencement de celle tant fuperbe cité qui nife. 
ble à prefent cftrelaforme &vraye figure de celle Rome ancienne, 4#file vais 
dleelt Aoriffante, & riche, & non moindre qu’Athenes, lors qu'elle ‘Pr Les Re+ 
jtl'Empire de la mer Méditerranée, faifant tefte aux Perles, comme "4%: 
memoire de noz peres,les V'enitiens ont fait contre le tyran effroya- P anlDiac,. 
Be Turquie . Il n’y à donc prefque pas vn qui ayttant peu foit goufté l5.5.des geftes 
loire qui n'aye leu,ou entendu quel rauage Attile, (ayant efté vaincu 4€ Rom. 
Tolouze par AEtie general de l'armée imperiale fecouru des Goths, L'?Hf. Rymai 
rnçois)Feit par cout où il affa, & quelles furenc les villes, & excéllen "4/06 /e nom 
atez qu'il brufla,defmantela,mit à bas & faccagea,courant tout le païs #’Ewfrep. Vs. 
ulie,& paffant là deffus fa colere en fouuenance du deshonneurreceu 1$: : 
Blond.li.3,de 


la bataille. 
CRoy furieux, pollu du meurtre commis en la perfonne de fon fre. lin.de l'Em- 
pre. 
pyent des querelles enfemble, en vint en Italie, & afliegea la citéde A- Ce aduinf 
lée qui pour lors eftoit le chef detoutle païs Venitié, laquelle il print, l'47 4 gra 
cgca,& mit en cendres: n'vfant pas de moindre douceur à l'édroit de #55: 
doué, Monfelice,Efté, Vicenze & Verone . Les habitans des citez de- 54 © r#i- 
ites,qui defiales auoyent quitrées oyant attile auoit misle fiege à 4- # de la ville 
lege l'en eftoient fuys en l'ille de Grade,où à prefent ef le Patriarchat 4.Æ7lege. 
Venife,& ceux de Padouë auoyent enuoyéle thefor de leurseglifes voy fabellig. 
ealte,auec leurs femmes, & enfans,ainfi que les autres peuples voifins De44.1.H:1, 
fe fauuerent du tyran , fe retirans en ces Paluz ayans perdu leurs païs, 72 /-C édide 
itez de leur demeure. biz. delhif, 
d AÆquilege. 


ateran li, 


édetouttemps peu foigneux de remarquer les chofes au vray)fur le 
ps qu'aduint le premier baftiment de Venife : mais quoy qu'il en 
k, fi ce aduint au. premier voyage d’Attile lors qu’il laiffa la Pan- 
ie pour pafferles monts, ce fut l’an de grace , quatre cens trente °° 


pay Sabelig. 
liu.1. l'Ene=. 


deux, quoy queen die Volateran : mais fi ce fut apres la deffaitte des 
ns en Languedoc, & au mefme temps qu'il pilla, & ruïna Aqui- 
; fans doute le cas aduint l'an quatre cens cinquante & cinq, & 


Polater 4r de: 
dagegraphe 


TUE : L'EV RO!P E.;. :. 157 
conf veu leplant devos maifonseftreaflis, & dreffé.. Venife re- 
anés, & pleineiadis de grand noBlefe touche de {es finages vers le 
Le &Padouë, &cle terroir de Rauenne: vers l'Orient elleiouïft du 
kr, de cftendue de lamer Jonique,;ou le Auz, & refluz d'icelle ccuure, 
jcouure à diuerfes fois, & fucceéfliuement i: face des champs qui l'a- 
frcot, C'eftlà où vous hebergez & y auez vos domiciles:tout ainfs 
les oifeaux deriuiere, veu qu'en vn moment on voit voftre Cité 
Wire , @& fou dain elle apparoitcomme terre ferme, & continente: 
Jément que vous penferiez N cftre les Ifles Cyclades ,ou für l'inftant 
ns voyez vn changement de face, & figure du païfage, D'autant qu'à Îles Cyclades 
jrrefemblance, on aperçoit les maifons efparfes par l’eftendue fpa- /97 € la mer 
jfe de la mer, dreffées ainfi infüulaires non par la nature , ainsbafties sw où Ær. 
jhdiligence foigneufe des hommes. Veu que la folidité de la terre y‘ spelague. 
Wiemblée ; & vnie auec des verges, & liens d'ofier, &necrainton 
at d'oppofer vne matiere fifrefle, & legereaux flots dela mer, lors 
tapefanteur, & effort d'vne leuée de pierre ne peut refifter aux va- 
qui par diuers canaux fefcoulent en voftre cité: & y eft remedié fans 
 ougrand trauail, où les grans efforts , n’y ont peu donner fecours 
lconque. 
Les ri ont entre vous vne feule abondance, c'eft de fe nourrir à 
Bic poiflon:C'eft là que le pauure vitefgalement auec leriche,vnefeu 
ande contentant & les vns, & les autres, & que tous font logez de pa- 
le forte, fans qu'ils puiffent auoir enuie fur la magnificence des bafti- 
ns chafcun de fon voifin:& viuans en telle maniere, & auectellemode 
b& attrempance, ils efcheuent , 8 x me le vice, auquel on fçait que 
ps les hommes font fubiets . Tout voltre debat gift, & confifte és fali- 
ken lieu de focz,coultres , & faux pour cultiuer , ou couper les fruits, 
pmaniez les Cylindres, c’eft de là quetirez voître reuenu , entant . , 
lniceux vous poffedez les chofès miefmes que vous ne faites point : la Se? r6/:f 
mnoye,n'y eften vfage que pour lewiure, & tout fruit fe raporte à vo- 77e des 
fcience. ; Venstiens. 
Ily peut auoir tel homme quine fe fouciera guerede faire amas d'or: _.. ; 
n'y a aucun qui ne defire d'auoir du fel en faneccflité, & ce à bon Cohndre, cf 
tentant qu'il n'y a viande quine luy doive fon bon gouft , & faueur. ronless_ pour 
tftecaufe, les nauires ; lefquelles font liées à vos murailles comme aplanir Le el," 
beftes à l'eftable, calfeuftrez les foigneufement à finque quand 1e 2"##fre che= 
fexpert fe: pneur Laurent,que i’ay enuoyé pour la prouifion des cho-J** 
fafdites, vous en donners l'aduertiflement, vous y veniez auec toute 
rence, à fin queneretardiez ce qui nous ft neceffaire par voz diffi- 
dt entant que c'eft en vons de choifir lacommodité du voyage felon 
lpofition de l'air, & du temps. Voyez la fimplicitéancienne, & le 
nencemenit dé ceflé grande <ité qu'on eftime Fornement de toute 
rope : & laquelle quand cecy futefcrit n’eftoit encore que baftie de 
ÿs à la façon de Rome lors que Romule y drelfa ie premier fondc- 
mt, reffentant plus fes cabennes,& loges ru res magnificence 
on y'a depuis dreffé, apres que la cité euft cité bruflée “à d'autant que 
as 


Piure des 4#- 
ciens habités 
de Penife. 


LA Es PUR RES à ru à TR 


,. | ÿ & —. via ais sk sie 
LE LIVRE ‘TROISIESME 


HE: 
nclque defo 


= Jorschafcuny faiGitfon:logisde terre &:torchis:;ainfi quels che, ; 

s Tate De- prefentoit', commeayans en fanrafie de fe retirer enileur païs dés Un # ire.iurifdiétion 
sad.s.liur. 1 Barbares {en feroyent allez deleur terre.Mais voyans.que la chofe aoires, defquel 
en empirant, &: que les Huns ayans fait leur courfé, kesLombard MR, & feigneurs d 

oyent defia leursieux;:ils oublient le premier defir. de plus reto:rne ou qui eut des 

térre ferme, & baftiffent Realte,qui à prefent eftle lieu principal del pheureufe vie, 

té, & ou eft bafty le Palais Ducai, & le temple magnifique de fain@ M hinancantie. Et 

Patron de la cité maritime. Dreffent aufli Grade pourde fiege de leuy ben l'homme, êc 

, mat.aiafi qu'on le voiteftreà prefent:& en forme mefnagent 6 bien M. les honneurs, € 


equele Venitien 
tement du Senat 
inne f'eft conuert 
dludient à autre « 
Ldela gloire del 
Ltudefe monftre 
Hequelagloires 


: tes chofes comme defirans fonder (ainfi qu'ils ont fäait)vn fie ge durab] 
ces peuples fugitifs, & amys, & de leur liberté: &.de Ja puritédelan 
gion,& ayans donné quelque beauté à leur ville, foudain commence: 
a tafcher de l’enrichir de bonnes loix, fainételpolice, & de Magiftre, 
tinffent La main au gouuernement, defquels il nous fault quelque peus 
courir au chapitre qui fenfuit. 


À bcent parade de le 
Des Magifirats anciens © mdernes de Venifé, © de La police amides,contens q 
D id fer publie d'icelle. pooncitoyens. Et 
ASS SANITLE v,& defireux de] 
Si lon compte Chap. 25: s00S VN PEU, COMN 
dé lafuye mileseflire. .; 
premiere, ile | Orce peuple, con 
1147. 485, ff E fault fefbahir fi on voitles affaires Venitiens fee, auffi en dreff 
de la fèconde EN Xe bien portez iufqu'à l'hure prefente . Et fi en ofnguliere pruden 
il n'en s que ( “AY censansouenuiron, qu'il a qu'elle eft baftie, iinn feul exerçaft pr 
113. RSS ctranger n'y donna attainte par armes , iaçoit queMore bon, quelef 
Penifenon ie È fe) richefles grandes qui fontenclofes dans ceft.enc@lx des affaires (air 
maïprifé jar marin, foient affez fuflifantes d'allicher vn cœur motions, & partiali 
effranger. NS ennement conuoiteux, & de les fouhaitter, & dede caufer la ruy 


u à l'eftat de Fle 
fule troupe cho 
fen vnfeul lieu,ai 
Jegouuerner la ci 


Rome fouillée cher d'en auoir la iouïffance:mais quoy?elle n’a point eu fon commen 
par le ang ment par effufion iniufte de fang comme l’Empire Romain, & lesm 
d'un defes dela cité chef d'iceluy quifurent fouïllez du fang du frere occis parff 
fondateurs. germain: auli le premier peuple qui emplift les ruës marefcageulcs 
Tite urue.bs.1 infulaires de Venife , n'eftoit point le ramas de toute forte, de vol 


Différece des & rauiffeurs dubien, & femme d'autruy , ‘ains vne troupe de bonscit il Confideré le do: 


comencemens ens Ciuililez ; & aymans Dieu , qui fuyoyent la fuperbe., & cui: aufliaucyent 
de Rome, ©: destyrans, & Barbares, ioint que depuis que celte cité eft baltie, our la queuë qui 
prnife. ne fçache dire qu'elle ayt:efté abbreuuée d'aucune infe@ion d'errdfplufieurs fiecle 
penfe no 14- iaçoit qu'en ce temps lèles herefies pullulaffent comme à l'enuy par ucique gricfue ty 
mais infeétée monde. tsauoyent duré! 


me en tous leurs 
ge beaucoup 
t{e font cftudiez 
, & l'union des. 
k guerre , & a 


d'herefie. Donc l’affemblée debonscitoyens, la caufé quiles vnitenfemt 
Monarchie la forme, &eftat de leur police & en fommeleur integrité, a eftéc 
Fräçosfé pour fe d'vne telle felicité, & duréede leur ville, ainfi-queles François , p 
quoy detelle  mefies raifons ont veu la monarchie floriffante de leurs, Roys iulq 
durée. noftreficcle , & laquelle durera ; G l'herefic,& guerre ciuie ny 0 


FDELVE VRO PE 14: 
uclque defordre : Oriaçoitqu'il y ayt eu plufieurs republiques; 
nireiurifdition, puiffance, force d'a ; & eloire de Date 
soirs, defquels ayent efté plus grands, &renommez que des ci= 
Lx, &feigneurs de-V'enifesfi eft-cequeiamäis n'y cut citémieuxin- 
éeouqui eut des loix plus faintes, & conduifant l'homme à vne bon- 
| &heureufe vie, qui à'efté l’occafon aufli que leur gloire ne feft fi 
binancantic. Et quoy que l'ambition femble eftre vn efpuillon na- smbirion 
ben l'homme, &e que tous foyent pouffez,iufqu'aux plus fäints,à con- .£,;ln n4- 
Érleshonneurs, & oublier le public, pour leur gloire particuliere, fi el en l'hoe 
gqucle Venitienà efté detout temps fi bien bridé par les loix, & fur: ue. 
jement du Senat de la ville que la longue ouftume de la modeftie: 31,4 fie des 
jee f'eft conuertie en habitude naturelle iufqu’à cetemps, que tous 
dudient à autre cas qu'a l'eftabliffement, continuation , & furhauce- 
L de la gi de leur republique, fans que pas vnen vnefi grande 
Ludefe monftre auoir rien de plus cher que le bien commun, ny a+ 
ble que la gloire de la fcigneurie:& fans encor queles chefs de guer- 
bcent parade de leurs haults faits par.ereétion de Coloffes , ftatues & 
hnides,contens que leur vertu foit painte en l'efprit, & memoire de 
pconcitoyens. Et à fin queie n'efloigne plus mon dire, qu’il n’eft be- 
,& defireux de pafer outre fur es façons de faire Venitiennes, tou- 
sons vn peu,comme en pañfant leurs Magiftrats , & l'ordre qu'ils gar- 
males cflire. ,,  : Se TRS 
Orce peuple, commede touttempsil à porté lenom de fage, & pre: sageffé rni- 
nt, auff en dreffant ie gouuernement de fa cité , il y pourueutauec sienne dref 
finguliere prudence, Entant qu'en premier lieu il ne voulut point /œwr l'efar de 
n feul exerçaft puiffance à difcretion fur la multitude, & ne trouua fa cire. 
bre bon, que le peuple (animal:turbulent & faétieux) eutle manie Effet populas 
me des affaires (ainfi.que jadis à Athenes , & Rome, )à.caufc des re fort dage> 
kions, & partialitez des grands fuportez de la populace , qui pour- rex. 

t caufer Ja ruyne de leur liberté , ainfi que depuis en É ad- Floréce efela-: 
u à l'eftat de Florence : moins farrefta fur le gouuernement d'v- see. c com 
&ule troupe choilie d'hommes fages , pour arrefter la fouucrai- mene. : 
en vo-feul lieu,ains de toutes les trois parties fut bafty vn iufte moy- 

degouuernerla cité, & de policerles citoyens qui font membres d'i- 


Venitiens €>° 
amour enuers . 
Leur patrie. 


[Confideré le dommage qui aduient le peuple ayant puiffance fur Ponrquey les 
W: aufliaucyent ils opinion que la dignitéroyaie eftoit dangereu- pensriens on8 
pour la queuë qui la fuit, entant que nul païs gouuerné par les Roys refiife d'aueir 
féplufieurs fiecles fans gouiter Je hanap amer, & de mauuais gouft Roy ir eux. 
melque griefue tyrannie , d'où au contraire es repubiiques , & po- Meflunge de 
usauoyent duré longuement, & floury & en temps de paix, & de gewnerneursé 
re en tous leurs affaires. Les Venitiens donc dés toute faifon ont pemfe. 
ga beaucoup la paix , que les troubles:de la guerre , & fur Pensriens 4 
t fe font eftudiez que aucune difcorde ciuile ‘ne troublaft leur e- mysplusde | 
, & l'vnion des citoyens , non que pourtant ils mefprifaffent du Le paix, que * 
l guerre , & appareil d'icelle én ce qui touche Ja marine , veu dela guerres 
, KRr.i) 


x: LIVRE PROISTESME 


que l'affiette de leur ville n'eft ésmode pour autfe exercice d'ârmuig mdeidis Fut cell 

de pied, foir de cheual dequoÿ auffi ne fünt puere aidez, iufqu'à cn MR rabans ROmait 

on fes a veu agrandis en terre ferme du cofté del'ftalié & Efctationie Eu peubie là où 

en départant leur poliée, ils vferent iadis dé telle modeftie, & fo or in culeicu 

| … meflange que leur republique porte la marque & d'vne principauté, oublie Déuant 
Legrand Con je, &e 1e gouuernement Ariftocratique, & d'Vne troupe choifie de pen giccompaignez 
fille qui cë. bien, 8 où le peuple femble auoir quelque préerinence. Or le fous asagnie,ou ( elle 
pole a Persée qui ordonne les loix, & d'où depend l'autorité, & du Sénat , & de to deux tefmoing: 
Lefimple peu refte des Magiftrats, et le Confeil : auquel affiftent les magnifique mes donnentat 
ple ne doit 4f° toute la nôbletfe de la cité ayant attaint l'an 25. de leur age: voire en) gr de quelle me 
ffler au grd qui y entrent à plus basaage felon le droit & behefice du fort, & bal pe d'autant que le 
Confab. k ge Qu au peuplo & ceux qui font de bas lieu: & non nobles , il fé v'afferment pa 
Æutrrité@” donnédés le commencement de la cité, que nul de la lie, & mtultirude bneué de chacun, 
poussoir foune bulaïre,futreceu à ce Confeil,en lavolonté, & arreftz duquel gifs les parcns iurer 
“rain du cofeil forces, & autorité fouucraine de l'éftat dé la Cité. etant tout mis! 
Quels font les …. Or Pappellent ceux là gentils- hommes entr'eux,cèux qui oude fu'au quatriefme 
ml leserd o% Ou par vertu fé (ont rendus fegnatez &c illaftres, ou lefquels ont fait ol des nobles qui 
leur vient Le qe grand iéruice à la AIRE , defquels lenombre en eft prefqu citoyens font:m 
noblefe. ny à Venife,& ou les cftrangers ayant fait pareil deuoir ont efté aus deuantluy; en le 


quel yaautant de 
rits, chacuñ aya 
sbalotes eft d’or, 
letdesnoms, & d 
orleieunehomm 
Patrices, & rec 


corporez &receus. Toute celte affemblée donc de citoyens qu'onnc 
à …… mele grand Confeil, & duquel depend, & le Senat, & la puiffance qu 
Zeconfeil À tousles Magiftrats, fe raporte à l’eftat populaire, & Democratie quil 
Ba figure de l'e vne des parties des gouuérnemens des eftats . Quant à 14 dignitéroy 
fat populiére elle y eft effigiée, en l’elettiô du Duc;auquel on ne limite point deter 
Le Duc Vens- pour tenir l'office, ains il "4 eft à vie, & lequel eft obey comme wn R 


tien porte La gardée la grauité, & maielté deuë à telle puiffance:fi bien que les toi ée, i i 
k et Hance: s toix Mrenrée, il eft reie 
figure royale. publiées fous fon nom, &les patentes, & defpechées, AA (ous l'aire fi ce n'eft que 


autant qu'iceluy: = 
'eftre fait bourg 
icelle. Etaduena 
our abfence ou qu 
ublic des Bourge 


Prince Vent” 8 autorité du Prince, quoy que bridé par l'autorité du Sénat. L'Arifl 
.…#ien df bnidé tie, & gouuérnement de peu d'hommes, & iceux fages, y eft painte en! 
par le Jenat. femblée du Senat & magiftrat des dix homm:s, (nôminez'entre euxC 
: Caps de dieci de Dieci) & du Confeil des priez {qui eft dit à Venife Gonfiglio di} 
«ef la forme gai lefquels font comme les maiftres de requetes en la maïlon de 


« de Eee te Roy d'autant que c'eft à eux de füre Jes raports au Senat 14 fintroduififfenrt 
cr “# .— Chantles chofes qui concernent l’eftat, & profit de là republique, & Bonime fe prefentai 
Configlso dy gneuric. ; * iraduocats n'én 
pregatr. ‘Voila quant au gouternement, & comme il eftmeflangé des trois ke au conftildès q 


ef nobleffe; 8 pa 
ipate de fon droi 
ent du corps du S 
fojgneurs de Ja 
bfnt du feñiat il ff 
eniugement ’ i 
uthefor publié en 


Enqul sage tes de regner,à fçauoir Monarchie, Ariftocratie, & Démocratie, Rd 
Je recewz.. veoir quel ordre on tient en receuant les ieuhes féignéurs qui brig 
| ëx. fre pour pe aa prit au grand Confeil, & lefquels on y reçoit/s 

44 cofesl me dit élt) moindres de vingt-cinq ans, po cé n 
mr Era 3 gt-cinq ans, pourueu que cé ne füit pl 
wocats de Ceux donc qui veulent paruenir à ce ranc, fe vont prefenter auMl 
Penife qu'elle ftrat,lequel à pour fa charge principale;le foucy de fie obferuerlés 
puifanceent, de larepublique, & lequel on appelle le Confeil des’ Aduocats . Me propos dutvüife 
qu feuls peuuent accufer, n'eftahe permis à Venife à perfonne prifBiffemble tous les 
e l'eftat d'accufateur deuant les Luges:& cft méfine l'autorité de es afaires Le requi 


: 14 DE L'EVROPE., , 159 Po 
que iedis fut celle des Tribuns du peupleà Rome: mais diuerfe , car Différence de 
iribuhs Romainisyné famufoienr qu'à la deffençe des fantafies, & vo: cer aduecarx, 
ddipeupte, là où ces aduocatz Venitiess penfent affea faire pour le avec les anciès 
rt IN ulticude en tenant la main aux loix, & les faifatt confèruer frébuns du 
ibles:Déuant ceux cy donc que fe prefente cefte ieunelleides :no= pesple « Ro- 
sacompaignez de leur pere,ou Fil eft décedé, la meré-teur y: faifènt me. 
mpagnie,ou ( elle éftanttrelpafée) les plus proches parensy affiftans, Ordre obférsé 
deux tefmoings gens de bié &-remarquez en la cité: 8: 1à les jeunes 4 receworr Les 
mes donnentatteftation de leur fang,preuuent de quelpereilz font sewnes Jeign. 
1 de quelle merc;à (Gauoir femms: de bien, & fortis de mariage legi. 4 Confe:/, 
pe d'autantque les baftards ne font receuz à tel honneur.Lestefimoins 71/65 du fort. 
pa'afferment par ferment que leur dire elt veritable ; commechofe sadss Prmes : 
poeuë de chacun, & qu'ilz le Çauent parlerecit de tout 1e voyfinage par les Re. 
jsles parens iurent que le ieuné feigneur a paifé l’aage de vingtans.Ce uns... 
eftant tout mis par efcrit par legreffier du Magiftrat, il faut attendre: Ces balores : 
fu'au quatriefme iour de Decembre,auqueltousles noms de la ieu. font de svilles. 
fe des nobles qui poarfuir;&e qui encor n'eft enregiftrée au nombre mas puis de= 
dtoyens,fontimis dansle vafe du fort,lequelcft porté au Prince , & rées @ Ær 
ideuantluy,en laprefence des Conféillers,qui en ont vn autre dans gewrées, 
quel yaautant de balotes, comme en celuÿ des aduocats ya de noms L'an.25 lim. 
its, chacun ayant vn rolletpour foy à part: Or la cinquiofme-partie té pourentrer 
sbalotes eft d’or, & le refte d'argent. Le prince tire du vafe premtier va 4c0/f@il, [ns 
ilerdesnoms, & de l'autre foudain vaebaloce,laquelle filefchoir.efère 94:07 puiffé 
lorleieunehomme efcrit en ce billet:eft far l’inftant enrolleau nombre espriser le 
Patrices, & receu pour aflifter au grand confeil. Mais fi la Balote.cft pour/gyuans. 
ntéc, il eft reictté, & faut que arréde le fort, 8 bslotage de l'année fui Zoy obuians 
ance fi ce n'eft que lorsil euft ataintle vingticinquiefméan-de fon aage,, aux fraudes 
autant qu'iceluy:eft le cemps legitime à tout-gentilhpmme:WVenitien des rableffes. 
étre fait bourgeois dé lavité, & de participerés honneurs-& changes füppo/ees. : 
icelle, Etaduënant que le pere owayeul dequelquegentithommefoit Confildes. 
burabfenee ou quelque autre ocafñ6;,n'aitiamais eftéenregiftré au liure qweranre qu 
ublic des Bourgeois äfin que fraudensffenenfuyuit,&.que plufiours 4 des sugemes 
fintroduififfent à faux parer lahoblefft;lopalftéfite, quetel © cwlsç 
bnime Le prefentanti8c toy difinc gentilhomme d'ansiense mailont, Lesienimuneltien 
12 aduocats n'én auroieht la copnoifflance; ains: ferait la caufé.rapor-.masn. 


au conféildés quardte. Et là celuy qui vouteftreréceur faut que:prqu: Loy de conf 
khnobleffc; 8 partefinoings,& par efcrits publics;-& par ce moyen on gnarion: ©... 
ipate de fon droit 8 iugent les quarante lefquelz:on choili ordinairc-;pourguer gfes 
ent du corps du'Sonar) firel doit eftre.rsceu;ounon:entre les Patricess, bre. Ere 
fgneurs de la dité. Mais afinqu'aucun ne fem alfftfans phmitioujfa; Quend Jef 
hfnt du feñat il fe difoit noble à faux tilerelaldy-portaitsqueaufs:qié /émhle Lieu 
kéren iugement , il SL AD rm céfifquez filmer... | 
} | 


uthefor publié en cas qu'il perdit fa caufe. Ec puis que trüua fomunes; “Kebab 
propos diuéviifeil maioursil fautnioterique ictluy; dés-teuté antiquicé 

Hffemble ous léshuiét idurs, quelques fois plus foüuent, felonrque 

“affaires le requierent. 2) RO SEE ST der er âuç 

: "RKRr'iij 


4 | t LIVREMROISIEME 
Grand puif  Oreft fa charge & pouuoir-degrand eftendue , d'autant que c'e, 


: , à auorès de chäcu 
| Jence, @ an qui‘crée, & eftablit toute forte de Magiftrats, & officiers de la republig Lu cor vales 
terité du coh. rant'éeux qui iu ent, &c ont commandement en la cité,eflit.le Senat, SEE dd confeil plus 


La entr de ce fort 
prefenter au va 
cor elle eft d'or, 
rtournent'en le 
font efleuz par 
que c'eft à eux à 
iernér fincereme 


Séilmaisur. confeil des dix hommes, queaulli ceux qui font ordonnez Potefi 
ougouuerneurs, & Theloriers,& Prouidadours & Sindicz par les vif 

& citez qui font de l'alliance & focieté Venitienne. 

‘Par Péfle@ion encor du confeil maiour, faut que palfent ceux qui oi 

la garde des forterelfes,les generaux des Galeres,& armées de mer | 
Liéutenans,& Capitaines particuliers de chacune galée : & afin que 

“'dié tour en Vh mot,il ne fe faitmagiftrat ny dedans ny dehors,la cité, 


y né faille qüi foit autorifé par cefte grande affemblée: laquelle auf dE f'oblerué.ie 
Loix publiées ne force, vigueur, & valeur à toutes loix faites pour le bien & entra jexcellent feigne 
parle confêil, nement dela police : & fur tout lors qu'on eft für le point d'efirel Lmrquable erud 
duran tqbe le Prince : la place duquel tient le confcil ;. iufqu'à tant qu'on enaye M n'oublier< 
Due 'n'ffen- jeu vo autre . Maisauant que venira l'efleétion du Duc nous diry a &façons de 
cor éfles.  vnmot, en paflant de l'ordretenu au confeil lors qu'il faffemble: 1} À des moindres 


Ordre gardé quela nobleffe y arriue ch acun faffeoit au premier lieu qu'il {e renco 
én l'afémblée tre, d'autant qu'il n'y a point de place limitée pour aucun, que pour cer 
generale du tains Magiftratz qui y prefident:lefquelz font le Duc, & fon confeil , 4 
cofesl maionr les trois Préfidents du confeil des quarante , Jefquelz font affis en va lie 


y venions à par! 
usauons dit,que 
we de la monarch 
n duquel ie ne ve 


… plus éminent, & qui ontfeulz la puiffance de propofer ce qui, eft à dE Luoir, & cor 

Quelx magr. en l'affemblée: : 1 Leduc Venitien 
Jfrats 4f-  "Vn peu plus bas & contre la muraille, font aflis en certains bancs dep icremét, veu 
Jloiét au con- tez pour c'eft effait les Aduocats & trois Prefidents des dix hommes, ER > y tienne lc 
fêldes Ci * bien loing du fiege Ducal;font les fieges des auditeurs tant. de l’ancie sa autres Magift 
toyens. ne,que nouuelle eflettion.: l'heure venuë du confeil,&les portes del ef quelcun verfe 
7.7 +7 dienééfontclofes,& les clefz portéesau fige du Prince, &, mifes à (1 reprend fort 

| Le Greffier an piedz. Et lofs feleuele Grefier, lequel (comme font les, Huifliers EL mains des dix 


milies de d'af: noz ‘parlenents , ‘) apelle à haulte, voix les Magiftratz , qui doiuer du céfeil. Or ceft 


fembléeen  preliderau Confeil : Iefquelz viennent faire le ferment.entre les maï I dti 
lien hauit. du Ducde faire fi bien que les loix feront inuiolablement gardées, 4 à nie rs d'e 
Serment ‘des d'accufer les citoyens qui contreuiendront à icelles, &.les punir feloi itilz ne peuuét o 


Magiffratz,- la rigueur des ordonnances. Le ferment fait,chafeun fe remet en fa plac 
debantleDue fauf l'vn des Aduoeatz, & des prefidentz des dix hommes qui fe.von 
quel. ‘"" ‘mettre vizd'viz du Prince, mais loing de fon liege, & des deux coftez 
"Joingauffi du Due font les auditeurs, Et lors on porte les trois cruch 

| prifes diners  & vafes du fort (lefquelz ès iugements font cogneuz en ce que l'vn dl 
du fort & * blanc, qui emporte perte de caufe, l'autre verd, quieft pour ceux qu 
prurquyr.  ‘ gaigniént, & le troifiefme rouge, aproprié pour l'ampliation,n'eftantes 
"©." 2! corla matiere bien efpluchée)) qui font mis deuant le fiege du Duc,dan 
Némbrede  lefquelz on met les balotres ant d'or que d'argent qui font pour l'el 
balitès pour &ion', car eclles des iugements font{comme dit eft) de toille le vafe di 
l'eleélion,  milieun'a que foixante baloftes,vingtquatre d'argent ,& trente fix d'o 
les autres déux'en ont infiny nombre qui font d'argent, mais d'or il n'4 

ÿaique VAE 1 fonttoutes marquées de certains caraéteres ab 


e du côfeil,Le D 
muuoir aucü de fai 
oindre de la noblk 
fans recompenc 
pluy fait 8e la gräc 
uordinairemen 
tire de lin en] 
kbordure d'or, : 
heen façon d'vne 
pour l'affeoir par 
nsdignité, qui ofà 
fait carreffe,hy h 
Toutes les defpe 
on eau ,tousle E 


 qué on n'ypuiffe fâire tromperie, 


‘DE L'EVROPE, - 160 

puprès de chäcun des vafes eft afais vn côfeiller choifi d'entre les plus 
Or ces vafes & balottes font là mis pour le choix de ceux qui fe+ cofillers gar 
doconfeil plus eftroiét :.( car les Venitiens ne font rien que par le dér ls wafis, 
Enentt de ce fort ) d'autant que leur efcheant vne balotte d'or, & f'al. 
Erefenter au vale du milieu,ilz en retirent vne autre pelote, laquelle 
cor elle eft d'or;ilz font receuz.au confeil du Prince, fi d'argent ilz où 
rtournent'en leur place ;.& de ces vafes vie on ainf iufqueà ce que zlfeurs des 
font efleuz par ce moyen, lefquelz on appelle les Electeurs, d’au- magifirats 
tque c'eftèeux à cflire.les Magiftratz, ayans fait le ferment de fy neuf en nôbre. 
ierner fincerement , & pour le bien:, & prouffit de la cité: lerefte . 
jyeftoblerué;ie fuis d'aduisqueleleéteur en confulte vn peulle liure 
l'excellent feigneur Gafpard Contaren patrice, & homme de grande 
lemarquable erudition:carie me contente d'en donnerle fimple cra- Gaffart Con- 
pour n'oublier ce qui eft de principal en naître difcouts qui eft des raren: Lx. des 

& façons de vie de chacunenation, Ayant donc parlé de l'efle- 44958. de rt 
bn des moindres Magiftratz, & qui en ef l'efleéteur, c'eft raifon que if 
y venions à parler de celuy qui eft le fouuerain , d'autant que defia 
sauons dir, que la cité de Venife r'aporte en foy vne figure, & om- 
ge de la monarchie en la perfonne de leur Duc, dela premiere crea- 
n duquel ie ne veux encore difcourir, me fuffant de dire, & quel eft 
pouuoir, & comme l'on en vfe en l'eflifa nt, le premier eftant dece- 
Leduc Venitien donc n'a aucune charge qui luy foitcôme attribuée 
riculicremét, veu que tous les affaires publics font de fon deuoir, & 
tqu'il y tienne l'œil deffus,eftät en luy de fe foucier de la vie & actiôs Le Due fenl. 
des autres Magiftrats, que de chacun des citoyens en particulier : afin ne feur rié à 
efiquelcun verfe mal en fa charge,il le face appeller au côfeil public, ensfe. 
Ble reprend fort aigrement de fa faute:ou fi le cas le merite,le met en. 
tles mains des dix pour fenquerir du fai, & le punir fuyuätla fenten- 
du côfeil. Or cefte puiffance ducale,eft bridée de telle forte, que le 
uc feul ne peut rien, & ioinét aux autres Magiftratz, il n'a nomplus de 
jix que chacun d'eux en fon efgard: voire les Magiftratz tant grands 
jétilz ne peuuét ordôner rien de côfequence,quine pare fousl’autho- . 1. 
du côfeil, Le Duc encor fi onfait l’efleion desoffices de la cité, n’a gs l'eleétios 
buuoir aucü de faugriferaucü des fiés,ains pale fous la loy efgale au des magif. le 
oindre de la nobleffe.Muis afin que cefte charge fi fafcheufe ne demeu duc n°4 nom. 
flans recompence, le defaut du pouuoir eff fatisfaiét par l'hôneur que plus deux. 
iluy fait &e la grédeur Royale reprefétée parfonexcelience;aufli eft.il que le moin. 
fu ordinairement de drap d'or ou de pourpre,portant en tefte côme dre. 
tire de lin en lieu de corgnne royale;auecvn.petit chaperon ayant 
bordure d’or, la partie duquel,qui couure le derriere de latefte,fef pefement du 
heen façon d'vne corne:ayät au confe:l, & affemblée vnthrofne Roy- duc penstiens: 
pou l'alfeoir par fus tous lesautres.Etn’y a homme foit-il en office,ou : 
ns dignité, qui ofäft parler à luy,que la tefte defcouuerte, &cle Prince. 
khitcarrefle,hy honneur. tel lieu à homme quelconque +. Hanteurs, 


t 


Toutes les defpefches publiques fe font au nom d : Duc, & féelléés de d ignitez, du. 


on (eau ,tousle Embañadeurs enuoyez çà: & Jà,ies gouuerneurs, & duc. 


di LIVRE TROISIEME 
poteftarz des Prouihcés & villes fubiettes à l'eftat,adroffént leurs Je 
lors-qu'ilz efériuent a SenatauPrincercomme auf toutes lois, 
parices de quelque mapiftratique de Oit,font publiées fous l'autorité 
.. ., Duc&lamonnoyetant d'or qued'argét por lé nomi& figuredup 
Six confeil- cerenfomme par tout vo? voyez la figure parfaite d'vn Roy, maislat 
lers adioinés fance fouueraineen elt du toutefloignée. À cè Seigneur font ioints f, 
fi Due," feillers,icfquelz nefont que hui@ mois ef cartiér, &cne:bougent in 
Reuens 4n.… dela compagnie du Prince,duquelilz oyérlesparolles, & fçauent 1e 
Duc de Pense Bis, 8 font cépaighés de {a puiffance/Ét afin que’la grande richeÿ 
Je abondance nerédit ce Princeinfolent fil manioit:à difcretion le the 
M grise de la cité,illuy eft feulement ordonné pour fon eftat,& mailon 3500, 


du Palais du- cuz de renteannuelle, qui fuffifent à l'entretenir, fipar cas il n'efloitm | 


est. … rebienayfé de for patrimoine, & eft cel argent pris duthefor public 
Qsatre fins ft fi chargé de defpénices que ce reuenu fen va &c plus;fansquele Ps 
quele DM ceaye moyéd'en enrichir les fienstil eft toufiours veftude foye, {a ng 
+ Jaiét aux M4. fon fort fuperbemét tapiffée,feruy en vaiffelle d'argent, 8: ne luÿ 
gMPiques GC quant rié quiappartiéne à la grédeur d'vn Prince. Auff faut que toy 
en quels ours. as quatre fois il dreffe vn feftin, & banquet magnifique à foixante 
Buccentor 4 toys & plus choifis à fa volonté, faufqne les magiftratz principaux y 
que define. {ét veñirencor"qu'ilz n'y foiét appellez.Les iours ordonnez à ces ff 
Le duc dePe- {nya fain@ Eftiennie aux feftes de Noëlle moys d'Auril, & iourde 


Me SPeufé le gare PatrS de V'enife : là fefte de l'Afcenfion noftre Seigneur ,qui dt 
de jour g le Duc accôpägné de la ieuneffe Venitiéne môte fur le Buccitc 
qui eft vne Galere magnifiquement parée & baftie pour c'elt vlage,&e 


‘ erêt,pafé les caneaux en pleine mer,il ictte vn aneau d'or eh icelle,efo 
fant l'efpoufe de Neptune, & ou aflifke l'Euefque qui benit la fiancée: 


apres cefte gétile ceremonie,ilz fen vont en l'EglifeS. Nicolas baftieg 


celléterre qui fepare la plsinemer d'auecles canaux fur lefquelz efted 
fiée la ville, où la meffe eft deuotement chantée:&cicelle finie,onrame 
Cefle Eglife 1e Duc en fon Palais, & banqnetent en fa compagnie. Le quatriefme fell 
of dele É fe fait au moys de lung, & leiour de la fefte des martyrs faint Vite, 
grédcansl  Modefte,àl'Eglife defquelzle Duc eft condui@ en grid magnificéces 
| le diuin feruice eft finÿ,le Duc reçoit à fa table vne bonne troupe dec 
Duc Penitien toyens.Et d'autant que toûtels nobleffe ne peut affifer à ces Bâquet 
… fait prefent de cft cftably dés toute antiquité,que eux qui n’y ont point cfléfemons, 
Canards aux qui font du corps du grand'corifeil,ayent en hyuer chacun de la part 
magnifiques. Prince cinq canards de riuiére pour prefent,& pour la part qui leur de 
efchoir du feftin , & c’eft'enquoy font employezles deniers que la fe 


Garde du gneurie donneau Prinice:@c en fa garde qu'il a ordinaire, mais icelle 


Prince Jans armes,afiri que par ce moyen il n'éflablit vn eftat tÿrannique en la ct 


L'élection du Duc nous la differonsau chapitre fuyéant ; àifin de con 
prédre icÿ le Senar, qui eft vne' partie des meilleures de l'éftat de Vnif 
Nombre des Fay dit G le Senat fe raporte à l'Ariftocratie & goauernemét d'vne pei 
Senateurs # troupe d'hômes fages:aufli y a41à Venife{ix vingts Jépirimes Senater 
Fri jaçoit que de néftre temps oriayt grandement accrea te nombre:los lei 
times ny'autresne font point perpetuelz étHreflatsquoÿ qu'ils N # 
EE etiltré 


Armes, 


15h 
ransfoncefle 
duleur confeien 
Hanbie bon à ta 
Du ee jy 
R Ao s 
rdelaur en 
pre, &e percent lon 
pro defes any, v 
emtreceus-cnfen 
que d'antrene Fat 
slesfoivanes pre 

adiointss& ou: 
faillersstes dix:ho: 
ages criminete, bo: 
arc apüiffance, 4 
grandes, de refpeé 
hauSenat, faifans 
sC'eft'au Senar Le 
peftant ferme 4cft 
nnance ériger 


bols, tailles, &r d'eci 
héquiert qu'on efli 


jner,& eflive, con 
jh feigneuris etc 
peter hyd'efhre 
fnbler le Soriet'& 
filaduicnt que 


quelque changé ét 


niche du fort, le nie 
ter detellochéft, 
réeu que d'vne fit 

veu 4 fats décep: 
brel Sur les C6 fules 
que los nenifiqu 


tous lei dutrésé 


7% 


ME LE PROPRES: 1 161 
ineisefoncellens :& choifis tousfesans parl'affemblée ,:& grand Senateurs «5. 
aldoquel auons parlé cy douanritoptesfois en cefte dignité ilzeflar: /7#:x, /ou-. 

mieu confeience,;Bsbien fouwentils eu:continuent plufieurs, ainfi #éf 4 nf, 
pfenble bon à la feigneurie, Lanraniere de proceder en l'éleétioneft 
bible celle des Biséteurs,de laquelle auons defia faicmention,&fe 


pmoys d' Aout, & Seprombrejeftans premicremétefleus Go.lefquels Elton des 
penande leur eleltion en efcrinrent encore d'autres, pour parfaire le S'enarenrs, : 
bre &e gettent les cartelz dans levafe du fort, fans que aucun y metrei he 
modeles ay, veu quch loy deffend que plus hoult dedeuxparens d'à 
pentreceusenfemble;atfinque les brigues cftans plus fortes d'vh co- 
qed'antréne Ffatfedr wop démmagedbles à l'eftar public, Entre ces: Deux fôrtes 
aies foivines premidrs portenrletiltre de Sonateurs,écles autres fap de Senuteurs 
intadioiness@r Ouere hesfixv ingts entrent au Sorat,fansile Ducs&os legrrimer, co 
faillersstes dix: hommes ouconfeil de Dicci, le confeil desquarante, : Mmes, "| 
hsoscriminetz, lospourwoyeurs dés viures, & fel, les Procureurs de 24 enfers 
irapuillance, &honnoir défquelz, aprés l'autorité ducale eft des s'emarewrs eo: 
grandes, de relpeétécs dela cité, lefquela tousont degré; voix, & pou: fre a Smile. 
auSenat, failanstousenfemblé le norñbré de deux cens vingt Sena= Procureurs de 
C'eftau Senat le gouucrnemét entier déla police, & affaires pubfi: #. Marc. voy 
fenne &cftablétour ce quete Senat ordonne; :&'oftablit, par Côfaren. li. 4 
Monnance &iugement'duquel & on fait lguerre, & lesaccords| les:7#ffance du 
bis, tailles; & decirhes fe leuét pour fabuenir au publie, & fianecef Sera Penitie 
hequiert qu'onieflife quelquonouuean Mngiftrat ; c'eft au Senarà le 727 Conruré, 
er, & oflire, comme auffi c'eft à'luy dé choilir les honimes fuffitans bi.3 des Mà- 
jh figneuris emoyeen cmbaflide vers les roys,& Princes éftränges: ge 
eeteniuyd'eflitelesfasesqu'izinommontlpuilanec defquelz eft. Con/éldes fa 
kmbler le Series Ar de frire les raports desesufos douatiles Rigneurs. ges 4 en:/e. 
fladaient quetquefois qw# on vubillecontraindre vn fergneur À prén- Morer renx 4 
jauclque changé qui ne lÿ agreable chacun des: Seriateurs met en PH00 viçe . 
che du fort, lenom:-ds celuy qui luy paroit le plus capablé pour fa- tilhomine à 
ter de colle chéf,& puisontire les billets, & celuy qui era lépluss 77€ charge, 
rie que d'vneftule voie l'urie partie furmoisee l'eutre ibfiulequ'o- M er15 La 
frveu & fat decdptisinde perfontie KG:1 femmble l'avoir choifi pour recair. 
htel Sur les: c6 fulrittons du Senatfruleenvendée qu'ôncflit feize h6- 
que los maenifiquesapeltent les fes d'autancqu'ilz font efliniez für Collepe des fès 
tous Pet dutrésen fageffes Poffide defquels eftSemieftre , & dinifez e/8es lef° 
isratcsile premier ayant ke churpe de propoléeau Sénat, ec quics- g/2 font 


rit 


er 


| LIVRE"TROINSIESME 

les iours de grand matin auee Je Duc, & fes confeillers pour 

queftes de chacun ayant quelquesffaireouanecnfeigneurie, ous, 

cun des Magiftrats,'& décecyilsen iugent enfiroble, «ou, fil eft bep, 

ilz en font le raport au Senat, Puis fe retirent fur les dix heures au conf 

pa Prefdent pour confulter des. grans & publiques affairestoàcfbars affis, Jeep; 
changétons: confeil(car tous lesfepriaurs vnd'entr'eux y prefide, &eft changé), 

les füpt rours: pole ce dequoy il Fault déliberer ; & chacun difant fon aduis en {on 14 

au collge des foir qu'ilz foyent d'accord,ou que les fentencés foyent diuerfes; ils 

Sages. vers le Prince, & Confeillers pour declairer ce qui feft pallé, auant qu! 

| fembler.le corps du Senat,& y font recitéesles.opinions-de chacun en 

‘ticulier par le Greffer,qui efl fecretaire du. Senat: Lequel affemblé, sp 1 En 

qu’on leu les lettres qui font des affaires de confequence,& quek OR CE 

ce, & Sages du college ont receuës depuis la derniere affemblée du SE De v: 

Nul perle an puis on.propofe les opinions de mellieurs du: College : lefquels dico S À fe 


Senat abat rent leurs aduis l’vn apres l’autre ; fans qu'il foit permis , ny loifibleA iément , acftén 
les16. du cel nateur aucun de parler,tant qu'ay ent finy de dire mellieurs' du collese Mel ppuy'd'icelle 
kge. fil y a queique Émbaffadeur nouueau venu qui vueille declairer fi chdlnencement, veu 
ge au Senat.il eftreceu par le Duc, Confeillers, & tout le college, deudhenla terre, & cer 
tefquels il propofe fon dire, &d'iceux eft courtoifementouy:lefquel: M empires. Or 
demandenttemps pour confulter : ce qu'ilz font en la façon ia declair@ifours eu pour füi 


puis le raportent au Senat, où le Prince difcourt les.requeftes de l'embdlichef ont cftécôt 
fadeur, & ouys ceux qui ont charge d'"" parler, à la fin onarreftefuyudidtat de leur pol 
J'aduis du Senat,ce qui doit eftre refpoudu audit Embaffadeur:auquel Que des Tuifs adm 
Jyt l'ordonnance du Senat, & ainfi on luy donne licence . Voila quant @rMoife, & de c 

Senat.Le confeil des dix hommes les prefidents defquels f'apellent en 1Mroys & de la Pale 
gue vulgaire Capi de Dicci {chefs des dix) eft pour la cognoiffance dBrrés dire )furét ia 
crimes, & y eft la rigueur grandement & féuerement gardée, d'autant giuis ont porté le ti 
‘c'eft des grands crimes que la cognoiffance leur eftcommife , mais àprutraineté fur le ps 
fent,eftant leur autorité de plus grand eftendue queiadis, auffi ne fonc font fouuent chan 
plus feulzés vuidanges des procez,ains y font apellez les Aduocats, & Qi le confeil. de « 


ges.criminels, & le college des figes les Procureurs de faint Marc, &odlecraux des armées 
tre ceux-cy encore quinze Confeillers nommez adioints, que non le SBPeries, Egyptien 
mat,ains les dix hommes choififfoyent iadis du Senat;là où maintenan iüce de police, 
choix eft fait du corps, & affemblée du confeil publie, 8 maiour,eftit tiouucrain dela 

fte digné fi neceflaireà Venife qu'elle feule fe peur prefque vanter deM& de la fource de 


- nir;par fon integrité,la republique Venitienne en vigueur.Et cit l'es fouucnt parlé 
iuftement dreflé en celle feigneurie que.les pauuresqui n'ont moyenWinble)de toucl 
falarier les aduocatz pour leur deffence, (ont foulages en cela, qu'il yadiR: dignité fut erig 


. Officiers commis à plaider poureux aux defpens du publie: &c d'avant »Yeu que l'auto 
hommeny eft puny fans eltreaiourné , & fans que fa caufe ne foi dtoy ens fuyans 
ment debatuëé:côme ainli {oit (aindi.que i'ay propofé) que auçun ne pds qui ont caufé 
accufer vn autre que ceux qui font du conéil, & college des aduocatz Mile donc noter, 


 Jen’auroy de long temps fait; fi ie vouloy m'amuler apres cousles ferme bafty qu 

” eés, cflatz, & magiltratz dela police Venitienne, & fil failloic lardbreluz de la mer, 
à la charge des deputez de }'Arfenal, des gouuermegredes Prouiness, M & que plulieurs 
Pouaflars des citez d'Italie,des’Fhéloriers, 8 Prouidddours; & are dc les cmpe 


| DE LEVROP EI : 162 
yndinaires en l'eftat de Ve nife: & pource laiffanc ee difcours,ië ro- 
ayà l'eleétion du Duc; & »a temps que la cité de Venife commen- 
[ere gouucrnéc fouz lenomd va telPnince.. Het ve vs 


ue nn au 


Love Ln'yeuftiamais nation qui fe foit arreftée.en l'eftat 
ARE URA premier de fa fondation, & qui n'aye changé degou- x: WA 
ej9 ucrnement felon queles chofes & occurrencesd'icel- £'erre d5 de 
ME les fe font prefentées : veu mefmement que la liberté, %/ "9frifée 
à qui eft vn des plus precieux dons que le ciel departe à 4 rmmes. 
+ vupeuple,& pour laquelle ceux mefme, qui embraf- 
| S fent (comme de leur bon gré) la feruitude combatent 
jément , acfté mefprifée pour eftablir quelque ordre , qui femblaft 
lippuy d'icelle , Cequi fe voit en l’ereétion des puiffances dés le G24%@ fre 
pencement,veu que la fainte efcriture mentionne les Geants,& puif- #75 opprefs. 
enla terre, & ceux qui les premiers planteren: les racines des:royau-/°#" dela hs. 
&empires. Orcomme les peuples les plus friants de liberté, ayent °776: 
eu pour füufpectle nom royal, fi eft-ce 4 ne pouuds fe maintenir 
schef ont éfté côtraints de choifir quelques vns pour les guider, & re= 
letat de leur police:dequoy vous peut faire foy celleanciennerepu- 
pe des Juifs adminiftrée parles iuges depuis la mort du grand legifla-. {#72 g#tier 


wys & de la Paleftine,& Melopotamie. Les Gaules aufli(comme nous “/14/nesvey 

erôs dire )furét iadis gouuernées par les eftats, & les douze Princes qui ke lin. des in. 

puisont porté letiltre depair de Françc;auant que les Roys euffent la 8 : * 

jéraineté fur le peuple:voire les François’ains que conquerir les Gau-. Ganlys regis 

ont fouuent changé de façons de police,ores le peuple ayät l'Empire, ?*” le peuple. 

pile confeil de certainnombre des plus fages,& depuisies Ducs , &?#?P4" les 

deriux des armées, 8 à la fin y fut eflablie Ja puiffance Royale: Le laiffe P#€ 4 le 

Perfes, Egyptiens, Grecs, & Romains qui ont goufté toute efpecedi- par les 

ice de police, & gouuernement pour reuenir a J'inftitutié du Magi - À2** 

tfouucrain de la grädicité de Wenife,de l'origine de laquelle ayät par- 

de la fource de la plus part, & du refte des officiers manians l'eftat, 8 

as fouuent parlé du duc,de fes digniez, & préeminéce, ceft raifon(ce 

mble)de toucher à fon elcétion, & au temps auquel premierement 

Le dignité fut erigée. Mais auant faut voir comme celte cité eftoit ma- 

k, veu que l'autorité ducale n'a paselté introduite tout aufli toft que 

groyens fuyans la main armée des Barbares fe retirerent par Jesifles cf. 

fsquiont caufé l'amas.des Venitions gdifices. 1: 

fault donc noter,queces bonnes gens qui auoyent laifélecontinët& 

ferme bafty qu'ils curent quelques. maifons &formede.cité parmy Pourquey les. 

paluz de lamer, voyans que il faudroit faire deformais là leur refiden. rribuns. e> 

us plulieurs de leurs voilins 15 fafchans qu'ilz fyarreftaffent taf- Ducx, crées 

cles empcfcher en Leur si(6 cogne quil faudrait pratiquen à en: 
y 


Lan 
Puét c 


Moife, & de ceft excellét capitaine Lofué, fous lequel ont tréblé tous #ZP4r des … : 


pepourauoir! 
gdurey il ny a pl 


ms LIVRE TROISTESME 
suffi bien les armesque lemaniementictuil des affaires / prop 
oréer certains oMfices & imagiftesrs qui feruifent-& dedans ; & dèhb4: 
entemps de paix, & de guêrre, bi lefquele fulfent entr'eux perpétue 


S'abell,dec.1. comme reprefentans la grandeur & maicfté d'vn Empire. Mais auanté Ua à coule qu 
li.1.de l'hif. mettreke sain à ces dignires à vie aucuns Chroniqueurs V'enies RÉ phare 
de tr pofent qu'on cfleut des Comfulz à limitation ancienne dès Romains, pos m4 SEA 
ConfulX pre: ce dés le temps qu'encor ce peuple n'habitoit que és lieux qu'on non@ al à Malsmocc 
… mierement … Atelem Rieëlte, & quelés premiers qui maniérent les 'affairés de 1 jes courantes eau 
dfleus 4 Pr Yenicdiènfousta pulffance cénfulaire,;fürent Galien Fontane,Syms CR 8 han bou 
nifé "" conie,@r Antoinele Chauue,®&daroit céftédignité l'éfpacé de deux M aduenoït de e 
\* mais cou qui recuicillent cefte forme dé gouuérnement, là prennenr Ms lé place nt utg 
" le temps premier des courfes des Barbares en Italie, & long rempsa dautans que ip 4 

que Atrile y pañfaft, & y foudroyaft rout le pars Voifin à la met Adr M wafchoït de l'a 
que,& lefquels officiers eftoyent enuoyez éz ifles de Padouc auant, Ki onné aux Efnpe 
ainéquelarefolution de f'errefter és marefs, Fur prife par les nations 1: & que Pepin le: 
: … liens vourmentées des Barbares, Car,fuy nant ce qu’en afferment & iRealte,y pofan 
 Cntéreñli.2 bollique,& Contaren,dés que les ifles furent habitées, &e qu'on fe ones & d6 mans al ci 
desmagif. toutrefolude farrelter parmy les flotz de l’eau, & ioing des incommô} àprefent : ou foil 
GO repub.de rev des coures des infidelleseftré ers,on efleut des Tnibuns, à l'imit@ pe contre le Duc 
penifé. ancienne de chacune cité, efquelies y auoit vn certain Baillif on got" le prince ne pe 
néurpomantiend & tiltre de Tribun: & frilloit que ces officiers ff" nôméTheoda 
blafentdioursécrtains pourtraiter des affaires communs, & pour 1 mocco, il Feit baf 
she, ordre à cn qui féroit neccfaire pour le bien publieichacune ifle anoir re de Brente dans Î 
Tribs le Tribun qui éftoit vnan en fa charge, lequel punift les fautes de fes cito pouluft fe fortifier 
énñielz, 4 à lamgueurde la loy,toutesfoisies chofes de céfequéce,& qui touchoE" contre luysle p 
venfedéx ke ecommmeftoyent raportées deuant tonte l'affemblée & confeil dgrité.En fomme & 
comencemèt. Fnfsaires : mais c'éftoir encqr en l'enfance de cèfte cité qu'on fi gout" principal et 
Flore, comme nait develle forte: veu que Flore partift les sécroiffements de Venife js fafor 2e 
treslieux infulaires. 


parrift Pac: enfance,adolefconce, &ieuneffe : meteant fous'fe môt d'enfance tour 
-… éroiffément de temps que kes Venitiens fe côtindrent cachezen leurs marefts dés Les 
Venifé. … iufqu'au temps que les Lombards vindrenit en Htalie : Cefte forme d'd 

| | eyAnteu vigeur pour quelque temps.à la fin l'experience feit cognoi 

à ces hommes fages &c de teur naturel, &ipourles grands affaults qu'il 

Pourquey en uoye endurez de fortuhe:queces Fribüns ne fe Toucians guere dub 
crea va Duc public,comme voyts leur charge expofée, au plailir du peuple, &f 
à Penifi. … sutorié qui fut de confequence:&"que porrcefle confideration]e pr 
Heracléecité fie comimwnen eftoir grandement intéreffé . A'cefte caufe ilz troune 
bre au nom que la voye meilleure plus proufitablé, &'neceffaire pour l'eftabliffem 


oyentles principal 
nitien a cfté foumis 
publique,mais dit 
pp plus d'autorité q 
licence de tout fai 
reuolte du peuple, 
rque l'vfage leur 
dtintaffuiettieà 


iance a cfté limité 


de l'épereur . & continuation de leur grandeur confiftoit à eflire vn feul à qui fat of omement de l'eftat 
Hercule qi miftlaichurge delarepublique, &iequel fut récogneu detous, con" Les vomps par 1 
regnoit l'éde leur fouuérain & prince legitimie.Atnff Fit arreftée l'eledtion du Dit nr pan y 

nelle; & dutout'pre 


grace 614. Prince prié confcrirementde tons les citoyens, & {on ri & pal 


Rlanfiruu, : cftablg-ena citénémée Heractée;liquelle Fat iadis baftié à'vn des coli un-craigaant d'e 
Py Lessdre . des mareftzoù la mer batoit en fes fluz &refluz,& Vnéiflé pres où le | y : né cart 
trenonoré de t( 


enfintrasé wePlun fengoulphe en la fer Adriatique, & teau témps de l'Eni 


de Fifi: -réurHereclie duquel auf elle porte le n6,8 à prefent celle ile ca ioix,6ciug cment 


… DE L'EVROPES 163 | 
mepourauoirle feuue tantameiné de fibles, & limons: queilo:Malamer 
gdurey il n'y a plüs d'eau qui feparelvne terre de l'autre: Pérfuc-icge Ducal 
detemps celte ville ne femblant lieu dflez affeuré pouris retrait:79" l'embon- 
mince à caufe qu'cftènt trop loingdu refle des iflettes,'& fuiet eux char dufleu- 
des corfaires, & efcumeurs,le Prince feroiten däger d'eftrotrouf”e Brenteen 
Leamenéauët qu'on en peut rien énténdre:on remuale palais fie- la mer. 
Mal à Malamocco qui eftoit vne place au milieu des canaux 8 ma- S/<çe du Duc 
Jescourantés eux, &\par ce moyenle Duc pouuoit eltre:fecouvii 4 Malamcre 
bns,&e 105 citoyens fauorifez par les confciiz &fageffe deleur!Prin-1e7 drpuss 4 
jaduenoit que les Pirate atcentaffent quelque nouueauté. 11 Kçale. 
jslaplace ne fut guere long ep honoré delaprefente du Prince; 
jdautans que le Roy Pepin filz de Charles le grand qui eftoit Roy 
shieralchoït de f'aflubietir l'eftat Venitien, pour voir ce peuple plus 
gionné aux Efnpereurs de Conftantinople,qu'au Monarque d'Oc- 
r,& que Pepin les menaçaft d:les ruiner ; &que poureeilz fe reti- 
dRealte;y.pofans auffi le lieu & demeurc perpetuelie de leur Duc, 
Es & dônans à la cité de Venife, celle grandeuren laquelleon lavoit , 
à prefent : ou foit (qui eftle pl’ vray femblable) que le foupçé du ? prfe c> de 
pole contre le Duc l'y acheminaft, & luy feit pofer le fiege Ducal en /###7 "ve 
où le prince ne peut conuertir fa dignité en tyrannie. Car eftant efleu ‘44%. De- 
nnôméT heodat filz d'Vrfeque le peuple auoiroccis, & fe tenst à cad, 1. liwir. 
imocco, il feit baftir vo fort chaîteau fur l’Eboucheure que faitla ri: ©7 47 hev- 
ede Brente dans la mer, fur quoy les Venitiés prenans opinion qu'il %# decad.1. 
ouluft fe fortifier en celle place & fe faire feigneur par force, fe muti- /#:2° 
rentcontre luy,le prindrerit, luy creuent les yeux, & le depofent de fa 
mité En fomme & l'vne & l’autre raifon y ont quelque euidence,mais 
pointprincipal eltque Realtefut choili comme le plus propre tant à 
fedéfa force ellant le mieux enuironné des courätes, que pas vn des 
res lieux infulaires, que pour fy eftre retirez les plus grids & ceuxqui 
oyenties principaux du Confsil . Ainfi dés le commencement l'eftat 
pitiena cfté foumis fous l'autorité d’vn qui prefidaft à tout le corps de 
publique,mais diuerfement , entrant que les premiersauoyent beati- 
pplus d'autorité que ceux qui font venus apres, & fattribuoyent pl? 
licence de tout faire, d'ou aufli fenfuyuoit bien fouuent lamutinerie; 
reuolte du peuple; & quelque fois la mort & ruine du Prkice : iufqu’à 
rque l'v fage leur aprenant côme il failloit viüre,en fin la vie du Prin- 
dtintaffuiettie à la loy,8c liée fous l'autorité des couftlumes dupots,fà 
ifancea cftélimirée,ainfi qu'à prefent on'la voit eftre au gréd proffit, 
omement de l’eftat publique. Or quät a l'efleétion de ce fouuerain ma. 
Rrat Les comps par leur changement l'ont diuerfifiéciencant que dés le 
imenveinent’, Lôce les anciens fuffenr conduits d'vne fimblicité nia- Les premiers 
hello;& durout'prefqne efloignes:d'ambition ; ou pour mieux parler Dasrfleet 
afcun.craignant d'auoir fur fes 'efpaulesle fardeau d'vné charge plus parle mn 
Kheufe &profitable,& ayant phis de paradeque d'effair, Fiyoie diff rudes 
Rrehonorédetelle dignité tant femblaft elle eftre excetlénte.Et ainf  .… 
choix, @ iugement eu eltant donné à la multitude, cchtiy eftoit nommé 


ET 


+ 


hfalliers, 8 pr 
dppelle Les citoy 


1 LIVRE :TRO ISI EME 
& declaréPrince;tequel eftoiten oppinion d’eftre:le plus vertueux, 
: @rprudént d'entretoutels coupe des citoyens, Ce Ordre fembl; 


&neceffaire puur lors ; n'éftant'lämulitude trop grande des Go 4 
"mais eftant apgrandie lacité, 8 le peuple augmété les plus fges cop pm gas 


fans combien eftoit domimiag -sble,& de peu deproffic pour le fai 
conferuation de l’eftat qu’vne chofe de fi grand céfequence quel: q 

tion du Prince fut commile & oétroyee à la folle , & temeraire fins 

d'vn per se lesaprehenfions duquelte plus: fouuent flechiffent ve 

L'elettis fée pee plus cérrompuë &1nal-faine,retranchans. celte licence trop p8 
à La multiu- ieufe,ordonner sut que de là énauant oniefliroit vnze hommes des mi 
de, renômfnez ; & plus gens de bien qui fuffenten la cité, & aufquelzfiré 
née la chargé de leflection de leur prince. Mais à la fin l'ambition pre 

pied auec l'accroifflementde Ja pee feigneurie, il falluft auf 

uentér nouueaux moyés de fuffrages & balotemés pour l’efgard dec 

ele@ion Ducale, & delaquelle il nous fault vn peu difcourir, puis 

c'eft pour elle que nous auôs dreffé ce chapitre, Nous auons propolé 

cy deuant comme durant l’interregne,il y äuoit certains des Confcilli 

; Venitiens du grand Confeil,qui prenoyent le foucy de l'eftat , attend 
moyens sbfer- la nouuelle creation d'vn Prince. Apres donc que k Duc eft mort, & 
mez, ains pre- Obleques:& funerailles d'iceluy bi£ & faintement celebrées, les Confs 
ceder à belest; liers f'affemblans au Confeil eflifent cinq hommes, felon l'ancienne ca 
en du Ducà fÎtume, lefquels regardét fi le Duc trefpaffé à rien fait côtrél’integrité 
Pan, loix, & ordonnancesanciennes, à fin de caffer, &annuller fes decrets 
file deffunt f'eft monftré efchars , & n'ayant fait{a defpence ordônéey 


bas l'yrnes 8e val 
br affis qui do 
Lnfortene tout au 
Lomé à haute v 
jmé, & tous fes 
kan licu & pourp 
biotés d'argent qu 
des marques d'or 
bi ce qu'eftant f. 


buirez que font: le 
y deuant les Con 
til ya encor neu 
4 nommer le Pri 
b derechef au conc 
hnen vie à Rome i 
bnleur laiffe non p 
kihomme viuant 


la couftume, felon que ces cinq hommes en feront le raport au côfeil RE" delà ra L ee 

heritiers du Duc font condemnez à l'amende, telle qui l'ordonnelale charge fx 24 
& laquell: et pecuniaire , & la fomme en cft prife furle patrimoine @ aa + y f 
di Duc mort,& mife au :1efor public. Pour les mefmes Comices, & (ufr! fhement pe | 
Heritiers du ges font encor deftinez cinq autres citoyens , quifur l'heure que fonc Qi L* 14372010 C 
Dacpuns Jeux fault qu'entrent dans le conclaue conioint au lieu.où fe donnent" public aux Cor 


Loir de leur “hargs 


eur Les fautes voi s: LaiGble 4 1 ranger 
pour les fautes voix , fans qu'il leur foit loifible d’enfortir pluftoft & d'auoir cüfulté prochainesfes € 


dy Dur. ce qu fault changer,ofter,ou aiouffer à Ja puiffance & autorité dup 


, . . > À \ is ; fo! 
ce qu'on doit eflire.Deliberé qu'ils ont de cecy, derechefle grid Core" Y°nu? que 
eff affemblé, & luy mis enranc;les dix fortent du conclaue, pour rappol Pa ar 

Dnoï € 


ter chafcunen fon endroitfon opinion au Confeil touchant les prerogé 
tiucs de Jeur prince, & là tous les citoyens ayant voix,& aduis, on bal 
furce qui cit le plus proffitable pourle bien du public,& ce cui eft pa 
lors ordôné faut que foitenregiftré parmy les loix qu'il fault que lepr 
ce fuyue tout lel6g de fa vie.Limitée qu'é à l'autorité du Duc, l'édem 


quelqu'vn desno 
mfilliers , & de 
: œabfent qu'il e 
infeillier , où par 


on conumence de proceder à celle douteufe,& difficile façon d'eflire,piuué qu'on laibe 

Mamiere de laquelleoncréele fouuerain magiftrat de Vent. Or l'affemblét touts ; &c delà au 
éréer Leselee- citoyens qui.ont paifé l'aage degô.ans.d'autantquel'ancienne coultetmonner homme q 
peurs du prin forcloft de séflealemblée, ecuxiqui n'ont enicors.attaint.teft sage, & oh d'ambition 
on Ponitsn, trou qu'ils font, on les compte,pour mettre autant dé bälotes ons lesit egrité, &cjuftic 
hp fes deleleétion,comme iky aïdé citôyés :trente de ces balotes fonc di@i 0e quarante ne 


ke Confail fe 


gs d'argent inutes les autres, Cevale, où cruche ft mis deuant le faut te CON 
| bles grands Mag 


_,  DELEVROPE: 71: 4 
tfilliers, &'pres lequel eft affis vn petitenfant, quitiranthors les 
à 1 pp lleles citoyés felon les rancs qu'ils fant aflis lefquelsvont.vers 
niche AU mefme ordre qu'ilsontenieurfiège. Neantmoins comme 

brefuffrages & balotemiens il'foit permis aux citoyens de metirela 
ns l'vrne;& vale: en cefte ele&tion nul afcroit y toucher;ains c'eft 
Enlà aflis qui ‘donne à chacun fa bale :  eeux-qui reçoïuént: celles 
en fortene tout ausfi toit «lu côfil: mais à quila baloto d'or efchoit, | 
fromtné à haute voix parle greffier, & il feretire darts varconciaue:à 
donné, & tous fes parèns & aliez feleuent ausf; &femettentà vn 
bdu lieu & pourpris,lefquelz cÂzis sombrez, on Jeurdonneautant 
Motes d'argent qu'ils font en nombre, lefquelles receués ils fortent 
Hi confeil : & en celte maniercilen y atrehte;; aufquels efchoit d'a 
des marques d'or ; qui font choifis d'entre toute la multitude des ci- 
ss, ce qu'eftant fair, Ie confcil fe depart, &.chacun fe rctire.en fa mai- 


lirez que font lescitoyens , lestrente enfcrrsez auconclaue; for- 
j& deuant les Conféilliers de rechef on balote, tellement que felon 
il ya encor neufchoifisd'entr'eux , aufquels eft donnéela char 
Le nommer le Prince futur, & les autres fe retirans, ceux.cÿ entrent 
kderechef au conclaue à cefait deftiné , où ils font encloz, tout ainf 
in en vle à Rome à l'endroit des Cardinaux à l'eledtion duPape , fans 
fonleur laiffe non pas vn feul fcruiteur pour les feruir, ne qu'il foitloi- 
ki homme viuant deleur parer en forte quelconque : &.ne peuuent 
ir de là que “ira on ilsn'ayentefleu quarante hommes dignes 
licharge d'eflire le Prince : & aucun ne fe peut dire efleu par eux fil 
nraporte fix voix, tellement que fi deneufqu'ilsfont les quatre font 
pefchement à vn futfrage letout eft compté pour sien. : : 
D Les quarante efleuz que font , ils.en donnent aduis parle portier & 
nee public aux Conféilliers , leur faifant entédre,commeils parfont le 
joir de leur “harge. Tout fur l'heure, fi ce n'eftoit que la nuit fut defa 
prochaine,les Confcilliers fontaffembler le grand Confeil,& les ci- 
hens venuz que fonte, on met en auant le regiftre efcritau conclaue , & 
rs lequel font nommez les quarantes eleéteurs du Prince: lefquels fons 
Mononcez iout hault par le greffier du Confeil'en pleine affemblée, 
quelqun desnomuinez affifteau Confeit , ilfen va vers le fiege des 
wfilliers , & delà fenentre au conclaue & chambre du Confeil pri- 
: œabfent qu'il eft , foudain:il eft cherché , partoute la ville par vn 
infeillier , ou par vn des quarante cfleuz en pareillecommiffion: & 
mué qu'on là tb'eftamenéen fäle & en l'audience , deuant les Con 
bers , & delà au conciauefans qu'il luy foin permis de parler, ny ar-, 
fonner homme qui viue,. à finquil pr meute ocealion, nÿ 
jpçon d'ambition és fuffrages qu'ils rafchent de mettre afin auec tou 
regrité, Scjuftices : 1. |. 1 
Ces quarante ne fontpas fitoft enfermez que l'affemblée ef hgenciée, 
ide le Coifeil fo depart: , Ce que fait.ces quarante fe prefententde- 
bblesgraids Magiftrats;à fçaudir les Confcilliers, & par la mefme façon 


NT ._ LIVRE TROISTESME : 
dé baloterqué deffins,de.poson en choifift r2.les 28.quéreftent rer 
6e les autres cans-eticloz:comme deffus à elté dit ; Ges12.encfifes 
chafcun defquels fault qu'emporte 8. voix ne pouuaht duçun eftre 
à moindres Btfrags, Be deicecy ils aduertitfent le a le 
me pointdetemptaffembléle corps de la cité, pour en vfer ainf qu 
efté dit: de-ces 23pen font envor efleuz neuf -lefquels en nomment 
lefquéis parle ioitfoniinedigezà onze;& ceux cÿ.en efGriuenr.4r.d'e 
Fes principaux des fenateuis &plusancienside la cités defquels dés 
toftque:fontnommez fen-vont à la chambre ordounée pour çecyl 
c'eftèeux à eflire, & nommer le Prince. Bien eft vray que de ce nox 
ainfpris parforriln'en y peutauoir deux qui ont mefne {ang 
ifba;owqui ay ent quelque präde amitié, & farmiliarité.enfemble d} 
tant quelles x anciennes ne lé peuuét fouffrir , &; que de tonte 
Venitiésemont sinfivféen leurs füffrages, & lors qu'ils $ font affemk 
pour la creation de leur magiftrat fouuerain . Or peut on voir la gra 
cent m7 dés. anitiheste en cefte diuerfr fäçon de su de 
pr É prn * æflifant leur Prince ; entant que par cefte collufion de featences ils on 
PAT, madoié lamultitude fi bien qu'il femble que ce foit elle qui crée leD 
isqu'ellechoilft leseleéteurs &-Ifquels néantmoins ne font prise 
duranc fenatoñres, comeme de. celuy qui detout temps left pardéhp 
feance,& autorité au gouuernernét de l'eftat, afin que l'infolence dup 
| sant la félicité de leur ville. Ces:quarante & vn ñommez q 
yent pour l’cledtiondu Duc, tous en vninftant, fans mendicr les 


ragesdupeuple, voire ny f foucians feulemét de ic careffer d'vn feul à 


Ceremenies ob lut ; Faffemblent en la court où fe font couftumiérement ces grandes 
Jeruées asant femblées.Là auât toute chofe an chante, & celebre les faints, admirab 
l'eleétion du 8& diuins myfteresdele Melle, & icelleditte, tous lesafftans mertan 


Pw. mainifuc l'autel jurent deuant Dieu, & la republique,qu'ils efliront cel 
là pour Duc , lequel ils eftimeront le meriter tant'pour fa fainteté dev 
que’pour eftre oigneux du bien public, diligent, fage, & pouruoyant 
tout fur tons les autres, Ce ferment finy, les gés d’eglifefe retirés 1cs (a 


elc@ours demeurent en la court fans fcruireur quelconque ; y autre 


puiffe leur fournir rien Et lorstrois des, plus anciens prelident als pi 
vnc table dreflée pour ceft cliard) &i fur faqueileya vn vale de baloug 


& chacun des elcéteuts efcriuant en.vne baie de toile lenom de ceh 


qu'il efime digne d'eftre Duc; lagette dansie vafe, Foutes ces-Jettres, 
marques mifès enlacruche d'eteétien, an: en tire vne;la premiere qui vi 
on main à ccluy quieft deputé pourcc.faire. Les commispour prefid 
ayans leuicè qui elt {are baloic:> toi) amepranoncdpt le nom y cf 


deilus,aolupquieftnommé; file érqu comme foutentil àduis 
nefaul do forrinduhors ;»& fenaliar pour danserliou àchagun des 
pucer de fufufifsnce Celtuy foby qu'eft, fil ya diqu'un qui e que 
Licäne fort ms cas à môftrer comme ceftuy elt inhabile pour porter vit gra faix.q 
Y f:d & " la chdpge d'vnerolic republiquequela Venirremme,il forl euesés ayant) 
Pen, déquohqis excufemodefte; bétiefy coquerogs/bon doyen dois 
Ten sepubliqueitétietianchemétice qui far 1fcnr, Bq8fétà 


& 


clair 
l'inçapad 


F.. ; 
L méréde ceftuy 
D direles prefidé 
Erelenom de l'a 
Let r véni 
# 4 ne. fecre 
dent des ligues, 
,, L'efleu oyant c! 
f impofez, puis fo: 
autre fe loue ; &c p 
iles l'autre ayant 
rs n'ont: 
rer, & dételle Fag 
ir fans nul efgar 
vobférue vnäutr. 
pbre tuy donne la 
onde, ou troifre: 
remier perdant fà 
Misquoy qu'il en 
ang voix franches 
Confcilliérs font 
ueau Princes6c pt 
que troupes de:ci 
de leur faire la gr 
eètoute larepu 
| au palais, où cfta 
fansauec luy, fr 
ps,on bat de la m 
fel'ontout ce qu 
mées à la reccptioi 
dent dans la cou 
œouteft, on def 
voifine dudit J 
be, & plein det 
eux qui embellil 
voir d'admirable 


il ny femble reit 

datmtiper 
efouftenäs le lic 
letoardéle cor 
y vnit celle tabl 
fr awgrand Aut 
‘haiffe à part les d 
ès, commeRat 
es de groffeur pt 


belles de goffos 


D °OSER = ES Ce DE ui 1 ne es ES ut 
è 


PATES 
= 


| DE :L'EVR OP E. ; 165 
paitéde ceftuy. qui eft nômé pour eftre Prince, Finy que ceftuy cj:: 
dite les prefidéts au Confcil font venir celuy qui ef, accufé, & fans 
ire tenom de l'accufateur ; juy fpecifient tous les crimes qui luy fer- 
Lulepas pour venir à le dignité Ducale. Auffi iurent ils tous,entrans au 
dl de tenir fecret tout ce qui fe paffera, à fin que ces animofitez, ne 
dént desligues,&'pañtialitez preiudiciables à l’eftat de leur republi- 
, L'efleu oyantce qu'onluy repraché; refpond ; :& fe purge des cri- 
impolez, puis fort dé lacourt: & lors ou le prerñier qui l'aaccufé ; où 
autre fe loue , & propofe d'autres räifons plus fortes ; & valables ; auf- 
iles l'autre ayant refponduauec fuffifante preuue de-fon innocence, fi 
brcufateursn ont rien plusqueluy mettre deuantles yeux, on vientà 
Lier, & détclle façon que fquelqu'vn paruerait à auoit 25. voixiadis _,. ? 
Witfans nul efgard dectaité chef de leur republique. Mais à prefent 2Hrréce des 
obférue vnäutre ordre, vewque, iaçoitqu'vn : fi bien fait que ce/fr4ges an- 
obretuy donne la dignité,d’autancque le forty cit fouuent getté, frà ‘475 44 m0 
Loonde, ou troifiefme fois, vn aatre l'emporte, & a le plus de marques, “7”. 
premier perdant fà caufe;le dernier emportela principauté 
Misquoy qu'ilen foit,iamais anéun n'eft declaré duc,qu'il n'aye vingr LP gar 
angvoixfranches, & fi toit qu'il eft cfleu, on fen vient en la court, où de apres l'e- 
onfeilliérs-font appellez : cat ce! font eux les premiers qui faluent 1e #47 ds Duc 
quéau Princes&e puis le bruit en eft cfpandu par toute la cité, &c ne voit 
quetroupes deicitoyenspar ruës fefiouiffans, & prians Dieu qu'illuy 
de feur faire la grace d'auoir vnbon duc, & lequel foit heureux & fa- 
eètoute larepublique. Ce pendant les parens &'amys du Duc fen 


aupalais, où citans receus ils le fluent,& lay fouhaittent, en fe ref- 

fansauec luy, principauté bien- heureufe: Et fur le mefme point de 
ps,on bat de lamonnoyeauec le nom:& cffigic du nouueau Prince, & 
tie l'on tout ce qui eft neceffaire pour les pompes & ceremonies acou- 
nées à la reception ivlennelle: &ce pendant & le Iuc & leseleéteurs  : …, 
endent dans la court;tant que tout f6it mis'enordre.Aparcillé & dreffé Magrif dy 
eoutct, on defcend dela court, & fenvont tous à l'Eglife fainét 77/60/65 


voifine dudit Jieu, qui pour vray eft vn'temple fort nifique & debeglife 5. 
be, & plein étrelsniite & infaies richetfon: : &où l'atifice mer- Marc de pe 
qui embellift le grand autel, femblefarmonter tout ce qu'on fçau #Y°° 
voir d'admirable en ce monde; foit qu'onregarde les colonnes de tou 
bric diuerfe de marbres,oulesfigures|&c images virées © rvoprement, 
n'y femble reiber quela parolle, y eftant tiré tou. ‘ux & nou- 
dater à perfonages:Et Le:plus beau font quatre colônes de fin al. 
he foufbenäs le licu ordinairemétou:repofé le fainét Ciboire, dans le- 
leltgardéle corps precieux de noftre feipneur RèsvsoHRrsT. 
y vnit celle tablesrefridise d'or &d'wgent, &enrichie de pierrerie, 
ri agrand Autel;untdesplus bethspiecasdelatetre 1 
rhitfc à part les douze couromtes d'or, le gransnombre depictres pré: 
is, comme Rabif, Bfincrautdes, Topures, Baldis, Diamans , 8 des 
sde groffeur prefque icropatslenie ne rarhentoy lesdeux Eicornes. 
belles de profes Elunbancl inst Valts d'os à gathe, 8 Porèc=' 
Tt 


| T'IDEXLEVROBE AY 166 

Léemét fiancer la mer furle Buccétar Er pource qu'il femble qu'il y 

ea influëce celefte qui faunrifece prule ésaffaires dela marineyit 

Wfauoir, depuis quel téps ils fe fontagrädis {ur l'eau, 82d'ou prift cô> Penitiens fer. 
mené cefle fi gräde puiffance en icelle;laquelle aiadistenutefte aux grenrs radis 
strinds &c puiffans Monarques de latetre, Du téps décqueVenife ne:de La mer. 
que fortiren effence, & qu'encoreles citoyës d'icelle fecôtedtoiét: 

Mure peritement, &c fans attéter rié furautruy parrby-les-paluz où à pre. /ffriens, eo, 

hi. itééftbaftie,aduint que les.Iftriés& Lfclauüs;ou Dälmates, foit Dalmates en 

Hi futfent enuieux du fuccez héureux de ceftenbüuelle. Colonie,ou guieux de. | 

BfHeur propre de viure de rapz,& voleries,fe ruerétfur l'eftatde la l'heure pe- 

Houncllemét baîtie, & fur tous Fefineurent ceux. de Triefte, qui enui- #//. : 
Mtlaforrune de Vienife:& Farmansauec leurs voifins, vindrentcoutir. 

vwoifiu de ces paluz, voire féhazardoiët defattaqueraux Venitiéss: 
tnirauxmains,ou les Tricftäs,& leurs alliez furét fi bié chaftiez;qu'ils Dalmates 
hiétplus venirivôltiger 1.168 de la mer Adriatique Ces gens,& Dal- vaincux, par” 
ksvaincuz,crenét de defpit que écs hômes ramallez;&c fans aucune ex Les Péniriens. 
Hénce encor de lamärine les euffent fi bieneftriliez, &nefouhaitoient. . 

Hétrouuer les moyens de fen venger, iaçoitiqu'ils veiflent que mal- 

nent ils y paurroientattaindre Mais ce quelle cœurieurdifluadoit, Sabell:. De-" 
lucdefir qu'ils euffent de fen refféntir, &'n’y auoit homme hardy; «1.1. liv.r, 

ft téror le gué, la fortune {eur ouurift le pailage pour efclorre celle de l'h:f. de 
iguement couuée, vengeance fur des Venitiens: & ce au temps que le /77:/£. 

hrs ils penfoient à ceftc trouile, veu qu'ils nee fuffentiamais doutez 

les Triéftans féiflent,ce que depuisils mirét en execution. Car côme 

diéne couftume des Venitiés futiadis que les filles fuflent fiäcées au té 

à fin qu'on y feit parade de tôut éè qu'ellesauoyent de meubles pour Triefle cité 
rinariage,;aduinta ni iour côme 6 celcbräit certaines nojices enl'eglis dy Frioi. 

L Pierre quick en-ce cartierdelamillequ'ô nôme àprefentlechafteau 
kles Trieftäs,qui feftoiétdeclèrez ennemys du nom Vienitié pour l'a-.7r167.:85 bu. 

r des Iftriés & Dalmäates defquels ils fôt voiñins;côome-cftäs au'Frioli, rineni lechs- 
pirét en deux Fregates de nuit, & vindrét f&ruer fur les pl”haults lieux ffess 4 ”en1fe 
hville,où fetindrét en agnet iufqu'au matin qu'& coméçales ceremo- Prerre Gan- 
sduno enl'Eglifcfufditre: Sfortäs de leur embufche fe gettent diam Duc de 
furie és eux rauiflaus 8 hômes, & fémes,& reliques, & thefors, peni/e vainc 

mends l'Euefque prifonñier aueceux eïileursgaleres. Le Duc quie- Les Trulas. 
tpour lors Piere Gandiä vayät l'eftônemét 4 cefte furprifeauoit dü- 

la cité,n. l'effroya aucunemét,ains affemblät ce qu'il peut d'hômesil 

te fur roc, & pourfüit les voleurs, 4 il r'ataignit; lors ques ifies dittes 
brules, qui l'ont en lamarche Tichigiane, ils efboient ententifs à partir 

Pbutin,êcles efueillé fi bicnque lésayantfits retirer enleurs vaifleaux; Feffe co sens 
ouura & phoye:busins à pionniers Cenretournét viétorieux à Ve- pour memsire 
iefeeonchidur qu'il partitd'icelle Et:d’autane qu'en.ce temps(qui cf de Le defste 
kburier)efchoie la elle de Ja Purification dela vierge Marieson a de- des rieftams 

de couftumc à Venift;défaire grand folénité &celebrer des jeux pu- R 

S pour. yne riemoire perpetüelle diiprejnier voyagesamais fair. ur 

«use forges par eV on enaut lequel one ayast “+ ms Faeur 

t à 


: LIVRE FROYISIESME 
v'ils defirayent leur prefagele grand paudoir qu'ils ont eu depui 
eau éefut Le mu 1 RO Dm d'en prendre polos 
- rendés illuftres,renômez, & craints par toût le païs voilin, pour ne L 
plus vn Corfäire valtigeant fur mer, ny qui dônaft aucun empefchen 
aux marchans ny voyageans : Ainfi de peu de chefe ffaugmenta ia; 
ed 0, 19m Romaid, laits que Ramule aucc vne poignée de pafteurs bafkiftre 
F£ °2€ EM ceint de lacitéqui à depuis: commandé prefque fur.cout le monde. Et 
he vof ap nife qui n'eftoitquelaretraitre des pauures citoyés fugitifs de leurs @ 
sa FA € fonss. ayant pris pied d'vn fondement fi peu folide f'eft rendue vie 
perfettion. plus belles citez de l'vniuers,mais la police la mieux dreffée qui amas 
& fous lajuftice de laquelle,la grédeur du nom Venitien, les richeffe 
feat, & puiffance ont pris telle durée ; que fans qu'ony ayeveu quel 
Se peu de changement on peut direqu'il n’y eut iamais republique mis 
Fe Et maniée,ny de 6 gräde durée: veu que dés plufieurs fiecles ença les Ve 
ATMHSE tiens femaintenans ils font lesamys des Monarques, & les iuges ;& à 
ne False je prefque tous les differens des Princes de l’Europe:fc ne veux4 
diféord _ mufer aux difputes fur les affaires dela dignité du Patriarche, & combi 
Le HS # de temps les prelats de Grade & d’Aquilege ont difputé enfemble fur 
Patriar45. {Le Gignité,veu que cela ne faiét guere,ou du tout point à noftre prop 
& ne m'arrefteray fur leurs Ducz d'auantage , n'y au denombrement. 
ceux, & moins à difcourir combien ce peuplea elté d’autresfois chatoul 
leux & mal traiétable,comme celuy qni f'elt fouuent furieufement ach 


PRE CR né (ur fes Princes , & en a maffacré plufieurs , & d’autres chaflez du py 


els cotre leurs 
Princes. 


8e à d'autres creué les yeux, & faits mourir en prifon. Ne füis deliberée 
cor derediger par efcrit leurs geftes & conqueftes,n'y les moyens par 
… quelsilsfe font faits feigneurs de celle eftendue de pays qu'ils ont ent 


Terres que te | à foit en la Lombardie,au Frioly;lftrie, Marche Treuifiane,ou en la} 


nent les Veni- 
êiens. 


LÎles furertes 
auxPenitiens 
für la mer 
Mediterrs- 
née. 


maigne:ne recercheray qui les a aggrandis en Dalmatie & Efclauonie, 


iufques à l'Hellefpont . Ne vous defcriray qui leur a donné le paffage 
Negropont perdu pour eux, ny en Chipre & Candie qu'ils tiennente 
cor : Et fi vous voulez fçauoiren quelstemps ils fe faifirent des ifles 
Corfu, Lezante, Cephalenie, & autres ie vous renuoyeray, & à Sabelliq 
quiena trace l'hiftoire, & au Blond, & és chofes de noître temps, à ced 
éte Cardinal Bembe, qui eftant wn ornement de noftrefiecle , a auf 
luitré fa ville, baftiffant l'hiftoire des chofes aduenuës de fon aage: co! 
me auffi ce grand homme Gafpard Contaren efpluchant, & nousp 
gaant au vit, & l'eltat, & la police , & les façons de faire fur la creationd 
penitiens &= eltats de là villesauli c'eft à eux queie l'ay tiré, & à euxie vous renuo 
grandi en me contentant de vous dire que les guerres que les Chreftiens ont eu 
Grece pur le Leuant, & les conqueltes des François, & autres peuples des Gaules, f 
mayen des. en Grece, Afie, ou Palcitine, foit en terre ferme, ou és païs Enluki 
voyages Chre ont plusproffité aux Venitiens qu'à ceux qui y ont employé leur temp 
Jensen Le- delpendu leur deniers, & efpan du leur fang, & vie:aufli n'y auoit-il! 
sant. tions des noftres qui peut retenir ces pieces que ceux qui nez en lamé 


par quels moïens ils ont vn longtemps gouuernétoutes les villes prpande de | 


que qui font fur le bord de la mer dés le Goulphe-qu'on di& de Ven 


CA 
ie pays 3 
que facile 
séce du fi 
Les, & Le 
Dry ail d 
ide l’autr 
eftangs Fo 
ans rend 
rMaiour 
l'eftla cou 
nommé fl 


tpalge 


nuiere. [E 
Galathes 
ates, del 
res Belgi 
elenom d 
urfes de d 
jelles les À 
d'où ces 
Bles fait { 
pheme le 
lauoir C4 
pient nati 
omaux Il 
corde à] 
ronides, 
file d'H 
Appias, 


f 


-:DÉ L'EVROPE. , 1 
as les Galeres Adriatiques,accouflumez au trauail marin, &c qui 
nedeuoir-eu toute occurence, maintiennent encor en paix vne 
ourtis, voire La plus forte & la meilleure des Ifles conquifés en le 
rerranée . Et voila quantä cequetï'auois à vous difcourir für 
biactatdeVenife. Rats 

pel'ancienne Galathie, ©: mœurs des anciens calathes. Cape2ge 
A Galathie futiadis vne gréde region de Eu 


u depui, 
 poifeon 
Pourne |: 
V mpefch em 

pmMenta iad; 
rsbaftifre 
onde.Et 
de leurs 
endue vie! 
8 Qui iamajs 
es richeffe 

eveu €k 
biques je 
errça les Ve 
iuges ; & à 
Icneveuxg 
€, & combi 
nfemble fur 
noftre prop 
pmbrement d 
fois chaton! 
fementach 
affez du pay 
ais deliberée 
moyens par 
v'ils ont ent 
ne,ou en 
EfGlauonie, 
les villes pré 


de plufieurs & diuers peuples; & eftoitaflife que. 
plus vers !e Nord & parties froides qu'autre. 
ment, voire f froide que l'hyuer en lieu de 
lepays y eftoit couuert de Neiges, & la glace y eftant fgrande & for 
ciicmens on voyageoit fur les fleuucs caillez par la rigueur & ve 
à du froid, & nonauec vne petite troupe d'hommes,ains les groffes 
“à & les chariages pafloient affeurément fur la glace. 
| " de grands fleuues qui courent, ayans neantmoins diuers cours 
loutre par ces Païs descalathes, les vns defquelz fortent deslacz, 
f $ fort profonds, les autres prennent leurs fourees des montaignes 
ren les vns en l'Occan, ainfi que fait le Rhin, les autres en la 
| cor core le Danube : les autres en la Mer Adriatique, telle 


ande de la paille de peur de gliffer, & aller fouuent mefurer le lit de 


dit de Venrinierc. (Par les defcriptions de P tolomée,v HAL Run Due 
ré le pañageMiGalathes eftre autres que les anciés Gaulois, lefque : i spé L. 
dti axes, defriuant le P sed er avé ki <a ae de btfone 
ent des ifles res Belgiques:ainfi 1e m'eftonne qui a e “4: : n’eft qu'il ignoraft les 
) ele nom de Galate, & le feparer du Gaulois, ICCN EH QUIL IS def. 
S ” mn urfes de ce peuple, & grädes côqueftes os: Aa * as OS 
M à auti@clles les Hiftoires no° en font foy,côme aulli no* le verrôs en 
- , 


rone outre les Celtes, vers le Mydi& l'ocean Divdore 5,6. 
& Ic long des riues d’iceluy (ainfi qu'eftrit encig 
. Diodore Sicilié)& dés les bornes du Danube Cèfle def 
NS elle feftendoit iufqu'en Scythie. Et rit ce prien eff imi- 
{hr nomde Galathe flz d'Hercule; &d'vnae Da rée par pi. 
me des Celtes Or céfte region eftoic habitée es /ôn 


Mons le Pole plus Ptel lim. 
Ce de l'Eridan , que maintenant nous appe us 2° 
de LES Lelqueltes riuieresencore en Hyuer dô- 7 Are 
ge affeuré aux voyageurs furla glace , pourueu que on y 3: pe. 
Mg 


inid iucr | ici Æpran en 
d'où ces Galates ont pris le nom,les opiniôs en font diucrfes, var le Sici 4 


: # ù ‘A Ilirique. 
on aage: co ie, ; le,& Apiä Alexädrin tiët que Po- /” 
* de Galathe filz d'hercule,& Ap in tiêt 
fr hd pa w es geät,eut de fa dame la Nymphe Galatée trois Le 
Her ir Celte Illyrie, & Galle,lefquelz laiffans le païsSicilien d’où ilz e- 


ifz vi iteren Dalmatie, & au païs des qaules donnäs 
Por ml À à ne Mais d'autant que Bérofe Caldéen 

d que torde à l'opinion de Diodore Sicilien,& qu'il faiét que les comerites, 
ie Ml ronides dc Aihdens portent le nom de &alathée , à caufe de Gala- 
4 “ir file d'Hercule nous fommes contens de luy dôner le pris pluftoft que 

y auoit-il 1 , 


ez en lamdAppian, d'autant que la foy des érecs m'eft pour fufpecte: & l'antiquité Berofe lin.s. 


Ttiij 


: DE L'EVROPEZ # v: ! 168 
pour leur boilfon de l'eau en laquélle'ils Jauée le maré dumiél, Or: 
ncilsle vin füurtoute chofe, de forte queles marchans leur en apor-; 
leboiuent tout pur; & à peu de fois qu'ils divfent;ils f'enyurçnt:de | 
fmeou qu'ils fendormét,ou en perdent tout fentimét & cognoif-. 
D'où aduiët que les marchans [raliés côuoiteux de gaing portét.du 
ficpar charroy:;, ou fur les riuieres à ce peuple, & pour. vnrmuidou 
bre vaileau de vin ilsayent quelque belenfant pour lesferuir, &, , , | 
emeinentpour.efclaue .En pas vn endroit de Galatie anne trou. // "2 4 #4- 
Leinemine d'argent:& abonde toutesfois enor, la mefme nature en “#7 #remsé. 
Kaffezalfeurée preuue , & fipnifiance, Carcommé ainfi foic queJe 74/46 les 
des riuieres foit tortu & difficile, fi que l’eau venät à grands torrés anciès Gala 
leprecipice des montaignes , & fe defbordant du li&accouftumé des #* lgloutz; 
pes,elle gette & efpard ça & là parles champs, des grains &arencs do 74 Pswr du 
lefquelles recueillies, &efpurées, & hommes, & femmes fen feruët 7” ils gui. 
rer, & enrichir leurs veftemens, & leur corps,en faifans des ancaux #46r La liber- 
ficelets, & à l'entour du:col ils portent des chaines d’or pur & maflif té. 
groffes &pefâtes, voire dorétils & leurs habits, &. chemifes auec S alates fans. 
juurages, & pourfilures.Les grands feigneurs de ce païs auoyent vne 455€ abès 
uliere & efmerucillable on defaire , à l'endroit destemples de dans en or. 
dieux, efpandäs, & femans de l'or par le paué des lieux facrés à leurs, Orrement des 


kr, lequel n’y auoit hôme fi hardy , quoy à ce peuple fut côuoiteux Galates. 
emetal, qui ofaft y mettre la main,telle eftoit la religieufe reueréce q Or femé és té 
uple portoit à fes dieux. Les Galates font de couleur blanche,ayans ples des Gala 


pcorfage, & eftäs delicats, & de gräd molleffe :& quoy que naturel- tes. 
jntils ayent la cheuelure blonde, & le poil roux;encor tafchét ils par 
d'ugmenter celle couleur en leur perruque.[ C'eft à tort{cemefem-. Galates blacs 
Jque & les Grecs, & les Romains ont mis fur ce peuple l'effemination ©* dehcatz, 
que fi fouuent ils ont fenty leur naturel mafle & robufte,les vns ayäs 
ruinez, & leur cité prife, & les autres côtraints de porter le norn Gau- 
pour honorer la vilté naturelle de la Grece.Oyons TiteLiue grand 
emy du nom Gaulois , ne penfant louer cefte nation auec quels motz Tife Line 1.8, 
irecommande:il fait ainfi parler Cnée Manlie Conful durant la guer- Décad. 4. 
Macedonique, voyant le foldat Romain eftonné du feul nom Gaulois, 
ans les Galates d’Afie coniointsauecle Roy Macedonien,& ce Côful 
int laguerre aux Gallogrecz en Afie. Ie n'ignore point, vaillants fol- Mälie Confal 
, qu'entre toutes les nations qui font & habitentenl'Afie, queles 4#/oldat Ro- 
blois font les plus fameux & vaillants en guerre ; peuple farouche, & #47. 
ier,meflé parmy vne nation paifible, & lequel les armes au poing , a , 
gcouru, & faccagé tout le môde farreftät icy en l’Afie :ie (çay qu'ils Faço des Gaur 
de grande ftature,portans les cheueux longs qui leur relate ayäs lois enträs 4w 
tringes & pefans pauois en guerre, & les glaïues fort lügs:e (Gay que combi. 
ont des chants effroyables, des vrlemens & dances venañs à commen - 
lecombat,& comme pour eftonner l'en aermy ilz entreheurtent leurs 
jois & efcuz enfemble :mais ces chofes (ont pour l'efpouuenrement de 
x qui ne fçauent éncor ces façons de faire Gauloifes, des Grcez c'ell à 
où des Cares & Phrigiensilà où ce n'eft aux Romains de Pen cfraïer 


EL NES  OS EN 


ÿ DE L'EVROPE 165 
ET. à : de + 
goyent chacun vn charton pour les conduire, sinfi que plufieurs na- Salafes côbe 
Le faifoyent de mefme, ainfi qu'on recueille des liures anciens tant feient für des 
poëtes,que hiftoriens, Combatans ilz ruoyentpremierement du cha- charwrz,. 
quant vn dard,ou iauelot contre leur ennemy;, puis mettäs pied à ter- 
guoyent la main à lefpée pour parfaire leur bataille: & les aucuns d'i. 
gtenoient fi peu de compte de leur vie,qu'ilz fe fourroient tous nuds 


psrancs des combatans, Les gardes des corps des grans feigneurs e- 2/7 les gur 
furchoifis d'entre les pauures,mais qui fuflent de libre condition, qui des des corps 


pfruoÿent enguerre d'efcuyers,chartons & porte efcuz : lefquelz e - des féign.Ga- 
entà la premiere pointe des batailles, ayans de couftume d’apeller à Laser. 
atfingulier les plus forts & vaiklans des ennemys, faifans cliqueter 


buire leurs armes & harnois pour donner terreur à leurs aduerfaires, 


ayant executé quelque hault fait d’armes,alors chacun chantoit Æemmesue- : 
iy les louanges de fes anceftres,aufli celles de ce vaillant homme, ne ‘ans comme 
ps compte & deprimans les geftes valeureux de l’ennemy côme plu- Pamorez, en - 
dignes de vitupere que de recommandation, & enfommeilz hau- tre les Gila- 
mtiufqu'au ciel tous ceux qui fe monftroient hardis, & courageux à fes. 
pere. Durant laquelle tout autant qu'ils tuoiét d'ennemysils en cou- Frenff fic 
ntles teftesles pédans au col de leurs cheuaux: & les defpouillesen- defxir: des 
finglantes eftoient mifes és mains de leurs feruiteurspour puis apres Gwlates 
iger auec hymnes & chanfons deuât leurs portes, ainfi qu'on en fait vis 
hfuuagine qu'on prend à la chaffe.Les tetes des ennemys plus gräds 
iluitres ilz les oignoyent & emplifloyent de matieres aromatiques les 


ns en certains efluys gardées auec grand diligence, pour en faire pa- 
eiceux qui le#wenoyent voir, fans qu'ilzies vouluffent vendre ny a 
hs parés ny à leurs propres enfans pour gqlque pris qu'on leuren offrift. 


urs acouftremés furent de draps dediuerfes couleurs non pareznytô- Habits des 

sen vfans ainfipour.en cffrayerleursaduerfaires:portoiét auffi des ho- anciens G:L4 
rons & cafaques doublesen hiuer#aits à baftons rompus, & fort min- tes. 
durant les chaleurs. V {oiét de potz.-dleterre font maflifs pour leur fer- 

e fur lefquelz y auoit des fleurs figurées. Leurs armes c’eftoient vn pa- 

slong felon la hauteur & ftature de celuy qui le portoit, & paré, & en- Grandeur des 
by à la fant: fe de chacun: Entant que les aucuns y mettoyent des figu- pæws & ef 
d'animaux faites d'eraf vn peu eflewées & pour embellir l'efcu & pour cws des Gale= 
dre plus fort pour la defihos deleur vie.Ilzarmoyétleurtefte d'vn res. L 
jon ou bourguignotte d'erain vn peu faite en pointe fur lefquelles ils 

Moyent ou des cornes,ou lafigure dequelquebefterauiffante oubien Cecy 4 fé eb- 
noyfeau de proye;Leurs wôpettes fentoyent aufli fa barbarie du peu- fêrué par pref° 
comme rendans vn fon afpre;malplaifant& plein de trouble: les vns gwe routes les 
ent des corfelets de fer,ies autres n'ayansautres armes que telles que matsons /ep= 
donnoit la nature, portans pour glaiuesdesefpées fort longues leur fentrisnales. 
dés au cofté droit à vne cefnette d’erain. Aucunsd'eux fe ceigaoient 
ceintures d’or, &r d'argentbataillans auec des dards;queilz apellent 14 Zanves e> 
ayans le fer pour lemoinslongd'vnbon pied &les aucûüs d vnecou- glasmes des 
leurs efpées n'eftoyent moindres entr'eux quetes vouges & efpieux wulates. 
autres nations, cnayans de droits & de tortus, bons | n feulement à 
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61 7 el LIVRE TROISIESME 

TN étre) carnage & malfaére du'taillant,ains encor dangéreux de l'efloc o 
R dk des ‘firouche au regard & d'vne voix efpouuentable & terrible, parlant à 
: Gabatess 
a entente, & fort doubteufes, fe vantans outre mefure, fe louans extraual 
ment, &"mefprifans les autres, grands menaceurs , mefdifans & ayans op 
h, nion de leur perfonne,de b6 & fubtil efprit, & non-du tout efloignei 
| cadates ay fcauoir &do@rine.llz auoyént entr’eux des Poëtes chantans les louang 
ms rs ler és vaillans & les orgues, & harpes louans les vertueux, & vituperanl 
Pre UE mal viuahs, & ceux f'apelloyent Bardes. [Ie'ne veux paffer fous filence( 
Mal adufé "bien vn fçaudnt homme de noftretemps , & affez verfé.en l'hiftoire fl 
d'appeller le oubtié dé diré que les Gaulois furent iadisnommez Bardes , à caufe de 
groffe & tude nature de leur efprit, fuiuant que le mot latin Bardus, po 
en Wsnwai(e ‘le tiltre de fot & groffier, fans aduifer comme auant le regne latin Bar 
fgnif:atun. ‘régna fui les Celtes, illuftrépour auoir luÿ le prémic inuenté les vers, 
| Berofé 4nt14. ‘hymnes entre les Ganloys,ainfi que tefmoigne Beroic:fi ce r'eft que: 
b fe + ‘hommeGaulois hayffantfa nation,ou vucille dôner ce blafine mal à pre 
É pos aux fienis,ou eftime Beroft auteur fupolé, duquel toutesfois Iofep 
auteur approuué tiént grand compte: ou (qui eft Le plus vray-fembiablé 
È  peuteftre n'auoit-il penetré fi auant les Chronologies que d'auoir rex 
| Bardergni Gneu vn roy Barde,regnant fur les Gaules du temps d'Abrahä & dei 
Ke ban "9 triarches,n eftant encore mention,ny des Latins, ny de Troye, & moi 
de énuiroi memoire quelconque de Rome, Mais c’eftraifon que nous vengeons 
 21752de le pe noftres des noftres mefmes , & monftrons que le nom Barde iadis ef 
.. rgrm450 # honorable, emportantle tiltre de poëte,muficien & vaticinateur, comn 
| #braham. les Druides eftoientrenommez en la philofophie, comme puis apres no 
| 152. 44458 deduirons. ]Ilz auoyent aufli-des Philofophes, & Theologiens nomm! 
| Troebffe Saronides defquelz ilztenoyent grand compte , & leur faifoyent gr 
310: : “honneur & reuerence. [Ces Saronides porterent le nom de Saron Ra 
k Sarnidesfu- Celtehomme de grand efprit & auancé en do@rine,leqriel pou: adoud 
ren nomm:7 ]a farouche maniere de viure defes fuietz nouuellement venuz en Ga 
de S'éren re} fut le premier qui ouurift les efcholes, ains que iamais encor les Grecs e 
des Celteï qui fent goufté que c'eft que de philofophie, & qu'ilz eulfent aucune cognt 
| regna l'an du fance des lettres,tant foit elle petite Cadme n’eftant éicor mis én lumie 
|: msde 2010: pourleur aprendre.] pe ilz vfoient fort de diuinations ,'ayans! 
: œ mefme … deuins & augures qui en leurs facrificespredioient ce qui leur deuoit at 
tps que NoË uenir, & eftoient ceux-cy en telle & fi grande-reputation que tout le pe 
tra.  ple leur beïffoir. Or quandilz vouloient confülter de quelque ca 
|: Crelese7 e- grand confequence, ilz vfoyent d'vne merucilleufe & cftrange façon 
Jrét m4nte- faire & Céremonic:entant que d'va glaiue ilz coupoient1: gorge à vahi 
re de dinina- ms,lequeltombantapres le coup, tant parla cheute d'icéluy , que par 
| sion des Sare defchirement de fes membres en l'incilant & effufion de fang ilz pred 
sides. foyentles chofes futures. à Gi 
Entre eux encor on n'euft:ofé faire aucun facrifice fans que qu 
que philofophe n'y affiftaft , ayans opinion que c'eftoit à ceux à a tri 


ANulfacrifie ; 
| Jans philefe-. ver leschofes faintes , qui fçauoÿent es fecrets dela diuinité, commel 


pre. plus proches des dieux : eftimans que par l'incercefion de: ces ho 


“‘briefuement & obfcurément, & tout à propos vfans de parolles à oil 


4 
É “ 2 
i : 

ffent d 
41(1 d 


Les poëtes 
bille ayans d 
por fauançoi 
orlesenncmy: 


rudes & faro 


les Mules. 
FLes femmes. d 


nier, & hault 


rent chenus et 
bent leurs pere 
L'Artique, & fa 
& barbares de 
queceux qui 
1 nt les homm 
Ilyapeu den: 
Ron que ceux « 
puis COrromp 
Miyans rien ou 
ps le bien d'au 
Cefurent eux, 
lon en Delphe, 
hrs de grandes 
terres de ceux q 
lele&teur foit: 
homme Grec 
ucher mieux le 
fhe memoire , 
psl'Italicayent 
pe leur condu 
fquementionn 
hans les yflues 
mps & occafic 
Or ceux qui d’ 
lepaïs où farre 
lle vers l'Orier 
jeft fuiet ores a 
tident-luy gif 
à, vers midy el 
dlteles Cimb 
rouche outre! 
bis ouye enuer 
Entant qu'eux 
fmmes preftr 
ble veflement 


Lie. ot + The ape FAN PE k AU rase “ir Mt) È APMAA 77 RATS DE 
* AT ER RTE de AL ER en BEN a x 


tJ DE LEMROPE, 5 
Lffint demander leurs neceflitez, defquélz i]z prenoÿent confcil, Grand he 
Pmricuy vénoyent à bout de leurs affaires, & en temps de paix, & deneurgueles 
me Les poètes cftoyent aufli tellement par eux refpedtez , quecftans Galates fas- 
billeayans defia lancé leurs traits & venus au combat delamain., fi forens aux 
poste f'auançoit pour entrer fur les rancs,les amys non feulement, ains préres. 
brlesennemys fe rétiroyent, & cefloyent de combatre: ainfi entre Jes 
| nds 5 farouches,la colere donnoit place au fcauoir, & Marsreue- 
les Mufés. PAR ut 1. ré | 
ILes femmes des calates efgalleyent leurs marys non feulement en Femmes gré. 
nieur, & haulte ftarure,ains encor en force & magnanimité:!les enfans des @> core. | 


mi prent chenus en leur enfance,mais paruenus à l'aage partait i]z reflem- gew/6s entre 
ï ki poor leurs peresen couleur + Ondit que les Galates qui habitentau L Galates. : À 
A Antique, & font voifins des Scythes,comme ilz eftoyent les plus ru- En rec date. 


L barbares de tous les autres aufi viuoyét ilz de chair humaicss;tout en côme Dis=.: 


Mt queceux qui habitoyent.en la region nommée Iris.en a Bretaigne dore [eff 116". 
; à rent les hommes pour f'en repaiftre. | Le. péen parlant. 
| tot 172 pou de nations qui ignorent la force & cruauté de ce peuple, & des Galares, 
nbi ve Ron que ceux qui iadis coururenttoute l’Afie fapelloyent Cymeriés 

Sir recu COrrompaus le premier nom, furent ditz Cymbres,lefquelz en- 


W'iyans rien oublié de leurs façons anciennes, viuoyent de larcin , ra- Faute lour+ | 


Mie Dos lc bien d’autruy,& tenant peu de compte de leur propre.. de; que les | 
cons CC Furent eux, qui ayans pris la cité de Rome, & pilléle temple d'A-Cimbresfif= : | 
is en 0 Delphe, conquirent la plus part de l'Europe, & fe fcirent fei- /ênt ceuxqué.… | 


, COmN 


brsde grandes terres en Afie faifans tributaires les citez, & poifedans pillerét Rome. "1 
res no! 5% 


terres de ceux que ilz auoyent afluietis . [Le ne puis & ne dois fouffrir 
lelecteur foitabreuué d'vn fi impudent menfonge, tracé par vn pau- 


nomme a , D 7, 
æ p homme Grec plus fabuleux que serirable, Beluiu d'vn moderne fins a 
SRE jucher mieux les matieres:veu qu'il n’y a auteur foit ancien ou d’aflez 7%> orefeli.3., 1 
“doté fhe memoire , qui tienne que les Cymbres ayenteftéceux quiraua- chap.22: Po. 


pl'Italieayent pillé la cité de Rome, ains les Gaulois Senonois fous bbe Plurar- | 
pne leur conduét eur firent ce voyage, & fe rucrét de là fur la Grece, genou Ca. ‘1 
Éque mentionne Paufanie, & que Dieu aydät nous dirons cy apres ef- m Îles Jufn. 


n Gal 
zrecs € 


| A Ahuosies yffues diuerfes que feirent lesanciens Gaulois varians felon 4.10. 
ayans1BRUPS & occafionleurs volées.] : Paujanie. hi. 
ou AOr ceux qui d’entre les Galates paflerent en Grece, vne partie nom- 1.@- 10. 


lepaïs où f'arrefta, Gallogrece, & Galatie region de la petite Afie, la- De/oriprio de. | 
Île vers l'Orient regarde le païs de Capadoce, & le fleuue Halis, & ce Gabarie ve : “| 
bell luiet ores au, Turc la cité principale duquel f'apelle Ginapoly : à Peol.li.5. ch. 


t lep q 
1e Câs 


Ron sident-luy gift la Bithinie, & petite Afie, à prefent Natolie, & Tur- 3: Tab, 1, 
US, vers midy.elle voit la Pamphilie & au Septentrion lamer Maiour. d'Ufe. 
L PT Mielte les Cimbres defquelz nous par! 6s, fut iadis vn peuple fort cruél Quels furent 
FPÉrouche outre mefure, vfntd'vne grande impieté & irreuerence non les Cymbres… 


us ouye enuers les Dieux. 


à eo Qu eux rDerehens au JEU arrpe,  AUGEA TA TN QU Er 
+ fmmes preftrefles & grandes deuinerefles,ayAs la tefte grife de vicil. Deu 


dar Reg de ici pain 
ble vellcment blanc,& par deffôus vne chemife faune de lin delié, at- des cymbres, 


BU eng dre 


H ve LAVRE TROISIESME 


AMC ER ÿ ROME AULS à DATES FOR rte td ps agite “0 
" tachéeauec desboucletees de cuiureallans pied nuës, &'ceintes dity 
ceintures: y ayant quelques prifonniers au Camp, clles leur venoigt an 
* uant l'épée efgainée au poing & les trainans pue terre es conduifoys 
- 4427 "2 jufqu'aupres d'vnegrand chaudiere laquelle éruoit devafe de diuinaÿ 
D Cruellacrif- 8& pres d’icelle vn cfchaffaultfur lequel montans legeremét & y cond 
© ce pour deui- fans le captif, l’efleuans en hault luy coupoyent lagor e faifans coule] 
mere fang dans la fufditte chaudiere d'erain & felon que le fang diftilloit 4 
le vafe elles predifoyent ce qui deuoit aduenir:d’autres fendans le ve 
Sont} duprifonnier,ëc prenans garde à l’affietre, fanté,où corruptiô des ent 
les denonçoyentle fuccez des chofes defquelles ones enqueroit, & 
tout de a viétoire côtre leurs ennemys. Les criminels auffi entre lesC; 
lp breseftoyétgardez l'efpace de cinq ans, au bout defquelson les facrid 
ils sue Fee: Jos pendant, & empalant cruellement.Et faigrifloient non feulement a 
£ My! tré les hommes , ains mefimes les beftes de leurs ennemys eftoient occif 
MES LC les hommes, outourmentées par diuers fuplices, ou bruflées ton 
faremrire ie Eur yn grand bufchier. Et iaçoit que cès Barbares euffent de tresb 
rives desCmns VS femmes, fi eft-ce qu'ils eftoyent enclins eftrangement à l'infe&iong 
L 14 JE eff contre nature. Hz couchoient à terre fur des peaux des animaux « 
7 des gardes de tous coftez pour veiller autour d'eux prenäs leur repos.k 
j trans au combat ilz tenoyent én leurs chariots des peaux efkendues fur| 
‘quelles ils faifoient vn crcet tintamarreiufqu'à donner frayeur aux 
nemis qui les attaquoyent. Etleur plus grand vilennieencore cftoitqu 
ae faif>yent confcience de prodiger leur beauté en public;ains ffen gloi 
Font fioyent.Valere le grand tient que les Cymbres & Celtiberes auoyéta 
Celtiberes … ftume de chanter & fe refiouyralläs au Combat, comme doiuans gloris 
Jinr a prefent fement & heureufement finir leurs iours : & au contraire fe contriftoye 
des Æragon- fi quelcun mouroit au li& & de maladie,comme eftimans cefte fin vil 
monen Efps- & malhcureufe. | 
ge. De la Gaule € mœurs anciens des Gauloys. 


Defcription 

L  delaGaule. 
L. Cefar. lin. v. 

Commétair. 
Ptel.li2. ch. 
FH Cr 9."4 
.bE3. d'Euro- 
pestrabli.4 


PERS CRIS 


Chap. 28. AL 


E pays de Gaule eft vns regié d'Europef 
fpacieux aflis entre la mer Gallique, &l'O 


Alpes, & monts Pirenées, qui luy font à l'O 

ne,luy eftau Nord, & Septentri6,le Rhin 

S a Alpes iufques en l'Occan, queles copes 
De. Pyrenéens feftendét de l'vne mer à l'aurr 


fçauoir de la Mediterranée, à l'Ocean Can 
le regarde la mer Narbonnoife,& celle qu 


Ÿ à 


brique. 


cofté de m 

D'ou Gaule 4 apclle de Leuant. Et prift iadis ce païs lenom de Gaule à caufe de lab 

pris fon nom. cheur du peuple qui y habite, entant que zéna fignifie lai&, qui ef 
.  Chofés les plus blanches qu'on fçache . Or eftoit la Gaule diuifée 


trois parties, l'vne fapellant tondue, & Toguée , qui aufi eftoit la Ci 


Straben.li.s. pinc ; &cicelle comprife fous le nom d'Italie, & les limites de laque 


\ 


Anglois,& Britannique encloz du Rhin,d 
f” cident,lä où la mer tant Gallique que Br« 


foleil leuant, luy gifant par pareil efpaced 


. prier par Str 
Luslus: &icel 
f «de trois fortes 
|. & Aquitaniq 
Las que celle qi 
Belgique: &c del 
Keno de Ly 6 
saine par les anc 
pli partit en quat: 
L jnmian Marcel 
jeu la premiere 
nique Celle c 
reertains habit 
biloique qui © 
+4 en f@ 
bnbo urg,Bourge 
s(n'eftoit la fepa 
bule & German 
main que Gau 
sfeuues ne feru 
bneuries font ce 
oirtout autant d 
butlepaïs. Les G 
es Grecz, Cel 
fes pour l'efgard 
Auf ce Roy p' 
ecule, & donr 
fi que difcourt 
ucuns tiennent q 
celle region le 
oyent fort cher 
ur c'eft ainfi que! 
lJene veux m'an 
eurs autrés; qui \ 
her és abifmes m 
lifcours contemf 
id'entre les nol 
armées Gallim, : 
quedela viétlet 
ficelaauoit lieu, 
bitre de caule.E 
bntpris cenom c 
ten Bt fort foibl 
foriens tiennent 
comerites . Or 
dfultveoir les 


PR 


LL DELEVROPE:;::: mt 
den par Strabon. Toute la gaule Tranfalpine portoit le nom!de.: 
Luue : & icelle eftoit partie en trois Prouinces parles Hiftoriés!,:à Dino ane | 
Le detrois fortes de peuple habités enricelles à fçauoir. Belgique;Cel: énedes Gaur | 
4 Aquitanique:aÿans ainfi pofé les bornes de chacunedecospro+ kr. ete 
que celle qui eft contenue entre l'Efcau & la Sciniciportéle nôm 
Belgique: & de la Seine iufqu'à Garonne foit la Celtique; qui auf por. 

jenom de Lyônoife, Puis sufqu'aux monts Pirenées feflendüie As 
saine par les anciens nommée Armorique, L'empereur O&auian À 
bhspartit en quatre, y adiouftant le Lyonnois pour vne quatriefme par. 
ynmian Marcellin fait plufieurscaules,& Prouinceson icelles mettät Arswmii Me 
liulapremiere & fecondecaule Lyonnoife,premiere:& feconde.a- cellin lisses 
Hinique.Celle qui aefté ditte Braccée cft la Narbonnoife, nôméeainfi 
wr certains habits que ce peuple portoit qu'il nômoit Bracces.La cau- 
belgique qui eft voifine du Rhin parle pour la plus part allémant; 8rà 
Prouinces en fon enclos les Souïifles,le païs d'Helface, la Lortaine;Lu 
bourg, Bourgoigne,Brabant,cueldres, Holande, & Zelande:tefquel- ; 
s(n'eftoit la féparation que le Rhin en faitÿcommeborne:ancienne. de 
hule & Germanie)deuroiét toutes pluftoft eftre comprifes fous le nom 
ermain que Gaulois. Aufli encor pour leiourd'huy les montaignes,;ny à: 
sfeuues ne feruent point de limite aux regions, ains les langaiges8c les Quelr lb 
euries font celles qui leur feruent de borne:& fe dit vne Prouinceæ- 7e  prefet 
rtout autant d’eftendue commele langage de‘ce’peuple eftparléen des Prouinces 
put le païs. Les Gaulois furent de tout temps apellez d'vncommunnom 

les Grecz, Celtés,à caufe de Celte roy qui regnafurles Gaules, & Ga : 
tes pour l’efgard dé Galate qu'ils difent auoir efté mere duditCelte. V0 
Auffi ce Roy pôrta tousles deux noms eflantforty de Galateamyede _  : : -: 
ercule, & donna nonraux Celtés en Gaule & Celtiberesen Efpaigne, Bero/e se 
fi que difeourt Berofe. Mais aiminian Marcellin l’afferme encor difant : 
ycuns tiennentque des Aborigenes déz le comtnencement furent veux 2 fmme 15. 
ncelle region lefquelles f'apelloyent Celtes du nom deleurRoy,qu'ils | 
uoyent fort cher, & de fa mere Galatée, ilz porterentlenom Galates, 
br c'eftainfi queles crecz apellerent les caulois, F4 à 
‘Jene veux m'amufer fur la Cabale des motz,ainfi qu'a fait Annie &plu- Cake de. : 
feursautrés,qui vouläs recercher trop curieufemét les chofes,& les pef: metz nenre- 1 
her és abifmes mefmes de l'antiquité la plus efloignée, ont renduz leurs combles 
lfcours contemptibles, & prefque efloignez de verifimilitude Comme l'hyffoires 
d'entre les noftres qui voulät faire Noé caulois nous forge des morz to 
kiméescallim, fignifiant furmonte eaux , ouefchappezdu déluge, & Zourde rechep 
que de La viët 1e nom ancié des caulois, & encore le mot de calere : mais she de noms : 
icela auoit lieu, il n’y a nation fouz le Ciel quine deuft:eftrebaptifé du Gawlis 
ire de caule. Et par ainfi fault que nous arréftions là,;ou quelcséaulois : 
\ dry ce nom de lablancheur qui les accompaigne ,; ‘quoy que lacaufe 
in foit fort foible , ou que ç'a efté ce filz de Hercule (éomme tous les hi- 1e 
fvrienstiennent ) calate qui furnomma ainfi les Provinces dés anüienis.: .:" 
comerités . Orauant que palfer outre, & venir aux mœurs deswaulois 
Jfultveoir les courfes de ce peuple; à caufe que par icelles nous ferpns 

V viij 


à 
Mile ces VA bi vie do ne L dé 


dot  LIVRETTROISIEME . | 
#eoir ta faulte de:ceux qui ofént fans grande‘aûtorité; propoler ss 
:! âncièns Gaulois ayétpris fourée dela Germanie, & pour preuue de 
°° 4lz fe targuentdesefcritz de Cefar en fes Commentaires, qui dit que) 
+ fieurseftimentque les Gaulois ay.ent fource des ecrmaïns lefquel: ; 
iadis paffé le Rhin,allichez de la fertilité du païs des Gaules, (y ares 
 chaffansies premiers quien eftoient les naturelz &poffefleurs, 4: 
Cefar fut inRruit detelles bayes &c aducrtifflemens par ceux de la ci 
Kheims.le. ne veux detantm'attribuer que: defmentir: vn fi excel 
| hommeque Cefar,ny aufli m'oublier d'accorder ce que luy-melme 
.Cefar noté ieniauant que comme chofe doubteufe.&: de laquelleil n'auoit qu 
pafent de peu fimple recit fans autre fondement Encor accorderay-ie ce que ce pr 
dediligence  doéteur Eflauon S.Hicrofine dit que lesiTheutons, fouuent font ve 
 @-en l'hi- despartiesles plus efloignées de germanie, rausgean5: toute les Ga] 
fieire. &cayans deffait plufieurs armées des Riomains,ilz furent depuis ace 
__ … pérMarieConfulpresfäcité d'Aix en Prouence, Maisquoy ? il eft£ 
Ÿ'.Hierefme 4 mention des Courfes, & non de l'arreft,puis qu'il eft ainfi qu'ilz en | 
Gerence.  -rent.chaflez par le general Romain:Et pour dire laverité, &de ce nou 
Le rôt foy les Hiftoires fi elles font bien efpluchées, la vraye hiftoirenc 
 Ceux-g e. môltre que pluftoft l’Alemant eft forty du Gaulois, que ceftuy-cyde 
= foret les Cym race Germanique. Et qu'il foit ainfi il faut veoir (côme i'ay dit) Les mig 
© Oresfortis des 6s 8: voyages de ce peuple; laiffans à part les premiers Gomerites & 
Ganlis,  motées,quineffoccuperent guere qu'à multiplier leur engeäce és Gaul 
‘de laquelle depuis formillerent tant de nations par l'Europe, & mefn 
Celtes en ef= mét és Efpaignesia dés le cômencement,ou ilz dünerentlenom deCd 
paigne.vay… tiberieà toute celle contrée qui a prefent porte letiltre d'Aragon: & 
Lucan li. 4.de Italie,où encor la Lombardie, Marche Treuigiane, le patrimoine & p 
La guerre ciut Bolonois & la Romagnolle portent lenom decauleés liures des hos 
le go Lucie mes defçauoir, fi que les Romains quelqueinimitié qu’ilz portaffent 
Marin en l'hi nomeauloys ne peurent faire queles Colonies Gauloifes,tant en Tofc 
bo.d' Æra-  nequ'ailleur,n'ayent retenu leur nom durant le plus grand orgucil,&t 
gr. rannie de leur Empire. | | 
Etquoy que Tite Liue,ou fon finge Flore;tafchent d’aneantir l'exc 
J'igauefe , @ lececauloife, fi font ilz contraints de confeffer ce qui eft cogneu à t 
2uelefre- : lemonde, que c'eft de caule, que les plus fàmeufes nations d'Europeor 
res, neueux … pris origine, & fur tous les Italiens & Alemans. Voyonz ce gräd defbo 
d'Ambigal des Celtes fous Sigouefe & Bellouefe deux cens ans auant que Brem 
Roy de Bour-_ palaf-eu Italie, & faccageaft Rome:l'vu de ceux-cy à fçauoir Bellou 
ges... fe faifant voyele fer aux mains parles Alpes,abatift l'empire, & puiflanc 
Tue Liue De. des T ofçans, & Sigouefe prift la volte de cermanie,courant & rauagea 
cad. 5,1, tout, :&.en fin fe faifant feigneur du Norique,& païs voyfin du Danube 
T'acite livre & d'une partie.des fiens nommant le païs de Baioarie, qu'à prefent on ap 
des mœurs des pelle:Bayiere.Les Prouinces plus Septentrionales d'Alemaigne fentirer 
Germains. encore celte main forte cauloife apres que Brennegut facçagé Rome 
1ufhn 24.0. pride chemin de Grece, & Belgie le deuança ayant deffait le Roy Mu 
Paufinre.10. cedonien qui ne ténoit compte du camp Gaulois: fen retourna en E 
”: ropsayantfai® crencher latcle audit Roy Gregeoys, Amynte:& Br: 


'en Dalmatie. 
neà fin de côli 
le nom de Gal 
slenom Gauloi 
biftoires difent : 
les calates ayË 
ter dececy auec 
lineature, qui vc 
‘douteufes fans 
usrecueillez de 
ps que les Gaul 
 Macedone,H 
miers parens dk 
du pays de G: 
tretroupe, Com 
thuon des feme 
rce du pays de 
lulie . Les bo: 
feurance, qu 
Gaule,quoy q 
nous en par! 
eften main a 
ciule eft ditte | 
scfté affuiettie, 
fes Ennead. &c: 
dix ans Les Gau 


we 
{ 


LR 1XDE  LEVROPE: *:. 1 
epouillit le temple de Delphe füc foudroyé & plusrompuperef- . . 
lefte,;que de la ps des h‘mes: Qu'aduint:il us prono rabrt Jufisn 23° 
geluftinen chante. Les Gaulois(dit-i')ayans mal fait leurs affaire: à 
bhe;où ils feñtirent plus de violence de lire des dieux,quede la vail. 
pdeleurs ennemys,ayans perdu leur Roy Brenne,,.fen füyrent vne 5 cordifques 
Ben Ac, 6e lcs autresen Thrace, Etainfi parle mefinelchemin que Gas Lafie 
yent venuz,ilz fen retournerent en leurterre:vne partie defquels b. $rdes migré 
herent pres les bordsdu Danube, & Saue, qui {e fcirént nommer #5. 
nifques(ceuxcy font les habitans de Tirol, Auftriche & Hongerie.) 
reofages de retour que fürent à Tolouze leur païs ; affaillis de po- 
fn peurent guerir pluftoft qu'ayäs gettéen vn paluz l'or & argêt ra- 
bréples ils purgerétieurs maifons de telle maledi@ion caufée parle 
pue. Vne partie de ces Fcétofages, ayäs pris plaifir au païs Illyrié,y | 
rét,& pilläs les voifins du Danube, 4 fcirent fcigneurs de la pé- Pin Tite Lime 
k voyez là les propres mots de Juftin abregeät l’hiftoire de Trogue. Déadà. 
#païs Scordifque feftédoit iufqu'à la cité de Belgrade en nôgrie qui Apian lle 
pire téps, à efté prife par Solyman Roy de Turquie. Età fin qu'on brique. pli.l: 
ke à le mot de Scordifque, ne feftende plus que la baffé Pänonie,ou 3. CL. 4p.26. 
pie ,& qu'écor les Teutôs,ou Tudelque y font côpris,voiez à leur e. Celtes ass ‘| 
hé ef faite , & alignée par Tuftin & Eutrope désle pays de Thrace, 2 ne 
j'en Dalmatie.Pour ne détenir trop leéteur, il fault veoirle cha.pre. ÿ Mé! 
neà fin de côfiderer quelles:8&:côbien grâdes furét les natiôs côprifes rinen l'hifle- 
Klenom de Galates , & à les mefmes Cymbres fe pouuétcomprendre x %, 4, 
slenom Gaulois,eftät affeuré q nos anceftres y ont donnéatrainte , f à pi 2: 
hiftoires difent vray 4 le-1ôg de lamer, & dés les Alpesiufqu'au Da- à: oi 1 
klescalates ayét ehedu leur feigneurie. Mais d'autät A ailleur Kittieenl'hi, 
ker dececy auec pl’ de diligéce , & recherche, vo’ fuflira decelte fim. pr 
lneature,qui vous pourra feruir côtre ceux qui font du fçauätéscho- ; WA fr 
Hdouteufes fans que toutesfoisils vous en fceuffent dônerrefolution. 7 7hLy 
srecueillez donc par les propres motz des Latins, &crecz, & Ale- & ñ 
que les Gaulois ont peuplé vne partie des Efpaignes, Italie, & Grece’, nflin 32. 
Macedone, Hongrie, & Alemaigne, queles Celtes Ga. cons font les ne dHb 
kniers parens dé la Celtiberie & aragon, que les cauloisfontperesde jen 
du pays de Galice: Etnoz voifins les Tholofains accompaignez de j,. che) 
Mretroupe,comme cftans les chefs de tout le pays, ont femé le terroir , bien .$e. 
huon des femences aquitaniques : Les Borbonnois fe peuuentdire 2e bi 
ice du pays de Bauiere , & baftiffeurs de la cité fameufe de Boloigne ,, 1 Gaudin 
lalie . Les bons liures font pleins de cecy, là où n'yapas vnquidon- ,,,,2 x ti 
feurance, que le Germain aye rien laillé de memoire de fa demeure PeMéman | 
Gaule, quoy que fouuentilayt tafché de ffen faire le maiftre :'maisde”. y, Lig.Ene 
nous en parlerons ailleur, & par ainfi fault continuer l'autheurqui Liu.3s 
seft en mainailluftrer ] Lescaulois à prefént fontnômez Fräçois, & pr La.de 
Gaule eft ditte Fräce, des Fräçois peuple de la Germanie,par lefquels el La pnerre Gt, 
seltéafuiettie;ainfi 4 Baptifte Mätoui dift en fon S. Denys, & Sabell. 2 à 
fes Ennead. &c recueils, Cefar qui le premier d'entre les Rom.fubiu ua. 
dix ans les Gaules, dit que les anciés Gaulois eftoiét differés enfemble 


que. 


De 7 à du 
ARTE CA 


Ga: :  , LIVRE'TROISIEME 

en mœurs & façons’, langage: \loix & couftumes de viure: &qu'uf 

-auoient plufieurs chofes quieftoient communes à toute la nation, 4 
d'exercerbandes, use partialitez,. cequi eftoit tellement gg 

‘leur efprit, que non feulement les citez & bourgs querelloientl'ynçy 

l'autre; qu'encor cefte auoitlieu en chacune famille, } 

{Et eclle diuifion feule füt celle qui l’acheminaa la viétoire, & lus 
ürift le pas pour vaincre les Gaules inuincibles. autrement que paris 
| corde inteftine des habirans.]D'autät que ceux-cy qui eftoiét les p 

ce mefris eff 'ches, puiffans & genereuxcombatoiét enfemblefürla prefeance , 
encor affez, s. pauté ; chacun defirant de pluftoft commander, qu’eftre foumisfy 
. wité à prefet. main & puiffance d’vn autre . Et toutainfique cécy leur fut peculis 
detouteanciennieté, auffi l'inftitution eneftoit merueilleufementbo 

__ entant que le peuple par ce moïenrn’ettoit aucunement foulé des gry 

nn 4 #27 4 iaçoit que c’eftoit le pays du monde , où l’on tenoit lesmoins decor 
Grad féruite. de la multitude, veu qu'on fen feruoit comme d’efclaues, fans queix 
de des fimples vn populaire fut admis au confeil public: & la plus part defquelsefto; 
sadh ë Gaule, fi chargez ou detributs, ou de debtes, qu'ils eftoient contrains feie 
ie entre les mains des plus nobles & puiffans, fleur obligeäs &:biens &p 
fonnes,affin d’eftre deffendus du tort, & vivlence des autres. [Et del 


Cr had penfe que font venus ces feruitudes, qui encor fe pratiquent en quelqy 


| ba guerre Gal endroits du pays Lymolin. Orquelques ligues &:diuifions qui fui 

4 entre les Gaulois, ñ eft-ce que Cefar ne nie point que fouuent ilsnefi 
=. fémblaffenten confeil public, qui fe faifoit & tenoir, comme eftats ger 
Hommes re- raux des Gaulois au pays Chartrain,ou eftoit l'ancienne loge & habits 


bique, 


. marque en des Druides. ]Car les Gaulois auoient en finguliererecémandationd 
tre les Gaulois fortes d'hommes, les Cheualiers à fauoir, & les Druides: Aucuns yadi 
Drudeser … fientles Bardes & Vaccées, les vns defquels fadonnoientà la cognoif 
cheualiers, ce des caufes naturelles, & lésautres à loüer les hommesilluftres, &af 
ar re des vers & hymnes à la louange des Dieux. Mais Cefar les compret 

- tous ( & à bon droit ) fous le nom de Druides .C'eftoit à ceux cyapre 

dre garde aux facrifices tant publiques que priuez,aiaterpreter les fe 

. de la religion, & enfeigner les lettres aux enfans,d'aflifter aux affemblé 

+... dés iugemens fuft pour les meurtres , ou querelle fur les bornes & lin 

Offices et pusf® tes des terres, voire cognoiffoyentde totire caufe & donnoient fentenc 
Jence des Dru ou condemnoy ét les mal viuans : Que lil y suoithommede quelque 
Mes. ftatou condition qu'il fut qui refufaft d'obeïr à leurordonnance;ile 
TRS … exXcommunié, fans qu'il luy fut permis d'aflifter aux fâcrifices qui eftoit 

| Druides fols- ptSe la plus ighominieufe que recogneut toute celle nation.Ces phil 
fares..:  fophes pournefe foüiller fuioyent la hantife des autres &ne parloyen 
AL :: perfonne:ceux cy réfufansaudience , aucün ne pouuoit fe pourueoira 
Chef des Dru leur ,& perfonne n’éut oféfartribiieraucun hôneur priué nyigeneralf 
des premen… qu'ils ne l'autorifäffent .‘Tisatoyerevn chef lequélauoit iuriféliction 
parclbtin. puiffance für tout l'ordre & affémblée philofophique; lequel mourits 
 venoit à l’eléétion de fon fücceffeur,ainfi qu'à prefentonfait, ou deur 
faire au decez d'vn Euefque Certaine fé ifon del'änée le Côfeil &c cl 

generaux ( comme dit eft ) des Gaulois falfembloyent:au:païs Ch 


monses par] 
ant fut cel 
lement par l 
fuier d'auoi 
amalant de 
vf squ'on le 
ment, &c pou 
fes de la Franc 
ggros cfprit q 
trompé en 
ire Romain 
jres de la gran 
Parlement o 
nAngloife, 
pus en ayent n 
ingloife eut ce 
piter des affair 
ksfut fortie de 
jue d'eux au m 
joife quoy qu' 
celle ifle po 
our y puifer | 
ays Septentrio 
slleufement.< 
sslesauoyent 
os qu'il foit 1 
nf Cefar pou 
fifroidement 
wfne parlant 
eceux quib: 
jelgiques au B 
ez & y auoier 
que là Gaulen 


efteifle eut 


els auf elle 
ql 


ur0 
&tiel af 


Zara 
ql 


st 
TEA 
à 4 


| :1/DE: LEVROPE., Frs 
Lietaumilieu des Gaules,où toutes les querelles eftoyent vuidées par Asbert cens- 
bref ordonnance des Druides . { Aucuns eftiment & non à tortque /* Eue/que 
jupublic de l'affemblée c'eftoit la ville de Dreux, iaçoit que Paradin d'_Æwranch, 
Eweque c'eftoit Autun, cité lors capitale des Heduens, & des princi- /5w. 1. de Le 
je des Gaules: maisiem'enrapporteä la verité, & neveux plaider en Gæwk. 
bolequine m'eft d'importance, quey que füuiuant Cefariepenfe la pre-, Peradin lim. 
rcopinion eftre la plus veritable] Ces conftils ont efté depuis receus. de s'9far en 
rles François, &c appellez Parlement, mais tranfporté à l’imitation de cies de Bour- 
leterre.[C'eft bien de whoig ur Boefine:i'ay honte qu'vn hom- gagne. 
sit profeflion de l’hiftoire, f'oublie fi lourdement que d'eftre lou- Erréwr de Be- 
bé chofes les plus ailées à voir: Quelle abfurdité eft-ce de dire 4 nous ne. fnbus. 
monsies parlemens des Anglois,côme ainfi foit que Guillaume le Con- 
ant fut celuy qui de France en porta & lenom,& l'vfageenl'iflenou 
lement par luy conquife des Anglois? Ie fçay bon gréà S. Eftienne Æffienne PS 
fquier d'auoir monftré icy (comme ailleur) la gentilleffe de fon efprit, gwer liu.2. 
umalfant de noftre hifloire & le premier viage de parlement, & le cha.r.e> 2. 
bnpsqu'on le tenoit, &c les caufes pour lefquelles il fut inftitué premic- des recherch, 
ment, & pourtant ie renuoye le Ieéteur au liure trefdoéte de fes recher- 
sde la France, affin qu’auec les raifons de ce gentil patron, il n’azarde 
pyros efprit qui ne dit ny ne fait finou ainfi qu'vn autre le pouffe, & qui 
trompé en ce qu'il a veu en Cefar que les Gaulois (ainfi qu’on difoit Ce/ar pen/ois 
arleRomain nel ofe affeurer) appreindrent iadisles fciences des Infu- g#e les Gen 
es de la grand Bretaigne : 8e a conclud que és derniers temps la façon be# finfenr 
Parlementou affis ouambulatoire, nous auoit efté eflargy de l'inuen- les lertres des 
nAngloife, commeainfi foit quenoz premiers & plusanciens peres Brerons. 
jus en ayent monftré la forme, & que depuis les François,auät que l'ifle | 
lngloife eut cenom, ny futen liberté, vfoyent de ces affemblées pour Z#/#laires de 
ter des affaires du Royaume. Et pofé le cas que la difcipline des Drui- Le grand re. 
ksfut fortie des Bretons , encor l’affemblée pour les iugemens n’a point fasgre forci- 
fue d'eux au moins que nous puifbons recueillir paraucune hiftoire An- ers. 
doifequoy qu'il y en ayt de bien fabuleufes. Et fi les Gaulois pañloyent Forex, Benfe | 
celle ifle pour y apprendre quelque cas, afleurez vous que c'eftoit en quel temps 
our y puifer les fciences :obfcures , veu quelà, comme au refte des slmer Saren 
sys Septentrionaux l'art de Zoroaft & forcelerie y shois prytique mer- ©* Drsys 
kileufement.Car,quant aux lettres, fi nous croyons Berofe, Jes Saroni- Roys de Gaw- 
slesauoyentintroduites en Gaule, & les Druides vfées & enfcighées Le. 
hs qu'il foit memoire que l'ifle Albion fut feulement recognèue & ce/är 5. de la 
nfiCefar pour cefte fois ne fera creu en chofe de laquelle aufl il par- gwerre cali 
fifroidement qu'il fenraporte à l'opinion, &ouyrdire, ioint que le ge. 
xime parlant de l'origine de ces Infulaires, nefaiét confcience de dire 8ede bif, «c- 
eceux quihabitoient prés la marine, auoient leur origine des Gaulois ckfch.1.eh. 2: 
lslgiques au Beayuoili,quipaffans.en l'ifle pour butiner, fy eftoient acre- lion sfle 
2 & y auoient cultiué lesterres. Et Bede homme Angloisne peut taire nommé Bre- 
Que à Gaulenefoit celle quia peupléla grand Bretaigne, parlant ainfi: taigne des 
clteifle euft dés le.-commancement les feuls.Bretons pour habitans,def- grerons de. Le 
quels au ëlle prift. le nomilefquels (ainfi qu'on tient) pans delagerre cawle. 
x 


Fe LIVRÉE'TROÏSIESME, ….. 
continente nôdrhmée Ærmôtique en la grand Bretaigne:, fe foirem fu 
| gneurs des parties pluftirans fur le midy d jte, AIuË les Gaulois pj 
. anciens ne vraifemblalile : qu'allans peupl er vne Prouiace d'homme 
:nelafoifonnaffentauffi des chofes qui font dignes de l'homme, & eg 
“faires; Be la vie, & à la police:foit dit cecy cn pafnte) Les Druidesnes 
melfloÿent point de la guerre,hÿ n'eftoient contraint. à conferer ou paye 
tribut comme lesautres. Qiconque vouloit eftrereceu en leur comp 
gniej&'attaindre la perfection deleur fcience, falloit qu'aprinft plufien 
miHiers de vers par'cœurs, tellement quye auoit lufieurs qui dem 
\: roientvingt énsauantque féauoir ce qui eftoit mece aire-d'entendre,d'a 
-tantqu'ilreftoitpoint permis d'efcrire rien apartenant à cefte cognoif 
 fance;qui petit apartenir & toucher à l'exercice de Ja memoire, & autor: 
… « déteste difcipline.Le refte des Gaulois en ce temps là auoÿent les ler 
Druides ims Grecques en vfage: Ces Druides auoyent opinion que les ames cftoyer 
tateurs de Py:immortelles, mais qu'elies paffoyent d'vn corps en autre:& par ce moye 
thägeres en: oftans tonte crainte de mort du cœur des Gaulois , ils les rendoyentph 
ls d'eux. : hardysàfexpoferà tout peril & hazard. Ilz difputoient plufieurs chofe 
für le cours des Aftres, de la grandeur du monde, & eftendue de lat 
DO  delanature,& eftrede chafcune chofe, & de la puiffance des Dieux: fi. 
Difpures ef= mans lemonde eternel , & que l'eau, & Iefeu, fe furmontoyentrecipre 
quelles les -: quement, & à diuerfes fois l'vn l'autre, [Ee ne veux omettre ce que Pliré 
Druide fe- dit de ces Drüides en fon hiftoire naturelle:Les Druides(dit- il) n'ontri 
xerçoent. en figrind'éftime,ne nd rt plus facre que le Guy qui-n'aift ésan 
Pline dernier-bres, & que l'arbre mefme où il engendre pourueu que ce fut vrr chef 
chdu:6.liu. & pour celte caufe eflifoyent ils les foreftz de chefnes , ne faifans aucus 
Gyffivne facrifice fans auoir des rameaux & fucillages de ceft arbre. De forte qu 
firted'extre- pour celte feulc raifon fuyuant l'interpretation Grecque,on les appelloi 
ment des wi- Druides,du mot apèr qui fignifie chefne : iaçoit que les Grecz anci 
eux arbres. baptifoyent de ce nom toute efpece d'arbre: Quoy qu'il en foit, cesge 
ayant La fuel eftimoyent que tout ce qui naifloit en ces arbres, eftoitenuoyé du Ciel& 
bscommeun que Dieu auoitchoify ceft arbre & auec grand ceremonie, & fuperftiti 
oliuier. y trouuans le Guy;ils le recueilloient : & fur tout obferuoient ils la Lune 
S'aperfhtion ‘ fixiefme,qui eftoit commencement & de moys, & d'annéeentre eux, 4 
es Druides du fiecle au bout de trente ans, ayant aflez de force, & n'éftant plusen 
à cueillir le. moitié. Etsppelloyent encor la fixiefme Lune tout gucriffant & voulan 
| Gwy. facrifier,ayans premierement drellé vn beau, & grand appareil de viandes 
Ocnfichar {ous dés arbres, ils empoignoyent deux Thoreaux blancz ; ne faifans q 
mex pour 4- aboutirles cornes, 
soir viétoire. Le Preftre affublé d’vn abillement blanc,ains que facrifier montoitfi 
Druides ex- l'arbre porte-Guy ; &'coupoit ce rameau tant cherché auec vne faucill 
ferminez iQ d'or,léqueton receuoit en Vn Hoquetô de blanche couleur:Cefaitlavi 
par qui Ph. @imeeltoitoccife,& immolée,priäs Dieu de profperer ce prefent à ceut 
d.30.ch.x. à quiilauoit d'en fire largelle.! Veu qu'ils penfoient que par.cefte fin 
| Snerone en Le leurs troupeaux fuffentrenduz fertiles, & que le Guy eftoit Le fouuerai 
wie de ltnde remede contre toute forte devenim, & poifons; fi grande-fouuentesfoi 
Mers. eftlafüperftitiog des hommes'en chofes friuoles, & de nulle confequen: 


D. 
dre ta 


L me Pline d 
| d'autant sl 
ide à caufe 
x furent ruit 
ke, fuyuant l' 
; Chsde Ne 
, qe L’a 

pencles Cheu: 

Éauand ils to: 
piczen que! 

kntvn homrne 


pétcefupplice 
jient le plus 
Wiciences le g 
mes à gaigner 
milz vouoyer 


ben plufieurs 


ps qu'ils auoier 
peu foit- de af 


bpinion d'eftre 


oient les fefte 
Dis fut la nui 
fleurs enfans 

armes, eftima 
foce defonf 
x ilefgalloir 
a bien qu'il co 
cefte commu 
fa partie 1uÿ 


k & de mort fù 


attainte d’auo 
truellemer 
illuftres,on : 


lu defuntauec: 
Muietry le pay 


surs qu'on met 


des principaux 


dés le come 
neraux eftoien 


Cela n'ofte} 
; Lu j à cs° 


ommes À Jeurs Cele Rhe- 
ucceffeur d’Aù- dig.ls,18.ch. 


des Ms crée 


s Gat= 


Clauesdes bles à cene 

ilyauoitplu- dessorhes 

BOUUETNEMENt, Pritces Had 
br laguerre.annaels en" 

Édie qu'ils eflifoiènt Game, 

qu'effoient coux des . 

"XX He  .: ps 


| . LIVRE TROISIESME. | 
Senonois, Heduens, Auüérgriaz,& Berruyers , mais paile de celÿ qui 
_ uoit fouueraineré és chofes du public eftat des Gaules par l'autorié : 
peu ie fous le nom duquel fe faifoyent, & les Ieuées & les affemblées 
{ quélqu'vnauoit quelque aduertiffement des voifins fur le Fiet 
chant le public,il 1e deuêit faire entendre au Magiftrat,, lequel felon 
bon luy fembloit, & que le cas le requeroit en celoit vne partie, & dy 
ke il en falloit faire 1e rapart en la publique affemblée des eftats: d'ant 
qu'il n'eftoit permis à aucun de parler des affaires communs, finon de 


{ 


‘police Gäu=" 


leu. 


toute monde. Et celuy qui venoit le dernier au Confeil etait occif 


Ce qui fen- 
fuit Hu 4" auçune mifericorde. Ceux qui faifoyent bruit ; ou fufcitoyent trouble 
Strabrn.4:_ l'affemblée, vn officier & fergeant venoit à eux l'efpée nuë au poing, 
…_ leur commandoit les menaçant dé faire filence , que fils pp a 

| in, + Vfoit depareil commandement iufqu’à la troifieme fois: puis contin 
Sérabo attrs l'autre en fon opiniaftrife, l'officier luy coupoit vnefi belle piece de 
Bue ceffe ma- habit que le the luy demouroitinutile. Les Magiftratz cftoyent pa 
grferte aux d'ornemens d’or,ayant des chefnes d’or au col, & des bracelets aux bre 
Druides. és doigts de beaux anneaux & fort riches.Le peuple portoit des fayon 
cafaques, & par deflus quelques manteaux fi cours, qu'à grand peinel 
pouuoient ils couurir la moitié des Fefles.[ Et c'eft pourquoy Strabor 
: . qu'ils suoyent de fort longs haults de chauffes, 8 tient que ces mante 
Habits des fi cours Mr faits à manches, & fenduz par le deuant commelarc 
Gaule) où togue Romaine. ]La laine de laquelle ils faifoiét leur drap eftoit à 
Tacite li. 18 8 le poil long,de laquelle ils fifoyent leurs habits veluz, & d'aucun 
auoyent de mefme parure, mais faits & tiffuz à l'eguille.[Et quoy que 
me dit Ammian)leurs habits fuffent de peu d'eftoffe, lieftoyentils 
_& propres en iceux, & für tout les dames, & donne ceft auantage fur 

les Gaulois,à ceux de l'Aquitaine. ] 

De l'armeure : T]s nourrifo yent foigneufement leur cheuelure, grands , & bien 
des Ganb.  portionnez de corps,blancs de couleur, & les armes proportionnées| 
vo P:Jbe,2 ]à flature, vne grand efpée pendant au cofté droit, vn Jong bouclier 
: fcu,la pique fuyuant la grandeur de l'homme qui la manioit.Quelqué 

ils faidoyent des arcs, maisils attaignoyent plus affeurément au but 
les dardz defquelzils f'aidoient allanz à la chafle: & peu d'entrecu 

. foucioyent de fondes ou maflues de boysallans en bataille. 

sel effst Et leur principal habiteftoit. celuy o1ilsnommoyent Bracces 
l'habit nome n'eftoyent pas fimplement cé qu’on appelle à prefent braies, quine 
Bracces, - | urent quoles parties honteufes : ains vnabillement fait comme lach 
_fe leurallant dés les efpaules, & eftomach, iufqu'aux genoux, quile: 
Pempense ; uroitles Rien e membres que nature. commande 2 tenir fecretzl 
Mk... chez.Oyons {ur ce propos Pomponie Mele, Les Sarmates(dit-il) po 
a fes Bracces par tqut [e corps, lequel il en couurent tout fâuf la fa 
Suerene em Le VEUË: 8 Tranquille parlant de la coniuration faite contre Cefar, dit 

: se Cefer. : mena des Gau op en friomphe, lefquelsarriuez à la court Laifferent 
 bracces, & prindrent la robe frangée de laquelle, vfent. les Romain 

” Tacite dit quéles Colonies, &'citez Municipales des Romains f* 

foyent de Cecinne d’autät qu'il portoit vn Hoquetô bigarré de co 


Ammian. 
NAT 


foitveltu 

D ah trOP IOF 

! qe b 
mlafeéti 
Lraiftoire d'/ 
Lfiment,iaçoit 
pes defque 

L Aüner le gou 
Léepar nous, € 
ifeorichiffer 

| ur tout 
nuftroiét aue 
ieurs fortes. 
Hoientaux ch: 
grédeur,forc 
néten cestro 
bfene tombez 
ondance du be 
ki plus part d' 
xét leurs maifc 
kelles fort grar 
bient farouche 
jreffe que d'aui: 
jes combats qu 
que le feul pañ 
çombatans & d': 
joyeule, mais eff 
toyentau col d 
bataille, & le 
ln des pieux & | 
sans maflacré « 
mn des vales & 
iftoyent, &n 
conque.La couf 
lorau col;aux b 
Voulans auoir p 
toyent l'homme 
soyent fur le dt 
impatient à fou 
preuoyoiét l'oi 
tres façon’ d'im 
les vas à coups 


fois Uz faifoien 


buftible, dans 1 


& en faifvient- 
Gaulois jadis, à 


DE L'EVROPE, 195, 

toitveftu de Bracces veftement propre des barbares, Et afin que.ie- 

Ep rrop long, qui voudra veoir mieux à fon ayfe, & armes, & dexteri: 7x Liu > 

Léon de batailler desanciens Gaulois,qu'il life Tite Liue;que quey 44 Left. 
malaffeétionné à la nation,& Cefar en fes Commentaires, & T'acite fe. li, 8. 

ifoire d'Augufte: mais fur tous Polybe fy eft arrefté le plus auri: 44, 4.Dets. 

Lipentisgoit qu'il parle toufiours au grand auätage des Romaine: Les Cfa, 2.6 ‘ 

béres defquelz ie laiffe de vous amener mot à mot,me füuffifant de vo? JL ere 

Liber le gouft & rechercher l'antiquité des noftres non encore efplu. ,;,;2° 

bépar nous, qui on laiffons la gloire aux eftrangers,& l'honneur à ceux rue. 3 

df'erichiffent de noz defpouilles, ] Les Gaulois couchoient fur belles pagece li3eà 

urtoutes delices & banquetans faffeoient fur du fouairre: Ilz © p, bre. 

puftroiérauec les laiétages grand diuerfité de viandes &: metz, vfans de cs P 

leurs fortes de chair,mefmemét de pourceau & frais & falé. 112 nour. Tr Le 

Hbientaux champs grand put depourceaux,excedanstous autres send, Lu. fe 

grideur, force, & legereté de courfe,deforte que ceux qui ferencon- Le, mes 

ét en ces troupeaux fans y penfer, n'eftoiét en moindre danger à f'ilz ser iles. 

bent tombez en quelqueefcadron de loups affamez : & eftoit telis l'a 

ndance du beftail à corne en Gaule,& dea porcherie que & Rome, 

Laplus part d'Italie fen fourniffoient de lards.& nourriture.ls baftif- Gloss »r 

xét leurs maifons de charpenterie & bardeaux en forme de vouites, & ches enbeftail 

krlles fort grandes,auec des ouuertures & croifées, Tous en general e- 

boient farouches, mais d'vne naïfue fimplicité;ayans plus de force & a- 

reffe que d'auis,confeil ou prudence en guerre, & eltans plus foigneux 

des combats que dela culture & labeur des chäps. Les femmes £ fertiles 

que le feul païs Belgique pouuoit iadis enuoyÿer à la guerre 300000. 

rombatans & d’auantage:viétoire certes à qui la gaignoit fort plaifante & 

joyeufe, mais effroyable aux vaincus. S’en recornans du combat ilz met- 

toyent au col de leurs cheuaux lesteftes de leurs ennemys par éüx occis. 

bataille, & les portans en leurs maifons les pendoyent, ou affichôyent 

en des pieux & poteaux pour feruir de parade & môltre aux palfäs. Mais 

sans maffacré quelque illuftre homme ennemy: ils mettoyent les teftes 

n des vales & eftuys precieux de Cedre, pour les môftrer à ceux quiles. 

vifitoyent, & n'cuffent quitté le chefor pour rançon ny fomme d'or quel 

tonique. La couftumeancienne & naturelle de ce peuple, eftoit de portér 

lorau col;aux bras, & aux mains, & enrecamer & broder leurs abiliemés. 

Voulans auoir prefage,ou diuination far peine euenement, ils tourmé” 

wyent l'homme deftiné pour eftre fâcriñié à grands coups qu'ilz luy don- 

nyent fur le doz,& felon les mines, & contenance qu'il renoit fuit eftét 

impatient à fouffrir, ou fe tourmentant pour l'indignité du fuplice , ilz 

peuoyoiét l’occafñion de leur predi@ion & augure. Lis audyét encor d'au 

tres façon’ d'imoler‘&-ofrirles hômes en lesmaffacrant:car ilz en tiioyët Cecy  mef= 

les vas à coups defleches;&:puis es pendaienten-leurs témples:d’autres me ce gw’1l 4 

fois ilz faifoient vneftatue.sceffigiedefoing lié,&cplein de boys com: dit denant 

buffible, dans laquelle ilz/mettoiét grâd nombre de beftes & d'hommes de x ffatue 

& en faifvient vne cruelle: & cfbrange rotifferie detout enfemble. Les d'ofe 

Gaulois iadis, à caufe. de leur aflidu trauail & peine .continuelle eftoient 


Xx iij. 


+ 


R LIVRE TROISIEME R 

” peu chargez dé chair & fort maigres, & aufquelz à gréd peine voyons: 
Eavbis iadis Emas Le Veuté enflé:car ilz aient lagrefie de da Orte, que au L 
tous maigres. ]efcens qui auoient pluside largeur que ne portoit leur ceinture, ef; 
püniz res putin PT trop dénné d'aifé & de bon temy 

Au reltela frequentationqu'ilz eurent aec" les Romäins fit vn grid 

efchange de leur façons de faire, &cle tempsebrrecteur de toute chofe! 

changé leétout en mieux ; &adoucift cequieftoit de rude & cruelené 
.peupletitilluftre, (Lequel comme dit Strabon efloit fimple & fans 4 

. cune malignité de mœurs qui luy fut naturelle: eftans irritez ilz faffes) 

_‘bloient facilement, hommes ouuers & fans diffimulation , n’ayans ri 

pôur fecours en guërre que la force & herieffe: Tiz fe laiffoient ayfém 

7 vrènu des ji ME 1 2 VE em ce qui ler pouuoit tourner à prod 
Ganlais mêr- Ëc ayaÿs l'efprit enclin aux bonnes lettres &'‘difciplines, charitablesau pi 
tionnées par. fibje comme ceux qui fedouloient voyant quelque leur prochain off 
Straben bi.4 CE, &c fe monftroientenclins àluy donner fecours. Lifant cecy, ceux d 
:.… anciens qui ont donnéle nom de Barbare à noz Peres Gaulois , qu'ils ri 
gardent f la naïueté des noftrés n’eft pas plus louable queles rufes fin: 

fes & tyrannies de ceux; quifeftimoient courtois & ciuilz en pillanr, 

!" ‘rauagednt,& ruÿnant tout lemonde.Tant'yaque ce: furent les cauloy 
qui receurent la foy fous les difciples des Apoftres, & qui l'ont annonc 

- aux François vfurpateurs des Gaules fur les Romains ; defquelz il eft def 
ormais temps que nous tenions propos.] : TA 


L sprefque par t 
urematière.L 
L & mile fur de: 


LR 


étant petit enfa 
bent Ecclefiafti 


ji” 


PRET s h 8 Frençaisyde leurs mœurs,C- origine © cons 51x, Je feirens 
sq A RUE POTE feigneurs des Gaules. 5 Chap, 29e 
serquels 2: Autant quel'auteur . A dcny cuiffe.le 
, ; que l’auteur que nous fuiuons eft affez m $ 
LF tt ” g - a g"e parlant des François;qui fe font renduz caulois,e Dot 
fente, 4 © & liabitant en Gaule, commeiadis les Galatés furent non PA" CES Es 


erlate : mais le bi 
queau refteiln'y 


Pmez callogrecz, ie fuyuray fonftilele traduifant pou 
2, puis apres m'efgayerdl'ayfe für vo füier tant agreable 


Or voicy comme noftre recueilleur en difcourt. LE" Ceux de nc 

| POLAR ps x “a te (dit-il) font à prefent tref-affeétionnez àla TR 

. Jigion & pieté Catholique,ayans vn Roy fouucrain: duquel font pra | 

in pre E des ati & fcigneuries: folennifontle mariage féféiec la fra maleuré prefag 

» MMEJÉ4" -couftumes & ceremonies d'Italie, : 0200072 “po n y ontguere 
me; 1. Plufieurs d'entreux faddonnene à l'eftude des feiences 8rarez libergeun defGritle 
ae & fur tout hd la fainéte Theologic:ce qui fe voit facilemét en celle pire 
rec celebre & fameufe vniuerfité de Parissisquelle futmohte ftcilémenttor Gaule n'ef point dé 
V” tesles autres de l’vniuers.Les Fiançois fontenoutretrefdefireux deslet Ans ape 

LE ANEUe me care d'imitterl'eloquence &doueturdeszatins,& pres ÿ qe 

| nemefprifentla cognoiffance & de la langue8c-dwfçaubir des crecz. le foleul Je leue,s 
. td Laiufice venin, Fu orvengpantes NEbgiontes 184 c'éftau Royt Ps l'Aufre chal 
D 2064 Les cilire & éhoitir . Ilz onde bons hommesidrarmes én pütérre & deu/4?rvin4 Ocesr 
.SMITE.. … fanterie legerementarmée ;ont mn Les arcz plis M rie va Fr4/fants 
!... Jongsquelesautres & l-fquelz ne fons point: décerne comme en Scy- LaGaule «n° du 


Terroir bien fosfon 


ue 0 Cf ee 0 ee AR CL Le he pr 
La Sr ul à # TD 7 k 1 CHRCRE 


14 4 — FE ù 

F' PSS DE MTETE Le pp Hi! d4} LE ,8" HiLEE 1 Li: 
hu IDE LÉVROPE, | 

ho trs AN à FL, -L Es Fate 


ocre BY abs o ggi 
4 prelque par tout l'Oriét, mais fone-faitz d'Ifou de quelqiéautre 
Lure matiore. Leur armée. eft fuyuic degrand nombre d'artillerie at- 
Lg mile fur des-chariotzs 8e. pe ntplas par ordre qu'àefca- 
ns aya0s plus de cœur, & hardieffe que d'arten cormbatant;iaçoit que 
eretufent le côfeil, n'y'ne m'efprifenttesaduis concérnans le fair de 
Pere. Les heraults d'armes fontentre eux honorez, comme céux qui Æerawlrz, 
Énnciaguerre, & durant la paix font pres la perfônne du roy'preftz d'armes. 
douter fon mandement, & qui l'honorent; & reuerent affeQueufemét 
wobeïffent d'vngrand courage. : 4 "15 24 it intl 
religion & fainte deuotion par la France eft fort grande és Epglifes François fort 
mucilleufe la maiefté des Prelatz enicelle ; l'autorité du cler: 4 , &religieux. 
preur que chacunluy porte : & lagrande,& frequentémelodicen 
podiant, tellement que les sccordz deMufique, femblent eftre pro 
{knaturels à cefte nation , éz habitz & chauffureon ÿ voit vn grand François var 
Bsement de noftre temps, & memoire: Car ( comme dit Sabellique) riables en l'a 
retant petit enfant , il me fouuient auoir veu tous les conftifans, file bilemenr. 
bent Ecclefiaftiques . : portans des cafaquins à manches tous füitz à 
kondes depuis le hault iufqu'au bas, qui n’alloyentpas iufqu'au de. 
bier,& enrichis de ncrueures versle colet ; &autour dés efpaulest ‘ 
buliers par le deuät eftäs pointus, & ayans vne corne de demy picd de 
rtelz que on les voit és capefferies, leur bonnet long & fait aufli en 
re, Tout eft maintenant à rebours;car la pointe du foulier'eft large 
ele pied d'vn ours, & au talon fi bas qu'à gräd peine le pied y peut 
rtenué. L'abillement plus long & large qu au parauant, defcendant  :: 
wi demy cuiffe, les manches ldgues & fendues d'vn cofté aucc quels" : : 
jechiqueture, & des bandes de foye de diuerfe couleur &-coufuesà 
ns par ces taillades: 1e chapeau large & le plus fouuent-de couleür 
arte : mais le bonnet plus large & mal feant à la tefte; comme agit 
queau refte il n'y ayt rien plus propre ny gentil enfon-veftemét que 
pis, Ceux de noltre païs{pourfuyt Sabellique)ces ans paffez furét : 
uxgrandement d’imiter cefte façon Françoife, & fy façonnerent fi r/enrend du 
que par toute l'Italie chacun fe veftoità lamode du Françoys,qui e- pgfogede 
maffeure prefage du mal'heur quinous aduint bien toftapres. Les Charles 8 . et 
hesn'y ontguere changé la maniere de f'abiller du paffé, Or baptifte 2apri7.Mau- 
puan defcrit le païs Gaulois parfesversencelte forte, |” fauan L.2.de 
jaiov A soie [en Days 


Gale nf point de terre ve petite part 
Ans Lpnd ‘4 ir Mere regard 
(| 


Perse folesl couchant maisel vet l'Italie: 

Fa (eleue,a le ner fe marie : 

Pers Wii gant ra El 
Auprofond Ocesn,ou fon smprefiiens >: ATATS N sh 
CAEN Fhoiuer fafreidure 5: 7 Lange di 
LaGaule «sf du Rbiwlauoifinedemenres . À os Canne 
Terir bien fosfonvé en hommes gencrens. | 


LT 


Louanges des 
me de Ga. 


ve 
\ 


LIVRE TROISIESM 


mel va repaslfant pardesprées herbues 
D pu june des us mntendues, 
Ce pays on ne voit « Lapefe füsct, 6 
N'y « l'air corrompu, Co mertel, Go nfet 
Æinl qu'ilen aduiens aux peuples de l'Afrique 
Le fred n'y ef dr rs Le anpole Artique 
A9 l'ardeur du fôlesl les offence à melchef. 
ÆAinfi que l'Indien baz ané [ent [on chef. 


— Æggrané de l'erdeurdu chault, qui fes fmence 


Et feschamps vagaftant:les nustales plasfanses 
N'yfont ele meys au fêcret de Lbfeur 


_ Ainfique defous l'ours en [ent bien Le rs 
Ph ha rame 20 “ 


Ditte des anciens la treflointaine Thile: 


| bn. dansé pee legrand Nil 
change : 


Letout en marefis:ains tout y ef ferti}, 
Leciel deux ferain or laterreplaifante 
En herbes c>- en fruits en veut temps abondante. 
Puisapres aioufte. 
Les Gaulois fint pourueus d'un vifentendemens 
Le corps blanc en couleurs parquey [emblablemens 
De céflegrandblancheur encor Le noms sépare 
Le taint des femmes ef empurpré detell forte 
Qu'un vermilles Tyrièn, ©* Paphienne blanc 
Semblent de leurbeauté parfaire Le le 
Cepenple ef toufiours gay,allegre €: fe 
dt SA F qu faire fehe: 
Ænclin eff 4 l'amour, co aux banquets enclin: 
nr ains quefasre cela,au Cp dun 
Il féprefente gr va:ce n'eff propice 


__Æmy de liberté, l'hypecrifie sl fut 
Æt de haine de mort les faintes l pourfuyt 


Zn parolle sl df franc.ainf qu'en ef l'ufage 
Æ tout homme bien rond a pernage 

Et ne peut compatir ausggues les fac | 
La A of fa plaife ssl, © Les beaux lieux 
Des campagnes des monts, des lacs C9: des rinieres 
Onchaffant fe deduit en cent ç- cent manieres: 


A la guerre ils font nés,cpxé'efftaut leur fauhait, ss 


Et depiquer cheuaux vs chacun d'eux fe plasfi : 


 Zeplaÿfir des François font corféletsio lances. 
Ærbalefies,efjieux pour leurs gréds plaifauces. 


1s dorment à l'abry du noëturne crosffant 
Æt n'ont aucun foucy qu'yn fôleil refchauffanr 


Zn fémences &- fruitsjen beftail plantureuse LE 


rqueiay ditte 
p'noftre temps. 
kansä iour certz 
y ordonnoiten 
jdes hommes fç 


juli 


atre chambres, d: 
afn prefidene.f 
trente confeil lan 
s verbales les de 
ions & matierss 
pareil nombre c 
tdes Enqueltes, 
ph 
sont partie ja 
chambre quatre 
rences chaeunte 
tonque/ Ceux 
Léo. livres DurRc 
foaralors auant 
figner doublen 


à Sr 2 4 be né a Edit hi oéh 
MAT nat ie fond 


1DE x MBVA OT & | x 


©! reçoit fe 
vers 4h 

PA Ce | 
LÀ ; 


fo intinconveniont doper icyhopesei de L'origine du 
Le dura  — je parlement à sm 
quien fur! ‘auteur ,iln' y zhomtars guerequi es rende mare] certaine aux. 
:quei'ay ditte;roceuë des Druides,femainrenus fiecles iu{- Gfrangers. 
inoftre temps. Car toutainfi que le confeil Dasidien x 
pins à iour certain eniks iadis 


pois ces affemblées & paurp | 
NEPOYENt 


hors Games en rois pare ar hs PA 
de chacun pays,efleusèu paruant pour co fire, lee ne 

vi chacun ; & vuidoient les eaux des fensencesintergettées pa L 

fmires 8 iuges des moindres . Mais d'autantque shebgn de Park mèt are 
re doit incertaine le fiege-dece parlement ambuisiaine fus offis age PO à Pari 
Hi Paris, 6c I ordôanes desinges perpatueln queen: dE. 

juement fur les differens. des rs see sh vE or vx ER. 

, ayants tous gagosordonnez du 

t A termes non victe. 
afon prefident.La grande elt celte où il y'a quatrechefs 8 prafidentz 
trente troc qui non hr de ent mass 

sverbales les d'eleys & ce qui confifie fur lepoinék du devis les sppel: 

ns ariceos Romenaires Far es éhacnpa ae ferond Au ns Chambre des 
pareil nombre de-Confèitlors;à fçauoindishüiten chaeune:::&.fiapel-. Lis 

tdes Enqueltes, Leaufe qu'ils vuidenties:procoz:spaimtos endroit Sc 

haies denanc les iuges fybalocrnes:Les Cémitillers dis toutes cercham- | 

sfont partie lays & foculiers, @en partie Bccicii 

chambre quatre profidents, lefguch à sectainsiours p 

PP port Hs per arrefbx, rar 
Nhble & affloutée, & uquot point permis 

ltonque. Ceuxiqui fbrircondemne2enéelie Court, Ce pren mens Ames du 
Léo.liures tournois & quolqneRbis eu in porerr Palaik . | 
\Caralors auant que fire rvcenà rien cascalts si {: Requafles de 
fige doubler alone tte. Hp bin | Palau pour | 
f quetriefine vi as du pioneer Palais, gs infstuées 


fa LIVRE TROYSTE SME #1 
lefquels ont cognoilfance lürceux'quifünt priuilepér:8l qui‘ fon 
te & ferüice du Roy ; faifans euh un BA Paris aûa que pa | 
Princeonneles molefte : en cefterrobpe n'ya que fx: Confeiller der 
:_ quels on peutapeller au Parlement, Ea la eafion des chofes plus impos) 
k: tantes, & où gift quelque grañd'difficulré. Ees Chäbres toutes 2ffemblés 
Quand les, en font le vuidange CR ET qu'il fau 
à chambres f'af traiter des affaires du Roy, &de tourié Royaime Æiant que gucre ri 
| femblent.… ne fe Fair que par l'ordonnance &arreftdece£enac. |: 1": 
ni fôr deux. La Court louucräine,a pouréffetieurs &:compaignons les ri, pairs dé 
L aufquelz JF France &les maiftres de réqueftendelamaiioh du Roy;lefquels tiennen 
: lifible af. au fiegele premier lieu apres le Prefident de là premicre-8& fouueraine 
| fêoir auec mef Court du Royaume : d'autant que.ceux-cy dritefgalle puilfäince. que 
É ficurs de Le + Pairs éz droits de regalle, & caufes defdiis pairs,le quelz furent iadis chol 
court,‘ fs déthobteffepourafifter au Roy: Houzé:en nombre: à faioir tivi 
D Douze part DucsEcciefiafiques de Reirhs,Labns& Légrés:trois Comtes Eucique 
| de France. qui font Beütrubis Noyon,8& Chæalonsfix feculiers &lays ,iles Ducs di 
FN a Bourgolgné; Normendic; Aquitaine ; les Comtes de Flandres , de Thoÿ 
louze &'ée Champaigne.: | HONG S'énp tHNbE se ne) à 
Rebert gua- … : Ces douze(ainfi queditRobert Gaguin) Charles le grand fut le p 
Ë 4 és anna nier qui les iftituw Srles menant aucc luy: en guërre lesnomma Pairs, 
| desde France. cäufe qu'ils aidyentauceuÿ effalle puiffahce : & voulut qu'ils né fuffen 
È .…… tugé pératréque par la court de Parlement, Be qu'ils afiltaffent au fie 
&'tourobnemphridu Roy : 8telles furent & fohtencorles mœurs & (à 
.Çôns de vie des Gaulo: nn) a ce leurs fameufes couftumes, 
[Voÿtz auéc'aquelle nafueté noîftre auteur aefpluché la France , & com 
‘ bièh tegeremenril feft paftfé;& de leursmœurs;& dé leur origine, laque 
lei nous elrcércherdiligemment; & véritablement ; laiffans. les fab] 
& Tonges de Troye:, &les mots cabelifez:; mis apuÿabs fimplement nc 
fire dire fur l'autorité des anciés; &mefme de ceux qui ont efté du temp 
mefine quetes Françoysfc.vindrent mefler-parmy.lès Gaulois, & fen fe 
*rbtities maiftres,& occuperent leurs terres , non qu'ils aboliffent les m 
fous & racésilluftres, qui désicetemps là encor germans, ont eftend 
… 1. 1 toététaemes heurcufes aufqu'à noftre temps: Ccique(filplailt à die 
"7. 7 noéifedufronsquelquesfois, dufhiffrans en nofbre langue la vraye, { 
Lenem Fran paffaite ffkuire dé routela/France.Lé nonxFrançoys donc:tout ain q 
foys incognen ireftindogneupar ceux qui entre les'ancions;ont efcrit l’hiftoire ; ne fau 
aux anciens. féftonrier; Fil:y:a de la difficulté à trouuer l'origine premiere de ceften 
tion, le nomdelaquelle n’eft mis, ny marqué rire auteurs que dep 
dquelofuuearvineaumonde ; pourausc l'efufion: de fon fang purger 
racheter l'huinäin lignage:Erayänt Papa rt de cecy, ies 
Fable que les puirmeparder de gettercrrärniere ces fabuleux.quifotgent des Troÿé 
rroent foyer dés Prançhys;; 6 ne fçaÿ quelles Chimerésenl'air puilées des, refusri 
Jiuree desde quelque EérieairvuidesGarilef ainff qub ce Frsaion eur efké que D 
rranps 7 fefutaiffipèusment quenoz crhpteurs le-paignenrs eft-il polfible q yKquels: gps 
4% 17% tant de bons auteurs qui ont parlé démpindres chofs, eufnt oublié y Ie de Cpitre 
HoH@or Gina emfaire quelque “rat ia 


mn di péublé Mgitilde Froye;&:-celte râce 


La 


DM OA ETAT 5 | 

LD LEMROPREL TU me. 
Rep Aiprennene pli que a leur. 
ler fortis,nés, & accreus tout à. vacoup,.&, | 


Hrob en Mapa an nous Aftallé findredes aiquiter, 


1 


€ aux Ci res BAM r.la findes fieclesenir don à 
babe; a TITI RE RIRES À, tte pr roi 
laiflé aller encefleapiniô, Grégorre de 


sais 


A There 
oo 
re Gothique. 


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À 


capie b, LA 


8, EFPANT P 
Han 


À D Né al Ne 
He 


LIVRETTROTÉLÉSME 


| Pnepielin. quéftten peut dépeint 1 uel£ réaintenant où apetté rs; Moreau Lo) 
3:de la guer- a rt petifier que lo Pr Léo  étenopeitelte te : go au 
+. re Wanda- itdivenvmatre paffige:Cependaneies Wandales qurié tenoyentiet du.puifque! 


| ligue des pales Mécrides preffez defaminechAgerent de plare, & Lruert 
Les Germains, que maintenät ona pelle François ; & tous nfémble paf 
= rentieRhin,apellans à leur focieté les Alans &c les Goths, & fous là con 


perce, mais Ce p 
de As Franç 
apereurs Aureli 


duire de Godigifque ils prindrènt ki route d'Efpaigne. Que voulée nt) & funene 

: d'auanrapeticeft ù bon he éfriéis ceux cie M tétitr Ifoit se Au 
+ Prénçois’, Mans qu'it did, ny’Taicaufe dercerioms, ny. Je téps qu'ils vfürperé Mae ipaffer 
Repunter auf combie cé fendit fabuférenl'hifioire dedire qu'ils Ca eu lie point 
* ‘amfinonmerd'vn Frécion ; veuque/côme i'ay dit) ce noma efté; pelegion Gallica 
“iafqu'à ce que l'Empire Romaïneft venu à fon declin, & cheute &4 1 Gaule,qu’ 
vadè ceuxqui bntefcritla vie dés douze Cefars n'énfait mentiô quel MR & dernier enc 
que,n5 plusque dés Goths, AHs,Bourguignôs,Lôbardsée Nüormids er Ma def 
fürét préfquedé mefine temps &'volée, Touresfois faut-il chercher aie ntcde fes fuçce! 
que occalion de cenom, veuqu'il ”'eft point impofé fans caufe, & pr fquetefmoigne, & 
noustoucherons lé refte de la matiere propre à ce noftrefuier, Ef4r md lotiange.&r h: 
que cé peuple eft forty desCymbriés;ou Cymeriés,lefquels on peur pif: c2.c€ temps fap 
vray-femblablement dire Gauloys que Fruyés,i caufe des courfes Ga hyant, & pillant 


peofntle Roy À 
équelz.il, fe difoic 
pdiccux, & vainc: 
pelque temps apres 
jogneuz'& de. no 

fe vne armée na 
ans & rouageans 


loyfes éy deffus afleguées,encor voyôs not : que le nom Françoys, qu 
Prol.liu.2. rot er parmy les habit# de li Pénonie , car Prolonn 
ch.16.7 4bl.s fa Geogrophie les pole aigpats PRES d'icelle entre le Saue,& le 
d'Eurpe. … nube, lesapellant Bye, delaillez à parles Cymbres lors qu'ils frire 

leur courfe auec les Gaulois en Grece, & defpouillerët letéple d’Apo 
| cn Delphe.Defquels Brences,ou Frences, pour prononcer ainfi qu'il 
Straben. 4 tourneeñnoftrelangue,Strabon dit ges Vindeliciés, &'Noriques ioi 


: arboré : pe ul furent defaits. 
O7 auxBrences qui fe tenéyentaux môtaignes, de tour temps faifoyent @ faits 
6 courfes en ftilie;fur le païs Eeluetié,furles Boïes, peuples d'Etour de nSoubs lequel les 


né, 6e fur lesGermains.Ces Bréces fortis des Cimbres, & Sicäbriés Ge & luyuans 
niquefcir de la Sicäbrie Püthique, nul auteur approuué n'en fait ment 

ont depuis efté ceux qui ont enuahy la Frêce oriétale-qu'à prefenton 
Triterme 4b- me Fräconie:Qu'on voye fi ce nomaqueld verifimilitude, ou fil ff 
béen [4 Chre arreftcr à l'opinion de T ritemie qui dit qu'environ le temps que lepH 
nique. Heroderegnoiten Eudée, if yeut vn Roy des Sycambriés nümé Fri 
Francu fon- de quiles François prindrét Is nom: & lel'au mefmetéps gnoftrefti 


jérre: Car VOiCy cc 
aillimmént comba 
s& fauteurs.de Li 
kiçois dünoit à!’ 
fques à tant qu'ile 
auoient eu fraye 
wil monftre qu’ap 
Gaules, & foubz 
Dre, dé | 
un, les Empereur 
fhotentid'e(chan 

Mpentrerent ilz.f 


rranppsdf apellatiG:lors {l'E ace ins (Ouz Ar 
* @inm Qui me feroit pluftoit croire qu Metz, Toul, & V 


caufe deléur hardielfe & courage audacieu elir fing Im gaillarde cor s 
‘q'ilr audient dé viure hors la füetüot d vers plate ru lu:B bin, Fr 


.: BE: LEVROPE. 179 
seque Roy aucun Sycambrien eut.caufé le nom de soute vne.ne- 
ab igniF que , & guerriere: mais fur cecy j'en laile-libre le iugemér 
s.puifque les Aureurs, ne.nous en donnent autre plus grande .af- 
Dance, mais ce pendant voyons quand fut ce que les Romains ouyrent 
4 ds Françéis Se exprimerent la force de leurs courages ; Sous les 
ereurs Aurelian, Probe, Florian & Procule, les François fe defbor- 
jen, fonent cogneuz portans ce nom tanr efroyableà l'Empire 3 
Qi foir ainli Aurelien, far le-premier qui eutaffaireà eux , dors queil 
nienrde pañfer Le bin pour Le ruet fur les Gaules; œ.que Vopif: rpiGucenla 
ssaublie point quandil dir: luy eftant Marefchal du camp des fixe wie j gp 
pelegion Gallicaneà Maienceadeffeir Les François vagans & rauageans fn : 
mel Gaule,qu'en ayant tué fephcens, & vendu trois censau plus, of- runrois def- 
Ent dernier encheriffeur;on.chantoit de luy cefle grande wiékoired faiéts Par-Au- 
v’Üz.ne fe reuol- ,el;4 quir 


cs 


Le 


Lion voyra le mai 
ubesinot, Toi 
ppponiez qu'ilnty 
h Regardez celle 
Rioppoiér à la « 
Desloix d'iceluy, 
Ag rdezla fub 
bin ca giff:cont 
bn aduife fiiadis. 
d'autres que du 
imais les reftrié 
fiyrgente. qu'on 
ntée. Et dir 
niliere ; que là 0 


LRU 


ér'i 


dciy 


Vo: en Ab ep dr tomb gs LE A 
M pt ner aux Romains, qui érauojét d ds les Gatl 
pour Ie réffafiement de leut Extreme contoitife l'euffe(pèut eftre)mig 
nr 1 LT Alestéfcours;f ietie me afehois que l'Italien d'Un fourcirérguéilters| 
Fig. ji à Parottepeu côurtoifeapelte à four dé bradile Frahiçois 'Bürbare con 
x 187747 ani foit qu'iln'eft rien:moins que celà; 6e qu'auth ie veux prouuery 
dedaguer. Go l'épiniôni dès Grec qui donnent mefinié;ôu vn päréil tiltre de Barbari 
thigue. 1 Oÿéns'Agihiéauec quel refbéét parle du François, duquel vôicy lé 
> MTUENTE nt à fônt tous Chreftiés &"entre toutes 1es'natil ns les mieux fer) 
ra Les" délétéligion:1Isünit des Eucfqués , & Préffres en [eurs êitez, & folein 


} 


arê ÉE… fae séoimime not Hegiéfte, 0" 1 2270114" si at dr 
Frais r4* 1) Ed quoy Que fônihier Bérbaes , fm fémblent ifz bien compo" 206 le peu, 


lferoy icy va lor 


sompteespar, 0 bonnes mœurs + '& gensd’vn naturel fort courtois ;! , 
FAT: xionnez ; & débonnes m 5 Ç ne ti, G d'autres n 


D MAP: | déboniaire, &en'ayäti rien quités Face différer de nous ; que l'en 


= Sd 44 leu RTE 1 el tas dt aie pe AR que ie ne (Gauroi 
mi. ti ge facon dé leurs häbitz’, &'ls rudelfe ; & 'affre fon de leur langs que GDS $ 
#. Le FA 1efques certaiiementi'adfhire ; Toüe,& éflime für tous'autres ; FT 4 efortlouable, 


Rraporte point la 
bless desanciens C 
Commentaires ) or 
ts Imperiales en À 
burroy aufli le dr 
Kdelimites & fror 
tr des hommes : 
&de l'abilleme 
bœurs, loix, & cou 
jen viage. . 

s Ruys anciens d 
e, queles femme 
eur Grec, quien 
és des François d 
leur perruque: 
par le deuanc ils la 
, Et veritableme: 
igeancez & confu: 
asaucun côpte, & 
Lmoyent de diuers 
ppredes Roys, & 
tondue | &. non 
re, 

is laifonsle Grec 


L Gregdire en: dit 


| route: Que déléürnaïfüe vertü, &'bônté équitable, de laquelle ilz vféténu 
| MSA TE dhirafhs que pouf la grande cohcorde qui les'tient vnis ; &'älliez en 
PE FE blei* Cat ragoit que par cyideuant , bien fouuent, & chcore À prefnr 
pag M ayént eu divers Roystégnansen mefme témps, & que leuÿ royar me: 
Esn dgree, eg partigé ;freft-be:qu'on'ne féaispoint qu'ils fe foyent guerroÿerl' 
399%. 0; faute, où'aÿeht fouillÉ leur terre paie Gr éfpandu de leurs prochait 
Ce bon-Agathie voyez quelles lotianges éfcrit des François, & telles q 
Je Romain eñ fü'plüs grande purité ne lésmerita dé fa vie, veu queim 

“5. fonSeñatnéfceut fouffrir déux contendahs ; non feulément deux pet 

3 tribuns du peuple, fans querelle & effufion de fang: Ceft Agathie viu 

‘4 1. dutemps querioz roys'ne faifoÿent prefque quenaiftre en Gaule, àf 

= Françgisné, vbirfovi l'Empereur Pftintan, ‘qui ayantefté chsffié par les François! 
fouurt férmr contraint de faire paix & alliince' auéceux ; Hour dutieagre la dignité 
LL te 0 404 21: (fa VER ddnblée to? pat 1 fo 
LRU. M'Efce Batbariequ'eftreiufte ; courtois, bon Chreflien ; ny en an 
*Merouée:eff le trié: &rne faifänt tortà perfonne ? ‘Eft-ce cftre Barbare Fe d'ayn 
promirque. fa libenté,;@ ne vouloir féruir à Prince que de fnatlôn, dif que ler 
ar; çois afaiti np efpargnantay-biens;oy vic;iufqu'à' tant qu'il Femanépe 

per prefent lferuisudt Roinae ae Al enichanitlae fon efpEe2 EN" Eéaboir le nat 
mom Erérr. rebfirouèhe que de fi Bierrordütiner vo éftat!& ONiee? & luÿ dérd 
111 féndement f/flide aie depuis Pa quétre céns féaranre Rpt;que Me 
nine uééentrébeetté Gas j'énr'aveifEnpiréprangois fleftrangès 
Chart afteré quétwufours 14 hghé rnyaleinepe eftéén force 58e Que les el 


” + % - 


Lettre ne fnyentfoimalifez pourrie HfAlatén Audi berne publique ? Î 
tr êt Huet ë ci Gfe rod re 


L+ 


« 


PATES ENS fnaionnépenti point qhéPefatsBinço 
Ex hide: 


; FAIDEILENROPE 8 . 
Len voa le maicfté des Rays eltregrande.honorée, a pmée:s.‘eruic, z'faf Franc 
ja Minc Taussoisin Monchie mc pas À rase Re 
ppt qu'illnty at desmorda pour la brider, & reftraindre. ;.,;Memerchieae À 
E Rrgardez celle Ariftocratie du grand Confeil & feuerité,d uparles riferante @r. 
foppoiér à la volonté du Prince, limiter les fantalies ;:&-modi-;Deniscratie, 
Blois d'iceluy,qui fans telle cenfure,niont point de vigueur... ‘/Cowrtoifie des 
jAcge dezlafubmifion du Roy, -de fouffrir que le moindre d'entre rois de Frâce, 
Lila gife:contré luÿparauftice,. & fayure tour ainli fon droit de- ne 
je magiltrat comme. Us fimple. Gentilhomme du Royaume. 
bn aduife fitadis les impolitions, ,. n'y teuées, {e Faifoyent fans Ja vo- 
d'autres que du fouucrain, & on cognoiftra que C'efloir à luy di 
&,mais les refkriétions fe raportoyent aux .eflatz , filaneceilité n'e< 
éprgence qu'on. ne peut faire autrement quef'ayder detoutechofe 
fine. Et direla verité.des Roys. de. Françeont, eu la courtoifie 
piiere ; que là où leyautre:fe penfent cendre .admirabiles: en ne fe 
muniquant point , ceux cy {ont l’eftonnement de chacun conuerfans 
fours auec Le peuple, & {e monftrans familiers à cout le monde, 
Réeroy icy va long difcoursfur l'ialticution & iesparlemens.&du.  . 
{al , fi d'autres n'y auaienc mis la main plus heureufement &do@&e  : 
hqueiene (çaurois faire: Et entre autres Palquier, qui Ytrauaillea- Le n/il dé 
mefort louable, & diligentefubrilité: toutesfois fuis-ie d'aduis que Drwides n'e=\ 
Rraporte point la court fouueraine au Confeil des Druides , ou af- fois comme Le. 
és desanciens Gaulois , lefquels ( qui bien confiderera Cefar en-Cowrt ais les” 
Commentaires ) on verra eftre efgalles & de meme effaict, & que les.efars dupais… 
es Imperiales en Allemaigne , & les eftatz gencraux en France . Ie. | 
burroy auflile droit des Ducz.& Comtes iadis portans tiltre de 
fidelimites & frontieres, fs le lecteur ne pouuoit contenter fon.efprit Ducssadis 
Wresdes hommes verfez en l'antiquité : Et par ainfriereprendray le chefs des. Lim 
&de l'abillement & armeure ancienne du Sicambrien François, res,4 prefms 
œurs, loix, & couftumes, delquelles les auçunes nous font demou- /onr Les gew-. 
en viage. | | 1 0 sernenrs. 
Ruys anciens de cefte nation portoient toutainfiprefquelache- . 4 
e, queles femmes font À prefent:ce queie peuxamenerd'agathie  * ” 
fur Grec, quien parleainf : Car il ntefoic pas loifible aux Roys 8 _4ahie de 
es des François de fe fairetondre , ains dés leur enfanceils:nourrif- Lsguer. Get: 
leur perruque , :& detelle forte qu'elle leur pendoit par derriere: 
birle deuant ils la feparoient çà & là, afin qu'elle ne-leur couurift La | 
à, Etveritablemeni ils ne portaient point lescheueux fans peigner:, Ko de rrur 
ieancez 8 confuz falemant, comme les Turcs & Barbares, ny re- sadis fenls por 
ansaucun côpte, & entrelaffez.ains les scoutrapentpal (expo de tosèt longne 
moyent de diuers genres de fenteurs. Entant qué ceft.ornement elt perimques 
bpre des Roys, & à eux. feulz permis. cftant ie refte de celle na- 1. 7 
tondue , & non octroyé. à perlonne de porter langue là che-" S “ 
br Gregoire de 


» 


re. FBI jte ES it rs HSE SA 5 
islaiffonsle Grec Agathie pour ouyr ce que le bon Éuefque de rourse” l'hi= 


ad Cregdire en: dir parlant: le Dagobent filz de Clothaire….. .…. « foide Frac 


| LIVRE PR OISIRME 
! Dagoberc ayant étais d'vn grand ot 6 pure ads; a 
autre march coerolrs mas aout iéuniés amecêux, lof — 


Prat mit batans brafquement, Dibobert recout vneoupfui fa filade, 


| , Qui 
Dre luy coups vne partigde ces choneux , que fon page recueillit, Les 
pulse voyant Mfoiblie Los go, 8 MaL-rmener par 'enpemy , dira fon an 
| ms,  Prensmeschoueus couper, Beours diigenment vers Monfour 
Rs pere, à fin qu'il vienne à noftre fecours ; suont que l'armée (oictong 
route: l'Éfcuyer paffa les Ardennes, & vint iufqu'à ls riuiere, où je 
Clothaireeftoitla arriué, à grand fuyte de gendarmerie t le meffager 
pértant Ianonuetle: des mgoifles de fon camp ; & luy onftrans Les ain qu'il" 
10e tieux de Dagobert, le pere fur efinen de colere les voyant fi que foie fért nous à 
ærhinard ox AUOT GU'iF Put nue, il feit former Je boute- lle, ‘& gaffs haltiuemens 
Laine de Rhinauecforarmée, Voyer quel foingaueyentilzdes cheueux qu'y 
DO prancs, Poignée de poil enflammalt plus Clothaire, quele'peril de fon peuple 
"* . Oyôns Eghinard fecrétaire de Charles le grand fur 8e: propos encor 
cs race Meroningée, de faquefic les François anoyent de couftume dec: : 
firleurs Roys, iufqu'A ce que Childeric fut depofé, &rendu moyne 
1e cémandement du Pape Eflienne , v- mn qu'elle dure A + 
ges fent. Oriaçoit que les Roys y regnafléne , fi eft-0e qu'ilz n'efloyent 
 Ænfnf greuz que À feu étre royal d térefledu pouvoir autorité, richef 
4 Jours de Cle- maïefté eflant és mains des maires du Palais , qui auoyent la fur-in 
mé milles. ‘qencé de tous les affaires. Et r'auoitle Roy autre préeminénce que 
"57 diretel , porter les cheueux longs & efpars :, & la barbe longue; &f 
feantauthrofne reprefenter feulement la perfonne de celuy qui côm 
de, & ce que fenfüyt, puisadioufte. S'il falloir marcher il môtcitend 
rette menéc'& côduitte par des Bœufs, & vnbeuuier luy feruit dec 
ton 4 la façon du village, Le vulgaire eneore,outre qu'ils n'euf ofépe 
ner da 16g cheueux,ne ft veltoit point de lôgues robes, & icelles fourrées 


Lomme aufh ler 
doubteufes. D'a 
Kiel6g du fleuu 
aletiltré des Fr 
actordénk, & ie 


comun Fran- me les Prinçes , ains fe contentoit d'vn manteau de cuir luy couuranitoit qu'eti la pref 
poil leds. efpautes & ayant le poil tondu, & la barbe coupée , auf de grandesnnoife il{ifbee, & 


‘ftaches qui leur pendoyent de tout les deux coftez des leures, ainfe 


14 iehs de paix, fage 
F  Ægahie L2 encore à preféntles Turez l'ont en viage. Mais voyons Agathie ceq 


jrorps, belle de 


en dit . Peud’entre eux f e’eft des Fräçois qu'il parle)portoyétdeaeauda cute, har 
rions otrautre sbillement detefte allans au combet, ains tous à define, & efloignée 
uert, & devant, & derriere;fauf qu'ils suoyent vn veflemet partie fiure, & fans co: 
lin, partie de cuyr qu'ils ceignoyent par deflus ; & puis encor ilsfe irétiant ta ciefde 


wdrelfer en bürit 
que les principa 
ir pout lors auo 


uroyent les iambes , Mais plus gaillardement lés deferit Sidonie À 
en et ulen Sous de 


ncdrisrsf rnt pate ls 
Leur cfé,69: leur chair #4 rej'ecffdefiuée, non “4 

: : , a Le . : LÀ - 9 S ét LÉ à ARE ù LA SM Es ? | À ais Mü ct 

7217 1 Leurs armés font dépaintes par agathieieufs:allegué difias 1: L' lbySihiaue vaut 


D Dé VEVRONR I à 
ui euiflé gauche, &r au cofté vn efcu,ou bouclier,n'ayés vfa-frmes des 
er «fonds danun in à ruer:mais portent des 4 anciens Fra 
gai double/taiilant, & felon la éouftume du païs ; de petits dardz for. 
hidtiquelsilé Faident fort dextrement aux combats, Ce qu'encor ?r#wpié Las 


nr né par le tofmo e deProcopie en l'hiftoire des cothir, Mais 
Dupide Pepin, & Charles le graiid fon filz les François'commetice- 


ferier détcuiraces, animes, Corfeléts, de braçali, greués & fole- 

gi fiqu'on en/voit à prefent l'yfage: ce que Werimbert Robe À 
m san rar dé Charlemaigne, & cffiglanit ledit Prince Li. ge 
fumé qu'il effoit lors, car il le fuyuoit en toutes fes eritheprinfes. Mais de herbes * 
y fert nous amufer en chofes fi meñues, fi ce n'eft pour le plaifir du maigre, 
qui encor fefioutft voyant les traces de l'antiquité refueillées par 

Higece de ceux qui fucilletrentles bons liures, : 


FFSSIESSS SE au 


je! Des bise aheithnes des rramçur. Chap. 30. 


bi éme O VS auons ditien füyuaht,& Agathic auteur ancié, 
| GES Das & la verité de Ja chôfe que le peuple François a efté 
MRC fort equitable en loïx, &iufle en iugement pour de- 
CREER quoy fire foy , ie ne feraÿ difficulté d’ alleguer quel- 


NI ques chapitres de celle loÿ fâliqué . taf celebrée par!" " 
MA, ee : * r 
EE x ia sonate) . Ét peu duels enont rién alk y s 
ee jdur RS QE en quoÿ elléeftoitfons 
bcomme aulli lenom, & câufe d'iceluy femble eftre mis entre lescho- Dex vient le 
doubteufes. D'autant qu'aucuñs eftitniét qu'il (vit pris des Salyens ha- "of de Sal 
file 16g du fleuue Sale en Franconie;païs Alémant, &:quile premier 74. 
sletiltré des Frangcys A quoy prefque tous'les hiftoriens Gérmani- js 
naccordéne, & lé ne féroy guere grand férupulc d'eftre deleuraduis: . sk 
Moit qu’et la preface dés loix Re re leu ce qui fénfüit:Ea nation Lin. de li loÿ : 
inçoife illüfbée, & excellente, créée dé Dieu, puiffante aux armes, ftable Saligue 
liens de paix, fage en confeil, gaillarde, & noble en ce qui eft du fang,& F° 
ftorps, telle dé face, blanche de coufeur,& bien proportionnée, de fta- 
rauda.cufe,Hardié, & farouche, & n'agucres conuertie à la foy Chre- 
hine,& efléignée de toute hereñie. Ceftenation(dif-ie) eftant encore 
bare, &c fans cophoifance de la vérité, neantmoims infpirée dé Dieu 
étant la clef de fcierice fu yuant $ cobfhume défesancceftres,& vou- 
rdrelfer en bütiné forme & police ceux qui font de leur eflat a fi bien 
que lés principaux feigheurs ont faiéte & conmipofée la loy Salique,lef: 
el pour lors duoiéht 14 principauté fur le peuplé: Orfurent ces quatre Quels dfoiet : 
sefleuz &depürez FPAe fair, à fçauoir Wifogaft, Arogalt, Salopaft, & ceux qu: dref" 
MS TE eéutérét 1ébr chatge és lieux nômez Salaghene Be: /êrent Le lo ‘ 
phène,& Vndoghenc: Cecy ie fairpenfer que ron tés Säliens , ny Te"sulique, 
11Q Satiôhe doi it m à al6ÿ, mais. pleftuit qu'elle }a pris où d0'Mun/fer par 
bn d'en des qe elépitaréuts our d'Vn dés liéux où fe ifôit Fafem-"lanr des Fré | 
M M fe Qu} tte non hd SA Gao à pin a 
dut anéaletoÿ du Pallis SCohfitoite;/d'anrait mogr.liwr, 34 
Z2 


à 


My Siique vaut 


LIVRE TROHYSELIE SME 
ue parce rmoyen les nouueux vainqueurs t4/hoifrele gai 
: des vaidelfr,en Fiifins efchange de ln _… ee es 
Se ie art nr D da & relfeatine nc fçay quey df Mal-plaifant, &f À 
fe em che, [l en dira neañemolns ce qu'il luy pieira » 6: AF3tE que Les mou ÿ 
faites ème prefice du liure : portent çecy auoir efté Fait, les Prançais eltans en: 
Lt Alemaigne, & auant qu'ils reçeuffent le CAN MEEE CI fa 
lie fes puis corriger ce qui fentoit la vieille peau de l'idolarig , & apres] "M 
7 pe fe gohorriles reforma & meit en ordre par la diligence de Chadoïn de: 
Ps rl e,Domangi& Agilapphe hommés illuftres de fon aage. Et pes k 
part nr de là fois amoureux du nom ancien Gauloys; comme eftant naturel a 
pe noftre nation, fi rault-il plus aymer la veritéque fes propres afeGion 
pt}. PIE voy comme ce bon prelat l'Euefque d’Aurarches C enalis, fefore : 
des chafs de monftrer que ce furent les Gaulois quieftablirent fuusles Roys M. 
pl à HSE uingiens la loy Salique, mais d'autant qu'il parle fans auteur, je fuis à 
arf tent pour celte foys de ne point fuyure fon aduis, entant que ie] Ye 
rh fut fai contraire à la prefäce du liure de la loy , qui fait les premiers Le fl Û 
# JT Françoys,car quant à ceux qui eftoient fouz Clouis, Clathaire g “ 
{a bert, ie ne me feray guere prier à croire que les Gauloigne re e ;: 
: les loix, tout ainfi que c'eftoient eux à qui les grans affaires Mere ni 1 
2n quel rèps main, 8 ui manioient & la iuftice, & l'Eglife.Refte à refpondreaux “ 
fur er vansl'hifloire, & mefmes qui eftans eftrangers ofent dire la lo SE 
D lily se eftre vne inuention de noz Princes, pour frauder les filles dé l'hérir à 
lique. Polyde- qué le premier qui pratiqua cecy. fut Philip e_de Valoys! contre f 
revirg.li, 19 gloys,& le Duc de Bourg igne:M is il eft ne À defuider ce fuleau, ve 
de LE: queonn auoit affaire de f'aider d’vneloy, ou les cas pour la mettre 2 
6 br f fait ne f'eftoiét encor offers,que iufqu'à ce qu'vn ventre £e Ft 
mére fers Roy aux François » & que comme durant vn interrégne Philip e a Ÿ 
he loys fut chargé du gouuernement du royaume atténdant que Ë R 
AA Va vefue de Charles le beau deliuraft fa portée, laquelle fut vne fille. Ç 
D Bourguignon ne contefta point ayant cedé fon droit du temps de p 
Paule Emi Hppele long» & (à Anges É aNeuERnE, perdit fa caufe par J'arrefd 
. ous ie ages hommes de ce Royaume,qui n: 
l’aboliffement de chofe tantautérique ae celle Ar Pouf 
eftrearrachée du cœur des François quelque chaigement que ES 
da Roysayent fait, & encor que de fang des Roys Chalféz', il y He 
Cdte Ly À ames. qui euffent peu quereller la couronne fi elle pouuoit torbher « 
?,9" quenoille.Or vous voys-ieamenerles motz dé la loy qui font Mu 
penser. 6.de ue portion de la terre Salique vienne aux fe melles ane fra de ï 
Lilo sali- es hoirs mafles,c'eft à fçauoir que les fils fuccedent au pere: Mis fi #4 
ne" les neucux, & arrtereneueux lon temps apres furuenoïit ilcorde to 
chant les Aleudz l uçla chofe fort partie non parla fuite du fan ge 
_aux chefs des familles. Vous qui pratiquez les files des Joix im st 
voyez le légilteur fige de Yes term, Qu'ancore Your gr 
mieux en.1ÿfant le Latin dudit liure, iaçoit quep ufeurs motz y a k 


and, il fault q 
kde tout temps ? 
econdition i 
desRoys del 
jqu'on peut re 
galique,en plufic 
dieans en vne pie 
léqui à aux Cor 
it «E life, & Ch: 
que foit l’auteur 
feulement ne 
ique mefors les { 
kliberté font hc 
p&argét de l'ac 
kr de cecy on à 1 
hPortugais voul 
ong CE ps, 8 qui 
de le voudroy & 
ignorance MICr 
ten France & 
ky cit propofée: 
figoere de fai”: 
io Roy,tefque 


an G2.tibr. 


mis,qui ne fentent rien moins que là maniere de parler Latj menob|e &'de 
Hu nt SENS SEAEPOSE k DA à ARE AT CES dÉ ae rl [-H 0 hi « s 1L 
déRe ven Rire poule conne d4 Lee 0 ue mn Eole 


hbles, it.eftoit:fe 


0 


| 


» " 
er 


| Mrriof L'EVROPE: 18 
js chefs 8 articles, qui feruétde memoirode l'antiquité, tout sinfi 
froient les loix de Charlemaigbe , fi on faifoie ce bien aix ftudieux 
Rrcomuniquér pour en dôner quelque fentiment à Ja pofterité,'veu 
bheor cachéne proftite ny à celuy qui le defire, nya celuy qui en 
bfeffeur:& pource venons vn peu à efplucher par ordre lestiltres de à 
hioy Salique: Le beau premier tiltre dône dequoy:péfer auledeur },,,,: »,.: 
de Mannir & Malles : mais le fens en ef tel . Quiconque feraad- fe “le, € 
séfiyuant l'ordonnance de la loy des feigneurs,& refufera de venir”. #7" 74% 
pd deflourbier ne l'empefche, foit condemné à quinze folz d'amen- M Jar 
res finñnoftre maniere de faire prefente f'efloigne de l’ancien- Les l es fé A 
griteft dit, que celuy ai pere au Aut que fe tranfporte à fon td 
eauec tefmoings, & en leur prefence luy donne iour, ou luy ab- 
0 sduertiffe fà femme, ou pal ur de fa famille : vous de Cr tnt 
Lvoz files, & cognoiftrez que voz recordz & fergeans, fontdecelte ne 
jution ancienne des François. Ie laifferay les2.3.4.5.6,7.8.8&c gctiltres, ut 
jonfiftent fur lesamendes des larrons de toute efpece debeltes , & , 
domeftiques, fur les mouches à miel & arbres fruitiers,à fin qu'on 
fi les anciens eftoient point foigneux du mefnage: Ne m'amuferay 
ux feruitudes à caufe que la France eft difpencée dececy, maisde- , 3}, r,3 
qund,il fault que ie confefe ne le fçauoir dire. Car de mettreenieu La 
pde tout temps tous ceux qui font en France pour y habiter font de efelanes 
he condition ietiendray du contraire, chan qu'enla premiere 
des Roys de larace Germanique les feruitudes eftoient receuës, 
fqu'on peut recueillir de Gregoire de Tours en fon hiftoire, & de la 
Glique,en plufieurs & diuerstiltres d’icelle, Etmefonuiétauoirieu 
Mieans en vne pierreenchaffée au portail de l'Eglife fainéte Croix,du 
léqui à aux Cordeliers, l’affranchiflement d‘vn certain efclaue que 
ie Eglife, & Chapitre, & Euefque auoient mis en liberté. Ainfi qui- Ley receuc en 
que foit l’auteur de cefte frchife,elle à neantmoins la force telle que France par 
pleulement n’eft il permis au François de tenir éfclaues en ce Royau- conffume de 
que mefoc les {erfz eftrangers,prenans port en France & crians, Fran ny aorr au- 
kliberté font hors de la puiffance de celuy qui les poffcdoit, lequel y. cx e/£lane. 
bé&argét de l'achapt, & le feruice de l'efciaue, fil refufe de le plusfer- Efclaues 4f- 


La ley, redi- 


ke de cecy on à veu de noftre temps l'experience à Roüen,à l'endroit franchis mer. 


Portugais voulät recouurer fon efclaue : mais la couftume enuicillie rantpieden | 
ong téps, & qui ne reçoit de difpenfe feit dechoir le maiftre de fa de- Lx terre Fran. 
de le voudroy à quelqu’vn m'eut fauorifé en ceft endroit,mepriuant foi/e. n 
ignorance mienne furla caufe de cecy, & depuis quel téps la pratique Ze des rapts, 


iten France & introduite, & receué:. Paffonsoutre:laloy des rauiffe- 7rlt.14. 


y ef propofée anec fes amendes, fins 4 pas vnencoure pcine de mort. Nul franc. ; 
Higuere defai:z n'eftôient capitaux) finon les domeftiques de la mai-: condemné 4 
io Roy;lefquels/falloit que cGpofaflent de leur vieayaus rauy queldmert «4 pre= 
menoble & de fräche:coditio : & qui prenoit yneefclaue à femme il m1er temps, 


boit pareil malheur qi'ellei&eauec lesnnpcesibperdait fliberté.Et ft smsrarion 47 


hôme Pallioïit ntec fes plus prôthes parentecd la lay'apelle nopces de..cienne des 


hbles, il.eftoit foparé &rles.enfaûsfiaucüsien:y autiteftaiét chaflez de Romans. 


Z y 1j, 


dits 
2 - 


LIVRE TROLSESMIE 
l'heritage, & marquez d'infémie perpetuelle.Loy: quire/Tentoit ver: 
ment la fincerité,& bonnefteré de ce peu le; lequel:enpar:n'ayant 20 
la lumiere de l'Euâgile,trounoit execrable.que le frere ie ll 
_..,. aycoufinegermaine,ny fatéte,mere,ou la femme de fünfrere, Aux 
Ganlois itdi tefeux, outre l'amende pecunisire, il y ef parlé de la compoñtiond 
empoifüneurs vie, quiimporte autant que Îes graces & remiflion que le Roy don 
Solinch. 24. prefent,à ceux qui ont commis quelque crime digne de mort:& m'efl 
7 7 nequelesempoifonneurs nefuffentpourfuyuis demort, veu queleg 

ouils vindrent habiter en Gaule eftoit foupçonné de telle dropuerie.f 

‘n’eft que nous difons que la loy alloit plus doucement enbeloipne, ( 
les executeurs ne l’effectuoyent en leurs fentences, entant que nou; 
fons de feueres fentences, & horribles fuplices demort, pratiques 
peude chofe par les premiers rrançois qui vindrenten ce Royaume, 
deshommesilluftres, 8 de grand marque. Ilz pourueurentaux meurl 
& bleff-ures, affafinatz, & mutilations de membres, ou quelquefois 
vient 600.folz d'amende, & la main du chirurgien és eéftropiatz, m 
on faifoit guetter quelqu'vn pour l’occir, &le fuborneur & le pue 
eftoient condänez à pareille amende.Mais la plus feuere loy queïyt 
uc,eft celle des meurtres des efclaues,ouil eft dit,que fi vn frfoccift] 


* ril19. 


Tilt 20€ 
28.31. ©" 32 


rile.38. | 


François ap eur en fut commun . Et fault noter que toutle long du cours des loix 
pellent Les au. liureSalique;il appelle toufiours les Gaulois,ou Barbares , où Romi 


tres Barbares Câufe qu'ilz auoient efté tributaires de l'Empire, & toufiours vn dec 


en leurs bix. ©y offencé eftoit par moitié recompencé,à l'efpard de celuy qui eftoit 
hique, à ladifferéce duquel les autres fappelloient Lides , qui fignifier 
francs, & tributaires. Ie laiffe les homicides faitz en allant ,ou banque 
rilr, 45. @- enfemble, qui monftrentaffez que ce peupletenoit du Gauloys, leq 
46. (comme r'ay dit cy deuant)auoit couftume de querelleren mangeit,i 
repas finy {rtiraux Champs pour vuider leurs differents au hazard 
leur vie. Le tiltre cinquantiefine fait preuue de fon aage, 8e que duran 
regne des Merouinges en rrance,il à efté fait,veu que l'eftendue,& lim 
pour les beftes perdues,eft dés la riuiere de Loire;iufqu'à làCharbôni 


Tube, so. 
L qui à prefent fe nôme la Comté de rlédres,bornes pour lors de l’Emp 


Car Tourai- des rrançois.Et ce qui À m'eftonneencecy, c'eft qu’ennul crime « 
oient-ny officiers,ny de la maifon du Roy, iln! 


ne efloitobeif. hommes libres qui n’e 
fente aux R9 Faite mention quelconque de compofer pour le rachapt de fa vie: 1 
mains. les magiftratz femons à faire iuftice , & y defaillans tomboient au ha 
de leurtefte, filz n'eftoient malades;owemployez:en quelque affaire 
l'expres commandement du Prince. Les meurtres commis au camp pt 
toient triple améde plus que ceux qui fe faifoiét hors iceluy ; &c en fil 
ou l’on n'allaft point à la guerre. Eten fomme qui lyrale content « 
o Salique; il verra bien les crimes mar quez ; & les améndes pocunii 
eftablies,mais il en y a peu de perfonnelkes & de fupplice de ort;nôf 
qu'és autres ofdônances de ces peuples Septentrionnaux, leftjuelr; ect 
mc ie penfe, pour fe difpencer-dumot dé Barbare, vfoyent de:celtefat 


Tilt. 53. 


Tilt.66. 


claue d'vnautre que de fon feigneur,il falloir que les deux maiftres {e g 
tiffent le meurtrier, foit qu'ilz le feiffent mourir,ou que le vendans le 


Ds: D 
ren la loy És 4 
D Jeure pUN1FIC 
J Pier fa ci 
dat. Que me 
ns des FrARGOIS 
eiia fpuuerain 
ds. priuilege?\ 
pair és Dmites € 
baigner COMME € 
Le0 0-gros VOI 
noyé le Jcéteur,t 
wudront fçauoi 
jucuns Ont voul 
Entefcritte [on 
{ne Turpin quo 
and Prince , fi 
Lez les Roma 
LEuelque d'u 
Lirez;allegue vn 
entier & fans fa 
yoiét choili do 
aufquelz ilz do 
pqui feruiflétà to 
les loix municip 


kde ceux-çy On 2 


lire ces que P: 
té par Pa quier : 
nde ang, famufs 
ame plaift,com 
evenât à Ja Cor: 


leur facre, V'eu. à 
pour Pairs n°e 
oufe d'un Prince 
ndes Roysen B: 
jnterigéen Con 
uft yn Prince pc 
lefe& Charles 
hiferay auf l'ir 


kiequiatinm 


ant de fa comp: 
armes pour la 
lhcourône 8 d 


rime de ce nom: 


edigne de meme 
La vertu rangs 


ÿ NOTES 


,. PEMEVROPE sx ve FN 
rent log És crimes re A fre corrigezauecwne. PÉ Plwférg. 
à opinion Vas quoy?k omule eftablit va Jieu de franchie 41/07 Remule 
Eneupler fa cité, & ceux-cy feirent les loix douces pour maintenir 
dat. Que me feruiroit-il icy d’efplucher, pour micux éclercirles 
Es des Français, les loix, &.couftumes de chaçun pays, aufquélles ny 
ra fouuerainssny les ediétz Royaux ne deroguentrien dé leurau . 
big oriuilege ? veu que çeferoit baltir vn gräd œuure en lieu de fe 
air és limites de briefueré, & enfemble fembleroit que ie vouluffe 
Lier comme en l'eftroite SFSAÈUE de mu main fau ce qui eft con+ 
eo vogros volume, tel que le grand couftumier de France,auquel ie 
Love pare Péri ainfi que ie fais aux recherches de Pafc He ceux Palin y 
wudront fçauoir linftitution premiere des douze Pairs à > France, Le bes 
aucuns Ont voulu attribuer à Charles le grand,mais d'autät que ceux ; 
Ent efcritte fon hiftoire parrieuliere fen paffent fans dire mot, & que T'urpin en 
fe Turpin quoy qu'en fon hiftoire fe die compagnon, & affeffeur de j bifloire de 
dPrince , fi ne fait-il comme point de mention de ces douze Pairs Choylmair. 
Que z les Romans ont chanté tant de fables :ioinét que Robert Ce- & 
bEuefque d'A uranches,/homme trefdoéte & grand rechercheur d'an culs but 
rez,allegue vn Pierre gilles, qu'il nomme vray hiftorien & interpre 
gentier & fans fard des chofesanciénes lequel dit queles anciés cau- Pierre Gilles 
uoiét choili douze hommes, les principaux des douze premieres ci- 4, l'h foire 
aufquelz ilz.donnerent puiffance de faire loix fuyuant le droit &rai 4 iFrance, 
ani feruiflét à toutes les Gaules, & aufquelz eftoit loifible d'interpre- * 


les loix municipales, & couftumes de chacune ville & Me : & 


deceux-cy.on auait depuis pris l'exemple, mais long temP# apres, », quel teps 
dire ces douze Pairs de la.nobleffela plus illufbre:&.ce long temps et pairs forêt 
jé par Pafquier au regne de Capet,que l'eflat François laiffanc l'effu- ;nfiruez . 
mde fang, famufa à la police, & à la religion. Lequel aduis certaine. 
tmeplaift,commeayant vne fort grandeapparence, & cenouueau eff er 
gvenât à Ja Corëne;tafchant par ce mefnagemét à donner maicfté au fmblable les 
mRoyal,& lerédre Augufte par les ceremoniesnon au parauât vfées pui,s noir 
leurfacre, V'eu.q du temps de Charlemaigne,tous ces prouinces nom: efé (Gus Char 
pour Pairs n’eftoient en dignité, & tout eltoit .entaifé foubz la maio 2, je grand. 
oufe d'vn Prince quine vouloit point,de côpagnon & à depuis luy il y 
hi des Roysen Bcurgoigne, &auantluy:8s de fon aage Flädresn'eftoit o,dres. Mr- 
jnterigéen Comté,ny Champaigne auf pour feruir de limite, 8 oùil che par qui. 
uft vn Prince pour garder le païs des courfeseftrangeres: car pour ce ;sfirué. 
efe@& Charles le grand faifoitle departement de fes Prouinces. lib 
thiferay auf l'inftitution de l'ordre fain& Michel ornementdelano. Gilles Corne 
ke qui a ion merit£ du public & laquelle le R:oy recôpenceen l'ho- 7er li. des aw- 
mintde fa compagnie & tiltre de parenté,pour l'affociation genereufe rquit. 
rmes pour la detfence dela religion de noz anceftres, & de l'eftat | 
hcourône & detoutle Royaume,dequoy futinftituteur Louys on- 
kine de cenom:lesarticles:en eftant recueilliz par Gilles Corrozethô police des vil. 
sdignedememoire,en {on livre portanttiltre desantiquirez de rran- /es de France, 
lavertu prançoife ft encor à voir en la police des villes fousla main 
| Zz ii) 


2 mr LIVRE TROISIEME  .. 
&iurifdi@ion dés efcheiinages & confularsstellement que qui ve] 
hoftel de ville de Paris, lamatfon cômune de Tholoufe,ou de Bouts 
& autres citez,w'aura affaire de defirert'eftarancien de Rome, en cs 
apartient à tenirJe peupléenpaix à fe foigner des viures,des edifss 
durépas des citoyens.Quant aux armes cefte nation énà porté vn 

ccndérmenie TEIPPSIE pris fu tous fes voyfins,rellemerit que la Catalerie à ef f 
ét ciné Frôyable ,que par tout oi.elle marchoitil fembloit qu'elle trairiaft 
toufiours pre- queuë la viftoir e : Aufñ que fçauroit-on fouhaiter de mieux eftab}! 
Je au feruice. les gens d'ordonnäce inftituez par ce Royaume” lefquelz en vn rie 
temps font prefts, armez & montez pour leferuice du Roy", & de|4 
.). public fuyuant l’anciennedifcipline militaire des Romains, La fat 

- efbragarde’&relle que le Gafcon,Prouençal, Aüuergriaz, & Perip 
din,misén vnefcadron ne deurontrien au Maccdonien,iny au Lesio 

- reefpouuentable de Rome, & fi furpañfe en adreffe la farouche Ianif 

de Turquie. La religion y eft puremët gardée,les faints lieux fort reu 
, ; les miniftres refpectez& cheriz, l'Eglife trefriche, par la deuotion de 
Gaillarde F# anceftres.les prefcheurs ouys& honorez,lefainét fiege recopneu pa 
trie deFräce. Roy &nobleife & peuple: quoy que l'herefie foit feméc eftrangén 
, er detous coftez,& le peuple le pliis obeiffant à fon Roy, & qui l'aymg 
L'eglife bent honore plès que autre qui foit fur laterre. 
rée entre (65 Le François n'eft ny faint ny diffimulé de fon naturel,fimple en paro 
FranfoM, gay ioyeux,& courtoÿs, vn peu troplicentieux,eftant en païs eftrar 
, .  auec paiffance,ce quiluy a oftél'Empire d'Italie d'entre les mains, il 
Complexion mg l'eftranger,& cherift les hommes de lettre;quoÿ qui iadis Ja nob 
de Françoi. Le foit vertu de rien fçauoir,mäis à prefent elle voit que les liutes ,&] 
7, mes;font plus quecompatiblesenfemble. Le peuple de ce païs n'eft fi 
Frafes #47- à fedition,ou reuolte;& ne prérid plaifir à changement de feigneur ny 
ment d'efre pourroit ouyr en patiéce le nom d'vn eftranger pour le receuoir pou 
Jégneurex: fouuerain ,ainfi que fouuent le: Anglois en ont fenty l'experiéce. e 
AE CeNX 4€ que ie voy en France ce font les procez & longueur d'iceux, & le pra 
Wr P4is... nombre de ceux qui mangent le peuple, veu qu'il y a plus d'aduoca, 
procureurs en vnfeul Parlémehtde France,que on n'en fçauroit tro 
prefque par toutes les audiences d'Efpaigne.: 

Le François ef! ffez magnifique en bäquetz, mais plus gentil que « 
ceffif en viandes, propre en fon mefnage, & abillement, braue en fonp 
à ler,& fe vantant affez volontiers:là où du cofté de la Guyëneilz parlé 

Banquetz, fi- moins; font plus fobres & efchars;& plus addonnez à l'exercice farouc 
bresenGwy- des armes. Siie voulois m'amuferà efplucher par le menjitout ce quil 
enne. à fingularifer en France,iepenfe que letemps me faudroiten le’difte 
rant &-mefme fi ie m'arrcflois fur des Fatras & chofes menués telles 

À noftre auteur en reciteen fa Franconie:mais la grauité dé l’hiftoiréneh 
Muiflede  queranécecy,ie pafferay aufiplufieurschofes four filence que peut 
l'unmerfite  Ître vnautreeutdefchiffrétoutau Jong, me contéritenc de dire que! 
de Pari. maiirfé del'yniucrfité de Paris feuleméntconitemplée ; énredteur fil 
…. … defes bédeaux; l'EfcoledelTheclogié conrempléé sec #nnembre 

fny de Docteurs rares en doftrine &-de grand fainéteré dé vie:la trot 


+ ft ! 


Lengueurs de 
proc es en 
F rancle 


Hrauconneiu 


ne Harv,du 


urs,celuy. qui l' 
an de fortir en a 
Éeurs autres ho 
fra pour le, prel 
pce qui et de pl 
Gauloys, & des 


pla granderich 
1 


HE) FAX 3 41 
que dés fon : 
nellereluyloi 
rue retraite 
miqueque. Et 


ne " 1DE :L'EVROPE, ;: ; | 184 
pass difcoutant des caufés delanarurr,les Legiftes difpurans qu, 

pepe soi es seras Ynpdles hommes de fauoir, cécy (dis, 
menalé 09 peur.eflre que ne donne aftonnément au Cœur des hô, 
heliceiuger que Rpme iamais ducc fes triomphes,ne fus fi magni. 

Le Parisauec l'errement furpaflanr& Rhodes, & Atheneÿ,quel- 
ludemie-que Platon y eut-dreffée ; afin que tous voyent & reco- 
fotnoftre Gaule eftre celle; quirient,nourrift & füubltente & les pu; x, : 
blesarmes, & departift cefte diuine liqueur de fon fçaüoir aux ter- drone. . 
pus loingtaines.& eAranges, Entant que Paris, T'holouze, Poitiers, : 
Bourges, Bourdeaux, Cahors, Grenoble, & Valence, Rheims, & 

nelier peuuent faire largeffe de toutes les fciences., qui font prouf- c,,4e rare . 
pour le bien, fanté &falut des hommes : fe ne recercheray plus les +4 drormèdie 
ahritez des païs,alfeuré qu'il y a bien peu des noftres quine fçache . ‘ : 
aultie Haco crié en Normandie lequel donne empefchement à tou my Cendlis : 


ie & nouuelleté, & de pailer outre apres le Haro dit, c'eft peine ca- /,., 
ki que Guillaume Je ballard Duc de Normandie eftant A ui Raoul Ner- 
Moulut mettre en terre,celuy à qui apartenoit la place nele vouloit mél ons en 
irque on ne luy euft payé fes droitz & criant le Haro,empefcha les neutsie faus: 
ques du Prince, iufqu'à tant qu'on eufl fatisfait à la couftume. Et viét charlesle 
prde Harv,du Duc Raoul le premier qui des Normans receutle Ba fmyle, | .:; 
payant conquis Le païs N cuitrien, & efpoufé vne fille de France: pay! zmil, | 
en Gafcoigneil y a ençor vn mor,duquel on fayde és necefsitez qui 3. 

ent de nuict, & notamment pres des Montaignes à caufe des Bido- | 
gvoleurs,qui eft que dés qu'on entend le bruit de cesacharnez ra- 14 ps Fér4: 
ur, celuy.qui l'oyte premier fe met d crier ( Via fora) aduertiffant d Gafési se 
an de fortir en armes, pour refifter à Ja furie meurtriere de ces larrôs 4 que inuèté, 
Keurs autres chof es pourroit on amener fur pareille accurence, mais . 
ra pour le prefent de cecy, car ie penfe auoiraffez deduic pour vn 

pcs qui eft de plusrare, & remarquable enlaçaule, & en la nation 

Giuloys, & des François. ÉRUE 


pr lagrande,riche,eo- populeufe cité de Paris,commencement d'icelle,meurs 
R G: coflumes des Parifiens.  Chap.31. ; *< 


ACL O Rat iro grindenens de pareffe,& peu de eue 

OR GPA riolité, voire ferois digne qu'on mc donnaft le tiltre 

0 FS à d'ingrat,& mefcognoiffant, fi ayätrecerché ce qui eft 

RS de pluscftrange,ie mercois en oubly celle fameufe ci- 

“8 DR té, à laquelle ie doy tont ce que i'ay (quoy que de peu larve 
AA de luftre) de fauoir, & cognoilfance de Jertres, veu, D'ox ef uens 
HO qu'elle n'eft pas d'vniour, ny de & petite confidera- Le nom de L4- 
que dés fon commencement on n'aye cogneu prefque toufiours rece. 
nellereluyfoit l'Idée du fiege futur & del’Empire des Gaules, & {a 

Pa retrairce des bonn es féiences eflant hannies de la-grece ; tan. 

Miqueque Européenne. séduit. tint, 


NH  LIVRKÉGTROTSÉÉME 
CRIE Me a eftéiddis nômée Lutéce,foir dus, 
C'Fa 


, ° # rrécerch 


psp dr ange & botie,ou du nom de fumitre, ou autre Mu idiens font 
rhais le peuple Voÿ fin dé‘tour remps a porté le noîn dé Panifien:: 4 MS yfatoir les : 


tres luy donnent cefte appellation de Lutece,comme f'ilz vouloies 
Leucotece, à fçauoir blanchiffante,ainfi que Lane lfcaris le femb}., 
tenir en ce fien diftique latin: à ; i 


Riclsrutne de 


pdautantqUuep 
4 14 refté fameu 


tané Lafearis ANarino Leucofetiäm Cañüore corufîans plies, & depuis 

. Greeprfefe-*  ". Dixaeex Ethymo,Gallica terra, tho. "0 ira faillants 
| fur. Ouil fignifie à les anciens ont apelléla terré Gaüloife Leucoterie Mi voire de Gau 

* défanafue blancheur, & que cefte cité en eu a retenu MGeographeine: 

Décerey 1u- tré Mais fileliuré attribué à Berofe eft veritble, Lutece,ou LureridMismoire dela'de: 
cv Berfe ra pluitoft fon nom de Luce Roy des Celtes, & duquel les Gaulois Mes peuple: Ainf 
l.s.des Rois apellez rucéens,ce qui me femble le plusvraÿy-femblable, puis que pionde ce Roy € 
d'Afirr és mée parlant de Ia Gaule Celtique dit ainfi : au leuanit & pres la riuieManiernyaux' 
noit l'ädu Seine fonc les Parifiens, & leur cité eft Paris tucorece. * Quant an node vint iamaisifi a 


tCorrozetau re 


mende 2105, Paris aucuns ont eftimé qu'il vierine d'vn Roy äinff nbrhmé qui reg | 
ia Corro 


_ ohant enr furles Celtes, & ay dent de l'autorité de Manethô au fuplemét des 


Jacob. d'Egypre,à quoy iene veux contredire:& ne fuis guere affeuré encoMstoan au liure qu 
Ptolom.l.2.e. croire ainfi à credit les chofes ainfi legerement fondées:aufli Manet) Mi Polybe mronft: 
8.14b.3.d'Eu tent de diré que Paris regnoit fur les Celtes,n'adioulté rien du Laftiiiant fon chemin: 
ropés de la cité, mais les autres quien"ont eférit prehnent vérifimilitude MléRhofne; & le 
n'auoir fur quoy en fonder l'occañion;laquelle heantmoins eft recent Refteñ vuic 

Ce paris reg- Vu qu’il faut neceffairement qu'elle ayt pris fourcé ‘& nom de query qlepren 
toit en l'a du & puis que ce Roy, forty des anciens Gaulois, & dé ce grand SimorieMuniter; nl 
snde 2350. tenu la Gaule;il n'eft pas inconuenitnt qué Paris ayépris ,:& nom & Wide Boëce Seuei 
| . 7 gine de fa diligéce, pluftoft que de fonger ne fçay quelles follies du piibtie par Tule C+ 
Troien,ny d'aucun. de la race Phrygienne, de liquellé, affez incmirBoëceefcriui 
derément,chach tafche de tirer la modelle dé fä race, & les premier Wire! bouclier por 

fliffeurs de leurs villésscar ce Paris Cétre régnoit du temps du fecod que layde de ce | 

de Troye, & plus de deux cens ans auant que les Troyens paffaffent Miruires de Cofarl 

à la fureur des armes des Grecs. Ie dis cecy à caufe que quelques vns,ami pléauanrquel 
Paris baffy4- reux plus 4 deraifon des fables,nous vont mentionner ne fçay quel put. Etafin qu'on 
wät que les Siéambrien forty de l'eftoc & räce d'He@tor, led] paffañt en allemapen comptent de 
Troës fufént & de 1à en Gaule,baftift cefté eexceltéte cité; & (NY impôfa le nom dep Aant cômand 


FWINER ris,comme ainfi foit qu’auant que les François meïffent le pied en GA cémetous les 


pus de huiét fiecles,la cité de paris eftoit baftie, entant qu'ilz y vid ceux doiTre 
songes depa- Tong temps apres la mort de fefüchrit,& fes Romains teddns | Empipuolte & de 
ri Sicabrien. appert que tuteceefloit en regne.Des rarifiens, & de leur villefait nées Parifiens Lef 


tion Strab6 difänt:Prez & le long de la riuiere de Seine fontles paril eleurs maicurs ils 


lefquelz ont en cc fleuué vneifie & la cité de rétorece ; voyez qu'il Jor sitsn'oft 
Strabon 4, jee peuple barifien, mais la ville ef par Juÿ nommée non ivtece, mi ot 
Ÿ y” ; Cola Fur: oh 


cotécé, coiime auff tous les anciens l'ippelterent rucorece,oututstel 

A pifiens Eelènéts aucuns ont vdélh atoir efté nômèr des peuples G 

Parrafispen. dits Päriliens 1 conduiéts par Hfrcule paffant en ltatie, mas la chof 

ple Arcadien éftant fr düübteufe,i vaut mieux en diremoitié que lafffér'en füfpens 

Straben li,8, pritde-celuÿ qui Fimufe Firenozæœuuresaulf Strab, atiteur nr L 
HUPIQOIIG 8H) fe 


mire dereps los 
is ennemps de 
eu du‘Canfeil;&: 
noaniique enco 


+ t Et A pe 


|  J'IDE LEVÉE" ST je 
Mirentrécerchieur dela veritévfedeces môts parlit de cés Pamiers, : 
bacidiens fontcoux d'étrelesGrecsquifurpañlentiésautres enantis ‘ ‘- 
ui Guoir les Azuses &: Parrafions;&c autres demcefiegenre; Maisd 
éiclaruïne de leuripays;neusn'entiendronsguereds'propas dus 
Hdisantqueipour latrop longue contiaue des gucrresics: vittes qui. 
rent cité fameufes, &-illuftres ésfrecles pañlez., fonrà prefentduitout 
plies; & depuisisruine dofquellés;leshabitansaufliy-ontcommencé ‘ 
bir,& faillants ontlaiffé les champsentfriches Siles Parafienseuflent Cane 
suvolre de Gaule pour venir habiter Paris;ce diligenthôme,& excel: : :: 
bGeographeine féfutaublié die dire, nomplus: qu'il à laifféen arriere k 
noire dedardeffaite de leurs villes &'ladiminutiô;oupluftoftfin de. :; 
ses peuple: Ainfi nous demourons à que Paris, & les Parifiés ont pris Mae dès 
onde ce Roy Céltiqueparnousallegué &:pris de: Manethon, :{ans Jopl us née 
banvfrny aux Droïens,ny aux courfes de Hannibal lequel, fânsme. 2° M 1 
scvint iamaisi fi auanten Gaule que de vifiter l'ifle-de Paris: nyainfiq 2" FA 
bCorrozetau recueil defesamiquitez; Hercule ne ffy arreftapour fy: 
bireauTi Corrozet ne parle du fien ; allegint feulement/l’opinion: de. 
foan au liure qu'il a fait de lavie,& geftes de S, Denys. Quant à Han- 
Polybe monftre quetout aufli toft qu'il eut paffé les môts Pyrenées s gaie 
mtfon chemin:en Italic;laplus grand hafte qu'il eut, fut d'allergai- 
léRhofne;& le pañfäge des Alpes afiniquetcs Romainsneledeuan: pre 
Par. Relte vuidervne autre faultedereux qui diéntquefule: Cefar: 
reluy a lepremier-baflift la citédeParist& ameinentainfiqueiel'ay  , 
Munlter; nef BaptiftePielequel en parle en cefte maniere : l’a Musifler ba. 
hide Boëce Seuerinique celletresfameufe citéqu'é apelle Paris fut ja- 2€ 4Âesué 
jtie par Tule:Cefar , &lequel de fon noml'apella Friie. eneïfçay-fi park pafè . 
Boëceteferiuit vnetelle fauceté, ou fi.ce: Baptift: feveut:targuer d 4% 
tel bouclier pour definentit laimefme verité:Bié vous diray que qui: 
quefayde de ce propos,ilménftren'auoir gucreiamais maniéles C6: 
puires de Cofar lequel-declaire affez à defcouuert Pariseftre & bafty, 
mpléauant-que les Romains y meiffentle pied;ny commandaffent en 
ule, Et afin qu'on ne dio ques parleaufli bien par cœur.que ceuxiqui: 
sencomptentdefibeltes, oyons le mefine Cefar:parlanten cofte ma- 
Ayant cômandé l'affembléeides eflarzde Gaule fur l’étrée du Prin- 
hs cometousles Gaulois fy fuffent tronuez;faufles Senonois, Char: 
ceux de Tréues;ayätenopiniô-g cedolay fut vncômencement 
molte & de guerre, iltran{porta &chägesle lieu du Côfeil: à Lutece 
desParifiens lefquels eftoiétvoifinsdes Senonois, &déslamemoi- 
eurs miieurs ilsauoiét eu:allifce enfémble , neätmoinseftimoit-on 
pour lors itsn'eftoiéepoine delaligue; & céfederariô des rebelles, &: * 
irireurs, Aduifèz, vous quiaucs ie iugemét bon;cômeil feroit pofii- 
{Cola futile fondateur: de Paris,yveu Gluy:mefme côfeffe à dés toute. 
Wire dereps les Prifiés eRoiéralliez de ceux de Sens, anciens & im- 
fes ceaneinys detaicitéde Rome, &'qu'ilcommäda q@'on changeaft 
peu du‘Canieil;&:cea Lutece baftie, c'eftà fGauoirauantqu'il vinten: : 
alafiqueencpril-dit aillebrs plus notamment:en ccfte forte: Com- 
: Aa 


Masthan lis. 


Cefar come 
ment.liur.€.. 


bars : ui Do EN Es 


d | re 444 j à 4 «” 
3 : ie LIVRE TROISIESME | 
_ Cefir Serre meteschofes ft défmelaffent deuant Cefar,Labien laiffantà Prou, oi pe 
— &allig-hu. 7. le creuë de gendärmeric;que nouvellement on'auoit amené d'reys A pcice ville, 
Prouiris eff qu'elle y feruit dégarnifon pour la garde du bagage du camp, il fes Lateite ville, « 
nommé Æ- Luteccfuiuy & accompaigné de quatre Legions.Lutéce éft vne vi s demaifon de 


Lendicumen Parifiens.atlife en vneifté de Seine: puis sioufte, pârlañt dé Camilb: 
Cefar. gencralde l'armée des Gauloys,& monftrarit quelle éftait l'afierre pe: 
Qws contem- {Le ville. Ceftui-cy(dit-il)voyât que tout éftoitaux entours marefcoe 
plerales mots & que ces.paluz perpetuels fe vuidoient danslaSeine, & donnoyentér 
dé Cefär ver pefchement à quicôque voudroit affaillir le:lieu,it fy arréftaauec del 
rue CM ration d'empelcher le paffage aux noftres. Puis qu'il dit queLutece ef, 
hgêne f af yne ville duterroir Parifien,& qu’elle auoit fon afliette dans vne ifle,ais 


Cape oh 4 puis apres il en dit de Melun,ce n’eit pas à dire qu'il en füt le bafig.diäisbaftimens, 
frefent [ent comme ainfi foit qu'il n'y a trait en tous fes Commentaires qui facene equitez de Pari 
les Palusvers tion qu'il y baftift chofe quelconque. Et fon me veut mettre en jeu Mbédir que Le lic 
letemple, Arcades d'Arcueil( quien porte le n&)ny le baftimét de l’hoftel de crisielieu & plac 
lorués. 47 guy qui à parler proprement auccle grand chaftelet, font des plus grsMprendre fà rec 
thoine, aotiquitez de cefte ville, jme mieux en donner l’honneurà Iulian ny, & ameine 
Æreueil dit boflar' qu'au premier Cefar, veu que ceftui-cÿ ne fy arrefta 4 pour gus rouuées l'ar 
des Æres  oyer:là où l'autre fy tenoit pour fon aife, & côme en ville qui luy ete 0 Aquedut 
pour l'arque- plus qu'agreable,ainfi queluy-mefmele côfeffe, efcriuftaux Antiochi Mit Beat Rhen 
duc. enl'Epiftreportantletiltrede Mifopogon, qui fignifié autant que HA & peuplé q 
1ulian LÆ- barbe, &e laquelle il leur eferit à caufe qu'on luy reprochoit ne Kay quefiistout ce qui à 
+ pofat fat ba- incontinence, & où il defcrit affez bien le plant de Paris, & môfêre où rude, & hors la 
Jiir le Us € ce que pour lors elle eftoit & peuplée, & baftie : Et pourceoÿez com iqueonpeu 
le: l'hoftel ÿ1 en parie. l'eftoy iadis paffant l'hyuer en ma bié-aymée Lutece(c'eft ai umommé le S 
de Clugny. que les Parifiens Gaulois apellent leur cité, ) laquelle eft en vne petite ifiion des priuile 
Epiftre de l#- Voiline du fieuue qui l'enuironne de toutes parts: il y a des ponts de bolien tefmoigna 
bia aux An qui facilitent lé p flage vers la ville de chacun cofté:& lariuiere ne croltes, donné au L. 
tiochiens +. fantou decroiflont guere fouuét, ains eft toute telle en hyuer qu'élleA@ne:& ledit Co 
Defripton  couftume de fe monftrer en efté, l'eau en ef trefi plaifante, & trefclere)fäinte Oportut 
de Pari. regarder, & boiuentles citoyens d'icelle: d'autant que fe tenans dans vielle habitoit)q 
ile, il fault qu'ils fe pouruoyent d’eau enicelle, hi infi ces deux g 
Julian met L'hyucern'eft pointtrop rigoureux en ces cartiers 1à à caufe, commer@utde l'ifle Pariti 
900. fsdes, dit,des chaleurs de l’Occean, qui n'en eft efloigné que d’enuiron qui eainfi que 1yfc 


green cinq lieuës, & peut eftre que quelquélegere haleine du vét marin y vis 
# 45 leurs, à fefpandiufqu'en ce lieu, & queaufli l’eau de la mer femble eftre pl 
prenante ha- chaude que celles des riuicres d'eau douce: foit que cefte raifon foitve 
cune lieue 4 table, ou que ce foit pour autre occafion queie ignore, fi eft-ce qu'il 
deux mile eftainfi que ie le recite, & que l'hyuer eft plus gracieux aux Parifiens at 
densy d'Italie ;yx autres leurs voifins. Auffi naiffenteneurterroir de bonnes vigne 

voire plufieurs ont fait fi bien que defia les figues y font enitiuées . M 

monftre comme pour lors les Gaulois infulaires en l'ifle Luterierine,n' 
Jadis onufeir foÿ ent point de cheminées , ains feulement de poifles à la façon que foule il trefpai 
de poilles 7 uentencorles Memans, & commeil fe trouua mal.pour auoir vf de(lulieurs de fes 
men de chemi dé charbon, à caufe qu'il efmeut l'humeur du plaftre des murailles. enceaux Prince 
 .'sées& Pari. Etainfi on voit qu'il fe tenoiten l'ile de Paris, & que pour lors codec furles limites « 


lie par Clouis1 
és faulxbours 
ommée en fa pr 
Drque Paris ayt 
rlesanciennes 
ayons ja dit que 
tes les Prouinc 
dferendre plus £ 


NL VE à 
< "1 


Ya Uri 


# . 4 


À 7" DE: L'EVROPES.. . 186 
gere grand chofei & c'eft aulli pourquoy Ammian Marcellinl'a fmm:48 

epeite ville, & chafteau pourfuyuant Ja vie de [ulian l'Empereur lo- Marctlis 
pécfe ville, &par lequel. fut bafty le logis de Clugny, qui luy fer- /w:15. 

sdemaifon de plaifance,& non.par Lule Cefar,commeaucunspéfent, , 

mczen ce que trouuans les memoires és picrres quimentiannét Ce- Æf le Empe, 

ko'aduifans point que tous Empereurs ont portétel nom, &.que Iu- © lewrs pe: 

uns qu'eftre fait ny proclamé Empereur,auoit le tiltre Cefarée, ainfi r##: proches 

iprefentonapelle Roÿy des Romains celuy qui doit fucceder à l'Em- Pertesent le 

Le mais quand telsaduiferont que Jule Cefar ne farreta guere jamais à #w de cefar 

#,que Iülian y faifoit fa demeure,me confelferont par mefme moyé /4lian fe te- 
gefut l'Apoltat qui feit & fortifier les ifles Parifiennes, & dreffer les #:f4 Paris. 

bis baftimens,commeainfi foit que Corrozet; diligent recercheur des #mms 

jquitez de Paris, efcriue queen la fondation du college de Sorbonne, Marcel.li.17 

pédirque le licududit college eft diteftre aflis prope lacum chermarumes Gilles Crrre- 

slelieu & place des Thermes,ou bains de Celar,entant que Iulian ve- Ze Aw.des 

kprendre fà recreation audit palais, qu'à prefent on nomme l’hoftel de Æntiquitez, 
ny, & ameine ledit Corrozet vne preuueeuidente des canaux, & ar- de Par. 

des trouuées l'an 1544. depuis la porte S. Jaques iufques à Arcucil, qui : 

bevn Aquedut.pour cüduire l'eau au Palais deCefar.C'eft la raif qui Rhensn li. ;. 

bic Beat Rhenan à croire que. le cofté de l'Vniuertité a efté pluftoft des /fr de 

wi & peuplé que la ville, ce que Corrozet fouftient auili, entantque Ge7maxe. 

krout ce qui à prefent eft plein de baftiments, fut iadis en bofcage, & 

rude, & hors la ville: entant que le Louure mefine eftoit feparé d'icel- 

nfique on peut recucillir d'vnes pitentes du Roy Charles cinquief- 

furnommé le Saige,dônées en faueur de l’Vniuerfité, & pour confir- 

jon des priuilegesd'icelle, fur la fin defquelles lettres font ces mots en 

jen tefmoignage dequoy nous auons fait appofer noftre feau aux pre- 

es donné au Louure pres de Paris l’an 1366. & de noftreregne le troi- 

{me:& ledit Corrozet preuueencore cecyÿ , parce que on trouue en la 

fiinte Oportune(l'Eglife de laquelle eft au cœur de la ville, & où ia- 

dlehabitoit)que élle fe tenoit dans les boys. 

infi ces deux grandes villes qui ccignent & enuironnent l'ancien en- 

de l'ile Parilienne,n’eftoient le temps palfé que les Fauxbourgs d'i- 

leainfi que lyfez és anciënes efcritures que l’Eglife S.Pierre,&S.Paul . 

lie par Clouis le gräd(à prefent eft dediéeà fante Geneuiefue,)eftoit Ls/ex, Greges 

lisés faulxbours de Paris, ainfi qu’à prefent, eft l'abbaye S. Germain, re de Tours, 

ommée en fa premiere fondation du nom de Saint Vincent. , EC Aymen 

Drque Paris ayt efté long temps le fiege des Roys, & le lieu defliné moyne. 

irlesanciennes affemblées de Gaule, vous le pouuez recueillir par ce .. 

uonsia dit que Cefar y affembla les eftatz pour traiter des affaires de Cefär com. 

tes les Prouinces Gauloifes, & que du temps de Clouis elle commen- ment.6. . 

Be rendre plus glorieule,le Roy fy.tenät la plus part du temps, & en 

pelle il trefpaffa, & fut enterré, ainfi que depuis & fafemme Clotilde, Pars fge 

lufieurs de fes fucceffeurs : joint que Paris fembla de fi grande confe- ancien des 

mceaux Princes fortis de foneftoc, queguerroyans fouuent enfem. Princes des 

furles limites de leurs feigneuries, & rbidions ».commcils fuiffent Gawles. 

Aa ij 


UT LIVRÉÉTROISIESME 
paix Sctaivriffenc, 'éftarticie fut miscômune letprincipalentemss 
Lure LA Réonrquéaul d'ontrieus sotretenoir en levilede Paris faus-lavoises 
Grégoire de . Les freres:8e fur ce oy65 les parolles du faint Buefque Grégoire dep, 


| nn gue] 
4 +10 


T' ours Liu. 7: fifane mention des Embafladeurs deChildebortau Ro} Gontri M, 5° 
de l'biffeire. jout parteen:cefke forte: Voicÿ lesaccords allez entre nous, quece |. Srdeprope w 
+ qui d’entrenous entrera en la cité dé Paris fans:la licence, & confent ME: geruk me 
delos frere perde fonlot & part duRoynime , &de ce duôns fair, M/S 0 

moins le faint MartyrPolioét, auecles venerables Eucfques 8 cüferg. pr 4! 
Hilaire, & Martincomme iuges S&vengeursde celuy quiviolerafon : ve Bone. 
ment-Plus grand preuue n'en pouuez vous demander qu'en 1yfnece M ROPPTIIR 
7 ondlaiffépar memoire de ce grand Conféilancien des douze Pair, DS «Pour des bass 
Grand Con: Parlement ambulatoire, lequehpourmonfirer Paris:eftre la Metrapol. 57 
Jél'afimblé ne detout le Royaume François;ne füilloit tous les ans deux fois d'y Ce mot monfi: 
“roi les ans à virtenir les grans iours , iufqu’àtät que la Court fouueraine y fur e1t ie dons faint, 50 
Paris auant perpetuelle:le hifferay icy tout à propos les foñidations des Monaf Mie de tout CS qu 
d'infitition abbayes, Conuents,Eglifes canoniales,& parrochiales d’icciievilie;e ét ce diugrs FAR 
di Pâslemét: baftimens des chafteaux, palais, & maifons royales, d'autant que d'ail 9 € QUI 10 
.._ … fefont-employezà pareil deuoir ; ne mettray en auant quelz affaujr, Mit qu'on:y CON 
traucrfes cefte grande cité a fouffert iadis fous les Romains, commee incerité,que < 
füt conquife par les François, depuis rawagée par les Normands, pui Q#8!tc } Ut fen 
Paris par qui faillie des Nauarrois , tourmentée par la fédition populaire, aisé Re Paris Ce foit « 
isdis affigé. Bourguignon, prife par furprife des Anglois. &‘d'iceux poffedée par | regarde auec q 


jlancienne gloir 
Capetz fe font 
leur de penfe: 


pace de vingt ans ou d'auantage. Et comme de noftré temps elle a efté 
tée par lés menéesde ceux, qui fecouans le ioug de f'obeiffance da 
l'Eglife,fe font aufli reuoltez de la fuiettion deuë au gräd, &c legitime mn 


narque dés Françoys,ic laïffe dif-ie ce difcours, afin den'eftre trop |0nit VOir defar 
& qu'auflites hiltoires, & Annales de ce Royaume:en font affez de rtté & courtoifi 
ioinit que lil eff affez affeuré iuge de ce qui freft palfé de noftre temtalion en l'efga 
parainfi nous pafferons aux mœurs & façons de vie du peuple de pere qu'à préfent 


teri uclcopqu 
néà fçauoir vn:f 
ble Ciel, & Jeq 
cequ'il fçait &c 1 
puiffance; flechif 
utorité de fon KR. 
le falut fes enf: 
ve affeétic 


ainfi qu'enauons vfé à l'endroit des autres nations, fans toutesbois oubl 
les vers alleguez par Munfter,Corrozet, & Cenalis, d'vn certain:Angl 
-Ærchitrene nommé Architrene que i’ay tournez du latin,en cefte forte. - 
4 lalonange A MARRT 
de Paris. En fin on autre lien le fige d'Apollen 
Park eff mis auant des Cieux un puifant don, 
Pleine d'hommes fjanant},en metaux abondante. 
Ou la Grece fleurifi;es l'Inde diligente, 


Et on les vers Romains, © E Artique [taueir ofe de cemonde 

Æbondance Des fages dia chacun y peut se st uple,mais quéd 
Eric beffes Paris qui du monde eff le precieufe Rofe Bros mg dc preft à. faire 
de Paris, | xt m de 'ominers Pebondance foncé jh gétilleffe, & 1 
Debanme,eo- rarité:qui farmentéen fon bien tva feul hoftel d 
L'ernement tant prife du mol Sydenien: Æ N HAUT 

Paris fêuleen banquets,er fe{tins plantureufe, publique qui ne 


Senleen virieté co: füperbe,e7 pompeufe. erien à quicon 
Qu rouiftd'un AA rt iet:& ne fefb 


:  DELENAROR 
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5 A dé : 
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El DT FT 1:29 


Lamotz monftrent allez que fi iamaisles Gaulois I.utetiens.ont rien : 

de don, faint, sourtois,& debonnaire,qu'à prefent les Parifrens .çom- 

ude tout ce qui eft en l'Empire François,cômeilz fontyniz &:drefe 
de ce diuers.ramas de peuple;aufliontilz.yne grande varicté,nonés 

grsen ce qui touche la corruption,ainsien la mefine perfection de.la Te 
it qu'on.y contemple la religion:purement füuiuie & obferuée auec Quels font les 
Lincerité.que depuis que l'apoftre des Gaules le glorieux Rin& A- *7#"s des 
hugite y eut femé la dotrine Euañgelique;on ne (Çadhe que iamais le Pariiense 
Le Paris ‘e foit efloignéetant fsipe de l'abeïffance del'Eglife.Que 
wregardeauec quel cœur les Parifiés ont obcï à leurs Rays: ielaiffe- 
l'ancienne gloire de ceux qui fous les Merouinges ,/Pepins, ou race 

sCapetz fe fonc môltrez les vrays feruiteurs de la courône, pour prier 
leur depenfer fans aucun tranfport,ny flatcrie, fila cité de Parisa 
hit voir de fa religion, vertu,amout, & feruice vers {on Roy, dehon- : 
raté & courtoifie à l'endroit de l'eftranger,charitévers fes citoyens, 
lion en l’efgard.de fes voyfins,durät les troubles de cefte-perilleute 

te qu’à prefent nousfentôs. Mais pour monefgard ie peux:-dire, fins 

rie quelconque,que j'y ay veu: &,experimété.ce que iamais ien’eufle 
x Le vn;peuple le plusayfé à conduire, &.gouuerner qui Toit Grande beife 
bsle Ciel, & Iequel eft fi bon, humble, & craignant Dieu,qu'iligno- 
gequ'il fçait & neiveut cognoiftre ce qu’il cognoit, à fcauoir.quelle-eft 
puifance, echiffant fous quiconquele manie,pourueu que cefoit:par 
utorité de fon Roy , duquelce.peupleeftfiamoureux que:fan:bien 
ele falut fes enfans &:parens plus proches ne luy font rien au :pris de 
leloyale affection quille conduit plus fe foigner de (on Roy, quede 
biede cemonde.lenefcay ce que d'autres trouuent de Barbare:en ge 
ple,mais quédà-moy ie le peux confeffer le plus courtois,affable,he. . 
ne &-preft à. faire plaifir q ie veisonques:fi l'on veutvoirlamagnificé- 
lagétilleffe, & liberalité n'en defplaife ny.aux Gecz,ouRcomains,wveu Liberdlité, 
L'un feul hoftel de ville de Paris a dreffé des bâquetz & feftinsaux Rois cowrrorfie, 
tdesprefens fi rares, & precieux aux grâs Monarques,queie ne fcache es charité 
publique qui ne fetrouuaft empefthée à vfer de pareille largeffe. Cecy des Parifiens. 
tftrien à quiconque regardera la pitoyable charité de chacun en par- 
ulier:& ne fefbahira lon pas de veoir les damoifelles delicates,les bour 

Fe Aaa ii) 


fance des pa- 
? sfiens 0 


k LIVRE TROISIÈME | 
d'Damés de Pa" Séoifes nourries foëuemér alter aux hofpitaux vifiter les maladés ve 
ss quellesen- aucunchorreur,ny defgouft dé vesir & manier les tieureux,lesblece, 
ners les pau- chargez d'vlceres, y spliquerremedes, & les fecourir: & AOurrir afic 
#rese gneufement que {i c'eftoiét leurs propres par£siC'eft en Paris ücian 
ee x “‘lepauure ne meurt de faim, fi l'on spperçoit de fon indigence, où ls 
Grande cm (etre n'empefche ceux méfmes qui ne font les plus riches de fupore 
corde entre les neceffité de leur frere Chreftien:C'eft à Paris qu'on voit: Vne ‘cbneg 
citgyens de: fort grande en la communauté des citoyens, qui eft chofe pour vréy 
Paru. raculeufe,eu efgard à la confüfion d'vne fi grande multitude côpoig 
1 tant & fi diuerfes humeurs d'hômes:mais quoy? la police & furuei er 
ZeParifen des Magiftratz,ayde encor beaucoup a l'inclination naturelle du peur 
ayme d'owr. C'elt en Paris où le fang eft moins efpandu qn'en cité du môde, & par 
che fes nue. on voit combien les Parifienis fon mutins, & eceruelez, fupportänsay 
Les, vnetañt Chreftienne patience les imperfections les vns des autres, 
Parifieneft fobre,modefte & ioyeux,ie plaifant en compagnie, aym 
es dancess& prenant vn fingulier plaifir ésieux, & fpeétales , mais gn 
Grande dems- de vice commun de tous les caulois, & quiluy vient del aprentiflage( 
+ tion des Pari- Grecs, c'elt qu'il eft trop friant,& defireux d'ouyr chofes nouuelles, 
fiers. Etnonobfant ( la Dieu mercy) le vent de nouuelleté n'y a peu tellen 


pi nc 
ne des plus fage 
k,grande, .&fi 
Roy quiluy. 
NW: (Mais, au 
de efoi 


t feule a 
fa luiers : auf | 
potenu en Ce cc 


| w " c 

” efpandre l'air, & fouffe de fa vapeur côtagieufe, que le Caluinifte y de ea 
receu, fil ne fait fes ieux en cachettes. A Paris tout eft plein de deuctidi Orduremps ; 
Et les maifbos des citoyens reffemblent eftre autant de temples, & dd fuueraine que 
toires, & les Eglifes non füffifantes à enclorre vn fi grand peuple conud Life oumet à | 

teux,&c affamé de la parolle de Dieu , quoy qu abondamment elle Re on filz l'a 

#oit communiquée par vn ve jy met des fainéts en Leur de la loy 
idoles &autres miniftres de l'Eglife,qui font largement nourriz en céfte ER ovs au; 

gl dis en cefte ville eftoit adoré Ifis, & la monftrueufe idole de Serapis [ nes LA + 
Lau norée par les Egyptiens, y eftoit feruy le diable fouz le nom de lui, de leurs fubice 
! ‘Mereure;Hercule,& Diane :à prefent Dieu eft adoré, feruy , & how Senent de laque 
en fes fain@ts les glorieux Martyrs qui ont porté le fain@t Euangile PA | DS gré 

en cftans les tutelaires, & latref-chafte & bien-heureule pucelle Ga de chiffoy sh 
… @eneuicfue,leur feruant de Patroner& en fomme, fi on regarde Paris QE, choiGe à co 
toutes parts,on ne voit rien foubz le Ciel de plus corrompu, ne fi f ich noblele. 
& religieux en toute la terre.Ie laiffe à partauec quelles ceremonies RE, efutfous les R c 


peuple pourfuit la folennité des fain@z, quete font les eftatz drefler 
Sasnét: à pre. chacun meflier,les Priuileges & flatuz de Chacun des ordres, le droit 
Sent Patrons maiftrifes, la police des viliteurs,la feuerité gardée en chafcun eflat,f 
de Paris, qu'on y contemple ceux qui fuyuent les lettres,ou qui gaignent leur 
| ‘au vale, ou en quclque art mecanique. Je laiffe à part tout cecy, elper 
-entoucher quelqueautrefois pl” à mon loifir, & qu'aufli maintenant: 

fommes appellez à plus grand chofe, | 


communs M 

jus ae + Le 
mé de paris a rien 
hbiuga Ja plufps 
afouuerain, &. 
cobeï't en tout 
fans iufte raifon: 
noaule , & auan 
htenans, ouefts 
ces pour.la gouuc 
du Confcil,au 
ielté duRoy 0h 


+ ENT 1.1 a UE: .w ee FEU Ho 
DE LE Ÿ ROPE,, : 18 


| éisnation de Lepolice eo fopin:defairsides Parifens. : chapss | 
ue O VS auons ailleur dit (.ce.me femble )-que:ta- Cowwle 
CASA PA soit que le royaume de Fréce foit.erigéen Moner- faire du ge- 
RUES chic, fieft-ce que lesautres fortes deiurifdiétion, 8e #77 par 
RAS gouuernemét n en font point forclofes entant que les #/: 87 Fr4,. 
LES communautez des villes , & l'affuiettiffemenr des e- 4 
NEA (tatz font comme la figure de l'eftec populaire, & l'af- 
| lemblée de paris y a toufiours feruy de la: puiffance 
ls Grecs ont nommée Ariftocratie, & que nous pouubsdire gouuer- 
pc des plus fages. Et iaçoit que Paris, qui eff la plus belle,riche, puif- 
s, grande, &fameufe qu'on fçache guere en toute l'Europe fi'à el- 
Roy quiluy commande , & auquel elle obeït comme dir'eft cy 
we: mais auec. ce elle iouïft d'vne telle liberté ‘que ie penfe 
EU cloic feule en fa puiffance ; ellene pourrait mieux commander Zes »9ps pour 
fa luiers : aufli le tout bien regardé le Roy eftant l'ame du public, gwe comanÿ- 
paenu en ce corps vniuerfelil compatift auec ce qui luyeft don- quens aux 4 
regir , & communique partie de fa puiffance aux membres inferi-'#res lewr puif 
ne ce corps. quiluy. eft affuietty pour en prendre latuition & def fance. 
sOrdutemps que le premier Roy Ifraëlite fut efleu, quefquepuif: 
efouueraine que ce nom royal luy aportaît, fi eft-ce qu'encore voit 
L lilfe foumet à la volonté generale, lors qu'ayant faitl'ordonnancé ; Des DAT 
kufne fon filz l'ayant tranfgreflée , & luy voulant executer feucremét 
hueur de la Loy für fon enfant propre;le peuplefoppofa a {a fentence 
les Roys qui font naturelz(tel que nous l’auons } n'ayment rien tant: 
ii liberté du peuple qui leur obeït, & prénent bien plaifir que la 
tu de leurs fubiets {e:môftre ea l’adminiftratié mefine des ivftice, au 
bement de laquelle il femble fe les affocier; dinfi que iadis à ome; 1cs 
ide leur bô gré foutfroyét que le peuple eut voix: & les Empéreurs 
isñechiffoyent fous la volonté du Senat du corps duquel aufñi ilz e: 
ot choifis ; comme detous: temps ils ont efléefleuz en France du . 
dela nobleffe. Et pour ce que nous auôs parlédenome, & du téps 
efur fous les Roys, & lorsque les Con(ulz, Tribuns, Diétateurs, & 
Wcommuns Magiltrats y commandoyent , & quand les Empereurs s 
ndirent, & fouuerains,& redoubtez, ilnousfanitvoirfinoftre gran. Le Rev Jeunes. 
xé de paris.a rien de femblable à celle dame detoutes nations, qui ia- rain Magi- 
hbiuga la pluf:part du monde lorshabitable . Enpremierlieu donc ffrat en Fran 
sa fouucrain, &-feul. Migiftrat , auquel & elle & tout le refte dé la'ce, 
ccobeït en toute humilité,comme à celuy qui n’a point leglaiue’en ? 
fins iufte raifon:aufsi à vray parler, quelque-mefnagemét qu'il y aytGuwle rene 
ncaule ,. &e auans les romains, &: depuis leurs conqueftes les Fran- fiwrs gowère" 
htenans, ou eftans encorefloignez d'elle, fiy auoitiltoufiours des née per es 
ces pour la gouuerner, ce que ie vousay.notéés douze feigneurs gé- Pritees. 
xdu Confeil,aufquelz ont fuccedé les douzepairs de France. Apres 
éduRoy,on voit cvlle fain@e,admirable, & feuere affembiée de 


Va 
L 


UE LIVR ECTR'O!LS FEM E | 
Puiffance de tant de Senateurs , qui fouz lenom de Parlement fontles aff 
La Court de Roy ,ingentdiffinisiiemenedetousaffsiressené lurikiiéti Ç 
Parlement, ces & l'eigneurs, voire fouz la fentence defquelz mefme la maiefé; 
| fe foumet, & humitie;8e luÿ eflargift telle autorité, quels couitef: 
ui donne ame aux loix, & ordonnances des Roys, & limite perf 

Écaiontes bornés detelz editz . Cen'oftpoinriey queles Rayssb 

1. delleur grandeur & fouueraineté ; ains eflieur douceur '&iuftk 
quoytélecourt fappofeà la volôté du roy: finetrouveilriende 

usis pourtelleoppolitié-& fe plaift en celleinregrité de foy-mefmas 
apparditen l'eme de ceuxquile repreférétile:pe veux m'amuferày 
efplucherau longla ares magnificence, grandeur, & pounoirs 

Sénat, me fuffifanc-de direaux.cftangers qui ont leu lhifoire, &G 

Leys Hutine- que &iRomaine, quel Areopage d'Athenes,:6cSenatR'omain n'ont 


fablit levar- eu de plus; foit en doétrine, iñtegrité, iuftice; equité, & courtoifief sté nc peur 
lement per- foin Gonftil dwpremicr, &pluantien Parlement de rence: & dudsd nom d'Bd 
L 4. nousanousparkécy deffus, faifans mention dutemps-que d'ambul faityny auf 
paris l'e1315 qu'il fut les Rcoys l'eftablirét perpetuel:en lagäde,& royale cité de plaitque lcdn 
Chafielet de” Teneferay long difcours de celle politique adminiftratié des Iuge, M; que tout ait 
Parss, . alrernes du Chafcletde-Paris, oufontäicontempler Jesvrays C de voir que f 
… isslisinftituez à Rome, &rcelleancienne rigueur du Sénat Thebain Mudice, &ccftoi 
faut-confeffer que :n'eftoit la furucillance des Magiftratz deceftordmiondesieux | 

Confilat dref Ravis (aroit-pluftoftivrfe boucherie dés bons, quele domicile deve@; les Efcheurms 


 J&:Paris et. veu:{comme i'ay dit) la côfufe multitude du peuple; & la malice dudsquelztdes for 
Pourguey.  asquel nous fommes. Ai Paris vous voyez:encor celle-fiçon de iveerhont leursiue: 

| jadis fans tätenlacer les matieres, ny rédreles procés immortelz & ddurtes,& cana 
uelleonvéeau Confula: ; quieft vnetroupe debourgeois de bonurice y eft lu 
Gintevia;béquel vuidènt ch dernier veflort tous.diffkrens qui font péichans furpallen 
dcbte; ou matchandifodomierchant à autre , entantqu'il n'y a aucun oit iadis à Ro 
entende mieux le fondzd'vnemätiere;que celuy:quiy# efténourr, hr 0 
te fa vie, Ges:Confulzont-cfté crées de noftre temps pour l’efgard i@eavente,&a 
conferuation de l’eftat des marchans , qui féruinoyent en proces n'ayliruiure.bien eft 
Côme lesmae loifir de tés prolôgerieurs maticres;äide faire enquefte für:enquefte Mens en deuoir; 6 
tieres font de- G.qu'é l'accuftumcenfüiuécies folénitezideiuftice, pour bien efpludrenieltoienties 
batues deuit es maticres, L'ordreauecicäl nrocedéteft tel,que 1é premier qui far@ieécylà où à Pur 
Les Confhlz. iournervnautee deuancies Cenfulz y vient'armé de l'obligation?, B:& en tomps{u 
chafcun propofe fon droit de fi propre bouche;le frment-donne aient ie guet; sie 
Jes pans dire verité;le Côful fenquiert du debteur ficelle lt donn ont pa 

eft fienne, & ficelle cfbveritable : filla confeffe fienne;8&ne pent m6tiplel hoftel de : 
. quittance;:ny efcrittefinoighant aucun poyement, ileft condemnéfi 
champ de fournir li fomme dtaquelleileftoblipé, &fans que lésp 
| :.-foyent defbruites ny'auec defpens,ny:efhices pour le ingeimét . Etdi 
Jufqu'o J'e-quelés matidèes crimincite-nefetdébatent poirit denaheces inges:; 4 
fendils purf-.n'ontilsautroiiurifdiiô que du feulemprifbinemetdeiteluy quid 
Jance des Gin-iufqu'à fin depaycs & loquetauffitoft 4 condénéils enudyent coffrer 
Hz néfatisfait url'hieure-carilne fy fault prefenter pour y:chiquat 
chcisher.descfchaptoires ill befoing d'y parler ouucrtement;f 
JoUR 


dev 1u03.2h4d 


"BA L'EVROPE:. 
s\'effait à Ja para 


rrfe 


Ci 
uelque médant: 
Dico m'y môftree 8e plus diligét, & curieux à en faire les recerches au 
aténepeux firepourie prelent.Ceuxquiontb2ntifé nos Efche- 
ju som d'Ediles , mot otédesanciens Romains, n'ontny-du Cegmi qf de 
faityny auffipris 09 gardéàdachofetelle qu'elle fe cüporte: commun,en 
wque ledroit d'Eicheuinageacecy de:cômun auec l'edilitéRo+ dinersentre 
be; quesoutainfi que les Edilesauoyét lacharge des edificés.de là ci- les &/fheuins, 
devoirque par la faulre d'un logis levoyfinage ne fentit rien de @- les Ediles 
udice, &ceftoient furintendansaux baftimens destheatres, à darepre- anciens de 
jondesieux publics: & à donner lieu à chafcun ordréfelanfon.e- Rome. 
vies Efcheuins de Paris auflifont chargei de ce foucy des Edifices, 
squelztdes fortifications dela ville, des lieux publiez , car pourié re- 
hontleursiurez, qui feruentàvifiter,8&c maifons,& Cloaques, & A- 
durces, & canaux, portz, pañlages, rues ; &.cheminspour y remedier $ 
avicey eft furyenu . Mais enccles Efcheuins ioint au Preuoft des 
hens furpalfeut la-dignité des Ediles , qu'ilz.ont.la mefme puiflance 
moit iodis à Rome le Prefoét; ou Commis des viuves(quif'apelle en Commis des 
Paféhus Enmne) veu que c'aftà euxà pourucir.ii bien 8c à Ia poli vinres 4 Ro. 
lavente,&:al'abondance pourla cité qu'il ne manque rien pourlà me Pr.fétus 
jture,bieneft vray;qu'icy & leChaftclet,& l'hofel de ville font cô _£nnne. 
res en deuoir,& fault qu'y furucilient auec pareillediligence. ARo- 
genieltoienties Edilgs aufquelz lacharge de la garde delazité eftois ile 
à où à Périsicefontles Efcheuins; ou ceuxde téuricorps qui de dut 
& en temps{u hé portent Les cicfz des portes dela ville, :font ; & 
fent le guet sicnndnitæarnifon , Be corps degardeaux portes 8 qui Z/heuins 
etdonnontpatfeport à ceux:qui ortentdeleurville. En cecyie cô+ font les Tri- 
lel'hoitelde ville porter vrie marque confulairs, &rcelle qu'auoitie buns Cofulas | 
ulRomain és fai(onsiies plus troublées ; lors qu'on leur encharger rer, &7-.ems- 
1 2 pt re res Tiribinsi 
alor briéi at a Parisjhe:poutefiréimicui ds où 8 
fat qu'dlsdtguité des qi mien Ra dits be crajr Prewoff de P4 
mile Foppolereu:Bendt pour Jefipporsdesporitzs alufi quepou- réebgfgme 
mé liurel derous ceux quife fonremplopezd'klonire les goftesRo rl de bé per 
mveuiqu'i Pauistailpitoy enpbipe qu'ayentlePreuoitdePariicôme lie, 
É k | » { DCS : W. _ 4 


2 la € ? as Æ et : Ps ER PTT 
beiuoehe ds Ho Ëfoiganne  26 02 21 ii nous ul 32 b 


| LIVRE TROTSIESME 


. tuerneur de la policegenesale tér en la ville, düefinagés &ini : 
Rcblle, fieitice np l'hoftede ville ef celuy quidoit Pari n ds É ntatr 
métcedeuoiraux fiés éideifetoi neride leur filus;8foppo erÀ | 
Talehés de ray net ta tee péofhericé Si ie div Ou nie m'en 


aux hifhoires ancié es dés le téps à paris fut honoré du droit d'Efche penis 

ge,& du parloüer'aux Baurgeois,qu'à preféton nôme le Bureau, &o Lae Coltoinr 

: _… déiourft de fa iurifdi@6-co ertié, cognoiffance de caules, rêtes;rey nord P 
Hardiefe de : droitéshonneurs;nobleffes, prerogatiues;franchifés, & anciés priui EE du ane! 


AT Lil: Maisiplus me raporte-ie à.ée qu'é ont veu noz yeux; qui fonttef moine. tialité, tant 
tai al la diigéce, 8 deuoit des officiers de ville faianatefte aux f editieux M sparda di 
nant Les trou fous pretexté de ne Gay quelle prétendue reformation ; la puiffice M à Cinq 

bles me de ja"court eftoit comme bridéc parla:tyrannie des re elles ; 8 M de la vilie.d 
7 Mefieurside parlement ne pouuoyent continuer à punir: les delinng Exfige Police, 
ce fus lars dif-ie,queces Tribuns; & patrôs dela té Mona la den chafcü c 

… & du Roy,du Senat,de leur ville, & par confequentde toute la Franc, fi firz Ceux 

: 11. mefembiedefia que i'oy ces gafte-papiers;quine f£achés rié &ire qui ins jes R 

. béofenttoutesfois,iene dis reprédre,mais bienc léniér, ceux quien Ms rla porte 

criudt ne courétanres quelque proye fortie des mefmesbuiflons dr bent le moë, & 

defir 8 glout appetit de Fenrichir, ains Le font {quelque pauureté qui ir fürpé 

2 alfaille)de gayeté de cœur, & pour feruir au ublic, departés larg 7 quilé donner 

leur à ceux mefinéquifont efchars, & tropicn ches à les recognoiftre Lronde; & fee 

:. mefemble(dific)quei'ay fesbrouïllôs poëtifeurs, & châtres des cod er durétlan 

des ruës,diré que'is'fais icy la court fans force, & que'accufémelieu QE 1e cefte ai 

Parlemét defaultedecœur:duräs les troubles: A uife calôniateur quid ger)aucr 

que foissaduife de pres ce queie dis, &c.te fouuiéne quel tépsie ter, forme du ba! 


fe; & voy£: que ies loix n'ôt force entre les armes, &.dile feditieux ve un & de 
pede SE le Magiftrat,tu. mecôfefleras aufli.que la Court def 11 bei 


Jemeat(quelque fainte,iufte, conftänte, & courageule, quelle foit fu fi rions des 

dos qu'elle n'ofoitmôftrer les efaita de fa puiflancex:&cin'en veux au jaçoit que c 

:. tefinoins que Mefficurs mefines ; lefquel:1e pofc parmy:le corps de une à eu : 

farmis pour de faiut cômun du païs, & : drelfansle reftedes citoyens ds. b metz 1 

la gelle de leurs côfeilz. Soit dit cecy en pallant, à caufe que ie Kay, peuple; ai 

y a des chatauïileux; quine cherchét d les moyés de crouuer que moy que les Tarqui 

enuicufemét furmes cfcrits,maisieloie Dieu die fois tel,fur Qui mun quié 

went pluftoft vfér d'enuie,4 depitié ou cémiferation. Ieneveux pod see & éco 

prefentiefpluchertout ce qui ft à tôfidereeen l'eflar de ville, ny 0 ie où dire 

enquel temps, & fouz quel Roy lePrauolt des Manchans,, & EG ion doubl 

farévinftituez à Paris, & quels. pi pa lyaeuencefe Police Ge & fur le 

mentregarderons que Rome elt.celle qui à apris à nos bons, & fige Dhs  prcuofté: 

pris difiri+ toyensles moyens de partir lescartiersde la ville, Vous auez peu y Grau prétni 

nées 16: Halycarnalle;& Tite Liueallgguez parmoyiau chepitre de Rome, à à ci nc 
… cartitres, ': Roomule dftribua fa citéen gantiers en chafÇun.crenie les dixeniers QE, 


, LS ;à fairel-s hf 

«1:72: quanteniers8e CenteniersiSde laquelle façon de fireontofe iesEE,, eu ati 

- <tchiauel. uns:vn longtemps, & auantqu'ilsayentelté fübmis we Duc 8 des Romair 

.: : wlhyffoire:: vain Prince:Mais à Flarenceponu aug ant | fe 6 es guet 
= : x ” n is ces.cartiers à Q * 


de Florenns:. L : ; AR 4 . è 4 apl forme ‘ T. 
| Macchiaueloë peurët fe cGpaur cafsmblel où à Paris tout y vade cl: il2 pu 


190 
les. 


Lune Colomnelz; a 
Inflitutso des 
Colonélz, € 


‘Ordre tenu 


s fur Le fait des 


ir Capstamness, 


IX pe 


PTT É 


sat LIVRE TROISIESME | 
de f'odifce du co Vel crie patent br a 


Jo fecond artie)elchet pur fücècffion de pere, ou 


__iln'eft deu au feigneus féodal, dudit fief par Les défcendans eri ligne 


#5 &- 6. 


#8. 9 


€e que libouche,& les mains auec Le ferent de fesuté:la loy fe cône 
té que les premiers poffoifeurs ayent fait le deuoir, fans afiramdrele 
ritiors én ligne dircôte à plus grande recognoillénce. Par cecÿ&ce, 
Penfiten matiere de fieffe Voyent les libertez & grans priuilégez 4 
ceù ceùx qui de tüuttémps fe fontbien portez au gouuernemen:d 
république, veu que les fiefs mefines,& vaffclages monftrent la vile 


difion des vas fe fumer fous a feigneurie bre des autres aqua 
Oo 


lon 14 loy Françoife ils doiuent main forte, compaignie,fecours, & reà 
Meter eftattaint le vaffal de felonnie, fil entreprend côtref 
eig.de fieFou lil vfe de parolles mr fes houneftes enluy parlant. Au 
n'efk-ce pas vrie grand feruitude au noble tenant fon fief d'vnautre, ' 
d’eftre contraint de luy donner vn denombrement de fon bien dans 
iours apres auoir prefenté fon ommage au feign. feodal ? Contempid 
aufi combien de routtemps le droit d'aifnéeffe, à ‘efté refpe&té de to 
nations, veu.que la fainéte efcriture le monfiréau Genefe en l'eftri£ 
Iecob, & Efau, & de Iofeph voulät faire auantager l'vn de fes en foi 


du dress d'aif que l'autre par Iffaël leur grand pere:& la loy Parifienne post: es. "7 : , 


née, 


Paragr. 16. 


$20.cr21. 


Le fil£ aifné porte pour fon droit d'aifnéeffe le principal mano: , ave 
iardin félon 14 doffure ténue en fiefi& fil n’y a point deiardin; vnay 
de terre,ou levol d'vn chapon'tenu en fief au ioingnant de ladite m 
& puis y eftadioufté,que les pere, & mere-decedans, f'ils lailfent deux 
fans féulement, l'aifné aura par precipu vn hoftel tenu en fief tel qu'il 
dra choifir, auec le tiers des fiefz, & heritages tenuz nôblement, lo 
fecond n'aura que l'autretiers pour fon apanage.Si pluficurs enfins;l 
réa toufiours hoftel procipu,tant du cofté maternel,que paternel, &: 
it de la belle moitié de tous les heritages;le refte eRât pour le lot & 
des autres enfans enfemble. Les Parifiens n'ont du tout pratiqué 
Salique, entant au'ilz n'ont point forcloz les filles de l'heritage, ne 
moins la couftume ordonne que nÿayantque filles ejuitéioce den, q 
d'aifnéeffe ny à lieu quelconque, sains partiflent e{Batemtent leur her 
Aüffin'eft pefmis aux femelles d'hetiter en füeceiBon on'hoirie en li 
évllateralle, auec les mafles eu pareil degréraufsi en la ligne collater 
n'eft refpetée aucunement fe droit d'ailhéeife. Au refle qu'on voyeli 

rcffe desanciensen ce qu'ils dônoient auancems: d'ange à ecux qu'il 
moient auoir fé fouEuement nourris, 8 bien inftruits, lors qu'ilz vou 
rem que-celuy quitiét fief ft en asge, f%l cfoit homme; à 20.ans,& ff 

‘Aduinze, quant 4 la foy, &' hômige, &'adminifiration de fief Le laiffep 


RES ficars autres loix fur les réfiniés efz, 8e f'ancaleu?,me contentant que 


rs voye faperfréièlement combien doz atePres fe font ignez d'oftert 


mioyen de prôcez,& querelles entreleurs fucceffeurs . Etne m'amuf 
fürtes Cenfiues, &c droité feigneariaux fur Les fabietz pour cenfiué, 
féignéürie foncicre, tairsÿ'encor les loix des mariages , Les fruitude, 


x 


autres points à côfidérer lesw2, Se couftumes fur Les Heftos vEduét, le 


CR 


: éCharles leg 
téen Paris, & 
feulemét cfba 
lve:: metree 
Nue me 

Emisi 15: #1 $ 

7" encor À 

regrand comp 

de Capets vr: 
fa de la fanmill 

aronne des G 

pour fe prex 


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Péquoy jadis 


NL: Gaule au 


Bu 27 nou 
À Ce] i 
ts ARE ç! 
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prié ha icele fueviphageg gba; piechfoubé 
[dhbois 8 autres chofès câten mot En Radeis ae pour Paris FES 


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R L1DE: L'EYROPES ; : a 191 . 


Led Pad ia A her (Lg 2H ra vncvillesny és fobrds pelice, 


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2) 
#: 


né luy fault antre liure: Pol. Co ensamie. 


Li Economique que id forme du gopuernemét de coftevillespour 
Dent de laquelle on voit encortla fainteté des Bccishaftiques, la ri 


A 
ÿk 


LL 


icré, &crouerée du faint admirable temple dediéent'hpnneur 
prieule vierge merade noftye foigeur,8rét d'autres lieuxautang 
sdedeuotion, que feruis d’vne ‘nfinité d'hommes religieux, aus 
jonsoires 8 dequoy ie me tairaysà coule que Corrozet vo? en à fait 
fez ample defcriprion, & que j'efpere{comme f'ay dit) encore quel- 
autre fois de mieux à loifie defchifrer cefte matiere, ! , | 


hapitre. 33° 


L pitrmefn de Dirishisetintin hadains er: 
_  primileges décolle gere 


cn Vor que&la France & les Roys d'icolle, Naris, & 
ns, ayent de touttemps fait paroiftre le lu- Les lettreront 


ASC à 
# SE Ve fes citoy Dift 
TR tre de leur vertu, fi cft-ce que bien peu la memoire dowwrenr lu 


st 


À Y La pofterité a cité efclairée do tellelumicro ; iufqu'à cefr# Le France 
a TS les lettres, & que aucc le gouuernement politique, la 
DER TE Le et mire fçauoir ont pris alliance: Auffi Char. 
npereur d'Orccidér, fut celuy quile pre L'oniwerfté ’. 


, 
À 
A 


“a nn) TL que au maniement des armes ilz ont conicint &:marié que les arnrei. 


beréd 8 Roy de Frâce,& fut 
: VAT en Price, & à Paris cellefameufs Vaiuerfité; qui fit l'œuure de paris bone. 


grid Monard,a depuis efté fi gréde êc refpectéo ; Gprefque toute lainerce de row. 
eitiété depédoit de fon opini, &à laquelle to" les hômes dofgauoir | 
siétredeuables, pour auoir puifé dequoy onrichir leurs pau Beias 


hé Charles le grd fe foit môltré côme Pere, & introduifèur de PVni. 
ftéen Paris, & que l'efcole luy doiue beaucoup, li eft-ce qu'itne fie 
kfeutemét cfbaucher toutaini_& le charp£tier fait d'vnc piece de bois 
lve: ere enbefoigne pouren tirer quelg beau pure laiffane 
lue! +.e l'honneurid'ÿ donner fin, &accomlifeméttel qu» 
init, :: 2 trresne luy euffenvempelühéteicours de fes deffoinis:Ses oys ur, 
Em encor À. f-ucians plus de Fambition quedu fçauoir, n'en feirent de Cair ess” 
rraod comptes laiflan ceff auantage à la race Gauloife, & Roriffan- lufré Jes | 
de Capets vrays Gauloys, fortis de Paris, (bigneurs für les Parifiens, & lertres. 
fi de la faite trel-chreftiennei qui a profent gounerncleSceperc &c 
qre dre ont& lesuriires au poing &les létrrér air der De Sares 
wpour fe preudloir de fe” »sennemis,& Rire parade aux efirangers dé soyez def- 
déquoy jadis fithenes fevenoitfiglerieuft. Au -refté: ne féut‘pénler /u chap. 28. 


D: Gaule auant cefte fondation fut fins exerciee des lettres , veu que 


D om montré ey deuant, comme Saron Roy dés Celtes füelepre- 
qui ouurit efcole antrelles Gauloys:& comme les Druides,ainifi que 
Chr, mfigecienc M Philofüphieà coux de leur ndric de qué 9 


/ 
t 


RL LIVREIPROTSIÈEME … | 

hifteirèsnôus fotic ay que Marfcillé a.eftéefcolé{ffameut quels ; 
De PEfdle +: nains y. prairie Ên Saut visquà Athenes ou Rhôdés ps 
de. Marfaille.:; aprendrétestettresMais'tmepl?les pipnits fefontouuets, & 4j oié 
va Strabôi4 & religionÿ ont pris de fondement, auflilesLetures y.ont eftéles mie 
receuës:& en Aueltépsçaeltéque leplusecltewmjuerfité fut author] 
ileft féfon délécéfiderdr. No” n'ay£s peu auoirnyrecouurer l'oripin 


‘a re de laprémieréinftituti6 fairé de cefte MD At duRedeur 
Philippe Æu po dés niatiôsifi eft-ce quaflezayfément nous remarou 


ghess és qieceltdelôg tépsquel'vniuerfité eft eftablie, veu que le roy:Phil 
: day qui adon- Auügüfte farnômédiéu donné par lettres. dônées l'an 1200.fair allez yo 
nédebeaux  autorifantlesiminunitezdes efcoliers,de quel tépsilz tenoien: leur: 
priuileges 4 uileges,veu mefmemét:d Iedié& Roy ameine les patentes de fcn feu ps 
Puninerfité  Louys,quiauoit (en faueur des efcoliers) fait quelques ordonnauces : 
de Pari. jceluy Louys eftabliffant loy, fait cognoiftre que dés que la Fräce fut 
repos apres les guerres,entre les maifôs d'Alemaigne,& dé Gaule,& 


| Rsbert rer ho: Les Normäds furent fuietz à fa courône,les Capetzténés le Royaume 


me de grades notäment le roy Koberthôme dote & debônaire, que ce fut aufl |Q 
lettres, que Paris fe:: ?* AMonaïchie en ce qui eft des lettres, veu que deChar 
we! degrädonn'a. cas, finonl'inflitution premiere,non que ie pélequ 
ten nayeauf bié as lettres de privilege deluy que des autres roys, m 
ne te \quél'iñiure dutemps, & le peu de foing des hômes en ont fair perdre | 
SHB2n.Cérd. originaires.Parainfi laiffans ces fondatiôs auecles donatiôs,licences, 
nal dreffa les berter,priuileges & immunitez dônées tant des Papes que des roys,il 
STATUEZ, de celléte efcole generale de Paris;mere de toutes les autres, no? nous côt 
l'unsmerfité, terons pour cefte (ys de toucher vn peu furla creatiô du R eéteur, fu 
Len de grace ut qu'elle fat ordënéepar le Cardinal du tiltre de faite Cecille, Legat 
1279... France fouz Pape Nicolas troifieme du nom en l'an de noftre Seigne 
mille deux cens feptänte neuf, & regnant fur lesFrapcois Philippe, file 

Statuts du Le: bon roy fanét Louysid’autant que ce füt lors que fut faite la premiere 
SL“! Sym0 für reformatiô de l'vniuerfité de Paris par l'autorité du [nt fiege de Ron 
is d# Or voicy côme ce Cardinal en ordône:Le recteur fra par Cy apres ef 
recteur. 
Picardie, Normandie, & Alemaigne) iureront folennellement deuant 


nations d'eflire vn autre Reéteur que celuy qui l'eft,& tel qu'en çonl( 


_enocilz eftimeront ydoiné,fuffifant & prouffitable tant à la charge, q 
. pour tout le corps de lvniuerfité;fansque amitié,ny haine, faueur,n 
tre paffion les e{meuue à choifir vn pluftoft qu'vn aufre, Celuy qui 
cfleupar ces quatré,ou les {fois y confentañs;emportera la dignité 10 
ne f'accordans. ces quatre où trots duélsnepo Recteur precedent 


wely ne 
Li eurs 
du Kcéteur, 


. ra apellé pour recucillirles voix;lefquetles ne pouuans faccorderferd 
…éhcor n0mmez quatre elcéteurs. de chacune nation (elon le choix dé 
. quélz,& la plus grand Voix l'emportans le ReGeur fera nommé, & ion 
de fon räc durant le trimeftre prefix à cefte dignité l'efleétion de Jaqu 
le.fe.fait tous les trois mois, c'eft à fçauoir à Noël,à noftre Dame de M 
aux fk(tes de fainé} Tean Baptifle,& de fainét Denys, 4 
Qrsnclofhron les Elséteurs dans vh dertais lieu, d'obilz ne peunenf 


t 


» 


en celte maniere:Les quatre procureurs des natiôs (à fçauoir de rrand 


isiommer le 
ÿ à " que demé 
permis à B 
ler Hüinin 
Wdefendu à le 
pr: ne pouua 
bre, fans que p 
hilque à Par 
Micine, & des: 
iirte Recteur 
plogiens ; Dec 
hrlont treftor 
hoivoye auec | 
htémps quatre C 
fre Dame de Pa: 
harcrées deuant 
déne lirencie 
ben fil n’eft dig 
tenl'eftude: fur 
hcultez, lequel 
jd'yne bulle du 
né approuuätce 
kfnnocét fixief 
déPäris , &du 
ires faites aux efc 
dun des voitres 
bus foit loifible;| 
nedigne de puni 
tpardéc: defsndi 
pour debte cftä 
decrets legitimes 
pes par ville, & ri 
teux qui trou 
De quel:mefna 
hi e(tibly:que nt 
Doéteurs, &- rec. 
fultes  queltu 
el Vaigerfité d 
Thcologie he fai 
we parlent: point: 
le ce qureftid 
riales faintes.sle 
voit d Paris fan: 
taduertir les 


Hi qui legisimees 


Lf DE L'E VER OPE., : . 194 


Lans que demeure à brufler, vne énandelle de cirede poids certain, 
brpermisà Bedeau, ny autre d'aller vers les dedans Do leur re- 


Wefendu 4 les:eleéteurs mangent nÿ:boiuent au lieu où fe fait l'ele-. 
M: Y ne pouuans faccorder, c'eft aux maiftres és arts d'eb y enuoÿyer 


bidne, & des Artz, & neantmoins la feule faculté des artz eft celle 
initie Rééteur de fon corps, lequel toutesfois a puiffance. & fur È 


bologiens ; Decretiftes, & Mederins auf bien que fur les maïftres 6z 
hrælont treftoutz tenùz de luy fre honneur &reuereuce, Et a 


PO oivoye auec quelle maiefté cefte republique eftmanice. il y a de 
S émps quatre Chancéliers, deux pourles Bacheliers, le Chancelier 


re Dame de Paris , & celuÿ de fainte Geneuisfue, lefquelz fault que 


hdsne licencier aucun foi Theologien , Canonifte.. Mediçin ou: . 


d'vnebulle du Pape Gregôire: onziefme du nom. comme foufcri- 


CS Er innocét fixielme ,rouchantles, priuilegesdonrez à l’elcolegene- creme l'a 
SUR paris | & duquel für cepropos telles font les paroles parlant des 26 


yes faites aux efcoliers: S'il aduiér qu'ouiniurie, ouemprilanneà tort 
deun des voftres fi ôn ne ceffe apres l'admonition, de voustourméter 
bus foit loifible; fi: bô vo femble de ceffer voz leçôs. Et fil y.efcheoit 


trardéc: deféndant que deformais.vnefcolier.ne puifle elte emprifo- 
pour debte NE Mb les conflitutions, ss faints Canon, 
lecrets legitimes. Le Pape deffend encor aux cfcoliers de n'aller augc 
pes par ville, & ne veut à l'vniuerfité préne la caufe & defencegn main 
beux qui troubléc le repos du publicauec leurs ports d'armes, & rible. 
Dequelmefnage.orivie aux leçons elt veuien 68 qu'il cft faigneule- 


ft {ai 
elblyque nül litre fara leu fans premieremétauair,efté vifité par 
Dodteurs, 8 receu parles Conciles,, & Apres qu'on enaura refranché 
âultes % queltune y,ep-cfpitfurfemés. El de Fanisons ordonnaq- 
kel Vniuerfité de Pris iles mailtres, & efcoliers ftudians en. la Fain- 


% 


ue parlent. point la langue vulgaire du peuple, feulement difputent en 
x hunquidhdaliperamten | fins prophaner aucc leurs queftions 
has faiotsssleuant lepeupts. ladis,on 0! Fe fi vn efcoliés 
rit À Paris faasitefher,l'Evelque & quelch ra io) e 
lens du deffontlesmettaus se fqueftre ; .iufqu &çant qu'ils.en eut 

itaduertir les parèns,duftrefpañé,. affin que riga ne für defraudé à 


n + à 
Qu 
st 


Le 


bsionmerle chef des efcoliers,&c fault iquel'elation fe vuide.dans’ ti 


fil n’eft digne decel honneur, & capable pour auoir fait fon de-: | 


hedigne de punition;, que.ce foiràl'Euefque.que le cognoiflence en 


| 2 pa ao er l'office s voire y eft cfbroite : : 


purcrées deuant l'Euefqueau Chapitre Bpifcopal, &odil'doiuétiu : + 


t 
At + 


397e 


Des, fans que plus ces'premiers puiffent rien pretendre:en l'eleion. : : :: 
iilque à Paris y a quatre facultez d Kauoir de Theologie,decretz, : : 


r 


jen l'eftude: fur quoy ils doiuët ffenquerir des maiftres , & Do@eurs Gregoire 
bculrez,lefquelz leur en diront la verité en leur confcience. Cecy cft feoiten Aus. 


1) 
Léapprouuâtce que auoyent fait fes predeceffeurs, Vrbain ququi Le. 12 RE 


À 4 ton 


1 


cologie hefaffetionnent trop à aparoiftre gr philofophes,que 14 


RER VS ne dde VIE ÿ 
RS a k 19 


D  " | LIVRRMOSIE M 
Cafe roehhot fenctidlitous scdensiParis ÉA v'avoitattaine 
She a tan re tefpace de firans PE Mon 
per le Cards--ge yet ds bit rares voudrai] re doit bn; 
-.#al Legas l'E aie SOU d'attune fe Les ivre d'AviBoge: de Phys 
. degrace D1440hÿ fique GAS ae tar je mere 

| déregnede val SECRET smoritOelie L'N'eitôicloifible de ba 
Per 14,$ stées my réfsotiaese actes des maiftres fixes n'efloit eo ” 
farde rep af ponu ie y tra be pate 
# pue 313 Ep oies cond nr phasaux pannes 
| pe Wedhiehsrqhe le potion detoutie tompoan'ilsdemenrétior fu 
P'ébrétepokiennftndebhiéfeceé is dohätion dd pré auf! clercs;la a 
Afatiôn d'verle pat lès Papes, Éroÿs vepnamsidurant lesempelchen 
Æividinfaité de Ravutseant for los facu ultez ; que desfimples efcolie 
"RPjuUS Féniontal grand prouffreide l' niwerliré 6e repos de la ville 
"kéient af léfermen) 8 fotme de ceqüe iuréht & promet 
Ces faturs f-péuirat vebRent alsoir-ctréo ei da On Ge pr tm Etprems 
rent fasts laniiepeilsptoveftent de garder tes priu flaouts,/imumnitez, libe 
ve 1337 &d:oitsde l'rmiubrfité,eti quelqueefl ou grandeur qu'ilz particag 
177 ‘Bque au reReils né reublerSt point los foér 
a, 3: tv furent d'vférde bônne &layale by enl'eleéti6:du recteur: & à ceux 
ere en Le se nes Theme do opt males 
-itie Le A - donné, p rage Fair pe romettie ny au chuneclierçnyà fan commis 
RUN e 5. À Fraises jtm, ou quotque autres deuoir que ce foit:Q 
We degré a Honneur qu'il2 2 parues il ‘hofèra jamais qu'ils ne 
‘tent honneur, & rétiorence au Kefteur,& à tourle corps del Vni 
‘Lesprocureurs rentleur foy à bien & deticment:exercer l'of 


Promefe de: 


Precureu CHrS eux d on: n épour 
des natsns, | sus pa 


ee idees lig 


tous enspoffiblési Ro latffe jes.ferméëts des receueurs 
a rs ; oteux quiéxamirent és déterminan 


‘üez aux art, n uxthacun ënfanation, & moins m’ ge 


L'unruerfté Br pre 


le détoutel er 
uen Fbitsen ne En 


de Frause, 


Porez d' suois donné letilpre: 


del'Vinmerfité, Faur| 


Fénanion delaquelleilsfont pour fuiuans ceux quil 


url confe 
bhiFrance, 8 n 
bpeauuais: cc 
sbicen force; 
habequien l'ar 
érchoc fuperfl 
guotrenômée, 
elaccompaign 
deleurdenré 
té & l'excelléc 
biretemps au g: 
bhcité de Paris, 
metuelle memo 
jasslettres,a aug 
hniez du thefor 


Ales nations, qui 


kifciplines : A1 
nd grand amy di 
bre, & la debonr 
ares predecefle: 
pale, & paternel! 


bir,au milieu de 


ifent auoir dequ 
nlpar le moye 
ss l'art d'orätoir 
uant puifer grat 
lie l'apelle le r 
ieft de parfait en 
de voir paris p 


urvie en delices, 


itpeuuentilz à 
le Reeur eft ce 
Docteurs, Licen 
Vacations, {cie 


Aentant Ja grauité 


puiflance que éz 


Rdetoute forte d 


lbeur, & lôgue 
ats, & pour |’ 


ten hazard:aufli 


done im » TEÇ 
shonnorabl 
Eloy nombre 


Lplus grande & 4 


encore deduire 


te par le Card 


: DE. L'E VROP E.. Vo 186 
b sourla conforiation de laquelle font commis les principaux prelatz 
bi France, 8 nommément vn des Pairs,à {çauoir le Comte, & Euefque 
Lpeuuaiss & qu'au c'eft d'elle que fortent ceux qui font viure l'eftat 
Hicen force;lequel fans les lettres feniroit à neant, & periroit.comme 
Wbequien l'ardeur de l'efté eft fans humeur quelcôque.. Il me femble- | 
gchole lupetflue de racompter le droit dure&teur en celle foire du LE Ze Refteur 
nntrenomée; lequel fault qu'en face l’éuuerture, & fans l'autorité du- ouvre Le Les 
nlaccompaigné de fes fuppoftz:il n'eft loifible aux marchans de mettre dit. 
de leur denrée en vente:quoy me cefte puiffance monître, & l’anti- 
mé & l'excelléce des droits/& deuoirs de l'efcole de Paris.Laquelle de 
ketemps au grand honneur de noz roystrefchreftiens,bié, & proufit 
phcité de Parissauancement de tous pauures eftudiants,feu de bonne& /#fitutis des 
péruelle memoire Fräçois :.dy nom roy inuincible & reftaurateur des leéfeurs roy- 
neslettres,a augmétée de douze lecteurs publics, & lifans gratuitement awx par Fr. 
bniez du thefor royal, & monfträs tout fçauoir,& toutes langues,atou- foys premier 
Élesnations,qui fe retirent à Paris pour y aprendre les bonnes fciences, dé nom, 
ifciplines ; A la charité de Françoys a aydé la iberalité de Henry fe- 
pd grand amy des fçauans, & renouuelleur de l’ancienne difcipline mi - 
bre, & la debonnaireté de Charles neufefme continuant, voire furpaf- 
grfes predeceffeurs,en ce que d'vne main liberalle & affeétiô vrayemét 
pale, & paternelle,il cherift les fçauans les nourrit & entretient, & préd 
bifrau milieu de tant de troubles, que & fes fubiets, &les eftrangers 
ifent auoir dequoy raffafier, & contéter leursefprits en ce Royaume, 
inf,par le moyen de noz bons roys,le Grec, l'Hebrieu, les Mathemati- 
l'art d'orâtoire, & philoiophie nous eftans familiers, & chacun en 
ant puifer gratuitement, & ce en la grand cité de Paris,ne faut feftô- 
fie l'apelle le miracle de l'vniuers, & la nourrice & mere de tout ce 
jeft de parfait entre les hômés de fçauoir.Etie prie ceux qui ontl'heur 
de voir paris plus pour y faireaprétiffage de vertu, quepour y paffer 
wie en delices,qu'ils me gient quel plus grand, & gracieux contente- 
mtpeuuentilz auoir, que lors qu'ils voyent celle affemblée venerable 
le Redeur eft comme vn Prince aflis parmy la troupeinfinie.de tant 
Docteurs, Licentiez, Bacheliers, & hommes doétes de tous ordres, e- 
svacations,fciences, & doétrines,aflifté de fa garde, non armée, mais 
oMentant la grauité d'vn.Senat Venitien, & où le feul clin d'œil aautant 
puifance que éz maifons royales le grand efcadron des hommes char- 
a detoute forte d'armes. Quel plus gréd falaire peut auoir l'homme de 
hbeur, & Lôguc fatigue que l'honneur? puis que c’ell luy qui nourrift 
arts, & pour l'acquelt & gaing duquel l'homme ne craint de mettre {a 
emhazardsaufli ceux quiayant eftudié deuëément, & donné preuue de 
diligence , reçoiuent pour falaire que chacun Les vait mis au ranc des Cefut du re- 
names honnorables, parmy les premiers de tout te monde, & en la face gne Charles. 
ninfny nombre de peuple, & enla ville où toutes nations abordent, 7.e> fume 
bplus grande & fameufe que cognoilfe guers naître Burope.lepour- ?rme N5:0° 
pencore deduire les ftatuts de la nouuelle reformarié de noltreVniuer Les cingisicf 
faite par le Cardinal d'Eftouteuille en l'an de grace1482.& ceciter les me. 
2 C ce 


LIVRE TROISIESME 


articles d'icelle,mais le témps me preffantiie gar deray ce difcouts pon, 4 


ne feconde edition;,où i’efpere recueillir plus au long; & l'eftat del vill 
&e les droitstant dés citoyens que de l'efcolé, & remarquer les ho 
doétes aufquelz nous fommes redeuables, & pour lamemoire de leu, y 


tu, & grände erudition les marques de laquelle paroiffent encor éslis, 


que nous auons d'eux, & qui nous aprennent à cognoiftre que Paris 
peut eftre furmontée de rien qui foit fous le Ciel , ny imitée que ce 
mefme. Et voila quant à Paris feruât de craïon pour dreffer quelque: 
e tableau mieux adapté de couleurs, & fi bien ombragé que les plus ]g 
ches,ou iniques iuges de la painture, filz ne font du tout peruertis y tra 
ueront dequoy contenter leur calomnieufe enuie, auec laquellelesr 
difans pourfuiuent mes efcritz,fans que ie penfe les offencer,fi ce n'ef 
leur donnant dequoy fe contenter,& me foumettant au iugement des 


ges & modeftes,lefquels me feront vn grand bié,plaifir, 8 faueur, fil 1e 


peu dediligé Ÿ 


ce des biftors- 
ens François 


far l'origine É 


des peuples. 


plaift de me monftrer mes faultes, fans defcrier en fecret mes efcritz,g 
accufer peut eftre trop immoderément de vanité, & ignorance : mis 
fontignorätsie les excu fe,apellant neätmoins de leur fentence, n'enve 
croire que les fçauants, & telz qui foient cogneus autant par leur erudi 
que ces enuieux par leur mefdire. 


Des Bourguignns,mæurs,@> façons anciennes d'iceux, leur erigine,cenquees a 
Foie en ee eff-ce qu'ils conquirent les Gaules, a | 
Chapitre 34e 


Oz annaliftes feftans contentez iadis de feulement 
SE compter la narration toute nuë d'vne hiftoire,&le 
SAS (cours des chofes comme elles fe font pafTées,ont 
CORIS laiffé comme caché fouz le tombeau obfcur de l'o 

So ance, l'origine des plus braues , genereufes & illu 
49 nations de laterre. Et qu'il oit ainfi , ie vous pri 
( | voir lequel qu'il vous plaira de noz hiftoriens F 
oys , & d'y remarquer leur diligence, & lors vous cognoiftrez q 
vous ont aflez gazouillé de la venue d'vne,ou sûtre nation en laterre( 
loife, & n'y ont point oubliéle temps , mais-de pafler outre, & efplud 
de quel païs ces eftranges font fortis,quelle a efté leur fource qui lesi 
citez à diuaguer ainfi , les plus experts n'y ont prefque donnéaucune 
tainte.V'eu que Aymon moine de faint Germain des prez, diligentau 
fte en l’hiftoire parlant du païs Bourguignon , en dit ces mots pourtc 
refolution, vne partie de la Gaule Lyonnoife, pour auoir efté occupée 
les Bourguignons,retinft aufli le nom de Bourgoigne: & parlant des 
mands, voicy tout ce qu’il SL ape 846. la nation Normande 
ruant für la Gaule, vint iufqu'à Paris, gaftant tout & faccigea le mondl 
de faint Germain lez Paris:il parle bien de celte courfe Normande: 
iltaift qui eftoit ce peuple , d’où il venoit, & de quelle terre il auoit 
origine: êr d'autres voulans faire des fufhifans fe font tellement embro 
lez que lors qu'ilz fe peafent auoir fait quelque grand chofe, ils font 


F 
&p 
ln 


djinez de la ve 
Lionnent plus 
Hderciflement 
hier rien en d 
kence que cha: 
re, finon de to 
home fouuenti 


Commeainfi fc 
ntiadis veuës a 
poire del'Empi 
jance,& que ot 
miers fur la dec! 
ons & Françoys: 


ons n'eft incon: 


mis il2 fe font ac 
fu fouz loy; 8e la 
sprefque de pa 
ous Gault repren 
sicy fe font arre 
sequi leur deu 
gains pour y tr 
Ls Wandales e 
hionaux que les 
dediuerfes apeli 
qu'il en parle 
tefté defcouuer 
er,que l’opinic 
kr & eftendue qu 
Ory a-ilcinq fo 
us fouz le nor 
itau texte dud 
le Wandales, les 
pays, entät que | 
que les preced 
brres: les autres 
baftirent des vi 
le Bourguigno 
ri Rouet mefi 
De celte origine < 
hique:mais Pro 
tanfi:Les Wan 
lez de faim, fe ri 
Françoys (car 
dr, le KRhi ; 
HR LEE 


Ex DE L'EVROPE. ee à 194 
jimez de la verité que iamais, & fi en lieu de contenter le teéteur, ilz 
Ldonnent plus de trauail, & fafcherie, C'eft pourquoy ie trauaille tant 
Hderciflement des matieres, & me peine à fcillecer les bons liures,pour 
shifer rien en doubte, ou qui ne foit à tout le moins difcouru auec telle 
Bence que chacun pourra parler par raifon, & de fon pays, & de fes an- 
te finon de tous,aumoins d’vne bonne partie, à caufe que les anciens 
sance fouuent j'ay propofé)fe font plus arreftez au bien faire, queie- 
jeleurs vertuz,prouëlles,nobleffe, & antiquité. 
Écommeainfi foit, donc, que en mefine faifon prefque les Gaules fe 
ntiadis veuês affaillies de plufieurs, & diuerfes nations qui enuioyent 
noire de l'Empire de Rome, & tafchoiét de l'abatre pour eftablir leur 
fince, & que on fçache que les plus braues qui les ont vfurpées, &les Lwelles ne- 
niers fur la declination de la force Romaine, ç’ont efté les Bourgui- frons ent en- 
ns & Françoys:ayant parlé de l'origine,courfes, couqueftes, & heur #h lc 
Bras,n'eft inconuenient d'vfer de pareil deuoir aux autres, entant que le apres les 
wis ilz fe font acharnez les vns fur les autres, & en fin faccordants ont Remains. 
Kufouz loy, & langage femblable, recognoiffantz mefmes Princes, & 
sprefque de pareilles mœurs & façons de faire.Pour à quoy fätisfaire 
bus fault reprendre l'hiftoire vn peu de iplus hault que ceux qui iuf. 
sicy fe font arreftez fur le milieu , & ont commencé leur el par le 
ptqui leur deuoit feruir defin, & eft befoing d'aller vifiter les païs 
pins pour y trouuer les femences du Bourguignon. 
s Wandales eftans aufi bien fortis de Scandinauie, & pays plus Sep- 
pes les Gothsfurent iadis diuifez en diuerfes bandes, & apel. 
dediuerfes apelfations, lefquelz neantmoins Pline dit eftre Gerrains Pline /r. 40 
qu'il en parle en cefle forte : Car la Germanie plufieurs années apres ch. 14. 
elté defcouuerte;quoy qué non du tout,nous donne licence de cé- : 
Wrer,que l'opinion des Grecz eft fortefloignée, & differente de la 15- 
pr & eftendue qu'Agrippe donne à cefte Prouince. 
Ory a-ilcinq fortes de Germains:les Wandiles partie defquelz font 
nus fouz le nom de Bourguignôs;les Warins, & Guttones,ê ce qui 
fuit au texte dudit Pline.Entre ces Wandiles, que communément on 
le Wandales,les vns furent hommez telz, à caufe qu'on les chaffa de 
pays,entät que les Goths&e plus forts, & plus nobles, illuftres & puif- Lbmé 
que les precedentz les contraignirent de vuider , & habiter nouuel-?# ns k 
brres: les autres fe fafchans d'ainfi courir, & changer de gifte de iour à apelle 8 Boy 
k baftirent des villes, & bourgades, & pour laquelle occafon ilz furée 887, 
le Bourguignons, comme ceux qui fe fafchoient d’ainfi courir, & re- Borgeos, x à 
ri fouuent mefnage. | 10 R cha $: Table 
d'Europe. Te 


De cefte origine Scandinauienne fait mention fornandez en fonliure: 4 
thique:mais Procopie laperas Wandales elt d'opinion contraire, Fr #:5e. 


tehañt le long des paluz Méotides; fe fentans de le pi 
| alige 


tainf:Les Wandiles 
de faim! fe rüerent fur lés Gerrnaïins, & ceuxque à prefent on a- W# 
eFrnçoys (ear çefke nation feftoit pour lors arreftée en la Franco- 
ai leRhin,apellérentà leur'alliance & foci té les Gothz & 
n'" iii à ee JUNNFaUT Hi SEE rer norte RE Ua 


Ccc i 


LIVRE TROISIESME 
-Orcepeupleayantlaifté fon pays farreftale long de la merBahs 

LewWifule trelesifi ue WI ule, & Albe jt font à cefte heure les Prouinces 4 
f'apelleores Pomeranie,Meclaburg,& Pruflie,mais les Bourguignons,gens Plus pai 
Dautz..9. “bles, &caymans le repos,comme ceux quiauoient acouftumé de viure 
nd 2- ojalement & par les villages & bourgadesfeftendirét entre les deux fe 
riffhene a pre yes de Wiftule,& Borifthene,où elt maintenant compris le Royaume 
[ent Néper, Poloigne. Ces pauures Bourguignons furent prefque tous defconfin, 
Ole petit ruinez par les Gepides leurs parens conduits par Faftide leur roy, quif 
Both. taquantauif aux Gochs les fafcha grandement , mais en fin Les Lombs 
Po Lorna ryinerentlarace des Gepides . Si les fufdits Bourguignons fe font ian 
dex, en hi- pourmenez.par la Sarmatie, ie m'en raporte à ces vers de Sidonieà 
foire. Gothi- ran lors que il dit: 

que. 1 
Bowrguignons 
en Poloigne. 
Sidonie Æ- 
polinasre 2. 
Panegyrique 

à Masoriahe 


Æu pol s'ithenien ou l'ourfe va naifant 
S'ows tes aigles f'efmeut le Baflernenus[ant, 
Le Sueue,&s Pannonien,le Neure,Chune,c Gcthe, 
Le Dace,e- fier Alan, le Rugien fiere befle 
Le vuefi,c Bourguignon, P cite, | pren 
Le Baffalte,@- Procufle,le Procufle,le Got 
Le S'armatefrilleux, le puslfans M ja 
Aton Aigle eff fuiet, fous laquelle defpite, 

Combat tout le Caucafé,ey- les flots Soythiens 

Du T'anays glacé font les efclaues tiesss. 
: Le Bourguign6 donc forty que fut de Scythie,il paffa, comme dit 


rater 
. aupres du 
Rhin. 
ALmmian 
Marcellin 
liur e. 18. 


fen vint pres le Rhin , où à prefent eft le Marquifat de Bade, & lab 
marche du Palatin du Rhin que Ammian Marcellin appelle la religié 
pellatie,lors qu'il en parleen cefte forte: Apres qu’on euft bruflé la cl 
re des maifons fans force,deffait & maffacré vne grand multitude d'he 
mes, &. qu'6 en eut veu vne partiemis & tailiez en pieces, les autres qui 


doient les mains-& fuplioiét qu’6 les prift àmercy,on vint à la region 


mée Capellatie,où Palas,où les bornes diuifoiét les finages d'être les 


mans &-Bourguignons, & ce fut là que le cäp de Cefar futaflis, Ce Ce 


éftoit l'Apoftat, lequel(commeauons dit ailleurs)fut proclamé Emp 

Gaule;& falué pour tel à Paris, & lequel courut fusaux Alemans vou 

_… “enuahirles Prouinces. Romaines, entre le{quelz eftoiët les Bourguigr 

à \ uiapellez à la focieté,& amitié des Empereurs eftans trompez par 10 
| Æmmian À Nu auf bien. que le refte des eftrangers,ainli queon peu 
Marcellin lr. ‘cueillir du mefme auteur fus allegué,lors qu'il dit : Valentinian difco 
28. valétinié plufieurs chofes en fon efprit,fe voyoitangoiffé diuerfement, confide 
armé les Biur &zvegardant les diuers fuccezaduenuz,& péfant par quelz moyens, & 
signons con- {es,il romproit, & abatroit l'orgucil,& des Alemans, & du Roy M: 
tre les Allez lefquelz-ne cefloient en forte quelconque de troubler l’eftat, & repo 
mans ccy. l'Empire. Car cefte füurieufe nation eftoit eftiméeauoir efté libre, & 
aduint l'an. fentir déz lecommencementaucun-effort d'autruy, bien que naiffant: 
377. eut efté affligée de diuers affaultz de fortune. Eh fin l'Empereur li 


L 


enla Sarmatie d'Europe,puisentra en la Germanie vers l'Ocean, & de 


LA 


Le ceft aduis, 
us, Contre | € 
Anerrier, &C er 
: efto ye 
ouuent fec 
s plus fidelles di 
pps certain ils fe 
n, & paffant le 
clarmée Rom: 
sde la gaillardife 
Bourguignous 
lettres du Princ 
nntoient que d 
les Romains:d 
prà caufe des fal 
fequ'ils enuoy: 
ire, & laquelle 
qu'au Rhin, l'En 
wsdefon camp, 
pps apres, Voyant 
jt point venu au : 
ktde leur fourni: 
nt des meffagers 
nretourner à le 
ardônaft fur la q 
squecauteleufer 
tquelque tromp 
mains. Les Roys 
nie & mefpris,F. 
isqu'ilsauoyenct 
usroys eftoyent 
smaleurs ce pe 
treceu quelque D 
mences & fruits 
joouftame d’ateri 
meurs de leur pr 
eurs Bourguigno 
Diet à incommo d 
hoitaux Princes, 
basauec. l'Alem: 
ccy fait Foy ce 
e nOns:F 


1 aflez de 1 
4 kg is 


perent terre pOur 


litoire Rom i 


41 


Leceft aduis, & deliberation, qu'il ferait bon d'irriter es Bourgui- 
ms, contre} efdita Alemans , fçachant que c’eftoit vn peuple vaillant 
rrier, &c 4e nombre duquel eftoit infiny en multitude, & par mefme 
ne qui efto yent craints,& redoutez de tous leurs voifins. Ainfi ils ef- 
Guuent ecretement à leurs Roys,faydant de Ja diligence des h6. 

plus fidelles de fa fuite , & qui tiaffent {on affaire fecret , àfin qu'à 

am certain ils fe rualfent fur l'Alemant, auec promeffe de leur tenir la 

 &palfant le rhin de fe venir mettre à la face, & au deuant d'iceux 2° 4e allié. 
«l'armée Romaine lors qu'ils feroyent eftonnez de l'appareil, & for- ‘€ -lmmien 
ndela gaillardife ren Eonne . Il y euft deux raifons qui inciterent n'en c/pluche 
Bourguignous de condefcendre de bon cœur à cecy , & de receuoir ”’*#: 

letres du Prince Romain : la premiere entant que les Bourguignons Pourquey le 
mntoient que dés long tempsils eftoyent {ortis de mefme race & fang 20#rgwignen 
els Romains:d'auantagg, qu'ils auoyent debat, & querelle auec l’Aje en ven it à 
ptà caufe des falines, & des limices, & finages de leur Prouince:qui fut -#lemanr. 
fequ'ils enuoyerent vne belle armée d'hommes vaillans,& choifis à 
Wire, & laquelle donna vn grand eftônement aux noftres eftant venuë 

qu'au Rhin, l'Emp.eftant affez empefché a dreffer l'equipage, & muni. A#/€ de vale 
msdefon camp, & n'ayant encor affemblé toutes fes bandes . Peu-de ‘44 powr af- 
ppsapres, voyant que Valétinian ne leur tenoit point premeffe, & n'e- Foiblir les var 
irpoint venu au iour promis, cognoiffans encor qu'on ne faifoit aucü °#"€#. 

ade leur fournir ce qui eftoit contenu en leur capitulatié:ilz enuoye- 
nt des meffagers aux peuples voifins qu'on leur fournift viures pour 
retourner à leurpaïs , à l'Empereur fecours à fin que l'ennemy ne 
ardônaft fur la queuë lors qu'ils fe retireroyétenleurterre. Mais vo- 

que cauteleufemét on leur denioit ce deuoir,et que delayät on baftif 

tquelque tromperie , ils-partirent de là irritez au pofible contre les 

mains. Les Roys Ronruigness » comme fe fentäs piquez de telle mo- Ress Jeurgus- 
nie & mefpris,Faygriflans dela forbe, feirent occir cruellement les ca gnôs iadis 4- 
iqu'ilsauoyent, & fe retirereut en leurs terres. Ur le nom general de »ms fort peu 
wsnoys eftoyent Hendins,& felon l'ancienne ordonnance du pays de de puiffance. 
psmaieurs ce peuple depofe fes Roys, & les priue de leur éutorité Fils 

teceu quelque perteen bataille, ou fi laterre n'a point porté aflez de sinifles sadis 
mences & fruits pour leur nourriture, tout ainfi que les Égyptiens ont nômez, les 
ouftome d'attribuer ces defaulx à ceux qui font commis pour gou- fownerarns [a 
meurs de leur prouince. Orle plus grand d'entre les preftres & facrifi crsficatenrs 
eurs Bourguignons fappelloit Sinifbe, lequel eftoit perpetuel , & non des Bourgwi- 
bierà incommo dité ou peril quelcôque d'eftre chaflé ainfi qu’il en ad- gnens. 
noitaux Princes, voila ce que Ammian dit des querelles des Bourgui- Mamerti Pa 
wsauec l’Alemant,& commeils farrefterent pres la riuiere du Rhin. negiriffe des 

ccy fait foy ce que Mamertin recite , lors qu'il racompte qu'eftans Borgwignôs. 
Dogg en pres ruinez &.du tout deffaits parles Gotbs ; fe Eurrope hiff. 
iyans chaflez de leur terre fe ruerent fur les Alemäs, & en defpit qu’ils Ro.l.12.e# 4e 


tulfent ; mais non fans gräd effufion de fang, ilz prindrent païs, & oc- vie de rales- 
perent terre pour f'ÿ arrefter.Oÿ6s encor ce que Paul diacre en recite tinsépremier : | 
l'iftoire Romaine: Valentinign donc(dir-il) deffeit & accabla fur Les ee 


Ccc iij 


LIVRÉ TROISIEME 


sourguignens Timites François(car tes François fe tenoÿét lors en Alemaigne les Gang 
nounedux en- péuple foy tenant le long de l'O cean, & parmy les paluz defuoyables 
nemys pour LA mer terrible à caufe de fa force, agilité, & adreffe, fort dan éreux voifs 
l'Empire, pour les limites de l'Empire Romain, & qui fapreftoit de faire vn pe | 
rauage für les terres impériales auec vne grande & furieufe armée Et is 
fortilt en lumiere vh nouueau nom d'ennemys des Bourguignons e4 
à fçanoir,lefquels vindrent farrefter le long du Rhin auec vne armée 
plus de quatre vingts mille combatans. Ceux cy iadis,lors que Drufe g 
Tybere enfans adoptifs d'Augufte Cefar ; mirent la Germanie {ou2 l'a 
beïffance de l'Empire, feftans affemblez par efcadrons & cartiers,acera 
rent en vn grand peuple: & prindrent nom de leur façon , & maniereq 
baftir, entant qu'ilz appélloyent leurs villages baftis fort frequensen di 
uers lieux, Bourgades, & eftoit leur force, & puiffante, & dangereufe, 
que les Gaules peuuent tefmoigner pour le iourd'huy , ou ils fe tiennen 
comme poffeffeurs pretenduz de la Prouince:& lefquelz peu detemp 
apres receurent la foy Chreftienne. De là on peut recueillir que du té 
de Valentinian r. decenomles Bourguignôs fe tindrét le long du Rh 
voifins des Alemans, d'où auant , & mettäs des vaifleaux fur ladi@te riuie 
- reilz pañferent en caule, & gafterent,& depopulerent tout les païs Belg 
Sidoni: # que, à quoy accordätie bon Euefque d’Auuergne Apollinaire ditaink 
Auite, Le Belge il deliura;ér-l'ofta de la main 
£t liens du Bourguignon farouche; © inhumain. 
Luitprand L. 
3chapim 8 d'ou ilz difent qu'ila pris 6 origine, mais LuitprädThicino + 
autre & fort diuers aduis, donnant vneautre caufe, & raifon. nos 
Cf Hugues lors qu'il introduit Alberic haranguät côtre Hugues Tyran d'Italie: Se 
doit Comte il dit que les Efclaues des Romains , à fçauoir les Bourguignons, foyét 
d'Arles @* auancez,que d'auoir commandement für les Romains, f'il eft ainfi qu'il 
Fait Roy d'tts dôné far la iouë a fon beâu filz,tel que ie füuis,eftät encore nouueau ho 
liel'ä de gra en ce païs, qüe péfez vous qu'il fera en voftre endroit, fi vne fois il a pri 
ce 926.Blnd pied, & feft enuieilly en force parmy vous:Ignorez vous quelle eft la cé 
2.de l'inclina uoitife,orgueil, & ärrogäce-du Bourguignô?Si vo? ne le fçauez, regarde 
50 de l'Emp, je vous prie l'ethimologie du vocable, & fource de leurnom.Ils furétig 
pellez Bourguignés pour l'occafñô qui fenfüit:car côme les Romains|é 
* euffent vaincus, & afluiettis, & en euflent menez plufieurs en feruagell 
leur ordônerét de fe tenir, & bafir leurs maifôs hors les villes defquell 
ils furet puis apres chaffez par les Romains à caufe de leur fuperbe,&re 
bellion:& d’autät qu'ils nômét en leur lägue Bourg, vn lieu, & circuitd 
maifons n6 enuirôné , n’y ceint de muraille, pource qu'ilz furét expulfé 
dé leurs Bourgs,on leur dôna le nom de Bourguignôs. Mäis quät àm 


ie les apelle bourguignés,ou pluftoft Gurguliôs, foit 4 ie côfidere qu'a 


* - énflezd'orgueil, f'epliffét le gofier; & parlans gros ténäs propos à quel 
AJ mal ou pluftoft ; Côme la chofe elt auffi pl” veritable, d'autät qu'ils ft gout 
resnter— 8: gourmäds & fadonnét par trop'au'plaifir, & chatotillemét du gofs 
-Pretatinde 1] füffit,ce me féble,de ce qu'auGs dit & des courfes premieres, & del'à 
veable,  gincdécepeuple, &:de la caufe de f6 nom, toutesfois aude que del'inn 


Vous voyez comme les anciens ontinterpreté le nom Bourg ‘no 


jureen Gaule, 
vie, & quelz a 
ule:Nousaué 
bg couftu.au 
lides Tartares o 
LGoths, Allds 4 
hcôme dit ef : 
dremétiônez, & 
pre.ues AÎläs dû 
Bjortes de peup 
pmeaux, & bour 
Lduerfité deno 
pgnoiftre: Ec 
bair de leur b: 
d'aller à cheua 
militaire. 11z « 
mur qui tiroiét v 
béchargeoiét f 
fqu'ilz eftoiét 
mmét Et tout ai 
hble,ceux-cy ne 
qu'il voyoiét 
foi entr'eux efti 
blequét ilz iugeo 
it de fa belle mo 
hignoroïét à c'el 
Le, & illuftre {= 
eftoiét pris 
plufieurs grâde 
nerales, & côm 
nôs font dre 
queau Solon en 
jouuellé à fonne 
uenté, defiré,t 
,& efcouté, & t 
ions foient g: 
ble & polie, fi ct 
in, Voyezi 
else 
bars, gourma 
ignoient les ch 
ene bien banqr 
x ou Oignons, 
irs perfonnes, cà 
E propres & {o 
jausiens Bourg: 


DE L'EVROPE. 196 
jureen aule,il eft raifon de môftrer quelles eftoiét ces mœurs& façôs 
vie, & quelzaufli furent iadis ceux defquelz ilz enuahirét les terres en 
ale:Nousauës fouuêt parlé des Scythes, & de lagräd’ varieté de leurs 
pré couftu.au viure,mais {616 14 fentéce des'pl anciés, fi ce n’eft dpar- 
ludes Tartares ou Hôgres,no*en auôs fpecifié les manieres:mais touchés 
LGoths, Alläs & Wädales efpluchés les premiers, lesautres, parmy lef- 
bcôme dit eft fuyuät l'opiniô de Pline) font les Bourguignôs, reftét à | 
dremétiônez,&defquels l'auois differé Le recit iufqu'à leur lieu & place C‘2 47 da- 
pre.ues All&s dôc, defquelz le nom l'eftédoit iadis für plufieurs,& diuer mes 
Ljortes de peuple, quoy à fuflét feparez les vns des autres, & partis par M l 
peaux, & bourgades affez efloi es & fe su d'éfemble,&ayäs gré 31e 
Lduerlité denoms, fi eft-ce à la fimilitude des mœurs les faifoit tous en | 
pgnoiftre: Entät 4 to®,à la Façô des autres Scythes viuoiét plus de lait 
hair de leur beftail à de chofe quelcôque, ayäs la ieuneffe 'accouftu- 
d'aller à cheual, 8e tous bôs guerriers & fâges en ce qui eft de l’exer- 
jemilitaire. Llz eftoiét de belle ftature , ayäs ts cheueux aflez blôds,les. 
pur qui tiroiét vn peu fur le farouche, & legers à la courfe,à caufe qu'ils 
fechargeoiét point par trop d'armes, femblables prefque aux Huns, 
fqu'ilz eftoiét pl’ acoftables, & gracieux, & fe maintenoy ét plus pro= 
rét, Et tout ainfi q les hômes qui font paifibles aymét vn rèpos dele 
ble,ceux-cy ne prenoiét plaifir qu'à la guerre,& ne fe delectoient que à 
qu'il voyoiét de grands perilz les accouftumer autrauail: auffi celuy .Ælaus, was 
boit entr’eux eftimé biéheureux lequel finoit fes iours en batailles, & par dales e>-2our 
blequét ilz iugeoiét l'hôme poltrô,& de vil efprit,qui vicilliffant mou wi 
it de fa belle mort en fa maifon & la chargeoiét d'iniures, 8 po a D 
bignoroiét à c'eftoit que de feruitude,côme eftäs fortis to’ d'vne gene- 
fé, & illuftre fsméce:: & les iuges qu'ilz choififloient pour faire droit à inget 
hci eftoiét pris d'étre ceux qu par 16g vfage auoiét acquis l’experiéce iadi elleux; 
plufieurs grâdes chofes au fait militaire. Or font toutes fes conditions envve Les se- 
nerales, & cômunes à tous les peuples Scythiés,mais celles des Bour- prerimaur. 
jmôs font dreffées mieux psr Sidonieapollinaire quand il dit, Tu és vn 
mueau Solon entre les Bourguignôs en difputant de la loy,vn amphiô sidonse, pol 
nouuellé à fonner de la harp, & en accordät les inftrumens tu ésaymé, linasre 4 S'iqu 


quenté,defiré, tu plais à chacü, tu és appellé de to’ & choifi detes voi. grie, lin.s. 


sé efcouté, & tu iuges des affaires de chacun.Et côbien queles Bour. gpif.5. 
ignons foient groffiers & de corps 8 d'efprit, & que leurame foit mal 

ée& polie,fi eit-ce qu'on aprend de toy le langage, & cœur purement L£ Carhwlin 
in, Voyezicy comme Apollinaire painét ce peuple l'apellant grof- panegyrig.des 
x, fimple fans rufe ny malice quelconque : & ailleur il les nomme Mopres. 
rbares, gourmands , & les dit eftre d'vne ftature defmefurée, & qu'ils 

ignoient les cheueux auec du Beurre, & chantoient lors qu'ilz 4- Bourguignens 
inc bien banqueté , les viandes defquelz il defcrit auoir cfté des de route an- 

x ou Oignons, 8 ne fe foucia ns de l'ornement & parure gentille de ciemneré wi= 
rs perfonnes,comme aufli foit que les Gauloys de tout temps ayent enerons € 

LE propres & foigneux de fe tenir honeftement en ordre. Au refte, liboureurs. 
auciens Bourguignons , arreftez que furent en quelque fiege que ce 


js", LIVRE TROISIEME | 
fuftaoyent pour leur oing principal, & eure particuliere l'art is M 


refchal,& Charpentier côme les plus honorables, 8e neecifaires fadond 


au labourage, & cultiuans lesterres, plantans lé vigne, & portans le 1j 
des méilleurs vignerüs & plus experts & diligés lsboureurs qu'on 
pour lors ny és cantes,ny en toure la Germanie, Et refpettoyét teller 


P”: 1... £ H 
o pete de celt ordre, & condition d’hommes,qu'ik n'eftoit permis à sutre qu'a 


L'art molitas- 

ricufture les detinit ainfi employez, fi efbcequ'ilsne mefpriGyétle 
M Em choififfoyent les plus fort z.robuftes, & gaillards d'est lai 
neffe chäpeftre pour aller à la guerre:à laquelle ils portoient pourfes 
Bonrgui- urir, fuyant l'ancienne façon des Barba-es de Scyt ie, des cuirs non 

nés sidoni, "NY Couroyez des beftes qu'ils occioyent: l'arc eftoit leur exercice 
g FAT € ave fagettés qu'ils oignoyent de certaine herbe venimeufe;ainfi qu'ip 
marre 


mairdes. AN6S- 


ênes des 


toyent vn ferpent fe trainant & entortillé en plufieurs entortillemens 


qui ténoit la gueule entré-ouuerre corume preft à deuorer quelqued 
& le paignoyent fürleurs targues,roncaches,& Pauoys. Auoyentenll 
dé couftume de porter en guerre,& pour figne en leur enfeignes vnd@ 


Goths or a4- 


Ca es Septent.4 k à ; & 
re rieul,rourainfi queles Cimbres vn Toreau, Les Bo 48 vo Lyon, 


si dit que venir en Gaule, & les Gepides vn nauire. Quant 
és faûs faillir qu'ils ont efté Idolatres tout ainfi que le refte des feptem 
naux, & que fuyuët la fuperftiti6 desScythes, Aläs, Wandales, Goth 
Des 
chafez. per 
Les Geths. 


&'prémier conduéteur des armées, ar:quelils facrifroyent iadis les h 
mes fans luy baftir ny temple,chapelle,ny oratoire quelconque.Mi 
te ilz vindrenten la cognoiffance le l’Euangile; il le fault fauoir.E 
Br E Te tenans encor en Alemsigne apres que les Goths les eurent chalfezd 
en pres du fiezue Wiftule,il n'cftoit année du monde qu'ils ne fe veifles 


les Huns. 


a telles angoilles que deffailz craignoyent de veoir laruine dernie 
leur nom, & l'abolition deleur memoire. Et commetous moyem 


failliffent, & entendiffent parler fouuentles Chreftiens, qui leur pré 


L foient le puiffance de Dieu , & les miracles qu'il faifoit , & auoit fait 
Commes Dour la deffeace de fon peuple, pouffez & de crainte, &-de quelques 
Bou Mes Fadrefferét à quelques Eusfques Chreftiés,& lesappellerét pour 
deundrent … Jeux quelmoyëil yauoit pour fe deliurer d'vnerteiisferuitude: C 
: Chrofhens. cy voyans l'occafiô prefenter fe pour faire vn grand feruice à Dieu 
de leurs cachettes & lieux efcartez , car ilz n'olayét fe monftrer;crai 
Ja mort,à caufe des Idolatres mal affectionnez au Chriftianifme, & 
rien craindre commencent à prefcher Lefus Chrift, & dôner cœur 
ple,que fil vouloit laiffer ce faux, & abominable feruice des Idolesy 
embraffer la foy de l'Euangile, que fans nul doubte Dieu teur ai 
& les allégeroit detant de maux que iufqu'à lors ils auoyent foufurt 
les'courfes,, inuafions, & affaults des Huns. Le fimple, & aifé à pif 
Bourguignon touché du doige de Dieu, oyt de bop cœur les pri 
adiol 


boureurs de faire & créer l'eirs Princes & Magifbratz, & jaçoit quehl 


fént en vfent les Caribes és Tades occidétales. En leurs enfeignesil: 


leur religione 
. >. Gepides, ils ont eu vn glaiue pour Dieu, leur reprefentant Mars le gr 


 dsbix, er 


failliz, &traitez fort mal par les Huns, qui en vouloyent a tout le mA 
fans qu'ils portaffent refpelt à nation quelconque, & qui les condui 


peique po: 
Lréfoumet’f 
receuoir le:f: 
e difcourir fi k 
“l'adoration 
coniosnt cel 
roume Subta 
irentbrauc 
mir prefque | 
ie l'enfiryan 
ndte Etaduin 
œuignons:à n( 
Le cs euradin 
& diligence )a 
vricetirmon 
ace, comme a 
x no e des fout 
tue ledit Bonif 
wretezen G: 
fcodofe je ie 


Daunt que pañler 


hetoient ceux 
que ceux y ar 


pafriome Les Ga 


Fr 


Î TMDPE! LEVROPES : :: 199 
ts foy à leurdire;fclaifeïinérüire;& catechifer, prend la do@rine: 
seique pour loy;eprend les faints mifteres de notre eligiô, & ainfi 
LE Léfoumetfon colfuperbe fouslamain du faint Miniftere de Dieu, Æ/##: vain- 
eceuoir le falutaire fauement de fainteté & regeneratian.Que fault ‘4x par les 
sdifcourirfi longuement, aucclc.changemét de l'opinion des Dieux Zowrgignons 
y'adorationd'vnfeul, &tout puiffant createur du Ciel, &.de Ja ter- 
brroiointccluy.de leurinfortune à vn grand heur & fehcité, d’autät Sxrare Rey 
nome SubrareR oy Hun, & oncle d'Attile vintleurfaireguerre, ils ##r oncle 
firencbrauement, &cfuttelle 8 f. remarquable laviétoire qu'iln'y 4.4ftibe. 
vri prefque Hunquine pañaftfouziletréchant de l'efpée Bourgui- 
x l'enfiyans ceux quipeurent fe fauuer , d’vne telle & fi perilleufe 
pate Etaduiat ecfte grande wittoire,& le temps de la conuerfion des 
euignonsà nofbre fo y,non duxemps de pas va des Theodofes,ainfi Faute de' Pa 
fpreParadin(duquelenautre choie de celte hiftoire ieloüe le fça- «din en [on 
kr diligence)ains tenant l'Empire d'Oriét Arcadie ; &ren Occident Pifosre de 
ieeltitmonarque, fc fcantfur La chaire faint Pierre Anaftale; 8 nô Bourgoipne. 
Mce.comme aufli met le fufdit Paradin, fans dire le quantiefmeil ft En quel rèps 
oobre des fouuerains Euefques de L'Eghfce vniuerfclle, comme ainli les Bourguig. 
Duc ledit Boniface.s. foait à Rome l'an 422. les Bourguignons eftans vindrent en 
wretezen Gaule , commeteux quiyarriucrentfouz Annocent, 1. Gas. 
fheodofe je ieune tenant l'Empire d’Orientien d'ande grace. 417 
Bunt que paffer outre en leur hiftoire fautveoir au.chapitre fuÿyuant 
les betoient ceux qui habitoiér ie oaïs,où à prefent.efl la Bourgoignea- 
Les AN QUE Ceux CY arriuaffent en Gaule, & cômeilz les en depofiederent. 


L afrient les Gaulsys tenans le pays « prefent Jurguiqnon: La comgquefte d'iceluy, 
L  desbix, er quelx, Princes yentcommandé ausnt quelRoy de 
Franceen fur lefomerais.  : Chap. 35: 


LA 4 nn 47 : ES ‘Alemans (ain que racompte le Panegi- | 
L SN = , 55 "4 tifke Mamertin)fafchez que Le Bouegui80Ëe Mamertin 
4 F1 En ‘les riaffont fi longuement priuez, & bannis de Pavegiriffe, 

OP RON ‘icursmaifons confpirans enfemble &leurli- 

en EN: "1 rborté,)& le recouurement de leurs terres) ne 
" 1 : sr: failkrent d'efe@uer la chofe tout ainfi qu'ilz 
| À | l'auciéscomplotée, qui fut caufe que les-oc- 
cüipæeutsvoyésauscquelie fu:icles dechaf- 

} lez ieur doûnoient deflus ne fcirent trop le 4 
4 retifà quicer la place, & pañlans le Rhin vin- Per Paulé E- 
pen Gaulé, ‘aufné quelles Françoys y donnaffentattainee aucune , & mile lis.r. de 
nfetenans encor en Francüiiéalyant pour Duc;ë& chef Pharamond, l'hiff.Fran- 
ile poctoit eheor le titré @e-Roy;gins tu furidonné Zurisae feant ge. 
pas la dé race quatre cers viigéoù ie Bourguigaobsefiäyens en Ker47. lin, 
le désle temps deduit cy deffüs: SA Ah M rie 1.des chofés 
be, & éxceHent omme de noftre fiecle, Beat Rhenan bien ferité de la Germa= 
letres, & ornement de la Germanie, qui en parle — fon: Ten mie. 


JS, : LIVRETIR OMSI BSME D 
PEmpire le filz-d’Ancadie nommé Théodôfe leieunéicefürentep M ic 


guignons premierement qui paffans dela Germanie indrent eniah, L: nains Pr 


terres des peuples voifins dé Seine, 8: des Eduens, 80 fe fetirerent}} ne pile diuiN 

"fez des A l'emans qui les chaffoient de la Prouince que qüelques année! È * Nip Thai. 

paräuant ils auoient violemment fur eux occupée; &cdé laquelle: A Hadriänio LA 

| auoient fouuent redemandé la iouïffance-Parlant ainfi les auteurs de LE msrif ma. 

Gauliys ca tranfmigration eh Gaule faut voir. en quelicartier d'icelle ce fu, ve PATTES 
fe de La gran- ous fçauons eh combien de parties iesGaules font diuifées, & vigne, 11 Khodnio 
deur de tule point que tout ainfi que les Gauloys furent ceux qui auec leur En 1 qndulsentif, 
Cefar. vaitlance;cauferent l'eftabliflement de la Monarchie des Cefars RO, 0). 
_ quepér eux auffi fanonchaliffans,lerenom Romain faneantift, & a M ju Prouinos 

Tout le mide faccagement des Gaules, on voit l'Empire ffen aller à veuë d'œil in ons fe fa 
croit fe ‘aufitoutes lesnat:cns eftranges prenoientleur chemin vers le paisG 1à defquels Ce 
aux Géuhis oÿs pour y dreffer eurconqueftes, chafeuneen arrächant quel; fetendoi 
à caufe des chantillon,tant le païs leur plaifoit ; & auoÿer à gré, en occupant de nn des canto! 
Romains, y. bellé Prouincé ; de faire quelque grand defplaifir au: Monarque ceux qui fe 
arréfez,… l'Empire. 7" 0 6 0 tentant que 
‘!: Orauant que nous enquerir plus auant de leftat ancien des Ga ouz les He 
fault fçauoir quelles eftoientles Prouinces fur lefquelles ls Roman fliänce, & c 

Puy Sexte PO UOY ON eommandement, quelz pays leur eftoyentalliez , & ceux qu les ont depu 
-_ pée à valenti aympyent & careffoyent d'auantage. Les Prouincesiadis fubiettes à | ons du temps « 
sian Emp.  pieRoinain font ainfi comptées par ceux qui iadis en faifoit Les dendi m'amuferoy: 
Nombre des Esetnréhents premiere, & feconde& troifreme Lyonnoife,la Lyonnoi(. favaillance, 
Prouinces  Sens;là premiere Belgique & feconde Belgique ; les Alpes maritime M. G liberté cc 
Gauhifes fa Alpes Penines & Grecques.La premiere , & feconde Aquitaine, la NE conquift aue 
settes sadis à populane;la premiere & feconde Narbonnoife, & la grand region ds; ie vous renu 
l'Empire R- quanois:lefquelles toutes eftoient gouuernées par trente gouuerneu fiffèntbien 
main. prefidents, car autant en auoyentles Empereur Orientaulx és ptidi.etous tes Lo 
Ducz, des Li deçà qu'ilz appelloyent Occidentales.Or les lieutenants generauxau venu fi à (on: 
mites chan  fépt Prefidenz fous leuriurifdiétion &'puiffance & en chacune prouli Yobeyflänce8c 
gen Prin- Y AUOÏtVN Colonnel commandant fur les Legions Romaines, lequel? enons aux 1 


ci berediras toufiours en garnifon fur les frontieres,& portoit le nomfde Duc du 
res depuis. te comme celuy qui efloit Duc furles Sequanois eftoit nommé Duc 
Hmite Sequanien, & celuy:du Rhofne;chef du premier, ou fecondii 
du Rhofne . Les liures des hifloriéns:parlans de cecy ; donnent enc 
H6z aux anciens, qui ontefté fi curieux, & diligens obferuateurs de l' 
quité que d'en auoir: laïiflé grauée Ja memoire és marbres, & Bronze 
Maifin de autres chofes durables:comme l’ôen peut 1yre vne au Chafteau de 
Z'ournon ane NON, portant marque de telle antiquité quele lieu , & la familfele m 
cvenne go» il- ftrentaffes, pour eftre des plus illuftresde ce Royaume, & des prem 
bre. foit ne pan ancienneté que pas vne des Gaules:& où les mai 
- syantlaifféla memoire de leurs geftes, ont laiflé des enfans qui n'on 
, :* tien forligné de la generofité qu'ils leur ont marqué au front, imprin 

! J'ame, & graué en toutes les aétions de leur vie. FAN ape 
: A Tournon donc le long du Rhofne fe voit vn Marbre auec cefts 
+ 


equanois & d 

Empire iuf( qu 
pme lors,ainfi qu 
ique le chante P 
ueiadis Arcadi 
jore les 'annoni 
oufte, Ou comm 
lsterres, où fe 
juilege de foufñf 
Procopie n'en di 
hefne téps/dit-i 
ain & puiffan: 
iette & tributai 
uit les Empers 
wenées d'va cert 


* 


DE LEVROPEX : _ «8 
ji: gmperaters Cafr dis LE ie DONS ME OA ART LE thon dc: drtiel for sr Mérbre ancié 
angndams Papthnes SU iii onu Doiiton ee PeWrTratan 
sue pile dimilNerdei 3 citron on PE ornoil 2: 6ft Duc du 
x arepeté T'raiatéé nfbon: + 15i3er ‘ rs md ga ? PRET 2. Limite du 
joli madrid DÆmgs 15 eine Lion cn ut au0n Rh/nes 
pr Max.Trib. | IH ETES: à ENS Ton ET at 

be pri LITE CN ( IIS : 


DALRI PC 0 ns e à 
ete principis:: (924 
FES RD LA AREA LTD ETES 


frs ET s si. 4 Li à SOIENT #S “£ POUF VAS | : 
cs Prouinces"confiderées, & fçachans que l'hiftoire porte-que les: ha 4 
nignons fe fäifirent du'païs Sequanois,il fault voir quelles gens c'e: Quiefoyens 
| ati pr rt Qui efoyent 
nrdefquels Cefrefcrit.que leur Empirceftoit fort grand en Gaule desSequanoi. 
viléeftendoitiufqu'aux finages de Bafle,qui à prefeateft de la con: -: 
hion des cantons des Suiffés:1à où à parler proprementies Sequanois. : 
dat ceux qui fe:tenoïent ai: païs qu'à prefenron nomme la Franche AU 
préentant que ce qui eft maintenant du Duché de Bourgaigne;eftoit 
wis fouz les Heduens, & Lingoniens,à fçauoir ceux Pr oo 
bi,slliance, & obeïffance des villes capitales d’Autun, & de Langres 
kiles ont depuis efté aufli comprifes fouzle poutoir royal des sour- 
bons du temps que celte Prouincecftait erigéc.en Royaume, 
jm'amuferoy: longuementà vous deduire les mœurs anciénes de ce 
ble favaillance;integrité;foy;loyauté, conftance , & grand cœur de- 
air fa liberté contre latyrannie des voleurs de l'vniuers, mais Cefar . . 
sconquiftauec leurs forcesmefmes, vous en peut faire le récit, & 727 Cefar 
hélie vous renuoyc;feulement vous dis que files Heduens,& Sequa- 75 Comér. 
if fuffentbiementré entenduz &que les Heluetiens euffent euami- liu.r. Gr 2: 
ectous les deux; & queles Gaulesn'euffentefté partialilées, Cefar 
venu #5 à féniaife àbout de fon entreprife, d'afl iettir les Gaules 
Yobeyflance 8cenfeigne de l'aigle Romaine. : 
Reuenons aux Bourguignons puis que ce font eux quife faifirent & 
equanois & des terres des Heduens,& Autunoïis, & qui eftendirent 
rEmpire arte Senonois d'vne part, & la Prouence.d’vne autre, 
pme lors,ainfi que i'ay dit,la Gaule ‘futieioüet detoutes:les nations, 
fque le chante Pacat efcriuant à l'Empereur Theodofe: C'eft(dit-il- 
jueiadis Arcadie fouhaittoit;lequel a perdulesGaules mal fortunées: 
pre les Fannonies, & n'attends que l’extreme ruïne des Gaulois, puis 
ufte, Ou commenceray -ie danc;li ce n'eftà toy Gaule qui entre tou- 
lsterres', où feltoit arreftée ceftepeftete peux à bon droit attribuer se 
luilege de fouffrir cesmiferesÿ, 6. 42 42,0 4 22 
Procopie n’en dit pas moins parlant en cefte forte des Bourguignons: | 
hefins téps/dit-il eftänsruez fufF Empire Roimain;ilz tindrent fouz sidonre .Æ- 
main & puiffance les Rénbnies;fc vne partie-descaulés delà Je Rhof polaire lix 
hiette & tributaire ; Sidenistadir rie cnqüellesangoiffesils:audientepyf.7. 4 ir 
uit les Empereurs, lors qu'itefGrie hinfi à Vincent) y déclairant nr. 
oenées d'vn certain. Aruénde quitrahifant &c rn &.fon Prince, 
D dd ij 


M, 


4 


Pacat à l'Em 
per. F heodo) 
le sune. 
Procopie en la 
guerre Ge thé. 


# 


Une. : LIVRE TROISIESME 
incitoit les Barbares contre les vns,& lesautres,8tvoicy éGmeil 


«pu thep. Valé : 


Les embaffadeurs de la Prouince Gauloife Tonâce,Férreol, The Ma ltiuy Ætie; 

& Petronie hommes & doétes, & bien difans, & lefquelz nous JM ement apre 
vfrsande ‘mettre entré les plus excellens & illuftres de noftre païs, füyuirenr pod guerrier 
traiffre.… yande au nom de tout le peuple pour l’accufer deuant-le Senat à p Raurguignôs le 


res d'VR païs 
gnefpris de l'E 
kloyent les fin 
thguerresles Ve 


Ce Roy Goth portans les charges & informations contre luy dréllées . Ceux.cy en 
cfoit The autres chofes que les eftats du païs leur auoyent enchangé de faire, 
doric. | toyent des lettres füuprifés entre les mains du fecretaire dudit Aruand 

Ces Bretons ]e{quelles fadreffoyent aux roys des Gothz,quéle fufdit fecretaire, n 


dffotent ceux que fut confeffa eftre enuoyées de la part de fon maiftre. Or deftou que l'apelle l° 
dela grand ArüandeteRoy Goth deixpaix âuec l'Emp, Gtéc, luy monftran ie Bourguig 
Zretaigne. … failloicpluftoft fe getter fur les Bretons arreftez le lon ;de‘la riviere Murint;feir paix < 


ben laquelle p 
kHuns, & Att 
hnçois. Le prec 
fe copaignon dd 
be lefuchrift p 
iftique Patrice 
eaux Alpes. Ce 
in, & vint hab 
urterre, Ou pO 
ken faifans qu’ 
vilseuñcnt defr 
auf peu vray- 
2 de la face del: 
taux terres t €! 
icaule , & Etie 
jen fait Foy, qui 
don de contr: 
entiere de la m 
les patentes du | 
auliure des loix 
affemblé les eft: 
les deux bourgc 


:… : .…Loire,.& eftoit befoing de partir les Gaules auec les Bourguignon 

Sedonie li. 3- le droit des gentz . Voyez les Bourguignons en Gaule, & ceux qui, 
epiff.4.4 Fe- uoïent gaignez pour fouftenir leur part y;à fih'qu'oti cognoifle queian 
sx. pris ne fut enuahy par aucun eftranger quelque force-qu'ileuft, fans k 
hifon, & mefchanceté de quelqu'vn des naturélz de la Prouince. Del: 
pouuentement que ces nations donnoient pour lors aux Gaulois, lem 
me Sidonie en parleencor à Felix en ceftemaniere: Gorolas, [uifder 
tion, & Client de voftre excellence, lequel n’eftoit fa fete queie mef 
fe, feroit fort chery de moy, vous porte des lettres dema part, lelquef 

Cefle citée-_ ï'ay efcritefmeu de grand triftéffe : Entant que noftre' cité eftant com 

floit Clermos vn limite & borne du païs voifin , eft grandement effrayée pour vor 
en Auuergne. nations barbares, & eftranges l'suoifiner’, & comme enceindre auec!:d 
armées de toutes parts. Ainfi eftäs pofez au milieu de ces peuples quint 
hayentouportent enuie, comme preftz de leur feruir de proye mil 
Sidoni b.8. ble, fommes foupçonnez par les Bourguignons, & auons iles Goth} 
epift.7. à  quéué; &ne pouvons euiter le courroux des affaillans, ny l'enuie de ct 
Lempridie, Qui nous deffendent . Eten vnautrepaffage defcriuant à Lampridie, 
vers quelqu'vne des nations qui pbur lors couroyent toute l'Europe 
de ces parolles. 11 


0) court vagabemdle Ferule aux pers yeux 
Qui fe tient aux recoings del'Ocanondenx 


VÆyant mefine couleur prefqu'en fin fer vs os bDaufiné, Lyon 
Que celle de La mer part + fonerage: ee Mror, & le Niuer 
Joy le Beurguignen de fépt pred7 de hauteur: sel nes, Par ainfi ay 
Flechifant le genoil demande de bncæur ant que deduir 


knt des eftats 8 
police a iadis v 
cundebauld qu 
Rue Clouis le gr: 
srecueillons qu 
a liure des loix 
Iles, Au nom de 
eur le Roy Gun 


La paix ©: le repes:foux, lamain © purffance 


Deceux o l'offrogethx, prend fre : 


Ainfi ces naticns vnies enfemble affailloyent le pa . où rat 
foientla gloire desanciens Gauloys;iadis l'eftoiheme …_.: tout lelmt 
Aux Bourguignons encor feioignirêtles Nuithôs detquels parle Taci 
& de qui à pris fon nom le païs de Nuithläd, & fe feirét feigneurs dup 
Sequanois, lors à les amys d'Etie & Arbogalte dretferent des embult 


DE L'EVROPE : 


La liuy ætie; que l'Empereur auoit fait mourir igneminieufement te Palenrin 
Lufement apres eu auoirreceu les plus grahds feruices que fvigneur :en fapsllois 
mod guerrier {çauroft faire à fon prince, Ce fut ceft Ætie, qui voyät 7hrgfle. 
Wurguignôs f'efgarer en leurs façôs de faire, & fenorgueillir fe voyäs D'Etee vey 
hesd'vn païs fifertil ; & riche q celuy qu'ils poffedoyét, & qu'au Paul diacre 
pnefpris de l'Empire Romaï ils faifoiét des courfes far le païs voifin L.5. des gefes 
kloyent les finages des citez limitrophes , & alliées de l’Empire leur Raman. : 
biguerresles vainquift, &-prift prifonnier leur Roy Gunditare, c'eft Damafene 
juré l'apelle l'hiftoire de Conitantinople ; comme ainfi foit que les. au /xplemenn: 


urint,feir paix auec luy,& l'affociaà l’alliice & amitié du peuple Ro. 
ben laquelle perfifterent les Bourguïgnonsveu qu'en la bataille cô. Bobr£Highons 
kHuns, & Attile ilz l'y trouuerent pour l'Empire auectes Goths & cor les pis 
çois. Le predeceffeur de cundioquéauoit efté Gande gefel,quifi pos 25 Re= : 
kcôpaignon doré, & fut le premier Chreftien,& apelléa la cognoif- ns, 
ble lefuchrift par la predication:de Domitian Euefquede Gencue, . 
lufique Patrice de T'arétaife, & de Theodole EucfquedeSy6 citté y qui furët 
beaux Alpes. Ce fut fous ce Roy premier baptifé que ce peuple pañla pers Ze 
in,& vint habiter au pays Hedué, & Sequanois chaffantlesnaturels 3,4,0.à Le ‘ 
yrterre, ou pour mieux parler;fe meflans enfemble;& de deux peu- fo. di 
kn'en faifans qu'vn, comme aufli feirent les Françoys depuis:car de di 
Wilsrunicnt defraciné la memoire jufqu'au fonds de Ja race Gauloifes 
ul peu vray-fembJable, comme l'on voit files crecs font dutout 
u de la face de la terre, quoy que le T'ürcayeenuahy leur Prouince. 
taux terres t enuës fous leur iurifdiétion apres qu'ils fe furent faifis 
icaule , & Etie & Valentinian eftans decedez , le Royaume d'Arles 
jen fait Foy, qui efloit du fief , & conqueftes Bourguignonnes, &la 
don de conträd Roy deOrleans & forty d'vn dés enfans dé Cloril ROM 
kritiere de la maifon de bourgoigne:'& le pouuons encore recucillir.d'Arles furet 
le patentes du Roy Gundebauld oncle de la fufdite Clotilde, apo: sedis aux 
aliure des loix par luy eftablies fur fon peuple, faites à Lyon;,ou il'a- Bo#rg. 
ifemblé les eftats, & confeil des Princes de toutes fes térrescellemét 
les deux bourgoigne que nousapellons & Duché, & Franche Com: . 
kDaufiné,Lyonnois, Forefts, Viuarez,& Prouécr;vne partie du sor- Gundebauldt 
où, & le Niuernois cftoyent desapennages des côqueftes sourgui- legiflateur des 
mes, Par ainffi ayans tenu propos des loix dé cepeuple,iefuisd'aduis, zowrgmignons 
ntque deduire les Roys,ny leur durée, & continuation,ny le châ Terres 14dis 
nt des eftats Bourguignons nous monftrions fous quelle ordonnä- fsnertes ati roy 
k police a iadis vefcu ee nation Wandale & Scythique:& puis que de Bowrguig. 
cundebauld qui fut lé lepiflateur, & qui regnoit fur eux du téps mef 
ue Clouis le grand tenoit l'Empire des François , ie fuis d’aduis que prefacedes 
srecueillons quelques At dés patëtes mefmes.qui feruét dé pre: losx de Bour- 
ailiure des loix eftablies fur la Bourgoigne:defquelles telles fôt les gosgne par le 
les, Au nom de Dieu, pour cognoiftre la foy de noftretrefglorieux rs» Gwndeb. 
eur le Roy cundebauld, voicy leliure des vis: » COntenant 
Ddd iij 


pu 1 KO 199 
step. Valétinié, & qu'iceluy fut oécis par vn foidat qui auote d'air. Ce folder us 


js Bourguignonnes le nôment Gundioque, lequel puis apres Etie d'Eutre.ly4 


| 
| 
| 
} 
É 


6 
rs 


LIVRE TROISIEME 4 k 
| es loix:& pales & prefentes, qu'on doitobferuer ésterres defesfe EE, : 
À riés fait le ici auant les Halendes d'Auril,à Lyon:& cey eflantl ir be 
. duit par l'amour, & zelé deiuftice , par laquelle Dieu:.eft appaifé, à IL 


puiffance de ce nionde acquife & entretenuë. : Ayÿans prémieremen] J f : st 
. d'aduis & confeil denoz Comes, & feigneurs à nous fubietz, defirey neo 
faire fi bien que l’equité & incegrité des iugemens aneätiflent & ch: ci A0 hS ; 


Runemde… loingtous falaires ; & corruptions qu'on peutfaire en exerçant La te 
Remasn il, : voulons que les iuges, & magiftrats,aufquelz.cft dônée la charge du ‘qu ° 


À À nr, que ilen 
appalloient les ple,iugent & compofént d'icy en auant de tout diffrent meu entre" à Le els 
weturelz, du Donigriéiok & léromainifelon & füyuantnoz loix, & tellement qi #4 re 
pais.Voez:. n'y aÿtaucun fi hardy qui ofe prendre aucü falaire,prefent,ny reueny MR? fes br 
en La loy Sal efpérot recompence pour le iugemët 455 caufes ab rarit n'en HE ie lon! 

. que tiltre 17. rien des parties,ains boit cont-0c de la feule integritérequileà celuy { te #4 
Perag.2.07. eft appellé tel office Et auons cefte opinion que c'eft de nous que d ans : fon 1 
3.7" tilt.3$. procedeï l'eretion & eftabliffemeét des loix,& couftumes,ne vouläs pie qu , ” 
dulien des... corque noftre fifc reçaiue plus que ce qui eft ordonné parles ancile ee de 
Fracs.Parag. ]oix & ordonnances. Sçachent donétous les iScigneurs ; Comtes, Fe” ue hdd: 
36 4. 4. - feilliers, domeftiques, & officiers de noftre maif ifon,tous Chanceliers: Ok nil 
de mot Ky- citoyens tant Bourguignôs que Normäds,les bailliFz des villes, vil:@ Hahn à 
main dffprif où bourgades,les iuges auflideputez en chacun lieu , & encor tous Mon 
pour les Gays\gédarmes qu'ilz ne recéurôt rié des caufts deduites ouingées, &e ne pi "0 "UT : 
ess, _ Chafferontaucune recôpence des parties : & les iuges ne contraindre" a 
les plaidenrsià côpofer enfemble pour en tirer quelque proffit pour ER Loto À < 
uenir Que f quelcü dés fufnômez iugeiniuftement,& fe laiffe cond» * 101 pri 

| Siquelcun acc 


pre côtre l'ordônance de noz lix,, & qu'il loit côuainçu d'auoir pris 

gét,prix,ny don pour iugemét par luy donné,le crime eftät prouut, ( 
pour feruirà tous d'exémepleil en perdelatefte;fes biens ce pédant 
mourans à fes enfans,& legitimes heritiers, puis que la faulte eft tout 

* preau delinquant:& leiuge eftant Romain que fes biés nous foyen 
filquez: Mais fi le iuge accufé ne.peut eftre côuaincu du crime& qu'il 


bue foit mis en 
en foit puny f 
l'accufateur pa) 
ivn homme frar 
min, ou Barba 


aye preuuc füuffifante, nous voulôs que l’accufateur fouffre peine pars pire nombre 
à celle que le iuge euft fenty eftanr prouué pour corrompu, & iniuft@ fe. qui tu 
fa fentence.Que file iuge Barbare, ou Romain,n'entendant bien no" MP0l6 au pris 


Siva homme rat 
illayt violée, « 
dequoy fatisfais 
ic, affin queil 


dire,ou à faulte de diligence, & fans corruption,f'eft eloigné de no 
Loy en iugeant,queil foit quittepour l'amende: & la caufe par luy 
géc fera reuoquée, & de rechefdecidée pour y faire droit & iuftice, 
w'il n’y aÿt homme, fojtou Baillif Romain, ou Bourguignon,quil 


Poez. Les Bar 


barres qui ap. hardiffe de decider & ordonner de quelque caufe en labfençe du i re dt 
PURE € KT & cependant qu'’ilz eftudient ce prefent liure, afin qu'ilz ne pretend roc arr 
main Bar- Sivnefille d'vn 


3 aucune ignorance fur ce qui appartient à l’ordre de noz loix & ord 6 
jé nances. Or eft tel l'ordre de la police dreflée par le Roy Gondebauldi”""ntement de 
fiftantla premiere loy furles donations. D'autant { dit le Legifladip qui luy peut el 

: que par les loix de noz predecelleurson n'auoit pourueu en rien  me le Roy Bou 
puiffance,ou liberté oétroyéeaux Peres eh cc qui touche les donal rons.il nous pl 

nous y ayons aduifé auec noftreconfeil, & 1e commun confentemen dant fans hoirr 


volonté de Fr » & veulons qu’il foit permis au Pere , auanf qué à te eu 


| TM'DE L'EVROPE,. 
pes, & partages de fon bien à fes enfaas de donner, & auantager le- 
illuy plaira de fes heritiers fur la copmunauté defon bien, & defes De lapuif ce 
ntz, & conqueltz, la terre exceprée , qui a efté acquife fous letiltre de dôner til. 
x, & ancien patrimoine , en laquelle voulons que foit gärdée l'or- 1-P4r4£.1. 
nce de nozpredecefleurs. Si quelcun occift vn homme francde 
Miion de noz Yuiets de quelque natiô qu'il foit,ou vn feruiteur royal Des homici- 
We qu'il foit Barbare , Ou qui'aura tafché temerairement delefaire des Filt.2, 
gr, que illén compofe tout ainfi que fi defia il auoit efpandu le fang. 
Bons neantmoins que fi quelcun fe voyoit affailly ou batu, & pour- 
 & que preffé de iufte-douleuril occie celdÿ qui l’affailloit, ayät fait 
nede fon innocence, qn'il foit quitte en l'amendant aux parentz du 
int felon la qualité dé‘la perfonne . Si vn éfclaue occift vnhomme 
ns le fceu ou confencement de fon feigneur, que le ferffoit liuxé a 
j&que fon mailtre n'en fouffre chofe quelconque: mais Le maiftre y 
facant,que tous deux foyent condemnez À la mort.Neantmoins or- 
Wela loy que lcs parents du deffunét n'auront licence de pourfuyure Des afrachife 
kque celuy qui à commis le crime, car tout ainfi que elle veut que le /émens #11,3. 
Gant foit puny , auffi ne pretend elle fouffrir que l’innocent foit op- Des ftbornats. 
Hny tourmenté, Les efclaues qui ont efté affrächis par la volonte des ens de fêrfs &> 
predeceffeurs , il ordôna que denrouraflét iouiffans du droit de leur des Larcins,rile 
ms. Quiconque {oit Bourguignon, ou Romain fubornera l’efciaue tre 4. 
dtuy,ou aura defrobé le cheual, bœuf, ou vache def6 prochainiqu'il Des accufati- 
bre, & foit prife fur fes biens la valeur de la befte emblée pour pra ons Tilt,7. 
| Siquelcün accufe le ferf,ou fermier d’vn autre,que ledit fermier,ou 
ue foit mis entre les mains duiuge affin que f'il confeffe le crime 
en foit puny felon la griefueté d'iceluy,mais fil eft trouuéinnocent, 
l'iccufateur paye au Seigneur de l'accufé le pris de fon innocence. 
In homme franc eft foupçonné d'aucun forfait, foit-il Bourguignon, 
min, ou Barbare, que pour fe purgeriliureauec fa femme & enfans 
qu'au nombre de ie de Gmaon & famille. L 
L'homme qui tuera vn Efclaue {oit-il Romain,ou Bourguignon,qu'il do 
ompofe au pris de foixante folz, & douze folz pour l'anende. : né 
Sivn homme rauift vne fille, & que elle efchappe de fes mains, auant Line ril.12. 
il'ayt violée, quelerauiffeur paye fix foisle pris delafille , & fil 
dequoy fätisfaire , queon le mette entreles mains des parents de 
ie, affin que ilz difpofent de luy comme bonleur femblera . Mais 
flede fon bon gré fen va versluy & qu'il la cognoile, qu’elle paye 
le Glaire pour fon mariage. 
Sivne fille d’vn romain fe marie à vn Bourguignon , fans la volonté 
bofentement de fes parents,que elle perde auf tout droit defuccef- 
iqui luy peut efchoir de fes parentz . Quant aux fucceflions, voicy \ 
me le Roy Bourguignon en parle:Sur les fuccefsions entre les bour= 
pnons.il nous plaift ; que on f'y gouuzrne en cefte forte . L'homme pe: facefnns 
menant fans hoir mafle de fon corps, que au lieudu:filz la fille fucce- rlr.r4e 
en l'heritage du pere & delamerc , & ceux-cy y manquans , quele 
ntombeaux freres & œurs des deffunez ' 


& 


l LIVRE TROISTÈME 
Nous à pleu éncord'ordonner, que fi la femme #eurt fans enfin 1 
ry ne pourrarien demander des biens qui aperrenoëit à icelle, non 

ue Ja femme,ny aucun de fes varens ne peuuent 2 mt urli 
Æffion du mary, mourant fans auoir eu enfant d'elle.Si vne fille ave 
virginité à Dieu & perfeueré en fa chafteté, fi elle à deux freres, ells 
la troifiefme des biés, & {uccefli6 de fon pere:voire:quéd il y auroit 
fieurs enfans, elle en tirera coufiours fa iufteportiô: & fille n'a qu 

. frere, fi ne ioujra elle pourtant que de fa 3. partie, & encore fous: tell 
dirion qu'elle decedant ce que elle auoit du patrimoine;& vfufruits 

. luy reuiédraä ceux qMfluy fonties plus proches de fang:fäs qu'elle 

Des querele fe rienaliener, védre, ny donner fi ce n’elt ce qu'elle a de la fucceffo 


et debatiT ils. fa mere,ou en meubles & ioyaux,ou ce que elle aura aquis par on  teux- ce 
1ÿe & diligence: en quoy nous les difpéfons d'vfer de leur liberalité & naufeneve: 
toifie. Sivn Bourguigaon frâc de condition efmeut. n oife en la mie notre fig 

d'autruy qu'il l'amende & à celuy à qui eff le logis, & au Prince, MGundioque,l 

c'eft vn efclaue qui a fait la faulte, qu'il en foit recompencé par leds prince Frat 

. ‘ de cenfcoups de fouët, fans que pour cela fon maïftre en encoure déwies pats de 


ge quelconque. Si queleun fuyuant vne befte par trace vient iufqu'ie Bicfinde ft 
Desdelays Bis de celuy à qui eft la befte, l'étrée dudl le maiftre luy denie,qu'v@enier qui paf 


* des proces rit Toit reputé pour larron , lil veut entrer par force:neantmoins vouls M4 Heduens: 
37, la recerche en (oit permife voire iufqu'aux femmes.Toutes les caufonbratfs la rë 
ont efté debatuesentreles Bourguigaons , & ne fontencor finies, duclontrerel 


lefquelz fentence n’y eft interuenuë iufqu’à prefent nous voulons gdiement auoir il 

les foyent abolies , et mifes à neant: Si quelcun recognoit ôu vn fien Mtguere vray-f 

ou ferudre, qu'il les recouure fansautre forme de proces: fil eft acc tuffent ar 

meurtre, qu’il paye l'amende, et que ce pendant toute pour fuite ce(Meen perfuafio 

qu'on ne puiffe luy demander rien d’auange . S'il aduiét que par calBicfuis, & def 

Meurtres … befte occie vn homme ou de la dent , ou enautre forte , pour ofterainlifoit qui 
faits ç> ad- calomnie, nous voulons que la chofe demeure indecif:, entant à cmtitoient de. 
wenns par ac- CR Gait-fortuitement ne doit tourner au preiudice de perfonne . Ne lÉglife.CeR 0 
‘ciensT'il,18 moins f le cheual d'yn de noz fuiets occift le cheual de l'autre,oule@ciuy qui fout 
”_ oule bœufoccift,ou debiliteceluy d'vnautre que l'étier,et fain foi MBlauoifinent,cc 


pour celuy qui a fait le dommage.Que fi queleun gettant ou vn dardpriftd'affaurt la 
ce,ou autre forte d'armes offeniliues fans y penferfrappe,ou occift héirhandifé parle 
ou befte quelcôque que celuy qui tient ies armes foir tenu pour Indie gencr. al de 
fi ce n’eft qu'6 preuue,qu'il auoit pris ces armes en main pour endonit, & leféit a 


ger quelcun et luy porter prejudice.en fa vie. Quiconque auant pi mort dec 

Désengéré- ouyes, et que leiuge ayt prononcé fentence prendra les gages d'ynadécbauldi; Gun 
ments Tik19 (£s luy eftre adiugez,qu'il perde fa caufe et Bi encor côdemné à l'afipere le partir d 
de de douze folz,Si vn homme ayät perdu vncheual,et fe faifiit dv sommeil foit 

tre lerecognoiffant comme fi c’éftoil le fien , et ne le peut prouuer, @tauit-&c fans € 

paye celuy:mefme qu'itaura voulu vfurperaufeigoeurqul en pra@Re Gundebdu 

: ! prier. SiVn hommefe pénféntauoir proces aue c un autre, fait prédr@niplaterent le 

* * ges für luÿ;qu'il l'améde pourchacune chole prife et intuftemét ariel tds ge dé 

€'eftre qu'on à peu recueillir des loixancienries de Bourgoigne,t4" les vns conti 

ftonne ençor comme il eft poflible qu'on aye sut peu secouurer, " Bpordicéhedà 


) 


y} 1% À 4 


TD LE NV-K:OP E.; à, : 


201 


Fos NEy aqué éefieirece royale des ps Mans 
non CAÏSTÉPIAUE, de cu 9 
ww + Asa pe 0 
cave à 
es,elle } M èe 
auroit RU, Premiers : 
Lqu'vr DS Ro Rwre : 
laser ape Ancilid;:40 Flérmerique antaas d'A he RAY des Jak des 
fruité NROBIR: Goths gudxin 
Midiich, hétay al 


denoftrefcigneur 414. & ananeque palfer on Gautoils falugrét pour. 
Gundioque, lequel eftoit file d'Atbanae 8 Blelindeniepce deMaë 
prince Fraçdys, & du teinprqueencor-leldits Françoys senoient, 
wriespaïs de Gueldres, 8Phryke cdmme poar leur demeure, de la+' 


ir le ma 


Jure dû 

ulqu’ de Bicfinde fortift aufli Gondegetil,lequel fut Roy Bourguignon, & P#mièr" Roy: 
ie AN tenier qui paffa le Rhiti,&e Farreftaauec @à fuyteés Mali om depiih a W 
voulé Ms Heducns delaiffées par leicroupes Romaines,& auffite premier, mg: 
 cauinibrafa la réligion Chreftichne come dit eff. A.cefluy fuccoda Guen Gaule. 
nies, due fon trerc lequel quéy que côfelfait Eefichrift fi oft-çeqne aucüs, 

dons gent auoir fuiuy la fuperitition vehimeufe de l'Asrianifine, ce qui 


n fien MNquere vray-femblabléieftant les Bourpuignüs bons Catholiques, & . : 
acc cuffent nétroyé laprincipautéà vn homme qui leur euft elté cons Gandioque : 

ite ceeen perfuafioù, & receuantautre doctrine en la foy A offi les \Alemäs fimé auoir 

par cali fus, & defquelsi ‘ayrpuilécecy.nefontautun somptedel'herelie, fé £rrien.: 

oftereainlioit querles Euciquésquiles arojentinftruits pounellemécen Gregoire de 

ant à ce eftoientdebôhe &fainte vie, & M doctrine defquels, Éviuita.foy, Tours li.2. 

|, Neige. CeRoy fèicdefontempade belles, &grédesconqueltes,cô dhigies 38: 

out Reluy qui fouinift fous fapuiffance,& Lyon; & r9utlepaïs Ésenuirés Conaufes 

in (oit Ml auvitinent,coriquift le Dauphiné, & la Prouenceiufqu'à Marfeilte, du roy Guns: 

n dard ' iftd'affaulelaivillé de Nite propre pour l'apürk &des-viures:& dela dioque. 

ft héhandif parlé moyen de latarine:Ce Fur contre cEflui-cy-que far: Erre vain- 

ur IndEtiegencral de l'armée Imperiale;ê te vainquift,8cd-la fn luy-donna guiff Les Bour 

endonMir, & lc féitiamt dès Ronmiasy:en l'amitié défquelz il perfeueraiuls eme. 

aoc vai mort, Bdeccdsayant fegnézoians, laifant quatre enfans à fçauoir Paul diacr. 

d'vnamrdcbruldiGundegifil;Chilperic &Gothornr,fefquelzapresle decez La .den cher 

£a later e partirent la feigneurse,cemmandansitoutésui-touénfsmhle; 4 Row. c: 

it d'commeil oi prefque inpodibtequ'yrie dalle puiffsncele sBppres s plant. 

uuer, QE" is;&c fanb quelles rmbufches,-&machitations nédésfedten-camt dÆEnrrope.li, 
sn Gundebdutd,@ Gundegilibuontpirésienfeinblé É jurerens Ha foy, 14. suce 

préd bmplateront laruine-de Icûrs-deuxfreres kfçauoir deCbilperic qui Enfins del, 

sarl dithé, & dé Gudomarsou Gétbomar, Seayansgiterhyé quelque Earidrezæefe 

ane psles enS concrèlés nasrès ES M Re a 4 6 do. euuent, Eus 

rer, ve LPS dicéhe là ie; & if feppue dupe vieux By = dovleRhok l'age. 
l ce 


LIVRÉ'TROISTESME ; 
Cruaulté de jé,@ fes enFirisoccis fottruétlemer,reftie delChilperic deux fils 
Gundobaule, nec'eft à faudir qui fût ollipigufe, & Clotilde, laquelle {pouf des 
derour ce Clouisle grand, & foprèmier Roy Chrefien ne MM 
ve Am theytictinent que Gündobaule purges:lormonde de tout le fang Ro 
moyne.li. 1. halle de Bourgoignes & garda feulementles filles, l'vne defquelie, 
chaxgs >". cagife de fa mort, & dela ruincentiere dela famille ancienne des Roy 
Clarild dm Boutgbigne:mais'les attres font d'aduis; que Gundegifil eftant fon ce 
née pour fer, fort éfpôufa la fille de Theodoric Roy des Goths,& umift fous fap 
me Clonis) fanice,aÿaut pale les Alpes,la ville, & fiuages de Thunn, Vierceil, Cor 
Legrand, Nouarë} &toitlepaïs Aftefan, & trouuæmoyen encor que Sipif 
fon filz éut à Femme la niepce du Roy Theodoricpour fe fortifierà} 
uchir d'aüantage:mais ceft heur ne luy fut de guere longue.durée:Ca 

me Clôuislé grand euft affailly Gundebauld ; tant pour demander pag pe duré 
ge; 8 le droit delClotilde qu'il auoir Saut ée, que pour venger Chi qui y regnerer 
ricpere de laditte dame que Güädebâu auoic fait mourir: Gundegifl quiobrenans | 
gnoiffant quemalaifément riédroit on tefte à l'effort du François RE uslenomd 
gaantque fon frere ne luy iouaft vnaufli bon tour qu'il auoit iouéi luy Tean duqu 
Ruine de Ger Mitres freres, 8e parens, fallia fecretement de Clouis, & feitfi bien que qi feit baftir!' 
deg par Livais enfemble les deux roysi il ne feit aucun femblant de fe mefler di iltre de Co: 
cuudsbaulde querelle, Ce quiirritatellement. Gundebauld que l'allantalicger 44 Hugues Com 
2) "Vienne au Daulfiné où il Feftoitretiré;il le prift.en peu de temps, & | SEmpcreur Ch: 
cift cruellement de fa main Lg nb ainfrGundebault fouillé du deffus, & foi 
de fes freres dereura féul Roy de toute laiurifdiétion Bourguigoonl, |, puiffance rc 
Enfans de} agoit auf efboufévne filledu Roy Goth Théodorie nommée An né de Rouffill 
“CundebaW fiinthe, 8 dé liquelleil euft deux enfans;Sigifmôd c’eft à fçauoir,& QE Le de Bourg: 
pourfisus:; dotvàr, lefquelz demourerent pupilles fous la charge d'vn autre Gun eftanttrop fo 
par des Fralr ns; pee Sc Comte d'Autun:& cesenfans venus cnaage, comme CR dre chofés: 
fon. 110 gtdefie ceffaft de pourfüuiure le fang defon oncle, la guerre fut pub Æutour dé 3 
231) contre ces deuxenfans,en laquelle moururent tousies deux:Leroya. 2 sundere 
Sig/mod re féhéant à Sigifmond,qui fut prince trefchreftien, & qui par le moyer perf Gerard 
fort éatheli- pit Maximin: Euefque de Geneue, & Theodole euefque de Syon,».n 46 ceftuy « 
qu affemtblier les prelats de fes terres contre les Arriens. & pour l'extirp D rmer contre le 
2 deléur herelie, &eftabliffemér de la fainte foy de l'Eghife vniuerfele.. tant de cos 
RIT MA rdutes lesterreside fes ftigneuriès:Cebon Ray eutdeux femmes (es: koy la main pt 
na lie pfeniere defhuellés.if eut Sigericçque depuis fa‘maraftre fcit mourir, traigoift Fou 
3 téléufément : la feconde luy porta”&: engendia Sigland& Gundeb@serer du feut 
(7% 17 tefquelz luÿ tindrent: compaignic lors qu'il fut occis par Clodomir lequel depr 
Ervste de: d'Orttéans,@ fils de Clouis,& de Clotilde, Laquelle ne pouuant vi portans mefme r 
… Clodemir far repos qu'ellenev cit ii rufneænticredes eafans de celuy.quiauoit cul, isapallez.Ro) 
Sipifinind: : thürt de fonoperc,incita Clodomircontrele faint roy Bourguignon Tale Les ténoi 
Po DE mn lli-chofé ff œuant que eftañs venus aux:mains Sigifmondfut pris, & dl; fiyredehép.G 
moyne lit difit'à Otledns, où ke furieux Clodomitile feit mourir, legettant lat deBoureslefee 
cha \Y Vafprémiere dâs Vnpuidsauec fa fommie, 6c-enfans, quoy ques. A de Lofnns, qu 
Agsthiar h priaft de fo deporter detelle cruauté & lo menaçalt profétiquemét ui; des Eréçoi 
me dé la gaer petsent;8cv ce dimine,cémeaulhilenfentift l'effair, eftät occi 


s8cvengeñ pour çolte 
SENTE Viens Dauiné en pourfhiuét vepobllinérér Ie Bougipliepnr 10 d'A 


np PESRUROPE.S 7; 102 
pufchotftque de fe fauucr à Autun poursenouucller la cô- 
k Gsndcmit frere du defans Sie Ames le EE ys. 
Lesdu fuftlie Clodomir, pourfüiuants Je relt égeance de] 


pres dt e dela vêge: 

Clotilde ne cellerenr onc tant qu'ils eurét du AR à 
fhrice Royale de Bourgoigne:& foumis le païs fous Jesiotx, 8 pui ace Jorge 
pue l'Empire Françoysi&c ani désque les Bourguign@s vindrent en, des Rois e= 


jonréansy d'autant que (commenousauonsdit)ilz pañlerentle Rhin 

occuper la prouinee Sequanoife l'an de noftre Glut.41p; & l'an 528. 

baire ayant Chaffé Gundomar (qui f'enfuit'en Efpaigne) donna aufli Combien les 

n'royatime de la race Gothique, & fouche de cundioque quiauoit fi Rois ds fans 

lanté Le fondement qu'on eut cuidé que cefte monarchie deut eftre ancien de 

bngue durée, Ainfi lenomroyal de Bourgoigne fut trisferé aux Fran- Bourg. ent re. 

qui y regnerent fous la race Merouingienne, iufqu’au temps des Pe- gré. 
quiobtenans Ja France eurent par mefme moyen l'Empire Bourgui- | 

nous lenom de Roy,comme Charlot filsde Charles le hé à “his 

luy Tean duquel ien'ay peu trouuer l'origine, &neantmoins ce fut dr 

jqui feit bañtir l'Eglife de S.lean de Lyon,& y fonda douze chanoines Chingemens } 

Htultre de Comtes telz qu'encorevous les oyezapelier:à ceftuy fuc- divers des 

Hugues Comte d'Arles, & du Mans, & qui auait efpoufé Elife fille Princes de: 

fEmpereur Charles le Chauue,duquel Hugues nousauonstenupro- Zsrgoigne. 

sy defus, 8 fous lequel. Jenom du Royaume Bourguignon fut chan- 

npuiffance royale du fiege d'Arles: À Hugues foppofa Gerard [ur- 

mé de Rouffillon,que l'on difait eftre defcendu de la race, & maifon \:,94%4 

kenne de Bourgoïgne,& voulut tenirtefte àl'Emp.leChauue, mais fa Gertrd de 

peftanttrop foible il fuccomba fous le fix, !& falluft que fe côtentaft Rewffillen. 
jindre-chofésaufli deluy ont couru çes vers Françoys anciens, 

L+ furbwrdé Dah@r Daliron, ‘| :,4 coinitoss à ti ” 

l:. De ander-ceurt;©@o7 Maphdfloms. it 1 dau uit du 

Perift Gerard de Rouffillen. RATER METTINS 

'eft de ceftuy queles Romans, fabuleux chantét tant de folies le fai- 

krmer contrele.grand Roy Charles,lequel il ne veit defa vie, & luy 

int tant dé conqueftes erfongeant, que iamaisle Macedonien n’en 

dt oy la main puiffante des Romains, Mais quoy qu'itendoirie Chou 

itrignift Foulques fuccetfeur degerard,dequitgrleroÿaume, & Fonlques key 

bitenter du feultiltre de Comte:Etdôna Île païs à Rädul:fous le nôm d’£rles. 

Duclequel depuis prift encor le nom royal, luy faccédantsquatre au- 

portans mefine nom qne luy, 8 poulfez de pareil foRtites à auoir À 

os apellez Roys & foudain dipenter de telle phifèfices@arBofbn 20/0n re d'I- 
d'il Les sénair.sn bride-liportédes Frañçois. çôme geluy qui cftoir ral.Conrads 

ifyredellép.Ghar/leChauye;Apres (ss nl y rois Côradz Roi de Beur- 

deBoureofceôd defqis fonda hgl Pierrede gages Fômége grigne 
de Lolänne, que Gôrad troiliefime méit à fn.Raoul fixiefme pour fe De guel droit 

Mir des Fréçais feindonatio du royaume Bourg À l'Emp.Hérÿ troi Les mp. fe. 

Mipour çalté caule Les Atemis qui depuis ont pa fon difoient Koit 

€ 


pp pour rois d'Arles, Ben Hiprpoicele tile.én PORT RARREE d'Air 
6 1) 


jy iufqu'à 18 rhine de leurs Princes vonans de hoir mafle fefcoulerér faire. 


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cn OO Eure ve hf RNEines der 


"ÿ FL VRE.TROISNESME 
Aucans ietterit festif dertiler roy Bourguig.& colayquitcéne 4, Mat com Pril 
fade EE gi donateur eh sa : pe defquelhs 
cufe qu'ils font que ce roy viuoit l'd 1136: @il REA Ag verieé 4, nes Lou a ! 
; … Moiré que lesroysde Fricetenäs la Bourgoigne par effo@, & les pr: double vers 
07.7. 1 0fies n'en eftés que roÿs imaginaires auec les finages d'Arles & que 
Hemry frere: elch$tité de Protrentce Be DaLiphioN Fey AA EN ENT grid Ce 
de capers, te du Paris, étant le prémier duic de Bourgeigne, &'{6 voyant fans | 
Duc de bourg mafle, 0: Re TM &ctr#{port de fon DuchéàRo 
…… … filz4ifñé dé Hte-Capet l'an de noftre fitut 1008. Etquoy quelle cc lefquel 
Nivernbiÿ E £dtÿ voulut fe faifir du Duché, côme fe difant y auoir Wet defauciz 
pour eftredefgendu des roys Bourguigaons,  fut-il vaincu & pris laProuince 
Robert Roy de roy Robert; Qui l'allé affieger à Auxerre,&toù les Auxerrois craigni, dreffer vn mu 
France, vain ruine ff tendirent au roy, &luy liurerét le Comte. De cefte raceom vaillant peu 
quit Landry cs ducs de Bourpoigne fortis de l'eftôc, & famille de Frdce, iu (qu'on armée KRor 
Comte de Ne de Chartes te quint roy de France, & furnommé le Sage, lequel fc rfE aller te 
mers. à Lean foh pere, qui auoit eftéinucfty de ce Duché par Philippe petit pnorent auf 
Comme La d'Eude,donna 14 Bourgoigne à fon frere de Touraine Philippe, fun? & diuifez ; 
Bonrgoigne le hardy,qui efpoufant lafille de Flandres côioignittant de terres et" le principa 
fut reune 4. ble,delquelles outifét \Qufle duché de Bourgfüietà noftre Roy)) MR celuy> qui d 
La couronne, , fent'les Princes d'Auftriche, pour eftre fortis de la file de ce Chiarle Qt POrtA la pc! 
Go pis den- rolois qui fut occis à Näcÿ en Lorraine, Té laiffe(cômen'eftit pointde tourner-en le 
née à Philip- füiet)queties maifons font forties de ee:fang ancien de Bourgoigne, aourer leurst 
pe Le hardy. m'arteltéray fur leür langue & façon de parler, & fils ont-pris leur LMft-mais à fin 
ÿ ge des Alemns,ou Gauloys ; me füffifant qu'à prefent la plus part (ed 0y er POu 
ition, & parotle du Françoys, comme ainfr (it euffi que le/plus du lepays delai 
éft fübiet à la maifon, & couronhe de France: lsiffantidonc cocyilef leRhin 8 oc 
deformiäis Ue'vAitet les difins de Beurgoigne ; |&itouéher quelqu" comraints ( 
des Suiffes , veu que la nation eftant fi excetlente qu'elle ef, merite es & tablettes 
qu'on en difcoure vn peu plus largement que de la laiffer fans en nt de ceux qui 
chofe quelconque... és ur porter les ar 
Des SMEr, in mas d'ieu: çy- J'ilefént les anciens babiras PTS FANS ; 
© "pays jadié nommé des Neluttiens. | Chapitre 36.” rfonnes. Vous 
ose O'V'S aions fceme femble) aflez implement id dir, &imitoy 
RAR au Chapitre dés Gaules tes mœurs des:ancics Gall 4107 1'aille p 
RS & l'ohenttüe del Gaules efquelles éme ain fuel féiences-e 
MORLS les Heluetichs fuffent compris;il fault auff prefdiargue ne m 
D fer que féürs mœurs n'eftoienc point auf en gi léblable à'cel 
hui CR NAN AE Ses desfaçons ‘de fire du rh à Germaniq 
lussnites AR TE RE EE A in and 2-00 farce depuis que’ 
LL fitidiipenple Hdlüelien, &fôuhaittans de foublier Le Surf Cul Orqu 
Le Jnation A brégarde que pèu laïpard Hu togathemeen otre tt impieé)c 
: 0 bfabtoie Mtinonreren ke féipline ilitité y police Bean} "*euoirainé 
Sail fat 3e affaires Bhbiiques , nous on dirüns-te qu'en audns tiré des‘ bons ant Gauloys, defc 
dis le pays drs ‘apres tOutés Fois auoir rt pel'Hmité les bornes & finages des terres de epiltre qu’il 
Heluetiens. | es, Er éonfellerez des Chmiôhs des Suitfés ,vatéte que ee: que ainton de id g 
PT Rémaisaptliolent Héluetié, Ga preferifnb tout du'moins; me sf roceut 


DE L'EVROPE. 2 
de defquelz f'eflend depuis lefommet des Alpes, & prenant 
Lau Leudt a le Rhin pour limite iufqu'à valdhur & Lautenberg & 
Ldouble vers l'Occident fuyuant le trait du mont Lure,ou de SChu. 
fqu'au Lac de Geneuc jufqu'a ce que derechcfelle vientä embrafs . 
W Alpes, &auoifinelesSequanais, & le trait du pays Alobrogien 
) ent eft compris fous l'appellation de Sauoye. Ceux qui lyfit les Cyr cowêe 
tcombien , & quelz affaires Les Heluctiensçqne donnés L.1, Dim Caf” 
kfquels il apelle, & dit entre les plus fortz des Gaules, & du mou- fie/i.38, 
defquelz fe craignant lors qu'ilz demandoyent pañäge pourtra- Romains def. 
frs Prouince Romaine, & fen aller en Saintonge pour y habiter, il faits par les 
dreffer va mur pour leur donner l'empefchement, fe fouuevant com. Aelueriens, 
vaillant peuple auoit vaincu le Confül L, Cali, & deffait braue- 
l'armée Romaine , & lequel auoit defir de quitter fon pays peu fer 
ur féallertrouuer autre part en Gaule pepe viure mieux à fonaile, 
enorent aufli que dés letemps dudit Cefar , les Heluctiens eftoyens 
ki, & diuifez par Cantons aufli bien qu'à prefent,mais n’en ayans que 
we le principal defquels eftoit celuy de Zurich, & le peuple duquel ” 
tceluy, qui d'autrefois auoit deffait les Romains, fut aufsi le premier #elueriés fon 
juporta lapenitence.. Ainfñ Cefarlesayent deffaits,les contraignis 44 Cejir. 
ttourner-en leur pays, 8 rebañir leurs maifons qu'ilz auoient brutlées Helueriés v- 
bourer leurs terres qu'ilz laifloyent en friche, non d'amitié qu'il lenr /O6f des ler- 
aft,mais à fin (commcil.confelle luy mefme).queles Germains, qui fes Grecques. 
fedoyentpour lors vne terremal-plaifante & infertille,ne Le susffene 
lepays delaiffé par les Heluetiens,ençât que defiailz tendoyétà pale 
Rhin & occuper les terres Gauloifes, Aucamp-des Heluertiés,eux 
ns concraints de fefoumettre à lagrace de Celar, furenttrouuées des 
tres & tablettes efcrits en Grec elquellss eftoit contenu le denôbre 
nt de ceux quieftoyent fortis de leurs maifons,& de ceux quieftoient 
Mu porterles armes , & n'y auoit:ien d'obmis du nombre-des femmes : 
1pctits enfans , qui montoit en ro à trois -hemtgr 3 hyit mille s 
… Mrfonnes. Vous voyez que les Heluetiens sareSoyent dés cerempsle ,,1. 
uoir, top re de pe Me gars les À dus d'A 
qu'on n'aille pointblafonner çe:peupleangien de.Barbarie,pamyle- "en 
: des fsienceseRoyentii bien plantées, queladelicatefle es Grecs ion Fe sas 
umgue ne mâquoit pointeen ia langue; la vulgaire defquelzaftoit pour de | 
séblable à'celle des Gaulois,laquelle i'eftimepluftolt quais cftepro- ns. 
ta Germanique ainfi que plufieursefiment,&loqualien-<fté corcom ueriéraf 
Sheet éftrangersvindrétde diuerslieux:wurper,S.pofedée fhblis par Ge 
pl Apoñiathomm 


x 
ce: 
Pa cons. 


pays Hcluerié 


Gaules Orique les çauloys fuffent Barbaras-luliaÿ:t | 
(Ke l'impiévé)de grand iugement &fçauoirs,ne le pautouyr,acéocder, 
réœuoir;ains:fe moque.de ceux qui donnoyentyn:tiltre fi mal propre 
tGauloys, defquelz, & de leursfaçons de füireil Ribgrand.compte en 
ke epiltre qu'il efcriuift de Parisauant aux habitans:d'Antioche. La di- 
mition de lârgloiré Hcluetiènne bien qu'ells-commençait fous ule É 
fe; 6 rogeut:elle va nn na gs oct PU que re 


ce il} 


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pu AP LIVRE TRO' SIEME Se ÿ 
… mhTéritéli Vitelle& Othôn fe querelloient, & combatoiétà outrauce pour [es NAME 
17-des Ana- déla couronne Impérialf, ar ce fur lors qu'y Cecinne Romain re MfCocinne ac 
bs. fort efträigement les forces Helueriennes. Or ne vous dis-ie point AR apres) 8e 1d 
on, fans bién grande occalion, veu que i'ay propofé(fuyuë t le diré deCef % gorh#Lo co 
Cécy aduint que tes Germäins marchandoïent il y auoit fort longtemps de gai, que ro Us ce 
Lun. l sl ts fut lès terres Gauloiles, & qu'à celte fin il auoit accordé aux Fa jen ce pays 
Fm nfreser- tiens leur laisfant leur païs libre foubz l'alliance, &confedération des pi mort leur 
£"w:70. : mains,ainfi que les Allobroges eftoient auffi receuz en la liguc,au(ui geSuec e : & 
| ilénchargea de fournir de Bleds les Heluetiens,iufqu'à tant qu'ilz ei tout deuo 
cültiué leurs terres. Les Helueriens ainfi matez que furent par Cecin prpremierc o 
_ comme le deftritTacite,il fut de là en auantayfé & facile aux Alemi nomme vous 
 corir &rauager, & defe faifir du païs à demy defert, & priué de pé les Suitfés font 
ple: car tous les’ bohs'auteurs riénnent que Ceux qui furent Heluetie bscourfes des 
font plus, & que es Suiffes funt autres que ceux qui tindrent la regiou ins, & Alem: 
ceux cy habitent, &äfin qué le leéteur ne fe plaigne dema diligence; fe fiecle, & 
faudray n6 plus à efplucher cecy que j'ay fait le refte ;des nationsé penaye fait pro 
ont couru de païs en autre pour l'y arrefter, comme en fa propre & na pains parle des 
relle terré,fçachant que les hiftoriensen parlent fort diuerfement, & tlorty ; &ce 
à quelz i'ameneray les opinions à finque vous qui lyrez.mes rechercetenez > nefec 
: en donniez voltre fentence, & iugiez lequel aurale mieuxdit, çarq fur ce proposin 
#’moy iéne faudray de vous en dire ce que fens, & penfe.eftre le IE doubte.. Par 
veritable. Binu afi D 'AntIEtl svne partie del 
. L'Euefque d'Vpfale nonimé Iean le grand, & lequel efcrit l'rift ace, vint fazrel 
des Goths, n'ignorant point que les Suiffes ne foient vnautre pe" iprefent y a 
“que les Heluetiés,il parle de leur origine en cefte maniere:@etheric,: que du euue 1 
“fait monter en mer toute celle grande multitude, la conduit fans peril defquelz Viti 
cun,& fans fouffrir orage, ny tempefte quelconque iufqu'en Pomera fi pas efté fans < 
_&en la terre des Rugiens , ouayantaflailly, & combatu les habitan cerne,ou de la 
pays, il les vainquit:mais les coths voyans la ftcrilité, & peu de plais appellé Kill 
terroir Pomeran, ils ne voulurét quitter leurs tinages,quoy que nôgu flans La letrre,S,. 
Lean le grand plaifans "Pour farrefteren vneterre pire‘, & moins fertille que hononciation d' 
hfl.dicarhs céle d'ou ils eftoyent fortis ; ains fe dliuifans en trois puiffantes armé fs le difent ten 
bu:s.chap.2, ve partie d'erir'eux;, ayans long temps erré & fouffert mille frauay Hz habitent Ie lo 
ner. ifcofhmoditez parüuint en finen ces afpretez, & pierreufes folitudes M8" and famine 
ÆSueces couret Al pes ,ou à prfent les Suifles, qui font leur engeance ‘ & pofterié, terves. Les hôr 
en Henetie, tiEnent: les atitres paffans en Efcoffe (ainfi qu'en fait foy  F'hiftoire À quels encore à p 
pes Pides Lie 5 be cômencement à la nation des Piétes, & ce en l'in dit, & enfeigr 
“Des Piles. oftre faut feptante deux, &le refte,qui eftoit vneinfinité. innombaE""" def erte, & 
+6gy Bee: hf Uepéuplefüyuant Gecherich,ayanit furmontez les Vimeruges, Cure" 1'° VIS de 
Zccl, d'aug.Simiogéthes, 8 ERôns apres auoir gucrroyé par plufieurs années, ll Bretaigne, &c: 
biu.1.cha.x. ‘ Ypatnifons fen’retolrrierent auec Wtimer flz de Getheric, ayant} trois puiffant 
* d'hôntieur ehleurs côqueftes,& viétoires que filz fe fuffent attaquer vditiô, 8e Suifl 
‘$rmes aux Suéuons leur alliez,& voifins. >! : h à PUS pour maiéur 
+ Aldifez cémme l'aneantiffement des Héluctiens’ pae. nonssllegul Alemans, lors < 
»'phcditefaccbtdeiaéctéflepourfs des Succieh Seprentricvaux jee le Gaule paffe 


Rae, vase eue MU EN 


L T'LDE'LE VR OPE. 104 . 
M itinse daniel de arc po cata are aochique fe 
ne A ce vetpaia fenok L'Empire: Puis udioulie LE, 
CA gochiTe côfeflecautes fois auoir leu és hiftoires des Heluctiés; ou Ce Rey 7eie 
que tous ceux qui A prefent portent le nom de Suifle neffarrcss fur eccis pan, 
F4 ; en ce pays À Ipin € n vne & mefme failon » ains qu'auçuns Goths Farfez l'a de 
des M 20" leur map Téie ){ÿ retirerent d'Italie auant , &-d’autres de grace s52.vey 
mn IE &tafChant de montrer non feulement par leur hiftoire Ab à 
2 : hiectout deuoir d'humanité duquel ilz vfent enuers les Sueciés,que Legs erre Ge 
ec premier origine ils ont pris cours & fource de la terredesGoths shique. 
en one vous voyez comme ce bon Euelque fefforce deprouuer 
lé Suiffes font fortis des peuples de Suece,quoy que les Latins par 
fscourfes des Sepentrionaulx, les conprennentfoubz le nomde 
ins, & Alemens.  Oyons encor parler vn des plus doctes hommes 
ire fiecle, & autant bien verfe en l'hifloire qu'autie qui de noftre 
Ken aye fait profcflion, à çauoir Beat Rhenan, lequel en fon liure des 
ins parle des Suifles en cefte forte:Ie fçay que plufieurs fenquierée 
jet forty ; &c a urce le nom de Suilfe d'autant que ceux qui ontle 
jenez , ne fe contentent point des raifons qu'aucuns mettent en a- Bet Rhenas 
fr ce propos:mais(fi ie neme deçoy)ie penfe, & efpere de diffoul- /.1.des chofés 
doubte. Parmy cefte populeufé nation des Saxes furent jadis les Germanig. . 
one partie defquels (la caufe ie ne fçaurois vous la dire }changeant 
paie vint fasrefker au pays Heluetié pres les finages de zurich, & ou 
braprefent y a vn village no mméWV ri le mot en eftant corrompu en- 
jque du cuue Ture ilfappelle proprement Turege:& le plus grand 
rdefquelz Vites eftoit palfé en la grand Bretaigne pour la côquerir | 
lipas cfté fans caufe que les autres voilins ayët pris cenom ,{oit ceux Cefrecourfe de 
cerne,ou de la baffe Syluanie, quoy que peculierement vn de leurs aduint l'a de 
ssappèllé Kilhcgap en portaft ce tiltre:ils les appelle Suiters y ad- 8” 499< 
Enslaletrre,S,comme ordinairement la nation fe plait au fiblement 
ononciation d’icelle . Et eft noître opinion fecouruë de ce que les . 
fsfe difenttenir delsurs anceftres qu'ilz ont origine des Suites Jef- 
L habitent le long de la mer,& Ocean Germanique,lefquelz preffez 
ie grand famine, furét contraintz de quitter leur domicile, & fortir de 
terres. Leshômes, plus fçayäs dient que ceux,cy eltoyétles Suedes, 
quels encore à prefent:le renom elt tâe efpars par tout.Mais Bsde An- 
rsdit,& enfeigne à iadis entre les faxons, eftoit la Prouince des Vites : 
eué déferte, & en folitude, à caufe de cefte courfe,& remuement de Bede h:f.An- 
hage die viés de dire, & qu’vne troupe d'iceux eftoit defia pañfée en fa gri/e 1.6.1 
Bretaigne, & afferme ledit Bde que les faxôs Angloys, & Vites, e- Joachin Pa 
féttrois puiffantes matiôs de la Germanie . Vadiä hôme aulli de gran dian fur le 3. 
uditiô, & Suille naturel ne veut retognoiftre les feptentrionaulx,nÿ de Pémporie 
ths pour maiéurs,bié eft vray qu'il accorde auec Rhenan, d les Suiffes Mel 
tAlemans, lors qu'il enparle en ceftc forte : Les Heluctiens aufli for r'eéfofiges for 
de Gaule pañfcrent en Gérmarie pour farrefter,& Rire demeure en- ceux dn Lan- 
leRhin & le Mene;tout ainfi à feirent les Tectofäges, defquelz parle gueda: Céfitr 
en fes Côm. da la guerre de Gaule, mais maintendt tout au côtraire Com.li, 6. 


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rs LIVRE TRO'NISTEME 

tes Germañis Rails tehihtétre hebirencies ficges antiens où jadis (J 

noyent lès Héluétiéihs Et ne fault point que'fe doubte de ceey,vey 

7: Jelangige du'Suiffé correfhend rcœuxde h plus profonde parie 
S'uè“es han Alemaigriés, vaite genes Yprefüntitz faguentlesmœurs nd 
os à tu, &'magnaninité efquetlds Cefar JoüctesSueues!,: & dit en :uoiré 
deffiie le c.19 Voyez eomme éefluy cy fouftrent non qu le Suiffe füit Suece,ny 
deisvem, : où Vite maisbien Sueue, qné Celar & Tacite defériuent pour lang 
707 1 plus forte de vailléee qui fult on la Germanie; Beat Rihenah anfl fans 
* ‘éifertéfquelz À lenr£s furent éeux qui fadiscourans tes Gaules, fent 

fainain péfanté dés Frén$oys nonucaux venuz enlaterreomuloif. 

., 5, due Les Berains paffans Ken bin, ehuahirerit ta plus grand' part d 

Zuithpräd li. quanoïs iufqu'aux limites des Bourguignons, y embraffans le park 
4chap.r2. lois, & le val dé Luéerde. Etàfin queiehe m'arrefte peint feulem 
éeux denoftreremps, quoÿ quetelz; quei'eftime nc direcholeg 

‘quelle ilz ne peufleht rendre raifon fort uffeurée,6yüs ce qu'en dit 

prähd de Pauie, téquel nôn feulementihonftre que les Sueues Ale 
defquelz nous auons parlé cÿ deuant, tenoyent le pays d'Elface, &] 
voifins, ains éncbr qu ilz feftoyét faits feipneurs des Heluétiés, & nu 

Henry tte Jandiens:or en parleil en cefte maniere: De quelle affcétion, & aurc 
Srroit l'an de vifage le Roy Henry receut ce don & préfent ineftimable,on lecog 


grace 920.  enplufieurs fortés, & fur'tout, qu'il donna non feulemient de grande 


Cheffes,d'or, d'argent à celuy qui luy portales ioyaux precieux, airs 
cor inueftit-if , d'vnt partie de la Prouinee des Sueues : Or cltoit.{ 


Henry 4.fôr. Roy de Bourgoigne Raoul! qui donnänt à l'Emp:Henrÿ t. dune 

nôimé le noir Lance qui perça le cofté de noftre feigneur, ne fouhaitoit pour recon 

pegnoit l'an ce, finon quelque efchantillon des tertes des Sueues(c'eft à dire des! 

1058, fes) qui tuarthifoyét à fa feignèurierce n'eftoic pas le pays de Sueue! 
mant qui eftoit le liniitedu terroir bourguignon , ains l'anciëne te 

“Helueriens ; & ainfiles Sueues font pris par cuithprand pour lesSu 

otho defrefin comme eftans ceux qui feftoyet faifis de l'heritage despremiers He 

hël,1c,8 de tiens. A cecy no’ aydera encor ce qu'efcrit Othô de Frefinghen, lors 

l'huff. de Fed. parlant de fa poix faite entre l'Emp. Hourÿ quatriefime, & BertoldQ 


Ce Berteld e- Zringhen auâl eftoit deute Duché de Sureus, & lequel l'Entpauoit} 


ffoit 2 furne- entre les mains d’vnautré , it vfé de ces motz fur le propos dela vil 
mé le barbu. éc de Tuerge: : La capitulati® , & articles divil de la paix furéttelr 
_wy wWolphag Beirol dneiouiroirdu Duchésins fen demetrroirdu tour, fiufqu'l 
Lafiel.8  droità hômage dela main dei'Emp. la cité rreFfameufe de Turogo 
_des migratiès elt au pays des Sueues : & laquelle eft bafticés eftroitz des Alpest 
Zarie nomée vers l'Italie, & affile fur le Aleaué Lemä d'où fort le Lac de raufaneve 

Jadss @ Tr- par'cefte defcriprion de quelz Sueues efl.ce qu'Oth6 parle , &fi 
gure Tu gén'eft celle fameufe cité ueC'efir appelle Tigure ; & laquelle àp 
| pe | portele nom de Zurich,l'Vnédes plus illuftres, nobles, & riches d' 
les Suiffes,& quia efté côfidérée comme la Metrépolitaine, Erà fin 


Par qui Ber- plus à plein on cognoille que lé pays Suiffe ft céluy que te fufdirau 


me fut baflie. entend fous lenom de Sueué , il met que Bertold quatriefime du hot 
celuy qui feit baftir la cité dé Berne, tiquelleità prefeht La plus bel 


princi 


Dalle NEC 
hjEtburg son 
de sjadis sc 
sPrinces 8. 
pdcSueue au 
gifditions 
soute quie 
Lrecogne U p: 
defqu.elz es 
L af lAnna 
brefent les Sui 
voterres, & p} 
Phlomée) entre 
Ur, & Ptelon 
lent lourdeme 
pos il veut mo 
&rque c'eft d’ 
pos,ou des Su 
parlant des 
, fexpole 
ment guidez 
fquenetz en c: 
nBourg de ce 
ederez:ce peu 
hcequi viue: é 
p.Maximiliar 
jquetenoyent 
cor bien peu] 
ue, & arquebu 
tenfemble à la 
nent pour.la qi 
fort contraire. 
autre peuple à 
Hestient vnys e 
been leur eftat, 
is les a ‘on en 1 
que de chofe q 
kquine prifen( 
btauf Vadian ( 
pute la German 
ilzne ri co 
rie pafletemps « 
difcourt de s 
gine: Enuiron 
inencerent à ef 
puait, & plus.g 


j DE L'EVROPE. | 205 
unlie entre les villes fameufes des Suifles,& le filz duquel fut enter- /#ri/4iéfions 
LEnburg comme Düc,& chef d’une partie du païs Heluetien.Et d'au: des Sweucs cd 
Lauciadis :auant que les Suiffes femancipaflent de la fubieltjon de #5 dénifées. 
Prices &c-dreffaffent leurs communautez,& ligues , & qu’encor lo 
née Sueue auoit place en leurs efcriptures, ilz departirent leurs tèrres 
ifidions en Balliages qu'ilz nommerent Landuogties, tellement .Ærn bi. 
pout ce quieltoit contenu fouz Ja feigneurie generale des Sueues, re- des annales 
Mrecogne u par tel denombrement, & dejà f venu le nom des Can- de Bawiere. 
defqu.elz oncercà prefent vie cefte belliqueufe nation. De laquelle ; 
| af lAnnalifie de Bauiere difant ainfi lors quil parle des Helueriés 
prefent les Suiffes Briffaciens, Elifaces, & autres tiennent & poffedent 
terres, & places qui font entrele Rhin , & le Mene fie fuis Tacite & 
blomée) entre lefquelz font les habitans de la foreft noire, laquelle & 
| , & Ptolomécattribuent aux Heluetiens, non fans que ceux là ne 
Henc lourdement qui ont penfé que ce fuit le hoys Bacéne:par lefquels 
pos il veut monftrer que le païs Heluctien a efté conquis par ies Süc= 
grque c'eft d'eux qu'il a le udm de Suiffe,& non des Vites, on Suites 
pos,ou des Sueces, & habitans de la terre Gothique.Le mefme Anna- 
parlant des peuples de Germanie qui vont à la foulde des princes e- Auëtin L; 
ges ; lexpofer à lawort pour la querelle qui ne leur touche enrien, te a 
mentguidez d'vnaueuglement d'auarice ayant mis les Boëfmes, & sir 


fquenetz en campaigne il dit : Le troifiefme genre fapellent Suifles de Bauiere, 


Bafle occupe 


nBourg de ce nôm , entr'eux ilz fe nimment Eidnoffen, quifignifie par les Suis 


derez:ce peuple eft libre, & non fubiet à l'Empire,ou feigneurie de ne Li ne 
heequi viue: & de mon temps Bafle femancipant de la fubiection de ds 
p.Maximilian, feft mife de leur ligue: par deflus laquelle cité toutle .* cd AE 
quetenoyent iadis les Heluetiens, eft non feulement par eux occu- 
bcor bien peuplé. Puisadioufte : Ds vfent en guerre de la halebarde, 
he, & arquébufe : & ne font couftumiers guere que tous les Cantons 
tenfemble à la guerre, ilz fuyuent diuers Colomnelz,comme aufli ils 
nent pour:la querelle de diuerfes parties les vns des autres. Les Suilfes 
fort contraires & ennemys de l'orgueil de la noblelle : Eftimez fur 
autre peuple à caufe de leur modeltie, pour la concorde, & amitié 
lestient vnys enfémble,spour eftre contens de peu , & garder vn bon 
ken leur eftat,& vne grand feueritéen la difcipline militaire. Tou- 
bis lesa on en fort mauuaife opinion, pourfaire plus de compte de 
quede chofe quelconque, & qui onttouteschofes à vendre, comme, 
Kquine prifenc rien au pris de l'argent, & pecune . Et de cecy fe. padian fur 
taufli Vadian quoy qu'il fur Suiffe, condemnant l’apetit infatiable Mele lin.3. 
pute la Germanie, & des fiens,entant que pour vn peu de paye, &t pé- 
ilzne font confcience deffentrecouper la gorge les vns aux autres 
le pañletemps de-ceux qui les fouldayent. Mais oyonscomme Nau- N'auckere:. 
difcourt des Suilles, & en quelle forte il en baftift, & l’hiftoire, & Chrene. sul 
gine: Enuiron (dit-if) l'an denoftre falut miltroisicens, 1es Suifles we 3.geñerer 
inencerentà oftre renommez, quoy que leur'origine. foit de plus ‘en 44. - 
guait, & plusgrande antiquité: & defquelz ca res celte forte 


rincif 


LIVRE TROISIESME | 
l'hiftoire, & dit qu'il atrouué ne fçay quelles Chroniques en la ce 


Rome lefquelles font mention que du temps de Sigibert Roy des sue 

des & Chriftophle comte des Anftre-phrifons,que certain des parties 

Sueue,& Phrife furent contraints de quitter leur païs;.&chercherno 

uelles terres, preffez de grand famine, & que des Suedes fortirent fix mif 

des Dues fênt hommes, & des Phrifons douze cens,auecleurs femmes, & enfans, & pa 

nommez par uindrentaux limites du Rhin, où quelques Ducz , & chefz des Françog 
celiy.quifait leur émpefcherent le paflage, maisils fe feirent faire voye Les armes 


Le copte Prié, poing, & en ayant occis vn grand nombre;ils pafferentoutre Et ayans pd 


€o- Pierre des ty 1e butin, & defpouïlles entr’eux,montans le long du Rhin, tourneres 


Palux fort Vn peu à cofté vers les Alpes,ou parmy les coftaux pierreux , & felonl 


mal à propos, Lacz vers les lieux füubietz au Duché d'Auftriche,ilz.obtindrent du Co 
Q-fans mur- te de PARLE licence de peupler cefte terre deferte, laquelle ilz defrict 
quer letéps. rent,eno 
rendans la terre apte pour le labourage. 
Orauoyentils trois pe arr conducteurs nommez Suicer,Rh 


me,& Wadiflas: Entrele 


ceffuycy eff : reuolterent. + ë 
allépefther ce Alaric Roy des Gothz,ioint & allié du Pape, &'des Empereursvo 
Pape Nico- lant chaffer l'infolence des feditieux , & foppofer à la violence Roma 


les, du temps appella à fecours, & promit grand foulde aux Capitaines fus nomm 
d'Arcadu. fçauoir Suicer, Rheme, & Wadiflas : lefquelz y venans à main forte 
armez du figne de la croix, furent aflieger Romeauecle Goth Alarig 
Affiegée que füt la ville, Suicer & les fiens prindrent d'affault la C 
Tout cecyne Leonine, y faifans vn piteux maffacre de payens, & en fin Eugency| 
Nb rien de Gpprimé ; & occis auec vn nombreinfiny de Citoyens de Rome. La 
Î) 


are. Soiregaignée que fut, comme lePape & Empereurs vouluffent faire 


grandz, prefens à Suicer pour recompence du fecours,il les refufa, dif 


qu'il éftoit venu au feruice de Dieu, & de l'Eglife, & ne requer( 
autre cas finon laterre où ilz feftoientarreftez, &.queilz auoyent re 


due habitable, laquelle ilz ne vouloient tenir que du feul Empereur, 


fans en payer ny cens, ny tribut àhomme du monde : & qu'au refe 
leur fut permis, de porter l'enfeigne rouge auec la croix: ce quels 
eftint oétroyé, & ayans receu la benediétion du Pape, & vne grand 


quantité d'or & d'argent, fe retirerent en leursterres. Telles, & femb 

bles refueries dit vn certain Eulogieauoir leu en celle tant fegnaléeC 

_. … nique, obilallegue & Pline, & Petrarque ce queielaiffe.commecl 

AÆMüfriche fes indignes d'eftre recitées , & lefquelles n'ont apparence aucune 
péffot ny Vérité, 1: 2) dun MST 28 SON 

Duché, nyre ‘Auf qui eftl’homme qui voulut m'adioulter foy, fi ie difoy que 

porteit encore temps d'Arcadie, & Honorie, le païs d'Auftriche fut defia erigé en D 

telmm. ché? & fie propofoy que Alaric Roy Goth en.mefme temps afli 


ans les ronces,efpines, & chardons, en arraçhans les pierres | 


quelz Rhemé, & Suicer prindrent pourle 
partage la terre qui regarde les Alpes du cofté de la Lombardie, & W, 
diflas farrefta aux Vallons qui font pres lafource de {a Sone. Aduintc: 
Arcadie,& Honorietenans l'Empire, & Nicolas, & apres luy Zozime 
Ze ne ffay en ans à Rome, les Romains follicitez par vn feditieux nommé Eugene, 


gmécontre les 

 &que fur l'h 
hique ce Roy E 
M Cité de Rc 
LunPapenomn 
Edoitpas les hif 
H snh ceux ln 
de grace! 806. 
ns, prift dix rhil 
uelzi! confina 
Gaule, & Germ: 
 &relision Ch 
mieux le éhaft: 
Héen Hongrie, 
Comté de Valoy 
lesautres au p 
pd obligoa à luy 


Ale, 
Ceux cy feftan 
tonique, Hic W 
bfuer ou bien gar 
pou du Saxoniqi 
tue pour la gar 
' % de l'eff Dan 
& d” couleur rc 
oit affez vray-fe 
fharlemaigne ;'c 
la toufiours reu 
lir aux Suecés , 
enan . Et à fin qu 
bir mis en oubly 
qu'auec grand di 
font telles fe pare 
fe font efforcez 
& païs Heluetien, 
quatre ceñs quar 
de, & infinie mu 
manie , aufquelz 
ue Albis & tous 
layans paf ils e 
Siufqu'en Italie ; 4 
ique le recite Eufe 
qui pafferent le R 
tin en deffeit tren 
il pafferent énco 
de Strafbourg: ‘e 


à x ‘DE L'E VROP E. 206 
imécontre les “rebelles pour le feruice des mefmes Empereurs & Pa- Rome pillée 
que fur l'heure il fe declairaft eur mortel ennemy ? comme ainfi Par Zlarie 
que ce Roy Barbare en defpit & du Pape, & des Empereurs prift & l'an. 414. 
Man Cité de Rome. Auffi ne fétrouue il qu'auant Zozimeil y ayt eu 
Lan Pape nommé Nicolas, qui montre que ce beau Chroniqueur n’en- 
Edoitpas les hiftoires ,ains fe trompoit guidé de fà propre ignorance, Charles le 
Manf ceux là mé femblent toucher mieux au point, qui difne qu’en grand depan 
dde grace! 806. le Roy Charles le grand apres auoir vaincuz les Sa- fit les Saxons 
ns, prit dix bille des plus fârouches, & chatoüilleux de leur troupe, en Colin, Poy 
elzi! confina auee leurs femmes, & enfans en diuerfes Prouinces de #7 Charles 
Gaule, & Germanie: & ce à caufe que ce peuple ayant fouuent quitté la A.1.c> Paul 
Lareligion Chreftienne, & feftant acharnée fur fes voifins,il ne pou- Emile. 
Émieux le chaftier qu'enla departant ainfi, vne partie duquel fut en- 
féen Hongrie, vérs la Tranffyluanie leilong du Danube, les autres 
(comté de Valoys és Alpes au Diocefe de Syon, d'autres pres de Tu- Ce pays Hon- 
k lesautres'au païs, .& finage. de Conftance, & lefquelz Charles le gre des Saxos 
miobligon à luy faire paffage toutes les fois qu'il voudroit patfer en J’apelleen La 
plie, 3 tin febtem 
Fceux cy f'eftans arreftez le long des Alpes , ilz dirent en leur langue ja 
gonique, Hic Wollent Wir Sch Witen, qui ef à dire nous voulons 
bfuer ou bien garder ces limites en fuant, & de ce mot Alemant SWit- 
pou du Saxonique Sch Withen,ilz ont eftéappellez Suiffes . Et d’au- D'ox vient le 
pque pour la garde de ces limites & paffages ilz protefterent de fuer nom de Suife 
»,& de l'efpandre, ilz prindrent les armoiries taintes en couleur de 
s & d° couleur rouge,ou vérmeille fans en y mefler d’autre:Cecy fem 
itaffez vray-femblable f'il y auoit quelquesvns aprochans du temps 
fharlemaigne ,'qui nous en euffent laifféla memoire, tellement qu'il 
ln toufiours reuenir à la premiere opinion des Sueues, ou pluftoft 
iraux Succes, ou Suites Saxonsamenez par l'opinion alleguée de 
nan . Et à fin que pas vn de ceux qui efcriuent de cefte braue nation 
bitmis en oubly, encore méttrons nous en ieu ce que Munfter en dit Sebaff. Mun- 
qu'auec grand diligence il pourfuyt la defcription de fa Germanie. fer liwr.3. 
font telles fe parolles:. Il appert par les hiftoires que fouuentles Ale- 
nfe font efforcez & mis en deuoir de chaffer les romains des Gau- 
&païs Heluetien,à quoy toutesfois ne peurentoncattaindreiufqu’en E/ébeliure 
quatre cens quarante. Aucuns hiftoriens tiennent qu'il faffembla vne des remps. 
de , & infinie multitude de peuple vers les parties feptentrionales de 00/6 lin.7. 
Bonie , aufquelz fe ioignirent les Suëêues qui habitent le long du ch.22. Cefu- 
ue Albis & tous enfemble fen vindrent le long du Khin , & le- renr les Frans 
layans paifé ils entrerent en Gaule rauageans tout , & d’icelle pene- gays & le 
Kiufqu'en Italie, & ce en l'an de noftrefeigneur, deux cens foixante, mans rosnts 
ique le recite Eufebe. Depuis en l'an trois cens , il y eut d’autres Ale- en/emble, Pèy 
qui paflerent le Rhin,& en grand troupe, defquelz on dit que Con- le faplement 
ln endeffeit trente mille pres de Langres‘: de rechéf enuiron l'an d'Ewrrop. b, 
irpaferent encor le Rhin, & furent deffaitz par Julian l'Apoftat 11.0 4muian 
de Strafbourg: encore en l'an 380. ondit qu'ilz furent déffaitz par Marcel.li.16 
F# ij 


_ ce oit Célimirie cité du païs d'Elface.Puis adioufte:Ce qu’entendanef 


À LIVRE TROISIESME 
les loldaté del’Empereur Gratian pres d'Argentudife qu'on penfe 


Alermans (car il parle des Françoysqui f'eltbyent faifis de quelque p; 


des Gaules) qui quelques années au parauant auoyent efté grieue 
tourmentez par les Empereurs Romains, qui en auoyent fait mourir pf 
dieurs milliers, voulans encor vn coup tenter la fortune & fe venger 


torts receuz, paffent le Danube, & fe gettent fur Les prouinces Romain 


& fur tout occuperent la Rhetie (qui eft le païs de Sueue) & la fous 


duRhin, & touttant qu'il y a de terre iufqu au fleuue Athele qui eft 
Ja Gaule delà les montz. Pafferent encor le Khin ,; accupans vne b 
ne partie d'Heluetie fubiette aux Romains depuis la riuiere Ourfe, & 
Alpes felon le Rhin , & par le terroir de Bafle, à + el la Suggonie, 
païs d’Elface d'oû au parauant on les auoit dechaflez. Vous voyez 4 
quelz argumens Munfter , homme fort diligent és recerches de l'hif 


* red’Alemaigne, prouuequeles Suiffes font fortis des Alemans, ; 


De ce voyage 
des Cimbres 
Plutarq.en 
la vredec. 
Marie. 


Orofe.l.s.ch. 


16. Florins 
lin.s ch.3. 


Ce qui aduit. 
100.ans duat 


voir des Sueues, car fil me‘fouuient il me femble auoir monftré qu 
furent eux iadis à qui principalement on donnoit cenom, & tiltré er 
tous les peuples dela Germanie. Mais fur le commencement du ch 


tre parlant d’Heluetie, il femble auoir vne opinion contraire oral 


dit: Nous auons faiét mention en la defcription d'Italie ,| comme 
Cimbres , iadis voifins des Saxons, affaillis des inondations de l'Ocs 
lailferent leurs terres , &auec vne grand multitude vindrent iulq 
Rhin, &le pafferent , occupans vne bonne partie des Gaules à fçauo 
païs maritime où à prefent font les regions, & Villes de Flandre 
Brabant . Et comme encor celte terre ne leur fuft affez aggreable, 
propre pour leur demeureilz la laiffent, & courant toute la Gaule 

drentiufqu'au Rhofne, requerans aux Romains qu'ils leur donna 
terre pour habiter , mais refufez qu'ilz furent du Senat ilz fe ms 
en deuoir d'occuper par armes, ce que de bon gré.ilz ne pouuoyent 

tenir. 

Paffans donc en Italie ilz laifferét tout leur bagages aux Alpes, nes 
uans fi foudain le trainer aueceux, & mirent fix mille hommes po 
garde de leursrichefles:or ceux quiauoyent pafféles montz eftant 
aitz Cefar penfe que desautres qui refterent, fortirent les Aduatiq 
la demeure defquelz eftoit entre les Tigurins, lefquelz font à prenfe: 


da natiniréde Vraniens, & les Suiffes . Soit que ce foit & comme que l’on pur 


noff. $.Ces 


Æduatiques 


Jent effimez, 
eftre ceux de 


Befleduc, 


gine de ce peuple fi cft-il pour tout refolu quelesSuiffes ne font poir 
Heluetiens defcritz par Cefar, encore qu'il habitent leur terre ;'ains 
Alemans,& du païs Sueuien, ce qne nous pourrons recueillir par leu 
gneurs, & Princes defquelz nous parlerons cy apres, auec la diftribu 
des Cantons, & ligues & auqueltemps ilz drefferent J’eftat de ieur 
blique:Laquelle reffent fon eftat populaire & toute contraire à laft 
rie de Venife: Car tout ainfi que les Venitiens ont vn chef fouuerai 


- à plus le nom, & parade de grädeur royale queles effectz;au contra 


Suiffes ne fouffrent qu’il y ayt Duc, ny feigneur entr'eux l'vn plusg 
que l'autre, leur fuffifant qu'ncealliäce commune conioigne, & tien 


Ltéleshigues 
jwutce peu} 
d-cque cela 

mochtrepren: 
sont ny Duc 

huile dire auc 

jineurie de 1 

neminéce, mai 

iomme nous € 
bousles Roys 
kont efté oui 
je biés, 8 priuil 

s cantons qui 

denoftre feig 

ingle:du refte 


Quel a fé! 
LES ont fou 


Princes, 


ipeut,ils le reti 
n Empereurs. C 
tns de Zurich, 
as come durät 
ineurs Alcmäs, 
Het leurs limites 
Suiffes de trois 
it dés cetempse 
nfpirer contre] 
ommes, & que ce 
ucde fauoye, & 
Suife,ne veules 
misfuiertes à fei 
ousconfeffent bi 
mans la race des 
iportoyentti} 


Sa0yent en pou 


Spruileges des 


1 DE L'EVROPE, 207 
Lifiestigues des cohfederez, feruäc celte voion de Roy, Doc, & Pririe : 
Aiputce peuple. Et quoÿ qu'ils aillétau féruice des Princes cfträgers 
ce que celane fe faitique par l'accord commun detous , affa qu'au: 
mrentreprenne de ufurper feigneurie fur fon voifin.Et toutainfi que 
s'ontny Duc, ny Prince qui leur commande,aufli n'y a-il. Canton qui 
fe dire auoir la furintendence fur les ligues, fi l’on nevouloit dite 4 , 
égneurie de Berne, pourra uoir l'enfeigne generale du payseuft cefte La feg\de 8er” 
weninéce, mais elle ne fertà ceux de Berne que d'honneur fans autori. °°" r4/= 
ipmme nous en pouuons dire de l'Empereur, quiés ceremonies prece ‘74 e#tre 
bous les Roys,fans que pas vn confeffe luy deuoir obeiffance.Les Suif les suis. 
sont efté coufiours bons Chreftiens, & defenfeurs del’Eglife Catholi- 
g.biés, &c priuilèges d’icelle,çcomme encore on les voit eftre, fauf quel _. 
santons qui de noftre temps fe font emancipez duioug de la berge- **1* Cathe 
denoftre feigneur, pour fuiure les refucries;& erreurs el'impoñteur /7*°© we 
ngle:du refte de leurs affaires, lifez le chapitre qui fenfuie,. pt dus. 


À Quel a fé le fuccez, des fesgneuries d'entre br Saifes;c comme x 
fe font foubftraitz, de l'besfance des Empereurs ç>- de leurs 
Princes. Chapitre 37. 


EX V parauant à cefte braue, & belliqueufe nation dreffaft 
V 
Yon 


ME celle affocianion qui lestientiiezenfemble , lesSuiffes i 
f À obeifloyét à l'Empereur, mais le difcord. & guerre qui *” quel fes 
PNA) fut entre deux contendans à l'Empire, à fçauoir Louys ‘°7"‘ret les 

JA de Luxembourg, & Federic déni té che Les fuif 948% entre 
ere les fuiuiffent le party de Federic,aufli par fon moyen pe des Suis, 

Apen,ils Le retirerét & de fé obeiffice,& de celle qu'ilsauoyétportée “à 
n Empereurs. Ceux qui le fauorifoyét furét le Côte de Hafpurg, les ha 
ns de Zurich, Vranie,& de Schwitr , qui proprement fôtles Suiffes: 

ascôme durät cefte difcorde,chacun empietaft fur l’Empire, & que les 

meurs alemäs, & voifins de Suifle pefchaffent en eautrouble ,& efté- 
ét leurs limites aux defpés des plus foibles, durät celte gr£de côfufé Cefle confede. 
sSuiffes de trois Cantons firent ligueenfemble pour troisans ; & ce »r55 fur faite 
i dés ce temps que le commun commença fe fafcher de la nobleffe , & l'an 1251, 
mfpirer contre l'eftat des grands à caufe de l'infolence d’aucuns gentils- 

ommes, & que ceux de Berne, & de Friburp fe ruerent für les terres du 
juc de fauoye, & fe farfirét de quelques places , Ceux qui tratét l’hiftoi- 

Suiffe,ne veulent accorder que les vallées de Suifle, & Vranicayét efté 
maisfuiettes à feigneur aucun,ains purement reffortans de l'Empire : ils su;fes n0 fube 
osconfeffent bien que lors que l'Empire tomba ëntre les mains dés A- serz d'antre 
mans la race des Pepins en eftant defcheuë , les gouuérneurs desterres que de l’Em= 
iportoyenttiltre de ducs, & Comtes fe foirent feigneurs des pays que pire. 
Kaoyent en pouuernermnent : mais les anciennes cirez &'valées receurét Ho 
spruileges des Empercurs: aufquelles fut permis de 8 chacune en 
si Fi 


mme ma pere 


s LIVRE TROISIEME 
Federie 2 .d8- fa liberté, léix, &'couftumes, depañdans de lafeule autèritéimpeiiqi a 
ne des immu- qu'ilz preuuenépar la Confirmation des pruileges dônriez aux Suiffes 
mitex aix Vraniés foubz Federicfecôd, A legrace:1225. Ornedif: 
S'aifles. pas fanscaufe que lés gouuerneurs felon la confufion des temps fieftoi 
faits proprietaires des terres commifes foubz le gouuernement: car c 
de là que fortit ; & prôceda celle grand difcorde qui à duré fi longtem 
entre les Suiffes, & la maifon d'Auftriche.Car les confederez tiennét q 
‘‘iamaislesfeig:d'Auftriche ne leur Furent feign.finonainfi qu'ilz veno; 
enlcut pays comme gouuerneurs au nom dés Emp. Rudolphe& Alt 
aufuelz & nonaux Auftriens ilz fe difent auoir fai hommage, tout 
qu'aux autres Emp. & Roys des Romains leurs predeceileurs : & «4 
ainfi qu'en parle Munfter qui ne veut figner ceft article de recognoif 
ce les Suiffes ayét efté fuietz naturelz & legitimemét de la maïfond 
‘ftricheymais Nauclere en parle vn peu diuerfemét,lors qu'il dit ainf 
©" |, trouue queles Suiffes eurent premiéremét debat auct les Comtesd: 
Nauclere és bourg, puis aux comtes de Hafpurg, & en fin côtre les Ducz d’auftri 
Chroniques Caron dit qu'vn certain Comte de HAbUE ayant vn fien chafteland 
S°7r4510 44e bitaine du chafteau déValeftroit,homme affez enclin aux femmes, led 
feftant ioué peu honeftement auec vne des fuiettes du Comte, deuxd 
—. freres de cefte femme foupçonnäs le faié occirent le Chaftellain.LeC 
wolre des Suif° te voulant punir les meurtriers,les parents fy oppofent & fe reuolte 
fes, d'en ca8- :côntre leur Sei neur,& ores vn;tantôft vhautre fe mettät de la partit, 
Je. fin toute la valée farma, & fe ruant fur le chafteau d'où le mal auoit} 
*  fource;leprerinent & rüinent.Et peu dc temps apres fe‘ioignirent les 
» bitans de la valée d’Vri,puis les Vnderualdz,mettäs en auant,commei 
Quel °4508 fuportablement ilz eftoient chargez detailles, fubfides, & impoftz,& q 
liguez, le pre fins aucun ref pet hônefte,les gouuerneurs les traittoiét plus que tyr4 
mere fois. niquement.En l'an donc de noître fèlut 1306. les Suiffes feirent leur pi 
… miere ligue & confederation, ceux c'éft à Içäuioir de Schuith, Vré&\ 
Munfler lis. deruatd auec proteftation toutesfois de ne preiudicigren rien les Di 
32 de Ja Cof*  d'auftricheence qui leur eftoit deu de cés,& rente,ainfi: qu'à prefent 
magraph. … yfét ceux de Geneue à l'édroit duDuc de Sauoye. Par ces mots vo’ vo 
. \ que Nauclere fait les Suiffes(par leur confeflion propre) tributairesdi 
. maïfon d’Auftriche:Mais oyons Muniter: 11 fut iadis de couftume {4 
il ) que le Roy des Romains enuoyoit des Juges,& gouuerneurs aux 
tez & valées des Suiffes, qui leur eftoient immediatement fuiettes : & 
«commis eftoient efleuz & choifiz d’entreles plus remarquez noble 
tout le Païs,& qui par ce moyen;donnojent la charge du gouuerne 
ä'd'autres qui eftoient leurs lieutenans,lefquelz n'auoient auçune p 
fanceautre fur les habitans,que de tenir Le fiege, & ouyr les caufes pi 


Premiere re- 


-R deflusfaireiuftice: & çeux-çy-abufans del'oflice d'eux commis, [el 


rentauffi dechaflez de leur chatge. 1: :1: 4: | 
-Maisreüenans à noftre propos, ia caufé principale de. l'alliance i 


Caufe princi- 
paledes ligues S uifles vinfipar Ja faute des Gouuerneurs,& le peuple ne pouuant.fà 
des Suifes. : frirleurinfolence,à quoy lés ay da fort celle contention ia dite, qu 

uintpour l'Embpire,entre Loÿs de Bauiere, & Federic d'Auftiche 


sleBauare po 
fa, &vfanc: 
&obeiffance 
bhevoyant qu 
nc tafehà 
poldd'Auftric 
Miigneurie au 
péderez, quip 
eurrois , & ce. 
hiuiffent en aff 
res, & les Luc 
Quoy que £upol 
gictenant en N 
la bataille efta 
ince Auftrien 
grand mallacri 
nt entrepris d 
sen celte gue 
bnles vns pour 
jeveirent priu: 
iufque alors le: 
jiunt leur defpl: 
ee ne fuffent le 
Comme enuiro! 
aucles ligues, 
me, & y eitans 
Hicirét quelque 
litéque de iuft 
re venger des ç 
les qui ne cerch 
fteferuitude, 
rindrent , facca 
svilles , . & car 
rde liberté , & 
auec Vne fi grar 
neurs: :: C'eftal 
«de fon aduerfa 
Lors receus recip 
nblant de grand. 
rà fecours.les li 
kfendre & chaft 
pre le repos, & e 
btenué parila gar 
l nobleffe cel 
upold archiduc 
koberg, deux ( 


/ ‘: DÉ LMEVROPE.: 
eBauare pour preualoir &fe. garder de fon ennemy éfcriuift aux 
it, & viant dela puitfance Imperiale. les affranchift: de tonte fuiet- 
 gobeiflance. promile à fon, competiteur, La où le feigneur d’Au- 
Lhe voyant que ceux qu'il tenoit pour fubiets femancipoyent de fon Commeles 
Gfince tafcha de les chaftier, & contenir en deuoir , tellement que Cantons effe- 
Loldd'Auftriche allié à la plus part des fcigneurs qui tenoyent quel: Dent affethie- 
figneurie au pays Heluetien, feit.la guerre aux Cantons, liguez.8c ex. 
néderez, qui pour lorsne furent que trois,iaçoit queles Bernois,, les 
arrois , & ceux de Bafle fulfent de la partie , & que ceux de Zurich. 
Lüiuiffent en affeétion;fieft- ce qu'ilsdemourerent au commencement. 
res, & les Lucernois embraffans le party du Duc d'Auftriche, 
Quoy que cupold euft les forces allez belles, & que le Comte de Straf- 
gietenant en Nuchlant vint auec armée fur les Syluaniens., fieft.ce Cefle baraille 
ja bataille eftant donnée pres le mont Sartel , & lelongidu lac Egré 4dwine l'es : 
ince Auftrien y fut vaincu, fon armée deffaite.&.luy misen fuyte nô 1315.44 moys 
grand maffacre de fa gendärmerie, moins n'en receuans ceux quia+ de Nombre. 
ent entrepris de leur donner [ur la queuë..Ilz f'efcoulerent quelques | 
en cefte guerre des Auftriens contre les Suifles, laquelle caufa que 
bnles vns pour fopiniafter à;vouloir furmonter, & affuiettir les au- 
kveirent priuez de tout droit de puiffance;/& iurifdi@tion,combien 
que alors les Suiffes euffent fouffert, & conniué le gauuernement 
junt leur defplaifoit) des Princes : quoy que ny le Canfederez,ny le 
ce ne fuffent Je motif de ta derniere efmotion , &entendez côment, 
Comme enuiron l'an de noftre fcigneur1385.le Duc Auftrien eut fait A 
auecles ligues,/aduint que certains marchans d'Autriche feretiräs à |. aufe dela 
pme, & y ettans receus citoyens, & enrollezcomme bourgeois dela jet 
feirét quelque defpit au gouuerneur;lequel vfantpl’,peuteftred'a 4. suis. 
nitéque de iuftice. feit pendrelefdits Auftriens.en defpit &.comme 
rfe venger des confederez ;aufquelz il vouloit le mal de mort, : Les 
fs quine cerchoyent pas meilleure occafiô pour.fe deliurer duioug - 
fte feruitude, prennent les armes & vont aflieger Rotemberg, que 
indrent , faccagerent ,:& de nolirent de fonds en comble:& plu- 
Ms villes ; & cartiers fallierent deflors aux confederez , meuz du feul 
rdeliberté , & fe fafchans de, fouffrir fi longuement que onles ma+ 
Hauec vne fr grande rigueur qu'ilz fe plaignoyent fouffrir parles gou- 
jours: :: C'eftalors que.tousanimez, & ne fouhaittans.chicun queda 
de fon aduérfaire, & tousme cerchans que les moyens de fe venger 
rs receus reciproquement, feirent gräd amas d'armes: & l Archiduc 
nblant de grandes troupes d'alemaigne, & les Suifles ne faillans d'a 
rà fecours.les ligues,,06.pour fortir.de leur pays,ains feulemét pour Zupeld 4: 
‘kfendre & chaftier côme de cour l'Autre Fil venoir pour leur chedu occis 
arr Le repos, & empcfcher leur. 4$, Labataille fut donnée pres Sem en baraille : 
ktenuë parila garmifou des,céfederez, &.en laquellemourutprefque par les suifes 
h nobleffe qui:tenoit le party. Auftrien en; Suifle, 8: où fut oc- l'an 1387. 
upold archiduc d’auftriche,le Marquis de Hochberg, le Comte do 
kmberg, deux Comtes.de Sierften, & vn des Gomies de Zollerniè. 


re _. LIVRK TROISTEME | 

encore en fuyant il y/euft vgrend nombrede nobleffe prife partese 

fes, lefquels en firent on itoux carnage . Ce fut à | 

caufe dél'obeiffance duniée, quels Duc auftrien fe plaignift déçu 

deuant l'Empereur Chartes quatriefme du nom : mais tout celanes 

feruir de rien, veu qu'en fin tous les Cantons flaffocians, femancipers 
detafuiettiô du Duc d'auftriche, & de l’obeiffance de l'Empire, nee 

:ghoillaus autre feigneur.que leursrepubliques:&c fe côtentans de l'a 

des -roys, & amitié des Princes ne payenttribut à aucun, 'pluftoft rca 
penfion-deplufieurs,& font venus quelquefois iufqu’à telle gloire # 
folence.que de ce nommer les fleaux, & chaftimienc des Princes. Cosg 
.res durés l'élpace de plus de cent ans , &.Fallumät le defir de vaincred 
rs 2. Cofté pourregner,& de l'autre auffi pour ne ne fouffrir d'eftre mailtrif 

cu Fe peuplé induit par fes gouverneurs, oftant toute (orte deiurifdi@ion, 

ni #4 (a en fin l'éftat populaire, ou(pour mieux dire) le findicat des anti 
free enwiro portans auxancions eftatz des cauloys , & entrerent'en cefte ligues 
ROBES, tesfuiffes;veux de Berné,Zurich, Vre; Fribourg, Lucerne, foleurre, fi 
1440: fufen, Bale, les érifons, & Sedunois qui font en lavalée Valoife, &: 
Los on 60 eompris four les füiffes.Ie feroy trop long, fi i’alloy compter parles: 


fre les Suifés us Jes guerres fufcitéesentre les fuiffes, & les autres valées,à caufe del 


Ho an sus, baye des. cal, &fiie reduifoy en memoire l'appareil de guerre faitp 
cefut lat Daufin de France ; qui depuis fait Roy porta le n6 de Louys onzielie 
1444 & des rencontres euzpres de Bale: % ne fuis deliberé de reciter les 


Charlesde qui efineurét Charles dit de Charolois dernier Duc de Bourgoig 


BeWLIBMe de faire la guerre aux füiifes, & comme deux foisilz levainquirent et 
vases de paille à Granfon, c'eft à fçauoir, & à Morat, ou ce grand Prince perdit 
foss Par les bon-heur & reputation de bon condu@teuren guerre. Ne me fertày 
d miffès,l #7 _ pos de racompter combiemde fois cefle nation impatiente de fupol 
1476: N4%- qu'aucun la manie autrementqu'à fa fantafie, a eu affaire contre les! 
clere Philipre de France,à fin de'ne point efüuciller les anciës regrets, & renouueller 
de Comines, playe ia prefque oubliée, pluftoft fi le lieu le requeroit,& & le loifirt 


le permiftyvoudroy-ie m'employer à deduire deüment, & bien au li 


auec quelle loyauté, bonneaffeétinn, haftiueté,amour,hardiefe, & a 
ftce inuincible, ilz-ont fecouru noftre bon & trefchreftien roy, dur 
la calamité des troubles de ces guerres ciuiles,qui ont énuelopé l'heut 
larrance parmy:la commune mifere de prefque voutesles natiôs del 
rop.Bien-diray-ie en pañlant , que le foldat Suiffe ne perdraiamais ce 
#om en France;que fil-y a quelque vertu; contingnce, & modeftié 
cordes inteftines , & q les guerres ciuiles n'aportét à leur queuétou 
“ folence, & impunité de mauxile Suifle feft monftrétel,que là ouila 
©: meurééen garnifon,encore l’hefte le careffe,_ & ne peut luy vouloir 
: foitique la vaillance de l’hemmelumblaife, ou que la courtoifie &b 
». 1 naturellede ce bon cftranger luy (OF fur tout autrsagréable. Enfof 
.Seux quifont ficharouilleux,. &-efquels ne trouvent rién de parfä 
Jeur fantañie, nefçauent direautre cas de cefte nation finon qu'elle dll 
degroflicre,& Barbare:Lenefçay qu'eft-ce qu'ilz apellent rude, vetl 
ie voy les Suiffes forteccoftables, &-humbles prefts à obepr, _. ‘ 
in fuportal 


foysvaillant en 
(An e,obeilfant 
Rlofice d'vn b: 
paonde fuffent 

ple, c'eft qu’ 
pnmei ay def: 
drderemplir fa 
Bluy.qu'on ne p 
Hiefçauoir, & 
emans, Angloi 
kon de laquelle 
auf bien qu'à p 
Kpar le moyen 

onftrer plus fi 

sou pluftoftre 
x, celuy quile p 
futre les Suiffe 
tlerefte eft go 
ontmigiftrats e 
Hull l'apellenc 


dient, il» 


pv de à MR 
ff A6 4:10 
bé. + y "ve L 
ar 

M, r D 

FA 


| | DE L'EVROPE.: ioÿ 
ihportibles ça e5mandem£t que l'on fçache:I] eft vray qu'ils ne font ny 
dura diaprezsny parfu mez,qu'ilz ne font point upériitieux en l net Mœurs des 
Mexerieure du corps, que la greffe, & la fueur, la pouffiere , & le-haîle Swifes re 
Blesambres Be ciuettes,auec lefquelsilz fe prelentent deuanciosRoys: vs [ons à 
elesaux oignons, & viandes de fermblable delicatetfe font l'ornement pry£wr. 
Leurs sables, & leur gite eff la serre, leur couuerturete Ciel , & leurs 
Lies, Les eh « rauines , & rempeftes. Auffi font ils bons 
Alan, & telz qu'eux pluñeurs des noftres, qui reffentans l'homme, & ce. 
by qui cit vrayeraent martialn'apellent point rudeffe , ny grofferie que 
jat fçauor lamignardife , abhorrer les molleffes, & mefprifer tout 
qui peus efeminer l'homme, fuyuantla vertu foit en temps de paix, ou 
mnt lctrauail de laguerre. Maisquoy ? fi le Suiffe nel mignon, ny 
proys auiugement, & (ejon tamefüre des damerez, il eft à tout le 
pigsnes en fon.ame, loyal en fa parglle, conftant en pramelfe , ferme en 
boy,vaillant en guerre, païlible durant Le repos, craignant Dieu', feruant 
mile,obeilfant à {es fuperieurs, fans noifes, debatz, ny querelles : fi cela 
(office d'vn barbare ie fouhaiterois que tout tant qu'il y a d'hommes 
inonde fuffent compris fous vne telle Barbarie . Va feul vice gafte ce 
mple, c'eft qu'il boit fansraifon , &aymele vinoutre mefure, & qué 
hnme i'ay defia dit )à peu de pris il fe louë à efpandre fon fang pour ef- 
girderemplir fa bourfe, car autre chofe ne voy-ie guere que reprendre 
luiqu'on ne puiffe auffi bien marquer auxautres . Je fuis Mmarry qu'a 
x le (çauoir, & bonnes lettres celte nation ayt humé auffi bien que les Mit 
mans, Anglois, Flamans & Françoys le venin d'herefic, & pour l’extir. P#f% des 
pon de laquelle,ilz fe font entre-chatouillez de noftre temps par guer. SE: deuen® 
jui bien qu'à prefent nous faifons le mefme pour femblable effeét, Er Z#7glens 
par le moyen des Zuingliens,qui fortis de la Cabale de Luther,pour Sont vairens 
aonftrer plus fubtils que leur precepteur,inuenterent l'erreur facramé ?# les Carhe 
sou pluftoft renouuellerenties foliesia chantées , & niées par Beran- !*7#: l'an 
r,celuy qui le premier doubrta de la verité &realité du faint facremée, 1530: 
otre les Suiffes ceux de Sy6 font fuiets à leur Euefque,là où prefque 7% S#r'e 44 
tlercite eft gouuerué par les feigneurs qui tiennent la police desvilles lplement de 
atmigiftrats efleus.pour te maniement des affaires, Or les Sedunois, Vire 
fall fapellent Valehens,à caufe des valées qu'ilz habitent,ou comme Zusngliens 
htres dient, ilz portent le nom de Valerie cité, qui eft lelieu de Syon, ghent les 
kSedunum,où à prefeat fetiennent les chanoines:& eft diuifé ce pays S#6s 
aule, & bas Valois, les vns parlans Sauoyen, & viuäs fous communau- D'eu font ne- 
bsautres Alemant, & füiets à l'Eucfque.Et iaçoit que ce peuple loir af: °° les vale 
gracieux aux eftrangers fivfe-il d'une grande rigueur, & feuetité en- /7: > © Se- 
hlesfiens mofine:entant qu'ilz ont vne couftume fort aricienne, & re. %#70*. , 
Edéslongtersps te peuple l'aprounant, &.qu'itapelle Matzen en fon 42 La 
pee, Or ef ce Marzen voe Malque; & figure d'homme faire aucc Le Pete de Ban- 
kde diformité qu'il ef pofhble de voir, & laquelle eft entortillée, ou mifèmene, 
K des farments.de vignes, ou des racine: enlacées d'arbres: fi quelque 
homme eft defplaifant au peupic,i moyen de lechaftier eft de luy 
prendre douanx fa poste:ce Marzéslequel n'y eft pes frtoit pofé, que 


Pen. 


ment, 


Jules sdi 
Je tenans es 
bonrgades. 


Lucerne 


quil 


énv 


guad;c par 
ui bafise. 


À 


e , 2 


enc'ainli fans au 


LIVRE TROISIESME 


te nde court{ür luy:le chaffent de fes biens, & bapniffene pis 
à pare Hope UtaA ubflance. Ne penfez pas toütétfüis » Qu'il 
Ê lifaus aucune rdllon , veu que Ca uére ee ae 
 n'éftmis dériant vae MAlfOR que Ie maiftre d'icelle né foit remarqué 4 
| de eine uyl antiurildition,ny ville, où l'on n'vfe de ete fo 
oftracifme & profcription & vù les Magiftratz ne peuuent empefehe 


que fur l’eftomach, foit que cela procede delatrop gr Atos 
€ exCcroiiIA 


vupofé la plu 
ns 
peilz furent c: 
muernethent, 
ar ks Emperé: 
pion d'Auftri 
auellé dure er 
 Zuingliens i: 
jidifputer de 
urde celle di: 
miniftere def 
mierle baftim 
uonla vueille c 


us luffit de dir 


buis, & fans y gu 


os Catholique 


fees. Fribour 
me qu'autre vi 
igneur 1152. par 
incement à cell 


dechefdes Su 


s,bién policée 
Knetenoitaue 
que fi flourifla 

teencor, & en. 
: eurie, & cé pa 
Hhold fut fort 

leen celle preig 
Viour allant cd 


“étés 
Pb 0 
MAY, 


ff : DE L'EVROPE,: :;:; 210 

pliant, n'y peut guere meurir,à caufe de la froidure des Atpes, Zwrich fort 

orrencorles Zurichiens le cc:ntentémét du Lac fur lequel leur cité eft snsiemne. ve 

Wie, En laquelle jadis:y auoit comme la figure d'vn Senat à limitation Cefaréx Ce. 

Romains anciens,mais d'autant que le corps de celte affemblée eftoir mer. 

wupoléla plus part dé lanoblefle & des ps puiflans du païs,&queces …. : 

.hifoient & manidiét tout À leur fantafe, & fansefgard du finie Peur 

pile furent chaflez, & l'eftat changéen vnéautre forte, & maniere de 
auernerhent,& ce enuiron l'an 1336.Cefte cité a fouffert beaucoup tant 

pris Emperèurs que les autres Suifles, à caufe qu'elle eftoit alliée de la | 

fond’ Auftriche:mais en fin fereconciliansenfemble, feirent laligue, ; 

quelle dure encore à prefent, quoy qu'elle fut rompue du temps que #” ich affi 

s Zuingliensinfeéterent& Zurich, & Bernede leur venin, & qu'il fal-£°° P4r les 

fidifputer dela religion par les ares, auquel confit mouruft le fe- 27%. 

urde celle diféorde,à fçaucir Zuingle,& plufieurs de fes compaignôs 

miniftere def'hercfieia femée . Dequoy me feruiroit de vousallericy 

Kiterle baftiment de Soleurre qui ne fut iadis qu'vn chafteau, iaçoit Ÿ oleurre an- 

s'onla vueille dire des plus anciennes qui foient en toutes les Gaules(I], 2%: 

husluffit de dire que le paysy eltant fertil,faufque la vigne y croift fort 

puis, fans y guere prouffiter,les hommes y font gens de bien, fimples; 
Catholiques, & tels qui n'ont voulurien M relueries Zuin, _ , 

bennes. Fribourg qui elt aflife au païs nommé Nuchcland ; eftauffi mo- 7” sbourg 213 

ie qu'autre ville Suille entant qu'elle fuc baftie enuiron l'an denottre Ÿ# blad,par 

jeneur 1152. par Berthold Comte de Zeringhen: lequel donna auffi cô- 7# bo. | 

méement à celle magnifique cité,qui fembleauiourd'huy porter letil: 

dechef des Suilfes à fçauoir:Berne;grande de‘tour, fuperbe en bafti- 

ss bién policéc, &'ayant en (oy toute chofe digne d'vntellieu, fil'he- 

netenoitaueuglezles yeux des feigneurs quigouuernent vnerepu- : 

que li Rouriffante.Elle a pris fon nom,ainfi qu'on dit des Ours qu'elle 

teencor, & en.fes armoiries, & enldmonnoye coignée au nom dela 

L eurie, & cé pâr accident plus qu'autrement,çar côme le bon feigneur 

hold füt fort donné à la challe, & euft deliberé.de faire ediher vne Berne pier qué 

keen celle prefque ifle fur le fleuve Aar,od-à prefénr eft alhfe Berne, il ferdéce Le 

wiour allant courir le Cerf.la premiers befte.que nous rencontrerôs, cew/e de for 


pifoffrirapour nous donner lepafleremps dela courfe, donneraaufsi nom." *"" 
om dla villequeieprerens de fonder en ce lieu. ; is 8. de à 
CefurvnOurs de premier quifur & pourfuiuy & prislequel fapellé -:1: 11" 


ménlangiie Alemände, &afide hiyla ville efténphaucéeportale +24? 4 
de Berdé, laqualica cRéquelqueréps fous. Ja main de L'Empire. par 
hritid dé Berthold cinguistinssisquel defpiré pour la mortde fesen. 2erne donnée 
énpnifanazpot a fiable fe 4u payoon ingefitl Empereur Federic à l'Empire 
dqui laripticonmeufli les Bicoseurs fous La foy,.& homage des l'an 1218. 


Pons. Vois pra Ja em AS dyulac, de. s Gal cité 


Minoëcee i5é acemmesnsé par d'henitage EontIAué EP Ah ditred'um s, 
lepraienbnemuiense dolor ie fnefE PONS 2 PRE Ba gl qi narrri} 
lEtsshant infrutis cop pipe ben laloy dé poftre ler lenhalve 


wésiqu afiino an dé Bret R AS 156 ns! 13 ub safe imidrat 4pDe 
S 86 1 


_... Mi,» , LIVRE TTROISI ESME. 

‘0 Lewitlebaflie que futstes religieux y Aourtffanez virféinteté de vie s 
2.5, “étadifion;lesfeigoeurs affine ceffoient d'enrichir te lieti ste “éd 
Quads, Gdl parfuecellion de temps,les Abbez fe font portez, & ‘dits fcigneurs 
fer mie fon: témporelz-que fpirituelz, & ra déz l'anx227. que Conrad Baron de gif 
Lejéigneurie pang:viürpa te tiltre que fes fhccélfeurs oht:mainrénu iufque 
des Alex, d'huÿ. (Ces peuples deS, Gal viuent plus de lait, fourmage ;‘& chaird 
Mouton, que d'autre chofe , & foccupent à filef, wendans:leurs toiles 

léuts voifnstils fontrudes, grofliers , &les moins'acaftäbies des Suige 
toutefdis fort fi..ples, & d’'vnebonne confcience ,:8c font figuez auete 

gutres Cantons, iaçoit que long temps ilz ayent eflé fabierz aux Abbe, 

 pétcainff hommageables à l'Empire, mais par le moyen de l'infoléced' 

uns féipneurs, & aydez par Les Suifles ;: &'ceux du Canton de Glaron 

fe font déliurez & emancipez de-cefte fuiettion: & Ep Ms qui 

Comme eft co aÿétit fait auec l'AbbE fi font les citoyens francs de fhbfides,non fübieg 


fderé le pays diurifdiétion autreque de leur Senat,& lequel contient fouz fon autork 


“faites 5 ,çal. tout le finage encloz'en laligue generale des conféderez. Le pays eft bit 
t... … peupléiles hommes vaillans,& robuftes, & efl coute leur térre partie, 
diuifée en douze communautez qu'ilz nomment Roden, les fix delque 


“k 


purinde Le 
borde nerfs, : 
carré 


4 AR? 

1 14 «1 ? 

un nn : ( 
A » 


mont quel 
pugtes l'y Dai 
pupos plufrét 
pie Corine 
# fsd'vn at 
mont qu'en € 
wbl zauo 
Emmoins fçac 
fefque Homra 
Lou dire qué 
Hincau grand { 
s& les meille 
pren controue. 
biplus long tra 


krque ficileme 


les payent encor tribut à l’Abbaÿe,& les autres feriennent en leurentie 
 &fans récognoiftre feigneuraucun que’leur republique. 
schfif où Quant à Schatfufe quoy que elle ne fut iadis dela contribution 4 
be Helueriens & que elle fe vantaft du nom Alemant, fi eft elle à prefent 
6. là ligue des Suiffés. Or'eft elle baftic le long des horribles precipices 
K'hin ne faifant que fortir des Alpes,pour gaigner la campaigne, & fe 


gite & fon 
parlant dés He 
bighez d'u lieu, 
M (bit la miefiné 
dela premiere 


D'où vit le € borne & fepararion à la Gaule, & Germanie. Et dit-on que-cefteo 
on de Sehaf prift fun ‘iom du mot Schauf,qui fignifie Brebis,. &/pour cefteocal 
fi 
hanfen,des naus que les alemans nomment Schiff,ou Scheff,à caufes 
audt que Je pont fut bafty furle Rhin,on y fouloit pañler fur des batea 
Les Schaffifins font de f'alliance Catholique;bons foldacz, & gens 
| nes au libourage, comme ceux qui forçans les difficultez: da terroir 
dd … : rténduetfertite la terre voïfine de leur cité. 
Bade 65 Li] Pacecftauffi des limites Heluetiens , ie n'entens point parlerdec 
fi a differées que encore à prefent on recognoift fouz le nomde Marquifa: &e Ba 
4 M4r {4 ins die celle qui eft aflife-en Engoye, &laquelieeftant au‘miiieu pré 
Jar de sade. de toit le paysSuifle, eft auf le lieu oùles confederez faffemblent 
AM Aiairerhent' pour y ténir'leuts conf@ilz, eftaté, &c dicres ; Munfter; 
Ft rt quèld'ay et la plus part de cecy, defcrities bains dé Badeies 
_ :. Rins&plañans queon Raéhevoiriæob:il montre temararel peuft 
: che dé ceux du-pays , comme dé ceux qui:ne fe fafthent: ny eft 
s _ quelque familiarité qu'ils voyént qu'on prenne auec leurs fiHles,orrd 
aus Fee fi : “Quint à lamesueiHeute force de l'eau:il en dit de prandes ch 
| es 


“.oinme de rhstre en dudnit Qué elle ia ve fbrcerudmiralsl 


+ 
} 


Î 


+ 


va pauure ma! 


mites Rauracic 


les Schaïfufiens portent vn mouton de fable, en champ d'or pourlé@Alemins , qui 
armoiries:mais d'autres luy donnent fa denomination du vocable Schhrhabiter-en G: 


fütruiné s pi 
emuigne, & flz 


que ie nie pois 
téftoit de a 


ind’: fieft-« 


kenry aytbàft 
red 


' 


Fr Pabate | 


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recéuoir qu 
mire Roy , à 
qu'au lieu, o 


>" 10 

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vdes 

E , . 

1e 

de 


D: : 


L T ni 
, déquoy fil Le 


vu desde. dét PH cohcaptioniabe émis qui fone tédludhra conéoucir, di Ion lon péempéri 


ME femblent cire du cour féeriiés: léfaitiore propre pour: le guerik 


TES 
(ete 


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| | rDE L'EVROPE : ni 
Border 


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poursioins fait il cefte eau nuifible à ceux qui font fc» j' & chauld de-2 
molekion ; 6e qui font attenuéz d'Ethife: mais quoy 4h'iten fait, ces pluf/sres | 
bsont porn fetrette aux femmes , entit qu’elles en font plus por lesfêmes 
Luvées l'y baignant beaucoup pluftoft que les hommes .' Ie laiffe tout j" pourle 


opos plufrét rs chofes (ür le propds des Suiffes &villes Xeux-voifines, 
Betne tourmente beaucoup à défcrire les. Grifons d’vn cofté, ny les Sa 
ris d'vn autre; &'moins m'atrefe à l'anciemmeCité de Coaftance, 
+ à dpi éfplachant les mœuriides Gauldis, 8: dés Germmins, il me 
phcaflez auoir fait, fans m’arrefter à la particularité detoures chofes: 
Enmoins fçachant que Balle eft auiourd’huy tant renommée qu'itn'y 
tefqué homme ayät quelque cognoiffince des bonnes lettres ; qui n°à 
Louy dire quélque tas,ou n'aytvea ce nombre infiny:deliures qui en 
tatin grand foullagemiée dé tous ctux-qr'ryment les fciences libe< 
li & les meilleures lettres. Ie n'ignore point que Mudfter, 8 Rhenan 


+ » 


rtie | 
lefque 


Mriquité & fonders on dire auée l'autorité des mcilleurs auteurs . Ce- 
1 ‘mt dés Heluetiës lesauoifineaux Rautaciens qui ne font detrop 
bignez du lieu,ou à prefent Bafle eft'baftienon qu'Augufte des Rau- 


ton € 
efent 


&e font 


nites Rauraciens , faut voir d'ou elle a pris origine, veu que cé furent 


és hutruinc par les Hongtes, & que Bañlé fut fondée ir Roÿ 
eaiemigne, & filz d'Otton premier#ais lepremier point , comme ainf 


erfs, apoplexie , furdité d'orcilles; cfbuloïffementdelaveus. — 
vus de 34e 


pices Re: lit la mefme que Baîle , eu que encore à prefent onvoitlesruis Bear 
delapremiere , que ceux du païs appellent Augufte, & laquelle n'eft L.3 4 
efte roc pauure mafüure:Or n'eftät Bafle cefte Augufte: &c baftietoutesfois mamie. 


pen controuerlefur le nom , &c temps de la:cité de BaGe;l'vn luÿ don: Augufie Ra 
tplus long trait que l'autre ; mais vous ayät amenéleurs opinions , ie racrenne n°28 
s'entiQs que facilement vousaccorderez à celuy qui vous amenera le plus pernt Salle, 


tu + 
hen og 


à Ger- 


Aliens ; qui du rémps de Valentinian Empereur: paflans lé Rhin Gef Henry re 
rhabiter en Gaule, rumiérent Atgufte:mais vicy, comme Rihenan groit l'an de 
He, Eln'y apoint défaultd'aucuns qui dient qu'Augufte des Raëras grace 920. 


roi que ie nie point, fçachant que les Hongtesachederent de demolir ce D'où vient le 


pri recéuoir qu'elle nomméc Bale, ou Bafilée dumot £fearike 


qu'aulieu, ou à prefentieft Bafle on auoit coufthmede pañfer la ri- 
Mr battle le roût n'y eltihi dreffé encore . Le se gp 
TT U DU es ainetié ne (Gay quelle membire d'étiquité, ou ilidit. 
; Baie fut'baftie par lésaketans, achez dts inconimedirez fouffer- 
"LD ul ra a pe de lt ro 


no ‘à 


bres, 

nuitée | 

ar eus villes ; 8e Cülonies d'aucune Gredue apella- 

, dequoy Fil fe tcos je 1e mel raporte ts it ernêt desiplus doétes, 8 
frtongiemerit verté éri l'hiftoire. Mais oy0s Munfter en fes raifons 

dns F'illa quelque ecrtitude pl buis +"gt cinus 
g8 1) 


SrAoit de baftimens à augufte ;‘ainfquele norent & Reginon ; & nom de Bafle 


ass 5 


deonnd : ft-ce quele fecond'articlé ed fran eflre accordé [lon Rhens. 
Le Baenry aycbafiy Bulle, quey quifl'aytembell cnégratie, Rene EL DS 


| LIVRE TROISIBME sd 
4 Là  omdlets M Ce: uere:grandKontenta 
\Ælemantbs. ne; ciricne mines rm enne À AT A EL 
iTewrs © _ rent que de fa feule opinion finspreuueid'aillqur, Éedrd ant TS 
£ démlif rdubätinnent deceltecité Bafiliennie. 11 eft v RE El 
féuride Bale. aliequé ar Munftér, à fatoi fou lc regne de Gratian & Valentin 
care y — " dre 82.on cognoiftraque ce furét les Ale qare qui L'edifiere 
pre inf oeR Leman cferit) mais lediferent eft a 
. , F ! ga: \ larivicre.: EU Di cr, € à %: co DU" 4 
sn 209 AL 6 NON AU l'année 
té d'Aisimiam Marcälfin, duquel telles fonc les paroles, l'annee 
Soyuft Gas ace Le Apec inperiale Baule Go Ya 
ep nr ruibé Re Re A Un 
ere ses nt Ce 
” : À A: as O0 ET 
| ce,on receut les nouueile du Gouuerneur | . ie se à B fe dl 
AL A a ON vOIr X-que B:ile. elle 
faiete receuéen Mlirie.Par ce texte d'ammian on: ln RU 
iabaftieauañtquelésFrançoys ny alemanstinffent l'Empire, + au. 
arme 7 dedéfor cesen quoy, ençor ae ne | AE 
luftoft ctoire Rbkñansyen qu'Ammiao ne.domie aucune raifon ; 
‘4 fe de’ cotedréhriauentautemps de l'Edificai:onil nous appertal 
gts sh Maniter allegue d'un Felix pad ds six 
dsl cowt mule dé : Bofle:du temps (dit-il) de. l'Empereur! 
Felix Mableol pe promet ons fat Ja pd nes: RM 
peloitla grand augulte-Maisc Roy Héry pere d'Orthon 2; la rebulh 
[ re- Peloitlagra 4g ‘la cité de Bafle.Icy on voir encor de la di 

«Ærnow & tranfporta oùtprefenc eft la cité de Bafle.Icy on voir en A 
ro a culté lentant que cefluy .cy fait mefineças de Bafle &.d'augufte,m 

race 897. i 


‘ eparée,il appelle g: 
4 Ç desruines de J'vne, l'autre fuc reparée,i es 
Coûe courfé fe trôpancen ce que ' 


L.30. : 


Augufte,comme siofi foit qu’ammian n'en Faune penuon Ë ju 
: ns 2 pa: allegue le fort bafty pres de naîle pourtenir les Alemans en 
aautnt | an s 


iO0. bat 
cluons ; quelquefois  henan fait mention. de deux forts 

cé trs pes bord du RhiS au lieu nefme ou à prefent cft age ds 

pee sinGil pourrait ay derà l'apiniô de Mallrohfi le lieu A 
k: fhoit encor en piediqué pefonnen’à pris D du AR. d pi 

tél dire die inf il fembleroit que i 

cné eft-du tout Alemande, & par ain du fe GES 108 

my les Suifles, mais puis que Jes Bafiliens font de la ligu 

onfede tion Eleluifee & uit alliance de ec PAMPAIEUrES ir 

si ai] delibertéienayr faiét aulli confience gels enselopes em Se x 

A EL de en de 
Fa we {se on fe "1 1 M FISISOLTE MORTE LR EITRE 1 

PO po A Le alt a La 

; _mentén fecvliant Je ioug desouregheiffancess reçeu es at ! 

Ja! fourif :iet,8cn'a fait di SA Pr a 4 Fr 

en vainer ir skis En ii bte ALL de ARENA 

© impr béaulieu-pour l'Imprimerie &où Le fe eos d ÿ ne 
merite. "Nilgside F Euro pesfoir fou miléav ne $ 8 I 
 Slitdeda boy quecelle qu'on norta Balleidepuisg 


Root 
cdréla repurhélion defiuf 
Bed fon patralbihhge st, 


. . + 
lt So 


. PCA 


ins, & lefqu 


CRÉBTHRIRRE 
Mqueluy mel 


pe Flamans, 


rlehombre 4 
l'orgue] d’Vne 
k d pars ilz' o 
foire qui no° e 
blimité pour no; 
Wiepres de l'O. 
voi fins de Ia m 
bpetite, & le nô! 
moiffent les Hoi 
par l'efpace 
ble, & aioufte ] 
Dos, direz vous, 
{vous voyez 
kdbordant de 
nt les premiers d 
nlamarine fayi 
Teutons fortan 
dde l'Ocean fe 
Rule , & ayant 
& du tout affoib] 
lite defquels fes 
l'énallerent, ain 


Me Tournay , © 


ont eftimé que c 
Ltclque pare q 
‘que le pa sc 
demeure , : (Çe 


ina & Duché 


Cu parlé difant 
» &quel nom 
tiges eftoyerse 4 
r'allichez de 1 


te on lo 
ke s |: 


Lol 


USE LEVROPE, 


ati 


qutes &iuHfdiétion dés Heluetiéns, delquelz'les Rauratiens eftoyèr Cr t'ideé, 
Dis, & lefquelz lefdits Herdètrés folliciterent à l'irmér contra Cefar, €Aw 0 


quéluy mefme telnoïgne en fes éoipmentaires. | ” | 


A1. 
L 
| 


à 5 


WE SN TA, S TEST à CLS 1 
F-pe Flamans, leir origine mœurs, G* façons defaire. Chap: . DRM 
ie LÉ E EDS HAL Ve cONUS FE ést À 2214 Pax Tite Liue 
pose VTeft l'honime n'eflantque mediccremehuyerfRen 67. Fhrel3. 
SC l'hiftoire,qui n'aÿe fouuenr leu, & ovy retômmercés :h.3. 
Cymbres, jadis l'eftorieniér du peuplé Rérmäih, comg ore/6l.5.16 
JS me ceux quiont Vaincu plufieurs drmées fortics de Eurrop. lu.4 
4% Rome ,&'occis vn bon nombred'excellens chefs, & Caie Marie 
coduéteurs de hinobleffe fottie de F'éftoe de Romus deffeis les ci- 
‘ lé ? Etquine fait qu'un fout Csie Marie glorieux bres ver eufs 
bienombre de fes confulatz füreftimé dibne:& ffifantpourabba: veléeparter 
IYargeil d'Une natié tt fieré, & farouche?Mhis qui font ces Cimbres; ke. 
dlpaïs ilz onthabité ille fault Voir A fin Que parläs dela fittode 
boire qui no°'eft en main , nous ne nous efparids plus foingädu che- Tacite liure 
limité pour noftre voyage. Cornille Tacite defcriutla cermanieles des mœurs des 
miepres de l’'Ocean quAd il die; le mefme fein de cermanie les Cime Germains. 
kvoifins de la mettiénent, & poffédeit;laffemblée défquels eft Apres 
bpetite, & le nôbre fort diminüé, mais ou réluit vné gloire'immortelle 
oiffent les honorables mémoires deleur éxcelléce &renomancié. 
kepar l'efpace de leurs limites on cognoit Ja force, & multitude du :.-: 
ple,& aioufte 16 Foy à l'iffue de leurs geftes memorables. Mais à quel- 
hos, direz vous, eft ce que i'allegue à prelét les courfes des Cymbres 
pi vous voyez côme apres ce rauagc, & tépelte horrible de ce peu- S-Æergme 
kdubordaht des lieux maritimes voifins du païs Satonÿées Cimbres 1Â.4 Gerèce 
ntles premiers qui vindrent peuplerlesterresdef'landres, 8 Brabät De cefe deffas 
nlamarine fuyuant ce que faint Hierofmeenefcritdifant: Lanation ‘Ds ?lwt. de 
Teutons forrant des derniers limites des caules’& Germanie pres les l4 21° de C. 
ide l'Ocean fe dfborda comme vne grand'inondation partoute #arie. .#d- 
hule , & ayant fouuent vaincuz les Romains enfin fut vaineué , ba- #+fe: quels 
& du tout affoiblie par C'aie Marie pres d'aix en Prouence , Apresla ©” de | Li 
lite defquels les vhs Feftans retirez en leur pays mareféigeu?, ls du- defiéluz, vy 
finallerent,ainfi que dit Cefar, aux terres desaduates ‘eftleter> Cfir L2.des 
de Tournay , où comme d'autreseftiment Jepaysa - ant ; aur Cém#: 
bnteftimé que ce futfent ceux de Bofleduc: Maïs quoy qu'il en fojt 
lquelque part que foiêt rétitez és pays bas ces Cimbres /f uft-il faits 
'que le pays que À préfent nous appellons Flandres à efté dj: 
leméure , à çaudir en cecartier où maiñmanape font lés contes de 
indà & Duché de Brabant, & qu'il foit Vrÿ ; OYONs cofne 
euparlé difant:Commeil fenquift d'eux qu'elles éfloyent leurs 
 &quel nombre ilz auoyent de gendarmerie, &quel cfoitleur 
» &puiffancé en guerre ; on luy refpoñd + quo plalieurs d'entre 
kiges eftoyerit delcenduz dos éprmainis y qui ap aie idlis VE TR 
;allithezde a fertilité: du:pays , Fy arrfteïcrh eu challnt les 


(LE 


si LIVRS TROI se 
Oihbeste Gaulois qui saparmianme day ges es of ARE iquelz cftoye 
Gaulranpa: jos feulz qui dla mamoire de leurs percnfeftoyent mis en deu 
de Holande pefcher que les Cimbrms ft Fentonse fEHERS sleur:démeure en 
G2rabant, terre.Erau mefmeliure,le mefme Cefar dit que les Germains Faccouft 

moyçs de pañfer le rhin, .ninf-qu'auparauant auoyent fait & les Ci 
stats wi bres, & les Teutons, voulans de là auant fe gettér fur les ProuincesR, 


Lula po einen 4 aotammancés corres voifines du Rhofne. Encore le fiee 
| 4.1, sioux-ladit Cofar difanr:Gämeles sdus 
| R:2.7.11110 parlé) ninfensauec sauteslours forgesau: 


tiques(defqpelz auds cy dei 
ee des Neruiens (quif 
(sv 1 66ux de Roms qu'ils;ourant Ja sauuelle de celte bataille fe re 
1.2 s6n6:laiffansles villes, 3 fortorelles quils-auoyent prilés,& portans 
ui ut leusrhieps en va lieu fortdenaturapuisadioufte, ceux cy ef pers 
L iRméent) 2endur des Cimbres, & Teurons ,iefquelz pallans en Italie ; lailferey 
… ‘dhbrikge, Milehommes pour le gade de lours bandes: qu'ilznspeurent palfc 
is monte: 6e lefquets par facceffion de cempsayant heauçoup enduré 
fautes de leurs voifins, & fait guerre à ceux qui eftoyét pres d'eux fax 
. dans à la fin , choifirent.ce païs paur.leur demeure, & domicile. Tib 
nm ne: Géfaraufffeir palfer:les.alemansen ce païs Gauloys;que nous appell 
a as. Randres.&.qu'ilfoirvray,oyonsce qu'en dit$uetone parlé t Gud:t Es 
apres ceilmità fin Ja guerre Rhetique, & Vindelique, puis la Pann 
que,&.en fin la Germanique, vainquant les alpins :8: Dalmates, & B: 

Ces (qu'aucuns eftiment eftreles Françoys) & durant la guerregerx 

| ‘Morse Ode que de 40000. Alemans qui fe rendirent à fa mercy, il les enuoyaha 
14, en Gaule leur departant lieu le longdelariuiere du Rhin : C'eftn 

_ ‘quoyHoradelôliant Tibere chante ainfienfesvers, 


Le Dammbe,cs- le Nil croient 
LeTigre ondeux, Gr bousllonnant 
Les Sicambres qui f'afouifèns 
Ah fans, © 8 quiperifént, 
diettans bas les arints sayeux 
Honerent ton nan gleriens, 
. Que voulez vous deplus clair, & euident que cecy,pour mon 
le païs Flamant à premierement efté habité Par les, Cimbres ne pou 
mettrea fin leur entreprife de fe faifir des Prouinces Romaine , ( 


| uelz detffrichant les grands boys defquelz le pays eftoit plein, y bal 

id 6 brides à Le Soon encionne des G tan A lexandri 

ant de ecîte nation lars qu'elle courut côtre les n ne lafitp 

Appian A- Hortir d'alemaighe;quand il dit : apuléetbit publier vne loy; laque 


lexand. li... donnoit que toute la terre fübierte au peuple Ronuin ; qui eltoi@h 


des guerres ei Prouince Gauloife, fut diuifée; & partie entre les civaysiear les Cin 
miles, aple Cekique l'en eftoient faifis, & l'auoiét Decupée, Et fil faut 
Heëter en l'hi ten Foy à ce qu'en efcrit L'agnalifte EfcoUois parlant de ie nefc 
foire d'afsf GüMeric Roy de Bretaigec,on vatrà que los Ci 

fe en selle partis de Gaule par nous ta mentionnée, eonfpirexent côts 


“di 


pulsRoy 
prentilo LoPn 
Meur quiiar 
pus Gaule 
mon quelco: 
pfarmins co! 
mpauonsaf: 
ais d'angte 
dt aque vouk 
paut nous fl) 
guge d'hom 


boite fanrafic 
He contre les 
jotez, & que. 
Éoyautél le 
y&de failemh 
dere volée d'A 
it la terre iad 
jel dient peu ( 
pit les Œe 
mencemont qu 
som Flamiane, 
Miln'eft guere: 
is origine, & p 
Gaitpar les ann 
onmez, furent 
sappellent C 
KkCambron:, 4 
)yoient pour 
fers, comme 
joit pluficurs vi 
eloit d'eftre k 
Cetrait de têrre 
inf que dit: Me 


mbres, lei: 


| L'RELEVROPE a 
lé Roy fufdie, & furent de l'alliañce des Morins qui fonrceux qui. 
0 brntle terroir de Terobieagesout-cecy et vray femblable veu que 
Can quiarroufe la cofte: de. Halande & Brabant donns: affez facile . 
do nus Gaulois dese cofté de balerenl'Île Albionne,quemaintenanc. 
nl À MOT PES NRANEs lécenénnisshien s he fait 
on quelconque nÿ dec R.oyiny.du fecours des Gaulois, eu Gym- 
sérmans contre Cefarpourla deffenee dela grand Bretaigne . Mais 
auons affaire dés ibugés de Meicr;nyd'ausre, y de nous appuyce 
hs d'auçun fil'autorité de quelque auteur grauene luy.donne for, : 
un que voulans efclaircir lésrmatieros,on nenous mette {us le mefine. Re er 
Roue nous fuyons : 4 fjahoirde pe-rien-msttre eniou: as. apoir taf?" ua 
Muse d'homme de grande antiquités mevoulans direchofe aucune pr Re PR à 
foltre fanrafie. Au relkenous fjauonsque Charles Le grand-menant ©” SE Ten. 
re contre les Saxons, comme par plufieurs fois illes eult vaiocuz, 8 “ “7° 
pes, & que pour cela ane vouluffent fe defier de leur rebollion, 2° A 
loyauté,il les oh î ner ds qu'àp si ne on apr pe 14, 4 th 
brlandrespour leur ofsrilssmoyés epreualomdeleurs for. 7°" 
L&def'allembler pourtroultler Ib repos de-leurs voifins: $ de cefte. n. ss Chare 
niere volée. d’Atemians font defcédur des Flamans, quismaintenant ha- "#2 
ki laterre iadis nommée Charbunniere, & nonles. autres païs bas, mod éd 
jdtoient peuplez ahondamment ia dés letempsqueles Romains te- À de 
jitles Gaules . Qr-d'autane que nous Gauons quecen'eft pas dés le 7,7. 
nsncemont que ce païs Gaulois contenu en la Gaule Belgique,per: 3°" ? 
om Flamant, ‘&:que mefine-du tempsdu grand Charles le filz de ball ve db 
iln'eft guere mentionné foux le titre de Flandres, Il fault voir d'où a le és à 
bis origine, & par qui il futainfinommé, & quelle en a efté l'occafion. Le fret Cher 
fait par les annales, tant de Franceque de Flandres que les T'eutons HER 
onmez, furent ceux quife tenoiear:en la forelt Charbogniere, que D. dl 
wsappellent Cambronéere, du nom d'va certain foigoeur du païs ap- res de Le 
KCambron,, & pourlaquelle raifon ceux.que les Roys de France y." 
oyoient pour Ducz,8 gouuerneurs des limites portayentietiltre de," ” 
fiers, comme fi tout le païs euft efté en bofcage, ce qu'iln'eflaitsains- 
pit pluficurs villes & chafteaux , mais du plus-eonmun eftat dupaïs, 
joltoit d'eftre bufcageux.il fut ditBoreftier. age Danige 
Cetrait cle tre fut dit Ruthenieæu foirdes Ruffiens, & Mofcoui- 7 7} fe. 
nfique dit Meieriqui de laScithée, ffenvindrétenlaGauleauccles 7 
Mhres,coqueis nc nie, ny n'affeureaufli partrop.comme n'ayantau- on 
meienc ve face Foy cle celte courfæou, commevmOrodoc, cité die * 
Meier, dit-des Rutieniens peuple de la grand Breraigne,lefquelz fuy- par he 
deleur païs Infülaire aucc Ruthe leur chef, vindrés habiser en Gaule Rhiten Fiat” 
El Morins & Menapiens'; qui fons ceux du Dieccfs de Teroüenne, par Soin. 
Mu Duché ile Lllous snsbte taie as-nc monfra ny je cemps , ny > 
RP riritcsduinr éc{tesounfe Briceupiqua,ie medifpence aufli de | 
ire: € fois nsme foucidperbesuspup delécorretion du 
dReudæque l'onsafohe detfirs voi au Luce du venera Bede, quid 
‘À que 2 AU ya tenen Dieter, à rap author ec 


1 
xl 
0 


LIVRE TROISIESME 
grand perfonnage ilz puilfent mafquer d'vn trait de verité vne' fabletre 
pay Bedeen  euidente.Caril cf vray que Bede parlät des Pictes, êr Efcoflois, fait 
l'hifloire mention de Reuda Capitaine d'vne troupe de Piétes fortis d'Irläde po) 
d Ænçlet. prendrenouuelleterre enl’Ife/Bretonne : mais ilne ditmor D'ACIT 
Ris. theniens, ny du pige d'iceux en Gaulé gta qu'en die$q 
orhouie,que Meier lolie dé grand antiquité. Que f'il eft loifible deaffe 
De ces Rhu- rérfes propres fonges, & donner comme chofe veritable ce qu'onimag 
theniens | $- ne par conteéture, qui nous empefchera de dire quenoz Rutheniens 
quit. vay Ce- quitaniques/{qui (ont les habitans de Rouergue d'où mes ayeux ontpé 
Jar. lin. 7. origine)peuple ancien, & recogneu de Cefür, & limité par Les Cofnom 
Ptolomte. li, phesles plus fegnalez;ne foienit ceux quiont donné l'origine auxGay 
2.chap. 7. deBélge, qui depuis ont porté cetiltre? Seroit il plus inconuenient g 
T'able3.d'Eu ceux de Rouergue eulfent TL le païs Flamand que d'oüir comme! 
rope. $ trabo. T'eétofages leurs voilins,à {çauoir ceux de Languedoc,ayent couru 
li 4 miigne, & fe foient iadis habituez en Pannonie ; comme nous auons dd 
fait par cy deuant cognoiftre?: 32 ei ER UAIUa TES 
7”: Lediligenticéteur farreftera fur l'opinion qu'illuy viendra mieug 
gré, quant à moy,puis que la chofe ef fi doubteufe;i' are beaucor 
mieux penfer que Flandresayeiadis porté lenom de Ruthenie des 
thes & Rufliens ou Rhutheniens {{i l’on ne peult receuoir que nozk 
uergaz aient fai& ce voyage)venuz là auecles Cymbres, qu'aller im 
ner les courfes Bretonnes fans adueu, & fanstrouuer peuple de ces In 
laires appellez Rhutheniens, n’y en approchant en forte quelconq 
ioint que deia nous auons affez prouué que ce paysacfté prins, habité 
peuplé par les Teutons & Cymbres,foit qu'ils fuffentGermains,ainfi 
la plus grand part des autheurs letiennent;ou Celtes, ainfi qu'auons di 
fuyuans l'opinion d’ Appian en fes guerres ciuiles de Rome, Mais qui 
celuy, qui puiffe donner pour article non reprochäble, la migration 
peuples d'vn lieu en autre, puis que l’hiftoire ne faitmention de tour, 
que le monde fut fi troublé durant le defbord des eftrangers für Les ter 
de l'Empire, qu'encor eft.ce bien trauaillé qued'entirer dequoy fe 
tenter l'efprit. 
Or tout ainli que j'ay efpluche la diuerfité, & contrarieté des opini 
für les premiers habitans de cefte terre Flamande,ie ne failleray aulid 
fer de pareil debuoir fur le mot, Flandres, pour fçauoir d'où il a eûté} 
içoit que la difficulté foit grande à le dire, & aufliiene füis fi arrog 
que d’en vouloir decider;,n’eftant encor aucun, foit ancien ou modert 
Z4eg. Meier, qui nous aye peu ofter de peine, & nous leuer le voile de.deuant les ye 
biur. 2. des encecy,fi le nom de Flandres eft Teutonique ancien,ou fil a fa fource 
Ænnales de la langue Françoife. 
Flandres. Meier commençant fon hiftoire de Flandres nous l’affeure en parl 
Clodion Che- en cefte maniere: Iene trouuerien digné defoy, touchant les rlam 
nelu chaffa  iufques au temps de Clodion Roy de rrance., à fauoir l'an 445. k 
les Romains que paffant la Meufe & le Rhin, il vainquitles Tongres{c'eft à dire 
du pays de Liegois) & vint iufques à la riuiere de l'Éfcaut, où maffacrant &d 
Belge. fant Les Romains dudit païs,il prift les villes de T'ournay & de Car 


eu dudi@ 
a il inueft 
MRomains 
out le pays 
elibre tant pa 
iL idbert Qt 
inime moy 
pres & Ga 
,Hoïdin fr 
#)iaçoit que 
dE 
pmmeain{i {0 
mains de l’hi 
leBelgique, 
Wbert,ny def 
trecherch 
ion hiftoire 
miesgrandes ( 
ls Gaules eftc 
pans au païs E 
ppevn feul mc 
fibuleufe c< 
ffouz Charles 
auf printlor 
ky vne autre f 
ficemention 
efine fait il re 
pod ayant tran 
admiral fur ci 
lerner ce païs ! 
Lpais de natior 
ruereot fur 1 
ainfi que l’on 
deRouffillon 
lilamer quir 
ouz le tiltre de 
ler joint que: 
tonc Dame qu 
nt vn filz nom 
de, Ceux qui f 
Pouuer qui çc 
MePrince, ou 


: VDE L'EÉVROPE, : 214 

senduifant fon armée vers es Morins. ou T'eronannois, vint contre Goldwere Dur 
Bufécours des Morins, Golducre Duc des Rutheniens & Cymbres,. des Cimbres. 
Mail prift aucc fa fille en bataille, & fommift la cité de T'erouenne. 

lede Golduere fa prifonniere »- fut donnée en mariage à Flandbert 

qeu dudit Clodion , à fauoir fils de fa fœur, nommé Blefinde, . 

Da il inueftift du pays Belgique, Apess en auoir chaffé La garnifon, Flandbert dè 
MRomains ; voulant qu'il commandait aux Rutheniens & Cymbres, ne nom au 
Hour lepays voifin de la mer , affin que les François euffent le paf- pars de Fl- 
kibre ant par mer que par terie,pour venir en Gaule. On eftime que dre. 4 
fdbert fut celuy qui donna le nom à toutela prouince, donnant M 
nfme moyen l'appellation Flamande aux Teutons, Rutheniens, 

pres & Gaulois , apres auoir ietté & banny de la Gaule Belgi- 

\Holdin frere de {fa femme Blefinde. Cecy{comme dit 1e mefme 

iiaçoit que femble auoir quelque verifimilitude, fi eft- ce queles 

kurs eftans fans nom , à peine le pouuons nous receuoir pour hiftoi- 

pnmeainfi foit que Gregoire de Tours, qui eft vn des plus anciens Grégoire de 
mains de l’hifloire rrançoife parlant du voyage de Clodion en la Zowrs lin.2, 
leBelgique, ne dit mot de ce Roy Golduere, & moins, parle il de 4er m9 : 
pbert,ny de fon mariage, non plus qu’Aymon moyne quoy qu'aflez fe lin. 2, 
otrechercheur des occutrences, & chofes aduenues du temps qu'il 

mfon hiftoire. Voire l'Abbé d'Vibergh , en fes Chroniques racom- 

tlesgrandes conqueftes de Clodion le cheuelu, & monftrantcom- -#bbé d'rf- 

elconqu s Gaules eftoient partagées, à la fin il defcritla chaffe donnée aux peg en Ja 
AU Or païs Belgique & en la roreft Charbonniere, fans qu'il luy ef- Chronique. 


ssainfi oc vn feul mot ny de rlandbert , ny de Blefinde. Me femble encor Nasclete 2. 
auons dt 


— te. ee or nl — nm 


ON VS fibuleufc ce qu'6 dit que Lideric aytefté ie premier Conte de rlä- volume, gen 
ais QUE fouz Charles le grand qui l'inucftift du païs, & l’erigea en Conté, le- refon.13.e7 


ration Mi print lors 


ne tout, 
r les ter: 
oy fe co 


On nom de rlädrine efpoufe dudit Lideric:mais voy 15. 
kyvne autre faulte, car bien que Paule Emile fuyuant l'hifloire rran- Le mirosr des 
ce mention de ce Liderie, & côme il eftoit gouuerneur du païs Bel #1f. bin. 2x. 
fine fait il recit aucun de cefte rlandrine, feulemét dit que Charles xp.2. . 
. odayant tranfportez les Saxons en ce païs Flamand, commanda à Li Paule &mile. 
S OP dmiral fur ce cofté de l'Oceiï,de prédre efgard fur ce peuple, & de 
y eut durner ce païs voifin de la mer. Et tiennét aucüs que ce Lideric eftoit 
a Ep inis de nation, mais venu là auec Charles Martel lors que les Sarra- 
darrog ER uerent fur les Efpaignes, & que fa femme fe nommoit, non rlan- 
mode inf que l'ont faint, mais bien Hermengarde, & qui fut fille de Ge- à 
tlesyeRouffillon, lequel eftoit feigneur de Tournay & du Cambrefis Lhiffoire 8er. 
four |: mer qui regarde l'Angleterre. Ainfi,puis que le païs eftoit com. shiniene fait 
ouz le tiltre de roreft,& que le gouuerneur fe nommoit fimplement Ziderre Por- 
on parier, joint que iamais Lidericne le tint comme Conte, & moins n'ef- ‘tugair. | 
s Flamonc Dame qui fappellaît Flandrine, ains Hermengarde de laquel- Hermègarde 
ut y filz nommé Engleran , il fault chercher ailleur la caufe de ce fille de Ge 
Là dite Ceux qui feftans diligemment amufez àlyre l’hiftoire,n'ont peu rard de Rouf°: 
té ouuer qui çontentaft leur efbrit {ur lenom derlandres prins {ur fflon Efpoufe 
Can Rte Prince, ou Princelle y ayant vefçü : & voyans vga affiet- de Lideric, 


rs thune. * 


16 LIVRE YROÎSIÈSME. 
_tesdifpoñtiôn, &inéléménee de l'air decé pars.bnt MIRE qu'il déte 
mé de ces motz Latins Flans, u:Flaéfw , Qui fignifient flotz, oufout 

miss venteux, à caufe des inondations de lamér, aufquelles ceftéterre 

fubiette & des grands orages des vents, qui y caufent ces gr4ds défborg 
ainfi que de la mémoire Se noz Péres on Les ya véu tels, que plufieu 
les furent englouties dans les abyfmes creux de l'Oicef, qui fur cauftg 

Jaterre fut nommée Flandria æftuofs, qui vault autant que pleine de tj 

+2 7 @eftmgs marins enflez deventz. VoireefEnôté, que n'a pas longtem 
er LE. (lon vendoit quelques terres en ce pays Flañmnd,où éfcriuoit téufo 
DAPE I din cefte claufe au contra: A condition que fi la mer fe defborde dans 
44 + des péis ns 8 qu'elle inonde, & noye lefdictes terres, le contract fera de nulle 
me leur. : PA spa 

. +! Aïnff cefte region ayant efté ainfi expofée aux tourmentes , & d 

Cecy JF cor Lordz comme dit eft, & à quoy on a poutueu en arrachant les boys, 
dépar Meitr Haicant les bordz & haures, à caufe quela terre eftoit ‘trop balle , 
ire 11.en quelque verifimilitude que de telle occurrerce la region a efté ‘non 

lavie de 20- Flandres, puis qu'il n'ya Prince, duquel l’hiftoireoit certaine, quil 
bert de: Be- baptifée en cefte forte:& dequoy ren laiffe(comme j'ay dit)le iugem 
libre au lecteur diferet, & debonnaire. Quant aunom de Conté& « 


&tion d'iceluy tous les auteurs approuuez ‘accordent en ce, que cefi 


temps de Charles furnommé le Chauue,fiiz de Loüyse Debonnairee 
cela aduint,entant que Baudouïn Foreftier de Flandres, filz d’Ada 


ou Odoacre, qui eftoit filz d'Englerran forty de Lideric & Hermeng 


. de, ayant rauie [udith fille dudit Ray Chauue, & pourfüiuy pärce 
Ha (ar res Ecclefiaftiques , à caufe que le Roy eftoit empefché par Le No ï 
nalde rlal, Qilorsrauageoyent la France, fut en fin abfouz du Pape , par le mo 
É. pa aduine duquel le Chauue eftant appaifé Baudoüin de gardé de la Foreft ci 
l'an BG; [ex bonniere fut fait & creé Comtedu royaume, à fçauoir homme li 
Le pape Nic ROY de France au Conté de la Charbonniere, & nommé Marquis d 
Le # "_ mites de Flandres, &reccutles païs entrel'Efcault,la Some, & l'O 
ni pour doïiire, auec condition de defendre ledit païs des courfes & pi 
ries des Danoys, & Normand, qui rauagtoient toutes les Gaules és! 
voifins deila mer . Ce fut ce Baudoüin fürnommé bras de fer, 
imitant fon pere Adaquier , embellift le païs Flamand de ‘plu 
beauxedifices , & feic baftir le Chafteau de Bruges pour brider les 
leurs, & efcumeurs Danoys, & drefferplufieursaütres lieux, &fo 
relles, ainfi que pouuezlyre és Annales de Flandres, & de luy fort 
les Contes qui ont vrlongtemps gôuuerné ce païs fou2'la foy , hon 
ge, & obeïance des Roys de France qui en fontfes feipneurs liges4 
imes. Al Es Rahdhhee 


Bruzes p4r 
guubaèr 


Fereffiersde g'e 
Flandres Co. 
tes de Harle- 
bec. : 


van que Flandres leur ch 


incc le V érma: 
sPonantil a la 
KBoloigne. 
batairedu coft 
” ,& bon alle: 
ra Fran 
hoays eft le be 
Lu font c 
roir on les iuge 
heuaux d'Efp 
hedes naturels 
Heftendue,le1 
fertils & coura 
lu auec force 
jeux de paftis p 
siautre Baron 
ent, ne font d 
x fapelle Fland 
hutres quifont 
hftriche. Les p: 
Bite & preémine 
les ont chacu 
ue la Prouince 
| ignes des qua 
nele, Cifoin, Hé 
lerau:Prince és 
jyent tous Îles ps 
onte Flamäderi 
fder en France, 


xysFlamand’e 


kGallicane, ou: 
Hule:L a premiel 


vue Life, & cirai 


EN, HYAÏS à) 


fra 


+ e 
ü 
+ 


ion 


terroir maigre 


21$ 

ie Deféripeis du 
qpé dr pds lee. 
ofrencer j Onarque dre. 


1 


q 


iBoloigne, L'air de cefte régiô'eftaffez bon partont;mais plusfäin, 
Hitaire du cofté qui eft expofé au midy : le pays y:eft plat,peu montais. 
x, & bon affez pourle labourage, & fur tout és licux lei plus proches 
bifins de France, mais le vin nycroift on forte quelconque.LLa richef 
pays eft le beftail, & far tout dés cheuaux;quoÿ quélgrosécpefans; 


peau‘ font ceux de la Franche-Comté de Bourgoigne ,;quoy qu'à 
Woiron les iugeroit, veu la taille, de fe reffentir aucunement de l'agilité copre de rl: 
heuaux d'Efpaigne, Les laitages y fonten'abondäce,aufli la vie prin- dres (éul 278 
je des naturels du pays c'eft Iebeurrc; oftisiles palturages beaux & db es ee (2 CRE 
Beftendue; le long desriuieres de l'Eftauit, Life, Denre; Sc autres feu: Chaféllenies: 
hfetils & courans, en outre Iés hômes yieftans induftrieux à fire cou- de Frsridres: 
eau auec force canaux pour engreffer leursterres, & arrouferlesPrez Fu À 
eux de paftis pour länourriture de leurs beftes. Tadis'en Flandres n'y 

itautre Baron que le Cotite mefme, & ainfi les feigneuriesquiy font Familles pris 
Kent, ne font de guüere grandeancienneté,i'entendsen ce qui proprek cubes de rls 
mfapelle Flandres, caril y'a diuerfe confiderationdé celte Prouince des 

fautres quifont contenues fous le nom des pays bas ; fuietsàlamaifon 
Uftriche. Les paÿs Flamand ef diuiféen3r: Courtiqui fontles lieux de | 
lice & preéminence, & que nous pouuons nommer Chafteltenies; lef Come le pays 
elles ont chacune en fon endroit, & cartier autorité, &c iurifdiétion fur de Flandres 
la Prouince . Apres y fonties Quatrenieres des Ours ; qui fontles fdimife. : 
fignes des quatre familles principales des anciens Comtes, à fgauoir 

nele, Cifoin, éme; Boueläre:douze pairs à l'imitationide France; pour 

Errau Prince és caufes/&iugemens de confequence,ainfi que iadis on 

oyent tous les peuples delà Gaule: & comme auf Baudouin premiét: 

onte Flamäd;erigeæla république de fon Comté; ainfiqu'ill'auoit veu 

deren France, ouilauoit efté nourry, & felon les loix Romaines def: 

elles fe reffentoit encor le peuple de la caule ; El Ainotér d'auantage à 

ays Elimandelt diuifé en Flandre rlameganté qui eftleprincipal, Flä- 


* Mi Gilicane, ou Françoifé;à caufé qu'on y parle François, & Flañdrem 


Hule:L'a prermiet region côniterué dez la mer Septentrionale iufqu'au 
ue Life, & tiranc vers la f0 Te neurte d'Artois, &'pour la plus part ayät 
errdir maigre, ftéril;& fabtontieux ,& pardinfin6 propre pour Le frou- 
poules fe EAN AA es hs , & chäures, 
ARcompritila ghnd ville 
Hhh 5j 


be mais ap für 
fridibondance de frutet atieh'celte-cy 


oi nr 5 4 on miam nur rm aus GES 


12 4 
@.nd péi qui ce Gad )rcndmiméetine pourfan anciquité,aucwis ftimans qu'elle 
bre Poe nfébaliciparlule Célar &e d'autres parlés waodales, Mer 2 | 
ser, qi PP nn han ie 26 ténu tefte aux) Contes, & left oppe 
que Cefär trop opinialtéement à leurs infolences: de ce nous facent foy les Arte 
Por bafhy le -kes & liguesblanchés & noires :& denoftre temps le chaftiment dog 
premier.li, 2, |aux: Gantois par Chatles Empéreur, & Roy Catholique des EGigr 

-sonabflänt céla lés cito yeris-de cefte ville font pens. ciuilz, politia 
Quelz, font feueres eniugémeht,rondsen parolle ; de grand.cœur, Hardis en eng 
les Gantois. -prinfe,bonsexccuteurs,Vaïllans:en guerre ; mais mal-heureux aux f 

<ezj&occurrences d'icelle.Cefte cité fut iadis gouuernée par quatre 


LIVAEOMROISIBME 


Cund par qui milles anciennes,mais tes troubles depuis furuenuz ont caufé l'anneani 


sadis gene fensent de cefteauthorité; quéy qu'encore le confeil de Ja ville y ef 
ace. vigueur;mais fur tout lamerébädie y a le deffus, & le principal pour 
desmarchäns &cartifans eft celuy des Tifferans, qui y font infiniz en 
Richefes de bresentant-Qu'au-pays decrlandres Jetrafc plus grand que on y fa 
Fladres en raparte auxtoilles: & parlant des tifférans en general ceft laricheffeR 
guy confiffét. mande,contemplée és draps de laine & de foye, és toiles, tapifferies ba 
C'ôferl prouin. grans;fuftaines & autres telles denrées. C'eft à Gand que fe tient le co 
éiala Gand. . feil Prouincial felon l'ordonnance de Iean Duc de Bourgoigne, & fo 
Confal Royal de la maifan-de rrance : hais de: ce confeil y asppelà Malines; il 
«-Bruffèlles ‘qu'a prefent la fouueraineté du Parlement eft à bruxelles, depuis qu'ot 
fen Bra. fait quelque mouuementés païs bas à caufe de la religion, fans que ons 
ant. quete plus d'efgard à ces departements anciens des quartiers, ny 
1ege de la Chancellerie ny du grand confcil, finonainfi que les affaires 
prefentent.En Gand refidoit aufli la chambre legale, c'eft à dire lepitif 
Chambre le- de Flandres fur les fifez,& laquelle fayde desiugesde la chambre du 
gala Gand: fcil Prouincial, Brugeseft le fecond membre FE .Flondres:, ayant'ap 
Bruges 2. mé. Gauda furintendence fun le païs, & ou iadis eftoit le trafic, bourfe&n 
bre derlädres gmificençedesmarchans, qu'on voit eftre à prefent en Anuers, maiste 
“a à ÿ cftaneanty fauf les eftapes des laines:& en celle cité fe tient ordinai 
Hipre3.mem ment le grand Bailly derlandres en memoire de l'autorité que cefte: 
bre érle Frac le a eu iadis eflant le plaifir & fiega des Comtes. 
files.  Letroifiefmemerpbre de rlandres eft Hypre, & le rräc eff lequatriefn 
Je laiffe piufieurs villes & forterefles,pour eaiter prolixité & d’autanta 
Limites de fi que gelancefait beaucoup à noftre matiere, me Rffant de marquer | 
Le 2. partie de Païs felon la diuifion faite dés le commencement, | 
Flandres Lafeconde partie d'iceluy donc f'appelle rlandre gallicane, ou srançt 
fe limitée par le Cambrefs, l'Efcault, Life, & païs d'Artois, & la Fland 
Chambre desjplamegante: copaïs eftfertil.en ffoument,abondantenbeftail, & oùl 
comptes de  tiommesfontaflezciuilz.quoy que haulez à-li main, & quiimittent, 
Flandres 4 naturel du Picard. .C'eflencefte.contrée:que giftl'ifle,où. jadis fe 
l'ile. moynt les gouuerneurs Mfpelietaquiens rent ee pays foubz l'cbe 
| fance du Roy des rrançoys : à caufe qu'elle éftoit baftie dans Les mare 
&. d'où elle à pris le nom d’Ifle : en laquelle fe tient la chambre des cos 
ptesdu Pays, & à laquellereffortenties Pays de Flandres, Haynault,a 
A0ys, Namur , & la feigneurie de-Malines, & iadis refpondojtaul 
tt aiciFi 


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Tournay de Ta 
be & contre 
Lt: P troifi 


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Mérsineté en cl 


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RComcé fe pre 
Htltenue & fa 
Euy difoit,qu'i 
ndres, & de Le 
promettoit d'é 
Me accorder Qt 
pire, veu qué la 
fRraportant à le 


pays de Flan 
lEmpereurs h 
par qu'il y ayt eu 
[lu qui en eftc 
onté de Flandres 
l'Empereur 
pres, non vniuer 
dort del'Empir 
l & toute läno 
itaux regiftres 
_. D pr C 

l'Anglois, quie 
dà left spa 
miremét recirsif 
pter le fondéme: 
hufcelles qui for 
elis& Artois, 
que Cefar faie me 
Snomplus que le 
É Boloigne.R ef 
fe Price. & 
House nom de 
AIS € 91178 


Mira e5f flou. 
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pà #7 + 
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ife ext la villéancien- Cefar ds Com 
FL CAN TE 

Limites de Le 

Flandre impe 


riale . 


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éntoit 


fluy difoit,qu’il vénoit là pour caufe de fa principaulté, &1cigneuri 
ndres, &de tout ce qu'il tenoit,ou du Roy ,ou del'Emperèeur, & 
promecroir d'eftre Ioÿal iufqu'à la mort, de ce qu'iltenoit de quel 
kfic de cés deux. Qoy es die Louys Guiceiardin'; fine'luy 
Mie accorder que le Cointé de Flandres dé foy fut hothmageable à LD 
Nré;veu qué la donation rellortiffement, & iurifdi@ionjeftoit pure: eferipe 
féraportant à la chambre royale de France: & fi quelque Comréà 7 
Ménent de fidelité aux Empereurs, ç'a eftépourautre occafiônique ..: : 
tepays de Flandrès: fur quoy ie ne demande autre argument finon : 
ls Empereurs n'y ont iamiis rié querellé de fouuerain;quelque ch: 
nrqu'il y'ayt eu de (eigneurs,ains en ont laiffé difpoler au roy, com: 
rluy qui en eftoit le difpenfateut legitime,lifez ce qui aduintitenäe 
hnté de Flandres Guy de Dampierre & la cognoiltrez,pour quelles |" 
Kl'EmpereurRaoul declaira Guy attairit dé leze maiefté,& fe faifift 64» de Dam- 
bros, non vniuerfelles de Flandres, trôp bien decèlles quieftoyent frere Comte 
Hort de l'Empire:là où 1e Roy Philip pe le Bel contraignift & 16 C6 Fland.n70. 
y, & toutelanobletfe dé prelter le ferment de fdelité ainfi quil en 207 Meier li. 
Bitaux regiftres & thelor de la Court de Parlement, & fous le mef10. Philippe 
le comms le Comté Flimandeftpäny pour auoir voulu marier fa /cbel emprs- 
il'Anglois, qui eftoit mortelennemyde la maifon de France. Voi- Jonne le comte 
d à l'eftat particulier du pays de Flandres felongequei'en ay peu. G2 
miremét recrsillir de diuers auteursfans toutesfois m'eftre amufé à Pew de ville 
pr le fondément des villes, Iefquéls pour la plus pate fonemoder- °” Flandre 
fufcelles qui font bafties en la Flandre Ghuloife & pays deHenaiie 7 en Jons 
inefis & Artois, là memoire défquelles ef déslétéps dés Romains, ”4derncs 
je Cefar fait mention de Tournay,& n'oublie point Arras,uy fes fe | 
snomplus que les païs qui font felon la mer dés l'Éclufe iufqu'à Ca- 
K Boloigne.Refte à voir tefurpl” des paysbas, qui poureftre fubièts' 
méfie Pritce,&Vitans {ous paf c10y; foncault Contes en pee. 
| ouslehom de Flandres, 72219500 08 x 7 t où à: 
Mr Eatinr en 0 ‘ut ob sh sol fs eusrtogautent sir 
toi vivpemonsbetlnniré moctanf ut es 
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Dee porft ete 1çen des brmames qui et 
Visas à La gi 1: RÉARES EU Eros g ghue 0}! 119 1 pitre 39. 


ue ete sf en 
Le €. ous énom.de pa 
HA nt enclos (ouz die de rlandres sis 
OS improprement, entant qu'à bien parler r le region 
LA pr (4 Re qui auoifinant |à me 
sul fé bords d'icelle » comme di 
FE dÉeraaeuée que s'eff va incl) 
uit Ge MARÉES ue les lois, & coutumes l'y 
nousquons faitivnamas du tout enfem FR ayans premierement À 
pui ef de landes les anciennes diféributions Et d'autant 
pois i; KE: ty cequi eft d'icelleen Celtique, Aqui 
igique, 8 desechef ne chac: none Ge Les ançrs 
| lesmodernesiles s6e Gui FAR id #be felé la var 
Rrmt 7 san PP | 2@ apour ceft j Fer ana 
_\ pifeursfrignaurs pulled se pi clique fieft-cequeleR op 
: Jiquee ft celuy. qui entientfa plus belle & grande eftendus, neantm 
CA de l'Empereur &le Roy. de France, & les Suiffes, & plufieurs Prince 
(M pneus apte bellesterres, À tout côprisle long duRl 
<. À pese. AE fe Re ps pa 
ualiré de ritaqu'Uregardele pays Holädois,ou lauoifine d'Angleterre, Ayi 
Maadthnrs desmæœurs des Gaylois, 1 élire ( 


Be sea 
zelpi, 14 


( 
6 sue nue 
en.9. té 3. + 
2 #40" 


op les 
HE 45 eu 


ge pos qu'ilz eftoyent tadis)de racompter. particuligrement, comme mainte 
12 fe comportent les façonsde vie.des habitans des bas pays, ainfi nom 
«à. çaufequ'ils yonr-snibaiffanc tirant vers l'Oean, ce qui à,caufé (co 
l'aysdie)que la terreen eff ajali fyiette auxinondatiôs df Ja mer. La 


| PRES pm Fr & nedtmoins flucaire,aylär à la diga 
al .64 êe RFORTE MT ENT 8e dixay que Les habitans decelle region 
ftoyét exceMifs au, RAA mg Le Que pro es malades 
‘uis comme il fault, ils viuroyér plus longuement qu'ilsne PR veu 1 
Emiimqr Hp dele Parme épi à du Ciel, qui i femble f y 6 
afiste des; rmaerée se aan ps #ufss l' LEE y yeft, bras Alesabl 
Los or ei re Cxgofsif sys qu a pt eupen lagaule. Narb onnoile 


: 1«É9nNerres de AE At gs ses verre re feu exe jama 
ne me pis à de : 


in &e li yen 
ile AE HA à spa cle or pr À. _. R #1 long ET # 
tresfroi À Feu & rigoureux ,& My 


Le l'auramne le roues 
ji fat ordinaire nt en pluyss. UM 2las faps guere de 


nes & mo r pus sl 
a nn sr 

sys 454 Vn$ portans vne fre de fruit les autres vne autre, & ne met 

enieu les bois & forefts de nom qui y font , & defquelles les habit 


feruét, foit pour bafir,fe chauffer,ou fgrmer de vaiffeaux pour 1e n1@ dn$ ay fl.bien < 


gc:ncm'amuferay au baftail qui y eft beau, grand, & en grand nomb 
CL: 


leurs voyas 
sa ucac 
hns-defcend 
nde faire, 8e l'a 
ur de temps qu 
penacer d'une 
1 mieux,apte: au: 
brtout qui f'ad 
bible à la ma 
ko les plus ex 
la painture; 4 
Lau iugomét di 
Mufque ont 
Ke leterroir Be 

À ons, ( 
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fois fontobft 
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nitié ; iaçoit q 
men leur.amç:a 
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Kélileur ferais: 
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pufbume du pay 
\Wadextres,m 

Biens ançun lle 
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etemps qui apparut.ou quelque cf En res poiba de 


menacer d’ vneuident naufrage. Ce peuple af deffus «38 


mieux,apte aux lettres & ayant nombre infoy d' Léman if, 
rtout qui fadonnent à la cognoiflance de. diuerfes la ATEN : an 1 bn marie 


ofible à la archundile,camme leur pa sn'ayant 

8 Les plus expérts-arcifans qu'on péri d oAEEE Enix ms 
M la painture;. & burin qui font deux ue .pRrfpeébiue & a 5 bise ps k 
Rau iugomét des plus partitesqu ben pt A € imaginer:quét, à ss ” 
Mufique , on,ne peut nier-que ceux du bas païs. pnt Nez aux Ro LE d 

ie leserroir Belgique formillsputät de.chañtresiquel'Alcmaigne dé * ad 7 
rons, Ces-gens fonvafleaattrempsez, oiten paralle, ou fagonsde far: 7? sf he Ce 
ontropbowillank de-calere, n9-prdinaisementiambitieux «mais qui 87" ”"” 

Dis foatobllinez à foupranensFORUPRERE, derièhe bn Jege ps Pr VX | 
| itsaife ddeçousir,oublisns foucain terplaifi IF. FR COS PQ O8 À ke” | 
hnitié ; ago} qu'aufli nimprimenc ile trop, ViusMENLJe-conrroux ie i rad 

Pen leuramçiadonnez plus quederalouar boire quiJeur Fe latin 
D inde celle: naïte beauté quepature leur AoRE &alreselafanté PORN | 
PE leur ferois delangue durég:Les femmes y foptb us cle a | 
Wu LT Sp pa AV A lé PLUS ! 
$ pt me th a HER uxafs Pre" ai Ÿ Th 
M adextien mais-cefleitestél he angfbe tour caufsaglhvne.viemode M . 

Bcfins ançun Llafmeseltas fobtes. Gemlennéses ons | | : 

ésquinon feulement.fi iadonnentsù aelnagemnent.dc-leur mHfp ‘| 

pi u leselles fonroccupéesains.e acorde la saarchäd rt acte Ni ne 
dan$ ay bien que-eurs m4 8 renpons fousent til edf granie 
Pré qu elles for dps déner brin Halles. era pare ki 


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fer 6 coïfeilauec l'autorité réquifé & flan quelaneceflité, & vreaLompres, fc er 
des'affairés le réqueroit.Lertonfeit d'eftac donc coinme eftant le prene des deniars 

L\11,.1 . fra péfnous touché premierement, &'eftceluy quirefide pres le perfialles, Faitz. & 1e 
Cenfal d'e- ne du gôuuerneur, ayant des Confeiliers faris nombre certain; ainf qMbiten temps d 

far,or Je. \ plait aü Prince en ordonner, & pérmy léfquelz fonte meflez quelque Mictions, muni 
puifane. … gneurs & gouuerneurs d’autres tepions ; atteuns doétés & fçairants hoc cit par ge € 
mes, des vaillans & bons guëtriers télz que bon femble au Prince del smoderation: 

choïir; & à tout cecy eft aioinit vnprefidént homimé de grand fçauoit, MrauEs 

renümmé d'vne gréd integrité de vie, Auëc ceftetroupe confuite leg Klept mailtre 

uernieut für les affaires d'eftat foit que la chofe touche au Prince, ours, & fetiont 

pour le proufit du public, &ceraittät de la paix, ou detaguerre;préd ef Prince dés b 

aulfi à cé qui sparticntau pouuernemiené general dé toûté la Prouin@A limitation d 


‘ 
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ce: con(eil uefe dognent les ad ertiffemés d parsz, | 


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she uent lesintel ences, que SOU, » 
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wievuident Jesrholesqu'on x: 
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el ires: faufque 
nfeillers: ep tri L'on enfit 


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du-inpqod dat sis Ag 4e none du Dane pré. 
erd ane gant ordinaires q ue extraordinaires raux chambres 
den fans voir com me fe deportent tous ceux qui ont 

FA deniers rince +. e et en celle chämbre que on drelle 

airz M taxe pa SAR que Jon raitte des payemens & foul 

ê # en té de paix où de guerre, que l'on ordône pour les frais des. 

Neon munitions & at tour nn ces necellaires our le pu- 
c'e par ce confeil que qu Rien à dorinez à ferme, le: Chambre des 
Sant %] Se au de di Les HAE des a me us. 4 , 
fpttoutai es. c nt'én Chacune Vn Prehi- Bruxe 

Rlept. ape pts ee PE jatre fônt ne parlemens dé 
res, &c fe Rien À fafts ou gr ipnie à Bruxelles,‘ è Flandres fort 
die agent pays à a uliides cofetz Prainéiaux & nômes Parle différés aceux 


ouin@ie limitation de ne à ayant ii RQ ii A va de France, 


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Kfinon qu'à p 
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Kiféeenuirô] 
juc de Braban 
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modes iimu 

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boor la Métta] 
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k,foit à prefte 
porter 1à pars 
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Ldtitritihnt n6 
lutant QUE qu 


prelque rrén,1e 
LUE PA 


: 


E ; JDE L'EVROPE. 29 


LabBüs: d'autant que des térres Brabant; Hennault, Artois, Namur, . 
FA HN fcdn Aéf trois eflars Y'enuoye des Commiffaires, & depur 
Mon les Flamats y -entioyenit en général pour leurs quatre membres, 
Wine les auctes éftitz afGétoirl'EBHSS ; ‘& noblelfe y mandentaufti 
Moy pour voir fi les Quatre membres diront rien à leur defaduan- 
L, &preiadice pôur fen reffentit ° D'auantage quarid bien vn pays 


bhiccordé ce que Ieprinice dein£de le corps d'vnofèule ville eft pour 

bufer, & rümpretout cé qi toire octroyé ; & nonobftantle 
iénefdybrift ; ans piftänt paciente; attend à :vne:autre Ois queles Defériprien 
AE micux dfeonnez4echdeftendre à fi demande . Ex voila de 8rcunr. 
Bril'eftar général, refte Aparticularifer quelques villes des pays bas 

Hfle cohtentement plus grand de'ceux qui famuferont àlyre celte 


“à 
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ul 


LU (PR ° 
Diiyans parté de Gand au difcoirs de Flandres ; nous verrons quelque 
les belles citez qui font au Duché de Brabant ; de l'antiquité duquel 
nnoye le lecteur à Lean le Maire de Belges; & à l'hifloire de Belges, : 
Étohtentant de vous dire que ee Duché eft limité dela Meufe vers le 
bentrion, qui le fepare du païs de Gueldres, & dé Holande : au midy 
y gent Hennault , Namur, & phys du Liege, à l'orient {uy eft encor zou de 
eue, & à l'Occidenteft l’Eféxuit qui fepare les' Brabançons de rlan: Guy fêen_fis 
M, confinant auec/H principauté d'Aloft : &les villés prinbipalés de },7 
sbant font Lotuain ; Anuets:, Brüxelles, Bofleduc, & plufieursaus "7 
Hnuréés , &nôn ceinrés de murs que ie laiffe pour uiterprolinité, z, quel tèps 
mtents de propofer les deux Chefs du pdys Louuain & anuérs, quoy Je lyi. 


M Bruxelles foit affis'le Confeil ;' & les finances ainfi que deliu nous a+ uerfité de Los 


nsdit . On tient que Louuain fut bftic par Cefar ; d'autrestiennent 
be ce fut vn Efcoffois nomme sl auaht Celar long temps, mais 'ay> 
lis aufSi contraint de n'en diréautre ns me 
trapolit, de 

Brabant. 


ll 


bpé fécond'Roy des Efpaignes!.""Louunin détour téinps ire 


La | À 
jee F 


ab 108 pate des pa 


ds LIVRETROESTEME 
Jiberté les autres maintiennent feureftat quene fait Anuers fs poli 


eft- ce que le pareil ordre cie Rourg-méfbres auçc leurs, Senateurs à 


7. 9: 
RO 


7 7 


0m 


e fa grandeùr, fplendeur, magrif 
Lenomde  cente& raritéd'edificesine vous diray la caufe du nom de la Bourit à 

bourfe vient. Anuerstanc vfiréen|France & autres lieux de la chreftienté, & quiacf 
de Bruges , eh jmigée pour letrafic parla communauté;des marchands, comme chof 
Les Marchans ttelleure pour la conferuation des pauures voyageurs trouuans par to 

| fe vougpent. les païs où ilz vont, qui les fuporte, & deffend auec ces lettres de fonts, 
. ainfi qu'à Lyon on les norme. Laiffant (dis-ic) toutes..ces fingularitez 

A ee nous.dirons deux. mots de la ville d'Anuers,commmela voyans vn mia 
4 clede noître.temps, & celle qui f'eft fortifiée, & aggrandie par la diminy 


res en nome 
helente aut 
Menuoycz se 
NauPrince © 
posait choix, 
myedeux Cc 


… Comme Æn- tion dé la fuperbe & riche cité de Bruges,& ce de noftre. temps : carle KConfeil ; y'a 
uers cf versé premiersaccroifts viennent de plus luing,ainfi que ie vois.vous le deduf pr fig. &Elc 
pelle grédrur. re.Enuironl'an de grace 1300.comme les habitans d’Anners iouiffent dit pris 

PROURTE aiurifdi@io 


droit des foires par la conceflion; & priuileges tant des Papes qu'Emp.f 

. … 6ft-ce que Iean fecond Ducde Brabantleurofta peur en efreiner cey 

Foires d'Æn- de Malines,mais Henry de Luxembourg Emp.leurrendit, & nobtindré 
ners quand. deux foires,defquolles ils iouiffent encuses, à fçauoir à a Penthecofte, 4 


binommer'de 
on f'en got 
preue-meltre 


anflituces, …. à la fain@Remy.Le feçond accroift de cefte ville eft aduenu lors quel) de dehors: 
©!" Portugaisontclozlepaffage de l'efpicerieaux Venitiens par !a voye disdixhuit EC 
” Calicut, & quel'Ocean ef celuy quidifpence les Océidentaulx à cout d autorité » 
toutela Méditerranée, & puis feictteren l'Ocean par le moyen de IBhville, &auc 

mer rouge la moinsnauigable de toutes les eaux qui bc comprifes (oubiEpour le bié 

… de nom de marine.Caralors les Portugais qui peyuent venir en rlandr@itne bougé | 

, parmer en moins de douze iaurs commencerent à vifiterfes places pui licetant du 
marchädes des pays bas, & farçeftansà Anuers;y cômenéer,ce qui à prnceautant à l' 

fent fy pratique pour le bien & contentement de tout le Septentrion, 8e ile : toutes 
Occident,fi l'auarice des voyageurs ne rançonnoitles Marchans. Ji qu'on voir! 

Maisle plus grand acesoill luy a efté donné par les feigneurs d'Al À autres foi 

triche, & ceux dela maifon de Bourgoigne, à caufe des feditions dBmigiltraæ fou 

seux de Bruges, qui eftans trop richesne voyaient plus teur Seigneur ati font des t 
tafchoient defemanciper de fon' pbeïffance; beaû exemple. pour cit Cécillier & 
d’anuers,filz prennét bien garde aux affaires telz qu'il Îes-voyent act aies 

uliOurs awex 


miner Gecy mis à parvoyoms quel eft ores le gounermemét de cefeQ 
. tétantriche , & exgellente, &que plufieurs ofent elgaller.À ‘le mapni 


# Û j FR encurie: ya: 
senge de Venife, &abondanñen de Rarits quoy: que: feiept Ari 


ites pris des 1 


no. T DE: L'EVARO PE. : 210 
TA t srtètite l'Europe + En anuers donc le gouuernement eft de Côme fon 
Dj quatre: membres ; le premier defquelz eft nommé.la nouueile #rnée lapoli 
urie, qui cornprénd ea foy le Magiftrat (outerain : le fecond porte ‘4e Amvérs. 
de vieille fcigueurieembraffr{o® {on nom ceux qui ont efté Efche 
payant tella'hailon :entre:ces deuxmembres-qu'on n'en faitqu'vne 4: 1 
Wéchofe.Letroilfiélme portetiltre.de Bourgeoifc; contenant vinge Membres de .… 
ECpinaines des Bourgeois, fayuantie departement destreize cartiers la pelice. gma- 
tille, & le quatricfme elt celuy.des Doyens qui font en tout:iufques {7e € #0m- 
ombre de 4. conftituez für les 27. meftiers d'Anuers, & de cesqua- €. 
Lnenbres cit compolé tout le corps de la ville.Le Magiftrat fouuerain.. 
deu, & crée tous les ans au moys de May. ( comme en Aout on fait:L#44 ff ereé 
ses deux ans le Preuoft des Marchans ): & eftnommé en:cefte forte: le Jouuer ais 
op, Ou feigrieurie préfente, & nomme neufgentilshommestelz que M agiftrats.. 
éitime digries d'vn f'hault degréd'honneur: &:les 13:chefz,où wic+ 
res en nomment aufli neufdeleur cofté , & lafeigneurie nouuelle 
Wrelente autant feule que les deux autres membres, & les nôs de tous 
Renuoyez en court : entantque la prefentation eftant des citoyens, 
Hau Prince où gouuerneur denommer celuÿ quebonluyfemble: 8 
auufait choix; fans mettre deux freres; ou Coulinsenl'adminiftration, … . 
myedeux Commiffairesen:Anuers, lefquelz appellans & affemblans #74 
Confeil , y nomment fans grande ceremonie ceux.qui fontnommez 4° 2% 
br feig. 8 E fcheuins pour l'année : & ceux qui font efleus ont puiffan-.# 74e dewe 
Hecréer les deux Bourgue-meftres à fauoir celuy de dedans, & celuy “# Pr7#€ 6 
faiurifdiion hors la ville... .Il.eft vray que le Prince ayant puiffance /##rs. 
bnommerdeux pour ceft office, filen prelente qui foyentdignes de 
on ffen jones fuyuant fon boniplaifir : neantmoins faut que le 
rue-melbre.de dedans foit de la nouuelle fcigneurie, tout ainfi que. 
My de dchors fault que foit dés la vicille,y ayant auceles Bourgue-me- 
Bndixhuit Elcheuins. Le Bourgue-meftre de dohorselt celuy quia le 
bd'autorité , commecftanc à luy d'aller en Courttraiter des affaires peux Bour- 
hville,'&cauec leseftatz demeller ce qui eft.le plusimportät, & necef. uemcfires et 
kpour le bié & profit. de la republig: la ou le Bourgue-meftre dede"! le princi 
isne bougé pomtdelaville ; ainstraiteenicellece quieft.& touche.,,y, 
olicetant du Ciuil:; que Criminel ; ayant en charge de donnerau- ‘:: 
nceautant à l'Eftranger, qu'à celuy qui eft naturel du pays, & natif de 
Ville : toutesfois y a deux Lieutenans qui y font pour le Prince , tout 
M qu'on voiles Juges des-Apeaux és fenefchaucées de Guienne fub- 
ts à autres feigneurs quéle Rayqui en efliieantmoins le fouuerain, -.:-:. 
migiftratfouuerain adeux Fheforiers, & va réceueur,deux péfiônai- ait 
qui font des hômes de Kauoinayäs. péfd, à fin d'affifler au Magiftrat, Offriers choie 
lCéfeillier és chofes ouil efcherra glque difhiculté : & à parler pro fi par Le Sour 
ét ces Pénfiôhaires. font Les vrays. Sindicz de la ville: l'vn defquelz gmemefre. 
ouliours'auecle:Bourgue-meltre allanten Sourt pour les affaires de A 


= 


pale quatregreffiers, &cautant defecretaires, douze con. 1. 


nagnif 
car trs pris 


 Doyens des meltiers Lefquelz tous les Lundisaflifkent au. 
HU fs et Re Le jé te EL ct « sup 


NS 
AH, ji A f A, 

LIVRE TROISIÈME ES 

Eférlers chi confeïl succes cfcheuinspdur ouyrirequeñesdodhscugr, 

fs des bases bérté een dar Là murmureréontre la (ein 
Jiers@- far rie.secôfeil,ou Senat;oft celuyiqui fürle, agiftras dede Hal aps d 
des mariniers Doyens pour chef, deux gardiés; 8c:hulit Efoheuinsss rholples 
Sardiniers ç- bleife de la ville, & de ceftepalicoot speleurfouugte #Magila, 
miercièrs, encor au Senatàcflire;;: &cnëminer:cux-Proçufeiirs, qui ont chars 
Magifirat de prendre cfgard far lesviuress, &c y mettong pritraifonnable, Les juge 
la Fake: orphelins fonc créesparle Boutgae-meftre principal; comme auf 
Jugesdes vrfe ceux qu'on députe pobrapaifer les querélies,:isfquele à caufede cel f 
= dins Les pacik apellez pacifiques : & fiivencor pour deux ans Chacun çartier deux ( 
©: qe gui agel pitaines., qui font en tout26, ch nômbre:,quiontquatrochets ou pr 
‘3 Be A\t\ ours, S'encor chacurr \erà deux äutres gentilz-hommes po 
US pereuts; &eous cœut- cy enfemble; font le troifreme membre de la p 
cesayc .enfmmelefufdit fouuerain mégiftrat puiflance de nomme 

Doyensdes meftiers qui font feulement ännuela,affn-que le longten 

de dignité ne leur feitasrenter quelque nouuelleté en l'eftat-publig 

Mais quelque gréde que {oit l'autorité ou du Bourgue-meftre, ou du 

Ordre gardé SA » fi ne peut-il rien fur les deliberationt prifes fur Les affaires de cot 


ab confuil [er quence;foit pour le ruisé du Prince,du prouffitde la republique, fi di ! 


les deliberars Yes taembres n'accordent à la concufiontletachofe propféc: ou leg 
[ps : …  Magiftretuffémbiote-confeit ; les pealiômaires propofeagles trois me 
bret principaux confültent, maisles Doyens des metiers amplient l 

: fuhation on faifans raport à lacommunauté felon Îles confrairies, & fuy 
“qu'ils encirentrefbonce ils le recivenñtau canfeif, qui apres cela y gere 
ftatence fi rous les membres faccordeutenvngopimion . Quantäl: 
ftice , toutes caufes cant ciuiles que criminelles vont.en premicreinfta 
deuantie fouuersinmagiltrat, fi ce neftée qui eft de la iurifi@i6 du 1 


| + Mi 


puifance dû giftrat de la Hale: &ren ce qui'ft purement ériminelilienéuge diffoi 


Marcgrane. wement: des maticres ciuiles ilaappel reflortantà.|a Chancelériede 


bant. Le Marcgraue ou lieutenant particuliérpourleRoÿ:ne peutfs 
w du Bourguë-meftre dedodans, 


emprifenner vn citoyen fans le « i 

neantmoins faulrque dans troisioursible. reprefente au Magiftrat fo 

|... Mtérain, lequel l'ayant cogneu 
Franchif 


nelx aux E- EfthouinsL franchife & retraite auz Eglifes y eft gardée-ainfi quens 
: ghfés.  lauonsveu obferier en France: &nepeut-ari/enmaticie ciuileliié 

Loy des ba-  relteraucun: jar pvifon foit bourgeois ou-éfiranger pourüeu quéiltis 
E. flurds, molfon, ny fequoftrer fes biens fans lefairé apeller en iugenient1ep 


qu'il fus tancipé;'&ile pere ne peutItgitiones vaibaftaid finis J'auvor 


Prisbeger 
u femmes en 
F Ænuers. 


re, & du priailepe de tefterquiendefaulrdeceloy fcnbieinerdit: En 
em debtesge leurs auys;figen'elto 
otlcexercominhaindifs, paf que couftumierdet omen(} fvêr gels vil 
mais le mary refpond pour ce en quoy fon efpoufe eft redeuabic. ? 

: k Ar ( 


L U 
“4: 0 


conusincu le rend au Marcgrauc 
| luy Rifant fon proces, apres l'auoit degradé du degré de Bourgeofie:, 
féhrerimi-  pouttoutesfois]e:mettre à 1x torture qu'en laprefknteidé deux out 


PT n'y eftobligé pour lefilz, nyle file seriproquemint pout ke porcine 


duPrince; &:l'ayät lepitimé fedic naturel peut iouyr; 86 des Hiens dup 


squ'on{çach 
mie peuten 
faitonpre 
etrionnaulx: 
kalez froid pr 
mitable. Le fc 

heurs;ou p: 
non: lureslee 
melies, n'ont 
leabatue par. 
arébienique 
pezfur les no 
celte varie 
knentà noz F: 
ile ont trai 
proteité) que 
nwauec moy, 
bre de leurs bc 
fon fidelle A 
revn des plus 
ceux denoftre 
defondu des: 
Ù nes , &cdef 
ayants : pren 


j :HEL'EURONE, NI ds 
Ljost Fobligier, fau f clé acholte. & vend en la boutique , "8 neant- : 
Péenfobiligeant faut que prise va tuteuren la jultice qui euecle 

: pu e face valablat'obligation, Ceux qui viwent 40. ans /Abi!E des 
E ige au bout db ceterthe fout vné grand felte, &c-banqnet comme marie7, en 
rdc leurs nopcés,8t appellent co iour de Iycffe Iubilé;ainfi qu'en v- .Lrwers. 
D ffles gens d'Eglifeayans vefcu cinquante ans apres leur premiere 
F in da 008 autres loix, a &: façons de faire 
ictais pour cuitér prolivité, 8 affeuré que peu do F 


# TR EL 


ränçois, Alemans, 


LE paignolz,ny Anglois,igaorent lesmœurs des cRoyens de ce- 


; PAPERS NPA Marian es: leur Origine Gr émftres | 
— plufeurs liens. © Chapitre 40. 


| " : ”  VELLE aefté la region ny Prouinéé de l'Europe 
Ce à je ‘bles de celle nation cruelle & farouche que pour eftre 
SA baptifés du nom de Norménd? Et toutesfois en vne 
0 cefletempefte;& ouy parler dece peuple lé plusnou- des plus nou- 
itonprefque dire autre:cas des Normand finon que pour eftre ##r:. 
iuble. Je fçay que ro Annaliftes, pour n'auoir efté trop curieux 
melies, n'ont guére ditide de peuple, qui tant a donné d'affaires à a 
rar Ar bien que les aucuns ayene rouché au blanc, #les-autres fe foient ? haire Leiys 
nentè nos François, ferons vn difcours des opinions des auteurs fe- 2417 
msauecmoy, lefquelztie féruirôt de Parape®t & me targueray fou ‘ 
ren des plus diligens réchercheurs dé l'antiquité de l'hiftoire de z47zer. 9. 


AO CS qui d'aye iadis experimenté ldfureur des mains terti- 
? x 29 PIE (ortie des parties Lt hi rep nos: anceftres ont | 
1 7. “À 71e de 
nn 5 telle, 8 frgrande diuerfité de peuples quiont feuty-Mermede, : 
squ'on fçache déceux quiont courtpar l'Europe les Turcz excep- #4wx des à 
mie peutencor affeoir iugement fur 1 prémiere fource Normande, Pewples cu. 
hotrionnaulx , les Gauloys leur donnicrent lenom-du Nord, argu- Nérd fiçnifie 
kallez froid pour faire vn fi grand baftiment que celuy d’vne hiftoi- k Sépreurri. 
kheurs,ou pour mieux parler, pour auir efté envntemps, auquel 
ns liures leur manquoient ; &les fciences fémbloyent etre à demy .: 
dans Meæbatue par la difcorde meutentrétes fuccehèurs de Loüys le de- Cefurens Le: 
Mnezfur les noms prenans les vaspour les autres. Nous donc prenans €” Charles 
mil Ki celte varieré, & voulans(à noftre pofible)donner quelque con-//2 ds debe- 
Wilz ont traité diuerfementicéfte matiere, non (comme toufiours 
broteité) que ievueille qu'on m'atoufte foy fi ié ne fais marcher les 
brede leurs boucliers,aufli qu'v Patrocié auoit fon garant fouz l'æf. 
fonfidelle Achille. Wolphang Lazie, auquel i'ofe donner l'hôneur w/phine 
ceux denoftretemps, parhants@ des Normianidz}"& dés mäifons illu- des Migrérie 
quifont forcies: de leurracefe prine dé proutier que ce peirplé.eft ons. 


É 


defcondu desMircomans :dkPauclé les Riftbires antfenhés font af- 
Mines , &ndefquélz pour ceft clgird'nous Barferohs plus Iongue-. 
sayants :prennètément mhendeucé qiilatnreitre gi Verifter”fon 

k ; Kkk 


LIVRE:MROISIESME 
dire:Et.à fin(dit-iqu'aueuhnedoubte que lès Normandiz (ont for à 


HO TAT , - : St bntésché da 
Ænciennes  ]a race, 8& louche des anciens Marcomant: npusauons recueilly ces mos 


| + ueté À nelle. : rcelle Pro: 
Æinalss nù qui fenfuyuent des Anviale: tref-auciennés/conteñans l'hiftoire des FA deBoefine 
Pr 7008... Çois,& le fang,race;&c généalogie de Charlesle grand, & efcrittes eny Qudes,& À 
DEHESe parchemin fort vicil;@c dans léfquelles ; il ÿ a tellés paroles : Les en saple voyor 
defquelles ont iadis vféles Marcomans, que nous appellons Normande du nie 
ie les ay cy deffous exprimées, defquelles prennent feur aprenciffage c bus exceller 
qui parlent la langue T'heodefque, & auec léfquelles ils tafchenc de con xduerty de’ 
prendre, & fi nibac leurs charmes,enchantémens,& forceleries eftanse gyencle païs 
cor embabotiinez de l'erreur du Paganifme:Puis paignant lefditz caraë &pilloyene f 
res,il donne à chafcun fon nom, ce que i'obmetz, renuoyant le le&c | fi 
celuy que j'allegue pour la confifmation de mon dire, & lelquelles eng tous ces paf 
il trouuera en la Poligraphiedel'AbbéTritemie. Ése ils fortiren 
Or pour voir fil y a quelque verifimilitude au dire de Lazie , ilno@e ei paille 
fault auf regarder quelz furent les Marcomäs, & où eftoit leur demeudi dotsont il: 
& défquelz Arrian Nicomedien qui à efcritla vie du grand Alexädre svés Marco: 
;_ Ærrid Nic leencefte forte: Apres ceftebataille(dit-il) Alexandretroysiours du émuahy leur 
me Len La vie alla le long du Danube, qui eft vn des plus grandz fleuués de toute l'ERE, lequel pour 
d'AÆlexädre rope, & qui a vn fort long trait courant par plufieurs Prouinces arroufi res de l'En 
- legrand.  lesterres d'vnnombreinfiny de belliqueufes nations , &la plus pard fs fin qué pa 
celles Germaines,aufli c’eft,de la Germanie,que ce grandficüue prend roftrehifloire 
fource.Les derniers de ces peuples font les tades > 8 Marcomans, pi, tee Lost 
les Jazigestous peuples.de Sarmatie, Regardez filn'y a defia vo grédug + Limitrob 
pour monfrer Les Narmandz & Marcamans eftre vne mtfine chofe, 4 Li addnnes. 
T'acite bi.des que les vns &les autres font Septentrionnaulx,; & iceux encor Sarmal mates, & Je 


wrs deu oyons Tacite,grand amy des Germains , qui guere ne f'efloigne de l'y 
ie, Mk d'Arrians Pres des | A pa (dit-i1) fontles Nériques » pui 
habitent les Quades,& Marcomäs:puis adioufte, iufqu'à noftre aagena 

ayons veu que les Quades, & Marcomans onteu des Roys de leur na 

fortis delaraceilluftre de Marobodue & Tudre : mais à prefent ils 


k&Mofcouie 
me ceux qu 
la Sarmatic'E 
Mainfi qu’auo 
ivnlong difc 
Tibere leur fe 
k{elon qu'en ai 
rVoire Plide 
kian à caufe qu 
fi les Marcom: 


frent queles eftrangers leur commandent. .. Les 

ï Le doz des Quades,8& Marcomans eft cloz & enceint par les Marfi 
Strabenli,7. Gothins, Diens, & Bures: lefquelz il fait voifins des Sarmates . Stral 
Ge auffi,qui femble n'auoir rien oublié, parlant des anciens Boëfines ( d 
quelz nous auons parlé en Jéur lieu)d:t ainfi des Marcomans:D entrel 
quelz les vns habitent dans la foreft, les autres dehors, ainfi que font} 


d : 
fieurs des Colduores,au païsdefquelzeft la ville D de Marobod,, pr Me ue 
à fçauoir Buhieme-auquel lieu;commeil attiraft-plufieurs pour y EU (ques, H 
il contraignit encor les Marcomans, qui eftoyent de fon pays, d'yve 


SCifobaces, 


Æutrep. l.7e faire leur demeure, or eftoit tiré ce Marobodue des Sarmates , & del! 

cienne race des Sueues, qui eut guerre contre l’Em ereur Tiberc. Ye 

Patercule ne dit pas que les Marcomans-fuffent Alemans:, ainfi que} 
pelle pärter- fieurs veulécinferer, pour faire la Germanie celle qui.a produit & Go 
cle aufécod  :; Huns, Wandales,. Normandz, & Lombards : ains voicy com 
wlwme, parle. Iln'yauoit rien qui peut eftre furmonté en Germanie, fi 
: Marcomans, lefquels leur Roy Marobodue auoit tirez dé leur pif 


VUE 209 

teceieftoit. fi 
Ktontredagrar 
hr fes foidatz ; ; 
* en perfontie 


AE uten: 
Fan, enjenu 


« A Aà 


+ + 
« * (#1 
A 


1 DÉS LE VROP E.1 | : : dis 
brésché dans la cepalgne enclofe dela Foreffz Hercinie,il yhabi- 

Marcelle Prouince . Voyez coinme ce pélple venoit d'ailleur que du 

hde Boefme fur lequel il ffeftoit getté, & puis que nous auons ia veu 

Quades, & Marcomans eftoyent vnys enfemble,& faifoyent vn mef. S 
fuple, voyons ce que Ammian Marcellin en chante;parlant de Con- _£mmius 
Sizdu grandConftantin:l'Empereurpenfänt fe donnerdubontéps, Marcellin 
plus excellente ville du monde fc'eft de Rome qu'il tient répiés) il bw,1c. 
hduerty de iour à autre par meffagers dignes de foy,que les Sueues 

pyentle païs Rhetien, mp di & Sarmates faifoyent des cour- 
&pilloyent fuyuant leur couftumeles Prouinces de Pannonie & Ef- 


DniCe 
grrous ces paffages le diligét leéteur verra quelz furét les Marcomäs, 
büils fortirent, & fe fouuiendra de ce difcours, à fin qu'en la füuitte de \ 
bireil puifleiuger fi Lazie a raifon, ou fi lesautresquecy «pres nous 
derons ont la caufe meilleure: neantmoins encor voy-ie que Tacite 
ue ces Marcomans eftoient fi voifinsdes Gothins, que Marobodue ravir. lin. 2, 
tnuahy leur terre, & contraint Catualde vn deleurPrinces defien des Ænnales, 
2ulequel pourfuiuoit la vengeance du tort fait par le Prince Matco= 
bupres de l'Empereur Tibere, voilà + paie l’origine: refte à voir les : 
fs, à fin que par icelles nôus voyons l'il y a rien quiffaccordeauec ce : 
titre hiftoire porte touchant les Normandz. ÿ USE 
Drfurent ces hommes appellez Marcomans, comme qui diroit mar-: 
js & Limitrophes; pluftoft que eftimer que on les nômaft ainfi pour ! 
plus adonnez à aller à cheual qu’à pied ainfi qu’en vfoyent le refte 
krmates, &Jefont encore la plus:part des mefmes, foitenPoloigne, . 
e& Mofcouie, defquelles regions tes Marcomans furent. jadis voi- 
mme ceux qui fe tenoyent presla Morauie. Sartans donc ce peu- 
li Sarmatie Européenne la premiere courfe qu'il feit,fuften Au- 
ainfi qu’auons prouué cy deffus par le tefmoignage de Vellée; le-, 
fitvn long difcours des terres occupées parles Marcomans lors que: 
Tibere leur feit la guerre. 1 ui] sol lolunn 
Hfelon qu'en aurons auffallegué, d’Arrianenlaviedu grand Ale) Plne2. eu 
HVoire Pliie en fon Panegyrique, lotie & recommande! 1fortune P4remegrr. 4. 
kan à caufe qu'eftendant fon empire par delà le Danube, ilyauoit Tré44%.. 
files Marcomans. Julie Capitolin; fpecifie éncoraffez au long les /4le Capite, 
ksde ce peuple, & migration d'iceluy;,difant: Touts les peuples dés binen lavie 
ke d'Ellyrie iufques en Gaule feftoyent reuoltez,à fçauoir les Mar-:4e Mare. : 
ns, Narifques, Hermañdures, Quades,Sueues, Sarmates, & autres a- -#nfonin. 
Ciftobaces, Vitobales;Sicobotés,Roxolanés, Baftarnes, Alans; 8e: 
mue eiponule Snavohiet lus.orios :otiqgmaliéh sen 048 
tece:eftoit {urilésbras de l'Empeteur. la guerre contre les Par. 
&contreJagränd Bretaigne!, ‘Auecgrand: peine donc; inuitéà ce. - 
hr fes foldatz ; ilvainquit ces:nations guérrieres ;-&farouches luy : 
en perfonné, & autres l'armée eftant conduite. par fes Ca. 
N , &'Licutenans :-&contraignit Jés Marcorans à fe;rendre à- 
sation; enjenuoyant plufieurs habitér:en re cd il-dit: 

1} 


r pas 


ne LIVRESROTSTESME 
. » Marc'Antonir'auoit-deliheré ile faire quels Prouiace des Marco, 
Cefar Comtt. reduite fouzla contribution Romaine, & l'euft fäit,auffi bien qu'ilend 
Ln,t.  feignoitidels Sarmatie, fans l'empefchement que luy donna Caffie fe 
+: S'HCIONE EN 50 tant pour EMPETENT “à incgus Leuantines. : ET 
Tibere. Lafeconde coarfe de ce peuple fat en Gaule, & du temps de rüle ç 
Tache 2 . dés far aj rfi queluy mefinétefinoigne, & lors que Tibere commandoiti ÿ 
Ænndls. me, Maisla troiliefme expedition Marcomanique feftendit vers l'H 
à grie. & T'ranflyluanie, ce que i'ay délia noté parlant de Catualde qui 
«Æm . Mar- ceda à Marobodue Roy des Marcomans qui caufà la rüïne de fonpre 
cellin liu.17. ceffeur, fuyuant l'autorité deTacite és Annales de Rome:là où il fait te 
iours ce peuple de Sarmatie, & ce qu'encore on peut recueillir d’Am 
Marcellin parlantdes Quades voifins des Marcomans, lequel en par 
Ffifer, © celte forte: AfGltoientencor les Quades participansides perilz dess 
Ærabarie tes, 8 lefquelzindifcretement feftoyent renduz les compaignôs de] 
Roys des Mar faultes, Puis aioufte l'exemple de cefte clemence', & debonnaireté} 
“415 alecninduit plufieurs des Royaux, telz que furent Arabarie, & Yi 
Sarmalts. des principaux Capitaines des troupes, l’vn defquelz commandoitf 
uades, & l'autre eftoit chef des Sarmates, mais grandz amys enfe 
tant pour eftre farouches tous Les deux que pour l'auoifinément des} 
furlefquelzilzcommandoient.Les troupes de ceux cy l’Emo.bridi 
ment qu'elles ne peurent fallier enfembletandis que on drefferoite 
ticles de la paix prefte à cftre iurée : entant qu’il les fepara, fäifantre 
les Sarmates iufqu'à tant qu'on euft defpeché l'affaire d'Arabarie, & 


Quades. 


Commme les. Lefquelz comme,felon leur façon de faire, fe fuffent prefentezte 
Marcomans lecol fiefchy, & lateftebaiffée , ne pouuans fe purger des crimes q 
Le prefinryée Veur mettoit {us,craignans vn pire traitement, & de fubir vn:ex 
sadis [hums- plice, donnerent des oftages à l'Empereur, quoy que iamais onnel 
peu contraindre à telle ct ro ages ce paffage on voit les M 


bians à quel- 


au. mans en Dacie, qui cft Tranffyluanie, & telz qui n’auoient iamais fe 


ioug de la feruitude Romaine, Quatriefmement fefpandift cefte fie 
| tionen Auftriche & Stirie ; yeftans tran{bortez parl’Empereur CI 
sexte Aure. Neron, & depuis fouz Marc Antonin furnomimné À 

Le en La vie de uons touché fuyuant l'opinion de Iule Capitolin: & depuis Galien 
Galien. donnal’Auftriche, & Efclauonie au Roy des Marcomans duquelil 
Julie. Cap.en efpoufélafille: voire lyfons nousque Valentinian euft fouuent à 
lavie de  contreles Marcomansfetenansen ces deuxProuinces ee 

Mure Ann: OYONs Vn peu comme Çapitolin en parle:Les deux Emp.(dit-il}fon 
sin. a 2 areil de guerre;à sr que Les Parthes, &cles Marcomis troul 
les affaires de l'Empire : comme auffi faifoyent plufieurs autres 

chaffées de leurs païs par les fufdits Barbares, & lefquelles menaçois 
faire la guerre aux Romains, fion ne leurdonnoic heu pour fe re 

Puis aioufte: Apres cecy Marc Antonin fe gouuerna auec vne gran 

deflie, & douceur,&eut heureux fuccez contre les Alemans: & lin 

rement eut il affaire côtre les Marcomäs, a guerre il meita fn 


felicité fort granut, & y gaignant autant l'honneur que iamas à 


e Philofophe:inil 


Eufieurs mil 
hlesPannoni 
mmates, Wan 
ftz Comme 
jpcu par ce 
uelle demeu 
pdeia il eut en 
rRutilié qui l 
pnée la guerr 


auec les Qu 
kromäs qu'a 


uder le 1ecteu 
s{e fuflent efr 
d& prefquei 
ks,Sarmates, S 
eriale fut pat 
jepar l'énemy 
it vn peril p 
kiques troupe: 
ynérét vers Ec 
jicy que foudai 
ans que leur « 
:Roùles Ba 
s,cfclairs, & 
iprédre la fuite 
cherie paffäs 
bles victoires c 
lemal aguer 
2de la maintre 
fay bien que 
mme ennemy < 
eopinionde 
mclerendu à 1 
pire l'effait qui 
mpereur feit d 
lipar vae fien 
kre des Chreft 
rs fur les cour! 
lement i'ay ba 
Emons auoir eft 
ps, &c les nom: 
2, entant que | 
delcrite par les 
uleBelgique, 
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La 


4 1 M DE L'EVROPE, 223 
Luone-fienns-entreprife, & ce en vn temps auquel la pefteauoit rui- Cafe guerre 
fours milliers & du peuplé, & de la gendarmerie RE il deli- de l'an 
MisPannoniesd'vnegrand'feruiruds, opprimées par Les Marcomans, degrace 174 
putes, Wandales, & Quades , & triompha à Rome accompaigné de Æu/éb. bif.er 
fl: Commode. Par la vous voyez que ce peuple eftoit en Pänonies 6/.2. 5.chs. 
jpcu parce grand &fage Empereur, il fuft contraint de chercher Tertulen PA 
puelle demeure.Voyez encor ceque Lucian en chante difänt : Com- polager.e, ç.e 
jeia il eut entrée en la mailon Royale &c au palais, y eftant introduit S#/des en 
rRutilié qui luy ténoit la main, & l’en'faifoit approcher, & eftant fort l'hif, 
née la guerre en la Germanie: Lempereur Marc Autonin combattoit Lucian au di. 
pauec les Gusiies » & Mätcomans . Ce fut en celte guerre contre les algue nôné 
omäs qu'aduint le miracle racompté par Orofe, duquel iene veux Æxandre, 


uder le lecteur, parlant Orofe en celte forte : Car comme plufieurs na- 0r0/£ partu pi 


sfe fuffent eimeuës côtre l'Empereur aftrâgemét barbares, & en tref- Eutrop. l.10, 
j& prefqueinfiny nombre,à fçauoir les Marcomans, Quades, Wan- ‘ 
s,Sarmates, Sueues, & prefque toute la Gérmanie: & comme l’armée 
eriale ut paruenué iufques für les limites des Quades, & fe veit fur- 

llepar l'énemy à caufe de la faulte d'eau qui l'a tenoiten angoiffe , &c 

ét vn peril plus grand dela foif , que de la force aduerfaire , il y eut 

riques troupes de foldats , qui auec vne grand’affeuräce & viuefoy,fe 

merét vers Iefus Chrift; l'inuoqués & prians pourleurtroupe : Et cefebunde 
jicy que foudain il tomba fi. gräd abôdäce d'eau, & pluyefurles Ro-. x hi 
ins que leur camp en fut raffafie largemét , &c fans fétir aucuneiniu- fr nommé 

: À où les Barbares féntirét vn eftrâge eftonnemét affaillis des fou-',4, j Emper, 
ns, efclairs, & orages quien occiät plufieurs côtraignerent les autres oudreyante, 
prédre la fuite . Les Romains les pourfuyuäs en feirent vne eftrange < 
scherie paffäs prefque tout au fil de l’efpée;raportäs vne des plus glo- 

fes victoires que iamais on eut ouy reciter ,auec vné petitetroupe,& 

emal aguerrie,troupe de foldats, mais quis eftoyétfuportéz, & gui- 

pde la main trefpuiffante, & inuincible de noftre feigneur Iefus Chrift 

(ay bien que Dion racomptc autrement cefte hiftoire & que Lucian, Zmpreré de’ 

pme ennemy du nom Chreftien,ou, pour mieux parler, aduerfaire de Zucian er de 
teopinionde diuinité , attribue ce miracleà Apollon, duquelil faint De. 


icle rendu à l'Empereur eftant en ce peril : maisnousaymons mieux nécephore 


pire l'effait qui fen fuyuilt, queles refuerics de ceft Athéifte , entant q ecckfiaft.l. 4. 
mpereur feit dés l'heure furfoir les perfecutions des Chreftiens, &e'c&- chap.13. 

hpar vne fienne Epiftre , commefon armée auoit efté deliurée par la pipiz en laloy 

gre des Chreftiés. Le pourroy vous amenerinfinis paffages des bôsau- Geweraliter 
rsfürles courfes des Marcomansen diuers lieux , fi c'eftoit d'eux que paratr lfnal 
dement j'ay bafty ce difcours; mais ayant à voir {5 ce font eux que nous f.des decuri- 


imonsauoir efté les wormands, il fault pañfer outre; & conferer, &c:les ons. . 


nps,&c les noms & les voyages, & les lieux ou ces peuples fe font arre- Pende Roy 
2, entant que la premiere courfe cogneuë des Normäds par les noftres des Maries 
defcrite par les Annaliftes Françoys eft celle quandilz vindrent en la en Æmgleter. 
uleBelgique, Or eft-il queles Mercies fous leur roy Péde fortis des re. 
cou ans font ceux qui chalfez de jgiinie DENT Angleterre, & 

ù iüj 


LIVRÉTROISIÈME | 

“27 0! ffen retournans en Nortege, aptes la mort dudiét PendeGccis par Je 
#1 fans d'Ofuuald roy de la grd Bretaignéice qui aduint l'an de grace ç4 
HET regnanten france Clouis fecond ,& tenant l'Empire Côfantin petit & 


de l'Empereur Heraclie, feant à Rome Thcodore.Apres celte route ie Septentric 
Marcomans ayantrauagé le pays de Dannemarch,fe mirent à l'art pirelzaiement & 

: quel'efpace de plus de cent ans,ores courant lacofte Germanique, & M, ilcompre 

” toft fe fourrans iufqu’au plus profond des Gaules,ainfique verrons  rphestant 

:? fans plus outre en noftre narration, mais qu'aÿons: Vn peu recité les auiyrennent en | 
opinions für l’origine du nom Normand,entant qu'encor iufqu'icy n'irez vous.& 
anons veu chofe qui puiffe guére contenter l'efprit du lecteur. Lazies ja parolles ms 

comme j'aydit, tafche de prouuer que les Marcomans font ceux quionatio a pris.o 

: iadis côquis la Neuftrie fur les Roys de srance,dit que les noftres vole , nous pro 

gneurde Septentrionaux Courir leurs terres, & ne fçachans le nom propre Bi Forliuiä en 
vophang PEU ple qui l'affailloit, le baptiferent du tiltre de Normäds; c'eft à dire raporte a l: 
L 8  mesdeSeptentrion: & à cefte opinronfouzfigient plufieurs trompe @nerges,cftäs 
ji d'erreur commun, & fe laiffans conduire par la feule fantafie des autres Boire fait däs 1 


ne fçay point mauuais gré à Lazie, Germain de nation, & Viénois du pdt toute l'A( 
d’auftriche , ayant prouuê les Marcomans fortiz de Sarmatie , & nourbit de refiitäc 
plufieurs fiecles en Pannonie, fi eux chaffez de ce païs, il les renuoye @iils gafterent, 
‘Gaule, & Faydant de noftre erreur; il dit que ce font les: Normands dl Limoges, Po 
.' ! ‘en font defcenduz, à caufe que c’eft ainfi qu’on appelle les hômes nés autres, tant ci 
parties Septentrionales. Mais fi cela auoit lieu, ie m’eftonne quelolkwn peu plus i 
Han queles Goths, & Lombardz coururent tant de terres éscaules, Efpdsd'entre ceux 
Æucempli gnes, que Italie, qu'on neles honnora auffi de ce tiltre, veu que fi apellent auf 
de La? se tous doubte aucun, & les vns & les autres eftoient du Nord , & fortis destrinfque, en 4 
Les Septentri- es Boreales & froidureufes, veu que defia les François fe tenoient @Briuicre de S 
enaux féroiët caule , & y commandoient, vfans de la mefine langue qu'ils vfoient dr Ceftuy les | 
apellez, Nor- queles Normands y pafferent. ‘Et:toutes- fois vous ne trouuez autubut , con 
mandz, quelconque quilesnommeainfi, & moins qui aille refuer fur le mque non loing 
Nordman , iufqu’à ce que le peuple quivrayement f'appelloit ainfi codbellant Daces 1 
mença à courirles plages, & coftes cauloifes : lefquelz noz Annalifi difference de 
ontrecogneuz foubz le nom de JDanoys, à caufe que laregion qui ls, & Tranfylu: 
uoit vonis, & iettez en nozterres,eftoit fubiette à la couronneDannoi@hneffe C ymb 
ainfiquei’efpere vous moñftrer: ? : 2 145: 1: Mourch. Françc 
:: Tene me foucie point fi Beat Rhenan;,quelque grand:hôme qu'il puirigine de Dän 
-feeftre , iaçoit qu'il les confeffc Danoys ; parle d'eux en cefte si Dinoys ont ef 
Normandz furent vne partie des Danoys, ainfinommez , à caufe qu'lbet Strabon : 
font hommes féptentrionaux, d'autant que Nord en langue aleman MurentainG no 
est Rhenan. gnifie Septentrion, & Man, vault autant que homme : Le nom de ces ét de | ifle de : 
L.x.de Le Ger: rates commença eftre cogneu fur les derniers ans de l'Empire de Cha en rend affeur 
manie," legrand;,lors qu'ayantz pillé:& faccagélé pays Phryfon:&c Ifles voit Danvys encc 
1 21" -foubzlaconduicte deleur conduéteur acofiroy.silämenaçoient def leteur aur: 
édfo Roy: rele femblable au fuperbe palaix d’aix ; quieftait le-lieu où l'empereelle, mais fil f': 
Mermand:  feiournoit lors qu'il ‘eftoit fans nulle guërre. Et:encor.ne me{meuid Gauétles cho 
Fan degras trop les paro!les de Sabellique,.auoy qu'il fe foit peiné à reciaousallepué, fail 
809. affez diligemmentl'hiftoirs, lorsque païlant de: Nouftrie. occupée pue le danoys : 


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‘+ DE :L'EVRORE, … | 224 


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paroles memes de ceux qui. ont defcrit l’hiftoire du pays duquel 

pnatio à pris-origine, defquels toutesfois auant qu’amener les tefmoi. : 

ne, nous propoferons les autres qui en ont parlé affez pertinemment 2lnd decad. 
M Forliuiä en fon hiftoire nous fait ce peuple Ale mant (fia bon droit 2.4w.2.  : : 
mraporte à la verité){ors qu'il dit ainfi:Par les Normäds qu'on apel- 
merges,eftäs entrez;en Gaule, & ayät pris terre par les embouchures 

Loire Fait däs la mer.côduits de Romain leur capitaine; faccagerét,&  - 

ent toute l'Aquitaine, fans qu'ils trouuaffent Rôme qui leur feit täât 

birde refiftäce, Tellement que fefpandans par les Gaules de toutes 
ils gafterent, 8& rauagerent les villes de Bordeaux, Xaintes,Angou- 
k Limoges, Poictiers, Tours,Paris, Orleans, Bauuais, Noyon, & plu- 
autres, tant citez,que chafteaux & places fortes Mais Sabellique en 
va peu plus intelligiblemét,quäd il dit. Les Normäds fuért de natiô 
d'entre ceux qui {e tiennét le long de l'Ocean Germanique, qu'au” 
ellent aufli Danois. Lefquels fuyuans la route de l'Ocean vindrent 
iriufque, en Aquitaine portez fur leurs vaiffeaux par l'emboucheu- 
bhriuiere de Seine , rauageans le pays qu'ils trouuerét vuide de rout 
n.Ceftuy les fait Danoys, & le 168 de l'Ocean, mais encore ne tou- : 

Busbut , comme ainfi foit qu'il fault paffer outre pour lestrouuer, ; 
paue non loing de l'Ocean : & fait encor vne faulte fort remarqua- Irenique Lde 
ellant Daces les mefmss queles Danoys, comme ainf foit qu'ilya Gememie 1 
M difference desvns aux autres entant queles Daces font les Wala- ,J P34 
, &Tranfyluaniens , & les Danoys ceux qui habitent le long du A à 
Honelfe Cymbrique , & du nom defquelz le pays porte letiltre de sen Ji.7 
burch. Françoys Irenique en fa Germanie parlant de ceux qui ont son en l'hs 
igine de Dänematch, en ces parolles : Ilen y a qui font d'opiniô flo. Danosfe L, 
Dinoys ont eftéaiafi ditz des Daïes peuples de Hircanie, entre lef-"; bee 

keft Strabon : neantmoins Saxon, furnômé Crämairientefmoigne rez bif, 
fureatainti nommez de Dan,qui futiadis leur Roy, auec lequel ilz Duoife lin. 
ré de l ifle de Scandie auant en terreferme , ainfi que Iornandez ,,, 135" 
enrend affeurance: & de ces Danois eurent les Normandz origine, mt 
sDanoys encor font fortisles Bulgares & d'iceux les Hongres. 

lele@eur aura efgard à tout cecy , il verra des grädes diuerfitez, ie 

te mais fil f'arrefte à ceux (comme il fault faire) qui pour eftre du 

Liauétles chofes mieux 4 par ouyr dire aufli verrôt ilz q le dernier 

us allegué, Faifät fortir lesNormäds des Danoys,ilnedilsimule pas 

que le danoys.n'aye pris originé de l'ifle qui luy ef voifins.à fçauoir . 


Sabelli. zn= 
nead 9.liu,t, 


Faulte de CT 
bellique. 


LIVRÉCFROÏSYÈME 


Scandie, dé liâlle nôus aus âffez parlé, au chapitre des Gotks à ant rte 

” paignätl'hiftoire LObarde, &ainfrnousadunferds tes faccez de celte fo j jlafin 
ce. Celle gréd'eftendue de terre:vers le pole Artique, quoy que co TO toan:1 
par lesanciens,nont toutesfois defcouuerte, pout'en copnoiftre for is chofts, & 
valeir des peuples qui y habitoient, dieu y tenant énclos fes rousse itspaities E 


voleurs vniuerfels , qui depuis ruinerent l'Empire de Rome, & dône Mt ceux qui 
tant d'affäires à préfque tous les princes de la terretie dis que Scandie 
- Clleifle ou côtinent,aucun bec Ébchant encor larefolution, eft celte, 
Aurero à nourrys’& produits les Normands {üur'& le long de La cofte de No 
| coing de Scan ge’, quieft vn des trois premiers, plus grands &principaux royaun 
die Py Team Scandie ,& en vn coingduque! eft affife la prouince proprementapn 
eue F- Normanie , ou du Roy Nore, comme aufli N'oruege en a pris fon 
pfde Lagde pour eftre la plus expoféeau vent Septentrional, affin que i'aca 
Eh. Gethig cr quelqueicas d'ceux qui d'vn mot commun, ont voulu particularif 
Deféription euple:cefté Normanie eft pofée en l’auoifinement de Fimmarchie, 
de l'ancienne gardätlamer glaciale d'vn cofté, & l'ifle Thilé de l’autre,ayant les no 
Normandie. Ge Bothnie au Leuant, & la Noruege qui luy ef meridionale eftirà qui enceint, & 
Fey Nicelas ques foixante dix degrez de latitude feptétrionale, & qui ef feparée WBvous ameine t 
Germain fér (coffe par l'infiny cours de l'Ocean, & toutes/ois en pareille eleuatiodiiho Nord, c'éf: 
; promontoire le plus feptentrional qui foit en tonte la terre conquife pique palfer de 
par lesPié@tes.. Mais #ffin que ie ne femble rien aporter du mien, c'eft@ikequ'ils farrefta 
Fyi * … fonqueie vous diëles propres parolles de Krantz defèriuât les royau@ieleNormänie, 
Eu, .. * Aquilonaires . Noruage (ditil)que plus communement , ores nouWEtainfi ie m’eftc 
ee 4 PTE pellons Noruege, éftant le troifiefme royamed’Aquilon , eft auff pibliures, & eftan 
7e uince des plus renommées de tout le Septentrion , & c'eft pourquo 
l’ay mife la derniere pour en faire la defcription . Elle feftend en fl 
gueur,iufqu'à la derniere extremité dela plage Septentrionale, d'où a 
cHeaprisle nom fuyuant la maniere de parler des Germains . Or« 
menceelle dez les rochs & efcuils de la mer Balthée, pe doubljätle 
._ ,  verslepays Boreal , ayant enceint parfon circuit les bouillonnemen 
NorMGU  l'Ocek,en fin elle eft limitée par les monts Riphées.'Bien eft vray qu' 
péheurs. encloft en foy plufieurs feins,igoulphes & canaux‘qui par plufieursn 
font nauigables , & accefsibles aux bateaux, & nauires , autour defqu 
ceux qui habitent, fadonnent ordinairement ä la pefcherie , expofn@rOrentét que 
foleil toute efpece de poiffons & gräds & petits, pour les y faire fech@letemps'änéi 
l'air, & lefquelz eftans deffeichez de: enuoyenten Germanie. Or celt@ &gerit Norm 
gion,à caufe de la froidure excefsiue qui y regne, cft beaucoup plus fimp"...etie, q 
le que Dannemarch , ny le pays de Suece, neantmoins fort apte podipour nourrir Tes 
Pourquey Les nourriture du beftail. Ce pays porte & nourrift les hommes vaillés, aol prod, : 
Normegiens buftes, lefquels n’eftans point amollis , ny effeminez par l’abondanceitorellementv1 
Paix ceffiue des viures, font plus fouuent affäillants autruy,que perféne{Bliquelle R adu 
zârde de leur courir fus, & leur faire guerre. Dés longs fiecles cepeuito) Princh des 
foitque preflédenecefure & famine, ou fe fiänten fes forces (leitctutlafoÿ fe 
fontenorgueillir fouuent le cœur des humains )'tinft a cofte de gt débrrefl 
Bretaigneen fa fuiertion,n'ÿ ceffant d’y faire des courfes & pillage: @trauec quetèr 
ques fois eftant feul, & d’autres fe ioignätaucec les Danois , & ainfi la Normand? 


? 


Deféription 
de Noruege. 


& « 

TPE LE VRO PE ‘ 125 
% phone ndes Gailes'&lrgrand Brevigne, dneiceffa tamis, 
Lu dla fin delfonmomil ne Normandie ps der rm ÆAimdiffes 
kl'Ovean Façoit quetes hiftüriens Gaüloys, troublans;:& confon «7 gvo fat 
pischofs,ayét de couftume d'apeller Normands tous'écux qui vié-i 4e? parlnr 
hivsparties Boreales;faris difecrner;ny méttre differsee eurre‘les Da. des Normiits 
y ceux qui font dar riad Se drap md " Us 
he ayant parlé des Lapponsipéuplé farouche, &duquebriousauons 7r°#demne, 
pention au chapitre des GothsiOrlacitéMetrapolitaine:de Nôrmas #77 Midrofie 
HTrondenne;qu'äprefentoniomimie Nidrofie:laqudité éftrenoim. Metrspolitai 
Line pour eftrelbienpeuplée, que pout la magnifidence destertiples, ne de l'ancie- 
Bifes qui font bafticsien icétle par les roys anciens de Noruepe/C'eft #e Nermame 
il ville qu'onmonfire le tombeau dufaint Roy-Olaue, qai Futimar 

fiseu fepulctire duquelinfques au iourpréfentfe font de grahs mi. 

Dieu y moniftrant fes merucilles. Apres la Normañie:;qti eft la der 

hie Mprouince de Septertrion , on ne voit aucune hdbitatiün hutniaine, 
esneiementvneffroyatlevifagede l'Océan, &r-ceftifiny cours dés 

à qui cnccint, & embraff toute laterte . Voyez quelle railon-ceft ‘au- 

arée vous amine touchant lemotNormäd, non qu'il nie-qu'il£ ne l’aÿet 

Bu Nord, c'eftà-dire du feptenerion qu'ils habitent/imaismonftre que 


jatiof 
ie que paifer deça,ny courir lesterres, qu’ils ont rauagées le temps paf: 
Nu JU farreftaffent en Gaule,defiails fapelloyent ainfi, & leur terre 


uleNormäanie;aulfi bien quetéur voiline portoitletittre dé Norue- 
Étainfi ie m’eftonne- que te‘ bon homme Cenalis,ayant tant feilleté de Les 
lures, & eftant fi bié verfé en h'Cronographie, côme il eftoit, fe foit Cemalis bi 2, 
urquoMuifé couler en l'erreur commune du vulgaire ;'fans.regerder de plus “*"*°#% 
en A Es maticres, veu qu'il parle ainfi de la Normandie:La regi6 plus voi. 
Lo) M Chattrains Celte Gaulois vers FOccidenteft la Normandie, ainfi 

Orct plus pour le peuplé venu y habiter, que de fon naïf Sr premier 
Lite 1e MR fuoir deceux-qui l'etfuahirent, &fen féirenties feigneurs : car 
emcrad eft autant à dire qu'homme Septentrionnal}: Audi Northland; 
ay qu'tient Northtandie, fynifie terre deSeptentrioa,&telle-eft la region 
cursnemarch, men Pr Royaumes isdis fouriffentz, 

def réfent Noruëge elt beiffanté aux loïx du'Roy des Dänoÿs. Puis 
poñnie Or entét que ie peux comiecturer;il n'y a pas eu'vne feule Normä 
e leche temps'änéien : eritant que ldfource, & racine primetaine de la 
br cet Be gene Normande c’eft te paÿs Danoys, ou Noruepien plus heu- 

plus bop'.….erie, que fertilité de patfage & terroir, comme celuÿ qui ne 

epodrour nourrir fes habitants, & ne peutfourtir de pan, & boiffon à 

Lis il produit, syantengenidré double Normandië plus par actidetit 
danceitoreliement,vne Gaïhique;de léqéllenous failôns maincenät me - 

Se quelle R'adui à Céiman dé. &l'anere Frifonue, où ut fait feigneut 
ny Princt dés Danoys, layatiten don par Charléts.du nom, lors 


royau 
s nous 
auffip 


[J ll 

ne tutlafoÿ de l'Etangie:Quoÿ que tois ces homes illuftres en 
el gti ent refüé fur ce re Er Le les Septesi. 
suce queltué fin cottimé Fay Ya conFeMfé) li ef-ce que auant 
fiENormanct ruisdeld merstés Dahoÿs aubient ia COU. 


IQ 
Lil 


? 


4 4 


| LIVRE TROHLSIESME 


| Best Rbenan ra, pays Gaulois. fans.que le nom Normand Fat misen campagne pr v & 


ss pit Akdit:Theodebert x de Te” 
de Ger- . cegy. m'a faitcertain Bear Rhand lors qu'il dité Tr TE 15 fr 
 R doue & neueu de Louys, quecles Ganloys RS ae aq où il 
ceysduint. Danoys,courans & rauageës les finages du pays Mellin: & lors/dir}) hfortuné. 


de Normand, C'elt bien ps 
ren L' teftre,encor nény cogneu le nom de Norman: 4 
Mouse pr lenpmNormand fur incogneu, d'autét que Mo queles pus 
«ais feiffent des gourfes, & qu'ilz foyent du ù p dons # 
ee haut COPA EN ENTS E iamaiscenom, iufqu'à ce ,qu'ilz fe: fe 
Mi se Nos Noruegienne,vindrent fe ruer {ur la Gauld 


Kde/pouilles 
quatre ; il2 
Biuoyent mi 
lepace detr 


s la caufe du nom 6 
Lt. NUE re. Etainfi ayans prouué fuffiamment la ca # 
les . lieu do ef pris, lifans encor les mœurs du Peupe à cale in Pa apres 
her ‘fcriuant les-Goths, nous y auons enuelopé routes les façons de vi Leurs mab: 


Scandinauiens , d'où font fortisles Normands. il eft temps delormig 


. alles dec NL IC vcinquir 
voir leurs courfes,lefquelles font autres, & différentes de celles des M x. 


: Bout puiflan 
ien de commun auec les Mercies , & Norchonigp er EU: 

conne ss ane ane eft,nous vucille faire croire la M | “etes 
tant, quoy toute Alemande, eftre mefme cas que Ja Normanie qui Mbiraifes, 
PS A & Scythique ce que le diligent lecteur iugera en el , De td, 
st diligemment ce que nousauons difcouru,cy deffus. khefSigibert 
not eg ua RRPENLTEEEANTENES ie, & gaftenc: 
gs : “ Le ie plus? tu MS Mtbroflent:m 
ble Des cowrfés des Normand7, G consmeilz, f'arreflerent en Gaule, imaffent à leu 

on à @détérreparenxponquifes hglez, & def 

si Chapitre 41... 


ls marefcages 
rlesnouuelle 
re n'ofoyent 
hydefun&, 

nutift auf le ÿ 
meles prelats c 
fenfuioyent a 
ce furen cete 
des Luifs qui 1à 
Kfurent chaffe 
lefaint, &vn 
lemefme faifo 


; les plus vole à leur aile 
Sigibert moy fus ceft œuure, fans rien dire finon ce que chantentles plus vulg befchement. 


À Z chofes aduenuës le terme paié > 8 qui fur 
NL noftre memoire pour n en-cftre tefmoins qu 
la leéture des liures, de qui pouuons nous auo 
ds? inftruétions pour nousen affeurer,que des ant 
PTPNhiftoriens, ou de ceux d’entre les modernes, q 


72 


NEO on. curieufement employez à {çauoir la verité 


| rs GORE inf fuccefliue 
nig  mädes, voicy ce que Sigiberen chante deffriuant l'hiffoire desGa antes faine FI 

ands affligeoyent fort les co RSR FPS CRE é dés flammes: 
Pond _. ba Gaule deltruifins Doritad fur le fleuue Albis, Anuers baltiel Orleans, & 0e f 


re ce - poféfur l'embouchure de la Mai 

ult,& Withcland lieu de rañic poféfur l'embouchure sn der 
pére les Frifongà Jeur payer tribut, çe qui aduint nt 
Seigneur 8,0. Orcomme les Danoys Normands Fa : 


LmbLbIe au pays de Hlandros,à fçauoir dé piller & butiagr vous a 


France fetforç 
lede France fu 
Drapres ils affai 


mpoitz, & pou 


1 DE L'EVROPE., 1, : 26e 
Mir té gouuérneurs du pays leurreliftaffentilz fe retirerènt: ce 
D f112 feirent;eftans venu furl'embouchure que fait la Seine dans 
kun,où ilz receurent quelque legérerdéffaitte:: mais paffans ‘en Guy: : 
fortune leur fütplus'heureufe,entant que chargés débutin &ri- 
Liepouilles,ilz fe rétirerenten leurs terres:puis fur l'an’ huit cens qua 
gequatre » ilz pafferent en Ja grand Bretaigne ,'où defiales Anglo-Sa- : 
suoyent mis le pied, &'contre lefquelz ayans combat’ cruellement 
fpace de trois iours entiers;ilz obtindrent en finfa vidtoire vfans de 
Le deshommes à leur difcretion, &iouïlfans delafeigneuriede 
dti Fo APRTRSE ARTE + Rerïc vaincu 
ILinnée apres le Roy Roric arma 600. Naus pour allér contre Louys par les Saxôs 
béreur : mais les Saxons luy venansau contre eurent bataille’contre 
kleveinquirenit ; aydez &'afliftez de la main, 8 faueur celefte de #7744: de 
tout puiffant Voila ceque en tient Sigibert : &les Normands en Normandie. 
Heainfi en leurs anriales,difans : Ayans les Normandz tout couru & 
Mnrleurs courfes &pilleries, ilz f'afluiettirenties Frifons, & feles 

fibutaires, & au mefme . » portez fur le Rhin, afliegerént . . 
bigne, & montez für le fleuue Albis, bruflerent la cité de Hamburg. Ÿ igibert. 
khefSigibert parleen cefte forte:La mefine année, ilz viennent par M vrmands 
in, & gaftent tous les païs voifins de la mer, pillent, rauagent, ruï- periféns 
&bruflent:mais ayantz butinéle monaftere Sethin, comme ilzffen "74#le#/e- 
imaffent à leursnauires ; chargez debutin & proye,'ilz y furent 7%. 
helez, & defuoyez;que ne fçachans où aller, ifz perirent fumergez 
lesmarefcages,tellement qu'il yen eut fort peu , qui peuffent en ra- 
lesnouuelles en leur contrée, Or les Normands accouftumez àla 
re n'ofoyent neantmoins farrefter en Gaule du temps de Louys, 
hydefun&, ladifcorde fufcitée entre fes enfans les encourageant, 
hurift auffi le pas de leurs grandes & glorieufes conqueftes . Ce fut 
eles prelats de Gaule,efpouuentez des furieux affaults de ces Bar- 
enfuioyent auec le plus precieux deleurs Eglifes dedans les forte- Krnrz br." 
ce fur en ce temps que les Normands prindrent Bordeaux, par la tra de l'hif. nor, 
des Lui qui là eftoient, & l'ayans pris le pillerent, & bruflerent;tou ht: 
kfürent chaffez par les Efcollois qui venoïent en Gaule pour aller: vont 
klefaint, & vaiuerfel pafteur'de l'Eglife feant à Rome: ce fut aufli 
lemefme faifon qu'ilz faccagerent & ruinerét la villé de Perigueux, 
rins à leur aife fans que perfonne leur dorinaft aucunideftourbier, 
efchement, ‘ | 
laiof fucceiuement d’an en autre ilz pafloient'en France tellement 
antes fainc Florent, & Tours pafferent fous la fureur du fer, & du: - «2 
indus par cefte race furieufé , iaçoit quele corps faint Martin fut Dececy vey' 
édes flammespar la preuoyance des Lcclefiaftiques qui: le porte- :2fymon moy 
Orleans, & ce fur lors qu'ils:brufierent Angers,randis que les Prin- #e limg 0 
France fefforçoyentde fe ruÿnier, & en la colere defquels toute la Lists 
fede France fe prefque facrifiée à leur maudite difcorde : Aufli 
apres ils affäillirentilanoble cité dé Paris,qu'ilsbrüfleréten quel. : à 
nsoitz, & pour ladeliurance du refte ilz br que de : 1 + 

Li fi 


: LIVRE TROMSTESME 
deniers des citoyen d'icelte:s& voilatout ce que Sigiflrent-dit decefhe; 
ondation,6c debprdabominabledela plus farouche nation que im, 
Sepsentrion po | cidentalos, “fe 
. Ontrouueque cp: 


ecfpa 
que:Saballique monftre 


cuidemmentlors qu'il dit, parlant de Do 


nique Syluis Duc. de V'enifes Qn:dicquefousla:conduire-de:ce feignes 


Syluialss Nosnids fur chufez de Dalantio-8e de fès limites, defque) 
… à caufe.que fouuenr ilagne-combatu aucciceux de nofirenation, ilf 
direqualquechofe, Ces: N'orman ds firent leshabitateurs de l'Oceun 
quitanique, lefquelz ayants par vn long efpace de temps tenu la mer fu 
téd-leur pilleries, par fuccellion, detemps-entrans en Gaule par le Lo 
conduits par Raoul:leur Prince;mirent à feu, & fang:le:pañs Lorrain, 
: vnogrand partis dela Germanie. Tout en &c. là de diuen: 
téurs;pourpar.ce moyen dinerfifierle gouft-du-leéteur, mais d'icyens 
iensveuxquedelinsfirr ce qui.eften l'hiftoire: Noruegienne touch 
les Princes Normands qui-ont:couru les Gaules , à-caufe que les, aute 
: d'icalle faccordent aflez bienauec les annales de France: Or en 
ellesen;cefte maniere. Regner Roy de Dannemarch,cftät auf poifeff 
de Noruegs, & par confequent feigneur de Normanie; commeil fur 
. codéifes enfans vniffans les deux nations enfemble, furent:caufe auf 


les Fränçoyscomprindrent encor les Danoys fous:lenom de-Normid 


Ctltenation Septentrionale en gensralacomptoitÀ grande: gloire le 

recin &-volariemarine, &ce auant: qu'elle cuftreceu la foy: Euang 
quesnourriffint des plus.cruels, 8 farouches homates de laterre,aufq 
l'art Piratique.en mer, &1es Jarcins en cerreeftoient honéftes, &honc 
blesttout ainfi.queiadis:les Lacedemoniens mettoyent: cecy auranc 
leurs principales-louanges.C'eft paurquoy en.ces Prouinces:le plus f 
uént les roysmourants, les füccofleurs: ent.en telle forte | 
heritages;queles vas: auoyentlaterre pour leur fort,&:les:autres, w 
Compse les. les plus vaillants, choififfoyentlamer pour leurapennage: entantq 
Princes. Sep- gucrre demenée fur mer endeuelifant les voyageurs, eftoit pareuxre 
tentrionqux. técleiufte ; &legitimeart militaire, tellement que ceux qui fenrid 
Partagevient A ren pe eftoient les mieux venus, & les plus honoreze 
leurs herits- es hommesilluitres. Aulfn'ayans far qui fexercer de. ceux qui v 
gessvey Saxo geaientle payseftranger:fur mer pour les dofpouiller,ilz aprindrétd 
Grammair, ruynerlesvnslesautres, &courirlesterres voifines:. Les-Wandale 
© Kramz. ftoient affaillis, & reciproquement ilz rendoyent au Danoys la: pare 
bi.2.chs.1.de Les Normandz.& Noruegiens couroientiufqu'en-Ruflie, & fouuent,t 


Nornssnds 
acomptosët 4 
ghire l "art 
Piratique. 


naus vers l'Occident, l'Angleterre leur feruoisdle: pañltemps, yaf 
lansles AngloSaxons, qui en auayent chaffez les-anciens; habitans & 
perdrelenomà l'ifle: & d'eux porteencor lenomie-Comté de 
thombelland. Etiaçoit-que il femblaft que:ce:peuple-euft vne g 
commenaturelle contreles Saxons, fieit-ce que ayant vlarpé le 
Saxon: & la terre Frifonne , ilz les laifferent dés.que: itz eurent:g 
ftéla douceur &:delicatelle Gauloyfe , de laquelle ilz prindre 
gouftiossque Haddingue (duquel. ailleur j'ay paurfuiuy l'hifouet 


l'hft. Nor- 
; mand, Le 


cefue Pen 
878. vay le 
aireir hifts. 

” #ialeh.40. 
s oo 44 


nditencorefa féveuren Dalmstie. ; 


pinepeurent 
jngue Chr: 
“ah Sa 
elonpaïs. 
oué ba 
des deux Bañl 
bit cepauure. 
sent les chofe: 
nt los bras cr 
+ er € 
squ'y ayant wr 
| robleffe 2 
x:baftardz 
ice, la vie defc 
ait côfcience 


wine fongeoit 
deux ballard 
Wlpirerent cor 
y& Lorraine pre 
recourds tout: 
vigne, Tr es 
quedeH 
deleurcolerc, 4 
ln à la chaffe, « 
etempelte ceff: 
mnt à Godefro 
ipcreur Lothai 
péquien futoc 
temps du m 
que-Godefro 
d ent Paris, l': 
Ans coDtraign 
ï pertes pa 


' 


|. ! MEXB 2L'EVMIR PE) : : 227 
5): préfrèn-Feance., :80 Le april, padfedantt lecpags \hactrant bar : | 
grey du Roy:Charienle era put Ans bapeeliue Pourguey les. 

dernier du regne dudit Royragu-209 auant, qué Raowvl paffaft cn @ar,rasss e- 

.. Etc'elt la premiere pau queiamäis lo Normande feiventen-Âime % Aer 

Lees,& pour laquelle encore iufqu'auiourdhuy onekitielepis Char M4n45 Krés 
a des dependances de Normandie, & les Chartrains; auoirdes vertus b-2.6.4 Non 

sonndes pour leur luftre &c.excellence ; auf bien-que.les Manceaux "474. 

a queau Mansiauliirepaferencies premicresracines deceftenatiG 
emrionale. Lo laidfe les diuers voyages decé peupleen Francefouz 
mole Begue, & Charles legros:lofquelles encore quefuffentfafches 
shoe peurentilzrien:entrepreudré fur les terres Royales, à caufe que: 
dingue Chreftienne:, aunit:(auec le baptefme ) veftu le naturel Gau- 
,&nefauorifoit en rien ceux de fa nation, content d’eftreenrepos, 
pquefonpaïs-ne pouuätlenourrir, & l'angleterre l'ayant dechaf(é il: "4 
irtrouuéfi bonne:compofñition en Franco: Mais voyons{ouz lere Cecy fur l'an 
des deux BallardzdeLoüysle Begue: à fçauoir Loüys & Carloman 884.5.6;7- 
dnfailoits 8c:cômeles affaires fe: demelloyent, touveftamten trou- &- 8. 
bar ce pauure & miferable paysde France. Nozannaliftes nous def- 

meles chofes fi confufes en ce temps qu'il femble queles hommes 

tntles bras croifez , & eutlent perdu l'appetit de bien fairetantils"e= 

métaneantis, 8 fault bien dire que lorout slloit fort defordônément 
squ'y ayant vn bonnombrede Princes du fang de France , fielt-ce;. 

s anobleffe À 4 roi au basque contretout ordre; loy,& couftume;: 
x baftardz t'afirent{ur lctaintthrofne Françoys, &c fe partagerétls 
ice la vie defquelz fut fi defbordée qu'Aymon moyne parlät de l'vn 
hit côfcience de l'appeler homme pleinde toute faleté, 8e vilénie, 

wine fongeoità autre cas qu'aux vanitez de ce monde. Du temps de’ 
deux baftardz fut fait le f6céd rausge: Normand: fur la France par: 
defroy, & Sigefroy.freres,quiayäsreceu le pays de Phrife:pourretrai- 
ipirerent contre les RKoys, &-coururét la plus grand part dela Fré: 
&Lorraine prenäs les villes d'Amiens; arras, Cambray, & Teroüëne: | 
recour£s toutice qui efbarroufé de l'Efcault; bruflds le Liege; Vtrechs: 
vigne, Treues, & Aix; & A ns citéde Gäd ; Tournay &xoutle 04 dr que | 
ns 


me): 
nel.s.ch.60. 


pprefque de HEnault,ne laiffanscoing en la Picardie, qui ne (breffée Low) ft eccss 


l'rn à la chaffe, & l'autre ne ffay de quelle maladie. Etce futlorsque se file pense 
etempelte ceflaquelque peu ; Acaufe que Charles le Gros les appaifàa Ja violer. 
mntà Godefroy pour efpoufe Gilde, ou. Gillette fa coufine fille de: }5y fre hifi 
ipcreur Lothaire, mais cefte paix ne dura guere, faucée par le Nor- des Charles 
bd quien futoccis pourrecompéce. L'autre rauage-des Normandz 4, 

itemps du mefme Prince d ffauoir Charlesfürnomméle Gros, en 

que-Godefroy leur Roy ayätefté occis, comme diteft, les Barbates 

lrentà Paris; l'affaillirent ,prindrent & faccagerent,& prenans depuis Censmege fis 
bin, contraignirent le Roy à côdefcendre à accord; quifut qu'il leur fair l'emider 
ma partie du pays Neultrien pour y habiter , nontoute la contrée, grars.995. 

Énl'éatre courfe Normande, quieut sement Laquellead- $ 

ii} 


deleurcolere; & cruauté Barbarefque. Ce pédanties Baftardz mou- en ose 


Vs ; LIVRE TK OTS EME . 

uint dutemps d'Amould Empereur, &'tendeie royaume Frahçoii Euc 

ce 0 fug.chef & auteur Raoul PrineeNormandi, léquel yeftoit e guillon 

» 1 :paur-diuerfes occafioé, & defireux de f'enrichir 8 faire: vn grand buti 

+ & proye;ë& voulétacquerir vnegloire perpetuelle pour fon nom, & pl 
cftaot.efmeu.de Ja momoireiillufire de ceux de fa nâtion,qui defia auo; 
“eu ynepottion de Neufirie;cômepour perpetutl heritage, Mais ceqt 
Pay Krants_ pluscaufafon Voyages qu'oyant confbit auec fon freréicôtre le Ro 


lin. 2. chap. de Danemarëhquipour iorsicémandoit furla Noruege,aindi qu'encos 


16. lediét pays ef fubie. aux Danooÿs; & ayant-perdu: & la bataille, &e 
icelle fonfrére;icreighant la fureur du Roy;qui fen6moit Harald, ilf 
jh Bede en contraint-de quitter fon pays;&raller ailleur. pour trouuer fon aduentur 
l ifé, &ccle- Son premier voyage fadreffaen:la grand. Bretaigne , qui defia porte 
faft. d'AÆn- jeinom Anglois;à Caufc des Anglo:Saxons:quil'auoient conquife, & fi 
gletér x, Jaquelle plufieurs Royside Dannemarch auoïient couru les vns mal y 
fans eur befoigness& les autres,y plaritans leursifièges, finon par. to 
& …J'Ifle,à toute moinscommandans fur vne partie d'icelle;;dequoy:h 
l’hiftoire d'Angleterre, &les Annales de Dannemarch. Auf celle grat 
Ifle eftoit gouuernéé par diuers Roys,entant 4 les Anglo-Saxons auoi 
leur partage,quitoutes-fois donnerétienom.à tout Fe pays:y eftoiet 
les Piétes & Efcoflois, qui deffendoient -apiniaftrement:leur Proui 
Côme An- &les Mercies ne fe tenoient fans rien faire, voirele Roy de Northon 
brome etes belland ne fouffroit qu'on luy querellaf jaterre de laquelle: il eftoit « 
grec Pit offellion.Ce f ingfeptentrional que: Rollon ; ou R 
dinifee, pollethon.Ce fut contre ce cüing'feptentrional que on, ou Kao 
dreffa fon nauigage;defcend.en terre, pille, & rauage tout ielon la couf 
me de fanation,combat les habitans &.en fait va grand maffacre : 
chargéqu'il fe voir derichefles cômeil n'eut point vouloir de Farrell 
audit pays, @& n'ofaftfe retirer au fien à caufe de la colére de fon Roy,qi 
né demandoitqué fatuine,en finil{eidifpofe de-pañler en Gaule, & 
chercher fa retraitte:mais le peril des fiens, & le grand nombre qui def 
y:auoit efté taillé en pieces l’intimidoit fort eftrangement, ioinét qu 
voyoit que defia cefte nation eftoit acouflumée à fçauoir que valoyer 
. des forces Normandes ,;,& à y relifter,&.les vaincre , & ainfi le defir 4 
:  cefteentreprife famortiffant ileftoit prefque fur le poin& de la qui 
 ..dutont:& ainfi-voyantcomme Jes chofes luy fuccedoienten anglettt 
Afredé. Ro rejikdelibera d'y arrefter,mais admonefté par fonge quicta fa deliberatié 
AÆnglois fal: 8 faifant alliance perpetuelle auec Alfrede;que Krantz'appelle alftens 
l'édes Nor- - Roy'anglois,ilréemonta fur mer pour aller la part,où leguideroit fa fo 
mands,… tune. Ce fur lors qu'il courutle pays de Frife;Zelande, Holance & B: 
+ bant;& printlé Duc:nommé.Regner commandant furles Zelandois,. 
Phrifé, & qui feftoit ion@ auecRabod Roy: Phrifon pour luy.empelcherla defe 
Zelande tri- te:Noncbntent d'auoir affubiettis cés pays, & contrainie: peuple.à.| 
… Lutairess aux treannuellementtributaire,il remonte {ur fes vaifeaux, & rafant la 
Nermandr:.. Îte deiFlandres, &de Picar die,en fin il vint defcendre au pays & finagl 
“bts de-Neuftrie. | état 


ro? 


; i 1 , 5 SE Ca) 19 ssh ; AS hs Les que 
"Ciefloisla terre quil, suoit-fongée, c'efois le paysqu'il deuoitnog 


f 
‘4 


Pl 


1 t 


. 


fircontraint À 
riinét deleue 
ment que le 

qn’le femond: 
e,qui eftoit.p« 
terres pour 

je fut lors que: 
il obtint a pof 
nant celuy. de 
ce Prince chai 
ereccuoir auf 
ppellé Robert 
dà pris’arigine 
qui ne fouft 
re, commeceli 
jeut à laifler Le: 
Fÿ mettre la m 


D Voila la prine 


ÉLazie à tort,o 

mtlesmelimes: 
ys & Prinçesn 
Onde deux: n 

hvoilins. de Pa 

on & de la dernic 
“ Abbé.enla.p 
nt: : Dhaute 
Ftrer it 
1 tlonaire.( 
Mefagers, digs 
ji cruelz. &ex ec 
mädz,, qui ver 


rà commädé d* 


I bragarde, : nat 
penta clle dlesite 
ineté :,, Gola, 

Roy... 8e moi 


Rypromie, à, 


ten fantale., 
out plis: à 1} 


| 


ll 


; r 


1 


Ë a D'ET LE WNWO PES y: 228 
de‘! tion de la Narmanie! Noruegiehne : aulli yreftans def Ds verge de 
Mailprift Rouën, Bayeux, &:pluGeursalteds villesinon fans faire v- Arwl en Bour 
borrible deffaiete dé Françoys Gaulois, afliges Paris, prit & fâcca- mit | 
£ureux,fecourut l'avglois,eourutla Bourgoigne;ruie les terres Poi MoN 0 - 
es , à caufe que ceux cy auoyent donné fecoursaux Frahçoÿs? &'en # b.1. 6.41, 
pueil affigea la France l'efpace de'treize ahsfi-obftinémét; qu'à le fn | 
ircontraint dc luy agcorder cc qu'il demandoitsentanr qu'ayant efté + 
rintt deteuerde:fiege.qu'ilauoir mis deuant. Chartres) il defpite *: : 7: 
ment que le pays par où il paffa fe fentit bien-de fà colesv' 1; Mais à ld 
in'le femondà fe Chreftienner 1uy promettans de la part du Roy de 
qui eftoit pour lors Charlesle fimplesle pays: Neuftrie, 8 quelques al baptift 
terres pour {on heritage, & laifille dudit Roy pour Efpoufe. . per de APIye 
afuc lors queiRaoul receur Lefüinét Bapsefine :8 auec la fille de Fran, 978" 
ilobtint {a peffeffion de Heultrit ,; lenom de laquelle ilehangea luy ?"?* 
nant:celuy, de: Normandie ainfi qu'à prefent on les nomme, icomme °° * 
ce Prince chahgea de nom laiffant Raoul, poursenreceaantieBapr , 7 fort 
bereceuoir aufsrvn autre vocable quile fürnommaft de fon Parrin,& Re 
ppellé Robert. Ce fut Roaul:duquel, comme jay dit le Haro Nor- 


gréd sflicier 
là pris origines &.ce à caufe de fe grande juitire & feuerités.comme L. 
qui ne fouffrift depuisiqu'il fur Ghreftienné, qu'homme feiciniure 27"*°"*"" 
hre,commeceluyqui-ordôna {lelaboureuerayantlabourélelong du 
eut à laiffer fes utile ay châp: bù toutesfois. n'y ouftieufiheudy qui 


Norm. 

\ té 

y mettra la maintant feuéré il efboit:en:fes iugemens..; ;: 1, 

| Voila la principale expedition des Normands-en France :, & voyez 

MiLazie à tortsou fii'ay droit qui ne:peux receucoir que.les Marcomans 
melesmelines:que-les Normands, entantque.py la fucce{sion des 

ps & Princes ny. les courfes des peuples ffaçcardent pour dreffer cle 7.” 

On de-dewxt! nationstant cfloignées, 16, de fang:, & de paysles vnse- ‘""" * 

voilinsde Poloigses cles autres fartis du plus profond defepten- 

pa & de la derniere Ipartie.de Naruvge., De ces peuples a parlé. Anfe- . Æn/ég1/e 

K Abbé.enla. preface des laix'ançigoncs, de: France, par luy. ranferi- .4bbé L. des 

. hot: Dautantiqueles commandemensde Dieu. nonc efféafcau- lux France. 

&. qu'on:n!y.à point dénéabeyifance: noftre fcignour À.enuoyé:slu 

pAquilonaire.( duquelf616 la Praphetie.doit férris oftremalheux) 

Mbichgccs digovsminiftros pour lechafemét de noz. fautes : à: fçar 
rcruelz.&execrables perfecuteurs du nom Ghrelhié , &c ce ferons les 

midz,, qui venaus iufqu'à Paris ant môfire L'etfeét de ce que Dieu 

Bricommidé d'exeguger fur nous. Encore n'eftcetout,&nefarrefta 

Rbragarde, snatié en fasterremonpellement,-conquife., encpronefe 

penta elle deserres que'llerenoir da noz Roysà hommuge., fers 

ntde fidélité « f ençorelle n'en aunitqu'el|é peut teniren tours our Lust 

nn, 9la pelay, pouyit adenir enculer: Je ape obsiflpit 

Roy, 6e moins le fouhaittoit Le, Normand qui n'eulk voglu violer 

Rypromie, n À fon Princes: de fen retourner en Niaueuge;, ne luy 

ten fantafe. à gaufe que; la; douceur, du. ipays Qceidenal.. luy 


oi plus: à, gré querkes rigueur Sepientrionpalles: :. ain, ce, dut 


+ ni 


Ps: L LV RE PES SX ME 


5 esp Lim gens ape or nentiele f 
Cafe avope- voycà vellepelte, :& Rambenu de difcorde:qn per utile fisc 
fie for faite: jes Etatgoge 8e JR animer: ksvneepntre les autres, queisee 
fan 1066: que iamaisl'inimitié (en fers de durée : Cofuteuillsume Duc Nos 
0 Pablo (fix Bafard dé Robert qui fer fiz du premier ouillaume forty denac 
mrgileen Jen chef de lpfanitte Normende) qui f'empare de l'Angleterre, fon foi | 
bi. Cenale l. ge foie tesloixtefquellesivfenx ies Angloisdprofent :  Bdequel ile 
14e LeGsnle auiourd'huy fondefcendor-les Roys, qui onrcommandéfur l'ifle la 
bolle, êé richedel'Éatopa Cane FU atlenà cefte braue & belliqueule 
tion que d'auvirérée des moyen Angie serre, ts Duez vaillants & fs 
… … en Gaule Rencorl'Italis,  & Sicile n'euft receu commandement des 
un  Méde,@fil'Afienteuttveu ce fang Danoysfaire paroiftre fà vertu pre 
Cefut l'an de 0 5 $ valeur aupéts Ldtiméen en'ce vo yage-tant chanté que foirent 
| grare,109$ reftiens pour ls redouurement.de là verre fainte:: Car dutemps que 
823 prince Lorrei paffadu Leuant suec l'aimédChreRienne , nobert file 
Tancréde Duc Normund féirauflile voyage, mais eftanten Italicfol 
… cité par le pape, & tousles Princes Italiés de fecourir &c l'Egbife, &lep 
. Romain contre l'infolenceGrecque, & pour chaffer les Sarrafins, oui 
ui... fétquivenans dé la Berburie f'eftoyent gertez en la Roufile;& pays Si 
.… « Henémehaffansies Chrefliens ; &cfaifà ns mitle maux à tout le païs Li 
trophe/CtfüutcePrinos qui les en dhaffa;&e meitifonfiege en Sicile, fe 
favt soy d'icetle,auccia permifsion du Pape & féigneurs d'Italie, laifi 
apres luy Richards mobert &'Roger , defquelz la race:continus iufc 
x temps que les Federicr tindrent l'Empire, & que Conflance efam de 
Blond Dec.2 , UOHÉe fat mariée à l'Emp. de laquetie fortiftie malheur de l'Eglife, ai 
 L3sab.ene Qucie penfeauoirdifeouruien on tr tmies hiftoires trapiques, 
ddl da fin auf de laraceilluftre des Normandz comme aufsi les guerres e 
FE trelés moifons de France, 8 d'Angleterre; one mis finà l'eftoc des? 
cesdeccftenatié, d'en ÿ aÿét plus que céuxquifone dela famille ro 
des Angloys ;- Quant à1a terre Normañde elle eftant de belle eftende 
_ comme celle qui encloft &'enuiréninefix Euefchez, fans celle de Rois 
‘quéeft Métropolitaine; à fauoir Burewr, Bayeux, Lifieux; Ses, Aurdlt 
&Côniftances,&vneinfinité d'autres villes/villiges; Chaftesex, & Bo 
gadési Le peuple y eft en grand multitude donné ai trauail'; nonpué 
tataäis oiffifbignèux, ad6tihé à lohprouffit, cault preuoyant, efchirs 
grand mefñager , vn vicelüÿ'eftant pecufier, qui éft la rufe/ar le defir 
viuréeéhquerchant par proces ;'i6int qu'on le féupçonne de pou def 
& loyauté, 6 à bon droit, ien'en{çayÿ Hen, n'eneyant faitl'experienc 
Robert Cens- mais C’eflvn commun dire que iepenfcefire:veño pluftoft désir qe 
lslade  deseficientiqué de cé quià'préféat ‘ef cognes en céfenarion ; üj 
Gas le. que {côté Fôn dit) detoutes tailles bôns euriers ‘+ &e à fe qu'on 
q 


Pay ue cecy 
Ritriel, des 
ki de Na- 


ue i'efi parle de moymelhe ie Una que 6 que R'bôn Buelques 
A AE Dm A De 
fertifté & sbonidänte én'befäil;, & poiffont-portait du frobmient cos 
Yfouhält: féouderte dc tousarbres früitices 8 mefméetitde Pond 
PUIS que: d'iceue cout he pévple ex Ait MTer deal} rafilisrh 


Jong de l': 
Le commt 
ere que d 
phiten gen 
eftranger,\ 
short opiniaft 
muention en 
sréfe ioind 
thon éfprit 
bevaillans e 
ncela de l’he 
bit, & donné 
bleRoyacu 
edela Franck 
kel qui mieux 
des Aftres 
nverraquelq 
ngcs à la merc 
nique & difp 
quetel y a qu 
ltélesliures d 
ez vous que le 
ned'vne des f 
chans y eftans 
nt & cognoi 
hiquier,imité 
ne de Parlem 
by à bon droit 
Kun tiennent v 
ment l'obeiT: 
idition des'en 
sernois füubie 
l'hcritage pate 
mblét forclo: 
tiqueadmirab 
mandzayent le 
Hceque les feu 
\sautres que tre 
iérre,tellement 
ic on ne trou 
Wayent fiuy lé 
| ddie qu'éf 
Rfid tonstes: 
Meny autres Fe 
us, Evaffib € 


| DE L'EVROPE, 219 
jong de l'année , &: on eflargift les fruiez aux nations qui l'auoifi- 
Le commun peuple eft adonnéà faire, & tiltre des draps ne beu- Mæwrs des 
ere que du pommé,;ou Peré,qu'ilz appellent vulgairement Citre. Versez, 
Lbiten generaï fins &rufer,non füubietzaux loix, & couftumes de /€lon /: te r00 
anger, viuant fousléur façon de police ancienne, qu'ilz deffen- pr ent. 
rropiniaftrement:fauans au poflible en matiere de plaidz,dolz 8e 
wention en procez; tellement que les eftrangers n'ofent qu'à grand 
uhéfe joindre, & affocier auec ce peuple:au refte les hommes y font 
érbon éfprit,adonnez fincerement à la fainteté de la relligion Chre- 
Mevaillans en guerre, & fur tout femonftrans télz fur mer , comme 
cela de l'heritage de leurs anceftres Norucgiens, &ainfi qu'ilz en 
fit, & donné bonnes enfeignes, & aux Anglois &autres, contre lef- Normandz, 
hleRoy aeu affaire depuis qu'ilz fontincorporez, & vnis à la cou- bons féldarz, 
edela France. Aufli ne penfe-ie qu'il y ayeauiaurd'huy nation fouz e- parfaiéts 
kel qui mieux entende le nauigage , ne qui dreffe plusgentiment les msarsuiers. 
des Aftres par leiugementdel'Eguille, & Bouffole , tellement 
nverraquelquefois tel enfant en Normandie, ayant couru Jes païs 
ges à la mercy des vagues, lequel dréffera mieux vne CarteCofmo- 
bhique & difputera plus pertinemment de l'affictte du globe terre- 
quetel y a qui à eftudié long temps, & Strabon, & Prolomée,& qui à 
téles liures des Mathematiciens les plus fegnalez,&illuitres, Audi Marchédife 
se vous que le trafic y ft figrand ,que Rouën auiourd'huy eft mile. for exercée 
cd'vne des plus frequentées & marchandes citez de l'Europe, les Rouën. 
ghans y eftans grands,riches,fidelles,diligens,fubtilz, affables, & qui 
nt & cognoiflent prefquetout le monde.A Roüenencor,au lieu de 
hiquier,imité par les Anglois,noz Roys yont eflably vne court fou Parlement de 
pe de Parlemér,ou laiuftice, &'1e fçauoir reluifent de telle forte que Ronën drefe 
à bon droit fe fie en ce nombre efleu d'hommes qui faifans droit à du ‘emps de 
ntiennent vn'peuple affez remuant& chatoüilleuxen bride, &luy Franços r. 
ment l'obeiffance : ‘C'éft on aucuns endroitz dupdïs Normand que d4 nom. 
idition des enfans puifnez des maifons eft aufh imalheureufe qu'au Pws/nez, mal 
lsernois fübiet à la maïfon d'Albret, entant quél'aifhé emportant partis en Ner 
llhcritage paternel,en fait telle part que bonluy fémibleaux puifnez, mendie. 
Émblét forcloz de l’heritage de leurs perés. Cenalis amene vne cho- 
tfqueadmirable, difant , que comme ainfi foit, que préfque tous les 
mandzayent les mains chatoutlleufes, & foyentadonnez à la guerre; 
ce que les feulz habitans'aux fitages de Seez ne:furentiiamais co- Ceux de See 
bsautres que treCpaifibles, & gens quin'aymerentoncles troubles de fort paifibles. 
iérre tellement que du temps mefme qu'il y auoit des Duczen Nor- 
dieon ne trouuepointés regiftres desenrollemens, que iamaisles 
Kayent f:iuy leur prince en aucun voyage ny entreprile. C'elt en 
manidie qu'eft cette érande 8 hicruéilleufe afferblée de marchands 
Rd tonstesans à fa Guibhap, oùte trafic y.éftäntantadmirable, 
ie fa iuftite gardée fur cut quil 6fontenc outrompentles-mar- 
Mény autres Farroutiants enfla fire la plus renommée de toutes les Fosres de Le 
ke, Etaffih qu'onh'eftimaft lo Normand fi rude:8c re »QU'aY- Gusbryy.. 
| Mmm 


painerfité de 
Caenen Nor- 
LA 


AÆmmian 
Mare lin.15. 


d'ay compris toutes ces nations feptentrionales. 


2lineliu, 4. nous voyons de pluspres nous mettrons icy les propres parolles (1 


éhap.39. 


LIVRE TROISIESME 
mant la guerre,embrafant letrañc, venerant ia iuftice &-fhumiliane 
le ioug de la purité dela religion il euft mefprifé les Lettres : qu'on va 
l’vniuerfite de long temps intiruée à Caen, où le grand nombre def 
uansieunes hommesqui y ont apris les commencémens de jeur e 
étion, nous fait cognoiftre quela Normandie n’a rien oublié pour né 
dre fertille en tout ce qui peut tourner à la gloire & auancement 4 
grand peuple, & à l'honneur durable d’vn païs, puis-que la religion, le{ 
uoir;laiuftice, les armes, & le trafic font le plant affeuré de Én edif 
l'euffe peu vous alleguer plufieurs autres chofes, 8 fur l'antiquité dun 
Neuftrien auant queles François l’affuiettiffent, & comme le terroir C 
ftantin eft cogneu par Ammian!, qui l'appelle Caftra Conftantia, der 
Cefar, & non du grand Conflantin ainf, que plufieurs ont eftimé, À 
conduitz pourle nom, & d’autant aufi que Conftantin f'eft tenu le 
temps en Gaule auant qu'eftre apellé à l'Empire, car ce füt là que 
Cefar farrefta voulant paffer la mer pour guerroyerla grand Bretin 
& “epuis que les Normandz y feirent leur demeure.Mais puis qued: 
tres fy font occupez , & que les mœurs des anciens font comprifes 
que nous en auons dit parlant des Gaules : & les façons de faire Norr 
des des premiers qui habiterent en Neuftrie fe raportans à celles des ny 
ples defquelz ilz auoyent pris origine,ne fera inconuenient que celu 
en voudra fçauoir le difcours, fen aille feilleter le chapitre des Goth 


Du Pais d'UÆquitaine peuples,c> nations d'icelsy,mœurs, co façons œ 
Origines de tant de peuples qui y habitent. 
Chapitre 42. 


"AVTANT qu'en fa premiere edition de ce 
nous oubliafmes vne des principales parties du # 
(5 de Gauloys,& qui femble des plus anciennes, l'A 
® taine c'eft afçauoir , tant pour auoir touché en ge 
2, ral ce qui fe pouuoit dire des Gaules, & des mis 
tions, & vfurpations , & faifies faites en icelles pat 
eftrangers, que pour auoir efté preffé du tem:k 
n'ayant eu loifir de faire de dis diligentes recerches, & qui meritafler 
la grandeur du füiet , & la fuite dela diligence par nous vfée ez chapi 
precedentz:ores que (la Dieu mercy)nous auons vn peu efpluchéles 
tieres mieux que par cy deuant , nous venons auffi à fingularifer le 
Pere de tant d'hommesilluftres, & duquel aufli Dieu nous à fait lag 
d’auoir pris origine. 
Or d'autant queplufieurs ont fait la diuifion de ce païs, & quePl 
met vne partie des Celtes parmy l’Aquitaine, & y enueloppe auf ql 
que cas de la Septimanie,qui eft à prelot en Languedoc, ce que afin 


D 


nées toutesfois en noltre langue) dudit auteur, De l'Aquitaine (di 


&. du clergé iu 
#edes gouuer 
nous Ja Gaule 


E, 


= 


ls Ambilatr 
iYbifques, À 
a boniates.] 
: &continia 
buà la plaine 
incloft les Ba 
&isLimitropl 
Ppelà faifant x 
pac libres, ap 
nchife, po: 
mince Narbor 
duterroir © 
pencor iufqt 
jeu, on pour 
ueautrnt qu 
ire dez fa 
x & dez la me 
Mediterrat 
due, & depa 
h'hiftoire & a 
Cefar neantm 
es, la diuife en 
ksla riuiere d 
L'ocean, qui au 
hi vous voyez 
ela Gafcoign 
ire qui lafepa 
pitque cefter 
pa auant, 
il fubiugua 
Ê de Garon 
jontz, & la Gar 
line la Septima 
noter qu’en Î: 
tapres que Cé 
ent l'eftat Ari 
de plufieurs 
ue) la Gaule fi 
ürtant fon nor 
nce, en ce q 


6, & l'autre 
es,& l'autre à 
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l F DE L'EVROPE.. 230 | 

Lu Ambilatres, Anagnutes, Poiteuins,'Sainrongeois Francz,furnom- Dé#ifon, cs 
bifques, A quitans, defquelz la Prouince porte lenom d'Aquitaine: dfendne de 
éiboniates. Puis y font les Comingeois,'Bigordans , & les T'arbelli- l_Æguiaire. 

à & continuant ledit auteur toute l'eftendue dez la mer Cantabrique: | 

ui la plaine de Rouflilon, & aux limites meridionaux de l'Efpaigne, 

ncloft les Bafadois, ceux d'Oloron en Bearn, Aux, Coferans, Agen, 


RLimitrophe. 


Ppelà faifant vn grand fault vous empoigne les Berruyers Cubes qu'il 
pnelibres, apres les Limofins, les Auuergnaz , qu'il honore dunom 
nchife, pour eftrealiez des Romains, les Rouergaz voifins dela 
mince Narbonoife,les Quercinois,& les Perigordins qu'il dit eftre fe- 
duterroir Tholofain parles ondes du Tarn fleuue Aquitaine: & 
pencor iufqu'aux ifles Bretones en L'ocean. Que fi cefte diuifion a- 
jeu, on pourrait dire que le royaume ancien d'Aquitaine contenoit : 
meautrnt que tout le refte des Gaules, ayant fon limite àlariuiere . . 
Lire dez à fource,iufqu’ à ce qu'elle fengoulpheen l'ocean Britan- L/%%de. 
x & dez la mer Oceane au fein Cantabrique, ou de Bifcaye, iufqu’ à l'squitaine 
Mediterranée felon l’eftendue des montsPyrenées. Età cefte e- félon ascuns. 
ue, & departement femble donner confentement celuy qui a de- 
h'hiftoire & annales d'Aquitaine. : 
Cefrneantmoins qui en furmonta vne partie, fçauoir du cofté des 
kes,la diuife en cefte maniere:l’Aquitainefdit-il)regarde, & feftend Cefr Comen 
ksla riuiere de Garonne iufqu'aux montz Pyrenées , & à celle partie fair. Hur.Le 


l'ocean,quiauoifine l’Efpaigne , entre le couchant, & le Sptentrion: dela guerr. 


pli vous voyez que ce pe ne contient en la defcriptiô de Cefar, que S4/ 
nela Gafcoigne encloft en fes limites: & que c’eft la Garonne, & non 
ire qui la fepare des Celtes:mais en aultres endroitz du mefme Cefar 
rique cefte reftriétion n’eft pas obferuée, & qu'il mect les Aquita- 
bien auant, & plus outre que la Garonne en l’expedition de Craffe 
qilfubiugua ceux de Foix:Bigorre, d’Aux, Agen, & autres fe tenätz 
1g de Garonne:comme ainfi foit que les Agenois ne font pointentre 
jontz, & la Garonne,ains deça la Garonne, & en celle Aquitaine qui y _Æpsu 


inela Septimanie Et puis que nous fommes fur ce propos, il nous ur. des 


noter qu'en la diuifion de la Gaule,felon que les Romains la depar- gwerres cause 
itipres que Cefar eut enuahy l'Empire, & que fes {uccefeurs F0 UN 

ent l’eftat ariftocratiqueen Monarchie, (c’eft adire le gouuerne- 

deplufieurs fages, à la fantafie, & difcretion d’vn Prince & mo- Departement 
que) la Gaule fut efchantillonnée en plufieurs pieces , & chafcune des Prouinces 


rtant fon nom, & defquelles depuis les Metropolitaines ont pris de Gaule. 


ince, en ce que le fainét Senat ecclefiaftique departant les Rip Vey Antonin 
& du clergé iujuit auffi l’ordre obferué par les Empereurs faifantz le Emp.en fon 


e des gouuernemens des Prouinces. Or par cefte diftribution voy- {tinerasrego 
jous la Gale Narbonoife partie en deux,le chefde l’vne eftant Nar- le Lure de la 
e,& l'autre Aix en Prouenre: deux Belgiques » le fiege de l’vne à cognoiffance 


,& l'autre à Rheims, & chafcune ayant fes citez fuiettes comme des Prommnces 
iles d’vn refloit refpondent au Parlement . Quatre Lyonnoifes 
| re Mmm ij 


…— 


| LIVRE TROÏISIESME 
afçuoir Lyon; Rouen, Tours, & Sens: La grande Prouince 4, Msbes dit, q' 
: quanois de laquelle eftoit le chef la cité de Bezançon: La Proui Me 7 2 AU V' 
Vienne, qui eftie Daufiné, &icelle eft encor par Antonin Em. gligncurs di 
nommée Aquitaine ÿ.eft la Septimanie , qui auffi eft comprife prouinces d' 
Gaule Narbonnoïfe, comme la Nouempopulanie, qui eft la pro teelcétion 
cé des Auxétans! en Armaignac , eft comprife fouz la Guienne. encefte el 


Aquitaine: Et eefte cy eff diuifée , en premiere , & feconde A! er fon fe 
uoir Aquitaine Berruiere , qui eft la premiere , & l’autre qui di fimplicie qu 
le nom de Bourdeloife. ALES té Etvoi 


Diford für Orde celte ditifion, & departement a eu fource auf le dif, dom d'icell 
« ces deux fieges Archiepifcopaux de Bourges, & de Bourdean A: Remoriqu 


Prematie ; 
“entre les Egli AC le Chriftianifme eut pris cours en ces Prouinces, car auparauan 2 itine > € 
Ji de Bourges lifez rien de c2s Primaties ; finon felon que les Eglifes eftoyent dpt le nom d 
ee Bure CS & chefs des païs, ou les faintz'fe fuffent retirez auec commif, proprement 
PE faint ficge : ainfi qu'en Afrique il appert que l'Euefque Cart ucs au Limo 


7 portoit l'effect de Prirmt fur toutz ceux du Clergé: La ou qu fe fault don: 
re faint Denis fut dclegué l’Apoîñtre de France, fi ce que Se qu fegarer plus q 
ftoit du chef du Païs,a efté auffi la Metrapolitaine. x de Aremiqu 
Mis entre ces deux Bourges, & Bourdeaux le feul tiltre donneMilimites pour ! 
les Empereurs de premiere, & de feconde Aquitanique , a caufé qué emoriques fon 
a eftimé que Bourges eut le droit de Primatie : entant que comme ii font en cel 
Gaule Lyonnoife , il y a premiere, feconde , & ainfi que fenfuit, & xcherons , & 
neantmoins les autres reffortent à la premiere comme au chef, afiipretaigne,là o 
l'Aquitanique Bourges ayant le premier ranc, femble que Bourdin cftre Ari 
Juy doiue ceder. ' jayantz gouft 
Et comme cefte caufe ayt fouuent efté mife fur lebureau, freft. cl, font de cu 
le proces en eft demouréindecis quoy que en vne Affemblée de préuutnt au pay 
faite du temz de Charles feptiefme il fallut, pour obuier à ces difcord@tes de la P 
cuiter la querelle de preftance, que le Roy mit à l'vn de:fes coftez/Mieur fauf , q 
cheuefque de Bourdeaux, & celuy de Bourges à l’autre, chafeun ioi monftre afle 
ainfi du droit de fa Primatie.Et fagement en fut vlé, comme ainfi foule et lap 
ces deux peuples furent aufli par les Empereurs tenuz en droit fembiifemble prefc 
ptolom l; fans que l’vn fut preferé à l'autre, & eftoient toutes les deux Proui@ipit le refte « 
8.2 / . OND , de 
sn A: apellées Ber. jicres mais l’vne Berru ers Cubes, & l'autre Vibifques voudront vo 
se Ÿ * Jofques,ou Vbifques felon la diuerfité des auteurs, qui en efcriuenr M » fingularite 


Primaties. 


La à les Berruyer Cubes, eftoit comprife la puiffante & guerriere nation lhiftoire B 
Strabon fé à AUUErBNAZ ; CE qui fe recueille du liure de la cognoiffance des Mine felon 
si 1 *# uinces felon les departementz faitz du temps des Empereurs Honor endue des 
pr 4 "M4. Arcade &donnezaux gouuerneurs, & garnifons fuyuant leurs pref afcoigne : I 

719 res,difant ainfi. Le gouuerneur, & Colomnel des Sueues gentils preh habitent , fi 
fur les Auuergnaz de la premiere Aquitaine, À quoy confent Sidoni@ mœurs fau 

sidniel: pollinaire Eucfque d’Auuergne efcriuantà Agrece en cefte {orte:Pa la delicatefTe, 

#44: 7 reft & ordonance des citoyensiefüis venuà Bourges, &e la caufe pritiers des cc 


Ps. laquelle on m'y a apellé, eft l'eftat de l'Eglife efbranflé, & preft à chptt que ce gran 
qui eftit veufue, & priuée de fon prelat fouuerain, femble fonner l'iditrions paifa en 
Atouts Les ordres du clergé, afpirantz ambicioufoment à celte dits qui none 


: DE -L'EVROPE. 21 
psbas dit, que de toutes les villes fuiettes à la premiere aquitaniques 
ko y a qu'vne qui foit fubiette aux Romiins, les Gochz feftantz 
sfagncurs du refte : & par ainfiil fuplioit les Metrapolitains des au- 
prouinces de venir à celte ele@ion. Et en vn autre paffage parlant 
teeleétion,il dit : Et d'autant que vous auez iuré de fuiure mon . 
i encefte election , n'eftant plus grand en effortiurer de boache Epffre 10: 
igner fon ferment : Au nom du pere, & du filz, & du fainét efprir, | 
himplicieque ie dis deuoir eftre promeu pour le primat de no- 
cité, Etvoila quand à la diuifion de l’Aquitaine, Or faultil venir 
soms d'icelle, Plineau lieu fus allegué maintient ,qu'elle a efté nom- 
k Remorique, qui eftautant à dire en l’ancienne langne du pays À 
maritime , ou Aquatique, &icy fault noter qued’autres luy ont Les noms anci 
mélenom d'armorique , prenants vne partie pour le tout, entant es de l'aqui. 
proprement armorique ce font les Bretons & partie du Poitou fains Murliä 
ques au Limofin, & ainfi Aquitaine peut tomber fouz cefteapellation, /&r Les Com- 
jf fault donner garde de n'abufer trop improprement des vocables mèt.de Cefin, 
fgarer plus que de raifon : & qu'aufi, on ne vint point prendre le 
x dearemique ou artomique pour Armorique , car ce feroit fortir 
siimites pour on plaifir, & faillir à fon efcient,comme ainfi loit que les 
moriques font tous les Aquitaniques , à caufe des crées des Fleuues 
i font en celle prouince : les Armoriques font les Bretons, & 
mherons ; & celle partie de Guienne le long du Poitou qui auoifine 
Bretaigne,là ou les Artomiques ou Aremiques font ceux que Rhellicä 
me cftre Armignagois : toutefois yenail & les plus clair voyantz 
jayantz goufté, & bien fauouré les motz de Cefar en la guerre deGau- 
, font de contraire aduis, &-prenant ces Aremiques pour ceux quife Rhellican [ur 
guent au pays d'Orenge, en l’ancienne prouince de Vienne:& fur les le 7./.de Ce- 
tes de la Prouence, le Prince duquel ne recognoit aucun fu- far. 
heur fauf , qu'il eft du corps de l'Empire. Au refte le nom d’aquitai- 
montre affez qu'il vient des eaux , à caufe que cefte partie’ de 
kule eft laplus abondante en riuieres que pas vne des autres ,8e 
Mifemble prefque de tous coftez eftre ceinte dela mer. Or nous laiffäts 
part le refte de l’eftendue de l’Aquitaine , & renuoyant ceux qui 
voudront voir d’auantage, à celuy quia fait les annales de Guien- 
e , fingularité de Poitou , & au feigneur de Laffay qui feft ioüe 7647 Bonchit 
k l'hiftoire Berruiere, toucherons fimplement ce qui apartient à la #7#4/fe 
nine felon que Cefür la limité, à fçauoir outre Garonne & felon 4 .#7#f. 
endue des montz Pirenées,ou eft le royaume ancien & puiffant de © hanmests | 
afcoigne : Lequel quoy que diuers en’ la varieté des peuples qui Jéig. de Laffay 
habitent , fi eftce que peu fen fault qu’ils ne foyent femblables L'hs.de Bersye 
mœurs fauf ceux qui auoifinent le plusles Celtes qui tiennent plus 
ldelicatelfe, que les autres qui en font efloignez, & qui font les citoiens £a G:1/é1gne 
ritiers des compaignons du grand Hercule . Caril eft hors de dou- peuplée apres 
e que ce grand Herosayant conquis l'Efpaigne , & dompté les tyrans le: Celtes par 
kerions pafla en Gaicoigne & y peupla les Vallons voifins des monts Pire- Æérchle. 
es, qui n'ont depuis elté fans habicateurs, & qui y ont demeui $ iufqu'à ce 
gs Mroim iij 


| DE L'EVROPE. me 432 
les p royons l'eftendue de celte cafcoigue, puis nous difputerons de 
nt un , & caufed'iceluy , & des mœurs du peuple qui y habitene 
ules Minis quand il à receu le Chriftianifme : La cafcoigne donc a laca- 
u pañe à l'Orient tirantau Septentrion , que barbarement on dit,E ft 
e Het, l'Ocean à l'Occident du coftédesifles de Medoc , comme 
end Bifcaie luy eft Occidentale. Et l'Efpaigne, & monts Pirenées au 
il RM commençant en latitude depuis la montaigne de hault,iufqu’a Bor. 
x, & cn longitude du Languedoc iufques en Bifcaie,qui eft en Ele- 
in des 41.degré iufqu’à 44. & demy de latitude. Cefte grande eften. ? 
depays contient diuerfes Prouinces diuifées à prefent en Baillaiges, Confrées 
fmechaucées, & Euefchez,relles que font Bordeaux, les landes Ba- Prominces 
is, Albret, Bigorre , Armaignac, Eftrac, Cominge, Aure magnoac Gafcoigne. 
Riuerois Neuoufan l'Ifle,caure, Lomaigno, Condomois, & la fou- 
neté de Bearn , & feigneurie des Bafques royaux, qui font à Dax,& 
hne.Or y ayant grand nombre d'Euefchez en ce qui eft depuis la Ga 
iufqu'aux monts pyrenées, & ils font compris fous trois Archeuef 
deux defquelles font en cafcoigne, & la troifiefme en eft hors:Celles 
Hedans font Bordeaux, & Aux , iadis nômée augufte des Elomberes 
deaux n’a fous foy en cafcoigne aucune Euefché que Condon, 4 le AÆrchenef 
Jean 22. inftitua, ainfi qu'auons monftré en noîftre addition aux an- ‘hez, © E- 
kde France:là ou Aux, nômée aufli iadis Nouempopulaire, à caufe des #/chez. de 
peuples, qui luy eftoyent afluiettis en reffort, en a vn grand nombre Gafroigne. 
sutes comprifes en l’encloz de la cafcoigne,telles que font Dax, Ba- 
1e, Tarbe,'Lefca, Oloron,(ces deux font en Bearn }aire, Bafaz, Cofe- 
sfint Bertrand de Cominge, & Leftore. L'aarcheuefché de Tho- 
ktient encor deux Euefchez cafcones,à fçauoir Rieux.& Lôbers,du 
ele duquel ic fuis natif: & ainfi en fomme la cafcoigne a quatorfe E- 
hez, & deux archeuefchez, & prefque autant de Senefchaucées. Et Deféripri 
dual : as ; prions 
ant que le denombrement des citez nous côuie de dire quelque pe- 5 eau. 
mot en paffant de chafcune d'icelles, nous commencerons par la fe- 
de aquitanique d'fçauoir Bordeaux, ville autant belle, & riche,com- 
dleeftancienne , & heureufe & enterroir ; & en habitants qui la 
dent encor plus celebre & fameufe . Or quiconque en ayt efté le 
Witeur fi porte elle marque de grande antiquité , tefmoing , iene 
y pas les baftimens , mais les efcrits des anciens :entant que Ptolo- 
khmetentreles Bicurigeois Vbifques , & l’Itineraire ( commeïay straben l.4. 
itré)la fait la feconde Aquitainique, & chefde1g Prouince & pays, 
toutre la riuiere fertille , & riche de Garonne ,ioint que l’afliete 
leu nous femond à la recommander, comme celle qui eft pofée pres- 
ondes de la mer fe mariant à la Garonne , de quoy: parle ainfi Stra- 
mLa Garonne cngrofsie de trois riuieres { le Tarn c'eft à fçauoir 
L Lot , & Dordonne , entre vne infinité d’autres affez grandes,mais 
ire nauigables ) pañfe par le pays des Biturigeois : & là eftle marché gsdenx af 
Dot -port de 1a marchandife detout'le pays,la ville de Bourdeaux baftie ff für on 
ont ln bras » & Lac. dele mer ,qui fefait parles courfes & idefbordz by45 de mere 
KL Riuicre , Mais nous ', qui auons vifité les chofes de prez & 


LIVRE TROISIÈME 

veule fluz & refluz de l'Ocean tous les iours aduenir & fefiire f 

iufqu’à fept lieues par deffus Bour deaux tirant vers Tholoufe leon, 

Garônne, la auons aufi que c'eft la mer qui ouure les fecrets de nan 

& à laquelle tault qu'au montant lariuiere face place, comme aufs; 14 

cendant vous voyez la mer donner lieu aux fureurs de ce fleuue for 

petueux.La mer eft au feptétrion & le Medoc à l'Occident,les landes 

au midy de cefte belle ville fur laquelle ie ne veux m'amufer plus long 
ment,entant qu’ailleur ie m'attends la fingularifer d'auantage , comme 

ftant l'ancien fiege des gouuerneurs de la Prouince de Guienne pour 
Romains, & pour les roys qui depuis ont commandé en Gafcoigne, 1 
Romains y reftent encor auiourd'huy de belles & fuperbes marqy 
à fçauoir le Palais Galiene,qui eft vn fort beau Amphiteatre hors La vil 

& n6 guere loing de l’Eglife du glorieux fainét Euefque Seuerin, & 
d’aucuns attribuent à Pompée : Dequoy ie m'en raporte à la verité, 

Eure  penfe SE pluftoft il euft ché dediéà l'Emp. Galien, qu'à Pompéeo 
gnoit l'an de Pompée l’eut fait faire, qui eftant en Aquitaine, n'eut jamais Le loifir44 
noftrefalus donner tant d'aife que de reprefenter des ienx au peuple : joint qu'il 
256. mufà feulement à batailler contre Sartoire.On y voit aufsi dedans lavi 
Æntiquité_ le Palais Tutele, lequel aucuns eftiment auoir eftévn Parquet, & lieu 
quifont a l'audience que donnoyét les preteurs deputez là pour le peuple Rom 
Bordeanx, mais quât à moy 'eftime 4 ce fut pluftoft un téple eu efpard, & aux ims 
diuerfifiez & à la merucilleufe ftruéture du lieu, ioint queles Cau 

lieux fouterraigs qui y font,me font prefque tenir en cefte opinion, 
noftre temps en fortifiant du cofté dela porte des Iaux, ou à mieuxd 

la porte des coths,ou de Iau ,c’eft à dire Iupiter , on a trouué des Th 
mes, c'eft à dire des bains, les vafes de pierre ou fe baignoyent les grat 
feigneurs, & vn nombre infiny de medales de toutes fortes, & de toute 

pece de metal. En cefte ville y a maintenant parlement ou reffort la cu 

ne au moins la plus grand partie, car le refte va ou à Paris,ou à Tholonfé 

peuple eft ingenieux;,hault à la main,aifé à efmouuoir , aymant les {et 

& careffant les hommes fçauantz , adonné au trafic, facile à choifirto 
nouuclleté & duquel en fomme font fortis de fort excellentz perfonna 
£nfinema- lefquelz fe font faitz A M PE à les nourrifons de la principale 
tifde Baur= € d'aquitaine.Cefte ville a eftéilluftrée iadis par aufone poete & ho 
me confüulaire filz d'vn medicin Bourdelois & qui viuoit du tempsq 

Valentf & Valentiniä tenoyét l'Emp.au{ilz il fut trefagreable, &defq 
il eftoit aymé, & careffé.Or fe confeffe il luy mefmeeftre natif de celts 
luftre ville par certains fiens vers, de{quelz voicy en partie de La fuftan 


deaux vinost 
enuiron l'an 


de grace 580. 


Æufène au liure des villes illaftres. 
D Ffirmais se pretendy condëmner ce filence 


Execrable,qui fait,o pays d'excellence 
Queien'ay mon Bonrdeaux comme ilafirecité 
Entre les plus grand? lieux grandement recité, 
© Pays qui as l'henrd'éfre infigne en vinée, 


VON SM 0-0 UE Le 


on LRYRÔPÈS 


: | à À 353 
En fleuus, c'en mœurs > ref 6ien file, 
Se Dhs dore psc ovni sois 
€ Le lon De féigneurs met fin toute sas]et7: débit. 
TU TT) rie point hault c direrta loushge 
aufsi au ( Comme tu m'effois incognétie cn dffranre: 1: 
aue fort MR, Os fnemériteu vniel beur, on déutanr 
ss lande ME EM nelque cas d'éxitlèt,é>' degrait 
pluslono@ one fauls éuoir de lonercefte ville, 7 
, comm Afin terroir plaïfant, @ gentilé frrtiles’ 
ne pour M Cr el ne nourrit point tn vifage dort, 
oigne, IR _Ouffaitur 4 rrant,tèl qu'on Barbare bide 
es marqu Poifin du Rhin leporte,sy- n'dy-ie pris ndsffatice 
hors la vil En un lieu froidureux,ny 4yma demourance 
erin, & Soux, les afbres rigueurs de l'ourfe,su La froidtue 
1 Verité, MR Car Pre En bé le cœur. 
ompéc ol ‘Beurdeaux eff le païs, eff La contrée heurehfé 
eloifirtl On ie na/uis prémierson [a fac oeuf 
>int qu'il Raféreine le Ciel,ow Laterre 4 Jon tenez, 
dans avi Host fasfonnersnourrir ©: abrenier [es chämps, 
et, & lieu FAP HA Prise la Sy lice 
le Rom: de regre que bien pet 7: tout in Épé Re. 
aux nl pe La farah lu haugér 57 
les Cau … Leur fèmet verdeyant,cs” les ruiffeaux couler Hs 
pinion, «D'un rs pren durant que l'effé brufle 
à mieux di Le moñde [inx, l'ardéir de ârdent Caritile. 
é des Th Et les fources defquels bedilloiierit reurnoyant 
cles gr. 294 #79 que la mer vatewiour endnant. 
de toute. De quatre murs djai;en carré compile 
nn ÉAfep MAO-fhentturte | 
holou(ii DeTours, © dépalais que les fonimetz, bereks 
nt Les let Refémblens penetrer les ages des Cieux 
hoifirto . L'ordré de [es maifôns par places, ©” pa rhes 
perfonn: L'of bien obfêruef qu efanes aperceses 
principale Onen admirerait l'afictes@ le pourpris. 
ete & ho Æn apres on y voit Les fortes de grandpris 
tempsq # touts Les quatre coings C7 une onde coulañte 
, &cde(q D'un ruiffeau flitellant qui de céfte excellsite 
:6de cehl Les rues vs Lanane, lequel effant receu 
La fultan Par le flux de ls mér,fowdain dt apercen 
Comme remplir le hstre;c> J'efRaier à l'aife 
Voyant tant de baréaux,er nt, mer apaifè 
« Lafés grande: füreurs la mer vs abailfant sh 
Lors qu'elle enire en ce perf croiffant,c> decreifänt, 
. Puisiteonclüdainfs 
“Céfle cy off Le liens on Fay pris ma nailfañte | 
Mais plus que tout païs ma Rome à de puilfance: ji Lu 
na 


LIVRE TROISIESME 
Le cheri hien Beurdeaux.6 Rome fan honneur, 
Commefon citeien, cs: qui 4x cefl heur. à 
D'amoir eflé Confubez deux, pafa en l'une 
Mon enfance @o- l'autre eff le Dieu de ma fortunes 
Bords Par la voyez vous que Bourdeaux “jouiffoit du droit de bourg 
Ÿ lois sadis iob+ Romaine, comme plufieurs autres villes de Gafcoigne , ainfi que v 
ifoient du cy apres, & que le droit du Confulat,& du Senat qui pour lors fut à 
. droit de Bour deaux prefagcoit cefte Court fouueraineque depuis les roys de Fra 
geoife Ri-  ontarrefté pour faire droit à ce peuple Aquitanique & deça, & dela 
maine. uiere de Garonne. Ceflte cité fut conuertie à la foy par l'Apoftre d' 
Baurdeanx … taine faint Marcial,& a continué en celle, iufqu'a ce que lés Goths: 
par qui con- flerent tout auec la fureur de leursarmes, & Venin de leur peruerfité 
nerty 4 la foy enne,& ce fut lors que faint Seucrin Eucfque y fut prefcher, & retir 
Chreffienne.  pauures defuoyez de, celte opinion damnable,lequelreprôfe en l'E 
dediée en fon nom,& pres laquelle eft ce Cemitiere tant foîneux, à 
furent portez la plufpart des Cheualiers our qui du témz de( 
les le grand moururenten celle memoriblé defaite es noftresqui: 
à Ronceuaux.Ie laiffe l’hiftoire de la reduction de cefte ville ez ma 
roys de France, & les peines qu'onaeu à la garder, la deuotiô dupe 
le fidelle feruice qui l’affetiôneà fon Prince, l'ordre & police des} 
qui ont la charge de l'Economie publique, dautant que le tems no 
le ailleurs, & que les hiftoires de France nous en peuuent donnerd 
certitude. dau À AUTANRN 


life Cathed 
jejour de la 
Imthoreau,lé 
de ceux qui | 
Left en Galcc 
er cefte b 
ronné dans 
dupaïs, 8 lai 
Kent vneanné 
reflene gafte 
,&dececye 
lesplus lointa 
enfes c’eft à c 
&ce peuple 
ous à confide 
ion des Gafc 
ths, mais que 
lufieurs ne 
ÿ en Gafcon, 
Lux, toutesfoi 
euable: ioint 
qu'enuiron le 
hz en euffent 
que ces peupl 
re. G.en lieu « 
mevilleafife 
ondance de vi 
htredire, çon 
etant efpars p 


Les Bourde- 


LA 
Si. carnet 


Durefte des pais de Gaffoigne QG d'ou vient ce mt Gafion. 
Chapitre 43. » 


TE 


*Y ayant guére grand efpace de chemin de lan 
2 cité de Bourdeauxiufqu’al'ancienne ville de x 

5 12 aufli commenceray ie ma pourluite par icelle, co 
Ptolom.li.2. SET ER cftant recogneue par les auteurs anciens,ainfi qu 
cb.7.Tabls. CSL F2 lomée la marque, & lanomme Vaffarie, laquelles 


d'Europ d > {ife au milieu des Landes, ainfi que tefmoigne Sidi qu'auparau 
Sidonse li. 8. Des ENS Apollinaire parlant à Figretie en cefteforte:a bi le & affemblée 
piffrx2.. toy tantde puiffance la cité de safatz baftie non fur l'herbe, ains (tt {ont les Co: 


inion QUE CES 
spelle Vafcor 


Æfiete de la poufliere & fablon, & te cômande il tant ce champ Syrtique , & fol 
ville de Bs- ment vague, & prenstu figrand plaifirde voir les fablons voltigeant 


Ja: efleuez en l’air par la force des ventz, qu'il n'ait efté poffible de t'a) lefquels. 
à sourdeaux, quelque grande priere qu'on t'en ayé fait, & quoy quel (e grand d. 
guementattendu?Et és tu fi amoureux de ce defert, qui ny tes fuperie Martel , fur 


, & par fon fil 
habitation pr 
nompar les < 
tipellé Gafco: 
ué, lequel fac 
tfonpropre n 
entre les mont 
ifne de Id mer 
ilessafques 


ny les amys, ny les bons poiffons, & les huiftres delicates de sourdé 
t'en puiffent diftraire pour nous venir vifiter ? Par la vous voyez cor 
_lafolitude y eftoit grande pour lors, & toutesfois le peuple ñonfi c 
temptible quela ville honourée de grande antiquité & apelle lete 
des Volcatiens,n'aye tenu ranç entre les premiers, & plus puiffantz de 
te l'aquitainé, she Loge cts + en gate 


j 19 A . A - FU NTI 
LA gt Le ( *T AE. AY rl PTT 


%. 
HE 


DE L'EVROPE. 334 
aile Cathedrale y eft fondée au nom de faint Tean aaptifte & tour Cowrfé du 
bourg jejour de la natiuité de ce precurfeur, & en fon honneur on fai@ Terreaux an 
quev mthoreau, lequel auec force efguillons onirrite, non fans grand nuelles 4 Ba- 
rs Fur à Mde ceux qui le Chaffént,à caule que fi ailleur lesthoreaux font fu- LLC 
de Fc et en Galcoi ne, qu'ils fe monftrent effroyables : & celuy qui 
& delreter celte belteainfi efchaufée l'a po ir fon'guerdon & eft con- 
ftre d'uronné dans le temple fuperbe de faint Fean par toutz les Sei- 
Goth,@dupaïs, & la ieunclfe gaillarde dela ville. Etont cefte opinion que 
uerfiré Mfent vne année fans vfer de ce deuoir, qu'ils n’ont garde de faillie 
& rai relie ne gafte leurs champs, ou que quelqueautre defaftre ne les 
fe en l'A, & de cecy en ont ilz veu affez fouuent l'experience. Orallantz 
eux, ailes plus lointains de la region Neupopulane, & Auxitane verrons 
mz deduenfes c'eft à dire ceux de Dax, & saionne qui auoifinantz les saf 
esqui MM ® c° peuple ancien que les anciens Latins ont apellez Vafconez 
ez madous à confiderer que plufieurs fe font grandement trompez fur 
5 du vdltion des Gafcons, les vns voulants qu'ainfi fuffent ilz nommez 
e des ths, mais que le met feroit corrompu , comme aufli le mot de 
msnodhplufieurs ne fachants qu'il eft propre en Gafcoigne l'ont iadis 
ner dk; en Gafcon,& qu'ils fapelloyent Goftgothz,comme Gothz me 
kux, toutesfois la raifon n'y eft apparente, ny la verifimilitude du 
ceuable: ioint que ce mot de Gafcoigne n’a point efté dôné à tout D's# eff venu 
qu'enuiron le regne de Charles le grand,comme ainfi foit que deia lemot de caf 
hz en euffent elté chaffez. D'autres(entre lefquelz eft Ifidore)fone con 4 tour Le 
sque ces peuples furent ditz Waccons, & que on y aaioufté depuis Paÿs de La fe- 
re. G.en lieu d'vn.V.& pour vn.C. mife vne.S. & cecy pour ref ‘onde Æqui- 
ne ville affife aux montz P yrenéens apellée Vacce & que poura- faine. 
ndançce de vaches, ilz porterent cetiltre. A cecy ie ne veux du Ufidore ex. 
ntredire, comme ainfi Pit qu'il dit que du temps de Pompée ce Ethim. leme 
eftant efpars par les montaigues, fut par ce feigneur Romain vain- morable des 
py qu'auparauant il fut inuincible & que Pompée les affembla en hfosres. 
le & affemblée populeufe, Duquel amas, & conuention les Con- 
çe font les Conso eurent leur fource. Ettant plus m'agrée 
pinion que ces Valcons,que nous difons Bafques, & que en Gafcoi 
pelle Vafcous, font encloz ez monts Pirenées, & le long de l'O- 
army lefquels Peftant retirez les autres peuples de l’aquitaine fecô- 
ant ce grand defbord de S'arrafins qui coururent les Gaules fouz 
s Martel , furent caufe que le païs eftant mis en repos par Charle- 
 & par fon fils Louys le debonnaire , ces fugitifs fen rctournantz 
hébitation premiere, oubliäts le n6 de leurs anceftres, ou couchez 
nompar les officiers royaux, porterent tiltre de Gäfcons, & le 
apellé Gafcoigne : car avant Charlemaigne n'y a auteur, qui foit Strabos. lip 
ué, lequel face mention de Gafcoigne, ains fpecifie chafcun païs | 
tion propre nom: & les feuis Vafcons font confiderez, & en Efpaï Prolomée li: . 
entre les montz Pyrenées Par Strabô,qui les fait Scptentrionaux & 2.ch.6.Ta- 
line de la mer Oceane, mettät parmy eux la cité de Päpelune fi bië ble.2 d'Eu 
ilessafques royaux, qui font vraiemét Gafcôs, & les Cétabrids. rope. 
Non ij 


Zghisard en 
Lavre de Char 
lemaigne. 4 


Basonne apel 
Le Aqua 
Ængufle 


| 


se siofi qu 

ne fauroi 
h nauoir ef 
sdiluitres ! 
{pustoing Q 
ancurs fouu 
jemps des À 
jroyoit, pot 
ile Conte di 
, Encore n'e 
Éthniques ic 
word fait en! 
gourdeaux 
binde fœur d 
ur fon dot, 
we Madame : 
ide fes fuccefl 
tres feront 
ront à Brune 
ur , & biet 
gece contrat 
jnque nele ! 
cas que ceft 
sSarrafns eu 
uedoc,& Pro 
upler comm 
k d'hommes 
pit (à, ains a 
ksigorre que 
NAUATTOSS » Da 


arn, qui chal 


idelles , & d 
royaume Na 
bntrées iointés 
bitque le Big 
uel que le ie: 
dfentir vn peu 
pays Aquitan 
k Oloré: eftan 
ne pays plantu 
non Cho © 
leuues de leur 
hlliette de la v 
svieux murs, 


A 


DE L'EVROPE® $ 
Lresinfi qu'elles y font, & à Cauderez, qui fert d'yne préuue à laquel- 
dnelauroit contredire pour faire lé paÿs Biernois fi nounexi que 
oauoir efté que de puis 400. anség ça, &-enquoy onferoit tort à 
diluftres maifons du pays quip“uuent monftrer leur ancienneté 

olustoing que de 4.fiecles , & grandeiniure aux puiffants Princes &c 

aeurs ouuerains, qui y ont commandé iufqu’à prefent’, Loinét que 

jremps des Albigeois le feigneur dé Bearnneueu du Conte ‘de Foix } 
ons fe beroyoit, pour le T'holoufain côtre les Ecclefiatiques,commie aufli fai. Grégor.de 
Lit di le Conte de Cominge, & nedntmoins a il plus 60,ans de cefte guer- ToWrs bp. 
re: AR, Encore n'eft ce tout , car non çontent de la preuuede ces anciens 9° :" 
1 Éthniques ievous mettray en barbe Gregoire de Tours, qui en vn 
Lu Mord fait entre les Princes, vfe deces parolles : Qund aux citez 
noe) A sourdeaux , Limofin ; Cahors, searn , & nigorrelefquelles Ga- 
shot inde fœur de Madame srunchauît, comme on fçait auoir aquifestane: 
moun@ur (on dot, que pour le don matinal lorsqu'elle vint en France , & 
dels he Madame :srunchault que par le iugement du Roy Gontran 
briguoy de (es fuccefleurs : la cité de Cahors demourra à ladire Dime, & les: 


AE © feront au Roy Gontran fa vie durant , & luy mort retour- 
| yaux Meont à srunchault, ou à feshoirs. Voyez Bearn nommé ; & en vi- 
ous deliueur , & bien peuplé , comme nigorre , & toutesfois il y a mille ans- 
ince Nine ce contra@t fut pailé,& par confequent 1e peuple Biernois plus an- 
ranoïs en que nele font ceux qui le penfent tant louer : Au refte pofons 
iufque cs que cefte contrée demeuraft vague quelaué tempz apres qué 


ui lan Sarrafns eurent gaftétoute l'Aquitaine feconde ,& le pays de Lan- 
Le la nMnedoc,& Prouence , fi eft ce qu'encor les Bernois ne l'ont peu re- 
Veu dupier comme ainfi foit que la sigorre efloit bien peuplée , & plei- 


tant vo 

ë peu Enec Bigordé 
t.bien à fondateur du 
< par! gn royaume de 
arie, &i Nauarre. 
s Fu Pay Françoys 
ftant f | parade 
ilemen@ Michel Rit- 
CRU £ tie au l;- 
peude 4 tre des roys 


175 d'Efpaigne, 
S'trabon 4. 
des Tar boss. 


HO A dd E 

Tour de Leur. T'our de lourde pour feruir de li ites. bride à ceux, qui voudroyé 
de, attenter quelque cas-furles:garniles Romaines d'iccile Frontitre E 
laiffant plufieurs chofes.deduirayæerclte de, ce pays riche en bella 

& ayant le peuple fimple,. & grofsier ,obmettant les fucceffeurs des Pri 

cesiqui y ont commandé,pour vne autre .faifon. & lieu plus propre , n 
vous difçourant des Foz:,.&-couftumes.du pays siarnois, pour n'auois 
peu recouurer le liure-en çe pays Françoys vous diray ce pendan 
pémm esen Quelque cas de leurs cpuftymcs ordinaires . Les femmes eftants ms 
Begerreton- riées y {ont tondues ,.comme ayant perdu l'ornement le plus digne 
dues, @ filles auifut en elles,ouau contraire en Bafque, & filles& femmes font finsay 
cfemmes CUNE cheuelure,en quoy ilfe referue roufiour la nobleffe laquelle fe dif 
entre les Baf= pare de cos chofes , qui reffentent ne fçay quel afferuiffement, comm 

qu. ayfsien toute autre chofeles gentils-hommes prefque different du vw 
aire tellement qu'oslesiugeroit d'vneautre nation, & pays tout diue 

ais ce qui.le plus m'aeftonné eftant en ce pays ,ont efté les channf 

nebres qui. (e fontaux .obfeques des paifants &, des sourgeois mer 
ez villes:entant.que vous verrez quatre au cinq femines louées à beaux 

deniers pour plourer le deffunét, lequel elles vousentourent auec le 
dueil qui les couure fiauant , que vous iugeriez pluftoft ceft: hab: 
gfrenges fe eftre vne tente qu'on acouftrement , & la deffouz tandis que le cor 

gens de plou- een l'Eglife ; on n'orroit pas dieu tonner , du bruit que font 


" , 


ver les merrs Stisufes recommanderelles , recitants les geltes , & vertuz dude 


en Begorre, 


funét , auec des cris fi hideux ,qu'il n'y a homme, non accouftuméäte 
les folies , qui n'en fut effroyé . Aurefte de la Gafcoigne il eft vray 
qu'on crie ainfi defciyerement qu'en Bigorre , mais ce font parent 
qui font fi furieufes que fouuent ona pcine de les garder de fe la 
cer ez folles apreftées pour le mort, defquelles elles voudroyente 
” tre bien loing,tant peut la couftume en vne contrée ie peux dire'a 
uoir veu telle femme , laquelle eftant aux funerailies de fon mary, 
fetourmentoit de telle forte , que cinq ou fix fes voifins ne fufffc 
yentälatenir , & laquelle faifoit rage de iargonner les louanges d 


deffun& , fuyuant la loy du pays: laquelle des trois, & quatre iourd 
apres choifoit vn,, auec lequel paffer cefte melancolie , l'epoufa + 


yant Je terme accouflumé ar: pays pour je dueil de vefues , Etnon 
feulement les femmes font veft office de criailler , ains encor les hom- 
mes, fe reffentants dela perte de ce qui leur eftoit cher tandis que li 
vie le tenoit en ce monde : & quelque chole qu'ayent fceu dire les prel- 
cheurs pou” ieftourner ce peuple fol de cefte beftife, & peu d'efpoir, 
commels: lits dene croire l'imortalité de lame, fi eftce qu'ilac- 
{té prefque impoñlible d'en offer la façon enuieillie, & receue de not 
autheurs...Non.que les bonnes, gens doubtent de cefte imortalité, mais 
le grand deir de cequ'ilz perdent, J'amitié vniement érnacinée , &er 
auçuns la couftume ayant plus de force que Ja chatité , caufent que 
Ja Aiulte y eft fans remede : çe n'eff ( comme r'ay deia dit ) entre 
les Gentilz. hommes , qui ont lillé ceft niaiféric , & les plus fage: 
d'entre [es pourgcois des villes , qui déja {6 delaccouftümoyent, 


M ont quel 
touuert , & 
Lonc fceu efc 
entendu d 
j fen, font 
ja de ces m 
goyables de 
purueu , de m 
le voit cftre 
ainfi foit q 
lelt-ce que 
par charm 
Mais laiffantz 
ps la propre 
mignagois ;' 
kque cépeu 
N outuR re 
jArmenie : © 
tles Armig 
es d'armenie 
die fur le hau 
dis on non 
ke Pomponi 
Romains o 
Bourgeoifi 
C'eft celte M 
, qui puis on 
fde cefte ex 
Soubz la furifc 
refent en dep: 
des belles p. 
iple eft autant 
oir bon & fe 
eftecy par q 
ropoli, comi 
cecy me font 


Re ville pres 


nmée fainét T 
ltintle Confi 
léd'exil , vn < 
f d'icelle v 


Ld , ee # 
+1 PEFETEQPF),, 36 
dtecouftume mal propre au Cu a n. C'eft Vn cas, & merueileux Fe 
jérange que tout le long des montz F renées, & és Landes, &'en Ar- PO: Jubietl 
LL, | y a fi grand nombre de; ei fermés que les Gaftons dppellènt 47 auoir des 
ballerdas & icy on les’ dit nes, & Sorcieres, que les plüsha- Patdois er 
ds & moins fuperititieux font contfsin@z de confeffer que ces fem- G4/cvigne. 
M ont quelque fecrette Cabale, que les lettres ne nous ont point 

ouvert, & que ce beau artifän du liure de limpofture des Diables 
honciceu efclercir, quoy qu'il ayt'leu le Maïllet 8es  Sorciers; & 
ferendu dequoy fe fait l'onguent des Lamies, ‘AG fes’ procez 

den, font prefque touts les ans, les cruelles execütions’ qu'on 
La de ces meéfchantes & mal-heureufes créatures, léshydeufes, & 
R oyables depofitions d'icelles, & la preuue dé 1eur mefchäceté n°y ent 
le fe difurueu , ie m'afleure que la pays ne feroit la moitié tant peuplé que 

comme voit cftre . Etn'ay affaire de difputer de la polibilité de cécy, cô- 

du vuinfi loir que les reformez de ceneue fçauent bin par experience «Ærmigna- 
tdiumit-ce que les Vaudoifes leurs voifines fçauent ; & peutent faire : goé iadir 
ant par charmes ; Ou autrement , je ne m'en fuis pas enquis." 1  ! : Æremiques 
mel ais laiffantz cela à part, continuons ce qui fuit en Gafcoigne, & ver- 0 _rtoms- 


à be la propre Prouince des Auxitans,qui eft celle des Artomiques , & ques. 
uec leunignagois ;: le mot eftantainfi corrompu, pluftoft que dire & :fain- 
ft habite que ce peupleayt efté ainfinommé des Armeniens, fi ce n'eft qu'on : 

le corpus vouluft renuoyer à l'arché de Noé, qüile deluge ceffänt färrefta :: 


font ce 
 dude 
méàte 
ft vray 
parent 
e fe la 


Armenie : car alors ie donnéroy paigné, & confefleray quenohfeulc. …. ..;, 
ntles Armignagois, ‘aïns tout le réfté des hommes foñt des femences 

es d'armenie. C'eft en cefte prouince qu'’eft cefte trefancienne cité : 

fie fur le hault mont , & irrbufée à fa racine du petit fleuue le Gers, . ; 
idis on nomma augulte aufcieme, & Eliombere , 1e peuple dela- _ sur, nef 
pie Pompoñie dit eftre le plus fort des Gaules Aquitaniq ues, &auquel 4f5fe . 
oyentlomains octroyerent lé droit d'Itahe, c'eft à dire la puiffance dé iouir 

dire + Bourgeoifie Romiine ainfi qu'aux autres leurs éonfederez, ‘:!: Pomponie Me 
n mary C'eft celte Metrapolitaine d laquelle neuf peuples reffortiffoient ia- Je liy:3. 
Fuff(oh, qui puis ont efté diuifez en Diocefes, & les’ Euclques fouzmis au- 

nges dut de cefte excellente mere des Aquitaniques Gafcuas. 

re iourdbubz la iurifdiétion anciénne du temporel d’aux eftoit iadis celle qui 

boufa s-efent en depend quand à la fpiritualité, à fçiuoir Leétore;laquelle eft . 

Etnonbk des belles petites villes de cafcoigne dés fortes de France, & oule 
es hom-BBhle eft autant accort & geûtil, quel'air y ef pur , & férain, & quele 
s que Hboir bon & fertille VI | Leétore ville 
es prel-efte cy par quiconque ayt éfté baftie a iadis porté le nom Grec de rrefäncienne 
d'efpoir, ropoli, comme qui diroit., ou cité, ou multitude-de Thoreaux, & e> chfd' #7 
qu'ilac-Mrcy me font foy vh grand nombre de mirbres, qui font en la- mignac. 

de 002: ville pres l'Eglife fainé ceruis , deuant la Court de l'Official 
té, mais nmée fain& Thomas où j'ay leu que du temps que ce grand Pompe Zeélore iadis 

» Rltintle Confülat en la ville de Rome, qui fet lorsque Ciceron fut ra- nommée 74m 
nt qu d'exil , vn certain Proconful romain feir trenéher les teftes aux repob. 

) e k d'icelle ville , qui fappelle par ces memioires Tauriopoli: & 

s fages | Ÿ RMEUIHOT LP irieT PR oi 
dy, 


LOUIS Y 4 "#3 ) 
yoitonécore l Pres bles cour 
EVENE LU TS D 8 TE, ssrbares c 
dantvrs count des facpbi: À grec ps de la gra 
or Sam 
deGafcoi 
jouez cofte 
prdeffus 1 
sel Eglifef 
ie, qui fu 
pement cri, 
be & fur le 
oreftant le 
ruines dec 
bntbien qui 
nsne le Éi 
fourir plus 
Wble)remet 
telle ou i'ay 
ce dequoy i 
jy petit mot 
üenne,au 
KeProuince d 
keiffant au M : 
ronne de F1 
haute la Ga 
imble vnetr 
kfqueiles co 
encheueux 

bois, chantan 

fitution d'i 


garde deles. nommer àla crecque,ains luftoft du nom de quelog 

got ee ee M girats Le au refte le nom de L 

n'eft pas nouueau, veu que Antonin en fon Itinéraire lanomme zafl 

cium,au denombrement des citéz & contribution des prouinces 
 Teurs Metrapolitaines . Apres le pays d'Armignac,eft celuy d'Eftraci 

cofté, & celuy de aaute d'vnautre,& de l’autre eft Magnoac, & 4, 

mais d'autant que cene font point Prouinces grandement qualifiés 
cenalis ur, Pafferons outre, pour véoir le pays nommé Riuerois,où il y a de jd 
de fa Gañle Villes telles que font Montreal, & Nerac, qu'aucuns éftiment au 
Perioch.1 5, Le.nom,ds la noirceur des eaux & eftät voyfine :delà eft [a citéde( 
dom fur la riuiere de Baife:mais pour ce que l'antiquiténe nous à rien 
s. Bertrand : fé de cespeuples,ie palferay à noftre Cominge pour Je vénger de li 
Euefzue de : Xe que luy ont fai@ quelques brouille-papiers modernes le difänts 
Coming, . fans memoire, &-depuis peu de temps,côme ainfi foit qu'il eft des plu 
ciens, & pluftoft peuplez & des micux.remarquez de cifcoigne. Et : 
Gregoire de: QUE j'entre à la preuue des plusanciens, ie vous allegueray Grepoirs 
Tours li, 7, . V'ours,qui viuoit il y a mille ans, lequel fait menti6 en plulieurs end 
Melhif. dela citéde Cominge, qui eft celle qu’aprefent nous appelons fi 
Bertrand,du nom du fain@euelque natif du pays , & d’vn village n 
Antiquité M6. Andohielle voylin de mô pays,qui prefida depuis en cefte villes 
du. païs co- de Cominge.Laquelle fut gaftée & pillée du temps du roy Gôtran,i 
eingenis. fe q1\'vn galanc foy difant dufanr coÿal,fy eftoit retiré, & y tenoit 
côtre les Roys de France . st des anciens Prolomée en fa Geographig 
Ptolemée lin, garde d'oublier les Comingeois lors qu'il dit: les Conuenes / ainfia 
2.cha.7. tab, appellé en latin noftre nation.) font vaylins des mont: Pyrenéens:1 
3. d'Europe. : plus en dit encor Strabon parlant ainfi des Rouergats, & Quercinoigi. 
 plufieurs de ceux cy les Romains oétroyerent le mefme droit qu'aux Qui veut di 
 Strabon li. 4: dns 8: les feirent bourgeois de Rome, entre lelquelz furent les Cor 
nes(c'eft à dire,les Comingeois) & les Auxitans': & Antonin nelesn 
Antonin en Part en fon Ltineraire,ains enroolle entre les neuf peuples d'aug fe, 
“fân itineraire bere (qui eff aux & Cominge, & Coferans.) Or eft:il qu’à prefenc CE... : . . 
ranseft compris en Cominge,quia lepays d'aure,& Bigorrea loc. 1 ; 

: les monts Pirenées au midy,le Hanguedas au leuant, & qui Luy eft vo. 
Septentrion ,;comme du tout.luy elt le pays de caure. Or pourquo] Qui hgnifie 
furent ainii apellez, ie l'ay diétcy deflus, & que Pompée fut cuy 
Jeur donna le nom &baflit la ville de Cominge,affemblant ce peupl dy ni Wii 

pars parles montaignes, &-qui au parauant efloit inuincible, mais qui, bkime 
fubiugué par le Rom :in,8 pour fa vaillahce &'pour le refpeët dela pra dansé or 
toificaucc laquelle il attira ce peuple farouche. Les longues guerres 

dis 


Icelt equi pags 
ntque l'efpo 


ICT: 


À 


| A 
Lg 


DE LEVROPE ki 


à RU  courfes des eftrigers qui ont couru tout ce païsçafcë, la cruauté 
TE sirbares qui y ont rauagé depuis les Romains, y ont cufli ruinéles mar- R È 
4 OÙ PR de la grandeur Romaine, & gafténoz villes, qi eftoyét de belle gr4- Nr} 


clercir car Samathan;futiadis efgal en grandeur à quelle que ce foit des vil. 
Île, où Gafcoigne,commele monftrent les ruïnes desmurs qu'on trouue | 
s en G btoutz coftezez enuirons d'icelle, & vers Môtolinettirant à Lombers, Defcriptis de’ 
Fil de fus la fontaine du pont du Chafteau qui va à Gimont,ou iadis e- J, we de sé 
btlEglife parrochiale:car ou a prefent eft la grande Eglife, eftoit vne rhone” 
Mie, qui fut oftée delà pouren enrichir l’Euefquede Lombers nou- Comminge, 
jement erigé : Eton fçait que l’Eglifé de Varennes; qui eft oultre la 
be, & fur le chemin de Tholoufe eftoit auffi paroiffe,;comme on le voit 
por eftant Le principal cemitiere de la ville quoy queloing d'icelle : & 
Diruines de ce fuperbe Chaltea, qu'oresonnommela Motaffe, mon- 
ncbien que l'edificeeftoit fait de longue main, & qu'autre que les Ro 

jisne Le feirent onc faire: Muis d'autant que le loifir ne nous permet:de 
fourir plus longuement für cefte ville que ie voudroy (fil m'eftoit 
Wible)remettre en {à premiere force poureftremipremiere nourrice, 
fille ou j'ay goufté le primerain fruit des lettres &fait l'aprentiffage 
tdequoy à prefentie fais largelfe:ie pañferay aufli outre, vous difant L'auteur 4e 
petit mot,que le païs de Comminge commeil eft des plus fertils de fé nourrs c> 
ienne;auffi à illa nobleffe aucant belle, brafque, vaillante, & guerriere efleué gr en- 
kProuince de l’vniuers:& le peuple autant Catholique,fidelle au roy, jéigné à S'a- 
ketfant au Migiftratz, & vaillant aux armes, qu'autre qui foit fuiet à la #1han. 
hronne de France Oray-ie ob"rué en Cominge,ce qui ie fait prefque zowange des 
phute la Gafcoïgne, LA fi. ant mariée, leiour des nopces on Comingeuis. : 
imble vné troupe de Allesles mieux chantant, qu'ils apellcnt Donzel- Ft 
lfquetles comme on conduit l'elpoufée à l'Eglife, vont loing deuant 
VU cncheueux, &c auec des guirlindes fur la :sfte deux à deux, ou troys 

OU is chantant vn long Epithalame à la louange du faint mariage, & {ur 

ue iiution d'iceluy, & Le refrain duquel eft tel en la langue du païs, 
Dgrap ie “TE : 
 (ainfa 1 @uile Nobiebenafs, 

nou © Benafis à Tefuchris, 

ercinoid, THE pero | 
Lt qu'aux] Qui veut dire que qui benit l'efpoufée, donne louange à iefuchrift, & 
les Cod ù equipage la meinent, &'rameinent au facre. Et eltantz de retour, 

neles que l'efpoufée enere en la maifonjces Donzelles chantent ces deux 


HT | 
refent J 10 Géfheg hausses fonrment Ai 
ealocci. 22 11: Qué binibie eg) define 1 0 run © 


y vols: ENT l side Ha .>iies | | 
PUrQUOES Qui henifeñectez Febues , &tfourment, car l'efpoufée eff cedans:ce Cerememses 

t cc et faitipar ccaxqui font démenrez'expres pour cuite ceremonie:que moprals de 
FC peupl y voulülomettre, codméchioferemirquablé ; &iqieiay veu faire a/toigne, | 
mais fs enme vie; & trop quélceftetnftieution eft dététigtemx & non | 

de ihditters posant férticaciond'abondance & richelfe parl’efp 

guerrs pie A 


dis 


) THIS SOIENT ) HHO'erH ! 1194 


LIVRE" TRONSIESME 
Sisrifsrce … chemeérdu bicd,&de fertilitéen:li gnéc p les febues,auffles les fges gre 
des febues, ©” auroiétattribué cefte fignifiäce,entät que Pythagore pour ce refpett des 

fourment ef doit l'vfage d'icelles à fes difciples: mais de cecy nousen laiflons à pale 
parsaux np- dautres,nous fufñfant de.vous môitrer les façôs de viure de noftre Gafe 
Jages. gne laquelle n'a default de chofe que l’homme puiffe fouhaiter pour fj 
Grande abon, ftenter fa vie, y ayant bled, &vin en abondance; forcebeltail, boys, &r 
dance de la uieres,eftangs, & praeries,le fei mineral, & puifé des Fontaines, le Crift 

Gafoigne. & le marbre, les bains,eaux chauldes pour la fanté de l'homme, &l'air pu 

4. &ferain,les herbes medicinales & telles que les fimples paifäntz cogno; 
… fent mieux que plufieurs apoticaires qui ffenvoudroient direles maiftre 
& li ie vouloy dire les choles merucilleufes qui font ez montz Pyrené 

ilen fauldroit dreffer vn gros volume , & les chofes feroient telles 

Quels font les peine les voudroiton croire & pource i’en furfoy le recit.Les Gafcüs 

Gaféons, general; fonthommes fort adunez à la guerre; de grand trauail, obeif{nf 

aux.chefz,iadis hayantiles lettres & à prefent les embraffantz, & den 

temz ayantz en honneur ceux qui les fçauoient , quoy que ne vouhfé 

les aprendre;adonnez au f:ruice de Dieu fans aucune fuperftition,fsxe 
efpargnants, feueres en leurs maifons:& on voit là &.aprend quelled 

my: puiffance que le mary à fur fa femme, & le pere fur fes enfantz, vindicat 
Plus que de raifon & parmy lefquels,principalement entre le: 1ables.| 

querelles font immortelles:& afin que ie dietoutenvnim::,: .:1'eft0 

: vn peu de chaleurexceffiue qui les fait chaultz & precipitez en leurs afldelires de l'or, 

res, & qui diminue vn peu de leur côfeil ie ne feroy côfcience de dire qdmines de fer n 

Comparas/on c'eft la nation autant accomplie qui foit fur la terre.Le Gafcon, & Efpal Prouinces , 

de Gafsè auec gnolfimbolifant aucunement en mœurs, & façons de faire, comme auf nya pas vu 

l'Efpagnl. fc raportent de vilage & difpofition gaillarde de leurs perfonnes, fufq 
le Gafcon eft plus foudain & à l'efprit plus gentil & de meilleure apreh 
fion,la ou l'Efpaignol eft pefant, graue, & dur , mais qui comprenant 


onregarde la 
jnnuellemen 
reou rare po 
menon feule 
enfoifonne 


leproduire q 
e.l'Efpaigne 
epaïs d’Afri 


chofe on fait lougue retenue.Or n"sftonne-ie qu'on ayt donné lotiltre @hGaule:ains y 

Panadours,ou larrons aux Gafcons, veu qu'il n'y à nation en l'Europe, dles vapeurs £ 

lelarcin foit puny plus feuerement, & ou Ion en oye guere moins parlélours vn dou: 

quoy que le: moiens y foient grandz.pour les voleurs, veu les grandz dÆrdance de lins 

Bandoliers ex ftours qui font ez chemins, & Îes bois profondz que quelquefois il y fr! »'y a terre 

__ mont Pire: Pafler-1l eft vray qu’ez montzles Bandoliers n’efpargnent perfonne, n*”. :vainture,L 
- ndès, plus qu'ils font en Prouence & Languedoc, & non plus-auffi qu'on li: 15 coule 
pardonne filz peuuent eftre attrapez en campaigne & ez vallons. Laplu:.?s, Se les v 

part de noftre Nobleffe iouift du droit de difimes, .& chäpars dez letentdu poiffon d 

que Charles Martel eut guerre contre les Sarrafins:& depuis par l'o&roldée ont cfté le 


rquelz aucuns 


du faint Pape, & des Eucfques, lors qu'ils farmerent-pour la deffance. 
mence dés les 


l'Eglife contre la fureur des Albigeois & des Princes qui fupor.oyet 


Dequeldnit ]eur querelle. C'eft lanobleffe la moins oififue de France entant que fee d'Hercule, 
Les nobles Ga. tre vilitantz les feign:du païs il ne fe palfe guere fefte où vous ne voydntout ce tour 
Fons ont les dreflé quelque beau&chonefte exercice d'armes, pour y acouftume ciselé, ainf 


 - di/mages, qui-de leur naturel font aflez enclins aux armes, & qui de filong ten: TS vroport 
©: ontfitpreuue pour le fruice des roys de France... l’auoy.oublié à We Pyrences,e 
dire 4 nofbre Cominge n'eftipas fpetit,qu'iln'y air.g. Buefchez,à Gudlth ceince, & 


es pre 
€ def 
pale 
Gale 
our fi 
rs; & 
Crif 
l'air pu 
cognoi 
mailtre 
yrené 
Îles q 
afcôs 
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& der 
oulufe 
n,foxe 
elle cit 
indicati 
bles, | 
e a efto 
eurs aff 
> direq 
& Efpa 
e ul | 
, fauf qi 
: apreh 
nant yl 
otiltred 
urope,0 
s parle 
andzd 


x 
#4 
RU 9) 


ile n'y a terre plus abondante en vermillon & autres chofes bonnes {##. 


DE L'EVROPE: 


, ) zfeulement du Pape che7: 
12.6 c'eft ce que pour Le prefent ay à vous difcourir fur la Gafcoi- 
peperant q vne autrefois i'en parleray plus au long ayant plus de me- 
pires. Le 


). DuRoyaume d'Efjaigne © mœurs des Efaigmlz. Chap. 44: 
TE NY Efpaigne eft.vne des plüs grandes, & fpacieufes Prouin Ce effprs 
d'A LL ces & regions vhaed S entre les Gaules , & l’A- mor 4 mot de 
À £)frique, & ayant pour cloftureles flotz del'Ocean, & les Solin ch, 26. 
x L 4\ haultz fommerz des montz Pyrenées.On la peut à bon Leäanges 

) (@}}droit comparer aux plusriches & meilleures-terres de d'Efpaigne. 
LEE 8, Ke l'vniuers, & ne doit eftremife en arriere, ny moins efti- | 
Ie AAmée que quelle que ce foit des regions de ça bas, foit 
onregarde la fertilité des Champs, le reuenu des vignes, ou les fruitz 
junuellement y croiffent . Elle abonde en ‘toute matiere tant foit elle 
sou rare pour le pris,ou neceffaire pour l'vfage de l'homme : de for- 
penon feulement fournift elle aux habitans du païs ,ains fuffit encor. ; 

en foifonneren abondance & l'Italie, & la cité de Rome. Situveux R:<4ffe d'ef= 
delres de l'or,argent,& pierrerie, ce païs Efpaignol en produitafez, P4gn.De la 
mines de fer n’y manquent point, & les vins ne doiuent rien aux au- P#rrerie 4l 
Prouinces , lefquelles l'Efpaigne furmonte en Oliues , d'autant f4##. 
fnya pas vn pas deterre qui foit en friche,ny oifif,& fi fteril, quine CeJé n'df 
feproduire quelque chofe:il n'y fault cuire lefel, ains le fouïller en g#ere/ain 4. 

l'Efpaigne n’eft bruflée par Les ardeurs des rayons du foleil, ainfi c4#/e de [a ve 
jepaïs d'Afrique, ny continuellement tourmentée des ventz, com- hmence cer- 
hGaule:ains y eft l'air ain & ferain efgalement par tout le païs, fans re. 

les vapeurs grofliers des mareftz luy nuifent & l’infetent, ayant / l'entend la 
fours vn doux vent marin qui la rafrefchit, & (üftente. Il y agrand Presence affis 
mdance de lins, & autres matieres propres à faire toilles, & cordages $4 de lA4- 


vainture. Le cours des riuieres n’y eft violant & impetueux.côme 
15 coulent fans nuïre, & vont flotellans doucement, arroufans 
daps, & les vignes pour les engreffer, & lefquelz reçoiuent abondä- 
du poiffon de la mer au flux d'icelle:mais ce qui plus l'a iadis recom- 
Idée ont cfté les cheuaux les plus legers, & mieux courans du monde, 
quelz aucuns ont laiffé par memoire,eftre conceuz du vent. Ce païs Ce /ont des 
mence dés les montz P yrenées, & enuironnant la mer iufqu'aux Co- menfonges de. 
es d'Hercule,feft-"diufqu'à l'Occan vers le Septentrion, tellement Son. 
toucatourtoutes chofes font {ubiettes & contenuës en l'Efpai- S'rabon te 


es Ahdiçelle, ainfi que dit Appian, dix mille ftades de large, la longueur farét deso0o 
ne trs roportion efgalle d'vn feul cofté,à fçauoir où elle auoifine les ffades de lar- 
MuPyrences,elle regarde, & eftiointe à la Gaule, & de tous les autres ge € 6000. x 


ef coince, & enuirônée de la smer.[ Apres que ceftui.cy apropoié l'E de long. … 
Fe * Oo j sai 


LIVRE TROISIESME 
Effi.preff#e fpaigne comme le parigon detource qui eft Fertille en‘Efpaigne; il fa 
ile Pornpas que nous outrela veuë oculaire nuinous affeure du contraire alle 
Mel.liu.2, ” des auteurs anciens, & tefquelz ne ivnt renduz fufpez pour auoir voul 
...  paker plus curicufément que les autres, ny dechofes hors de verifirail 
Popon'e Mele tude.Pomponie Mele Efpaignol de nation, quoy qu'il face toutce qu 
Efpignol. .… peut pour lauer,loïüer & enrichir fon païs fieft-ce qu'il n'extrauague 


Pomp.M.ls. tant quele fufdit voicy commeil parle . Elleeft fort abondante en honk 


mes,cheuaux;fer, plomb;erain,or & argent, & fi fertille , que fi en que 
ques lieux elle manque, & eft àfoymefme diffemblable , fi eft.ce qu'e 
nourrift ou du lin,ou duionc à fairecordages. Voyez fi tacitement i 
confeffe la fterilité de fon païs en aucuns endroitz : mais oyons Strab 


2.0.6. 


qui dechiffre l'E (paigne d'vneautreforte, difant . La pre miere partie di 


celle {c'eft de l’Europe qu'il parle) eft'Efpaigne, le terrcir de laque 
Strabon:3 ‘pour la plus part eft afpre, raboteux, & infertille:Car les rochers les'boy 
& lieux bofcageux tiennent vn grand trait du païs, & ce qui eft de cam 
gne à la terre de peu d'aport,& fertilité, à caufe que le païs n’eft guer 
roufé:ce qui regarde le froid eft du tout aff pre, & excefifen rudeffeto 
iours ex: ‘#à l'inclemence de l'Ocean, n'aïant rien de commun auec 
douceur tres parties:Et ainfi ce cartier pour fa malignité n’eft oué 


habité,ny frequenté:mais du cofté de midy, l'abondance & fertillité,y 
heureufe, & admirable. ] Elle eft partie & diuifée en trois noms, felo 
C’eft la pro denombrement des Prouinces,à fÇauoir en Tarraconoife Betique & 
mince d’_Æra fitanie. La Tarraconoife contient en foy les citez'iadis rant illuftres & 
gon & Na- normmées de Palence,& Numance, la derniere defquelles quoy que 


nirre. née, porte à prefent le nom de Sorie:& fe ioint cefte Prouinice d’vn « 
C'eff Cathe- aux Gaules, de l’autre elle auoïfine la Betique, & Lufitanie expofant 
ligne. coftez à la mer:vers midy,à la Mediterranée, & au Nord elle cf lauée 
* C'éff la galice l'Ocean.Les autres deux font feparées par le fleuue Anas, qui mainte 
@* Affires. {e nomme par ceux du pays Guadiane,mais tellement que la Betique( 
Cecy ef} ores_ elt le royaume de Grenade) en laquelle font d”s villes floriffantes d' 
pri de Pom- palis(à prefent Seuille, (& Cordoüe regarde l'vne mer, & l’autre aya 
ponie. vers l'Occident la mer Atlantique, & au midy la Mediterranée, 
Mole lin. 2. Là où la Lufitanie eft expofée tant feulemët à l'Ocean,ayant les co 
ch.C.De la au Nord, & la face tournée à foleil couchant, & en ce païs fut iadis Er 
defription rite cité fort renommée:[ Mais ores c’eft vne petite ville , que neantmo 
d'Efpagne les Efpaignolz appellent Meride la grande.à caufe desantiquitez deg 
poyencor marque qui y paroiffent & où l’on voit engrauées les anciennes men 
Pthob.li.2. res des Romains feigneurs iadis de cefte Prouince,en des Pyramides,( 
ch, 4.5.@:6. loffes, & Obelilques à demy ruïnez par l'iniure du temps & malignité 
Tabl,2.d'Eu Barbares, qui tant de fois,ont couru & rauagéles Efpaignes autät ouf 
re. ç Polybe que region qui oncayt efté fouz la puiffance de l'Empire] Ceftere 
liu3. fut premierement nommée Iberie du fleuue, Ibere; à prefént Ebro, 
Meride la court paricelle depuis prift le nom de Hefperie de Hefper frere d'A 
grand. y &àlafñin nommée Efpaigne de la cité de Hifpaly , laquelle on ap} 
Pierre Olim, maintenant Seuille: [Mas Berofe Caldéen eft d'autre aduis, & eftf 
fur sacke, fon plus vrayfemblable,que l'Ibereaye pris nom du roy Ibere quent 


LA 


naue & le p: 
. premiers 
lurles Ce] 
u juant à Hit 
Ofris ( c 
fphon, en Pt 
nCrete, & les 
jivlie,ayanc 
ketrenomn 
fpaliens > il 
elle destyr 
ns en Celibe 
juenterre, 
L À cefte der 
uliftes Efpai 
Françoys Ta 
que du filz d 
fut elle ditte 
pon Maure n; 
dudit Hefper 
l nuit {e pr 
kis, quiregna 
om à la Prouin: 
dé par le vuig 
kdutéps de 
que nul fle 
1ens môtere 
hs couru Ja p 
ux fortirenc] 
jelz nous auo 
ece furent les 
me mieux, CÔ 
lnd'au peupl 
ntfaim, & foi 
4 fort chi 
jhueré ny re 
floft ré 
r eftoit plus e 
morts à la 
oit fées enr gar 
peuple eft d’v 
quel n’eft jam: 
à la guerre, 4 
rhng & prop 
leiour des fe 
ife lauer d’e 


; ” DE L'EVROPE, 239 
noue & le pays & le Prince aycntriltre d'vne chofé qui eftoit fans nom 7 Berofe ls 


fa 


lepuo hpremiers habitans du pays ne luy euffent donné: Auf ceft Iberce re:: Effaigné dire 
irvouurles Celtiberes, dwtemps que Nine. tenoit la monarchie d'Afirie, Lbévie ds Ry 
rifrai quant à Hifpaleencore.faulril regarder ce qu'en diftBerofe: Hercule Hiberec> ro 
tcequ pd'Ofris ( dit1l) furnommé Lybien, occift en Egypteauec ifislegeant dis flenue. 
ague Dpton, en Phenifle le tyrant Bufire, en Phrygievn autre Tiphon, Milin Hifalerey 


en hodCrete, & les Lomimes en Celtiberic, & de là il fen alla côtre les tyrâs donne nè an 
en qudiclic.2yant laiffé Hifpale pour Roy.des Celtiberiens ,lefquels il mon- pays Efaïe. 
ce qu'eectrenommez. Hifpaliens du depuis, quandildit.. Ainfi laiffant les Hercules Lie 
nenti Mbipaliens ; il pañfa en Italie deftruifant les Leftrigons &. ruinant la race bye dôptes les 
 Strab elle destyrans, qui affliger rent laterre : & fen retournatort Chargé müflres.: 


ss co Cclibcrie, ou l'on luy dreffa des temples, & fut honoré comme Lomsmes e- 
jeuen terre , au lieu appellé les Gades,quiaprefent eft Calis, & eft vne ffoit lesgerios. 
 les’bod.A cefte denomination d'Efpaigné dudit Roy Hifpale faccordent les v0y Iuft.L.44 
de cmuliftes Efpaignolz Rodrigue Eue(que de Tolete, Antoine Nebriffe, Et D'od.sic. 
 guere Françoys Taraphe chanoine de Barcelone,iaçoit que i'ayme mieux di. $.c.2.parle de 
Left one du filz de Hifpal, nômé Hilpan, l'E (paigne fut ainfi apellé. Hefpe- coffe Hefberie, 


partie d 
: Jaque 


on auc ur elle ditte de Hefper frere d'Atlas que Berofe dit auoir efté Italien Rodrigue E- 
v'eft eu@non Maure ny natif de Lybie, mais d’autres tiennent que Hefperie fil- nefque r'oler. 
illité,y dudit Hefper luy caula ce tiltre & non l’eftoile du foir:qui aparoit dés .r.cs. 

s ; floue nuit le prefente. Et par ces raifons mefmes nous dirons quele Roy _Ænreine Ne 
que & i,quiregna l'an du monde felon la fupputation d'Eufcbe 1836. donna briffe 1.en le 


tres & 
y quert 
d'un co 


mälaProuince Betique, & au fleuue Betis, lequel maintenant eft ap- pre face. 
dié par le vulgaire Quadalquenir,Or Alphonfe Euefque de Burgos dit c€lphonce de 
kdutéps de cefte dame Hefperie,il aduint figräd fechereffe en Efpai- Cartagent E: 
xpofant que nul fleuue prefque densoura quinetarift, & ce fut caufe que les ue/gue de Bur 
ft lauéeMeniens môterent fur mer,& fe meirét a courir fortune, fi bien qu'à la fin LOS C,3:€7: 4e 
aintenns couru la petite Aie ilz f'arrefterét vers les môtaignes d’armenie, & des chofés d'e. 
tique(@ux fortirencles Iberes, qu’à prefent nous appellons Gcorgiés,& def fpaigne. 
tes d'Hikelz nous auons parlé en l’afie. Mais Varron dit au contraire,maintient Z'araph.l.des 
tre ayalece furent les Iberiens afiatiques qui dônerentnumà l'Efpaigne;mais Roys d'Efpur. 
me mieux, Côme j'ay fouuent dit,m'arreftez à Berofe qu'à tout autre.) 2ers'en quel 
t les coMund au peuple £fpaignol, dés tout temps il a efté patient au trauail,fouf rêps regnoit. 
adis Edit faim, & foif le beloinle requerant, & ne f'effrayantaucunementde Promnce Be> 
eantmdnort, fort chiche & efchars en fon viure;aymant mieux la guerre que riques refet 
ez degiyfueré ny repos, & n'ayantaucun ennemy eftranger, ilz combatoient .Ændaluz ie 
es menitoft enfemble que fe repofer.Sifecrets en leurs affaires, que le filence des Pédales 
mides, Qr eftoit plus en recommandation que la vie, fi que plufieurs fouuent come qui di- 
alignité@brmorts à la gheine & torture,ains que defcouurir les chofes qu'6 leur roit ädulis- 
rât ou pioit fées en garde,ou dire le fecret, qu'on ne vouloit que fut entendu. Tie.Sechere[= 
eftereBpeuple eft d'vne merucilleufe vifteffe & allegretfe au courir, &l’efprit Je chagfe Les 1 
Ebro, quel n’eft iamais fans machiner quelque cas de nouueau, leurs cheuaux berses d'efpas, 
re d'Afnsà la gucrre, & lefquelz auec leurs armes ilz auoient auffi chers que Corffance des 
on apr ng & propre vie. Aurefte ne bäquetans,ou fe donnans du bon téps Eff.gnolx,. 
& eh ticiour de fetes, Or commencerentilsapreslafecondeguerre Puni- Zafin 44. 
+ quent à ft lauer d'eau chaude, & vfer de bains delicatz gs Fait ceft apren- 
00 ii) 


De Piriat, 
poy Tite line. 
liu,.s2. 54 
Flor.lin.2.c. 
17 Velleie.2. 
Eutrop. 4. 
Appis en la 
guerre d'z- 
Jpsigne. 
Orofe ins. 
hap.4 


Comecncore 
ce drap de- 
quoy on fait 
Les Cappes de 
Bearn. 

) Peflement e7 


armes des an : 


ciens Efpaig, 


Moyen des E- 
Paigmlz 
Piur renare 
brur fer aceré 


Cr fort, 


Maniere de 
combattre des 


AcIe:s Efpar 
p4 (7 ] olz,. ‘ 


C{ar comit, 
ln,3. 


LIVRE TROISIEME 
tiffage des P. smains. Et neantmoins quelque braue que ce peuple ayt 


fi eft-ce que durant tant de fiecles il ne feft trouué qu'vn Viriat natif d 


Lufitanie, qui fe foit fait renommer pour grand & excellent chef degne 
re,leqrel'toutesfois à éfté iadis {i vaillant & heureux , que par l'efpaced 
dix ans il a donné de grans affaires au peuple Romain , & l'a affligé & 4 
pu par le gain deplufieurs & grandes vi@toires.{ Lequel n'eftät quvn fix 
ple pafteur & bandolier de fon premier meftier , premierement guettar 


les chemins, puis faccageant les Prouinces en fia rompant ; deffaifant,affy 


iettiffant , mettanten fuite les armées des Preteurs, & Confüuls Romaif 
il fe rendit effroyable ; ‘& feruift d'efpouuentement & crainte au peup 
qui (€ faifoit vo yeà l'Empire de tout le môde:& fut tel,que iamais n'ay 
peu eftre vaincu en guerre ouerte, il fut circonuenu par la trahifoud 
fiens & occis,aufquelz les Romains ( quoy queioyeux de la mort d'n 

rand ennemy) ne voulurent donner aucune recompence, deteftans le 
dttoyaité d'auoir trahy celuy qui les auoit traittez fi hôneftemét , etq 
pour leur liberté.auoit hazardé fa vie, Homme veritablemét qui mertd 
ja conduité d’vné grand armée pour fà fagefle & conftil, & pour la fubt 
lité de fes faidts, & l’experiéce en l'art militaire, & qui fans la trahif,« 
empefché le Romain de faire trop long fciour en Efpaigne. ]Les femm 
Efpaignolles iadis fe mefloyent du mefnagement de leurs maifons, & 
bourage des châps , & tandis les hommes alloyét à la guerre, & tafchoy 


de fenrichir des vols,larcins,es pillages. Leur veftemét sfloit courtet. 


conleur noire;ayant la laine longue tout ainfi que le poil de Cheures | 
en guerre ils auoyét des rondelles,ou pauois affez petits, et faits de ne 


defquelz ils couuroyent leur corps en combatant de telle vifteie et a 


té, queny le trait,ny les coups des ennemys ne pouuoyent les offencer: 
vfoyentde dards bien ferrez. et faits à crochez,et ainfi qu'vne halebar 
portans des morions creftez faits d'erain,et ornez de trefbeaux pénaché 
Leurs glaiues eftoyét de fer pur , longs d’vne paulme, dequoy ils fef 
uoyét eftans en la foule d'vne bataille,et preparoyent le fer en cefte for 
fuiuant leur anciëne couftume , affin d’en faire leur armes : 112 metto 
fous terres de lames de fer, et les y laiffoyent filonguemens que la pai 
plus foible eftant corrompue par la rouilleure,ce qui eftoitbô & parfr 
reftoit en fon entier: 8 de ce fer ainfi purifié, ils faifoyent de trefbonr 
efpées, & fi fort: acérées, & trenchantes,qu'il n’y quoit bouclier ny fl 
rion,ou bourguignotte qui peut reflifter à leur éffort, Ainfi armez! & 

baftonnez filz fe voyoy'ent auoir les deffus à cheual, ayans,portans d 

glaiues, ilz meftoyent pied à terre & donnoyent fecours à la fanterie: 
lançoyent, & dardoyent bien loing & fort droit,& adextrement leurs 
uelotz & auec vn grand artificé: & demouroyent longuement en halei 
au combat, eftant allegres, legers & difhofts & parainfi fuyans ayféme 
&c felon la neceflité ; ou bon ne fortune, prefts à pourfuyure &'attaind 
leurs ennemys eftäs à vau de route. Liz entroyent en bataille fuiuans q 

ques nombres & mefures, &attaquoyent leurs ennemys en chantant: 

temps de paix,leurs dances fe faifoyent en fautelant, & auéc va remuer 

agile des fcffes,ainfi que encoreils le pratiquér. [Cefar defcrit encor 


Dr hçon de 
sens) Ge 
went fur no 
f rdément : 
rh ne fe fou 
hombre & < 
rouardife vil 
pdement no: 
futon ne pe 
tres & Vailla 
buferie pref 
étinfolent, 
hour & cout 
y qui ve tor 
Wreffent, & t 
neles efpare: 
folles He 
hit fournir 
labatre les bc 
er par les gr. 
phiftoriés me 
kmys, mais ca 
bers,tellemét 
ver & heber 
L& grâd trou 
,& pour eft 
maintenât , 
loços & laqua 
Hoit côduite 
reurs à bras p 
ur paroiïftre 
rt baie ftatur 
ledes agraph 
ec ce MOyE € 
hiffement a 
&magnifig. 
tfigentimeny 
«ren haut, D 
t, & laquelle 
le: D'autres ai 
lioyent leurs, 
au de couleux 
tdes oreill s.4 
les grande 
"en Lieu que 


te 
tif dé 
sgu 
pace à 
é & ro 
vnfi 21 
ruettat 
nt,afft 
omaif 
| peup 
is n'ay 
1ifou d 
rt d'vn 
fans 
it €tq 
| merite 
r la fubt 
ahif6, 
s femm 
ons, & 
tafchoy 
ourt et 
eures, 
s de ne 
le et ap 
ffencer: 
halebar( 
pénaché 
ils fe fe 
celte foi 
metto 
elapa 
Se parfr 
efbonr 
cr,nyn 
| ak 
tans d 
nterie: 
t leurs 
en halel 
ay{émei 
attaind 
uans q 
antant: 
remuef 
encor f 


D peirvnorri 
Lehçon de combatre, des Eipaignolz,difänt : La maniere de:batailler 


Dsgens& foldatz Efpaigrolz eftoit telle qu'au commençcement:lz fe 


bent fur noz gens d'vneterriblé fureur, & impetuofité &f6 mettaient 
E Ldément en campaigne, prenans hardiment place pour, venir aux 
gene fe foucians guere detunir rancny.ordre en.bataillant,ains à pe- 
bombre & efparsilz nous donnoient deffus, & ne tenoientià honte, 
œurdife villaine, filz eftoient preffez de, faire retraite :ce qui trouble 
psment noz foldatz non accouftumez à cefte façon de combattre, À L'Effargml 
for on ne peut rauir celte gloire à l'E {paignol,qu'il ne foit des plus a- a prefent bon 
ares & vaillans que l’on fache,mefmela fanterie ayätl'adreffe en l'har Eerrier. 
puferie prefque für toutes les natiôs de la terre. Il eft vray quele fol- 
itinfolent, arrogant &infuportable,. cruel fousle voile d'yne fainte Mœwrs prefe. 
bceur & courtoifie, À yät mise pied en vn lieu il y.eft tyränique,côme fe: des ESha. 
y qui vfe tout ainfi de ceux qu'ilafluiettit,côme fi c'effoyét beftes bru 
lreffent, & traitent leurs efclaues,ainfi qu'en peuuent faire foy Lester 
neles efpargnät find ainfi 4 les Mores ellräges » où ils ont cômädemét 
filles prefque tout le peuple ancië & premier habitateureft mort, ne 
hit fournir aux charges & labeur à quoy on l’emploioit nuit & iour, 
abatre les boys, ou aux füccres,ou à arracher l'ordelaterre, ou àje 
Mer par les grauiers des creufes & froides riuicres. Ie ne disrié dequoy 
phiftoriés mefmes ne fe plaignét, accufans leur natiô de peu de cour- 
Jils fe môftroyét farouches & cruelz aux hômes mefchäs, & àleurs 
knys, mais careffoy ét doucemét, & receuoyét en leurs mailons les e- 
bers,tellemét à fouuët ilz fe debattoyét à qui auroit cefthôneur,d de y, italité 
yer & heberger l’hofle arriué en leur ville. Ceux qui auoyent plus de nenne des : 
L& grâd troupe leur faifant la court,eftoyent louez, & reueres côme Efpaigml.. 
L& pour eftre ainfi füyuisils les eftimoyét amys des celeftes: [En 8 
imaintenät , ny afi peittt cheualier ou Hidalgo qui n’aye vn efcadrô. 


Efpaignolz, 
in uportables 
a leurs fusets, 


Miços & laquais,abillez de liurée à fa fuite,ny dame de bo urgeois,ladl 


boit côduite à l'Eglife par vn ou d'eux moços d’efpuelas , c'eft à dire 
feurs à bras pour la fouftenir,à caufe des haults Ciapins qu’elles por- 


pur paroïftre grädes, veu dordinairemét les dames d'Efpai.fôt toutes Æidalge eff 


ktbaffeftaiture. ][adis elles portoiét des Carquäs de fer ah col, & fur mof emportaf 
ls des agraphes affez Iôgues pour.attacher leurs cornettes & lelquel. /4ffre de races 
ec ce moyé elles pouuoiét eltédre &eflargir pour fe dôner ombre, & 
Nchiffement au vifage,eftimans cela côme vn ornemét fortpropre:ex- Strabon 3. 
kmagnifig. Les aucunes portoyent des couurechefz à elles entortil. 
kfigentiment autour de leur tefte qu'il venoit à fefpandre & eflar- 
hr en hault. D’autres fe fafoient ofter & pinfetter les cheueux de la 

k, & laquelle partie-elles defcouuraient plus que Îe front ny la face Coiffures. des 
ke: D'autres auoient vu fer & attifet fait en pointe, autour duquel Æ/puignoles - 
lioyent leurs. cheueux, & par deflus portoient quelque bonnet, ou anciennes. 

u de couléurnoire. [ Denoftre temps elles fe coiffentenrond,&. 


tdes oreilles auéc leur couurechefne differät de guere à celles d'vn.Coiffére des 

sk les grandes Dames agçançant. leurs cheueux en vn toupet deuät, Dame: Efpa. 

n,en lieu que en France on les efpand par les coftez des temples, & ne a pre 
ae Ê Re LS. NE ss # !5 i 14 sd ‘ ent. 1 14 \ 


LIVRÉ TROÏSTEME. 
Abondance \es ancllent & frifetie,-&s pvisiportent la gorre ou bonnet deffi fins p5 
demielen E- ter nie mifque;nytoutét de nez,ains toufiours ayäs la face delcouuers 
LPugne. Ile mangeoyent de diugrfés fortes de chair & en grand abondance. 
fiifoyent bruuage-de miel, en eftant le pays faifonné à caufe de la gran 
quantité des mouches qui fürmitloyét par toute la Prouince, Et filsb 
Bon vin en E- uoyent du vin c'eftoit qu'ils l'acheptoyét, ou le faifoyent venir par là d 
fPaigne, ligence des mairchans.{ Hfembloque ceftuy parle,ou de Portugal ou 
Cantabrés, veu quele pays Efpaignol porte d'aufli bon vin qu'on bo; 
guere en toute PEurope: ficen'eft que le temps palTé dés Le commeng 
ment la vigneleur fut incogneuë , ou qu'on leur en deffendift le: play 
d'aleté ancien ainfi qu'on lyt que Domitian feitaux Gauloys, & qui luy-mefme lepé 
ne des Ejpss- mift aux Pannoniens: côme éncor de noftre-téps en vent les Ture 
gl x, Stra- droit des Chreftiés qui vitét fous leur.obefffance. ] Or qu'ils fuffenf 
03 3, nets, & proprés en leur boire & manger,fieft-cequ'ilsauoyent vne el 
ge couftume de faire, &laquelleeftoit pleine de toute vilennie, & fils 
c'eft qu'ils (e lauoyent tout le corps d’vrine , & {en frottoyent les den 
L'euefque de, ayans opinion que cela feruoit , & prouffitoit grandement pour la 
Gironde li: & difpofitiôn des membres.[fls couchoyent à terre, a l'imitatiô dèsc 
de l'hif. m- ldisimmisauffi c’eftoient les Celtiberiés, lefquels auoyent pris fource( 
Page chaudes me dit eft) des Celtes. Aucuns dient (felon que tefmoigné Strabon,)< 
Gabates, les Galliciens n'auoyent aucune cognorffance de Dieu : & cft affez v 
| _ femblable ven que l'Euefque de Girôde en l’hiftoire d'Efpaigne ditd 
les Bifeains fe renans !elong des montaignes de Gallice quoy quefoy 
BifCains + eflimez chreftiés,ff n'ont ils aucun dieu certain, & n'adorét diuinité dl 
Peig fans ce. que, feulemét côfeffent de bouche qu'ils font chrefliés. Etne fouffs 
gnoiffance de prefire aucû demeuré entr'eux fans auoirvne garfe,& côcubine, d'au 
Dies. ; ilsdifét qu'ils eftimpofible,qu'vn hôme f'abftiéne de féms, & lac 
e eftät telle file preftre n'éauoit.il Factaqueroit à l'efboufe de (on voi 
Aioutte qu'il n'eft permis à Eucfque quelque ce loit d'étrer en leurte 
Notez,une  &cditque l'an de grace 1477.1e Roy de Caftille y eftant pañfé , & me 
biff.cfrange, en fa compaignie l'Enéfque de Pampelune, il Fat côtraine le réuoÿer,( 
Folle Phei. tant que ce peuple difoit que cela ettoit contre leurs anciés priuileges 
tion des Celri. 'Euelque party ils amafferent la terre , & poufligre fur laquelle là 
beriens. mé eh leur pays, & la brufleréc, & puis gerter les cenûres en lan 
| Comme chafe mauditte & abominable . Les Celtiberiens'adoroy ent ia 
Eflaig.aymés Va dieu , duquel Straban fe dit ignorer le nom, & lequel ils feitoioÿé 
miesxmos Lune cftant en fa plenitude & rondeur, & ce ‘de nuit chantans & dang 
rir que féruir deuät les portes de leurs mailons, & ÿ pallans la nuit en Céft éceruelle 
& folie. Etfütiadis ce pelple ffialoux de fa libérré, qu'à limitation 
Potfen porté Gaulois & Thraciens, les mets tuoyent pluftofl'ieursenfans, & lesfit 
par les Bjpai, 1éüfs petits fferes que fouffüir qu'ils tombatfent'entreles mains des « 
€ pourghoy, mis pour eftré menez en fcruitude . C'eftipourquoyÿilz portoyentt 
| iéürs du poifon prelt fur eux, affin qué filzfevoiaÿ Er preffez ilz ne 
28 fée d'ên prendre pour: fe fairg mourir} voire fe conficroÿenr il 
Conffume des mort pourles amÿs, & fbatfroÿenr d'effroinimaféé entfagrifice : à 
sféuns, ‘"‘Aés Bifcains on agoit de çoltuimeque céf'eflüi pas Fafedime qui 


ddotau m 
peshlles ef 
fade ne rie 
Keration de : 
Wuéaux mont 
junes de Gre 
froyaumes « 
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Contésau(ib 
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Keaux mont 
Kains,amnfi 
eft tombé 
Kions de l'vni 
l'Efpaigne 
ls Thracien: 
pins n'en féire 
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hidalajarp «ri 


T'urie, 

Et dei 

hile l'es Care 
Prouencéf 
he. Les Cart 
Hieron fcigne 
rmainl'eftend 
de, à prefent 
rt de fon fois 
dfcirent fcione 
juis de Cefär; 
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onftre,que iam 
obrit leurs 1 
e)ils en: 6nta 
notr én'fera ir 
RS;que pour 


HSE LIVRE ROLISILSME 
ABagrl 1 çommeels ayans planté Fimige de la Crrix,8 la cognoiffance des, M 


eCel Ty 
ans Ex (Ur, gite pacmyilespeuplesqui.diuojent fns.cognoiftre autre cds, finca Les M" 
FSU Ds en els 4 gr ers d'une naturc,Gcbrupalé vie. 7... Harg n 
(11 7 Pu yé faë fiat cs ts SOU NT d 
NON Lot ass 2300 Tr NT flisis dL) cu] sf sb ue So nr à a 
bou A y Eve) no | De Lftanit Gr anciennes mœurs des Lufraniens, en ss 
! nr atrtloh AN s Chapitre (45: 0 v ATU cs 


itoient ils La 
if CD tirer x 


"1 tte ! 


à « RU , {o) 1 > Lo domnelit eol ali 29 M 
Deferiptio de. . , Nifitanie ef vnépartie d'Efpaigne la p'us 


A 2 


Portigah.…. ne er gnée.&.à l'efcar detoutelaresion; laque] 
ASTRE 2 à < :preféntennéme Porpugali Cefte-cy rep Frog 
chap. ST all. | ‘ ÉD: de pays Berique,à fçauoir IR oyaume de nue 
ad Europe: ] d À ?. nade au midy,au couchant, & feptentrié, \ codifoite 
RTC SN * eft arroufée des flots de l'Ocean, & au Leu D dax 
Plin. liu.s. 1415 7. luy gift la prouince Tarraconnoife , qui cy \dieileà 1 
Nat-hift LR, 50 Ÿ =? À À. tient Aragon, Valence, Nauarre, & vne pie fiofere fe 
mjquedeGi- | 4 Mescmerrcm OL L de Caftilie:& futainfi appellée(felon l’opii Fe dur 
ronde lin.x.. SEE = : de Pline)de Lufe fils de Liber pere, & del eipersk 


dant pendre f 
roient en:t4 
iplus leur e 4 


fe celebrât les folles feftes Bacchanales en fà côpaignie. Or font les Lu 
niensles plus forts &robuftes d’entre tous les Efpaignols, cauteleuxe 

-recerches & defcouuertes de pays efträges,diflimulateurs & dreffeursd 

"1 bufches,allegres, &difpofts,legers à la courfe,& qui changent fouuéti 
Ærmes,@*_ treprifes. Iadisils vfoient deboucliers de deux pieds de Jarge, les bord 
vaillance. des delquele {e courboient parle dedans, & par ainkilz n'auoientaffaire,n 
Lufitanens : de couroyes, ny de poignées en iceux pour les tenir: & fen aidoyente 


sads.Strabo. guerre de telle adreffe & dexterité,qu’ilz fe couuroiét d'eux, & paräta arr 


, « à itcecy à l'imi 
+ 3.duquel teur: Coups, & fe gardant d'etre ferus defaiettes: & leur glaiue, ou poign ras 
ce chap. ff: ‘leur pédoit au cofté Plufieurs d’entr'eux vfoient de certains garde à pue per 


prquepri.. 8& commMeanimes faites de lin,car peu en y auoit,qui eulfent des corfel 
de fer,ou erain ou qui portaffent des Morions creftez : bien cft vray q Küonen 

quelques vnsauoient des abillemens de tefe faits en forme de bourg, à. ï F f 

gnotte neruez par le dedans, pour parer & füuporter les cowps. Ils Jançoi " z per MS 

Joing & induftrieufement leurs dards & iauelots,fouftenans longueme art 

le choc & trauail d’vne bataille,ayans les corps a dextres & legers, & air 

… promptsà fuyrla fureur de l’ennemy,&à le pourfüuiure lors qu’ils auoi 

Car com. y meilleur:auffi Cefar dit des Lufitaniens,qu'ils ne trouuoient point qu 

ment. lin.L. ]; fuite en la guerre fut a acompter à honte & poltronerie:les gens de pis 

: portoient des brodequins chacun ayant plufieurs dards à la main, po 

Jancer & darder contre fon ennemy: les autres faidoient de piques &I 

uelines;ayants le bout & pointe d'erain en lieu de fer. 

- Ontient-que ceux qui fe tenoient le long du fleuue Durie {à prefer 

Luftaniens Juero) viuoient à lamode & façon des Spartains, & fe portoient {el 

Sans aucune ‘les loix & reiglement de la cité de Lacedemone. | ; 

delicateffe. ‘Hz vfoient de quelques drogues & oignemens aromatiques & pot 

Lafitaniens.… fechauffer ilzauoient des pierres ardantes, & fe baignoient en la belleci édoiote 

adennez, à Clere & froide, fans fe foucier aucunement de bains chaulds,ou d’eftur A ha nt 

lAnaÿicine, Ls n'eftoient point fuperflus en viandes, contents d'vne forte (eue Bu nE 


pauds,quim 


ent en batail 

es abirans: 
comme be 
in fifoient d' 


HO ig! dufrme 
hnçoit les aut 


kedtau {oh d' 


ts de ne ms 
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Lé 


F D E: L'E VR O:P.E. 243 

hier répab lequel oftoit finiple;net, 8 fobre. Ilseofentfortadons 
hireltigion êc faifaiene de grands facrifices prenant uventrailu Di: /5r+ 
dschofesimmolées pour deuiner à deflus, (és inciferguero les corps ter de deuiner 
firtout prenoiécils garde aux arterés, 8 aux mouuements:des parties e leurs fol 
doriles, Lefquelles maniant is predifoieat les chafes à venir : Encore /&rifices. 
joient ils la cruâuté des Ep enter enimmolantiles hommes Monraignars 
entrer diuination du -de leurs:entrailles enwfais.qn, celte de Lwiranie 
j “à Al Ÿ 0 sh |! Liaofo roné gonrobrosslmiies4 M vibes fimple 
Lilscouuroyent de leurs veftemensie pañure :captif iquirdeudit eftre mens 1: 


l'E ,; 


lesar 


us ef 
quelle 


Tr Rcré puis luy donnoiétie coup deila mort virs le cobur & parties no- Ornemët des: 
e de CE, & felon la cheute de ce miferable le Deuin & foncier faifant ce facri: Zwffemiens 
(6, 5 oredifoitée qu'ils defiroient fçauoir (ur le fucéez de Jeursiaffaives, & des montai- 

U Leu ins dextres coupées aux captifsoccis,eftoiét la digne offeande aude gnes. 

QUO clleitsépaifdient leurs Dieux.Tous.cour qui fetenoyentauxmantai Dieux aderés 

LA ” ER SV RL pounbreuuagé;es Lufiranie, 
op dec dure pautgifke & chuobetteitonourritlhienr] eurchonelot 4 Go leurs [a=' 
x de Ge pendre par derriere à limitation des:femmes: :& allans enipuerce crpies. 

es Lu sient enéefte des Mitres;& hanits. chapeaux à la Perlicont Lachair Mars ra 
tend jus leur eftoiter.. Sage furéntles Boucz, lefquelz:ils iminalpieeau neen fige 

ne ai Mars, toutainif qu'ile Lay féfoyent auf facrifite d'hommes &-da Macreb. 


Apuxi& lequel Märs(ainfrquetiepe Macrobeils paignoyentayañc la Saruruul. bis 
kenuironnée de:rays;& Fépelloyent Necÿ,luy portans grédhonaeuk 1.ch. 19. 
reuerence: Hz celebraientaufli-des Hegatombes ; c'elt à dire facrificess Deces Heca- 
dechicuneefpece deschofesimmalées. il y enauoiticent pieces 8cex rombes 7 4 

k kcecy à l'imitation, & maniere de faire.des Grecz; &(commeidit Pins gwlx Dieux 
POIB EL ils immolb ent toutes chofes;Àcentaines: [ls auoient auf dreffé.ens chiens cele-. 
de COR 2 la Grecqüe, des lupres:-8& ieuxmilisaires, odiles combauians eftoiée brés,von He. 
cor Suds, qui monftrebinque 16 Goes auoient Gé léurswanité & fur fchie co si 
ray iiionen Etpaigoe Lénrsieux donsfefaifoiétenarmiesfftà la cour: rald Lilie li. 
bourg chenal à gerter ta bärre;à la courfn-comhat-en foule ou autremét, desans@- 

s lançoiS à; dreffoienttôut ainfiicsranes que fil Euft:fallu: combauie:à bon des maps 
BUT nt en bataille rengée.:… :2 : 2 neibisovine airs Bois x De la font ve 
PS) E 2e iabirans des monçaignes dé Luftaniewiuoiensla moitié. del'an dé nws les rour- 
SO comme beftésitequelayansifaitfeichenilasompoyent:mouloient, moi de nofre 
PORT QE, fiifoient du pain, lequel ilz laiffoient repofer quelquertemps auant remps. 

s de pie demanger:lounbramingéicfheitdait À ego A ME Royent Gland férmoit 
IN, PO rés, Rraualldien cefts-bdiffan tout aullitof-prelque. qu'ellecltoit depais aux. 
us EL haueeans énfmble Aemparenssen lieu d'huilede beurre leur fec- Zufiramiens. 

L& faoiéten rangeantiaponsdes-chaifestenans:laparop du logis 76e rene 
bén déngtcseplerSe quojuqueleurstables Fuffsurrpndesfiprenoient rérenere les 
fignéufmentgardéique echyrlèeuft-lelieule phasihonerable qui Lufran. 
hnçoit les autres en vicilleKe $ sytorité £nbanquesans iz dançoient Dances de 


es bord 
faire ,n 
joyente 
parätau 


à prefet 
ke flo 


he hebtau {oû d'ind: floue, ou uiormperte fallansmille geltes gaillards Zsframre, 
Fleidoigts,ainfique encorerilzabferuent,: 1 it 


ae Euh Proûince des Baferons quisfélbpointdela Lañtenie, les fem 


Ken dançagn létladent les mainsles vues da: à 1 Enfom 


un 


LA KREOTR/OUS LES M E 
iuvdeuoir;8c docabessdis 


. 


.  motonepetghesdinen lé dbéiqiohonié fe 
… Riche menbla uulopens Gxeuchansayansfouiemit des dlabes pour poli 4 


des 1ufrn- devaifelie desetcecutaisfiipiciesr Guulois:tes foniarssmrer 
enr: dlatapilbrieéanoed ramages&.fours/8r aymbntfotittéorr 
tH£n'auoient iatis aucun sfage de monnose;amedhhieu d'icelleits 
ET (osent d'efdhangeadaucanetmarchendifes poub fes: lingats d'or &-d' 
pr a se got ,qu'ilétlomnetit pourde.ptis delactrofiquileur eMoitnece (ff; 
wéiqr des 


dntp (ai 


Les-criminclz condemnez à mort cftoiét lapidez en Lufitanie: 8 


criminels so na ar pr 


Supphicedes sesañipenctonim chaffoirourrelles timives dès eweshignes, où deb 
Parriniit | flcudesSrktilt eftnientaffomimes à gandrmouphdepicrres, : : : | 
EURE UE Loire mariages ffaiwiont feton da Rgon &rtouftimedes Grecr. f 
fstg en wat aupibni aprésike porter teurs malades en lmplace pobir 
7-0 fm queætmequiauoÿenp d'autres fois fencx pareil mul,tèsacimonim 
+ 5 fout decelqu'étz aerdient/à irepourrecéuurer fové. Ce font les ne 


RENTE rés des vinresde ceux qui visenvéa montaignès UE fpaigne ducoiléi 
(GER STI DAQE Héro 4 


ropardele Nord, Seprentrions 11315205" john 
FT LT (SHadisies Lufitahiensentefté fuperitioux a péntilifine, ilzfen 
Zeledes Per- tronc prefent detemtphisardentz, 8cbien-afeionner À :enfemen 
ri #4": pirtourtéemondelafante Roy Catholique, louz Pobeiffiuee de éélle 
Ju TES Glifofinshée fürlapicheevino laquelhe Fchacbii M e che fes 
27 1 fitéeyechk quiapres faim Pierreonceengid fint&ähuiolabie ficge 
7! Rome Et dire laverité, commnelle Pomuigais ne gdeiroye aucun C 
… flion, ff Dicwluy donne l'heur à fouhair, Srprefque cor 
712127 &felonfabonneaffeétion à l'anancement du Royaume d rentre 
Meurs pre. e(trangers.iln'yafipuiffnrMonarque qui luy puiffe refifter. Ses ia 
fèntes des Do Beifagons de faire for féueres 8c n'ayants rien qui foit effeminé fà vie 
Mgar. - : nede trauaut/fübréau poffble;/modefte enhabitz; dhiche de parolle 
riche en effaits;fecrereh fon confeil‘& foudainà l'execution,ce quil! 
rites da Por dufiniiftre; & feigneurprefque detoute la grand ahér Occanc. 
| #ngais, Etfil'onveuraduiferlés vices/@ qu'on l'accufe d'auarice, & com 
® tife: encore n'ya rien fi extraordinaire en ceflenaæion quine puiffex 
… * éouuerthre puis queà grands frais, elle à coureprefque coute là rüd 
CUNR délatérre; a deftouuertceque jamais les anciens n'auoyent attair 
Rs Rs leur cos k Mfance.: © loc tt Ni si lugnn! autre DE 2h910! 
pes Loges à er : frs Macttémariques furehtoncilluftrées en ce qui touch 
L'ért du na: Aimérifions'ccleftés \ce n'eft rien au pris de ce que tes Pilotes de Port 
sigage ilu-' hotsen ont fait voir par experiénée, mariants la:vèuë à cequeles and 
 Jfré par les ” én auoïent imagiriétant feulement.:C'eft d'eux queles Pilotes fçauc 
portugais." perfe@iôn du nmiigoge, l'vfâge dé 1a Bouffole;ls pratique du Nord! 
UE Crufiér/@li divifion des Rums dos vents chofes non'cognéuësau 
4 Aférie pére les his émperesidet foeles pafezi21 10 2200700 21000 
7 Telaiffe les pays c6quis y les fagôs dé vie d’Une anne. 
Commoditez iaïnais efcrites , ny cogneués'; le grand aport des marchandiles eltra 
amenés par d'efpicerie,drogues,or;argenti& pierrerie:car tout cela ne fercivrie 
les Portugais. eux , 8 Les Efpaignolz n'aubiént aturéa la foy Chréfiénntdes 14 


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vodeMetrap 


+ 


D _: TPE LEYNOPE: à |... sé 
Ex bnchiffans qui paroilfoient de prime face à ceux qui le :coftoy-. . 2 
rer ridant fa cofte: Les Troyens habiterent quelquefoisen.iccHe, Cofe fable 
Muz apres Ja ruïne de leur citéadmoneltez par l'oracle.de Pallas mô:,T roêne aucc 
rfur mer, & prindrét la route de celte Ifle en laquelleilzeurétguer Les profétiers: 
hontre les Geans qui fytenoicnt, & les vainquans les.en.chafferent, a-:de Merlin [ot 
bo plufieurs combatz contr'eux,& obtenu de fort belles victoires... Les fonges de 
fre m'eftonne que les hommes qui fe meflent d'efcrirefe laiffenrainf. ve Geoffroy 
kque de croire fans autre preuue le premier.qui fe mefle de parler.deidit Ærthus :. 
iquité à la volée: & qu'ilz ne fcilletenc les ancicis. & bons auteurs,7#: 4 fait l'hi 
fbien efplucher les matieres, ains que les aualler fans mafcher, & puis foire des roys 
brva grand degouft ne pouuans les digerer fainement,.nyles vomir de legrand 
bieurrelafche. Ie parle aïnfi à caufe qu'il n’y a nation laquelle on ne Zretaigne, 
ede tirer des flammes & cendres, long temps à péries de Troye;ainfi 
jntfait celte grand Bretaigne, & ancienne Albiô,côme ainfi foir qu'il, 
È auteur approuué quien face mention quelconque. Ie vous.ay al- 
ken la Gaule l'autorité de sede hôme Anglois,fidelle en fes narrati- 
Et reputé comme chafcun fait.entre les plus excellés de fon aage: le 
Htoutesfois ne recognoit rié,ny de srute,ny des Troyéspal{ez.en l'I- : 
Bibion ; ainstefmoigne iaditte Ifle auoir prislenomde pretaigne des :,2 J: x 
kÿs armoriques de noftre Gaule.Ie me füis encoraydé de Cefarenfes L, 
jumeutaires, qui ditauoir entendu ces Infulairesauoir pris origine des Cofar "HR 
bles de Belgeallans en courfe, &f'eftäs pleuz en la falubrité de l’air de HAUTE 
y arrefterent pour y cultiuer lèsterres. Ces deux grans & excellés 
mes me fuffiroient n'eftoit le reproche qu’on pourroit donner à Ce- 
Hevouloir ofter cefte gloire aux Bretons Enfulaires d’eftre parens des. 
Mains, comméeltans fortis tous de mefme fouche, à fçauoir de larace 
Dardanides:& que Bede eftät Angiois, & ennemy du nô des Brutiés 
itcelé la verité de leur hifloire, ce que ia à Dieu ne plaife que hôme 
bon fens,eftime de ce faint,& entier perfonnage.Laiffant donc & Bede 
Cefar, il fault que ie m'aide de l'autorité de Gildas tref-ancien auteur, 
M ces anciés Bretons Albioniftes,homme faint,rüd en parolle, & amy , 
outre de la verité : Ceftui-cy en va liuret qu'il a fait de la ruïne Bri- 
ue faite par les Pictes, Efcoffois, &.Anglo-Saxôs, parle en cefte forte 
PO tu 1fle. Cefte cy d'vn frôt efleué, & efprit fuperbe ER reuoltée dés le Gildas sin .de 
/ “nencemét qu’elle fut habitée, & contre Dieu, & contre les feign. fes le ruine de 
.  Atoyés, & contre les Roys d'outre-mer(par lefquelzil entéd les Ro- Bretasg. 
Ile puis l'apelle Bretaigne fertile en T'yrans . Voyez qu'il la ditauoir 
6: Mhbitée dés le comécemér, fäs 4ilaye en memoire cc{äg Troyé qu'il 
 ""{ttpoint mis en ovbly fi la chofe euft efté receuë, & veritable. Etm'e- 
Len 1 l'impudéce de ceux, q veulécaffeurer ce qui cft fs affeuräce veu 
DCR TR res anciés de la Bretaig.ne vaindrét iamais entre leurs mains, fi no? Le 
nb ce veritable, &feuere Bretô difit ainfi.le dira ce. à mô païs a fouf Livres bru= 
de:he- 6 d l'eftédra ma puiffice n6 aidé des hiftoires du pas & memoires fl? par les 
PRO par Les hômes doétes,lefqls Fil y en eut onc,où ils ont eftébruflez Barbares en. 
LS irige des ennemys,ou tréfportez en terres cftrâges par ceux qui par la grand Bre. 


Ed 


Een Donc fuys pour fe fauuer de tel orage: mais m éieray du rapport raggne. 


guerre Gall... 


LS © Ru Hoi ras nées at 
BUT Lyme , 
2," 


LÀ LIVRE TROÏISIESME 
Aifferié fai que m'en ontftitcoux d'outre-mer, iaçoit quelerecit ayant lesinters 
dans des f#- tions frequentes pe paut eftre fans cbfeurcil Lai ent + & faulte delumie 
bles des Re+ Voyez qu'il doubte fi iamais it y euft hiftoire de leur:paysefcrite, & çq 
m4às, feffe franchement de:l'ignorer: là où ces châte-fables en‘baftiffent à foif 


&c-inuentent dos noms {üyuantleslicentieufes ftiôs des poëtes. Et pd 


mieux monftrer l'impudonte vanicé de ces faux hiftoriens;ils fonc lesÿ 

tons infülaires inuincibles, Îos romains tournans 1: dos d'tous propos 

fuyans a vau deroute:cômeainti foit que Gildas parlant rondement (+ 

” tebien tout au contraire, &-voicy cômeil en parle:Eftant raporté an, 

7 7," natRomain cômelesinfulaires Bretons feftoyét reuoltez;mitvrapa 

+. Brétens Mfér degucrre fürmer , afin de fe venger en toute diligence de cesR era 

48 Lasres cauvel. fins & cautèleux, mais à leur arriuée, ils ne veirét ny armée nauale pour 

luxe cou- côbatre,ny at: cunefcadron fur 185 haures pour leur empefcher la def 

mdr ains en lieu de boucliers ils D ledoz desfuyardz, & le coli 

vaincus preft à receuoirauer tréblement le coup mortel, & iefquetste 

doyét les mains afin qu'6 les liaft ve côduire en feruitude: Def 

que celte leur vilté & fai-neirife feruift de Prouerbeaux natiôs & loir 

nes, & voifines, qui eflois tel, les Bretons ne font ny vaillans en guerre 
loyaux én téps de Paix: Ce font iufqu'icy les mors de cildas G i'ayr 

ly de {6 propreœuure-dedeux qu'il en a fait;l'vn defquelz:eft celuy: 

rüine sretône; & l'autre portdtcetiltre: Aigre reproche & reprehéfiä 

Gildas le faige,côtre les Ecclefiaftiques de fon temps, lequel viuoitf 

grace 580. Duglauiliaumedu Neuf-bourg gétilhôme anglois , qui ef 


Prouerbe en 

È A L] 
Moquerie des 
anciens Bre- 
sens. 


Liure de ail Préface de fon hiftoire: Cefte preuue de fon integrité n'eft pas de per 
ds mely. côfequence,que.pour ne faillir à dire:la verité il nepardône point a 
Guillaume Ses de ceux de fa natiô; & parlät legeremét des vert*desfiës, il fe plait 
ds Neuf- efciét de leurs faultes & forfaits,n'ayät poinc hâte de dire & fes côcito 
bourg fs NC valoyent rié à la guerre, & fine pouuoyët viureien paix: Puis fe moi 
= anche. de fesbaltiffeurs de cheuclerieinuinicible en la gréd Bretäig.des Art 
C4 tout côquerät, & des propheties du forcier Merlin, & autres tellesre 
ries,qu'il fault mettre au ranc de perféforeft, Lancelot, Amadis, &au 
telles narrations indignes d'eftre mifes au tittre de l’hiftoire . Et file 


Nul ainfique iamaisles Troyens euffent donné attainte en cefteifle , {6r 


fait,mention 

que les. Tro-. 

Jens ayent e- 
w 


vie d'agr 
Ale ey- 


ne AÆnglet 


re ditte cô 
Ænglet du 


ne angle; & fe partiffans les champs, & terres du pays conquis;afinqu 
jamais la Hnéinoité duraft de ceftéleur conquefte &:vi@oireilz nom 
rent Me angleterre du nôm déle Dime-qui eRoitleut Dame ss 

n tél 


MONA Ce, : 


enuiré l'ä de noître fälut 119$. porte ce tefmoinage dés le cômécemë 


totrion, & à la. 


| 

telle, iaçoit 
ins, éc Ang 
1 [Encore f 
aduéteur, rm’ 
sque ie vOy, 
wefemme au 
lsAnglois de 
frelAuglet 
jeGermain n 
f n£ freres ;: 
mepour. en cl 
Ces Anglois ay 
ylité du païs.f 
preot à matin 
DUrS » Icy {e f 
pinquans & d' 
bnmes, par m 
araculeufe de 
ued'Auxerre 
Voyez fi Angle 
ecefte femme. 
ps,c'eft Alber: 
Grammairien, 6 
kquelz le Ro 
re, & furent 
cor les Roys, 
ny de Roys 
er qui doona. 
lil voulutque 
ntz en ce lie 
mé pource til.’ 
jion dy temps: 
nommé Ang] 
jus de celle Pr 
&J'ayansçon 
quant à; la veri 


2900: pAS, aÿa 
bifant d'vnen 
hige, ayansle 
(sl ils, &c de tor 
momme |c: gta 
itdequel:pays 
mmez Angloi 
Martin &cidmir 
ds& deflors il 


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à CLNODE LEMROPES : 1 245 
Hulfe , iaçoit que plufieurs eftiment qu’elle ayt efté ainfi ditte comme le 


ons, & Angle de noftre rond, &‘Hemifphere. 


(Encore fault-il queie m'arrelte fur ce vaffage, & laiffant la loy de 
nducteur,m'amuferà noter les faultes qui I raiennene pie auteur, à 
gque ie voy,ou refue,ou fuyt lesrelueurs, d'autant qu’il ne fe 1yft point 
wefemme aucune aytefté chef de l’entreprifé dela conquefte faite par 
lsAnglois de l'Ifle Bretonne: laquelle ne priftiamais le nom , ny pour 
tel Auglet du monde,ny de celle Royne Angle fupofée, ains dupeu- & 
beGermain nommé Anglo-Saxon, qui fouz la conduite de Hengifte, & Césfreres vin 
Hate freres ; vint àla folicitation du Roy Vortigere en la grand Bretai- drent en le 
mepour.en chaffer les Pictes, & Efcoffoys qui rauageoient toute l'Ifle. & rand Br ete 
Les Anglois ayans vaincu les Piétes,en lieu de fe retirer,allichez de la fer ge » l'an de 
jité du païs,fy arrefterent, & faifans venir plus grandes forces,commen $'#€. 449. 
kreot à maftiner & afluiettir ceux mefme qui les auoient appelleza fe- 
rs. Lcy fe feirent de grandes batailles, vne fois les naturelz du pays 
pinquans & d'autre éftans vaincuz,comme bien defcriuét les deux faintz 
pommes, par moy alleguez, Gildas, & Bede, lequel racomptela victoire k 
araculeufe des Bretons,ayants en leur compaignée fainét Germain Euef S: Germain 
yed'Auxerre, & faint Loup digne Prelat de Troye en Champaigne. ©" Lewp, en 
Voyez fi Angle.conduifit les Saxons en Bretaigne,& fi l’Ifle préd lenom gr4#d Bre- 
celte femme:oyons encor pärler vnauteur Germain, fur ce mefm3pro f#g.côfre les - 
psc'eft Albert Krantz en l'hiftoire de Dannemarch, fattaquant à Saxon PelafGiens. 
anmairien, & vie de ce langage. Dan, (comme dit Saxon) & Angul, 2ede 4.6, ch. 
kquelz. le Royaume de Dannémarch à pris origine;eurent Hüble pour 20+ 
me, & furent non feulement les chefz & fource de noftre nation, ains Albert Krat 
cor les RLoys, &Princes du peuple; fans que toutesfois ilz priffent fe til. #5f. danoyfe 
ny de Roys,ny:de Gouuerneurs, d'entreeux Angul qui eft le pre- #.1.6h.2. 
ker qui doona.le nofn la nation Angloife, fut fifoigneux de fagloire, S470 Gram., 
filvoulutque fa Prouince & heritage fut nommé Anglie de fon nom. 41. h:ff. da- 
intz en ce lieupenfe que Saxondie qu’Ang : aye nommé l'Angleter- 70%: 
k& pource ill'araifonne, & monftre la faulte que ce leroit en la fuppu- 2 #*/6#t for 
jion du temps:bien luy,confeffe.que le cofté de Dannemarch dit Lutie, *# ls .4#- 
nommé Aogle, comme encor.il en portelenom, & que les Angioys 8/5. 
pus de celle Prauince (& iaigüans aux Sakons, coururént l’Ifle Breton- 
&l'ayans çonquife à longues années [a nommerent.Angletérre:& voi- 
quant à, la verité du nom d'icelle.] Cefte Ifle eft oppofée vers le Sep- Cirowit d'an* 
karion, & à la France, 8 à l'Efpaigne, & contient de circuit enuiron, gleterre. : : 
00 pas, ayant fon:plus longiour de dixfeptheures, & durant l'EftÉ . Ænglois 
jiflant d'vnenuitfort clere échimineufe. Les Angloys font beaux de leuvx.de oi- 
hige , ayansles‘veux azurez, ,& la proportion: du corps & liiéame:; fage, @ bien 
buils, & de fortbelletäilley&c hante fauire., & tels que fainét Gregoire fasifsde corps 
nomme le géaridi pe àRome quelques enfans Anglois, & fenque- Santé Gre- 
itdequelpays ils eftaient ; diét::& vetirableméatdà:hon:droict font ils gosre appelle: 
mmez Anglois, carils ont:lafade Aûgeliqué, &parainfiil leur fault les, £ugloi 
partin &ädminiftrerlavian.tequi les conduifeau chemin dela vieieter _ Ænge!zques) 
Le, 8 deflors ÿ yenuays-Auguftinmoyne de fain& ar plu+ Bede li.2,c.1. 
qq 


° LIVRE TROÏSIESME 
AÆAngafiin : fieurs'autres;affin de prefcher la parolle de Dieu, & conuertir ce peuple 
moyne enmeyé idolatre à la foy de noftrefeïgneur , & à la cognoiffance de fon fain@ £: 
en AÆAngl. 
Bedelin.x. 
chap. 23. 
Polydere pir- éltrangers, là où la nobleffe eft courtoife & affible , & quiinuite debon 


bonsarchers:leurs femitnés font tresblanches , & d'vne grande & infigne 


… gril: 4.hifl. nairement les faruenans,les menant à la tauerne pour banqueter, d'autant 


Ang. : 
Mars aes 
Angloss à 
prefent 
Polyd.Pirg. 
bio. 


que ce n’eft point vilain en cé pays là, voire nÿ deffendu d'y conduirele 
femmes, pourueu que ce fit fans aucune vilennie ny defbauche, Ce'peu 


l'ennemy deuant foÿy, & ne galte guere iamaisles terres,n’y donnele de 
gaft aux champs, ains fatrend à la feule ruïne des horames, fattendant à 
joufifance des terres apres la deffaite de fon aduerfaire . Et d’autantq 
Ængl. pa que leur pays eff fcrtil,& fur tout en pafturage, il ya plus de pafteurs qu 
© fleurs. de laboureurs,de forte que la plus grind” & méilleure partie de tour 
Abondance baïseft employépour les troupeaux, & pour la fauuagine, tellemen 
de fete qu'onne voit que dr tous clos de muraille, pour le paffetemps de | 
en Ængle-  nobleffs adonnée fur ‘out autreà la venerie, & laquelle ne fe tient poin 
terre, és villes, ains fuyuant la couftume ancienne, leurs maifons & chafteau 
font aux champs prés des riuieres & forefts,tant pour le plaifir de la chaf 
. fe, que pour euiter la fureur des vents aufquels cefte ifle ef fort fuietra 
. ! Céfte prouince eft la premiere(fi l'on croiftla legende chantée en Angle 
Gilles la c6- terre de Iofeph d’Arimathie,& la conquefte du fang graal des: cheualie 
{eff des pre- de la table ronde) d’entre toutes les regions Occidentales qui a rec! 


miers fans pieté & perfuafion du Chritianifme: abondante eniaines, bons draps! 
parler de Le- fins, & beftail de toutes fortes. En toute cefteifle ne fe trouue pas: 
féphd' Ari toup,& qui eft le pl us à grand merueille, y en menant vn, il n’y fçaurc 


miathie. viure, qui eft caufe que les troupeaux y paiffent, & fans crainte, & fans 
| _ uoirbefoingny de chien ny de gouuerneur, fi ce n'eft pour le danger de 
Hrrons.L’Angleterre eft encor riche,& abondante en metaux, ayantc 
Nulleupen Y'or,argent,plomb, & pp & des perles:& la pierre Gagate, | 
Ængleterre. quelle brufle en l’eau, & ne f'eftiant que auec l'huile.Laterre Angloifen 
produit point de vin,quoy qu’ellenourriffe quelques vignes , qui bour 
eonnent,flouriffent, & menftreut leur fruit lequel ne peut paruen 
Metaux qui à fa maturité: mais pour ce default ils aident de la ceruoile, & le 
fetreunenten vins eftrangers qui feruent à leur efchauffer lesteftes, & fur tout les vi 
Ængleterre, Gafcons que tous les ans ils vont.charger à Bordeaux & lieux circonuo 
Duifén des fins,ainfi que fouuent j'ay veu, & en chargent grand nombre de nauira 
Ængl… Il yaforce villes & villages, mais peu de forterelfes en Angleterre, en 
:  lefquelles Londres eft la principale,chef du pays, fiege des Rois & vnde 
© Zmmdres ville plus ieaux aports & mapafins des marchans qui foienten Europe: &rel 
capitale d'an les font les mœurs des Anglois de noftretemps ; 1à où de l'aage deC 
gleterre.… les anciens Sretons y viuoient d'vneautre forte: D'autant que lors ct 
Cefar Com. . ftoir chofe deffendue & .deteftable, de manger ny goufter d’vn lieu 
bus. poule;ouoye,bien eft vray qu'ils en nourrifoient pour leur plaifir & pal 
| fecemps. Ceux qui fetenoienr bien ausnt en terre ferme, viuoient de k 
2 { } à 


uangile.Les Angloys né feffroyent iamais de pœur:en guerre, & {ont tre 


beauté. Le peuple ÿ éft Fort'inciuil & malplaifant, & qui n'ayme point les 


ple eft impatient er guërre ne pouuant attendre,ains/combai dés que voi 


#chair fans a 
pouerture.I 
wcouleur a 
jentables 
sencertai 
x: Les hom 
fus des Jeu 
fui femme fl 
fimble com 
bcemeflange 
jinteu la p 
Wrges. Strab 
ure que Îles 
04 ileft d'o 1 
pour en po 
ique leurs 
blopettes & 
hbofcages,e 
pince toi, & 
Vplus fuiet à Le 
Fquelquefois 
drayon de la 


Alien dit de c 


h; c'eit à dire 
bitent en l'iflc 
tzbranflans, 
derrecontre |! 
pour le plus « 
Mans leurs log 

ir la journée, 
rt efloigné d 
nt & contens 
riches. L'ifle 
Buntenoient ( 
dore. On tie: 
r, & femblab 
ie Jeu qu'eux 
leur enfans to: 
les efquelies 
dre propice le 


uplei 
NE 
t tref 
figné 
nt leg 
ebon 
autan 
ire le 
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“le de 
ant à 
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Ilemeni 
ps de 1 
nt poin 
nafteau 
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t fuiette 
n Angle 
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draps 
© pas \ 
Ras 
& fans 
nger dé 
ayant 
pate \ 
loifen 
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paruen 
» & le 
tles vis 
conuo 
nauire 
re, en 
&e vn de 


s &tel 


dec 
lors ce 
lieu 
r & pal 
t del 


DE L'EVROPE. EN 246 
pair fans aucun vfage de pain, & les peaux des beftes leur feruoient de Gsedeu/e em 
muerture. Ils fe taignoient & coulouroient la face de Guede, qui faifoit tin à 
couleur azuréetirant fur le noir’, affin de paroiftre plus furieux & ef ?linel. 22. 
Muesables en guerre, & pourtoient longue la cheuelure. Etleurs fem- chape. 
psencertaines feftes aufli fen paignoient comme chofe de grand paru- 
pi Les hommes fe rafans tout le poil du corps excepté dela tefte & au 
bfius des Jeures.Leurs mariages eftoient fort eftranges, d'autant qu'une S##4ges m4 
ble femme fufhloit à dix hommes,ou d’auantage, &les freres les auoient riages des an- 
fimble communes, & les peres auec leurs enfans: & ceux qui naiffoient © iens habitäs 
bcemeflange eftoient reputez les enfans de ceux 1à feulement, quia- 4 le grand :. 
jinteu la premiere pointe en depucelant leurs efpoufes eftans encor Zrefarg. 
pges. Strabon tient que lesinfulaires Bretons eftoient de plus grand” S’ rabon. 4. 

ure que les Gaulois, mais qui portoient les cheueux plus courts, en Zoges des an- 
byileft d'opinion diuerfe à Cefär, qui auoit paffé plufieurs-fois en l'i- s#ens Bretons. 

pour en pouuoir rendre affeuré tefmoignage . Dit aufli le mefme Stra- Æ%1f en v- 

ique leurs villes & retraites furent les boïs, dans lefquels ils dreffoient Joint sad. 
blogettes & cabannes ruftiques ; entourées de l’efpeffeur inacceflible ©” les Belges. 
kbofcages,efquelles maifons , & maiftres & beftail feretiroient fous.vn ©” e1cer6 4 
piuc toit, & couchoient les vns aupres des autres. Et eft l'air en ce pays preféne les 
jolus fuiet à la pluye,qu'aux neiges : fi que y ebfcurciffant le Ciel , on y M4/owit. 
fquelquefois plus dequatreheures furle midy mefme fans y voir vn C 1el pit 
kirayon de la clarté du foleil. [Noublirons en oultre ce que Diodore € Angle. 


Alien dit de celte ifle en fesantiquitez:On tient(dit il)que les Aborigi- ferré. 


h, c'eit à dire hommes néz & naturels d'icelle déz le commencement Diodere Sicbe 
bitent en l'ifle de la grand Bretaigne, lefquels en guerre vfent de cha- lien lin. 6. 
tubranflans, ainfi qu'on dit qu'en vfbient iadis les anciens 'Greczàla 6h.8. 
berrecontre les Troyens . Leurs maifons eftoient de boys, & couuer- Dec C: haries 
hour Le plus de rofeaux, & cannes marines, mettans le froument en ger- parle auf 

Hans leurs loges lefquelz ilz batoient, felon qu'ils en auoient à faire Cefären fs 
irlaiournée. Ce peuple eftoit fimple, &rude, & entieren fesmœurs Comenf.fes 
fortefloigné des rufes fubtilitez & finefles des Grecz, viuans fimple- S ebricté des 

hit & contens d'une viande fans appareil aucun qui reffentift les delices anciens Bre- 
riches. L'ifle eftant fort peuplée & où il y auoit plufieurs roiteletz qui fo"s nfhlai- 
mintenoient en paix & fans difcorde quelconque énfemble.Iufqu'icy res... : 
dore.On tient qu'ilz auaient mefmes dieux, & pareille façon de facri- Gregosre Gt, 
r, & femblable difcipline des Druides que Les Gauloys: neantmoins rald hiffoire 

je Jeu qu'eux voulans apaifer leurs Dieux conduyfoient les femmes des Duux 
Heurenfans toutes nuës, & peintes du iuft du Guedeaux temples des Sinf4gmes 

les lefquelles fcrifioieñt vn homme eftranger', pour auec [on fang fe 

Repropicele Dieu qu'ilzeftimoient leur eftre moins fauorables 


Qga il 


Meurs des 


Eftofis. 


D'on vient le 
nom des E/[- 
coffèss ditz, 
Piéles,  Ca- 
Ddonneen la 
grand Bretai 
gne ff à pre- 

Jen Efaf. 
Piles e7: 

\ Æ/coffois font 
cour(es en 
l'ile. 

D'ou vint 
que les Piétes 
© Eftofois 


Je ruerent fur P 


da grand Bre. 
f 41Q: 1e 
Bedelin.x, 
chap. 12. 
Cécy aduint 
dutemps de 


Honorie l'an 


Li. 4. en la 
vie d'Hono- 
rie, 
Bede lin.1. 

* chap.x6, 


LIVRETROI STESME 
D'ftription d'Éféofe eo mœurs du peuplé Efoffois: ‘Chap, 47. 


E pays d'Efcolfe eft laplas haulte partie di 


pars decefte grand Ifle, féparé vers le Nord 


y & Septentriôn d'vn fleuue,du refte delarel 

N ‘ligion Britannique, & n6 gere cfloigné d'H 

MU? bernie que le vulgaire appelle Irlande . Ca 
Æ* Infüulaires n'ont aucune pecuheré fäçon d'h 

* bitz, non plus que dé reiglement en leur vi 


femblables neantmoïns'en port; & conter 


JA] ce, & vfans de pareil lägige:foudains en Jeu 


a&ions, farouches & vindicatifs puiffans ro 


Mitsen Ja { 
te, Eftant 
iles defq 
lle paig 
martihciell 
pque la che 
Rque ces pe 
peuples CI 
21 gnes Î 
| Tufas 
Les bars 
Que le 
Etmes) 
Et que fl 
Por ve 


Les Pictes f 
jamais cOpt 
hietenans e 
&cogneuf 
mpaignée ilz 
wde l'allier-a 
lerefus leur 
fadreffent a 
fleur Roy 
keroit l'herit 
sprefque to 
Hz viuent for 
ptque du poi 
li morfond 
pye prefque 
kpierre en l: 
lbondance 
Tous les Efc 
mien, ce qui 
ilz furent pa 

.]Ce peuple 


ttout le refte 
ntsdu nom, 


nterd’eftre 


moyen adon 
sAnglois & i 


que efcrit q 
ps qu'il face, 
aoir obferué 


idonnoiét l'a 


+7: 
partie di 
le Nord 
 delarel 
igné d'H 
ndé . Ce 
çon d'ha 
n leurvi 
cOntena 
ns en leu 
iffans 0 
», &del 
jenfaitz d 
honnefs 
.Pain&r 
rques, 
EE affesd 
nciens h 
a leurs e 
e bon hé 
fe porte 
ettent ef 
les Piû 
f'entrefs 
aux natl 
à fecou 
Y me ( 
ce, &En 
rans,&l 
2 Viurp 
taigned 
ruans po 
obufteil 
e, ellef 
t'ague 
t deux 
coffois v 
bnner to 
ple, & 
rionale( 
s enuoÿ 
is apres 
lande, ( 
's pluslo 
ojente 


moyen adonnez à menfonge, & ne fuyuent point la paix côme le réfté 
sAnglois & infulaires de celle grand” & fuperbe ifle. Pie 2. fouueraint 


| UÆ£E L'EVROME®: : 247 

hitsen la fuy de noftre feigneur,& lauez du fain@ fauementde grace 

de, Eftant ce peuple Scythique aucuns ont penfé qu'ilz foientiés A: 

pes defquels eft ‘fait mention en Herodote à cœoufe qu'on dit que Æerodore 4. 
fe paignoient ainfi qu'on dit que faifoyent les Piétes ayant les che Plinelï.4. 
warificiellementazurez, cequeiene veux ny affcurer ny regetter chap, 12, 
pique la chofe à fi grand verifimilitude, & qu'il apperrque Cal de Scy 
gqucces peuples partirent pour enuahirles Ifles feprentrionales. De M 
peuples Claudian parle en cefte maniere en la perfonne de la grand Clandian p à 
page: DS Onegyrique à 


Tu fais que plus ne crains de frayeur fremiffanr, LL PAT: TD AY 7 PNR 
Les harnoës furieux de l'Efcoffois paiffant: 

Que le Piéfeguerrier ne frpalle mu face d, 

Etmes membres trembler,que mon [ang plus ne glace: 

Et que plus se ne fuis pres lesbordax, de Démer ": :- 

Pour veoir file Saxon te verraÿ arriner. "11 


ILes Piétes furent les premiers quiarrefterent leurs pas en la Calidonie :1,: 
pamais cognieuë,ny fnrmontée par les Romiins;les Efcoffois ce pen- REACH 
pictenans en l'ifle d'Irlande : mais comme les Piétés fuffent fans fem- 777". 
&cogneuflent que fi long temps ilz demouroient deftituez detélle (FRE 
mignée ilz eftoient taillez de véoir la fin dé leur nom'& race;tafthe- 
pde l'allier-auec les Bretons lefquela refuferent cefte alliance mais à la! 
lerefus leur fut cherement vendu,ceux cÿy fe vengeans de telle iniure. 
ladreffentaux Efcoffois , qui leuraccorderent fouz telle condition, aline & 
kileur Roy venoità mourir fans hoit là fille plus proche du fang em-", ifles Efe : 
feroit dde & la couronne. Les Efcoffois font de grande ftature, fois 14 
sprefque toufiours, & aufquels l’efprit ne default point, qui eft caufe: De Lu 
Hz viuent fort longuement, iaçoit que la plus part du témps ilz ne man- 1: : 
tque du poiffon , d'autant que le païs eft fi expofé à froidure , & leur ur 
klimorfondue,qu'à grand peine les grains y péuuent croiftre,& qu'ô }, Eu à 
pye prefque vn feul arbre, & par ain fi font contraints faire feu de cer-  *" *” ” 
wpierre en laquelle le pays abonde,naturé ayant pourueu à cé default 

fbondance d’vne autre chofe quile recompence. | LCA PRE f 


Polydo. Dix. | 
liu.2, bift, 
Ænglife. 


Tous les Efcoffois fetenäs aux Ifles voifines parlét l’anéié langage Hi: af. 
mien,ce qui môftre affe2 que leur origine eft dé l'ifle d'Hirléideapres 
il furent partis de leur ancien païs de Scythie,& voilaquätäleurort,;, 7, PR 
k,]Ce peuple eft enuieux de fon naturel, hautain & fuperbe, & mefpri, dr. 
tout le rete des hômes:ils font parade de leur nobléffe, &'en fontff ” 

ts du nom , que les pauures & de bas lieux font fi outrécuidez que de Efcofiis fe di 


inter d’eftre fortis du fang des grands, & de la race roÿale.Tis font Par ns tous gens 


‘tils hommes. 


que efcrit que les iours d'hier en quelg faifon que ce foit, du âlque 
ps qu'il face,ne durét guere plus hault que detrois heures. Encor dict 
air obferué comme chofe quiluy dônoit eftônemét, c’eft que ceux 
idonnoiét l'aumofnie aux éaymäs & gueux fe tenans aux portes: des E- 


Q ga il 


LIVRE TROISIESME 
pape Pieen pliles pour demander pour Dieu , c'eftoit des picrresqu'il leur Rifoy 
fa Gtographie \argelfe aueciefquellesilz peuffent fefchauffer, veu que comme j'ay d 
Aumofes - ce payseft defhué d'arbres, mais en lieu il à de ces pierres , lefque] 
quelles en 2f° ou font fülphurées , ou d'vne matiere grafle & huileufe. Di& en 
ce ledit Pape Pie; qu'ilauoit cerché par toute celle ifle ceft arbre qu'on 
«Ærbre mer- auoit faitentendrefi merueilleux que les feuilles d'iceluy cheans d 
meilleuss fleuue qui luy eft voifin;aufli toft qu'eftoyent en l'eau eftoyent côuert 
mais ie penfé en oifeanx i mais ayant declairéà quelcun fon defir on luy fcit entend 
fabuleux. que cela aduenoiten l'vne des Orcades . ] Les Efcoffois font diuifez 
ciuilz, & fauuages les vns éftans plus gracieux que les autres, qui pref 
font beftiaux quoy que Chritiens, & fort vailläs en guerre, commecs 
Ssausages em quin'ontcrainte n'y apprehenfion quelcôque de la mort. Defquelzo 
Eféfe quelz çe queS. Hicrofimeen dit: Que diray-ie des autres nationsiveu quem 
fers Hiere. eftât en afez ieuneaage, & n6 prefque encor forty d’éfance;ie vey des 
li.a.cntre  coffoysen Gaule,qui eft vne naton demourät en la grand Bretaigne, 
Jownian.  mangeoyent la chair des hommes : &iaçoit qu'ils trouuent par les 
des troupeaux & haras pour FE rapaiftre , fi eft-ce qu'ilz font couftuni 
fées #n de fe prendre aux felfes des bergers & mamelles des femmes s lelquel 
tropephages. ils arrachient & coupent, & leur feruët de la viâde la plus delicieufe 
ad ils ayentà leur gouft & apctift. A quoy:accorde S.Iean Chrifoftome, 
chnfifeme fantqu'au parauanten la'grand Brétaigne on fouloit fe repaiftre & nf 
au fermes de fier de lachair humaine, mais à prefent (dit.il ) ils fe contétét & emp 
La Pentecdfle. fent leur ame d'abftinence] Ayant prefque defcrit les mœurs Efcoffol 
& voulant impofer filence à mon difcours, il m'eft rombéen main vn 
theur digne certes d'eftre leu, tant pour fa rondeur & integrité, quen 
le fçauoir qui eft en luy,& la naïueté de fon dire, à fçauoir Hector Bo 
excellent hiftorien & diligét recercheur des chofes aduenuës en fa na 
lequel parlant des mœurs des Efcofloÿs anciensayans receu la foy Chi 
Metter Bete fiienne, on parleen cefte maniere. Noz anceftres iadis embraffans te 
bifieire ff efpecede vertu encore careffoy ent ils fur tout la mere des autres qui 
Jofeenlapre atrempance fe monftrans fobres au dormir, manger, & boire, & viuis 
face. brementdes chofes qui leur eftoyét offertes par la nature. Aufli lors t@ 
grain leur feruoit à faire du pain, fans qu'il falluft tant faffer Ja farine 
.… ft caufe de la perte’ & ancantiffemént de la plus grand force dugrain, 
Pinre 4618 ourritures & viuoyent de chair prenansvn fingulier plaifir à la chaffe 
des Efcofowe * leur principal manger eftoit, & la fauuagine, & la chair de bœuf, mais 
vai tre la façon de faire des autres natiôs : entät qu'ilz fe nourriffent de va 
._oules chafterent pour fenferuir an labourage: Mais les vaches ilslesn 
geeyent lors qu'elles eftoyët plernens caufe que pour lors elles font p 
grafles, & quelquesfois 1e poilon leur feruoit de pañture. Va tépsfitq 
© prenans vn fimplle defieuner, & ce fort legerémentils fe paffoiétiulg 
au fouper de remplir leur ventre : maisle foirils faifoyent bonnech 
fans qu'on feruit plus que d'vn mets au repas : & voulans fe reliouir 
beuuoyent celle boiffon quilznomment eau viue sompofée , n6 dei 
gues portées de pays efträge, mais d'herbes prifes en leur iardin,du Ti 
ç'eftà fGayoir ments. aniz &-femblables plantes fouëf fairatens,, hou 


Boifen des. 


Eftofess. 


Lu ; & qui 
dé vfans à 
belle cdu p 
in qu'il VO 
pidemy cu 
ibftance, & d 
enter & re 
bains féx 
durs nuë tef 
hincienne d 
lédre,on ne 
ec des fouli 
Emilien del 
jt, Fuffent pl 
dél'année. 
heftoit de li 
her delaine $ 
feilte eftoit É 
itnourr is d 
Anourrice,c 
kde lait pou 
fourfe leur fe 
ndant vn de 
kceffoyent d 
defuice par l'e 
Jins en quela 
bhuuer du m: 
: Sur le ton 
Lomme fou 
hy qui voyag 
En fui ! 
frand ignom 
quelques co 
ace, l'arc, la 
Ntoaé, &c ch: 
foit ordonr 
dicamp, &1 
quile rence 
1 Voire pou 
teu que elle: 
alter comb: 
hpointe del 
noie leur fer 
noyét tous 
tileurs a@tic 


at de parc 


farine d 
ugrain, 
a chaffe 
f, mais 

de ve 

lslesm 
fontp 

ps fut q 

iét iulg 

vech 
eliouir 
Ô ded 
duT! 
koi 


1 HE L'EVROPE;: | 148 


% t'& qui plaife ge des odorer,qu'ils diftilloyétainfiqu'écore on Z/cfs rn- | 


ue vfans aulli du bruuage comm de la ceruoifé, mais eftäsenguer. 4 Gr” 4 
fhellecdu pure leur feruoit de boilfon , portans tout autant de farine p'ed2 mudx, . 
Li qu'il voyoit luy fuffire pour paller fa iournée . I1z mangeoyent la © teffe dif 
ridemy cuitte, comme l'eftimans plus fauoureufe,& mieuxretenant cmuerte, 
bfance, & d W'poiffon feché au foleil, filsnetrouuoyétautre cas pour 
fenter & repailtre, Durât la paix ils ne viuoyenc pointien delices & 
méains féxerçoyét à la chaffo,à la lutee, & exercices militaires, allés 
gurs nu téfle & le poil coupé, faufque fur le frontilslaifloiét (à la 
hancienne des Efbaignolz} vn toupet de poil : & sinfi fe faifans fou- 
tdre,on ne voyoït iamais aucun chauue en Efcoffe:d'aller pied nud 
eedes fouliers efquels l'eau entroit, cefutleurcouftume; voire fut .Æbrllement - 
milieu de l'hyuer, affin q e & pieds & tefte endurcis au froid & au des anciens 
 faffent plus prompts à fouffrir les incommoditez de toutes les fai- Æ/Cyfois. 
dél'année. Leurs bas de chauffe ne paffoyent pointles genoux, & le 
keftoit de lin,ou chanure, leurs manteaux en efté d'vn drap fubtil,&. 
her de laine groflieredouble & faite felon la forme du corps, : Nulle nourri 
aifte eftoitä terre,ou fur vn banc auec vne paillaffe. Lesenfans n'e- ce que lespre- 
ntnourr is d'aûtre lait que de leurs meres : & fi quelcunedonnoit le pres meres. 
hnourrice,ce n’eltoit fans encourir foupçon d’adultere,comme ayät 
ke de lait pour occafion de la lubricité. Se voyans furmôtez en batail- 
fourfe leur feruoït de garant;fe fauuans aux montaignes , &gardans Æ/fôs en: 
danr vn der continuel de fe venger delahonte & iniurereceuëé: dicatifs. 
kcelfoyent de fe tourmenter iufqu'à tant qu'ilsauoyent laué cefte ta- 
defuice par l'effufion du fang de leursennemys. Les gentilshommes Zeyæwre des 
Jos en quelque bataille leurs fuiets & feruiteurs fe hazardoyentou E/cfoi vers 
Bfuuer du milieu-des efcadronsennemys , ou definirauecluyleur, leurs féign. 
| Sur le tombeau de la inobleffe on piantoititout autant d'o if LS 
E comme fous feur charge on auoitoccis d'ennemysaucombats … ; Leix miliraie 
hy qui voyageant pour le fait de la guerre , ou eftant au camp eftoit res des Efofe 
héfans fulil , ou n'ayant l’efpée au cofté, où à la main, eftoit foueté re 
frnd ignominie': & en ce temps là ilz eftoyentarmez à la legere, 
quelques corfelets de fer,mais la plus part de cuir bouilly pour leur 
ace, l'arc, la lance & l'efpée.Laquellcfi quelque foldat engageoit il 
café, &c chaifé de la compaignie comme poltron ; & lamefme pei- } 
Mtoit ordohné pour les pariures: Mais celuy qui fans congéfenal- Femmes «las 
licamp, & laiffoit fa bende cfmeu de crainte,il eftoit- permis au pre- en gwerreen 
quile rencontroitde le fairemourir ; & fes biens eftoyent confif- £/coffe. 
h Voire pour lors les femmes eftoyentenrollées pour aller en guerre 
eu que elles ne fuffentenceintes,ny:trop chargées d'aage . Sortans Ceremenie Ef° 
aller combatre ilstuoyent la prémiere befte rencontrée, &arrou- «fô1/e  allans 
hpointe de leur efpécau fang, en gouftoyent:efpérans que ceflese- en guerre. 
bic leur féruoit de prefage pour lavidtoire, 1.1: 1. Epieptiques, 
moyéttous Ja fimplicité, & eftoyent ronds & fans fition quelcon- &- mamacles 
leurs a&tions:; S'il y auoit aucun touché du hault mal ;‘ouinfenfe, haffrez en. 
hat de pareilles maladies, ils Le faifoysnt chaîtrer ; affin que celte in. z/coe. 


+ 


dreque l'An- 
gl Celar 5: 

s coment. 
Nulle beffe 


Far 


&r 


nwfbleentn À 


lande $ olin e 
chap . $ . d 


Mouches 4 


mielneninet _Leciel yeft attrempé & flubre; & leterroir fort fertil,mais 1e peup 
en 1rlande; CR 


dr Landoys 
_Barbares. 


Lei 745 


Frlandoys gon 
lus 6 An graidivertu; ‘&cviuilitéidemianger leurs propres iparens-eftans dese 


tropophages.: 


ayant:touché la feule poulliere ; & terre Irlandoif 
faulttoutfoudait de mourir. F1 n'y aaucune mouche à miel , ains qui 
eft (commedit Solin ) fi on porte de la terre! d’Irlandeen vnautrep 
budespetitespierres ; & queon les gette. parmy dés effoines & tro 
des autres, elles ne faudront.de fenaller & quitterleutsruches. 


cuelque merusille ,inciuil:, & fâns aucuge gratieufeté à l'endroit de 
ftrangers : Tadisayantoccisqueléunde leurs aduerfairesiils en: humo 
Je fang, &puis fen fouilloyent & paignoyent la face : &cauoyentent 
me efgard l'iniufte que ce qui eftequirable , ne fe foucians fils faifo 

iniure ou plaifir à ceux'qui lesaccoftoyent: qui éft caufe que Strabor 
nomme, & grandz mangeurs; &c Antropophags “-$ qu'iz eltimol 


acointans leurs femmes engubilic frns'bonte: aucune.;; & ne refpel 


_ S'trabonl, 4, ny mere;ny fœurs sinéfaccouployent à la premiererencontrée,. :; 


uilz cftoient 


jofe quelcon 
elamer y ef 


fauiron {ix.n 
paieres Chr: 
L douciffant 
boy de Tefu 


nice per leq 
jen reuenoi: 


ss de leur vi 


Ken fesSatyr 


* &n'e poi 


dt aquépn er tepiine Rene il 4:18 première mangé et po 
lerglai kpour 16 plaif 


: “que clleluy vouloir donnerelle la mettoit-fur le :glaiue de fon su 


ans,qu 
and BR 
tentrié 
elle ellé 
lus quel 
ft e 
à nôuft 
ors del 

plis & 


mt 


Qn £ f 


y de Lefuchrilt.On monliree ençor ee troufabuleux ; n 


FR DE. L'EVMROPE; 
bre elle la Aifoit tout bellestent. veuleren Le Bogehe: ériger ou 0 # 
V 


puañt, les Dieun prefidesnes 
je Ca ñ cône date jt ent tpm a 


les faraurs de quelque bataille. 


F Coux qui vauloiens & monftrer les plu gentils.orsmient A embolif. ‘Inlandois f 

beat les pomeaux, & poignées de leurs efpées,de dents des boluës & be: Plas/ans h, 
| À mer, à nr éd Ag formonte celle de l'yvoire : auffs armes. 
Malhonveur, es hommes Ge çe ne confitos Caux ar: 

pm, ny leur plaifirque à les ranir mr ne fans roullursouRle | 


lconque, Ceux qui fétiénnenraux raontsignes vivenrde thus, Jait& Pure des Jr 
sou plus adonnez à la cheffe & à peffer lcur centps, qu'à foucy-aycun landes 


buboursge . La mer qui fepare cefte ifle d'auac:}'Anglererre eff toul- Med Trlde 


mritourmentée de vagues, & fans repos tour le 16g de l'année, fi ga. n'eft prrilewe, 
ue iours durant | Fat qu pre le que queue peuaifé à Yu \ 


Fes Irlandoys allans für mer vloient iadis de petits  efquifs & barque 
s faites d'ofier, mais couuerts de toutes parts de cuirs de Buffles:& t£e 
nr citoient fur les obdes &.en coule ,ias'hagiess gatderde manger 
ble quelconque. Et difent ceux qui ént la vraye cognoiffance du pays Largeur du 
pelamer eft large de l'vn port à l'autre, à fçauoir Anglois & Irlandois, Cana! d'être 
auiron fix mille pas. [Cefte ifle n'eft jnieré barbare que iadis s vs toner 
mieres Curefbiennesde l'O cran où £ ht ge 4 de Angleterre. 
adouciffant Les mœurs de ce peuple farouche &lequelles con as: S Paris à 
né herti) da dr- 
pice par fequel ils croyaient qu'on defcendeïitaux enfers, & qd 
jen reuenoient, cflonnez de ce qu'ilsauoicrit veu nerigyent ous Trou fe 
ps deleur vie:mais lailfons ces refuerios aux vieilles & petits enfane.Les leux des. 
fens ont cogaeu ceffeille, Cons Din dr spam 7 Fast Patrice. 
Len fes Satyres, 10 aber à Jynendl,…. 
Qemous aus rad les baures ares NE NET , apr: Le 


L: | Fées ei eu) 14 


-_ Prifes de 7 filles, Gr cféadresguerrieres: 
Les Bresens-gide nuët n'eut rien de tencbreux, 


4 


| Et Claudian luy, donne vn:nop fmblable parut du fantise $p 
imperour Honorie,difans ainfi: ht : 


ay aies TEE nées, EE | 

At des Bifles vceu les aropermenilées ï DL TE CL TES" RERO TN 

“ Fm loimsaine: co dote. Loan he 
dire 


de 4.Cofiles 
2 Fe * 


& À 


mp poine! ns vi Es érie, & in 


kpourleplaiGr de xchaïe , à canfé ur fc feunille à ke 


pre LE y Au ROTSTESME 
# va C de, Siellé es ef l'enfuié qu'il ya des abeilles en gra 
tr sr; Miendoifen’ “pol angereule à: cus aa 
Mu fdBE nue ere fme quesc 
* À de nm 4 Eltad + e & Chapitre : Let forpene désque fententl, 
N5 Pr va * d'ériéide voire auoristiousveud'éucüs effans mod 
Lan at LL réal va des räfurès de liure portées d'Irlan, 
118% @ifcellé terre, Bgrelfe du liure mife dans vn verre d’eau, déz que le patig 
met remote qui l’euoitfäilr pour le. venin diminul 
Det rebit fe veirallegédé fs'maladie : Auf, dir 
= shot NU em ds finstemperé & ferain qu ‘en Angleterre, 
2 chris _ fpveltent de portent des'themifesiauniffantes, & fa 
mer M néeg) dé rittté at it tes fa uages d'Efcuffe ; lefquels(äinfi que div 
4 hu font vonus d'Irlande 8 font les pa obrecon fuietz au Roy d’Angicterr 
Jrlandeys quoÿ qü'ils ayent des Dubs, qui és recoings de l'ifle tiennent pente 
ne veulent! ie prefter ns beiffance. ] À 
vonsd aitu à ,q cpu: SOS aies 


gd st on sb 2100 Sh 28e quo se 


«D pe fn pen por hdi 
Chap: 48 


Es k bitans ri Sylre que Solin F ( 

> fine de Ho ahd 2 Bardoiét encor 
» fon aage,le “5 pl enne façon dé füire: d'aut 

À “qu'ils ne veu Fete les foires, nyv 
démonnoye quelconquesains vlent d'efch 


ge & permutation d'vne chofe aultre fig 


Le füroïent lés denrées’ & par le pris d'l 
silériens der 16 mme à, truy.lls eftoient deuotieux & portans ho 
ph ae A ù #)_ neur & reuerènce à leürs dieux ; eftans ado 
nez hommes & femmes à Ia feiénce de divination Bebrcelurie . Lesin 
laires fe tenans auxifles nommées Ebudes, qui font cinq en nombre r 
uoient aucune ç Ppnaitbnes de fruitz & femences, viuantsfeulement 
ic & peftherie dequoÿ ils auoient à foifün’. sure toutes Cesicinqriflet 
roy commandoit, entant qu'il n'yÿ'a que bièn peu d'efpacé de l'vnei l'a 
tre:& ce roy n'auoit rien quiluÿ fut HObre kBue eftan- dela commun 
subiesien du té qui fourniflfoit pour l’ entretenément de fon train & famille, & faill 
roy des Eby- que le Roy fut auf fuietaux Tôîx que le plus fimple'd'éntré 1e peupl 
“des. "7 Etafhin que l'auarice ne lu y perüertift Je ens, ilaprenoit là iufticeau 
Mife rable c6- fa pauureté, n'ayantrien d luy, Vent aux defpens du public. Il 
dition‘du Roy lu "sftoit permis {e marier & ‘d'audir féminé qui Li ‘fat propre, à 
des Ebndts. Lt ir d'en atointer quelg Ale auoit'cefte liberté d'en châng 
Eh lesfojs. & fat gts à éclle que bon luÿ fembloit de:fes fuiers: 
rl pige par'ce Mioyen:ile flo hors d eh crance dé ‘lignée pour ty fuccec 
le Pile arti- ê lé ef 12" derniere: dés. mi antes autour ‘de la grand Brotaigné, 
qe. deénütre Fi apeliénr Hand & en laquelle durant 1e folhicec 


M Lo en auoient Gé » Car. d'icelie } né 


ie celles qi 


hélonnezau 


J ices és mont 


Hottrtes Be 


obus 4 


‘ . + _» “#4 CAT tai "® 4 ’ 
M 2/08 L'EVROPES À VIA . . 

gran Late Loicil p 

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mord! 

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Kroutlerafte des hommes. Cale. 
hide que: pas vne dés Méridiongles 


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groutes des PFC Leg céuen- 
JOicnta vfage leur 


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LES ads. 


Ce crime: ebleure\flen menans parleurs raifèns que Geriou file de CHE fiore, 
# ot figues flan pecunioux & rtheenor #. argentsaupitpour.cefte occifion A 


Gadess vo. cablé-& gcc per Mercule defireux d'une fi riche proye. Bt ainfi it: @ 


gent. LR 
. “que 
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saules pérticuticres Figois 


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lextrer les. à 
Baleares à la manger que premierement ilz ne Pouffent stat, 8 abat eleur fon 
Jude &lersla mere leur cûtroyoitle defieuner. 7" "1 
é 17: Pimeditique 


sauf à race do fon Pere dérf 


Lambel, ex 
Sès defouuer- pe 8e comibaiet 
À } "& fon compaig 
ués Ethio pièns Côrfaires, quils 
LL; de Dee Re 
déquitd va vœu B0 ie À eue pa RC 


r. + .— —_……— ss à 


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face de Hx cens ans, ioufffant de tout aife, paix, & tranquillité. Maïs fi 


banc” & efrayez du long chemin, & des affaults orageux de la mer, ls 
menoyens leurs esres pour fen retourner ; ils feroyÿent caufe comme 
Mchans & deteftables de lamifere ; ruine & extreme calamité de leur D Gui. 
nm parens emys,&c familles. Or dient ilz queles Ethiopienscepandant 4 l'h: ‘. 
“ter a re aie gs nr pu ho 29 leursdieux 5 
hspriant deprofperer le voyage des deux z,aflan à la purgatiô R 
oups to refforti La efair & be ot iambolé, zpfrucn/é 
Gba compaignon,au bout de quatremoys ayansfenty fonuentiecour: Lu, co 
A furours de la mer, fe veirét à larade d'yneifle, lufigure de lagidé frange farë 
rat ioute sonde,ayans enuiron 5000. ftacdes de circuitenfaconference. J'hysmes. 
efadNqu'iiz aprocherent pouraborder l'ile, aucunsdes habians leur wins 
Bntau devant fur des efquifs Se barquerottes, &prindrentieurbateañ + 7" 
mnduifens à terre, d'autres y accourans feflonnoyent de l'arriuéede . :. : . 
n ele Aneantmoins les ayant bien- vicnnez, les seceurent comtoi- 
ment, &. leur feivét part deleurs bicas & deleurs logis, Ories hommes 
ke pays là fonc diffemblablesaux noûres , & de corps & de façons de | 
raquoy que la fgure f@it parcille,mais quiexcedela noftreen propor. 
k grandeurd'enuironquatre coudées: issus defqueléfetourrient;vi 
k fechifent sautaiafñiquefcrois va nerf,ouwchafe fembtable, ayäste 
ps plusagile,leger& robufté que n'ont les hommes par dega. D'autant De/Criprien 
mempoignans quelque chofe de feurs mains, il eft impoffible leur arra- mernerlles fé. 
sd'enure Les doigescayät feurcharnure # polic,qu'vn feut poil rappis- d'hensnes. 
kentout leur corps, qui et bien compalé 8 proportionné., 8 léut vE- 
ed beau, S ayons aneux ne Gayiquelle bienfcance. L'ouverture de !éurs Grande: ne 
er metiles plus large &:patenre que des noires, vout ainii qu'Hz nous diffé /neres, | 
paire de langue. Car la lenranc'fay quoy de propre quiluy.eft eflargÿ,& | 
lan delanature :: veu qu'elle cf fourchuë & diuiféctéflenvent qu'en 
pricplus batfe:on dimit qu'elbeeftcoute double. Eticefte ciuteils | 
Mient sliverfement en mefme:failon mt DR A vo 
M puis: exprimèus.ê lc:chent:à garo sol nie" \rrrhnps: 
| | tr ij 


un ui À A POP NT ; 4 


‘h LIVRE TNOTSTIÈME 
* C'éfonpart- Et-ce qui offle-plus à adivirer:éft ue partafié ddr hoïfimier ilsref; 

L' déterrefire dentàl'vn &interfoguent-l'éuire rout à Vi éoupi, Fvhétänguearalf 
Éaint par qui: narit 8: l'autre réfpèndantaufecôd. Or appertil'quel'dir y eft ferints 
-conque foit ce lelong de l'an 8 fañsauenne cotrrptioit ainfi quels Doëte chante y 
Jambile.  tétquela poire y croift furcelle qui eftia meure; comme la porneme 
. tiffant fuit celle qui elt is parfaité'éc léraifinvieilk{t für la vignielOn ri is 
007 enoutreque lesnuits font efbalies aux iours cd sert N'y a con de crainte 
"511.77 quiface vmbreaucunépourte que le Soleil rt für fon Zenith & rio y ent: 
de'direétement fur le Climat-decefte ifle: CésTnfülaires viucnt chios pour lor 
: en latroupede fes paréns &r alliez, & routesfois leurs'cotfipaignies ne pd pedet'efpri 
“oi … fentiamaisplus haultide quatre cens en nombre; & font leurs logis Roy auquel 
| ete slaterre leur produifät fans main y mettte‘les froitsneceffaires poclon la loy; 
Fruit 4 faire jeur vie. D'autftque l’airtemperé de l'Ile fait que lterreéffainf fer fa fcigneu 


EE ot) &liqu'élle foifonne prefque pl’ qu'il n’eft nécoffire:Gly'aentre cure mer cnuiroï 
quantité de Cannes & rofeaux qui foifonnéntenvnèefpece d'Ers bien en cft c 


"+ Jequelfruit eftant recueilly. & mis en eau tiedé, iufqu'à tant que fe ci 

… vienne à la groffeur d'vn'œuf, ils le pillent;&'en font dupäin qui eftdf 
nemerucilicufe-douceur & ptaifante faucur.: £ls’ont encor des fonts 

pong tro grandes ; les aux defquelles font enpurtie chaudes pour feruirt 
pour bfanré bains’, & propres d'$ucrir toute force de maladies': les autres fontrr4 
Ce félhrait froides &:dôuces à boire:mais qui encor font fort faines ; & faluraires.( 
de fianir re peus ct Sn cu d'aprendre toutes les ftientes ; & für'tout fe plaift 


say: plufieu 
js.Etautoq 
ins l'vne de!” 
itfouz loix fe 
Muife tout de 
bians en vfent 
slérs vides fo 


à lvege  l'Aftrolagies &c ont 28:lettres pour la fignifidce, & fept caraëteres d'iclgreque celle q 
rt &chafcune d’icelles eftinterpretée en uatre manieres «Aa Viuenr bchair & roft 


CANNES a HAN VE ceux quiviennentd.ccat cinquante ans, & pou , carilsres 


mul à, Plus céman fans-fentir aucun maladie: Siquelqu'vnyftfieurenx;oulBuorent & reu 
Maladif con- trouuant æral de fa perfonneilile: forcentparda toy dupays de fe iultrant toute 
ins (e MauritstEferiuantil£ne commencencd'vn coftéd'autrer/ commen du poiffon e 
__ faire mourir, 29 du haultien bas faifant couler leurs lignes: 112 ontcouftume de vrdbon leur fem 


”infqu'à certain temps limité ; lequelexpiré ; ilzinuencentdé teur bôn ureur les arbi 


diuerfes façons pour fe faire maurir : 8 pour mourirplut teur aÿfe/@yie, & Le vi er 

………… ontdeux forges d'herbes, firquelleque:ce oi deb deux quetqu'ene font venir 
Herbe caufat couche ilmeurten fommeillant,;8-prebantvnrepos:sres-agreablez Hpctifante leur 
Lamert en da DR NY Afpoufèntaucun mary reins foptcommumes.; 85 par meBiubtil, fin & E 
pr TRES “moyen les enfsns for ‘vouchis en commun; 6claymezefgallemer d sooquels ils taigne 


nm or. Cnfemible:8e fouuentilz les delrobérà cellés:qui lés nourriffent, à fin q 
raid ini, esmeres Be les recognoiflent & faflotéent à les caretfer ÿ &"cel efton 
dd th, DENT ARANT Sn aix aucune ambitiontursffeétion-particuhiere, ils vit 
fine. —" MP Sroubenp Elite quelses sil Enipenemenrqu en 
anis Hey -2des animaux petits repémiène decorps:,:enais eye Vn natiré 
ndlr. RES admirable én:leun ang > éflancé rond on teurfigare 8 fembh 
 AURTarTUSs, rs Pau roi) 9 MN Er a re o 

lus de ‘A8 leur-sprpeà chaftuns éxtremité idefqueltes-y'a ve kil & vie or 
arbemsnrque cite befte:y voitidæquitre yeunt do vtr: d'uatre dr 

ep cùclléregnisfaniande: dmour dt 


force miracu-®" , 


d'vne parfait. 
defcrinant la & 
tenleur viure. 
fifer leur vian 
x & quelque 
bntées, & d'a 
Kcommune,.[ 
à, ou allans à | 
quileur ef le | 
ployentau { 


Kefre profit 


S'ang merueil 


Raya98 QU vERs a Bei 


» 


ufe. 


deurellesforçepieth: 


ut 141 


— : 


4 ‘D'E:L'E.V RO? B'* TX # lu} - 292 


. , 


reg delcofte befteéfi de diuerseffé, veuquetout corps défpiscé, 
prie à d'il y-ayt rer ro mr rh 
pans ef fon entier; & premicroforcéchaftuncaffembiée de cèsäns 
brinouirit dt oifeauc fort grands, 8 diuersen fiçondés nofirés, as 
Lkiquels ils! exprimentenc isvaleur future dé teurs enfans en :cefte 
pere: ils montent les érifans fur ces vifeaux , à-cheuauchoñ:, Filsn'ont FA 
de craintelorsique l'oileau prend:fon vol, ilsiesnôurriffnt : mai ©7472 67#4% 
bffayents 8e Le-cœur teûr defauitoninefaulrdetesregetter;comme ‘2/1 e- 
wspoutlongaementviuré;Sinuriles à quelque éxerciceique fe foie /#” 
iedet'efpnit: Le plusancié'enichafcuneatfemblée y conimande cô+ 
Roy/suquelro*les autres obeïifent,&c:ceftuy ayät velcu250. ans fault 
pélonlaloy;il fetue de fa main propre; leplus-vicilapresiuy fucce- .. .. 
dlfoigheuvienss 5, ra latente nie Mrs uni PL 
merenuironnant cefte ifle eft tempeltueufe-&:ondoyante ,itoutes:- 
leau-encft douce & :plaifante à boire: -L'eftoiledu:Nord & Artis 
pyoy:plufieurs auties eftoiles'que:nousvoyons; ne ‘leur apparoiffent Mer d'eas 
ba-Etautoyr d'eux il yaencorfeptautgcs ifles d'efgalle grandeur, douce. 
jus l'vne de l'autre d'vn mefme , & parcil interualleayans vnipeuple 
tfouz loix femblables & eftäs de mefmecôditiô.Et quoy &laterre y 12 fault done - 
unie tout de fon bon gré & en gräd abondance, fi eft- ce quetous les 9wr4/x /Sxent 
bitans en vfent auec grandmodeltie, &fans aucunem£t en abufer: veu oufre l'equa- 
lers viâdes font fimplemét acouftrées , ne prenans non plus denour- rer. $ 
eque celle qu'ils voyent leur fuffire pour fe fuftéter. Leur viäde c'eft Religion de. 
bchair & roftie & bouïlle ; maisils n’ont affaire de cuifinier , ny dé ce peuple Jame. 
;, carilsregettent tout cela comme chofe inutile & dommageäble. belen fans no 
dorent & reucrent les dieux à fçauoir le Soleil, comme contentant 
fuftrant toutes chofes, & les autres corps & lumieres celeftes. Iz pré- C'fun droit 
du poiffon en grand nombre , & des oifeaux de diuerfes fortes tant royaume de 
bon leur femble: & la terre gette, & produit fansart, ny induftrie du faerie. 
fureur les arbresfruitiers , les vignes , & Oliues, qui leur fourniffent 
Je, & le vi en abôdäce.Celle terre nourrift encor de gräs ferpés,mais Serpens fans 
ine font venimeux ny nuifibles,& la chair defquels eftant fauoureufe, vens & bos 
etiflante leur fert de delices & nourriture . Leurs habits font de Co- #manger. 
fubtil, fin & blanc à merucille qu'ilz tirent de leurs arbres à coton, & 
Auels ils taignent du fuc de leurs huiftres marines quicoulourét le Co- Ponrpre per= 
d'vne parfaite couleur depourpre . Les beftes y font fi diuerfes que duereconwrée 
defcrinant la narration en feroit incroyable. Ilz gardent vn certain or- enceleifle 
inleur viure , chafcun eftant content d’vn feul metz le iour, fans di- Jansnom. 
fifer leur viande, car vne fois ilz mangent du paiffon, l'autre desoy- Pire fre 
px & quelquefois les beftes tant domeftiques que fauuages leur font de « peuple. 
intées, & d'autres ilz n'ont que de l’huyleauec quelque viande lege. 
commune. [1z fadonnent à diuers exercices fe feruant les vns les au- 
k, ou allans à la pefcherie, ou fadonnans à quelque art & ffoccupans à 
quileur eff le plus nceffaire, Aucuns d’entr'eux,les vieillards excerptez 
ployentau feruice du‘public en:ce qu’ils voyent que leur diligence 
teltre profitable . Les iours desfeftes & follennelz on les oyt chan- 


è 


coté nd ed à Hs 
x fac La DIRE mew 


W ; si | ; i j * 2 n. 
LIVRE TROISIEM | DE 
dei nes 8 Caniques M'honneur de Doux» 8 fat aout du (o DE S 
eu'ildteugrent;selofione de cermime cel x à quitlasdediont& Gocr DA 
dt Bcteurs iles: ;: Quant à leurs morte ilsles-enterrént su (Gb 4 
bord dé le mér sonû lequel Le rouurér; afin qualamer fifa tos Qi v à 
écsiln mangé bé fable ,& couvre “maogenlle 8 pain dde | its 
jrs an de nie si leur Lt L, 1 Cf D 
0 EN go ntois ob ques nt Le ours de la Lune, À ptetrior 
Qi ursmatinhahale dire iso, 8 fcruens déremede aux, de vie di 
Re fie 
; Îe in udel'eau . me Es ee ee 
sai ne are tn en celcille,quoy srngse tort eul p 
+ ere rra et aurait qu ina 
Para aléutransleus uié der ire R 
Ya en Les força de fien aller, & ins voile. ‘M 
ve un en Due qua moy ve Ray des 
srune douané Mal: conduit ,-priadiéns lacunes dePséie pour-fensn 
nerenleur païs de Grece; j 
": à 


Ni: 


He en [a con 
réce, afin qs 
&' non glob 
is 9° docles 
T d'experien: 
bec la philofo 
leur imagir 
her 4 ceux: qu 
embraflée, c 
lue Je cour 
REX qui par 


on des zone. 


DESCRIPTION DE. 


BI52z 


LA QUATRIESME PARTIE 

y v ‘MONDE, CONTENANT LES 

A pays. & Prouinces defcouuertes enOccident, &Sc- 

y | ptétrion de noftretemps, auec les mœurs,ér façons 

cu M'de vie des peuples, felo la diuerfité de leurs fuper- 
nn RS UN HU À LUN 


i fitions & couftumes. | cé 
LIVRE QVATRIESME. 
 PREFACE. 


Los diff 
LÉ: 
z" 


OPV'Sleshommes de grand fea- 
4 uoir font tombe en cef} accord, 
ie que la terre eff ronde fpherique- 


NS Aliment en fa figure, €r qu'elletient 


Dre 27 occape le cêtre du mode, & 


> « 


a 


A Aa 


2 


PREFACE. 
ont recueillies les lôgueurs,ou accourciffemens des ioursou 
nuicts, [lon la difpofition de chacune terre [oubs l'approche o 
efloignemët du foleil. Les anciens prennans e[rard à cefe ma 
babitable,eo confiderans [a grandeur;la Re C9 parti 
rent en trois, mais [ans efgaller les parties,ny bien proportion: 
la figure par:ie du globe, pour n'auoir point cognoiffance de 
Dino de plus grand part de ce monde habitable :  Etfut le Fou compr 
monde en fous les noms d Afie, Afrique, Enrope,de larai[on defquel 
se Se HOUS AUUNS parléen chacun fon endroit, [yuant l'opinionre 
PEU cene de toute an: iquité,puis qu'il faulr que ce foyent les ancien 
de qui nous empruntons ceffe cognoif]ance. Mais come 'ayd 
lesGeographes du pal[é.s'eflans tous abeurteZ en ceffe opini 

qu'outre l'Ocean Atlantique il n'y auoit plus aucune terre 
meils partoient'le Globeen trois , faifans eo laiffans prell 
la moitié de la terre fans habitatio quelcoque: & fantaftiqu 
ane fi grande effendue de l'eau, qu'ils luy faifoient occuper d 
oùs plus qu’elle ne fait,iacoit qu’elle embraffe tout ce corps malles,on cercl 
prolmée … fifcs qu'elle le fufiente,bumecte é9° nourriffe auec la force uiiles Poles.e 
pre va tale de fon humeur. Tellement que Ptolumée, homme de gra nées du S 
| magraphes. des lettres, Ë d'un ingement trafaffeuré,quey qu'il ayt fernon s ilen y 
téfespredece[feurs en laconfideration er defconuerte depl nl Artique 
Jieurs terres tant Orientales,qu’ Auftrales,eo* en l Inde & « garde à l'igs 
l'Ethiopie, ff n’a il peu penetrer iamais querc plus anant quedStptentrior 
royaume de Mclinde: omme ainfi foit que d'iceluy asant ul fé dire q: 

ques au Cap de bunne efperance,qui eff le dernier bout de l'ABit/olide on 
frique,cr afés voifin du pol Auitral,ily a encor infinies ren açellan no 
co" penples,aïnfi que les voyageurs de n:f?retemps l'ont pra font dites 
quépar leur dilirence. Tour cecy conffleré,& nous cornoiflit de la foi 
par Pexperiêce qu ny par l'efcrit de no maieurs,ny emo limitées pa: 
jd'aucun fiecies paffex nous ne trounons rienen ces païs queMMmmtant on « 
_prefenron a defcouuert, il ne fiulr s'eftonn-r fireuenan. anifme Lone. 
Jôre, remeicre probofinô,d: l'efgaliré du corp: clobesx de Ls:eardeurs ex 


Wle partiffa 
fsnous di 
rdvne qu 
| jignes, 7" 
yelz on d'oi 
pnde,ne pe 
haures Oc 
pue ay an 
kanant le 
tunées. An 
ofaff fe ha 
kre qui me 
rla mer de 
dique : co 
Jiglacée,e 
wrde l'artic 


ou de 
CHE 0 
> M4 
part: 
tion: 
ce de} 
combr 
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force V 
de gra 
t fer mi 
» de pl 
de Ë& e 
(14 que 
anti 
de 1h ] 
Les rep 
nt pral 
noil]a 
neno: 
IS que 
nan 
elase 


boit folide ou continente comme ainfi  Joit que la nauigation 


| " PREFACE. (sh 
pkpartiffant felon les inffes e* reiglées proportions des cer- 
bsnows difons que ce qui eff a prefent defcounert,er pour fer- 
dvne quatrie/me partie du monde habitable. V'eu que ces 
ges, co fameux Cofmographes, Prolomée,eStrabo auf tufqw'oi 5 


2 


wlx on doit la recherche dece que les anciens ont cognen du ou 
mde,ne penetrerêtiamais(comme ia i'ay dit)plus anant que de strabon, 
jhaures Occidentaux de la cofle d’Aphrique, Ë mer Atlan- © telemée, 

qen'ayans peu marquer que les Gades,i5 iflede (alix, es 

hanant les Canaries, iadis renommées fous le nom d'Ifles 

tunées. Auf du fiecle de nos peres,n'y euronc bôme fi hardy 

ofaff fe baX arder à ceftinfiny(s'ily à rien en ce bas Hemi- 

kre qui merite ce nom)de mer,qui tend de l'OccidétenOriét 

tamer de midy,que maintenant on appelle mer de Sur, ou 

cfque :comme ceux qui penfoyent que cefle partie fut tout 

glacée, €9° caillée de froidure qu'on la voir efire fous la ri- 

wrde l'artique. C'efl É ilx partirét ce ronden cinq 

nes,ow cercles, deux defque les font conremplées autour, C9* Diniffen des 
ks Poles,es lefquelles on a effimé fi froides, pour effre fort cel far les 

nées du Soleil qu'il eff impoffible que les hommes y habi- \ 

jou S'ilen ya quelques uns.ils font faunages, > mefmes 

bl Artique:voire en y 4 il de ceux de noffre aage,qui ayas 

garde a l'ignorance precedente, c" cognen que les pays les 

Seprentrionaux font bien penplez Ë habite? ont neant- 

nofé dire que foubs lepol Antartique il n'y à aucune terre 
agellan nous informe af]és du contraire. Les deux autres Si abi- 

s font dittespar eux temperées comme n'effans ny trop af 

ks dela froidure, ny deffechées par les ardeurs du foleil,e- 
limitées par les tropiques qui feruent pour les courfès ou ts 

tant ,ou de la retrogradation du foleil.Ory ef? encor la de far 

me Tone," celle qu'on a nomé la Zone Torride à ca Ni prié 
ardewrs extranagantes imaginées foubs x Co" ligne des anciens. 
: AAa il 


PREFACE | 
Equinocfiale pour partir efgallement les courfes du rayon | 
laire,co' eftre l'occafion de l'egalité des iours € des nuits:ma 
de inger cefle cy rat extrauagante 7 inhabitable, que iadis 0 
a creh , ie n'y voy rai[on aucune valabie.Et n'iray maffoir 
La feule experience,quoy qu'elle [uffife pour rompre toute opi 
tant fuft elle opiniafirement enracince,puis qu'il appert que f 
cesle zone il y 4 des hommes en abondäce qui y viuent,er) 
duifent, go que ceux mefmes de no$tre pays ex contrée,) fi 

Le Portenit ce qu'on dif y effretrop infuportable . Trop biens 
dis ray-ie ce mot en pal]ant,que puis que la Zone Torride ef} 
dét de l'irsa cercle imaginé par les Affronomiens,aulfi bien que les poles 
ge Les tropiques, €7 que les Oriens, Midys,Occidents, Aufhr 

eo Zenithsen la confideration affronomique dependentpl 
de l'openion, qué ae la certitude: ct puis que noffre bemif}h 
a [es iugements de l'approche , où de l'efloiznement du folei 
Equinoxes @o'Solffices tant d'efléque d'hiner:ayant efgarl 
plus o moins [oit du chauld ou du froid, nous pouuons ape 


nofire terre, fans guere failli, er folffice cr Zone,on ligne es 
nocfiale. Or ne difute-ie pas ainfi pour en doner fentencet 
te femblable aux arrefis d'une court fouueraine,ains feul 1 


afin que le lecteuringe de l'efprit [ubtil 9° excell:nt deu 


? 


qui ont fi gentilment arpenté par raifon naturelle le ciel q 
fainéle efcripture mefme femble f'affuietir à la gaillarde gen 
leffe de leur uzement:ven que ob recognoit €r* Orion: 
Pleiades,e9 par confequêt les Zones, fur tout le zodi4g 
cg n'oublie point les Ourfes :e9° à fin aulfi que ceux qui [id 
Tous lerond que c'eff que du la copofition de müde,ne f’opintaftrét point} 
Fi ! a à lafentence coceuëd'autruy qu'a la verité,quinous selle 
quey qu'en Couerte de nuffre re Deces Zones,dôc,puis p lesa 
- dientlesane n'en:ont marqué d'habitables que deux. Ër qu'ic. Îles 'êbr 
FF paint laféulemoitiéencor de ce dequoy lesvienx de iaduo 
… cognoiffance,ft auons nous monfiré en noz, trois parties di 
ptes qu'il yala plus part de ces cercles imaginez fiextra 


Hb 38. 


rement c/ 
poules bo: 
mpstadis, ç 
belobe terr 
buom den 
po ces € 
nl,€J" Couc 
dfécaufe qu 

ont donné 
émble poi 
nt du g'obe 
tranporter 
HX HE rep à 
un 
hOccidentai 
wir celle d 
nten celle pa 
ilfemble fe 
boindre,aue 
Orient d 
ment des lo 
ff ingélié à 


Duren'esf der 


| rfaire me 
dimôde fo ( 
Tanaiïs de L 


lapellation 
enne; co À 


tout l'Occi 


la courbes 


de noffre te 


J'en attribue 


encet 

R feul en 
t dece 
iel q 

L ge 


)n 


Qui [ed 


bointt 
aele 
les a 
ns ébre 
dis 0 
1es dl 
XETAN 


0140 


| PREFACE. dut 
pnent chaulds, on froids, bien co popalenfément habitez, 
paëles hommes ne font fi faunages que quelques vns, érdu 
mpsiadis, 9° des modernes ont eftimé.Refle àrvoir le  furplus 
globe terreftre, co: la quatriefme partie d'iceluy,côprife [ous 
rom denouueau monde, @r laquelle,en la confideration ia 
mofées ég' ainfi que l'on imagine les courfes du [oleil au le. Nonneas 
qi, co" couchät,efFtoute,ou pen s'en faulr,Occidentale. Qui dE 
dfe caufe que lesE fpaignols,aufquels en eft efcheu le partage, pourquey 
hyont donné le nom d'Indes occidentales pour vune raifon,qui qe ie 
fmble point impertinente, é7 laquelle depend du feulinge- HS "as 
nt du g'obe,à quiconque y voudra regarder de prés, é9° [ans 
rranfporteren [a [eule fantalie. L'homme donc agement cu 
x, que regirdera la difpofition du globe, pe ceux qui 
wnremple les M olaques, ex les ont diurfées en Lenärines, 
bOccidentales y ont pris forgnenfe garde, ne fandra auffi to$t 
voir celle doubleure ; @x recours des eaux de la mer qui fe 
ten celle partie de l'Oceä,qui perte tiltre dePacifiquesenrat 


ferble [e lier, marisr auecle flux de la mer de Mägi, 


“oindre,anec vn efchantillon dererre, party d'un canal de fi gore 
Orient d'auec le Ponant,f:vous y ie fhinät le vray'inge de vont 
tement des longitudes. D'autant que le pays du Mexique on “9° 


fingéhé auecla terre voi[ine duQuinfay,ou lamer qui les 


Duen'est de rrop lointaine estendue, er laquelle tontesfois 


mrfaire me/me feparation de lAfie auec cefte quatriefme par- 
dumôde fous le nom des 1 ndes,que font les bouches duRba, 
Tanais de l'A fie,es Europe,iacoit que letout fi compris Terres fep- 
slapellation des deux Scythes és Sarmaties,a [tanoir Eu nos ss 
fene;,co* À/satique. Et par mefme confideration pourra-il par les Fran- 
tout l'Occident, er une partie du Septentrion fe portant | RES 
nla courbeure du globe vers le Ponät, non encor defcounert shies de | 
denoftre remps,es parles no$tres,quelque gloire que vueil ge ue 
Hfenattribner les Efhaignols, anfquels mise la deféon- LE 
délottiditt AAa fi ee 


 PREFACE. | 
uerte de l'Occidêt dez le Mexiqueiufqu'au Peru,godel, 
Cufo,erla courfe infques au pais Auftralies riuiere de 
te:mais d'auoir vifité les premiers ny la Floride, ny Cana 
Baccalsos,outerre de Labradourl eff impoffible qu'il obri 
nent cela de moy,qui fcay quel. aques Cartier, Ër " Un fé 
de la Milleraye y ont Dufof doné attainte,que les Caray 
Efpaignolles fe pourmenaffent vers les courantes danger: 
zflendue de 2 defcendent de l'ocean feptentrional, pour aller embraf: 
ce qu'en apel grand mer Atlantique. Qui eftcaufe “ ayant deliberé de 
# Men ner leplaifir au leéteur francois de la 
Nord iufqne CES peuples, defcouuertsen tout le long trait qui s'effend de 
su Mid. Nord, co du cofié de l'ifle de Thilé iufqu'à la mer de Sur, 
pacifique, cv fuyuant les pays cogneus à pre[ent in[qu'au 
ffroitde Magellan, ie commenceray auf] mon difcours pu 
lieux feptentrionaux, tantpoureftre comme la fuyte dest 
ninces on nous auons finy le cours de l'Europe en noffre trof 
me liure,que pour eftrec. Te terre le Voyage, trauail des 


fîres qui en ont monfiré le chemin à ceux qui femble, vueil 

[€ feifir de l'Empire de tout fous vn tiltre [eul de bien-fea 

Maïs auant qu'entrer a la narration des couflumies, ny 

combien ces nations font differètes an0z facos de vie, & q 

le religionles tient vnis es Lex enfemble pm fe maintenir 
l 


la cognoiffance à laquelle la rai{on naturelle nous achemine, 
fault contempler un peu commêt on dinifera ce pays, cg" sil 
point côtinent à la terre Scädinauiéne vers l'extremitédup 
de L'abradour,ven que ceux quiont vifité ces terres, Gr go 
Canddié,v. les mœurs de ces peuples barbares, ne nous racomptent gM 
rare autrecas de leurs facons que ce que nous auons leu , ©'4 
que les Sean Lappons,Finniens,@r peuples les plus efloignez du Nord, 
dinaniens, qui gifent fous le P ol Artique.Ilz nous les deférinent de 
taille,gens aflex fubrils,@° n® fi mefchans:fins,ny vindics 
que les Canibales,gr Caribes,ny ceux qui leplus s'aproch 


W 


efcription des mœurk 


noiès plus 
j fembleq 
me fe tena 
krds, 7° m 
que d'aut 
sfait enco 
féiadis, 
ftion,adon 
ur feruoy 
re main 
que ie tend 
nt,que ce 
elle mefme, 
effime quec 
een la co: 
da l'Occide 
io l'influ 
rfans que ie 
hment aux 
nt la curio) 
ais filon) 
het ceffe mue: 
tiene feray 
ils de mettr 
ke puis que l 
fila deffus il: 
eur fait asnfi 
pt ils que la 
scontinent d 
par les defe 
que de peu 


1Ces LETres ne 


de la 
def 


. 
s Anal 


PREFACE. pes 
mpiès plus chasdes, 5 parleur viure ils les nous font tels 
{femble qu'en oy.:nt parlerie voy ceux de la coffe Norue- 
pefe tenans ou és grotte[ques, ou en leurs maifonnettes de 
vds, eo mottes de terre vinans plus depoiffon, co fauua- 

e d'autre nourriture:cv" l'adoration du [oleil 9° du fes 
sfait encor plus effimer tel7,2 canfe queles Scandinauiës 
Héiadis, co encorvne bonne partie eff fouillee de cefte [u- 
ton adonne? à tel [eruice,honorans les chofes côme dieux 
eur feruoyen t pour leur foufien, er lenreftoyent neceflai- 


Dre rsintenir, © conferuer en vie. Vous direz à quoy 


que ie tends,G afireen difant cecy£non à vous dire fim- 
mt,que ce pays eff eptentrional,veu que la chofe fe mon- 
elemefme, fans qu'il la faille tät efpincher,mais que plu- 
fefime que cela foit vne continuatio de noffre Europe,con 
lécen la concauitéde la figure du c'obe, prenant aduis du 
da l'Occident,iufqu'a tant qu'il apparoit que la dinerfité 
rer l'influence Lomme auÎfi vn changement de cou- 
rfans que ie le pretende affeurer me fufifant d'en donner 
mentaux gentil? efprits qui fe plaifent en la le&fure,Ë 
nt la curiofité, laquelle ne porte aucun preiudice à no 
ais fi lon [e vouloit de tant piquer,que d'accufer indif- 
ét ceffe mienne ouuerture, Cr trouner mon dire fans fon 
tiene feray auffi sam à de leur demäder, quelle rai- 
ils de mettre ieCat ay, Quin{ay,é7' pays de Mägien 
le puis que les anciesn'ent ont point eu la cognoiffance® Define deca 
fila deffus ils me refpondent que la continue de la terre mul fius le 
eur fait aanfi effimer.ie leur demande encor,quelle af]eu- g ee . 
ntils que la terre de Labradour ne [oit aufff bien iointe ;,; jte 
sconrinent de Scandinauic,que le dernier bout du leuat, côrêple fous 
> ! artique ain 
par les deferts efpounenrables de Camul,G autres non 


1 fique celny 
KXque de peu de perfonnes? Q 07 qu'ilen fout.il ef} affew devagellan 


proche ie APS Emble ell -(ohparéec 3 l'anrarti 
Mie erres ne font toinies enfemble.eles ne font [eparées … 


PREFACE, 
que d'unpetit deffroit de mer nommé des trois ere Éslegu 
. giff{ôus le pole Ariique, à sout le moins comme les Affronom 
en font l'imagination Gr que ce canal tempeltueux ef} celuy ÿ 
attire vne partie des eaux en la mer Pacifique Éslequel les P 


tugais ont voulu d'autresfois trauerfer pour [e faciliter l'accog 


ciffemêt du chemin pour pafer aux Moluques,apres que 
gellam eut defcouuert l'autre destroit,qui  fepare la terre 4 
ffrale d'anec le pays qu'on a compris ‘ [ous le nom d'Ameriqu 
Oray ie propofé tout cecy au diligent lecteur afin qu'il ingef 
cerement de no$fre bonne volonte; és confidere que J'il est, 
quelaterre foic ronde,es* qu'on la partife comme ‘Une pom 
que la us anf$i veut qu'elle foit dinifée en quatre parti 
trois de laquelle ayant difcourues, ileStremps deformaiss 
nous entrions à la painture de la quatrie[me,come estatn 
plus plaifans dufcours, es necefaire biffoire qu'on [cachet 
pour la diuerfire des matieres,nouneauté des chofés,que pou 
contempler les œuvres merueilleufes de Dien,qui [ar l'ennie 
fement du monde,ér les hommes allans en empirantilade 
aert ce qui effoit caché dez le commencement er appellé il 
gnifSäce de fon  faint Euägile ceux qui infque 4 prefent au 
vefcu fans auosrouy parler d'autre diensque celuy quisr 
cont le monde par [a pernerfté. Mais encor anaï que palfer 
outre en matiere,n7 entrer en PAYS,0H toucher les peuples di 
compris en tant de reprons,& belles proninces,pais que file 
nôus auons fair mention de lamer,des flux; Ës reflux d'ucel 
courates 6 autrescon/iderations de ce corps liquide entaur 
mal]e folide de laterre: ilme femble aufSi raïfonnable dedl 
rir(comme en palfant)quelquecas de [on flux &° refluzse 
differences d'iceux félon la confiderationdes Prauinces , 
voir les caufes detelles dinerfitez fi meruellenfes en lan 
Et D 


Ex 
| pré philol 
hele, d'au mili 
litre fouréc 
ss que la farc 
kbas,entät qi 
kchofe corp 
hlez és courfe 
purbitlons d’i 
| nf, & flo 
res de Dieu p 
feu donncr re 
défeur teme 
bcité, &c fe fo 
ainfi qu'on 
:Negropont 
tettes lources 
joins n'eft il d' 
s& que nep 
énous En ena 
juer dieu e fe 
Fcecy qu'elle 
uinaift d'eat 
hiictrouue n 
s& principe d 


Hre de rechef: 


mtles racinés d 


“ay principé, 


digne du vu 


Bparolles del 
Lux & d'icellés 


ffmble, qui e 


sg 
onom 
lu q 
[lesP 
Paccou 
que 
rre À 
neriqu 
inge 
L'eita 
e pon 
Darius 
LULUR 
fat un 
ache,t 
He pou 
l'enrie 


VS 


| LIV. ITIL DES TERRES NEVEFVES. . 297 

pete” reflex, de Le mor fair oreane, vs Mtediterranfe, co- d'où il procede tons des 

Li were Co des courantes impenenfis dis can près les Hauris enfitemer din 

nv dé Orcddmiealer,: : . 1Ghapitye premiens.: 215500225002 7 Philofophes 

Nono! DURS | ont jadis eff 

mé L'eauprin 

cipe de tout, 

voy Plut, De 

platitis philo. 

Léerceen la. 
VE 


Genee ?. 
Que igrife 
ube ai me 


leu d'Adeé- | 


huitre fources qui l'éfpädoient atroufans toute la terre, fignific-il autré 
b que la force vitale de l’eau,qui eft cômelanourrice de ce qui refpire 
Hbas,entät que l'humeur eft la partie preffque principale de l'eftre de tou 
Echofe corporelle? Or eftcelale miracle general , &.1e mieux cogneu d lu à 
bit l'eau fâce la nature, maïs les, plus fecretz, & mérueilleux font contem- Neÿäut fe C 
hiez és courfes de la mér,fluz,refluz,bonaces,acoifemens, éourantes, & < & à : 
purbillons d'icélle: Jés railons defquelles chofes font marquées diuerfe- da f À re 
nt, & felot la varieté des opinions des hommes, qui bnt mefuré les œu. gs 
res de Dieu par le commun cours de la nature, fans que iamais ils y ayét ct 
bu donnier refolutiohcertainé, voire-en y a eu qui ont porté la pen’ccn- 
bdéfeur temerité, voulans plus attétér qu'A n'eft permis à l'humaine ca- À 
gité, & fe font efforcez de vaincrelanaturé par Jeurtrop grande curio- s 
bainti qu'on dit d’Ariftote(ne (çaÿ fi vraÿement Behffent au goulphe Lepefiuefe 
-Nepropont, & de Pliné fopinaftrant pt | ) 


plus que deraifon à voir les fo- 70e mt de 
kettes fources des feux naturelz du mont nommé iadis Vefuue. Neant- ‘°27#07 l 
joins n'eft il deffsndu d'é difcourir,pourüeu que l'orgueil ne nous aneu- ?°1#f #44#.. 
8 & que ne prefumions d'en decider côme iuges , ains foyons contents Pme. 
nous én enquerirfansautre defir aue de vouloir goufter la verité, .& 
juer dieu en fes mérueilles. Donc.ceux qui parlent de la mer,luÿ-ont d6- 
cecy qu'elle ef vn amas d'eaux,où fe retirent tous les Aeuues &toutce | | 
dinaift d'eau en l'vniuers,mais c'eff peu dit pour vne figrande chofe: & Pla15 au Phe 
fietrouue meilleure la fentéce.de ceux.qui tiénét la mer eftla four- don femble 
ik principe de tous humides, & de toute eau , & de ladile elle fort & y fuwre Mofe. 
Ere de rechéf:iaçoit que PTatô aye tenu à les fontaines d'où la mer fourt 
htlés racinés de laterre,X ciufe qu'il eftimoit l'abifm: eftre fousterre,& 
Klay principe, & COmencemént & dela mor, & des riuicres: leql côbien 
digne du vulgaire, on le peut recueillir par Fa réche.que fait fon dire Genefe 
Bparolles dela philofophie de Moyle,lors qu'il parla dé l'eltendue des Fole opinion 
lui & d'iceltés qui eftoient & dellus, & deffous ; lefquelles Dieu fepara d'Empedule. 


tfmble, qui en éft 1e faëteur,côme de touts autre ch ts ainff eft an 
: BB 


FLIVRE QYATRIESME 
nhilée l'opiniô de cefoi BEmpedocle, (qui pouf fo deifier fe ‘precipitéus 


k e ceft excremét,ainf 


à fainte cfcriture, & 1à arreftez pourfüiurons | 
quelzil fault confidererà bien manier les chofe 


à 
& {urcr 


mer. 


urefflacas pr SP SDUN Te de telle abodäce. Vieu à la caufe materielle eft lay 
f. fn. eau VEt, Come cffeét de bodäc 
e ssaterie 14 


du flux. ù 


peur qui efpaillit où fl ubtilie, & réd rares lescaux,& félon ceftc eff pare 
| ou rarité,la mer fent le pl? ou moins de mouuemét,entär que tât plus j'ex 


eft elpaiffe &grofsiere d'humeurs, de tät aufi elle.elt mois apte aux fn 


… La difference tiôs du fluz,aufquelles fe môftre fuiette celle qui eft fubtile,rare,& quid 
des eaux cau- 60 
[6 les moune- Et ux 
SEEN #1 FAR Où meilleur que lé iugemét dés hômes de bô fens, qui en ce royaume.os 
nveleau Xe ; fh | 
Li, ne & le Loireraufquelz ie demanderoÿ volôtiers en âlle de 4 jap i 
1 ont le plus experimêté de hazards & perils pour Les Bourral ques, & it 
Fleues fou {iGfitez ffcheufes des véts:& m'affeure, à la refpôce que i étireray ne 
duins, ape litre fnô ä les fleuues les plus fubrils.tels que font le Rhofne, Giro 
fans. ne, Durance, & le Loire font auff le plus expofez au vent ? & er us 
: chéux à nauiger,que la Seine, le Rhip,ou lé Danube qui ms “5 fs 
paix, boueux, & engroflis d humeurs, Et fous ce iugement il fau se ier 
mer en fes fluz & refluz, fur le plus , ou fur le mani nes ition( 
la terre à laquelle elleauoifine : & ce aufli bien en l’accroi 2 ” oi 
aue les <hofes font confiderées en la couleur,entant que Je rebatdu "à 
caufe par accident que l’eau apparoit tainte de quelque couleur à da 
elle n’a aucune conuenance : ainfi.qu’on voit d € la mer noire eu cellec! 
duë d'eaux qui porte le nom de mer Maiour éz Scythes, de la mer rouf 
tant chantée par toushiftoriens & facrez,& profanes » & lainer "4 lait, 
verde qui ont efté notées par les fages & accorts pilotes 4e no re temÿ 
efquelles les bordz & rebats delaveuë , & des rays folaires obiettezct 
femble caufent tout cecy : en lamer noire l'obfcurtépour eftre le co 
haute & bofcageufe , & parainfi fort fombre , ainfi que vousexperim 
tez éz petits fleuues, auoifinez des boys , qui monftrent aux nauigit 
‘Jeur eau toute noire, & tencbréule : & en lamer rouge les ur “ 
nesayans pareilleimpreflion , comime en la PRE Yet ertd' 
ict , ainfi qu’en la blanche , les fablons blancs d Echiopic uy a 
tiltre, & ainfi & l'accroilt, & decroift,ct là couleur , fe raportét 


Caufes des 
ccsleur; dela 
bre 


s- 


& 


fon naturel {6 laiffe manier facilemét,entät que les vêts qui f'engend rêt 
41 Ce NL SIT OL à éf VA 1 20 TS) Et n’en veuxar umét plus nil 
elle caufent cefte alteratio fi vehemente, Et n'er gumét 


voyagé fur les riuieres de Gaule, tellés que font la Seine,le Rhofne,Gar 


y... DE S 
le ee 
de corp 6 cel ; | 
bide de téps « 
bifiote, qui a 
prélles à pas v 
mifait ces fluz 
irelaquelle f 
prilonnemet 
Hhplace. Taço 
fceque le téf 
jeautre cas, ve 
n& de moys ( 
ire, Etainfr : 
tiger, la cat 
muemét dela 
pmonde; fait e 
kme en vfe és. 
Wiere de quelai 
mer, &'atec ce 
ue elloillum 
lecorpt,&or 
fengroifir & 
pe. Ainfi lors « 
ktiufque auipr 
& plus quan 
allant en di 
és dans l'enc! 
ire Et cefte'f 
ber,ains à fs et 
kublesence c 
lécro: dent par 
nefenflent pe 
rque-ceta vi 
le de laterre q 
ksvnes queie 
ecroift deux'£ 
x l'vne fois pl 
his li marée de 
fois, à quoy f 
beaucoup les 
k, kgroflicre 
Micule; ainfi: q 
ufes qui regn 
Meaux: 8 Lib 
Ont des plusref 
Riner, 0 


DES TERRESINEVFVES. 158 
bsle flux fault que aye quelg autre caufe plus fubtile , & qui feraporte 
corps colelkes, veu que fans celsitferoitimpolfible 4 auec fi gride:cer Ze: vents cas 
ederépséllefuaft;ou reflualtordinairemet;ainfi qu'on la voit faire. /€ du flux de 
biflote,;qui a Ré va des plus gris & diligens recercheurs desçaufes na- Le mer [6lon 
died pas va des Philofophes tétanciés que modernes,a dit 4 lacaufe .Æriffore. 
faicces fluz de la mer eft la matiere des vents côtenuz, & énélos {ouz 
relaquelle force les ondes marines pour tafcher de fottir hors'de fon 
pprifonnemét, & fortie qu'elleeft,derechefl'eau fenreua, & retourne 
fa place. Taçoic que cefte raifon fembleauoir quelque verifimilitude, ft 
fceque le tépsprefix, & limité qu'6 voit un cecy y fait cognoiftre quel 
saautre cas, veu que c’elt tous les iours que cela aduient à heures certai.. 
ka de moys en moys,où on cognoift l'accroift plus gräd vne fois que 
tre, Etainfi à bien parler,& fuyuit ce que fel6 le cours naturel on en 
weiuger;lacaufe plus forte & principale de ce’cours, & recours éft le:14 rune cum 
muémét délai Lune: D'autät que,tout ainfi que le Soleil,qui ef le cœur € du fo 
monde; fait euidéte preuue de fes force: en ce qui eft chaut;,la Lune de /4 raifon 
pine en vfe és corps qui font humides: veu que elle montät fur l'Hemi- pou. 
ere de quelque regiô maritime;elle va rabatant & lançant {es rayôs en 
ner, de auec celle clartéqué elletierit, 8& emprunte du Soleil chaufant 
ique elle illumine, efpand,&c eflargift les exhalationsmeflées enfemble, 
lecorpt &ondes de la mer, qui caufent fon accroiffance, & la forcent 
fengrollir & enfler lors que ces vapeurs veulent fortir attirées par la 
ieresiliine. Ainfi lors que la Lune eft tendre & nouuelle,la mer fenfle petit à 
 & inotiufque auipremier cartier d'icelle, & lors elle va en accroiffant d’auä.. 
ay ne & plus quand ce viétque elle eft dutout au plein:mais la chaleur Lu 
Garodreallant en dimiaution,& n'ayärplus force d'efueiller les vapcurs’en- 
plus Ales dans l'encloz des eaux, lamer fe defenfle, & reuient à fon cours or< 
ides, ire Et cefte force de ceft Aftre eft non feulement côtemplée enuers 
dra lier Mersains à fes effectz encor à l'endroit de tous les corps, & animaux, & 
dition cables en ce qui eft del’humeur,entant que elle croiffant ilz croiffent Diferêce des 
decroifiiecro: lent par fa diminutiô. Bien cft vray que toutes mers, en tous li- cawx en lave. 
du loire enflent point,ou decroiffent egalement;ny depareillé vehemen- hrnence du 
laquelfirque cela vienne des autrés corps celeltesjou-de la nature de l'eau à fur. 
elle tite de laterre qui l’auoifine:veu qu'ikn’y adts mers qui font plus pu- 
er roues vnes que les autres:de lorte;que en plufieurs endroits elle croift, 
elait, Miccroilt deux fois leiour ;ainfiqüe en aduient ordinairement à Bor- 
e temoiur l'une fois pluftef, & lautre plus tard, maistoutes-fois nç füillant 
ettezeais a marée de monter&-defcendre toutes les vingt & quatre heures 
La co fois, à quoy fault confeffer que outre la force dés carps du Ciel,ay- 
erimbesucouples vapeurs, & exhalations qui font {ouz l'eau la, plus oraf- 
avis: &grofliere! & lësivents enclos ; &fur tout durant les ardeurs de Mafurer, eo 
L &arnicuis; ainfiqu'oneh voit l'expérience en ces courantes enflées, & courantes de 
ert d'oRtufes qui regnent tous les ans le tong du canal de mer qui eft entre z/howrne em 
none tdeaux: 8 Libourne; que les habirans du pays appellent Mafcaret, 4l temps f 
l'aGadontdes plusefpoguentables Bourrafquys que homme puille gu£re en fureur, 
nr 00 0 


B2 ij 


NLLA 


| LIVRB'QVATRIESME : : 
: Tout.cecy confideré, &imeu ce quej'aÿ defia propolé füuiuantl'id dre, neant 
des Philofophes eh cé qui ef du fur & reAua regy. par la Lune ;enco mine Occa 
n'eft-ce pas tout côfidéré, qui ne pañfe plus auêt, veu qu'il y a bié grang@plus ou mo 
différéce de-ce qui fe pafle en:la mer Océane, & des cours reciproqués eur prendre 
Ja Mediterranée:veu que fi vous.côtemplez ce qui fe pafcen la courfe dEunirabile. 
l’vne &-del'autre, vous verrez-que déz le deftroit de Gibraltar , qui axciement hum: 
l'eftreffiflure de fa bouche, fepare l'Ocean de la Mediterranée;toute celle Kay que 
campaignefälée qui tend vers le Leuätr, & regardel'Afe, Europe, & Afiliurmente fo: 
quetonseuoit gucregrand fuz ny refluz,& fi la mer fenfle quelque pebuant la cat 
plus que de couftume, cela aduient par l’occafiô de quelque grand orgdurhomme f 
& fortune, laquelle ceffant,les ondes ne faiilent de retourner aufli toft plus grand 
Jeurpremiereftàt.Mais depuis le deftroit fufdit tirant le long de l'Oceurfraifon 
foit fur les coftes d'Afrique, ou le long des haures d'Europe, on voit dMBqr'eltant de 
grands fluz & refluz,ainfi qu’en peuuent iuger ceux qui ont couru fortrleurs rays, 
ne le 1ôg des coftes de l’Andalufie, Portugal, Gallice, les Aftures, Bifcienceque v 
Bretaigne, Normandie, Angleterre, Flandres, & Germanie . Cr d'au que fortra 
quenousauonsparlé de la diuerfité en general du fluz, & refluz foi @ibordantou 
l'Oceä,;ouen la Mediterranée,il fault fpecifier.cecy par les menus, & vitre des plan 
que la scie n'y eftpoint generale, & que l'Ocçan mefme eft alteré en dec de ces ac: 
cy , qu'en plufrsursendroits il eft aufli calme prefque que la mer de iculiers nat 
uant:8c d'autant que nous difputons plus auecl'experience,que-par ldénaduient à 
ce des raifons éy deffus miles en anät, audi faulc-it faiure ceux qui on1@sondes ou la 
ceft effait de la nature; laquelle eft meruciileufc en fes œuures, & qui nuy Ariftote.c 
ontlaiflé par efcrit ce que i'efpere vous trouffer en peu de parolle, fu'elle furpatTo: 
diuerfité de ces chofes en la mefme eftenduëé du grand Ocean. line dit, foit fo 
Gençal ouie- … Cefit expent Seigneur Gonçal d'Ouiede qui a fait l'hiftoire-des Inc of qu'il 
del.2.cha.1o & qui l’a dediée awgrand Empereur Charles cinquiefme, parlant en bBCaftille de j'G 
clerc , & par le jugement de la veuë , comme celuy qui a arpenté pre(lBlak ny la und 
tout l'Ocean , dit que ez terres voifines de l'Ocean , &-lefquelles noudBfenflant, & d 
uons ia nommées: le fluz y eft aini vehement que j'ay defcriteftre àB@Bicitauftral à 
deaux, & autres lieux tant de France que des Efpaignes qui regarden@Burprefque far 
L'Oceanmef Nord , ou Tramontane : maisaffin qu'on ne vouiut tourner en cond compie, 
me fans flux, quence & neceflité quetout l'Ocean fut fuier à ce fluement | &refMais de dire:d 
contre l'pinio ment ; 8 que l'eftoile du Nord y euft quelque force plus grande, ion & mouum 
commune, Que vers les ifles Canaries , & en toutes celles qui font éz Indes Odnét,pluftoft : 
dentales defquelles nous parlerons { Dieu aydant ) cy apres & lefquehiqu'il en adu 
regardent le plusle Septentrion , le fluz y eft aufli peu apparent queut de grandes 
Deffroit de le voit eftre en Italie ,& prefque rien, quiprendraefgard , à ce qui@ifeftonner 
terre de La Ca uient à l'Ocean , qui flue le long des coftes de Bretaigne, Norman@ilolophie que 
fille 7 Indes Flandres, & Angleterre. La ou en l’Oceañ méfme le fluz, 8 refluz ele ble Boft phor 
d'octidenr.  vchemét le long des coftes de terre ferme des Indes Occidétales quiféBiteur des bor 
& regardent versle Midy,ou versl'Occidét: & racompte vne che{“ÆEtliefbont ,fo 
n'eft a mefprifer : En la Caftille ditte de l'or y a vne eftreffiffure de@des:la haftine 
feruant de barriereà lamer de Midy , & celle de Septentrion , lent quene 
tirant versle pays Brefilien , & l’autre prénantyvifée vers la Héont plus vche 
de : & ce peu d'efpace de continent ne fçauroit duoir douze lieulEtroit de Mage 


| L'Oteancer 
mer de Leuat 
drfferens en 


œours. 


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e lieutf 


DES TERRES NEVFVES.  . à49 


es neahtmainsen ce peu de diflance, & tout cecyn'eftant qu'vn,& 


mine Ocean.on.yoit celte grande difference que'ie vausay dit, touchât 
pusoumoins de l'eng-ofliffement des ondes, en quoyie diligentle- 
‘illuy plaift de faire, qu'il eft impoflible à enté. 
ment humain de comprendre ces lecrets. 
le Kay que Pline; qui feft efforcé de rendre raifon de toutes sholes fe 
mente fort fur cefte queftion de l’accroift, & decroift de la mer,en at- 
uant la caufe au foleil , ic à la Lune difcourant longnement, & en {ça- 


hrhomme fur le cours. de çes Plenettes , & n’ignore pas qu'il ne donne 


burprendraefgard , & admirerale fiéteur de la nature quife monftre 
hdmirabile.en tout ce qu 


shnliéis, 


plusgrand mouuement à l'Ocgan qu'à lamer mediterranée , amenant | 


purfavaifon qu'il à plus d'effort côtemplé en fontout, qu'en vnepartie, 
faneftanr de plus grand'’eftendue, les aftres auffi y peuuent mieux lan- 
rleursrays, & departir leurs influences : mais ces raifans font fort froi- 
senceque vous voyez defia,comme en} Ocean en vn lieu manque de 
que fortrare,& en l'autre il y eft efpauuentablement fafcheux, &fb . 


fbordant:outre mefure.Mais pour fe couurirde ce coup, il farme fur le 
tre des planettes en diuers &mpslesvns desautres , caufant la diffe- 


nec de ces accroifts en diuerslieux : puis abaiffant fes ergotz donne des 


iculiers naturels & mouuemens à l’eau felon les lieux, & côtrées, ainf 


y Ariftotequelquegrand que fut, nepeut iamais comprendre,entant 


velle furpaoit le cômun cours de la nature, Et iaçoit que toute ce que 


nedit,foit fort notable fine peux ie comprendre qu’en fi peu d'efpa- 


dep qu'ila dés les citez de Nomde Dieu , & Panamaen Ja nouuel- 
aftille de l'Occident l'vne regardant le Nord , & l'autre le midy,le 
ikoy la Lunepuiffent caufer en l’vn cofté une grand furie de l'Ocean 


fenflant, & diminuant, & en l’autre n'y Yan’ aucune weheméce, celuy 
jeftauftral ayant lez flots eftrangement efmeuz, & lefeptentrional e- 


xprefque fans aucune force à tout le moins qui paroiffe pour en faire 
nd compie, & pour l'afluiettir à la gencralité propofée par Pline. 


Mais de dire.que quelque partie du mende aye cefte particuliere affe- 
jon & mouument naturel, & à elle propre ie n’y voy guere grand fon- 


mét,pluftoft accorderay-ie que le plant, & afiette des lieux caufe çecy, 


Viqu'il en aduint és courätes , veu qu’eftant les lieux eftroitz , & la mer 


int de grandes vapeurs & exhalations , & icel' fÎées du vent ,ne 


ut feftonner fi l'on en fent la vehemence : &uc ‘y ie ne veux autre 
ilofophie que la y rt qui fen fait per la veuë entät que céux qui ont 


(le Bofphore de Thrace fçauent bien que l’eftrifliffure du Canal ; 14 
teur des bardz , &l'aport des vagues del4 mer fmaiout chtrant 6n 
Rellefpont font caufe de ce grand rauage , & mouvement perilleux dés 
desila haftiueté defquelles eftät grande, & furieufe, &les lieux eftsoits, 
fent quene pouuds f'exhaler,& vomir leurs vapeurs ,ces fluz & refiu 
ont plus vehemens , ce qu'encor flous trouuons par efcrit de ce grand 
foit de Magellan,ou la mer de Pond lefcoule au Leuant, & les cou- 
s Bbb à) 


rfiringe ÉT 


lenaduient à lifle de. Negropontenceft Euripe,& furieux muglement dy Cana de” 
sondes ou la merflue, & fluefept fois pour chafcun iour, ‘la raifon de- ANegropont, 


D. LIVRE QYATRIESME Fe. D 
La forme © ranrerdui foht'iu Goülphes Feftendant dé le té iufquil | Epour và « 
affiette des. Prouince Frañiçoife dé Floride .Etainffil fault venir là , que cec pr fsde la mer | 
ai da as cedeplus de la forme’ alfiérte des lieux pour éftre haultz, px 2 partie Bore: 

pee 86 Gtenans les vénts preffér, & comme emptilônnez, &les vapeurs enclo prentrio al, 
Pur. fes;rbtlehent qu'elles voulant fortir, &'troiiänt refiflence, Faut ur au entre 
ri engendrentcefte efmôtion en-la mer, non que peur cela ie vucille nid ent que f 
quete cours Lünäiré ay puifé’beaucoup , veu qu'en là géneralité ni de quelqu 


émyoyons Les efaits-, toutéifors n'acéorde-ié point qu'és vehemence frigeagitatio 


patieufieres, l'effort vient aufôi d'ailleur que des influences des aftres,io: piqui ont. fai 
quéfcomimie i'ay dit) la fubrilité ou efpaiffeür des éaux peut beaucoup Eufés Les çot 

cefte matiere. Etfiées raifüns ne font fufffantesauec vn petit mot, ou! VEUT P 

ourront fouldre toute laqueftion qui eft, que c'eft Dieu , qui en dif}. "4 €n bail 

feainfique bonluy femble ; &'en fait felon fon plailir, & pour monft Wu à caufe d 

fr puiffance laquelle eft inéompréhenfible : Et ainfi ayans dit ce quenod"0t:& qu’ 

ouuons il faultqu'on ous excule, &à nous c'eft de loüer dicu, qui] pue" déduire 

Ê pteu'nous'ayder de fa grace , & nous communiquer raifon', finon pl * Aucunsn 

faiéte à tout le-moins quiaproche de la preuue, & verité de la chofe pi telle queie 

pofée : nous arreftans fur le confeil du fage & grand Apoître ;, qui voeu » penfer 

© Des courätes admonnefté de ne fçauoir plus que de rain , & de éendre plus hat; qui von 
ss mer, noftre volée, que la modeftie Chreftiennene le fouffre ou nermet.. des caugrnes. 


baux fouterr 
hélefquelles 
toucment &.t 
s:prochans d 
sinfinité d'Ifl 
, font & cré 
tplus exorbit 
tie long de Ja 
Lainl que l'a 
kentrional, no 
intauec l'Eu 


quantau fluz’& refluz: refte à parler vnpetit mordes courantes) 
que lé'leéteur en oyant quelque mot en lifant noftre œu ue il fe fouui 
ne l’auoir leu, & içachie quelle chôfe efticelle de laquelleil entendf 


mention. | ‘ak 
+ Les courantes donc font toutes contraires au fluz foit en vehemenc 
“cours & origine entant qu'elles empefchenteftrangement le nauigage 
à peine fe laïffent vaincre à force quelconque derames; leur cours n'ay4 
oint de retour', ainsallant toufiours de hault'en bas; &'pourfuyuantis 
pointe, nÿ ayant naiffance ou du lieu, ou des vapeurs, ny des influenc 
des planettés . Les opinions eftañs differentes lür la cauf@ de ces ea 
jeur origine difficilement auffi en peut on donner certaine refolutic 


neantmoins chafcun abondant en fon fens ; & ayant quelque raifon pole toutes ces r 
l'eftabliffement de fon dire peut auf erfparler; non commeen decidé" plaira le 
enfoliuge fans aduis , mais comme declairant fa fentence pour fe fu: & les doubt 
mettre au iugément des plus fapes ; expertz , & quiont fauduré l'eféiant de notre 
dé lanature, : Or faultil voir quel il fait en tous les haures de Leuant, eformai 


Ponant és Indes Occidentales, où ces courantes ont le plus de force ; couftumes, 
“fçäuair les lieux plus bas , 8 plus haults, d'autant que par cefte conii 
D'où fônt au ration NOUS VETrOns quela partie de la mer allantle plus en baiffant 
celle quifouffre auffi le plus de ces courantes : & qu'ilfoit vray ; qu 
lyfe ce que les expertz Pilotes ont efèrit du deftroit Magellanique 
verrons que l'eau y allant d'vne courfe tref-roide & ainfi poufféc pou 
ler en panchant & lelieu plus bas & profond ; attiränt à foy d'un 
effort les ondes, & c'eft puurquoy de plufieurs vaiffeaux que Magel 
conduit.à grand peine f'en peut il@uuer vn ou deux, pour porter le 


{ces les coura- 
tes. 


uelles de fù ruine, 


L. DE serre RRES NEW PV'ES: | 160 
S tpous va cymple plus fimilicr ; (qu'os voyeauecquellefürieles on- 
NU | sde la mer Maiour.defcendent en la À 4 og pan 
Le jpartie Boreale eftla plus.haulte du Globe, &. le pont Kuxin.eftant tout 

SR tentriomil, caufe ces courantes , pource qu'il. va fort en. defcendant 


sr pqu'ifentre la en-mediterranée;ce qn'écorc on peutiuger pard:embou- se 
à ai jencnt que.font lesriuieres en.mer, lefquelles y. entrant scamme pouf- Conrahntes pe: 
M de quelque ‘hault precipice fontreculer l'eau marne & caufent vne rileu/ês entre 


do figeagiration d'ondesés lieux où ainfi-elles fengoulphent: Noz Fran- la Fhridee 
TA UN piqui ont fait le voy age.de la Floride , fçauentbien combien font pe- Le pays du Me 
où LE eufés Les courantes quifontentre la Floride, &cles Ifles des terres neuf. XIe, ; 
pa sä qui VEUT prendre Ja route du Mexique, où lamertirant du Nord au. 
we ‘AG baiflant, & les eaux y roulans d'vne furie plus grande & impe- 
pers caufe de leur defcente . Etäfinqueicne vous. tiennetrop lon- 
vero pet, & qu'il ne fernblequeie m'aheurte du tout en cefe opinion, ie, Diyerfês caw 
quite" déduiray encore d'autres que cha/cun choilfira à fon plailir & fan.f6s des courans 
ss ; Aucunsne voulans confeffer que cequivient du. Nordayelahau- res. : 
Mot grtelle que ie dis, & comme {; la mer.eftoit vne longue & perpetuelle 
qu pure ; penfent que ces lieux dela terre; où ilz ont. voyagé en ceft Oc- 
dr alt qui vont on eftreffiffant entre la mer de Septentrion, &-Pacifique 
se. VUE cauernies,, 8e Srortes, fort profondes , qui. vomiflant l'abondance 
saux fouterraines, les gettent ainf furieufement de l'vne mer enl'au- 

& lefquelles prends le tour vers le Leuant caufent ces courâtes, & qué 
Woiicment &. tour vienne.de la force du mouuement du Soleil : d'au 
s:prochans de noftre dire en raportent l'occalion à l'aucifinement de 
sinfinité d'Ifles qui caufent que l'angoiffe qu'ont les eaux en defcen- 
igage , font & créent la furie de ces dangereufes courantes : mais d’autres 
av PUS exorbitans ; quifèns grande raifon imaginent que ces eaux qui 
ant e long dela Floride cn lieu de prendre leur voyage vers lepays Au- 
Quentin que l'art le monftre , aillent en montant fe rendre vers le coing 
er entrional, non encote veu ny defcouuert,& lequel (comme i'ay dit) 
(oluridintauec l'Europe. 

fon pol toutes ces raifons le diligent, & ingenieuX lecteur choifira laquelle 
dec plaira le mieux : me fufliiant de luy auoir ainfi efpluchéles matie- 
| & les doubtes de chofes qui nous pourront cftre prefentées en dif. 
ce l'efirant de voftre monde nouueau , & quatriefme partie de laverre , de 
lle deformais il fera temps de parler,& en defchiffrer; Les peuples, 8 
couftumes. 


ntes,l 
fouuie 
tend fa 


nement 


euant, 
orce ; 
e coniit 
ffant 
y » q 
nique, 
ç pour 


‘vn f 
age 


er les 


LIVRE QUATRISIESME 
Des terres de labeur. Lebr der, Bucaleos © Ifles veines, amer les mass, 
© fatons de‘vie des peuple) qui y hditent,@- per quielles Farentpre- 
that 


mitrement defisuuertes. hapitre, Cl 


atroce Tl'oneuft féty suffi grarid proffit à la defcouuerg 

Leproffiton- ÉAVAE STE des parties Boreales qu'on a trouué de cômodi 
duit l'homme VIT AAC 8 au Leuant, & au Midy; & für l'Occident c'eft fi 
anauiqur, ME ER IQ auca doubte queles hômes y euflent penetré 

ù | gräd hazard, & peril deleurs perfonnes,eu efox 

à celle execrable faim, & infatiableapetit desh 


grand peine en trouuerez vous quatreou cinq qui ayenttafché ded 
couurir les terres qui tirét au Nord, et qui auoilnét l’Artique en Ja cira 
ference qui defcend du Septentrion à l'Occidét,et encor ceux qui y 
palfé fe font monftrez fi peu diligens, que de n'efcrire que comme en 
geant les mœurs des peuples qui y habitent. Ot fçay-ie que les Portug 
Pourquey les & Efpaignolz fy font penez autant ou plus que nation qui vine ; la 
Portagas @* pour penfer trouuer deftroit qui doublaft vers le Ponär, pour dela 
efaugn:lx, le chemin plus aifé,et court , pour faire le voyage des Moluques : Jeu 
ontcherché  ftant vn gräd, etinfiny trauail de courir toutela cofte d'Affrique, 
es terres fép- uironnertoutes les indes, et trauerfer prefque toute la longitude del 
tentrionales . uers,pourpafferen ce nombre infiny d’Ifles rant recommäde des 
Juques:les autres y ont aufli trauaillé,enuiäs la fortune des autres qui 
venuz fy arreiter, telz que font les Fräçoys, qui fans fe foucier que h6 
ftement de l'or, ont eu pitié du peuple de ces contrées,non fi cruel qu 
le paint, iaçoit qu'ii fe raporte ( comme ï'ay dit ) à noz Européensde 
ponie , & Scricfinie fur les parties plus feprentrionales , & qui auant 
Efpaignolz fy lontarreftez , & y ont bafty des hameaux , & des fortes 
fes, Et à fin que ie ne femble par trop flater les noftres , ny tordre len 
l'hiftoire, qui veuteftre traitée veritablement , il fault voir briefuem 
Iean Scolune qui la gloire de la defcouuerte de ce païs boreal eft deuë,qui ne doitd 
Polenuis pre- raportée ny à l'Efpaignol, Portugais, ou Françoys : veu que [ean Scol 
mier.qui def* Polonois, y palfa dez l'an de noftre falur 1476. long temps au parauît 
cowsrit les jamais les R oys Catholiques,ny Portugais euffent enuoyé Colôb,on 
terres meufues Îpucce à vifiter les terres eftranges: lequel feigneur Polonoistraucri 
mer de Noruegc,& lesifles d'Engrowand, Thilé, & autres incogn 
vint au deftroit qu'on dit Artique, & oppolé droittement à celuy q 
6 parties Auftrales de Magellan . Long temps apres ceftui cy perl 
ne pal fi auant, d'autant qu'encore on ne feftoit adextré à Ja cognoil 
ce de l’art marin, & que le defir de gloire n’efguillonnoit de tant no 
., res pour aller planter leur memoire parmy Les nations eitranges, Or 
Puce Graas que & Colomb, & Vefbucce eurent defcouuert les pays defqueli 
Rares Darlurons cy apres, & que delia les Indes Orientales eftoyent com 


Colomb er. 


itàla defcouuen 
uué de cômodit 
Occident c'elt fi 


euflent penetré 


 DESITERRES NEVFVES. 16; 
sidumagafin de noz Occidentaux,quiy alloyent non par la mer rouge ! 
jnsiadis les V'enitiens;ou par le païs Perfan,mais ayäs defcouuert tout 
squireftoità eftre veu & sogneu d'Afrique, & des parties Oriétales des 
des, il y euft vn Portugais mômé Gafpard de Cortereal, lequel en l'an #” cal, Portn- 
too. aucc deux Caraueles penetra iufqu'à celle partie du monde vers 1e £4* deféunre 
Nord,qui {6 rencôtre à ce qui eft habité de noftre Europe péfänttrouuer P2° de L- 
pemin pour aller à l'efpicerie, & pour fuir aux incémoditez de lalon- 0racer. 
eur, &aux perils qu'il faltoit pañler,& fous l’equateur,& vers le pol An- 

nique, lors qu'il falloit doubler au cap de bonne Efperance,ayät ce gail 


erfonnes,eu g@ pilote, & bon Capitaine, ce iugemêt ur les Moluqueseftät plus du 
iable apetit des hi, rant que Leuantines ,on pourroit plus facilement y pafer du cofté du 
es richeffes, com ntrion, que par la courfe qu'il leur côuenoit faire.Ceftuy donc ayät 
uueraine felicité: 


it trauerfé l'Ocea 


rais,ny du trau 


yent tafche ded 


’Artique en ha c 
encor CEUX qui 


e que comme en 
-je que les Portu 
jon qui vine ; la 
onär, pour de la 
ss Moluques : leut 
ofte d'Affrique,d 
e la longitude del 
recommäde des 
ne des autres qui 
fe foucier que hô 
ées,non fi cruel qu 
noz Européens de 
ales , & qui auant 
eaux , & des fortet 


es, ny tordre 
ult voir briefu 


deué,qui ne doitd 
veu que [can Scol 
g temps au parauit 
enuoyé Col6boi 

Polonoistraucrli 
, & autres incogné 
ttement à celuy qL 

res ceftui cy perl 
dextre à la cognoil 


Lonuoit de tan 
ns eitranges. 


les pays defq 


les eftoyent çof 


rule 16g del’Oceä;iufqu'à penetrer plus outre à ne portét les climats 
uainez par les anciés vint à 60. degrez de latitude en vn pays incogneu 
qu'iltrouua efträgemét froidureux,; caillé de glace, 8 SE de neiges, 
où les riuicres n’eftoiët point nauigables à caufe qu’elles eftoiét endur- 
dela glace. N6 pourtät laiffa il de mettre pied a terre , dônant le nom 
fleuue premier defcouuert de Rio Neuado, qui fignific fleuue de 
ke, & veit le pays bien peuplé &-habité de toutes pañtz. n6 fans fen ef- 
rruciller à b6 efciét;veu la cômune opinié des fâges’, qui eftimotét que 
le pole aucü ne peut habiter, à caufe de la veheméce , desfroidures, 
pce pays eft celuy qu'6 a depuis apellé la regiôdu Laboureur/enEfpai- le fi 
\Terra d'y Labrador )de Baccaleos, & la nouuelle France,où les hom- pi Z.Jo4f 
sfont grädz,bié proportiônez, mais aucunemét bruns & noiraftres, & }° 7777 
ile paignét la face, & tout le corps de diuerfes couleurs pour galätife, 
imés eltre plus beaux en cefte forte. Or péle-ie que Fils font noiraftres, 
s'eft pas l’ardeur du foleil qui en eft caufe, veu les rigueur du froid qui 
afaillent, eftans droittement fouz les rayons de l'Ourfe froidureufe, 
que ce font ces couleurs, qui abreuuds leur cuir les noircift ainfi,cô- 
'experiéce fen peut voir en ceux 4 nous voyôs par deça courir p tout 
ulenom & tiltre d'Egyptiés. Ces gés encor fe parët de certains bra- 
eue d'argét, & de cuiure, car l'or neleur eft guere cogneu,n6 plus qu'ô 
trouueguereés mines du Septétrion, & font veftuz de peaux de Mar- 7/emeés des 


ail 


Rio Neuudo 
en Labrader, 


jrc 


y ( 


jen 
em 


eùlô qu'é hyuer ils portét le poil au dedäs, & côtre leur chair, &l'efbé rrronanx. 
aucôtraire,mettäs le poil dehors, & la chair qui rafrefchift auf leur 
mure. Regardez bié ce qui eft efcrit des peuples Boreaux denoftre eu 
pe, & vous cognoftrez côbien ceux cy raportét à leurs façons de faire, 

u viurefoitau'mäger, &veftirtellemer qu'où ils font de mefmé pays Monte-Zu- 
les vos font defcéduz des autres. Ce qui eff affez vray-féblable à prou- m4 /€ di cffre 
Mveurd lors que les E lBaigholz furét au Mexique, & tirät vers la:Flori- deféédu d'ail. 
yeult vnroy nôméMontezuma,qui leur dir;lors qu'6 luy prefchoit leur que du 
by chreftiéne, qu’ils aupiét l'adoratiô de leurs dieux de leurs ancefties pusys os sl e- 
v'ilsn'eftoiérhabitansue:cé pays ,ains y eftoiét venuz d’ailleurs: qui fort Ryr. 
kit péfer q leraportäsaux lufditzdel'Europetils eftoiét ou de la Bo- 
bScriclinié,ou Bisimic,ou'q lesanciés Intalaires- die ligräd Bretaigr o- 
CCc 


t no 
Or 
uels! 


Gfhms se Co 


de Labrador. 


k&autres animaux qu'ils coufent enfémblepour f'écouurir,ayäs cefte hommes fêpré 


oargasanietmgemiente =remere< 
- us —* 


| 


om me meer eme 


LIVRE 'QVATRIESME ::. 
l'y fauucrét,chaflez parles Danoys de leuviterre:Car il n'eft pas vrai-f 
diable, les hiltoires des Septentrionaux:éft#s pleines de leurs courfe 
côme ils Fuifét toufiours fur mer vagäs pour defcharger leur terre de 
ple,qu'ils ne peuplafférce pais, &ifles voifines, veu il ne fe trouue por 
qu'ils fe foiét arreftez en aucune côtrée d'Europe, iufqu'à tät à lesDanoj 
pañerét en Angleterre, & queles Normäds vindrétrauager laNeuftrie, 
Abondance Les viures plus frequés de ce peuple font les poiffons, defquels il fe fare 
desaumns  fentle vétre plus que d'autréchole, & fur tout les Saumons leur viéne 
enterrede à gréjtant pouren eftre bô le gouf, que d'autant que facilement ilz en 
Labrador. … couurent, À caufe de la gräd abondäce qu'en nourift la mer en toutes c( 
contrées: & encorqu'ils ayét quantité d'oifeaux, & de fruitz de diuerf 
fortes, fi ne fe paiffent ilz d'autre viande que du poiffon,fi ce ne font cr 
qui font Antropophages,lefquels prénent curée des efträngers qu'ils peil 
Baffimens de jent empoi gner. Leurs maïfons nefontny grädes, ny magnifiques, côr 
ce pays fépten - ceux qui ne les dreffent que de quelques pérchesde boys, & les appuya 
frinal, de force cheurôs & tables, côme ceux qui ontdes forelfz, & boys del 
re fuftaye & grandz & fpacieux, aufli bien que ceux qui fetiennent 
l'Antartique,& couurent leurs loges , non de tuiles n'en ayans ny l'vfs 
“ny l'induftrie, & inuétion,ny de fouërre,ou chaulme, n’vfäs d'aucüs bh 
pour leur vie , ains de peaux de poiflons qu'ils efcorchent , telz quef 
les veaux, Loups, chiens marins, & infinis autres animaux monftruui 
que la mer leur fournit pour leurs neccflitez, Ceux qui y defcendirent 
premiers, n'ayant penetré guere auant en plat pays, ny goufté les mœ 
du peuple, ne fceurer.t autre cas efcrire de leurs façons de faire finondi 
qu'ilz eftoyent eftrangement cruelz, hommes vaillans, hardis, & pui 
Barbe en & mefmementen Canada, & Labrador, veu qu'vn certain Florentinni 
Labrador eye MÉ Lean de Verazzan y etant paffé, & ayant pristerre enuiron l'an 14 
Canade,  auec quelques vns de fatroupe, fut auffi tot taillé en pieces, luy & fes g 
* parles Barbares, qui à la veué de ceux qui eftoyent aux vaiffeaux, les ro 
rent, & en prindrent curée. Cefte troupe fe faifoit forte de f'arrefter là, 
y baftir quelque fort pour voir le pays beau, & fertil, l'air ferain & falux 
re, les riuieres fort belles, & qui enträs en mer, feruiroiét d’abry aux Ch 
ftiens y abordans, & la terre propre à eftre cultiuée. Ce Florentin def 
uant ce peuple,en parle ainfi:Ces hommes vont tous nuds,fauf qu'ils pr 
Jean Para. tent leurs parties honteufes couuertes de peaux femblables aux Marti 
Zan deférit  & ceints d'vne ceinture d'herbes bien tiffue ,& fort eftroite, enlacée au 
les Barbares le:poil de queuës de plufieurs animaux tout autour deleut corps , &q 
Canadiens. leur vont pédant iufqu'aux genoulx:& aucüs d'eux portent des chapea 
& guirlandes de plumes d'oifeaux faites auec vne grande gentilleffe, 
fubtil artifice. Leurs cheueux font noirs, fort efpais, & toutesfois:coun 
& lefquelsliz lient .tous enfémble fur la tete. & faitz tout ainfi que 
valets d’eftable accouftrent les queuës de noz cheuaux;leur femblant oi 
cefte parure leur donne bonne grace, & les réde plus beaux & gentilz.] 
font deftature moyëne , mais vn peu plus gräd que nous ne fommes 
deça bien formez & proportiônez, ayans l'eftomach large, les bras fodi: 
&ucruzux, les iambes bien faites, & qui n'ont aucun default en la life 


4 : 


Cruauté des 


DES TERRES NEVFVES. 161 
pofition de leurs corps, fauf qu'ilzont le vifage vn peu trop large, 
byque non tous:entant queplufieursont un pourfil bien ageancé en 


E« 
n'eft pas vrai-fis 
le leurs courfes, 


r leur terre dei les yeux noirs, 8 grandz, le regard affeuré, & foudain': & font de- 
ne fe trouue pong foibles de force, d'efprit gentil, fort fubril, difpoitz de leur per- 
u'à tât 4 lesDan ge des meilleurs & pl° legers à la courfe que lon fçache:Or ce au- 
agerlaNeuftrie, RE ie que ces gens fe raportent fortaux Orientaux, & fur tout à ceux 
ur RE jéont les plus loing d'entre les nations leuantines,relz que font ceux de 
d [l 


ion de la Chine, & Royaamede Mägi, duquel auôs parlé cy deflus 


acilement il2 enr@hordz de la mer en ces cartiers eft chargé d'arcine, & fablon fort me- 


a mer En toutes Æ & va toufiours en montant, & côme feltédant en vne petite colline : 
le fruitz de diver@isant on trouue affez de riuieres d'eau douce, & des bras, & canaux 
a,fi ce ne font ner quiarroufentJle païs,& qui feruent de haures pour y aborder: & fi 
Rrängers qu'ilsp pale outre oh voit la terre fpacieufe & large,ayant de ibelles & ferti- 


magnifiques, côn 
oys, & les appuyet 
eftz, & boys de ha 
qui fe tiennent { 
en ayans ny l'vfig 
n'vfäs d’aucüs bh 
hent, telz quel 


dpaignes, & grandes pleines reueftues deforeftz amples , longues , & 

fues, & où ladiuerfité des arbres donne vncontentementàla veuë fi 

nd,qu'il eft hors de la puiffänce d'aucun homme d'en exprimer le plai 

& grandes delices. Le féroy côfcience d'adioufter foy à cefte narratiô, 

que le Septétrion & mefmes vers les parties plus proches & expofées Cepis cf 
Durfe,n'eft poit pour porter vne face fi plaifante,& delicieufe,n’eftoit P/# doux que 
celuy qui fait ce difcours, dit que par la circôference du Globe il co- le re du Se. 


imaux monftrut@;foir que celte terre participoit de l'Orient, & que la couleur mefme P'enfrien. 
ai y defcendireninnoit affez d'apparéce, & auli laferenité de l'air,iaçoit qu'il oit en- 
ny goufté les mou.fé de quelque froidure : neantmoinsles vents n'y font violents ny 
ns de faire finon deux, & Filz foufflent auec force, cela aduient fur lecommencemét 


s,hardis, & puiffa 
ertain Florentin 
re enuiron l’an1; 
pieces, luy &cfesg 
ux vaifleaux,lés ro 
rte de f'arrefter là, 
Y'air ferain & falui 
iét d’abryaux Ci 
Ce Florentin def 
nuds,fauf qu'ils pe 
biables aux Mart 
ftroite, enlacées 
cleur corps , &1 


'Efté. Au refte en celle faifon eftiuale il n’y pleut guere fouuët,& fi le 
y vient nuageux, cela ne dure guere longuement :,& pour preuue de 
renité, & du peu de vehemence des vents,& que la terre n’y eft trop 
te,la mer y court affez paifible, & fans eftre trop furieufe,ny ondoy- 
& pleine de flotz dägereux, voire les haures tendäs en bas, & le pays 
ntpeu portueux, fi eft-ce qu’ilz ne fônt fafcheux pour les nauigäs qui 
ordent,entant que les rochers,bancz & efcueilz ne leur donnent au- 
kincommodité,toutesfois pour y auoir fi peu de portz,fi cefteinfor- 
accompaignoit la cofte, elle feroit du tout hors de l'heur que iamais 
me y peut prendreterre.f.es habitans de Labrador, côme dit eft font 
kr, &1à & par tout celle cofte,iufqu’au Mexique, les Efpagnolz n'y 
guere aymez , Comme ceux quon a fouuent eltrillez, & le cemitiere 
uelz eft reputé d’eftre à la Floride.Et d'autant que les contrées font 


portent des chapearfes,les mœurs aufsi des hômes ne faut fefbahir fi ont quelque varie- 
rande gentilleffe, Bimble, veu que le fufäit Verazzan efcriu ant au grand Roy Frarçois 
&routesfois courhier de ce nom, luy dit,que fefloignant du pol Artique,& approchäât 
aitz tout ainfi quelle Tropique, comme il fut fur prelque mefme hauteur ,& eleuation 


x,leur femblant q 
beaux & gentilz.l 
nous ne fommes p 

large, Les bras foi 
à default en La liail 


beut eltre la France , {ur le recourbemét de mer, qui va vers la Flort- 
ve le peuple plus blanc que les precedans, & non fi irouche,fe ve. 
de fcillards entretiffuz, & enuelopant {es cheue :xainfi que Le refte 
wadiens : & vfant-de bateaux fucz d'une foule piece qui font leurs 
ésainfi que font ençor tous Les fauuages tät du Mexique, ues Cari- 
CCcij 


LIVRE QUATRIESME. 
besquede l'Amerique.Ences:cartiers ,bien qu'ilz baftiffent de a fac 
que les autresplus Seprentrionaux,à fçauair de boys, & feillards pour { 
rder du froid,fienyail neâtmoins quiidormét &'logét à l'ôbre & 
Fins du beau'croillant de la Lune, laquelle on a cogneu depuis qu' 
font grand hôneur &:reueréce tout ainfiencor qu'ilz en vfent à l'endro 
du Soleil aufquelzilz facrifét,en quelle forte i'efpere vo’ le deduire:m 
que no’ foyôs {ur le propos de l'hiftoire des mœurs de ceux de laFlorig 


Verazzan côtinuant fon chemin par l'Ocean ne pouuât mettre pied à tes 


Lfle nommée 


Loife e 


re,ou n'ofant de crainte de ces Barbares,n6 encor apriuoifez, ainfi qued 
puis les Fréçois les ont réduz acoftables,defcouurit vne ifle,où il vint fi 
gir,& laquelle il dit eftre de la grâdeur de Rhodes, mais plus belle & fe 
tile, & laquelle il nôma du nom de Madame Loyfe de Sauoye merci 
Roy Fräçois de laquelle n'ayäs rié leu en autres liures,qu’és memoires( 
ce Florétin,ie péferoy fafcher le Leéteur fi ie m'arreftoy à la defcrire ai 
à ceftuy l'effigie,mais ie paindray le côtinét qui eft à 15. lieues de ladit 
ifle,lequel par cequ'6 peut côiecturer eft le mefine pays de Canada, n 
Terre de 84- entre Labrador, & la Floride, & qui côprend fous foy le Baccaleoz:où| 
hômes font gräds à merueilles,affez bläcz, &qui ont & portét les cheu 
fort long , & lefquelzilz attiffent,& ageaçent auec vn fort grand artifi 
& fi bien formez,qu'il femble que la nature fe foit eftudiée à Les faire t 
mefüurez en leurs prete & lincamés. Les femmes y font fort bell 
grandes,gracieufes,& fort chaftes,ayants le regard doux, & attrayans 
Jefquelles vont toutes nuës,fauf qu'elles couurent leur partie que lan 
re commande de celer,auec des peaux de Cerfainfi que les hômes « 
en vfent:& les aucunes portent les bras couuerts, & veftuz de peaux 
Lou-ceruiers fort riches,treffans leurs cheueux , quileur vôt pédäsd 
cofté, & d'autre le long de leurs efpaules, & celles qui font mariées p 
tét de diuers ioyaux à leurs oreilles,comme aufli font leurs marys, & ft 
ces bagues de cuyure, duquel ilz font plus de compte que de l'or ,ou 
l'argét, defquelz ilz ne fe foucient guere,& en mefprifent la couleur, 
ilz ay ment & cheriflent fort le rouge, & l’azuré:& ainfi les Chreftie 
abordans qui leur donnent des pieces de verre,ou Patenoftres, & coli 
de telle couleur, font les mieux que bien venuz,à caufe qu'ilz ffen par 
le col, & les oreilles, & en font aufsi grand fefte que la ieuneffe par d 
de fe voir garnie de beaux carquans, chaines, & coliers d'or,& riche pi 
rerie, Les draps de foye ne leur plaifent point;le fer & l'acier n’eftoit 
cux requis, & ne feftonnent quoy qu'onleur monftre des armes, &] 
declairer l’effe@, & effort d'icelle:voyans les miroirs ilz ffen rient, fy 
gardans dedans,non que pour cela ilz facent eftat de les retenir, nyp 
nent plaifir à f'amufer à cefte folie. 
Mornisnom- Ce peupleeft affez courtoys & liberal, faifans volontiers largeffe de 
mées Baca- biens, & prenant facilement familiere habitude des noftres auec lefqu 
leo7 par les Fy font habituez & arreftez dés le temps qu'on y va à la pefcherie! 
fasages.  Moruës,lefquelles y font en infinie abondance dés le Cap de Labrad 
iufqu'au Cap de fainct Iean,tenant ce pays de pefcherie pour le m 
vingt degrez en {on eleuatiou,à fçauoir dés Le foixantiefme degréiuf] 


caleoz, ales 
… hommes fat 
gr'andz, 


nticl 
taue ce 
ul a . 
xSur les q 
wélenom 
terre veit 
&aptes: 
,& où la 
, & dans le 
jple faict la 
tes & lab. 
krres fort ail 
ndre le boy, 
au defcouu 
«s,que ne 
jétes en form 
sde quelqu 
fure de laqt 
imés du môd 
incilleure qu 
ins pour fe 
yilz fe fafche 
lent fe rem 
portent le 
priuent de L 
ine fe fouci 
rompaigner 
femans leur 
me, & en: 
tpenfer,que 
kque celle r 
mguement, & 
int affaillis de 
pliquent (ar 
pce quelcond 
evicilleffe . ( 
fiche,ou à l’ 
hritable, & d 
angoiflez : 
licité precede 
ifements {on 
nptemps:ce 
sfait de mefn 
de vifage, & 
kviüre, Aufsi 
ptentiron Sc 


DES TERRES NEVFVES, 163 À 


delafig qurantiefine, qui font pres de quatre cens de nozlieuës:: & d'au- * 
ds pour { que ce poiflon eft nommé par les habitans du pays :Baccaleos la 


bre & pe auf a efté diéte par les Chreftiens, & baptifée du nom de Bacca- 
puis qu'i Sur les quarante degrez de laquelle ; & versie fleuue , auquel on a 
à l'endroeoé le nom de Jourdain, ceft homme par nous ia fouuentallegué,ayant 
duire: sterre voit le paifage beau, & aifé à cultiuer, les forefts grandes: & tou 
laFloridMe& aptes à y mettre de grandes troupes en embufche;fil falloir guer- : 
pied àteMyer& où la plus part des arbres font differens de ceux de noftre Euro- 


infi que , & dans lefquelles a grand quantité de fauuagine , contre laquelle ce 

il vint fMeple fai la guerre à tous leursarcs,& faiettes, qui font fortfubrilemét 

selle & Res & elabourées , &au bout 'defquélles en lieu de fer . ils mettent des 

e mere res fort aigues, & qui taillent aflez bien defquelles auffi ils faydent à 
emoires@ndre le boys, comme aufli f'en feruent tout le long de ce monde nou- 

ecrire Mau defcouuert de noftre sage. Ceux cy baftiffent mieux leurs lo- 

de ladirees que ne font ceux de Labradour,entant que leurs habitations font Cunadiens «3 
anada, Bies en forme cirçulaire, & comme vnrond , feparées les vnesdesau- y nur gr 
leoz:où Ms de quelques ro. ou 12.pas, fans aucunordre;n'y confideration d'archi. befifént, 
es cheucture de laquelle fils auoyét cognoiffance, ils feroiétles plus beaux ba ‘ 
nd artiidiinés du môde, veu les moïés qu'ils ont de la pierre de toutés fortes, & 

s faire Hncilleure qui f ve voir: &iles couurent de nattes,de rofeaux, &iôcs 

fort belMurins pour fe deffendre de la playe;eftans fi aifées ces maifons, que lors 

ctrayan ile fe fafchent en vn lieu , ils les tranfportent facilement 1à: part qu'ilz 

que la ni lent fe remuer, fe tenansenfemble en grand nombre,comme gens qui 

ômes aMBluportent les vns les autres, & qui ont vne gräd focietéenfemble. Ceux 

e peaux WP iuent de Legumes, qu'ils femêét auec plusde côfideratiô que les autres 


pédäs d ine fe fouciét qne du poiffon, là où ces Canadiés vont à la chaffe pour 
ariées péirompaigner leurs femences auec la chair de la venaifon qu’ilz prennét: 
arys, & ffemans leur grain ne font fi beftiaux , qu'ils n'obferuent le cours dela 


ne, & le naiftre ou abfconfement de quelques autreseftoiles , qui me. 


l'or , ou 
uleur, ni penfer,que ce poupee à d'autresfois eu fentiment de plus grädes cho- 


'hreftienMs.que celle rudefle &c grofliere qui ores letientaucuglé. Ils viuent fort 
 & coliipnguement,& ne font guerefmuent maldifpofez,ny malades, que fils 
fen part affaillis de quelque indifpofition, c'eft Je feu qui lesguerift,lequel ils 
e par dWpliquent fans ordônance d'aucun medecin, defquels ils n’ont cognoif- 
riche pince quelconque: & meurent la plus part affaillis d’vne grande, & extre- 
n'eftoit Micvicilleffe . Ce peuple commeil ett hardy & farouche à l’eftranger qui 
es, &lMhche,ou à l'ennemy qui le vient affaillir, aufsieft-ilaccoftable , doux, 
ent, fyfuritable, & debonnaire enuersles fiens,fe lamentantles voyants fachez 
ir, ny prRagoiflez : & parmy leurs miféres,ils fe confortent fur le recit de leur 
Micité precedente:Et lors que quelcun meurt entr eux;leurs pleurs & ge 
geffe de ifements font entremeflez de chants , & lefquels ils continuent vn fort 
ec lefgungtemps:ce qui n° fait penfer que les Thraciens,& Goths en ayans ia- 
fcherie Mshiit de mefme force, ceux-cy en foient fortis,veu qu'ils fe raportét fort, 
Lab de vifage, & de fature, & ayans quelque cas de leur maniere ancienne 
r le mitviüre, Aufi font ils habitans tout le long de celle cofte qui double du 
gré tentiron Scythique vers le midy jiufqu'à ce que e és de celle 
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H:flotre gene- térré qui fous le nom de Floride, va fe reployant vers l'Occident;ou f iiaitropa 
rale des Indes je$ peuples#ommez Cichores:en la region de Canad, & le long dufle commet 
La. ue Jourdain, defquels éftainfi parlé eñf'hiftoire des Indes Occidental Mélor;& Bac 
Fleuue leur- Les peuples de Gichôréfant voilius du promontoire dit de. fainte He], gre de Ma 
dain au nu- n$, où le pays eftnomméauffi Gualdapé en l'eleuation d'ehuiron 36. (docins ic! 
neau monde greziils font grands, & d'vne corputence fart mafliue, fans barbe,& pormladie , cc 
nommé par tans longs cheueux, lefquels font noirs, & qu'ilsentortillent & enlacedeau'il en fai 
lesniffres. comme des treffes,8& en d’aucuns endroits,;côme en la:Prouinc$ de Du: il ipourla c 
réilsles portent longsiufqu'à l'eftomach , &les femmes iufqu'à ce qui Gudy:l 
Lucas Vaf=  ]eur traingnt à terre . Lorsque les Efpaignols furét pouflez.de la temp: qu'ils ont 
quez defiou- {ke en celle plage fous la conduite de Luc Vafquez d’Aillion, & que le roBBesfte plant 
#rif ceP4S  Dathà les euft courtoifement receus en fon pays, le voyans grand comnué de chafc 
l'an1524. yngeant, & cinq de ces enfans à luy pareils en cefte monftreufe ftatu ent viuent 
ils f'enquirent d'où venoit qu'ils co loyenest exceffiuement,& plus qievoire les ! 
…. le commun dés habitans dela mefmeProuince : :à quoy futrefpondupdadé viciltef 
..«. Va Chreftien natifdu pays » & quiauoitreceu le B: ptefme par l'enhor@ki font des 


tion dés François qui fréquentoyent le long de cel. : cofte, que celaprdame qui ne 
Joss les deux cedoit de quelques aerbes charmées, defquelles ils vfoyentordinaireniitable, ent 
… Poles les home ge açouftroyent ces herbes comine la viande , de laquelle nous farcifimples gés 
mes [ont de at deça vn oifon : mais c'efloit vn legerpayement, veu que tant pludrqueiadisi 
g'ädflature. montete long, & felonléfieuue Iourdaln vers le hault pays dela gra hdefcriptic 


Efpaigne conquie l'an 130,parNunne Gufiman Efpaignol,les home 
font monftrueufement grans, & eftans tous tels en proportion quec 
Nune G#f= qui en |’ A\ntartique font nommez Patagones, & fe tiennent en la riuie 
man ala con. Ge Plate, Or d'autant que Verazzan dit que le long de cefte mer il n'ave 
guefrer le pais forme aucune de relligion, il fault voir comme le bon homme fe trompt 


Canadien LE ge feft contenté de peu de veuë fans guere paffer auñr: aufli dés fa premi 


kfent des ch 
ht deux petit 
grand feft 
huit que:le'F 
Bhfclteaupr 


tumatin qu 

1539° re defcente en plat pays,il fut maffacré , ainfi.que cy deffus nous auonsétces die 
deduit . Ce peuple dôc qui eft le long de ce Iaurdain nomméainf par|etint, ‘8e p! 

premiers Chreftiés qui y aborderéteft idolatre,& croit que les ames{ods, plus de fe 
immortelles, & queles vnes vont en Paradis, lequel ils faignenc eftre fs ou'its fe ! 

Orient,ou fur les parties meridionales en vn lieu forttemperé, & où clé, je Roy d 

iouiffent de tout l’aife qu'elles fçauroyent fouhaiter:les autres tirét en ed hies: de qt 

fer,qu'ils penfent eftre en Septentrion,en vne region expolée à la froidue]s porten 


re la plus eftrange du monde , & là font rourmentées à iamais pourn 
ie uoir honoré les dieux,ny fait les facrifices felon qu'ils le veulent, & con 
Religion, € mandent. Etont des preftres choilis d'entr' eux, & aufquels ils portent;d 
mœursdé  presle roy, fort grand reueréce, lefquels vont veltuz côme les autres,f 
ceux dupæys que des. cheueux qu'ils fe coupét, en laiffäs feulemét croiftre par les deu, 
de Cichoré, ef coftez des temples & coings du frôt, & vont lier cestoupets für leur nd 
: Gmaldapé. ton tout ainfi qu'on fait d'èn licol, & pendans d'yne teftiere de cheual.E 
d'autant que l'eftude & vaçation detous ces Barbares ef la guerre, le | 
deuins, & preftres ons charge de benirles foldatsallans à la bataille, lefqies 
ils arroufent du ius de certaines herbes qu'ils charment, eftimane que ct! 
leur fait fort falutaire, & eft encor leur office de penfer, & medicament@ 

les hlecez, 6 d'entérrer ceux quimeurent en combatan. Or ce peupled 


» 
 #Ÿ 


i qu'ils fon 
en proces 


deleurs viur 


ju, + ENMYRÉQYATRTIEMEG | 
campaigne, Ils-ontinesurre fefte en taquélte ils; portent én pareil üij 
Æffrançe: ce. Me tué Be 1dolg de boys laquelle ifs plätent, 8 fichehe fur vn: 
remontes de fteau-de boys: misitout de bour en la place qu'ils enuironnét d'vne palif 
ces Idolutres. de, 8&z'de grande quantité dé fieges & coffres faits affez groffement. :( 
+" tous.ceux qui fone mariéz fans que aucun y ofaft faillir, font teous d'off 
Lara  àçefkidole quelqueprefenr qu'ils meccét dans.cés coffres:;'ou fur ces 
.  Qulespendéntaux polteaux:8.ce pendant les, preftrés font la qui r 
dentqui efkceluy quioffe le plus beau & riche-don,affin de le manif 
&.declairerà toute l'affemblée:car quiconqueen raporte celte louange 
cftdetous honoré rout le 16g de celle année, & ainfiils vont à l’enuy} 
de l'autre à qui fera le mieuxion deuoir à l'endroit de l’Idole: Deuant 


# tdole myée quelle bâquetent les principaux,des fruits, & pain de racines qu'on yal 


Fert, &iautres viddes: & ce qui refte eft diftribuéentre les feigneurs, Or phée,qu 
per ux ef Preftres. La nuit éftantvenuë&;ils defcendenitice beau dieu de boys de fs Grecz (6 lo: 


me qui l'ado. roduit ces o! 
ourant (qu'il: 
magrées font: 
Soleil, & ce 
sames des de: 
:& ce penda 
dt vn plaifir, 
folies qu'ilz { 
irafinis que nc 
ntienez auec 
uderricre du € 
fe feruice,il r 
hec'eft vne gr: 


| fiege de pofteau ; &:la vont plonger dans vn flêuue ; où bién dans lam 
FRE x Fils font. voifins dela marine: à fin qu'il fen aille faire grañd chere: 
‘ : l'eauaueclesautres Dieux qui regiflent les vagues efcumeufes de l'Od 
À voir toutesces folles{üuperftitions,il fembleque ce peuple ayt ef 
dis inftruit en l'efchole des Grecz,ou Egyptiens,quiont-efté les plus 

&c plus:abufez en l'abominatié del'Idolatrie; que tout le réfte des hi 
& delquelsles Romains ont apris telz erreurs), &impoftures : mt 
Roys OPre- cor lediriez vousmieuxeyans que lendemain de l'eur'plongement à 
: Sfres comme mulachre, i!z affemblet encor fort deuotieufement, & defenterrentwt 
canonsfex par leurs-Roys, ou preftres qui aura eftéle plus honoré pour {és vertus: 
ces Jannages, mettans. ces offemens fur vn efchaffault à ce deftiné, :& dreffé en la ci 
 gors les femmes feules.foatl'office de plourer, & regretter la prefenct 
APR _‘fainthomime, tourhans à l'entour des. os, & dänçans en rond;;fans oubl 


1 "'d'offrirsce que elles:peuiuent derare à la memoire de teur-Prihce oùpBut,fe penfe au 
‘77 “fleur:puisremet-on cesosénterre, &Jorsvnprefère hirangut deuaniCes Canadien 
| peuple, louant-& magnifiant lavie paflée de celuy dé qui les offemés ox de Haïey,r 


tadonnez au 
pme, & les D 
say en cuyu 
tume detot 
jez de Leitr be 
mourir, il ef 
ces. At ref | 
prinautez, ci 
it que les fill 
pent,ny voyé 
leurs honnd 
ine Careffoien 


Quez gs cfté honorez,difputant de l'immortalité de l'ame; de l'enfer que Les dik 
Rey du para: ont cftably pour la punition des mefchans , en vnpays froid pour pur 
dis creu de ces ]gsipecheg : &leur propofntiepäradisiqu'itsbaftifent en vneiterrete 
barbares. rée, & pù regne Quezugà giand feigneur,ê& icetuy:boiteux;, neâti 

medoux.ë de bonnaire, comme celuy qui donnetonte{ürte de n 
fetemps aux amces qui pdflentenfonRoyaüme; les bantuetañt;creffn 
bal,la Mufique,&autres plailirs, 8 leur donnantiæiotiytfancede leu 
môureufes: voilale Paradis de Sathan ; qui füuz la dôuéenrd'vnteld 

eo touiemét,ermmisille écendort:ce pauure peuple, tout sffiqueles Tu 
: Lan 8 Makomerahs fe laiffent ileceyoir fout l'apaît desaiftsiprantisipanli 
ne) MCorendélaurfuxProphateRarle moyende letromdatuiré, ci 
fin ef cinalé 8e misawrnombre des: Dieu, er A d 


"\@upeuplé, prendnt à la fin cles benbres f focsSobrlanithrahtes oil: quant au 
ik hume parle nez la fumée fouflant furHafftencei dr faifad tof tisan ent d 


font pofées e 
hpremiere te 


granachies parfaifant fon ofhcéénchanteun; Ba! ehéid flo laverie, Vo 
quelle frtededeifies les hommes pm mr out 
; de laque 


LS 


 DES-TERR£GMBYFVES 
pquelle.vioient jadis les Romains,# de laquelle nous ayons parlé en 
wire Buropeçou celke cy de ces Sauvages & Barbares,(8& cognoiftrez 4 
Leur left joué, & Le jouë forticftrangement des hommes, puis que ue 
Lrauant effacer en leur ame celle opinion de La diuinité,que la mefue na. 
We ous propofe pour la croire neccflairement, il Jeur‘monftre j'a- h 
brio d'icelle, aon ainf qu'il le fault fire:mais rauiant au crcateurfa Chä/ons fas- 
joire,pour faucement l'attribuer à la çreature. Par la predication de cés #5 en memes. 
x prefcheurs,ce uple (eduit,le perfuade qu'il ya gridaébre d'hô- re des gens 
pau ciel;côme aufls fous terre, & que Jes Dieux de ja mer font partis en de bien 
uficurs bendes, & de toutesces folies 1lz en dreffent,& font des chan- 
esqu'ilz châtent, & les enfcignét à leur auditoire. Quelle barbarie trou. 
n vous en ce peuple, veu qu'il limite ce, pourquoy l’on a iadis tt eftimé 
nOrphée, qui a mis au Ciel les plus infames hommes de la terre, 8 que 
sGrecz {e font dits Jes premiers & plus ciuilifez de la terre, pour auoir 
kroduit ces opinions en la fantalie des hommes? Vn Roy de ces peuples 
ourant (qu'ilz nomment Caciques) les Preftres (ubtilzen leursrufes,& ee, 
magrées font artificiellement des feux qu'on cftimeroit eftre des rayôs #7 ke 
Soleil, & ce feu feuaporant;ilz font à croire aux fimples que ce font Roys font he- 
sanes des deffun@z qui l'en vent au Ciel iouyr d'vn aife à iamais dura- °"€2 68 leur 
«8e ce pendant on enterre le corps auec grands pleurs, & gemiffemétz, "4. 
et vn plaifir quand ilz font la reuerence à leur Roy de veoir les geftes, 
folies qu'ilz font, & telles,queelles ne different en rien à la dance des 
itafins que. nous offrent par deçà les bouffons d’Htalic : car ilz luy frot- 
tie nez aucc leurs mains, & Luy palfent la mio depuis le front, iufque 
derriere du colice que fait, fi le Roy prend plaifir en ceft office, & hon 
fe feruice,il ne fait que tourner fa relte vers l'efpaule feneftre, d'autant #76 4 leur 
Lec'eft vne grand faueur, & celuy qui l'a reçoiten recompence de fon ?r##. 
us fe penfe auoir receu vn grand honneur de fon Prince . 
Ces Canadiens de Cichoré,& Gualdapé ne font fi abrutis que eftoyent 
ax de Haity,ny Cubà ou lamaicÀ, defquelz i'efpere parler cy apres, ny 
adonnez au plaifir dela chair, d'autant que chacun n'efpoufe qu'vne < 
ame, & les Dames y oat altraintes par la loy du Pays,nonefcrite en li- C#herens. 
bny en cuyure ou erain.ains grauée en leurs cœurs, & obferuée par la 
tume detour temps, de ne {e point remarier leurs marys eftans tref- penfues ne fe 
Nez de. Leitr belle mort naturelle:mais fi pour leurs forfaitz le Roy les 7777403. 
mourir, il efb perais aux femmes de volerimpunémentaux fecondes ?7/77 ## Ci- 
ces. Au réfteilz font fi eutieux de ta modeftie;que fçachäns combien ‘€: 
tel cprinautez, & icux (e font entre le mary & la femme, ilz ne fouffrent 
les Toit que Les filles demeurent aues celles qui font mariées, afin que elles 
ipasliyent,ny voyent rien qui puiffeles chatouiller, ny induire à felgarer 
8, joe di leurs honnefbetez:imittans en cela les façons anciennes des romains, 
no inc cireffoient iamais leurs femmes en la prefence de leurs enfans. 
defauc oila quant aux Canadiens qui font bien auant en terre ferme, car ceux CP des Rate, 
Mitisanent dés l'entrée des terres neufues(que on appelle)& lefquel- Cap des Brc= 
ont pofées en l'Occident de noftre ligne Diametrale,ou meridion ale #75 en 161765 
premiere terre eff le promontoire dit C:p des sf qui cit polé à neufnese 
Fan DDd 


Efräge façons 


aire la re- 
\ 


Mariage des 


de Jeu 


Û 


e laqué 


At à 


ÉEVRSQVATRIEME. 


quarante fept degter- de ltifadle feptentrionale, & quarante de longitu: juil 
de Occidentale:coux dif-ié ;:quife tiennent encefté entrée; &entrel + 2e 


deux promontoires desRatz , &des Bretons ;font gens cruels , farou. 
ches & non acoftables ,& quine fouffrent que perfonne les acofte ou: 
defcendeenleurterre, grands deftature, commetous ceux de Septen- 
trion, veftus de peaux de Loups , & autresanimaux fauuages ; & sang 
des marques au vifage ‘queils fy font auec le feu à grands rayesnoires, PRES 
portansies cheueux longseommé rout lerefte des habitahs de cor PEN 
ons, leurs armés font desarcs defquels ils faydent fortadextremen a 
1fles de terre rrées non de fer, mais bien‘de pierres, & de quelques-oside poilfons 
neue. - & habitent en des petites loges'de fcillards , &efCorces d'arbres faites ex: 
prez pour la pefcherie quieft de Loups marins; Marfouins, & quelque 
Oifeaux de mer que on apelle Margaux , queils prennent 62 ifles voif 
nestellés que:font l'ile Bretonne ; des Demons , Brife', les Arei 
& autres-en grand nombre , & la plus part defertes : & y ef le depa 
tement de 14 defcouuerte tel , que les Bretons ‘; & Normands tiens 
nent la partie qui tend du Leuant au Ponant, & qui eft le Canadà, & qui 
ont nommé la nouuelle France; & fi quelques vnsiont donné le nomd 


e 


hdife des Fr 
er les comb. 
bconftance 
Charles de 
l'an de noft 


France Antartique à cefte poignée de terre coftoyée, & habitée quelau@qu à tant qu 

temps parle fieur de Villegaignon, plus raifonnablement peut on ape occident, 

ceflcautre France Artique, ayant fi long temps que les noîtres y hant« 6, & pleine 

à fçauoir dez l'an mil cinq cens huict. qu'ils la defcouurirét, & y vonttou@tcelles de fe 

lesans à la pefchérie, & plufieurs fy eftans habituez, isçoit que d’vn coMblon, où les | 

fté l'Éfpaignol,de l’autre le Portugais leur enuiét cefte fortune & gaillarAuer perfon: 

dife. - terre Ferme, 

Or courans du Leuant au Ponant vers la Floride eft la terre dite Fran@ults &rigu 

” çoife, queles Efpaignols mefmes encor nomment ainfi ; & laquelle si, & ceux de 

Térre Fran- à trente degrez de Latitude, & feptante hui& de longitude, où veritable qui péfan: 
çoifeditte  mécle peuple reffent quelque cas de la courtoifie de la nation de laque @ienque des 
Nurumbeg … il porte le nom,comme celuy qui eftaffabic; gracieux courtoys, & debonkyeit que de 
par Les famtæ naire : comme aufli leterroireft plaifanc & fertil , & 0 àl'on trouue ddyiliflante, Où 
gs Orengiers, et Amandiers , et des vignes fauuages auec leur fruit,et pludBetrtaines ifle 
fieures autres fortes d'arbres d'vne beauté agreable, ex fort fouefs , ctaroquelz ilz les 

matiques à odorer, ct flairer, ‘et ce pays cÎt nommé par les habitans NuBBrtux du Pays 
rumbeg;entre lequel, et l'ifle Efpaignolle gift ce grand goulphe, duquBouleur, & a; 


“imerueille 


j'ay parlé cy'deuant , eroù font lés courantes des eaux fi dangereufesti 
tplus blancs, 


rantde la Floride au Mexique, contenant d'interualle, ctefpace dem 


de làiufqu'au Brel plus dé mille bonnes lieuës : mais le chapitre fuyuonfe qu'ilz fe 
nous aydera encor à mieux efplucher les maticros, M chien lors 


dit le: namb 
les Ours pa 
Kill, Mais lai 

notre hiftd 
de aboe + ARkny despaïr 

Ta pyant affez nc 
le, En terre 
ES cognoi 


15 HMS + NE E ME NT : | 
bé DES TERRES NEVEFVES. :. 266 
Delansmalle France . cmeenant Hachelags, Canadé ; Sègue= 
4,0 le Floride , ç-des peuples KA J habitent. hi 

AUS A Chapitretrefieme. Î 


pr 
re les! 
art 
5 OU! 
pten- 
Key ORNE  rnèt te à a TE ot 
cire anses OR T peu d'hommes y ail eu denoftretempsqui ne 
es: re ÿ LATE, W5 ayent ouy parler de ce grand Pilote & expert Capi- , 
enr ne ak taine de Mer , Iaques Cartier, qui du temps du_grand Zagwes Car= 
3 


; 
* 


oiffon Roy François, & fuyuant latrace de Jean Denys Nor fier excellent. 

ites ex) Lie mand (qui comme j'ay dit l'an mil cinq cens hui@ , a- Pilote de ne- 

clou RAS uoit voltigé le 16g de Canadé) commença aufli à rafer fre temps. 
Ensestasn les fillons de la mer pour faire voir à chacun, & la gail- 


s voif : - s 
dife des François, & leurinduftrieaufli bien fur l’Ocean, qu'à ma- 


Arein 

depart les combatz, & les affaires en terre ferme. Ceftuy-cy feftant fié à 

js tien Mrconftance des ondes efineu de fa propre curiofité, & des folicitations 

&c qu'il Charles de Mouy feigneur de la Milleraye, & lieutenät de l'Admiral, Charles de 
nom d@l'an de noître falut mil cinq cens trente quatre prit la route du Ponant, Mony f@ign. 
quelqu qu'à tant qu'il vint à Cap de Raz, prenant port à Carpont, & Degrad,. del mile 
r apell l'occident, pource que la cofte qui regarde le Leuant eft bafle, dange-rge. 


“hante, & pleine de bancs , & où tout le pays eft plein d'Ifles telles que 
onto celles de fainéte Catherine,de Brefts, des Oyfeaux, & celle de Blanc 


d'un coMblon, où les fauuages fe tiennent pour y pefcher le long de l'efté, mais /fler de later. 
c gala uer perlonne ne fyarrefteà caufe des froidures, ains fe retirent tous re Frençoife. 


terre ferme,cerchants les pays plus chaults & les moins expofez aux 

ults & rigueursde la Bife,& ce font ceux de Bläc Sablon qui ensvfent 

fi, & ceux de l'ifle fain& Tiques,ainfinommée par le Pilote Laques Car 

qui péfan: pour te bon port que ce fut quelque bôneterre,.n'y trou- /fles s. raque': 

ienque des pierres, & rochers,nomplus qu'à celle de bläc Sablon, ou somméepar | 

veit que des haliers efpineux, & les roches toutesreueftues de mouf Cartier. 

xliffante, Oreftil chofe merucilleufe ce queledi& Cartier racompte 

kertaines ifles efquelzil ne fe trouuarien que des oyfeaux, & du nom 

quelz.ilz les baptiferent, le nom defquelz eftoient Godetz ainfi diétz. 

ceux du Pays, & lefquelz font de la grandeur d'vnGeay, noirs & bläcs 

jouleur, &.ayans le bec comme vn Corbeau’, & fort ayfez à prendre, 

nimerueilles, & bons. à manger,les autres font appellez Margaux,qui 

plus blancs, & plus grands que les premiers,mais difficiles à prendre, 

fe qu'ilz fe deffendent eftrangement du bec, & mordent prefque cô- 

vn chien lors qu'on lesapproche, & font de la grandeur d'yn oye, & 

dit le nambre effre fi grand que toute la terre en eftoit couuerte, & 

les Ours pañloiéc des autres [fles auant pour fe venir paiftre fur cefte 

hille, Mais laiffons ces. iles defertes pour voirles hommes pour lef= 

Lnoftre hiftoire eft drefféë plus que pour la fingularité ny des ani- 

xny des païfages,iaçoit que is ne vucille du touttaire cecy, comme : 

pyant affez necelfaireà noftre difcours, & au Leéteur plaifant & prouf ragtes Car= 

ile, En terre ferme que Cartier eft de(cendu,il voit du peuple qui les tier, en fa pr 

ls fe cognoift ,.ce que nous ayons dit AUS sers que tout Ce miere relais 
- MED 


te Fra 

uelle gi 
eritabl 
laquell 
8e debor 
ouue dé 
it,et pl 
S ,Ctaro 
tans Nu 
; duqué 
reufesti 
édem 


fuyuat 


|, DESTERRESNEVPVES : 247 
gants mrauoir elté, & en donnérénrädüisaux noftres: Le Roy defquels lors Pônerons ; pp 
terne Nine parler à Cartier(leque en fon 15 Fappelloit L'Enncena;& pour de Cmala, 
figned W 
n'& trô 
pnt gra 
Le fur 
cffant d 


Eneur ApoEs ) il feit vu fePmon &'harange aux Chreftiens., ainfi 
Li ont de couftume acoftans quelqu'vn, & remuant fon corps, & fai- 
Erd'eftranges geftes des mains, & de la tefle en figne de ioye, & débon 
nueil Fait à noz gens, les affeurant d'eftre venuz en pays dérépos & af: 
brnces & ne le peuuent mieux exprimer qu'en ballant & chant, ainfi Mechelggé ro 
efouuentesfois nous auons deffa propofe . Les Mer umts de Hochelagà rame nôrms 
Mentprefque tous en comuiun eftans lears loges faites en rond , Æ en d'une riviere 
ronnez comme dans vne paliffade & muraille deboys , & au dedans 4% ditre. 
bmaifons de boys fpacieufes de quelques cinquantepas ’, & bien cou- 
res detables, & en ces logis ya grand nombre dechambres, & cabi, 
& au milieu vne place ouils font le feu à defcouuert, afin qu'iln’in- 
relie leurs joges, & ayans banqueté enfémble; les maris & leurs femmes 
retirent chafeun en fa chambre ;, auec leurs enfans & famille , entant 
jé ( comme f'ay dit } chafcun eft content d'vneefpoufe, & fe tient fort Afimens de 
mneftement en fa famille, inftruifänc les fiens 4 viure vertueufemem.  Hochelage.: 
Jizont des greniers au deffus, & hault de leurs chambres, comme nous D” 
ons par déça ou ilz mettent le grain de quoy ilz font leur pain, qu'ilz 
homment Carraconni , & lequel ilz font en cefte maniere : i1z ont de cer: Côme les Fro- 
sinsmortiers de pierre , & auec des pilans déboysilz vous pilent leûr chelagiensfat 
iiufqu’ä tant qu'ilz le puluerifent à bon efcient, puis en font pafte.er lewrpain,no- 
ficelle de grandes foiaffes,ou tourtes à la mode de Limofin qu'ils met. me Caracèns 
bc fur vne pierre fort large, & bien chaude,qu'ils couurent auéc des cou 
preles chaults aufli, & en cefte forteilz cuifent leur pain comme dedans 
four. Ce bled leu fert enor en potage, comme les pois, & febues def: 
elz ils ont abondamment aufli bien que de concombres, & melons , et 
luficurs fruitz defquelzils fuftententieur vie . Ont encor en leurs mai- 
ns des Vafes fairz tout ainfi que descaques.barilz, & demy muidz, où  . , . : 
mettent leur poiffon en conferue , & lequel ilz fontfecher en eft£au Porffen garde 
Mist, à Go que l’hiuer il Jeur ferue de nourriture, dequoy ifz fe pouruoiét ec enfre les 
us que d'autre munition pour viute ; fans que pas vne dé leurs viandes Canadiens. 
se gouft quelconque de fef, d'autant qu'il ne prennét point aucuh gouft, 
Mphifir en cefte fâulce. Voulans repofer ilz fé couchent fur des efcorfes 
Mrbres cftendues fur fterre,auec des mefchantes peaux de beftes, &'a+ 
Miniux fauuages | défquettés auf its fe veftent, & fe couererit la nuit du- 
nent icur repoz,& fommeil. Ce qu'ilz ont de plus précieux en cemonde ä 
incrent quelques chôfes qu'ils nomment Éfürgui, qui fonc auffi blanches z/ärgus./on 
tenège, & recucillent en yh fleuue portant cenom méfme en céfte come des ma. 
k ne quélqu'vn d’étr'eux à merité la mort, ou bien Pis oht pris quél- rseres de/quel. 
cor en guerre, if2 le tuent ,puis te defchiquétent à grand2 COUPS les fe crée de 
econreaux Ie long dés Féfles, écdés cuiffes & efpautés, ce que fait, ils def” corailen mo- 
tendent Le Corps auec vné corde au fonds du fleuue,od eft ledit Efürgui, fre mer. 
frlaiffant dix où douze heurès , & l'oftans ils trouuent en ces taillides 
celte matiere feftant attachée au corps ; de laquelle iléfünt dés bulottes 
taime dés paténioftres / & en vfercomme nous de l'or ; ‘ou de l'argene 
dre | AEUCON PE RIERTT . DDd üj.. 


ou LIVRE QVATRIESME « 

&tochelagiens 8e l'en feruent à eftancher le {ang , ce que.les noftres ont trouué elle, 
font tous la- ritable par lexperience, :& ainii ne f'eftonnoyent fi ces barbares en tie 
boureurs on nent fi grand compte veu qu'ilz font Metz à faigner fouuent du nez, À 
pefiheurs. … relteles Hochelagiens n'ont foucy aucun des richelfes autres que ce 


# del: Al 
Yosréillef 


1 iéhargc. : 

fers pour le viure; & ne fe meflée que de l'agriculture, &fçauoir des ch1Ry Motel 
Mont-real 8 dela pefcherie, & ne fauét que valent Iesthelors n'enayésaucunecdhiunäis : 4 
se des doi 


lieuprincipal groiltees, d'aurant que iamais ils ne partent de leur païs, & ne font v: 
de Hichelaga bons comme les Canadiens, iaçoit que ceux de Canadà foyent leurs fut 
iets,& tributaires:&e ont les Françoys donné le nom de Montreal à lats 
. re & finages de Hochelagà, à caufe dela beauté, & fertillité de tour| 
païlage.Les ceremoniesdefquelles ce peuple vfa en receuant les chreftig 
lors que Cartier y eftoit, furent telles, queie penfeilz obferuententou 
tes receptions d'eftrangers : ils f'affemblent en vne place grâde & fpacie 
FER fe qui eft entre l'interualle de leurs baftimens, & la riuicre, & là Fontarre 
ds Kochele: fter les eftrangers en vn lieu fait en forme carree, & foudain femmes, 4 


bles d'arbr 
ontles fufd 
kleurs haï 

flons tém] 
hntau peûf 
fonties mx 
jconferuate 
el ils difént 


Mauss petits enfans leurs viénentautour pour les careffer,recucillir, & bien-vié doit leur fi 
Mir Les Efri ner, leur frotans des mains le vifage , & touchant leurs bras, plourans di ion, & le 


grand ioye d'auoir ceft heur que de veoir hommes de lointain païs v 


ers ‘ k bd'eux, il le 
#7 nans là pour prendre duec eux alliance, Ce recueil finy, les hommes fon 


paife. Uz cr 


retirer leurs femmes, & enfans, & ffaféent à terre pres les eftranger @ies & puis 
mefme ordre qu'on fait par deça lors qu'on ioüe quelque Comedie,mi tes palfen 
ilz n’ont guere demeuré là, que les femmes reuiennent portans vne nat @ ile, & ma 
faite comme vn tapis, & l'eftendent au milieu de la place, & fur laquell tout ainfi 


ils font affeoir leurs nouueaux hoftes, Et tandis on voit venir dix hôm 

portans leur Roy, & feigneur aflis fur vne grand peau de Cerf, lequelil 

mettent fur celle natte au milieu de l’affemblée, là où eftant il montre bi 

vifage,&r careffe les furuenuz aufquels il môftre fes bras, & fes iambes, & 

leur faifant figne de les toucher, qui n'eft pas peu de faueur entre ces bô 

… nes gens que d'ainfi fe laiffer manier, ains fignifiance d’vne fort finguliere 
Hachelagiens amitié. Et pour monftrer en quelle opinion ce peuple ales Chreftiens,& 


pins, & racinc 
k cy apres, 
bilans des ct 
Hallans tou 
fort pauu 
ent guere i: 


temmes, 

œurtos © fur tout les Fräçois qu'il eftime filz du Soleil,il fait,apres ce falut coduirai a fault 
modéfles. …… deuanticeux;les malades,impotés,aueugles, & ceux qui eftoyétaccablezh que le figr 
d'asge,affin qu'il Jeur pleut les toucher,ayäs cefte fiance que noz gens 4 bon pil 

rs +  fentdefcenduz du Ciel pourle falut, fupport & gucrifon deleurs vieil; d'unco 


lards, & malades:& eft ce peuple fort modefte, pacient, & affez fobre, 8 
dommage fort gräd qu'il ne foitinftruit.en la fainte foy Catholique:mai 
ceux qui y abordent ayment mieux y rauager , & piller les Efclaues pour 
tourmenter leurs corps & ffen feruir en leurs affaires , que laiffans le pays 
peuplé fauuer tant d'amesiqui ayant a feule conduite de nature, fant b6: 
nes & bien affetionnéesà la vertu : mais priuées de la clarté veritable de 
J'Euangileset lefquels prennent figrand plaifir voyans.les ceremonies des 
aoftres à prier Dieu,en feflonnantimitoyent leurs geltes, &. fe plaifoient 
… & à ouyr parler de Eefus, fans-entendre toutesfois les milteres de.ce faint 
nom, tant la relligion a de force en l'ame de l'homme quoy qu'affoupis 
dans le mefme bourbier de l'ignorance." | 


. Ce peuple cRforr, & puiffant à merueillé, ce qui fe peut recueillis 


broftituët vi 
oitous pe 
Mleurtou: 
tirouué p: 
disles dame 
hifoiée OT 
fe Venu: 
Fpeine bea 
hfiit côme 
ME, & à 
Mance en le 
des côcom 


nbgure de 


L si k +1 F2 ; 4 
dé rd > à V fo 


| DÉSTERRESVNEVEVES, 2:68 
ele ess pts lésnoftres iufc qu'à leurs nauires, l'ilsen voioyent quel .Ægsrinde 
on tie # delàs,ils 16 prenoÿenñt fur leurs cole, 6 efpautes;grlo porto yent a-:pr#ple cruel 
nez, AM mrcille fatitité qu'on voit qu'vni cheual porte aifémée par détaquel:ipres de Cana 
ue ce achargc. Aux Ho chelagiens font voifins du cofté du Nord deshômes 44 
es chipins,crite!7, & farouches,lefquels ilz nomment Agonibndà;qui fignis 
icunecopiutais ; & mefchans , lefjuels Farment cout le corps; &iufqü'aux 
Ont vagin cles doigrz , non défér; ou erain, mais d'vntiffu fait de cordes , :&e 
Curs (uborfes d'arbrés,aute quelques petites pieces deboys'énlacées auec ceux 
là late onctes fufdits grand'guerc ; & fentietuent fort crücligient ; d'autant 
de tout leurs haines font pe aucune compolition:, & leurinimitié fondée zrœyps des 
-Chrefi£ long témps, qu'ils n'en fçauroyent l'occafion tant foit elle petite, 
it en touunt au peuple de Saguenaï limitrophe de Canadà , & Hochelagä, tel- 
& fpacic M Éntles mœurs, & couftumes til ne croit puinten Dieu, maiseflime Cudruvens 
Eontar confcrtiateur vn qu'il nomme Cudrüagui ; qui efklemalinefprit, 1e- 
mmes, D ils difent que parle auec eux, & les aduertit de l'heur; ou mal’heur 
bien-vi@i doit leur fucceder, & du bon temps; ou infertilité des années ; ayans 
Ourans don , & le confeffans à chafcun que lors qu'il eft conrroucé à l’encé- 
» pais veux, il leur gette de la poufliere aux yeux, &'les empelche de voir à 
names fon aifc. T1z croyenten outre que lors qu'ils meurétils ffen vontauecles 
inger oies, & puis l'efcoulent, & decendent le long du Cicl'auecles Aftres; 
edic,mi æres pañlent en des sr plaifans & delicieux; ouils iouiffenc de 
Vne nt aife, & mangent des méilleurs;& plus beaux fruits du monde.llz:vi- 
rlaquel tout ainfi en commun que ceux de Hochelagais, ayans des mefmes 
lix homes, & racines À faire leur pain que ceux du Brefil,defquels nous parle- 
lequelilés cy apres, & fe veftans des peaux de diuers animaux fauuages,l'hyuer 
onltre ba Gns des chaufes; & fouliers affez groffierement defdites peaux, & 1 
ambes, M allans tous piedz nudz, endurcis au trauail , & gensaccouftumez à Marisge des 
re ces bô fort pauurement, & en grande mifere. [lz prifent le mariage; & nec S'aguenaiens 
ingulicr rt guereiamais, bien ch vray quechafcun homme efpoufe deux ou differens du 
(Biens, femmes, auiquelles n’eft permis de fe remarierleur mary, eftant de- refe des Ca- 
Ecoduir RE ains fault que portent le dueil toute leur vie; lequel cft cogneu, auffi #4déens. 
accable M je je figne de eur viduitéen ce qu'elles fe falliffencle vifsge auec 
e gens US arbon pillé, & broyéauec dela gretfe autant que pourroitla largeur F illes profi- 
urs vieil oz d'vn couteau. Mais leur falcté eflle plus delcouuerte en cecy que fées par Les 
obre, SE ftituet vilanemétteursfilles auät les marier, lesmettäs en lieu pu- S'égwenaiens. 
Que itous péuuét aborder pour fy mefler auéc elles à leur fantafie, fans 
ues pOur ERh leur tourne à vitupere ny deshôneur glconque, iufqu'à ce qu'elles 
$ le pays tttouué party qui leur foit fortable,ce qui n'elt pas hors de foy. uis 
font b6- BU jes dames Cipriottes,& Babiloniénes(ainfi qu'auôs dit en fon lieu)) 
itable ibistcôciéce de faccointer de chacü à certaintemps: en lôneurde 
pnies dite Venus, à quionraporte l'inuention de la ruffianerie;Cepeuple Of Ued des 
laifoient peine beaucoup authauail, & laboure fa terreaueavninftrumentdé renal on. 
ce Bi fit c6me vne demy cfpée;&iont leur bled femblableaux :poisrôds ,°,, 2 
affoupis Hf;ré qu'ilzappellent(Ofzi)duquel aulüles Brefiliensontgrand 


"S'ghensiens, 


adore par les 
Sauensens 


PRNTA 9 rand'uèrté 
Mince en leur verre: Ils ont en sc RAA melüs,;Cocour-? ee auf des 
des cécombres, pois, 8 Febues,mais du tout diffcrés à celles de par de 


nbgure deflles neätmoins elles imitét aucunemët le gout & faueur, 


eilliren 


L'Emeriques. 


gwms, 


Le vfont feulement les hommeseo la Forme, 8 maniere qui l'enfüic, 


. Femmes plus re les Chrefliéns confeffenrqu'eux eftans parmy ces nations.eftrange 
Labeurieufés fe font bien trouuez des fuffumigations de cefte herbe: legoult &vet 
en Sanguenai mence de laquelle leur faifoit voir quelle en eftoit la chaleur, puis qu 
que les bômes \auourer on eull dit que c'eftoit autant de poiure,cu Gimgémbre pul 


vÆbendance hcfbes brutes;entant que durant les plus grandes froidures,lefquelles 
de poifon er eù ce pays là, &rfpres, & effroyables, fi venoyët ils tous lesiours aux 
gibier en Ca- feaux de noz gés sous nuda-et par deffus la glace: Dern cela cftrete 
nadé,to ter. nudz n'ayans rien de conuert que les parties honteufes , et. peuteftr 
res vos. … moitié des efpaules. D'autant que la terre ef couuerte denege, et que 


Maladie qui, Fy tranuent aulli bien ou mieux felan le:temps., qu'en cartisrsucuné 
regne fousêt. FranceÆt 0 que ladifpolition ethabirude-dece peuple fois tellei 
és pays de Ca: Yay ditéfin'e 

nada 67 5 3- fité de noftrenaturenous aallüiettis, et furtout à vne maladiequi ref 


Las TONTONET ER 


LIVRE :QYATRINSME - 
Croi® -ncorentresux vneherbe , de laquelle ilz fontgrand proui 
L'Efté pour le teraps d'hyuer la prifans, 8 cftimans beaucoup, & de lac 


L'ayant faite ” fecher ils la mercent dans va replyde leur abillemenr 
peau fait comme vne prochette, dans laquelle ilz portent aulli vnc 
ou de pierre,ou de boys, & à toutes les heures qu'il leur plaift,ils pulue 
fent laditte herbe, mettansia pouldre dés le comet fufdic par vn des bo 
&c par dflouz ila mettent va peu debraife, & de l'autre bout, ilz hu 
tellement la fumée de celte pouldre,qu'elle leur fort, & parles nez, & 
la bouche,tout ainli qu'on voit que la fumée l'euapore par vne chemis 
ayans certaine opinion que cefke vapeur leur fert de beaucoup, & à gr 
effait à les cenir chaulez., & fains, de forte que iamais ilz ne marchent f 
auoir fur eux de celte herbe ou feche , oupuluerifée, & de mefme dit 
que les gens qui hebitent au pays Brelilien, & en l'Amerique en ven: 


fé,qu'ilz feftoyent mis en la bouche :& comptent tous leurs faits px 
nes,ainfi qu'en vient encor par tourle contirent de l'Amerique, La 


hcontagion « 


Canadiens en mes de ce païs à font induftricufes, & trauaillent beaucoup plus we4 fence 
general Juf- hommes foit à la pefcherie ; qui eft vne de leurs principales occupaidi celte 
frét cfrange- ou au labourage ; & remuement de la terre, entant que (comme j'ay que les fau 
mët lefrud. ilsn'ont autre vacation,ny trafic, ne fçachant que vaule la marchand M jeu «1e 

: Or entreeux prenez lequel que voudrez, & des fexes, & des sages GR: 1er fine 
dil pas vn qui ne fouffre plus les rigueurs du froid que ne font men} b.fiment 


éroutre,& 
des , &' lai 
bitées, les pe 
rrons quelz 
tion, veu qu 
«| leles Frar 
Mans teurs co 
kmonftren 

fe veoir’ de 
Leur vucille 
nélless 1" 
Dreft la Flo 
Nrionale au t 
amefme co 

Miquanthies E 
béfloignez d 
loing dis 
J ce GO ur 

Btsne regnoi 
ages fleurs. 


flcuues font glacez,ces fauuages(fi ainfi les fault nommer) prennétgr 
quantité de fauuagine:comme font Dains,Cerfz, Ours,Lieures, Mart 
Renards,et autres beftes defquellesils mangent la'chair crue, l'ayantp 
micrement fait focherau Soleil , ou à la fimée , sinfi-qu'encor ils en 
de leur poilfon: duquel ils ont fi grand abondance qu'il n'ya faifon de 
ou et la mer, et les riuieres d'eau douce ne vous donnent dequoy cont 
ter dclicatement voftreapetit: et où le gibier cit fi familier, er aiféà pr 
dre queles Grues, Cignes, Outardes,Oyes,er. Canards fauuages, Mer 
Tourterelles, Bifets. Ramiers, Eftournsaux,Paflesfolitaires, et Franco 


il poiac fans fentir desincommoditesinfquelles Ja pes 


ble pre ‘que à lapefte de par deça, et:ceurs qui en font sstains perdans 
sc force de fe fouftenir {entoient vne enfleure e@rangeenleurs We 


DO 
CI 


’ 
à «4 


_D ESATERRIESVNE V FY ES. 269 
dtbtut énroidifèmenttieieurs aerfz;quileur paraiffoient.-suffnoirs 
Le to are nt 
fhg corrompu Sc maculé,toutainfiquele pourpre de ceux qui-ont Ja 
| FX Feftendoirecfte maladicaux euifles,hanches,beas,afpaules , & 
Sfu'au coljayans tous l'haleine f forte; & puante qu'ayeun.ne-pouuoit 
ht demouret aupres & les genciues gaftées de telle forteque la chair en 
Moit toute mangée, & les dents:entomboient# pluleurs:8e de ce mal 

fentirent affailiz les François-alors:qu ilz:y furent pour f'eftre pour- 
henez par le païs, &'ayans pormisaux fauuages d'aller :8c venir on leur 
fräurant celle perfécutionnel'eftimant point eftre.contagieufe., Mais 
Dieu , &'la naturefont fifoigneux de ccqu'ilz produifent, qu'il a'y,a L: 
dl'heur fi grand auquel ilz ne donnent & monftrent le remede ;'ainfi ri de pue 
l'on le voit &'experiméte.entouteefpoce de maladies;lefquelles quel- 2“: Pr 74 

rénoutietuté qu'aÿent ; fi eft-ce que laipuiflanco divine infpireleshom ?°"° «7 Eu- 


Hpour rechercher ce qui fevcà la guerifon de cefke alteration de leur “724 hi- 
* F ainfiqu'on a veu.en ce maudit, & pernicieux mal de Naples : porté 0 desChar 
n'deça par les Efpaignotz, qui les premiers voyagerét auec Chriftophle "4 15e, 
olomb;commenous auons diten noftre hiftoirs des Charles, auquel on 
pourueu par le moyen du boys fain@, & Gaiac pris au mefme pays-d'où 
icontagion effoit venuë . : Eye 
Auffren ce païs Canadien apres quelles François y éurentenduré Jiaf- 
ultde celte peftilence,ilz trouuerent auffi les moyens d'yremedier voy- 
hsque les fauuages faydoient de la decoétion d'vnarbre qu'ilz appel- 


Æmeda 4r- 


bre gueri]fans 


hen leur langue Amedà , auec laquelle ilz fentirent plus d'effai@& La pelle des 


bur leur fânté; que fitous les medecins de Mont-pelier y.euffent dref- Canadiens, 

Hebaftiment de leurs receptes.Ce peupleaffez efcpluchéparnous, faut 
firoutre,& voir ce quifuit;tirant;ouà l'Occident;ouau Midy en çes 

des ; &c laiffans à part vn infiny nombre d'Ifl evtant peuplées que. non 

ibitées,les peuples defquelles imitent les mœurs deceux-deterre ferme, 

rrons quelz font ceux delaFloride,& quelle eft la temperature de leur 

hion,veu que fouuentnous auons ouy parler de celte terre;& pour la- 

klle les François:& Efpaignolz fe font affez opiniaftrement énrretaft ez 

fins teurs corps pour engreffer lesterres de cenx qui iquelque amitié 
tmonftrentà quelle que ce foit 'des-parties, font: ioyeux toutefois 

fe veoñr depeftrez: dé coux qui'les vifiteng:;:.non pour. bien.que 

re vucillent, ains afin de fe preualoir & de leurterre, &de leurs 

né CR 118.4 4 sHif | M CLCERERER EN HER SO 

Dreft la Floride pofée à quelques trente deux dégrez de latitude fe 
rionale au‘troifieme Climat, mile prefque fouz'letropique diElté … ,Gerre de 

lamefme confideration qu'on peut imaginer le païs: d'Egypte, &c par L hide. 

Miquant les François eftoient d'Canadi , & qu'ilzfienquernient. des «+ ,;: «14 

Refloignez de celleterre:ilz eurentpour refponce:quil;y anait plus 
Hloing du chemin d'vne Lune ( éar-c'eft'ainf:qu'ilz comptentlours 

Né, tournées.) vn pafs pluschaut que le leur;& où lesglaces,ny les 

Btne regnoient point fi longuement;lequel païsabondait en fruictz, 

fiages Reurs, & delices plus-que celuy oh di Au: : Mc 


Deféription 


139%% 


2 . + LIVRESQUATRIESME à + 
BteftlaterroPlôride fiirecämavne prefque ilo;ainfi qu'S defcrit le par 
de Difinemirehéncrapt'empoinéte bien ddant era ver, qui la baigne da 
tous cofter, für celugquiarepard vérste Saptentrion, & voit Al'Orier) 
Ja grahd éftendue del'Ocean qui fepare l'Europe de ces tertes nouuelles 
mentdéféouuertes, à l'Occident luy giftlanouuellé Efpaigne defcon: 
uerte par Gufman Éfpägnôl : su midy elle regarde l'ifle de Cuba , à pre 
Ponrg#or ce fair Fernañ line; qui eftvne déspremieres habirées parles Bfpaignolz, & 
JFe Proutnce delcouuéerte par Chriftéptile Colomb : & a pris le nom de Floride de} 
df dite Fh- Léautédéfon pitfsge envant que ceux qui y aborderent lespremiers 
ride, ©° par Joyans ti verdoyante; pleine debois touffuz,forefts fpacieufes, & grâde 
gui ans 47 &'comme les prez yeftoicnt: tapiffez par la diuerfité des fleurs, qui en 
pelée, .\… Betliffoient tout le païfage; luy donnerent ce nom de Floride;qui reffer 
Plus fon Efpaignol que le trait de la langue Françoifesaufli ce à efté Tea 
… … . Ponce Efpaignol;qui l'an dénoftre falut, mil cing.cens douze,eftantd: 
. apoidté par l’Admiral Colbmb de fes charges en l'ifle de Boriquen , ar 
quelques nauires, & courant fortuneprift terre à la pointe de Ja Peninfu 
qu'encores à prefent on nomme le Cap , ou Promontoire de Ican Pong 
lequel & pour veoir le païfage beau ( comme i'ay dit) & pour auoir 
terreleiour de Paques Flouries, appella touts la prouince du nom 
Floride. f NATIA :. 138 
. :. .  Éghibitansdelrquelle font vaillans, hardis; forts,adextres, & le, lequel luy 
rlaride ef le 86 alléz fubrilz,& fins;acoftables gracieux à qui ne les fafche point, &q auroit aduifer 
ont donné de grands affaires aux Capitaines Efpaignolz, qui fe fontn Aurefted'e 
aignolz CN deüoir de les affuietir , & lefquelz n'y ont rien gaigné autre cas, finit ic temps pal 
Epagnelx, qu'ilz ont laiffé ce ultreà la Floride, qu'elle eft le Cemitiere des E(piMes Ameriqu 
gnolz:veu que de belles troupes y ont finy leurs iours miferablemen Œrtéraucunem 
cherchans les mines d'or & d argent; dequoy ilz font plus curieux que@*desarcz, & 
grigner leshommes, & fur lefquelz ilz veulent commander de brauad que celuy q 
ainfi que leurs biftoriens mefmes recitent, &.fe plaignent, & d'vn@iz adorent ] 
gloute conuoitite d'auoir., ê& d'vne cruauté fi extrauagante qui are es, & fem 
odieux le nom Efpaignol dés le Septentrion iufques aux parties auftri@ere, .&c Icurs 
& Filz ont des fubietz, c’eft que les pauures gens ne peuuent ffemancbnneofe y re 
detelle ferüitude:, & quoy: que les Roÿs.d'Efpaigne ayent defipoidl}) Or fe fait le 
pluliéurs chefzçà caufe de ces façons li cruelles, ji n'ontilz peu defriidmetcheu tou 
Ceimaîheur ; qui defpeuple les païs qu'on allois vifiter pour conuertirBBrelt dreffenc 
Fdolatres. . : ie DUREE SN en à STartares , aj 
. Ie ne veux m'amufer longuement für ce qui feft paffé entre lesnof@dque coran, ad 
‘@& les Efpaignotz pouf railon de ce païs, & comme le Capitaine [ean M , ce pendan 
; baud:y eftant abordé, & Sa graué les armoiries de France en vae cent en tout « 
R'Hïere de faineroche pres la Riuiere de May, qu'ilnomma aiali pour l'auoir diBridour, Can: 
M:y 4 laFlo- éounertéle premier iour du moys de May, futoccis, & maflacré malucun fembl 
ride nommée reufement, &icruellement efcorché par ceux qui deuoyentauoirplulk contrilte po 
par lesmfires. re(pe@ & aux Chreftiens,& à ceux contre lefquelz ilz n'auoient pe Rene. 
Landonniere guerre, fi ce n'éft qu'ilz éffiment que l'Efpaigaolne foit plus Eipady fait quelq 
Capitaine dés qu'il elt hors desterres deJ'Europe.. 2" : res plus hro 
Françeis, . Etne difcourraÿ encor le voyage du Capitaine La lonniere à fn pl que 
AS FT TRES it SIOICE dE mild 


Cemitserede 


Pr 


PRE 


[DES TERRES NEVFVES 2 


yiparlé , & 


CA 


n” . 
faits, Cér/ne fort 


dela Floride 


Religion @ 
tcrifices des. 
bre. .&c leurs propres enfans ainfique le {ortieureichoit fans que F loridiens. 
onneofe y rebfter, ny dire chofe.qui puille feruirau contraire. 7 
1 Or fe fait le facrifice.en cite fome ::leñour ardonaépour iceluy.e- 
Ænefcheu tous: f'affemblenten vne: plaine :campaigne; ‘où le fiege dit 
rirr et dreffe son fi fuperbe ;:&:magoifique que:celuy du grand Cara 
Tartares , ains l'affeoit le Prince Floridiasi fur: vo lit:de.natté , &.de 
dque coron,acoudé furiceluy , & appuyant fa face. fur la paume de fà 
n , ce pendant voit-on autour de luy des principaux qui faultent , & 
kententout ce qu'ils font , ainfi qu'auoss dit cftre it par ceux de 
radour, Canada , & Hochelagà , fans que pour cela ce beau Roy 
hucun femblant de routes leurs careiles , ains diroit onqu'ilrefue 
k contritte pour le malfacre qui fe doit faire bien toit apres en fa 
fence . à | QE A De) diures 
toy fait quelque efpace detemps, voicy venir les parens pere, & mere 
tres plus proches de celuy qu'6 doit lacrifier,côduifäns la miferable 
ime,& qui auät à l'offrirau Prince fe profternét. par terre,côme f'ils le 
kroiét de milericorde: toutefois Voids qu'il ne fé efmeutauceunemét 
EEc ij 


© 


Hz fe: feuent-8:ptené atlien | Î 1. Le mertér à dançer, K fair If luffours tours! 
… 1... Chentans ésdantansiatiaireinlefiege du, puma on cle 
! péuureoffrdhdtien l'airchaléune fois qu'ila tournent, la-pofans fur lelo. 

' ; sech du Princes: 1: tp Pan te 1 1 LEE ut fc LE ai PA de à 

| ‘Eeurstours finis ilele:profentent au Roy:qui luy met premierement |; 
ain für latefté,puis lé prenant luy donnele prentier coup pour l'afom. 
ul mer, :& laiffant:le refte:du maffacre pour l'exercice des patens qui le pe 
EU deg si °%  racheuent, & puisieureftpermis de l'anterrèr à leur fahtafñe:entanta 
ge PT ÿ{z refpetent tellement la fepulture que le plus grand:heur.qu'ilzfo 
| d $ FHrF- fiaicent aptes téurmort ; c'ettd'eftrecnterrez-auec. les-plus précieux d 
| Ati A leurs meubles: ce qui férecueille aflez par les propos que Olotoracà near melmes 
 meu du Roy Satironatintau Capitaine Gourguc$, allant à l'affult diges qu'ils 

:" fort detenu par lés Efpaignole: car il le pria, comme affeuré de mourir Mr parolle, a 
 Faffaule qu'illuy pleuft;que lüysmort,il donnaft cequ'illuy. promettodqueles Ect 

à fa femme;afän qu'elle l'enterraft auec luy,efperant que parce moyen venir au de 

en feroit.1e mieux venu ; Bcrecueilly au Royaume& village des cfprit que nous’ 
d'autant que tous en general croyent l’immortalité des ames, & la feldnyagé dez la 

té des gens de bien en l’autre monde, feftimans les grandz filz du Solde vingts lier 
&difans la Lunceftre leurtante,aufquelz ilz font la reuerence, & ls@nelques 28. d 

luent en dançant,ainfi que diteft cy deflus, veu qu'ilz ne fçauroientwi Or les peur 

. ftrer figne de leurioye qu’en gambadant. Co be 0 do, qui figni 
Les Saliens à” VOUS qui lifez ordinairement l’hiftoire Grécque,& les anciennes plus part de: 
Rene inf LE les Grecz auoientà facrifier,fçauez bien G les deuins, & preftresApBuuëlle peut c 
7 par pe OS alloient confulter leur Dieu, luy facrifier & prononcer fes Oraliriioyent refc 
x, if, fans ces mouuements &geftes, & fi prefque tous les peuples n’ont faim, & affoit 
? cefte folle façon de faire ,ainfi qu'on peuttirer & recueillir des biquelres donc (fel 
&'dances des Ifraëlites:fdolaträs au defert, & dançät aupres du veaudenémbres, di 


14.4 du \Y PRE: d ae n'a 
. LIVRE OQWATRIESME 
eficg 


PTE LE fondu des ioyaux deleurs efpoufesi 5 - Lea à 22121 ide 
Jmagti 5 es Foridiens ont desvoÿfins prés de l'Efpaignol qui font leurs 
rimenrm Ys mortelz, & auec lefquelz ilz ont guerre continuellement, & ce 
es. cy fappellent Timangouà,de forte que dés qu'ilz Ligne quelqu'vn d 
PR. noftees; ils l'appellenc Exiofta yfmai, qui fignifie enfant du Soleil; } 
pots : fent que ceft Aftre lcurenuoyepourles venger des courfes & tyran 
5 des T'imangouà leursanciens aducrfairesi& voila quantà:la Floride 
Mœurs des tans en icelles 10 Tous 5 tamis eue Ie :, 

CRT” Eni48 HETHICEIN ES POS TM ÿ Yul2o bob; CO à DH ; QU) & dif 

DTA 1 YU ii 35h a HO IH NS Ms, &ehtire 

DUR. AT At up 26 LR 09 La Ar vn ais quelq 


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eo 2 pedbl.. Let Je #. Mau,ayanis au bd 

ay}; benne à io ih sos! am cie AE l'es +, rent bien aus 
il ; à [ih $ 4 2 114 iit ) y s ‘ Na NET pes * * "s { Lo a 
e à eu REPARER EN is D! ip, #' >sutrt DE PEUT bieñ genti 


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1% jarott arr q 201 HV SO: ans b 535: Ye shioloun Hu Schapeaux h 
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i i 4 { } Yist H ! 0: Fat : PE QUIL smariées 


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PAU 


à DESTERRES NEVEVES, 27 
4. °2er peuples s 


tentrionaus dez, là:Flaride i6fqu'à Themiflitanle lang 
dela risiere des Palmes, er: Pienmmés dinde he dr 


y 4m 000 Chapitréquetriefme, 

et SN Lvan o Nunnez en fa relation du paÿs. defcouuert..Zlsare Na. 
A Ÿ na entre la Floride , &lepays du Mexique, nomme plu- nez. 4 deférit 
PA NE D fieurs fortes de peuple, mais tous fort cruelz fans amitié plwieirs pro 
ge) VOA) ny foy aucune, comme ceux qui ayant receules Crefti- #rces de 
DA ens ; & banquetéen leur compäignie ne faifoient con- l'//le ocrides 
ER EERS fcience puis apres de:les aller affaillir. fans reff pect de fale. [ 
nismelmies Caciques qui ( tenoyent aucc les Chreftiens : & quelques a 
spes qu'ils euffent donné,ou receu; fi ne fe foucioyent ilz pourtät dete- "à, 
jrparolle, ains farmoyent cruellement contre les noftres, qui a efté cau- 
queles Eefpaignols bien que y ayent donnéaîtainte , fin'ontils peu 
venir au deffus : toutesfois verrons nous les mœurs de ces peuples fe- 
mque nous: l'auons recucilly desliures , & memoires de ceux qui ont 
agé dez la Floride iufqu’au Panuco; qui ef le chemin deprefque qua- 
M vingts lieuës tirant au Nord , & für le poinét du Tropique d’efté, à 
elques 28. degrez de latitude. 
| Or les peuples plus par Nunnez remarquez font ceux de l'ifle de Mal- 
ado, qui pgnie mauuais deflin, à caufe que là les Efpaignols perdirent 
plus part de leurs gens qui eftoyent efchapez de laterre ferme;loingde ,p, J, 
quelle peut eftre cefteifle de feptähuitlieuës , entant oieles fauuages 1, ds 
Hioyent refolus, voyans les Chreftiens rompu: derrauail ,preffez dela nd: rn 
im, & affoiblis de maladie, de les occirtreitous cruellement.Les Infu- félaivess 
res donc (felon qu'ils difent) font grands de flature,bien proportiônez ce 
émembres, difpoits,&allegres de leur perionne, comme aufli font ceux 
terre fertné ; la legereté defquelz eft tellequ'à la courfeils prendront 
killrdementvncheureul;ayans desarcs, & flefches pourtoutes armes, 
isdefquelles ils faydét fort adextrement. Les hommes fe percent vne 
kleurs mamelles, & les aucuns toutes les deux, & au trou ils mettent vne 
dchelongue, & faite de canne de pied & demy; & allez grofferte, & fe 
ndent les leurès par deffous , y mettansauli vne petite piéce de Capne 
iyfent de mefincaut feffes,où ils fe trauerfent femblablementvne Cäne 
fer longue .: Ceux de terre ferme en la region ditte Aplacen font forts, 
vers, & difpofts portans des arcs l6gs de fix pieds, mais gros commele 
Mrs, &ehtirerontiie deux cens pasiloing , ne faillans de paffer la flefche 

krvn ais quelà efpaiffeur raifonnable qu'il aye, & font les flefches de ro- 
hu,ayanis au bout en lieu de fer, des pierres ou des os efguifez, & qui pe- 
rent bien auant :fe veftans de peaux fines, & fubtiles,paintes & marque- 
ksbien gentiment ; ayans vne telle focfucté d'odeur; qu'on diroit que. 
fidel'ambre, ou de la ciuette:portét encor des manteaux dé gros fil, & 
chapeaux haultsj& pointuz ; & larges par lebürd , & fentrefaluaus fe 
nt preférit lhafeur d'êne flefche:; laquelle ils baifent en figne d'amitié. 
Enl'ifle dé Malhadotes habitans y vont prefque tousnuds,faufque les 
umes mariées fe couurent les parties honteufes auec vn voile fait d'ef= 
| ÉEe ii 


Mal- 


VOTRE fie PERMIS 7e 


| LIVREYQUATEIESME: 
eorce d'arbre; laquelle eft-fi deliée & fubrile que ontiugeroitque ce fie 
wi dela laine la pl’ fine que on fçachetrouuer ;.& les filles ont. des peaux de 
»  Marrage des Cheures,& autres animaux pour fe veflir. Les hommes y font bons guer 
Milhadiens. sers. 8 les femmes fort adonnées au trauail : & n'efpoiffent ordinair 
méntque:chafcun vne femme, faufqueles medecins en'beuuent.auoi 
: deuxfi bon leur femble;ayans grändeamitié, & familiaritéenfemble, 
- :Celuy qui fiance vnefille eft tenu d’aporter au pere de fon accordée, to 
: - cequ'il prend, foit à la chaffe, ou à la pefcherie déz leiour.qu'il l'accord 
 Aufqued la fin de fa vie:fans:qu'il ofaft en toucher,n’y mangértant peu oi 
: delaproye:Et fon beau pereefttenu luy enuoyerà manger fans qu'il er 
treen famaifon, nonplusque le fiance va vifiter le logis defon beau pe 
res voire lil fe rencontrentils fefloignent d'vatrait d'areprefque l'vnd 
l'autre, &{e reculans ainfi ilz tiennent la veuë bafle comme ceux qu 
eftimentque fentreregarder , & parier leur tourne à malheur & pre; 
dice:-& de cefte façon vfent encor ceux de terre ferme à plus de cinquar 
te lieuës à la ronde. Ontencor vne autre eftrange couflume , que Gi 
teur frere ; ouenfant vientà deceder ils fen colerent,.&:contriftente 
ftrangement, fans'que pas vn de la maifon où ceft homme fera mort 
+ foucié de {e pourchaffer d'aucun viure par l'efpace detroys moys, ains 
Jaifferayent pluftoft mourir de faim que ce faire,fi quelqae.leur par 
ou voifin n'en prend le foing, & les foulage aucc efpoir de receuoir deu 
la pareille, :Ilz feroyent, bisnttompez {i quelque grand;pefte les af 
loit ; & queils Mt 8 que chafcune. maifon.. euft.vn mor 
st .… d'autant que ce ieufhe fuffrait pour en defpeupler en peu de temps lac 
Dinerfité … tréc. Ilzne pleurent point &ne fe contriftent pour la mart de quelqu 
d'obfèques des vieillard, difans qu’ils ne feruoyent de riea plusau monde, que d'emptf 
Infulaires.  cherla terre fans aucun prouffit : mais: pour les petits enfans.ils en fo 
#  !  : Jeduciltoutlelong d'vnan; tous: lesiourstrois foiscommançanslep 
re , &la mere les premiers, & puis toutlepeuploimitant Jeurtriftefe, 
fçauoirau point.duiour ; au leuer du faleil ; & fur le idy.:8r au bout 
Fan ils font des obfeques,lefquelles finies ilz fe nettoyeut,, & lauent,n 
ftant permis de ce faire durant leremps de leur dueil.Or enterrét ils leur 
morts fauf que les medecins, les corps defquels ils bruflét dançans & fu 
tacs autour du f:u tandisqueil ard, & fefiouifäns auec. grand allegref 
€ font de la pouldse des offemens laquelle ils gardent iufqu’à ce quel: 
Quelle mede- jy dueil expiré, ilz fontleshôncurs & obfeques.du mort, alors la fen 
cine fée Par me, 8 parens du medecin deffunt fe profternét par terre.suec tout le pa 
Les Malhadi- ple ; puis les parens hument auec de l'eau les cendres des os comme po 
M. memoire & fe decoupent-&.taillent les bras en figne de grande triftelfe, 
:Lemoyen que leurs medecins tiennent.pour les guerir eftle feu, &e 
foufflant la playe;qu'ils auront faite au patient entant quei}z font desi 
.… cifions,& fuccentlelieuincifé;rellement que fouuent,ils Les gucriflent 
comme les Chreftiens femoquaffent de cefte façon de medecine, cesb: 
bires les'accuferentd'ignprance, difntique fileft ainf queles:herbes, 
mineraux ayent quelque force de guerir,.qu'à plus forte raïfon ce don 
oftroyé à l'homme , par le foleil (car ils l'adorent afli bien que ceux de 


x frange 
. de ces 


Infulaires. 


ps,ny des viei 


utes ces natiô: 


Aride)qit e 
monde. Ci 
l | on, grand 
Wepour au 
fience d'occi 
Quien doit: fu 
us leur te 
#r,q détuer! 
poycaix bef 
once qu'ils c 
mys, veu ti 
hes : 8c dif 
res Noëtmo 
pes dé leurs vi 
bult de céla il: 
eur, Ces Lag 
relte des Inf 
fre ils change 
és des'nattes 
hifonnettes:4 
mrs cuiffes, & 
ptentrionaul 
bédz, lefqlle 
qiies fa chai 
sde laglle on 
ge dés araig: 
bre, & autre: 
tent céla à qu 
opre pafture 
fire farine, 
tcher bié loir 
it enfler côm 
bins la neceff 
}'dur,ou de m 
fecôrinuel| 
purir Ihôme, 
Kmiferable. A 
fe Q lu ais 


icftre:& tout. 
refiouïr, de 


tOutre la | 
çore cObat cé 
üiles piquét d: 
*côme fadres 


| DESTER RES NEVEVES,\, ‘ 472 
celoianide)qiieftie plus parfait, & à plus de vigueur que tout cequi a vie an M alhadiens 
aux doanonde. Ce peuple Intüldire eft: Antropophage;& mangeanties hômes fntrpophe 
s guer-Mirron, grand menteur, & f'adonnâtàdeuination & forcclerie, Côme ceux Se 
inaire- Mie pour audit lonigé quelque chofémäatheureufe en dormât;ne font cô- 
t-auoimhence d'oëcir [es homimes, voire leurs propres enfans, & pour deuiner ce 
le. Miien doit fücceder ;: & pour auec.ce facrifice deflourriérée defaitre de 74974265 0c- 
ée, touhfis leur tefte, voireen aucüs endroits de laditteifle ils font fi defnatu- cent leurs fl. 
corde. à détuer leurs filles, & les getter aux champs afin qu’elles feru ent de le: © peur- 
pou fooycaunxbeftes , &fi on leur demande raifon . vousen tirez cefte rel- 749 
qu'ilenonce qu'ils en vfent ainfi,affin q elles ne foyentles efpoufes de leurs en- 
eau pm rs, veug tous les autres infulaires lesont én'deteflatiô ,& fappellét [a 
© l'un diales : ‘&c difent qu'elles feroiét caufe dela multiplicatié de leurs aduer- 
eux qures. Noätmoins eux-mefmne fe voulans marier fault 4 achetét feurs fem- 
 preiullhes dé leurs voifins, & en eft le pris va bel arc & deuxflefches, & en de: 
cinquoult de céla ils donnent vn filay ayät demy aune de large , & autät en 16- 
ue Hi vhicur, Ces Laguafes fe percent & leures,& mamelles, &feffesauflibien à . 
iftentrefte des Infüulaires, & fGnt eftrangement adonnez au peché contre na- Maifons des 
nort ic ils changent fouuent de maifon ainfi q fonties Arabes de Barbarie; /48#4265 7, 
5, ains (Qi és des niattes faites de ionc,& roféaux auec lefquelles ilz reueftencleurs 47e 27/8 
r.panuifonnéttes: & les femmes, & vicilles gens fe veftét.en hyuer,& couürér #76 
ir der cuiffes, & iâbes de peaux de certaines vaches 4 ils aÿéc des pays plus 
les rentrionaulx, & qui viénenc en leur pays de terre ferme, car ils font va. 
vnmob5dz, lefdlies beftes ont le col cortu, & le poil 16g côme les cheures, & 
nps iles la chair eft bône & fauoureufe.C'eft.vn cas efträge de la nourritu 


quelqu de laglie on dicq vfece peuple pourlefouftié de fa vie,côme celuy qui 
d'empebise dés araignées; fourmis, vers, lezards, ferpés, des copeaux de boÿs,déla 


s one, & autre: vides d'auffi peu de goult,& plaifir au mâger:n6 gilzacô , 1 8" 
ins le plent céla à quelque delicatelfe,mais pour ayoir faute du Mahis qui eff ja Piamde de ces 
bte vopre pafture de cous:ces pays là, & de laracine duquel tous faidét pour / nfñlssres. 
| boutd pfaire farine, & en peftrir leur pain, & laquelle racine il faut qu'ils aillée 
ent,0 rcher bié loing, au gräd peril de leur vie,veu qu'ils en ont detel quiles 
ils lt enfer côme crapaults, & font de fort dure & difficile digeftion, neät: 
)5 8 Fins la neceflité les contreint à Fy ruer deffus, &netrouuent rié d'amer 
legrelSS dur,ou de mauuais gout, tant extreme eff la Faim qui les affaut,& op: 
quelrfecôrinuellemét : & telle à les viperes qui font poilon foudain faifañt 
rs La furir ihôme, & la fiente des beftes feruent de viäde delicieufe à ce peu 
tip miférable, Auli penté-ie que la mefme nature eft ennemye d'iceluy à di 
Ame POBufe qu) auili n'aymerié à foy mefme, & n'a foin gicôque ny decesen< raguates 
iftee, bos,ny des vieitlards.de(Qls il ne fe lvucie n6 moin: 4 fils n'efloiét point »'apmans rs? 
eu, KR cfre:& toutestois gique indigéce à les Tiguales fouffrét;fi ne ceffét ils 7s'eux mef 
nt des rcfoutr, de chäter ; & däcer à toutes heures ainfi geft la couftume de mes. 
rillentButes ces natiôs plus tramôranes, & Boreales, à refféids leur pays de loc 
CCS Dr Outre Ja famine ordinaire qui Fait côpaignie fàs ceffe à ces Barbares /agwaz.es 4/= 
erbeh Dore cObat côtr'eux lanature,leur mettät encépagne des Moufchillons falisde faim 
edon diles piquét de telle forte, q'its ôr le euir tout-éleué, & 1 hair bourfuu- € des moëf= 
eux de c6me ladres, 8e. come lefls lion guerre nuit & iour,drefäs des feux chrllons, 
Re : 


ne RE A UE ve 

J 5 2 
124000 \ ei. ee) 
MERE, À 


LIVRE QYATRIESMETS 
pour auec l'elpalleur dela fumée, & auec'vne perfecutioù fe defchars 
d'vneautre incommoäité : & d'autres prenans des tifonsardäs, vont co 
rans, Comme fols par la campaigne bruflans, & pourfuyuans cefté verm 
ne a belles Aammes. D'auantage ne farrefte gucre ce peuple en vnlieu f 

+ n'yaabondance,& d'eau, & de boys, l'vn pour boire, & faire leür pain} 
Malicens, Cu l'autre pour cuire leur viande fils À se quelque fauuagine, & pour 
sais Catales ay der à fumer & brufler ces moufchillons, quiles affaillent fi opiniaftr 
ches, Ænaus ment,8e ne leur fouffrent prendre repos quelconque.Le long de celle a 
res peuples oc ftehabitent les Malicons, Cuiaios, Catalcuches,& Auauares;lefquelsto 
cidentaux, comptent les temps , nogggr ans,ou moys, hy prenans cfpard au foleil 
à la Lune, contens de M: feulement la difference du temps felô qu' 
voyent que leurs fruits viennent à maturité , & lors que les poiffonsr 
muent & fautent fur l'eauimais en yne chofe fontils fort experts, à Gao 
ba la cognoiffäce du ileuer des eftoilles,felon le cours defquelles ils ont 
bcouftume de fe gouuerner : & ceux-cy font aufli fuiets à la faim 4 les p 
ie cedents, n'ayans guere grans moyens de füuftenter leur vie que fort mi 
La. 5 _ tablemeut: au refte fuietsaux perfecutions fi euidétes du malin efprit 
luare N- ;1; {one batus, defchirez ,& tourmentez par ce commun ennemy de] 

Le gta cevifiblement. Aufli difoyentils aux Chreftiés (comme racom 
ar cope pif À Nünez en fes raports ) que cefte mauuaife chofe, cartel non|t 
red p@ dés jGnnentils, eft vnhomme de petite ftature,& portant barbe, iaçoit q 
palmes. guere jamais ils ne pouuoyent luy regarder ‘e vifage: & que dés qu'il: 
noit en quefque maifon , tous ceux qui eftoyent dedans ne ceffoyent 
al; . trembler, & leur dreffoÿyent les cheueux en latefte, & foudain que ceft 
Malin ein fjognement les failiffoit , on voyoit {ur leurs portes vn grandtifon de Le fehelt 
penrmense 5 out ardent, apres lequel entroit cefte malheureufe creatureiouât fes iii sd à 
Indiens: & tourmentant ceux qui eftoient en la logerte.Quelquesfois tandis qu ser 
chantoyent, & däçoyent,felon leur couftume , ce malin efprit entroit gi, gt 

ftu en habit de femme, ou de quelque homme , & fouuent prenoit toi. ob d 

. lalogela hauçanten l'air, puit lalaiffanttomberauec vn grand efbahi(l is mi au 
Regions vof. nent deceux de dedans , & Menant vn eftrange bruit, & tintamerre n in 
nes du Mé%tr je ne difcourray plus longuement ce qui elt des terres de Saltenndl. 
gere exuacä.Atlan,Guaxacé, Guatatlé, Cimagtlan, Hefpé,T etitlan,Xali 
mer de peque, d'autant que les mœurs, & façons de vie des habitans aufd 
L…. ag femblables à celles des Mexiquiens,comme ayans les Idoles 
honneur, viuans affez ciuilement , & les edifices defquels eftoiétaufiin 
gnifiques 4 nous verrons auoir efté les baftimens de la grand cité de Ti 
imiftitä:mais palfans plus outre vers lamer de Sur, que autrementont 
me pacifique, pour ne laiffer ce qui conioint l’egalité du globe, verron 
pays de Ceuolé defcouuert j’an 1540,par ceux à le gouuerneur delanc 
14 uelle Gallice y enuoya au nom du Roy d'Efpaigne, leäl pays eft entre 
L: 4 Tropique d'efté, & le Pole Artique tirant au Nord, & doublant versl' 
cident en l’eleuation de quelques 60.degrez de latitude. En ce payseil 
peuple plus ciuilifé que és regions fufdites, bien eft vray qu'il ne fou 
guere que les eftrangers y donnent attainte,ne fçay fi c'eff à caufe des! 
paignols queils craignent , ‘& fe dent d'eftre efclaues de meme 


çon | 


|. DESVPERRESNEVFYES), .  :7 

pau eeux de Thômiftitan ; veu quequend les gens y:etMpyer per le 

toy. y ariuotens cour de waerené que on Joue Le#a la deb 

pd'entrorès leur ville, &de fontirxles fnages furpeséilolamont. . :: 

ILepays ÿ-eft bosu,les baltiruents faits Fort magnifiquement ; les hom- Cecy SE Jelen 

be blancs poareltre le Ciel attrempé, & plustirant fur le Beptentrion,: # paper d'en 
jdebella ftatare ,allans veltusde coton & de cuir Ide:vache bien. elé-beauperes qui 

buré&c qui leurive iufqu/aux talons,fe v'eltans/Geranfme façon Les homm-./€ difoir  4- 

psque les femmes, fiviches quenierucilles en bierrerié, 8 Éurdoutles sur fé. 

porraulides y abondent, mais les Ceuvlienstiennencfeulement compte ©‘ 
Turquoites, 8 l'en feruent:comme pour monhoÿe, sh portent. des 

pnrures,coliers, 8 bracelets, Saux orciltes, @e fe perfans les. léures, 

péque les Ameriques en enrichiffont ces détthiquetures faites pour. 

teffait en leur Fe: Les habirabs de Ceuolaqui cf snegrand ville, &: 

malle prefque à Thermiltivan, foût fouuencdes baniquetrenfcinbie.&c. | 

| dés mails grands, (parieuféi Be publi aessoù ile Pafémblent piu-d}, Ah 1 

LS Pers fois l'an, pour y banquierer &vrditier de leurs sfairesayahs vo roy 

OMR teur commande , &e qui les conduiéteniguerre,éomæhé oui o6t tou- 


(prit ç hoes nations Septentrionales;afin que oncognoifle que.c'eft da nsturé qe Lu 

y del Lo A a A Eat 
mioin qui en aytlafürintendéee;C'eftainfi que-o aloitefériven QD “1 

non qui difüie auoir fitie voyage mais Fsançois Valques caÿinghes ‘| 

OR uaillant homme, ayaht fait le mefine chemin ‘en chante tcutiau ton 


ire, difant;que ves grandes vivez que te Frater auoit fait entendieat by, 
koient que de porits villages où nesntmoinslestapis y cftoient genti- 
ent elabourez,ayans 8: deux, &truiseftages, aufqueiz on montoit a- preyerelatis 
kdes cfchelles à main, 80e pays fut parluy-nommé Grénade,enfou- de Vafque 
mince du noÿaume Elpaignol qui porte cetilaie. Orquant:au pays 8 zèbér ce 
iple d'iceluy,voicy ce que Vafques éhrecite/Le peuplededt pays me welz, à ph 
LL e allez accort,& fubtil,d'afler botie Racure;allèns da plus part tous [ne ‘La ville 
z, iaçoic qu'ilz couuréat leurs vérdoipnes , @& ont écttains mañtéaut /'ape/le Gre- 
Linz &qui one faits dé cair fons canon Srivooote d'caufe que lépays eh Nr 
dtinhabile à leporter;pour eftre cflrangement empoféà lafoidure, ARS 
Sn ct vray, que quelqueFois H y Mirehaut,mais foddainl'airchumgeane 
Wifigeon voir les muuges, &l'ebeniiende fout prinde do bluye: ER. 
ds Les negos font de tune 8 enBefRfzioe quinupris dt Bab EE 
Mbaltir ailez chatdement, &e à faire des habits de peaux debeftes, pouf" D + por 
peudloir detetlefroidurerlaquetle ompefche qu'ibn'y aaueun Rui@, de come, : 
dibre fruitier quelconque. | Ua CLR | temperéture 
Lepaps yet plie, se fans montaiones fes Fertil, en Jour Mis; qui ft © condirios 
rdbree de bled coimimentz Milletk ea québyues letumes,t6seerte, d'ehey. 
os, autres-boftes fernblables y one érrabondance, GC des cons défi :: | 
Miesila Panpérconers le froid. Ce pauére peuplosdérbitlient, Béme ii 
hoit donner aûsié rabn'@e étite idôtatrie, fiiohique € éft élleleuii fit Ceuolien 
bre, Gepgendteour bledseu Mihis,2é que teftphr elle -quie 412 16 cdorèt l'eau, 
ut fufteueer dourvie;équ'auil Res anechères dr aublent ait vf co purge 
tue défhuete ile nmleto ne TE ni FE et 
LA ShUo a ol üo tro si LU Li) SHTOISR JS £ L: >, SE NOR 


ë DO ANT 2: 0 a om om 
#t. LÉMREVAVATET x SME à 
pourqrsssallns en guertémnamale.larondelle;bart sûccles Acches 

tofquelles enltéeu dé for; bno de certains os agi Lan bout, QUt ES pois 

…. .  &acecesaupollibletes fémes vôt veltuësidécertines chemifesouner 
, ty patledeuât;8 lleselles ceignent, de quilleur vont iufque aux piec 
Cemahient fr ofquelles elles atraèhent auec-certains cordôs de coté, ainfi que nous: 
s4lnxr.: à. iyfnspardeçrauccidesboutons:8e en font ffisloux, que ceux qui ontée 
DR \ ar 5 ny ce-peuple; difentin'auoir gere peu Wait vne feule féme tan) 
0 sdisiqu'ilsontéftéensclleproiince. l'ay dit qu'ilz nntd'eau én qräd';eud 
Cemeliens © réce;nmis népouretntelt-tile- point la principale divinité à qui 2 font 
peuples v05- neur sins c'eftte Solcilitout sinfi que ceux de Canada, & dela floride hi 
fins adorêt le furayique aa ri Lo diteft,offtér de-fanglans facrifices à leu 
Sileil, Dieu, & luy immoléties Hômes;là ou ceux-cy ne font fi cruelz, côtens d 


recagnoiflance que itelt le fouucrain,&r-auquel fils rendét grâces de toÿ 
caqu'ila onedévie;cüme:en eftét.lc-diftribuseur. Faifans encor celte di 
perliô enl'air, pour la perfé@i6 du lacrificilzont de couftume de fé 


Sacrifices à: 


quel, fait, 


an Soleil par ja bouche de Mahis, & autres feménces, & en arroufer les affiftäs auecp 
‘È desCeueliens * de ceremonie, Eteft tout le pays:adôné à ce feruice,aufli bié. qu'à celte 
rilennie de 
Ceuoliens. 


ominationd'idolatrieeft côsovnt le deteftablepeché de Sodomie, y a; 

1 deihômes;léfquelz dés:le berçeau aude font dediéés:à .ceft vfage ini 
de fonkbir, &e Lefquélz nee réarient iamais,ny ofeneffaccoupler à fenn 
aias feruétide boucherie à quicôque veut fe ivuiller en cefte villénie.Oi 
aufli desfémes cômunes,lefquelles demeurét feparées de celles qui à 


mariées, & nié frequentéc aucunemét auec elles, à caufe(côme dit e(+) ol 


ce peupleëfteftrigemét ialoux, & ne fouffre que perfonne aproche la 

nnors +: fémes;defquelles enaucüslieux;lesyns.enont grédaôbre;& en d'au 
rafquer: Ces ïz (e contentent:d'en VE a mœurs de! 
rond, C7. païs plus Se rionaux.qui-Co ptaux terres du Mexique, & lave 
Ferdinäd “ LÉ delquelz y dé dé ce qu'en ant-lailfé par efcrit Valquez dé Coror 
«Ælarco. ent do, 8 Ferdinand:Alarcon qui ont fait Je fufdiét voyage. 4 
deféouuert .… : p4 de Mexique;meurs,@ ges MESUE sceluy, 


7 Dern 0} SR i j - 
RÉ OREAM deicriptiô dela gräde &fimeule cité de Themiltn 
LR fr No à ne lairray:jé pourtér de l'effgier & defcrire, fuiuit 
SARA memoires que a laiffe celuy mefme qui eu feit la ct 


G; 


(eroitil p 


luy offrir vapeu de Éhäcune chofe qu'ilz mégent;êtla icttét en l'air pou 


 Açoit qu'il y 4 dénoz Fräçois qui ont fait. quel | 


sa le gouft d' 
mer, & ceftuy 
quelques. co 
hlhado;iufqu 
bités:ont.de & 
sfe féntée ence 
priét, &e nourri 
ge ;& fôt nil 
peu charitab 


Haielt owteur, 


mourir, ou: qu 
uérere;ils le 
Huiuât:la (ueft 


DESTERRESMEVPVES, 2:74 
jince n6mée Sienchim 416,14 malée de Cartenai;ls regié de-T'elfcal-.' 


Continêre dés 


laiflétlà pour, . 
ouleur en fit Dinorceentre 


ras CO 


aquerelle,chaçi Joing de15 
a foudaia 4 le delcain ‘aner 


Y.que 
fe reure vers leurs voïdnsiqui Les 4 


Léogt bés:Buerri he 
ail 


Hepa 
ti G(rômesar ditice peuple ne larrelke puerea: 
Pre fesmal pe quelaue paRANERET set LUE 


a 


ce L'EVARE QNATRIESME : : 
f'arrelter en quelque los;obfor-onnenys Le puiffenc vffencer ; c'ef k 
qu'on voit dréffor fon equipagé, & fes logos au piedide quelque mért 
…! reuti& diet à ob rev dboys Le pluvèfpaie qu'ils peunéne cho. 
Comme 5%. fiipuisferetre tou coftez, 8 y re polentd l'aile. Ceux qui de; 
drefént le nétrombatre fe ceuurenreous de boys menu comme qui ferois des ÿ 
Amp. uefades, & ainff cache! iln deféocheét loursfisches, & f5 bié couuerts, qu 
i&ok que l'ennemy leur foit proche & voylin:, fnepous’it lès defcou. 
urir aucunertiét. Or Forte Hi vn cheminforteftroiét iufqu'au demy ét; 
gejob Mn defféntivntice pour la retraite délebrs femmes & cnfans, qu 
ia meinéctouffoirs) à cafe querour sinli qu'elles font le pl” fonuét l'o 
cafi6-de léurs-quereHlés,ellés les departent audi lors qù'ilz côbatent lepl 
farieufemét. Ce font 1es phis Ans & rufez à fe furprédre les vus es autre 
_ d'hômeffevroit imapineru refte quéd ils ont querelles particuliers d' 
nemaifünd'attre,o# he OR E émbufches & » 6e des meurtresinf 
niz faits enitthhifon& per forpriferen fomme d'eft lxiations Ja plus diligen 
téen pt Va nfoives tous l'Ovcidét:emét que f'ilz; fe doubtes 
Maniere que dÉTEut AdteHaire; y n'Ot pérde do dorrhir, ains ferôr roule lg de la nui 
cepeuple ti en fentinelié;tenfs l'ée preflsuee vac dousaine de-flefches, fouuent' 
en combasze. fortént dé leur logealiés ronder autour le vétre contre terre;pour n'elt 
_…. | …pointipercéiréafrn de vüiree Bauoir cequi fe fait'eu cam p de lonnemy, 
fin quefilz Rntènténeuti remuémentite foient preflz pourfe: mettre d 
.…  defféce. iPicObaténtile fetiennonc bas; 8: Fabaiffent pour n'cf 
attaints dé Aefèkes aduerfäires, & defcouhant ilz parlenrtoufionrs & fu 
tét d'vnéliai êr dutresaffi l'arquebufèriene fèur porte guergräd nuifinc 


quéd les noftreiRsattaquée fc n'ef quecofoiten quelä lieu eftroite 


law les empefche de fe déflourner, & gauchiraux coups, & n'y a moyél 


… Tes duoir 4 par P'effott; & paillèrdife de le ED Ve DO 
saffaire suec eux qui 


” :ghérfürtouter lès chofts deicé môde Or quivond 
mme leur 'ObHETIE de foie & sfleuréce/& bit fi diféretque ces barbaresn 
combat prend. 
fn. 


reufément vd éfkonues leurs aduurfüires: voi 


R1ors qu'il voydnt 


né fibltleutvfer de prière gréd gracieuforé disait le cObét;ny:edindred 


Hroffencer, eat 2 1e moquient deltehs refpe@ir; d'eftinnét que c'eft vn 
ghésudée de coustdife: Lors qu'ils font cbatisienn/eux dé voifinàn 

8e qu'ilz ont’émployé tout éur Manitiondeflekches, chafoun fonre 
rourne fon chemin fans que fotrénnemÿ ffoucio dele pourfuyure;enc 


… reâtes fuyss fbiènt en beaueo plus petitnôbre 4: ceux à quile chipel 


démenté libré,careolletft Neouftätne viée entréixicomire (file fe 
17 aéôuftèmer à Outit le Rte iBR frofd plusique tous les autres; 
cr partait ne fuit Féonnër Pis Tone f'bons gucrrièts;de fl fpés qhe ion 


1 ra in ag déferf, Lhdivérfté des Lafigüés y fl vaeprinef à deux < 
promo 
thendué de 400: Rev detterre. Piles Ie 


cl ont: féuighéne té 10 
cuis M int prés de 
Pie ve R 


cobnoïlfenerienr en fty d'éflonnemét,ou fâute de hardieffè; d'art qu'i 
Faydétle mieux derèlles oceafiôs que gens de ke terre, rit itr fonraccon 
& Fabrils, & qui fénharditfent en F'auiliffemer de leursennemnis, & cour 


jéles Efpaign 
À Chreftiers à 
[à offroyenc 
mmerfür la.ct 


rés precede 


pion de Coins 


n © 
quirt 


dévur par q 


| Hana 


où les Ron 
mynud#, to 


pnines auéc 


Hésviennenc 


Hiutrémôde. 


Me éftan 


prete Te diff 
\&iurefed 


rer, QE 


DES TERRESINEVFVES 27$ 
ulénoé à fes plaifirs sou chacun fenyure auec certaine fumée d'herbe, 
Vasontdre faite d'écelle plante, Ontanfli vnaforta de boiflon faitte des 
boites -d'vrr arbre qui eft formbtabieà elles d'vn chefneiqu'ils cuifone 
bei dograns chaudières pleines d'eau , iefquelles. donné deux 
mitions a tirent de deffus le fou, & quand elle ait à demy tiede, & que 
Wébr l'efcume y eft par deffüs ile en boiuent :& la humens la plus chaude. 
pis peunent ouffrir, mais tandis qu'ils la tirent du vale, & auane que 
ufr, ils crient & femonnent ceux qui aurôt defir deboire.lLes femmes | 
8 u'ellos foyent fault que farreftent fans bou-. 
sd lieuiny remueren fortequelconque,car l'il aduenoit qu'vne re- Æfrsge Ji- 
ft elte feroit battue à outrance ; & ce pendant leur baiffoo gettée , et Perron des 
due; à caufe qu'ilsantopinion que fi tandis qu'ils appeliehe ceux Z4rbares Ca. 
jroudront boire quelque femmefe remuoit tant foit peu,que quelque ”/:. 
bidemalheuroux entre en leur boire etd'iceluy enleur corps , qui les 
mourir en peu témps :. Ccfte boiflon ala couleuriaune , et env 
sriroisiours defüite fans manser viande quelconque , ne palfant jour 
chafcun n'enaualle plus d’vrÿ feau er demy . 11 ya encor diubrs autres 
iples le long de celle cofte,queic laiffe pour vier de mefines façons de 
que coux que infqu'à iey auds defcrit iaçoit que les vns fôt pus cour 
iqueles autres, folon auflitcommu iepenft) qu'ils font frequentez des 
brefliens, ou on efgard au traitement que feur font les nofttes : d'autant 
jéles Efpaignolz mefines eonfeffent;que ces panures Barbaresfuioyent 
sChreftiens à caufe que ceux de leurttoupe; n'oubliojét rien prendre 
lualfans coux qui tes tareffoyonc ; et üfciauans les naturelz du pays qui. 
sr offroyent alfez et plus volontiers leur feruice. Or auant que re- 
mmerfur la cofte tirant vers la nouuclle Bipaigne,et que veniraux ifles 
font dés la Floride iufues à Iucaran , etau Panuco, nous verrons le 
pays tirant vers la mer de Sur ; lniffant péantmoins los corres qui re- 
rent le plus te Seprontrion, à cale qu'il n'y a encore aucun qui enaye 
1 deRoüuert qte de long de la mer;erde quelques fleuuésés pays de 
oi, Bacaleos , Hoehelagé,ct Labradour,defchifrez parnauséséha= , 
frés precédens, Non loing des Prouinces des Comes, & Camoles ef le #4 , © 
bon de Coinuo, & vneautre qui l'auoifinelaqadile eft nommée Cuir. #47 
uit: aboutiffant'au païs Mexique versle Midy & Orient ayant ie "8275 066 
desur par Occident, &r les fufdiez peuples pourobiet Septentrianal: densales. 
Chinsens, & Cuirkquiriens font gens forteltraniges, & matacoftables! 
Rod les homimes portent des barbes te certaine depaitlo, allés 
ty nud£, toutésfois fé couurans des cuirs des beftes; Scfacrifianbles 
nes auée vne brutale cruauté, penlèns faire vn grand büneur à ceux 
Hésvitanene vifiter, fiauee be éareffe fi mnt-plaifante ilz: les enuoiég 
liutréméde. Ce peuple futiadis füubiet aux Roys de Mexique; mais le: 
waume éftant rGbéienitre fes mains des E fpaignoizjit à salühé par tout ane de caf 
prttde le dipenfer Lt dt hr forvrobu: mars em fês rec 
taurehedyant des heuxbofcagèux, & desafpres montaighes pour: /arions. 
tirer, Sfr tourdgeux, &'hirdy que Nuno de Gufmanefcriuitàl'Em . 1 
tur Charles cnquicfnt, Bsrecommandant le tai: pag À 
si és à FFF iij 


LIVRR QUATRIESME ; | 
res, il dit qu’vn fndion voÿane vn Eipaignol.momé à l'aduintage, & 
mé,auoir palTé vne rluiere: necraignift ‘de l'attaquer à tout fon efpéeà 

pallance des boys,de laquelleil luy donns deux ou troys vertes attaintés, & fe ports f 
Cuinéns. bien quefans le chouslyle Chreftien eut eu aifez d'affèireiheentmoins oç 
, ! difbilà la fin co valeureux Barbareque volontiers il eut fauué, veu la gai. 
lardife;fy luy euft cé poflible de le prédre en'vie. Les Cuinéens bié q 
* . , , #dorentieSoleil; fuyuantia fèçon de faire deseutres LP 
Cuinaquiriès tentriontirant à la mer de Sur;iufqu'au peys Mexiqueifi encor 
grands idole i]s ont desidotes aufquelles ils font grand honneur, & reueréce: &:quo 
tres. qu'itsprennent plaifir lors que fes Chreftiens leur parient de Dieu cre: 
ki teur du Ciel, & delaterre,fi fontils fi beltiaux, & groffiers d'efprit, 4 me 


rifans cecy: ils ne peuuent defacouftumer le feruice du Diable, lequel ie. Voila quét 


ntentpour eftrange ;.& mal-gracieux maif..e ;,eul'i bien que ceux dMgrochés l'equ 

Malhado, &'queles laguazes cy deuant mentionnez . Et n'elt grand cAiley cftät d'af 

que ce malinefprit les tienne ainfi aueuglez ; veuque 1ào leurs voifialoch : le Sepi 
onvquelquemodeftie, & continence ; ceux cy font fi brutalement couinage. (uper 

duits da defreiglement de leur appeie » qu'ils commettent.le pechécôtBunt que les] 

Cuinéens 5. Nature, &c:vfent des mariages defquelz eft taxé Nerô auoir voulu vfer paille foic diu 
demires,  Ishiftoires Romaines. Ce peuple elt en outreimitateur de la brutldbien à (up 


des Caribes & Canibales, entant qui mange les hommes tout ainfi q 
nous faifons la fauuagine, côme ainfi foit queleur inftruéteur Sathan!k 


apprend cefte effufion de fang, & monftre que c'eft le plus grand, & pdt pres leurs te 
a 3 states feruicequ'on luÿ puiffe faire; car il parle à eux;ainfi. qu'il. fan sveftuz de: 
pe: vhs Calicuthicémienous auons montré, &ainfi qu'il failoic au Mexique , @N leiourqu'i 
ie PP Gufcé,cômei’efpere vous deduire és chapitres fuyuants.Or les Lacz (us choilis de 
4% ditz fe viennentioindreen vnecftrelliffure de terre,quieftentre les deu la citéqui p 
coftaux; &cles hautes montaignes, où le deftroit peut auoir.d'eftédue 1Muperes les en 

tant que la portée d'vnanc,& par iceluy l'vn Lic entre dans l'autre , :&|@Bu;& ceux.qu 

paffans entrent és citez aflifes fur les Lacz, fans toucher à terre ; Etle Lil y aprenn, 

falé(qui eft le plus grand)a fon fluz &refluz toutaiofi-quele mer; & lqu'ilz fonc] 


qu'il croift,fon eau entre dedans celuy d'eau douce auecaufsi grandey 
heméce d fi c’eftoit quelque fleuus fe defbordäntimpetuefement , & 
mefine en fait celuy d’eau douteen fon.accroift, &-defbordement fa 
©: 2 goùlphanten l'eau falée : Et fur le. plus grand eft afife la grande, riche, 
”  "%" rénéméecitéde Themiftité,eftécefloingné deterre fermequelques de 


Rloifible-d'en 


| urpour y log 

bôneslicuës &d'icelle auant ya quatre chauffées Forreftroites ayans unntité de ch 
Afiette de La lrgeurenuironialéngreur d'vrie piqueiqui conduifent à lacité,qui n'@rdes ficges , : 

grade cité de pas figréde GParissou/Venife,ainli qu'aucuns l'ont chantéen leurs cod tout autou 
Themifits. ptes;veu que Corte l'a fait femblable à Seuille, ou Cordoane en Elpandeur, & lac 
goes qui ne font pas plus siens cansçou Tholouze. Mais çe quiine cftrange c 
eparoiftreaihfi fpacieule, c'eft'qu'elle aff. afsife la moitiéien,l'eau,1yréent pour le 


rhemifhité ;. chacune maifon fan iffue, afrique l'eau. puiffe;cpuleren montans, ou 
bafly tours. coniffant, 8 y:vellon fur.des.Ganoës ; Gce fontleus vaiffaux Éairz ox À 
ainfique pe nepiece)aioli qu'6 pal les canaux fur desgôdoles 3 Veaifeu Nef 
sit. les ruës:y font grendes , &:fpacteufes, reheucées fuct gentimentauec 


neuçres Eu 
Jruénfiites.de boyseliin à Keaune foflende plu que ds raifnn:y #h 


ax qu ilztuen 
turs dieuxsils. 
otre & du {an 
leurs idoles, 
miles. en leur « 
hommes q 


NE A LAURE A CUT 

,ù .o BEF TERRBNDNEVEFVIES |. 276 

pôtz ponr palléren terre forme,êlefiplaces da belle eftédue où fo: v 
bortoutèschofes qui feruée pour 1s nourriture de l'homme. N'y sguere 
doe qui erue pour le plaifir, &-cémodité, qu'& v'yrrouue ang OS 
hondance, 8e auec tel ordre qu'à chagümeftier ,& efpece de marchädilé, Gr ande »vir- | 
dordünée fa rue Üs qu'ô bte a y Va apr ra eg cedes Jége 
inedes places y a vne gride maifop où fe tiénent ordinai t:10.: ou dm e 
s.perfonneés- pouriuger: & decider de routes côtrouerfes qui femeuuent | 
bréiques ach vête.entre les marchËs De ver peut cognoiftre 
ghpolice &cl'hônelkté nrpens chimé tée fauuege, & cd 
dux qui ne trouuérrien de ciuilifé, g.ce qui ce fait és cerres-de leur naïlan 

Voila quât au baftimét,eftät ce païs.en eleuatiü dequelque:2a5.degrez 
wrochäs l'equateur pre au 3.Climat par delà le Tropique-d'efté;le pou- 
dey cftét d'affez. belle ftature,n6 crop bléc, ny noie an caufe qu'il . 

sch : le Septétrion, & nous ftaufsi fort Occidétal, magnifique en fon 

age. luperflu en bâquets, Ar n au poñible, & eftrigsment idoletre 

mot que les Efpaignola f'en feiflent les maiftres. Et côme sinli foit que 

ville foit diuifée par cartiers, & côtrées, & qu'éicelles les edifices y foiét 

rbien: & fuperbement dreffez par tout , fieft-ce queleslieuxles plus 
aux, & honorables fonc deputez pour aucüs religieux qu'ils ont, & lef- 
quelz feruét aux téples de leurs Idoles defquelles ils fontiessardiés habi - Quelz, [int 

spres leurstemples, & Mofquées,ouilales tiennent:Cesrc'igioux vôt Lo borne - 

us veftuz de noinne fe faifés couper ny barbe,ny ons plants dus 1Tlatrèe 
sleiounquü'ilz entrétenreligion.iufqu'auiour qu'ilsen fortent:&:lont 4, Mexique. 


bus choifis des enfans des meilleures maifons, & des plus gräs {eigneurs 


la citésqui portent ceft habit dés l'aage de fix à feptans , iufqu'à tât que 
peresles en tirent pour les marier : & plus fouuent y:met an les filzaife 
a&e ceux quidoiuent fuccader à l'heritage,que non pas lesautres.affin 
ile y aprennent la:vertu, &e le moyen debienregir leur famille, -Tan- 
pqu'ilz font là,ne leur eft permis d'aller voir:les femmes ; ny aux dames 
boifible-d'entrer en l'habitation de ces hommes, lefquelz l'abfliennens 
certaines viandes en aucunes faifons, & feruentordinairementaux fà- 
fices 8e. temples de leursidoles . Ces maifonsde leurs orsifont fonc : 
rich=nentbaflies, grandes , bien dreffées, de grands cdifices-à-l'en< Degno ler 
wrpour y loger.ces venerables, & ayans vn grand nombrede tours, & Mexrcans f ob 
Muntité de chappelles :, où font polez reuerément leurs faux Dieux leurs sdoles. 
nrdes fieges ; ayans des Dais, & Pauillons pdeflus, & diuerfes paintu- qu 
s tout autour ; &. font ces ftaçues proportionnées d'vne defmefurée 
prindeur , & laquelle excede la haulteur de quelqueque ce (oit,& faites | 
ve cltrange compolition, à fauoir de toutes; fortes.de grains defquels . 4homina- 
vént pour leur viure., pillez & incorporez enfemble auec:le fang de bles facrifices 
ax qu'ilatuent pounenfaire facrifice. Car vouläs offrir.chofe agreable des Mexscans 
#leurs dieux;ils prennent.yn homme tout en vie, & luy tirent le cœur du 
oeotre &: du. fangiils en font. :cefte belle pafte pout dreffes l'abomination 
leurs idoles; lefquelleseftans parfaites en la grandeur que vousay dit 
nifes. en leur chappslless onileur offre grand nébre decœurs.des pau- 
hommes qu'on leur facrifie,..& du fang de ces facrifiez en oigaentla 


D 7 : par dis Ré 


4 


É RE +1 FRGA TT 4 à (it : . 4 
de, CDPPNETOV A TRITES ME « D © 
| fracécteurs Bmüutebhies deteflablés : &n'ayans des Elirengers péur SN RAI 
? fetes petits enrañs deteurs propre pays fontreleruez pére Gcrii NE d 

… l'eauoyent pluficars chiappeltes, & icelles-obfcurés 8cfams que pouresr l “Rats 


on ÿtint aucune tamiere, ousftoyent leurs idbles ; chafcun en ayantvr 


des fice-de : : purticutiere à fs degotion, 8rpioar toute maladie, owa@ian sys vn Die de poiffos 
Meg Hfanghanradoréenleurs affaires; inf queisdiscn yfayeat dedei Grecz, Qi” 10 mou 
Jin dreféx cdès Rombansviaime.sn Kévlatrie:Les tours que vousayditeitre aix codé" d tra 
| :destogis quifontvoitias des temples ou Mofquées nefertient quepr# free 
=, “eombeiu & Rpulruredesitigneurs,: ouencob il y ades éhappelles a; 50": C0 
Purfance des ges Atotes qui fonr: les dieux parriculieres dechafcunémaifon: fe ne ve pt 


Jeig-de la vil: migniufer à vuus defthifirer fa beauté de leurs maifons, & jardinages, n 
le de Themss-. va'arrefter, luriagrand induftrie qu'ilz ont eu à conduire l'eau doucep 


ballent & qu 


fité, -dercanainfoscerrains ; &Aquedunr dans leur ville; &oitie me chaule di" she 
ve Les deniers-qu'ordinairement on leue fué rootesles denrées pol" à ©? 0 
‘tées vendre aurmarché font pour ke Roy;ou fi elles vienuinr à l'hoftel pt 
"willesentanc quels comemnauté, dc tes leipneurs de la cité.ont grand pu last 


Race furlapolice+æatant que ce font eux qui donnent pris à toute chof 


&c tftabliffenr les ga--les que vous ay dit fe tenir és places pour voider|W ht 
querelles des marchands, & punir les larrons,ou@tres faifans tort à ce" 7" £ cbr 

1 itrafiquent. On voirencor enleurs places publiques tous:les tours are à 
- 4,1. hommes detousmeftiers, quidtrendent jàà voir fil ya quelqu'va q pese La ur 
vusille les employcrau meflier duquel ils fe meflét ; en fonime quoy qi" ra | 
pds cé peuple foit Barbare , ff eft-il polité; & lemieux drellé; de cout al ut0rS v" 
EME" qusl'on en adefcouucrt de la memoire du noz peresrau refte vailtant se, D À 
4 


dupeuple Me- fiibei, hardy, courageu, aymant fon Prince , & pour la delfence dui 
ur eôtre les Eipsignolu ilen eft mors plufieuts milliers,ainfi qu'enicorenc 
‘dirons ;ayans efpluché d'autres choles qui réfbent à demetler, Ce pen 
“eff de grande flature fansexebz nemrmoins, difpoz; paillerd , & quifu 
porte aifément les mcommoditez dela faim, & de route lorte de tra 
| ‘ine craint point la mort,& fe hazarde coursgeufemet à la guerre , laqu 
<Frmes de je ils aymét fur tout, & carellent ceux qui fy font cognoiftre pour lespl 
feux du Mexé vaillenx, le fsilans Capitaine, & Rigneur , & luy donnencdesterres, 
que defrafines faux & efciaues:& pour le recognoiftre en quelque compaignie , qu 
foyentluy font quelque marque en ces cheueux, laquelle vené,chacüt 
fitsutant d'honneur prefque que fi c'eftoitleut propre Roy . 
 Leursarmes defenfiues (ont certains pourpointz cotonnez, &c 
V'vn bon doipt, lefquelz font fortz, & refiflans aux coups, & par del 
ecax fà portent encorid'autres pourpointz & chauffes qui f'entretionne 
enfémble,& qr'ilz lacent, & efguillettent par dérriere& routcecy elt 
d'vnegroffetoille, & couuert de diuers plumagés d'oifeaux de plufia 
couleurs. Les grands féigneurs ont des mailles hon de fer, mais d'or, 


ar delfus y ac 
tattachée a 

lagucrre, &c: 
eux tâfts de q 
Les femme 
furpeliz;lo 
bntrepuinté 
iles chemifé 
{plus longud 
neor.vn'habi 
kne portent 
tles.efpa 
kcouleurde: 
llesontdes:cc 
les fé: garent 
ePoulkes;C 
Cerf, Chi 


d'argent, & ce qu'ilz portent quieft couuerede plume eft foire à d'efpal 

rl es ‘ef leur Rittemens de tete de boys fait en die dé qu 4 eplaifcac & 
befterauiffante venant la gueule bée, commetielle voulôitengloutir res, 8 qui 
homme , & par deffuswn prand pennacheenrichyid'or , & depievei site 
*Loursrargues;rondelles, & Pauois, fne de Cannésbienmatié, ed" Poidzles 


DES TERRES NB VFVES:. 297 
de Coton, 6e par deflusembetlis de plumes 8 lames d'or, & ffonz |. ue 
fhgraud'poineile traity peut donnerattante, &les penctrer.Les armes -#rme5 af 
Mffucs-dufquelles fe feruent leplusfont l'arc, & les fleighes, 8. un dard Jites de Me- 
Wilzlancenten guerre; le ferdes bouts, sit vncpierre viue/ouiquelque Fi. 


depoiffontref-aigu &nuifant::les aucuns font des hout# trois pain- 
qui auf blecentenitraislieux:::leucs e{pées font de:bois, mais au tail. 
nd'icelies,quielt lange-de-demypied ,ilzmettentdeces pierresaigui- 
As quitaillentauflibren oumieux quexafoir qu'on. puiflefaine, V:{ene 
iocore de fondes& f'enaydentfort dextrement ,hardis.; &obflinez ,, & 
Widgrandpeine peuuenteftreoftez de leur rang, d'autantqu'ilztiennét 
fmerucilleuxordreieftant en bataille : durant laquelleilz.chantent, & 
blent & quelquesfois font de fi grandz cris, & huées qu'ilz:efionnent 
poux quiles-oyent, &:furtout filzfe voyent auoir.du meilleur :cruelzau Plage du Me: 
miible ;:comme ceux quinepagdonnent à homme tant leurfoit:ilpro- zic en 44 
heSnerefpeétentaucun sageny:fenxetuans tout , à les mangeans , fila rail eo fe 
speuuent des emmener aucc euxen:captiuité, Leurs :habillemens-fout cruauté. 
pains manteaux faitz.de: Coton corome dsslinceux , ouurezfordiuer-  zabirs de 
ment,:& defquelzchafcunena deux:ou trois, &:leslient par deuant. fur aexsezshorà 
kftomachien hiuerilz fe vefkét dacertainshabits faits:de: plume forme. de guerre, 
qui fmhls cftre defoye cramailie,& "eluz ainfi qu'on porte par.de- 
nkeschappeaux defoye;&enontderouges,noirs;blances, gris, & jaulnes. 
duurentauflileurs-parties honteufesytantcleuant quederriere auecdes 
utoiss Fort gantils,:&.galantementélabaurez,auec de grantis boutons 
rhouppes diuerfement coulaurées,-qui leur:pendent mignannement de 
us coftez , &ont-des fouliers qui:n'ontquelafimple femelle , faufque 
ar delfus y awnecouroye qui.vient dés la pointe fe ioindreau talon,où 
lartachécauecquelque boutons :neportent-rienfur Iatefte:ficenieft 
lagucrre, &c:en leursifeftes 8 dancesqu'ils ont-delongschappeaux., & 
eux faîts de diuerfesrconleursSzmagieres. 
L Les femmes ont des:cemifesde Coson fans manches.quireffemblent 
s furpeliz;longucs;larges; &ufittilomentelabourées partoutigentimét h 
ntrepuintées par lesbards;£ofrangéesnon fonsgrañdeisdafteie , & de ps au Q 
iles chemifesenporsentdeux,outroisfaites:diugrfementsmais vne qui 475 fe 
fpluslongue que routes lesautres. De-laceintureiembaselles portent #7 
peor vn'habillement de Cotontinqui leur va iufqu'à lappintedu pie, 
bneportentrienfunheïte,laiffansleurs cheuçuxæfpars ,:quileur-cou- 
mtlesefpaules, & fontbcauxencorequ'ilsfoyentvn:peu noiraftres,& 
couleurderchaftiigne:il eft vray.qu'és païschaults,&voifins de la mer 
lesontdescouurechcfstanez, &faitsen refu,,camme:voites.: defquelz 
les fe: gaventiffent côtrela chaleur.Leurviyreeftaffez fomprueuxayäs 74,0 e> fe- 
McPoulles;Cailes;Paons;Oyes,&/Canartz : &tusnt pour Jeurordinaire b,seréde, Me 
De Cerf, Cheureux, Lieures &:Gounilz:ontabüdäce d'herbes &:fruits, sicens, 
{eplaifent fort de la verdure ;&despotages 44 neangmoinsfnntgens 
bres,& qui fe contentent de peuautant que:nation quifoitfun laterre. 
turpain eftfait d'vn certain grain qu'ilznommentT'agol , ayant figure 
Bpoidzles vas cthansrouges., autres blançz,:& autres y quicftant 
, à 3US8 


Comme Pac- 


E OUtroi 
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l'efcorcs 
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palte, la 
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à chalt 


| DES TERRES NEVFVES. 278 

bifeà eux néceffaire,mais le Dieu commun du païs ,& adorégencralie- Æerchiloues 
gde tous éftoit nommé par eux Horchilouos, l'idole duquel:eftoit en 4 ur ide- 
kegrandé T'oûr alsife au milieu de la plus grand place dela cité , & én La: ke de Themi- 
lipelle duquel aucun n’entroit que celuy qui efl leur fouuerain facrifi- fra 

pursor toutes les fois qu'ils ont affaire, & necefsiré de quelquechofe, ils Mode &- cere 
Lifientplufieursenfans femmes, & filles, & des hommes, & ffen fait la monte des [a 
premonie en cefte maniere, Eftant donc prins celuy;qui doibt eftre facri crsfices Mexi- 
Bone conduit par les ruës, & places publiques de lacité paré, enrichy canse 
beaux habits , & auquel chafcun faitgrandes carelfes, & luy recite fes. 
frelsitez,affin qu’il en face le meffage, & le raporte à leur Dieu, puis que 

etpreft de faire le voyage, puis luy donne quelque chofe (oit pour mä- 
rouautrement , de forte quece miférable qu'on méne à ce Épplice, | 

squ'arriuer au temple eft tout chargé de prefens que luy font les ci. 
bens, qui luy donnent des commifsions à defprcher en l’autre monde, 

tous ces dons reuiennent au proffit du facrificateur pourle falaire de 
exécution Pourméne qu'on a ainfi ceft homme, il & porté au temple 


bfedreffe le bal ; & la fefte (ainfi que tout fe pañfe fous la mefure de la 


pce par tous ces païs ). & en laquelle le confacré au Diable gambade 
bite, &c bafle, & f'efiouïft auec les autres. Le bal finy, le facrificateurqui. Ç 
doibr malfacrer ,le defppouille & le conduit a vn coing delatourenla-Æorrible fée 
elle gift l'Idole de leur principal Dieu,auquel coing,y 2 vn fimulachre srifrce, s 
pierre, où ilapuyele patient, luy liant vne main à l’efpaule de l’idole, 
l'autre à l'autre , & le mefne en vfant à l'édroit des iambes:ce que fait, : 
us fe mettent de rechef à chanter & dancer autour de cefte victime, 
pcomptans leurs affaires, & repliquans leurs necefsitez : & chafcun luy 
hntrecommandé ce qu'il veut, voicy arriuer le maffacréur ( qui eft vne 
hnde digitéentr'eux ) tenant vn grand Rafoir de pierre, mais qui taille 
l'efgal du fer le mieux aceré, & trenchant qu'on puiffetrouuer & auec 
Eluy en vn clin d'œil,il vous ouure la poitrine de ceft homme au droit 
cœur, lequel il luy tire tout chault, & boufilät du vétre, lequel eft mis 
eles mains du grand fâcrificateur, qui du fang, qui en fort oin la 
juche de leur Horchilouos,& foudain de ce mefme fang en gette en 
ult vers le Soleil fi c'eft de iour,& fi durant la nuiét on facrifie,c'eft aux 
oilles à qui on fait ceft offre fanglant : & apres on oin@ les leures,& la Cesdres du 
tout tant qu'il y a d'idoles au temple ou Mofquée fathanique, com- S'acrife con 
auf le deffus, & cornice de la porte de l’eratoire, où eft l'idole prin- féruces, 
ble, Ce quefait on brufle le cœur du deffun& & les cendres en {ont 
kruées comme chofe precieufe dans quelque vafe,le mefme en fait on 
Kdu corps, mettant toutesfois feparément les cendres en vn autre v:- 
que celuy où font celles du cœur:& d'autresfois ils rotiffent le cœur /nf4me rdola 
les oz des iambes & des bras, & les enueloppent.en .des drapeaux , & srie desMeys. 
grrdent auec grandreuerence,Etiaçoit que les Dieux foient diuer- cans. 
nent contemplez felon la diuerfité des prouinces , entant que les vns 
dent le Soleil, d’autres la Lune, & Eftoilles,les vns{e fouillans en l’a- 
ration des beftes à quatre piedz,les autres honorans lesoyfeaux , ceux 
ss Rrpés, & les autres Les poiffons,li eft ce que de soute chofe par eux 
| GGg ÿ 


| LIVRE QYAFRERSME | 
venëreo ils obt des pures, & repreientationt ,'& leur offrent eos radis 
&c fanglans facrifèces, Et ce quilevafelannoie. Écelko coutume f. crue 
le: cfloit que le fable parlanc dedans eds fiulachres leur commando; 


d'envfer ainf , déleurfaiGirà croire qu'il &pailoit de celte viande bd 


cux offerte; 8 ne marigeoit rien f volontiers, que les étœurs denhomnie 

Deurion  Cépeupleicft leplusdeuotieuxen cequ'ikeroit,qu'autro qu'on fçactiee 
Saperflirienfe toutlemondé ; &fraffo@ionnéà fes Dieut que volontairemôt plulis 

des Mexicans f'offvent pour eftre-facrifiez,eltimans de fauuer leurs-ames ; qu'ils croye 

cftreimmortdlles , ainft. que font sous les féprentrionaux vors.les: Prouir 

ces,fusnommées, & voit omordinairemient plufieurs qui finéifent les la 

guos, bras, & cuifles, pour en offrir le fäg à leurs-ideles:& on {ur 

_des chapelles , 8 hermitages: :. où les pañfans vent deuotieufement of 


Fennnes peu leur fang déuant leurs diéux;les'priansde bienheuror leursaffaires, &le 
rebrétres an conduire enleurs voyages « Voilaquant à lareligion, & police de la cit 


pars de Me- de Themiftitan,& des principales: de Mexique, ou lés homimes eftans 


xique, , 
; ayans de bons prefcheurs ordinaires quiles-deftournenc de cefte abom 
Mariage des nation deteftablie d’idolatrie , & d'vne cruautéfibarbare, & inhumain 
Mexicans,  Cepeuplenefc foucieque bien peu des femmes , & en faitle moins 
| compte que natiomqui foit fouz le Ciet, veuque pour chofe aucune 
peut tourner à quelque profit que ce fut, vn Mexican.ne diroit rieni 
{on affaire à fa femme tantlatiatil chere ou l'aymafk il à l’efs 
fonne. Etauantqu'ilz fe chreftiennaflent quoy qu'ils efpoufaffent ch: 
diuerfes fcmmes,commeencorefont les Mohometifies, fienauoyenti 


toufiours vne qui eftoit la principale , 8 les enfans fortans de laquel 
faccedoyent aux biés 8 heritages du pere : aufsi en efpoufant cefte pri 


cipale, ils faifoyent plus de dances & efbats., qu'en conduifant les autre 
. Sepulture des leur maïfon, qui ne feruent 4 pour le plaifir , là ou l’autre eft maiftreffe, 
Mexicans Chef dela famille. Etaffin-qu'on ne penfe poiat que cefte nation.eftant 
quelle. ftrangement fuperfliticufe en la perfuafion deteftable de ces dieux, fut 
fr fans quelque recognoiflance de l'honneur , que prefque tons les hor 
mes de laterreont portéàla fepulture, fault noter que les Mexicans to 
voire tous les Occidéraux dés la région de Panuco,iufqu'à Eabradour, 
Baccaleos fe foignét grandement de faire que leurs mortz foyent mis 
terre, & quelque beftife qu'on leur attribue fine font ils point fi beftia 


que furent les Hircaniensiadis ; qui permettoyent que les beftes fuflei 


celles,qui feruoyent de fepulture à leurs parens, veu que ceux çy quai 
quelqu'vr d'entr'eux eit mort,dreffét vn tombeau fait de pierre, & cô 
vae foffe voultée , dans laquelle ilz mettent le corps du deffun& fur 
fiege: & aupres de luy pofoyent fon efpée,rondelle, &le plus precieuxd 
fes ioyaux fuft d'or,argent ou pierrerie,& des viandes pour quelque io 
née, ayans opinion les monts faifoyent quelque grand voyage, pour 
quel paracheuer les viures leureftoyent neceflaires ; & les armes vti 

. fin de f'en preualoir pour quelques iournées . Etfi c’eftoitvne fem 
encore n’eltimoyent ilz point qu'elle fut oifiue , puis qu’en fa fofft 
mettoit fa quenoille , fufeauz , meflier , & autre chofe du mel 


les chip 


bon: & gentil efprit , ontàprefent pour la plus paëtembraffé l'Euangil 


Auoir voulutr 


L'A 


is re 
ux defcrie 
paiffsoce d 
s mieux. fait 
nure &c dit 
sx chofes le 
sierrerie qui 
and Roy,q 
mme acc! 
plus grand 
rh ceqi 
court, à caul 
sauf font t 
ns à lafuite+ 
fire par tout 
reeueurs pot 
il fault que 
sentendent, 
ributs, que p. 
kquel fe Di 
koir des homi 
deces chofes 
bignoyent qi 
bre, Mais du 
sit le fufdit C 


point du jour 
ipaux du pa 
les fans * 
tete feigneur 
e  MRCIBA 
Ms qu'il ft 
&eftoyent fe 
plays iouy ff 
difnoit.en fale 
mes Qui porto 


" court, à eaufeque ordinairement prefque il fe tient a Themiftitan;com- 


œ 


gauelsonque & ç of telle façon.de viurequ'ilsont entre ceux , mais re- 


ke ces chofes y auoit des Palais pour les nourrir, & des hommes qni ne fe 
bignoyent que de prendre garde querien ne manquaft pour leur nourri 
re, Mais du (eruice du feigneur tel en eftoit l’ordre,ain{i que bien le de 


DES TERRES NEVFVES. ay 


asfeuime v'&td'autresbrufloyenties corps , Al'imitation(& Grecque Mevicens 


Romaine } & puisenterroyent les,cendres ;. qu'ils honorüyent auec .Æwrhe 
jdreuenence: Enfomme quelque douceurque ce.peuple fe monftraft ges | 
fofocietéifrcfbait-il Antropophage, &cfi friât de la chair humaine, que. 
evenoion-luy:venoit à.contrecœur au pris de cefteviande, &alloyée 
vent à laguere.fe hazerder à la mort,pour prendre des captifs:, & def- 
selquels il peutraffhficr laglautônie-de fon apetit,. & au reftetous So- 
mites &yuroignes. comme ceux.qui boiuent leur bruuage fans mefu- 


Grandes ri= 


kävoircommeils fe gouuernent enuers leur Rey,lequel nousauôs dit 
cheffés du roy 


fils refbetent für soute chofe dece monde, & Les richetles duqueliene À 
ux defcrise, veu que Cortez quiena veu la plus part,confeflen'eftre en de Mexique. 
paiffauce de declairer entierement l'or, argent., images de ces metaux 
smieux.faites... & elabourées que orfeure du mcadefçauroismettre en 

re & dit queles feuls ouuragesde plume font dignes d'eftre efgallez 

kchofts les plus-rares qu'on face par deça fans qu’il mette.en comptela 


hicrrerie qui eft fans nombre, & ne puiffe rendre compte du reuenu de ce 


and Roy, qui de fon temps(à fçauoir l'an 1540.) fapelloit Montez vm4 
omme accort, vaillant fubtil, & d'vn grand cœur, les terres duquelil fait 
plus grand eftenduë que ne font toutes les Efpaignes. Ne pouuäs donc Qur font ceux 


ecifier ce que deffus, àtout le moins deduirons nous la magnificéce-de 7} °”" Le 


charge des fi- 
raufli font.tousles feigneurs circonuoilins , lefquels tiennentleurs en-.”?”""; 44 #16 
s à lafüite-du grand roy pour y effrenouriis, ainfi que Le voyons auf. *’7* 
tre par toute l'Europe : ayant chacun de ces fcigneurs des theforiers, & 


trccueurs pour recueillir les daces & tributs dechacune Prouince; & de 
silfault que rendent compte au fouuerain,ayans certains eara£teres que 


sentendent,& defquelsils vfent à faire les defpefches,tät pour leuerles 


hibuts,que pour payer lagendarmerie, ou fournir à la defpence du feig. 
kquel fe plaift en toute forte de beftes, & d'oifaux d’eftrange façon, & à 


ois des homme, 8 femmes. monftrueux en leur figure, % pour chacune sfeité 


duroy Mexi- 
(can. 


ile fufdit Capitaine Efpaignol,qui le tint longuement prifonnier, pour 
oir voulu trahir les Chreftiens eftansen fa Prouince. Le matin dés le 


LIVRE QUATRIESME 

li tant que le pays cft fübict au froid , à chacun plat; yauoit vnrefchy 

Côme le R9Y pour tenir la viande chaude, portans le toutén la fale,où le Roy auoit, 

Mexicä feif couftume demanger;laquelle eftoit nattée & parée fort richement, Ta 

Jéruy 4 table. dis que ce Roy mengeoit, aflis fur vn carreau de cuir richemét elibouré 

il y auoit cinq,ou fix vieillards, qui prenoient leur repas auec luy,mais «f 

loignez de luy , aufquels toutesfois il donnoit, & coupoit la viande def 

main propre, Celuy qui feruoit deuant le Roy, demandoit les viande 

qui plus venoyent à gouft au Prince, que foudain ceux de la grand faler 

failloyent de porter: il fe lauoit les mains au commencement du repas, | 

à la fin, mais la feruiette qui luy feruoit vne fois à l'effuyer , neluy efto; 

plus reprefentée , ny la viande eftoit remife éz meffnes plats, efquelzo 

en auoit porté dés le commencement: & fe veftoit quatre fois le iour, (à 

E Strange ce- porter iamais deux fois vnabillement. Ceux qui entroyent au Palais, fail 

remonse 4 fe loit que allaffent pieds nuds, & eftans apellez pour venir parler au Roy, 
trouner deuat alloyent latefte baiffée, & les yeux regardans à terre , & le corps court 

le roy Mexi- fans l’ofer regarder en forte quelconque:& ce en figne de refpeët & reu 
can, rence, ayans opinion qui celuy qui hardiment regarde fon Menus: 

face, eft prefumptueux & ne le craint,prife, & eftime felon que luy con 
mande le deuoir.Le Roy fortant du Palais,(ce qu'il ne faifoit guere)iln! 

auoit aucun fut de fa fuyte,oude ceux qui le rencontroyent, qui de pa 

de le voir, ne tournaft la tefte de l'autre cofté, & tous attendoyent qui 
fut paffé, fans que perfonne remuaft aucunement de fa place : auffi qua 

il deuoit fortir , il y auoit vn de fes gens qui marchoit deuant ayant tr 

baguettes en main, affin que chacun fut aduerty de l’arriuée du Roy, { 

que perfonne ne luy vint a l'encontre. Ce fut fur ce Roy fuf-nômé Mi 


qui de noit 
euës, Or e 
la mer qui 
tion que no 
e,onnous 
olicées de l' 
ons de vie 
put ainfi que 
kque en auor 
it fait Chre 
felon le peu 
fe,nô q ce 
jeux faire. C 
te lorte: qu 
Jomtes,iufqu 
qui eft deu fc 


tezumà que Fernand Cortez prinft la grand cité de Themiftitan, & pa onne qu 

Fernand ci voyfin, di il abatift les Tdoles ,non a vn grand defplaifir des habia sci 13, 
ser prif - qui difoyent tenir cefte façon de vie de leurs anceftres, queil ne nioyer oy,mais faul 
pa eur # point que ne fuffent venuz d'ailleur, & n'eftre point de tout temps nul, ainfi qu 
d A D+ sels de celle Prouince, mais de fçauoir dire de quelle contréeils eftoyense Voé;ay: 
ef. fortis, aucun n’en à fceu rendre certaines nouuelles. Ie ne veux m'arrefte fpirituel cit 

aux affaults donnez par les Efpaignols, à la braue deffence des Mexican poutesfois ce 

& ne deduiray auec quelle conftance& le Roy,les feigneurs & le peupl@ de faire mo: 

aimoyent mieux mourir en combatant vaillamment, voire brufler leu oy eft crée 

propres maifons, pluftoft que viure fous la feruitude kate fa iultice, & 

tray auec quelle cruauté Montezumà feit facrifier les E paignols » Qui cit toufiou 

ftoyent allez vers luy,pour le femondre de fe rendre, luy eftant affiegé@/'Ife. Auf 

{on palays, ny comme en fin il mourut, d'autant que le difcours en feroiate au Voé,r 

trop long,pour en eftre l'hiftoire notable & de confequence,ioint 4 Cofnoux du fou 


ition & id 
ice, & de l’: 


tez l'ayant defcrite, & moy n’entreprenant ces defcriptions, me content 
feulement de reciter les loix,mœure,couftumes,& religion de chacü pe 


ple,felon qu'à la verité i’en peux faire le recueil auec l'autorit: c'es auteurs (oyéc ils fe 
dignes de foy, & qui ne comptent vne chole pour autre, paignans en Sie & foubli 
prentrion ce qui eft vfé en Orient,& attribuant aux Occidentaux les ch@ytefte fi haul 

ui l'or dre) 


fes qui fonc propres à geux qui habitent les terres Auftral”s, 
Ve krence les gré 


DES TERRES NEVFVES. 230 
L" ‘peliflede Giapan Seprentrienale, © mœurs des peuples qui 
auoitd, -- Ps d Chapitre. 6. S st 
nt. Too ‘Autant que le pays Mexican reffentles froidures Se-. 
bou ER é ptentrionales, & que guere on n'a cognoiflance dela 
> Mais x # mer de Surenl’eleuation de ce Royaume, auant que 
de de DUREE © & pañler outre, encor que ce noftre œuure ne foit point 
; viande | 14 De] ne dreffé comme Geographie , fi tafche-ie de mettre les 
d fl OR SS LS Prouinces chacune en fon ranc felon qu'il m'eft pof- 


efcha 


repas, { PAU lible,& fuiuant l'opinion de ceux quiiadis ont efcrit,. 

uy eftoifé quide noitretépsont fit la defcouusrte desterres nouucllemét cô in 
quelz oMeuës, Or entre plufieurs ifles, & grandes & fertiles vifitées de ce temps Ifle de Giapa 
our, fard la mer qui va vers la Chine & Cathay, qui font prefque en mefine ele- aff. 
ais, filon que noftre Europe,affife entre le Tropique d'efté, & le cercle arti- 

u Roy,hhe, on nous en a marquée depuis l'an 1550. vnede plus belles & mieux 

> courbélicées de l'vniuers, nommé Giapan , & laquelle à caufe de la rarité des 

À &c reu@Bcons de vie du peuple qui y habite , ie ne feray le retifde vous defciire 

neurd urainfi que prefque mot à motie l'ay tirée de Italien , & recueillie de 

luy cond que en auoit donné d'aduertiffement vn Giapanois mefme, lequel fe- 

ere il noir fait Chreftien frequentent lesnoftres qui bot aux Indes Orientales: 


ii de pal felon le peu que i’en ay recueilly ie vous en fais aufli affez efcharfe lar- 


y ent Welle, no q ce {oit par faute de bon vouloir,mais me manquät le moyen de 
M quanieux faire. Celuy donc qui a defcrit cefteifle Septentrionale en parle en 
ant troie forte: que Giapan eft fuiette à vn roy ,ayät fous luy des Ducs & des 
Roy, Momtes,iufqu'au nôbre de quatorze, l'un defdls mourät c'eft au fils aifné 


omé Mi 
» & pa 
habitans 
enioyer 
Dps natli 
Eh | 
’arrelte 
1exican 
le peupl 
fler leu 
le:omet 
$, qui 
ailiegé 
en feroi 
tq Co 
content 
acü pe 
es auteu 
ns en Se 
x Les chg 


qui eft deu fon heritage & fucceflion:là où fil y a d'autres enfans,l'aifné P4#* Ro en 

rdonne quelqueapennage fous condition toutesfois qu'ils luy feront #4 ©. 
image, & luy obeiront côme fes fuiets, & tributaires .I1 dit qu'ils ont vn “#” puil[äce. 
oy,mais fault entédre Roy principal, entät à la feigneurie et departie à 7°°” oy foume- 
eux, ainfi que iadis en vfoyét les Spartains : & ce premier fapelle en leur ?# Gex0 re 
rue Vo6,ayant fa iurifdiétion , & puiffance fouueraine tät fe letéporel 247! Le char 
fpirituel , eftäs gés adônez au feruice des Dieux ainfi que dirôs cy apres: 4° de La police 
Itoutesfois ce Voé ne vaiamais en guerre, & ne fe mefle en forteaucu- 
de faire mourir,ou efpädrele fangi d'homme du monde:& c’eft pour. 
oy eft crée l'autre Roy,que ils nomment Goxé entre les mains duquel 

la iuftice, & la charge des guerres, & lequel neantmoins obéit au Vo6, 
uieft toufiours choifi du plusilluftre fang, & noble race qui foit en tou- 
l'Ile. Aufli quand le Goxé le va voir, c'eft auec reuerence qu'il fe pre- 
eau Voé,mettant les genoux âterre, & humiliant lechefiufqueaux 
oux du fouuerain, quiauffi eft comme le grand Euefque de leur fu- 

ition & idolatrie: & quoy que ce grand chef de l’ifle & general de la 
de l'armée foit puiflant à ie A w aye grand e d'hom- 

foyécils feigneurs.capitaines,ou foldats, fi eft-ce que f'il fait quelque 1, 
le & foublie en fon deuoiriil n'yatiltre Royal que le Vo6 neluy ofte D 
ptefte fi haulte qu’il ne luy face aualler. R 

ufi l'or dre y'eft fi bien gardé queles moindres refpeëtentauec telle re 
krence les grâds, & que Les roys mefmes, craignans lenom & maicité de 


ab Po, 


. LIVRE QVATRIESME 
Giapamë ff leurautofité nefont rie qui foir viruperablé, Kesperits;cfguillonnez 
ment lespe- ceftemodeftie , & crai nans'la grande feuerité deiuflice gardée par 
cheY, dire ef fouuerains;n'ofent rien ire que fclonla loy,&-ordouwanesderer 
gta. ‘ant-en main Je puillance, kéfquelles ne pesmenteftre que:ri 
l'erreur qu'ils onten leuropinion, ( imitansles fantafres-ées anciens p} 
Noblefé refee Jofophes de l'efcôle Stoique,)que tousdes pechez fontafgaux, Br que 
téeentre les tantcommer de fautte:celuy quidefrobedix{olz, ‘queqiauroit prisé 
Giapemis. … farronnant milte efeusä fon prochain . Aufli nt ces Inhikiresfortequ 
tâbles, &quiréfpe@tent chacun felon fon degré & vertu ;fanste fo 
nomplus des richelfes, que dela fortune la plus contraire qui‘puiffeadu 
hirà l'homme. {ls honorent-grandemét lanobleffequelque pauuretéq 
ha fuiue tout ainfi que tes gentilhommesfercputent pour dignes delo 
ange’ayans fait feruice à leurs Princes, @& le tour plus’efguillônez del!h 
meur & defir de louange;quetle:crainte qu'ils ayent d'eneftre punis.C'( 
Srapanos fs le peupleautant fobre’&modefte qui fe trouuc fur terre, iaçoit qu'il 
brés au man-‘adonné vn peuboire ‘largement , :faifant leur 'boiffon ‘de Riz:&ai 
ger or excef- vous voyez que le pays ny eft pastrop froid, y croiffanteefte:femence 
ffs en bunäe, ceux n'ayans d'autreindultrie pour fe faire des liqueurs à boire queleR 


ainfi que ailleurs on vie desobelons & de l'orge pour'faire biere, be 
Bordes Gia- fon propre aux fcptentrionaux.Ils ne'fe plaifent en 1eu ‘quelconque! 
panos quel-“eomptentà grand deshonneur'fivn'homme:eft adonné au iéu , d'un 
le. ‘que onrre fçauroitioüer (à leur aduis) fans fouhaiterle bien diautruy} 

‘par méline moyen on tombeau vice qu'ils hayent, &'detéftentileplu 
Giapanois mece monde qui eltlelarrecin , ‘car ikn’y:a mation :foustle Oiel.qui moi 


tonent samañ oucie du bié d'autruy que lesciapanois,& qui reçoiue demsilleurc 
les admonitions que’on leur'fait,filsontcommisquelquefaulte, Et{ 

Larcin'hay, Fault croire-ce que Xauierrelligieux de l'ordredesIéfuites ena éfcrit) 
et puny entre diroiten‘ifant la viede ecpeuple, que ç'aytéfté vn'Sacrate;qui l'à en 
les Giapanois gné ,’entant que lil éftmodefte en fonaûtion , il nefefgare: point a 
__ ‘enparolle , entant que les Giapanois neiurent aucunementen leur 

Xaaier Lefai- is commun, & file ferment efchoit en leur pardlle, é’eftleSoleil qu'il 
te + eférit cefle pellent entéfmoniagne ,‘auquél ils attribuent quétque grande diuini 
hifloire en sufli bien que ceux des peuples Occidentaux, &'Septentrionaux parn 
God. amenez'en ce quatriéfmeliure. ‘Aufli ladorent ilz,& la Lune auec luy 
| ‘Feraportentdeleurfoy,&relligionà-certainsmoynessqu'ils apellétBo 
Geapanos in zi, & Pagedy ,- qui font comme leurs philofophes, mais plus vicieux ce 
rent par le So fois que n'elt le cômun peuple, & qui feveautrenten l'abominationc 
deil, ‘demnée de tous honeftes;& laquelle ne femble peché en'ce pays , à ca 
Bonxi cr Pa que ce fonteux qui fcruentà tous d'exemple Mais auantque fpecifier 
gedy font les * cy plusau' long,nous deduirons vn'peu'le ménage de arr aifon royale: 
prefires des de celuy Voo qui éftiechef, & fouuerainen la puiffance Giapanoife, 
Guipanë. lequel vit feton la façon, &'maniere qui fenfuit. LI fe marié,quoy ques 

Quellewie : dementadonnéà Ja lupetftition dé leur foltecreance;prenantvnefe 

meine le poo de grand maiton & qui foit de færace, & fortieide la famitlede ces pre 
des Giapanois cctleurs .Loint que ce’ Roy eftauec fa femme iln'éferoitenacofterd 
tre,comme aufliains que clpouler , ikne feliazarde d’enchaifir queles 


quil 


| fe br 


oprecomm 
dpace des au 
aps qu'il lu; 
dent.Et per 
dife des ho: 
oift de la Lu. 
pclecorpsh 
ipan,pour f 
oit à fa femr 
plouuoit à ca 
l'homme. € 
poufant Ja fie 
lemary.la tre 
filne fartac 
nprocez, &c 
aftny l’vn n 
nommée, 8 
huoyée chez 
k fil fouffroi 
ut fe remarie 
buis, & nef 
sfont encor 
quelque.eft 
mmes Ethni 
homme puif 


Buité naïue de 


tez, f'ilz on 
eaux monaft 


L & oeuf, ® 


ennent à lire; 
rme expi 
ployent aug 
tpar l'efpace 
anne les att 


s fe de Ji 


 DES'TERRES NEVFVES. 28T 
y ferge de palletemps. Engory a vae autre obféruation,qui eft quo 
Hocfe.marie auant qu'attaindre l'an 30. de fon aage, ny aplus remede 
emarier, comme auf fil perd {a femme auant que venir à ceft aage 
c'e pour luy autanr de vœu de chafteté pour toute fa-vie:mais elle 
urant,ainsquele Voù ayt attainc ceft age, c'eftenluy d'en prendre | 
autre pour fonaife, & paffecemps, lequel encor luy eft limitté en cefte Le Fee couche 
e.LorsquelaLune va en dimiauant, vous n'auez garde que ce Roy 4% /4 fem 
oticux couche auec fa femme,ains fefloignant d'elle par l'efpace de 15, me /isrment le 
nvacque à icufac, eftude & oraifon,ne mangeant qu'vne fois le iour, cours dela 
hat veftu deblanc,&.couronné d'ordinaire iufqu'à tant que la Lune re: Zune. 
sd fa courfe:& ainfi lors qu'elle vient à reprédre fon croiffant,ce galde 
oyrecommence à fe refiouir & faire bonne chere auec fon efp oufc par 
dpace des autres 15.iours la menant à la chaffe, & fe donnant du meilleur 
aps qu'il luy eft poflible de penfer, pour fe recompenfer du ieufne pre- 
dent.Et penfe que quelque farouche Philofophe,qui mefuroit la gail. 
dife des hommes, & la nourriture des moëlles fuiuant l'accroift,ou de 


unis. C'( 
t quil 


RIZ :êcai 
spin: pift de la Lune,comme eftanc celuy des aftres,qui le plus à de proximité 
que le Mec le corps humain, fut.celuy qui enfeigna cefte pratique aux Roys de 


icre, bo 


( open fe tenir plus longuement en haleine,auff bien que celuy qui Pi£ænie no 
oit à {a femme, qu'il ne failloit point coucher enfemble, finon lors que ‘4e 4 Ga 


,-d'arplouuoir à caufe des humeurs qui abôdaient pour lors le plus au corps ?##. 
l'autruy l'homme. Ceftenation ne fe mefle point auec plufiours femmes chacü 
tie plu @poufnt la fienne, laquelle fe gouvernant autrement que de fon deuoir, 
ji moin lle mary la trouucen faute, il doittuer, & elle & ion paillard enfemble: 
Heure fil nc fartaquoit qu'à l'vnfeulémét,la iuftice le pourfvit, & luy fait on 


procez, &ceft puny rigoureufement comme homicide : mais fil n’en 

dtny l'vn ny l’autre, il eft infame pour toute fa vie, Si vne femme cit 

nommée, & que nonabftant on ne la peuue trauuer für le fait, elle et y, 

muoyée chez fes:parens, & par ce moyen le mary efchape letiltre d'infa- Ed 

k lil fouffroit les cornes fans fen relsétir en forte quelcôque:ioint qu'il 

ut fe remarier à quelle qu'il luy plaift:1à où la repudiée eft deshonorée 

bmiis, & ne peut trouuer aucun qui aye affaire de facompaignie, JInfa- 

sfont encare les hommes, qui viuans leurs femmes faccoftent d'autres 

quelque.eftat ou conditian qu'elles puiffent eftre: & à dire vérité, pour 

mnes Ethniques,ce font bien des plus belles & louabies conftirutions 

homme puiflédetirer, D'y.ayant rien qui ne foit fondé fur la mefme 

Buiténaïue de Nature.Les mariez de cefte ifle, & qui y font des plus re- 

îez, filz ont desenfansles enuoyét.dés l’aage de feprà huirans,à l'ef- Enfuns noum 

ecifierWeaux monalteres, defquelz nous parlerüs cy apres,iufqu'à ce qu'ilz ont ris aux lertres 
royale & neuf, ou vingt ans, fans qu'illeur foit loifible d'en fortir;ains a: 4 Grpan, ‘n 

sanoife Meonent à lire, &-cfcrire,cequieft de Dicu,& des affairés du-public,puis … 

oy quedirrme expiré Pen vont cher leurs oi qui leur dônént femme, & les N à 
ne femholoyent augouuernement de l'eftat public. Les femmes ayansenfanté  Ceremenies 

ces pret par l'efpace de 1$.iour qu'elles n'oferoient toucher perfonne, & que des acouchées, 

ofterd'unnelesattouche, & quarante iours fans entrer en leurs Eglifes: & les 

r queliBhues fe de liuransde teur portée font feparées du du Le an 


quil 


. Et( 
a éfcrit) 
ai l'à en 
point aù 
n Jeurd 
il qu'ils 
e diuini 
x par ne 
auec luy 
bellétBc 
1cux ce 
ation co 
vs ‘à cal 


Punit'on des 
adulteres 


d - Han 
ME fs #5 F 


LIVRE'QYUATRIESME:" 


D 
tres comme aulli font toutes dames, ayans, & fouffrans teurs Purgatio mA caufe 
menftruales,& l6rsauéun ne les aborde, quine foit declaré fouillé, & on equi 
ne faille que fe laue auant quefrequenterles autres. 4,1... Ron ny 

Cruauténon Les femmes qui font pauures, & qui ont grand nombré d'enfins, fi d'ffces. Gia 
unie de celles tres leur en naiffent elles les occifent, afin de neles voir eftans grandelex it Je moin: 
qu'ont trop perir de faim,ou auoir quelque grande difette:& nonobftant que leuriy auf les S 
d'enfans.  fice foit rigoureufe à punir les fautes, fi eft-ce qu'elle fouffre, cefte crua iceauqu 
Droit des té rant barbarefque & inhumaine. Quant älafucceflion du Vod, lefiys diuerfes 
fcceRisns en- aifné, auf bien qu'en noftre Europe, en porte l'héritage : 8 Fil meurs iadis les plu 
tre les fés- fans hoir mafle, le plus proche du fang en ligne mafculine, éft celuy qubnination co 

: greurs de iouyft dela couronne, car les femmes n°y font receuës aucunement:& ds f eft- cc 


+ Giapan.  mefme couftume vfenttousles autres feigneurs de l'ifle Giapanoife, 


À x inomment I 
Les Princes y font fort courtois à leurs fuietz,& obeïffans à leur fouu 


ydecentan 


rain; & fi par cas il efcheoitqtetque querelleentreeux, & qu'ilz fe gueh; faint hom 

Cexo puni} royent enfemble, le Goxà eft céluy qui leurimpole filence, auquel fi cefte manie: 
les rebelles. defobeiffent il leur faitguerre,les desherite& fait mourir,toute:fois leu y cuft v 
biens font laiffez à leurs enfans,ou ayans caufe:aufli bien que fi lefditz  vn enfan 


gneurs eftoient decedez de leur mort naturelle, 


k tout le’pays 
Quels font les Et comme ces Infulaires foyent prefqu'en mefne Climat que nous, 


tinte, enf 

Gsapanos. fontils blancs, & peu ffen faut de pareille ftature que les Eurépéens, paf} , à la naiff 
difcrets , gentilz , nobles, aymans la vertu & les Icttres, & qui chcrilal,ài jefquet 

fort ceux qui fontornez de quelque grande doûrine: v{ans prefquedince quelc 


mefmes façons de vie,faufque leurs loix ne font redigées par cicrit, & qu 

Loy,centre Les matieres,& procez fe vuydent debouche, & non par efcrit,&c para point ente 
les frruiteurs es depefches font beaucoup plus foudaines: maisla rigueurtelle, ques, il luy 
Japerbss … vn feruiteur ou füict,foublioit iufqu'à là,que de dire quelque parole, qi cn vne hs 
defpleuft à fon maiftre, ou fcigneur, fi le fcigneur Ietuë, iln'en fera Ai 6nne , où 

pourfuite quelconque. et 3 QT  Buuitere, & d 

Giapaneis Orne font ilz fi parfaitz qu'il n'yaye entre eux vn grand nombre d'ef£ mor pre 
forciers, @* chanteurs, & forciers, iaçoit que ceux qui font les plus gens de bien r'éhroyent,efta 
deuineurs. tiennent pas grand compte, neantmoins font ilz fort eftimez par le uiuerfes forte 
gaire. Ontencore des Aftrologiens, quifont fort experts és predictio@nfeul Dieu, 

par le cours & reuolution des Aftres, & fe meflent de direla fortune, Œoouftumes, & 

ce qui doitfucceder à ceux qui vont vers eux à confeil :& tous font fidoles,com 

gneux de fçauoit l’hiftoire de leur predecelfeurs , qu'ilz efcriuenten let encore àR. 

langue, laquelle eft bien for difficile à apprendre: eftans ces gens d'une eftuy ayane 

prit vif, & füubtil ; compreians bien toit cequ'on leur monître, et qui ires, leur do 

plaifen* grandement à ouyr parler des chofesceleftes.… fetuaffent pe 

Giapanois * Auffi ontilz opinion, & f‘y attendent auec vn merucilleux efoir,qu'ne leur: prop 
dtrendèt une feront inftruits en vneloy meilleure , que celle qu'ils fuyuent :et i'efpell |: quatriefi 
hy meilleure én Dieu que ce feront les Chreftiens qui les inftruiront en la foy de l'Ell-occurrencd 
que la leur. fe,veu que c’eft la perfusion la plus parfaite, fain@te et proffitable quifrefentoit fi 
Cami eft;ny fera iamais au monde;comme eftét l'accompliffement detoutesiertoutes : 
| promeffes que Dieu a faitesaux hommes. sil en pourfuy 

Taçoit que cefteifle foit belle, grande, faine, fertile, & bien airée, 4 : 

aie uiette aux tremblements deterre, qui y {ont quelquefois G ve 


&leperele 


= 


DES'TERRES NE VFVES. 282 
gatior ni: caufe que elle ef: fortexpofte à la violence des vents, qûe il n'y à Gi4p48 fab- 
, &qubone qui ( puifferenir debout, durant vn tel efbranflement : & neant” seffe aux #8. 
onson n'y voit point aduenir, que peu fouuentaucuneruine de leürs blemen de 
fi d'adiñces. Giapan n'eft point fuiette aux ferpents & ffen y treuue fort peu, fire. 
delesoutiemoins qui foyent venimeux :.y a grand abondance de fauuagi- 
leuriu@e, auf les Seigneurs f'y adonnenc fort à la chafle , & eft prefque tout 


nerciceauquel f'adonne la nobleffe .Iaçoit qu'ils ayent encore des opi- Giapanois 


e crua 

», leGtns diuerfes fur l'adoration, & que les vns fe fouillent honorants (com. 7127 que de. 
il meur@eiadis les plus fages)l'armée celefte des eftoiles , & d'autres fuiuent l'a- defres,croens 
eluy qubmination commune des nations en faifant honneur à l'œuure de leurs vn/ew/Dieu. 
nt: 8 dns, fi eft- ce qu'ils croyét vn Dieu, createur du Ciel & de la terre,que 

ife, bnomment Deniche , ou Cogien leur langue , & difent quel n'a pas X47#4 pro- 
r fous de cent ans que ils ontreceu cefte cognoilfance , & ce par le moyen phetedes cie. 
fe guer@nfaint homme queilsapellent Xaqué, l'hiftoire duquel ils comptent Pass © fên 
quel filé celte maniere. sfresre, 


fois leu 


ser Qu'il y euft vn Roy lequel veit vne vifion,qui l’aduertift que de luy for 
ditz fe 


mt vn enfant de grand excellence, & lequel feroit réputé comme Dieu 
tout le’pays circonuoifin : ce que ayant compté à fa femme elle eftant 
inte , (enfanta au bout de neuf moys vn fils que ils nommerent Xa- 
À, à la naiffance duquel apparurent deux ferpents fur le toit du Palays 


)OUS,aul 
'ens, pe 


cherila@yal,lefquels defcendans en bas, & aprochans l'enfant, ne luy porterét 
refquedifnce quelconque. Ce Xaqué eftant creu iufque à l’aage de dix neuf 
rit, 8 qu & le pere le voulant marier felon la couftume du pays , iln’y vou- 
sc paraïn point entendre , mais voyant que fil farreftoit pres de fon Sei- . 


Île, queeur ; il luy feroit impofible de refifter à fa volonté , fen fuyt de 
parole, qi en vne haute montaigne & icelle deferte , & non frequentée de, 
fera faidr/onne , ouil fe tint fix ou fept ans en contemplation & y failant v- 
auftere, & dure penitéce. Lequel téps expiré,il defcend en campaigne, 
abre d'aMfmetà prefcher auec grand zele , & ardeur contre les Idoles queilz (nb ee 
bien n'Aroyent,eftans monftrueufement Idolatres,& fe fouillans en plufieurs 7 
par levuliuerfes fortes de facrifices, & inhumains, & detaftables, & leur annon- 
redictionieul Dieu, crateur detouces chofes, renouuellanttoutes leurs loix;, 
ortune, Mcouftumes; &e les reduifät à vne voye mcilleure que la premiere, abatät 
s fontf@Bidoles,çcomme encore fe trouuent des ruynes d'icelles,ainfi que on en 
htenle@tencore àRome parmy les antiquitez &. ruines de la cité. 
os d'ontBeftuy ayantaquis vn grand bruit de fainteté, & reucré de tous les In- ru » 
| à : q commé- 
» Ctquiires, leur donna cinq commandemens. Le premier defquels fut QUE rens du 
netuaffent perfonne: Le fecond leur deffendoit le larcin . Le troi- frere 
à ME $ : : TA | d qua. 
poir,qu'ne leur propofoit la: paillardife comme chofe vile & deteftable : & 
eti'efpel a quatriefme eftoyent admonneftez de ne  iamais fc tourmenter 
y de l'Edroccurrence a laquelle on ne peut point remedier : Et le cinquie[ 
ble quifreffentoit fa perfection Chrellienne , entant que il les acheminoit à 
etoutesMliertoutes injures receues , & pardonner à ceux qui les offençoyent, 
l'en pourfuyure.point la vegsange, 


Doétrine du 


airée, fie 
ois G vel 


HHh dj 


£ LIVRE QVATRIESME dt 
Leur monltra plufiours chofés concernant tant le féruice de Dieu , que 
ue vn chacun doit faire felon fon eftat, & qualité, commädanc plubiey 


. q 
Bent ©” re: jeufnes & abflinencest difantque le chaftiment donné au corps eft prouf 


ligieux qui. firablo à l'ame, & à c'eft le moyen pour eftre pers » &tagreableaug 
ont entre les Denich, Etdece Xaquà prindrent origine 
Gispanes. ont en lcurifle,& defquelz il en y a de trois fortestant dedés que deho 
Jes villes,ayans des lieux pour fe retirer , ainfi que par deça font les mor 


fteres.Ceux qui fe tiennét aux villes ne fe marient iamais, viuent d'aumo 


ne, & ne portent point barbe,ny les cheueux longs, portans leur veften 


- lang & à grandes manches,ayans toufiours latefte defcouuerte, faufæ 
en hyuer ils fe l'affublent,mangeans enfemble, & faifans de gräds icufne 


& abflinences . Ces Bonzi ne mangent chofe aucune ayant fang & vie, 


cecy pour je tenir maigres , & amortir les efguillons de Ja chair:ilz prie 
Diêu fouuent,& Ai a le peuple de leuer les mains en hault, mais 


pires des Ben- dire quelles oraifons eft- ce qu'ils dient, l’auteur confefle n’en fauoirr 
2/qMlX. d'autant que encor n'entendoit il leurbarragion. Ces religieux font 
ftuz de noir,eftimez de fainte vie & de grand fçauoir, ayans vn fuperic 

auquel ils obeïffent, ne receuans aucun en leur côpaignie fil n'eft fau 

& de bonne, & louable vie: mais quelque chafteté qu'ils prefchent,fif 

ilz taxez d'vn vice abhominable, & auquel ces pays là, & ces peuples 

la vraye cognoiffance de l'Euangile, font adonnez:& lequel eft detehi 

._…  poureftre contrel'infticution, & viage de la mefme nature, & dequoyf 
Gsapaness cro fonne ne les vitupere, fi ce ne font quelques vns qui ayment de leur bi 
Jent l'Enfer inclination, ce qui eft à abhorrer, & detcfter, Et nonobftant cefte leur 


© Parads. jennie, fi prefchent ils, & font fort efcoutez du Lt pa ils enfeix 


de croire qu'il y a vn D'eu plus grand quele Soleil, ne que la Lune, { 
vertu duquel,quandils prefchent,ce n’eft fans gemir & plorer ,induif 
_.. , depeupleà faire le femblable, luy mettans en auant Ja ioye des bien vit 
Bmx je idola. & le fupplice des miférables, car ils croyent les ames immortelles ,& 
tres, 
vneautre forte de Bonzi qui font veftus d'vne couleur cendrée , lefqu 
ne fe marient point aufsi , & viuent de mefme façon que les autres, à 
Jes troifiefimes qui aufsi font veftus de noir viuant aufterement , ieuf 
prefque tous les iours,& prient trois fois le iour,ayans de; Idoles deb 
&icel!cs dorées, & des cffigies paintes contre les murs , & ainfi il2 nel 
vent point l'inftitution premiers de leur ar auoit aboly leurs] 
piftation des \es : & y aencor des ferames qui fuiuent la mefme façon de viure de 
malades,  Bonzi, & Pagody , viuans & prians enfemble, &lefquelles font eftin 
| aufsi faintes,&c continentes que ces miniftres des Idoles . C'eft dom 
‘que ces pauures gens n'ayent goufté la doûtrine falutaire de l’euang 
veu le bon commencement de vertu qu'ils ont,entant que fi quelcun. 
Sepulture des tre eux tombe malade,ces Bonzi le vont vifiter,le confolans, & exho 
morts entre à faireteftament,& fils le voyent cftre en peril de mort, c’eft lors qu 
les Gispanois \uy propofentl'heur de l'autre vie, & le prient de fe ne point falcher 
quitter ce monde, & les chofes prefentes qui ne font que vanité, & de 
de durée: & le malade eftant decedé, ils le portét honorablement ent 


es moynes , & Boni queil 


y a des Diables,& vn enfer pour la punition des mefchants. Il yaen 


l'encle 
Este | 
pres, &ric 
gen'eft l'au 
y'en cofte 
ait en cefte 
decent iou: 
voifin de la 
diuers . her 
lcontempl. 
rentces per 
fons diabol 
gueur de ce 
ouyr des cri 
re d'enaprel 
pe fault left 
leur vie , il: 
m peut entr 
temps finy c 
cintledit B 
fins d haute 
lefainét den 
defert.Auqr 
derepofer, f 
dtroitemen 
fins cefle co 
autour d'vn 
tdreflent au 
nmaiftre q 
&penitence 
Ÿ a à b< 
decftquel 
des Vi : 
fiquelqu'vr 
{ans leur co 


filmeurten 
res pour ton 
& du pays d 
font eferies t 
‘es Indiens ( 


nous fur & à 


longues bea 


dire, & les d 


‘nent qu'il y 
“ler, & que cd 


rs, Tous | 


r induif 
bien vit 
les ,&q 
Iyaenr 
e ,lefqu 
itres, là 
t, ieuf 
oles deb 
fi ilz nel 
Jy leurs 
viure de 
nt eftir 
ft dom 
e l'euang 
quelcun( 
& exho 
 Jors qué 
t falcher 
té, & de 
lent ent 


diuers . hermitages , & des Pagodis qui (y retirent pour mieux vaquer 
jcontemplation, & y viureen grandeaufterité . Ence boys demeu- 

rent ces be l'efpace de deux moys , non fans eftre vexez des illu- 

fons disboliques , 1e malin efprit feiouant de ceux qu'il abufe fouz Jari-. 

| “sr ces fardées pes ) v leur faifane voir des feux eftranges , & 

ouyr des cris & voix efbouuentables,ou aumoins, ces gens fe fant à croi- 

re pu hé a le filet comme ceux qui petuis cerueau vuide Hd fm if 
pe fault feftonner fils fe faignent des vifions,entant qe pour fubftenter SPL ds 
leur vie ; ilz ne mangent pour chafcun iour finon autant de riz qu'il leur attéS 
mpeutentreleurs mains: & boiuenttroys fois de l'eautoutepure .Le 

temps finy de cefte penitenceilz fortent en vn defert voifin , & qui en- 

œintledit Boys, & là fe mettenrà genoux deuant le Pagodi, luy confef- 

fins d haute voix chafcun fes faultes, & tous iurent reciproquement deuät 

lfaint dene dire rien de ce qu'ilz aurôt euy de leur prochain dedans le 

defert. Auquel tant qu'ilz demeurent ilz n'ont garde de fe defpouiller ny 

derepofer, fe veftäs d’vne groffe voile fur la chair nue qu'ilz ceignent fort 
étroitement, & allans piedz nudz,& tefte nue, & cheminäsnui&t, & iour 

fins ceffe comme qui iroit en procefsion:puis fe repofent vn long cemps ze malin 
wtour d'vn grand feu,prians & marmotans leurs oraifons , que ie penfe 4,ir affige 
tdreffent au feu qu'ils eftimentcôme de leurs Dieux: 8& difent qu'il y a cyx qui font 
va maitre qui les céduit durant ce pelerinage, & en faifant leurs oraifons: /, penitence. 
&penitence,lequel, quoy qu'ilz ne voysntpoint, fi quelqu’vn ffendort 
Ylueille à bon efciét à prâds coups de baftô:ie vo? laiffe à penfer fi ce gui. cruauté des 
de eft quelque chofe de meilleur,que celuy quine cherche que laruyne penitens Gia- 
‘des hommes, & eft leur charité fi froide durant ces belles deuotions, que pamis. 
fiquelqu'vn de leur compagnietombe malade, &nepeutles fuyure fai- 

{ans leur courfe, ile le laiflent là fäs fe foucier de fa mort,ny-de fa viermais 

filmeurt en leur prefence tandis qu'ils marchentilz le chargent de pier- 


res pour tumbeau, & luy mertent fus vne tablette où eft efcrit fon nom, 


& du pays de fa naiffance, car chacun en porte vnau cai, oùtelz.noms y 
font efcrits pour Fentrecognoiftre : Les Giapanois,commeaufsi en vfent 


es Indiens Orientaux, portent les Patenoftres:dediuerfes fortesainfi que 


nous fur & aueclefquelz ilz content le rombre de leurs oraifons, plus 9445 
‘longues beaucoup que la noftre que noftre fcigneur nous a cômandé de vfent de cha. 
dire, & les difét cent & huiét fois, à caufe queleurs do&teurs,& Bonzstié. Prbefs 4 dire 
‘nent qu'il y aautant de fortes de pechez,efquelz l'hommefe peut fouil- leurs Orasf à 
ker,& que contre chafcun de cos vices, il fault farmer d'vne de ces prier : 
res Tous les matins en fe Jeuant ilz difent neyÿf parolles hauçans les 

: ee Hkhiij 


LIVRE, QUATRRESME © 
doigts dela main droite, eftimans que cela proffire pour empefcher que 
Je diable ne leur porte nnifance aucune, Tlfembleroiït que ces gens euflenr: 
eu quelquesfois cagnoiffanee de l'Euangile, & que quelque feducteuries 
! = enayantsdeftournez ; ilz retiennent encor quelque ombragement dela 
m£es mirirer bicté, & quelque figne de aoftre façon de faire. Ne font {i mal apris qu'ils 
entre les Gié: ne croyétbié que leurs sumolres;voyages,penitécesieufnes, & oraifôsne 
FAR foiét fruits digires pour la remili6 de leurspechez, & que le tout ne foir 
proffita ble & aux morts, 8rauxviuanstauffi leurs preftrés leur prefchét l'E 

_ fer, oùilz difenequelesamesfonttourmentées diuerfement par les dia. 

läcrifte blesenla gehenne du feu cternel : ont perfuafion qu'il y a vn Purgatoire 


1 “en FI] pour ceux qui n'ont point-deuémentrepurgé leur côfcience auec les ienl 
€ Giapan. 


iédetoti 
Lesfonn 
ay l'infeét 
lauoifinen 
voulu fai 
fin qu'il vd 
fnt,& Die 
qu'à prefen 
eChirent d 
auf fa clairt 
fnqu'it foic 
Des 


Oeusves efhi- 


nes & penitences: & qu'au Ciel: y a des efprits biénheureux, qui feruét de. 
uant legrand Deniche,quelesanges font deffenfeurs dés hommes, &les 
cftiment d'vneautre matiere, que d'eftre compofez d'vn corps elemétai- 
re:êc en leurs temples,ils allument des Cierges lors qu'ils prient:, & allans 
._£.…., enterrer, obbruflerles morts; cartoutesles deux fortes font encre eux en 
Fr anchife és vfge. A certains ioursils facrifient, non des beftes,ny les hommes, ainf 
lieux de l'O- qu'ils friloiét iadissains des odeurs aromatiques à le chefdes Bonzis pre: 
r#f06 .  féte deuñt tuut le peuplefurvnetable drefée côme vn autel, & les brufle 
chantant quelques oraifons à Dieu en autre langue que la vulgaire: & cl 
ainfi que les enfeigna que failloit facrifier le Xaquà , qui a mon aduis, l 
uoit apris des Bramins que nous auons defcrit en l'Inde Orientale. 

Ce peuple a en fi grande reuerence le lieu ou il Faffemble pour y faire 
eraifon que fi vn criminel fy fauue,& (y retire à garät, iln’ya officier de 
la iuftice qui ofalt l'en tirer , faufli tel homme cftoit attaint de larcin , car 
ce crime ne peut trouuer ny garant, ny deffence, tant fontabominezles 
larrons parmy les Giapanois. Ils ontdes faintz en honneur, & leur dret- 
fent des ftatues, lesreuerans & prians,tels que font Xaqué, & autres defa 
fecte ,fans qu'ils facent aucune fefte pour eux,ny pour autre chofé, ayant 
chafcun lerepos dilpole à fa fantalie, comme aufli letraficn’y ft trop 

rand, & cecr a cité caufe que l'ifle n'a pa: efté fitoft defcouuerte que 
celles d'ou l'on tire l'or, & la pierrerie , d'autant que les hommes font plus 
foigneux de l’enrichiffement de leur bourfe que de lagloire de Dieu,ne 
du falut ,& proffit de leur prochain. Auffi en Gapian l'or n’y abôde point 
la pierrerie y eft incogneuë, l'efpicerie n’y croift point, & les viures n'y 
font plus abondans que de ce qui eft neceffaire pourleshabitans , quiy 
mangent pour viure,fansque leur vie femble eftre feulement pour mâger 
ils cultiuent leurrerre,one quelques fruits, & des vignes fauuages delquel 
les ils mangent le raifin fans-en:faire! vin ny defpence ; aufli font ils fains 
à merucille pour viuré fans excez, & viuent longuement, à caufe que de 
Efcolés publi. peu ils fe côventent enleur repas, l'oublioy le meilleur qui font parm cé 
ques en quel- Îtegent , Infulaire quieft qu’ils ont des citudes generaux en quatre villes! 
les villes de de l'ifle;à Meacd c'eft à feauoir,qui.eft de la cité principale, & en laquelle 
Giapan,  fetiétieRoy ordinairement, l'autre eft à Bande qui cft plus ‘ameufe vni- 
uerfité que l'autre,puisy font Negron , & Frafon moindres que les precs 
dlénres,mais toutes fiugulieres ;:#-4dmirables en se qu'vi peuple f eflojr 


del'Ocean f 
premiere de 
de fain@ Da 
quift , &e fai 
tans cen2n 
Cefte 1fle el 
kercles,entr! 
degrez de la 
ingt degrez 
lués de long 
kqui en fur 
ntelle fubA 
fat peu hab 
euéé quel 
borçerent de 
quitter place 
dedans leurs 
A: la fortuni 
où il av 
& y baftirerr 
tomme enét 
luotio}en | 
it lors de g: 
grande, eftin 
qui fignifie e 

Kat l'afpret 


Porquey Gi- 
apan ftard 
deféonnerte, 


DES TERRES NEVFVES. 284 
piste compaighie ciuile,au milieu de la mer,non guere frequen té 
deperfonnefe foit contenu en telle purité, & aye humé l'air Ce vertu par 
ay l'infeétion du vice de toutleLeuant, & parties feptentrionales qui 
l'uoilinent! Iaçoit qu'il'y ait peu de cartes qui marquétcefte:lfle, fi n'ay 
gvoulu faillir, l'ayät trouuée defcripte d'en donner legouft au Lecteur 
in qu'il voye (eftant Chreftien) combien il eft redeuable à ce pere pui 
fnt,& Dieu de toute mifericorde,qui cachant fa lumiere à plufieurs iuf- 
qu'à prefent, nous aye de rant fauorifez;que denous.eflargir fa grace, no° 
dchirent des rayons de ce Soleil deiuftice, lequel, i’efpére; cfpandera 
sui fa clairté & fur ces Giapanois, & furtoutes lesnaions dela terre, à 
inqu'i foit le feul pafteur de labergerie vniucrfelle.- 1 © Chriftphle 
es, &le Des 1fles de Cuba,e> Efpasgmele defcouuerte d'icelles , > mœurs Colomb pre- 
semé: des habitans.… Chapit:2, S'epriefme. mier deicou- 
| & allans ren V'ant qu'entreren terre ferme de la Caftille nouuelle, de l'oc. 
bouts FAT ÿant defcriptia plus partdecequieft au Mezique,que us iudis 
res , ain ENS @ prefent on nomme nouuelle efpaigue ; itfaut voir les incognch : 

s VANGR Îles qui font en cet efpace de mer,qui eft dés lafloride; 


her que 
s eutlent 
Éteur.les 
ent dela 
ris qu'ils 
raifôs ne 
at ne foi 
fchét l'E 
r les dia. 
irgatoire 
les ient- 
eruét de. 


es Das DCR ET 1 fqu'au Promontoire des Canibales, à caufe que ce font 5}, ef 48/6 
8 DES lé elles, où dr men les Chrefliens arriuerent j';f: »fjas- 
duis, le TRE ors que Chri ophle Colomb Geneuois ouurit-le pas le. 

le.  MélOcean pour le; Roys d'Eff paigne vers les terres Occidentales. La 

ur y faire premiere de fes Ifles.eft celle que maintenant onappelle-Efpaignolle & re,nnd d'o- 
flicier dt Bin@ Dominique, Efpaignolle par Chriftophle Colomb qui la con- ,,;4, /;. 2. des 


quift , & fainét Dominique pariceux o" font venuz apres luy , luy don- nasigations 
mns cernom à caufe dela citéprincips.. .cellequia eftéainfi appellée. 2 "7ndes. 
Cefte 1fle eft pofée felon 1e ugement des Pilotes,entendans l'affie:te des 
kercles,entre la ligne partiffant où l'equateur, & letropique d’efté, ahuit pie mar- 
degrez de la fufdiéte ligne, & en fon eleuation Septemtrionale ;ayant ;;, Le _4n. 
tngt degrez, & demy,f'eftendantdu Feuant au Ponant quelques 150. li- glerie lin. des 
és de long, & 55: de large. Or côme celle terre fi fpacieufe arefté habitée yes : oces- 

qui en furentles premiers citoyens, Pierre Matyren fait la defeription Jeprsles, 
ntelle fubftance:que non guere loing de cefte [fle y era vne autre à pre 
nt peu habitée, & que les naturelz appellent Malitinàgri laquelle eftät 
euéé queld diféorde entre les Enfulaires, les fais & partialitez y ren 
forçerent detélle fürte;qu'en finla partie plus:foible fut contrainte. de g/huboni  flen 
uitter place; &:fen fuyr auec leurs femmes,&enfans & monts sur mer ye en l’ fe Ef 
dedans leurs Cannes, & petis vaiffeaux fenallerentauplaiür.du vent & pargnolie. 
|‘ la fortunë, qui les poulfa encefte Ifle,presvn Geuue nommé Baha-Bo- 
où il y a vne petite Ifle,en laquelle ilz defcendirént la:premiere fois, 
&y battirent feurs preinieres loges, & laquelleilznommerent Camoteia, 
tomme encéré elle fenûme,& à laquelle ilzvonttous les ansauce gräde 
duotiü}en fuuweninee deleurfuire, & que ce petit coing d'Ile leur fer Comme cefle 
titlors de garant; & retraitte:mais depuis enträs end’ifle, &la:voyans f Iflefut non 
grande, eftimansique ce Futtout lemandelay. mirent à nom Quizqueiè mée premse. 
ii fignifie en 1eür langue, vniuerfel,outoute terre, &c:paffans outre vci- remenr. 

fiat l'afpreté des montaignes, qui ics incita de luy donner Jenom de 


cin, car 
minez les 
eur dref- 
tres def 
fe, ayant 
y cfttrop 
erte que 
font plus 
Dieu,ne 
pde point 
iuresn'y 
s , quiy 
r mâger 
detquel® 
cils fains N 
e que de 
array cé: 
re villes} 
laquelle 
ufe vni- 
es prece 
4j cfa 


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il 
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l ‘Efjsignele. 


Edit Ga dt ds 
PR EN AC 
ES AE AE AN 


te LIVRE QY ATRIESME . | 
Haïti qui fighifie afpre,& difficile, &c'eft lenemiquiluy ef demourées 
tre &parmy les peuples tantinfüulaires que deterre ferme du païs Indis, 
neantmoins,les Chreftiens larecognoiffent,comme dit eft,(oubz le tiltre 
d'efpaignole ainf que Colombia baptife l'ayant conquife pour le Roy 
d'Efpaigne. Cefte Ifle a tous les iours prefque efgaux toit Le long de l'ang 


Egalité de 
tours en 


jour d'vne heure où gere d'auautage: & afin de faire voir à ceux qui on 
opinion quela Zone,ouceinture qu'onappslle Torride & bruflante, ef 
habitable, & efloignée des incommoditez qu'on luy donne à caufe de (eg 
ardeurs füppofécgaffez froidement;faut fçauoir. que Haïty cftant affey 

na proche de la ligne equinoëtiale;tant Fen fault qu'élle foit-inhabitable 
Gräde fertil bruflante &impofsible à l'abord pour les hommes, qu'au contraire ell 
tédel'ifle … eft temperée,ayant l'air ferain, fans chaleur,ny.froidure qui foyent ex 
Haiti, cefifz:quoy die là où 1es-mâtaigner font fort hautes, le froid y regneau 

eunement, à caufe-de l'auayfinemenc deftlites môtaignes. AufSren to 

6 fleurs, & ne tombeaimais vne fucille fenéequ'vne Feb ne {bit en. 
place: la terre yeltant fi prafe, qudles Chreltiens quify font habitua 
y femans les bledz font côtrains vultiuer les-monts, & collines qui le (0 
moins que les vallons,affin que la gaillardife de l'herbe nefuffoque.ley 
femence, & que l'efpy ne: fe perde & conuertiffe en feillage; là où furlé 
haults lieux ilz ne font fubietz à Gi grande accroiffance, &.le.mefme ‘+: 
eft aduenu des arbres qu'ils y ont portez de l'Europe: neaotmo:: :! :: 
Haïty IÎleefl noter, que ceux qui ontefté en ce païs, dienit que les noftres y digeren 
caucrneufe plus facilement le pain fait du Mahiz;ouwIucà,qui font les grains de ce 
païs Occidétaux;que de celuy des bledz qu’on y porte des Efpaignes,o 
autres prouinces, quoy que les noftresayent le-bouft plus fauoureux, & 
Hagaeigabin deleétable. Haïti eft arrouféed'vne infinité de Lacs la plus part falez,auf 
lacen Haïrs, eft l'Ifle Cauerneule, &cefte amertume d'eau procedant des canaux for 
des neffresne- terrains de la mer,comeainf fait qu'en aueuns la fuperficie, & deffus d 
mé mer Caf- l'eau foit douce,mais fi l'on efpuife guere profond on er ‘entle gouft fà 
pre. lé, & mal plaifantà boire:& fr tous les Lacz eft eftimé celuy que les 1 

diens appellent Hagucigabon, mais les noftres le nomment Mer Calpi 
à la fimilitude de celuy amas d'eau qui eft pres le mont Cauçafe en l’Al 


| Hageïgabo & d'autant que fefcoulant vneinfinie multitude de riuiares. dedans ce 


Lac for dan. ftuy :cy, fi eft ce que pas vnfleuue ny rüiffeau n'enprocede en forte quel 

gereux. conque ,ains engloutift tout lors qu'il y 4 tourmente .&:.nce.fert rien d 

fçauoir nager,entant qu'il rauift:& hommes, & vaiffeaux', fans que. iama 

Cibaus men- ilz reuomiilent fur les bordz.chofe qu'il aye abyfmée.:neantmoins abo 

taignes ayans de il en poiffon, & du meilleur & plus gras de toute la contrée, 

des mines d'or Les montaignes plus haultes de celte ifle font celles.da. Cibaui, où fo: 
les grandes mines d'or,carcefte Ifle abondeen ce metsl,commaauñicl 
fait en Azur, & autres chofés exquifes:& precieufes,&c: font es, monts 2 


Etiabopre. beau miticu'de l'ifle,& 6 hauts qu'il fer-blent, furpaffer des: auécs, del : 


pince . quelz fortent infinité de fontainés & torrens ; qui abrauwent les valonsg 


. 2 dlifferst 


Gorebivallan, voitos,qui touliours fogt éultiues, & où l'on cognoit & experiméte|æ 


& lors que le Soleil eft au tropique d'elté,il n'aleere point la Longueur dy | | 


i pins, ne v 
jufiours qi 
Bitiérsjttrai 
ing tEps au 
élus auce 
jnque fi c 
yans qu'à 
Kseurent d 
bisdire que 
Qle Copei 
Rux quien 
ts precede: 


Pelle i1z Fo: 


ht Cazabi, 
nent qu 
frtaines ra 
autres qui 
his qu'vn v 
Ben planta, 
our en fai 
ut entendre 
ulice aucun 
u de chofe 
ue. Homm: 
uts de ro 


du jo ne Ÿ. 
pri: : 
y féruent à 
tit fur lat 
fer. Le defir: 
fontarriuez 
fans, qui fe 
lesemploy 


nistous tes 


} DÉS TÉRRES/NEVFVES. : 48, 
fe nées des faifons de l’année; à fçauoié Priitemps,/Efté, Automne, 8e 
uerstellementquel'Eftéle fucities fectrent furles arbres, & l'Hyuer 
Le ue Mu chéent en la féule vatée dite! Cotabi, & de 1a Prouincë nommée Ca“ 
zle tire qui n'aduient en partie quelconque autre de l'ifle . Fe ne m'amu- 
Miiy plus longuemét 3 vous dédaité par le menu les montaignes, valons, 
fruues,torrens, 8 fontaines mines, & fimples de cefte Ifle,entant quend 


ngneur de siicipat fier gift für la deftriptiontdes mœurs 8 façons de vie, 

Ut UNE RS à gçons de vie; plus 
Le . x in l'ioire apartendt au plan;é afliette:des prouinces;laquelle neant- Copes arbre, 
A pe Moins ne voulôs de tant mettre enarriere qu'en pallans nous n'en difiôs de Lafeslle du. 


uiiours quelque chofé:Et fur tourne veux-ie: point oublier vn arbre. quel on /e [ere 
jr'ilz ont, & appellent Copei,le fruiét duquel raporteaux prunes de noz es lies de P4- 
Artiérs/trais la füeille eftant large de demy pied, & d'auantage,a feruy vn pser. 

mg téps aux Chreftiens de papier, & parchemin, d'autant qu'efcriuants 

kfius auce vn cüuteau, ou poinçon, la lettre y paroiffoit prefque aufsi Simplicité 
iénque fi c'euft efté de l'ancre fur du papier:de forte; que les infüulaires. des Haviens 
syans qu'auec ces füucilles les E{paignolz fe communiquoient leurs affai. 

Kseurent dés lecômencement fi grand frayeur de ceft arbre ,que vou- /ucca racine 
Éisdire quelque cas defecret;ilz n’auoiét garde d'en parler presi vn lieu: 4fsire ds 

Ale Copei fur planté, de peur que les fueilles ne parlaffent. Deleur pain pan. 


ant affeg 
xabitable 
traire elle 
Dyent ex 
f regne au 
Siren tou 
; Loit en. 
it habitua 
ui le (og 


ge y © qui en parlent, dient qu'ilz le font,& du Mahiz fufnommé és chapis Caz abs eff le 
efine MS précedens, &e d'vnéautreplanteñnommée Iuccà, de la racine de la- pain. 
FRA Pelle ilz fonc frine,& ivelle mile en pafteleur fert de pain qu'ilzappel- 


bit Cazabi, & qui eft fort fain, & de bonne digeftion. Les habitäs du pays 
qnent qu'auant que cefte raciné fut en vfage les infulaires viuoient d= 
fraines racines d'herbes, qui reflémblenoz Ciboules, &efchalottes, & 
futres qui font comme Carottes, lesautresquiraportent aux trufles : 
bis qu’un viéillard fe tenant pres Ja rite d'vn fleuve ayättrouué le Ju:= 
Ben planta, & aprift auxautres lamaniere & de le cultiuer , & d'en vfer 
our en faire le pain: Au réfle pour venir aux façons dé vie des Haïtiés 
itenrendre que ce peuple eftifimple, doux, & fans grande fubtilité ny 


y digeren 
zins, de ca 
paignes,ot 
oureux, 4 
 falez,auls 
anaux {ot 
x deffus d 


egouft ff. nds de rioherthotehf 4 tan rte | 

| lice aucune, viuantla plus part dutempsoy ff à l'ombre, content de 
quel de chofes & ne fe fouciét dequoy’éftretenir fon corps pourueu qu'il #afrés fais 
en l’ ns lue. Hommes &c Férimés y vont tous nadz, bien qu'auec certains linges 2/2 


itsds C'oron,duqueliii onten sbôndance ils fé couurent les parties 
on. ut * ,ÿnais non {rbiènique pour peu qu'ilz feremuent , ilz ne fiçent 
af 2r tee qu'iz portent. l'appetlece peuple oylif, à caufe que 
épritèu: ee richeffes, illuy faffit-que lès fruits dés arbres, & les rerbes 
y feruent e nourriture, & fouuent prenäc fon palletemps à la pefche- 
têt fur la mer que par les fléuues, d'où ilz entire plus qu'il n'en Içauroit 
fer. Le deftr & regret de cefiooyliueté perdüë depuis qles Efpaignolz 


ledans 
forte quel 
rt rien d 
que. iamal 
pins aboc 


HS Afontarrinez,a efté caufe que l'ifleeft prefquefans aucun des ancieris ha-  De/ffoir des 


fans, qui fe font laifféz perir de leur bon gré;fafthez que nu'ét & iour Æairiens 


jus e hiesemployaft fmsaucurélafcheà chercher del'orau grauier des riuie raw/e de la r8 
Pot alone * à porter d'r'boÿs'éslieux où ton Fondoit;où par les boutiques des guewr des 
ctiméte là + D'd..ant que n'oftänt p intaconftume à cetrauail tes vns font Chreftiens. 


difers ris ous tes faix, tes'autrés fe alcools le tél pro- 


LIVRE QUATRHESME :: 

_.. . prededefpitde fe voirreduità ne figrandemifere & feruitude, en. 
Fémrs Hu- de celle grande liberté en laquelle ilz viuoïiét ay parauant. [lÿ en a eu d'a 
tiènes_ féfont-tres.qui ne fe font voulu marier ny acofter aucune féme, de peur d’enpé 
duorter. drer des enfans qui feruiffent-de beftes, & efclaue à latyränie:& côuoiti 
fe aueuglée des Efpaignolz:voire les femines fe fentans groiles, prenoier 

des herbes (car elles font bonnes mailtretles en la cognoilfarice de la very 
d'icelles)propresà fe faire vuider le frui@;de forte que qui de EUR 

prefent le nombre desinfulaires:naturelz;au-pris de ce qu'ils eftoientlo 

que Colomb yarriua,ily verroit vne eftrange metamorphofe: & iaçoi 
quele Roy Catholique aye faic plufieurs ordonnances pour laliberté, à 


polesn pe 
les font & 
pouuétable 
ayquelgrin 
L'&queld fre 
etolle fsfar 
pbic,où nef 
étizontto 


foulagement de ce pauure peuplesfi eff. ce à l'auarice de.fés officiers à mis que celuy 
fé l'aneantitfement des Infülaires. Le trauail defquelz. iadis n'eftait aug que c 
Labenran-.  qué de femer fon [uccà & le Mahis, & de côduire des eaux de; fontain rfont necel 


jilz demädé 
aux, & mal 
sde ce qui kk 
wdice du M 
mlés en tire: 
adie dique 
x roiteletz, 
b,aCCOpaIgn 
tre dar | 


order:Entré 


cien de ceux &c ruiffeaux auec des canaux par les chäps femez, à caufe que ta:d,& p 
de Haïti, fouuentil pleuteen celle terreen aucuns endroits:& en d'autres pius qu 
n’eft de beloing,ainfi qu’en aduiét au territoire de la cité S. Dominiqu 
Or auät que pañler outre fur leurs façons de faire, il faut fçauoir leur foys 
religion, & quelle opinion ilz ont de la diuinité, quel Dieu ils adorent, 4 
le moyé,& ceremonies qu'ilz vfent en l'honorät,veu que c’eft le premis 
poi& qlesdii::}#: lréteurs requieréten l'hiftoire, qui côfifte en la coul 
me des peuples. : *>es. Iaçoit q/côme i'ay defia fouuét dit)tous cesp 
Le fôleil e Pis adorét le Soici: & la Lune, fi eft-ce G particulieremét en chactre ter 
*”, _ y a quelg cas de peculier,qui n'eft pas obferué és autres, côme ainfi foi 


Lei ju Le. les Haitiés outre l'hôneur qu'ilz fôt à ces deux grâdes lumieres du médaipment Choh: 
MS : À fi ontil opiniô qu'il y a en vn premier moteur de tout ceft vniuers,leau@i! Perd le fc: 
“peu FE eft tout pouuât.eternel & inuifible, & lequel ilz nôment Iocauua & Gralon tourn 
Din Maonocéicroyäs, q ce Dieu aye vne mere,qu'ilz appellét de diuers nom hault, & la te 
fui Dien ii difène à ce Dieu eternel,fans fin, & inuifible a des meffagers deparfh®"be;ne 162 
de Pr chafcü en fon office, & ayät fon cartier, & lefquels11z nôment Cemis,otant l'en fat 
ht Tuirà,qu'il n’y a Roy ou Cacique (tel eft le nom de leurs Roys & feig RE‘ outiuger 

. à. quin’aye vn Cemy pour fa guide;& auquel il fait hôneur & reueréce: dde luy faire 
Cemis fi forte q ces Tuiraz font telz en leur endroit 4 les Geni-* iadis parmy l'Aédement:me 
ue our bominatié Grecä,1lz affermét g ces Cemis leur aparoiffét de nuit & lens les gree 
8° gra fignihiér & declairét plufi. chofes,fe môfträs en le forme mefmes ile 1 fentoy étd 
D paignét.à fçauoir noirs, & tous telz que noz paintresles effigir, iettis dWie/prit,deuc 
ri feu par la bauche, & ayans la queuë côme vn ferpét,&les piedz. & mani AuoY de 
Cab Les de, 0e grifés, & mains de quelque oifeau rauiffant:auffi Les fontilz de cet" aucunemer 
tirpaites ets figureauec du Cotô,les vns eftät aflis,& les autres debout, & diuerfes ptit à terre t 
rt portiôs:les vos plus gräds, & les autres moindres Or fel6 le lieu,où ce mat qu'en vfent 


uré vn efpacx 


Jin elprit | it,iz en font aufli la figure, d’autät fi c'eft dis 1! 
in efprit leur apparoit, iz en font aufli la figure, d'autät que fi c'eft däs hoillore ae 


bois, ilz ne faillirôt aufli d’en faire la reprefentatiô de bois, & la porter li 


fur le frôrallans à la guerre,elperäs par cemoyé obtenir la viétoire : filet, marmo: 
fait voir dedis quelque cauerne,ou grotefqu:, c'eft de pierre à l'idole tquel pero 
drelfé,& fil leur apparoit en vn chäp où foit femé leur Mahiz, ou Iucciertice. Dés qu 


emettéc à ré 
hpreféce,luy 
Ly demädent 


Ja racine de ces plâtes feruira de matiere pour en effigier leur Cemi qu'il 
eftimét feftre môltré efdits châps côme côfcruateur de la feméce, & cel] 
qui préd la charge de la faire croiftre, & y dôner roféc faifonnée: & po 


Yen Me 
cu d'y 
r d’engé 
côuoiti 
renojer, 
la verty 
rderoit 
ient.lo 
& iaçoi 
berté, à 
iers à 
ait au 
fontain 
‘d,& p 
paus qu 
miniqu 
eur foy4 
lorent, # 
€ premis 
la couf 
$ Cesu 
acte ter 


ini {oit® 


du môde 
ers,leque 
a & Gui 
crs non 
depa { 
Cemis,o 
s & cig, 
créce:d 
army l'a 
uit & leu 
s dilzle 

| iettäs d 
2. & mait 
z de celt 


erfes pr 


OÙ ce m: 


ft däs le 


porter li 
ire : fil 
l'idoleel 
u Jucci 
mi qui 
e, & cel 
se: & po 


pbéc,où ne foit grauée la figure du diable, fignifiis 4 quelque 


pisque celuy qu'ilz'eftimét eternel, &.tout puiffant, & oyfifen leur en- 


SRE 


_. DESTERRES NE VFVES.! 286 
nigrid hôüneur aux lieuës mefmss oùitelles vifiôs aduiénét, car d'auoir 
blesnyoratoires,cüme les Mexicäsiln'en eft point: de nouuelle. D'au- 
ns les font & paignentayans plufieuirsteftes,& quéuës, & auec vn fier, & 
pouuétable regard, les dents cômevn “hernie & reprefentans ne 


byquel grincemét, les oreilles grädes outre mefure, & les yeux eftincei. 


F1 . 


b&quelq frayeur quecefte figureabominable dôneaucœur de l’hôme 
dt elle fi-familiere à ce peuple qu'il:n'ya coing en leurs maifons,porte 


gr part q ilz 
tizonttoufiours le Cemis pourcôpagnie.Céftluy.qui.eft leur dieu,  ) 


poit &: que c'elt au Tuirà à quiilz fadreffent pour auoir les chofes qui nt 
ur font necefläres foit qu'ilzayé! aute de pluye,ou de:beau téps, ou à 
jilz demädét vitoirede leurs ennemis, fertilité, ou bien-repos de leurs 
maux 8 maladies. C'eft au Cemy qu'ils fadreffét vouläs fçauoir quel 
sde ce qui leur doit aduenir,{oit pour le faiét de la guerre ou pour l'a- 
udice du Mahiz; ou Iuccà pour leur viure, & vfent detelle ceremonie 
läs en tirer laverité, & fur tout {1 vn des Caciques eft malade, & de la 
die duquel on vucille fçuoirie fuccez & occurrence:vn des princi- 
uxroiteletz,ou Caciqués,entre en vne chäbre du logis dediéeaux Ce- tite 
pucdpaigne de quelques vnsdes premiers defafuite n'eftät:permis à des HR 
re d’affifter à cefte ceremonie qu'aux gr£ds, & deffendu au peuple d'y 4/7 #1 
rder:Entré qu'ileft on luy donne àboiré du iuft d'vne:herbe .qu'ilz at be 
iment Chohobbà;qu'il hume pärile nez & laquelle il n'a pas fi tof prife ‘<” 
il perd le fens,çcôme vn hômstrop chargé de vin, luy eftant aduis que 
haifon tourne c'en deffus deffouz,& que les hômes cheminét les pieds 
hult, & latefte contre terre fi grande eft la violence de la fumée de ce. 
herbe,ne {çachant celuy qui l'agoultée,ne ou ileft , ne qu'eft.ce qu'il Chombba 
tant fen faut qu'il fçeut dire rien de ce qu'il voit eftät priué,&defens Fr sole ne 
de toutiugemét,& c'eft en quoy le malinefprit fe moque de ce peuple **. ee 
ede luy faire croire d’eftre Prophete, lors que le plus:il eft hors de fon P”7#" 777 
dement:maisne faut fen efbahir, puis que iadis, & les Pithies inter. 4/07. 
ns les oracles d’Apollon & les Sybilles predifant ce qui deuoit ad- 
ir fentoyét de mefinss tranfports,& que les preftres deuinans,poulfez ns d 
lefprit,deuenoiét furieux, fans qu'ilzayenteuiadis honte d'attribuer #8 # ide 
ay quoy de diuin à ceft incenfemét,&furie. Ayant ce Royteler di- #1 #7 
aucunement cefte fumée; & Ja vehemence de fa fureur fe paffant, il ?? et furieux 
foità terre tenant la tefte.inclinée, & les mains à fes genoux côme on ‘” he in 
qu'en vfent les femmes 'ayans quelque grand trifteffe, ou ayant de- #72 5. E- 
uré vn efpace de temps refüant,& tout fongeux, fe leue tout ainfi que #%4-#r2f0—. 
ffucilloit de quelque long &profond fommeil , lors hauce les yeux #4#* Pre 
ciel, marmotte &. murmurene f{çay quoy entre les dents, & les parol- Hé Le 
diquel perfonne ne peut entendre que ceux quifont adextrez à tel #70 4#P 
rcice, Dés que ceux qui luyiaffftent le voyent reuenu en fon bon fens *”** 
femettéc à rédre graces à leur Cemi,de ce Q il a laiffé partir le Cacique 
preféce,luy permettät lé retour vers eux: &puis Padretléc à çet elueil 
iy demädent des nouuelles du Cemi &.des chofes par luy entenduës, . 
\Ti ji 


Ceremonie 


LIVRE, QYUATRIESME 


 Cenailtre roitelcé cloèruelée väte d'auoir parlé au Diable, & qu'il inis, &'n 

a promis viétoire contre {es\ennémis, & au ôtraire qu'il fera ar.eux furofns, So 

«Autre fîrte monté, à eaufe de quelque faute par luy cémifeen ne luy faifent les face grands 
de cemis,  ficesparluy commandez qui ne font pas plus gracieux que ceux que fo garçons 
les Mexicäs à leur gréd [doie leur côpte la premiere chofe qui luy vieyenir, &a 

en fantafie, foi’ de la fertilité, ou deffault de viures,de la mort,ou de a vien ce qu'il 

du Cacique pour lequel cefte ceremonie aura efté dreffée. Les aucuourtantieu 

encor de cesinfulaires font leur Cemis de Marbre,en forme d'vne fenBlonté du € 

me aupres de laquelle a déux enfans cômeti c'eftoisnt deux pages, j'uurgrand b 


defquelz ilz difent eftre le trôpetteou Herault qui marche parle comnsherbes, & 
dement de cefte femme pour affembler les autres Cemis, & Les faire venmelque mal 
auec véts,pluyes,& grâds nuages:lautre enfant a charge d’amafler en voit, & re 


toutes les eaux qui coulent des montaignes, & Les fait enfer de telle foreleshonor 


à elles noyét tous leurs chäps,où font leurs Mahiz, & Iuccà,& font ceprtoyent p: 

…. 1 Ces miniftres toutes les fois q les Haïtiés faillét de faire l'hôneur deu à ns des Cac 
Bot qu'elles beau Cemis deMarbre.Or d'autit à ce fontlesCaciques,ou roiteletz fumigatio: 
gés ce font #%- yfent de la diuinatié fufdiéte fault fçauoir qu’ilz n'aprennét pas cela d'u point que 
tre les Hai- mefmes,ains y a entr'eux les fages qui fontcômePhilofophes , & que Muoy ils croi 


xe Caunanàä, 
ne de lique 
rande ayant! 
nuernes difc 
pent du fole 
is vn d’entr 
nichoitl'iM 
Kuoir ce q 
mis le foleil 
eaufG il co 
jenuit des c 
ontinuant lé 
reaton qu'il 
ortis, & auo 
abana Bein 

dans ees cre 
blufieursen 

lhorsque!l 
ceftoifeau il 


eme Infulaires appellent Boitij,ou Fequirà lefquelz [eur enfeignent princh 

lemét deux chofes,à fauoir le principe, & origine de tout ce qui a cle 
ce monde, & les faits & geftes de leurs anceftres, pra tant d 

minis la paix, à parmy les troubles de la guerre, & cecy eft côpris par quelque 

ae s font es en rs 4 de qilz nôment Aeiti, 8e les NS frs 

L anfons für tains tabours faits de bois creux & tout d'vne piece; lequel refonnegru 

sfaitx, des’ Jemët eftant batu d’vn autre baftô,nômans ceft inftrumét Ma uy, &] 

#9#B8e  chärans ferôt vne gräd troupe däçans, & gäbadäsauec vne mefure mie 

gardée à celle de noz balladins, & la dâce eftät faite en rond , & côduié 

ores par vn hôme,tätoft par vne femme qui côméce l’Areiti auquel ref 

dent tous ceux qui font au brâfle,tout ainfi qu'en vfent par deça & par! 

villes & villages les Artifans, & labourcurs les iours des feftes pour fere 

iouïr. Outre les chäfons & Romans fur les geftes deleurs peres,encor ç 

ontilz qui concernét le fait de l’amour,où ilz expriment leurs affe@ion 

& le mal qu'ils fouffrent en aymät, louent leurs dames, & amoureufes,| 

mettent en auât côme eft-ce qu'ilz fonttourmétez en leur abfence, &te 

les autres folies que les amäs ontaccouftumé de gazouiller deuant cell 

qu'ilz aymét, & honoi ‘+.De ces chanfons ilz châtenties vnes auec nf 

fort piteux, & lamentable, & plein de grauité,& c’eft'lors qu'ilz veulé 

animer les icunes hômes au cbat,affin que hardimét ils affaillét l'ennenhorstoutes 1 

Prediétion  & à l’effroy de la mort ne les deftourne de fe läcer au peril, entät quedue,les enfans 

des Haïtiens Areiti leur promettét que f'ilz meurêét en cefte querelle,ilz fen irôten@ls conuerti 

für La venue, pos falfeoir aupres du Soleil. Mais fur tout eft vne chofe merucilleuft Œfillie,le fufc 

des Chre- ce côpte P. Martyr qu'ilz auoiét vn de leurs chäs, & le plus ancié dto@ftans allez le 

ffiés en leur aprenoiét de main en main, & le tenäs de leurs maieurs, lequel faifoit mir desarbr 
dfle. Magua- 6 de la venue des Chreftiensen leur terre, &apelloiét ces hômes ellildes femmes 

wschies. gers Maguacochios,à fçauoir qui feroiét veltuz & auroiét des efpées mins com 

| fendroiét les hômes de latefte iufqu’à la ceinture, & qu'ils abatroiét l@syésles mair 


DÉSTÉRRÉS NEVFVES 1 188 


e, fin 


tie tort, ils ne l'enterrent points'ains pofent fon corps tout droit ee 


la foe PAtditre Vie pierré,ou quelque piece de boys, & autour duquel ilz allu. de/épuiture. 
Re iv grand fêu, prenans garde toutesfois que le feu ne puiffe toucher 
lil gps, &c laiffent brufler ce feu iufqu'à tant que la greffe & liqueur hu- 
‘ vs jeenfoittoute hors par les ongles des pieds , & des mains,& que tout 
jen 


ant na 
en dre 


Hesuent quel eft'1é nombre des feigneurs qui ont regné en vne terre. 


air'en fue-& fe deffeiche, tellement qu'il ny aytrien plus que la peau -#rmes des 
fesogeë que fait ils prennent cefte defpouille, & la mettent en vn lieu Haïties allés 
ME Ut'H maifon ; où gifent auffi les corps de fes parens,& par ce moy guerre. 


SUR frfulèires fe paignent tout le corps faufla face , car cela eft figne de 
equiude parmy eux. | 

QUE On Allans en gucrreils ont l'arc & les flefches, & des efpées de boys affez 

rangeQ es péfantes, & maffiues,farmans de quelques abillemens de plumes 

Ur» fort gentiment, voire des l’ames d'or leur feruent de parure, & des 

cles le@ciets , entant qu'ils n’eftiment rien tant que de fe monftrerbragards 

Le feu] guerre, & d'y aller les mieux en ordre qu'il leur eft poflible, foit en ioy 

1e cho ou plumaches defquels ils en ont abondamment, & de toutes cou- ; 
ps uns. Le feigneur, & Cacique principal à toufiours douze Infulaires des Æonneur fai 
| 1101 


prenne 
| perlon 
Ên du 
urieux, 
icherle 
ois des 
ranges 
utre d 
chair, 
paules, 
hors! 


irplacé, fi dextremt que fäs f'arrefter dé leur chemin ny courfs le roy 

que n’en fent point le chägemét. Mais reuenäs encore à l’enterremét 
Cacique le plus cômü eft que dez qu'il eftoit mort on l’Euelopoit auec 
kcentures ou langes faites de coton dés la tefte iufqu’aux pieds . Et fai- 
kvne foife, le mer” yet dedäs auec fes ioyaux & meubles plus precieux: 

ntmoins tout autour de la fofe failoyét ils côme vn enceint de boys, 
fin que la terre ne touchaft point au corps lequel eftoit afsis fur vn bäc 
fait & elabouré, puis le couuroyét detcrre, faifäs durer les obfeques 


ceffoyent de châter autour du tombeau, & racôptäs la vie, & faits loua- 
ss du deffunt,& ces chanfons enfeignées à leurs enfans leur feruêt d’hi- 
bire à caufe qu'ilsignorent l’efcriture, & n'auoyent aucune cognoiffan- 
ides lettres. Leur mariage eftoit tel que chacü à fa féme fi pl’ il n’é peut 
ourrir,mais il y a tel qui en a & deux & trois, mais les Caciques en prénét 
qu'il leur vient en fantafie : bien eft vray qu'il en y a vne qui ef la plus 
pedtée dés’ autres, & la plus cherie du mary:& eft cas fort merucilleux 
jeiaçoit que elles démeuraffent toutes en mefme maifon, & vefquiffent 
dpeds € mefme table, fi eft-ce 4 on n'y voioit iamais debat,n y courroux 
aucü trait de ialoulie vices affez ,& plus que cômuns aux fémes, voire 
elles qu'ô eftimelés plus accortes,& de gétil éfprit. Le fils aifné du Ca- 
que de quelle des féines g fut forty eftoit celuy qui fuccedoit à la feign. 
tfuy mourät, l'héritage ne venoit point au fils de (6 frere;ains à celuy 
flœur,cômes le plus affeuré d'eftre parët du feig.deffunt:& cecy à cau 
que leurs Fémmes y fonc eftrigemét, fuiettes au chäâge, côme aufsi les 
mes, Bien que tous fe mariét , font vilains en toute"éfpece de paillardile 
pe 41e qussa faccoupler moins que honeftemét auec les Fémes de toute forte 


t, fait 
’à l'en- 
grima- 
guerir, 
Loir pas 
ueren- 
ritiers, 
t là ioy 
viéen 
ufieurs 
ir,et fe 
puisa- 

eque 
tira en 


hs forts de la troupe , quiont charge dele porter dans vn litfurleurs 44 Car:qeeo” 
ules, & les deux qui le portent, eftans las, il fen y met deux autres en Roy principal. de 


Autres obfé=" 


ques faits aux 
kbace de quinze,ou vingt iours, durät lefquels & fes fuiers, & fes voilins K?** 


Mariage des 
H ait iens e 


Æ qui efoit 

deue La fuccef: 

on. 

Paillardife 

des Huitiens 
et peuples vos. 
fns, 


LEVRE,/QNATREESME 
fiufleurs meres,filles, où fœu,s nerelpe@tans autre cpnfangpinité: & 
fouillans encoren l'abominable paché quel contre nature. Quelqu'ur 
des elpoufés du Caçique eftans en couche, ny auair guera fuiet voifin du 
lieu,qui ne la fut viliter,carelfaur l'enfant, 8 chacun luy donnant quelo 
beau nom, comme (erois, Kefplendiflant, Beau comme le foleil, Puiffin 
Arrganee CN guerre, 6 autres. chofes femblables, & tous.ces noms Luy-demeuroyen 
dés Cariques toute fa vie, tellement queeltant deuenu leigogur.il ne falloir que Les 
Haitiens,  i@ts qui venoyent vers luy ignoraffent ces noms, & titres, ains Les ]uy cé 

uenoit donner trefbous {ur peine d'en receuoir punition, & de ne plus foi 

fer reprefenter deuât luy,pour penfer en obtenir 4lque grace, ou faueu 
Larrecin fêue. Le vice qui ef leplus detelté parmy ce peuple ef le larrécin, & lequel il 
rementpuny C0 telle abomination , que vahommse ne fauroit defrober quelque ca 
par les Ftasti. ant foit il de peu d'importance, que fil eft conuaincu. du crime il ne foi 
Lee empalé cout vif fort cruellement, & fans aucune mifericorde, eftant ce pe 
ché le feul qui efkpuny de mort entre eux., ficen'eft que quelcun f'atta 
quait à faire vivléce an, Cacique. L'exercice. de.ce peuple principalemé 
eft laguerre, mais durant la paix c'eft le laboiuage qui luy feruoit de pa 
En quo fee fetemps, & la pefcherie d'efbat , mais le trafic y-eftant exercé n'eftoit po 
sue f'exercens 1e gain, duquel ce peuple eftoitignorant, ains ayant befoing de quelqu 
{ Hairiens, Cases vas des autres, c'eftoit par eichange qu'ils fentrefecouroyentd 
voifinà voifin, fauf que iamais ilz ne faccoftoyentauec les Canibales ,o 
Charibes lefquels auoyenc la guerre à tous, & tout lemondeles fuyät, 4 
les guerroyant à caufe de leur furieux naturel, & inhumainement bru 
Différence lefiçon de vie . Ladifferenceque onmet à cognoiftre les. filles vicrge 
cogmoiftre les d'auec celles qui font mariées & qui ont affaire & compaignie à homn 
fl d'entre Cftelle que celles qui font corrompuës portent vne piece de coton | 
Les femmes, traucrfant , & couvrant le corps de la ceinture auantiufqu'à demy cuiff 


'hivoy 
nous ofon 
ilavieirr 
‘bure;que 
l'derctraite 
| rent pas fi 
‘es hoftelz 
ans fut R 
& fans y au 
| mille: & fi] 
‘peuple nea 
‘fe pour ma 
hettes für @ 
gros & mal 
tres matiere 
puioncz à c 
Lénrond, & { 
ko Ardoife, 
ltorces d'arb 
Quicourérit 
Hpproche en 
pires, qui 
te cdufent Ja 
moindre qu 
IR fouftentr 
ihclefd'yn 


CONS 


Jà où les filles ne portent rien de tout cecy , ains vont àdefcouuert, toul Et puis qu 
ainfi que les hommes , mais les Dames qui font efpoufes des Caciques, Mort fuiette, 8 
feigneurs portent cefte piece de coton fort füubtile, & blanche dés la ceindBrents ff impe 
ture iufqu'aux pieds, fi ce n’eft lors que elles iouët à la bafle,a quoy & hdiemporte & 


mes, & femmes font merucilleufenét adextres, ainfi que pourrez lire dti voit due: 


rdinand Ferdinand d'Ouiede, lequel defcrit & le batouer, ou palerte faite d'y h fe, & app 

à hs Lg, Sertaine racine d'arbre, & la bafle ou pelote qui eft compofée de quelqulBr langue, 
és LES gomme noire comme poix , & aflez glutineufe , mais qui netient pointMity pourile 

c2.des 1 ndes la main, & ne la falift, & qui faulte & bondiit aufli bien que celles que o mant Bien qu 
Greta Gi par deça, & les emplift de vent: & n'oublie encor le nombre des iouMil& Ameriqi 
PALINONA. inoës, toute 


: eurs,ny l'ordre qu'ils gardenteniouät, & paint les fieges de ceux qui or 
sbajl, le pair de a Ës joueurs qui font hommes te hommes, & fe 
mes contre femmes, & filles, 8 quelquefois les vns meflez parmy les L 

tres, Et affin que encore on cognoilfe que les anciës tant Egyptiés, Grec pierres vit 

que Romains,n’eftoyent dés le commécement guere plus,ouf peut etais en vo ant 

non tant ciuililez que les Haitiens , laiffant à part l'aueuglement del'Idgni, Nihez'e 

latrie auquel tout le monde à eltéiadis detenu, & l'ignorance des lettre out qu'ilz cie 


) ftrir non FA | 
elles 12 cr 


la cognoiffance defquelles ieur a longuementeftéinterditte, & laque HItEux, 
les premiers des fufdiss à fallu que ayent cfpuifée de larace efleu d'Ab Êrà fin qué 


Ipecefläire. 


+, P 
4 DÉS TÉRRES NEVFVES. 289 
hm:voyons fi és bâftimensitz ont efté plus induftrieux que Ces gens que 
nous ofons nomimier par deçà fauuages, & lefquelz nous efgatons prefque 
li vieirraifonnable des beftes. On fait ainfi qu'atons veu au premier 
hure,;que les bois’& cachotz dés montaignes ont feruy à‘ plufigars iadis 
lderctraite, & que Ceux qui drefférent premierement des loges,ne les fei- 
rent pas fi magnifiques que font les palais de noz Roys,& princes,ou que 
eshoftelz & maifons des grands feigneurs, & riches citoyens des villes : 
ans, fut Rome baftie de baffes Cabanes,& loges rüftiques faiétés de bois 
& fins y attoir les trois, ny quatre eftages pour le feruice detoute vne fi- 
mille: & files Rois Egyptiens feirent de grands & fuperbes edifices,le 
peuple neantmoins ne baftiffoir qu'auec dutorchis,& n’ayaritque la'ter- Maifos des 
tepour matiere. Voyons cés Enfulaires dreffer leurs Caneis où maifon- Æaifiens 
hettes fur quatre piliers en forme quadrangulaire, & iceux de boys, & 74° Ueser- 
gros & mallifz,liez & cinentez enfémblé suec des cloux de boys, & au. Jon" nüméts 
tres mätierés à ioindre, & grand quantité de pieces de boys, & des clayes C4. 
piioncz à clürre les éfpaces d'emmbas, tout ainfi qué lé hault eft fait 
fénrond, & Gniffant au Dtniiét en forme de Pyratmyde, & au lieu de tuile, 
bu Ardoife, il y a des perches liées enfembleauec dés cordes, faires d'ef- 
ltorces d'arbres& par deffs de la paille fi fübtilement difpofée , que ceux 
Quicourént les maifons par deçà auec du Chaulme n’ont garde d'en faire 
hpproche en forte quelconque. Cécÿ n'eft rien au pris de la fageilé de ces 
Jidures, qui craignans que les chéurons d’eñhanit cftant efbranlez du vét 
s vierge fe cdufent Ja ruinéde tout l'editice,plantent vn gros arbre au milieu non 
à hommlhoindre que le Maft d’vn Nauiré, afin qu'auec fa force, & folidité il puif- 
oton le louftentr le Frix du logis, & garder que le refte qui fe lie àluy , comme 
y cuife la cleFd'vne voulte, ne fic gafté par les orages. 
sert, tou Et puis que nous fommes fur Fes orages,efl à notter,que cefte Tfle y eft 
ciques, Mort luictte, & 1efquelz y fontfi impétueux fy leuans les tourbilons de : 
la ceinMrents f impetueux, &les pluyes auec vn tel effort& rauine que fouuét ce do 
oy &h@hemporte & mailons & champs tout enfemble,commeaufli quelquefois ,, ages qi ad 
a lire du voit aduenirle femblable par deça;mefmement fe léuanc quelquetem- 5%. 
ite d'onMitite, & appellent les infüuläirés ces grandz rauiges d'eaux Huracans en y Île Haïti. 
quelquirir langue, efkimans que ce foïent les Cetnis,qui cftans irritez eaufent 
nt point pourléurruyne. Ce peuple comme eftant voylin dela mer, nage 
es queoltrint Bien qu'il'eft poffible de penfer, comme aüffi font tous ceux du Bre css fine 
e des ioulMil & Amérique, & font leurs vaiffeaux PLUS qu'ilzhôomment Le berexire 
x qui onCinoës, routes d'vne piece, plates par deffous & faites comme vne Met à 4, ypdien * 


 & fentftrir non gere hautes, & par aïnfi dangereufes À voguer dedans, & léf me 
yles quelles iz creufent partie auec le feu,partie auecvne hache ou coignéede 4. 
és, Grecs pierres viues défquelles ilz fonrauffi les bouts de leurs Sagettes : v= 
eut cles en vogant dé voiles de Coton en aucuns endroits, & de rames,ouaui ab fint 


del'1ddMini, Nihez enr leur langue, qui font faits comme vae péfe de boys, & le Le un enseo 
es Letreout qu'ilz cièrinent à la figure d'vhe potence fur laquellé Fapuyent les lurfgure 
RU 
à d'AbM Er 2 3 qué vou cognioifér comme le naturel péuruoft À tout ce qui 
pecerfäite 3 l'homme, cs peuple Occidemal dés le Mexfätre,infqu'à là 
| KKk 


LIVRE QUATRIESME 
Comme Les In riviere de Plate qui eff par delà l'Equateur ve dr gli ae 
diens Oceidé- d'yne eltrange façon de tirer le feu qui eft (« è i *P DA gun de 
taux tirent le ftons les plus fecs , & legers qu'ils peuuent chofir, " 4 pl 
jeu du bgs.  rémentenfemble Er pre par tee pere me ea » 
. liffée & polie comme he; 
a td tee forte deboys fort dure, la pointe de cefte verge eflant 
mifé dans l'entre ouuecrture des baftons liez cree la 4 Léa A 
: ent de la main , fi que de cefte fri@i “ 
mt ds ré Po qu long temps fans tirer du feu du boys, comme now 
ï icrre auec noz füufilz. pire is 
Je Pt ri auf enontiadis vfé le RUES cioRquen en 
hé en la durté du caillou, & q lofo: 
me, : pi y AT comme ainfi foit que toutes ne s mie 
Sannaz.4ren dit le grand Poëte hr Mneutà qu Fan ps Lu a pus Las ; 
igine : eu dan 
ne abs _ pig ft la fefte de la grand mere des gt 
di 1 Pat feu du boys en la mefme façon oue id + ju 
a Tnfulaires & neantmoins Sannazar viuoit du temps de C ui es 
buiticdne qui conquift Naples , & n'ayant encor guere fauouré du 
Fais ny induftrie de ce peuple : dique il me femaie SR ROUE ON 
€ fans arrefter noftre propos , fur leurs 
ar A A és le fel, à choifir, & purifier l'or qui eft ans 
sise en leur ffle, à pefcher les Perles qui n'y congés paies ya 
d comme le Gaiac y eftcogneu, & que de cefte Ifle forti la promis , 
Rs” fetion que iamais onfentift en l'Europe de celle maudite , de 
Maladie ve- ble maladie, que les vns appellent mal cernes les “ æ  : 
, ’Efpaigne, & en gene | 
A ; ie gépad e de. Ds ns ou honneftes de l’hommeauec| 
en iray les ffen gucriffent, veu que par d 
Ne vous diray comme ces peup ue! pe par ess 
, l'arbre duquel il fay dent pour ffen purger 
| ie PS is difcourir fur les #bres) pipes , Air 
itez que ce païs nourrit & produit , & qui fc 
Ha de chaton ot en noftre Europe , aufsi bien, & quele 
; poiff se les beftes, & oyfeaux, y ont diuerfe couleur, & sure nouri 
LE & y font diffemblables à ceux que nous voyons icy nous e dr: x 
afle de Cuba dinaires M fin de pourfuyure noftre ch ‘min ,& parler e ee ca p a 
out re. de PER a nrefenton nomme Fernandine, 
| Es fl Au Age par les chreftiens. Cefte Ifle M loing : 
sandine. l'Efpaignolle quelques vingt ri - & SE plus cree 4 nes ge 
dente, mais elle eft plus longue beauc >. que , 
sn nee “a pe EE bation a vingt-deux degrez, & demy, auoifinée É pion 
AA utres Ifles, lefquelles n'eftant de grande confequence, & qu Fe fit 
sandine GG : vured L peuples y font prefque femblable, ie pafferay au “ 
mrquos. relker d'auantage. Cubi fut defcouuerte du mefme temps que ns 
nu au Doinée Fernandine en fouuenance & perpetuelle memoire 


L'IfeHaïts 


Ferdinand, 
put a’ 
finte Rv yr 
Les habit 
icux de 
fs,allans to 
tenances, v! 
cime, far 
ceux de l'ifl 
{or la cond: 
prend femm 
hforte couc 
ffte auf bic 
ou l'vn des P 
ondition afl 
poufée,, ais: 
l'affault c 
voix, en brar 
kfuis forcée, 
hoc fi redou 
Nn'yague 
ubà , F de 
eeftans tou 
ble, Sodom 
ommes, & 1 
Drt peu affec 
tiler, c'e 
pnduit, enr 
smyfteres d 
tres,nc pout 
ns fe tenans f 
Les Haïtiens 
int de leur 


Nr pars 


ntc’eftoiene 
lé contre nat 
mperé, mais p 
Lexpolée au < 


demy de la 


Cubaabonde 


k leurs nidz 
rieur paffe 
priuoyfent à 
‘tous les a 
» VCnants 
que obicu 


LIVRE QYATRIESME 
l'air & allans prefqueà rez decçrre. Et eft,ce paflage au moys de Min 
durant prelque vingtiours qu'on ue voit autre .chôfe que .ces vyfesux 
pañfagers tenans la route du Nord & au Su,quieftdu Septentrion, &'a 
Midy, puis qui doublent prenans la volte d'Orient : qui a efté caufe que 
plufieurs ont penfé queçe foit.de ces cartiers là. qu'il prénent le chemin 
pour venir peupler l'Europe & l'A fie: mais la.chofe eftantincertaiue auf 
1 lie ne m'arrefteray.guere {ur le difcours d'icelle. + 
Ce En yne chofediffere Cubà de Haïty,qui ft que comme Hhïti n'abäde 
£%t les frpens Pucre en vermine;Cubä au contraire en neurtiftvneinfinie quantité, & 
Cr Ldjärdz, de diuërfes fortes, & fort differentes: y croiffans des Lezardz, Scorpions, 
Scolopendres, Afpicz,& autres Serpens d'vnegrofleur prefqueincroya 
ble,en y ayans.qui pour l'ordinaire font gros commela cuifle d’vn hom. 
me, & longs devingt.& cinq ou trente piedz: seantmoins font ilz fans 
malfaire, & telz que iamais on n'ouyt parler.que perfonne en ayt fenty k 
dent ny morfure. Les habitans de l’Ifle fen nourriffent , & les trouuen 
fort Lons, comme auf ilz margent les Lezards,ainfi qu'en vfèent prefque 
tous les peuplesdés les Canibales, iufques au bout de l'Amerique : 
& ne en fault efbahir, veu qu'ilz mangenr a vermine mefme qui-leu 


à latefte. - 

Ceîte Ifle fert de grande commoditéaux mariniers, à caufe qu’elle 
vne fontaine, où l'on tire la poix à pieces, ainfi qu'on arrache la pierre 
plinelin.z. de quelque carriere, &-eft cefte liqueur fort bonne , & propre à calfu 
chaos, ‘rer & empoiller Les Naux,& Carauelles pourusu qu'on la deftrempe, & 

2 Du f mefle da fnif, greffe ou huyle: & ne fault feneftonner, veu que Iof 
je $ Jets  Pheréciteles merucilles du Lac Afphalits vomiffant le bitume , auque 
ed pra accordePline en fon hiftoie naturelle, commeaufli il ena vn femblabl 
is en laregion de Bagadet, pres la grande cité de Babilonne d'Affyrie, E 


7 oféph.haihosr 


Iudaïque. 


xandre, | » : 
Cubà les fleuues n’y font pas gräds,bien fontilz fertilz en poiffon & l'e: 
quel 9% defquelz eft brane & plaifante pour boire, & dans lefquelz l’Arene! 
*  fableeftenrichy d'or affezabondamment:le pays y eft afpre, difficile,e 
raboteux & non fi fertil que l’ifle Efpaignolle, l'or qui y croift n'ef | 
…. bonny fi fin queceluy de Haïty, maisilya debon Bronze, & duaut 
Ifles Lucaies, : 10 0 
les Efpaignolz font grand eftime, & en fomme il n’y a prefaue aucu 
© leur : B + , 4 
afietre difference de ces Ifles,& voifines, & en prefque pareille eleuation tels 


que font les Lucaïes, qui font au defloubz de Cuba, qui font plus 
quatre cens en nombre, & toutes portans le nom de la plus grande non 
mée Lucaïà, pofées à dix & fept, & dix & hui& degrez en leur eleuatic 
de pole:en celles cy les hommes font plus blancs: & les femmes piüs be 
les qu’en Cuba & Haïty, & cefte beauté caufoit que les hommes de ter 
re fermefen alloient en ces Ifles,aufli y font ilz pl? ciuilz & courtois qu 
pas vne des autres, & où le langage, caufe de ceft abord y eftoit fort d 
uerfifié. | 
./osifiremét On y vateut nudainfi qu’és autres païs voyfins, fauf que les femmes 1 
desfémes  riées fe couurét de la ceinture en bas,ainfi q celles de l'ifle Efpaignolle | 
Lacaiënnes, les filles voilét auec vn fimple retz & iceluy fort delié, leurs parties hôté 


croift fur le corps & croquent.à belles deritsles poux qui leur viennent 


fr,6c en 
&tnays : 
&les ban: 
nopces. | 
celuy qui 
de la pelc 


charge de 


&deMal 
tent fous t 
tantenc 
en fait befi 
fonten fa: 
dftlepoiff 
veuquele 
filloyent 
mangeoye 
dre leurs g 
linmortal 
moptant il 
&quedel! 
ainfi quettc 


perent ces | 


&leur faifa 


isenontd. 
ne fruit d'efc 
Lades vicille 
bres & pla 
d'vnarbre( 
duquel eft 
es Lucaïe 
temps,aufli 
ordre pour 
celets ento 
quilles rou 
d'orenfilée 
nes figenti 
lespoupéti 
fées Outre 
ile S.Taque 
& l'autre lu 
uation à 17. 
lomb fils dé 
ceftecy , 
mœurs des 
à chigies : &c 

que nous | 


DES TRRRENNEÆEVEVEN UV: 29, 

fe,6c encore,n'v font piles de qe aile Ang lors quealles ouffrét leur fuz 

gays: Aufliquand ce mal leur visht.elles inuicétdeurs.parens & amyse 

glesbanquetent ; dançans & chantans tout ainfiqu'à ya grand folie de . 

popces. Les Lucaïens ont vn feigneurqui n’a gucregrand:Empire,côme. 

celuy qui pour toute préeminence Royale, n'a foing quedelachafle, & 

delapelcherie., &:quiprend efgard fur les femences dannantä chacun 

A charge de céqu'ildoibt faire. Leur pañafont les mefmesracianes d'Iuccà, zucaiens ne 
& de Mahis que aux autres ifles & pays voifins de terre ferme,qu'ils met- ysnyer point 

tent fous terre pout les garder apres les auoir cueillis, & ainfleur wijure de re 

eftant en commun ; le Roy en fait ladiftribution à. chacun,autét qu'il luy 

en fait befoing , &que il voit fufhr pour & felonle nombre de ceux qui 

fonten fa maifon, & famille. Le viure de,ce peupleayec ce pain.de Mahis 

dtle poiffon, car de chair ilne mange que peu,oudutoutpointsauffi à l'6 

veu queles Lucaïens que on amenoit pour feruis en Haiti , ou Cubà , ne 

faillo yent de tomber malades & la plus part mourir ; tout auffi toft qu'ilz 

mangeoyent de la chair: qui fut caufe que les Efpaignolz,ne voulans per- 

dre leurs gens, [sur feirent ofter cefte nourriture. Ce pauure peuple croit ï | 

limmartalité de l'ame, ainfique font tousfes voifins, & a opinion que Z##4#u: cre- 

moptantil ule qu'il paffe parle pays. de Septentrion pour y eftre purgé, 27 À sm Or 

D que de à il fen van Paradis, ou au Ciel auec le foleil qu'ilz honorent tabité de l'a- 

ainfi que tous les autres: & ce fut le moyé auec lequél les Efpaignolz tro- 7% 

perent ces Lucaïens, les tirans de leur pays {ouz va faux donner entédre, É 

& leur Faifant croire qu'ilzles menoyent en Paradis,de forte que prefque ÆF#g"4/z. 

isen ont defpeuplé toures les Ifles Lucaïes , rauiffans le peuple pour fen °* "té les 


«A feruit d'efclaues à tirer l'or des mines & des riyieres. Entre les Lucaïens y. Lacaiens ©” 


lades vicilles fi expertesen medecine, à fcauoir à lacognoiflance des ar- ‘77e. 
bres: & plantes,qu'il n'ya playe que elles ne confolident, & ceauecleius 
d'vnarbre que ilz nôment Larumà,quieft fesublableau Noyer, & le fruit me 
duquel eft de bon gouft, &aumanger fortagreable, Vousayant dit que /<”#4 frust 
LJes Lucaïennes font belles für toutes les Occidentales cogneuës de noftre fe ler fe 
temps,aufli font elles des plus mignonnes , & qui fe tiennent le mieux en °°#f€- 
ordre pour aller prefque toutesnuës, comme celles qui portent des bra- 
celetsentortilfez tout le long des bras, & par les iambes des parles, & co- 
quilles rougés, & auf tranfparantes que rubissauec des marques, & grains 
d'orenfiléesauec du coton : & decceyelles font des Carcans,& couron- ss or 
nes figentilles qu'on diroit qu'on leur a apris ces mignotifes à Paris chez 774174 sfle 
lspoupetieres , & femmes qui fe meflent d’acouftrer,& parer les cfpou- ?#7 744 60m 
fées. Outre les ifles Lucafes eft encor [amaique,que maintenant onapelle 74° 
ile S.Taques, qui eft pofée:entre Cuba, & Haïti,ayaut celte-cy au Leuant 
& l'autre luy gifänt au Nord % Tramontaine, & laquelle gift en fon ele- 
mation à 17.8 18. degrez de la ligne. Elle fut côquifs par dom Diego Co- 
lomb'fils de l’Adir:l'Cotomb, qui le premier delcouurift celle cofte:de . & 
céfte cy , ny autres qui l’auoifinent ne diray autre cas ; pourcequeles 2/5 € olob 
À mœurs des habitans fe raportent à celles que nous auons ia defcrittes; 8 fils de Chri- 
à chigies : & que deformais iléft temps d'aller vifiver la terre ferme , fclon Jrophle Co- 
que nous l'auons laiffe fortans du pays Mexican pour entrer eu la nou- "#77 
: äi 


VU nom d'un 


LIVRE QVATRIESME 
uelle Caftille, & voir lesgran NRoyaumss de Peru & Gulco, 8e puis re: 
Prédre le cours vers les Cänibale. pour Coûrir 16 l6ng de la cofte de l'O. 


de Portugal, en l’eftendüe; del'Amerique, 


Cean felon que porte le partage dés terres, fait par les Roys d'Efpaigne, & 


Des pays der annee, © Jucatan scenquefe d'iceux,mtæurs, > coufflumes des 


t , 
À 
Panuce Pre- Es :ce,on voioit diuerfes couftumes ;loix, & Céremonies, 


mince perte le le nom d'vne grand riuiere qui l’arroufe , & qui fengoulphe en mer du 


rm cofté du Nord, diuifant ce que à prefent on nomr. : la nouuelle Efpaigne 
cn de la grand Prouince d'Iucatan,que les premiers qui la defcouurirét, pen- 

fans quece fut vneifle nômerent Sainte Marie des remedes , & bornätla 

Aliette de Le Mexicane qui Feftend au Ponant, là où Iucatan eft Leuantine : & 
La region de gift Panuco en fon eleuation de quelques 18.ou 19.degrez de la ligne ayät 
desSeigneurs & Caciques grands guerriers , & où l'idolatrie & cruelle 


sous maniere des facrifices y eft efgalle à celle, de laquelle on vfe au Mexique, 


& combien que parlans de Themiftitan nous ayons fait quelque denom- 


brement des dieux qu'ils adorent, & que à Panuco, on imite ceft« adora- 
tion, ff eft-ce encor que les Panucéens furpaffent tous les autres Mexicans 
enabomination: & femble que la folie Grecque, & éceruellement des an- 
ciens Romains ayans palfé en ce pays, pour y laiffer la trace de leur peu de 
fens, & cognoiffince de ce, à qui l’homme doit porter honneur, & luy fai. 
re la reuerence. Ceux qui lifent l'hiftoire de noltre temps fe moqueroyët 
ouauroyent occafion de ce faire,oyans parler de la folle, & infenfée ado- 
ration des peuples tant occidétaux que auftraux, & fenräs combien mon- 
firucufe eft leur idolatrie, veu 4 ceux de Panuco font fi hors de leurs fés 4 
d'auoir le membre viril d’vn homme dans leurs temples queils honorent 
panuetens 4- comme vn Dieu , & luy offrent facrifices aufli bien qu’à Themiftitan on 
dorent lemem en prelente à leur principal idole.Onf'en moqueroit{dif-ie) fi des anciés 
bre de D'home auteurs, & iceux fort aprouuez nenouscomptoyent que vn pareil aueu- 
glement asadis offufqué les yeux de la Grece : & de cecy oyons parler 
Paufanie homme diligent, & qui n'a guere rien oublié des folies de fa n3- 
tion , entre les chofes ( dit-il } plus remarquables qui foyent en ce lieu(il 
Pai/aniel.o parle de Lampfaque) on voit la ftatuë & reprefentation de Priape : à ce 
Dicu on porte honneur aufli en autreslieux , auquel ilz commettent& 
donnent a e 1arge des troupeaux des cheures & brebis , & la chargedes 
effoins, & ruches des abeilles. Mais fur tous 1es hommes ce font les Lam- 
pfacenois,qui faffe@ônent à fon feruice. ; 
A fçauoir files Romains furent quitte de ce defuoyement de cerueay 


Entré les Prouinces füuiettes au Roy Mexican eft Panuco laquelle porte 


7 fred fa 
file Dieu ‘ 
ues de leu 
blelieu du 
per pour ce 
dué à leur c 
oles {acre 
neitiques.8 
disen Ja cel 
esplus nier 
vendues au 
déshomme 
contentant « 
laquelle 
heil ne forç: 
tte, fi que 
cefteexec 
celle ontilz 
Chreftie 1s, 
chre, & la cl 
Sodomite, & 
perbes que « 

toute late 
heiufqu'à 1 
rles Carib 
monic, ten 
furieux, & c 
omm ilz o 
eurs Capitai 
kince, iufqu 
domota, é 
prefter © 
iblement 
us la chafte 
Panuco le 
ablement d 
abominab 
{oit dis h 
mais ce vice 
in elle n°eu 
ktoute relli 
Li cousle 
sac fe marie 
ce que tel 
trouue l'on 
ucelage : & 


ais res 
je l'O- 
gnc, & 


des 


côtiéne 
celuy à 
cent o- 
diuerfi. 
des peu. 
ne Gre- 
mMonies, 
le porte 
mer du 
:fpaigne 
rét,pen- 
>ornât la 
tine : & 
gneayät 
& cruelle 
Lexique, 
denom- 
e adora- 
exicans 
t des an- 
r peu de 
k Juy fai. 
ucroyét 
fée ado- 
en mon- 
urs f'és q 
onorent 
ftitan on 
es anciés 
eil aueu- 
s parler 
de fa na- 
elieu(il 
pe: àce 
ettent & 
arge des 
es Lam- 


cruçaus 


E. AE 


FMC AR j 
AE ANS 


| DES: TERRESINÉYRVES | ; 1  . 292 
pat fe fault qu'ilz getsaffent celte fuperftition.deleurstemples, que ce Préspe hrneré 
fie Dieu (par eux tel citimé ) eftoit honoré parles,mains les.plus pudi- 4 Rose par 


ques de leur cité, &iugédigne d'eftre mis dans le s'y fecret, & honora- les peftaleis. 


bielieu du manoir de leurs veftales .  Etquelleraifon fçauroit on don- Zaéfance de 

ser pour ces pauures gens de naftre fiecle , port:ascefte fale figure pen- l4faulce rell. 

dué à leur col , finon lamelme querendoyent iadis les ipterpreteurs des gron Li.c. 2r. 
oles facres desidolatres , que Priape eft le.confeuateur des chofés do- 

nltiques.& celuy qui eft comme auteur de lageneration, veu que ia-. 


disen la celebratié des feftss de Bacchus, c’eftoyent les Rats dePriape, Liféz, Phor- | 


lesplus nembrues que on fceut choifir, que lesplus modeltes portoyent nure: €: Hee. 
vendues au col, pour en faire parade. Et voila comme le diable fe ioue rodore L.2. 
jeshommes, &ayans perdu credit d'vn cofté, left getté vers l’autre,ne fe pirgile ,aux 
ontentant de fe faire craindre auec la deformité,d vne figure effroyable, vers de Priap 
en laquelle on le paint par les ifles de l'Ocean & pays Mexican , fienco- sant Aug. 
keil ne forçoit l'homme à adorer la mefme faleté , & feruir ceque il de- 6.de la cité 
te, fi quelcun en vie par effait à l'endroit de celles qui luy attouchent. de Dies. 
celte execrable Idole les Panucéens immolent leurs ennemys, deuant 
elle ontilz efpandu depuis foixante ansençale {ang de plus de trois cés 
hreftie 1s, le cueur defquelz à feruy de viétime deuant ce vilain fimula- 
chre, & la chair de pafture à ce peuple fauguinolent, & lequel. eft aufli , & 
fodomite, & Antropophage . . Ce peuple baftift des mofquées aufli fu- 
berbes que ceux de Themiftité,comme auf font tous ceux qui fe tiennét. 
toute laterre qui (eftend dés la riuiere queonnomme de fainte Mar- 
hheiufqu'à la mer de Sur, & vers le pays Auftral.iufqu'a la riuiere de Plate caribes ç> 
rles Caribes, & Breliliens,qui regardent l'Ocean Africain font fans ce- Brofiliés not 
emonie,temple,ny religion quelconque. Les Panucéens comme ilz font sucun temple 
frieux, & cruelz, auf font ils des plus vaillans dé tous les Occidentaux, 
omme ilz ont bien fait fentir aux Efpaignolz, aufquelz ilz deffirent plu- 
ieurs capitaines, & foldats qui tafchoyent de prendre terre en leur Pro- 
kince, iufqu'à tant que Fernand Cortez , & fous! y Nugno de Gufman 
dompta,& les contraignift , & de ceffer leurs ianglans (acrifices, & de 
1y prefter obeiffance . l'ay honte de dire que Sathan {e face feruir fi de- 
ue en ce cartier là que tout ainfi que jadis. fous le nom de Ve- »/ennredes 
us la chafteté des filles Cypriottes luy eftoit publiquement dediée,aulli hmmes en 
Panuco les hommes y fontle mefme office , feproftituans dutant cxe- punuce 
ablement de nuit , comme la memoire feulement de ceft accouplement 
abominable en l'efprit, ie ne diray pas du Chreftien , ains de quel que 
(oit dés hommes quiont quelque honnefteté painte en l'ame . Car 
mais ce vice pernicieux ne fut receu parmy quelque nation, que fou- 
inelle n’euft en ioy comme lié le melpris de Dieu, & peruertiffement 
kroute relligion qui fentift quelque integrité. Lo 
Lu ous Les Panucéens font paillards, & agens, & patiens, & quoy que 
ne fe marient , que 1lz n'ayent pour le moins attaint l'aage de 40. ans, fi Pasncéensne 
f-ce que tel delay,n’ayde en rien à la chafteté, d'autant qu'à grand peine /£ marièr que: 
trouuel'onvne fille ayant dou?eans , qui fe puiffe vanter d'auoir fon 4 l'aage de 
ucelage :, & attendant à fe marier ainfi,plus pour viure en la Liberté de 40. ans, 


pie d'à da 


À sine 


LIVRE QVATRIESME 
leur Yilerinie, WE véautreren féurimpudicié, que de foucy qu'ils ayeng 
dé fe onténir, & {ous évite corinence (e garder pour (fe marians ) cité 
plus habiles à la genératiô. 112 Farrachét le poil de haibèrbe;ie penfe por 


paroiftre plus effentinez, iaçoitqué ceux qui font l'office contre-nature), 


vontaüffi acouftrez cOmie fermes, & vient de pareils que les femmes,n 
fe meflans ed rien de là gierté ny des aGtibns qui tefhioignent la force d 


l'Homme, haïs a mort des feinmes , comme éeux qui leur rauiffent ce qu 


nature leuraccôtdé, mais fault que elles le fouffrét, & fans querelles ofem 
faire fémblant de défplairé à pas vn de ces effeminez . Tous & homm 

& Femmés'en ce pays cé percent les oreilles, & riarines pout'y pére que 
qué ioyau, ainfi que én v fent prefque tous ées Occidentaux , & ie velten 


de coton delié fors queil leur prend fantafie de fe couurir tout ainfi qu'é 


vfent lés roÿs fuiets au gréd feigneur du Mexiquie :fe limans aufôi les dé 

tant pour paroiftre plus beaux ,que pour dire que cefte limeure léure 
Bitume de Pa 
… nuco 4 calfen. 
trer les naus. 


tume à empoiffer lés nauires qué l'on fçache guére & dut bon, voire pl 

apte, & fortque celuÿ qui croift en l'ifle Efpaignolle,&duquel nousaud 
dit que les Infulaires font léurs bafles pour iouer au batouer énquoy fet 
ércenthommes & Femmes:comme aufsi font ceux de l'ifle Cuba , ou Fer 
nandine, Er pour vous monftrer la counrtoifie de ce péuplé , il eft fi imps: 


Fernand Cor- 
tez.en fi 4. 


, \ 
relation 4 


fous la fuiéttion dé féigneur aucun, ce que Cortez efcriuant à l'Efmpereï 
Charles quint, & luy donnant iduis comme il auoit chaftiée là rebelliot 
de Panuco,il en parle ainfi: Voftre maiefté me croira de ceéy, que ceften: 
tion eft fa plus feditieufe, eraifée à F:fmouuoir, qui foic fus !2 terrexd’art 
qu'il n'y 4 nouuéauté,ny bruit tant fit il de‘ peu d'importance , qui nélu 
face dreffer les cornes, etprendre lesarmés en main:aufsi né faute Pefb: 
hir,f'ilz (font leuez contre voz officiers , veu que de tout témps ilso 
de couftume de fe reuolter de leurs feigneurs,et de prendre contr'eux! 
armes , fans iamais laifler couler aucune occafion de fe fouftraire de le 
obeffiance,Eten vnautre paflage,il defcrit des armes de ce peuple, difan 
que habitant en vn pays apre,difficile,et raboteux, les hômés aufsi y fo 
robuftes, forts, et gaillars , portans des lances,ou pluftoft piqueslongu 
Armes de equinze pieds, & en lieu de fer eftäns armées de'ces pierres viués delgk 
les auons defia parlé afféz fouuét,Faydäsencur de l'arc, & de Pefpéedi 
bois, & fouffrans la faim & la oif, adextrés, bons coureurs, & farouchese 
ftrangement durant la bataille. Ce quirend ces gens fi hardis eft leur pari 
ureté, car bien que il y ayt de l'or en leur terre, fi eft-ce que ne fen fou 
pas beaucoup, & éftimans lés autres eftre de mefme complexion dés qu 
Îl2 veirét les Chreftiens entret en leur pays, Poigneux plus de Teur ancie 
ne liberté , que de l'or femé en leur riuieres, ny caché en leur terroir taf 
cherent deles ën chaffer,quoy que detia itz euffenr pris auec'eux acoint 
çe, Apres Panuce, tirant vers les Caribes'gifl la grand Prouinccde Lucr 
que plufieurs ont vn fort long témps eftiméeeître ifle,mais à la longue! 
ont veu dé combien ils fé trompayent,entant que ce pays eft vheprefqu 
iffe,c'elt à dire vné pointe de terre éhicrant en mer, &'linéé dé tous " x 
6 


. FEmpereur, 


Panuceens 


Jiuerz “re- 


bellson, 


ceux de Pans 
Co Ü 


Panuceens 
Pur es . 


" fort bonne & falutaire. C'éfterrcefté prouinces quécroift du meilleur Bé 


-cient dé l'amitié d'autre que défoymelm: ; qu'il ne peut fouffrit de viurs 


deta marine 
droit lo p 
pet 
decinquant 
jl,queles 
bur ilz prin 
nt, COMM 
mi defcouu 
te de t 
uurir nou 
mis ne vou 
i meurs de 
abordei 
triguadeil: 
ms commui 
prandeur,t 
hfcit grand 
ps tenir fu 


pufter les m 


mmençañs 
par nous d 
Sathan pou 
lent defce: 

erre s'efto 


nztie vou 
hoquer,tlz 


prfauanç 
farvne pi 


Syeux au ci 
ins, laïffant 


Lsppelloier 
iqu'il2 leu 


Ken eftoit ie 


DES TERRES NEŒEVFVES.:. 293 

dhmarine, auf que de l'vn ellesftivinéte à la terre forme; âinfi que on 
froit le pays dé Dannemarch en noftre Europe:8c toutesfüis Eucat£ n’eft 

sfipeu large, que au licu le pluseftroit de fon eftenduë elle n'aye plus 2e /#atas. 
cinquante lieuësde largeur comptant dés Kicalanco;iufques à Cate- 72 Owiede 

lqueles Chreftiens nommerent port de l’Afcendion, dicaufeque à tel -Pifer. des /#. 
ur ilz prindrent terre, 8 gift à quelque tr. degréde fon eleuation,bor- des. liure.17, 
pit,comme dit elt,le royaume Maexican, & laCaftille dorée.Le premier 
midefcouurit ce pays fut vnaommé François Hernandez, qui partant 
ki Me de Cubaauec quelquesnauires,y aborda auec intention de def. Fréfoss Her- 
puurir nouucllesterres& les peupler de ceux de fa troupe,mais ceux du 442 de/= 
dis ne vouloient fouffrir la defcente,comme ceux qui fe reffentent des cwwrit Iuca- 
meurs de leurs voifins, & quine prennent aucun plaifir que les eftran #47 l'an 
| tr Pa niet les Efpaignolz defcédirét pour fai- 1517: 
kriguadeilz fe mirent entout deuvirpoflible de les faire retirer, ne vou- 
mscommuniquer;ny chanperrienaueceux, voire ne fe foucians ny de 
rrandeut,hy de l'amitié du Roy de Caftille,çquoy que Hernandez leur 
nfeit grand recit, &ctafchaft de les attirer à fa deuotion. Et affin dene 

ms tenir fur le difcours des conqueltes, qui feroit trop long, fuffira d'en 
pufter les mœurs, puis que c’eft le principal de de ce noftre œuure, 
mmmençañs par la religion, laquelle y eftaufh fuperftitieufe queeslieux 


ainfi qu'a 
Ri les dét 
re leur ef 
cilleur Bi 
voire pl 
nous auû 
quoy fex 
|, ou Fe 
R fi impa 
de viuri 
Mmpereï 
rebellio 


Er nzue vouiuient que on lesien chalfaft par force, & enfin deliberez de ; ns 


pr uer,ilz monftrerentaulfi quelle eftoit leur fuperftition:carvn d'être JL: en 

Le perte fiuançant vint pofer vn flambeau decertainarbrefec & liquide, alki Luerre. 

ë so r vne pierre corame vn aurel, &à faifant quelques grymices & fi- 

pe os | es cltrâges, 8: marmottät, nene Kay quelles parolles en {a tigue leuät 

ner td syeux au ciel, & regard£c vers les nofres fe retira apres ceft ofliceà fes 

de aie Anis, laïffantce pendantie flambeau allumé fur la pierre lequel flambeau 

P Re F Misppelloient Quarmaro, & R diloient l'offrir à leurs Idoles,&C omis af- 

: ne ù qu'ilz leur donnaffentiawiétoie contre leurs ennemis, pour ceque 

due cn cfoit leur vfige, ay4s deeouftume de frire cefteceremonie toutes 

P f STE his qu'ilz vouloiét entreren bataille: & faifbit coltuy.cy vameline of 

w La ! brefne. quev des Romains que oh appelloit Focial& qui femef 

euro des facrifices, & ceremonits de ke guerre Dés l'entrée du port on veit 7emples du 

| Ps Temples & chapelles afifès fr certains degrer de pierrefort bläche, /dolarres en 

br "As coguerres de chauime & paille deliée au pofible & entretiffueaucc Jucsta. 

a nd fabtitité;&e de guckques vnes auoyent laconucrture de boys ailez 

TT A dreflée mis tes idües qui eftotent leds dedäs rengées, raportoiét tou. 
saux figure, des Femmes. Ce peuple va affez honnellement veftudeco. 
ayant des chemifés & minteaux de pareille eltoife, mais blancs, de- Æaxbibs des 
ke, & fubrilz au poñible, & prefque reffemblans aux voiles que on fait /ncrtaness 
krdeça, portans des ioyaux,cheffres & carquans d'or au col,& des chemi de 
Mes de coton faites deséruerfés couleurs, Les Femmes et bien que 

Re LL 


par nous defcrits, veu que tous ces quartiers là fembléteftre confacrez 
Sathan pour l'effafion dadng deshommes. Commeidonc nozgens y 
ent defcenduz tant pour fournir d'eau douce,que pour veoir quel. 
kerre s'eftoit,les habitans du pays teur fcirent cômandemens de vuider:e ,mouie des 


OUtiert 
: desrc 
c'eftoi 
n de {à 
>it ceft 


»s,1açoi 
ifage,& 
arOïitre 
iEux q j 
ents ,& 
oups dé 
s Elpai 
feruirent 
toit leu 
crucille 
‘on eu 


f deuc 


ul2 fo 
ur laile 
ner de! 
silz ei 


hardis & 


le desc: 
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urieux, 
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l'oublioé 


i eftde 
que 
quelcuf 
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t: les no 
pôdu luÿ 
p & pre 
prochait 


eftautan 


à la fauté 


Dpremé 


f'eftône 


ns gifer 
DIÉT eu 
s, l'efpé 


DES TERRES NEVFVES. 294 
prédelle & pauois, & pour fe couurir ilz ont des bourguignottes de bois 
piles que ï'ay dit qu'on porte au Mexique: & fe font desicuiraffes de co- 
dmaisné (côme dit Ouiede) pour ffen armer expres en temps de guer. 
pains pluftof® pour Pen eftimer eftre plus beaux, & bragards, car allans 
guerre ilz fe tiennent plus mignonsque iamais, & c'eft pourquoy ilz LL: 
kpaignét ainfi le corps & la face comme j'ay dit cy deffus. Auf en téps Quel babe 

aix ilz né portét armes ; : _ des Incatans- 
depaix'ilz ne portét armes quelcéques,ny vefteméts, faufces voiles fub 
is cy-deffus métionnez, & fe parét merueilieufemét bien de beaux pen- °°” 77/4 
iches,lefquelz eftäs grans & dextrement elabourez leur donnent vne “4%: 
éd grace,auec ce qu'ilz font agiles,difpofts, & bié proportiônez de tous 


Deurs membres. [lz fe coupét tous les cheueux par deuant tellemét qu'on 


kseftimeroit eftre chauues, & péfent que celafoit vne grâde beuaté que 
en’auoir pointde poilentout le deuant de la face:mais par le derriere . 
à font des rreffes de leurs cheueux qu'ilz portent 1ôgz, & les laiffent pé- ©/”#4f0# 
fur le doz, & efpaules, & d'autres les liét derriere lanuque du col, ou °° les, 
lentortilent en forme de courôneautour deleurtefte. Le ne fay qui /"#4#/m. 
bura aprifé la façon de fe couper la peau qui couure la glide du membre 
iilyce que tous ne font point, ains plufieurs fen abftiennent,affin qu’on 
sepenfe point que ce foit quelquerelligion qui les efmeuue à celä:ainfi 
ie les IuiFz & Mahometans fy confeflent aftrains par larigueur de i’or- 
onnâce de leur loy.Ce peuple hait autant le larcin, comme auffil fab /#fériens . 
hencderauirJe bien d'aucruysainfi qu’en vfent aufli les Haïtiens, com. °7-#nfropee. 
ne defianous auons dit en l'ifle Efpaignolle:& n’eft point encor Antro- P 7454 
bophage, c'eft à dire ne raflafie paint fa cruauté en fe repaiflant de la chair 
shômes,ainfi que font tous fes voyfins, voiretoutes les natiôs qui font 
fl'vn Pole à l'autre le long del’Ocean Occidental & au Mexique , & 
pCufco Peru, & par toute la region Brefilienne, & Amcrique:bien ft 
yque les Iucataniés facrifient les hommes à leurs Idoles, efpandant 
ur fang en la prefence de leurs faux-Dieux, les vifiges defquelz ilz en 
jenent ; & leurs ficge & autelz, & le deffus desportes de leurs temples. 
pli bien que ceux de Themiftitan,bruflans entierement le corps facrifié 
euridole. Leur eftude & vacation principale durant 1e repos de la 
, ef la chaife & pelcherie viuans d'icelle, & fy exerçant pour fadex: 
er, à caufé que la mer y abonde en poiffon, la terre en fauuagine : les .#bondsnce 
pufchesà miel y formillent, & ainfile Miel & la Cire n'y manquent de cree de 
jainement: bien eft vray que ilz ne fçauoient l'vfage que.du fcul miel, miel tn 
cen'eft depuis que les Chreftiens y ont frequenté , qui leur ont apris /#caiun, 
at & indultrie de faire des cierges, chandelles, & bougie pour fen fer- 
àP'efclairer, & à fen ayder enleurs facrifices,& ceremonies, i'entëds 
x-1à qui n’ont encor receu la foy Chreftienne, ; 
incores ne font les Jucataniés fi deteftables que leurs voifins de Panuco, 
ifefouilläs point en l’abominable peché de Sodomie, iaçoit que (côme 
wdit)ilz les imitéc en idolatrie, & en facrifiant au Diabic,lequel leur ap 
oitfouuent, & tes effraye auec mofme effroy que en fentent, & les 
icans , & les Infulaires ; & rous les pays Occidentaux, voire les Ori- 
baux qui ont touchez de pareille villennie de fuperfti: gs L 


Iucataniens 


vinét longue- leur terre. Les Eucataniens pour effre-fobres, & n6 fi Hfcifz, &: 


mens, 


non guere 


riche. 


_ 


. LIVRE IQYATRIESME 

Hzsaupient nant que fe: Chreftienner,deux.teiz Lieux pour'letirs dr, 
cles-queiadislos Greca ont veneré Detpheou:Dele pour leur Apollon, 
fçauoir en Acuramil:, &Xicatenco,où ilæalloient ouyr &: réceuoir ré 
once.de- toutes chofes: & furtoutà Xicalanco , où touslks-ähsilz cele 
royét vne grand fefte y abordans des hommes. de-toutes parte, tant pou 
y trafiquer d'leur manicre;quieft enefchäge d'vne chofe:pounautre, qu 
pour adorer l'idole tant.recommandée:& pour leferuice de laquelle y 


toit vn grand & fouuerain preflre, qui facrifiant leur predifois let chof@}# 


à venir;çcomme aiofi foit que ces deuinenrs leurayent longs temps au pa 
auant denoncé la ruyne des.idoles,que les Efpaignolr: mciflent pied:e 
que.ceux de Panuco:viuent aufli farclonguement,car on y a veu tel hom 
me qui pafloit l'aage de plus de fix v mgts ans; Sutelles fünt'les: couftume 
& mœurs des habirans dmfucatan,& quandarrrefteilz fontfemblables 
façons de faire à ceux du Mexique: commeaufli iadis ilz en eftoientd 
contribution : mais depuis qu'ilz font Chreftiens, on'les à tenuz fou} 
main d'vn gouucrneur particulier; lequel toutesfois refpond' deuant l'a 
dience royale:qui eff en la Cafille;qui à prefent portele nonrde l'or. 


uant 
wcelle 
bedet 

grédes he 


lufe 
kepluleu 
D Ehref 
le Tru 
gelques. 
#oyentc 
repouf'of 
y entaue 
des bras... | 
gui fur qu 
tnmemoi 
nlesadu 


Non loing de Iucatan ft l'iflede Cozumel,laquelle eft fort pauvre, & rs 
fant de pareillesmæœursquele reftedu païs;ayans des Tours belles, &fo8 
Cozumel ifle tes,bafties de pierre fans:acune taille, à:caufe qu'ilz 'aucientaucun vf 


gede fer,& «'eftoiren celles tours que ce peuple mettoit fes Idotes:pal 
Cozumel on voit va autre Iflequeles Efpagnolz nommerent'Flfte de 
facrifices, & la raifonien eft telle. Vn certain Capitaine Efpaignol,nomm 
Jean Grijalua, ayant courules Ifles Lucaïes, Fernandine:, 8 Efbaignolie 


Jean Grialus & vifitélaterrede Eucatan,defireux de faire feruice à fon Prince, & def 


Zfpagnol, 


Defcriprion 


d'un ancien 


temple des 


do [TES 


couurant pays, fauanceraufsi en richeffes,defcendit en Cozumel;oùils 
trouua ab us mordre,y voyant le peuple fimple, & fans grand moyé 
par ainfi paffant outre, fen vincen vniflenon guere loingtaine du pl 
pays de terre ferme, & de laquelle ne fçachant le nom, n'ÿ trouva 
perfonne qui luy en dit aucune nouuelle, il prift terre, comme en li 

qui cftoit fur vn des bouts de la terre de Iucatan , & qui re conte 
noit gucre grand cfpace de terre. Mais fi la terre cfloit de petit 
cftendue,ne reftoit pourtant d'auoir en foy dequoy fefmerueilier : C 
les Chreftiensn'eurent pas fait grand cheminpar la petite Ifle dtferte;al 
lans par va fentiertout couuert,&-ombragé de diuers arbres fruitiersitel 
que le pays les porte,queilz veirent de grans baftimens de Pierre; &icer 
prefque ruinez, & la muraille defquelz eftoit à demy demolie & abaruë 
Defireux de fçauoir que c’eftoit,y montent par:vn efcalier de pierre (qu 
les y conduit) au fommet duquel ilztrouuerent vn Marbre drefféen pe 
ron, fur lequel eftoit cffigié vn Animal fait ainfi que vn Lyon, tenant 
Jangue hors la gucule, & lequel auoit vn pertuys au front:presdet 
Perron diterre on voyoit comme vn benciftier de pierre, & iceluy ton 
fanglant & d'euant luy vne piece de bois plantée, qui ferecourboit fur 

benciftier, & vn peu plus laing vn Idole de Pierre fur terre, ayanty 
plume fur la tefte, &:la face tournée vers. le vefe fanglant fufdié 


fice,ilz.eu 
toute don 
lenô de C 
ft droite 
jene, pat 
Le DR 
jours c{pa 
d'Aumeur 
cs ont fa 
autres vOi 
ury cf 
li le fait 
en hit 
que l'air} 
quiy abo 
eRconti 


RL 


DES TERRES rs À 2 S. . 2 blé à 
uahtencor eRoyent pofées par raûc plufieursaltres potences, com Æfräge mous 
cal qui fs deu Satis où voyoitvninfay nom. sh ee 
kedetelbesd'hommes, & lesoffemens de tousle corps; qu'on eflima.e- //lepres mea- 
kédes hommes de qui furent iadis ces teftes, ÿ'anoit encor grand quan tem 
rédecorpseutirs,&rà demy pourris; & gaftez, qui portoyentla figure 
leplulieurspetitsenfans : ce qui donna vn eftrange cflonnement à tous 
ja Chreftirrs qui eurent laveuë d'un fhorrible fpe&tacle. On fenquift 
lo Truchement des habitans des pays voilins,defquelzilz enauoyent. 
gclques visen leur compdignie,eurent pour refponce, qu'en ce lieu ilz 
oyent decoufturmede faffembler,ayausconquisquelquegtand vi@oi. 
rpoufoffrir les cœurs des ennemysà leurs dieux;lefquelsicœurs ilz bruf 
Noyentauec boys de Pin, puis fo repaiffoyent de la chair qui eft au gras 
Dies bras, & des jambes, ainfi qu'auons defcrit les facrifices du Mexique: 4; 27. «1$ 
ani fut caule que lefufdit Grijalua mit à nom à ce lieu,l’Ifle des facriñices te 
memoire de là So de faire de:ce peuple, & dequoy il en dô- 
plesaduertiflemens ,, ainfr- qu'il eft noté par Ouiedeen fon Inde Occi- 
dentale. ; F3 CA 
Des Preuinres d'Pvabé; Beragus Cr Darienscomprifes à prefinr [ous le 
nom de Cafille d'or, pr mœurs ape am ci 
. … des.Chapitre 9 dr parie, Cmmare.©r- Cubague: 


Idoles:pal@$ à 
nc FI fie dt à 
nono nine À 
Efpaignolle 

nee, & del 
mel,oùil: 
rand moyé 
aine du pl 
y trouvit 
nme en li 
à re conte 
ke de petit 
ueilier : C 


e dtferte, P s 

te lafloft le téps y efirréperé,cGmeaceux quiontprefq toufioursies | 
Hi wi cfgaux anec les nuit, & la chaleur defqtzprocedepl' des attraëtiôs ;;,} pritedé 
e & abetu d'humeurs faites parlefoleil , g des elicemensbrufläs de fesrayésiqu'au | Lu * 


césont-faints y efîre infuportables:ce qui fe cognoit ésifles S.Fhomas,& qui cf fa 


épierre(q 
Penn. l'equateur. 


Irefféenpe 
n, tenant | 
jt: pres det 
iceluy ton 
rboit {ur 
e, ayant 
nt fufüi 


Re 
SATANEr 
CN 


LI V'R'E/ QI ATRIJESME 
4 plusà deux ou trois degret, que fous fa mefmeligne;mais confeffer quel 
Le temps ef que impofibilité ou d'y viure;ou de fy'arreftoriie ne fçaurois Je fare;ve, 
Mie dur que &'Efpaignolr; & Portugais y viuens, & lytiennent comme en leu 
rant les deux bits propre , Etre fault feffohner fi (ous la ligne im aginéequi partift 
éguimexes.  Jongueurdu Cieléntant que l'homme la peut contérapler;en cet equil 
brement ; ou mefmebalance fait parle Soleil, Farreftant'on fent quelqu 
indifpofition, & mefine lors quele Soleileft'en fon afcendant, ou’retra 
gradation au lieu mefmèe limité pour fon arreft, puis que par deçà, dura 
les deux E quinoxes nous fentonsne ay quelle pefanceur & indifpofiti 
de noz perlünnes, fur quoy ie m'en raporte aux medecins pauren dedui 
ch re les caufes,affin que ie pourfüiue ma carriere cncômencés. Les Proui 
Fertilité des ces donc fufnômmées, font par moy comprifes en tnelme confideratios 
terres qui [ot non qu'elles ne foyent d'afliette differente ; mais pource que les mœu 
Jeu l'equs- des hommes y font prefque femblables, & la religion quin'y eft gucre di 
teur vers le uerfu de l'vn peupleà l'autre:la bonté du paysfi grande, & la terre fi ferti 
Ponant. ]e qu’en quatre moysonfeme& recucillece quiceft mis en terre ; maisk 
peuple fi accoftable, vaillant , hardy , & furieux , qu'il eftoit malailéaut 
Chreftiens de l'accofter , & moins encor de le vaincre : ce qui fe voit pa 
Jeurs hiftoires qui font foy du grand nombre de foldatz qui y font mort 
& ont feruy de maint repas à ceftegent barbare, & cruelle ; Donc pour 
ne tenir le Leéteur longuement en {ufpens i'émbrafferay toute l'eflendu 
de la terre dés la Cap fanét Auguftin qui regarde l'Ocean Atlantique, & 
qu’à prefent on nomme Occidental, iufqu’àla mer de Sur , fuyuant la. 
gne equinoétiale, à caufe que partie de ces pays font deça l'equäteur, d'au 
Mer du sur: es fousiceluy, & vnebonne & meilleure piececft par déà la ligne , & 
of fônt Les regardant lePole Antartique telles que font les Prouinces de Parie, Cu- 
iles Moluques MAN6, &'autres qui regardent la mer pacifique : vers laquelle nous com- 
mericerons,pour en reprenant noftre courfe des Parie, nous venions finir 
| aux Canibales peuples tant cogneuz, à caufe de leur infigne cruaulté, & 
naturel farouche, & pour eftre {i mal aifezà appriuvifer,qu'encores il a 
; cfté poflible à homme de les dompter ny vaincre,pour de là entrer au Pe. 
pe ru, & Gufco, & puis à lariuiere de Plate, & remonter par l'Amerique,fe- 
Jon la diftribution , & partage fait de ces terres loingtaines entre les roys 
de Portugal, & de Caftille. ‘ | 

3 Auant donc qu'entrer au Goulphe d'Vrabà, ny paffer en Parie,à quel: 
Cubagna IJle ques douze degrez deça l'equateur gift l'Ifle de Cubaguà que les Chre 
nomée des fliens ont furnômée des Perles à cils de la gräd quantité qu'on en ÿ pef 
Perbes. che,lagile regarde plus vers le Nord , qu'au Ponät &'n'eft de guere grid 
eftendue,ayant le terroir maigre & infertille,à caufe du fel qui y croi ol 
ayant aucune eau douce,ny arbre qui l'ébelliffe,& les habitans de Jaquel- 
Quels les ba je font rudes,cruelz, & fanguinaires comme ceux qui ont fait mourir vne 

bitans de Cu- intinité d'Elpaignolz qui l'y arreftoient plus pour les Perles que de foi 


PEN” 
Laticuës d 
mœurs de 
pcertairte fe 

1qs vas q 
| far fluz 
utadae 
roi decer 
te de pou: 
nc eftdt pa 
1 celuy qi 
squiyh 
OrlesC 
tent leurs p 
imçons,m 
failans de 
les plus m 
les lient co 
guerre, ou 
pis quelz 

belle plu 
is de fotin 
klorte qu'i 
tbe, &e (il 
ayentarrac 
que tous les 

rs corps, f 
w'au deffus 
uele poil lu 
)ires aueC n 
egrand bea 
tes, ilz l'on: 
Keille de H: 
ang leur c 
qu'il leur 
mis, quOy q 
que ce iuit e 
tent aucu 
our empeft 
hero yent m 
eu qu'il n'y 
que de noft: 


bague. qu'ilzeuffent de leur conuerlion à l'Evangile. Çepeupleallantnud,fe La beai 
paincle carps de toutes parts, & vit affez miferablement, ne mägeët guer ME gro/fes 

que la chair des huiftres,defquelles ils tirenties perles, & boiuët la bel"? L elle: 

nent les iam 


eausclere qu'il leur éonuient aller querir en Cumane qui eft à quelque aude 


fer que … DES'TERRES NEVFVES.: .: 296 
faire, ve fieuës d'icelle,& en terre ferme, delaquelle nousparlerons, à caufe à 
de en inœurs de ces deux peuples, &:autres voifins font femblables. On voit 
à partit jdecortaine faifon cOme la mer deuient rouge le long de cefle Ile péfans Merpres de, 
ft equituelqs vns que cela procede des huiftres porte perles,lefglles ilz croyent C* agua de- 
tquelqu ffrir Auz de fang tout ainfiquelesfemmes , ayäs leursmoys:mais fi ce- #7en5 rouge. 
ourretro peut adaenir, ie m'en raporte aux nâturaliftes : 8: noçay; fi pluftoft il y 

“à, duranroit de ce riche genre d'huiftres defquelles iadis ont fait celle riche taie 
difpofitidi'e de pourpre qui feruoit d'ornement aux grands Monarques.Cumane ?reusnee de: 
en deduidonc fit pays voilin de Cubaguà ; & côme chef des Prouinces voilines Cumane pres 
ss Prouine celuy qui nous fera cognoiftre en gencral les mœurs de tous les peu- { gonlphe 
GderatiodMies qui y habitétentät que prefquetous fe raportent à leurs 6s de fai- d'7raba. 
les moœurOr les Cumanois font brûs de couleur allans tous nudz, fauf qu’ilz ca- 
kguere dent leurs parties hôteufes auec de gräds Coquilles qu’ 6 eftimeeltre de 
re fi fert imiçons, mais la plus part fe les couurétou auec des C ânes , & roufeaux ; 
e ; mais filans des bi delettes, & côme petites brayes de Coté pour les voiler, #femens des 
alai( a les plus magnifiques leur font des eftuis d'or, & les moins côfcientieux Cumanei. 
fe voit pales lient contre les cuiffes. Leur veftemét quelquefois, à fçauoir allans à : 
Sat morgucrre,ou à leurs feftes, font mäteaux, & de beaux & gräs Pennaches, 
onc pourMpuis quelz mäeaux,non de laine, ny toile;ains de Cot6 ; & le plus fouuëét 
leftendue belle plums de diuerfes couleurs :commeaufl ilz fe plaifent aucunes- 
ntique, & is de foïindre de quelque gomme gluante & puis fe couurir de plumes 
uant Ja 1 ie lorte qu'ilz paroiffent fort gentilz en ceft equipage. Ce peuple ef fans 
teur, d'aM:"be; & Fil leur croift quelque poil au menton, ilz ne cefferôt tant qu'ils 

ligne , elyent arraché auec des pincettes ,comme ceux qui(à l’imitation de pref- 

arie, Cuue tous les Indes Occidentaux) ne veulent voirrien de velu furtout 

ous comMurs corps, fauf vn peu à la tefte, ou encor ils fe coupét les cheueuxiuf Æaïri arbre, 
ions fini au deffus de l'oreille : eftimans celuy là comme vnebefte qui permet faifäns venir 
uaulté, suc le poil luy. croiffe, & fur tout au vifage . Tous fe font venir les dens Les denss nos. 
orcs.il r'aloires auec ne fçay queliuft d'arbre qu'ilz nomment Haï, & efliment v- res. 

rer au peMpegrand beauté que ceit enoirciffement , & fiquelqu'vnlesporteblan- 

rique, fe-Mis, ilz l'ont en opinion demol , & effeminé . Ilz prennent donccefte. 

e les roys eille de Haï en leur bouche lors qu'ilz [ôt fur l'aage de quinze ans,que 

ang leur commence à reffentirla chaleur naturelle, l’y-tenant iufqu'à 

eà quelqu il leura coulouré les dents de noir, laquelle couleur ne feffaceia- 
Les Chre Mis quoy qu'on la frotte ny laue:mais lemeilleur qui y efl'en cecy , c'eft 
Len ÿ peé Me ce juftemoefche que iamais les dents ne leur pourriffent, & qu'ilz ny. 
cre gré 
CrouL,ne 
de laquel- 
DUrir VNe 


our empefcherla fluxion quitombe firles dents , ie penfe qu'elles ay- 
nroyent micux fouffrir double. douleur que de fe voir les dents noires, 
a qu'il n’y a drogue qui ne foit employée pour les blanchir ; de forte 


ntent aucune douleur : files dames de par deçrauoyent de cefte arbre. | | 
ka fl 
de fines de noftre temps on a fait du fel de Suye pour feruir à ce fot viage. Quelles les F 


La beauté des filles Cumanoifes eft d'auoir les Iambes, & les Cuiffes files Cuma- 


tnud, fe 
Mort groffes , car elles vont ( comme dit eff ) toutes nues, & pour ceft moifes. 


ât 
* Lu f® , elles. ont.des.iartiers ,.auec lelquelz elles fe ferrent fi lourde- 


quelquo M" tlesiambes pres dugenoil., qu'elles obtiennent par.cefle violen- * CE 


| 


ceque le plusæelles fouhaitent: &ne font en forte aucuneturieufes 


LIVRE QUATRIESME « 
Pi de leur virginité faifasaffèr prodigue targeffe-de leurs coprs tahdi} 
Punition de ciles font à marier. Li ou celles qui font pourueuËs couurent auecif 
l'sdulrere en Calzons.leurs hontes, :& viuent-fort honneitementfans fefgarer,ny fi 


Cwmañs.  tortèlourscfpoux, lefquelstoutainf qu'ilz pb gt a faultes ss : 
r 4 


teurs filles , ilz Faigriffentforecontre celuy qui leur fax porter les cor 
|, Jetuansfilsie peuuentprendre:fur le fait ; 6e chaffant: la femme dele 
Bigamie des tn 2 qi . Les feigneurs dupays, & ceax qui font des plus riches en ef 
Sig de Cuns poufentautantqu'illeurplaift, & en foncfiliberaux,que quelqu'vnles 
ñ4e font vifiter,ilz luy prelenteront Laplus belte pour fon pafletemps : mais 
commun peuple n'en efpoulequ'vne chafcun: les filles des feigneurs d 
meurent enfermées fans fortir de la maifon de leurs parens deux ans , air 
qu'eftre mariées, & durét lequel vemps ne leur eft permis de couper leun 
Mariage des cheueux, comme ainfi foit que lesantres ne noutriffent mem leur chers 
Cumanss,  lurc.Lorsqu'on lesmarie tes parens, voifins, &amys:ydontinuitez aufs 
{tin , ainfi que nous en vfons aufli : &c c’eftaux femmes à faire Le banque 
c'eftà direà porter sr manger, foit volaille, poiffon , pain de Mah 
Banquets des @ vin de Palmesà l'efpou Bu lion les hommes portent du boys, & de 
mepces. paille pour dreffer foudain le logis auquel l'efpoux Face fa demeure : { 
c'eftic doüaire & richeffes dece peuple quià prefque tout en comm 
& viuant charitablement auecceux de fon pays. Liz y boyueat & mangé 
iufqu’à fen yurer,déçans auec vatel ordre, &modellie que c'efts Her 
les femmes à mener l’efpoufe à dancer,comme auffi à l'édroit de j'efpoux 
les hommes font vn pareil office . Ce font aufli les femmes qui couper 
les cheueux à l’efpoufée parie deuant feulement, laiffans pendre ceuxd 
derriere, & lefquels elles lient, & treflent fort gentiment, & les hommes 
couftrans le mary de mefine forte : & (ur le foir , & non pluftof on bu 
par la main lafemmeà fon efpoux affin qu'ilz aillent coucher enfmble 
Les dames que ces Barbares efpoufent auec tel refpeët, & ceremonie 
de; fontles vrayes, & legitimesefpoufes, & aufquelles les autres que le m 
Pagex. 5 entretient fault que portent honneur & reucrence , la refpectans.comn 
EPA 4 Leur dame, & maiftrefle . Or comme ainfi foit queleurs Pagez, ou deuit 


} 
ht, pouf 14 
hnre,comtn 
Had efpour 

lanäturé'e 
joiffaticé de 
4 chôfes p: 


chent gl le ayentacouftumé de coucher auec les femmes de ce peuple, aiant quel... 
PAU. mary y donne attainte, tout ainfique nous auons dit en l'Afie, qu'en fonll 


les Bramins de Calicuth, fieft-ce queiamais en cecartier necouchent 
uec celles que les Cumanois efpoulent auec telle reucrence : ains feule 


ment auec les autres qui leur font comme concubines : & l'honneur de ..à 


quelles, gift en la main de ces gentilz faifeurs d'effay:lefquelz nonobfta 

leur fainteté fardée , ne font confcience de faire ce plailir aux marys qu 

de leur ofter le foupçon qu'ilzauroyét de leurs femmes, fils les acoftoié 

auantle Pagez, & les trouuoyent autres que pucelles, veu que { comm 

j'ay dit )elles nefe foucient guere de laifferaller 1e chatau fourmage:4 

ce font ces abufeurs qui fe meflét de predirece qui «ft à venir, & enfem 

9 ble de gucrir ceux qui font malades , eftans des plus. grands Necroma 

sit mere ciens que la terre porte, les drogues defquelles il vient peur l'allegund 
CMS 48 CH Je Jeurs paciens font herbes & racines diuerfes, & cuites, & cruës pillé 
Maneit, guiec greffe d'oifeaux , ou de paifion , meflécs parmy duboys, & ses 

cho 


DÉSTTERRIBENNEVEY ER. 397 
… és que lo peuplée cognenfbpoiemail eivariiw pal den déeucie 
an di ç op frs van oh he hr parollés quétt meer 
tue und point, olere‘cés medectsfanie que füeécne, Bhefètient 1e liétr 
ue Ldotieur durmulade, come taffién vfoycntiesienthäteurside l'Ifle 
nur, @ ce difans:qu'ilz pe Sr Maddailés humitrs Qi éadfñe 
SR ahlic,tfquetlérilé vént putsapres gorcer horse 1ogis da bacient. 
eu pis pur vuider ce qu'iz one humé)@e fucoor, ile faydént di bois d'un 
bre ccrtain qu'atcun fe fic qu'éntreux , Gofien frotter ia B6UEhE , de 
états fauant dans four gofier,. que bien founét en vémiffant ile bit- 
enete lang: pur, Ge on fn-gettent de profes phlegrieshoires,;L'efbaiMes, 
party icélles quelque chofè ronde commevhé pelbtk, & duré à mir 
billes, fœartsi uhanans, & difâns rhflle paroHes nonipar dbeuii aiitédures 
f ad'ôn:vait que font dés Bateleurs, 8e Noüturs de pates palluién Fri 
Ma én italid, Cette Pelote nef eo vé tite par eos enehahteuts , que 
à dé ta Msifüri he la prennbat,& Mictéritdehors, penfins die ce foie 
rdiablé, qui das l'iidifpéfeiun dé malades 8 Pequel ées hipottelrs 
syeyeneriré du nn écholt quifôie et ler puiffance p 
Miquelie il ne facënc préfench leur Médtécihiniais l'ilttieurt,]e Médez 
pe toribe du danger que foiit 16 Both) en 1'He fpaignülié difé di. 
h: 1e fiarêns qué Pal filon détioi/tais QUU 


patienteltôir ventie, C'eft gril essce qe Phftôtié Fridiéiné! Hecry 


ar ht 
LS e. che. 
Hétré 4ù Hhab ad 3 


MANS AM COMTS 


Roux déea denis qu'ilé déni dds-refhohtés 184 plis ae urEEs AU MO. 24 y 


el'efpoudifit l'occurrence des chofés les plus importährés Cortinie de Piffèd des 
ui couper treisde la fertilité des antiées & abôdanée de la péféherie foit de Per 
ceux ou du poifonipredifart & les Eelipfès du Soie iqué ce palin Ééraine 
homme, sauf l'opitiot NN Rene SR RRE UNE eue fignie 
A on ur ,;ce commnéauf tés Comietécs teur 46Afe rt cottañoôn ; Vh 
enférnbl na epoumenteiiene; de criRItèL D aa f-voit 64 66H Ur LA fOrC 
remonieR 4 nature eft grénde, né dés kom p6ùife S'ICENE, fans ditunié +0. 
clemniirincede tirés Gictienéiaget diféours dé Aftrès-& de l'itééraion 
ns COMME chrofes pér l'eiénément dé cc qi elt affez râpé; &tédiel Tes plis do 
ou deuil, d'entrenoëd à gtahd péinie peûdent coproftie: Mais Ale Gliit de 


tant que tite r Comté ati TOR a de Le diable 


qu'en fon che foienems tu nttiait de pRébeptéur éotnhrit muaffré à ETÉE lu 
puchent  ersinnieneenten dela marie dès Aimé 4 prinfé Este, pr 
ains feule veaux Roms, AR net dé del uo y 
d'in fefon cal retfez à luÿ po 
toitine duld haeur que dé tres qui fé 


‘+ Qui snfruirces 
À gro 
emeht, Ceremenies 
ddoff la Ga tflanice d'e Cotes plus fe des /ôrciers 
fblécfr fuvpafler, éhcüre que Cwmanessco 


héheda foi ne erHee Or VE rés cérembnics di jétes n2,vioicht autres des In 
Milatis intbquer maine At Le dEuin o 0 Pape din HEnUIE fort des Occidéte. 
* sert de qu diqbesene fcretté & obfeure.”éial dé Les, 


ultd'icelle l'en ven Ynethambte Eat anS ue petionne fe fie 
Router sebrehhonnres Hart? 4 qui Heft fo ea f Éfai= 
hdépatler diapos qu'if hr befbing:dedins qu'iti Oh, 1e 
lipicien Falfenid Ho Aütiqué IWabtie tiennent debété dE luy 
. ste 4 pdd ninE &'Chahre 163 

1410 2433000938 Si COPIE (19: 4 A: STD 


14190649 cit 


“+ à 


d LA MRE:QY ATRIES ME « 
charmes, fait fon iatacerin dic.ne Gay-quellcrrithmes, & chanfons à, 


propos, &lir le meleieon defes vers, il pleura comme vn veau, & fon re 
des fonnettes qui (out faires de quelques coquilles de L.inaçon , jouit à eus 


fes compaignonsä:prier Pefbrit de venirtoft ,aini queen uriée Siby | 

vireil, 6. de ASdans Virgile inçitoitE née de ne point ceffer de prier, & faire vo 
ser tandis qu'elle pntentlais à (es charmes, & {pre nearomantique. .Maisi) 
Eneid. Diable nctiug & Re Vaut Somparoir pour cefte.premierelommatiop.ilé 


.commence fon.chant auëcplus de furig,lemenaçaat-&. rançant:,& | 


sbrateletz 
jen platine 
prtant les mia 
allant à lag 
iftreffes : & 


qu'il crie à haulte voix, qu'il redouble fon chang.qu'i} fe tépelte, & Mnitons, qu’ 
pire, npiauso n 2cemévifeon va parterre,on cogniois. que (on.faint ci paffé 4 
l'a faify, & qu'ileft-plein des infpiratiôs telles que les Pithies d'Apolk uy là eft eft 
fouffroient iadis voulans reciterfes oracles C'eft lorsqueivn de fes À ae pus à 
paignons{'aproche de luy, & fenquierrde rout ce qu'on, veut fenquell éparél 
Extafe à quoy.ce deuinsefpond foudoimiéc finy qu'il af refpôüceil demeure 12 cie 
faififémenr long.temps.en extale, 6 que fouuantilfe plaintque le Diable l'aye GE 11 
du Pagez, en BUEMERE detenu, car ceftepriion &faifie leur eft ,comme.ilz difent L'eftmeruel 


fafcheufe. Auec,cefte fainteté ces miniftres de Satan trôpentle peuple, 

tiennent en ceruelle apres fa fuperftition, & luy guerilfent fes malade 

& deuinentles chofes à venir:aufli font ilz les plusriches de to?,carrefie 

. de chafcun,banquetez par:les grans,mais toufiours leur table à part, ci 

"7 ©” mecftimanslesautres indignes d'aprocherdeurfainteté,& fesiyurent 
Prephetes de- ftrangement de leur vin de Datiers, & autres. fruits, qui eft l'eau de ] 

SinaNS apres facre fureur, &n'eft aucun qui les ofe reprendre,d'autant qu’ilz tienng 

bien boire. que tant plusilzont tefte fumeufe,ilz deuinét mieux, & communiquer 

piusayfément auec le Diable, Qrie vous prie fil. rien prefque ded} 

ferent de ceux cy, auec les E thniques ançiens,entant que ceux-cy vo 

Jans aprendre leur magie, & abomination aux enfans, les tenaient l'efpac 

de deux ansans pour aprendre leur fcience endiablée; & {çauez vous 0 

Côme les seu- Sen Faifoit, &.fait encor ceft aprentiffage? Dans iesprofondeurs plus 

nes bemmes .Cartées,& obfcures des boys & foréftz (airili que iadis en caule en vloi 

font apris à les Druydes) odilz les enférment, & d'où il ne fortent,& ne voyent} 

deuiner. “ent quelconquesiufqu'àpres le terme exprimé ; qui ef prefix à eur 

aprentiffage,ne voyans auf femme quelle que:ce foit., & fans, mangt 

silence pytha ChOfe quiaye fang,ou vie,à limitation des anciens Pithagoriques, & di 

Lgorique smaté Brachmanes dés Indes Orientales. Et tandis qu'ilz viuentainfi. feulz, | 
des cumaneis Sn Ce longilence,necommunicansiauec. perfonne:, occupez à. la fe 

contemplation des myfteres de Jeur endiablée Cabale, les. maiftres | 

. vont vifiter de nuidt, &.| eur recordent leur leçon quieft par cœur, d'u 

. tant qu s'opt aucun vfage d'efcriture:puis fayq et le remps déle 

…cours,ilz font difpenfez de fortir, &;prenañsatteftation,& le mor du eu 


ans‘ à vn coi 
rdent fi bien 
dans 8e la vo 
ceurs tout e 
1) pofée d'vn 
erifés Ge les 
rl'efpace de 
n,& celuy en 
Vous fçauez 
de guerrete 
Quirin en da 
titution du: 
Macedonien, 
les dices für 
hdéeffe Cy! 
s,vfe à la cr: 
tlqueraport 
Cacique: e 
femblans dre 
fohent leurs 
lentrerau pal: 
juent crier 7 
olle,qui côf 
spllouables 


c'armant. 


£ 7 
.. 
0 om M 
Le . 


0 


… de. leurs, docteurs, ilz fértent en campaige, allaps pratiquerfar les aura cite 

se ani ant apr en cells gleple fers, & bolegeuté 1. 0 Aide via 
Continponsles points gardez par ce Peupleelequel a deus.gholes pod joe à it d: 

Duncer @7, les plus récommandées,& elquelles il prend plüs de plaifir,le däcer, cd egri a 


revnaute de 


io We: tous en 


boire propres 4 à Mauoir, & Je boire: d'autant que (laiflane leur ordinaire sfbat. de du 
ccflenation cer ic) toutes lei qu qu “en Roy ri nt nôyuellemens à la digpiés 
Occident, qu'ilz Font quelque feflin dés nopces,ilz demeurent huit iours entiers: 


M DES TERRES NEVFVES 298 
pos ss de biqueter, baller, &chantérTeurs Areiti defquéls aus parlé’ 
& fon aetusi& font'les/c aûces tous: courônnez ou de feuillars;ou de pluria= 
OUR de diuerfes fortes, les vhs'ayans dés cérquis d'or, & pierrerie, d'autres 
eSiby brateletz tout le long des bras, & d’autres de grandes pieces d'or fai- - 
FÉVR en platine für l'eftomach:& les femmes des cercles d'or aüfli, leur fu- 
Ni ant les mamellcs, afin qu'elles ne leur branfleut en dançant, courait, 


tie pi dllant à la'guerre;&tirant de l’are à la chaffe, dequoÿ elles font bonnes 
CEA. 
5 80 10 
int c{n 


iftroffes : 8: tous vfans de fonnéettes aux iambes faites de coquilles de 
maçons, qu'ilz font retentir en dançant,ainfi qu'en auons vfé aux feftes 
mps pallé & en France, & en lacafcoine. Durant éésbelles dances, 
‘Apolq luy left éftimé le plus beau , & gentil compaignon; lequel fe paint le 
de fes cs de plus de diuerfité de couleurs, & auec plus debifärrerie : & dan- 
EPA ou feparément,;ou fe tenans par les mains, cres en rond, tantoft en | 
PEU ny cercle,allans vne fois en auant ; vne autreentarrierc, voltigeans,& Li. 
aye Hs à teur façon, mais auec grand gaillatdife.: ns Lées Panel 
ifent fo C'eftmerucilleque iacoit que les vns cftans à la dance, &lesautresfe ee 
euple sa vn coïng chantans, &criansieurs Areiteÿ, neancmoinsils fac- ”°#° 
| malade rdent fi bien qu'on diroit queles tons ne font qu'vne voix mefme, fac: 
CT dans &e la Voix, & le pas où defmarche, & de ceux qui chantent, & des 
PAR ceurs totit enfemble. Et encor à noter qu'eftant l'entrée de leur éhant 
1YUrENt Enpolée d'vn chant piteux, & plein detrfteffé, fi eft-ce que la fin n'eft: 
u de led ifés & les parolles pleines de toute folaftrie & ioyeufeté:& dancent 
z tien j'efpace de fix groffes heures, & tellemét que plufieuts defaillent d'a: ! 
OU, & celuy emporte l'honneur, qui fe tient le plus longuemét en halei: . 
que dd Vous fçauez comme iadis les dances furent inuentées' comme exerci- F 
-CY VO ie guerre tefmoins fes preftres Saliés à Rome qui honoroient Murs, Saliens à 
ut l'efPiMO irin en dançant armez, & porrans des boucliers; &:targues fuyuant Kme, ver 
E VOUS iution du Roy fuperftitieux Pompilie, & comme entre lès Grecz, llwsrque en: 
s plus Œcedoniens ces dances guerrieres ont eu aufliiadisplace: & lifezen-ike vie de 
en vides dices fürieufesdes porte-lices de Bicchus, & les minifbres cruelz we. 
OYEN PE déeffe Cybelle:mais parmy ce peuple occidétal;aufli abufé à les:an- : 
à leur UE vie à la creation défon nouueau feigneur d'une forteide dâce, ayât Perte lances 
1, aNE ue rapore à vn efcidron & ordre de bataille, pourdonneriplaifir à de 84cchus 
es, S Cacique: entant quétous les côpaignons les plüusieunes &: gaillards Det S soil. 
feulz, Mnblans dreffent la danée:eh laquelle a certaines pofes & cadences,ils #917-lis.4. 
à la Cu chent leurs arcs, & faiettesauec vn merucilleux ordre, & ce auant 64. $. Ke 
aiftres rreriau palais du Prince;puis hauçent leurvoix-tout autant que ilz Prafres de 
eur da ent crier, yien ayant vn qui chante feul, & les autres refpondans à fa Cybelle:uay + 
ps. dele olle,qui che toute à la louange de leur Prince; & au recit de fesge- vApuléeem 
dE ph louables &illuftres, & le our auéträtde fingeries, & gaillardhifes # 4/se deré.. TS 
SA bus triftes ne fçauroiëc fegarderderire;entätiqu'é diroic qu'ilz:che ; 
>'u1 b: Aérdes efpaules;all£s prefq de parcilie mefureq Fonvles.pitaux en poi-": - 
ofes po lors ilz-däçétteurs brâfles: & lors Gilz entrét aulogis & palais royal 
con contrefai l'auéugle;l'autretc boiteux,ceftuy-êy Rirle pefcheur ceft : 
de devnautée de leurs mettiers,l'vn risft, l'autré imcirantchafcunà (acris: 
BONE tous enfemblehauçans leur:fign, iulqu'au Ciel, Br oubliqns: 
ntiersi MM ij 


ee à ARR QU ENTRE 00 
les werinede loursancnftres. Gafr.cersmonie Snie tant laféeat à 


… COMM us NACmNenEr, ce LH Pr ri 4 
Jupe 100 820 ilencs banqurantà là v#hoiene à sp usp-uErahe pntle 


des Indiens 8 plouf sels, repusé pour lp:Blus vaillant cotuyquile: pl 


… Occidentaux. en apallg Énes rsoubler& eniele Loi pas Le Gasiquesan dépens duquel ; 


Æ 


cefsfhinsft drcffés Mg ee pl te: pr 


pl pnpemferois que cpÉs SG de dtinguer.c den prete ef 


plaàbautreunais quon? & les Gracz-anriadi-hencntrément, 8e dant 
nations ont fiuy-parcille.dancasfans.que.crft aprontitlagr ait ef E-dailnt 
ponéque delbinelinasionaraturelie, Banquetansain 62 boivent lesvn 
aux apt:638q hançent à l'enuy: ht eg de. dilcretid « 
enPigardiesny.bas pais ob l'on vous quarellof refiife rlever 
nyqu'entreles ADemisSdursous enSazcioit Pesoudér. de boire, c'e 
..  fesmeureendangendefentislasmeutéde.cepeuplebeugaut:-&fenres 
Fermes Br Gor plus modeftes que les crépsanrienssa- banquet: defqueLe efhoit leon 
qu fftent d'yurongassissuececit sftabliffenent contre kes-fobnes,-ou-qu'ilrboi 
aux banquets où qu'il fenailles Aux autres fins que ce peupis:fairs &far toutiante 
des hommes. ftes, quand ile fontlours maflétres &acrifices schaçuna de couflumed 
mencrfa femmedcifiliess il en #5 901 fin-qu'elles boinene dafordonné 
ment comme. put ainsplufhefoà fo quieux-eflans foules &cayansi 
_cerneutronbléselleslas räconduifent-en Je ursmaifont, &squ'aufli « 


sde vaiderlervendt 


qusilés n'a 
Murquoy dc 


banaurtant cent font poiat-Hnmmes quifievuñt,sinsc'eftiaux femmes di 4 Ha 
leur verfex à boire Enlommeitey af géntil campaignom au, fin: qui : 


nefen-yure,Seftansainfi chargez c'eft vn plaiGr de les.obyr romp 

| _ leur flence;scommeilxgazaitilent desaffaires,chafcun-femeflant de de 
Cymbre ff: uiners.ésimites les prophetiestialeursdeuins, & enchanteurs:8e fouué 
eboens 5 jmitransiesCimbresanciens.apres bon vin ,£rce-querelles, fentre+ 
«sr. flans, à grands coupsdepoings &{e difansvneinfnité déiparailesiniu 


rieufes, tant fault qué les femmesapoincét leurs debatz8e quercilshE 


- . Auçuns ayans l'eftomacb. ploin font f-brutanx,: &: glautoùs, qu 


devomirce.qu'ilz ont beë pour faire nouuelle rechargettoutainfi quad 


cuns en:noftre Europe, & de neftre semps ont cé fi vilaineméent ador 
 nezaù chetoïillementde la delicatefleides risndes;qued'auoic pris de 


Clifieres pour vuiderJxvisnde.affin défaire place à l'autre, 8 cherche 
des nouuçaus appeptis fans fe-onntentas du-defit.naturel que:chacun de 


‘de manger &beüedfonheurger 5 21 200 2. 

… Je vousayditquetoutcepeuple-s'atantauceun vfage de vin dela ni 
Que levis. gue;enfritde Dates:Scautres fruiétz; y meflant de leurs-grains, &herbe 
des peuples: : douges Sc odariferantes;le faifans fauoureux, ent: 1rée 8: plein de. form 
Occidentaux, Ce-péuple (somme ay dis)eft :efbrangement-idolatré mais 8e :eeux: y 

&ertous:les autres Yayfina,-voire: dés le Peñwiufqu'àlaterre de Libre 
Sokeil &- Lu- daunadorent furtoutleSoleil& la Bune; effimansil'un:eftre Le mary 
ne Dieux d:s & l'autre la femme: & lostenaps.comnicfouuerains: -Setaufede la crea 
Cumansi. tion detoutes chafés: & lors quiltonnk,&-efcläireilzf'eftonnent, & ef 
frapent merudilleufemenc, à œaufe qu'ilz créigneitt que lefbleil foitcour 

. rougé côsrecux, 80 qu'il vueille les ruiner, car ls croiétque tout perss! 


: (Fils font m 

eaprendher 
.fats descar 
ner l'afault 


frs 
| dues enaeni 


en Jaquelke 
Jeursenneir 


* 


Os. 
EP 
ra 


DES“PERRES NEVFVE s | : 


| 299 di 
br pinfènienmmailsitiènnentqueiadisiemondenerift parte defbord:Zclp/duf. | 
im cndesdels mor.Et lors que qelqueEc'ipfead ici folieliiheler! @- croif= 
Drnce icufre Gomüllrons de gras fbnés- de trifhoffe, &s fus cout Les Fire Janr de lune 
Lie pr qui coûpanties chieuenx, & defchirent la facoabeilenongies;& debisrainrs des 
dunes 16 font sics ireifiés abx:bras; alecidesareftes poigaances dè poiffon;Cumems. 
ace peu. enfosapai(enl'aftre irrité-auerc cafteforte & cructlé cerermonie;: Leëri: 

sou oue ft fgrande,êe l'igeorance quilestient areugler G-excefBue, que” nette 

danosaushLuneeft au picio, itecroyent quelefülaithirbatuë)8fque dur Coweras afro + 
ourreux diccluy &tbaterié;eileen aÿt ani lesiouts enflées; & craignétrcblesaux 
uaique: défiitre: pour liquerelleusuenue entrelers deux fi puidans Cumañiis. 
etié Dur Craignont audi (.commoi'ay dit } fort eftrangement les ComreresDes Comstes 
levendésutrétdsnes d'entaulc-, ayanswpinion iceux n'eparoifie ismnis: fans @> caufe d'i- 
dique grande fignificatioo demalhour, &cruind : &enicelaäilane font ceux voy £- 
pefeuls: veu:quel’effait ndasd fai féuuencvogaviltre que téltés figures r#/ore aux 
kinpreiôs eml'airfontprodipieufes, & ne four enuoyées pere ismuis Mefcores. 
“il boit ELSs n'ayenk fuyte de qactque mefsdüérere pounteshomimesséc e’eft Luré 1.des 
ut auoy de Puce Lucamchante durCometé ea cafte forcé.” geres ciualis* 


ayanslé zsleCrdenflimbé, és tous g. 
k 70 ik NANEUÈNT PERTE En pub VER 
mes dl: : Ondes Gore dedans 


Soft: qu is … Ctrugaiblschenenx de l'afre rotabéé 
''rOmp D'un Comte courir) C9" orts'areffé, 
at dede Loirfhañge l'ehatdesterieses prininres: 


Se fouué | Ermenace des Riys Le priloi cr derrimen: 


entre ©; Hi) 8 | 
ilesiniu M Éfrurdoncdetelle friyeur, ces Tridiens ne voyent pas tof "wi Co 
querelle mere au Cich que füudain ilsipe l'eftrienr, 81e denfténr'tonircaititt guet Pet hs far- 
où, qu Serthesi&cles Goths Faifoyent Adisoyans commet, 8 foñev oi Brand tiènas 4 centre 
fi qua marre acc leurs tabours & trompée), penis put ee moyerrisehäfen te 107 
ptadonM oébiente faire :efuanouir, eur en defplailaneeftrongtmentila veus: Or EneJque, 
pxs dei onci-ere rabourinis-de guerre nüntele que lesnoftrés ;; aifio 66 ÿÉ Pire le, 
cherche creufc ; tetzique terauors dits oÿ dia & faits vie. grandés coweoiindesr T3 4 / ss 
chacun syaus encore l'induftrieide faire des cors &trorti pes degré üittes Goshs. 
demèr.; qui font faitèsien plufieursredoublemeis, tellérque én voit hs : 
trompes desichaffelirs, 6: font des fleuftes des offements des béftes qu'ile LEA inffre. 
8cherbaM.tuét à laichaffe & des bras, Sc imbes des homimies qu'ilsioeciétien pucrte se 

à foméel cn laquelle: ta font auf cruelz que feurs voifins ; entatié qu'ilemingenc “, 
ceux-cy ‘leurs onnemys,êricsefilaues mofines qu'iz préient'en guerre; & tefquelz ? #7" #56 
le Lab (fils fott maigpe:):on engrcé comme vn'eiapôn ennilépour puiséprest 

em caprendrevn borirepisenfemble. Oritencérodescrners; &hauboys 

cla crea fats descannes.&c rofeaunqu'ils'agodricét gentiment, &- Fenuydent à fon- Feffl F ense 
ot; 80 ner l'afaulupux combas”, les branfles alors qu'ils düneent en leurs fe" 
Sitcourd. fé chenitans leurs Areites. Leirs armes principales cohfiftenc'en flef das 4 
pers chevcutenimén &difquetlbs-tirnt & hommes, se ac relhe/#e. 

À cdd mi) 


dela vi 


Fêmes ont 


chirèe déla 


labour ape. | 


simples def- 
qu 2, f'aydèt 

5 Caribes a 
Donne 


por leurs 


fefines À 


SAR 0: 
v: 


zffæpour e- 
prouuer le 


drogue, 


ee net IT REY ATRIESME | 
Ai xterité ,& afféurance, que güerc jamais ilsne faillent d'attaindre lapar 


ômes, gom- | 
ent des teftes 


les Efpaignolz n'ont guere ofé attaquer par£ x 
guerre les Canibales :: | 
pe ons ru qui far soute y nul sn 


tefquelle 


durcit ; ils 
Len Efpai gr 
pres loingt 
finvuz, Sc a 
h ferment 
ent °C p 
ein de gloi 
js guerre, à 
nes (eulcs o 
ont vilains c 
te des hom 
mées, Lefard 
ent d'chofe 


itaufli-bien 
Lupoiffon q 


dans tefq 

des places, d 
en'cit point 
llefegettent 
fnenleurs f 
jers, mais leu 


crocodiles 


Esypte ou 

Assaurefte, 
ffont auflib 
telle qui pro: 
leurs arcs cor 
ktonnent ce 
sent à tous k 
prefque fuie 
ment que ce 
lepays porte 
vray femilab 
re, &'la viler 
tous le vifag 
désquelese 
creature NOL 
doucemä ts 
elaeftre la: 
né ferourm 
ls autresset 
fophes Laf 
Indiens ay a 
belle moutts 
couürer 1e 


AT 


€ la par 
des arcz. 
de cite 
fte,& k 
oulphe 
rt [an. 
Conte 

ét trou. 
que. 

ux fem-: 
hisspli.: 
nent les 
Îs fe fôt 
te autre 
sel elles 
du lair, : 
les,ainf | 
n Afie, 

nimeux 

aux no 

ellé de 

le cefte 

Dignent 


ouftent | 
» pOmM- | 


teftes 
SC.rCmMm- 
fermét 
matie-" 
imples. 
& vnis 
nté, &: 
meurt, 
our les, 
fe que 
paftons 
dit poi« 
FS VOi- 
oit vo. 
r cftoit: 
ayefe 
ofé fe: 
ger de l 
laâlle 
caule! 
aiettes 


aufli-bien que leur pain de Mahis, & quela chair delafauuagine : où : . 
upoiffon queordinairement 1lz prennent en mer , ou en leurs riuieres 


L'MINTI AUAT TD Tr vus aWrs 
: DES T'ERRES NEVPFVESI. 30e 
bpefquelles p'artource:pays là fontde ioncs fort durs:, & que pour plus. Quelles des ji 
suurcir ; ils paffent par le fu &defquelles nous.auons veu/8'en France #e#fes des Cu- 
ken Efpaigne entre les mains de ceux qui ont fait des voyages en ces 4704. 

pres loingtaines:& pour fer, ilz:y mettent / comme dit eft:).des cailloux 

jintuz, &'acerez,ou des:os de poiffon fort durs & dägereux, &lefquelz :: 


h frmentcommevne fourchettejoù à la femblance d'vne langue de fer-!"- 


nt :Ce peuple n’eft fi bon queceluy de Haiti, ains éftfaint,arrogant, Cmaneus 
jen de gloire, &:vantife, traiftre, & vindicatif, fadonnant lorsque il eft ‘eux. 
isguerre;à la chafle, & à pefcher; d'autantque commei'ay dit, les fem- 

nes feules ont 1e foing de la maifon ;mefnagement, &labourage . {1z 

ont vilains en leurs viandes,mangeans ce qui donne horreur à toutle re- Piandes fales 
te des hommes à fcauoir des Belettes, Muféraïignes, Chauuelouris, Arai des Cumans 
nées, Lefards;Sauterelles, Vers, Mouches, & des poux; voirene pardon- 

jet dichofeayantame ;| qu'ilz nelafacentpaffer fous la loy de leur ape- 


dans lefquelles n’eft permis a chacun de pefcher,ny en tout lieu, ains y. 
ides places,que fi quelcun y pefche fans le congé du {cigneur, fa peniten- Ce: 
ken'elt point moindre que d'eftre mangé de fes voifins, &.compaignons. cdi en 
liefe gettent dedans l'eau tousnudz pour y pefcher, &enfermerle poif- 4, ere de 

fon en leurs filets:en batant l'eau, eftans des plus gentils nageurs de l'vni- Chmank x 


: 


uers,mais leur chaffe y eft fort dangereufe, pour la grandabondance des . 
Crocodiles qui les y affaillent 8 mangentaul bieu queceux du Nilen 
Esypte ou en la riuiere de Senegä:iaçoit qu’il y ayt eu des hommes, do- yemiere des 
fau refte,quiont tenu que le feul Nil portoit des Crocodiles : maisila pelcher des 
ffont auflibien deceuz , que ceux quipenfoyent quela:feule Inde fut Cymanoss, 
telle qui produit l'Ebene, Et pefchent auec les retz, & hämeçons, àtout 

leurs arcs contre les grans poiflons, & la nuit à tout le feu ,aneclequelila 

etonnent ce peuple efcaillé qui accourt à la Iumiere , &lequelilz pren- cymcmois ons. 
mntâtous leursarcz . En ce pays de Cümanà les habitansy fonttous f4 eux gs 
prefque füiets à auoir les yeux.galtez, & d'y auoirdes mailles,aucuns efti- fez e> pour” 
ment que cela proceds des vapeurs de leur granderiuiere, & delaquelle qu, ” 
lspays porte lénom,mais.d'antres, & l'opinion defquelz me fe mble af D 
may femlable, raporseacéelteindif polition à leur mefchante niqurritu- 
r,&'la vilennie;& faleté dés viandes defquellesilz fe repaifent . Tlz ont 
tous le vifage large, non pasnaturellementainspar l'artificedes femmes 
désque les énfans font nais fur terre, car elles mettent la tefte de la petite 
rraiture nouuéllemét née entre deux couflinets de cord, & Je ferrttout 
douceméts& aflez longtemps, luy eflargiffent petit à petit la face cftimgs | 
celueflrie:la plus grandequi loitrequite.en l'hôme: & les Fémesen ce pais 
ne fe rourmétét beaugoupenacouchät,ct ne fôt failles d'ägoiffeque Cumaneisene 
ksautresser quid aux caufesi'é life ledifcours pour le prelécaux philo- le wfire Lun 
fphes.La farce-dela vie humaine prenät fin par la morts et fepulture,ces geer pr quel 
Indiens ayansaccomplyle cours de leursans foitqueilz meurent de Jeux mon, 1 
bel mout natuelle;ou quailz foyent occs en guerre, l'ilzen peuuentre seyuliure des 
ouürec ti aprps ilz lesenterranten-ceftemanierc, .  Premierement le Cum où. 


“4 
5113] 


F Su» on Ü ’ 
See 


L'EVR EQUA TRES M E © 


-sorpsefant cftendudeusat les parents 4 8: cund-part foy';4 ‘ip 
:\ fouuént+ausenfemble :chantens vn: lay-piréux: contenant: lerecie.& j; tenans la 
cours desfaitsilluftres, Bates gencreix-du deffunét Jeloïlans-de fh forc wftablies, 


&vaillance en guerre, 8edu grand nombre-d'ennentysqueil aura occi 

Sont de Lan 8e dpfquels i'auramangéfpare eftant:en:vie:apren cosy les vnsles enterd 
celebré par les sent enleurs maifans;lesautresiies font deffecher au far( comme ceux d 

Gumamss. Cuba & de Haiti ). 8 Les pehdint:8 conferuent fortioigneufement : 4 


grer ou pa 
pour le: 

prétrioual. 
rabs, 8e d'v 


pleurent enfetourmentant:eftrangement furceluy qui'{era mortn'au iiéirens 
gucres. Si:c'eft un bouc d'an-qu'ilz celebrent(car ilz font ces memoires de pe ha 


mortsanniuerfaires)&:que le deffuutfoit- quelque feigneur taus ceux.qu 
vienoentau feftin, qui font.en prier ci cesqu'ils veulentmi 
geri& lanuirn'ef {j toit arriuée, qu'ils detérrét lemort non fansipleure 
lnienter , & demener vn grand:duei, puis leprenans luy-mettéelés pied 
& les mäins prefque en vri rond, &:latefte ontre lesiambes,êc-ceux faffes 
aul en rond, &:taut à l'entourde cesolféments : &:foudain fe leuans & 
fe defaffemblans frapent du-pied contreterre ; leuent les yeux au Cicl, 4 
fefcrienten pleurantauffhault qu'il leur eft poflible, Ayahs:vfépar qu 
quetemps de cefte lamentableceremonie;ilz bruflent lés.os, refetuans! 
tefte laquelleilz donnent à la plusnoble, & legitime:desefpoufes du fei: 
sig gneur deffunt , afin quelle la garde comme precieufememoire defo 
Echo: qfimée MAY: Auf penfentilz que lesames font immortelles ; 8: que elles fe reti 
efrenoffre a- rent en quelque lieu, & campaigne fecrete; & efcartée,où elles font grid 
me par Les Cu chere: &' que ce fontelles quinousoyent &refpondét lors que celle voi 
masi. immortello d'vn Echo read Les parallesque on dit dedans l'efpaiffeur das c 

. quelque bays,ou en la profondeur d'vnegrottefque. Etvoilsquantaud,, + que 

pays d'Vraäba;goulphe de Cumanà, &ifle de Gubaguà, pour voir vn pe ke come : 


roientatte 
autres,ou'q 
auleul recit 
fiyr deuan 
quelquepa 
fag hu mi 
nibaliftes,o 
fienshabiti 
lacointaffont 
& vit ce pe! 
Dieu pour{ 
fes façés d 
me femble | 
corentreie 


ë 
@pinien des 
Camanos ton 

… chät l'insmer- 
talité de l'e- 


ençor quallesgenscefont queles Canibales, defquelz fi fouuent eft fai qui foiér au 
mentjon enl'hiftoire des Iades Occidentales, ne mieux; p 
qui ont vifit 


tomplés qu 
Milanois, & 
miereterre 


Des Caribes,& Canibakes, lurcrnauté guerres; ep fapuns | 
device. Chapitre dixisfine PAS LAIT 


pile |: Hiffoire des anciës: aydutracéanecfon cri} 1fes Canari 
do th ce qui à cfté iadisde plusremarquabsle PATOYE enicelle: [l 
dis peuples les mationsiplus-eftianges, n'apoint oublié lee 1fes. 
crmelz,. LD Seyches Antrpophages,nylesHircésles plu, sine. & 
(* farouchesprelà d'entre:les peuplesdelater 1 not 

ÉT ‘resmats ie mlaffeure & Fifreulfens tt foit pol + Canib 

ouftéa par effait;og par rebr,des Fiçons dE ne cher 

airedes Caribes, oy Cinibules de noftretép Mrottile:Ce 

ent qu'ilz 

Caps. Aur. ; ces cruelz C 
puA [rue 5 fi cluy- qui porcift froye, & q 
ligneinpen ‘ Roy d'Efÿ ëgt tout ainfi Les 


porceaun & 


font grid 
elle voi 
iffeut d 
quant aux 
ir. vn pe 


eft fait 


fon craïül 
le parm 
publié les 
sles plus 
de later: 
foit per 
sçons dé 
étre tips 
he dei in 
srres des 
ar defàli 
s:eicrité 
wy furis 
terro 


Le. Car ce lône les Canibalesquigerevognoi dent konkmequi vinc;nè 


DES/TERRESINEVEVES so. | 
font ay mez d'aucun, & qui auf nefÇanent ou veuleneicarrelfer Quelles gens” 


jeans la main contre tous, & ronsieur faifans guerre; bruoilleus;non a- les cansbales 


coftablies, 8 fi amis de teur cruauvéique iamais n'aeftépoflible de les at- , : 

déer ou'gaigner,voireny les induire à foulement parler atx Ghreftiens 2 04 ess 

pour lefeul trafic:en efchangejainfiqueon l'a en vfageentout ve pays $e les Canibales 

prétrioual. L'origiée premiere de cepeuple furiicis dererre férdye dv. d'en pris 

nbs, 8 d'vn lieu nommé Caribanà, lequel & diuifant par bendos fe faifi® lenom de Ca. 
mierementdes Ifles , & puis ofafe ruer fur le continent aute vneiteller”/2c. 


fiérté Sc hardieffe que les autres indiens eftans cent dé compagnie,n’ofe- 


ivientateendre dix Canibales, foir que Leur vaill£ce face perdre cœur aux: ?/477° Martir 
autrétiou'que la feuleopinis de leur cruantéleseftône dettelle forte,que ” | hilhoire 
dufeal recitde leurarriuée it n'y afi hardy quine quittefa maifon pour des /ndes 
fuyr deuant la rage decefte nation fanguinaire,& femble que celte race, Effrop que 
quelque pare qu'elle foit elparfe, n'aye autre pañfetempsqu'enl’efaf6 du dre le nom 
fng humin,veu que les habités de Cariamairi, qui font des reliques:Ca de Canibale è 
nibaliftes,oa Caribiftes,furét ceux:qui né pouuñs fu pporter que les Chre 44% 4Hfres. 
fienshabitaflenc leurs terres, 8 ne voulans fouffrir que leurs voifins les 
acointaffent en fin les maffacrerét,dle forte que depuis l'inimitié , en dure Car2mitrs 
&vitce peuple parmy eux, comirie jadis l'Amorréen auec le peuple: de:p’#pl d'P?74- 
Dieu pourdeur feruir defleau& chaftimens,foublians en leurs fionne-1P4 fort i des 
Rs facôs de faire:Bié que la raifün-dé PierréMartyrifur laiufe du nom Cars. 

me femble biea prife du ficu de Caribanà fus mentioné, fi 6f-ce qu'en- 

core n&reieteray 1e point l'opinion de Fernäd d'Ouiede; qui dit que les 

voifinsdé cés tyrans les ont nommier Caribes, à canféde leur brauade, 

jource que-Caribi fignifie en lourdanigueautdt que vaillant, hardy, & bras "7 
comme ainfrfoit que ce font des plus courageux &c 'hazardeëx iômes Onsede lus 
qui foiéraumôde.(yr pour efplucheriplus aferénrmt celte nation, i'ay: de l'of.des 
ne mieux; parler par la bouched'auttuy; que dématineale, & de deux 72465. 

qui ont vifité le pays,que par la feuleopinion deceux quih'endifcourent 

tomplés quemoy;que par ouyr dire: Voicy donc commePieëre Martyr Pierre Mir 
Milanois, & qui a efté eu ce pays Endien,en parlé:tenant propos dela pré 97€ l'hifloire 
niere terre defcouuerte par Chriftophle Coloinb,dés que für Rity dus des / ndes. 
Iles Canaries pour prendre la volte de l'Occident, & du peuple habitant 
micelle: Lz entendirent (dit-1) que non guefe loing de 1 ÿ avoir ter: 

tines Lfles, où leshômes cftoiét treftruelz, & qui fe nouirifloiét de chair 

humaine: & que pour celte occafion;eux qui parloient)voyans de prime 

fce les noftres fe mirét en fuyte, pen fans que it2 fuffent ceux qu'il: nom- 

ment Canibalés: &ique les noftres auoiér laiflée de cos ifies de Cyclopes à 

demÿy chemin versa partie meridisanle à Ganoirrifät versa hgheequi 
nottinle,Ces prunes gens felamentoient, & plaignoient fort eftranges Crusrédes 
tent qu'ilz éfloienenon moins affhilliz,tourmientéz,butinez, &'rauïz par Ce abalese- 
ces cruelz Canibales,que lés veneurs ontde couftutne de fe ictter fi la Hs 
proyes-& queilz faciarnent l'ur l'afauusgine:& queces tyrans chaîtrée :: 

tour ini Les petis enfans, comme touts en vfons à l'endroit des ch1ons,: 

jorceaux &-Mmoutons pourdes faire détenir plus gras, x e qiuilz en 


4 Canibales ado Mes 8 femmes nefçachans autre moyen de fe fauuer que la fuitte,encor 


LM 204 ? IVFVRE/QVATRIESME 
1. « foyentplustendres; &:délicate du mâger:mais que quädaux hômes ia par 
Canibales fi- faits,aul toft prit foudanile les gs & pis ph sm » & mangent F 
. lent les homes champeles inteftins, & meruifes,à fauoir latefte,picds, & mains, fil 
… mespour les jarefte, Ste gardäs pour leurfifon,toutainfi-qne nous en vfons du lard 
Manger. :  Sobœuffalé. Quand aux femmes ilz ne leur font mal quelconque : & en 

* ” celailzfoatiplus courtois que les Brefliés qui font fousleFropique d'hy 

‘‘uerj& où le feigneur deVillegsignon adrefla fon voyage,aüuis les garden 

& nourilfent:pour faire des enfans,ainfi quenous tenôs les poules po 

nousifaire des œufz; & des poflins, & les brebis & cheures pour les ai. 
gneaux,cheureaux, lai@, & fourmage.C’eft pourquoy en toutes les Ile 

‘voyfines des Canibales tout aufli toit que les habitans fentent le bruit de 

celte canaille, & oyent le fimple nom des Caribesilz (’enfuyent, & hom. 


ouÿ diré, i 
T'Étn'ignd 
cellent Ca 
ditque en c 
quelques d 
ent Con 
pellerét An 
royne cômi 
vo fimple & 
cy cn pal 
nerien affe 
& fans Pefge 
geau:mais v 
gens ainfi fu 
$. Aupuftin 
frayeur à to 
utre les plu 
laider fa ca 
tôtre Ja mu 
que ce qui le 
femble fai(a 
mais icelles 
rond à l'entc 


rent le Soleil QU'iILZ {oientafez bons archers, mais ilz confte{fent que ces hommes {ont 
&- la Lune. li vaillants que dix. d'entr'eux en batront cent des autres. Puis adioufte 
1 parlant de leur religion,que les noftrés ne peurent iamais bien entendre 
quelles eftoient les ceremonies des Caribes,faufqueilzadoroïent le So- 
leil & la Lune:l'ay dit cecy à caufe d'aucuns des François, qui jamais ne 
mirent pied en terre du cofté des Canibales,& ne vifiterent onc les ter- 
res foyent infülaires,ou continentes du Goulphe de Vrabà , ny la riuic- 
re Orellane,dient que les Canibales font fans religion,ny opinion aucune 
de diuinité, mais cela eft tout efloigné de verité, comme ainli foit que il 
n'ya fi farouche qui n'aye quelque aprehélion,ou fauce,ou veritable de 
Dieu,les vnsen vne forte,les autres en autre:ioint que les maffacres faitz 
par ce peuple,monftrent affez qu'il y a quelque Dieu auquel ilz prefen- 


Æbus de dire tent cefte offrande,ainfi que nous en auons parlé, & des Panucois, & des ME VOIr l 
que il y gt: habitans du riche Royaume du Mexique.Plus grand folieeft encore de pes Fou 
des Æms- penfernyfaindre des Amazones en pas vne de ces deux grandes riuieres ’ ei voi 
Zones. d'Orellane & Maragnon,encore que on y aye veu des femmes nuës a is ef tent d 
uec les arcz,& les flefches,d'autant que & les Canibales, & Cumanois, & MA! °IPACES s 
autres leurs voyfins meinent leurs femmes auec eux à la chaffe,à la guer- Pur CPE" 
re, & à la pefcherie,tant pour porter leurs fardeanx;que pour faire leur hauçant er 
cuifine:& ellesfadextrent comme eux, &ätirer de Var pafler les riuie. MX #00 At? 
res, & à tout autreexercice de force : fans que pour cela il leur faille non “is ‘de ’ 
plus donner le nomdes Amazones,que aux dances Cimbriennes,ny Da- 05 reñ 
Femmes des noifes le temps pallé fuyuants leurs marys à la guerre, & elles mefines fy MW: ds corde 
Indiens féy- portansvaillamment. * Voire ne fault fen faire à croire ny impofer à au- M bien forte 
nét auec l'arc, tryy queil y ait des femmes feulementen vneregionau pays fufdiét, & Ilz ont pou 
leurs m:r91 4 je long des fleuues farnommez,lefquelles fans receuoir aucun homme en A quele ilz n 


laguerre.  l'adminiftration public,gouuernent d'elles mefmes l'eftat de leurs Pro- 
| uinçes:car çe font bayes, & fiquelcun paflane en fuyant par celle region, 

a veu quelqueCanoé,ou barquerote; chargée de fémes archeres, fi fuis-ie 
Gafmanen L: affeuréque pas vn des Efpaiguolz (veu que ce {ont les feulz qui ont paffé] 


deleurs logs 
prendre le f 
eue Mart 
mots; E 


rebat:ô de l'an paï là quelquefois) ne f'eft guere auancé pour en fçauoir la verité de seuffenc 
1530. l'hiftoire:& fi Numo de Gufmäena dit quelque mot en fes relations, (ça RP" que ce F 
chez qu'il n’en parle paint auccautre affeuräce finô qu'il fe côfeife l'avoir nanas 


is des Fu 


} ia pa 
nt fur 
)sfalér 
lu lard 


ruit de 
x honm- 
e encor 
es font 
dioufte 
tendre 
t le So- 
mais ne 
Jes ter- 
la riuic- 
aucune 
it que il 
table de 
res faitz 
prefen- 
s, & des 
core de 
Sriuicres 
nuës 4- 


anois, & R 
la guer- 
ire leur! 
les riuic. 
aille non 
ny D:- 
fmes fy 
fer à au- 
diét, & 
mme en 
trs Pro- 
region, 
fi fuis-ié 
pnt paiié B 

rité de} 


DES MERRESNEV EVENT js 
diré, préuue qui n'eft fuffifanté pouräutorifertelle opinion. : 


où M : 
b Le n'ignôre pdint que Fernand d'Ouiede, efcriuant à celtittuftte, &e'ex Omvede eférit 
éitent Cardinal Bembe honneur des hommes lettréz de noftreaage, lüuy # © ardinal 
ditque en cértain rencontre fait fur la grand riuieré de Marignon on veit 2e. 
quelques dames archieres qui féruoyent de chefaux troupes qui comba- 


ent contre les Efpaignolz, & que pour cefte oécafion les nôftres les a: 
lterét Amazones:mais il nie 4 ellés fuffent telles;encore qu'il y eut vne 


royne cômädant fur les compapnies, &'encore n’en fGaitilautre'cas finon 
vo fimple & maigre raport de ceux qui en ignoroyét là verité. l'ay dit ce- 


ey ch'pañfant,affin que fi quelcun-veutefcrire l’hifoire ; ie fuis d'>uis de 
serien affeurer fur la fimple opiniô,ains appuyer fon dire plus folidemeét, 
& fans fefgarer par trop,pour feulemët eftre veu dire quelque cas dé nout 
geau:mais venons fur le propos danoz Canibales. Nous auons dit que ces 
gens ainfi furieux eftäs fortis du païs Vrabien f'efpandirent itfqu'au Cap 
, Aupuftin habitans &'en la terre ferme, & par lesifles non fansdonner 
frayeur à tous les voifins, à caufe de leur'extremé cruauté, & tyränie,pour 
étre les plus vindicatifs hommes du monde, deuät lefquelz qui voudroit 
phider fa caufe pour en tirer raifon,ce feroit(côme l'ô dit)dôner du ch cf 
tôtre la muraille, d'autät que ilsn'ontrefpeët qu'a leur fantafie, ny equité 
que ce quileurviét dgré,Ez lieux dÙils fériennétilsfôrailez foéiaux en, fr: 
fmble faifant des bourgades,ou pluftoft hameaux dé 30: où 40. maifônis, L. SHiffne 
mais icelles bien peuplées d'hormmes;&qui fontbafties’en ceruetoutes en, bules 
ond à l'entour d'vne place;polées en'telle circonférence qu'elles fe peu-! 1. 
went voir l'vne l'autre, & dreffées en cefte maniere. Premieremétils vous 
santent tout autant de grans arbres qu'il eft befoing pour porter te bafti- 
ment felon la grandeur qu'ilz luy veulent dônér;puis pârles foubañfemés 
is mettent des trefs qui ne font güere longs ,'& qui feruent d'apuy entre 
ksefpaces des autres qui font’fichez entérre; pourceles/aïguifenit it... 

bour empefcher la cheute des autres qui font drellez; & 14 couuerture va 

fhauçant en forme Piramidale , ‘& tout ainfi que te fefte d'vn paüillon, 

&ainfi tous leurs logis font fäits en pointe, apres ilz couurent toutes ces 

poultres de feuillars foit de Datiers,ou autres arbres, quels fçauët'eftre 

bônes à refifter côtre la pluye: Au dedans de limaifon de foliue à foliue; 

La des cordes de cot6 tenduës, ou bien faites de certaines racines, &icel - 

ls bien fortes; & für icellès ilz eftendent déstoilles tiffues de coton. ” 

112 ont pour leurs giftes des h@s pendusen l'air; & entre les foliues, füt zirs desCans- 
kquelz ilz mettent, ou de coton, ou de foing pourlictiere : & au deuant bles: © 
eleurs loges ilz font des portiques, &galerie pour fe iouër, & pour y 
endrele frais, & l'ombre durant le Soleil. ‘ ‘‘Encore'ne peux-ietaire 

“que Martyr dit touchant la religion dé ce peuple, quand il aioufte 
mots En vn certainlieu del'vhe des ifles Canibakes, comme lesno- 


117% 


ions, fa. 
l'auoir 


ln que ée fuffencleurs idoles, mais depuisils entédirent qu'ilsadoroyét des /doles. du 
ulementie Ciel, & aftres luyfans éniceluy, encore quels tirent &tailt Diable, | 
Ent quelques fimulachires de coton non pour les honorer; äinsfe fouue- 
ns dé fipuresdés malins efprits qui Ieüraparoïffent dent; *" . * 

NNa ij 


Irèseuflenc veu deux ftariës déboisreprefentans deux ferpents, ils pélez cembaleront 


se F LIVRyE QYATRIESME : ho 
Auffi n'yail.eu iamais peuple vaillanten guerre. qui. par mofine. moye eux 
… p'ayt selpedé les Dieux + Gus, 8 qui fur tour mor fur tou 
“à; RonoréleSoleil.5me su ui efclaire à.tous, 8 nourrit moute Ja terre Eds d'or pe 
F':nd8 aber Ceux qui prindét terre ésilles des Canibates, qui font plufieurs en non MBufiles,sciz 
minables des bre,difenr qu'ilz y trouwerent des, deterte,& vaiffelle de: cuifined D: (1 quele 
Candales. … melme parure,ainfiquenousen nt & que les Canibales Fenoftés au tolleme 
| ilz veirentde lachair d'homme, roftie, & boulie auac choix de Papegou, Rs riort de 
Fais, Oyes 8e Ganards:& parles mailonstrouuoycnt des.03 des bras see ofpaules 
iamjbes deshommesique.lz gardoiét pour faire des bouts à leurs.flefcho,entir la nig 
à faulte de fer: & c'eftl'f nas pet ilz nomment Gusdalupe, pouriur brune 
cequelierre raposte.à la montaignedenoltre  de:me de Guadalupe chien faitz « 
Eliigne- Etiaçoit qu'au commencement; çes, imulaires veinffent poudintie vifig 
* fappriuoifer des Ghreltiens, feft-ce que ou.fait qua la. côfciéce de leunons diit en 
cruaycez les, remondilt,o1ique Jeurnaturelie, & farouche inclination 14 oivordinai 
Canibalesont incitaft de ce faire, dés que zJes voyoient ferregardans-l'un: l'autre d'vr de couleur, 
leregard fu- regard furicux car CAEN NES l'œille plhideux, & efpouuentabidMfirie lus gr 
ut de tout tant qu'on a defcouuert de peuples.de noftre aage,fe mirét à fuyeiufl font nt 
de telle viftsffe & impetuofréqu'vn carreau d'arbaleftenefend pas l'anquclques là 
plus vifte que ceux-.cy fabfentans dela prefence des chreftiens,commefqqui leur pet 
_… defians d'eux,&ayans.en deliberation.de Les farre fortir plus foudain quddouces;êe p 
 * Jepas de laterre,oùilz n'augieutæien que quereller,& fe tencient dedä le des hom 
les boys &,profondessvalées,attendansqu'ilz fe fuffent affemblez, pou hpeféhe,ce 
“‘puisapres aljer donner vn eftrange refueil à latroupe Chreftienne, [fans plus c 
C'eltoit en.ceslieux des Canibales q: : ceux quiont parlé des A mazc prédes Ca 
nes, les ont-pofées,mais.ilz.n'ontipas bien leu l'hiftoire de ceux.qui. en,emturel crue 
criuent:gar bien qu'il les difent elbré feulesen vne Ifl6 Matisyae! nômé@éinfny d 
par. ceux du/Païs, fi eff,ce qu'on les nomme les femmes des Canibales; qu@éor leur pli 
les tiennent là pour auoir lignée, & aff; u'elles y foient à garant : car dite maudit 
dire que elles ne pourriflent point les Salles daiEs Le renuoyent-à. leu quelconque 
peres,ou bié les font mourir:c'eft fe moquende la verité, veu que Marty@} 2 admon 
parlant de la Cacique:de Matityne, dit.que elle combatant contre les F. uiffe ploy : 
paignolzauoit fon flz.auecelle,& lequel dftant à la fin pris 8, conduiQéns nulle pi 
deuant Colormb,il auoirleregard fihydeux,qu'ikn'y auoithôme quio ele qui n 
{aftlercaarder fans fremir:& lesautrr: fe fauuerét quoy:qne 'on:-Jeur eu@itt chofe à la 
enfondré leur Canoé,d'autant:que ce font des meilleurs. nageurs qui foiQ@iér du corps 
foubz le Ciel: &.fadextres que eftans cn l’eau, sncore.ne faudrontilzd pitions; 8€{| 
_ vous tirer de l’arcfi bien &.feurement , que vausferezbien fubtil ilzn@bles de tel p 
€anibalès fT- vous prennent à defcouuert,;&ne vontiamais fans efbte. garniz de leu hrdife :8 1 
rent de l'arc flefches enyenimées defquelles auons fait mention-cy: deffus: Ce peup font pires, 
en nageant. outre l’arc,allant en guerre, portent auf J'efpéede bois, &,de Jengs;b devertu:Ve 
fons aiguz. & roides, defquelzil f'ayde fort gaillardemens  & pour anges oissles] 
mer Je foidar à a guerre AA der x shouts tels qu'audsdir cp, déffus chi ”les pars 
: . ceux des Cumanois,& ont des cornets auec lefquelz ikz fonnét;vn fürie souloir mie 
VÆhmes dés * mot, 8 affault enträs.en bataille;portäs certaine armure d'orifurl'eftomttde tant si 
Canbaless & des bracelets fort riches, mais le tout plus pour:apareiftre. braues, 4 :: 
mignons,que de foueydefen douurir, comeaulhilzost:lcs-pennacheE : 
ot 


- Pierre Mar- 
tpr en l'h'flos. 
re des Indes. 


À _ 
1 CIE : 


y JE | 


1: Moyen 
QU. p'ayt 
€ la terre, 
sen nom 


suentable 
rét à fuy 
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gomme {elqu 


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En furieu 
l'efton 
aucs;, 
CRAPACR 


Mfrns plus cruellés que leursefpoux. En fomme Fernand Ouicde ayant 


qui. en:ef 


| DES TERRES NEVFVES. 303 
aux 6 D Aa ue couflume de tous feurs'voifins; qui fe plai- 
sot fur tout d'aller bien en ordre à laguerre. Portentencore de petis cer- 
esd'or penduz aux oreill:s, &aunez comme onlesmetaux Ours, & Comme les 
Bufles,telz qu'ilz leur penacnt fur létleures, Les Caciques des Canibales fig. Caniba- 
6 que le peuple eft fer aui fontilz hautz à la main, &feféitèus craîn- Les fe fons 
tellement que foit ou le Roy, -du-la dame commanifatit fi Je pots par or. 
ymortdefonmary , quiaillentà laguerre , fi faultil diféntés porte für. 
ke cfpautes, Sa y font ubligez an defpit qu'ilz en ayent;@fifz ne véuténe 
mir” la rigueut de leuc prince. Tôus les Canibales en getiéral font dé cou Owsede L,3 de 
fur brun£ entre blanc'& noir,non de guere grande ftéture;/tiis qui fonc l'A. des 1. 
bien faitz de corps, & proportionnez detous leursmembres ; (aufqu'ilz des. 
mrle .vifage large, & lequel on leur fai ainfi dés leur enfance (ainfi qu'a- 
tons dit envier les Cuimanois:) le nez fort entre-ouuért, & large;comme 
stordinairement les Mores:, l'œil farouche , & le blanc d'iceluy chargé 
de couleur, &ayantne fçay quoy de troublé, & obfeur,quiluy dôhe vne 
frie plus:grande. Hz vonttous nudz, fans poil, & fans-barbe : les-femmes 
sui Éntenés faut de la ceinture-en basiufqu'à demy iambe, qu'elles ont 
quelques lägesde Coton pourffen couurir,& qu'elles portétles cheueux 
i leur pendans par derriere, leur couurent'aulli les efpaules , eftans auf 
doucesy&e plaifantes que leur maris ; & qui vont ordinairement à la chaf- 
fe: des hommes cormeeux, adcouftuméesautrauail foit. de la guerre, de 
hpefche,courfe, &inageauffi bienque les mafles; & quelqnetois fe mô- puiede se, 
nédes Caribes, & für tout de ceux qu'il nôme Chorotegas, & de leur ? ht. des In 
nturel cruel & fauuage, il aioufte, & fans douteie penfe que pour le nô- “* 
bréinfny dedeurs fautes, Dieu permet-qu'ilz-foiét rüinez,& fouffrira en- 
torleurplusgrande deffiite, & entier aboliffemet, d'autant que ceft vne 
nee mauditte fans correction aucune, fans loyauté; vertu, ny hônnefteté 
welconque, fiaheurtée, & értiére en l'opinion de{a mefchanceté. qu'il 
jyaadmonition;priere;flaterie, ny menace, voireny lestourmens qui la 
uiffe ployér à faire quelque cas de loüable:-cefle gent elt naturellement 
fnsnulle pitiény compalsié autre que celle d'va Lyonçou d'yn Tigre, & 
elle qui n'a honte de vice,ny vilennie qu'elle aommette;adünée fur tou- de 
ke chofe à la paillardife, & n'ayant autre chofedeuant les ÿeirwque le plri- Canisales 
frducorps!;; &ainfi ne faultifeft chir fi facilement ilz oublienties admo- han co 
sions; Sc l'ilé mefprifent qu'onlésaduertiffe : leurs femmes font infatia- fins rende 
bles detel plaifr, & ayans deux extremitez qui füntla-cruauté ;&:la pail- serrucux. 
hrdife :8 tous en general ont.de peruers defirs, maislés effaitz defquelz 
font pires 8 qui ne peuuent reccuoirinélinarton,ouimprefsiopaucune . 
devertu:Voila quand-iux Canibiles: je laiffe tour à propos ;pourvneau- 
ittesFoissbespaïside Darieh, Riuieres D'orellanes Marnignen, &- de la Pla- 
te,les pars desperles, Emeraudes , igs [les de Boriquen , .&autres pour 
souloirmieuxles éfplucher à là troifgefme edition fi Diçunons fair la gra 
ee de tantwiures :-:, RL à 


bu JU! ; CEA e “L SD LANIS EE, I. { } : À NNn ii, 


LIVRE QUATRIESME . 


* Défériprien du Perusdeftonuerte d'iceluy, Kicheffes, mars. Relligion ps 
© conffames des habirans. : his He Ÿ * du 
moine 5 S la Caltille d'or, oùeft ce deftroit de rerreiqui fs ER 


Va pare la mer de Septentrion d'auec la Meridio é 
‘iüfqu'à la riviere de Plate, qui diuife en la et ily a cu 


Efienduede à couuerte par Americ V'efpucce , lesterres des Roy hat 
por fm le "9 7, Chreftiens qui dtedodoahé les Royaumes, & cle gt 
nôduPern.. à due de païs à prefent contenu fouz le nom: de no vd vf 


pe ueau monde , eftlimité par les modernes:ce grand 
Empire du Peru , embraffant infinies mb : Jefquelles dr pd 
diuerfosen nom , font aufli ayans grand varieté de mœurs, & couftum 
De grandes Comme auffi elles font mefurées dés fept, à huiét dégrez par dega la ligne 
Prowtnces por iufqu'à quelques quarante par delà l'equateur, & paffant le tropiquehi 
tant le nô des uernal vers le Polé Antartique. Orauons nous vew cy deuant que peu de Et sffin 
fleuues quiy PAYS Ya ilen ce nouueau monde qui ne portent le nom des riuieres quiy in'eft per 
pain. pañfentseù de celuy des Roys qui ont regné, où aufquelz les Efpaignols u l'hiftoir 
n'aycnt donné le tiltre ainfi que fortuitementilz oyoient parler les na wielay tr 
; turelz des terres qu'ilz sbordoyent:& ainfi le royaume du Peru porteau sr 
Lüg cours du iourd'huy ce nom du fleuue ainfi appellé ; lequel en ar roufe vne bonne rte elquela 
Danube, partie: d’autaut qu'en ces contrées: les riuieres yont le cours fort eftran Pare 
us long, & beaucoup. plus qu’er: noftre Europe;iaçoit que le Danu bellion de 
… befice vn long trait courant dés les Alpes iufques dedansla mer m cle vices p 
Nil combien iour,& que le Po;arroufant prefque toute l'Italie, faille à la fin getter en ar comm 
longuemët fe tre les bras de Thetis enla mer Adriatique: mais tout cela n'eftriena den 
flend.  prisdes courfes de fleuues des autres parties du monde, comme du Nil à deb 
Senega effime qui dés fa fource aultrale va ondoyant toutel'Ethiopie, & Egypte, & iyent les Pr 
auoir pareille puis va fairehommage à Neptun en la Mediterranée: Et SenegÀ qui ; pr ipofitions , 
fonrceque le (Comme l'on penfe )mefme courfequele Nil , vient baigner vn ioén spoauerne 
Nil. cours de terrestant folitairesque peuplées , pour a la fin viliter les cu danger 
falez vers le pays Guinéen;en la grand mer, & Ocean Atlantique. ire eux » € 
Eten cecontinent que iadis aucuns fur le commencement qu'il fut “ia de 
Grandeur des defcouuert,appelloyent Ifle Amerique, du nom du premier ;qui nous potes 
rinieres de donna cognoiflance on voioit des fleuues admirables &,en largeur, & call fut pare 
Maragnë ç eftendüe comme celuy d'Orellane, & de Maragnca que Plufieurs A Liti d 
Orellane, … moyent que ce füft la mer pour auoir les dix.15.& vingt lieuës de large diront 
& de relle longueur qu'on ne lit point encor qu'aucun en ayt pars le au mefn 
Peru grand -lieu ou ilz vont femboucher en la mer , pour n'auoir eu le moyen dép sp 
ffeune donne fer fi auant, y obftant & les delerts, & le naturel farouche des peu 1e ui “rights 
nom à tout le häbitent 1e long desriuages. Pour pareille raifon le grand fleuue bu pe | Ja Cit: 
Royaume. … f'eftendantfilong trait que peu fçauent lafinde la Courfe ; à caufé auf it fait tren 
‘bien le nom àla Prouince par là où il pale, comme les poiffons à lare- uée gouu 
plufeurs rs gion Bacaleoz ,‘ou'çomme Senega au Royaume Africain portant c WW dtnrsre 
fous vn Mo- tiltre, En cefte grande fcigneurie comme il y a diuerfes Prouinces ; auf Pc 
narqu: an lesfeigneurs y cftoyenten grand nômbre , mais qui obeyloyent ul oyé prifc 
"Pers. plus part à vn louugrain” fe rénant en Ja grand cité de Cufco : tout ainf tyranies: 4 


hreftiens 
chir n'ont 
pourfuyut 
pre ruiffell 


DES TERRES NEVFVE S ;: 304 
Jen Mexique les roiteletz faifoyent hommage au grand Monteznmà 
nrque Curtez {6 feit feigneur (pour le Roy d'Efpaign e)& de Themi: 
ÿ jan, &e du païs 8 finage qui l'auoiline. Bien vous diray , auant que en- 
__. , . Aeau difcours de la defcouuerte du Peru,qu'il femble que cefte Prouin- 
rs fe aycefté féée pour la ruine des feigneurs qui y.ont commahdé ; entant 
Aéionde,;1y a eu de noftre temps peu de Princes, ou gouuerneurs. y refidans, 
8100 dE n'y ayent malheureufement finys leurs iours: [oit que leurausrice, & 
des Ro rannic en ayent efté caufe, ou là mefchanceté de ceux à qui ilz auoyent 
& cite , ou que l'air du paysaye quelque finiftre influence pour les fei- 
à den airs y furueriané : mais à bien parler la caufe de la mort des chefz 
“CE Brand} rcftiens à pris fource de leur ambition » & conuoitife, qui pour fen- 
mme fon n'ont fait confcience d'occir les Roys natui 21z du pays, & puis 
uftume RE urfuyure l'vn l'autre auectelle opinialfri.que le fang enfemble cu . 
ça la ligne bre 

40 160 se ruiffelle. 

Pique hi Et afin que vous en voyez quelque trait ie vous en feray vn bref recit 
ue peu dé; 'eft point hors depropos , entant que ie pretens vous efplucher vn 
pas Qu l'hiltoire d'u Peru,auec des mœurs du peuple qui y habitét,tout ainfi 
TPaignol ie 'ay recueilly des memoires, & liures des Efpaignolz qui y ayans 


re 
108 


Peru fée pour 
la ruine des 
gouuerneurs : 


ee Les Nu long temps , nous en ont fait largelfe par ladiligence de leurs ef 
his “bit cfquelz la verité m'y femble de tant mieux painte,comme ie les vOy D, frovde des 
sk rh iiers , & fans tranfport à reciter l’hiftoire de la conuoitife,ryrannie & gouserneurs 


bellion de ceux de leur nation quiont commandé encesterres , def-%, per. 
uelz vices proceda auffi(comme dit eft)leur mort, & deffaite. | 
ar comme ainfi loit que les Pizarres,& fur tout Françoys fe fuffent ban. 
tcontre Almagro & (es confortz , à caufe des departemens des païs, & 
cf rien a mges d'iceux , & à cecy ay dans fortles officiers du Roy qui efchantil- 
ae du Ni yyent les Prouinces pour rendre plus grand le reuenu du fifc auec leurs 
BYPE; Sbofitions, fans fe Re , ny du falut du peuple, ny dela paix d’entre . 
qui ayä sgoauerneurs, & fans penfer qu'vnfi grand nombre degouuerneurs 
ML % dangereux à vneftat , foità caufe de la difcorde qui fengendre " 
rie eux , ou pour ce quele peuplene peut eftre que n’y foit fouléen Ælmagr + 
€. Mortant leurs defpences excelliues, … Bendez que font les furnommez ”””! f4r le 
t Qu'il contie l'autre, Les Pizarres ne celferent onc iufqu'à tant que Alma. € des Pi 
L NOUS ES fur par eux mis à mort par fencence de l'audience royale, fi à b6 droit #77: 
eur & n'en raporte à la verité:tant y a que Almagro cftoit vn vaillät homme 
leurs CE. vieillard qui auoit fait de grans feruices à fon Roy, & infinis plaifirs 
de large iuy mefme qui le fic mourir . Françoys Pizarre ne porta loing le pe- 
onftréla: de [a mort d’Almagro, d'autant qu'un baftard du fufdit deffan&, ef 
en dép inc vne fédition, alla fi accorceméten befoigne que l'an 1544.iloc- 
uples que ja Cicé des Roys celuy, pour le feruice duquel Fernand Pizarre a- 
du Perd fit trencher la tefte à fon pere . Ce baltard fe faifans, de lon autorité 
auféauihe gouuerneur dudit païs fut decapité par l’ordannance du gouuer- 
s àlar ur y enuoyé par le Roy d'Efpaigne , voyons la fuyte de L'heur decefte 
ortant ouice pour les vicerois:celuy qui feit fufliciet le baftard d’Almagro, fut 
es, aull toyé prifônier eu Efpaigne par Vaico Nunnez,à caufe de fes cocuffiôs 
spa Miränies: & Nunnez fut oçcisen.bataille par Gonfal Pizarre ledl fe feic 
ucanfi." * 


je Danu 
| mer m 
getter en 


Franc Pixar 
reocci par le . 
brflard d'Al 


MALTE. 


Effrinçe fac= 
cez, des Vice= 
rois du Perte. 


MR \ : Pis 
L Scale 


PE. LIVREVQVATRAIESME: : 

apttter Roy de Güfcé;mastaroyauté toy fut:8 malieurenle, 8e péu y 

| râbte; éntant qu'vn gotäerneur nommé Gafcha luy feit wencher lateñe 

&c'en fomme on trouué;que fi on vouloir efplupherdeptesiceux qui 
morts de mort violente-en ce païs depuisique les Efpaignolz letie 

ke aombre des chefs monge à fa plus de cent cinquante, tous hosmis( 

marque, &'ayans charge purdu gouueruement,ou dela iufbice, ou des: 


fefcou'es 
raffafier | 
en faivgr 
dexcoiL 
dance-qu 
qui Le ties 


Lens te. mées. Etaffin encor qu'on ve se qu'il yaides lieux qui ontcômevne(y ouk 
re:xent tune malheureufe liée fur le doz, & qui fuyrceux qui fy arreltent, ieli grande:in 
malhneis. ray l'or Tholoufain lequel tous ceux quitouchoyent, féntoy ent {i don 1° °n20t 
mageable queiamais vnn'en efchapa fansfa ruine , &deRoyaume T! font des p 
baïn où gyere onc Roy ne peut auoir vniour d'heareuxfuccez , ny mi ° cnJeu: 
bataille fans gran perte pour racompter comme cas merueilleux,ce q elle Efp: 
Fhiftoire Lipagnolle efcrit dece païs du Peru , &delaitre qui fuit cey ledenars 
! quiy cômädent:d'aurät qu'elle tient que ceux du païs,qui oÿiencle pl} 1°! etpac 
de memoire dés chofes pañlées, à caufe de leur grande vicilieffe, difoy. gtude: C’ 
voyans lesoccurences malheureufes, fuccedans à tous les Capicainesenl 16 ont ef 
uoyez là pour gouuerner,que cela procedoit des inAuences du Ciel , 4 Jes,d'auce 
No aies conftellations de celle Prouince , & que de leur téps & fouuenance, (el 1" sys 
infiriané eftans plus que centenaires) ilz n’auoyentiamais veu le Peru fans guerre be és 2. 
aux Prinees. Qiuiles. Et far ce propos,ilz racomptoyent comme Guinacha, & fon peau 
: Opanguy, voulans eftre leulz feigneurs, inquieterent le répos , & ayfed grand &c lo 
| toute laProuince:apres ceux là Guaxaçar , & Atabalipà freres prindre 10€ lOrel 
Les armes l'vn contre l’autre, de forte que Guaxacar fut maffacré cruel Qt bien à dir 
Quattro. MEN par fon propre frere, & depuis Pizarro feit moürir le Roy Atabali panne 
éir par [in pre pâen'la place publique de Cufco , non fans va grand vitüpere dunod""* rem 
prefrere, Royal, & auec vneinfamic des Chreftiens , taxez en celà d'vne eftrangl"t PAT ued 
& vilaine auarice, Aufli de tous ceux qui fe trouucrent au iugément de do" agen 
Atabdlipà _miferable Prince, & le plus riche de l'occident , & qui confentirenti | pour effre:l 
Roy fait deco TT À gélhes s à la quelle il fut condemné,n'en efchappa pas en qu Eee gue 
ler par pi- Neil aulti malheureufement : affin qu'on voye que les Roys font lil NY Tant 
Xarre, crez,& que les vfurpateurs du bien d’autruy n’ont iamais lafin glorieui@#8nt voifs 
encor qu'il femble que la fortune leur rie,& qu’elle les conduile comm" defcrip 
par La main à la pourluite de leurs conqueftes. l’ay fait tout ce difcours 14" lmerds 
à fin que vous cognoillez qui fürent ceux qui defcouurirent le Peru, q 
pour n’eftre en peine cy apres de repeter par le menu, cequiaefté dit 
prefent, d'aurant qu’il fault que iem efgare vn per: plusicy , que n'a 


és regions preccdentes. Toute la Prouince du Perû cft diuifée en tro 
parties, à {çauoir en montaignes , Plaines & Vallons:la Campaigr + et 
blonneufe , & fort chaulde comme cene qui feftend le long de 


marire, & qui commence dés le païs de Tumbez iufqu’a la mer Pac" 
que ayant pres de cinq cens lieuës de long [ur la cofte de la mer , & que »B ayan 
Comme le” ques dix ou douze de largeiufqu’à lamontaigne:8cen cefte planure il it qu'il pl 


& Mexio 

cha 
qu'il 

S au ce nta 


pus du Perx pleut point que bien peu , & n’oyt on leffroyable bruit des tonnerres, 

fduwfr. les foudres ny lancent iamais les effroyables feux caufez par les collific 
: des fiuës. Et ainfi fault que les habitans foyent foigneux à faire des ca 
naux fu de fairecouurir l'eau des ruiffaaux , fleuues, & er. 
s’efcouls 


DESTERRES NEVAYES. © jo 


Bc'piéu di 


erlath tfaficr leur foif, 8e alteration.La nature deniant la pluyeà la, campaigne f445 ms 


en faisgrand. largeffeaux-montaignes qui ont d'eftédue en longueur plus.tazgneux 4e 


x qui (on 1e URSS, à 
x pri : | EC 100. Licuës, furlefquelies it fait froid, & y pleut, &nege en telle abë. Pers. 
Dane i droce-que le:plat pays fe.fene decefte humeur montaigpeufe. Les habitäs | 


où des qui e ennent entre celle indifpofition di chault,&-dufroid font la plus 


10 V NC to A A , ‘ 
| grndc:infoité d'hommes qui feticanens le long delampontaigne, à pei- pied des müts 


ent,1cli 

mi doc "© en trouucrez.vousdix,qui n'ayent la veuéinterreflée. Ces montaignes #4-Pers, 
ume T! {ont des plus afpres,fafcheufes, & difficiles qui foiét fouz le Ciel, & y mit borgnes, ou 
:, oynl ieu.celles qui font en Ethiopie, lefquelles commencent dés la nou- aueuglee, 
uk,CE q uelle Efpaigne, & entrans auant feparent Caflille. d’or,dufinage de la vil- 

ï ait ce Ie de name de Dieu, &r de à Feftendäriufqu au deltroir de Magellan, le- 

rent iepir quel etpace contient pour lemoins plus de foinante dix degrez de lon- 

és guude. C'efticy encor qu'ilfäut queie notele peude diligence de ceux‘ 


qu ont efcrit quela riuiere:d'Aurellane, ef celle qui fepare Les Caniba- 

les, d'auce le Pcru,commeainfi fois,que ce font ces môtaignes fi longues 

D qui cn font la feparation, & defqueHesont fource ces riuieres fi grandes, 

qui fefcoulentenla mer;ê& du cofté du Nord, & vers 1e Sur, &.mer Paci- 

fique:. & que Maragoon‘eft defa plus oriental quele Peru, &ayant vn. - 

grand-&c long interualle del'vnà l'autresioinéi que plufieurs onc eflimé 

que l'Orellane, & riuierce dePlase:cftre-mefine chofe,que Pil eft ainfi, 1} y 

sbien à direque Aureltane fepare le Peru des Canibales, que le Pcru en 

dt éllaingné de plus de cent lieux: omne veur appeler Peru, & le pays 2 v/enseft 
Brefilien& l'efhendué. de l Amerique. Soir dit cecy:en.pañant. Latoifef- be plus riche 
me partie du.Peru,font les walons, lefquelz fontfost peuplez, riches en? du Pers, 
or, & amgeot, &ctertila en-grains,fruiétz & animaux de voucces fartes, mais 
Lourefbre:le pays forrcouuert, les feuues larges, 8 imperueux, le peuple 
peftant guerrier 8 farouche, les Efpaignolz ne l'ont pas defcouuert f à Gowlphe 
Ahit,ny rant à leur ayle,commeila antccluy des rmontaignes, & de La cam /#/"4 Mic bel 
nigne voifinedes Sablons dela mer. Le.sne veux:aller recherchericy les sfFriche én or, 
Les defcriptes au gaulphede find Michel,oy celles qui font marquées © Pierrérie. 
nlamerds Sur; foux la: puiffice de L'Efpaignol tirée vers Les Mouluques Ÿ”#7f0:: 

ous futfifant de deftrire ce qui feft paifé au Peru & conquelhes d'iceluy ?/T47€ com- 
lésl'amagstiquedes Rizarresen conmmencerent la côquefte;laquelle nous 7744 d/ 
jduirésbriefiemét à fe qu'enl'embraffant, nousy troufliôs les mœurs <## le 

rs peuples fslan.qu'ilz {e comportent, Françoys Pizarre dôc,filz du Ca- Pe”# l'an 
biaine Puzaure,quifutà le conquelte du païs Nauarrois, fousle Roy Fer 1531-41 mois 


itaines en 
u Ciel, 
jance, (eu 
ins guerre 
& fon per 
»& ayle d 
 prindre 
cre cruelle 
y. Atabili 
re dunof 
e eftrang 
ment de 
tirentà | 
pas ®nql 
ys font mn ( 
glorieult 
ile comr 
difcourst 
Peru, qu 
aefté dit 
enay 
e en trofi 
ge ei À 
ong de 
er Pacil 
» Ge que 
ourciln! 
nerress 
s col Hfic 
ire desc 
: \inesq 
s’efcoule 


nCaftikle-d' ift.La volte vers laimer de Sur,ditte-des noftres Pacifi- 

que ,& ayant laradsvnaffezlôgtéps defcouurift l'Ifle de 1a Pu- 

uà, qu'il appellaide fanét Jaques,où Le peuple {imitant ceux dela Flori. 

& Mexique)luy vins au deuant,en déçant,fonoant quelques tabours, Pen 1fle,4 

chantanten figne de ioye, &layaffrant des viures, comme à hom- prefenr.s, 

qu'ileifamhairoient d'aupis pousemy; De Pugeà quant ila prindrenc /47#és. 

reamcantioent veus lacciéile Eumbez chef de ProuinEe comme enr 
Oo , 


fefcou’ent des ments: pouren aroufer,& engreffesles champs, & pour Watrel der ï 


part,oudouches, & borgnes,ou du tout aueugles,tellement qu'en vne fi Fahiräs on 


à per 


jinand d'Aragon ; ayéefait dreller quelques Nauiresau port de Panamà de Feburier. 


U:,: LIVRE QYATRIESME | 

corelle’eft à prefent;& Vn'des euefchez du Peru, où ,'les Efpaignolz fe- 
T umbex, pre- iournans, fçeurent la guerre qui eftoir entre les deux freres chefz de toute 
since du la Prouince de Cufco, c'eft à fçauoir, % Atabalipà querellans enfemble la 
| Perte “monarchie, par la mort de Cufco leur Seigneur, 8 pere:mais At abalipà e- 
ftant le plus fort,vainquift foñ frere, & le mit en prifon ; au mefme témps 
ci, ., QuePizarre prift terre en fes feigneuries. Dequoy ete Attabalipa fe 
Ætabalipé  refoult lechaffer, & à force d'armes luy faire perdre le delir de farrefter 
fasprifon- * ésterres de faiurifdi@i6, & pour ce enuoya il vn de fes Lieutenans auec 
micr Jo frere. forces pour courir fus à Pizarre,mais le Capitaine Indien n'eut iamais le 

Cœur d'attaquer ceux qui portoient la barbe longue. 
L’Efpaignol acouftumé defia aux guerres contre l'Eftranger & : 1-1 
quel eftoit l'effort de ce peuple,né voulut attendre qu'on vint l'affailir, 
ains prenant le chemin droit au pays ou eftoit Atabalipa,où le terroir fut 
| 2perceu eftre abondant en grain tel quele portent toutesles contrées de 
ce cartier , à fçauoir du Mahis, duquel auff ÿlzfaifoient du vin affez paf 
fable, & qui fubftente, & nourrit mieux que l’eau pure. Le païs où ilz vin- 
Quels les drent eftoit encor de la contribution de Tumbez,où le peuple va veftu 
habit. äs en la jffez honeftement, & les Femmes faifans des draps fi fins, que les noîtres 
Prenince des penfoient que cefut foye,& iceux entretiflus d’ôr figiré, ou batu , & le 
Tumbex tout pourleferuice, & vfage de leur Prince. Lesfemmes portent les ha- 
bitz fi longs,qu’ilz leur trainent par terre,là où au contraire, les hommes 
n’ont que des chemifes fans manches, & icelles fi courtes qu'à gräd peine 
leur couurent elles la moitié des cuiffes:eftans fort vilains, & fales en leur 
manger,à caufe qu'ilz prennent leurs viandes prefque toutes cruës, fauf 
le pain de Mahiz.Ilz y eftoient tèllemét Idolatres, que tous les moys ilz 
adoroient & facrifioient à leur Idole ce qu'ilz auoient de’ plus cher , iuf- 
. qu'à n’y point efpargner leurs enfans propres: & baignoient, & arrou- 
Cruelx, (cri: foient la face dél’Idole du fang de la chofcimmolée, comme aufli ilz en 
Rces des Tum- yfoient aux feilz & deffus des huis ,& portes de leurs oratoires , comme 
beriens. nous auons dit que fen aydoient auffi ceux du Mexique.Sortiz qu’ilz fu- 
rent de Tumbrez ilz vindrent au plus riche païs dela premiere des'gran- 
des region du grand Monarque du Peru,qui eftoit fous la contribution 
d’vne cité nommée Caxamalcà,aflife au pied d’vne motaigne, & ou eftoit 
le palais du Roy Atabalipà. | 
Cefte ville ef fi petite,que celuy quien a fait la relationen Efpaignol, 
luy donne prefque vne lieuë de circuit, eftant ceinte de deux beaux & 
grands fleuues qui arroufent les terres voifines, & fur chafcun vnpont 
pour entrer en la ville, laquelle n’a auffi que les deux portesaufquelles les 
Temple du ponts refpondent. Bien eft vray que de l'vn cofté auant qu'entrer dedans 


Sokiladoré ja ville,en trouue vn grand Palaistout enuironné de haute muraille, &! 


en Caxamal- fait à la mattiere d’vntemple,enda court duquel (eftant fort fpacieufc)y2 
Cd vne grande quantité d'arbres de diuerfes efpeces qui feruent à fire om. 
bre, & eftoit ce Palais appellé la maifon du Soleil,:affin que vous fçachiez 
que c’éfticeft aftre que ceux du Peru adoroient comme leur Dieu: & de. 
dans ce lieu n’eftoit permis à hôme d'entrer fans fpremierement laiffer fa 
chauflure tät ilz ont en reuerence les lieux quifont dediéz à la diuinité,& 


de téples 


par tout 


A raifon y. 


mét,ayat 
icelles bi 
grand no 
qui fert d 
treaudit | 
eccftleP 
gis,orné | 
 & galerie 
tout le lar 
ment que 
plaifant 4 
du Prince 
de l’vne d 
tienne la ! 
laprocha 
nous aduc 
d'Auuerg 
rains par t 
fes neceff: 
dent les h 
Brefiliens 
lenaturel 
que plufi 
Les habitä 
ger, & abil 
mifes fans : 
de fe couu 
âterre,&} 
quelle elle 


12 fe .. DESTERRES NEVEVES  . 306. 
toute de téples femblables à celuy 1à fetrouuent en diuers endroits, & fur toue 
ble la par toutes les bônes & grandes villes de celle prouince.Pres ce lieu d'o- 
ipà e- D raifon y auoit quelques 2000.maifons bafties comme d’vn droit aligne- 
temps métayans quelque deux cens pas de long, & faites d’yne forte muraille, 
ipa fe icelles bien difpolées, & compartiesau dedans, ayans des fontaines en 
rrefter M grand nombre pour le feruice de chacune, & au milieu vne grand place, 
js AUCC qui fert de baffe courtà vne fortereffe là voifine, &par laquelle on en- Palais dn Ray 
nais le [M tre audit fort, par vngräd efcalier de pierre. D'vn cofté de celte gräd pla. #ubalipa, : 
ec cit le Palais du Roy plus beau, &plus grand que pas vn des autres lo- Las 
fcachät gis, orné & embelly de chäbres, Antichäbres,garderobes,cabinetz, fales, 
flailir » M Ggaleries, & tout paint de diuerfes couleurs, & enrichy d'or & argét par 
oir fut D tout le lambris de l'edifice:& les jardins y donnans tout tel contente- Fonfaines 
ées de M ment que l'homme fçauroit defirer, Mais ce qui rend le lieu encor plus dimeyfés l'une 
flez pal M plaifant & admirable,eft qu’en vne des maifons ioinétes au corps d'hoftel prfde l'au- 
ilz vin- 1 du Prince y a deux fontaines garnies,& enrichies de grandes lames d'or, tre. 
aveftu M del'vne defquelles fort l’eau fi chaulde qu'il eft impoffible qu'homme y 
noîtres M tienne la main, & l’autre l'ayant aufli froide que glace:& fort cefte eau de 
u , & le M laprochaine montaigne, ainfi que de pareilz effetz de nature voyons 
les ha- D nous aduenir en diuers lieux, & des monts Pyrenées , & des montaignes 
sommes M d'Auuergne:& vont ces eaux meflées enfemble, par des Canaux fouter- 
id peine M rains par tout le palais pour le féruice tant de la cuyfine que d'autres cho 
senleur M fes necefairestie dis cecy,affin qu’on ne penfe point que par tout l’occi- 
és, fauf M dent les hommes y {oient fi lourds & grofliers que font les Canibales, les 
moysilz M Brefiliens, & Ameriques,efquelz reluit ne fçay quelle rudeffe qui reffent 
er ,iuf- M lenaturel pefant des hommes qui les premiers habirerét la terre, fi eft-ce 
arrou- D que plufieurs donnent du rude aux fiecles de l'aage premier du monde. Quel: fônt les 
ilz en D Leshabitäs de Caxamalcà font gens aflez ciuilz, & netz en leur boire,mä-. } sens de 
, comme M ger,& abillemét,iaçoit que les hômes n’y portentautre habit que des che Coxemalca. 
u’ilz fu- M mifes fans mâches, & des chauffes, mais les femmes font plus foigneufes 
des'gran- de fe couurir, & portét leur robe de toille de coté: painte leur allät iufque 
ribution D àterre, & par deffus vne ceinture elabouré fort mignonnement , auec la- 
ou eftoit M quelle elles fe ceignent & entortillét prefque tout le corps:par deffus ces z74birs des 
robes elles ont encor vne couuerture faite comme vn Mätéau fans man- Coxamal- 
paignol, ches,qui leur vaiufqu'à demy iambe,Tout le trauail & exercice des hom quiens « 
beaux & M meseltoit à taindre laines & Cotons,afin d'en faire leurs toiles: & les fem 
vnpont JS mes ‘Famufent à faire leur Chichà, c'eft à dire leur vin, & boiffon de 
uelles les M Mahis, dattes & autres fruiétz. Cefte ville fut quitté” » + Atabalipà lors 
r dedans M les Chreftiens y arriuerét,foit 4 il n'ofaft les attëc qu'il voulut les 
raille, & M attirer.en pleine campaigne pour les deffaire mieux à fon ayfe : & feant- 
ieufc)y a moins leur enuoyoit il des viures fort fouuent , mais c'eftoit pour veoir 
aire om: M leur contenance, & cognoiftre fil feroit bon feruer fureux:& 48 ces vi- 
fçachiez M ures les Chreftiens ne mangeoient point,sins les departoient aux in HP 
ui: & de Mat :ftoient à leur fuyte.Mais pour cognoiltre mieux les humeurs de ce 


jaiffer M Roy Barbare,ne pallerons fouz filence côme Fernañd Pizarre eltant aflé Camp d# A 
tuinité M vers luy,le trouva en ceft equipagestour le cäp eftoit enuirôné de foldats #44 4 
& le Prince eftoit au milieu deseléadrons d'archers, piquiers, & autres € /onor.r, 
OOo ij 


Comme le Roy 
du Peru effnss 


roPeété des 
fens. 


Cruauté 


d'Atapals- 
pa. 


Ordre tens 


LIVE @VATRTESME 


dans desarmes quiraportent à moz hatebariier: y auoicn zumre elcadré 


d'éndiens ngec lbuvs fonetes & d'autres qui portoient des nolfues ay 
ne coudée & denty detonp,"& de la groffour d'vne inuetine ;'& au bout 
vaeballegroffe cime ke poini entaquelie ilz mettoiér cineou:ffx poin: 
tes aipubs,/& acerées,de celle pierre de laquelle itz font le bout de leurs 
fviettes car(côme ditieft)lefot n'eft point par:ay eux on v{age: &fayde 
deecsinfbrutments en guerre à belles deux mains falfans grand curnage & 
rencontrans auec ceux qui ne font pointcouuerts, Les principaux, 8& prêt 
fcigneuisont des Maffuus & des hachettes d'or êc d'argét, & la phif:pan 
des lantesfort longues, & faites commonoz pertuifanes,/écceux-cy {om 
presla perfonne du Roÿ ef ta bataille:mais à l'arricre garde tous portent 
dés piques longues de quinze piedz, &:en vbrasilz ont vne méche:plei 
ne de Coté, les aucuns ont des bourguipnottes qui leur tombent, iufque 
fur les yeux faittes de Cannes, & rofcaux méllez &rifluz au du Coton, 
& fi bien liez , & battuz qu'il y a des morions de fer, quinefoufriréient 
mieux vn coup que-ccfte armure Cottonnéc, Les Chreftiésaprochäs de 
ce Roy,le trouuerenit 4ffis fr la porte de fateñte prenant le frais de l'ir, 
& derriere luy vne grand troupe de femmes funs qu’il y eut homme dei 
fens fi hardy qui ofaft approcher, ny éftre en fon entour;& ne tintgrand 
compte ny des Chréftiens,nÿ de leur parôlle, voire ne daignaiamais hau 
cerlatefte pourleurtenirpropes:&pour faire féntir à chacun l'amytié 
qu'il leur poñtoit,& laérainte qu'il auoit deteur brauade , comme quel- 
ques fiens foldats fe fuffentretirez en arriere ,:à:eaife qu'vn gentilhôme 
Efpaignol feit auancer fon cheual de front vers leur efcadron dés que le 
‘Chreftiens fe furent rétirez;ce Roy cruel & Barbare fcittrencherles re- 
ftes à ceu x qui auoient fait place aux Chreftiens, & moindre marché n'en 
eurent leurs femmes &-enfatis, eur difant qu'ilz deuoient aller enauant, 
& non point reculer -en arriere, &'iura que tous ceux qui fe monftre 
roient téls que ceux<eÿ, qu'aufli les feroit mourir fans aucun efgard, 
ny mifericorde.Or marchant ce grand’ Roy, il tenoitcefte ordonnance: 
tous les foldats portoient dés chapeaux comme diademes-d'or ‘& d'Ar- 
gent fur leursteftes, & leurs veftemensfélon que les auons cy déffus def. 
criptz: Mais l’ordre éftoittél;marchoiét en premier lieu quatre cens hô- 
mes tous veltus d’vne mefne parure, & couleur, & quineferuoient d'au. 


parles Indiés'tre cas que de nettoyer le ehemin parlequélle Roy deuoit pañler ,en o- 


marchas en 
campaigne. 


Eh tdours 
Indies 
leursoffices 
Cr armes, 
Ghantre, 
marchet 


‘tant les pierres,pailles, & feftuz qu'ilz y trouvuoient, &eftoit le Seig.'por. 


té däs vne Litiere. Ces gäftadours,;ou nettoyeurs de chemin portoient le- 
crétternént {ouz leur habit de liurée de petites malfes, & des pourpointz 


‘fort bien tifluz, & cotônez,& des fondes,&' pierres faites, &prifes à pro- 


pos pour fenayder en Comibatant,à fin qu'ilz feruiffent d'vn ‘eofté leur 
Prince,& de l'autre ils fe füignaffent de la côferuation dé leur vie, Apres 


‘ceuxicy mmarchoiét trois éfcadrés d'autres vefluz d'vneiautre liurée diner 


ne féruoiét à de châter, & dâcer deuant le 


fe à celle des premierstceux. 
ätro’ces peuples les pl'gräs dfgéurs du mé 


roy;tont lel6g du chemin, 


denant le Roy de, & ne faifans,ou difans prefquerié fans quetd gelte, &dice reffantäth 


du Pers. 


mommerie:& ces chätres eltoient fuyuia de réoupesartiées ; &e de cout 


iputoi 
balipà 
tue d'or 
{alittiere 
senriche, 
uleurs; 8 
wecdel'o1 
autres b 
toyent vel 
die eur, vi 
boriuz que 
kefte de l'ar 
fuite de ces 
d'aHer cour 
daincusmis 
onftance 8 
ans tailez 
cis es fol 
eux QUuifét 
k veiffent « 
oyent à L 
les cheuaux 
k Atabalip: 
ous Je par 
fes, & le 
ka parolle 
urs n'eftoi 
Laife vers 
Quito ; mais 
onda Ja gran 
rauoirtrout 
quieft ne 
ltretoutelk 
ecedé, les fi 
refloient de 
ue pour cel 
litrien de la 
heie veux r. 
oirestañ: a 
oré lefoleil 
recz {ty foi 
eurs fimula 
indiens font 
by rec 
le Babylonn 
icrécau RL 


|: :* decouftume.Au 


. que toutes ayans des encenfoirs.Ces motz dece faint Euefque,me redui 

‘rent én memoire , céque par cy deuant nous auons veu des facrificesd 

__ toutlepays Occidental; fe raportans à l’ancienne façon de faire des In 

pidiens scei- diens Orientaux fait en l'adorationdu foleil;que tous reçoiuent, ou és d 
dentanx plus ces,communes aufli à tous les Idolatres, & :éz encenfements,en vne che 


crhelx, que 


Les Oriëtaux, Ciens n'offroyent rien au foleil,ouiil falluft faire effufi6 du fang, ny meu 


chafleréco- detoute fouillure eft adoréla vilennie y foit deffenduë , d'autantquea 
mandée aux temple de cefte idole;dé laquelle on ne nous à defcrit la figure,il-y 2 ceft 
miniflrà de ‘ordonnance que quiconque des miniftres fe veut pr pour y feruill 
l'idole de P4- 8e facrifier il fault que {oit pur & chaîte, queilieufne, & fabftienne pou 


chalchams. 


Æpollente 


Trance chañle Tianée a voulu faire à croireauec les. caphardifes de fa viepurementin 
pour farre fes pure & deteftable. l'ày dit cy deuât queie péfe que ceft idole n'eft poimiins,le mel 


énar mes. 


Æbeminatio neur;il exprime fps fcrupule cefte effigie,mais icy il dit, & que l'oratoi 
de l'Idole de & quele fimulachre font fales, 8& abominables.Que conclurrons nous d 


V7 


mA. à 
\ 75 


\ 


tent des 
mnée C 
pus les ans 
ne fi belle 
ur Dieu: 8 
ince , telle 
hift ordo 
meles Efp: 
ge, à caufe 
etes de ce 
jen emport 
nercéc. 
+ Pour v 
fault que 
Prince, d 


ALTV RBQV ATRIESMEL 
tuif£s dedäs le téphesdéqene de fonnss des inftrumés felôn qu'ilzauoye 

li yauoit-il des filles chantereffes auec des harpes,lesa 
tres quiiouoyét desfieuftes, &autres des tabours & naccaires, & prof. 


fe font itz differents.c'eft que ceux-cy facrifient les hommes, là où lesa 


tre de la vie de chofeaucune.C'eft vn gräd cas que és lieux,où le miniftr 


quelque temps de {a propre féme, Mais ne fault fefbahir de cela veu qurce viliter 
Sathan eftant fe finge de ce qui eft faint, pour auancer fa puiffance parmgrdeau fur { 
les hommes, lefquelz ayment naturellement la chafteré & continence edatré au lieu 
ce mefme,qui eit des enforcelemens-& charmes, il choifift les vierges, Sninsau _ 
-cômäde le ieufne à ceux qui veulét fçauoir fes myfteres,affin que on left voir fon 


me eftre vrayement vnange de lumiere:ainfi que l’enchanteur Apollonilntpar terr 


sy, fe mit à 


plus honcefte que le fimulachre auquel ceux de Panuco immolent cruel|@hà tenoit vr 
mét les hommes, & la raifon qui mefait ainfi parler eft,que le chreftié qi fi grand 
en defcritlhiftoire,n'ofe riédire,finô que & la chäbre, & l'idole font chihoit la reuc 
fes vilaines, & deteftables:la où és autres lieux parlät de l’adoration du é:qu'il ne d: 
leil, & de lafeule figure d hümefousle voile de laquelle on lu y fait hou de comp 
efence. T 
grandRoy 


Pachalchami là fin6 que le Dieu desiardins,honoré iadis par les Romains,eft celuyquit.puis Chil 
les Indiens adorent & qui eft le cômun patron detout le pays, iaçoit qi ce Roy 
lefoleil femble en porter ceft avantage, Aufli vous,qui fçauez quecances , & 


Dececyvay  tentà ceft aftre lumineux, quifemble eftre quelque cas de fur-naturel pà 


quedes lettres", & auez goufté les liures desanciens , n'ignorez pas qu 


ice, punir 
tousles dieux que la fabuleufe antiquité a craints, & redoubtez, fe rape 


beles Chr 
elle y auoi 


Macrobe 54- my le relte de ce qui a elté fait par l’auteur de la nature . A ceft idole@immes qui f 
turn. Lx.c.x7 Pachalchami @ retirent tous les deuins du pr fault que aillent difineur, là ape 
13: fes relponces par toutes les contrées, car c'elt auxfeuls officiers, & facri@terans de 1 
eateurs de parler àce beau Dieu, vers lequel viénenten ce lieu les IndiBouince que 
de toutes parts, voire de trois cens,ou quatre censlieuës loing, portans@ouuez abu 
Abus des argent & merrerie de prefent, qu'ilz offrent dés qu'ilz arriuent fäns quitiltere , vi 
miniftres des leur foit octroyé de plaider leur caule: ains font là les miniftresqui reçolbus la riguer 
ddoles, uent le don, & vont parler, & confulter l'idole,& raporte dehors la relpermis l’entr 
ce à celuy qui vient fenquerir fur quelque fait de l’oracle . : Jaçoit qi Vac autre! 
prefque tout le Peru foit affecjionné a cefte Idole, & que les habitans Turc en A 


LUC RNA QYATARIESME 
Deeribsut furles biens & réuenns do leurs fubicts,aias.encos fur les en. 
memes 8e frles Gilles qu'itz choififfent à leurfantahie. L'ordre y cf 


éHemont gardé. avédesiviuandiers qui vont &vionaent,n'oferoyent 
louer rien du pays; fans y porter autre chofe delaquelle:les habitans ayens 
défette: iaineque fur peine dela vie eftoit ordonné queaucunne port 
murchädiféancune hors dupays,que paflant premierement par Lés licy 
où feroientiles gardes des:nores. 8 paffages,affin de payer au roy fon dri 
ét gabelle:. Vous ancz vou cy deffus quelz.font les facrifices de ceuxis 
Tumbez , & commecemiferable peuple ne fe contente point d'offrir y 
diable.ce- qu'il adeplüs rare & precieux parmy.ces meubles , {encor 
enfans ne feruoyent de vitimé deuant d’Idole confäcré à l'ennemy de 
hômes, De pareille abomination vfent prefque par tout le Peru, & Culco 
ouleurs filz & filles touslés moys font occis,& offerts à Sathä, & du fans 
on en lauc la face des idoles, & les portes des oratoires, &.cacare l'efpand 


Bacrifices 
cruelz, faits 
en Cufér. 


on furles tombeaux: de: ceux:qui font morts , comme fi cefteeffulion dé 


. fang leuraportoit quelque grand prouffit &allegance . Mais.ce qui mé 
Premmas der” te je plus à detefter;& que celte abufée multitude eft f follement af 


was fre (er fo rée en fon idolatrie à ceux:qui doiuent eftre facrifiez f'efiouiffent tou 


ainficomme l'ilz alloyentà quelque feftin de nopces, & ne ceifent deri 


FT f relious 


bien: faoulz, &:ayans leursteftes pleines de leur Cichä &boiffon ordinai 


resaurefté, afin que on ne: penfe que les feuls hommes y font facrifiezillp: 


fault noter que l'offrande des enfans ne fe fait pas toufiours , ains à temp 
certain.;ains eft la facrifice ordinaire desbrebis & bœufs, defquelz.ilz er 
ont affez grand abondance, & le fang defquelles beftes (à l'imimitation an 
cienne)ce peuple cfpand deuant fes dieux, & en brufle la chair; vne fois & 
R d’autres vne certaine partie, le refte demeurant pour la nourtiture des à 
Au ossoit le crificateurs . Reuenansau Roy Cufcuen Atabalipà, à fa maicfté, il n° 
reytandis.… {tait permis à hommeauant qu'il fut prifonnier, de le voir tandis qu'il 
gu'ilman-  ftoitatable,finon à ceux. quilc feruoyét, qui encor ne l’ofoyent regarder 
gent. en face, & à quelques pricipauxtelz qu'illuy plaifoit choifir pour luy fii 
re compaignie, & le refpeétoyét tant fes fuiets , que pour mouricilz neu 
{ent fait chafe tant fut de peu d’effe@, filz cognoiffoyent que elle autr 
… paffaft vn:feul poiné& de fa-valonté:& affin que vous cognoiffez quellee 
Honneurfat Îimeilzfont deleurs Rays , faut fçauoir que encor que legrand Cul 


re;chanter, & dancer, & requierentlorsqueonles facriñe,queils fe fentét 


noittes 


quelque te 
mains, il au 
machuco, é 
tre fon aifn 
lipà: &le va 
toyer la tef 
ied à vne ! 
uenoit de L 
erpetuelle 
Perd be 
hguerre & 
Rire temps 

fait iadis te. 


: Des gran 


aux reys def fat mort;'felt-ce que on fuiuoit tout ainf fes cummandemens qu’il aucigS 


funts en Cuf: faits viuant,côme fileuft.clté prefent en vié:&:le feruoyent tous les iour 
fo. 


le Capitaine Chilicuchimà, arrefte: parles. Efpaignolz.fe défians du Ro 
Conffance de captif, nevoulutonc direen atla prefence d’Atabalipà chofe de ce 4 le 
Chilicuchi-  noltresiuy démandoyët,encor qu'ilz lemenaçaffent.de 1e brufler,. & que 
ma. defiailzluy.euflent faitfentir la force des flammes, à caufeque fon ro 
luy faifoir figne de tenir bon, & luy eftant fi fidelle;quele-feu ne pouuoi 
vaincre fa conftance, fi l'infidelitédefonRoy, -neluy-eut abatu,le cour: 
gc: d'autant qua voyant comme Atabalipà trompoir les Ghrefligos, ram 
çonnoi 


tout ainfi à table, & luy donnoyent à boire,comme lors qu'il viuoit efpi 
dänsle-win für terre;penfans.quele morten raflalaft fon alteration . Aule 


tout prifon: 
Chreftiés, & 
pédre. Du 


fur les en 
>rdre y cf 
"openter 
itans Ayens 
ne porul 
ar Lés lie 
y fon dni 
de ceuxds 
d'offrira 
fiencor(e 
noemy de 
, 8 Cula 


 & du fans 


re l'efpand 


cffufionde 
.ce:qui nai 


lement a. 


iffent tout 


ffent de ri 


ls fe fentéilip 


n ordinai 


facrifiez lp 


ns à temp 


uelz.ilz en? 


itation ar 
vne fois & 
re des 
fté, il n’ 
dis qu'il 
t regarder 
ur luy fii 
vilz neu 
Ale outr 
quellec. 
d Cufc 


qu'il voi 


slesio 
yoit efpi 
on, Aull 
is du Ro 
de ce qla 
er,.& qu 
fon ro 
pouuoif 
le.cour 
ENS, l'an 
çonnoi 


DES TERRES NÉVEYES] 
soit tes fiens, & pilloit tout lemonde fansfe foucier dela mort detét” 

defes fubiets qui eftoyét accis deiour à autre, en fin fafchéde tout cecy 
jdefcouurit le fecret, & declaira les côfpirations du Cacique contre les Grends nom 
Chreftiens,Reuenantau propos du Roy Cufco, il laiffa cent enfanstant d'emfuns ds 
mañles que femelles, vn defquels eftoit Atabalipà & le pire detous com- Aer Guyte. 

re celuy,qui ne prenoit plailir qu'é la ruine des hommes, & qui tout pri- 
fonnier qu'il eftoit, oyant que fon frere Cufco(lequel portoit lenom du #4alipà 

re) tafchoit de fe faireamys les Chreftiens, & luy le tenant prifonnier, ait mourir 
commanda à vnfien Capitaine de le faire mourir,ce qui fut fait craignät C#/6e fon fre. 
qu'ilne pratiquaf les myens de fe rendre monarque du Peru, &nefe re. 
foucia du commandement à luy fait par Pizarre , qui luy enioignift de le 
fire conduire là part où il eftoit. Affia que encor vous voyez Îes effectz 
dela cruauté, & ambition, & combien vn homme qui defire de regner, à Gomachuse 
quelque pris que ce foit,à l’ame bonne & entiere, Atabalipa ayant vnau- Premince ds 
efrere que celuy que auonsdit auoir efté tué, ceftui-cy eftät prifonnier, Pers. 
uelque temps auant que auoir affaire aux noftres& que tomber en leurs 
mains, il auoit vaincu vne armee des fiens en vne Prouincenommée Go- .Æ4balipa 
machuco, & en celle bataille il occift encor vn fien frere,lequel irrité cô- bcusest au ef 
tre fon aifné, auoit iuré de boire dans le teft, & crane de la tete d'Ataba. de /5n frere oc 
lipà: &cte vainqueur l'ayant pris &fait mourir, feit par mefme moyen net- «15. 
toyer latefte, y laiffant, & dents, & peau, & cheueux, & icelle feruant de 
ied à vne fiennetaffe en laquelle il beuuoit,toutes les fois qu'il luy fou- .4/bs# Roy 
yenoit de la guerre que fon frere luy auoit faite , comme pour memoire Zombard base 
erpetuelle de fa vengeance. Ne fault donc pas feftonner,fi Alboin Roy a ref de [cn 
Lôbard beuuoit en la tefte feiche du Roy des Gepides quiluy auoit fait beus pere. 
hguerre & neluy attouchoit en rien de lang ou parenté, puis que de no- Pasl  diacre 
fretemps vn Roy fait mourir fon frere, & vfe de pareille cruauté que /5f.des Lowe- 
fit iadis te Lombard payen, & infidelle. bards lin, 
cha x8.co li, 
2.chtpe14. 


: Des grandes richeffs du pays du Peru,la trahsfon d'Atabalipa,e comme 


4 flot is 4 mers par La fentence de Pi7arre. Chap. 


@# peuple, à caufe que les matieres ayans ne fçay quelle 
ae lisifon enfemble ne peuuent eftre traitées qu'en ma- 
ex a riant l'vn auec Pautre, & conioignant ce qui eft du 
A changement de l'eftat auec les mœurs du peuple def- 
| ‘ècheudefa liberté premiere, Atabalipà fe voyant pri- 
fonnier,quelque honuefte traitement qu'il fe veit faire par l'Efpaignol,fi Go» Piration 
ne pouuoit il le receuair pour argent content, comme celuy qui cognoil- d'Atabalipe 
foit bien que toute la pretente deceluy qui letenoitemprilonné, eftoit ssurre Les chre 
de fe failir de f'esrichetfes& d'abolir l'épire de fes predecelleurs,par ainli frens, 
tout prifonnier qu'il eftoit,fine cefloit-il pourtant de cenfbire: côtre les 
Chrefiés, & de faire venir destroupes fort gräde: d'Indiés pour les fur- 
prédre. Durant ces entrefaites cOme P:zarre attédift bi autre l'or 

Pp 


ES 


A ASE LIVRE QUATRIESME 
16 roy eaptifluy auoit promis pour façon, il fut aduerty d'vntépled'. 
doles däs lequel y auoit des richeffes infinies & beaucoup pl’ d'or que À. 
ni mA en po fournir ,à caufe que Rae le ue tous les 

| Caciques & grans feigneurs du paysalloyent adorer, & où ils mettoyen 
ete parce leurs theforscomme en vne re here de ce lieu aufli venoyent  @ 
L Triés ré fulter le maling efprit fur le fuccez des chofes qui leur deuoyét aduenir: 
nl _& eftoyent fi embabouinez qe cefteidole que pour plus l'honorer, & 
. eflimans qu’elle mangeaft, & beut,côme vn homme, ils luy donnoyent À 
* boire de leur Chica dedans vn hanap fait d'une trefriche efmeraulde ca- 
uéc & mile en œuure pts ceft effait. Et affin que encores vous voyez l'a 
ueugl ement de ce miferable peuple,coumme Pizarre eut enuoyez âlques 
Efpaignolz en Guamachucd, & vers la grand cité de Cufcé, (de laquelle 
nous parlerons cy apres) pour en retirer l'or promis par Atabalipà,côme 
ou: ils y fuffent arriuez, & 4 Quizquiz vn des principaux capitaines, & lieu- 
ol ++ tenés du roy captifles enuoyaft au téple du Soleil pour en tirer l'or, qui 
ie “y ns Ÿ eftoit,& mefme la couuerture qui eftoit de fin or, ainfi nous en vlons 
fs P# par deça auec du plomb , iamais les Indiens ne voulurent mettre la main 
440450. fur cecemple pour le defpouiller,difans qu'ils mouroyét,filz touchoyét 
oué riche les chofes au dieux confacrées. Cen'eftoitrien de cecy au refpe& des 
to/9 ei : 1% grandes richeffes trouuées par toutes les autres Mofquées de ce pays, & 
En de #r€ fur tout en vne,où eftoit enterré le pere du Roy captif, & oû l'on Éitois 
pe HA F9 Les facrifices, dedans laquelle ils trouuerent vn AA tout d'or, & dansle- 
; quel fe pouuoyent afloir deux hommes,non fans l'efbahiffement des no. 


fait la preuue.Ou eftoit le tombeau de Cufco( duquel le pays portoitle 
nom)on voyoit le paué enrichy d'or, & les muraillesreueftuës de lames, 
& platines du mefme metal, & dans lethefor vneinfinité de grands vafes 
d'or & d'argent de grand valeur & qui pefoyent fort,maisles Chreftiés 
n’oferent y toucher, craignans la fureur des Indiens, qui feftoyent affez 
mutinez ayäs veu defcouurir les temples du foleil pour la rançon de leur 
Prince. L'ordretenu en ceft oratoire eftoit tel, on voyoit plufieu rs fem- 
mes ayäs la garde d'iceluy , & vne qui eftoit ia principale, & commela 
maiftreffe des autres:là voyoit on deux corps morts embaumez , & pres 
d'iceux vne dame ayant vne mafque d'or luy couurant la face, laquelle a 
*_ uec vn efuentoucr faifoit vét à ces corps,tant pour garder que les mouf- 

ches ne les gaftaffent,que pour empefcher que la poufiere ne prift place 

fur iceux. Auant que elle voulut côfentir auxChreftiés d'entrer au pour. 

pris,& chapelle de cefte tumbe, elle les côtrafgnilt {e defchauffer, & vei- 

rent comme ces morts tenoyent chacun vne verge d'or enla main, & à 

Indiës neveu. \eur entour l'or y reluifoit de toutes parts, duquel les Efpaignolzfe char. 
lent qu'on vis gerent fans du tout en defpouiller le lieu à caufe que Atabalipä les auoit 
 dekestôbeaux, priez denelefaire,pourcé que c'eftoit là que repo{oit le corps de fon pe 
re, & à c'eftoit luy l'vn dé ceux qui tenoyët les werges d’or fufdittes:ioit 
quefe voyäs fi efloignez de leurs compaignons côme ils eftoyét, eftans 
Joing de Caxaimalcà de pl° de 200. lieuës,ils n'oferét fe charger plus que 
de raifon neantmoins en prindyét gräd quätité, gilsenferrerent, & mi- 


Ceremonies 
pres le corps 


du roy C #{éo, 


it fous fe 
yrneurs au 
MicceftePro 
prétversE 
nies,lames 
les monts( 
gfontaines 
dent &c dre 
fuftenir 1 

lyon voic 
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&royde po 
urre, (quo 
vers la cité 
Lefufdit ca 


eufes en gra 
lures n'apre 


Îtres voyäs chofes que iamais ilz n'euffent creu, fi la veuë neleur en euft | 


int moin 
leiele cro 


croire, que 
del. Empire 
aire, &lap 
ilen y a( 
fend point 
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que nous au 
dtimé & en 
Ce Dieu de 
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viuét, &c au: 
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è LIVRE QUATRTESME. 
& caufe que luy refufant l'amitié des Chreltiens, cftoir tombé en cefe 
mifére que d'eftre prifonnieren fa propre terre entre les mains des eflys, 
gers,&ne (eruift de rié au deuin de fen defcharger für l'oracle des dieux, 


d'autät que le Roy nefe foucioit, ny du Dieu ny de fon oracle,ou relps, À 


ce;ains reprettoit feulement fa liberté perduë. Et ce qui plusluy dôncit 

de tourmäât eftoit que il craignoir de mourir, voyät les chofes mal difpo. 

fécs pour luy, & fes freres à la fuite de Pizarre,careffer de luy , & füupor. | 

tez en tous leurs affaires, voire fuiuys dela plusgréd partie des feigneurs 

de toutes les Prouinces. Ce peuple aiouftegrand foy aux prefages, &fe 

Ceux du pers Souuerne par les fignes du Ciél fuyuät l'erreur de tous les Gétilz 8: Ido- 
croyent frs Vatres,de forte que Atabalipà par ce moyen predit @ mort vn foir en n'y 
penfant: Car comme il fut vn iour ayant fait gräd chere, & fe refiouiffant 

auec aucuns E fpaignolz fäs que on fceut rien du grand-apareil de guerre 
que faifoient les Indiens pour le recouurement de teur na parle moyé 
de Quizquiz eapitaine de Cufcd,aduint que difcourans enfembleils-vei. 
rent vne Comete tendant vers la grand cité de Cufcn, laquelle dura enfi 
bée la plus grand partie de là uuit: Atabalipà ne leu. pas fi toit veuë que 
foudain il ne dift: que auant long temps, il mourroit va gräd roy en celle 
Prouince: & fut fa prognofticatiou veritable,car ce fut luy cegräd Price, 
qui effectua la fignifiance de celle Comete menäçant la maifon de Cuf- 
co, & entendez pourquay Pizarrele feit mourir. Tandis que Pizarre te. 
noit ce Roy Barbare prifonmier, commeil fe tinft fur fes gardes, pour le 
cognor ire vn des plus fins,cauteleux, & diffimulez hômes qu'il euft veu 
atendes du roy de fa vis,aufli defcouurift il les menées, & côfpirations dreffées par ce ga. 
de Cnfé,  lant,qui dez auf toft que fut pris,ne faillit d'enuoyer,& en Cuico, & à 
Quito, qui eftoit fon pays naturel, & bien fourny de vaillans hommes,ad. 

uertiffant fes capitaines,queil eftoit autant que mort, d'autant que il f'af- 
feuroit que les Chreftiens nele laifferoyét long temps en vie:mais voyit 
le bon traitemés que luy faifoit Pigarre, il renuo ya d'autres meflagers,nô 
pour remander fes forces,aias pluftoft pour les hafter, affin que tuy viuât | 
en cuit moilleur moyen de fe venger de l'imure, & inuafion faite parles 
citrangers Cecy fut defcouert par va Cacique feigneur de Caxamalcà, 
quiaduertiftles Chreftiens du grand amas fairen Quito par vn Capitai- 

” neapellé Luminabé, qui faifoit eftat de mener 200000. hômes de guerre 
zuminabé es. 8 30000.archiers du pays des Caribes, qu'il difoit eftre de ces cruelz qui 
ur Viuét de chairhumaine.Ceft aduertiffemeét fut autorilé par vnoncle d'A, 


aux fignes des 
dolls. 


Comete prefs 

gant la mort 
à AÆrabalips 
l'an 1533. 


qu ? balipà qui le confeffa y eftät contraint pat les noftres: & neantmoinsne 
l Cu/= taba 1 uilec a ' % : 
sg albl fut me poffible d'en tirer rié du roy fubtil, qui fe môftroit des plusaf- 


feurez,accors, er fubtils qu'6 fauroit trouucr és regiôs où les hômes füt 
Jouez de cautelle, & fubtilité.Ce qui fut occafion que Pizarre feit lier, & | 
enchaifner Atabalipà luy dônant des gardes plus foignefemet à iamais, 
fansattéter toutesfois rié queil ne voit au vray latrahifô de ce roy caute 
Jeux defcouuerte, Mais à la fin oyät q l'armée, la pl? effroyable qui fe fut 
encor leuée en tousces païsOccidétaux luy couroit fus,& à ce roy viuit 
les chreftiésne feroyét iamais en affeurance; ioft que d'heure à autre,ile- 
{toit adnertv de fes menées, pour fofter ee tpurmét de deuâtlesyeux ils 


fauroitin 
farticle de 
pefme:fo; 
gnant le fc 
nefefton: 
neur de fe 
ke plus gra 
prefque n' 
ranie: fi eft 
huées, & 
ont en ret 
ceftuy-cy 
moins, con 
nemutinet 
leur natior 
portoit le: 
tres feigne 
&hommas 
lerequift.c 
portoit ap 
en cftat de 
celuy qui 
maifon fa 
trement, & 
bcï,ny du 
treiours 
font la reuc 
puis regard 
lheur ou 
ty de la rat 
linge fort 
lement dr 
ronne qu'e 
mier qu'ifz 
ilnoter qu 
grid Roy 
mage, & q 
permisau F 


\ige que 


| DES TÉRRES NEVFVES. "4 
en cefte M endemasd'eltre bruflé tout vif, fauf fil vouloit eftre baptifé , qu'illuy = 
Les cltrs, M promettoit de luy adoucir la peine,né de l'abfoudre,ny reuoquer la fen. Mer sgnems . 


es dieux, MM tmce de mort fur luy gettée. Ainfi mourut publiquemétiufticié,par l'or- #5:#/7 d# Rey 
ou refpr, MA donnance d'vn petit compaignon,le plus puiffant , & plus riche Roy de Ætabalips, 
y dôncie M out l'occident, & celuy qui pour le feul plailir, & paffecéps de fes yeux a- 

difpos JM voit fait faccager, & ruiner vneinfinité de villes, & occir plufieurs milliers ne 
c fupor. MR d'hommes fans occafñon qui euft lemoindre trait de iuftice qu'homme SAtabalipé 
cigneurs M fsuroitimaginer : & le plus grand bien qu'il Feit de fa vie fut lors qu’à baptife à Le 
res, & fe MA lirticle de la mort,il vouluteftre fait Chreftien , & receuoir le fain@ Ba- fndejavr. 
2 8 Ido- prefme:foit qu'il le feit poulfé de auelqueremord de confcience, où crai- , 
ir en n'ygnantlefeu qu'il voyoit preparé pour y eftre getté dedans , neantmoins 
fiouiffant M nefeftonna onc dela mort , mais pria feulement Pizarre d'auoir l’hon- 


Le guerre M neur de fes enfans en recoinmandation.Quoy que ce grand Roy eut efté 
le moyé Me plus grandtyrén & cruel deteus les Princes de ce paîs, & que perfonne 


prefque n’euft occafion de le plaindre, ny plourer à caufe defa grand ty- 


leils vei- 


lura enfé Mranie:fi eft-ce que lors qu'on le sorta en terre : on ne veit onc fi grandes 
vouë que M huées , & crieries que faifoyent fes fubiets hommes, & femmes , tant ilz 
y en celle Mont en reuerence lenom Royal , & tant ilz plaignoyent le defaftre de 


ceftuy-cy qui ayant afluietty de fi grands Royaumes , il perifloit neant- 
moins,comme le plus vil &miferable homme de laterre . Pizarre pour Fe 
rematiner point le peuple, fil euft occupé lepaïs, fans y mettre Roy de Ætabalipa 2 
leur nation,ayantgaigné pourles Chreftiens vn frere du deffun& , & qui /* Herede à fon 
portoit le mefme nom,le prefenta au peuple pour Roy de Cufco, & au-/77*. 

tres feigneuries , & accepté qu'il eft, comme il voulut prefcrire les loix, 


äd Price, 
1 de Cuf- 
Hzarre te. 
5, pour le 
| euft veu 


ar ce pa. 
is, é à BE &hommage qu'il prenoïît, & rédoit au Roy de Caltille,le feign. Cufcuën 
mmes,ad. M ierequift qu’il luy permilt de faire fuyuant que la couftume de fon pays 
que il faf- portoit apres qu'vn Prince eftoit mort , auant que fon fucceffeur fe meit 


en cftat de regner . Il1z ont doncaccouflumé que le Roy eftant decedé, 

celuy qui luy doit fucceder en l'eftat demeure quatre ivurs enfermé en fa 

maifon fäns voir aucun , ny parler à perfonne qui viue, car Pi en vloitau: pe! pour le 
tement, & mefprifoit la ceremonieordonnée;il n’eftoit ny craint ny o: ;4, fans 
beï,ny dupeuple;,ny des Caciques,feigneurs,ny Capitaines, Mais les qua- quel en Cufêe 
treiours expirez tousles feigneurs fe viennent prefénter deuant luy, luy j 
font la reueréce, l’acceprent pour Roy, & luy baifentles mains , & laioüe 

puis regardans vers le foleil, haulcent les mains en hault,& le mercient de 

l'heur qu'il leur departift leur donnant feigneur naturel du pays , & for- 

tydelarace &familleroyalle . Aprescels, luy mettent vne bande, & Cersmonie es 
linge rtriche frite comme vn voile furlatefte , & autour du cheftel- csrommemit 
lement dreffée,qu'elleluy tombe prefque fur les yeux, & celle eft la cou- dur en Cf 
ronne qu'on met aux Roys de Cufco à leur couronnement & leiour pre: cs, 

mier qu'ilz viennét à la dignité, & puifläce de celle Monarchie, Or fault 

noter que tous les Caciques & feigneurs fubicts, &'hommageables àce 

grid Roy luy offrirent chafcü pour foy vn beau pennache bläc pour h6- 

mage, 8 qu'auant la folennité, & le ieufne des quatre jours füufdit , il n'eft 

permisau Prince nouueau defe veflirrichemement , ny monftrer autre 

vifige queplein detrifteffe ; mais auf voit que la fufditte ceremonic eft 

PPp üij 


ais voyit 
fagers,nô 
luy viuât | 
te parles 
ixamalcà, 
Capitai- 
de guerre 
uelz qui 
ncle d'A 
moinsne 
splusaf- 
6mes fot 
C it her, @& 
ÿ iamais, 
, 4 caute 
ui: fe fut 
oy viuât 
tre,ile- 


yeux ills 


Seign. de Cuf 


co mangent 4 


QuiT quiz, 

et Chihicuchs 

m4 renouuel. 
. lent la guerre 


R:4/es de guer 


re de ceux de 


ñ. 


chilicuchs- 
mA mis à 
mort par les 
noi rés 


miféà fin,on n’orrc:: pas Dieu tôner, du grand bruit dus tabours, trôpeta 


ferré. Juy fur des fieges couuerts de draps de diuerfes couleurs, & figurez d'or 


Lutogr Cnf 


LIVRE QYUATRIESME, 


tiens de ta 
Chreftien 
ceftoit fai 
quePizarré 
out vif, à 
fant fur ! 
epeuple 
L ape d'« 
ntrât en | 
deluy en! 
jemy, VOY. 
qu'il ferd 
ux pres Pi 
imortles c 
de fe foufte 
que de Xa 
re ceux d 
oient del 
our cefte « 
{z du paï 


tes, & cris que tous font de grand allegreffe, lesvns chantans, lesautre 
dançans ainfi qu'ilz ont de couftume en toutes leursfolennitez, &cfcfe 
publiques , La voiton ce grand roy afis;ayantles feigneurs autour de 


fort richement , & fous les piedz des carreaux de mefme parure, & ban. 
quetentenfemble fur labelleterre, car ilz n'ontaucun vfage detable , ny 
treteaux , filz ne l'ont apris dés Le ternps que les Efpaignolz y ç6mand 
& que la plufpart d’entr'eux ont receu la Foy du fain@ EBuangile . Ain 
Pizarre(reuenant à noftre hiftoire)pacifia aucunement l’eftat du Peru , & 
feit iurer ferment defidelité à ce Roy Atabalipà fecond qui promift de 
bon cœur feruice,& obeïffanceau Roy d'Efpaigns, ainfi qu'en fait foy l 
relation du fecretaire du fufdie pizarre : & quieftoit nommé Françoy: 
Scerez natif de Seuille, qui en fcit lé difcours deuant l'Emp, Charles quint 
l'an de grace.1534. 


De lagrand Cité de Cufêe au Peru, € guerres auant que les Chreftiens La 
. gaignaffent,G7 mœurs des peuples qui y habitent. Chap.13.. 


Reffé q fut l'eftat du ieüne Atabalipà , cene fut pa 
encor la fin des guerres , ny le repos des Chreftiens 
au Peru,d’autant que Quizquiz eftant en vie, & grand laguerre: 
» ennemy des noftres ne cefloit detroubler tout : &nauoit où 
@ Chilicuchimà tout prifonnier qu'il eftoit , poufloi Romme no 
Ÿ encor la roüe , de forte que Pizarre fe veit en plusmubtilitez, 
grand peine par le moyen de ceux cy ; que prefqueil}E onftroye 
n'auoit efté, par les menées du tyran qu'il auoit fait mourir, d'autant queliommes, & 
par tout où il marchoit, il voioit la trace de fes ennemys qui brufloyentMonte la ag 
ent haftez 
eque les C 
lan 153 4.01 
k d'argent. 
ne eftoffes 
Des cy ce pe 
nr eté k. 
es, 8e les v 
Joient & le 
jent eu vie. 
que pour Le 
kslimites « 
tope,y rec 
inpofa loi: 
! er, & àrel 
hquelle ef 
vous defcr 
l'ayans ve 
luraife. C 


tout par où ilz paffoyent: alläns fi fagement en befoigne que par le moyé 
des efpions qu'ilz mettoyent de toutes parts , l'Efpaignol ne pouuoit le 
attaquer, ains aduertis de fa venué;, ilz eftoyent pluftoft deflogez d’va lieu 
l'ayansfaccagé , & bruflé, que l’autre n’y euft donné attainte:qui caufoit 
que fouuent il fouffroit de grandes neceflitez de viures,pour ce que l’en- 
nemy donnoit le degaft aux femences, & ne pouuoit auoir de l’eau, à cau- 
fe que les Indiens rompoyét les canaux qui dealer des fleuues par 
Ja campaigne, & nelaifloyent ville , ny bourgade qu'ilz ne meiffent par 
terre,ayant fait ceft aprétiflage fous Atabalipà, qui fembloit prendre plai 
fir en la ruyne des hommes, degaft des viures, & demolition des edifices, 
Ie laifferay à part la bataille que gaignerent les Chreftiens contre vn chef 
des Idolatres nommé Narabaliba pres vn lieu dit Bifcas, qui eft vne ville 
grande,riche,& populeufc,afife fur vn coftau,& chef d'vneProuince;al 
life entre Xaurà, & Cufco, d'autant que celle deffaite d'ennemys fut plus 
pour leur routeà recommander , que pour grand perte d'hommes qu'ils 
y fciffent: mais le malheur fuyuant les noftres pres'yn pont que l’ennemy 
brufla , cuida caufer la derniere , & parfaite ruine des Chreftiens.en celle 
Prouinçe & tout paï le moyen de Chilicychimà, qui aduertiffoit les Qui: 


_, .. DES TERRES NEVFVES. | 3n 
les autre Mie detout ce ‘qui fe pafloit au camp des noftres: & n’euft efté que les 
: &feltes Chreftiens feparez çà & là trouuerentmoyen de fe reünir & r'affembler, 
autour dec ftoit fait de leur efperäce de fe faire feigneurs du Peru. Cecy fut caufe 
rurez d'or quePizarre aduerty au vray des trahifons de Chilicuchimà le feit brufler Parcamacé 
re, 8 ban-Mout Vif, à caule que iamais ne voulutentendre à fe faire Chreltien : ains Die des 
table, nyMtint fur le poinét de finir fa vie,inuoquoit ne {çay quel Paccamacà que / ndiësa Perte 
6mandé epeuple croit & eftime eftre fonDieu,& c'eft luy à qui ilz Fôt de fi gräs 
,  Ainfiprefens d'or,argent,& ioyaux & qui pour affeuré parle à eux, le diable 
Peru, goträt en l'Idole, & leur donnant refponce des chofes qu'ilz fenquierét 
romift die luy en leurs affaires. La mort de ce grand capitaine eftonna fort l’en- 
fait foy p°my; voyant que les Chreftiens fappérceuoient de toutes leurs fineffes, 
FrançoysM qu'il feroit defarmais impoffble de les furprendre n'ayans hôme pour 
rles quintMux pres Pizarre pourles aduertir,à caufe que prefque tout le païs hayoit 
mort les officiers du deffunct Attabalipa. Ce qui encor déna grâd moyé 
je fe fouftenir aux noftres fut vn neueu du roy deffun&, qui eoit Caci- 
PA que de Xaurà,qui vint vifiter Pizarre,& luy offrir fecours, & faueur con- 
re ceux du Quitô qui gaftoient tout Le païfage,& quiauec Quizquiz a- 
joient deliberé de brufler Cufcà ville capitale de tout le Royaume : & 
ne fut pa our celte occafion ce feigneur fut fait Roy de Cufcô,à fin que les natu- 
>hreftiensMelz du païs ne fe ioigniffent à l’ennemy,ains fuiuiffent leur fcign.naturel 
e, & grandMlaguerre:& vfa l’on à fa creation de pareilles ceremoines que celles que 
tout : &onauoit obferué à l’autre fon oncle, & au ieufhe dueil & magnificence 
, pouffoi-Momme nous auons veu au Chapitre precedent. Ie ne defcriray les rufes, 
sit en plu ubtilitez,embufches, & autres attentatz de guerre faits par les [ndiés qui 
prefqueill onftroyent par cela que la gentilleffe de l'efprit reluit en chafcun des 
autant queMommes, & que la barbarie n'empefche point qu'à la force ne foit auffi 
rufloyentWonte la fagelfe pour la conduire:tant y a que fi les Chreftiens ne fe fuf- - 
r le moyément haftez de paffer la riuiere qui eft pres de Cufcô,c'eftoit fait de la vit- 
ouuoit lee que les Quitiés euflent redigé en cendres. En ce melme temps qui fut 7 doles d'er 
d'vn Lieu 153 4.0n prift la cité de Xaurà où l'on trouua grand abondance d'or,.P#r sderées ap 
Lui caufoirMg d'argent, & fur tout quatre moutons tous d’or fin,dix femmes de mef- Cafe 9: fous 
que l'en-Wne eftoffes fi bien faites qu'il n'y reftoit rien plus que la parolle: & à cel- F'habit defems 
eau, à cau- Mes cy ce peuple portoit fi grand hôneur & reuerence comme fi elles euf- #%5° 
leuues parent. efté dames de tout le monde, les adoroit, & honoroit comme déef- 
eiffent par: & les veftoit d'acouftrements riches,& precieux:les Pagez ieur par- 
ndre pla oient & leur prefentoient à boire & à manger tout ainfi quefrelleseuf-  . , 
s edifices, Bent eu vie.En Cufco fut faite la diftributiô des theforstant pour le Roy. C nfComis (ous 
re vn cheflque pour les Capitaines, & foldats,à chafcun felon fon merite, y pofa l'on Pobepfince d# 
 vne ville Mis limites & finages du terroir, & iurifdi@i6 fuyuêt la couftume de l'Eu- X? a'Efpase 
buince.af Mrope,y receuant pour citoyens ceux qui voulaiét y habiter , aufquelz on 8 #* 
s fut plus impofà loix,dôna priuileges,tant pour eftre nouueaux,que pour les obli- 
es qu'ilz Mer, & à rebaftir les lieux ruinez, & à deffendre la place côtre l'ennemy: 
l’enneny hquelle eftant & grande, & chef d'vn royaume puiffant, ie tafcheray de 
sen celle vous defcrire,ainfi queie w! recucilly de ceux qui l'ont eftigiée comme 
tles Qui l'ayans veuë, 8 en ayans mefuré le plan, & circonference d'iceluy tout à 
2 Mleuraife. Cufcd pour eftre la place principale des Koys du Peru,& où Les 


» trôpet4 


_— 


Re LIVRE QV'A TRIESME. 

ftignecrs faifoient ordinairement {eur refidence,eft auffi belle,grande,. 
bien baflie y ayant de beaux Palais, & fomptueufes maifons faices de pien 
re, & trefbien cimentées,d’autät qu'il y auoit peu d'hômes pauures quife 
tinffenten icelle,ains chafçun feigneur, & Cacique y ayant fon Jogis,ain 
qu'à Paris les Princes & {cigneurs tafchent de fy loger pour eftre presli 
perfonne du Roy fouuerain, La plus grand partie des maifons de Cufco 
fant faites de pierre, les autres ont feulement les portaux, & face du logis 
de Pierre,le refte eftant de terre, mais fi gentiment acouftrée qu'on » 
, .  fçauroitrien trouuer quo redire:les ruës droites, & faites en croix,bié pa- 
Defériptog nées & par le meillieu de chacune d'icelles paffant vn Aquedutte tout 
dela villede coz de muraille, mais font fort eftroittes, fi qu’à peine vn homme à che. 
Cféo. yal pafferoit par entre le mur du Canal, & celuy des maifons. 


; Cette cité eft afife für le hault & crope d'vne montaigne: plufieurs des 
B4f} ne de Edifices de laquelle font fur la pointe du mont, & d'autres au pied d’ice- 
le vitie de luy,& en la planure laplace eft faicte en quarré,aflife au bas, & pauée de 
Cufte. pierre fort menuë,autour de laquelle font pofées les maifons, & Palais 

des feigneurs pricipaux de la cité,paintes , 8 ageançées fort proprement 

. entre lefquelz logis le plus beau eft celuy d'vnancien Cacique nommé 
Guainacabä, où l’ouurage du portail ef fingulier, & cour de marbre bläc, 

& rouge, & d'autres couleurs doré & acouftré tellement qu'on penferoit 

voir la façon de quelqu'vn des plus experts architectes del'Europe. Des 

deux coftez de la cité paflét deux riuieres,qui ont leur fource deux lieuës 

Defériptis de PA deflus Cufcd, & tous les deux font pauez au fondz affin que l’eau {oit 
La Ciffadelle toufiours clere, & fans foufllure:& iaçoit que l’eau croilfe, fi eft-ce que ia. 
de Café. mais elle ne fy defborde, & de tousles coftez y font les pôts par lefquelz 
on entre en la ville. Du cofté le plus fafcheux ducoftau, où eft fitué 

le corps D pa de la cité y a vne fortereffe faitte d'vne terrafle,& la pl’ 

es feneftres, & ouuerturs:s de laquelle font fort belles, & 


part depierre, 
ayans veuë fur la ville pleine de chambres, fales, & bon logis, &au milieu 
vne grande tour ayant quatre coings c(gaux, & lapisrre dequoy cela eft 
fait, fi bien ioinéte, liée & maçonnée qu on ne cognoit ny apperçoit aucu- 
nement le mortier ny ciment qui en faitla coniunétion : les ouurages lif- 

. Lez, & polis,la manufa@ure fi merucilleufe,les logis & eftages tant diuers 
que ceux qui l'ont veuë n’ofent affermer qu'en Italie ayt vne piece! plus 
rare,ny mieux dreffée.Et ce qui eft d'efmerusillable en ceft edifice, c’elt 
de voir les pieces de pierre fi grâdes qu'6 diroit que celles qui feruêët d'en 
çoigneures, font de gros rochers & efcueilz, & iugeroit on chofe impo- 
fible que main d'hôme eut peu côduire cesmalfes pierreufes {ur vn haut 
edifice, fi les pieces admirables de Marbre, &.autres pierres qu’on voità 
Rome,au Colifée,& l'Efguille fain& Pierre, & file Theatre deVerône,& 
amphiteatre,ou Arenes de Nimes ne nous oftoient le doubte de ce mi- 
racle.La muraille eftit double en cefte fortereffe deCufcà,entre les deux 
Ærmes ger- murs la terre ÿ eft à fleur de creneaux:fiau large que trois charrettes y 


dées au fort chemineroiêët de frontien fomme il n’y a Citadelle en 13 Chreftienté plus 
quelles. forte,.ny mieux baftie,ny capable de plus grandes forces, à çaufe qu'on 
la dit fufBre à loger cinq mile foldats, Ce lieu feruoit aux Indiens 4 

| Magaln 


dtécenc 
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les deux 
rrettes y 
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iens de. 
Magalin 


DES TERRES NEVEVES 35 
Migazin out leurs armes, À ftiuoir mafluës,i4ces,arcz,flefches , hafthes 
de Brongé, car dé fer ils n'en vfoyént point,rondelles & Pauois,& pour- 
jints de Coton auffi forts prefque qu'vne anime, ou qu’vne efcaille:& 
dés h4bits pour les foldats de toutes fortes, & couleurs, là mis par les fei- 
eurs dé Cufcd:y voioit on ehcor dés couleurs d'azur,iaune& gris pout 
gindré letirs draps felon les fantaftés des Capitaines affémblans leurs cô- 
paignies, du plontb,dé l'Eftain,abondäce d'argent, peu d'or, diuerfes cou 
uertures, & le tout pour lé feruiée dés gs de guerre: qui me fait iuger q 
ce peuple n'eft pas {1 for que les Breiliés,ne fi mal policé que ceux qui fe C4n£ de le 
tiennent parmy les Canibales. La câufe dé la fondation de ce fort, eftre- fondarion de 
dtécen cefte (orte,qu'il y eut vn féigneur du fäg des Oreiôs,qui eft vne ce far, 
ligne de ce païs,ainfi que les Ingiz en font vne autre,lequel venant de la 
region ditté Condifuit, laquelle eft du cofté de la mer Pacifique, & con- 
querdt ce païs éôme grand guerrier qu'il eftoit,iufqu'à Bilcas, & laPro- 
uincé de Collao, voyant le terroir beau, & agreable y baftift la cité, & y 
feit fa refidence : mais pour mieux affeurer fon eftat, il commença le fort Cufco Pere 
fufdit, & le pofa en lieu pour commäder fur le refte de la ville. Ceftuy y d'_4rabalipa 
syant donné tel commencement, vint depuis le vieux Cufco pere d’'Atas éembellifé e7 
balipà,qui éftant Roy de quito,vfurpa la féigneurie de celte cité, & Iuy nomms cefle 
impofa fon nom de Cufcd , comme prefent elle en porte le tiltre : & ville. 
d'y a êu feigneur qui nefe foir efforcé d'emhellir, & fortifiér cefte Citi- 
delle ,& qui ne l'aye augmentée, d'où fen éft enfuyuie la perfectiontelle 
qu'à'prefent on y peut contempler. Cefte Citadelle defcouurant tout le 
s à l’entour, tait aufli voir à vn quart de licuë de la ville, le long de la 
tallée felon les riuieres voifincs,vne infinité de Palais, qui portént la face 
d'vngrâdT heatre, à caufe que le tout eft enuirôné de coftaux, &fertilles 
sllines, & qui feruét de pañfetemps & lieux de plaifir pour les feigneurs, 
& Caciques foy tenans en la ville. Ces maifons fufdittes feruér dé Maga- palais des prs 
fins, & font comme les greniers du pays à caufe à c’éft là qu'ô rétire,les ces a quoy fonr 
viures, fruits, Mahiz,cotons, laines armes métaux, & autres chofes necel: definez, 4 
fires pour la vie humaine, feruent aufli sucuns dé cés Palais pour y gar- Cu/o. 
der les tributs deuz au feigneur, les vns dequelz ne font que des pluma- 
ges,aufli en tel lieu ya qu'6 garde plus de 100550.pennache,& défquels 
on-fait des robes autant gentillés qu'homme pourroit imaginér én fom- 
ñe n’y a chofe aucune qui puiffe féruir de ladlle lé Cacique, & féigneur 
sen tire gabelle, &tribut, & le tour eft gardé en ces magafins pour Le fet- 
tice, & frais de la gusrre fil'efcheoit qu'il faille auoir affaire à quelqu'vn. 
Aurefteil y avne loy parmy eux, qui éft qu'aucü feigneur d'a congé de 
demourer au Palais de 6 predeceffeur cômé en fon heritage en ce vallô, 
âns fault que face baftir lieu propre pour luy, l’autre féruât aux cômans 
âges du Royaume:quieft caufe que’ ce lieu de plaifir el prefque auf ze more 
grand & bien baft que la ville mefm: d: Cufcd. Chaïcuü féigneur at suène d'e 
fon buffet d'or & d'argét, fes meubles, vtéliles,veftemés,& ioyaux quoy Lux m aifis 
qu'il meure, fi eft-ce que fon fucceffeur n'y prend rien, à caufe que lefti- en jure en 
gneur mort à pareil feruice ainfi deffunét qu'il eft,côme fi encor il eftoi: Cu. 
en vie : & font fes feruiteurs, femmes, & enfansaupres de luy lefèru: s 


QI 


LIVRE QVATRIESME. 
;  &iouïffans du fien auffi bien que iamais, fement le Mahiz ; font le breu- 
Seruice fast uage de dattes pour luy qu'on leur met fouuét en quelque quantité däs 
aux [egnenrs Jeurs fepulchres, entant que/comme i'ay dit) ils croyent que les mortz, 
deffénits en boiuent, & mangent en l’autre monde:les femmes filent la laine, & le co. 
Ces. ton, la tiffent, & en font des robes,qu'elles prefentét au feigneur deffun&, 
& la reftefert pour l'vfage de ceux qui le feruent:& tous enfemble , ho- 

norans le mort,adorant le Soleil,ainfi que font les autres qui habitent en 

tout ce païs defcript cy deffus.Mais fur tous les Caciques morts qu'ony 

adore n'é ya pas vn tät refpeété que Guainacaba, qui fut vn Roy fort re- 

douté,& qui regna fur prefquetout le Peru, & iufqu'à la mer, & goulphe 

qu’à prefenton dit de S.Mathieu,à caufe que ceft homme fut aymé gri- 

dement des fiens, pour les auoir deffenduz des Caribes de Colad,& des 

.,, courfes de ceux de Quito, Ilz le craignent encore tout mort qu'il eft, & 
Gnainacaba ont fon corps tout entier.en la ville de Cufcd,enuelopé dâs des riches, & 
roy adoré en precieux habits,ne luy manquant que le bout du nez feulement : & pour 
Cuféo,© c0- cognoiftre en quel pris ils ont eu ceft homme, ils ont deux autres images 
ment. luy reffemblans, qui font faites de croye, dedans lefquelles on à mis pour 
reliques le poil & les ongles qu'on eoupoit, & rognoit de fon corps tan- 

dis qu'il viuoit, & les abillemés, qu'il portoit que ce peuple honore auec 

telle reueréce,comme fi ces chofes fans ames auoyët en elles quelque di- 

uinité, Auf urentils fouuent ce corps de fon lieu, & le portent en place 

publique chantans, & dançans à l'entour, & les aucuns ne ceffans iour, & 

nuit de chaffer les mouches auec vn efuentouïr.Et fi quelques feigneurs 

du païs vont vifiter le Roy, il fault qu'auant que le voir ils aillent remer- 

cier ces images de croye, & puis le corps de Guainacabä,deuant lefquels 

ils font des grimaces, & fottes ceremonies qu'on fe fafcheroit d'en lire la 

moitié: & à ces feftes faflemble plus desoouo.perfonnes de toutes parts, 

defiräs de iouïr de la veüe de chofe fi fainte par eux eftimée. Au reftene 

fault péfer que l'efpaignol foit paifible polfeffeur detout ce païs d’autät 

u'il n'eft point vray-fembleble qu’vne poignée d'hômes qui y font paf- 

{ez, fut fuffifante de vaincre les miliers des Indiens affez bien armez, vail- 

Jans, & hardis en guerre,enuironnez de montaignes, & riuieres, & le pays 

y cftant fi fafcheux que les cheuaux à peine y peuuêt aller fans fe deffer. 

. rerà tous Îles coups, & d'auantage eux n’y ayät peu conduire l'artillerie, 

Mots qui4 pour eftre Cufco efloigné de la mer, & le pays mal ayfé à rompre pout 
fast les Effat. faire paffage.Mais ce qui leur à dôné cefte entrée n'a efté par autre moyé 
gl fég. d# que de la diffentiô qui eftoit entre ceux de Cufcd, & deQuità, car fupor 
Peru, tans les vns, & affoibliffans les autres, ils ont mis le pied en leurterre, {e 
font enrichis de leursthefors, & ont gaignéles emboucheures desriuie- 
res, & fait baftir aux bords d’icelles & pres la mer, & fur les paffages des 
montaignes , affin de tenir à leur deuotion leslieux où ils fçauent que 
font les mines d’or. PACA Le 1 l 


eux qui 
encor ce 


ueclefäl 
ur du 
de \ 
til duto 
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auquel il 
faigneur, 
œfoit , 6 
nance 
entreles 
refte des 
villages s 
des villes 
pierre, de 
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ler cefte: 
ce foit,er 
flcacy qu 
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autres les 
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cians de: 
En Cola 
ues, & ra 
bié vray 
& cftend 


cétlieué: 


A be, &c par 


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ple, & m 
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jantité dés 
les mortz, 
ce, & le co- 
r deffun&, 
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abitenten 
‘ts qu'on y 
oy fort re- 
x goulphe 
aymé gré- 
)laù, & des 
u'il eft, & 
s riches, & 
t: ëc pour 
res images 
mis pou 
Corps tan- 
nore auec 
uelque di- 
ten place 
ns iour, & 
s feigneurs 
ent remer. 
it lefquels 
d'en lire la 
tes parts, 
ureftene 
fs d'autit 
font paf- 
mez,vail- 
, &c le pays 
fe défie 
artillerie, 
pre pout 
itre moyé 
car fupor 
terre, {e 
desriyie- 
ffages des 
uent que 


. DES TERRES NEVFVES. 
De le Prouincede Colas mœurs des babitans d'icelle:çy en general des 


qui fe tiennent au Peru. Chap. 14. 
À plus efloignée regi6 du Peru eft cellequ'ô 


34 


nomme Colaù , qui eft defia expofée aux ri- Cr 


Lo Prob. 


gueurs de la froidure vers l’Antartique, & de ce vers le pol 
Ja tropique de Capricorne à quelquestrente A nrartique, 


HUN® deprez de l'equateur:& eft ce païs fi efloigné 
de la mer.que les habitans en iceluy n’ont au. 
cune cognoiffance d'icellé, la terre y eft haute 
& mediocrement en planure, fans prefque pas 
vo boys,ny foreft pourleur chauffage, telle- 

| #"# mêt à pour brufler ilzn'ôtautre cas,finô ce 4 
eux quifôt voifins de la mer leur aportét,& lefquelz fappellét Ingres, & 
encor ceux qui fe tiénét 1e 16g des riuieres aux lieux vn peu pl° chaults a- 
vec lefälz ilz efchäget des brebis, & autres beftes, des legumes , & Mahis 

our du boys.Or viuét ceux de Colad fort mecanigmét de racines d’her- 
ut A Mahis, & de plufieurs chofes de peu d'effe&,n6 à le pers foit infer- 
til du tout, & que les beftes ny foiét en grid abôdance.ains ps ob. 
ftant la tyränique exa@i6 du feigneur à qui ilz font, & doiuét obeïffance, 
auquel ilz font fi fubiets qu'il n’y a homme fi hardy, foit il gouuerneur, ou 
feigneur, qui ofaft fäs licence du Roy occir ny mäger de befte quelle que 
cefoit , & fault que les Caciques ployent fous la rigueur de cefte ordon- 
mance. Ce païs,pour efkre ainfi efloigné, n'a point efté ruiné des guerres 
entre les Ingaz & Oreions, ny par les côqueftes des Quitiens, ainfi que le 
refte des terres du Peru, & par ainfi ne fontaufli gaftées , ny les villes, & 
villages miles à bas, & y baftiffent affez fobrement,n’ayans point de gran- 
des villes,ny des baftimés que fort bas, bien que les murailles y foyent de 
pierre, de laquelle ilz ont plus d'abondance que de boys, & deterre, & 
couurent leurs maifons des pailles de leurs Mahis . Au refte ne fault cfgal 
ler cefte terre à celles de Cufcù, Tumbez, ny Quit en chofe quelle que 
ce foit,entant que la magnificence des autres obfcurcift la pauureté de ce- 
fleacy qui n’a rien que donner aux efträgers que du beftail, & encore faut 
mendierle congé de vendre le fien propre, tant ilz font efclaues, là où és 
autres les babitans peuuét eflargir, & or, & argét, & laines,& coton, & pier 
serie fans que les Ingaz,ou Caciques leur dônent empefchemeét,nc fe fou- 
cians de rien pourueu qu'onleur paye tribut felon l'ancienne couftume. 
En Colaô, n'y a de fi belles riuieres qu'au refte du Peru,ains y ôt les fleu- 
ues, & rares en nombre, & non de guere grand largeur, & gueables il eft 
bié vray qu'au milieu dela Prouince y a vn Lac de merucilleufe grädeur 
& eftendue, tellement qu'onle faitayant de longueur, & circuit plus de 
cét lieuës, & c’eft où le pays eft le mieux peuplé, & ou croift le plus d'her- 


A be, & par confequence y a plus de beftail, & abondance de toutes chofes. 


En ce Lac y a deux Ifles,enl'vne defquelles fe voitvne Mofquée,ou té- 
ple, & maifon du Soleil tenue en gräd pris, foit de temps ancien,ou de la 
memoire de ce fiecle,par tous les peuples voifins, & y vont fort reuerem- 


ment en pelerinage, y portent leurs offrandes d'or & d'argent, & autres ri= ” 


COURS 


nt, 
. é?, 


Painreté de 
ceux de Colaè 


Lac de Colte 
de grand fé 


He, 


Temple du 
Soleil riche 
nc olao. 


LIVRE QUATRIESME 

cheffes faifant leurs offrandes , & facrifices deuant l’Idole fur vne pierre 

tort grande qu'ilz nomm:nt Tichisaf à: 8e là Le malin efprit abufe ce mif. 

rable peupleauec fes refbonces, ainñ qu'en plulieurs autres endroits leu 

predifant les chofes aduenir felon qu'il luy en fontieurs demandes.C'eft 

merueille du gräd nôbre d'hômes qui font employéz au feruice de ccfte 

idole, 8e des Femmes qui ne fant rié autre cas que braffer le breuuage du 

seifin efun- païs nômé Chicà,qu'ilz efpanden fur la pierre Tichicafa pour facrifice, 
due dur l'r- ainfi qu'auons dit qu'on fait en Cufcd, fur le tombeau du Cacique Guai. 
dole de colgo, N3S2bà, & qui eft encore vne obferuation des anciens,qui efpandoyent 
* du vin für l’autel en faifant leurs facrifices. Sila Prouince de Colad eft 

pauure en vne chofe, elle eft auffi abondante en vne autre, ayant delà ce 

Lac,les riches mines qu’6 nomme de Chuchiabô pres vneriuiere, & fur 


Comme on Le. Va fource dicelle fiites comme vne Grotefque par la bouche de laquelle 


ue La mineen 


Cols, fouüiller les metaux,sins en font l'office auec vne Corne de Cerf,& por. 


tent cefte terre hors la grotte auec des cuirs, & peaux de certaines beftes 
qu'ilz coufent enfemble,tout ainfi 4 nous faifons les facz par deça,ou cü- 
me les boucz efquels on portel’huile.Le moyé qu'ils ont à lauer la mine 
eft qu'ils tirét du mefme fleuue vn vale d’eau qu'ils gettent fur quelques 
grandes pierres iffées & vnics,qu'ils ont le long du'bord#le lariuiere, & 
là deffus gettent la terre dela mine, puis tirent petit à petit l'eau par vn 
canal du vafe, laquelle emporte la terre à bas, & l'or demeure net fur ce- 


fte pierre.Les mines font profondes en terre, & fi eftroite l’étrée qu'il n'y 


peut qu’vn feul homme de front, & font d'ordinaire quelques fo. tant 
hômes que femmes employez à foffoyer l'or, & le tout pour le Cacique 
principal,auquel ils portét vn fi grand refpeét 4 merueille,& qui a à cha- 
cune mine des gardes leiquels font fi diligéte fétinelle fur les foffoyeurs 
&affineurs de metaux, qu'il eft impofble d'y efgarer aucune chofe , & 
fur le foir fault que chafcun porte l'or qu'il a ramaffé au commis du Prin. 
ce,qui fe tient la prés en vne maifon ne feruäât que pour le theforrecuelly 
és mines, Il y en a d'autres en diuers lieux, d'autant que tout le païs eft ré- 
ply de femence d'or, & lequel on ne foüille point que certaines faifons 
de l'an, a fçauoir lors que le Soleil refchauffe vn peu latérre, à caufe que 
guel le peuple les manouuriers ne fçauroyent durer au trauail,pour le froid exceflif qui 
del  Yregne. Le peuple de ce pays eft fort priué, domeftique, & fans rien de 
* malicieux, non à tout le moins, qui aproche de la finefle & mefchanceté 

des autres habitans du Peru: adonné au poflible à faire feruice à chafcun 

entoutce qu’ils peuuent, à quoy ilz font fiacouftumez que quelque 

chofe que leur Cacique ayt a faire, il ne fault qu'il commande entant que 

fes fubiets foffrent aflez d'eux mefmes d'executer ce qu'il a en fantafie: & 

fil fault aller en guerre, il a tout foudain des hommes prefts a porter tout 

le bagage, & de fa fuitte, & de fon armceé: ilz font grands, puiffans, robu- 

fes , ayans fort grandes mains, le vifage aflez beau , les yeux vn peu hi- 

deux, & terribles, mais & homme , & femmes fontfales, & vilainsen 

Jeur manger,& boire, & fans ciuilité quelconque en toutes leurs aétions: 

Quäd au pays voifins dela mer il y a plus d’hônefteté vn peu qu'é Cola 


T'out l'or tire 
des mines est 
ab roy en Co- 
la. 


ilz entrent pour y cauer,& creufer, faydäs non de fér,ou autre metal, à 


tous eft 
vefteme 
minger 
fur tous 
durepre 
taign es, 
toufiour 
lepeup 
queauc 
ce qu'il < 
onteni 
fig. n'e 
denulei 
verslesp 
mez à ja 
lzne pe 
vient au 
qui habit 
femence 
chers &: £ 
Roys de 
&autres 
iaçoit qu 
rant à C 
delesBr 
tenoyent 
vince Qu 
merport 
daluie, & 
La Cond 
fantetou 
maislesr 
nent, fon 
il foit fan 
iuiqu'à X 
chemin nr 
àpied,ny 
gneurs © 
pauer de 
ueurs, &c 
tous lest 
grez , & 
ierre pc 
he paffa 
pierre; & 
ieign, vi 


LIVRE QYUATRIESME 
ville chef de la prouince, & à laquelle toutes les petites villes, villages, & 
ham: ax, faut que rendenc obeï ffance, ainfi que par deça en aduient aux 
citez lieges de Senefchaux , Ballifs , ou bien à celles qui font erigées en 
courts fouueraines. En fomme en Colao,& pays des Ingres, & autres voi. 
fins des montaignes,le peuple y vie de Mahiz & beftail , ayäs des pafteurs 
qui fe tiennent loing des lieux où fonc les feméces , & qui ont certain car- 
tier de la prouince pour y paffer l'hyuerauec leurs troupeaux, eftäs les ha. 
Zithi des tn- bitans(comme dit eft par Éout(faufen Colad)gentils en leur habit , bien 
diens Oceide- veftuz. & chauffez, adônez à haucer le gobelet de leur Chiccà duquel ilz 
taux. fenyurent,peuple obeiflant, adonné à la guerre, & vfans des armes telles 
| que nous auons defcrit au chapitre precedant. Tous ces peuples en gene- 
ral couchent en deslits de coton, bien que aucuns en font de ioncz,de ro. 
feaux & herbes molles qu'ilz onttoutle long de l'année, d'autres fe con- 
tentent d'auoir les arbres pour pauillô,& courtines, & la belle terre pour 
leur gifte. Le coton y eftant femé y vient (cas merucilleux) ainfi qu'il fort 
: deterre coulouré diuerfemét de blanc,iaune,azuré,verd, & rouge, & bié 
qu'il n'y pieuue guere fouuent,fi eft-ce qu'ilz ont de la roufée faifonnant 
Œocca herbe à plaifir leursterres . Sur tout tant qu’ilz ont de chofes rares, ce que plus 
priféepar les jz prifent eft vne herbe qu'ilz nômét Coccà qu'ilz cheriffét plus que l'or 
Occidentaux. & demande leslieux chaults, & expofez au foleil:ilz la tiennent toufiours 
enla bouche, difans à elle les defaltere en leur foif,& allege leur apetitie 
ilz font affaillis de famine:c’eft pourquoy ilz en fement partout, & la re- 
cuillent aufli toutes les faifons de l’année . 11z viuent autant , ou plus de 
poiffon que de chair, & mangent le tout plus crud que cuit, fe nourriffant 
de Loups marins, du poil defquels ilz fe curét les déts,à caufe qu'ils croiét 
Deux fortes Que cela empefche que ilz ne fouffrét aucune douleur és gécines : ie laiffe 
de laine a  toutà efcient les beftes diuerfes,poiffons môfrueux, & oifeaux diuers en 
Peru. forme,beauté, & plumages,qui font en ces pays : & ne mettray en ieu les 
moutons à laine fine, & autres qui l'ont comme celle de noz cheures: de 
la fine on fait les habits,materaz,chaufles, & couuertures pour les grandz 
feign, & le petit floquet que les Roys, Ingaz fe portent fur le deuant de la 
tefte & au front affin d’eftreremarquez parmy des autres. Le vulgaire fe 
fait des habitz de l’autre forte de laine, qui font fatiz comme chemifes & 
ferrent leur tefte par deffus leurs cheueux auec vnebande faittout ainfi 
que la fangle d'vn cheual:les femmes fy fardenttoutes , & ontleurs che- 
démes du pe- miles longues iufqu'aux pieds, mais fans manches, bié eft vray que Pos def 
œn féfardens. fuselles portent de petits manteaux qu'elles agraffent auec des efpingles 
& attaches faites d'or,& d'ngéat quoy que elles fojét ainfi mignônes, 
que elles fatiffent & parent mignardement , fi font elles de grand labeur, 


& fecourent leurs maris en toutes leurs befoignes. Ces gens difent quele 
temps paflé ilz ont eu des Geantsen leur pays, & en monftroyent ies fta- 
tuës, & fimulachres hors de toute proportionaux Chreftiens, voire trou. 
ua l’on des offements,' des dents,& autres parties du corps humain, qui e- 
… Geans an Per ftoyent d’vne grandeur hors la commune ftature des homme: mais cela 
ru Le temps n'eft du tout hors de foy, veu que encvreà prefént ceux qui font le long 
pe. ds la riuiere de Plate font grans à merucilles, & telz qu'on en voit qui ont 


gdix, ou 
jdire 
eshom 
mais hd 
que gra 
uelcon 
lecôcep 
my eux, 
ulleffe di 
cret : le 
ilz y 1ont 
liens 
Jvniuers 
tent en b« 


plus haul 


anfi que 
ercesg 
hauteur c 
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nombre c 
ler les pie 
en foit le 
plus dign 
entant qu 
qui mon 
ment des 
cheffe no 
et pour 
pour l'ail 
tout ce q 
de ces ca 
auec Piza 
Peru vfet 
ruans la f 
fois qu'v 
desarcs, 
14, tout 4 
ches,dar 
de bois 
& ne {or 
pter pl 
dix cens 
faits de 
compta! 
feftonn 
& barb 


villages, & 
duient aux 
: crigées en 
autres voi- 
es pafteurs 
‘ertain Car- 
eftäs les ha. 
abit , bien 
duquel ilz 
rmestelles 
ss en gene 
ncz,de ro. 
res fe con- 
terre pour 
fi qu'il fort 
age, & bié 
aifonnant 
e que plus 
3s que l'or 
-toufiours 
r apetit,le 
t, & la re- 
ou plus de 
ourriffant 
ils croiét 
s:iclaifle 
diuers en 
enieules 
ures: de 
es grandz 
ant dela 
ulgaire fe 
emifes & 
tout ainfi 
surs che- 
ie par def 
pingles 
ignônes, 
1 labeur, 
tquele 
it es fta- 
ire troie 
n,qui e- 
jais cela 
le long 
quiont 


LIVRE QUVATRIESME pe 


a dix, & douze piedz de hauteur, & f forts & puiffans que Hercule n’eft 

idire fabuleux ny monftrueux, à qui regardera la puiffance effroyable de ?#/4$9nes 

eshommes,que aucuns ont nommez Patagones. Le pays y eft fi fain que G°4/: 4 ls 

gmais honmsé n'y ouyt parler aucunemét de pelte: & iadis ces gés' quel- ”/#/#re de 

que grand abondance d'or,& d'argët qu'ilz ayent,n'vfoient de monnoye Plate, 
yelconque,& moins fçauoient ilz que valent les lettres , pour declairer 74: du Perd 

kecôcept de leur 4 aux abfents,mais depuis que les chreftiés font par. fé pole. 

ny eux,ilz ont laiffé cefte brutalité, & ciuilifent leurs mœurs auec la gen. Morsye © 

illeffe de celte cognaiffance, qui feule manftre l'image de l'ame, & Le fe- letfres sadis 

erec de la penfée à ceux qui font efloignez de nous. Quant à l'architecture /60geues 4ÿ 

iz y font Fort experts,çcomme pouuez cognoiftre par ce que au:ns dit du Per“ 

piement de la citadelle de Cufcd, qui elt vne des plus belles pieces de 

l'vniuers: 8 pource que nous auons parlé des grolfes pierres qu'ils met- 

tent en befoigne,il faut fçauoir auec quel moy en ilz les portent iufqu'au 74e 44e 


Dplus hault des edifices où ilz les veulécaffoir auec de lachaux& mortier engin sls pere 


infi que nous en vfonsicy en cimentant les edifices.Vouläs donc mon- #& ksgrsds 
ter ces grands pierres,ilz mettent de la terre contre le mur fuyuant la P/érrese 
hauteur du baîtimët, & à mefure qu'on accroift la muraille, d’autät qu'ilz 

'ôt pot des engins pour tirer en haut la pierre, & par ainfi leur faut gräd 

cibré d'hômss,& pour porter la terre, la dreffer & fouler & pour rou- 

ler les pierres iufqu’au lieu de l’edifice où elles font requifes.Quoy queil , 

en foit les pauez des chemins publiques, & les murs qui les enformét font Chemins pa- 
plus dignes d'admiration que tous les Coloffes,ny Pyramides d'Egypte, #X 44 Pern. 
etant que fouuent on trouue de ces murailles côtenans plus de jo. lieuës 


qui monftre bien la richeffe de ce peuple, & la curiofité, & bon imefnage- 
nent des Roys à qui il fait obeïfance,entant qu'ilz ont employé leur ri- 
cheffe non en chofes fuperfluës ainfi queles roys Egyptiés,ains en ce qui 
et pour le prouffic de tous, & foulagement de toute la prouince, voire 
pour l'aife de ceux qui y re vlant comme d'vne repctition de 


out ce que deffus, & embraflint tout le pays du Peru fouz la generalité 
de ces couftumss, fuiuät ce que i'en ay recueilly des Efpaignolz qui eftäs 
aec Pizarre,nous en ont laifé par efCrit les memoires,ie dis que ceux du 
Peru vfent pour le plus communément pour armes de fondes , iettans, & “ue Al # 
ans la pierre, & droit, & li roidement que d’vn coup on a veu quelque: /#/#475 44 
fois qu'vn Endien a abatu vn homme d'armes efpaignol par terre : ilz ont Pe7# 

desarcs, & flefches acerées,le bout defquelles elt d'or,d'argent & de brô 

atout ainfi qu'ilz en font à leurs piques qui font de Palmier, à leurs ha- | 
ches,dards, & halebardes: & f'aydent de quelques morions de metail, & Comme ceux 
de bois & des animes, & corfeletz tous rembourrez gentiment de coton, du Pers 

& ne font fi beftiaux qu'on dit q font les Ameriques,quine {Gauent cô- comprent @* 
pter pl? haut que de cinq:}à ou ceuxcy côptét vn,dix,cêt, mille, dix mille gerrens. 

dix cens mille, & toufiours allant en accroiffantle nombre:ayäts des gets 

fits de pierres menuës & gentilles,ou de neuds de cordes de couleur: 8 

comptans fi rondemét,auec telle facilité, & certitude que les Efpaignolz Déz, quels at 
feftonnoyent de l'efprit, & fubtilité de ce peuple qu'ilz eftimoiét brutal. Per, 

& barbare:lequel encor iouë aux déz,n’en ayans toutesfois qu'vn,lequel 


ÆLrmes en 


LIVRE QYATRIESME : 
ef fait à!cinq carrez & faces,tourainfi que celuy qu’on fait pardeçä pour 
iouër au fort, & fur le liure dela fortune:cecy fait cognoiftre qu'il eft im. 


poflible que iadis ce peuple ayc etté fans auoir quelque cognoiffance plu| 


gräde que celle qu'il a à prefent, & que le téps paf ilz ont fceu quelque 

cas des Mathematiques,ainf que pouuôs recueillir par le iugemét qu'il 

fontfür l'apparitiô des comettes, & autres fignes nô vulgaires des aftres, 

ehettreuls a Quant à leur viure,nous auons dit ce font les fruiéts , le Mahis , &c legu- 
Peru fâcrez, M9 & leur boiflon vin de Palmes, & de Mahisl, duquel ilz fenyurent f 
bié,qu'ilz en perdéttoutiugemiät, difcretiô, & cognoiffance. [1z ont gräd 
& prefqueinfiny nôbre de cheureuls, foit nourris en leurs maifôs,ou cou 
rans par le païs peuplé,ou parmy la folitude des deferts,toutesfois fi fain. 
tement tenuz, & refpectez pour eftre facrezau Soleil,que les Rays Inga 
Lay fur la deffendirét fur peine de mort,que perfonne ne les chalfalk, prift ne tual 
chaffe des de ceux qui eftoient vagäs par le Païs.& que ceux qui en auoient de pro. 
pres, filz en prenoient que le difme en fut porté au temple du Soleil, À 

Paciacama, & autres Guaches,ou Dieux & Idoles de leur pays: aufquelz 


as S olesl, 


cheureuls au 


16 | 

pt ilz les facrilient,ainfique dit eft des brebis, & en aucuns endroitz des h. 
Murigges au TES mefmes. Or ces Ingaz ne feirent pas cefte loy , & ordonnance , tant 
Per quely.  POUT le refpeët du feruice de leurs 1doles,que prenans efgard à la police, 
& craignäs d'auoir faute de chair, fil furuenoit quelq gräâd guerre, fil e. 

Femmes du {toit permisindifferément à chacun de chaffer ces beftes:ainfi couurät dy 
Pers impudi. Mâteau de fainteté& religiô ceft edit,ils obtindrét du peuple& Caciques 
ques. ce que autrement ilz n’eulTent gaigné fans fe mettre au hazard deles faire 
mutiner, Les mariages au Peru ne font guererefpectez, & les hommes ne 

succès { foucient guere d'aucun degré de confänguinité,iaçoit quelesT in pu 
quelles a niffent ceux qui ofent abufer des femmes,ou qui font leurs efpoufes , ou 
Perb. qui feruent en leurs palais, mais hors de là,on n'a guere gräd efgard à loy 


aucune: voire les femmes ne font point d’eftat de celle loyauté qui,eft re. 
quiféen mariage, Aulli efpoufe chacun tout autant de femmes queil 
luy vient à la fantañe, & telle qu’il luy plaif, y ayant des Oreions quine 
font point confcience d'efpoufer leurs propres fœurs. [açoit qu’ilz foient 
bien efloignez de Calecuth,fi gardent & fuiuent ilz la loy des Caleeutiés 
entant que ce ne font point les enfans qui fuccedent à vn pere,ainsles fils 
de ja fœur,& fes neueux,fi ce ne font les Roys ingaz, & feig. qui fe difpé 


fent de telle feruitude.Mais dequoy eft.ce qu’ilz heritent,puis que nous BR 


pires gene-  AUONS dit que l’heritage demeure aux deffunts, & qu'ilz iouiffentauffi bié 
raux des ba- deleurs meubles, & ioyaux,comms: fi encor ilz eftoient en vie? Au refte 
birans du Je limple peuple y elt fi riche, & bien aifé que il n'au aucun partimoine & 
Perte. n’en veut, & qui pis eft, quäd biéiiz le voudroit, fi eft-ce queles Princes 
ne luy fouffriroient en forteaucune, & ainfi la toy des fucceffions y eft 

du tout fans effort quelconque.Or fi ce peuple eft idolatre extremement 

aufli ail des vices tout propres à celuy quine craintle vray Dieu , & n'a 
aycunereligion pure pour le retirer de {à mefchanceté:d'autät que le lar. 

cin y eftacompté à vertu, ilz fe gloriñent en leurs menfonges, la cruauté 

leur plaift, l'ingratitude elt des apénages de leur gé.il'effe, vilaias en pail. 
lardife,deteffables en Sodomie,ne fe foucians de l'honneur, eftumans la 

honte 


traiftre: 
de la tri 
àreccw 
nouuel 


tes chof 
de:&ne 
fulfét en 


honte 


moqué 


&téple 
lefuçhr 
pour fa 
Chrefti 
cement d 
ques ne 


descnla 
couloys 
queper 
font re 
nué del 
de bons £ 
duPeru 
comeles 
ne liquer 
& quifo 
dpourro 
medcgs 
dutroid 


& trois c 
les harbe 
y deuiau 
merueikk 
trons, O1 
grôd ab6 
œ quete 
tensles. £ 
ipelei 


deçà pour 


d'ileftim traiftres,cauteleux, & qui fe moquét de la loyauté, tout uinfi qu'ils fe riét 

fance plu de la trôperie fils peuuét en vfer en deceuanc quelcun.lis font fort durs. 

: quelque àreccuoir la Foy Chreftienne, tt pour ce que la do&rine leur en femble Perués (€ me 
mét qu'il nouuelle,g pour eftre côtraire du tout à leur façô brutale de vie, & f'en- g#e7? de la re 
les aîtres Æ moquét,fc difans côtens d'adover leur Paciacamà quielt createur de tou /g18 chrefhie- 
» &legu tes chofes,& dils ont en opinié q foit celuy qui déne clarté à tout le mô- #. 
nyurent (E de:&cne vouloyét plufieurs,quoy à ia Chreftiénez,fouffrir à leurs morts 
z ont grid AuTét entorrez és eglifes des Chreltiens,ains les portoyét aux Guaches, 
br . &téples des Idoles,y vfans de leurs ceremonies & abominatiô, difans d 

O1S$ 11 lin. 


ays Inga 
ne tuaf 


DESTERRES NEVFVES guy 
honte indigne de l'homme & Jacharité leur feruant de vice:8 en fomme 


Lefuçhrifl & @ doctrine eftoie pour les Efpaignols,& q leur pays n’eftoit 
pour faffuietcir à leurs fantafies. Auffi,à dire vray, les diuifions des chefs ?#r7#ey «4 
Chreftiés, qui ont eu charge du païs du Peru ont retardé béaucoup l’auä 77% le fo 


nt de pro cement de la foy parmy cette nation idolatre, à caufe que les Ecclefiafti #9 reveue, 
Soleil, il ques ne pouuoyent vaquer à predication parmy vn fi grand trouble de 

taufquelk® guerres civiles, chacun eftät entérit à fiure le party de fon amy, & le fa. 

tz deshôÆ uorifèr de fa puiffäcesainfi que pourrez Lire au Jiure fait fur cecy des guer 

ance , tant res d’être Pirarreës les Almagriftesscar les Euefques fe meflés des armes, 

la police & Fofloigaës de leurs troupeaux, ces gens qui n'eftoyét encor bien fon- 

re, Lil e-Æ descnlareligion, &.qui fe plaifayét en la villennie paffée, facilemét fef | 

ouurät dif couloysnt, & alloyent apres leurs défirs, & pe pa PRO ayätpre£ 

ii “4 us que-perfonne qui leur remonftraft leur faute sit ef vray qu’à prefent ils 
eIes taire 


font remis en deuoir, & recommencät à goufter ce dils auoyét difconti 


OmIneSs ne 


s Ingas pu de bons gauuerneurs,% fuffans pañhours en ce qui ft de l'Eglife. Ceux 
k ufes » UD du Peru en general merrent les mortsén terre:8ten embauméclesauciüs 
gard vol cômeles roys,& feig.defquelsils.anr'honne opiniô, leur mettant certai- 
qui,€it re. 


ne liqueur par le golier, laglle ilstirét de quelques arbres fouefs-Aairâts 


nes quel & qui font aromatiques, ou lesaignds de certaines gômes aufli precieufes 
nsquincE 4 pourroyételtre l'Aloez,oula Myrrhe du leuñt. Encar ont ils couftu- 
ilz foient EE me de garder los corps au dedis des creux des haureamôtaignes, à caufe 
alceutiés D du froid qui et cinfe-à les droguaurs trouuétabondéce de béne Môraie 
ns les fils EE par toute païs, & Prouinec de Cufcd,& fur tout en Tumbez & Colao, 
ife difpé EE &:le long des montaignes, qui le plus regardent le Nord, & fontexpofées 
ue nous D À la tramôtaue:où Les hôares vinôt four üguerbent, & y font d'vne mer- 
auf bié D ueilleufe remparature, 8 fains au podible. La terre y oft merucilleulemét 
Au relte D frtilede forte 4 on a veu que d'en feul grain d'ocge,en font fortis deux 
noine & D & trois cens, &:d vne fcusblée de bled en prouéliter iufqu'à neuf cens,& 
Princes D jes herbes qui: racine, comme raues,rcforts. & autres femblables, 
pns y cit D y deuianét-debimefuément groffes taurle terroir et gras:&r ÿ prouffisent 
nement D merucibeufemée tous les fruirsqui ontiufl fois aigre,ou doux, côme Ci- 
L, 8 na M trons,Oréges,& Grenadiers, & y viénentics cannes à fucre en bien fort 
elelar D aréd abédance. On ne prénd point difime fur leurs biés, quoy que ce foit 
Cruaduté 


ce quetous doiuét à seluy quickepastia doctrine fpirituelle,ains font con 

tiens les gens d'Eglife de ca que-cépeuple lsuridone volëtairemit à fin d 

pe {e.l'dshalt de nelle leuée,& Glaiffant laloy qu'écore st fauourée q 
r 


en pail. 
mans la 
honte 


aué de cherir par le bon ordre à le Roy Kfpaignol y a dôué, y enuoyät 


S'epulsure 
quelle as Pe- 
ri. 


Monmies fe 
frouucnt 4 


Grand ferti- 
lste du Per. 


LIVRE QVATRIESME 

L_Ferce des peu. pourroit facilement chaffer de fes terres. Et fi vous lifez les liures faits für 
ples du Pers les côqueftes de ce païs, vous verrez facilement,que fi l’Efpaignol n'eut 
O7 4e leur gaigné le cœur d'aucuns Caciques, il eftoit hors de fa puiffäce d'y mettre 
Pos. iamais le pied, veu le nôbre du peuple qui vaen guerre,qui monte quel- 
quefois à2000 :0.& d'auâtage,hardis, vailläs,forts& robuftes hômes qui 

fouffr ét toutes les incômoditez du chault & du froid,fe côtétans de peu, 

obeiffans à leurs Ingaz 8& Caciques,affez bien armez,fins, & rufez,& qui 


n'ignorent les furprifesde guerre, & pour conclufi6 le païs defquels n’eft 


guere acceflible à caufe des eaux impetueufes, & larges, &pour eftre tout 
borné de montaignes dés Caftille d'or,iufqu’au deftroit Magellanique. 


De Panamä,@ en general de tout lepasys Indien ebesffant aux Efpasgnels 
© @confideration des peuples qui y habitent. Chapitre et 


&\ | Ource que pour aller au Peru fuiuant la cofte de la 
Kg |mer deSur, & regardät le Ponant, leipays voifin de 
PA la cité de Panamä eft comme vne clef, & paffage, &c: 
[qu'il faut courir le païs de Nicaraguà,ains que voir 
LB] cefte eftéduë par nous defcrite cy deflus : ayäs dif- 
filcouru que c'eft du Peru, & terres en luy côprifes, 


AUS Indié nouuellemét conquis, & où tät de Chreftiés 

y ont finy leurs iours auec grand ahä, & trifteffe,Gonzal de Vadaioz ,& 

Diego d’Ariaz capitaines renômez és côqueftes des Indes;ont efté ceux 

Genzal ads qui couräs dez Caftille d'or,iufqu'à la mer de Sur, defcouurirét auf les 
107» Diego terres de Pariza, Natä, & Coiua, ayäs ouy queles #/: d'icelles eftoyent 
d'Ærrax.ont des plus riches de l'vniuers:& côméça leur courfe dés l'an de grace 1515. 
defcouurre la À Coiuails veirét les efclaues naturels du païs qui füt nais aux feigneurs, 
merdeSur.  feruäs leurs maiftres à pouter leurs hardes, mettreleurfemëces enter- 
re, tirer l’or des mines, &faire tout autre feruice à eux neceffaire.Or pour 

ne les perdre point ils les marquêt, ainfi qu'on vfepardéça à l’édroit des 

Coine riche cheuaux & autres beftes & fôt les caracteres, & noirs, & rouges; fait d'vn 
pays en or,&- oz ou efpine de poiff6, & pource faire,ils leur incifent& fôt dés taillades 
les efélaues.  furles ioüces , y mettäs dedans d'vne pouldre noire ou rouge fi forte que 
les pauures ferfs feront cinq,ou fix iours fans pouuoir rien manger, mais 

cela eftant fec,il eft impoflible de iamais en effacer, n’y ofter l'imprefl6, 

Panama pre- ny la couleur. Laiffans Coiuà, & fes richeffes qui font grädes, voyons Pa. 
miere ville namà,qui iaçoit que ce ne foit prefque rien, pour n’eftre quevne petite. 
Chreffienne ville mal fondée, & mal faine, fi eft-ce que elle eft des plus remarquées 
des Indes 0c- de tous les pays Occidentaux, à caufe que elle eft le grand paffage du Pe 
codentales en ru, & l’acheminement vers la mer pacifique : & a allé vn longtempsle 
terre ferme, fiege de l'audience Royale d'Efpaigne aux Indes, & le premier lieu où 
les Chreftiens ayent eu Euefque enterre ferme,ce que ieramentoy vo 

dontiers afin que ceux qui drefferont des Chroniques, ayents ce refped 


que de laiffer à la pofterité la memoire du premier fiege en cemonde 


à demy;il ne fe reuoltaft,ayäcapris la façô de guerroyer des noftres,qü'il 


verrons aufli ces autres:affin de mettre fin à ce qe 


nouueal 
ceffeur d 
Dieu, fu 
tions à l: 
Ence 
fil vient 
pays y € 
mais fur 
ment, | 
gré, 8e n° 
nombre 
la Proui 
en ayant 
delong.I 
tout ainfi 
& parollé 
fille d'o 
rà,c'eft à 
auons ve 
adonné a 
teoifiucté 
captiue {o 
en ce pays 
des femm 
les nuits q 
conceuoy 
iefté emb 
q vo diabl: 
acointanc« 
les preftre: 
que leur L 
aulfi les ill: 
mefmeme! 
cognoiffar 
lame,auffi 
theniens : 
comme de 
faneantiffe 
ture,ny de 
tlaues pou: 
durable &: 
vez, & flet 
né du pain, 
Miis aux C 
me, quece 
feu, & penc 


N dation ancienne les vns d’vne forte , lesautres d'vne autre, et. fil en 


LIVRE QYATRIESME 
des feruiteurs pour les feruir en l'autre mondo, & la femme que lemon 
aura la mioux aymée durät fa vie: & tandis quele corpseft misen terre, 
ceux, & celles qui doiuent l’accôpaigner au gifte mortel, dancét, & chä- 
tét, & font cuire le poifon qu'ils doiuent humer,puis f'eftans refiouïs; l'a 
vallentioyeufement; & meurenten prefence de tout le peuple: tellemét 
que bien fouuent on en voit& cinquäte, &foixante qui fe facrifient ainfi 
aux ombres de leurs Casiques. D’autres font fi fots, &c hors de leur fens, 
que fe fentans fort affaillis de mat, & cognoidans que les forces:leur mi. 
quét, féirontau milieu d’vne campaigne pour là eftremägez apres leur 

Comme Les mort,des oyfeaux, & feruir de pafture aux beftes farouches,le vétre def- 

| Reysen Pana. Quelles Leur fert de tombeau& fepulture.Lors que les Roiteletsi& Caci- 

” ma declarens ques font au lit de la mort;il fait venir fes enfans, 8&:baife les picdi:à ceux 
Leur faccefèrr Que il cherift le plus, &.ce figne de baifement eft l'ordonnancé de fa der. 
niere volonté, d'autant que ceux à qui ilmonftre cefte fâueur, font par 
cela inftituez fes heritiers, 8 ne peut on ofter la couronneà celuy auquel 
il aura premicrement fait ceft hommage. 

Non loin de Panami font les ifles des Perles, defquellessuons parlé cy. 
deflus, & ne veux longuement m'amufer à deduire,comme eft-ce que ce 
peuple pefche cefte marchädife,d'autätqu'il yena,qui en ont, traité bié 
au long , ioint que fi ie vouloy n’y arrefter, il faudroit m’efloigner de la 
. matiere quei'ay pl’ à cœur que le recit des Perles,qui y ft belles, 8 des 
Perles exqui- plus fines de tout l'Occident, & telles que on en a trouué qui valoyët,& 
isen l'Ifle des firét acheptcés1200.ducats fur le lieu mefme:ie ne fçay fi legoulphe, & 
Perles en ls foin Perfique en porte de plus cheres: & fi Les ifles d'Ormuz & Baharä en 
merde Sur. nourriffent de plusrares, & precieufes. Ie, feroy tort au leéteur, fiayant 
defcrit plufieurs Prouïces Occidétales j'en laifloy vne,qui-eft&cdes plus 
hé ,, belles &riches, & qui ayant efté aueugiée plus qu'aucuglement en la | 

Néaraguadef faleté obfcure de idolatrie à receu de nolfre temps le faint Euâgile : c'eft 
coberf P4r Nicaraguà ainfi nommée du Roy quicommandoit enicelle, et: le pre- 
Gilgenx sl. mier qui a receu la foy Chreftienne dés l’an 1522.par les moyens d'vn El. 
paignol nômé Gilgonzal d'Auile qui le feit prefcher par vnrelipieux de 
, .e l'érdre dela Mercy. Comme ce peuple fut adonn£du tout au facrifice 
Nicar4gié$ ct cffufion du fang humain, ilne {e fafcha de rien tant en fe foumettant 
dequey féblaï- à ja foy des Chreftiens que lors quel ouyt, qui ne failloie point fe guer- 
nent fe Chre rover Y'vn l'autre , ny dancer Le iour de leurs feftes : et difoyent que 
#45. j]s ne faifoyentiniure à homme du monde en dançant, et prenans leur 
plaifir puis qu'aucü ne fe plaignoit de leurs façôsde faire:au refte quils ne 
Demandes du faifoyét point difficulté d'eftre baptifez et quitter les idoles, mais de get- 
79 Niära- ter leurs armes en vn coing.fouzla garde des femmes , et ffamufer au la- 
£“4 aux Chre bourage,ce n’eftoit la vie d’vniiomme de bon cœur , ains pluftoft le fait 

Jen. d’vn effeminé et fans aucune puiffance. De ce Nicaraguà ef dit que c- 

ftant hommefage, accort , et (açhant beaucoup des antiquitez de fa ma, 
ti6,il fenqueroit des Chreftiés,fi 


ils auoy£t poit cognoiflance du deluge: 
cär (comme ie vous ay defia ditailleur ) ces peuples croyent cefte inon- 


viendroit point vn autre pour nettoyer etabyfmer,et hommes et beftes, 


s'enq 
Je Ciel! 
jour leu 
come 
tré la ca 
les hôm 


qu'il ef 


greable. 
jeur dut 
ple ado: 
fut & q1 
fenquif 
grand L 
que les: 
elles fai 
cretau ? 
Soleil : | 
côduifo 
obtenu 
baptifer 
celles fu 
harichef 
& mefm 
icelles fc 
milieu v 
gent, & 
magmific 
dans les 
ne. Tou 
né,nyo 
fronc , € 
& fe raf< 
hardis, 
la tefte: 
deMexi 
mefmes 
liers,& 
de ceme 
aux foire 
entemp 
manger, 
jufques à 
les femn 
point, & 
nudz fe 
embellis 


elemon 

en terte, 

t,&t ch 
ioufsyl'a 

tellemét 

hent ainfi 
leur fens, 
leur mi- 
pres leur 
rétre def- 
s\&e Caci- 
di à ceux 
de fa der 
, font par 
sy auquel 


parlé cy 
cequece 
traité bié 
gner dela 
Fe, 8 des 
aloy Et, & 
>ulphe, & 
Baharä ent 
r, fiayant 
k des plus 


nent en là | 


aile : c’eft 
et le pre- 
sd'vn El: 
ipieux de 
 cifice 
umettant 
it fe guer- 
pyent que 
ans leur 
equilsne 
ais de get- 
fer au la- 
oft le fait 
dit que e- 
de fa na- 
u deluge: 
cinon- 

et Fil en 
et beftes, 


DES TERRES NEVFVES. 1319 

S'enqueroit fi la terre feroit vniour renuerfée c'en deffus deffouz , & fi 
JeCieltomberoit, & le Soleil, Lune, & eftoiles ne perdroyent point vn 
jour leur clairté, & cours ordinaire:car ilz tiennent que cela doit aduenir, 
come auf ilz croyent que le monde doit prendre fin.Demanda enou- 
me la caufe de l'obfcurciffement de La nuit, & laraifon du froid quiaffligé 
les hômes:accufant pat mefme moyen la nature en deux chofes , quepuis 


| qu'il eft ainfi que la ciairté, & chaleur naturelle font meilleures, & plus as 


greables que la froidure,ny obfcurité , neätmoins , elle n’auoit fait la cha- 
leur durableny la fplendeur perpetuelle. Et comme ainfi foit que ce peu- 
pleadoraft le foleil: ce grand & fage Roy, quelquerude & Barbare qu'il 
fut & quoy qu’allaft tout nud, & fut fans lettres, ny doétrine quelcôque; 
fenquift quelles graces il failloit rendre, & commedeuoiteftre adoré ce 
Éd Dieu qi a fait le mi es tout l'ornement dumonde:&oùeft-ce : = 

ue les ames fe retiroyent fortans des corps des hommes,&qu'eft ceque 1." 
les faifoyent rer His forties de dur pire A la fin dérives en fés a Sn 
cretau Trucheman fi les Chreftiens eftoientvenuz du Ciel, &enfans du NE 
Soleil : puis qu'ilz eftoyent fi fubtilz, & puiffans, & que fifagementilzfe ,,,,; 
côduifoyent en leurs affaires: 8 à la fin de toutes ces demandés , & ayans ii 
obtenu refponce,& fatisfaétion furicelles, ne feit aucune difficulté de fe 
baptifer. Les villes de Nicaragua ne font pas grandes, mais lenombre d’i- 
celles fupplée à la grandeur, les baftimens differensles vns des'autres,felô 
lricheffe des potfeffeurs ,à où aux villages tout y eft de pareille gtädeur 
& mefme eftoffe.Les temples, & Palaisfont ceins de grâdes places, &en 
icelles font affifes les maïfons des plus riches, & nobies du pays”, ayansau 
milieu vn logis pour les orfeures , car ilz befoignenttrefbion en or &ar- }5.ouixt 
gent, & font de treflubtilz ouurages. Mais par tout leurs maifonsne font & rafônt La rè 
magnifques,à caufe qu'és 1fles il y en a qui habitént( comme finges ) de- fe 
dans les creux des arbres, & y repofent-de nuit, voire y drélfent leur cuif.” 
ne. Tous font d'affez belle flature,tirans plus fur le blancique für le baza- 
né, ny oliuaftre : & dés leur enfance on leur fair vne foffette au milieu du 
fronc , eftimans que céla foitla plusgrande beauté que foitenl'homimeé: 
&ferafent la moitié des cheueux parle deuant,muisles plus vaitlans, & 
hardis, rafent tout, faufvn toupet de peil qu'ilz fe laiffentau fomrmet de 
latefte: & ce percentto”, & le nez & les léures,&' oreilles -ainff que ceux 
de Mexique, y attachans desaneaux &:cercles, &autresiéÿaux, portans pommes de 
mefmes habitz, comme auffi font les fermes, léfqueltes fe parent de Col. xs 
liers,& carquans d'or, fe chargent de brafleletz , & font fi peu décompte font l'office 
de cemetal,qu'elles en enrichiffent leur chauflure: Cefôntelles qui vont des bmmes: 
aux foires, & marchez, & font les cfchanges, là otileshommés (fi cen’eft fyfen Le 
entemps de guerre) f'arreftent à la maifon pour faire du feu , acouftrer à sms. 
manger, & autres telz offices, voire qu'à Duracà & Caniore, il fhumiliét 
jufques à manier le fufeau & quenoïlle , &fe croupiffans pour piffer, & 
es femmes au contraire y piffant toutes debout, iaçoit que tous ne viuent 
point, & n'vfent de pareilles façons de faire. Hz vont prefque par tout to” 
nudz fe paignans de diuerfes couleurs les corps, mais für tout les bras font 
embellis de telle painture: & lient leurs cheueux aucuns par derriere, & 

RRKr iij: 


Ceremonie de 
mariage en 
Nicaragua. 


Punitin des rendant ce qu'elle a porté à fon mary , fans que toutesfois elle ofaft fe re- 
… sdultresen  marier:l’hommeauffi qui prend deux femmes legitimes , & auec la cerc- 
Nicargua.  monie fufdite eft côndemné à tenir prifon perpetuelle , & fon bien eft 


Bigames com. qui veut fe venger des cornes qu'on luy a planté für la tefte, Voire la fem 


mepuni. 


LIVRE QUATRIESM E 
auctes fur le fommet de la tefte,il en y a qui portent des brayes pour cou- 
urirleurs parties honteufes,mais ce bc les hômes d'aage parfait: & d'au. 
tres, qui fe lientle membreentre les feffes, difant que cela fert à lagene- 
ration, &qu'aurelte c'eft aux beftes fans raifon de le porter pendant , & 
à l'homme de leferrer en cefte forte . Leurs mariagesfe font ainfi,iaçoit 
que chafcun prenne plufieurs femmes , fi en y a iltoufiours vne qui eftla 
principale, & eft eftimée legitimelur toutes lesautres , & laquelle le ma- 
ry prendauec tefte ceremonie. Deuant le preftrede l’idole qu'ilz font ice 
luy les prend par leurs petits doigts, & les conduit en vne chäbrette dans 
laquelle y a du feu allumé, lequel tandis que dure, le preftre ne ceffe d’ad. 
monncfer lesefpoufez: & fi toft que le feu eft eftaint:, aufli la ceremonie 
du mariage eft confommée . L'homme efpofant vne fille pour pucelle, 
& que puis apresil la trouue autre, la peutregetter , & lailfer , maisautre- 
ment il ne luy eft point loifible de la repudier:il y en a qui font fi bôs,que 
de donner leurs femmes aux Caciques pour auoir la premiere pointe, tant, 
pour honorer leur Roy auec cefte faueur,que pour fe deliurer du foupçô 
de la corruption de fa femme . fl n’y a aucun qui aproche de fon efpoufe 
tandis qu’elle à fon fluz (aufli ne font les Ameriques,ny Brefiliens ) & ne 
couchentauec elles lors qu'ilz fement leurs grains, ou qu'ilz ieufnent : & 
lors ilz fabftiennent du fel, & de toute chofe qui peut les enyurer. 

N'eft loifible à la femme fouffrant fes moys d’entrer au temple,ny en lieu 
où foyent leurs idoles, & perfonne ne mange “ien qu'elles attogchent,ny 
manient : &c fivne femme eft trouuée en adultere on la repudie , en luy 


euplee 
Le où :! 
hpidé fans 
olzles a 
uice des m 
fémes , afi 
elle fe fai fc 
dés qu'efta 
toyables: 8 
eut flaté 1 
uitude, c’el 
jetz, à caufe 
Kesne pre 
ce miferab 
Éfpaignolz 
ie il 
fer l'eftrans 
cumeux de 
lz ont bela 
leur dire,q 
quelque m 
en autre li 
maifon,ny 
poche de f: 
ques porte 
tequ'ilz or 
en la tefte, 
qu'il luy a £ 
changer,ou 
que fi celt « 
fert de viti 
ar ceux qu 
pourroient 
leurs feignc 
deteftable ( 
ably loy 
peine aucut 
dition, faul 
occis. Et ef 


côfifque à fa premierefemme. L'homme qui eft furpris auec vne femme 
mariéeeft puny à coups de bafton, mais le tuer n'eft point permis, au re- 
fte n'y a que les parens de la femme qui foient infamez en cecy,& l'hôme 


me qui fe ioüe auec autre,qu’à fon mary, n'y eft point recherchée, fi le ma 
ry l'ayme tant foitpeu , & n'en reçoit peine,ny infamie,ains qui plus ef, 
ilz foncfi bons, & charitables qu'à certaines feftes de l'an , ilz confentent 
volontiers qu’elles choififfent quelque amy pour fe donner du bô temps. 
Aureftelscommun c'eft, queles femmes en ce pays là ains que fe marier 
ne {ont guere chaftes,ny pudiques,mais mariées qui font , elles changent 
de vie, & deuiennent fort honneftes, & vertueufes. Les filles qui font fans 
party ont couftume certaines feftes, & faifons de l'an de faflembler, & ef. 
lire mary de la troupe des garfons, & iouuéceaüx;,qui fe trouuët à telle fe. 
fte. Quiconque viole, & rauift vne fille, & qu'elle f'en plaigne, 11 fault que 


il Ja dote,ou foit efclaue des parents d’icelle:mais fi c'eft vn efclue ou fer- Hily a desfe 
uiteur,qui fe ioüe à la fille de fon maiftre,laloy , & vfage du paysporte Mque:Oùil; 
qu'il foit enterré tout vif, fans que la fille en reçoiue ny peine, nyaucun d'hommes 


& farment 
hchaffe, & 
leurs, & pli 
font ainfi c 


deshonneur,Les Bordeaux y font receuz, & le Au de celles qui fa 
bandonnent,& proftituét elt de dix Cacaos, qui font comme petites noi- 
fettes, digne recompencçe d'vn fi vil.& poltron feruice:& d'autant que ce 


ur COU- 
:8c d'au. 
lagenc- 
dant , & 
\fi,iaçoit 
qui eff la 
le le ma- 
font ice 
tte dans 
(fe d’ad. 
remonie 
| pucelle, 
isautre- 
bôs,que 
run 
1{oupçô 
| éfhoute 
is ) & ne 
nent : & 
re 
y en lieu 
hent,ny 
, en luy 
aft {e re- 
la cere- 
bien eft 
e femme 
»au re- 
l'hôme 
cela fem 
fi le ma 
plus eft, 
ifentent 
D temps 
marier 
angent 
bnt fans 
r, & ef. 
telle.fe. 
ult que 
ou fer- 
sporte 
aucun 
qui fa 
es noi- 
que ce 


| .. DES TERRES NEVFVES. 320 
euple eft fubiet au peché contrenature, quiconque eft trouué en ces 2 
Eux où :! ya des garfes publiques, fe fouiller en la Sodomie;il eft occis& Vétragus- 
hpidé fans aucune remifli6 ny grace.Les Nicaraguiens voyäsles Efpai- ‘: f4 chent 
golz les oppreffer pl° que de raifon, & les employer côme beftes au fer. de f'efendre . 
ice des mines, feirent côme ceux de Haïti, ne couchäs plus auec leurs ©” powrgere 
fmes , afin de n'engendrer des efclaues, & fi quelque féme engroflifloit, 

ele fe faifoit auorter auec certaines drogues,ou bien fuffoquoiét l'enfant 

dés que né,pour en ofter la puiffance à leurs feigneurs trop peu pi- 

toyables: & f1 vn des gouuerneurs nommé Pedrarias n'y euft pourueu, & 

peut flaté le peuple, luy promettant, & liberté & allegeance de telle fer 

witude,c'eft fans nul doubte,que däs cinq ou fix ans, il fe fut veu fans füb 

ietz,à caufe que plufieurs fe faifoient mourir les vns de poifon, & les au- 

tres ne prenans aucune fubftance pour fetenir les corps en force. Souuét 

we miferable peuple fadreffoic à fes idoles, prioit fon Tuirà de chaffer les RP de 
Efpaignolz de leur terre,mais Le diable leur refpondoit,qu'il ne pouuoit * 74% ##* 

ce faire, fil ne mettoit la mer fur leur dor, & que ce faifant, & cuidät chaf V4" giiens 
fer l'etranger, & le ruyner, il abifmeroit les fiens mefmes auec les flotz ef 

tumeux de l'Ocean.En Nicaraguà ceux qui ont faute, demandent ce que 

lz ont befoing à ceux qui font plus riches, fans les prier autremét que de ii 
kur dire,qu'ilz requierent cela preffez de neceflité,ou eftans affailliz de 
quelque maladie. Si quelqu'vn entre les Nicaraguiens veut aller habiter 
en autre lieu que la ville de fà naïffance,il ne peut vendre ny aliener fa 
maifon,ny patrimoine, ains fault que les laiffe à celuy quiluy feralepl° ;, fn ne 
poche de fang.Leur iuftice ef affez rigoureufe, & les officiers des Caci- fôrtent des fa 
ques portent des baguettes,comme noz Sergeants en figne de la sit ET : 
te qu'ilz ont,celuy qui defrobe eft t6du fans qu'on luy laiffe vn feul poil 
en la vefte, & demeure l’efclaue de celuy,à quiila fait le larcin iufqu'à ce 
qu'il luy a fait facisfa@tion, lequel le peut & ioüer & vendre,mais non ef- 
thanger,ou mettre à rançon fans le confentement, & licence du Caciquez 
que f1 ceft efclaue eft longuement fans fe rachapter detelle feruitude, it 
fert de vitime, & facrifice deuant leurs idolles, & en prennent leur curée, 
ar ceux qui ne font point Chreftiens font auffi bien mäge-hommes que 
pourroient citre les Canibales.Ces peuples tous en general refpectent tât 
leurs feigneurs & Caciques,que croyans que iamais homme ne feroit fi 
deteftable que de mettre violentement la main fur vn Roy,ils n’ont aufli 
dtably loy quelconque contre va tel homicide, de tuer vn efclaue, n’y a 
peine aucune ordonnée:mais fi quelqu'vn occift vnhomme libre de cô- 
dition, fault qu'en rende vn pareil aux enfans, & parés de celuy qui a efté ponrquéy n°y 
occis. Et eft le pays fi bien party,que tout ainfi qu’en Alemaigne & Italie 4 /ey contre 
ily a des feigneurs, & des citez franches, & non fubiettes à Roy quelcô- ceux qui oc- 


milles en Ni: 
CET OUR 


lue: Où il y a Roy,n’eft permis de faire aucüe alfemblée, & für tout amas sens le Roy, 


d'hommes pour la guerre, fansle commandementexpres du Cacique: 
& farmentlesvnsles autres à caufe des limites, & finages, fouuent pour. 
hchaffe, & pourmoindreoccafion, voire pour la querelle de fe dire meil 
leurs, & plus braues que ne font leurs voylins, & n'eft là feulement qu'ilz 

font ain chatouilleux,et faciles à e guerroyer;ains en vent par tous Les 


LIVRE QYATRIESME 
Surquey font pays portanstiltred’indes Occidentales:& le plus fouuêt ce quiles mey 
fondées les à fentrefaire guerre n'elt que pour enleuer des. hommes, affin de Les fâcr 
guerres des fier aux Idoles,& fe fafchäs de fe foüiller les mainsau fang de leurs paré 
Nicaragmsens iaçoit queghafcun feftime plus que bien-heureux fil luy éfFheoit d'eftre 
choifi pour le facrifice: & à chacun Cacique des enfcignes $c marques 
| ., Particulieres pour recognoiftre les {oldacz & fuhie@z d'auac les bandes 
pilles fräches de fon voyfn. Les villes qui iouy Sent de leur libertéeilifent va chef tou 
en Nicaragua tes Îes fois qu'il faut guecroyer,auquel elles donnent fouueraine pui ffan- 
2e ce de tout faire, fans qu'aucun puifle appeller de rien qu'il ordonne eftit 
Punition des } [4 guerre, Le foldat qui craint de combatre,ou f'eft porté couardement 
cards. à la bataille,elt priué de fes armes, & chaffé de la compagnie des autres: 
& iouift.chafcun de tour ce qu'il pille, & butine,faufdes prifonniers qui 
fontau public, & Jefquelz il faut reprefenter fur peine dela vie, afin que 
ilz foient facrifiez dés qu'ilz font retirez en leurs villes;aufli n’y a il moyé 
aucun de les r'auoir par rançô,ny enefchange,chafcua fe côtentant fort 
d’auoir le mayan d'immoler,& mäger fon aduerfaire. Et font hardis,cou. 
rageux, vaillans, $ rufez en fair de guerre, & qui furprennët fort figemét 
k leurs ennemis, aiafi-que fouuent les efpaignula en ont veu l'experience, 
Medecins Les vicilles femmes font celles qui fe meflent de la guerifon des malades, 
quelz, en Ns- ainfi qu'en eff la couftume prefque par toutes les ifles, & en la plus par 
caragué. des prouinces de torre ferme : elles voulés faire prédre medicine à quel- 
quepatient,mettent la deco@tion premieremét en leur bouche, & la fouf. 
flent auec va entonnoir en celle du patient, & le gueriffent en celte for- 
te,mais leur guerifon plus grande vient du confeil des malins efprits que 


Le diable 4- ilz voyentà toutes heures, ainfi qu'ilz difent,& confeffent.eux mefmes, 

paroifl aux tantolt en forme de chiés,ares de Singes, vne fois en figure d'oyfeau, vne : 

Aicaraghies. autre ayans les geltes, contenances & parolle d'vn hôme, qui les rouchét, 
& manient,& par iceux {e difent ainfiallegez de leurs angoiffes, & malla- 
dies. C'eft grand dommage que la soplints des Chreftiens, qui ont pe. 


netré iufqu'en ce païs eftranger,n’eft efgalle à la rudeffe du peuple def- 

couuert,à fin que toutainfi que ceftuy fe môltreaifé à receuoir l'imprel- 

Langues def: fion du Chriftianifie,lés autres fuffent efloignez de l'ambition, & auari- 
quelles on vfé cescar fi cela eftoitainf,le disble y perdroit bien toft fon regne, encore 
sn Nicaragne qu'il femble l'y auoir fermement eftably.Comme ainfi foit qu'entre les 
__ Nicaraguiens,il y aye cinq languesfel6 la diuerfité des peuples, auf cha 

eun des peuples a diuerfes façons d'adoration,lefquelles toutesfois fe ra 

portent à vne,& de laquelle nous parlerons,ayans fpecifié le nom des là- 

gages qui font telz : le Coribicié, qui eft fort loué : le Ciorotega, qui «ft 

le naturel du pays, & le plus ancien, & duquel vfent ceux qui ont droit ds 
fucceflion,& qui peuuent vfer de Cacaoz qui eft la monnoye deleur ter- 

re, laquelle eff faite de meflange de diuers metaux, & ayant la figure d'v. 

ne amende:ces Ciorotegaz font cruelz, & fubie@s à leurs femmes, ainf 


Mesciguan fu qu'auons dit cy deuant,ce que ne font les autres, qui habitent celle rro-Æ 


gtfen Mi uince.La quatricfine forte de leurlangue fe nÿme Ciondale, es ae cefte 
Saragua.  Gy Vfentles groflicrs ct villageois, côme Oroieguà eft prapre aux petis 
k enfans:mais le prinçipal eff celuy du Mexique iaçoit Q ce pays foit ne. 


& Me 
rérent is 
relfe qu 
xique il! 
uince.}. 
celte ter 
fulttel| 
on leur 
de laqne 
la police 
fans aueu 
prefen 
uoirinue 


iles mey 
e les facr 
2urs paré 
it d'eftre 
Marques 
es bandes 
Chef tou 
e puiflan- 
nne cftét 
ardement 
es autres: 
niers qui 
, afin que 
‘ailmoyé 
ntant fort 
ardis,cous 
rt fagemét 
xperience, 
s malades, 
à plus par 
ine à quel- 
8 la (ouf. 
celte for- 
efprits que 
mefmes, 
yfeau,vne 
s touchét, 
s,& malla- 
qui ont pe. 
uple def- 
r J'imprel-. 
&auari- 
6: EnÇOre 
entre les 
s,auffi cha 
»sfois fe ra 
om des là- 
a, qui «ft 
at droit ds 
eleurter- 
gure d'v. 
es, ain 


: ae celte 


aux pets 


oit loing 
du 


__: DES TERRES NEVRVES. 3tt 
du Mexique plus de cent cinquante lieuës, mais les Mexi-quans fo reti> 
rerént iadis en Nicaraguë preffez dé famine à caufe d'vnes'rand feche- 
relfe qui affaitiie leurtérre {que quittés Auanac leurterre,qu'i efleMe 
tique ils fe mirét fur ta mer de midy, & penetrent iufquesen cefte Pro- 
uince. l'aÿ amenétout cecy, à caufe que cy deffus parlans du Roy de qui 
celte terre porte le nom, nous auons die qu'il eftoit fans lettres , mais ne 
fulttellément prendre teschofes, les mefürer,ou peer fi feucrémét que . 
on leurofte du tout les Caraéteres, non plus qu'à ceux de l'iflede Giapt 
de laqnellea efté fait mention cy deuanr: ny les faire ft groffes qu'ayans 
la police bien dreffée ; l'ordre des offices, & 1 raifon fi gentille,ils foyene | 
fins aucune lertre,ainfi que fontles Canadiens, Canibales,Hiïtiensiadis, F 
Yprefenties Brefiliens, & autres ameriques. Car'auili bien peuuent ils n'a M'iseregwrer \ | 1 
uoirinuenté des caraéteres pour Fexprimer, comme foitiadis Cadme , ny of des cara- | fa) 
Naufffiraté,ou quél.qué ce foit de ceux quiletemps palféont'eu la gloi. &eres, e> | 
re de cefle premiere inuention. Ie {fay que lés Mexic£s quoy que n'ayét 7477 
ecfte difpofition certaine quenous auôsien l'ordre de l’Alpliabeth, fi eft gti 
ce qu'ils vlent de figures fignififtes tour ainii que ladis auorét les Ethio- 
piésiét depuis les Egiptiés en leurs Hierogliphiques, & y a des traits pros 
près pour l'eau, pour les ch£ps, & pour les de ils ofcri- 
uét fur du parchemin, & mirquét la memoire de ee qui pale parmy eur, 
foit Faifans iuftice à ehacä,ou defcriuant les geftes de leurs Princes. Ainfi 
ceux qui font venuz de Mexique en Nicaraguà vient de ces enraëteres, 8e 
lesaütres font du tour fans lertres:les premiers fuiuentl'adoration, & fa- 
çons defaire:en leurs ecremonios des habits de Themiftitan, & Panued- 
les autres ont des couftumes qui leur fonttontés parriculieres,& del 
flesnons dirSsce-qui f'enfüit. Iisont des Paper, & boitiz de doux fortes, Deux fortes … 
(ainfi que ceux de l'ifle de Giap£) les vns qui facrifiéefenlemér, les autres 4° /27/f5" : 
qui faerifiét, &oyent la confellion des pecirez de rout le peuple fans que ‘#7 4 N64- 
izofafentdire vufeul mot derien qu'on leur die far peine de lamort, "45% 
comme auf itne leur-eft point permif de fe marier,commeainfi foit que 
ins Jérantres efboutour Remme dif bien que le moindre d'entrele peu 
ple.C'eft âccesPreftres d'annoncer les iours des feftes, defqnelles ilz one 
dixhui®, & icelles für le commrencement des moysainfique ces peuples 
hs comptent & confiderentfeton le cours de le Lunesinfi qu'ilz la par- 
éffent, & entondent. Quel que ce foit deces facrilicateurs ; qui doiue fa- 
aifiet ; car c'eft des honimes que l'6 fait la vitime pour efkre ofertelur 
lotet-du Soleil ; fauie que fe tienne deuantle temple de leurs dieux .ou 
Fioftie,ouchofe à facrifier leur eftamenée,& taquelteitz ouurent, auec 
mcouteau-de pierre, ou d'vnciiHow bientrenchant; &accre.Cos hom- 
nes fanglens, 8e bouchers fscrer, /mrispluftolt exeecrahles,)faule qu'ad 
tertiffene Je peuple du nombre d'homries qu'on doitferifier, &fico 
hronthomimes;oufemmes;d'autanrqu'izn'y vont fi doueementqueles Canibales ne 
Canibalesiqué efpargnentiles femetles pour en tirerlignécr annaneent ii: facrifens pois 


Bin frontfraner;ou efchaues pris en guerre ou autr:ment ; difent comm 95 femme. 
cle rro" Slufoite doit cftre gclebrée;quetles prieres il conuient dire, & qu'eft-ce.4i 


l'épeupte dois offirynomeute mois depcine que él RULES 


4 
+ 


| \ 


| 


| JL LIVRE QUATRIESME 
cha des ceremonieslors que Rome eftoit foüillée par l'abomination 
del’Idolatrie. Auant donc que çe venerable facrificateuraflomme l'h6- 
p e/membre- me qu'il doit offrir, il fait eroistours autour de luy chantant vn laÿ fort, 
ment des 9 piteux, & lamentable, puis luy ouure l'eftomach auec le couteau fus n6- 
aes an facri- mé, luy foüille le vifage de fon fâg propre,arrache le cœur,& defmébre 
pre en Nia- tout le corpsen pieces,toutainli qu'en fait vn boucher eftalant fa chair À 
ur osé la boucherie:defpecé qu'il a le corps,il dône le cœur au principal facrif- 
cateur,les piedz, &les maïsau Roy,les cuiffes à celuy qui l'aura fait pri(6. 
nier enguerre, & les entrailles aux trôpettes, le Rrplus feruant pour le 
raffaliemét, & pafletéps du peuple affin qu'aucun ne foit fans fe fentir de 
cefte fefte, la tefte eftant referuée pour feruir de môftre, & memoire fur 
dique arbre voifin,& qui eft là rengé pour ce feul effect, aifi qu'auôs veu 
en l'ifle des facrifices:& grauant côtre ceft arbre quelque caraétere figni- 
fiant la Prouince côtre laquelle ilz voudrontfaire laguerre , ou auec la- 
Sacrifice des quelle ils font defia en debat & relle, Mais fi celuy qu'ils facrifiét n'eft 
dfclaues non point proye de gucrre;ainsachepté, à caufe que n'ayans de tel butin, ilz 
pris en guerre acheptét des efclaues,uu arreftent les palfans.ilsvfent d'vne façon pour y 
proceder:entant que l'ayäs ouuert,on enterre toutes fes entrailles: & par. 
ties interieures,piedz & mains le tout mis en vne cocourde detellesque 
orteleurterre, & le cœur auec tout le refte du corps ,fauflatefte , eft 
bsufté, & latefte demeure toufiours pour memoire aux arbres fu{dits, En 
default d'énemy, & d'eftrigerilz fe facrifient de voifin à voifin mais faut 
que le facrifié foit achepté: aufli le perealicence de vendrefes enfans, & 
Kul libre [a chafcun liberté de fe vendre foymefme , mais ceux qui font offerts aux 
.erifé entre les jdoles en cefte forte, ne font point mangez par les affiftans: or quand on 
Nicar4ÿ#i= mange ceux defquelz eft permis d’aualler la chair, ils däcent, faultent, & 
ms, gambadent tant qu'ilz peuuent,& iufqu'à ce que les iambes leur diffail- 
lent del’affitude, lenyurent auec leur vin,qui n’eft point de vigneains de 
Mahiz, & deleurs fruitz, ainfi que par tout les coings de ce païs O cci- 
dental : & ayde à leur enyurement vne fumée de certaine pouldre qu'ilz 
Procefion des font expres pour celt affaire. Il eft vray qu'auant que haucer legobclet 
sdolatres en 1e preftre oingt & laue la face de l’Idole du fang de celuy qui a efté facri- 
NHaragéé. fé, & tandis fes côpaignôs chantét, & le peuple fait fes prieresfort hum- 
| blement, & non fans pleurs, & larmes. Cecy fait on commence vne pro- 
ceflion,les facrificateurs ayant des robes blanches de Cot6, & des pieces 
comme bädelettes qui leur pendent dés les efpaules iufqu'aux talons, au 
bout defquelles y a{en lieu des houpes)des bourfes,pleines de rafoirs de 
pierres noïres des poinçons de quelque forte de metal,du charbô en pou 
dre, plufieurs fortes d'herbes & drogucries. Le peuple d'autre part.a des 
bandelettes defquelles chafcun portel'idole qu'il aymele mieux, dés fa- 
chets de pouldre, & des poinçons encor, l'yfage defquels vous entendres 
bien toft en cefte ceremonie, comme ausfi Ja caufe pourquoy les ieunes 
arfons portét arcz,flefches, & boucliers, & pour banicre l’image du dia 
le,ainfi qu’6 la paint au Mexique, & en Calicuth, 8 que le plus vieil, & 
: ‘honorable facrificateur de toute la compagnie fault que porte deuan 
tour le peuple. Cefte soupe de pagez & Rericsour marche d'ordre cs 


nee ee mme 


de chofc 
Nicarag 
çons de 
quitteré 
ayét go 
nyancié 
fe qu'ils 
{e,comr 
hiz,pou 
les de te 
getter C 


ainf qn 


eft, .te 


ainfi qu 
rope:n"e 


mination 
me l’hô- 
Lay. fort, 
à fus nô- 
lefmébre 
(a chair À 
al facrif- 
ait pri(6. 
x pour le 
fentir de 
moire fur 
auôs veu 
ere figni- 
y auec la- 
jfiét n'eft 
butin, ilz 
>n pour y 
es: & par- 
elles que 
tefte , eft 
ufdits, En 
mais faut 
‘enfans, & 
fferts aux 
quandon 
aultent, & 
r diffail- 
neains de 
aïs O cci- 
dre qu'ilz 
egobclet 
efté facri- 
{ort.hum- 
vne pro- 
des pieces 
lons, au 
rafoirs de 
b6 en pou 
part.a des 
x,dés fa- 
ntendres 
les ieunes 
ve du dia- 
s vieil, & 
e deuan 
ordres 


DES TER RES NEVFVES, 322 
antane toufiours iufqu'au lieu de l’idolatrie, & eftans là arriuez,ils efté- 
dent vne Lans ei pr deffus force, Roles, & autres Aeurs en 
rand abondance, affin que le diable ne touche point par terrè : & litoft 
que cefteidoleelt poféiuz, leur cliant'prend aufi tin, & tous fe mettent 
äprier : puis le fouuerain des rhiniftres des idoles faie vn certain figne de 
fi main , ‘lequelon n'a pas auflitoft aperceu que chacun defgaigne fon 
poinçon & ffen fra pesqui les oreilles, ceftuy les bras, & l'autre les cuifles 
&en y a quiauec desraloirs de pierre incifent leur membre : & en fom- 
me n'ÿ à homme qui fuyuant fa deuotion ne tire de fon fang en aflez gräd 
sbondance.Se voyans enfanglantez,ilz ont en leurs fachez des cartes,ou 
des feilles d'arbres auec lefquelles ilz reçoiuent ce fang,& en oignét leurs 
idoles Sathaniques : & tandis que ces ecerueliez fonc cefte abominable 
éffrandeles ieunes garfons décent & gäbadent comme ceux qui ivüent 
par deça les bouffons & Mitaffs , &efcarmouchent & combatent l'vn Danre armée 
contre l'aure pour plus faire d'hôneur à la fefte. Er cefte folle efcarmou- 44 nom de 54 


_éhéprenantfin , & ceffant lapriere , tousfe penfent leurs pliyes auec le hu, 


charbon qu'ilz ont en leurs fachetz auec les herbes, & autres drogues, 
Adüient fouuent en telles, & pareilles proceflions que drrrai Pagez 

font des benediétions fur leur pain de Maluz, & l'arroafent du fanguiré pis erroufé 
deleurs parties honteufes, & le mangent ainfi benit, & arroufé, comme 4, ang vfé 
de chofe leur eftant & faine,bonne, & falutaire.Voila quelle ef la vie des ,,, Les nries= 
Nicaraguiens , lefquelz a prefent onten À a endroits changé de fa raguiene. 

ons de vie,ayansreceu l'Euangile, & y faifans proffit ( Dieu aydant) ilz 
quitterôr route cefte idolatrie. En fomme tous ces Occidétaux quoy que 
ayét goufté les mœurs des noftres, fi ne peuuêt ilz oublier, ny leurs façôs 
#y anciénenourriture.rt quoy à en plufieurs endroits noftre bled y croif 
fe qu'ils voyét faire le pain à lafaçô de par deça,& qlegoultleur en plai 544 ec 
fe,çcomme plus agreable: fi eft-ce que iamais ilz n’ont daigné laiffer le Ma ,. ;/ ef cults 
hiz, pour lequel cultiuer il fault q labourét la terre auec des hoües, & pef- eux 11des 
es de terre n'aifs l'vfage d'ateller des beftes pour vntel feruice. Ains que 

etter cefte feméceen terreilz ia font tréper quelques iours ; & la plantée 


ainfi d'ious les febues , en mettäs quatre pour le moins en chacü trou: & 


ft ‘Ye plante fi fertile, qu'on à veu iufqu'à 400. grains d'vn feul femé 
en fa fitbnila tige croift de la haulteur d'vnhôme, & plus, & eft groffe fe 
Jon fa grandeur , ayant la fueille femblable au Panicle , ou telle que noz 
Cannes , & rofeaux, mais font plus larges ; plus longues & molles & plus 


douces: l’efpy'eft toutainfi qu'vne pomme de Pin, legraingros &rond  * 


comme vn poids,n6 du touttär,ny lôg autli côme noftre bled , ny fait du | 
tout énquarre. Le pain de ce grain eft b6 ettärtédre;il fe durcift foudain, perrs de ef 
& dur qit eftaufi perd foudain fon gouft, & faueur,& gafte fort les déts ,;ne dus a44his 


qui ft caufe que fouét ce peuplefe les nettoye . Lafarine’du Mahis a vne 

grand vertu,qui eft de conferuer l'eau & empefcher qu'elle ne fe gafte ny 

corrôpe, & c'eft pourquoy les Efpaignolz, & autres nauigeans , ceile part 

ae vont iamais fans en faire prouifion . Cegrain fertdevin à ces Indiens 

sinfi que font l'orge,& obelons à plufieurs Septentrionnaux en l'Eu- 

rope:n’eft fubiet à fre tempefté, n'y guere mangé de n 4e ne coufteny 
y 


je L'AVAIS QU AT RUES ME 

temps, n dpeinéà oftrecukiué, & enfommeles Ladiensaymene 

a 41 mieux 1e pin d'éceluy que depas voe de noz femences. Laçoit & qu'en 
Inlien d'Oc. Europe, & Alesdc Aftiqueil y aye grid diuerlité de couleurs és hômes, 
M: Gelt-ce qu'étre ces Andiensvous n'y voyez guere de diffcréce,eflis pref 
que tous de couleur tirdt für le Chaftsigaierscomme d'vne Oliue, & le, 
Dbahidenc auctt de voir vn vilége blanc,ou noir, que nous faifons voyans 
ceux qui nous{dnt difemblables:fans 4 pour le prefent j'étre fu ]a pu 
L rndion *° de da caufe-descouleurs ou lice vient dela feméce,ou de quite à 
Nul Fndiens nus dod'ardeur du Soleïl,ou peur autre occalié fcrette:enpore Jaif- 
rfeans © feray-éceux aaturaliftes à vuider.ce point, pourquoy eft-ce qu'E ce païs 
peu de chau- on pe voit pas va roulfoou, & fort peu d'hômes chauues à än qui ex. 
mn ercét le rate on l'inquifitié naturelle dechofsaT-zefmeucillable, Nous 
ce pondit direns, pour céclure ie difcours des Ladiens Occidentaux, & 
qui vôttirés verslamer Pacifiqueque lil yena quelques vns qui relfe- 
tent quelque douceur, & delsénairesé fi-of-ce que le plus louuyent, 
€ cômunallans eous nude, auf font ilz.eshoncez {ans amour ny cfgard 
à l'endroit de perfennclourda,brutaux,ignords, fous.infenfer, malicieux 
auccecfteignoräce, ne vends côpte deleur vie, & mouns faifens côlcien- 
Mewrs en £e- cede cuer lesautrestousprofque Antropophages, méteurs,ingrats,& in. 
neral Les In, conftés aymës la nouveauté, &fe plaifansen d'ywrognerie,pour à laquel- 
diens, deffaire voyeil n'ya herbe, nyfruitquinetoit employéàtaire leur boif- 
Occidentaux. {on.ilene dçaucntque-celtderaifon, &cequisé hayétd'eftre repris,& ne 
veulontqu'onleschaftieaurafbetrahiltres,cruelz,vindicatifz.nepardô- 
nés jamais à-oeux qui kes-affencôtennemysdesonte relligion,& Jainteté, 

de peu de iugement.& hommes fans effeét en leurs deliberatiens . Leur 
Foy 8& loyauté eft fèns durée,los maris violent promelfe à leurr efpoules, 
&'iesfemmes à Ioursmar ys:forciers au,poffible,deuins,& adônezau fer- 
uicedes Diables:ooiartz en d'aueuns lieux,on d'autres plus bardis & te. 
smerairement courageux.que les.beftes:les plus farouches.I1z.n'apt point 


l 


de barbe & fontfans-contenance,actends compte de leurs maladesaïns . 


<naucèns lieux Jors-qu'il les voyët voifins dela mort,.les portent Jur vne 
montaigne leur-laiffane du pain &-de-'eau , pour pafler.ke,peu qu'il leur 


refte de vie,quoy.qu'ailleur ils enfoyentfortfoigneux, #.les plaignent à, 


filsen meurent. Conclufion-tent plus cesgenscroiflent.en sage, à plus 
âls-deuiénent mefchés, &:quoy-quefur Les:1osousz.ans ils femblentpro- 
mettre quoique chofedebon, fief-ceque foudain vousen perdez 1ef- 
perâce,fegaflanstout,àynicoup;&c.deucnds pises que ceux qui jamais n6 
donnerentefpoir,ttepreud'hommie. Auf Diauleuraenuoyé pur 
mestelz qu'ilieur failloit paurlespuoir,à Gauoir les Efpaignolz,& Per. 


tugais ennemys dusvice, & punilleursfeueres.de lamefchanacté;lefquels 
din’ont dutoutabatu l'orgueil.de. ces barbares, ils lestiennent à tout le 
on fibien brides, qu'ilzu'ofentguere plus-{e.defborder eu leur vil- 
dennie. = RQ DA 


Nrit @6: pay 
tlkredel 
miencidel: 
Laterref 
deprez ve 
AuCnoUs. 
pricorné, 
que ie vri 
peupledu 
3e, labont 
Jes fixes di 
jour prefe 


DES/TERRES NEVFVUES, F, | js 
Dupode l'Aauriqumanrs Cr facon: de faire des hakstans 
#5 enieels, Chapitre [oiz 1e(ives 
# Vqnes icy ayons nous defpris.ce qui ef du partage 
£ Koy Lipsgnol, {elon.la bulle du Pape en ealle We) K: 
lité parles Qrients , & Ocçidens imaginez parles 
NS raonssmarhematiques : refle à voir celle partic! de:la 
5 La quarrie/me deferi pion du monde, quisftenuelopés 
à ZA lousle nom d'Amerique, & laguellea prisenG dy arr 
AATONRS excellent homme de noftre termpsauque! nous fon-./® 
mes autant redcuables que à autre quiays vefcudu fiecle de nos pres 
Etd'autant que plus aleurément us peux-ic parler Eu fiyuans çf 
queluy-mefines en aefcrit , &me gonuernent felon fon tefmoignege, 
puis-qu'ila veuau long, & au large ce sort puis 1, ON AE CTAUMETS 
poistauff eftronge G ie ne faispas grand arreft mL vu 
çoycen ont clcrit plus licentieulemét,peut elère, ques TARA ELA E 
lay-arraifonné les vas,& veu les efcrite des autres, lefquelz pour embral: 
fer fouz le nom Amerique tout ce quieft prefque fouz le cours 65, 1n- 
des Occidentales,feftendent trop, pour particalyiler v peuple nenye Beffert à de- 
marqué de chofes tant fingulieres que on1uy astritaue & Dan r Meur. ans 
mueoture)pour fes fouuenir,des cas, quimeriseropent qua ones Guli.re- J'emile tmp 
digez par hiftoire. | | Lire 74 d'hier, 
Âl:me fouuient d'auoir ouy parler va nommé Boat bemime 0on imper- 
docet,ny igaerant, quia demeuré fept , ou huitansen.çelleriyiere où ip 
fi de Villegaigaon voyages-ila quelques années :culuy-sy io en 
difnitdes chofes toutes differétes de ae qu'on.çn PARFHAE IA ÉRER ESIQNE 
d'aduisdeluy aioufter pluftoff Éoy que aux ares qui y Ut emené 
moins d'efpace de temps ,& quin ont goufté les humeuss du peuple , ny 
wu-desdiuerfitez des mœursd'iceux.& des paifages n'eftois queiélescef 
pets aucunemét,& queilme fafche de defiendysl'yn, pour regerter L'or 
piniondes autres, up rcenst Tic otère nul 
Àceftecaufe, pour neiurer.en la parolleny des vns 0y des sutrasis pro Cove ef 
Mrs 9:23 prefcnrde ne dire riende l'Amerigue, qus ce mot à motieitir Dot 
seray.d'Americ Vefpuece Florentin,qui ft celuy,qui nr A de y 
writ cœpays duquellaProuinceaporté &-portelen6d' Amerique fs à le 7% F pre 
dkrede Fréceantartigeye pen altexerda gloire de çduy,quien fanlapre F4 Serie 
mionc.defropuerte Orciéftainli Gparle en (6 .difcpurs Amerie Velpnese, bn: 
Laterre.ferme de.cepays commence par delà la ligne Equino&iale buit Ge PIE 
dogrez versie pal Antertique , &-namigafines tante long desole cafe, # F/#78708e 
que.nous putropañfäfmes de dixdepr degrez &.demy le Tropiquede Ca. 
pricocng,où.nous auians noftsc orifon.-fleuédesinquantedegrez. Ce 
que ie weis lasnieft point sogneuaux:hommes de nofre fiecle, qui cftle. 
peuple du pays,fes mœurs, couftumes,fa courtoificila fertilité delates. 
se,la bonté de l'air, falubrité du Ciel,lescorps celeftes.& fur tout les aftoi- pee 
Jes &xes de l'huitiefne Sphere,ponicogneués, ny-mentionnées iufquesau fort peuplées 
our préfentny ramenteuËs parançun des fçauans dusempiadls. Copais 
SC ii) 


C "et Le dPucce 
qui 4 düné le 


nom 4 tout ce 


LIVRE QVATRIESME 

éfthabité , & peuplé autant ou plus que autre queiâye iamaïs eu, & le 
hômss y font fort courtois, & priuez, fans offencer perfonne,ne les offin. 
çant point, allans tous nudz ainfi que nature les produit du ventre de leur 
mire. Leurs corps font bien formez,& prôportionnez de telle forte qu'o 
n’y peut defirer rien pour la perfeitisa requife en a forme del'hemme, 
. Ja couleur de leur cuir tität vn peu fur lerouge, pour eftre refchaudez du 
foleil eftans ainfi nudz qu'ilz font,ilz ont les cheueux noits, longs, & &fpar 
:. pillez furles efbaules, adextres en tout ce qu'ilz font foit qu'ilz fe iouënt 
.- queilz courent,ou queiiz cheminent. Etcomme ainfi foic que ilz ayët la 
. faceautancbeïlle , éx le regardaufli gentil que nation de la terre, fi eft-ce 
queilz fe la font deuenir laide & difforme auec vne façon,qu’à grand pei- 
Amerique Ne Voudroit-on croire : entant queilz fe percent & incifent le vifage cn 
fe g dent Le pluficurs endroits à se és iouës,au nez,leures; & oreilles, & en oftans 
wfigeawrc  lachair, ilz rémpliffent les trous auec des petites pierre qui femblent de 
des incifiens, Mirbre,ou de criltal, d'âlebaftre, ou autre telle chofe,ou bien des ostref- 
À blancz, & fubuils à leur mode , & qu'il acouftrent & ouurent fort migno- 
tement .’1 vutes fois n’eft aucun qui ne trouue chofe monftrueufe de voir 
qu'vn homme ayefa fe pleine de cailloux enchaffez en fa chair , & tout 
le vifage defchiqueté, voire qu'il f'en trouue tel qui aura fept pierres en la 
fice,chafcune deiquelles aura plus de demy aied de long, & ay veu de ces 
pierres qui pefoyent pres de feizeonces :mais aux orcilles ilz portent des 
‘aneaux auec des perles à la mode ancienne des Egyptiens & Indiens. Or 

ce font les hommes feuls qui fe defigurent ainfi la face, car les Femmes n’ 


guls les bom 
saussen l'AÆ- 
| mnrique. 


AÆmeriques 
Se percent Le 
face 


PoUrG)  ‘finraucuneincifion : contentes de fe parer feulement les oreilles : & LÉ 


quelles ont vne couftume fort cruelle: & efloignée detoute:courtoifie,& 
douceur reffentant quelque cas de l'homme:car elles eftant paillardes ou- 
tremefure , & fouhaïitans de fatisfaire à leur effrenée lubricité, & plaifir 
defreiglé de leur apetit, elles donnent à boireaux hommes du iuft d’vne 
” certaine herbe,de laquelle ilz n’ont pas fitoft goufté qu'ilz (e voyent en 
fler lemembre,& leur accroiftre merucilleufement, pour prendre plusà 
Jeur gré le pafferemps qu’elles defirent : fi cefte herbe ne prouffite', & fa- 
. tisfait à leur tantafie,elles font fi definaturémet cruslles que de mettre cer 
tains {érpenteaux & animaux venimeux ;aux membres de leurs hommes, 
ui les leur mordét,iufqu'à tant qu'ilz les font enfler, fi bié que plufieurs 
fouuét en perdent les genitoires. Ilz n'ont ny draps,ny lins,ny cotô,aufli 
n’en ont ilz affaire, d'autant que allans nudz,comme: ilz font, ils n’ôt aufl 
‘affaire quelconque de veftement, & ne (en foucient.Parmy ce peuple n'y 
aaucun qui ayt patrimoine;ou heritage, entant que ils viuent tous en cù 
Les Frangoys un, fans Roy, Empire ny principauté, chacun eftant Koy , à foymefme, 
qui y ont effé & ayants tout autant de femmes que bon leur femble ; ffaccouplans fans 
nient que on y honte aucune ny fans reipeët de parenté ; ou alliance de fang , entant qu 
abufe des me- le filz abufe-de la mere, & le frere de la fœur, & ce publiquemét tout ainfi 
resnydes qu’en vfent les beftes fansraifon. Etainfi ne fault f'eftonner filz rompent 
fœurs. le mariage puis qu’ilz fon: fans loy,& que c’eft le feul plailir qui eft guide 
. de leurs aétions,n'ayans police;magift:at,temple,religion,ny aucur e ida 
le, & viuans en vae deteltable liberté de tout faire fans reprehenfion, 


Vilaine cru- 
aute des fem- 
mes de l'A 
merique. 


Letra 

comm 
fouuen 
à dreffe 
efguillc 
tans à fc 
aucune 


à cefte vi 


oufte 
É repai 
veis vn 
hômes, 
rearre 
& mébt 
par deç 
dece à 
diétqu 
ueur, êc 
e mes c 
les flelc 

és qui 
Bin ; 
defnat 
mais ce 
defqlle 
les foy 
formée. 
haflé di 
les, fi ne 
le pl’ ac 
fis qui: 
telaref 
les & v 
forte q 
& que 
font pl 
les qui 
veulal 
queles 
que tai 
mes ap 
les {ol! 
te.Ce 
taint le 
quin': 
ce que 


ju 


s veu, &le 
1e les offin. 
ntre de leur 
e forte qu'ô 
le l'hemme, 
chaudez du 
ngs, 8, &fpar 
12 fe iouënt 
eilz ayétla 
rre, fi eft-ce 
à grand pei- 
le vifageen 
& enoîtans 
femblent de 
des os tref- 
fort migno- 
ufe de voir 
air , & tout 
pierres en la 
y veu de ces 
portent des 
ndiens. Or 
femmes n’ 
illes : & we 
ourtoifie, & 
illardes ou- 
é, & plaifir 
u iuft d’vne 
voyent en 
en dre plus à 
ffite', & fa- 
mettre cer 
s hommes, 
ie plufieurs 
cotô,aulli 
Is n’ôt auf 
peuple n'y 
ous en cÙ 
oymefine, 
uplans fans 
entant qu 
ttout ainfi 
Z rompen L 
i eft guide 
aucur e ida 
enfion, 


par deça la venaifon defpecée venans de la chalfe &fefbaiffoyent ces gens 
de ce q no refufiôs de mäger de cefte chair de leurs ennemys,entät qilz 
diétque elle leur ouure l’apetit, & eft de merucilleux gouft, & plaifäte fa- 
ueur,& là louét fur toutes les viddes defquelles ils vfent ordinairemét. Les 


DE :TERRES':NE V FV:B$4 : 324 

Le trafic leur eft incogneu, la monnoye n’y eft veuë , le terroir leur.eftant 
commn,ilz n'ont occafion de fequéreller ; &.neantmoins combatétils Crwaute des 
fouuent & fort crüellemét,mais fans tenir ordre,ny.difciphnequelôcque -#meriques 

à dreffer les rancz.S'ilz fafflemblét pour côfulter,ce font les vieillardsqu fe mangeans 
efguillônent les ieunes, & leur font faire ce que bon leur femble,les incr- les vns,les ay 


tans à faire guerre, & fe venger de leurs ennemys, lefquelz ilz occient fs fres. 
aucune compañion, & les vainquans & prenans, ilz lesmangét, &:eftimét 
1 cefte viäde la plus delicate:plailante, & fauoureufe, à autre à ilz fçauroyét 


goufter, Et font fi friäs de chair humaine que le pere mäge le filz, & le fiz 


fe repaift de celuy qui l’a engendré fel6 q ils récôtrent fortuitement. l'en, gels 


veis vnqui fe vâtoit d'auoir côtenté fon apetit de la chair de plus de300. pr,un os diéh 
hômes, & ne faifoit pas peu de parade de céfte fiéne brutalle vailläce:voi que FM ds 
rearreftafmes nous,en certain lieu de ces hômes,où Jon voyoit les pieces, gent 


& mébres des hômes pédus dedäs leurs loges, tout ainfi que no’ accrochôs ee 


a: mes de ce peuple fontpour les pl° ordinaires, & accouftumées les arcz &c 
les Aefchesauec lefquelles ils fe depefchét, & tuent fort cruellemét,côme 
gés qui font nudz & qui font côduits d'vneaffedtiô brutalle, & fäs aucune #74: des 
raifon : & nous les ayäs fouuent admoneïtez de laiffer ces façôs de faire fi Æmeriques 
defnaturées & abominables,nous promirét aufli de fuiure noftre confeil, | 
müis ces fut fäs que l'effe@ fe enfuiuift.Reuenäs aux fémes Ameriques, 8& 
defqlles no° auôs ia parlé,iaçoit q elles aillét nuës, & vagabôdes, & queel 
les foyét de plus impudigs , & gloutes du plaifir charnel 4 natureenayt 
formées neätmoins ne font laides,ny mal proportiônées : & n'ont le taint 
haflé du foleil,ains belles,bien proportiônées:& fil y a 4lque greffe en el. 
les, fi ne leur dône ellerié de malfeäce,ou indifpofitiô: & ce qietrouuay 
le pl’admirable,c'eft queie n’é vey pas vne,quoy q elle eutporté desen- 
fis quieut les tetins pédäs,ny les mamelles fleftries & bräflätes,aîs en tou 
te lareflébläce, & port du corpson les iugeroit toutes.eftre encore pucel- 
les & vierges, fäs que vous leur voyez la peau du vëtre pliffée,ny ridée en 
forte quelconque: voire les parties que l’honnefteté ne fouffre de nômer 
& que elles ne cachent point nomplus que elles couurent leur vifage, ne 
font plus apparentes en celles qui ffabandonnent à tout coup, que de cel- 
les qui iamais ne furent corrompuës, defquelles le nôbre en eft fort petit, 
veu la licence de tout faire, & la naturelle inclination d'icelles à la vilénie, 
que les beftes fans raifon pourfuiuent moins que les hommes : tellement 
que tant que les Chreftiens y furent,c’eft chofe incroyable côme ces fem. 
mes appetoyent leur acointance, & quel plaifir elles prenoyét fi quelcun 
les {ol lisitoit d':mour,qu'elles mefurent tout ainfi que l’apetit lesträfpor 
te. Ce peuple vit fortlong temps, côme y ayant des vicillards quiontat- -##ériques 
taint les centcinquanteans de leuraage , & filz deuiennent malades, ce 2/#ent longue 
qui n'aduient guere fouuent entr’eux,ilz ne le font guere long téps,pour # nt fans m4 
ce que foudain ilzy remedient auecleiuft des herbes qu'ilz cognoilfenc /4die. 


Beaute et net: 
tete des femes 
A meriques, 


A) LIVRE GYVATRIESME 
… Crefbtour ee que ay trouué party ce peuple, qui merite qu'on en fâce 
 Cbmptéel feauvir l'air tettpèré, la bonté du ciel, la fertilité du terroir, 4 
Paigéfilong dés hebitans,quit peur eftre ) y éR'caufé par le vent d‘O 
tient léquel y buffle & réfpire toufiours ,& qui y eft tel que par deçà le 
 Sipteñtrion caufant noftre fante. 

7 Hroôntvn plaifir à la pefcherie de laquelteilz viuene plus que d'a 
tré EROÏE, en teey leur aydätit la nature, d'autancqué en ce pays la mer 
fRtiblefürmilier dbondithent de toute forte diuetfe de poiflons:aufsi ne 

Fe phaift guere cé peupie de la chaffe,ée qui eduient pour la grand mul: 

. ditudé dé beltes irouchès qui ne pairent ds grids bois, & foreftz de celle 

,: cônttée, & es habitans n'y ofans pratiquer entant que aiali nuds, & fans 
REA que atries, ile ne pourroient Rpreualoir dé ces animaux cruele, & fanguinai- 
trot, 5 à, Auât que paffér plus outre en fa fuitte des pt Vefpucte,ie di. 
AÆPATQUES. tayTedtement en pfahtée que iay day dire, & à Betfard, 8e d'autres qui 
om véfeu er Jéngtéps enl'Ameriqué; que pour vray ce peuple eft fans 
réligioh;héantheins éonRTe il n moteur de routes chofés, &e reuere le 
Sobef,@e ertint fur toutes ehofts le tônerresau refte croit le delupe:mai 
he fait torripter fe temps audiel il adaint, ef affligé merucilleufmêt par 


AÆmeriques es famrofnes & lutins damalin efprit qui de nuit les efpouuente:d'a- 
prefituent — dorersouprier,il ne Péti parle nomplis que parmy les beftes;8 n'ont au 
leurs tre foing que de leurs ratines à faire {our Pain, & de leur brauage de Pal. 
pére. ihier, four mariage Eft fibre, bien eft vray que les femmes mariées ne fe 
donnenttroép prédiguement, leurs:Matys te Æachant, Roùles peres, & 

. … Merès oi fiborale large de teurs Billes aux ;& leur proftitue. 

Quelz, vois en Lo pour ravir vn tourteau, vne fonnerte, euaucre telle & fi menuë cho- 
aucuns lieux fuge ADR toÿ il y ades païs où ile virent fans chef;ainfi que dit V'elfpuece, 
de lAmeri- w en d’aütres, oute plus fort & viilanta commandement für la troupe, 
ges fêns que cette puiflice Feftéde l'urlosenfans, & faccrffeurs de celuy qui 
aura tucefle authoritéleuraprendc nature cecy, qu'il Rult qu'il y ayt va 

chefen toute politequicorthande für toatiorefte du ge ut dyôs 

k éotmie Vefpuceecontiaue ton dise: Le:pays(divil ) eft fort temppré, 
phn oraf feteil,& lortoutautrespreable, &'plaifünt:& taçoitque d'y aÿt plufieurs 


A fre de be poftaux, 8e coftines,efilment-moins arroufé de ufeurs fontaines!, & 
| #mMrique. infitisraifeaux ayant tes boys de hanlrefaftapeft efpais, &crouffus , que 
AeRprefque tmpoñible-de paffer, & voyager par iceux. 

Les arbres foient ft. tiers,ond'ratre fürec,y croifont dans la main, & ar- 
tifice d'homme, & Les truitsy-viennét, & bons, & :on grand :sbundance, 
: @fèns que fe nuilènt à ceux-qui les mangent, & z font du tout 
Dinerfiré différée, ec diffemhlables sux'aoftres,commeaufi fonc tes herbes, & :ra- 
d'ofiaux. dits defiyeretlesilz fay dEtipourien faire leur pain, & autre vide pour les 
hourtir@ fufitéer Laprande;Stvarisble dimerfité des vifoaux incogneuz 

&e pir desafroient: erteut omme voyantrant de besnx pluma- 

pes, &lesfigures ainii-diverfifiées de celte volaille, 8 foricout des Perro- 


quotziet nux testouleurs crimes delreulz fuffroientà y-amaler 
… guciquegentil efpric voulant defchitier tes muecto dois, ant 
pe 


apr Rotax On NY evo autinespparence Bec sroût de: lror.,: 
NX vray= 


1e ‘em 


pres y fon 


ray-femt 


bshir fi la 
ne fingul 
ertu & p 
oncerne | 
qu’il en fo 
sracieux ( 
afcheuxé 
es chale 
puere efl 
pes, AiNS ÿ 
3 is dlqu ‘ 
re heures 
ar la veh 
eur qui a 
çoit que 
es monta 
fon aage,d 
de cenoft 
l'aftrel 
henten 
rideur c 
reu trois ( 
fombre, 8 
'a point « 
eftoiles qt 
ernét en: 
fequeles 
ke,que fe 
leurs circc 
mains du. 
Aftronon 
celle quäc 
minuit, CO 
prend fa < 
iduis qui 
peur de le 
leau mefi 
idebatre 
quelque 
ceque fo 
{ont fort, 
mes ardat 
fins l'eft 


on en fâce 
terroir, 4 
'vént d'O 
par deçà le 


us que d'at 
ays la mer 
onssaufii ne 
and mul: 
ftz de celle 
ds, & fany 
faaguinai- 


)ucce,ie dis E 
l'autres quiE 


ple:eft fans 
x reuere le 
clupe:man 
ufimét par 
uente: d'a 
x n'ont au 


és 


DES TERRES NEVFVES: °32$ 
ray-femblable que les autres ny manquent non plus,maisqueperfonne!-f rôres ed. 
se Left mis.en deuoir d'y dôngr encor attaîte pour les defcouurir.Les ar- ” fer ans, © 
res y font fiodoriferäs,& d'yne telle fouefueté que il. ne fault point fef. #/Mafiques. 

hir fi la fanté y eft fi familiere, & y en y a peu qui ne portét quelque gd. 
ne finguliere, quelque iaft, fuc, &liqueur, defquels fi nous cognoifhôs la 
ertu & proprieté, ie penfe qu'il n'ya chofe qui nous defaillift en ce qui 
oncerne le maintenement de noftre fanté , & bonne difpofition. Quoy 
qu’il en foit,ce pays regardant le midy, & iouiffant de J'afpect, f doux & Sereniré du 
racieux du ciel,eft tellemét difpofé,que l’hiuer n’y eft pointexceflifny Cle l'air 
afcheux en froidure, ny l'eftéafoibliflant les corps auec la veheméce de /ävs vapeur 
es chaleurs,de forte que plufeursont eftimé à le paradis terreftre n'eft en .Æmers- 
uere cfloigné de celle Prouince, On ne voit guere l'air chargé denua- 74. 
es,ains y eft prefque toufiours feraine la face du ciel, tombant quelque- 
vis lque petite & legere roufée,quine dure plus hault de trois ou qua. 
reheures,& tout ainfi f'efcoulant q:vne nuée f'efpandät, & efuanouiffant 
par la vehemence du vent qui laträfporte, n'y ayant prefque aucune va- 
eur quialtere en rié la fanté des hommes, ou caufe tempeftes & orages, . 
açoit que pres de la mer il tône quelquefois, & és pays auoifinäs les haul 


esmontaignes. Vefpucce qui eftoit vn des plus parfaits Aftrologiens de Efhoiles de le 


fon aage, dit qu'il y auoit confideré des eftailestoutes differentes à celles l'Eguatenr 


de cenoftre Hemifphere,& entre autresquelques vingt de fi gräd clarté, différentes 4 
@ l'aftre lumineux de Venus,ou Vefper,ny la planette de Iupiter n’apro- celle; de no- 
henten rien de cefte fplendeur, & la circonferéce defquelles furpañle la ffre Hemif- 
rédeur de ces deux fufmentionnées, Orentre les autres;il fe dit auoir phere. 
veutrois Canopes,deux defquelles eftoyent fort claires , & la troifieme 


fombre, & obfcure,& du tout aux autres diffemblable.Le Polantartique 7roés cane- 
: Dr'a point ource gräde & petite,ainfi qu'6 voit en noître Artique,ny des pes en l'.4n- 


kftoiles qui l'accompaignét,& entourét , feulement en y a quatre qui l'E- tartique. : 
ernét en forme quadrangulaire, &prefque faite en croix, qui a eftécau- Le Pol LAn- 
fe que les Pilotes luy ont dénélenédeCrenfier,& dit le fufdit Vefpuc- rartique quel 
e,que feftant pris gardeà celle grande difimilitude des corps celeftes,à ç> commef. 
leurs circonferéces & proportiôs,ilen a fait va liure, qu'il laiffa entre les gure, 
mains du Roy de Portugal, dedans lequel il monftre de fes obferuatiôs 
Aftronomiques du tout contraires à.06.qu'en ont traité lesanciens,côme péffuccea fait 
celle quäd il dit qu'il a veu l'arc celefte tout bläc prefque fur Le point de v» liure des 
minuit,comme ainfi foit,que fuyuant l'opinion des philofophes, eeft arc cenfiderarios 
prend fa couleur des quatre Elemens, iaçoit que Ariftote ne foit de ceft celeftes. 
iduis qui en raporte la caufe à l'obiet, & rebat des raïs du foleil, & à la vae 
peur de la nuée qui luy eft oppofée. Dit é outre auoir veu la lune nouuel. ,#rc celefle 
leau mefme téps à elle fe côiointauec le Soleil, furquoy jé laiffe la caufe bac en plein 
idebatre aux philofophes fçauäs & bien verfez en la fciéce naturelle , & minnit. 
quelque ferenité qui foit en l’Amerique, fi côfeffe toutesfois Vefpucce, 
teque fouuent Beffard m'a affeuré auoir contemplé, que les nuitz y Feux volent 
font fort, & diuerfement vaporeufes, tellement que on voit des flam- en l’arr Le 
mes ardantes durant icelles voler & courir par le vague du Ciel, non muitenl4- 
fins l'eftonnement des fauuages, qui ne fçauent, & ne cognoiffent rien merigue, 
| TTL 


Promelle de 
l'anteur du 


prefént liure. 


LIVRE QUYATRIESME 

des caufes & fecretz dela nature: | 

Le pourroy vous deduire plufieursautres chofes, & fingularitez,tant de 
ce pays que d'autres,ayant ( la Dieu mercy) les liures,& des Efpaignol 
& Portugais qui ont couru tout l'Ocean prefquepartousles coingsd 
monde mais vous ferez contents pour cefte fois,du peu que j’ay tracé,at: 
tendans que en vn meilleur temps , & auec plus de commodité ie dreffe 
l'ordre mieux à propos d’va liure, qui me femblant rude , & confus fous 
Ja main d'autruy,iay fait mien en l’ageanceant,& luy donnant telles cou- 
leurs que voyez, & queielpere en Dieu , vn iouracouftrer detelle forte 
que on n'aura affaire de prendre autre Cofmographie, que la defcription 
des mœurs des nations, ainfi queles voyez icy paintes, fans que ie me fie 
enrien de mafufhfance, ains recueille le tout des meilleurs liures, & au: 
teurs plus approuuez que ie peux recouurer ,aymant mieux eftre aecufé 
d’vn fi faintlarcin, que de fotte arrogance, & vouloir affeurer auec mon 
opinion, ce qu'à grand peine les fçauans peuuent autorifer, 7 auec leur 
fentence, ny auec la raifon mefme prife du plus profond, & affeuré fecree 
de nature, tant les hommes font à prefent ditficilles à contenter, & enclins 
à mefdire, A Dieu. 


FIN DE LA QVATRIES- 
MB PARTIE, 


ET . 


Di 
le 
pel or1g 
faulfeo 
Dufit, pt 

À oh 
y habito 

$ Dt pays 
goptie 

6 Du gous 
fne.9.b 


L. 7 Des Pae 


fueil.x3 

8 Despays 
mantl 
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1fles Ce 


DE L’. 


3 Dupau 
riens, 

4 Dupais 

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fpaignol 

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elles cou- 
telle forte 
efcription 
cie mefc 
CS, & au= 
tre aecufé 
iuec mon 
‘auec leur 
uré fecret 
& enclins 


br 


ABLEDES NATIONS. 


ET PROVINCESCONTENVES EN CHA, 


cun liure de ce’ prefent volume. 


PREMIEREMENT DE L'A- 


:FRIQYES PREMIERE PARTIE D& LA TERRA. 


Liure premier. 


ET vin er creation de l'homme [6- 
lon La vraye epinson des T'heologiens. 
fual.1.4 
De l'origine © creation dé l'homme [êlon ls 
Faulfe opinion des gentilz.. fu.2.b 
y Dufit, plan, dinifion de Ls terre. fu.3.b 
4 Del'Ethiopie, mœurs du peuple qui radis 
y habitoient. fuel. 4.b 
{ Du pays d'Egypte, € façons de vie des E- 
Loptiens du temps tadis. fu.6.b 
6 Du gouvernement, € police d'Egipte. 
fue9sb 


M7 Des Paenes ç> autres peuples d'Afrique. 


fuerl.x3.b 
à Despays non recitez par ceff auteur deferi- 
nant l'Afrique. fuel. 19.4 
9 Pes Royaumes de Hea,Sus, és Maroc, € 
1fles Canaries. fueil. 13.4 


DE L'ASJE SECONDE 
partie de la terre. 


Liure Second. 


Preil.27.b 


I D El’ Afie. 
h À//2 De Panchare, > meœursdes Pan.. 


chaiens. fueil.29.b 

3 Dupañ d'Afÿrie, e> mœurs des Afr- 
riens, fueil.31.4 

4 Dupais de Iudée,façens de vie, loix € ce- 
remoniesdes Iuif7. f.32.b 

ÿ Des pays de Medeer* Armemie , des mœurs 
© couffumes des peuples habirans en iceux 
Gen gecrgienne autremet Iberie. fu.38.b 

6 De Parthie prouince,@ des mœurs © fs- 
çons de vie des Parthes. fnar.a 
7 Dh Pass de Perfésmæurs,loix » C'éeremos 


nies de’ Perfans. fu.44.4 
8. Des Indes € prodigienfes manseres de vi- 
bre CG ceremonses des Indiens. fi. 46.b 
9 Da Quinfay,@- autres peuples G prourn- 
ces des Indes. fu.st.b 
10 De laSoythie, € mœurs des Scithes an- 
ciens. fual.s8.b 
11 De la Tartarie, @ des mœurs, € grande 
puilfance des Tartares. fu. 61.b 


12 D pays de Turquie’, loix , couflumes , er. 
fs.68.4 


façons de viure des Turcs. 
13 De l'ordretenuen l'éfat,gen[darmerie cr 
police de Turcs. fu.70.b 
14 Des Chrefliens © origine d'iceux , er ce- 
remons:s. fu7 4.0 


DE LEVROPE TROIS- 
ieme partie de laterre. 
Liure Troilieme. 


D E l'Europe. fueil.77. 4 
21 De la Grece, loix données aux Aïhe- 


niens par Solon le premier & plus ex- 


cellent legiflateur d'entre les Grecs. 
fu.78.4 


3 Du pays de Laconie, &@> des mœurs @° loix 


anciennes des Lacedemoniens. fn. 80.4 
4 Del'Ifle de Crete,es- des mœurs tant recom 
mandez, des habitans en icelle. fu. 84 .æ 


s Des Pays de T'hrace,a prefent Romannie co 
des cruelles façons des Thraciens.  f.89.4 
6 Des Gots,de leurs origines,ymœurs, religion, 


& conguesles. fueil, 91.4 


7 Della Ruffie ou Ruthenie , ©* des mœurs 


des Ruffiens,telz qu'il? font & prefent. 
*‘fueil.97.4 
© Dela Lithuanie @o façons de vie des Li- 
thusniens. füeil 101.4 
j TTti 


/ 


TABLE. 


| 9 Delimmecr ruffie;e cheualiers de No- 
fire dume. _ fuesl, 102.b 
10 DuRoyaume de Poloigne, © mœurs def* 
quels aprefent vfent les Polognois, 


elle ! + 105.4 
11 Dupaïs de Hôgrie y façons devie des Ho- 
gres. fueil.107.4 


12 Du pos CG: royaume de Boëfme, mœurs € 
religion des Boefines, fueil, 1c9. 4 
13 Dela Germanie: © diuerfés couflumes & 
mœurs des peuples qus font en icelle.f. 111.4 
14 De leffatymæurs € conditions prefentes du 
_ paisd'Allemag. fuel. 116.4 
15 Dupays de Saxe, des mœurs € couflumes 
des Saxonstant anciens que modernes. 
fueil. 119. 4 
1$ Dupays de wefiphalie. inges effal Lis für 
Les efiphaliens par l'Emp. Charles le 
grand. fuer. 122. 
16 Dela Franconie ou France orientale,ç- di. 
uerfès façons des habitans d'icelle.f.123.4 
17 Du pays de Suene des mœurs tant ancien- 
‘nes que modernes des Sueu.  fueil.126.4 
Des prouinces de Bausere,e Carinthie,de 
leurs loix anciennes ço> mœurs de[quelles 
en y vfea prefènt. fueil.131.4 
19 Del'Italiegr mœurs des Italiens , de Ro- 
mule cr de la police par luy inftituce en 
Rome. Ju.157.4 
20 Du pays de Ligurie, oi Genenois Gr anci- 
ennes façons de vie des Liguriens.f.146.4 
21 Dypays de Tofcane : Gr anciennes mœurs 
‘des Tofcans. fu, 147.4 
22 De la Lombardie,mœurs € faços des Lom 
bardzx go: commeilz, palferent en Italie. 
fueil.148.4 
23 Des loix des Lombards. Jfuxst.# 
24 Des Penitiens &r° leurs origine > baffi- 
mens de leur cité. fu.x$4.4 
29 Des magifiratz anciens C> modernes de 
penife, de la police €>- eftat public d'i- 
celle. fa.157.4 
26 En qu temps furent efleux. les premiers 
ducs a venife & le Mayen de proceder à 
l'ele£tion, fn162.4 
27 De l'ancienne Galathie,c> mœurs des an- 


18 


ciens Galathes, fh1674 
28 DelaGaule,& mœurs des Gaulou. | 
\ fwil. 170.4 


29 Des François, de leurs mœurs © origin, 
oo: tomate ilz, fe fesrent [eugnetfs des Gas 

les. a fu. 1754, 

30 Des loix anciennes des François fu. 181,4 
31 Delagranderiche, "©: prpslene !cité de 
Paris,commencement d'icelle , mœurs, 

_ conflumes des Parifiens. fu184.4 
32 Continuation de la police,cs façons de fai 
re des Parifiens. fn. 188,4 

33 Del'uminerfité de Paris , loix , inflitutions 
fondation € prisileges d'icelle. fu.191.4 

34 Des nes gr mœurs C7” façons an- 
ciennes d'iceux leur origine;conqueftes, > 
courfés es: en quel temps eff-ce que ilz 
conquirent les gaules. fu. 1934 

35 Quelz, eflorent les Gaulois tenans le païsa 
prefent pu 1 la conguefle d'iceluy, 


les loix, © quelz princes y ont commande | 


auant que le Roy en fut fonnerain.f.197. 4 

36 Des Suiffes origine € mœurs d'iceux. > 

S'il, font les anciens habitans du pays 14- 

disnomme des Heluetiens. fu. 202.b 

37 Quel aclte le ficcez des Seigneurs d'entre 

les ue come il7 fe font foufiratét} 

de l'obeiffance des Empereurs es de leurs 

Princes. fn.207.4 

38 Des Flamans,leur origine, mœurs, Gr fa- 

çons defaire. fu.212.4 

39 Despais bas,couflumes © façons des hom. 

mes qui habitent en iceux,qui eften la re. 

£ion Belgique. fus 216.b 

40 Des Normans @o” Marcomans,cy- leur o- 

rigine,@- courfes en plufieurs lieux. 

fueil,221.4 $ 

41 Des courfes des Normand? » C” comme 

sx f'arreferent en Gaule, € des terres 

par eux conqusfes, fn.225.b 

42 Dupai d'Aquitainespeuples #9 natsons 

d'iceluy, meurs, façons; es origines de 

tant de peuples qui y habitent. 08 

43 Du reffe des paï de Gafoigne, € d'ou viet 

ce mot Ga/con, fo.233.b 

44 DuRoyaume d'Efpaigne, @> maœurs das 


AN 
VAL . 
PET 


TABLE, : | " 


foxcr : Efpaignlr, fu.238.4 Parle, Cuman,@o- Cubagua,cr des mœurs | 
ahlois. 45 De Lujitanie,cr anciennes mœurs dés Lu. despeuples compritenicelles,  fue, 195. a 
É firaniens. fu.2ar.b 10 Des Caribes ,e7- Canibales, leur cruauté, 
origine, A 45 Des pais infilaires d'Ængleterre, Eftoffe guerres @° façons de vie. fue.300.b 
sufs des Gay &: Irlandeg plufieurs autres Îles en 11 peféripréon du Peru,defcouuerte d'iceluy,rs- 
fox : femble des mœurs € façons de wie.des ha cheffes,mœurs,religion ©>- couflumes des ha. 
A fua8i.. bitans d'icelle. fuel. 243.b bitans. fue. 303 b 
Hfe cité de 47 :Pefcr iption d'Efcoff ; «mœurs dupeuple 12 Des grandes richefes du Peru la trabi- 
mœurs , ço. NS ex si fu.246b  Jond Atabalipases cône il fut mis à mort 
fu 184 48. Des diuerfès I[les de ls mer des peuples par La féntence dePizarre. fue.309.4 
gons de fai. babitans en scelles. fuel, 249.b 13 Dela grand cité du Cuféo an Pers ç7- gere 
fu.188. A : res auant que les Chreltiens La signalent. 
mfiutin® D E S TERRES oc: mœurs des peuples qui y fa fne. 311.b 
. forge] NEVEVES, QVATRI- 14e la Prouince de Colao, mœurs des babs- 
açons an- efine partie de la Terre. … bitans d'icelle:e* en general des façans de 
Lquefles, ex ; ceyx qui Je tiennent an Peru. … fue,314.4 
e que ilz Liure Quatricfme, 45 De Panama, en genral de tout le pays In 
fa. 1 934 dien obeiffant aux Epagnilz, » © Confide- 
nslepaisa À à prflux Go recflux de lamer, fait ocea- ration des peuples qui y habitent. fue. 317.b 
ed'icely, D: ou mediterranée, © d'ou il proce- x6 Ppæsde lÆmerique, meurs,€7 façons 
commandé À tas: Las ivers € des conrantes initie de faire des habitans enielle. … fis.123.4 
n.f197.4 | eufès des eaux pres le haures, mefmement 
‘Iceux, Ç> es Indes pos fn.257 4 ‘F A B L E D FE S 
du pays ia- À 2° | Desterres de labeur,ou Labradour Bacaleos 
fn. 2021. © LJles voyfines,auec les mœurs,es faços NOMS ET C H O- 
urs d'entre de vie ds: pruples qui } habitent , > pæ_ SES PLVS MEMOR A- 
fonffraiéty qui elles furent premierement deftounertes. bles contenues en ce prefent œuure,'e 
9 de leurs ” fel.260.b nombre marque le fucillet:& lalettre 
f#207.4 1 3 Delsnounelle france,contenant Hchels+ à la premiere page. b.la feconde. 
rs; C7 fa- PCA Canada, S'aguensi © la Floride. es 
fu.212.6 des peuples qus y habitent  fue.266.4 A 
À w'fL0e 4  Despenples Septentrionnaux dés le Flors- ; ; : 
en la re. de, rfqu'a Temiflitan, le long de lariniere <g- wcyaex Are des peup les d’ Afrique. 
fus 216.b des En : ne l'Ifle NE Malhado: Ke) © Eu ; di 
7° leur o- fueill.271. a | >, ÆAbillement des Zaniffaires. 
lieux. $ Du Royaume de Mexique,mæurs, co faços 71.4 
de vie des babitans en iceluy,ey- comme les Ci) SÆAborigences. 246.4 
7 comme Efpaïgnolx, l'ont conquis. fueill.273.b Abraham et fa femence eflenë par le Mefie. 2.4 
des terres 6 De Fille de Giapan Septentrionale ; € Abffinence. ‘404 
fn.225.b mœurs des peuples qui y habiter. fue 280.4  Æccufations. 200.4 
> nations q Des Ifles de Cuba, &- Efpaignille, deféouner | Ærcouchées. 281.4 
gines de te d'icelles,ç mœurs des habitas. f.284.4  Acouffrement des femmes. 290.b 
H,219.4 8. Des pays de Panuco, co Incatan, conquefle  Æccridophages. 16.b 
d'ou vie d'iceux,mœeurs,&* coufiumes des peuples qui LÆdamites. 110.b 
fu.233.b y babitent,es- de l'Ifle des (acrifices f.291 D  Adiornements. 382,4 
œurs des 9 Des Proninces d Vraba,Baragha;@7 Darié  Adoratenrsdu Seleile> Lune. 2.4273.b 


TTt ii) 


M TBE 
| ‘26.8 4h j 
11.434 4 LApoftre c> deleur ele£tion. 


D 0 s 

dal. de ds 

… 41405.4.73h.281,4.308.4 
wÆduates. à 
Aduatiques. 

frame ents. 200.4 
oAfricans sdelatres, pasllerds salades e>> bons 

marchands, *:: 21.b:22.4 
Æfrique de La defériptien e>- dinrfien d'icell 
19.4.27.b \ 
VAgion. 143.b 
Ægsiouda peuple 268.4 
Air infect. “e: $0:4.62.4 
Aigues Cauldes otà 234.b: 
AÆlans, * 196.4 
AÆlboin Roy. 409.4 
ÆAlbisfleune. 109.b 
Alces. 102.b 
SÆAlcoran. 69.b 
Alcoranifres. 63,b 
cÆlemaigne. IL. 4 
Alemans. | 112.4,116,4.211.b 
Ælemande langue. * 110.4 
Alexandre legrand. 95.4 
Alfrede Rey Angles. 227.0 
Ælmagro. 304.4 
Amazones, 18,0 293.b 
Ambition. 109.4 
Æmedà arbre gueriffent la pefle, 269.4 
Æme doit cftre obesepar le corps. 49.b 
«Æmendes. 134.b.177.4 
Æmitié des Egyptiens vers leurs Rays. 9.4 
An defarty. 22.4 
Æn deprobation, 37.4 
Æn de inbile. 34.b 
An reduit ,n 12.m095. 142 4 
Ænasares peuple: 722.b 
S: Andre adore. 93 b 
Angleterre diuifee. 227.b 
A ngloys. 245.4 
Animaux admirables. 2$1.b 
Æntioche € du premier fiegecn selle 
_ 7f.4 
Æntipodes, 
 Æatiquitez en Afrique. 

A ariguitet de bordeaux. 

Apennin mnt, 


212.4 


253.4 

22.4 
231.0 
139,4 


206.b: 


re 
res 74.b 
UvŒquilée cite, 139.4 
Ægquitaine gafhéepar les Normands. 214.4 


lon. 


© 429.0:230e * 


AÆArabarie Roy." | © 
Ærabie eo: de [a dinifion. 
Ærabie ditte S'abées - 
Ærabes. 14.4.21.421244.28.438 4 
LÆragen en efaigne: 2384b 56.b 
<Æragonnois. 
Æraxefleuue, 
Ærbare vainquit Sardanapale. 
Ærbre fabuleux. 
Ærbre fans neudau mont Lilas. 
Are. ; 
Ærcades. 
Ærche du Noe. é 
Archeue[chez.et Euefchex, de Cafioigne.232.4 
A! rchiduc? d'auftriche. 136.b 
Arcueil, 185.b 
Areopagites. ..78.b 
Areit chanfons. 286.b 
Argent. …. 81,4.141.b 
Argipeens. 61.b 
Arithmeticque. 11.0 
Ariflote er de fa mert. 83 4 
Arles royaime. ._ 1994 
Armes, | 91.4 302.b.316.4 
Armesoffenfines du Mexiacn, 277.4 
Armes deffenfines. 276.b 
Arméesdes Arabes @ Perfes, … ; 29.b.45.4 
Armes desT roglodites. à 
Armes des T'artares. 
Armin Zeoss peuples 
Ærmeiques peuple. 
Armenie. 8. 
Arnande, 198.L.40.4:.53.4 
Arres. 1356 
Arreff “dé forteefloit donnéen Egpte. 
10. 
Arface deliura fon Pase 41.b.4. b 
Arfenal de Rhodes. 86. b. 
Artaxerfe fast r0ÿe 44.b 
Ariamiqhes 231.4 
ArTS MIECANITUESe 142.4 
Artifans JLds 


on rage 
27:60 62.4 
NRE ( Z 


Artifa 


L 21310 
aAthene 
atlas 
Atte Ro 
attile. 
Abene 
Augulie 
AugUfr: 
ANG: 
awmofr 
Aworte 
A4fes 
Aufoni 
Awfone 
nuffric 


— 


83.4 9i4 
74.b 
139.4 

+‘ 2244 


F 222.b 
27.4 62.4 
16: 
28.4. 384 
; 8.b s6. b 

170.b 


Artifans honorez © prilez. 


artifans d'Egypte. 


artifans quatrsc/me rans des Indicss, 48.b 


arufpice. 


afñes faunages. 


Afne © du Perf à lu fait. | 


79445 


T A 
10.4 
242.4 


27.0 
ab 


dt À 936 


E 


* Bañdoliers. 


.Banquerz, des Numidiens, 


 B'L:E, 


sañezo fables . 1344 
Bande foudroyante,. 223.0 
2374b 
296'b 

2 14,60: 4 
Banquet fobre pour vne esponfée. Lu 4$ué 
Banquet z, des Indiens, : 934 
BANQUE, fibres en Guienne. 183,6 


Banquets des nopces. 


Affiriecz- des mæurs des Affiriens. 31.b 
Afreso- Aftrelogie. 324 
A fur abonde en Guinée* 27.4 
atabalipa. 1 3094 
1310.4,311.4 is 


| athenes. 


Atlas ç&- Atlanticue. 

Aîté Roy. 

attile. ” 

Aubeneen France. 

Augulle Raurachnne. 

A ngufhin. 

Vi 

aumofnes. 

Aorier. 

Aufes co de leur befye. 

Aufonie. 

Auwfone Poëte. 

Auffriche. 96,4:136.4105.b 
WHEN. 96.b 


260.b. 1614. 
Li.4 147.b. 


Bacc/anales 


s ‘Bafliments c 
… Bataille des pr ET 
| Bataille C forme de cefaire. 


BañqUelZ.. 
Banqueter Gr façons. 


Baraga prouince. 


-Barbares fubietz, a La pefle. 


\Barbarins. 


Barbarie des anciens. 


\Barce ville. 
\Barques des Canadiens 


Barques d'ofier. 
Bérquerottes. des Indiens. 
Bufät x, site, 

Bafques. 

Baët ards °- 


Baflard. 


.4 


79 
Baffiments des Canibales. 
Baffiments faperbes des chimps. 


Baffiments Rte À 


iches. 


298. b 

8.4 

295% 
22.b,192:b 
26:35 
4.4:19.b 

] b 

es 


248.b 


« 4 
Na 
 234b 
.13$4 

j 88. #4 


\Baflardx, non tenu, pre” recogno el leur peree 


302. 4 
118.b 
24.4 
72.4 


154 : 


(A 


Baiere prosnce ç de leurs dx cm mœurs. 


231.4.172 4 


Balle 

B4ha bons fleuue. 
Bains. 

BAalan Chinfan. 


210.b 
284.4 
210.b 

67.4 


Balle ou Pelotte, 


Baiaxcth farnimme foudre du ciel, 43.6 
Bailliages difinguez par comtexs,.… :133.b, 

Baifer. 45.b. 

Balaine. r, 197.b 
288.b 
Baleares. mir infos 
Balle. #, LOS :20$. éd 
Baloter. moe 82 
Balates RTL 


Beduins anfquelx, les arabes ent file 37.4 


: Belgie et region. 
Bengale 
. Berite cité, 


Ko oY ame . 


Berifix.. 


à Berne feigneurie, 
, Berne par qui bafte. 


Bertold. 
: Beffescruelles d'Eg gpte. 


: Befles d'afri ique. 
.-Befe non nuifible. 


Beflife ê des Egyptiens sad. 


Betis. 


Berique prouince. 


Dame, Biarmient, 
Biarheis peuple, 

Bifans. 
Biféains, 
Bithihie. 
Bithume. 29214 
Blanc: € noirs © de leurs façons 26.b 
Blajphemateurs © dela loy contre eux. 33.4 
Botcoride legiflateur. IT.4 
Bectorn Roy 35.b. 
Bœufz, adore. s7b. 
Bœufx indiens. 17.4. 
Boëfmes anciennement dits Slanes,  105.b 
Boëfmne. 109.4 
Botes peuple. 109.4 
Boiens à 1 caps 
Boire. 297: 

À 245.b. 28018 


. Boiffin. 
ep preftres des Indæns, 186.b 
106. 


Bos 
Bolellaz, fait roy. 
Bordeaux. 232.4.233.4.b 
Bordeax abonde en husStres. 233 b 
Bourbohnois, 109.b 
Bourgeois - 117.4 
Bonfgeons diffs Beurguignens. 194.4 
Bourgengne unie 4 La couronne de France. 
202.b 
Beurguignens, @- de leurs mæurs;erigines con. 
quesles © courfes 193.0.199.4 
Bourgmestres confhlz.. 118.4 
fn flenue. 
Befon Roy. 
. Bout de l'an 
2on7s. 
Bracmanes, 
Bramins [acrificateurs. 
- Brebis Re a 
2reflér Brefliens. 
prefons. 
griefuete de parole.  8r.é. 
Brages ville, 214.b.225.b 
Brune gafe Les pays. 16:b 
Budé ville, 108.4 , 
Bndins peuple, “ére 
Bulgares. 224.4 


"946.601 

234.b 
10244 : 
140.4 
69 


TABLE. 


1718 
BLe 
2874 
229.4 


Abale. 

y Cacan nom de dignité. 
Cacique Rey GO frigneur 
Caen. 

Citiabe Prouince. È 2844 
Caire ef} Babilone 1445 nommée Heliopeli. 7,4 
Caironan cité, 204 
Cali. 2414 
 Calidonse. ‘246.4 
Calieuthcité. 53.4 
Caldéens. 32.4 
Calumniateur. 10.4 
Cambron. À 213.4 
Carhbalu cité du grand Cam. 47.4 
Cambaie Royaume. 
Camoles peuple. 
Camotheis Île. 


274.b 
284,4 


Camp,ço de la police 67 sufliceen sceluy 
k. ( 


261.4 266 4 


255.b263:4 

+ 259 

23.4 24.40" 025.0 
84.485.4 


Canadiens. 

Canal de N'egropnt.. 
Canaries. 
Candie CandiotY. 


Canibales ç> de leur façons de viure, 300.4, 


301.4. 
Canoesbareaux. 
Canoner Royaume, 
Canoniz.ez, Royse 
Cantons ligues. 
Cantons, 
Cap des Rafz.. 
Cap depre. 
Cap de benne efherance. 
Capha cité par les Turcz, polféde. 
Cappes de b:arn. 
Capitaines de pars. 
Capri x défier 
Caräconn: pan. 
Carrkéteres larins* 
Carinthie pronsnce, 
Caridmairi peuple. 
Caribes. 
Carlinefort, 
Caroannes. 


289.4 


54136. 
301.4 

292.4 300. 
270.# 

294 


3 


516] 


4 ï 


Balise TABLE MU. 
path ment aigue. s0ÿ.0 Chafies Ron d'Inde. ML bear 


1718 


LEP RE : défloens. 3 111 pr Chdfé exerene e 

131.4Rbothagsneis en EShaigne, 241.4 Chafé fnbrile. 26:a6.e 

287.4 aille d'or © des pronsnees comprifesen.  Chaleté. 6 

22961 selle.  2@ pr 2 at hs 

284.4 Ecathaligneen Epargne. su Chauffage de 62.4 

biopeli, 7,4 oahei 10 Chefs 16.4 

204 jo-b pra ‘mb 

2414 a72.b Cheuliers de Dame. 1024 

2464 238b Chenqux : <o.b 

UD ” 43h Chosaux d'Arabie. 20.b. 29.0 

3244 4 © Caxamalquiens. 306. Cheure immolée. ‘82.0 

10.4 e 4  PAin. a purs « Chicheté, | 64.4 

214 Ruadhe. 7 ce Chiluchima. 311.0 

47.4 Meecrpu premier bail Athenes. Vie 

51.4 Kcrdre arbre fort precieux, 13.4 Mi 85.0 

274.b ane, 374 Chafôt comme furent inuentées. se 
284.4 Kcclihe ak che entrée dudis interdit aux Lys 790 

ele se 167.h ee 12 309.4 

dtuberes Aragenneis, roue c ©” de dinerfes ortes en leuent: ar 

1.0 266 4 Eceleegalari Le 74.b: FA 

50 203.4 nb: Er Se A Tata. ok. 72.4 
25944 | 244b en” ral du nique: 564 

€ ba5.4 ereles celefies. 2544: Chmcole premier den dre des 

24.485. rome p4ha7obaggesote  Cienké rouen. 67.* 

re,300.6 À 309 mn fa * Chaine. 4e 

| mé res enlamert des ur sie 6 
289.4 . 4. Cichenens. KA .@ 
52,6 Mcermgenies ruptiales en Gafcrigne 7e Cichuves ©- deleurs religion © mœurs. 163p 
364,4 Ca vil Le Use " = 14 der. din card 2 
js cenbaoyaume. vo | L 
139! : 0 ane 146.0 
e. à 19 273. + pen 52 à  sofint4.2.212.0 
266.b Echaleux aeufc de le moirceur. 47.4 Circoncifion. 294.4 
27.6 chambre 1776 Curé 294.4 
36 Hchnbrelerale. 215.4: Cirepurlant à Jon pere, us EU 
239.6 chembres le 177 Coms. - R 
190.6 Hchengns. 268:4. Cityés > du moyé d'en fai lsie ce 
not Nchastres. PE goé.bs D es _. #4 
2167, |C CONCEPT Er Clengé v urier. Pot 4 

16914 Mb _ qe choix. 

3136.b Chariots ss ap par des ferfs. Clerment ni Æuuergne. sé 
301. Mchsrierz o- forces cantatnes: “ha clients 0.4” 
30046 Kcherité recommandée. 10.0.33h:43b Cimurs cd déerinfitince. st: Eure 
270.4 Cds Mo Lieutenant del’ admiral24vs. ak QE Le 


dd eng” 
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| À ANT 


‘MARLE 


Coou.marinier. NME TL) E dr arr Cesuwel. Ex Ars 

Colon Royaume, sgh Éraconie cité. 

Colene ga Grere ge. rr Pr c y | 
. € ts par ien. “ss go.b: rieur Gr rte chépes. 12,b 

Combat à ds. “1094 Grimes O° punition d'icrux, 584.152. 


Combat de filles. 
Cnbatre, 


“ob 


34.4 Griminelz gardez, cingans. 
| 24004 


331. Wan Crocodiles. 


vue peuple. sb Grotene ville. 139.4 
5 ° af ss | Cruauté des Lappons enuers les enfans, ' 
Comete prefageant lement, sa |: 81.4 
Commisndements de La loy. 338 Cruauté. V1 fe 
Commun entre les Panchaiens. O.4: Cruunté du Mexican en bataille. 2774 
Copwsnion Joux, les deuxefpeces. 6 Gri/ Gprafé or verdoyant . RO TT 
Communion aux enfans. TE y ces Haro. 184.4 


Communaulré defra s. Cuba:ifle Efpaïgnelle ex des pole d seelles 


fipaten 
Df inafio 
Diner ce def] 
LIL LE 
Dates 
palmates. 


if almati 1e À 


Dances en 
Dance en 
DAnces . 


pancer pre 
Dares. 


Dannemir 


panaÿte 


Danube, # 


Conffion defè &) de Mahomet} es ya .11283.4289.b Dave awec 4 
Confe efsron pu bliques. i “2830 Cubague . 29 ’ 4 Darie come 
Gonilz.. -2$0.b Cudruagui Dieu. 263.4 Darien pre 
Confanguinité, 133. L, 192.4 Ghiaios péuple. 272b Debtes quit 
24 s Un À Sowib un «3 àrs.b Cher region. 275.4 Deceder j'in 
cryil des-Roys & Phi ni ap) Cumaquir 0 are Decurions, 
uw. Pellezs ein dt 2172 Chmave, 295.4 pelayte 
Confail prouincial.. Wa ei nt 215. Bb: chmami. 299 ri Denys Dr 
Confécration des Romains. LLE b° curties I4L, p of. 
Confignatson. 192.4 Cu/to Roy, © de acte or pu éd: Departemer 
Conflz.. MGR 311. ne À auée 
Gonfülar. 20e à bebe aus cn 10$.4 pefèrrs. 
Gonfulz.. Ans 4 s3b> » Caclades. 15744 efêrt dec 
Confhiratson contre les. Chrficise 05e Qyindre. nes fee eipan: e de 
ConSfancede capitaines "1 db œmbres) : 168.4..170.4:298.5 L roit des 
Conffantinople, 8. V8. a Cynamines. 3744 peffrost de « 
Gontinence des preftres. 33h  Gecphale de x b D uinerefes 
Comté { de Flarires diéte cherbranire. res .: Dewsnenrs. 
‘182.4 F D’ Egpptiens.… op L DEL rien. 
Gore si 8: 4 47 Dieux honore7. $9:4.90:4.252.b emotion fi 
Conrad Roy ‘202.4 : Dieux babitans. dux boys ‘104. L : able. ds 
Corts Pere donnez, en gue per les debeut. Dieux infernaux. LE AVR inf 
| = Drewx mosndresentre les Goths. "oùb Diable ado: 
Corps PAR obeyr 4 pret 149: b; Dieux prefidents aux moys, 32.0" iébature. 
Corpsgn combat. 0 + Sub: Dies vent effre boners'en fes faintss 7614 Ni es 
Coruëes, PRE f132:b> Duttevray remede de tonte maladies L Dolyné 
Conrantes, 259 Rad » w10.4 a eux chal 
Caurf de Torre. 2344: Diffren firme d'une ide sis Dies x des : 
Cned Gé ceui us dre ! 48, co. Rieukdes 
& afféoir “277 b:  igéhne ‘281 MAX 
Cenronnement. 388.4 > Dimanche, 764 En l 
Congres de Paris. 49088 Difine. RL: A0) Ç 


TABLE. 
… Bfr4 Denations, ARE .-1914300 4 


L 


q Difipateurs do patronne: 1h: Deriens, è aaitb 


« 1846 
s d see 


ns 
263.4 
272.b 


293.4 
9 -4300.4 
714 


tele. 


*0ÿ:4 
157: 
1$7.4 À 
10.48.2984 
17.4 

so.b 


LA 
O:4.252.h 
104. 


D 


92. 


32.6 


pa 


‘2754 


Pro 1e donné par les sen 


Dimsnation, NI TRS Derdemne Bjnierc. 232.4 
rude a ri un T ZE Nu des fu rhipio da 
143: 64764 
Daces 8848 | DOML pairs de France, 183.4 
Dalmsates. !,:,.166.4 :Drachme, DNS : 179 
palmstie A . 106.4 \Dracmcr def his. "7 98b 
Dance: en facrifiant. ae nt. F7 :Dreguers. : fa En 1946 
Dance en arces. 1 DAT 85.  Préides @- cheualiers. F 472, 18,4 
Les v44oplet Duc. 1341614163 6180, 


Dancer propre aux Otcidentaux. :297b Del apres La mort des Kys d'e sr 94: «15,6 
834 


Dames. 91 b Duel public. 
pannemarch.! 12244 (Dseden Hengrie. | “4 
Dansys. 12244 Di de Rev ha a 311 
Danube, (224 de fin compte ire À 
Danse auec quelle rufe vint an royaume, Ai in DE re d' 4 
Darse éme ms en fuyre par _ 434 Er Las Br re ee 
parier proumee. 296.4 B44 de 
Debtes qHittes nouteau Roy. 84.4 Ebee bois precienx. 
Deceder fins enfans saw 79.4 Æbudes,c> de leur Re Ag 
Decurions,. : 49h Ebatan cité. ès 
Delay A 200.4 Echo. Dh 
Denys Dieu, a8,b Eclipfe de soleil, 
Depaf. uf4 Ed se 
Departement des Gaules, 230.4 Æditz des T'artares. * 
Derwis faits .93.æ Ediles. 
Deférts. 180.0: rare region à fe. 
Defértde Camul. : wi 256.4 gt 
epan:e de funerailles, ! 426 ubre efcole des Ye Ne 
Deftrost des tros frères, 8664 Ag! prie 364 
prffrost de Caftille. 258. F B£ Je y ai pros immnité des 
Druinerefése 170. : . Eslifes. j ..75:4132.4 
Densnenrs, ‘ .. 286.4.2814,b. aan he Françoife. 
Deuetion , “u5b, Belfe S.Murc de pif a 
Det on fi L perfitieufe. 178.4. Fleéteu 5° tres erépties, pes 
in à fées Beftion. oil ge 
Diable bé les deuins, 297.8 Emiliepr. ÿ 
Diable adore, 53-b, Empereurs Reysd' AS 


iébuture. 


139.b. empaifs nneurs,Ç” de das 3 Nr 11.6 


tamine: lébes ANA | 8ab 182.6 
emudere, sb. sa En: À PAP 


eux chafent l'un l'autre. :. | DS:4 epfans perdue, 
eux des Mexicans. ee” +: Enfans rebelle, 


Drenkdes Perfes. . mé$d Efa, 35 exprlèg 
\334.0 Enfss ne Pad aux peret, 


Do4c0114 Roy Leg. HS re. Enfons nosvris aux lettres, 
3 VVv ij 


‘TABLE. 


: Enfans/krefeursen Parque. D œure ss tentes flo G 
Frfer, # . 74 “: b: LATE nulle en LA a: 1714, 
|‘ Engagements. 2 #848:206.4 wkdéhions des Roys e Le peuple, PT CU 

aevremertdes Name er des T'artarei. sxahions crcgfaus witiedue r'otirass 64. à rébms 
140.66.4. 15.4. Æcvrcices violans dangereux. uw & Fe rt 
28 mer de Cathas, 27.4 mæpration des uifs. sd be 
Æneigne en guerre. ( za var en charmant. NUE Lo 
© Æphores Magifirats Indiens. 48.4.80.b | ARE Fentire 
-‘Egnéteht habitable. 19.42$44 T7 Sim angle. 
Egaitéd'Er ptiens. 204 EL rain es dome on pe 
Ein damhablès. ‘40 turddes SPP, : xs 
& Æféheuins. 189.4 parie de poifènen lien 1, 
Efilauonie ©: Dalmatie. 106.4. 111.4 pad pe de leur eo à 
: Efélauon peuple. 105.h reriux. | 

&félaues en France, ue scanner Galer aux hommes, cr define | 

Æfélaues non receux, en tefigeïngs. 33. tromer auec les hommes, 141. ra 

Æfoles quelles vadis. 454.704 Pemmes fécmjacrans. G ss F° 

rs publiques. 285.b Femmes apems plufieurs marys.  55.2:79 4) FA 

| Po Efcoffoys. 246.0 remmes eJchangées entre les mars, 88. 
267.4 Pemmes [éruans Les Royt. D 7 T7 


Zhh4sbne © mœurs des} gnolz, © Roys Femmes fhinants urnes. 
Ps fôrtis des seths à 2. 338, re Femmes CG- de Le multitude d'icelles, 
: Remsmer réfeébées parle Mrs mar)s. 


$ Efjaigne ne Aragin 21.4 Femmes peu refheétees. Flande 
spusole Ifle. 285.4 remmes tuans leurs enfans. CU D 

* Æfugneumuelle, | 284.4 remmes plus laberieufesquelerhomme.268.4  rlenfie: 
Ejprit malin. 382.0 rewsmes guerrieres. 40:4.248. 4h Fm: 

R ro pas 32.b  remmes co de leur pudicité. 34.4) rleme 
ufée sr ba anquetz, d'iceles 45.4 Femmes f'expeans « le mers pie leurs mar. rlemne 

374 894 Fhrid 

Max, d L'Etbipie ©. Caliuth. … 6.4,54.4 remmes des Gr danses fe profitusiens a chars, Foixpi 
&ffats entre les Indiens. .4840b 14: Ft 

* AfrengerscemmentreceuTs 267.b Femmes non receues à à rfimoings. 8368 Fil 
annees de pleurer. 236.b ral, tendues, 2354.  fortmr 
mtheges race des Arabès. 20.b pemenes 11.48 vert 

— wfhupre,c mœurs des Bthsopiens. * 4.b.6.4 vemmes env. 3448 Fr 

© wéhiopiens affaillis par bons 25.b.a50.b remm:@- de fa creation sasodl ropl 
prhre general de l'armée. ZOI.4 Femmes non veues quecnccintet, 814 Fren: 
auangile prefchée aux Indes, .33-b  Rememes Zabiques chertieres. # Ed 
zubée iÎle. À. à Femmies s 4 Fran 
chgurder find dRpuumi Ne Femelle aide 4 Legeneraris fe Dfeméee 1) De, 
23$4 Ferss. CP) RL 

er ques ship” ‘ent le croix qui les precede. FerdechR paume." "" 5708 rm 
” à #94} Fr 
nes Ærmeniens tons MONS, 414. Fernandine ifle. te 289. pren 
mu dependent du Pape, .73-b Peftes folennelles des nf 7 pra 
sufratefienue, 5 31.4 gefesfelennellesen canmr, -:: :5348 tre 


| TABLE... 
peftes © leurs vislateurs. 33.4 rrelens. : 


15.6 

OS rate prordfaire… 166.4 rribewrg par qui Bay: ds 

a CUE Feflirs. | ; 228.4 Froé magicien, 934 

«64 2 Fébmws du duc de penife. 160.4 Fruit 4 faire pair, Te euh 

ty #3 Fes Ært de baprefimeen Ethiopie, és quite T7 | Gé 
#4, à ren boneré. | “65h rumeraille à Le sert des roys Fssire y 

297 rœremede des maladies. 234 runerailles. 12.0,26.b.65.4, 
Festirédubeis. 289.6 rumrailes fauuages, ne Vas 

| Fes adoré. . 946 Punebre aux Emp.suec pompes, 144.4 

D Kesenis en mai(on. 13$.8 Fwyerds. + sis 

di Foix, ne fhccede au Roy. $4+.b G La 

| gdles Cumanoifes. 296.8 Ge. 862 

 Félles © combat d'icelles. 14.5 Gaiac. 289.5 

| M Vierge 244 Galatieer Galates. 1673 

: gälles confacrées. … ÿo.é Galathée. | 231.4 

plle de Lacedemone,©- deleurexercice. 81,4 Gambre Royaume, 26.4 

D polles marices fans rien. 83e Gambriens forciers, 16. a 

|. salles eccifs par laurs perss. 272.8 Gand vile. a1.$ 

tn: vb 94. Ganteis. La ar 

Finance de mexique. 279.4 Garamantes eLhe, 14.3 

j mecs Gmœurs. 212.4. b babe 7e ra 

Flandres Flumans. a13.4.b.114.4 Gariglien feu 158.6 

. Flansine. 142.4. Gernifins. . 106.8 

 Flandebers. 2144 Gafignes  2314.252.6.25454257.b 

Flecbes envenimées. 399.4 Garenne Rimicre sse4 

plenfiesen combit. 2h Gaftadours mdiens 306.6 

Flames. sy, Gale@ Gaules. 170.b.@-171.4.4.182.6 

gleuue sourdain. 2624 194.4 197:4.103.4 

Fleure d'Eden. 257.0 Gaulois. 162.4.167. 4 

Fhride. 260.4.163.4.266.4.269.4.4. Gas en bataille. 81.6 

Œetx prouince. 234.8 Gaules: babitansen Italie. 131,4 

Fontaines diuerfes . 306. Gaule Belgique. a6.6 
Fontaines pour La fanté. 2qub Coms. 35.4 - 

S'ertunées ifles. a4.b Gorefe Prince. 304 

porefliers contes, 2144 Gross peuple 61.4 

Failques Rp. 301.6 Gendumerte. 283.2 

Fo plantée premierement en Afe. 76 Genferis Rey. 29.4 

grec or dframy. sao.b Genes 28.4 

Fran ns PrqArre. 30.4 Gense, : 14.4 

piste + hix,er armes, 383.4 Gemtz.-hemmes. up 

_wranpoiséhaler, descentes. 879.4 Gespraphie à La prefares RENE 

prançois furet T an Capricorne 477.60. Geometrieprifée en Egiptr. 1.8 

Fronçois lelwreriginec nom. 3788 Gofrorg. 2238 

ANG ess leur esas eff compefé detress. 180.4 G ad.de Roufilln. 202.4 

prance nounelle. | 266.4 Gerun. 281.4.250 D 
Prançois bernandes | 295.4 Germanie. IL. 116.6 
vrechiff, 15m 6ub12:,4,283.8 Gersfrune. 356.0 


cundebanld legiflateur. 
Gundioque roy Arriem, 


Guzjule prouince. 
Gymnires 


mm phifesphilofo La Ind! ‘ense 
Ha purs des M 


BLE. 


Gevrgiens guelx, &o de leur ps. . 94 Habits d'Euefque. lor$ 
co dr FA ee En à Habillements riches (4 0 modefler, sou. Le 4 
Gttes. O1 Hadihgue Dieu. jù 1 9j 
Giapan Île, &- des peurlesy bal reni. 27204 Hapti arbre," rh il 296 
“Gibaltard ç de fon déffroit, 7" ‘3 Hdity le. duel 2854 
Gibelins: 132.4 Aräïtiens .\ … + 885. 
Gwienne promince.. 232.0 Haly alla en Perfe. 45.b 
"Garfe cité rayalle, 84.b Halyate roy. . 86 
Goaifle. 1 $2.b. Hanètons. D 72 
Gobelet? teftes d' bte 49.4 Hannibal, 5) 231.4 
Goddan Dieu. 149. Harpeenbatas"e. à + Bb 
Geg: 91.4 HeaRoyaume. ie 23.4 
Gomñachuco prouince, © 39.4 Æcbrieux feuls vrays éduraturs. 834. 
Gondebauld, 201.b Æeluetiens. 202.b203.4 
er leur eregine;çmæurs,ç- réligion. 91.4 Helmetien:. ET - 4304 
93.4.196.b.291.4 Hénn.T: &7 4 1: 2044 
re chaleur. * : + 266.b Heraux. nr nt kb 
Goulphe. Ærrabique. 17.4 Herbetasfant la mort. ins 46k6 
Gonlphes, Michel, 7 305.4 Herbe primant de fêns. 236: 
D mess d'Egipte. 9.4. Hercinie foreft. 109.4 
Gouñerneurs diftordans. 304.4 Hercules Lybien 239.4 
Goo roy de l'ifle de Grapan. ‘372.4 Hercules furnomme Lybien [êrty d Egipre 424 
Grand confeil, + 280.4 Hercule apeuple la Gafcoigne. “23h40 
Née (@ façonnent félon les mœurs de ceux Herduelpere de Sophy. ‘| ae 
+. gs les manient. : 8.4 Hereffe des Saducéens. | 36.b 
Gratter co de la façon de fe gratter. * 47.b. Herctiques. os 684 
Grece 78. 4,139.b Heritage e/gal, 1454 
Grecs differens. ! 32.4 Heritages. , 135.4 
Grenade pays. 273.4 Hefhérie. + 137.4 
Groiefques masfo ns des Brachmanes. : : 4 9.b Heures canoniales. MOUE “ .74.k 
Guaixamacar occis par [on En 13044 Hiacinte pierre precieufe. 6 
Guay herbe, 264.4 Hidalgue. 240,4 
Gualdupes ç>- de leurs mœurs. -x63.b Hitrufalem frequentée © prinfe 38.4 
Guede #46. a Hicrigliphiques. .11248,b 
Guelphes. LT mil fbages mn 10311164 
Guerrt © de la condition de ceuxqui fine pris. Hipre. et ve 218 
© quiy meurent. 15.4.34.479,b, 1 Hiivans. «41 800.8 
Guerriers. 274.b Hochteut schland. ; Dre 42,4 
Guerri ç> des dignitez, en sçelle. 140.4 Hochelaghe. 266.4.167.4 
Guibry 229.4 Holocauÿle. 34.b 


199.4 Homme C: de fon origine Co” creätiin. tbe 


UROL4 34. 287.4 


+ 244 Home à diucrfes complercions abs SRE 


‘16.44 Hommes (acrifiez, a Ds 4 vu 308.4 
“#9và Hommes j'alez pour manger. .got.h 
Hommis monftrucux. afI.d 

47.4 Homes fans barbe, : : F9 


À À Hagneno! 


: 
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Homme & 
Hommes } 
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Homicide 
, 200.4 
Homär di 
Homar fe 
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D2.203.4 
* 4314 
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Crée: . 
308.4, 
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21.4 
| 504 


109.4 . 


immelez, 


Hommes premiers de vie grofficre. 
Fa M : 
Homicides. 
& 200.4 
Homar difciplede Pr re 
Homar [e ft feigneur de Palefine. 
Hemar fucceda 4 Mahomet. 
Homere natifde Rhodes. 
Honpenrs des Ross 

Hengriec'de leurs fax. 
ee Bree 


Pa 51104 dl de Them; if tan, 
Hoitalité, 

Hgjlelde Clugny. 

HHgHesfyran. 


n H4# nenofs. 


pré a î Huguegabon lac. 


Huracans orages. 
Hufites. 


Hppocratè natif de Langue. 


I 


pci are que Eucfque, 


1acobns. 


Jagualfés occifeurs de leurs filles, | 


Jamais: ile. 
Jam. 

Jane 
Por s 


ETS 


dit: huge. 


Hammes Jans une, © fans appetit 
Homme corrompu de la multitude, 


aa hak : 


"4. b rdalatrie PE EN 


,18.4. Ldolatrie des babitans de rané, 
ab. 1dolatie forte alapreface 
3.4 Idolatres croyent un die 

216.4. Idoles. 

, -278.4.293. 

sdoles du Diable... 

37e k Idole. 

45.0. Lefachrifl pour guy v vens 
68.b Ierufalem, 


86.b. Ienfnes erdennees en l Alceran 1e 


83.4 Lenfnes des Indiens. 


106.8 Leufncs des ,Armeniens. 
107410942064, Lea l'argent défendu, 


. Ten. * 


278.4. leux Iffiniens 


240.4 Illuftres honorez, entre les Galstb, 
185.b. Immortalité de l'ame. 


_295.b. Impe ef teftranges. 


110.4, Impudicité de filles. 


X24 


s7:4 


282.4 


231,4, fus 


nb Fi 3014 
.1310.4.312.4 


> té 
884 


: 7 D 
534. 

+140. € 

L7i@ 


280.b 
79.4 


.168.b 
.300.b 


Le 


12844 Impunitédes maux cau[6 defo de {ordre en. bass 


107.4 10.4 . 
289.4 Inder,@o* des Indiens. 


-_ 110.4. {ndie anciennement appelée Ethiopie. 


.88.b Ingellen Ladifla. 
, Angrespeuples.…. 
+ Anquifiteurs defo den Turquie, 
Jornandez.. | 
Jours longs. 
404. Jours egaux 
sb. rphyeme vierge. 


“a 1rlandoys Barbares. 


301.4 , Jfacie vierge, 
150.b ; 1fis Roy d Egipte. 


‘7. : Lis aymée de Jupiter. 


137.b, [le S, laques. 
wv L de Pa Franço/e. 
92.4 Ifles de trrre neufue. 

266.4. Iles. ,aques. 

,301.4. /flei de Bacalees. 

38.0. 1fles fortunés. 


; 39.4. les vers le grand Ocean. 


IÎles du coulphe. 


+, 48. b. ifles dinerfes 


117.4, Umael plante fi ly pe armes. 


Idulatrie, de fin commencement s) Apte AN. 


ÿ 2626.b " 


Lune 47eb 
3954 
. 266.4 


464 
4.b 


102. 


315:# 


met 734 
98. 
944 


284.4 


. 60. 
. 248.4 


.,60.b 
2.4 


266. 4. 


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197% 
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149.2 


46€ 
6L& 


He nr nus BLE 
1ffriensenuienx des Pènitiens. 166,4 00. re 
italie@ Italiens, 137,4 Lettres Fr Odlathes Ru L 
Jubilé des marie. 224  Pramt, 7 2s enfans mourriz. en leche T 
Fûceé racine. “ 29%  169.b.197.4 LV 
Fear di vois al 293.4 M HT Turc. .nA 14: 
32.6 Lettres hierogliphiques. . AM ages à 
Fra quan qui fontè PTE Lcteséenene s Porn 316, AMagc 
at tee 4.196,86 Eremasf. LAMLES | Mar 
F Sex, 8 plus gens . 10.4 Lrtemaie 
ge ÿ ou per Lire dard Libelle de repude. 
10 M Due manrt, 
ie. à #07 08. tue 
apays 109.4 Licurgue. 
Jupiser le plunieuxe. 4%.« Lieux malkeurenx, 
Itrement par le Soleil ne gnage humain renuuellé, 
st Fi aude 23.2 LifNrie pat 
Jufhice notable. 24.4 poses L 
ne #° Lsmsites del Aquitaine. 
262.4 Lirmofin . 


ie 
L<* 260.b zsthuanice- Lithuaniens. 
“rai ie aux femmes, 299.b Eitx, des Canibales. 


Dane iptiens, 10.4.48:P Litx des Indiens. eÉlateladi 
re M Perf Liris feuue. 18.5luale 
| Joz at [al 
- 14 HONOR bBre Loges. . 641. 
nr a at vo 90.4 Lusfe Ifle. R 262.b 

Pair chafie, des villes 34.4 Let Riuiere. 232.4 pe 

dirt dinke ie + Pont Jasnttes 33.6 Inclure. 
Fo s fortes & scelle, 315.2. Lux sparamese. | 46é Mange Cat 

Lüce a le cofié de Seigneur. 204. Lyemilitasre. tiManse. 

5 ru “à ie pd 269.5: La hyp depend de leonu, 1,6 x 

meet en vint La diuerfité SEuYS pas canfidelafante. ané: 
| 3.4.145.b Lay cedre les Roys. 476 | ange. faut 
Lappiepors. 93-b; tymbardx.. 95.b.14S:arçne | Manfe pen: 
Lappens peuple cruel, 93.4: Lemberdie. : 1480 LMare Anti 
Larrecins, 11.6.81.4, 180.'À Lémites. 239: Marbre anc: 
Lerrenscommepunit.  41.4.73.b, 136.k Lendses ville. 245:8 la, 
277.b.188.b. F Long Pr 

Zanemens. 7 gareux | 
Les interdi£tz, d'entrer au chœur. 76h ue. 134.8! Mariage des 
Lebleurs Royaux. 193.4 Lacerneville. . 209. & Mariage dei 
deébere ville. 230.4 Luminabe capitaine, ño.b Marsage bie 
a 19% Lunaaderée, 28h) Marsage de: 
de Pari. ur Lans canfé desfus. | “ie! Mariage ds: 


194.01 large ne 
fs eh tienne Abrabé.2.4 Luther its des Ou, + sb 


; _ reset renre  l  . à 


SO ps : 
ds aillans les Bthsopiens. | 1 Maries, 246.4.178.b. ; 
ue 8 : en purs RUE TR /É14 3162.308.b ji # à RE 
afirées.es LE rit M cbr: Mariage 4 quaranteant, 292.4 
PAPAS A CAces peuple tibren. "7 144 Mariage [annages. 25r.b 
es VLtadere habité par les Pertagalps. Mark foiuis par leurs fémes à La guerre.302.b 
FPT | .  Mariscommuiicans leursfemmes. 42.4. 
5 C7 Sages. se ne ‘103.4 
316 duege: c- de leur tromperie. 445 Mafiaret. . 56.4 
184.4 ed Ath, 78.4 Mars adoré. Ù à. ad 
an Magifrars de trois [ôrtes, 32,4 Mars natif de Thrace. : $0.# 
. pharin rey Goth. 93.4 Marfeille çr de l'eftole. -191b 
#4 iahemer cr definfattef — ‘ EBbRSE Maroc Royaume. 23.4 
4paélahemer en quel temps 1 uint. 9,9 Marxenbannifément, 209.4. 
So. gsdlMahemeres quel rèps il fut enîtrré. 73.8 Mauritaniens doux. 19.4 
404, abemerifies e7: de leurs feétes. ï 63-b.10.b Naxes accouffrez, dffrengement. 14.4, 
Mr dibtpem, S64 Mapa ati 
146 .dlalers. .. |: 240æ Mederins fort fubiets sadis en Egopte,. 124. 
” 884 jfscôtvsins à féfairemeursr.  251.b, Melinde prouince. 27.4 
330.4léalcaduque. Cr 4 22.b Melanchlénes peuples. Gt.4. 
L3r.4.252,8 Je pediculsire. 16. Membre d'hemine adoré. agi 
19,9 Memphis. 7.4 
+ 269.4 Menteur. «+ 10.b 
Le. : a68.b Mere definorigine. ‘287.4. 
Maladie Prnerique. 89.6 MerCapie. 7 | 38.8.284.b, 
Maledes vifitez.. 282.4 Merdesur. 295.4 
alamoces. 163.4 Mer lenique. 7.784: 
albedo ifle. 27 # Mer desflus Gr réflusd'icelle, : 257.4. 
262.6 males: ‘1181 Mer d'eau donce, ; 2514 
232.4 Mulicors peuple. \ 272.b Merd'Irlande. 249.4 
. 83.6 Intalueifie. Seb Merrouges 296... 
46.4 Mange Cas Empereur, 39.b.67.b Mercies, 223.8 
Det lasse. MI. Merouée. 179.0. 
1,6 mennie. 182.4 Merideville. 238.4 
47 Tmaniacles. à48.9 Mer ifle dans le Nil. : fé 
ans Mange: fauterellen 26.b Mefthanceré des biens 23.4. 
imiste lManfr ponte ro. 20.4 Meféhantz, mulripliez,. 214 
1486 Mere Ænthoinccontre lesparthes.  41.b Mafägetes font sothes. 13.2.60.4 
239.6 | Marbre ancien. 198.4 Meffages. 89. 
2498" tarcemans. 211.4,109.b Mefhiers. 3 ... 1434 
24814 Mæchans Indien. 306 Meraux abondentenl' Europe, : 784 
1879 Mariage permis aux priffres d'Erhiopies …:$4b Methotin magicien adorépiur dieu. 93.2 
134 Mariage des Egiptiens. 1 tbe Merréres. be 
209.P | Mariage des Catholiques. Ein 16.b.75.b Mexique royaume co des peuples, 27%b) 
ño.b Marsage bièn gardé, $t.æ Mexiquiens peuple. 272b2774. 
286) Mariage des Indiens. 47 + Mrel.. 100.4. 240,b: : 


298.4" | Mariage dss cet. 


LCA Mari enece Aire 73b h 4 
“| 


XXx 


85.4: Mulptaire loy pour tenar les [ldatien deuors 


Dre sons de || 
RUE DR NR DR: | 


e TABLE. 
. Miles d'ou vient. ; 14 Nan. 4 
Ù Mines d'or.  284b Malaga) Dieu des T'artares, 
‘M/ne, La Ab Nates. # 
Miné comment ef} lance: . 3144 Natiuité de-refuchrif...…. ré 
Miñifires d'idoles. Le 307. Aaurgunsrecufez, en se/moignage. LB. 
* Murale a lapreface,. .. Namigage at B5rb 
Mfei 108.4 NMañarre en Efpaigne. 96.b.238.b 
Mufifrate. 804 Nécremantie à laquelle font adennez, les pre *. 
Modeffie des Egyptiens.. 9.4 ffres. fe PTUN | 
Mé@rrs des Lybiens. r4.6 ANegropont. 88.4 
Mets des Numides. 21.4 Nefhoriens. 66.4 
Moifon double aux Indes: . 46.b Neures peuples. . + ÉKæ 
Mendes diuifion d'iceluy. 253.6 Nider teut Schland bafé ,Allemaigne, 1120 
Monde incorruptible, de 2.64 Nidrofie. ‘225.4 
Monde nouuean. 255.4 Niger fleuve de Senegs. 148 
Monarchies par fang. 62.b pa @- de fin eflendue. ., : 3.303 
Mongal reptos deTärtarte * 6r.b. Nifan moys des Hebrieux. 1884 
Monnoye incogneue a Perke- 316.4 Nableffe. Vé 116,4.14$.2: 
Menmeye de papier. 1..134.4  Nobleffé refpeëtee entre les Giapanois.  180.b 
Menfires. $0.b Noé. 21h 
Mentaignars hommes fiers.- 315.4 Noirs en leur fimplicité: 22.0.23.4. 26.4. 
Montéz uma Rey. 279.2 Nomades. 93.bi 
Mintz * 305.4 Nom des femmes. 81.4. 
Montreal fort en larloride, 267 b Nonnains. 192.4. 
Mores en Egipte @- de deux fortes. 6.b.19.b Nopces. 94.4: 
Mortsiomiffent de leurs maifons. 313.4 Nopçage entre les perfes. 45.4; 
Morfignominteufe d'un Roy. t 3114 ANord/feptentrion. Vi ik 
Mort © de la condemnation à icelle. : 182.4 ‘Normands &- de leurerigine Cr courfes. … :, 
Mat cruellecontre les Roys mal vinans. 90.4  221.4.225b.229.8 ver 
Motifs: 135.b Noreroy. : 224.b 
Morts du fong d'iceux. 42.4.59.b Noronpromince, h 2354 
Mefcouites trompeurs. 101.4 Nouempepulasre. … 7324.4.234.4: 
Mofqnee riche. 309.b Nourrisure des enfans d’ Egypte. 11.b: 
Mounement effrange. 295 4 Nourriturepaunre. 24.4: 
Môay fergneur dela ation. 266.4 Nourriture delicieufe en Perf: 4$.4,85.2: 
Mouches a miel, | 248. Nornege co: Nornegiens.. 224.4: 
Moynes Mahomerifles, 2.4 Noruegiens famages. 93b 
Multaueficuue, 109.4 Métis courtes. 94.6: 
| Muficane ville, . © 474 Nuls S emeffres. ù .250.4: 
Mufiquecerrempts l'ebrit de la ieuneffe: 12.4 Nuift oo dutrauailen celle. :94.b- 
spreltite où | … Mumidess 1: - Anab: 
Age. 302. Numidie Barbarie. 39.4 
M Wabez aurrens 289r8 :  . O.. 4 TA 
N'ape des Turcz,. 724 pierre fbrecsts, 62h, cab. 
Narde, Ù 474 \Z'obeiffance as Roy d'Ethipie. 44. 
Nafamenes peuple d'Afrique. HD Obfiques d'Ergptiens Gr Tarnaffarsens.. Ti 
Natolie chef de Turquie. cr : Db.55b SD ar De lé 


obimpi 


Orages. 


Omarb 
Omen C! 


Oratorre 
Ordre 
Ordres 
Ormn7. 
Orphée t 
Ofirerey. 


Othon fo 
QyJeaux, 


; Æt} 


: Parc. 


| Pades /n 


Pages pr 
Pages m 
Pages de 
296 
Pain de 
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Pays pol] 
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Paillard 
Paillard 
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Palais, 
Lallusf 


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16,4.14$.4 
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2304 26.4. 
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81.4. 
292.8: 
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45.4: 
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4,234. 4. 
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… 2Leb: 


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20, 64h: 
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296.b 


Pain de froument. asr.b 
Paysbas € de [es coulumes. 216,4 
Payspofèdez par les Gothsen Gaule, 56.b 
Pairs de France. 277 ba83.e 
Paillard.. 654152. + 
Paillardifé execrable. due 110.4 
Pare. 40.4 
Palais, 306.4 
Paluz,.: ÿ : Bt 
Lallus fut nommée Tritenies… ! | {49 


a 


ES 


obfequesen Athenes. | Sous ‘ paliure arbre Go herbe: 16.6 
| obfe ques des reys des T'utarit, 38.4 Palmiers fertilz.. 31.4 
159 .b.66.a.67.b CM de fon affiette, 32.b 
Ocändi ffi:ile à nauiger. 23241674 Palatins c bars ‘106. b 
Occidentaux de quix iuftrumèts vfint, 299.4 ‘Palais des princes à qui deftinez.. 313, 4 
Odorat. 30.b Panuco pays. 301.4 
Odoacre Rey. 96.4 Pantone. 96.416744 
Oenotre. 237.4.b Pauchée ifle. 29.4 
Oethe mens. 784 Pape monarque de l'Ecliff. 4 
Oenures meritoires, 283. Papiros arbre. 7b 
0 bled 268.4 Papier. 185 4 
Office dsuin. 76.4 Paris,meurs ©” confus des Parifiens. 184 4 
pe desrois d'Egypte. 8.b Parie. 2954 
de ville. 189.4 Parlement oo de fon origine. 277 4 
pour Les pechez,. 3.4 Paradis. a8°h 
cs nement des Infulaires. 24.b Parrugque. 824 
Olimpiens. 790 Parler au camp deffendu, 66°b 
Omarbech. 88.b Pariwre@r peine d'iceluy.  6o.4.143.b.10'b 

Omen Caliphe roy. 20.4 Pardon genral entre les sdolatres, "554 
Orages. G2.4289.4 Parthie prouince co des Parthes. AT& 

Oratoire 7” ornement d'iceluy. $4æ Paradis de Mahomet. VE 
Ordre [ant Michel. 183.4 Paradis terreftre lieu de delices. T4 
Ordres entre les Indiens, 49.4 Parricides. IL‘ 
ôr. : 8r.æ Pafleurs tiers ordre des Indiens. 48.b 
OrmT. 30.b Paques &- de deux fortes. 72.b 
Orphée tue. 89.4 Patrices. 140.b 
are ny d'Eg pre. 2.4 S.Patrice connertit les idolatres en Hibermie. Le 
bon frref. 109.4 249.4 . e 

oh ex ers. 290.4 Patagones geans. 16.4. 
pe Parechae différent pour pre Je. b 

Æ gchalchami cité. 310.4 Pegucité. 56.4 

Paccamaca Dieu. ‘312.4 Pende Roy d’Efcofe. _ 213.4 
Pades Indiens. 49.4 Penitence. k 374.283 # 
Pages predufent les chofes auenin. 297.4 Penteroufte. 3e 
Pages medecins. 274 Pere[ax. roy de Perfe. “107. (2 
Pages des Cumsnois couches auecles marices. Peresvendan: leurs enfans, : 26. ÿ 


Peres tuans leurs enfans comnié effoyent p IE 


10.6,142.4 
Peres ne dosnent ee leurs jrs sfans varta 
#ton, inst a ù ne 7928 
Pérmutation à à Apt 4 
ut de, nf 844 
Rerles. sr. 12 
1 Perf br ruinée. 4: 470 b 


45.470. 6 
Perk er je habitans d'icélay, 29 58307. 


Peer Ca pefchene. es “74 


sg sie 


Xi. 


De 7 ” 
K * 4 RUES» 
we ut jh 


Cu .. TABES*' 
Pechez, efgaux en Gispan. * """28oib :PFefres anciensen Egipte fort Jfanants' 9. 
Péfle. * NL 469 Préffres des Panthasem. 11 40 d 
: Peuple vinant dechäir de Singe." 144 preteian. je 62 
‘ Peuple diners en Grecesvoy la prefate. " "  prelires defGiapanois. 280.4 
Fevple. | 141.4 Proffres [dolatres, 264.4 
Peucetie. 1374 Prefires marie, - 101.4 
“Phalange, 84.4 Preffres ges. rt4b 
d'harifiens fataux. 366 preffresde cbelle. 90.2 
Dhilarne mentaigfès 86.4 ‘Prefcheurs admirez,. 1454 
Philoffrate grand bourdeur. 30.b Drefident, , 61.4 
Philiffins. ES 3Tb preteurs. #44 
Philofiphes des Perfés &- Indiens. 4440  prencfi de Paris. 24 
“phocéens. 2310 pyincelorran. 328.4 
Pheronce. 80.b.1 374 Priape honoré. 2924 
Phtife Tribtaire. 227.b princes diftordas donent entrée an Sphy: 464 
‘piéles. 203.0,246.b ‘prince loy liant fapniffence. 45 
Die Pape du temps deT'amberlan. 42.4 pyinceen France. : 4 
S Pierre chef de l'Eglife. 74b ‘princes d'Ethiopie comment [ont traite; 6:b 
Pierres auecquelengin portées. 316.4 princes ,Allemans [ubiets à l'Evnperenr. 116.4 
Plonniers. 143.4 ‘princpe des chofes. DE LT 
Piquiers Allemans. . 114.4 priére pour les mertsentre les Gennilz, 1314 
Piffant les Turez f'arropifèns. 72.0 pysère pour Les mortsentre les Chréffitus. 76: 
plan feuue. ‘ 16140 priere pour les feldats mortsen gherres : 724 
Pœnes peuple d'Arique. 13.0 prieres des Turez.. Cab À x 
dPuetes hinerez,. 170.4 pyimaties. 230ib 
+ puiles. | \ 185.4 Promontoire prafien oyanme. 174 
Pofons. : 224.0 prononfliquenrs philo ophes, ê ‘4814 
j  Pafon. © 240.b/299.b procureursde 5 .Marc. 161.4 
M Pologne, er Peloigneis. 10$.4 proces. | ‘183,b 
Police de france. 183.4 premins c'eft AÆgendicum.' 185.4 
Police d "Egipte, 9.b procureurs des nations. 192.b Risen v 
Police au camp. 42:b prominces partans le nonsdes flanmer € riniee | -Kimieres 
Pentifes gents Ze sb res. ne 303.b |  Rrueroys 
Pentife. 142.0 priminces de Gafto igne. 232.b | Robert R 
Ponts. ie t "310.4 pithirsafé maladie pediculaire: 16.4 | Komun 
* Popiel Ro mangé désrarx:.. 106.4 prolomée premier Cofimographe. 25% | Remalg: 
Populace. 140€ mtelomée premier Roy d’Egipte apres Alexan- Romepil 
Pertugass ont cherché les terres Septentriona- ‘dre. ér 1àb | -Rymule 
les.  260.b Pugna ifle. 30$:4 | Romain 
Portugais tienët des forterefesen Cäbaïe. 51.4 puifnez. * 2924 |: : Romaim 
ortngalo du Roy 20(b.14.4 30.0 punition dé ceux qui pratiquoyent'aier l'emme | Romain. 
Pose, OU US nos mnt à “toute | Romiepr 
ie .. 22.0 pyramides Pate [AGE R 
Lu re degrand vert: ‘268.4 Pithes quelz.. 85h Roftar t 
Praguecité. RE 71 lo efih 


y 2 L > vêtes CS RICE #4 Ne * Q $ 
Pre eéluSanhone commis des vitres. r89 # Qui 2006 


Pre res continens henore7 . mé Le ÿ3 Lie Quiloa preunce: x ha 4 RE 2 è Koné. 


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reur, 116.4 
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4814 


T Fa; B br pe : 
l ournlay ville, ‘FL. Ro) qe ost eftre, LR 
PS le. 2844 Roÿ dant grand nombre d'enfans, - 309.4 
QaiXquiT Lieutenant, 309.b Rorportépar lesindiens. 3074 
‘sub , k Roÿs adore "264 
ESS KR. Roy gueris de maladie. 287. 
D Angifcre animal, -93.b Rays adorez, 4 leur tres. 261.4 
EN Raoul bapri[ é, 228.4 Ro)s morts hone rez. 308.4 
Rapr2.. 182.4 RoremFrace,cr d'oudefienduz, 198: 4.201 à 
«RAT mangearent le Roy popiel, 106.4 Roys de Bonrgoigne. 01.4 
Rebelles Panucéens, vH 2924b Roys fous un monarque. 303.8 
Rebelles punis. 481.b Rubion. 18.8 
Rcbelles chaftiez.. 86.4 Ruffiques © de leur veStements. 18.4 
Rerempence des Reys de Scithie. LA S. 
Keceptes des malidies effranges. sb CAbéens io. 
Ke 92.4.191.b1934 \Dsabce ditte Arabie, r1.8.38.b: 
Retffres comment combatent. A%a S'arrificateurs centrains | 404 
Religion de T'amberlam. \ 430 sarrifiées. 15.540 .93.4.169.b:3#5.b 
Kehgion des Ethiopiens,©o- brachmanes.s.4.50  178.4283b S 
Reh£ion comnsencement de l'eflat. 140.0 S'avrifices des Iuifz.. 34.4 
Keigion des T'emboliens. .292.4 Sarifices des Perfês. tie 
Rehigson françoife. 183.0. Sacrfire crelz,. 30ÿ.b.308.8 
Religieux en Giapan. 282.4 Sacrifice pur deniner. er 
Keliques des fain£tz.. Y4:.4 S'acrifices des Barceens.. 14.8 
“Remorique. 231.4 Saducéens, 36:4 
Requeftes du palays ï 197.4 Saicttes enuenimées, 57.4 
Refurretion de Iefus- Chrif. 76.4 S'atertes des Chmanors. 300. 
Renerence 207.4 Sainé Galcité. 510: à 
Rhodes. 86.4 Saint Sephkchre. .… 69% 
Rüten. 213.6. Salaire propefé à ceux qui ausient grand die 
Richeffés de Peru. 309.4  bred'enfans. 4 
Risen vfageentre les indiens. 47.4 Salaires des Inges, . ‘Née 
Rnieres de Maragnon,cr Orcllane.  303.b SalesSaliques. ‘ab 
Riueroys 236.b S'aliens. 408: 
Robert RoYe 202 .b S'alienspreftres 12.6 
Romaint deffairs par les Heluetiens.. 203.4 S'aliqhe. ‘181.40 
Remaïgnolle. 136.4 Salernei 19% 
Romepilée.... 206.4 Salpe, À 139! 
Romule ©: Reme. 137.4 Samiathan en Cominge ow«eSlé nonrsi d'u: 
Romain deffait? par les Saxons. 119.4 theur de cefle Hiffoire. 295 
4 |: Romains a la préface: Samarifles mangeurs d'hommes. s7.b 
Romains quel. à r45b.199 b 113 b. Samarcand cites : 43 b 
Rome prinfe. 96,4 Samopilie rt “x03.b 
Rorte Roy. 226.4 Sang merwilleux. “as 
Roflar Saturne. 93 4 Sang royal connient refelker. 854 
à Roffieh Die. 93 :4 S'anbias. M 
hotharss Arr 1$1.4 Sang n'est mangépar les Insfg. As 


mm Lo OO 


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, 229 4Sndahapale VaNCh par À rhace, | 44h 


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r. Dr. Aie SRA ES + ; ” 
HE TABLE 


males 222,b Sidonie Apolinaire. os 
. SArm Re | és | AOI.S Signes. . … 8104, 
£arenides Theologienc. 169.4. 5 ifmond Ko. 401 
S'arrafins pilleurs 6.L.29.4.87.4 5lane que fignife. 205.4 
Sarrafin es de l'origine definnm. 62.4 Silari fleune. 30.b 
J'athan adoré, alapreface. Siliquaftrenemmé auffs piperiti.… 5.4 
Sanmans en abondance. 261.b Siluoyens .. 249b 
Samiagine, "| . 245.b. Simulachre. _ 320.b 
J'annages, 17,246.b Simples pour faire poifon 299.b, 
J'auf-conduit. 64.4 SinsSlresfacrificateurs. … 29$4 
'auter: les, 87.4 Syrie. 37.b 
SaxtO" Saxens 119.4 Syriens. 884 
Jaxns. 213.4 Sobrieté des Egiptiens, 94374 
Jçasoir. 145.4 Societé des hommes. LL 43h 
Schaffufe ville, ” 210.4 Sodemites. + 1.654 
Scandinauie Ifle. 148.0 Senges LR PUR .4b 
Scinites, 36.4. à lapreface. oe nourrix, aux defpens du Roy, €7- du 
Scrpodes. 51.4 triple ordre d'iceux. 48.b.714. 
Scrifinte. S 94.b Soleil adoré. 273.b.277.b.298.b.299.4 
Scerdifqus. 172.4 Soleil eftimé Dieu,@- adoré,26.b.60.4,180.b 
Sotheer Sothes. 58.b.255.4.300.b 3or.b. ENT ent 
Sean Q- deféription d'iceluy du T'artare. 66.b Soliers à l’Æpofiolique, 314 
S'echerelfe. 230.4 Soleurre cité ancienne, La 2106 
S'eêtes entre le Insfigo Lithuaniez. 36.b. Solen es A 
*. tor.b Solyman. à nu 068.b. 
séditiux. . -78.b Sophy commença à regner 1 464 
S'edum:s. 209.4 Sort. | ue 159.4. 
sel 297.4.229.b Serciers.  93.4.94.b.293.4281.b.2974. 
Senegé Royaume, 15.4 Spermatophages. 468 
L  Sengaflenne. 303.b Spartheregien. 1, 80ob 
LE . Send. | t4l.a. Stade, ….84:b,. 
M  Jenareurs. | 161.4 Statue, :4,420:b. 
Sepultures. 10.8.168.b.178.b.282.b Stiriens. : ..36.b 
_ 276.b.287.b.300.. Subornatins, |... 200.4 
S'eptem casl a. 206.4 Succelions 200.4.281.b,316.b, 
S'éptentrior.ales terres, 255.4 171.4 SUeUeS. 9e. 
Séptentrienaux. 261.4 Suffrages. .143:h,165.9. 
S'éptimanie preuince. 231.0 Sowiffes d'ou viennent ço- de leur fucces. 206.6. 
S'equaneys. en 198.4. 207.4 | be Lt 
 Serpensmangez, 800 b suiffes ne font ÆHelueriens. ir! 42094. 
D. Serpens bons «manger, 292.4 Suilfs origine C7 mœurs. 202.4. 
Sérpens. d asie Sultan Solyman. | x de” CT4 
S'eres peuples. 47.4.60.b Sumatreregion. Tia relie 
past prime: té Salim. er: a 
Sersetres de cuir d'hommes, 59e, Superffition folle, 240.0275.6 
Sejame frement indies. + 34.284 Séperffitions introduiétes à bogne fin: DT 


ait ë L : Ban œ Séperffitieufes conremplations, rte 


Sos 


per Sfitsen des Perf ns Indiens c>Tartarer, Timarli. ju LA A 

et és.b. ds depagr MO to 

Suiz, oyanme. 23.4 rombeaux @-.de magnifcéce, 50,8,301.b" 

A À Tonnerre:  {. 934299. 

+43 ec T'ofcane,co To]ans. 147.4 

D PE lalo. 3.4 Touraine. 182.b. 

2 -Tamberlan de quel fiat, 92.4 Tourbo delourde. 239.b 

T'añaide Déeff. 39.4 Tournen © de leur maifon, 197.b 

‘Tapis. 72.4 Trabiftres. fé 

Taprobane :[le. 57.4 Tribuns. 4144415967 

TFartarie,C® T'artares, 61.0  162.4,b.189.4 MER 

Täérbe prouince. 235.4 Tribus 91.4 

Tareñte ville. 139.4 Trieflecité, 166,4 

Férn'Riuiere. 232.4 T'ritonie ile, 18.6: 

Tauri[ques. | 136.b Troglodites quelz.. 15.4 

Tanrs cité prife par le Sephy. 46.4 Trompettesen combat. 81.6. 

T'auroloytes. 6o.b me e 225.6; 

pre Faure cité de Sophy. 39.4 Tro : xéigad 17.4. 
D ur: T'aure mont. à | 27.bT w : ï 
Di De T'eébe[ages Languedoc. 204.4 Tudejques. 10: 
« 314 TéieRo). 204.4 T'umbez.. 3of.b° 
A 4 Temple d'incroyable grandeur. 30.4 Turban rouge @ defininititution. 46.4: 
12 E CD Zémple cr ernement d'iceluy. {4.4 Turiefleuue. 241.4: 
Mi: D Demple ancien des Idolatres. 294.b Turege. ° 204.b 
QE ie -- Temple du faleil. UT! $0$b.3144 Tuira. à laprefaces 
j 1594 Femporifeurs.. 29.4 Ture7 © perfans en different, de le caufes 
“sas. T'ermspile. 784  46.b Sat 
A devra a par quipremier deféouertes. … Turquie co des Turct. … 68,4. 
855 * "260. Turqueflan. 63. 
er Terre Rrançoife. 265. vyrannie. 6h: 
Fes L T'erre:tremble. | 282.4 V. 
1e. T'erre de labeur on labrador. 160.4 YT Ace ville, Fe 234.4 
ns Ferre mauditte Go pourquey. 1.0 des Die: 93 
316: Ë Terre ronde. 253.4 Vaillans honerez.. 169.4 
Rat eSles rafes, 63.4 Walachie. 914: 
"165r4. Z'efinsings © de leur loy. 33.b Vulefiens. 109.4. 
206.8, ee s quel Jont receux. en Turquie, 73.4 Valens Empereur. 95h. 
ss T er À + 249.b Valerie. - 16.b. 
2094 Thelotains. 192.4 Valeriancfilaue, _4i4. 
à 4 Thrace, 89.4 Vallont. à 305.4. 
LOT Thémifitan ville. s1b.295.b Walie.- 96.4. 

‘à © shirrene, : : 147.44. Waudois, 104264 

240.8. Themes épestre, 53.4 vale d'Efimeraulde … 309.b : 
275.4 es Tivnée. ‘ 204.b Pafcouex peuple. 


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